• BONJOUR A TOUS ET

    bienvenue (2)

     CHEZ FRANCESCA 

  • UN FORUM discussion

    http://devantsoi.forumgratuit.org/

    ............ ICI ............
    http://devantsoi.forumgratuit.org/

  • téléchargement (4)

  • Ma PAGE FACEBOOK

    facebook image-inde

    https://www.
    facebook.com/francoise.salaun.750

  • DECOUVERTES !

    petit 7

  • BELLE VISITE A VOUS

    aniv1

    PETITS COINS DE PATRIMOINE QUI SERONT MIS EN LUMIERE AU DETOUR DE NOTRE REGION DE FRANCE...

  • Cathédrale St-Etienne-Auxerre

    St-Etienne Cathédral, Auxerre

    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

  • M

    JE SUIS ORIGINAIRE MOI-MEME DE LA BOURGOGNE....

  • FRANCE EN IMAGES

    G

    « Un monument restauré traduit les connaissances, les ambitions, les goûts, non seulement du maître d’oeuvre mais aussi du maître d’ouvrage : c’est le vrai révélateur de l’appréhension des édifices par une génération donnée, qui leur permet de reconnaître pour sien un édifice centenaire. » citation de Françoise Bercé.

  • amis

  • Méta

  • amis

  • Architecture Française

    5

  • Artisanat Français

    1

  • A

  • amour-coeur-00040

  • montagne

    Tout devient patrimoine : l'architecture, les villes, le paysage, les bâtiments industriels, les équilibres écologiques, le code génétique.

  • 180px-Hlézard1

  • Patrimoine Français

    3

    Citation sur la France.
    !!!!
    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

  • a bientot

Les Monuments transformés : une nouvelle vie aux bâtiments

Posté par francesca7 le 28 décembre 2013

 

 

Une tendance de fond : la nouvelle vie des bâtiments historiques qui, une fois réinventés, abritent désormais des hôtels de luxe.

 voyage-hotel-nantes-radisson-blu-1072487-jpg_979962

Sous la verrière du vieux palais de justice de Nantes, deux avocats devisent autour d’une tasse de café. Ils retrouvent leurs souvenirs entre les colonnades de la salle des pas perdus. Dans une heure, ils iront dîner sous les impressionnantes boiseries de la cour d’assises. Voilà douze ans que la justice ne se rend plus entre les murs de ce monument construit au coeur de la ville en 1852. Après trois ans et plus de 30 millions d’euros de travaux, le palais vient de rouvrir sous la forme d’un hôtel de 142 chambres, géré par la chaîne Radisson Blu.

Châteaux, moulins, abbayes, monastères, citadelles, prieurés, donjons… On ne compte plus les lieux et sites historiques qui jouent désormais la carte de l’hôtellerie de charme et de l’art de vivre à la française. « À une époque où prime l’instantanéité, nos établissements invitent à retrouver le sens de l’authenticité, de la mémoire et de l’intemporalité. Ici, pas de standardisation ou de projet architectural clés en main. Seule l’histoire des lieux dictera l’aménagement et la décoration », explique Aurélien Lecomte, le directeur des Hôtels particuliers, regroupant onze demeures authentiques en France. Depuis l’acquisition en 1969 de l’Hôtel du général d’Elbée sur l’île de Noirmoutier, l’enseigne s’emploie à sauver et faire revivre l’âme de bâtiments classés ou situés dans des sites protégés. « Lorsqu’il n’y a pas de fortune personnelle ou d’aides publiques, l’hôtellerie est le seul moyen économique viable pour transformer et réactiver ces monuments », ajoute-t-il.

Le patrimoine préservé. 

Rouverte l’an dernier sous la bannière Mercure, la chapelle du Gesu, à Poitiers, est une rescapée. Sans l’intervention du groupe Accor, cet ancien lieu de culte datant du XIXe siècle, qui abrita également les archives départementales pendant près d’un demi-siècle, serait tombé en désuétude. « Face aux coûts exorbitants de rénovation et de mise aux normes qui s’annonçaient, ni la mairie ni les collectivités locales n’étaient prêtes à investir », constate Christophe Alaux, le directeur général pour l’Europe de Mercure et MGallery, une collection d’hôtels historiques à qui l’on doit la renaissance de La Cour du corbeau à Strasbourg, un ancien relais de poste du XVIe siècle classé monument historique.

Il y a eu en 2009, sous l’impulsion du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, une volonté d’animer le patrimoine public à travers la filière hôtelière. Quatre ans plus tard, seuls deux projets subsistent. Le premier, à Versailles, avec l’hôtel du Grand Contrôle (fin du XVIIe siècle), qui, après avoir menacé ruine, accueillera dès le printemps 2014 un hôtel de charme de 23 chambres ouvertes, pour certaines, sur l’Orangerie ou sur la pièce d’eau des Suisses. Et le second, au château de Fontainebleau, avec Les Héronnières (les anciennes écuries de Louis XV), qui, face à une dégradation avancée, devraient lancer, d’ici à la fin de l’année, un appel à candidatures. »Nous avons pris conscience que le parc hôtelier de Fontainebleau était sous-estimé par rapport au potentiel du château et de la destination », confie Jean-François Hébert, le président de l’ancienne demeure de François Ier.

Un marché international. 

De quoi conforter une clientèle en quête de proximité, d’insolite et d’expériences et qui n’en finit pas de chercher à se réinscrire dans le temps, le terroir et les vieilles pierres. « Ici, ce n’est pas la destination qui motivera le voyage, mais le lieu et l’histoire qu’il y a autour », atteste Fabien Bénétreau, directeur associé de Symboles de France. Créée en 1999, la chaîne rassemble aujourd’hui 72 établissements – dont la moitié est classée monument historique ou inscrite à l’Inventaire – et ne compte pas s’arrêter là. En janvier, elle a rejoint le groupement des Hôtels historiques d’Europe, soit 650 membres répartis dans 22 pays, parmi lesquels l’Espagne, l’Italie, l’Autriche, l’Irlande, la Norvège, la Suisse et la Pologne.

Le marché – en majeure partie hexagonal – s’ouvre de plus en plus à l’international. Ce phénomène n’a pas échappé aux groupes hôteliers. Après avoir acquis le superbe couvent Santa Paula, à Grenade, en Espagne, le groupe hôtelier Marriott vient ainsi de ressusciter le bâtiment historique de la Banque de France à Boulogne Billancourt, près de Paris. A Marseille, Intercontinental ouvrira, fin avril, un nouvel hôtel 5 étoiles au coeur de l’hôtel-Dieu. La vie de château ne fait que commencer.

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE | Pas de Commentaire »

Marie-Antoinette, un souvenir

Posté par francesca7 le 21 décembre 2013

16 octobre 1793. Marie-Antoinette est guillotinée pour trahison et supposé inceste sur son fils…

 marie-antoinette-mort-2035013-jpeg_1800514

Pour obtenir la condamnation de la reine, l’accusateur public Fouquier-Tinville porte les pires accusations non fondées.

 

Le 16 octobre 1793, après un procès bâclé, la veuve Capet est condamnée à mort par le Tribunal révolutionnaire. L’accusateur public Fouquier-Tinville ne fait pas dans la dentelle. Il l’accuse d’inceste sur son fils, prétendant qu’on l’a surprise en train de lui faire des attouchements. Une accusation si détestable que les femmes du public applaudissent la reine quand celle-ci répond : « [...] la nature elle-même refuse de répondre à une telle accusation faite à une mère. J’en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici ! » Accusée également d’entente avec les puissances étrangères, elle est condamnée à mort pour haute trahison à 4 heures du matin.

Raccompagnée dans son cachot de la Conciergerie où un gendarme la veille en permanence, elle réclame de l’encre et une plume pour écrire une longue lettre à Madame Élisabeth, soeur de Louis XVI, qui est restée au Temple avec ses enfants. Avec émotion, elle trace les derniers mots : « Mon Dieu, ayez pitié de moi ! Mes yeux n’ont plus de larmes pour pleurer pour vous mes pauvres enfants. Adieu, adieu ! » 

Vers 7 heures du matin, la domestique Rosalie Lamorlière, placée près d’elle par le gardien de la Conciergerie, lui apporte un bouillon et du vermicelle. La reine ne s’est pas couchée. Toujours vêtue de noir, elle est étendue sur son lit, la tête tournée vers la fenêtre. Des larmes coulent sur ses joues. À côté de son destin, celui de Sissi est un long fleuve tranquille. Marie-Antoinette ne parvient pas à avaler plus de quelques cuillerées. Juste avant que le jour ne se lève, un prêtre assermenté, l’abbé Girard, vient lui proposer de l’entendre en confession. Elle l’éconduit lui expliquant que s’il a l’amitié de ses persécuteurs, il ne peut avoir sa confiance. C’est qu’il insiste, le cafard en robe. « Ma conscience est en paix, monsieur ; je paraîtrai devant mon Dieu avec confiance. » Girard se retire mortifié, jetant aux gendarmes : « Son orgueil est toujours le même, il ne la quittera que sur l’échafaud. »

Ses cheveux avaient blanchi

À huit heures, un huissier vient lui ordonner de quitter ses vêtements de deuil qu’elle portait au tribunal car ils rappellent qu’elle est veuve de Capet. Elle doit s’habiller en blanc. Rosalie l’aide à enfiler une chemise en la cachant du gendarme. Mais celui-ci se lève et s’allonge sur le lit pour ne pas perdre une miette du spectacle. Marie-Antoinette jette un fichu sur ses épaules tout en réprimandant le malotru : « Au nom de l’honnêteté, monsieur, permettez que je change de linge sans témoin. » Mais il refuse de se retourner sous prétexte qu’il a l’ordre de ne pas la perdre de vue. La reine enfile son déshabillé blanc lui servant habituellement de robe du matin. Elle couvre ses cheveux d’un simple bonnet de linon. 

En attendant le bourreau, Marie-Antoinette prie. Vers 10 heures et demie, la porte du cachot s’ouvre pour laisser pénétrer le greffier du Tribunal révolutionnaire, Fabricius, devançant les quatre juges du Tribunal. Il s’apprête à lui lire à nouveau la sentence. « Cette lecture est inutile, je ne connais que trop bien cette sentence. » Protestation inutile. À la fin de la lecture, Henri Sanson, qui assiste son père, Charles-Henri, exécuteur en chef des hautes oeuvres de Paris, s’approche de la détenue pour lui lier les mains. Elle recule, plaidant que son époux les a gardées libres. Inutile, Henri les lui saisit sans ménagement pour les lui attacher dans le dos. Puis il lui enlève sa coiffe pour lui couper les cheveux avec la dextérité de Jean Louis David massacrant Jeanne Mas. Au passage, le bourreau remarque qu’il aurait pu lui faire une couleur car les cheveux de la reine ont blanchi durant son emprisonnement.

Un enfant lui fait une révérence

Marie-Antoinette, un souvenir dans FONDATEURS - PATRIMOINE 180px-Louise_Elisabeth_Vig%C3%A9e-Lebrun_-_Marie-Antoinette_de_Lorraine-Habsbourg%2C_reine_de_France_et_ses_enfants_-_Google_Art_ProjectIl est temps de sortir du cachot pour rejoindre la charrette chargée de transporter la reine jusqu’à la guillotine dressée place Royale (place de la Concorde, aujourd’hui). Tremblant de froid, Marie-Antoinette, tenue en laisse par Charles-Henri, découvre avec horreur la cour de la Conciergerie remplie de curieux qui n’hésitent pas à l’injurier. Elle garde le silence. Le bourreau l’aide à grimper sur la charrette tirée par deux percherons. Charles-Henri avait réclamé une berline comme pour Louis XVI, mais Fouquier-Tinville la lui a refusée. La citoyenne Capet s’installe sur une planche, juste derrière le cheval. L’abbé Girard s’assoit auprès d’elle, tentant toujours de la convaincre de se confesser. Elle l’ignore royalement.

Le convoi se fraie un chemin entre deux haies de soldats pour retenir la foule ou empêcher toute tentative d’évasion. Les injures fusent. Dans la rue Saint-Honoré, elle voit un jeune enfant lui faire une révérence, lui envoyant un baiser de la main. Un souvenir indélébile pour le petit Thierry Ardisson… La reine rougit, ses yeux se remplissent de larmes. Devant l’église Saint-Roch, le cortège est arrêté par l’horrible comédien Grammont à la tête de quelques cavaliers, pour donner le temps à la foule de l’insulter copieusement. « Médicis ! Messaline ! Frédégonde ! » Elle ne répond toujours pas. Le convoi reprend sa route jusqu’à l’échafaud dressé peu avant l’entrée du jardin des Tuileries. Il a fallu une heure et demie pour accomplir à peine 2,5 kilomètres. Trois doubles rangs de soldats et plusieurs canons isolent la guillotine de la foule.

Elle marche sur le pied du bourreau

Couleur de craie, Marie-Antoinette descend de la charrette aidée par le bourreau avant d’escalader l’escalier de l’échafaud. Elle perd un soulier, mais aucun prince ne le ramasse. Avec l’autre, elle marche sur les pieds de Charles-Henri, qui laisse échapper un cri de douleur. Elle s’excuse : « Monsieur, je vous demande pardon. Je ne l’ai point fait exprès. » Devant la 220px-QueenMarie-AntoinetteRevolutionaryTribunal dans Parismachine infernale, elle devient blanche et pousse encore deux soupirs, mais parvient à conserver sa dignité. Henri, que son père laisse officier à sa place, arrache le fichu qui protège son col et sa poitrine. Sans résistance, elle se laisse ficeler par les aides du bourreau sur la planche. Celle-ci bascule, la lunette se ferme, le couteau tombe. La tête bascule dans le panier. Les paupières battent deux ou trois fois. Il est midi quinze. Le jeune Sanson attrape la tête de feu la citoyenne Capet par les cheveux pour la brandir devant la foule en criant : « Vive la République ! » Soudain, plus de cris, plus d’injures. La foule se tait, piteuse devant le spectacle, avant de se disperser en vitesse. 

Le corps de Marie-Antoinette est inhumé au cimetière de la Madeleine à côté de celui de Louis XVI. 

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE, Paris | Pas de Commentaire »

Paris bâtit par Haussmann

Posté par francesca7 le 21 décembre 2013

À la demande de Napoléon III, Haussmann entreprit des travaux d’une telle ampleur qu’ils ont donné à la capitale sa physionomie actuelle

haussmann-paris-napoleon-empire-boulevards-2038562-jpg_1656554

 

Faire de la capitale une ville moderne. Telle était la mission d’Haussmann, qui, pendant près de dix-sept ans avec un soutien inconditionnel de Napoléon III, transforma Paris. Avant le vaste chantier entrepris par Haussmann, Paris n’avait pas la carrure d’une capitale, et ne reflétait pas les aspirations de pleine puissance de Napoléon III. Ville médiévale aux ruelles étroites et insalubres, parfois glauques et mal famées, Paris a littéralement été bouleversée par les plans du baron. Dans un premier temps il « nettoya » les rues, expropriant et indemnisant les habitants puis défonçant des centaines de constructions. Parmi les bâtiments et monuments démolis, on compte le marché des Innocents, la tour des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Latran, l’hôtel Coligny ainsi que de nombreuses églises et chapelles, le percement des boulevards Sébastopol-Magenta et Saint-Germain, les avenues Foch, Victor-Hugo et George V, les rues de Rivoli, Rennes et Réaumur…

Il façonna ensuite de grandes avenues capables d’absorber une circulation en constant accroissement – chiffres de l’évolution démographique – et dota la capitale de deux poumons en aménageant les bois de Boulogne puis de Vincennes et en construisant un chemin de fer circulaire pour faciliter les communications. Haussmann construisit sans compter. Le but de tous ces travaux était de créer des voies de communication et d’échanges, des infrastructures pour favoriser le commerce mais aussi la vie quotidienne des habitants en améliorant l’hygiène et en les tirant vers un niveau de vie plus élevé.

Son projet pour Paris intégrait également la mise en place d’un immense réseau d’égouts. Accompagné de l’ingénieur Eugène Belgrand, Haussmann développa les égouts dans des proportions invraisemblables pour l’époque : en 1878, Paris comptait près de 600 kilomètres d’égouts. On lui doit également le parc Montsouris, les Buttes-Chaumont, le visage actuel des Champs-Élysées, les Grands Boulevards, etc.

Pendant près de dix-huit ans, entre 1853 et 1870, Haussmann dirigea une équipe chargée de révolutionner le paysage urbain de la capitale. Soutenu par Napoléon III et le ministre de l’Intérieur Persigny, Haussmann s’entoura d’une équipe dévouée et efficace composée de personnes telles que le scientifique Dumas, les architectes Hittorff, Baltard, Ballu et Garnier, mais aussi des banquiers Péreire et Rothschild, rivaux réunis par des intérêts communs. En effet, le baron bénéficiera de budgets considérables et souvent dépassés pour réaliser son projet alimenté en partie parce que l’on appellera l’ »Emprunt ». Ce financement se fait par un système d’emprunt gagé par les recettes de la ville en constante augmentation et présenté comme le modèle de « dépenses productives », ingénieuse formule inventée par Persigny et Haussmann. Un montage financier qui finalement causera l’éviction d’Haussmann. Face à l’ampleur et au coût des travaux, de nombreux sceptiques ont cherché à écarter le baron, et lorsqu’on voit les chiffres, on comprend pourquoi : avant l’entreprise d’Haussmann, Paris récoltait en 1852 environ 52 millions d’impôts ; en 1869, ce sont près de 232 millions qui entrent dans les caisses. Le coût du projet haussmannien s’élève à environ 2,1 milliards.

Le désaveu de Napoléon

Paris bâtit par Haussmann dans FONDATEURS - PATRIMOINE 220px-Napoleon_saintheleneTout n’allait pas trop mal jusqu’en 1867, où le peuple et plusieurs parlementaires tels que Ernest Picard et Jules Ferry commencèrent à demander des comptes, parfois de façon virulente, las des pratiques douteuses d’Haussmann pour mener à bien la tâche qu’il s’était fixée. Un débat au Parlement conduira à l’instauration d’un contrôle de son travail, chose qu’il avait toujours soigneusement évitée. Juste avant la chute de l’empire, alors qu’il espérait encore décrocher un poste ministériel pour développer ses chantiers à l’échelle nationale, Haussmann est renvoyé par le chef du gouvernement Émile Ollivier

Il est donc relevé de ses fonctions par le décret impérial du 5 janvier 1870, publié dans le Journal officiel du 6. En effet, à la fin du Second Empire, Haussmann est l’un des hommes les plus brocardés de France. Il a bousculé trop d’habitudes et remis en question trop de situations acquises : le remodelage de la géographie parisienne et les programmes de constructions nouvelles ont, en effet, déclenché une vague de spéculations sans précédent. Le coût des travaux entrepris est énorme, à tel point que Jules Ferry en écrira le célèbre pamphlet Comptes fantastiques d’Hausmann. Des monuments vénérables ont été détruits trop brusquement et le personnage d’Haussmann présente un côté agaçant. Tout au long de sa carrière, il a montré une ambition forcenée, d’un opportunisme impudent.

Avec le recul du temps et en prenant compte tout de même de la disparition d’un nombre important de constructions et sites liés à l’histoire de Paris et de France, on ne peut que reconnaître la nécessité et la beauté du résultat des travaux menés par Haussmann. 

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE, Paris | Pas de Commentaire »

Pourquoi manger BIO

Posté par francesca7 le 19 décembre 2013

téléchargement (5)

Chaque jour, dans les repas d’un enfant, on trouve jusqu’à 81 substances chimiques nocives ! À l’heure où notre alimentation devient de plus en plus toxique, on se dit qu’il y a de bonnes raisons de passer au bio…

Phtalates et bisphénol A au petit déjeuner, mercure au déjeuner, dioxines au dîner… Pas de quoi avoir l’eau à la bouche ! Car oui, aujourd’hui, manger équilibré ne garantit pas pour autant de manger sain. Une enquête menée par l’association Générations futures et le réseau européen Health & Environnement Alliance* vient de montrer qu’en vingt-quatre heures, un enfant pouvait boulotter des dizaines de molécules chimiques lors de repas pourtant ni trop gras, ni trop sucrés et salés, avec des fruits et légumes frais, de l’eau… Bref, suivant les recommandations nutritionnelles !

Au total, pas moins de 128 résidus chimiques (soit 81 substances différentes) ont ainsi été analysés pour une seule journée, dont des dizaines de pesticides, des perturbateurs endocriniens (à l’origine notamment de troubles de la fertilité) et des cancérigènes suspectés ou avérés.

À notre insu dans nos menus, nitrates et métaux lourds
Des chiffres révélateurs de ce que nous consommons chaque jour sans même nous en rendre compte. Gloups ! Car on sait que, même à doses minimes, ces produits chimiques ont une vilaine tendance à s’accumuler dans l’organisme. Quant à leur potentiel effet cocktail, on en ignore encore tout. La solution ? Choisir au maximum des produits bio et encore mieux, locaux et de saison. Parce que cela n’a que du bon !

Manger bio: La garantie de manger plus sain

C’est logique, comme les pesticides et autres produits phytosanitaires y sont interdits, la culture bio permet de limiter considérablement le nombre de résidus chimiques qui s’accumulent dans notre organisme. « De même pour les traitements antifongiques et conservateurs qui s’y trouvent en quantité infime, voire nulle, si l’on choisit des produits locaux et de saison, précise Nicolas Garcia, chargé de mission au WWF. Les circuits de distribution étant aussi plus courts, il y a moins de risques de contaminations accidentelles. Contrairement à ce qui peut parfois arriver sur des produits provenant de pays où la réglementation est moins stricte et où il y a moins de circuits réservés pour la filière. »

Ni nitrates, ni métaux lourds, et pas d’OGM potentiellement nocifs ! Exit les antibiotiques (sauf exception), les hormones et les farines animales dans l’alimentation animale. Enfin, pas d’irradiation. Oui, vous avez bien lu ! Il s’agit d’une méthode de conservation utilisée pour certaines épices, les herbes aromatiques séchées et condiments.

images (8)Un concentré de bons nutriments

Côté teneur en nutriments, vitamines et sels minéraux, les études varient. Mais l’Organisation mondiale de la santé a reconnu que les produits bio en contiennent plus. Rien d’étonnant : les végétaux non traités renferment moins d’eau et plus de matière sèche à poids égal. Ils sont donc plus concentrés. Comme, la plupart du temps, ils sont récoltés à maturité, leur teneur en vitamine C et antioxydants est supérieure. Sous réserve qu’ils ne restent pas des semaines sur l’étal du supermarché ou dans le frigo ! Quant aux viandes, les animaux étant élevés plus longtemps que leurs copains de batterie, au grand air et sans stress, les protéines sont de meilleure qualité. Cela se voit vite quand les escalopes ne virent pas à la flaque d’eau grasse à la cuisson…

Un moyen de respecter l’environnement

Le bio, c’est un mode de production qui respecte les sols, les cycles naturels, les espèces locales plus adaptées, la biodiversité. Si les produits sont locaux, c’est encore moins d’énergie dépensée pour les produire et les transporter. Et du coup, moins de gaz à effet de serre. Un intérêt écologique, mais aussi économique. Un exemple ? Dans certaines régions où les populations d’insectes ont été décimées par les pesticides et la disparition des jachères, haies et talus, la pollinisation doit se faire manuellement ou en important des abeilles. C’est le cas pour les pommiers anglais, les amandiers américains et nombre de légumes cultivés sous serre. « Le coût de la pollinisation est de 153 milliards d’euros, déplore Nicolas Garcia. Aberrant ! Car si on la préserve, la nature nous rend gratuitement ce service. » Chez nous, ce n’est pas mieux ! Dans un rapport, le Museum d’histoire naturelle a révélé que 25 % de la biodiversité a déjà été détruite dans les milieux agricoles…

Grâce au bio, l’eau coûte moins cher

Eh oui, l’eau que nous buvons est, elle aussi, touchée par l’usage massif de produits phytosanitaires (insecticides, herbicides, engrais…) ! Là encore, le bio permet de réaliser des économies substantielles. Aujourd’hui, le traitement des eaux polluées par l’industrie et l’agriculture (on ne connaît pas la part de chacune) représente un coût de près de 2 milliards d’euros. Or, pour 1 € investi dans le soutien à l’agriculture biologique, la collectivité économise 2 € sur la dépollution de l’eau, ce qui, à terme, ne peut que se répercuter sur nos factures…

« Premier utilisateur de pesticides en Europe et second au monde, après les États-Unis, notre pays a déjà pollué 96 % de ses cours d’eau et 61 % de ses eaux souterraines avec ces produits, selon l’Institut français de l’environnement. Or, non seulement cette dégradation silencieuse est néfaste pour la biodiversité (les poissons et les batraciens étant les premiers touchés), mais elle l’est aussi pour notre santé, rappelle notre expert. Car forcément, plus il y a de pollution, moins elle est facile à éliminer. On ne peut pas être en bonne santé sur une planète malade ! »

Manger bio : Une autre façon de manger… et de moins jeter

Les produits bio sont plus chers : « Un surcoût de 20 à 30 % en moyenne, difficilement tenable pour beaucoup de foyers, ajoute le chargé de mission du WWF. Sauf si l’on change notre façon de consommer. Par exemple, il n’est pas nécessaire de manger de la viande ou du poisson tous les jours pour être en bonne santé, au contraire, et même chez les enfants. Avec le bio, c’est facile de manger des légumineuses et des céréales goûteuses, variées, riches en protéines végétales, et de réduire sa consommation de protéines animales. Meilleur pour la santé et bon pour l’environnement puisque, aujourd’hui, la production de viande est, à elle seule, responsable de 18 % des émissions de gaz à effet de serre. Et puis, choisir des produits bio permet aussi d’avoir une consommation plus raisonnée et d’éviter le gaspillage.

Manger bio: Tous les goûts sont dans la nature

Quoi de commun entre une tomate de saison récoltée à maturité juste avant d’être vendue, et une tomate que l’on trouve toute l’année, mais qui a poussé à coup d’engrais et n’a pris des couleurs qu’en voyageant… en camion ? « Le label bio lutte contre l’uniformité et garantit une richesse de goûts. On y trouve des variétés oubliées, traditionnelles et de terroir, choisies pour leurs qualités gustatives ou nutritionnelles, des viandes qui ont du goût, car produites sans antibiotiques et sans stress. Manger bio, c’est bâtir une nation d’éco-gourmands, s’enthousiasme Nicolas Garcia. Il y a une vraie notion de plaisir, à choisir ses produits et à prendre le temps de les cuisiner. Cela change tout ! »

images (9)Manger bio: Respecter l’homme avant tout

On l’a vu, passer au bio, c’est bon pour les finances. Les agriculteurs et les producteurs d’abord y gagnent en revenu et en santé, car ils sont les premiers touchés par des maladies liées à l’utilisation de pesticides. En plus de contribuer au développement des ressources des zones rurales (commerces de proximité préservés, écotourisme…), la filière est aussi créatrice d’emplois, car elle réclame 20 à 30 % de main-d’œuvre supplémentaire. Moins de produits chimiques, c’est aussi moins de frais de décontamination des sols, de l’eau et, à terme, de frais de santé pour tous. Enfin, la culture bio est synonyme de solidarité entre les pays du Nord et du Sud, entre les villes et les campagnes, et de davantage de lien social, car les intermédiaires y sont en nombre restreint. Manger bio, c’est donc encourager une agriculture respectueuse de l’homme avant tout.

Manger bio : Infos pratiques

Grande enquête dans les cantines

La France s’est engagée à introduire 20 % de produits bio dans les cantines des écoles d’ici à 2012. Pour encourager les élus, le WWF-France a lancé la campagne « Oui au bio dans ma cantine ». Prenez part à la mobilisation en posant quelques questions sur la cantine à votre enfant et en renvoyant un questionnaire rempli au WWF. Cette enquête citoyenne inédite permettra de dresser un véritable état des lieux et de mettre en œuvre des solutions concrètes.

Plus d’infos sur www.ouiaubiodansmacantine.fr

 

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE, GASTRONOMIE FRANCAISE | Pas de Commentaire »

comment Pétain s’est tiré une balle dans le pied

Posté par francesca7 le 13 décembre 2013

 

Procès de Riom :  Le 19 février 1942 s’ouvre cette affaire où Blum, Daladier et Gamelin comparaissent pour avoir « trahi les devoirs de leur charge ».

blum-daladier-vichy-riom-proces-2035247-jpg_1802009

L’accusation elle-même est approximative, mais Pétain souhaite se dédouaner de la débâcle française et pense que cette audience désignera les responsables de la déroute française. Pour parvenir à ses fins, Pétain annonce le 16 octobre 1941 la création d’un « conseil de justice politique » qui aura la « charge de donner son avis sur les questions que le président jugera utile d’évoquer devant lui ». À ce stade, le chef de l’État possède les instruments nécessaires pour organiser le jugement de n’importe quelle personnalité politique. C’est ainsi que le maréchal Pétain juge déterminant de punir les ministres qui, selon lui, ont causé la débâcle de la France. Pétain prétexte que les entreprises menées par le Front populaire entre 1936 et 1937 (semaine de 40 heures et nationalisation des usines d’armes, entre autres) ont affaibli la défense nationale, tandis qu’il est reproché à Daladier d’avoir déclaré la guerre à l’Allemagne nazie alors que la France n’était pas prête.

Au sujet du procès, l’imprudence, voire la naïveté, de Pétain réside dans le fait qu’il a permis à d’excellents orateurs comme Daladier et Blum de pouvoir se défendre. « Nous sommes dans la tradition de ce pays. (…) Nous n’avons pas interrompu la chaîne, nous ne l’avons pas brisée ; nous l’avons renouée et nous l’avons resserrée. (…) Et, par une ironie bien cruelle, c’est cette fidélité qui est devenue une trahison. » Les deux protagonistes ne manqueront pas d’arguments et, effectivement, ce procès tourne au ridicule et sert de tribune aux « accusés ». L’éloquence de Léon Blum associée à la ténacité et aux attaques incessantes d’Édouard Daladier, qui s’en prend directement à Pétain, met le régime de Vichy dans une situation extrêmement embarrassante.

Les 150 journalistes présents sont ébranlés par l’attitude de Daladier, dont la pertinence et l’intensité des propos transforment rapidement ce procès en un terrain glissant pour les collaborationnistes. La censure fut très présente tout au long du procès puisque Pétain imposa à la presse de ne pas diffuser la moindre information susceptible de remettre en question la politique menée par le régime de Vichy. Néanmoins, la presse internationale présente sur place donne une résonance particulière aux arguments des « accusés », qui, au final, deviendront les accusateurs. Les magistrats ont laissé Blum et Daladier critiquer ouvertement les agissements de Pétain et ce procès contre la République est devenu en fin de compte celui de Pétain.

Daladier et Blum, symbole de la résistance

L’excellente défense d’Édouard Daladier et de Léon Blum fut en définitive une incitation à ne pas s’accommoder de la présence de l’ennemi. La presse parisienne et collaborationniste ne mâcha pas ses mots : « Au lieu d’abattre les salauds, on leur a donné une tribune. » L’homme de Riom fait taire celui de Munich, ses entreprises demeurent nombreuses, mais on retiendra ses diverses initiatives vis-à-vis de l’Allemagne nazie passant d’une tentative de conciliation à une politique d’opposition se traduisant notamment par sa tentative de réarmement de la France, son refus de collaborer. Daladier, surnommé le « Taureau du Vaucluse », fut l’un des premiers à avoir cru en l’industrie américaine. C’est lui aussi qui critiqua publiquement le maréchal Pétain et qui apporta une crédibilité politique sur le territoire français pour exhorter la résistance.

Léon Blum, dans un tout autre style, se montra tout aussi convaincant et embarrassa également le régime de Vichy. Hitler souhaitait que ce procès témoigne de la responsabilité de la France dans cette guerre, alors que Pétain désirait mettre en lumière les responsabilités des responsables politiques face à cette « impréparation à la guerre », mais seulement à partir de 1935. Et c’est justement cette restriction dans le temps qui discrédite totalement le Maréchal et qu’utilise Léon Blum dans sa défense. En effet, Pétain fut nommé ministre de la Guerre dans le gouvernement Doumergue en 1934 et endossa donc la responsabilité de la défense nationale sur cette période. Sa vision archaïque de l’armée, sa foi inébranlable en la ligne Maginot et les Ardennes ainsi que son désintérêt à l’égard de l’aviation et des chars ne stimulèrent pas la production militaire française. Face à ce constat, Léon Blum n’eut aucune difficulté à retourner la faute sur Pétain, qui, à la suite de ses choix stratégiques, desservit grandement ses successeurs.

Le verdict

Le 16 octobre 1941, Pétain rend son verdict, une situation qui créa la polémique puisque le procès officiel ne commença qu’en février 1942 : les poursuites contre Paul Reynaud et Georges Mandel sont abandonnées, mais ils seront tout de même incarcérés arbitrairement au fort du Portalet, avant d’être enlevés par les Allemands. Ils ne seront jamais remis à la France, malgré les protestations officielles de Pétain pour qui cette affaire était du ressort de l’État français et non de l’occupant. Les cinq autres accusés, dont Blum et Daladier, sont inculpés et condamnés à la peine maximale, la détention à vie dans une enceinte fortifiée. En effet, avant même le début du procès de Riom, le maréchal Pétain avait annoncé à la radio qu’il condamnerait lui-même les coupables. « J’ai décidé d’user des pouvoirs que me donne l’acte unique constitutionnel pour juger les responsables de notre désastre. » Le Maréchal fait ici référence à l’article 4 de l’acte constitutionnel n° 7 lui autorisant le droit de « prononcer toute réparation civile, toutes amendes, et appliquer les peines suivantes à titre temporaire ou définitif : privation des droits politiques ; mise en résidence surveillée en France ou aux colonies ; internement administratif ; détention dans une enceinte fortifiée ».

Ce procès a été voulu par Pétain, indépendamment de l’Allemagne, mais la mascarade de Riom traverse le Rhin et parvient aux oreilles d’Hitler, qui met immédiatement la pression sur les décideurs français alors que Mussolini en rajoute. « Ce procès est une farce typique de la démocratie. » Le Duce souligne un aspect fondamental de ce procès puisqu’à travers ce dernier Daladier et consorts ont pu s’exprimer librement et sans détour. Le procès sera finalement abandonné en raison d’un « nécessaire supplément d’information », soit un motif tout aussi obscur que l’accusation. Le 21 mai 1943, le procès fut définitivement interrompu.

article de  LAURENT LEGRAND sur http://www.lepoint.fr

 

Publié dans AUX SIECLES DERNIERS, FONDATEURS - PATRIMOINE | Pas de Commentaire »

Le manoir du Breuil, repaire normand de Françoise Sagan

Posté par francesca7 le 28 novembre 2013

 

126877-une-sagan2-jpg_38293

La romancière Françoise Sagan a fait l’acquisition du manoir du Breuil en 1958, alors qu’elle n’avait que 23 ans  

Tout l’été durant, Le Point.fr vous propose de découvrir l’histoire de maisons de vacances. Parfois loufoque. Souvent extraordinaire. Cette semaine, nous faisons étape en Normandie, chez Françoise Sagan.

Son seul bien sur la terre. C’est ainsi que Françoise Sagan définissait elle-même le manoir du Breuil. Blottie dans le bois du même nom, sur la commune d’Équemauville en Normandie, à 3 kilomètres de Honfleur, cette vaste bâtisse entourée de 8 hectares de terre lui avait été offerte par une bonne amie. La chance. Celle qui la sauva maintes fois de la mort, au détour de ses frasques, lui en fit cadeau le 8 août 1958, à la roulette du casino de Deauville où elle avait passé la nuit. Elle misa sur le 8. Son gain ? 80.000 francs. Dans la foulée, dès 8 heures du matin, elle les offre au propriétaire du manoir qu’elle a loué pour l’été. Il accepte.

Dès lors, le manoir du Breuil devient son repaire. Tantôt refuge bucolique où elle puise l’inspiration, tantôt demeure mondaine où elle reçoit ses amis. Elle qui déteste tant la solitude…

Rêveries

En 1958, lorsqu’elle fait l’acquisition de la maison, Sagan n’a que 23 ans, mais elle est déjà célèbre. Son premier roman, Bonjour tristesse, a été récompensé du prix de la critique, quatre ans plus tôt. L’écrivain continue alors de résider à Paris où, éternelle locataire, elle change régulièrement d’adresse, mais séjourne très souvent à Équemauville.

Lassée de Saint-Tropez, elle passe dorénavant tous ses étés en Normandie ; son fils Denis Westhoff, né de sa brève union avec un ancien officier de l’armée de l’air américaine, toutes ses vacances. Lui joue dans le jardin. Elle tape frénétiquement sur sa machine à écrire dans la chambre verte, rêvasse des heures à sa fenêtre ou profite de la douceur du climat, allongée dans l’herbe avec ses chiens.

Étrange marché

Le manoir du Breuil, auquel on accède par une grande allée bordée de hêtres, est un brin délabré. Françoise Sagan rêve d’y faire des travaux, mais, si elle gagne beaucoup d’argent, entre son amour des bolides et son addiction pour le jeu, la romancière en dépense tout autant…

En 1991, l’homme d’affaires André Guelfi, alias Dédé la Sardine, lui propose un marché dont l’éternelle adolescente, financièrement prise à la gorge, ne saisit pas toutes les implications. Elle doit intervenir en faveur de la compagnie pétrolière Elf, auprès de son ami François Mitterrand, en échange d’un gros chèque. De quoi rendre au manoir du Breuil sa splendeur d’antan. Françoise Sagan, que le romanesque des truands séduit, accepte. Mais, lorsqu’éclate l’affaire Elf, Dédé la Sardine balance… Il déclare lui avoir versé, pour ce « petit » service, 9 millions de francs. Faux, d’après le fils de Sagan qui assure que seuls les travaux de la maison d’Équemauville, facturés quatre millions de francs, ont été réglés par André Guelfi. Seulement, voilà, François Sagan n’a pas déclaré cette somme au fisc. Et pour cause…

La sentence est sévère : un an d’emprisonnement avec sursis et le remboursement des sommes dissimulées assorti de pénalités. L’écrivain ne peut faire face. En voulant restaurer sa maison, Sagan la perd à jamais. Tous ses biens ayant un tant soit peu de valeur sont vendus, jusqu’à ses bijoux. Tous ses revenus sont directement saisis. Mais, dans son malheur, la chance lui sourit une dernière fois. Son amie, Ingrid Mechoulam, parvient à racheter le manoir du Breuil à la banque Dexia. Grâce à sa générosité, Sagan pourra encore profiter durant plusieurs années de cette maison qu’elle aime tant. Elle s’éteint à l’hôpital de Honfleur le 24 septembre 2004, à l’âge de 69 ans. 

Le Point.fr – Publié le 12/07/2010 à 09:30 - Modifié le 27/07/2010 à 11:56

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE, Normandie | Pas de Commentaire »

COUP D’OEIL SUR LE PANORAMA DE LA TOUR EIFFEL AU 19ème siècle

Posté par francesca7 le 24 novembre 2013

(D’après Guide officiel de la Tour Eiffel, paru en 1893)

 

Illustration.L’ascensionniste fera bien de commenter la visite du premier étage par une promenade sur les galeries extérieures. Le tour de ces galeries mesure 282m,76 de longueur, chaque côté ayant 70m,69. C’est donc une grande et belle promenade.

Si le visiteur est arrivé, par exemple, par la pile Ouest, il fera bien de commencer par la galerie qui fait face au pont d’Iéna et au Trocadéro, c’est le nouveau Paris, spacieux, élégant, borné par le Bois de Boulogne qui s’étend devant lui au second plan.

Passant à la galerie qui fait face à l’esplanade des Invalides, le visiteur aura sous les yeux le panorama du vrai Paris, du cœur de la Cité, avec les silhouettes imposantes des vieux monuments, et Montmartre au fond. La Madeleine, l’Opéra, Saint-Augustin, le Palais de l’Industrie, la place de la Concorde, le Louvre, la Tour Saint-Jacques, Notre-Dame, etc., se trouvent dans cette partie du panorama que traverse le cours de la Seine animé par des centaines de bateaux.

La galerie suivante – côté École militaire – embrasse le Champ de Mars tout entier, qui apparaît comme un magnifique plan en relief. Ce coup d’œil est merveilleux. Le dôme des invalides apparaît derrière celui des Beaux-Arts, avec Saint-Sulpice et le Panthéon plus à gauche. Peu de monuments au delà de l’École militaire : mais on a les Palais de l’Exposition à ses pieds, et cela suffit.

La quatrième galerie fait face à Grenelle. Et ce n’est pas le plus vilain côté des panoramas. Non par le nombre des monuments (il n’y en a pas), mais par la beauté pittoresque de ce côté de Paris. C’est le côté des couchers du soleil – et l’un sait que Paris a le privilège des plus beaux couchers de soleil.

Premier étage. Pourtour : 
La Seine coupe ce panorama en deux parties bien distinctes. Sur sa rive droite, les riants coteaux de Passy ; sur la rive gauche, la noire ville des usines de Grenelle et de Javel. Le contraste est saisissant. La Seine est superbe de ce côté, toujours lumineuse. Elle est coupée dans sa longueur par cette singulière île des Cygnes, longue, étroite et régulière comme un ruban. C’est là, que s’élève la statue de la Liberté éclairant le monde, de Bartholdi. Au fond, le beau viaduc du Point-du-Jour fait tableau. A gauche, du côté de Meudon, l’on voit presque tous les jours s’élever des ballons. Ce sont les expériences d’aérostation militaire qui se font là-bas.

En route pour le second étage : 
Si vous voulez monter au second étage en ascenseur, c’est l’ascenseur Otis qui vous y élèvera en une petite minute. A peine le temps de constater que les treillis de fer sont plus sveltes, plus espacés, et que le constructeur a allégé le poids à mesure que l’édifice s’élevait.

Si vous voulez vraiment jouir d’un coup d’œil merveilleux, de la transformation des choses ; si vous voulez savourer les impressions que vous donne cette admirable ascension, c’est à pied qu’il faut la faire, du moins, de temps à autre. Dans ce cas, il faut rejoindre l’escalier héliçoïdal de la pile Nord ou Sud consacré à la montée. Le bureau des tickets est derrière l’escalier. La montée est curieuse. Par exemple, arrêtez-vous vers la 160° marche, pour voir un des plus jolis mor-ceaux de Paris découpé par les entretoises. Le cadre est largement ouvert. L’on voit de Montmartre au Panthéon, Montmartre donne le sentiment de son altitude ; il se découpe encore sur le ciel au-dessus de l’horizon.

Si vous regardez au-dessous de vous, vous ne voyez que zinc et verre. Ce sont les toitures rondes des restaurants et des loggias des galeries extérieures du premier étage. Du milieu de ces couvertures brillantes, vous voyez sortir la pile Ouest. On perd le sentiment de l’élévation oit l’on se trouve et jusqu’au souvenir des pieds de le Tour, qui vont du sol au premier étage. Toute cette colossale construction du bas n’est plus appréciable, ayant disparu. Il semble que le premier étage soit un point de départ nouveau. Pour l’ascensionniste placé entre le premier étage et le second, la Tour semble partir du premier comme d’un sol nouveau.

Le second étage :
Sur cette seconde plate-forme l’emplacement se rétrécit, mais se compense largement par l’étendue du coup d’œil panoramique. Les choses de la terre deviennent minuscules, et, chose étrange, aucun vertige, aucune trépidation ou oscillation ne vous communique la sensation de la hauteur.

Un bar-brasserie (où l’on peut luncher excellemment), un photographe (avec son atelier aérien de pose), divers kiosques de vente de souvenirs y sont installés. On y trouve aussi un abri vitré, avec bureau pour la correspondance, des water-closets, etc.

Impressions d’un Piéton : 
Pour pouvoir donner des impressions justes, j’ai plusieurs fois fait l’ascension du second au troisième par l’escalier. C’est en décrivant les impressions ressenties durant ces ascensions faites à pied que je serai le meilleur guide et conseiller pour les voyageurs de l’ascenseur.

L’escalier est héliçoidal ; il n’est pas livré au public. La distance qui sépare le second étage du plancher intermédiaire est de 80m,60. L’horizon s’étend démesu-rément. Ce ne sont, de toutes parts, que des tableaux merveilleux découpés par les treillis. Un album de vues variées à l’infini, dans d’innombrables cadres. Le fer n’est plus du tout gênant comme au-dessous. Les entretoises sont d’une légèreté extrême, et, dans les jours énormes dessinés entre ces croix de Saint-André, les fragments du panorama sont bizarrement découpés, comme des panneaux japonais.

Je m’arrête à mi-chemin, entre le second étage et le plancher intermédiaire, à peu près à 460 mètres de hauteur. Le Mont-Valérien et Montmartre perdent de leur hauteur, leurs sommets affleurent l’horizon. Au delà apparaissent déjà des coteaux jusqu’ici invisibles, des terres nouvelles.

Un phénomène curieux se produit, qui va en augmentant à mesure que l’on s’élève. Tandis que les choses éloignées semblent se rapprocher, celles qui sont au pied de la Tour semblent s’éloigner. Le Point-du-Jour, les panaches de fumée des chemins de fer de Versailles et de Ceinture paraissent plus près, et le Trocadéro plus éloigné. On distingue encore le bruit des voitures. Quelques martinets tournent autour de la Tour, un peu plus haut que le point où je me trouve, inquiets. Pensez donc ! un profane dans le monde des oiseaux !

Le Plancher intermédiaire : 
Je reprends ma course. Me voici au plancher intermédiaire. Juste à 200 mètres du sol. C’est ici que les deux cabines do l’ascenseur Edoux échangent leurs voyageurs. Celle qui s’élève du second étage arrivera là, sous la même action mécanique et en même temps que celle qui descendra du troisième. A la rencontre, elles boucheront les deux trous béants que je vois ; et leurs planchers ne feront qu’un avec celui du balcon placé entre elles. Le balcon est divisé en deux parties. Sur l’une déboucheront les ascensionnistes de la cabine « montante » ; de l’autre sortiront les « descendants ». Si bien que chacune se remplira de ce qui sortira de l’autre.

220px-La_Tour_Eiffel_surplombant_ParisTout autour, une assez spacieuse terrasse où les ascensionnistes pourront faire une petite station de curiosité, entre deux trains, c’est le cas de le dire. L’ascenseur Edoux, logé entre trois montants qui portent les pistons, les câbles, les glissières et les tuyaux, est orienté de façon à avoir une cabine nord dans la direction de l’Arc de Triomphe et une cabine sud vers Grenelle. La cabine nord fait l’ascension supérieure du plancher intermédiaire au troisième, et la cabine sud fait le service inférieur. Ces cabines sont très vastes.

Du plancher, la vue est magnifique. On est plus près des fers de la Tour, et les découpures dans le panorama sont plus larges. Pauvre Montmartre ! pauvre Mont-Valérien ! L’horizon les dépasse maintenant, les submerge. Leurs silhouettes n’ont plus aucun commerce avec le ciel. Elles se détachent minablement sur les terres d’au delà. Des pays nouveaux sont visibles. Du Plancher intermédiaire au sommet. Quatrième étape. Encore 90 mètres ! Allons ! Je m’aperçois que la carcasse de fer se rapproche de l’axe, L’ascenseur Edoux finira par remplir l’ossature et par affleurer les entretoises. C’est que la Tour s’amincit notablement.

On voudrait s’arrêter à chaque marche, tant il y a de belles choses et de surprises tout autour de la Tour. L’École Militaire surgit. peu à peu derrière le masque de fer et de verre derrière lequel on l’a cachée, et le puits de Grenelle se dégage tout entier. Je vois les cava-liers manœuvrer dans les cours des grandes casernes ; mais si petits, si petits qu’on dirait des cirons à cheval sur des puces. Je crois voir des cloportes dans ces cours. En y regardant, je démêle que ce sont des caissons d’artillerie.

Le troisième étage : 
Ici l’œuvre de M. Eiffel apparaît sous un aspect véritablement grandiose, merveilleux, éblouissant. Quel magnifique horizon ! C’est indescriptible !

Que vous parveniez à la troisième plate-forme par escalier ou par ascenseur, vous débouchez dans une vaste salle octogonale, ou si vous le préférez, carrée â pans coupés. Les grands côtés mesurent une douzaine de mètres et les pans coupés deux mètres environ. La salle mesure un peu plus de deux mètres et demi en hauteur. On y trouve trois minuscules boutiques de vente de souvenirs, guides, etc., encastrées dans les piliers, et aussi un bar de dégustation. Sur les quatre côtés, les ascensionnistes du troisième peuvent inscrire leur nom sur les feuilles apposées à cet effet. Elles sont renouvelées chaque jour et destinées à former l’album des ascensionnistes de la Tour.

A hauteur de vue, de magnifiques glaces ferment les baies, et là, à l’abri des intempéries, on peut admirer le panorama incomparable qui vous entoure. De nombreux visiteurs y suivent avec grand intérêt, à certains jours, les courses de Longchamp, d’Auteuil et de Levallois-Perret. Par une gracieuse et utile inspiration la Société de la Tour a fait reproduire sur les panneaux du haut une vue et description panoramiques des localités et monuments entr’aperçus.

Le public n’est pas admis à dépasser la plate-forme du troisième étage, bien que 23 mètres la séparent du drapeau, dont la hampe est exactement à 303 mètres au-dessus du sol.

Renseignements généraux, administration : 
L’administration de la société de la Tour Eiffel est installée au pied du pilier nord, dans l’élégant pavillon en bois édifié pour l’Exposition Universelle de 1889, par le gouvernement norvégien. Les services d’administration, secrétariat, services techniques, caisse, comptabilité et direction du personnel y sont centralisés.

Boîtes aux lettres :
Par les soins d’employés spéciaux, les lettres et cartes postales déposées dans les boites aux lettres de la Tour par les visiteurs sont expédiées par tous les courriers postaux de chaque jour. Les boites aux lettres sont installées à tous les étages et les visiteurs peuvent se procurer les cartes postales dans tous les kiosques de vente.

Bureau de tabac : 
Un bureau de tabac a été installé au premier étage (pilier Est). On y vend aux mémos prix qu’aux autres débits tous les tabacs de la Régie.

Distributeurs automatiques : 
Les ascensionnistes et visiteurs peuvent se procurer de charmants souvenirs et vues photographiques de la Tour aux huit distributeurs automatiques installés : quatre au premier étage, deux au deuxième, et deux au troisième.

Interprètes : 
Les ascensionnistes étrangers trouveront aux deuxième et troisième étages des interprètes parlant toutes les langues de l’Europe (anglais, allemand, russe, italien, espagnol, etc.). Prix : 0,50 centimes le quart d’heure.

170px-Tour_eiffel_at_sunrise_from_the_trocaderoJumelles et longues-vues : 
Le service de l’optique de la Tour a été considérablement augmenté pour l’année 1892. Il existe à chaque étage un bureau de location et de rente d’objets d’optique. Au deuxième étage, doux postes composés chacun de cinq télescopes sont établis l’un à la pile Nord, l’autre à la pile Est. Chaque télescope est muni d’un téleacographe, appareil nouveau permettant aux visiteurs de trouver eux-mêmes d’une manière rapide les points de vue et les monuments les plus remarquables de Paris et des environs.

Le télescographe indique de plus le nom du point de vue ou du monument et la distance à laquelle ils se trouvent de la Tour. 0 fr. 25 par personne et par poste. Au troisième étage, quatre télescopes sont installée et permettent de découvrir les points de vue jusqu’aux horizons les plus lointains. 0 fr. 50 par personne pour les quatre télescopes.

Réclamations : 
Les visiteurs pourront adresser leurs réclamations au chef du personnel, dont le bureau est installé au premier étage (pilier Ouest).

Water-Closets : 
On trouve des water-closets aux premier et deuxième étages. Prix : 15 centimes.

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE, Paris | Pas de Commentaire »

Jules Verne et les secrets du Bugarach – Itinéraire mystérieux de Clovis Dardentor

Posté par francesca7 le 21 novembre 2013

 

 Jules Verne et les secrets du Bugarach – Itinéraire mystérieux de Clovis Dardentor dans FONDATEURS - PATRIMOINE 220px-Jules_Verne_in_1892

 

Il est vrai que Jules Verne aimait assez choisir pour nom à ses personnages des patronymes correspondant à des noms de lieux. Cependant, sa description du capitaine commandant le navire qui emmène son héros en Algérie ne pourrait-elle pas être celle d’une montagne ? Nous verrons un peu plus loin qu’il ne s’agit pas d’un hasard. Mais auparavant, sans doute faut-il parler de certains aspects de l’œuvre de Jules Vernes généralement ignorés. Des dizaines de milliers de livres sont été écrits sur ce romancier, lu partout dans le monde. On a dit un peu tout et n’importe quoi à son sujet, le taxant tantôt d’être de droite, voire royaliste, tantôt d’être de gauche, voire anarchiste. On l’a dit homme à femmes mais aussi homosexuel. Bref, chacun s’arrange avec son Jules Vernes, ce qui au passage contribue à son universalité.

 

Un enseignement caché 

Pou l’opinion publique il est surtout un auteur pour la jeunesse et une sorte de précurseur scientifique de génie. Sans doute ces appréciations recouvrent-elles une réalité, mais très partielle. Bien sûr, Verne écrivait pour éduquer, mais pas seulement les enfants. Sans doute, la science est largement présente dans son œuvre, cependant son rôle n’a pas été d’inventer mais de prolonger les développements techniques susceptibles de se produire à partir d’inventions déjà réalisées à son époque. Par contre, il est un aspect de l’œuvre de Jules Verne dont on ne parle jamais : son aspect secret, caché, ses textes derrières le texte. Jules Verne était un grand amateur de cryptogrammes et autres jeux de mots. Il en a truffé ses ouvrages, ce qui est plus qu’aisément vérifiable, faisant de son œuvre un gigantesque message chiffré. Il a utilisé à ce propos une méthode dont la création est attribuée à Swift, l’auteur des « Voyages de Gulliver » : l’Ars punica sive flos linguarum, autrement dit la fameuse langue punique chère à l’abbé Boudet. 

Description de cette image, également commentée ci-aprèsOr, il ne s’agissait pas pour Jules Verne d’un simple amusement, même s’il dût  y prendre beaucoup de plaisir. En fait il nous laissait par ce biais de véritables messages. 

Jules Verne et la Franc-maçonnerie 

C’est ainsi que son œuvre contient de nombreuses évocations de la Franc-Maçonnerie. La construction de son roman « Les Indes Noires » est calquée sur « La flûte enchantée » l’opéra de Mozart. On peu trouver dans chaque personnage ou presque une correspondance dans l’œuvre de l’illustre musicien. Or cet opéra était un opéra maçonnique. Jules Verne a tenu dans les « Indes Noires » non seulement  à le transposer, mais à surcharger son texte d’allusions maçonniques. J’incite vivement ceux qui s’intéressent à lire ce roman. Par ailleurs, des clés maçonniques parsèment un peu toute l’œuvre de Jules Verne. Si l’on pouvait facilement se procurer des rituels et les transposer, il était beaucoup moins évident à l’époque d’accéder aux rituels des hauts grades. Pourtant on voit, dans Michel Strogoff, le héros combattre un ours au corps à corps, puis plus tard être supplicié et devenir aveugle après qu’une épée chauffée au rouge eut été placée devant ses yeux. Or, dans « La Franc Maçonnerie templière et occultiste » le Forestier écrit à propos des grades d’Elus ou de Vengeance ; « Le candidat se présentait au vénérable avec des gants maculés de rouge, déclarant que le sang qui tachait ses mains était celui de l’ours, du tigre et du lien que les criminels avaient dressés à garder l’entrée de leur repaire ; le récipiendaire consentait à mourir dans les plus terribles supplices, après que ses yeux aient été privés de la lumière par le fer route s’il violait jamais son serment de discrétion ». C’est exactement ce qui arrive à Miche Strogoff qui viole son serment de discrétion pour sauver s amère. On pourrait aligner des pages et des pages quant aux liens de l’œuvre de Jules Verne avec la Franc-Maçonnerie, mais ce n’est pas l’objet de cet article.

 

La Rose-Croix et la société angélique.

 Signalons tout de même que ses romans sont également truffés d’allusions à la Rose-Croix et, encore une fois, chacun peut le vérifier sans grande difficulté. C’st le cas dans De la Terre à la lune , Bourses de voyage  , Les enfants du Capitaine Grant  , Robur le Conquérant  , Maître du Monde   et surtout Le Tour du Monde en 80 jours , liste qui est loin d’être exhaustive.  Et puisque nous parlons du Tour du Monde, il faut indiquer au passage que ce roman marque le lien de Jules Verne avec une société initiatique fort peu connue ; la Société Angélique. Philéas Fogg, qui possède toutes les caractéristiques d’une maître Rose-Croix, évoque directement cette société mystérieuse dont le Maître-livre était Le Songe de Poliphile, ouvrage crypté de la renaissance. La société Angélique se nommait également Le Brouillard. 

Or, le valet de Philéas Fogg, Passepartout nous incite par son nom à décrypter le roman par l’intermédiaire de la langue des oiseaux. Un « passe-partout » n’est-il pas appelé aussi un rossignol, nom de l’oiseau qui annonce la lumière ? Décomposons le nom du héros Philéas Fogg. Eas, en grec revêt une notion de pluralité, d’universalité comme poli en latin. Philéas n’est donc autre que Poliphile. Tiré par les cheveux ? Alors, dites-moi pourquoi Philéas s’appelle Fogg, c’est à dire le Brouillard en anglais, comme le deuxième nom de cette société Angélique qui a le songe de Poliphile pour grimoire.

 

CLOVIS D’ARDENTOR

 Venons-en maintenant à Clovis Dardentor. Cet ouvrage est très particulier. C’est apparemment un modeste roman géographique, écrit pour nous faire découvrir l’Oranie. Oui, mais… Pour bien comprendre, il nous faut faire un petit détour par la Languedoc. Là, dans une modeste bourgade située à trente kilomètres au sud de Carcassonne, Rennes le Château, un curé a fait fortune à la fin du XIX ème siècle. Parti sans un sou, il a complètement restauré et décoré son église, construit une confortable villa, créé des jardins, fait édifier une terrasse sur rempart avec une tour de verre pour ses plantes, construit une tour néo-gothique qui lui servait de bibliothèque, et mené une vie mondaine sur fond d’invitation de divas et d’hommes politiques. Bien sûr, tout le monde s’est demandé d’où venait l’argent de l’Abbé Saunière. Trafic de messes ? L’Eglise a tenté de le coincer sur ce chapitre sans doute en partie réel. Mais surtout, l’hypothèse tenant la corde est celle de la découverte d’un trésor,. Ce trésor pourrait être celui du temple de Jérusalem, pillé par Titus en 70 après Jésus-Christ et récupéré à Rome par Alaric en 410. Autre hypothèse, un trésor appartenant aux descendants des rois mérovingiens. Pour faire court, après l’assassinat de Dagobert II, son fils Sigebert IV serait parvenu à s’échapper et se serait réfugié à Rhedae, actuel Rennes le Château, donnant une postérité à la royauté mérovingienne. Depuis, les « rejetons ardents » de cette dynastie seraient en attente d’une reconquête du pouvoir. En l’occurrence, peu importe la part de réel dans tout cela. Ce qui compte c’est que de telles croyances aient été véhiculées au XIXè siècle dans des sociétés dites initiatiques. Tous éléments que vous connaissez déjà pour la plupart d’entre vous, je n’insisterai donc pas. Rennes le Château, lieu de la survivance de la dynastie mérovingienne et abritant un trésor tel que celui du temple de Salomon, quel rapport avec Jules Verne ?

 Tout simplement : Clovis Dardentor.

 

Image illustrative de l'article Clovis Dardentor

L’or des rejetons ardents : Jules Verne a laissé dans ce roman un nombre étonnant de clés liées à cette histoire. Relevons-en quelques unes. D’abord le titre. Jules Verne ne cesse d’utiliser des jeux de mots et chez lui, un jeu de mot peut en cacher un autre. En général dans ce cas, le premier est grivois et détourne de l’idée de chercher autre chose ; en l’occurrence, Clovis Dardentor est un riche commerçant de Perpignan sans enfant et qui cherche quelqu’un à adopter pour lui laisser son héritage. Situation parfaitement résumée par le titre : Clovis Vit Dard en or, Son sexe (vit), fermé (clos) n’a pu lui assurer une descendance et pourtant ce sexe (dard) aurait pu rapporter beaucoup d’or (en or) à celle-ci. Tiré par les cheveux ? Je n’y peux rien, c’est la méthode même de  Jules Verne, mais ce que je peux dire c’est que ce type de rapprochement n’est pas fortuit (lisez l’abbé Boudet, il emploie la même méthode). Un jeu de mots en cachant un autre, découvrons le second : Clovis Dardentor : l’OR des REJETONS ARDENTS des descendants de CLOVIS (les mérovingiens). Vous n’êtes pas encore convaincus, c’est normal. Alors suivons Clovis Dardentor dan son aventure et nous verrons en chemin que tout cela est cohérent. Et c’est bien d’un secret caché et d’un trésor que Jules Verne va nous parler car, comme le dit son valet Patrice : « Monsieur avait parlé… parlé… et de choses qu’il vaux mieux taire, à mon avis, lorsqu’on ne connaît pas les gens devant qui l’on parle ».

 

Langue des oiseaux ou Gai savoir.

 

D’ailleurs, il fait des allusions semi-voilées à plusieurs reprises à des grilles de décryptage et au moyen d’opérer une triangulation pour arriver au lieu du dépôt. Clovis Dardentor s’embarque pour l’Algérie sur un bateau nommé l’Argelès, autrement dit « la voie de l’argent », celle qui amène à son héritage. Ce navire est commandé par le capitaine Bugarach. Nous avons cru que ce nom peu courant est aussi celui de la montagne principale, et, quasiment sacrée, de la région de Rennes-le Château : le Pic Bugarach. Hasard ? Sûrement pas puisque ce capitaine est décrit exactement comme une montagne. Il domine tout le paysage, il a en quelque sorte la tête dans les nuages : « Le maître après Dieu, c’une voix qui roulait entre ses dents comme la foudre entre les nuées d’orage ». De plus, au bas du pc, existe un hameau précisément nommé « Les Capitaines ». Et Verne continue, toujours en employant la langue des oiseaux, celle du Gai Savoir, comme nous l’indique Jean Taconnat, « gai comme le plus pinsonnant des pinsons », ce à quoi Clovis répond : « Ah ! Ah ! Monsieur Jean, vous avez donc repigé votre gaieté naturelle ». Comme quoi il y a effectivement quelque chose à « piger » dans une histoire. Poursuivons en 220px-Rennes_le_Chateau_Turmabrégeant la multitude d’éléments reliant Clovis Dardentor à Rennes-le-Château et à sa région. Clovis se rend à Oran (en or). Il est accompagné de Marcel Lornans (l’or est dans la mare salée). Il part de Sète et de son mont Saint-Clair (songeons à l’importance de la famille de Saint Clair ou Sinclair liée au mystère de Rennes le Château à travers la chapelle de Rosslyn) qui porte une chapelle « de la Salette ». A cette occasion, il évoque « les vastes salines du midi que borde un canal de circonvallation ». Nous verrons que jusqu’au bout cette histoire sera une histoire salée.

 

Au passage, Clovis s’arrête aux Baléares. Jules Verne insiste sur la fondation de la ville qui « datait de l’époque où les Romains occupaient l’île après l’avoir longuement disputée aux habitants déjà célèbres pour leur habileté à manier la fronde. Clovis Dardentor voulut bien admettre que le nom des Baléares, fût dû à cet exercice dans lequel s’était illustré David, de même que le pain de la journée n’était donné aux enfants qu’après qu’ils aient atteinte le but d’un coup de leur fronde ». Comment ne pas songer à ce passage du curieux ouvrage de l’abbé Boudet sur Rennes-Les bains, dans lequel, parlant de David, il écrit : « Il mit la maint dans sa panetière, il en prit une pierre, la lança avec sa fronde… ». Il y a assimilation chez l’un, comme chez l’autre, de la fronde de David et du pain, tout comme il existe, dans la région de Bugarach, à Rennes les Bains, une « pierre du pain   » ronde comme une balle de fronde. Notons au passage que l’origine du nom des Baléares donnée par Jules Verne semble bien être une pure invention de sa part. Jules Verne parle aussi du torrent de la Riena à Palma, en réalité la Riera. Pourquoi cette confusion si ce n’est pour mettre en évidence avec Riena, les deux Rennes  de l’Aude : Rennes-le Château et plus encore Rennes les Bains ?

 

DE RENNES LES BAINS AU BUGARACH

 Lorsqu’il arrive à Majorque, Clovis se rend à la cathédrale de Palma, son guide à la main. Il nous décrit la magnificence du lieu, mais oublie tout simplement de parler de deux magnifiques chaires renaissance que les guides de l’époque ne manquaient pas de signaler. Or elles sont l’œuvre d’un artiste du XVIè siècle nommé Juan de Salas. Quant au retable admiré par Clovis, il  ne peut s’agir que de celui qui, occupe le fond de la chapelle du Corpus Christi. Cette œuvre a été réalisée par Jaime Blanquer. Par ses oublis ou ses imprécisions, Jules Verne, tout en voilant le renseignement aux autres, attire l’attention de celui qui cherche sur les noms de ces artistes : Jaime Blanquer et Juan de Salas, autrement dit la Blanque et la Sals, les deux rivières naissant au Bugarach. La promenade à Palma ne cesse d’être l’occasion de faire référence à Rennes. Citons l’une d’entre elles au passage ; pour se rendre au château de Bellver, Clovis passe par le Terrento, sorte de faubourg « considéré comme une station balnéaire ». Ce calembour, car c’en est un, « terreno-balnéaire », se traduit par « sur les terres de Rennes les Bains ». C’est bien de Rennes les Bains que Jules Verne nous incite à partir pour un circuit qui précisément nous conduira au Bugarach. 220px-%27Clovis_Dardentor%27_by_L%C3%A9on_Benett_19 dans HISTOIRE DES REGIONSArrivé à Oran, Clovis décrit les lieux, évoquant les eaux du Bain de la Reine aux saveurs franchement salines à Mers el-Kébir près du ravin du Salto del Cavallo, ce qui n’étonnera pas les amateurs de l’énigme de Rennes le Château. Puis, il repère sur la carte des Chemins de Fer une « ligne rouge » (Roseline-Rouge ligne) permettant de faire un voyage circulaire en Oranie. Tout au long, Jules Verne, qui est pourtant toujours très précis dans sa documentation, accumule les erreurs sur des altitudes, la contenance de certains barrages à son époque, les chiffres de population, etc, erreurs pouvant être très grossières. A chaque fois il nous donne des indictions et des repères permettant de progresser à partir de Rennes les Bains en direction de Bugarach. Il emploi également, de nouveau sa méthode des indications par omission. C’est ainsi qu’il parle du fleuve Maeta se jetant « dans une vaste baie entre Arzeu et Mostaganem » Pourquoi diable ne désigne-t-il pas le lieu exact où se jette la fleuve ? Parce qu’il s’agit de Port aux Poules dont le nom nous ramène une fois de plus à Rennes le Château dont la seigneurie appartenait à la famille Hautpoul.

Nous pourrions aussi nous arrêter sur ce commandant Beauregard auquel Jules Verne fait allusion trois fois en deux pages, et nous demander s’il ne s’agit pas d’une allusion à ce Beauregard qui, au XVè siècle, se disait issu de Salomon, duquel naquit la seconde branche de la famille de Blanche-fort, elle-même  liée à Rennes le Château.

 

DES ERREURS OPPORTUNES

 

Je vous engage à lire Clovis Dardentor, guide de l’époque en main, et à relever les erreurs du texte. Si vous avez la curiosité de chercher au fur et à mesure des liens entre ces erreurs et des lieux de la région  de Rennes le Château, vous serez comme pris par la main et conduits au but. Par exemple lorsque Jules Verne vous fait passer par Maeta, il commet une erreur. Il s’agit en fait de Makta. De quoi se poser la question : k ou é. Or sur le chemin sur lequel Jules Verne veut nous conduire en fait, vous vous trouvez exactement à ce moment là au Caoussé. Au bout, la route que nous sommes incités à suivre aboutis tout à côté du Bugarach en un lieu nommé Les Salines. Notons les allusions répétées à des salines tout au long de l’ouvrage. Et au bout du bout, à qui revient l’héritage de Clovis ? A Louis Elissane qu’il adopte. Louise, nom dérivé, tout comme Lovis de Clovis et Elissane anagramme intéressant si l’on emploie les méthodes de Jules Verne : ELISSANE = E. SALINES, soit à l’est des salines. Là où se situe la fontaine salée autour de laquelle tournent de nombreuses histoires et légendes et qui fut l’objet d’un article dans le dernier numéro de ce magazine (SACREE PLANETE).

 

LA CAVERNE AUX TRESORS

 

Il y aurait infiniment plus à dire sur les liens entre Clovis Dardentor et le trésor de Rennes le Château, sur les allusions fort nombreuses aux Bains de Rennes, à Blanchefort, à leau salée, et même à des éléments contenus dans « La Vraie Langue celtique » de l’abbé Boudet, etc. Clovis ne nous conduit-il pas à côté de Mascara, en quelque sorte la Maison de l’Arche, dont un des quartiers, Baba-Ali ne peut qu’évoquer la caverne au trésor. Il faudrait également aller à la pêche aux renseignements dans Robur le Conquérant et Maître du Monde, entre autres. Je ne résiste pas au plaisir de vous citer un passage de Rou où celui-ci survole une partie des Etats-Unis dans un vaisseau volant : « après avoir franchi les montagnes noires couvertes de sapins et de cèdres, l’Albatros volait au-dessus de ce territoire que l’on a justement appelé les mauvaises terres du Nebraska – un chaos de collines couleur d’ocre, de morceaux de montagnes qu’on aurait laissées tomber sur le sol et qui se seraient brisées dans leur chute. De loin ces blocs prenaient les formes les plus fantaisistes. Ca et là, au milieu de cet énorme jeu d’osselets, on entrevoyait des ruines des cités du moyen âge avec forts, donjons, châteaux à mâchicoulis et à poivrières ». Avez-vous déjà vu des forts du Moyen âme aux Etats-Unis ? Par contre si vous survolez le méridien zéro du nord au sud, après avoir survolé la Montagne Noire, vous passez au-dessus de la cité de Carcassonne, des collines d’ocre des Corbières et des donjons tels que Arques et autres château dits Cathares. 

Relisez l’oeuvre de Verne avec d’autres yeux, elle vous est ouverte si vous savez voir et vous ne regretterez pas ce voyage dans le texte. En tout cas, si Jules Verne a dédié « Clovis Dardentor« , et cette seule œuvre, à ses petits-enfants, ce n’était certainement pas pour leur dédicacer un vague vaudeville. Ce roman aboutit très directement au Bugarach et à son secret qui pourrait bien être celui du « Mont Royal » de Robur, le Maître du Monde.

 

*Rennes-le-château : un site intéressant ici : http://rennes-le-chateau-archive.com/

Article de Michel Lamy paru dans le magazine SACREE PLANETE.

 

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE, HISTOIRE DES REGIONS, LITTERATURE FRANCAISE | Pas de Commentaire »

A la rencontre de M.De Gaulle

Posté par francesca7 le 11 novembre 2013

A la rencontre de M.De Gaulle dans FONDATEURS - PATRIMOINE de-gaulle-2129164-jpg_1861127

Tous en ont gardé un souvenir inoubliable. Récit. article paru sur http://www.lepoint.fr/societe

La rencontre avec de Gaulle est un moment-clé dans le parcours des Français libres. Chacun garde le souvenir fort du jour où, pour la première fois, il a vu surgir cette silhouette immense, sévère, distante, autoritaire, cette  » cathédrale gothique », résume François Jacob. Aucun de ces jeunes n’a entendu l’appel du 18 juin ni ne connaissait son nom. Mais quand il leur apparaît, quelques minutes, le 6 juillet 1940, à l’Olympia de Londres, où campent les FL, il trouve d’emblée les mots justes. Ni trémolo ni flatterie : « Je ne vous féliciterai pas d’être venus, vous avez fait votre devoir. Quand laFrance agonise, ses enfants se doivent de la sauver. Vous avez de la chance, jeunes Français, car vous voyagerez beaucoup. Ce sera long, ce sera dur, mais à la fin, nous vaincrons. » Présent ce jour-là,Daniel Cordier se souvient de sa silhouette de héron, de son regard de prophète et de « sa voix aux intonations étranges ». L’instant est crucial : la cause de la France libre s’incarne enfin.

Plus tard, chacun ou presque aura droit à son tête-à-tête, passage obligé. Pour Cordier, l’entretien a lieu le 1er août 1940 : « Dans ma tête, tout se bouscule : correction de ma tenue, salut en claquant les talons, formule de présentation cent fois répétée. » Le dialogue est très bref, immuable : que faisiez-vous en France, quand êtes-vous arrivé, pourquoi vous êtes-vous engagé, avez-vous un souhait à formuler ? Quelques-uns ont des souvenirs plus personnels. Hubert Germain, dont de Gaulle connaissait le père, a droit à un aparté. Verdict aujourd’hui : « J’avais quitté papa, je tombais sur un second père. » Cantonné en Syrie jusqu’en mai 1940, Bernard Demolins est reçu plus longuement, interrogé sur la situation là-bas : « J’ai tenté de lui répondre, puis il s’est planté devant une carte du monde et s’est lancé dans une longue explication : les Allemands n’obtiendraient pas de pétrole des Russes, ils voudraient passer par la Libye, la Syrie. Il avait tout prévu, j’étais sidéré. »

« Alors, Gatissou, on n’a besoin de rien aujourd’hui ? »

Pour François Jacob, le premier échange a des accents presque fantastiques : fin août 1940, il est accoudé au bastingage du Westernland, en partance pour Dakar, quand il entend derrière lui une voix d’outre-tombe : « Cette terre, là-bas, qu’est-ce que c’est ? » Un temps stupéfait, Jacob se reprend et suggère l’Irlande : « Oui, dit de Gaulle, ce doit être l’Irlande. Il paraît que c’est très beau. Mais on attendra une autre occasion pour aller visiter. » Cette occasion, ce sera le dernier voyage de 1969, après sa démission.

L’officier mécanicien de l’air René Gatissou n’a vu de Gaulle que quelques minutes, mais il les raconte encore avec délectation. Basé en 1941 à Khartoum, il reçoit l’ordre d’un colonel d’aller voir de Gaulle au Caire pour obtenir des pièces de rechange, qui sont chez les Anglais à Bagdad. Il le trouve assis à une grande table, qui n’est en fait qu’une caisse d’emballage. « Je lui fais part de ma demande. Il sonne Raymond, qui pilotait son avion, et me désigne à lui : Gatissou veut aller à Bagdad. – Mais c’est en Irak, mon général. – Je sais, Raymond, et j’ai besoin de mon avion demain matin à 10 heures. Gatissou fait l’aller-retour avec l’avion de De Gaulle, tombe sur des Anglais qui sirotent leur whisky, obtient ses pièces et ramène l’avion in extremis. Mais l’histoire n’est pas finie. Dans les années 1960, de Gaulle a organisé une réunion à l’Élysée avec les compagnons de la Libération. Il s’est planté devant moi et m’a dit, alors qu’on ne s’était jamais revus : Alors, Gatissou, on n’a besoin de rien aujourd’hui ? »

Si de Gaulle, pour la plupart, reste une figure distante, certains gardent un souvenir plus détendu. Le 14 juillet 1942, un mois après Bir-Hakeim, le général rend visite à ses jeunes officiers vainqueurs. « On sentait qu’il était heureux. Il avait perdu sa raideur, raconte Hubert Germain. On en a profité. On lui a dit : On ne va pas rester comme des ploucs au soleil, on veut encore se battre. Je m’en occupe, nous a-t-il répondu ». Puis les jeunes officiers lui réclament une décoration pour Bir-Hakeim. Même réponse du général : « Je m’en occupe. – Tout est prêt, mon général : on lui a sorti un papier où tout était déjà écrit. Il a prétexté qu’il n’avait pas de stylo, mais on lui en a tendu un. Où voyez-vous une table pour écrire ? Il croyait s’en sortir comme ça. Mais un officier lui a présenté son dos et il a signé dessus en souriant. »

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE | Pas de Commentaire »

Nice fête Matisse

Posté par francesca7 le 2 novembre 2013

Nice fête Matisse dans FONDATEURS - PATRIMOINE images-18

A Nice, huit expositions célèbrent Henri Matisse durant l’été. Chefs d’oeuvres et thèmes plus inattendus offrent un parcours d’une grande richesse dans la ville choisie par ce génie de la peinture pour vivre et créer.

Henri Matisse a passé les quarante dernières années de sa vie à Nice, y puisant l’inspiration pour produire certaines de ses plus grandes toiles, comme « La tristesse du roi » (1952).

A la mesure de cette passion, sa ville d’adoption lui rend hommage cet été : 700 oeuvres sont ainsi réunies dans huit musées, dont le musée Matisse qui fête ses 50 ans, pour huit manifestations d’exception.

Oeuvres en pagaille

Citons tout d’abord l’événement « Matisse. La musique à l’oeuvre » au musée Matisse. On y admire les plus belles pièces de la collection permanente du musée, tel « Nu bleu IV », mais également de nombreuses oeuvres prêtées par de grands sites américains ou des musées nationaux, à l’image d’ »Intérieur au violon » (MoMa, New York), « Pianiste et joueurs de dames » (National Gallery of Art, Washington), ou encore « La tristesse du roi » (Centre Georges Pompidou, Paris).

L’exposition explore les représentations que Matisse donne de la musique en peignant instruments et musiciens, et s’attache à faire ressentir les correspondances qu’il perçoit entre couleurs et sons. Ses dessins et sa palette obéissent à des variations quasi mélodiques… A découvrir au terme du parcours, « La Piscine », une céramique moderne qui reproduit une composition en papiers découpés datant de 1952. Exposé pour la première fois, ce diptyque monumental (15 mètres de long et plus de 2 mètres de haut), réalisé sous la houlette du petit-fils de Matisse, intègre pour l’occasion la collection permanente du lieu.

Palmes et palmettes

images-17-300x148 dans FONDATEURS - PATRIMOINEDans un tout autre registre, l’exposition « Bonjour Monsieur Matisse ! » du Mamac permet de découvrir les héritiers du peintre de « La Danse ». Ceux qui, de façon explicite, font référence à lui dans une oeuvre, parfois avec humour. Il y a là un dessin de Jean-Michel Basquiat, au titre on ne peut plus limpide (« Matisse, Matisse, Matisse »), sans oublier une création de Warhol inspirée de « Grande robe bleue et mimosas », ainsi que des toiles de Roy Lichtenstein, John Baldessari, Tom Wesselmann et Niki de Saint-Phalle. La pièce la plus récente, datée de 2013, est signée Sophie Matisse, l’arrière-petite-fille de du maître ! Deux de ses toiles reprennent les oeuvres de son aïeul à l’identique, mais en en faisant disparaitre les personnages : elles sont à découvrir parmi la cinquantaine de pièces réunies pour cette manifestation.

Autre incontournable, l’exposition « Palmiers, palmes et palmettes ». Ce rendez-vous offre une analyse de l’iconographie du palmier de l’Antiquité à nos jours. La plante, symbole de Nice et de la Côte d’Azur, se révèle omniprésente dans l’oeuvre de Matisse. « Femmes, muses et modèles » et « Matisse. Les années Jazz » proposent, elles, des regards plus intimistes. « Gustave Moreau, maître de Matisse » rassemble des oeuvres majeures du symboliste. Avec « A propos de piscines », des artistes contemporains exposent sur le thème du corps immergé dans l’eau. Enfin, « Matisse à l’affiche » rappelle que l’artiste a signé des affiches publicitaires et inspiré un type de graphisme. Un hommage grand format.

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE | Pas de Commentaire »

1...202122232425
 

leprintempsdesconsciences |
Lechocdescultures |
Change Ton Monde |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | C'est LE REVE
| Détachement Terre Antilles ...
| ATELIER RELAIS DU TARN ET G...