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    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Comment Chaplin est devenu Charlot

Posté par francesca7 le 16 avril 2014

 

 

Il est né le 7 février 1914, dans « Charlot est content de lui ». Par quel prodige ? Et comment a-t-il conquis les foules ? Interview Le Point.fr.

220px-Charlie_Chaplin_portraitIl porte déjà la redingote et le melon, mais, sous le lourd maquillage noir, ses yeux n’ont pas encore la naïveté feinte qui les rendra si beaux. Ce 7 février 1914, avec Kid Auto Races at Venice, c’est déjà Charlot qui apparaît : un personnage tout entier collé au dieu du mime qui l’a fait naître, un « vagabond » admirable, suprêmement drôle, capable de transformer les ficelles les plus grosses en prodiges de finesse. Bientôt il mangera un à un ses petits pois sous l’oeil terrible du serveur qui lui présente la note, fera danser des petits pains, manquera d’étouffer sous une poitrine trop opulente. Puis mourra, de son propre chef, en laissant la grande histoire prendre l’avantage : c’est Le Dictateur, où Chaplin se met à parler. Christian Delage, historien et réalisateur, auteur de Chaplin, la grande histoire(éditions Place, 2002), explique comment Charlot est né, et pourquoi il a su, comme nul autre, soulever l’amour des foules.

Le Point.fr : Comment Chaplin construit-il Charlot ? 

Christian Delage : Par tâtonnements. Au début, son personnage de vagabond porte un frac et un haut de forme. Il est très élégant, mais, alternativement, il apparaît aussi comme mal fagoté. Chaplin va hésiter un moment avant de le définir par son chapeau melon, son pantalon trop grand, les chaussures qui le font marcher en canard. De la tête à la ceinture, il est très bien habillé ; de la ceinture aux pieds, c’est un traîne-misère. Lorsqu’il crée sa société de production, il tourne d’ailleurs un film où on le voit arriver dans ses bureaux et vérifier dans son coffre-fort que ses chaussures y sont bien conservées – serait-ce là un signe de la richesse de son personnage ou de son créateur ? La carrière de Chaplin peut aussi se comprendre comme un écart progressif entre le milieu pauvre dont il est issu et qui inspire Charlot, et l’embourgeoisement très rapide qu’il vit par ailleurs : en quelques années, il devient l’homme de cinéma le plus riche des États-Unis.

REGARDEZ un extrait du Kid :

Image de prévisualisation YouTube

http://youtu.be/Xh3z89u1NtY

D’où vient-il ? 

Photographie de Charlot l'air énervé tenant la main à un petit garçon en haillons

Né en 1889 à Londres, plusieurs fois placé en hospice, en particulier à Lambeth, Chaplin a grandi dans un milieu d’artistes, de saltimbanques. Il commence très tôt, sur le tas, et apprend alors deux choses essentielles : la pantomime, et le travail du corps lié à l’art du cirque. Il répète ses gestes jusqu’à la perfection. Il est extrêmement agile, extrêmement gracieux. C’est un point important : son personnage sera celui d’un vagabond, mais qui, en toutes circonstances, conservera une élégance presque aristocratique. 

Qu’est-ce qui, selon vous, le définit le mieux ? 

La centralité. Charlot est au centre, tout le temps, et très souvent il regarde la caméra. C’est le cas dès son premier film, Charlot est content de lui (Kid Auto Races at Venice) : il est au bord d’un circuit automobile et vient sans cesse au milieu de la piste. Charlot est ainsi. Il dérange les autres, irrite les gros, les grands, les puissants, provoque plus fort que lui, resquille, pince les fesses des femmes. À la différence du timide Buster Keaton, il n’est pas entièrement positif. C’est sans doute pour cette raison que le public se retrouve en lui.

REGARDEZ un extrait de Charlot est content de lui : 

 

Image de prévisualisation YouTube

http://youtu.be/FfJmkwJT56A

Le succès est-il immédiat ? 

Oui, et international. Grâce à la pantomime, en effet, Charlot peut s’adresser au monde entier. Charlot soldat, en 1918, est distribué dans une vingtaine de pays. Les Français y sont particulièrement sensibles, et aussi bien les milieux populaires que les avant-gardes – comme Blaise Cendrars ou Fernand Léger. 

Comment l’expliquez-vous ? 

Il y a quelque chose dans son rapport au corps qui tient à l’épure, à la transformation d’un espace ordonné en un espace aux lignes brisées : une esthétique qui intéressait beaucoup les artistes des années 10 et 20. Mais cela est balancé par la grande perspicacité de Chaplin à l’égard des changements de la société. Comme le fordisme, comme la montée du nazisme. On lui a reproché de faire rire d’Hitler. Cela n’a pas de sens ! Avant même le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Chaplin comprend au contraire que ce qui est en train de se produire va atteindre à l’humanité tout entière. Et il le donne à voir, comme toujours, à travers le double personnage qu’il joue : la fragilité du barbier, mais celle aussi du dictateur, qui s’effraie lui-même et finit débordé par sa propre folie. 

Le Dictateur est aussi le premier film parlant de Chaplin. C’est aussi la fin de Charlot ? 

Le parlant arrive dès 1927 et, jusqu’en 1940, tout l’enjeu pour Chaplin est de retarder son hégémonie. Dans Les Lumières de la ville, il met en scène cette contrainte : son personnage échoue à chanter. Ce qui est magnifique, c’est qu’il se résout à prendre la parole au moment de l’hitlérisme, et à faire de cette prise de parole un des noeuds de l’oeuvre : le dictateur s’exprime par onomatopées, par éructations. Le film rassemble, je crois, sa carrière tout entière.

REGARDEZ un extrait du Dictateur :

Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=xfVNyMLOYGQ

Comment voulait-il être perçu ? 

Il était très soucieux de son succès et, à la tête de sa maison de production, contrôlait absolument toutes les étapes des films. Il organisait notamment des pré-projections pour voir où les gens riaient, où ils ne riaient pas, et ajuster au besoin. Tout passait par le personnage. Ce qui explique aussi qu’il ait toujours repoussé les avances de mouvements politiques. 

Il a pourtant été victime de ses opinions. 

Il y a là une convergence malheureuse de plusieurs éléments. D’une part, ses prises de position qui, dès les années 30, conduisent le FBI à le surveiller. D’autre part, les déboires conjugaux qui menacent de l’envoyer régulièrement devant les tribunaux. Sa rencontre avec la toute jeune Oona O’Neill, et leur mariage alors qu’elle est à peine âgée de 18 ans, provoque le scandale. Chaplin se retrouve avec, aux trousses, une presse peu amène à son égard. Puis apprend, alors qu’il est sur un bateau en direction de Londres, que son retour aux États-Unis est compromis. Il se replie en catastrophe en Angleterre, puis en Suisse. Certes, il va vivre dans une belle maison, auprès de ses huit enfants. Mais l’artiste est amer et isolé. Peu de temps avant sa mort il est rappelé en Californie pour recevoir un oscar d’honneur. Il joue le jeu, remet son melon, fait deux pas en Charlot. En faisant l’éloge de leur nation, il met les Américains devant leurs responsabilités, eux qui, après l’avoir adulé, l’avaient rejeté.

REGARDEZ Charlie Chaplin recevoir un Oscar d’honneur :

Image de prévisualisation YouTube

http://youtu.be/J3Pl-qvA1X8

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LE PERSONNAGE DE GARGANTUA

Posté par francesca7 le 16 avril 2014

 

1311525-François_Rabelais_Vie_inestimable_du_Grand_Gargantua__Gargantua_visite_Paris

La naissance de Gargantua, telle qu’elle est relatée dans les Chroniques, mobilise une nuée de personnages, accourus de divers horizons mythologiques : «  Tous dieux, semi-dieux, nymphes, paranymphes, déesses et autres se montrèrent fort serviables audict enfantement  »MorganeCybèle, Proserpine, Ysangrine et Cornaline reçoivent l’enfant. Le soleil, la lune, le vent, les feuilles des arbres même suspendent un temps leur mouvement. Ysabelle et Philocatrix – l’aïeule de Mélusine - baignent le bébé. Et sont aussi présents FaunusSilvanus, ainsi qu’une floppée de satyres et de lutins.

A sa mort, Gargantua ira rejoindre en Féerie le roi ArthurMorganeOgier le Danois et Huon de Bordeaux.

Est-ce là le signe de l’importance du personnage ? Il faut bien sûr faire la part de la fantaisie du récit. Il n’en reste pas moins que notre géant national, dont Rabelais a su extraire la substantifique moelle, s’inscrit d’emblée au coeur d’un univers mythologique polymorphe : celui qui anime le territoire français et certaines régions des pays limitrophes.

Son nom pourtant reste ignoré jusqu’aux années 1630. Ou du moins, on n’en relève aucune trace littéraire, ni iconographique. Enfoui dans le secret des traditions populaires, ce n’est que bien plus tard qu’il apparaît sous la plume des folkloristes qui sont allés le dénicher dans les légendes locales et dans les toponymes.

Et là c’est une révélation : on le découvre quasiment partout, inscrit dans la mémoire collective. Il est omniprésent dans les paysages. Il s’affirme comme un personnage essentiel de l’imaginaire local. L’impressionnant relevé de ce qui est parvenu jusqu’à nous – et qui, de façon évidente, ne doit que très peu à Rabelais – est là pour en témoigner.

C’est donc tout naturellement que l’on est amené à s’interroger sur la nature de ce volumineux personnage. Il paraît bien téméraire pourtant de chercher à le cerner, à en esquisser le portrait. Et il convient de rester très prudent. Ce qui n’empêche pas d’imaginer ce qu’il peut avoir représenté, de proposer des pistes, de lancer des hypothèses : en dépassant le premier degré des grosses plaisanteries – encore que … ; en enquêtant sur les traces qu’il a laissées ; en scrutant ses faits et gestes, les lieux qu’il a marqués, les thèmes récurrents, les mots eux-mêmes.

Son personnage ne s’appuie pas sur un récit chronologique, biographique, mais plutôt sur une accumulation de faits qui se répètent de lieu en lieu. Il apparaît comme un être intemporel, qui manifeste sa présence et son pouvoir ici et là.

Avant tout c’est un géant, et il rentre par là dans une catégorie bien définie de l’imaginaire. Mais, contrairement à la majorité des géants, il n’est en rien méchant, ni menaçant, même si, du fait même de sa taille, on préfère plutôt le voir s’éloigner. Et, s’il lui arrive de faire des dégâts, c’est bien malgré lui, et il se montre souvent prêt à réparer. De même, contrairement à la plupart des géants, il n’est pas attaché à un lieu particulier : il ne cesse de voyager, de parcourir, d’ »arpenter » à grandes enjambées le territoire, dans sa quasi totalité.

Gustave Doré, illustration pour <i>Vie inestimable du Grand Gargantua</i>C’est ainsi que Dontenville a pu suggérer que Gargantua réalise « à grande profondeur, notre unité nationale ». Il apparaît de fait, à la façon du dieu gaulois Teutatès, dans un rôle de protecteur de la communauté : c’est un guerrier, spécialement missionné par Merlin auprès d’Arthur pour le défendre contre ses ennemis. Il lutte contre les envahisseurs, contre les armées ou les géants qui mettent en péril le pays, ou bien d’une certaine façon contre le christianisme, la nouvelle religion qui menace les anciennes croyances (ne serait-ce qu’en ingurgitant périodiquement des moines, même si c’est par inadvertance, mais toujours en faisant honneur à l’esprit « gaulois »).

Et pourquoi après tout ne pas y voir une préfiguration d’Astérix, consolidé par Obélix pour la force et la manie de porter des mégalithes. Bourquelot ne parlait-il pas de lui en ces termes : «  Peut-être Gargantua doit-il être regardé comme une sorte de personnification de la race gauloise en lutte contre les Romains. Les peuples italiques avaient paru aux Gaulois, lors de leur invasion au-delà des Alpes, de petits et chétifs soldats ; c’est par cette idée qu’on pourrait expliquer le type de Gargantua comme représentation de la force celtique.  »

Son gigantisme l’impose comme un être supérieur, dont la tête peut se perdre dans les nuages, et qui prend plaisir à s’asseoir sur les plus hautes montagnes et sur les tours des cathédrales pour prendre des bains de pied dans les lacs ou les fleuves. Un être qui domine toutes choses, protéiforme et omniprésent, qui passe sans transition ni contradiction de la taille humaine à celle des montagnes. Cela répond bien sûr aux nécessités du récit, mais traduit aussi un caractère surnaturel, divin, omnipotent, à la fois proche des hommes et dominant l’Univers. Et cela contribue à en faire un dieu suprême et miséricordieux. S’agit-il pour autant du dieu unique d’un probable monothéisme gaulois ?

Dontenville, lui, le voit accouplé à Mélusine. Mais il n’y a pas nécessairement simultanéité. G.-E. Pillard explique qu’il serait «  inutile de chercher une quelconque parédrie : Gargantua « solaire » serait le successeur de Mélusine devenue « lunaire ». Et, dans ce cas, Gallemelle pourrait recouvrir l’image de Mélusine devenue, dans la légende, la « mère » de Gargantua. En réalité, elle ne lui a pas donné naissance, mais elle l’a précédé.  »  Il a été qualifié de dieu solaire : il fait régulièrement le tour du monde, et son premier voyage, accompagné de ses parents, et guidé par la Grant Jument dont ils tournent la tête vers l’ouest, le mène d’un lointain Orient jusqu’au Mont-Saint-Michel. Et c’est là, au bord de la mer Occidentale, qu’il finira par s’éteindre, ou bien qu’il s’embarquera pour les îles enchantées. Selon Gaidoz, le caractère dévorant, avaleur, de Gargantua conserverait le souvenir de sacrifices humains autrefois adressés au dieu solaire. Dontenville, lui, en fait un dieu du soleil couchant, associé en une sorte de triade, à Orcus, le dieu de la nuit, et à Belenos, celui de la lumière solaire.

Gargantua en tout cas ne s’impose pas vraiment comme un véritable démiurge, mais bien plutôt comme l’ordonnateur du cosmos ; il se contente d’aménager le paysage : les cailloux coincés dans ses bottes ou sa pierre à affiler forment les menhirs ; les palets avec lesquels il joue deviennent les tables des dolmens ; la terre décollée de ses sabots, et les produits de ses vomissures ou de sa défécation génèrent tertres et collines ; il tarit les rivières en buvant, et engendre les fleuves en urinant … Joueur maladroit, il ne se fait remarquer ni par son adresse, ni par sa précision, ce qui permet d’expliquer les irrégularités et bizarreries de la nature. Son caractère mal dégrossi, à l’emporte-pièce, et sa dépendance vis-à-vis des contingences naturelles, peuvent suggérer un regard pour le moins sceptique quant à la perfection de la nature humaine, voire divine. On est bien loin de l’harmonie des sphères célestes … Est-ce là la trace d’une véritable vision du monde, ou bien le résultat du long déclin d’une religion oubliée ?

L’activité de Gargantua se recentre souvent sur ses fonctions digestives, de l’ingestion à la régurgitation ou à la défécation. Cela pourrait le définir comme un dieu du temps, de la mort, qui dévore tout sur son passage. Il se bat volontiers en lançant des raves, légume souterrain, associé aux morts. Et Pillard parle de son « énorme bouche qui ressemble à un gouffre », à la gueule de l’Enfer, et il suggère que sa dent creuse, où ceux qu’il ingurgite trouvent régulièrement refuge, peut être considérée comme un« véritable purgatoire ». Tout cela en ferait un psychopompe, un passeur vers l’autre monde. Autre rôle qui renvoie à l’archange solaire saint Michel, auquel il est si souvent géographiquement associé.

Ses perpétuelles pérégrinations, ses traversées de cours d’eau, peuvent aussi suggérer un parcours initiatique, tandis que l’engoulement et le retour à la lumière du jour de ceux qu’il avale semblent représenter une épreuve marquée par la mort et la résurrection. G.E. Pillard suit cette piste : «  Les « tombes » de Gargantua figureraient très bien les lieux de célébration de « mystères », avec épreuves initiatiques, les déplacements de Gargantua matérialiseraient des itinéraires sacrés reliant des lieux de pèlerinage, et les dépattures en marqueraient les principales étapes.  »

Gargantua pourrait aussi être un dieu de la génération : on a observé des rites de fécondité autour de pierres qui lui sont dédiées, et il est tentant de donner une interprétation phallique aux épisodes qui évoquent sa « troisième jambe ».

Henri Fromage, quant à lui, a exploré, à la suite d’Henri Dontenville, quelques thèmes sonores qui reviennent en leitmotiv dans les épisodes légendaires : mul/mun (meule, moulin, meunier, moine …) qui ferait référence au dieu gallo-romain Mars-Mullo ; pal(palet, pelles …) qu’il rattache au latin spelunca, « caverne, grotte, entrées du monde souterrain » et qui serait à rapprocher de Mercure ; boui (bouillie, boeufs, boue, bois …) qui renverrait au dieu Apollon-Borvo des sources bouillonnantes. Ainsi Gargantuaassurerait à lui seul les fonctions propres à Mars, Mercure et Apollon

Enfin, parmi les multiples conjectures que suscite ce personnage, un récit le montre naissant à Plévenon, pas plus gros qu’une équille, mais très long, au point que sa tête sortait de la bouche de sa mère. Et cela nous mettrait sur la piste d’un dragon, également « à grand gosier », selon les mots de Dontenville qui est tenté de le voir représenté sous la forme du serpent à tête de bélier de l’iconographie gauloise : «  On peut soupçonner un Gargantua primitif d’avoir eu partiellement forme de serpent, d’avoir été le géant anguipède, mieux encore, de s’être transformé complètement, selon des rites perdus, de serpent en géant.  »

Gustave Doré, illustration pour les <i>Œuvres</i> de François RabelaisMais, si Gargantua est si important, pourquoi a-t-il été si longtemps entouré de silence ? Pourquoi est-il resté dans l’ombre ? On peut supposer qu’il était en fait trop dérangeant, en tant que représentant d’une religion qu’il fallait effacer de la mémoire. Dans ses Légendes rustiques, George Sand disait de Georgeon que «  ce nom terrible qui présidait aux formules les plus efficaces et les plus secrètes, ne devait être confié aux adeptes de la sorcellerie que dans le pertuis de l’oreille …  » Georgeon, un avatar de Gargantua ? En tout cas, les dieux anciens furent diabolisés ; et sans aucun doute parla-t-on longtemps de Gargantua sous le nom du « Diable« . D’autre part, le nom de « Gargantua » ne semble pas très ancien. Il pourrait s’agir d’un qualificatif pour un dieu au nom volontairement caché, non nommé, et peut-être même sans nom. Tout simplement, « celui du mont Gargan », de ces monts sacrés, désormais dédiés à saint Michel ou bien associés à d’anciens cimetières, que l’on retrouve un peu partout sur le territoire, et même hors de nos frontières, notamment en Italie avec le Monte Gargano (près duquel Florimont tue le géant Garganeüs), ainsi que, semble-t-il, sur le mont Ararat.

Et l’on peut tout simplement envisager Gargantua comme une figure composite, englobant toutes les anciennes divinités diabolisées sous ce nom par la nouvelle religion.

Pour tout savoir, visitez : http://www.mythofrancaise.asso.fr/mythes/figures/GAmytho.htm

 

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le Fameux plan TURREAU

Posté par francesca7 le 9 avril 2014

 

colonnesLouis-marie Turreau était née à Evreux le 4 juin 1756. Il n’était ni comédien, ni auteur dramatique, ni artisan, mais ancien surnuméraire aux Gardes d’Artois. Lancé dans la politique en 1792. il avait été porté à la tête du bataillon des Volontaires de l’Eure. III a été très rapidement promu adjudant général le 7 juin 1793, général de brigade le 30 juillet, général de division le 18 septembre, et il va avoir sous ses ordres toutes les forces républicaines qui, avec des chefs de valeur, comme Kléber, Marceau. combattent maintenant partout victorieusement les royalistes.

En effet, depuis le décret de la Convention apeurée, la situation a beaucoup évolué. Ce n’est plus une Vendée inquiétante à qui on a affaire.

Au début de janvier 1794 la Vendée n’existait plus. Des 60000 combattants de la grande armée victorieuse, 4 et 5000 seulement, ayant pu repasser la Loire à Ancenis, avec La Rochejaquelein et Stofflet, se sont immédiatement dispersés, accablés. Leurs chefs se cachent. Charette, chassé de Noirmoutier et du pays de Retz. tient encore la campagne, seulement suivi par 400 fidèles. C’est sur cette Vendée là que va s’acharner Turreau.

En somme le décret du 1er août n’a été que peu appliqué. S’il y a eu des destructions et de terribles massacres, ce fut, en général, dans l’action, dans la folie des combats. Voici l’heure : cette Vendée, il faut l’achever, la détruire totalement, non seulement ses maisons, ses champs, ses récoltes, mais aussi ses habitants, tous ses habitants : les hommes survivants, bien sûr, mais aussi tous les autres les enfants, les femmes, les vieillards. Tout. Plus rien que des amoncellements de cadavres sur une terre déserte. On n’aura plus à craindre cette race maudite. plus à craindre alors seulement.

Et c’est un plan monstrueux. Ce plan. Turreau le doit en partie à son chef d’état-major, le général Robert, l’ancien comédien du théàtre de Tours (il a vingt-six ans) : six divisions, de deux colonnes chacune, marchant d’est en ouest sur une longueur de vingt lieues, ratisseront les territoires insurgés, avec comme points de départ : Les Ponts-de-Cé, aux portes d’Angers, Brissac, Doué-la-Fontaine, près de Saumur, Argenton-le-Peuple (ci-devant Argenton-le-Chateau), Parthenay et Bressuire. Ces colonnes seront justement appelées par l’Histoire : les Colonnes infernales. Outre les localités de départ seront seules épargnées celles formant les points de ralliement : Saint-Florent-le-Vieil, Luçon, Montaigu, La Chataigneraie, Sainte-Hermine, Machecoul, Challans, Chantonnay, Saint-Vincent, Cholet ; dix localités sur l’immense territoire s’étendant de Saumur à la mer et d’Angers à Niort !

 

Ce plan monstrueux, Turreau l’a soumis aux Représentants en mission. Précisant que le départ des colonnes a été fixé à la fin du mois de janvier. il leur écrit, le 15 (27 nivose) — et il faut lire et relire ce texte :

Mon intention est de tout incendier et de ne préserver que les points nécessaires à établir nos cantonnements propres à l’anéantissement des rebelles, mais cette grande mesure doit ètre prescrite par vous. Je ne suis que l’agent du Corps législatif, que vous devez représenter en cette partie. Vous devez également décider sur le sort des femmes et des enfants que je rencontrerai en ce pays révolté. S’il faut les passer tous au fil de l’épée, je ne puis exécuter une pareille mesure sans un arrêté qui mette à couvert ma responsabilité.

Les Représentants font la sourde oreille. Turreau s’adresse alors plusieurs fois au Comité de Salut public. Il écrit, le 17 janvier :
La promenade militaire que je médite sera terminée le 15 ou 16 pluviose (3 ou 4 février). Je le répète. je regarde comme indispensable de brûler villes, villages et métairies, si l’on veut entièrement finir l’exécrable guerre de Vendée, sans quoi je ne pourrais répondre d’anéantir cette horde de brigands. J’ai donc lieu d’espérer que vous l’approuverez. Je vous demande la grâce de me répondre par retour du courrier.

Le 19 janvier, une réponse enfin, où l’ambiguté le dispute à l’hypocrisie : Tu te plains, citoyen général. de n’avoir pas reçu du Comité l’approbation formelle de la totalité de tes mesures. Elles lui paraissent bonnes et tes intentions pures. mais éloigne du théâtre des opérations, il attend les grands résultats pour se prononcer dans une matière ou on l’a trompé tant de fois, ainsi que la Convention nationale

sacrifie

De toute façon les ordres sont simples : pas question de se battre contre des hommes armés ; au contraire, il faut cesser toute attaque, éviter toute embuscade, ne plus accepter la guerre comme une lutte, mais uniquement comme un moyen de supprimer son ennemi : il faut détruire, tout détruire sur son passage, dans des « promenades » c’est le nom que leur donnent les généraux — dont la marche est précisée de semaine en semaine.

La Vendée doit devenir un désert, une contrée neuve, sans passé, sans nom — on l’appelle maintenant le département « Vengé » —, sans caractère, et surtout sans habitants autochtones. Plus tard, on la peuplera de nouveaux habitants.

Ce plan n’aurait pu être effectué si on n’avait trouvé et les généraux pour commander ces colonnes et les hommes pour les composer. Pour ces derniers, on ramasse qui veut ; les candidats sont nombreux, car toute licence leur est octroyée : ils peuvent voler, violer, piller, comme ils l’entendent. Quant aux généraux, on chercherait en vain leurs noms dans la liste des chefs valeureux sur les champs de bataille d’Europe. Seules les atrocités ordonnées et accomplies sur une population sans défense doivent perpétuer leur souvenir dans l’Histoire et surtout dans la mémoire des vendéens : Cordelier, Grignon, Caffin, Crouzat, Lachenay, Amey… Sur tout le territoire de la Vendée militaire, pendant tout un semestre, on fusille, on égorge, on noie, on assomme, on sabre, on brûle. Aucun scrupule, aucun cas de conscience, aucune pudeur n’entravent la correspondance de ces généraux qui racontent à leurs chefs, avec flegme et même avec enthousiasme et humour, leurs actes les plus atroces.
Ces rapports, quasi quotidiens, nous les connaissons bien, grâce au livre de Savary, « officier supérieur des armées de la république », grâce aussi au volumineux dossier W22 des Archives nationales. Ce ne sont qu’exterminations, villes ou villages brûlés, hommes égorgés, femmes violées et éventrées, enfants écrasés, raffinements de barbarie, débauches au milieu du sang, froides vantardises de scélératesses, tous les excès et les turpitudes où se puisse porter la brute humaine dépourvue de conscience et de foi. Le tout relaté avec plaisanteries, jeux de mots, quolibets.

Grignon, le 22 janvier :
Toutes les métairies, les bourgs et les villages que nous avons rencontrés aujourd’hui comme hier, ont été passés aux flammes. Ma colonne de gauche en a fait autant. Nous en tuons près de deux mille par jour. »

Caffin, commandant la troisième division, et qui avait quelque difficulté avec l’orthographe : Je t’aubserve, camarade Turreau, que tu ne panse peut-être que le pays compause plus de quinze cent maisons, sans conter les métairies. Lorsque j’eincendis, je veux qui reste pas vaistiges et je commance le matin par les églises et les chappeles, après les maisons. J’ai fais tué ce matin cinquante-trois femmes, autant d’enfants. Pas un brigand n’a échappé. »

Cordellier, commandant la cinquième division :
J’ai brûlé toutes les maisons et tous les bois et égorgé tous les habitants que j’ai trouvés. Je préfère égorger pour économiser mes munitions. J’ai détruit ce matin trois cent cinquante hommes et femmes, la plupart sans armes. Tous les bestiaux ont été détruits. Mon adjoint Crouzat, commandant le seconde colonne, a tué hier au seul bourg de Gonnord trois cent dix brigands : vieillards, femmes et enfants, mis vivants dans le fossé. Dans ce moment, quarante métairies
éclairent » la campagne.

Avant de mettre le feu aux bâtiments, on y enlevait les grains et les fourrages qui pouvaient y rester, car, jusqu’à ce sinistre mois de janvier 1794, la dévastation n’avait été que partielle. Il y avait donc, accompagnant la troupe, des agents des subsistances militaires ». C’est le témoignage d’un de ceux-ci, Beaudusson, que nous citons, entre des centaines que nous possédons, parce qu’il nous semble sur ce point particulièrement significatif. Nous sommes avec la quatrième division, dont Turreau commande lui-même une colonne :

Jusqu’à Cholet, ils ne cessèrent de tout incendier : châteaux, maisons, métairies. La route de Cholet à Vihiers (presque huit lieues !) était jonchée de cadavres. Partout, les champs voisins du grand chemin étaient couverts de victimes égorgées. Voulant m’assurer par moi-même s’il restait encore des subsistances à enlever des maisons à moitié brûlées, je me transportai dans quelques-unes. Mais qu’y trouvai-je ? Des pères, des mères, des enfants de tout âge et de tout sexe, baignés dans leur sang, nus, dans des postures que l’âme la plus féroce ne pourrait envisager sans frémissement. L’esprit se trouble même en y pensant.

Cependant, triomphant — pour un temps — Turreau, dès le 24 janvier, écrit au Comité de Salut public :
« J’ai commencé le plan que j’avais conçu de ma promenade en Vendée, en la faisant traverser par douze colonnes, qui ont déjà fait des merveilles : pas un rebelle n’a échappé à leurs recherches. Une quantité considérable de grains a été découverte et des ordres aussitôt donnés pour les faire filer sur les derrières. J’espère aussi avoir bientôt à vous offrir une collection intéressante de vases sacrés, d’ornements d’église et autres, d’or et d’argent. Enfin, si mes intentions sont bien secondées, il n’existera plus en Vendée sous quinze jours ni armes, ni subsistances, ni habitants que ceux qui, cachés dans le fond des forèts, auront échappé aux plus scrupuleuses perquisitions. Il faut donc que tout ce qui existe encore de bois de haute futaie soit abattu, à charge de vider le pays entièrement.

 

SUITE à l’intervention des municipalités républicaines qui commencèrent à réagir, Turreau, soudain, prend peur. Il va maintenant plaider coupable et changer totalement, humblement, de tactique. Il triomphait cependant, il y a quelques mois, et voici qu’il avoue :
« Tout ce qui m’a été conseillé de faire n’a abouti à rien. Les brigands se battent sur les ruines de leurs chaumières comme tant d’autres se battent pour préserver les leurs si elles étaient debout. Plus de cent Représentants et généraux sont venus s’user dans ce pays maudit. Cela
tient au courage fabuleux des brigands. Il y a quelque chose de surnaturel dans cette opiniâ treté dont aucun peuple n’a jamais donné l’exemple. Il faut abandonner ce système, c’est le seul moyen qui nous reste pour triompher d’un acharnement inexplicable. Nous avons été durs, essayons des voies de douceur. »

Il en était bien temps. Ses promenades avaient fait près de deux cent mille victimes !

Turreau, relevé de son commandement le 18 mai, est décrété d’arrestation le 30 septembre 1794, à la suite des rapports particulièrement accablants émanant du Comité révolutionnaire des Sables (les 9 et 11 août), de la Société populaire de Fontenay et de l’Administration du district de Challans (2 et 4 septembre). Jugé le 19 décembre 1795 pour un Conseil militaire, présidé par le général Berruyer et formé par Bonaparte, alors général en chef de l’armée de l’Intérieur. il est acquitté, à l’unanimité…« Toutes les fois que je me réveille la nuit. disait Marceau — qui avait, lui, loyalement combattu les insurges — toutes les fois que je me réveille la nuit en songeant aux terreurs de la Vendée, ces affreux souvenirs me déchirent. il n’y a plus de sommeil pour moi. » Turreau ne cessa jamais de dormir sur ses deux oreilles. Si le Directoire le tient un peu à l’écart, Napoléon le fait baron, grand officier de la Légion d’honneur, et l’envoie en 1807 aux Etats-Unis comme ministre plénipotentiaire — il y restera trois années — puis lui confie un commandement dans le corps de la Bavière de la Grande Armée. Tout simplement, après la première chute de l’Empire, il se rallie à la Couronne. Et pourquoi pas !

 

 

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Pourquoi un symbole est-il thérapeutique ?

Posté par francesca7 le 30 mars 2014

 

par Georges Colleuil

220px-2005-09_Białowieski_Park_Narodowy_3Au sens premier, symbole signifie : « Jeter ensemble ». Ce mot était employé dans la Grèce antique pour désigner un objet coupé en deux morceaux dont chaque propriétaire conservait une partie pour se rappeler un serment ou une dette. Éventuellement, les détenteurs transmettaient cette part d’objet à leurs enfants, fixant ainsi dans le temps la mémoire d’un ancien engagement. Le moment venu, en rapprochant les morceaux, les personnes renouaient contact comme si elles avaient usé d’un mot de passe. Elles se rappelaient ainsi leur dette, matérielle ou spirituelle, ou se reconnaissaient comme ayant appartenu à la même famille, communauté ou école. Plus tard, l’objet fut remplacé par des signes, figures ou images qui, dessinés sur le corps, gravés au linteau d’une demeure ou sculptés sur la pierre, prenaient tout leur sens. Ainsi, le symbole est-il avant tout un signe de reconnaissance et de rapprochement. Travailler la symbolique c’est donc constater une amputation, tenter une greffe, réduire une fracture.

Le symbole est structure et la structure est mémoire

Chaque couleur conserve dans sa propre mémoire le souvenir vibratoire du temps où elle était lumière. Comme l’homme porte en lui la mémoire d’un paradis perdu, d’une forme primordiale unifiée qui un jour s’est « cassée ». Comme un morceau de cristal porterait en lui l’indicible mémoire de la roche mère dont il a été extrait, comme chaque être humain a conservé dans sa texture cellulaire l’information vibrante de la matrice dont il est issu. Le symbole donne du sens, il montre une direction, il réduit le chaos, il met de la signification, il organise, il structure. Or la structure est à l’opposé de la fusion. La fusion vide le sens, défait les mémoires et conduit vers la régression. La fusion est perte d’identité. La structure construit du sens, met de l’ordre, mémorise.

Deux exemples : dans la nature et dans l’homme.

À l’origine de l’univers, la température est tellement élevée qu’aucune structure n’est possible. Lorsque les particules de quarks se rencontrent, elles s’expulsent mutuellement. Dans ce magma fusionnel brûlant, les forces ne peuvent pas agir, ni la lumière circuler, ni la matière se structurer. Les astrophysiciens exposant l’histoire de l’univers disent que la température baisse progressivement. A un certain seuil les forces (nucléaires, magnétique et gravitationnelles) se réveillent, interagissent, permettant aux particules élémentaires de se combiner ensemble et de former les premiers atomes d’hydrogène. La première structure est née, la lumière peut enfin circuler, libérée de l’opacité du chaos primordial qui la retenait prisonnière. La température agit sur la structure. L’eau par exemple se déstructure en vapeur à 100°C et se structure en glace à 0°C. Plus il y a de la structure et plus il y a du sens et de la mémoire.

Sur le plan humain, on observe un phénomène similaire. La psychanalyse, en développant le rôle du père dans la croissance de l’enfant, insiste sur le rôle structurant du père. Celui-ci permet à l’enfant dès sa deuxième année de sortir de la fusion avec la mère et de se constituer comme sujet en se positionnant dans la première triangulation. C’est le fameux « non » du père. Le rôle du père étant de dire non à la fusion de l’enfant avec la mère. On connaît aussi le jeu de mot associant à ce « non » du père le « nom » du père. C’est en intégrant progressivement qu’il s’appelle comme son père que l’enfant peu à peu prend sa distance d’avec sa mère, se construit, se structure, intègre de la mémoire, commence à donner du sens. Là encore, la structure est l’opposée de la fusion. La structure permet au symbolique de fonctionner et le symbole aide à se structurer. Le père permet à l’enfant de se structurer. Mais le père est structure en soi. Un homme, un papa, même un dieu peut occuper cette place du père. D’ailleurs le concept de Dieu n’est il pas lui-même, pardon « Lui-Même », une structure ? Occupé à tour de rôle par un dieu vengeur, aimant, créateur, co-créateur, barbu, androgyne, paternel, grand paternel, maternel, maternant, vibratoire, atomique, cosmique, vêtu d’or ou de haillon, infra psychique, supra conscient, etc… Il y a toujours du père, quoi qu’on en dise.

Symboliser c’est donner du sens

 Pourquoi un symbole est-il thérapeutique ? dans FONDATEURS - PATRIMOINE 220px-Hoerschbach2_070318 La théorie de l’escalier Pour les Stoïciens, le comportement qui consiste à accuser les autres de ses propres malheurs est loin d’être celui d’un sage, ni non plus l’attitude qui consiste à s’en accuser soi-même. Seul celui qui n’accuse ni les autres ni soi-même est sage. J’en ai tiré une théorie dite « de l’escalier » ! Premier stade : quand je tombe dans l’escalier c’est la faute à l’escalier « méchant l’escalier ». à l’image des parents qui donnent une fessée à la table contre laquelle vient de se cogner un petit enfant, « Méchante la table ! ». Et l’enfant, imitant ses parents, frappe à son tour la table sans grande conviction. Deuxième stade : c’est de ma faute si je suis tombé dans l’escalier. Tendance à l’auto culpabilité. Le problème n’est pas que l’escalier soit mouillé, j’aurais du mettre des chaussons anti-dérapants. Nous entrons ici dans la névrose du conditionnel passé, la pire des conjugaisons ! Troisième stade : Ce n’est ni ma faute ni la faute de l’escalier. Je suis tombé dans l’escalier, soit, c’est un fait, pas de jugement à porter, ni sur l’escalier ni sur moi-même. C’est là qu’intervient la symbolisation. Je donne du sens. Est-ce que je montais l’escalier ou bien le descendais-je ? Dans quel but, en quelles circonstances ? Quelles seront les conséquences, un arrêt de travail, la rencontre d’une charmante ostéopathe qui me fera fantasmer… ? Ainsi en est-il de la condition humaine, dès que l’on inscrit du symbolique dans un évènement, on sort de cette tendance habituelle soit à reporter sur les autres la responsabilité de nos souffrances soit à se culpabiliser à outrance.

Le symbole est réparateur.

Chaque fois qu’il y a du symbole c’est, d’une part, qu’il y a eu séparation et que d’autre part, un espace est possible pour la réparation. On peut imaginer qu’une des séparations primordiales correspondrait à la primo déchirure de l’unité originelle. La tradition cabalistique nous parle d’un Adam premier constitué d’une partie masculine et d’une partie féminine dont la division serait à l’origine de la différence des sexes sur la terre. Adam et Eve. On distingue ici l’Adam premier, porteur de la double polarité et l’Adam second, porteur de l’identité masculine. La Guématria, tradition numérologique de la Cabale, est à ce titre fort instructive. La valeur numérique de Adam est 45, celle d’Eve est de 19. Si on soustrait Eve de Adam, c’est-à-dire 19 de 45, on obtient 26, le plus sacré des nombres, le nombre de Dieu. Il est intéressant d’observer ici que le code 26 crée le lien entre 45 et 19 c’est-à-dire que le divin au sens de la Cabale hébraïque, établit le chemin entre l’homme et la femme. Toute soustraction suppose donc un chemin. Si je pars du kilomètre 19 pour me rendre au kilomètre 45, je dois parcourir 26 kilomètres. Aller à… C’est ainsi que nous avons appris les soustractions. La soustraction ou l’art du cheminement, l’opération de l’évolution. On part d’un point pour aller vers un autre. C’est aussi l’expression d’une forme de dépouillement. Ces deux notions, dépouillement et cheminement, font de la soustraction l’opération de l’initiation. Sur la table du Bateleur du Tarot de Marseille, chacun on observe deux dés. Ces dés affichent le nombre 1 et 5, soit 15, la valeur numérique de l’Arcane le Diable. Seulement voilà, si nous nous plaçons du point de vue du Bateleur, c’est-à-dire de l’autre côté de la table, nous verrons sur les dés les faces opposées au 1 et au 5, c’est-à-dire le 2 et le 6 . Ici encore le nombre 26 vient jouer le rôle de symbole unificateur. Si de l’extérieur je vois le Diable, de l’intérieur je vois le Divin. . Le chemin vers l’unité passe par la conscience de la dualité. Quant au diable, il est non-symbole, du simple fait de sa définition étymologique. Celle-ci suffit à nous en convaincre. diabolos en grec signifie « séparer » quand symbolos signifie, on l’a vu, « rassembler. »

Le symbole diminue la souffrance

Nous souffrons d’autant plus que nous ne savons pas pourquoi nous souffrons. Inscrire du symbole dans son existence consiste à mettre du sens dans la chaîne chaotique des événements. Si l’histoire a un sens, si la vie a un sens, si la souffrance a un sens, tout n’est pas perdu, il y a un horizon. En donnant du sens, le symbole diminue la souffrance. Le symbole unifie. Il permet à des univers différents de communiquer entre eux. Il est une passerelle, un lien. Il n’existe pas de clé du symbole. Un symbole prend toute sa dimension quand il est réinvesti dans l’expérience personnelle d’un sujet ou d’une société. Il doit être chargé d’histoire et de mémoire pour prendre sa signification. En effet, il s’enrichira des évènements émotionnels qui le réactivent en permanence comme par exemple pour un drapeau patriotique, un hymne national, un signe religieux, etc.

Une démarche personnelle avant tout

Tout peut prendre sens mais tout n’est pas symbole. Je crois aux propriétés thérapeutiques du symbole dans la mesure où il s’inscrit dans une démarche personnelle, active et consciente. Sans vouloir rouvrir le débat sur les signes ostensibles d’appartenances religieuses, je me demande comment est vécu la croix, l’étoile de David ou la main de Fatma, par celui qui la porte. Est-ce en effet un signe d’appartenance, alors on peut parler d’indice, un support personnel de méditation ou de réflexion, on aura ici sans doute un symbole, ou bien un objet pseudo magique, chargé d’une sorte de pouvoir et réduisant la totalité d’une religion à un nombre restreint de ses composantes, voilà un fétiche. Le plus souvent, on observe là un signe dont la fonction demeure sociale. « Je vous dis quelque chose sur moi-même en portant ce signe… Mais je vous dits aussi quelque chose sur vous… Je vous montre peu ou prou votre différence d’avec moi-même ». Le travail sur le monde symbolique s’inscrit dans le cadre d’une démarche personnelle.

Le symbole renvoie à autre chose qu’à lui-même. Sa nature comme sa fonction sont de réparer ce qui est brisé et non pas uniquement de « désigner » un objet. Mais le plus important c’est qu’il nous ramène à ce qui nous dépasse. Le symbole relie à plus grand que soi. Il met l’homme en relation avec sa source.

Symbole contre symptôme

220px-Bunte_Kuh_Ahr_1900 dans LITTERATURE FRANCAISEInscrire ou réinscrire du symbolique dans sa vie aide aussi à sortir de la fatalité du symptôme. En effet, quand une pulsion est refoulée, elle peut réapparaître sous une forme symptomatique. Le travail thérapeutique consiste à favoriser la voie du symbole pour désactiver la voie du symptôme, d’où l’importance du travail sur les rêves, sur le Tarot, la mythologie ou l’art en général. Toute la psychanalyse est née de ce constat.

Le signe nous montre une direction mais ne nous interpelle pas au niveau de l’être. Le symbole nous renvoie à nous-mêmes et nous montre le parcours intérieur susceptible de nous faire sortir de l’errance. Quand je suis égaré dans la forêt, les signes de piste seront les bienvenus. Quand je suis égaré en moi-même, le symbole me propose une voie d’évolution. L’astrologie par exemple remplit parfaitement cette fonction et on ne confondra pas l’étoile polaire qui guide le marin égaré et tel symbole astrologique qui me propose une méditation sur ma condition humaine. Le symbole est toujours un passage de cap, une clé, un seuil, il peut être le miroir d’une situation bloquée et la promesse d’une transformation.

Notes sur l’auteur :Chercheur, écrivain, ancien professeur de philosophie, Georges Colleuil est passionné par tout ce qui concerne les sciences de l’homme et le langage de l’âme. Il est le créateur du Référentiel de Naissance et à ce titre anime, depuis plus de vingt ans, de nombreux séminaires en France et à l’étranger, dans lesquels il renouvelle la vision traditionnelle du Tarot, et met à notre portée des années d’expérience et de recherche. Au travers de ses ouvrages et de ses cours, il invite à découvrir un langage oublié grâce au décodage des symboles du Tarot de Marseille. Il est l’auteur de quatre ouvrages : Tarot l’Enchanteur ; Tarot, la Fontaine Intérieure ; Tarot, les Deux Infinis – voyage intime au fil des lames et La Fonction Thérapeutique des symboles, tous publiés aux Editions Arkhana Vox.

www.georgescolleuil.com

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Artistes et écrivains Normands

Posté par francesca7 le 30 mars 2014

 

220px-Coup_d'oeil_purin_1773La Normandie peut s’enorgueillir d’être une terre d’art et de lettres. Enluminures, tableaux et romans en témoignent : ses paysages et ses habitants ont maintes fois joué le rôle de muses. Ces œuvres permettent d’appréhender la région sous un autre angle.

L’enluminure

La Normandie recèle une exceptionnelle collection de manuscrits enluminés des 11e et 12e s., exhumés des nombreuses abbayes jalonnant la région. Inspirés par l’art carolingien, dotés d’un sens artistique remarquable, les Normands ont su déployer un savoir-faire original dans le décor de lettrines. Dans la plupart des manuscrits, une grande lettrine décore la première page et des lettrines secondaires couvrent la suite du texte. La lettrine ornée embellit le début d’un texte, parfois un chapitre ou un paragraphe. L’ornementation variant selon les lettres, les copistes ont joué avec trois types de formules : les initiales zoomorphiques, caractérisées par des corps d’animaux, franco-saxonnes, purement graphiques, et anglaises, marquées par un feuillage luxuriant. La singularité du travail normand réside dans l’invention des « rinceaux habités », arabesques végétales gagnant tout l’espace. Des êtres humains, des animaux ou des créatures fantastiques se meuvent subtilement dans l’enchevêtrement de rameaux arrondis. Le décor sophistiqué adoucit la rigueur d’une initiale, profite de son exubérance ou compose avec sa figure.

l’impressionnisme

Dans le domaine de la peinture, le 19e s. marque la victoire du paysage sur le tableau d’histoire ou la scène de genre, et la Normandie, terre bénie des Muses, va devenir le berceau de l’impressionnisme.

Lorsque les romantiques découvrent la Normandie, Eugène Isabey (1803-1886), paysagiste amoureux de la mer et de la lumière, travaille sur la côte encore déserte. Influençant directement Boudin, il est l’un des chaînons reliant l’école paysagiste de 1830 à l’impressionnisme. L’Anglais Richard Parkes Bonington (1802-1828), contemporain d’Isabey, traduit dans ses aquarelles la fraîcheur humide des plages.

Quelques années plus tard, dans les landes de La Hague, un jeune paysan méditatif, Jean-François Millet(1814-1875), néArtistes et écrivains Normands dans FONDATEURS - PATRIMOINE 276px-Charit%C3%A9%2C_Millet à Gruchy, près de Cherbourg, observe la vie campagnarde. Devenu peintre, il reste fidèle à cette vision réaliste ; aidé parfois d’un croquis hâtif, aux côtés de Mouchel et de Langlois, il dessine ou peint de mémoire des scènes célébrant avec un sentiment profond le travail de la terre : vanneurs, semeurs, moissonneurs.

Dans la seconde moitié du 19e s., l’activité artistique se concentre autour de la Côte de Grâce, près d’Honfleur. Les peintres sortent des ateliers pour travailler en plein air, en quête d’émotions, d’impressions. En Normandie, ils appréhendent la nature telle qu’elle se présente à l’œil, instable et nuancée, avec ses ciels en mouvement, la lumière de ses horizons marins. Mais au nord du Cotentin, Guillaume Fouace (1837-1895) préfère le portrait réaliste et les natures mortes.

Hommes de plume

Terre de bocages, d’abbayes et de manoirs, avec un littoral partagé entre les falaises, les plages de sable fin et les villas balnéaires, la Normandie a vu naître nombre d’écrivains et n’a jamais cessé d’inspirer les artistes et les hommes de lettres.

Au 12e s., Le Roman du Rou conte en vers l’histoire des ducs de Normandie une chanson de geste qui n’a pas été sans influencer Chrétien de Troyes. L’auteur, Robert Wace , né à Jersey vers 1110, fut clerc à Caen, puis chanoine à Bayeux.

Riche de nombreuses abbayes, la Normandie devient au 13e s. une terre d’élection pour la littérature. Auprès des moines et des clercs au fait de l’histoire et des traditions légendaires, les poètes trouvent inspiration et documentation pour des épopées baignées de merveilleux chrétien que sont les chansons de geste. Ainsi, sans doute, s’est élaborée La Chanson de Roland .

Au 15e s., Caen peut s’enorgueillir d’une université et compte au 16e s. nombre d’humoristes et de poètes, dont Jean Vauquelin de La Fresnaye, auteur de Satires et d’un Art poétique français . Mais le plus connu resteMalherbe (1555-1628), né à Caen.

Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889) – Grand seigneur du Cotentin, né à St-Sauveur-le-Vicomte, il est le fondateur du régionalisme normand. Aidé par un style brillant et chaleureux, redoutable par son intelligence acérée et son génie de la polémique, il s’efforce, comme les impressionnistes en peinture, de rendre l’atmosphère, la qualité, la rareté du pays. La ville de Valognes, où il passa une grande partie de son adolescence, tient une place importante dans son œuvre, notamment dans Ce qui ne meurt pas, Le ­Chevalier Des Touches, Les Diaboliques, etc .

Alexis de Tocqueville (1805-1859) – Issu de la vieille noblesse normande par son père, il ne découvre pourtant le manoir familial aux environs de Cherbourg qu’en 1828, et se passionne alors pour l’histoire du duché, puisant dans l’exemple de l’administration de Guillaume le Conquérant des théories politiques plus tard développées dans son œuvre. À son retour d’Amérique en 1836, il s’installe dans le Cotentin pour y mener une carrière politique au Conseil général de la Manche, qui prend fin en 1852 avec son refus de prêter serment au nouveau régime de Louis-Napoléon Bonaparte.

Jean de La Varende (1887-1959) – Né dans le château familial de Bonneville, dans l’Eure, il est cependant élevé en Bretagne, puis à Paris. Son œuvre romanesque, particulièrement riche en nouvelles, prend la plupart du temps pour cadre le terroir normand et les voyages maritimes. Empreinte d’une forme de passéisme romantique, elle exalte les valeurs traditionnelles de la terre, transmises par ses personnages, paysans ou hobereaux. La Varende publie notamment un recueil intitulé Pays d’Ouche (1934), ainsi que des essais sur la littérature qui dévoilent sa filiation littéraire : Flaubert et Barbey d’Aurevilly, normands comme lui.

Description de cette image, également commentée ci-après

Octave Mirbeau vers 1900.

Octave Mirbeau (1848-1917) – Né à Trévières près de Bayeux, journaliste et écrivain engagé, il prit part aux querelles littéraires et politiques de son époque jusqu’à défendre les idées anarchistes. Romancier au verbe truculent et imagé, il est le peintre féroce et ironique d’une société bourgeoise dans son Journal d’une femme de chambre , porté à l’écran par Luis Buñuel.

Victor Hugo (1802-1885) – Il a rédigé dans les îles Anglo-Normandes quelques-unes des plus belles pages de la littérature française. À la suite du coup d’État de Napoléon III, en 1851, Hugo quitte la capitale et choisit l’exil – qui durera 18 ans – à Jersey d’abord, où il compose les Châtiments et les Contemplations , puis à Guernesey d’où jailliront La Légende des siècles et Les Misérables .

Marie Ravenel (1811-1893) – Fille d’un meunier de Réthoville, à la pointe de Barfleur, elle commence à écrire des poèmes en 1833. Les recueils de la « meunière poète », qui chantent la beauté des paysages du Cotentin et des tempêtes sur la Manche, ont été publiés en 1852, 1860 et 1890.

Léopold Sédar Senghor (1906-2001) – Théoricien de la politique, critique littéraire, philosophe et surtout l’un des plus grands poètes noirs francophones, Léopold Sédar Senghor est né au Sénégal. Auteur d’une anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, président du Sénégal et premier Africain à entrer à l’Académie française en 1983, il fait de la ­Normandie la terre de sa retraite, dans le village paisible de Verson, aux portes de Caen, où il s’éteint en 2001.

 

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Lons le Saunier et Rouget de Lisle

Posté par francesca7 le 29 mars 2014

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excellent lieu de séjour pour les touristes qui veulent rayonner dans le « vignobles » ou sur les « plateaux », Lons le Saunier est aussi une station thermale qui utilise des eaux salines pour le traitement des troubles de croissance et des rhumatismes.

 Site connu dès la préhistoire, sa fondation remonte au moins à l’horizon 100 av. J.-C. ; les Séquanes dominaient alors la région jusqu’à la conquête romaine.

À l’époque gallo-romaine, la ville s’appelait Ledo salinarius (en latin : la ville du sel). Les ressources en sel étaient déjà exploitées (voir salines de Lons-le-Saunier et histoire du sel du Jura). La ville tirant son nom de la source Lédonia, autour de laquelle s’est constituée la ville dès le Moyen Âge.

Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Franciade.

Lons-le-Saunier est la préfecture du département du Jura, d’après la loi du 2 pluviôse an VIII (29 mars 1800).

Les curistes bénéficient des bienfaits de la source Lédonia depuis 1892 au centre thermal Ledonia, situé dans le parc des bains.

Le Docteur Jean Michel (Jean-Marie-Vital Michel), chirurgien de l’hôpital de Lons-le-Saunier, a été torturé et abattu par l’occupant allemand le 27 avril 1944 en représailles des soins apportés à des maquisards blessés.

Au cours de la seconde Guerre mondiale, Lons-le-Saunier est libérée le 2 septembre 1944 par les troupes débarquées en Provence.

 

Rouget de Lisle : L’auteur de La Marseillaise naît, en 1760, au n° 24 de la ruelle du Commerce. Son père est avocat du roi. Entré dans l’armée, Rouget devient capitaine du génie, mais ce n’est pas un foudre de guerre, ses goûts le portent vers la versification et la musique. D’une veine féconde – le musée de Lons conserve quatre volumes entiers des chants – il charme les salons.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsC’est en avril 1792, à Strasbourg, sa garnisons, qu’il compose le « Chant de guerre pour l’Armée du Rhin », devenu La Marseillaise. Le pète-musicien commet ensuite l’imprudence de dédier un hymne à Henri IV. Il est emprisonné jusqu’au 9 thermidor.

Vivant chichement – il copie de la musique – Rouget retourne au pays natal. A Montaigu, où se trouve la maison de campagne familiale, il mène de 1811 à 1818 la vie du vigneron, puis revient à Paris. Pauvre comme Job, il est emprisonné à St Pélagie pour une dette de 5OO francs et libéré grâce à la générosité du chansonnier Béranger. En 1830, des amis de Choisy le Roi le recueillent à demi paralysé, presque aveugle. A ce moment, Louis Philippe accorde au vieillard une pension de 1 5OO francs qui soulage sa misère pendant les six dernières années de sa vie.

La défection de Ney : Après le départ de Napoléon pour l’Ile d’Elbe, le Maréchal Ney rallié au Louis XVII, a été nommé commandant de la division militaire de Besançon. Mais l’Empereur débarque au golfe Juan et, par Grenoble et Lyon , se dirige sur Paris. Ney part pour lui barrer la route. Toujours impulsif, il déclare : « Je le ramènerai pieds et poings liés dans une cage de fer ».

Image illustrative de l'article Michel NeyArrivé à Lons le 14 mars 1815, le maréchal passe les troupes en revue sur la promenade de la Chevalerie. Ce sont des cris de « Vive l’Empereur » qui l’accueillent. Impressionné, repris par le passé, Ney change de camp une fois encore et clame sa nouvelle conviction : « La cause des Bourbons est à jamais perdue ». Il rejoint Napoléon à Auxerre, et se jette dans ses bras. En juillet 1815, Louis XVIII reprend son trône et, en décembre, un feu de peloton termine la glorieuse carrière du «  brave des braves ». Le maréchal Moncey, bisontin « tête de bois », qui a refusé de siéger dans le conseil de guerre, se fait destituer et emprisonner.

 

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Pour s’être habillée en garçon.

Posté par francesca7 le 27 mars 2014

30 mai 1431. Si Jeanne d’Arc est brûlée 

Lors de son procès, elle promet de rester en robe. Mais, piégée dans sa prison par l’évêque Cauchon, on la surprend vêtue d’un pantalon. 

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Quand Jeanne d’Arc monte sur le bûcher, le 30 mai 1431, c’est grâce à un grossier piège monté par ses geôliers français et anglais. Sinon, il n’y aurait aucune raison de la faire flamber comme une crêpe Suzette. Entendre des voix ou faire la guerre n’est pas une raison juridique suffisante. Alors, ce diable d’évêque Cauchon lui fait promettre de ne plus s’habiller en homme, puis fait en sorte de l’y pousser. N’ayant pas tenu parole, cela fait d’elle une relapse. Dans ce cas, le verdict est la mort !

Ne refaisons pas tout le procès de la Pucelle, sachons simplement que, le 24 mai, les juges ecclésiastiques du tribunal organisent une mise en scène macabre pour l’amener à avouer ses fautes. Ils la traînent au cimetière Saint-Ouen de Rouen, où ils ont fait dresser un simulacre de bûcher. Terrorisée, la jeune fille reconnaît ses fautes et, contre la promesse de la faire transférer de sa prison tenue par des soudards, elle signe (d’une croix, alors qu’elle sait parfaitement écrire) tout ce qu’on veut sans pouvoir imaginer le piège machiavélique ourdi par ce cochon de Cauchon : elle reconnaît ne pas avoir entendu de voix, abjure ses erreurs et se soumet à l’autorité de l’Église. Elle accepte également de ne plus s’habiller en homme. Curieuse demande ! De retour dans sa cellule, les Anglais lui jettent quelques frusques féminines dont elle se vêt.

« J’aimerais mieux être décapitée sept fois »

Trois jours plus tard, le 27 mai, elle demande à ses gardes anglais de lui enlever ses chaînes pour pouvoir se lever. L’un d’eux se précipite sur elle, mais c’est pour lui arracher ses habits de femme, la laissant nue. Les autres lui lancent ses anciens habits d’homme. Elle refuse de les enfiler : « Messieurs, vous savez qu’il m’est défendu : sans faute, je ne le prendrai point. » Ceux-là se contentent de ricaner. Durant toute la matinée, elle reste aussi peu vêtue qu’une nudiste sur l’île du Levant. Vers midi, dame Nature lui rappelle que même une future sainte doit satisfaire à certains besoins. Comme il n’est pas question de sortir en tenue d’Ève, elle se résout à enfiler ses habits d’homme pour « nécessité de corps ». Quand elle réintègre sa geôle, elle a beau pleurer et supplier, les Anglais refusent de lui rapporter sa jupe. La voilà donc retombée dans son hérésie…

On l’a compris, tout cela avait été prémédité par Pierre Cauchon, l’évêque de Beauvais. Le mardi 29 mai, le tribunal ecclésiastique qui l’a convoquée la condamne comme relapse. Elle n’a pas tenu sa parole de ne plus s’habiller qu’en femme. Normalement, la sentence aurait dû être prononcée par le tribunal séculier. Mais l’évêque n’a pas envie qu’on lui sabote sa stratégie. Dès le lendemain matin, le moine frère Martin Ladvenu annonce la sentence à Jeanne, qui s’effondre.

Elle pleure, interpelle le moine : « Hélas ! me traite-t-on ainsi horriblement et cruellement qu’il faille que mon corps net et entier, qui ne fut jamais corrompu, soit aujourd’hui consumé et rendu en cendres ! Ah ! j’aimerais mieux être décapitée sept fois que d’être ainsi brûlée. Hélas ! si j’eusse été en la prison ecclésiastique à laquelle je m’étais soumise et que j’eusse été gardée par des gens d’Église, non pas par mes ennemis et adversaires, il ne me fût pas si misérablement méchu comme il est. » Paroles rapportées par frère Jean Toutmouillé (sic) qui accompagne Ladvenu. À croire qu’il a un magnétophone dans sa capuche. Jeanne se confesse, puis reçoit les derniers sacrements, ce qui est plutôt curieux dans la mesure où elle est excommuniée et déclarée hérétique. Au chanoine Pierre Maurice elle demande : « Maître Pierre, où serai-je ce soir ? » Et lui de répondre, sans se mouiller : « N’avez-vous pas espoir en Dieu ? » Elle lui répond que, Dieu aidant, elle sera probablement au paradis. Mais elle a beau tendre l’oreille, cette fois, elle n’entend pas de voix pour confirmer son espoir… 

« Jésus, Jésus »

Menée par le bourreau, Geoffroy Thérage, encadrée par huit cents hommes de guerre anglais portant haches et glaives, Jeanne d’Arc est conduite sur la place du Vieux-Marché où le bûcher est dressé. Tout au long du chemin, le moine Ladvenu et d’autres lui font sermon. Elle pleure, se lamente. La plupart des hommes d’Église qui l’accompagnent, ainsi que nombre d’Anglais, sont gagnés par la compassion. En chemin, elle réclame une croix, qu’un paysan lui fabrique avec deux morceaux de bois. Elle la glisse dans son corsage. À l’arrivée sur place, le bourreau a du mal à attacher Jeanne au poteau entouré de fagots, car il est placé plus haut que d’habitude. Elle demande alors à Ladvenu et à un autre moine nommé Isambart de La Pierre de tenir un crucifix devant elle.

Elle gémit à plusieurs reprises : « Jésus, Jésus. » Est-il sourd ? La foule est émue. Un soudard anglais qui avait promis d’être le premier à mettre un fagot dans le bûcher est frappé par la grâce. Le bourreau met le feu sous les fagots. Une lourde fumée âcre s’élève, entoure la jeune femme qui s’entête à appeler Jésus. Mais, apparemment, les voix ne vont que dans un seul sens… Bientôt, la fumée la cache. Elle meurt probablement asphyxiée. Les Anglais demandent au bourreau de pousser en arrière les fagots pour que le corps de Jeanne en train de brûler soit visible de tous. Qu’un petit plaisantin ne vienne pas par la suite raconter qu’elle n’est pas morte brûlée. Le feu éteint, il reste au milieu des cendres encore quelques morceaux bien saignants, notamment le coeur, étrangement intact, selon plusieurs témoins. Le feu est allumé une deuxième fois pour réduire tout cela en cendres, puis une troisième fois. Enfin, acte ultime, pour que personne ne vienne récupérer les cendres en guise de reliques, le cardinal de Winchester demande au bourreau de les répandre dans la Seine. Ainsi meurt Jeanne, pour un pantalon.

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La Langue d’Oc

Posté par francesca7 le 21 mars 2014

La Langue d’Oc dans FONDATEURS - PATRIMOINE 370px-Carte_du_Languedoc.svg

Tendez l’oreille aux mélopées locales : les accents, parfois rocailleux, portent encore la trace des belles sonorités colorées de deux langues sœurs, l’occitan (la langue d’oc) et le catalan.

Fiers troubadours

Oyez gentes dames ! Fini le temps où l’on vous traitait de « souveraines pestes » et de « sentinelles avancées de l’enfer » ; place à l’amour courtois ! Au 11e s., les seigneurs deviennent chevaliers et honorent leur belle. Vient alors l’idée de s’entourer de poètes capables de « trouver » eux-mêmes leurs chansons ; ce sont les « troubadours ». Certains sont princes, d’autres démunis mais tous jouent le même air : l’amour pur, inspiré par une femme idéale.

Parmi les plus célèbres, citons Jaufré Rudel , seigneur de Blaye, qui « s’enamoura de la comtesse de Tripoli sans la voir… » (amor de lonh) , Bernard de Ventadour , chantre de la fin’amor (l’amour parfait), Peire Vidal au lyrisme extravagant, Guiraut Riquier … Mais fin’amor ne signifie pas indifférence au monde : pour preuve, lessirventés (poèmes à caractère satirique), parfois très violents, contre les armées du nord.

Les cours méridionales retentissent jusqu’au 13e s. de leur langue raffinée : l’occitan.

L’occitan

Ce terme ancien a pris de nos jours le dessus sur celui de « langue d’oc ». Les langues « d’oïl » et « d’oc » étaient ainsi nommées pour la façon dont on disait « oui » en chacune d’elles. La limite passait au nord du Massif central, si bien que l’occitan comporte les dialectes languedocien, gascon, limousin, auvergnat, provençal et nissard (parlé dans le pays niçois). Le mot Languedoc lui-même apparut au 13e s. pour désigner les terres royales, du Rhône à la Garonne, appartenant autrefois au comte de Toulouse et au roi d’Aragon. On a peine aujourd’hui à imaginer l’aura de cette langue dans le monde cultivé de l’époque : Dante ne songea-t-il pas à écrire sa Divine Comédie dans la langue des troubadours ?

Cependant, après les croisades contre les Albigeois, l’usage de l’occitan déclina, du moins dans les cours. En 1323, des poètes toulousains tentèrent de le réhabiliter par des Jeux floraux de pure tradition médiévale. En 1539, l’ ordonnance de Villers-Cotterêts lui porta le coup de grâce en imposant dans les documents administratifs le dialecte d’Île-de-France. Dès lors, parlée essentiellement dans les campagnes, la langue d’oc se fractionna en dialectes, souvent baptisés « patois » pour nier tant la langue que la culture. Les maîtres de la Troisième République se donnent pour mission de l’éradiquer, mais c’est la Première Guerre mondiale et les changements qui s’ensuivent qui lui portent le coup le plus sévère.

L’occitan connaît cependant plusieurs sursauts : en 1819, avec la publication, par Rochegude, d’une anthologie de poèmes de troubadours ; en 1854, lorsque le Félibrige réforme l’orthographe du provençal. L’Escòla Occitana (1919) et l’Institut d’études occitanes de Toulouse (1945) jouent un rôle décisif dans son renouveau en lui redonnant une graphie plus conforme aux formes classiques. Il faut cependant attendre la loi de 1951 pour que son enseignement, aujourd’hui largement dispensé sur la base du volontariat, soit admis, dans les calendretaspour les plus petits, puis au collège (1997). Il survit aussi dans l’accent ou dans certains mots : c’est le « francitan ».

Le catalan

220px-Sant_Climent_de_TaüllTrès proche de l’occitan, hérité comme lui de la présence romaine, le catalan est le lien culturel des anciens pays du comté de Barcelone (9e-10e s.). Son apogée se situe au 13e s., avec les écrits de Ramon Llull. À partir du 16e s., il périclite : la monarchie centralisatrice de Philippe II prescrit le castillan. Puis le traité des Pyrénées (1659) l’interdit en Roussillon.

Tenace, le catalan se perpétue à l’oral mais sa renaissance littéraire ne date que du 19e s. Essentiel à l’identité culturelle du Roussillon, son usage s’affirme au début des années 1980 dans les écoles maternelles et l’édition.

L’identité catalane aujourd’hui

Si le catalan est la langue officielle en Andorre et en Catalogne espagnole, côté français, et grâce au soutien venu du sud, la langue des « anciens » semble prendre un coup de jeune. Pour preuve du regain d’intérêt envers l’apprentissage du catalan : le Capes proposé par l’université de Perpignan ou encore les cours d’initiation dispensés dans les écoles maternelles et primaires, et les bressolas , écoles ou l’enseignement est donné entièrement en catalan. Le théâtre, la littérature et la poésie contribuent également à faire résonner dans les contrées la langue régionale. De nombreuses associations de « catalanophones » œuvrent pour une renaissance de la langue. En France et en Espagne bien sûr, mais aussi en Italie ou encore au Canada, un peu partout dans le monde, des partisans du catalan font entendre leur voix. Ces liens sociaux ainsi tissés à travers le monde sont une force incontestable pour la culture catalane.

À vous de parler ! Le « u » se prononce « ou », le « v », « b », le « x », « ch », le « ll », « yeu », le « ig », « itch », et le « ny », « gne ».

Écrivains et poètes

Le Languedoc-Roussillon a donné naissance à d’importants écrivains et poètes. Si le fabuliste Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794), originaire de Sauve, n’est guère connu aujourd’hui, il n’en va pas de même de l’auteur d’ Il pleut bergère et, accessoirement, du nom des mois du calendrier républicain, Fabre d’Églantine(1750-1794). Ferdinand Fabre (1827-1898), né à Bédarieux, qui chante le Languedoc dans Les Courbezon ,L’Abbé Tigrane , Taillevent …

Nul n’ignore le poète Paul Valéry (1871-1945) : l’auteur du Cimetière matin est né à Sète où il repose. C’est à Carcassonne que le Narbonnais Joë Bousquet (1897-1950), paralysé par une blessure de guerre en 1918, a écrit la majeure partie de son œuvre. Le turbulent Joseph Delteil (1894-1978) fut un compagnon des surréalistes. Le Cévenol Jean-Pierre Chabrol (1925-2001) était un passionnant conteur de sa montagne. Citons également les Nîmois André Chamson , Marc Bernard et Jean Paulhan , qui régna longtemps sur les lettres françaises, de son bureau de la NRF. Quant au prix Nobel 1985, Claude Simon (1913-2005), il était viticulteur à Salses. De nos jours, un autre Nîmois, Jean-Pierre Milovanoff a pris la relève avec talent (La Splendeur d’Antonia) .

D’autres auteurs se sont exprimés en occitan, comme Max Rouquette (1908-2006) : l’auteur de Vert paradis , le Rouergat Jean Boudou (Joan Bodon, 1920-1975), né à Crespin dans l’Aveyron, auteur des Cailloux du chemin ,Le Livre de Catoïe , Robèrt Lafont (1923-2009), linguiste, théoricien du régionalisme, mais aussi dramaturge, poète et romancier (Vida de Joan Larsinhac) , Yves Rouquette (né en 1936 – originaire de Camarès dans l’Aveyron, a écrit Cathares , Occitanie ) et son frère Joan Larzac , prêtre et auteur d’une remarquable œuvre poétique. Citons également le fin poète de Carcassonne, René Nelli (1906-1982).

La littérature en catalan est quant à elle illustrée, de ce côté-ci des Pyrénées, par un poète, Josep Sebastiá Pons, et deux jeunes écrivains contemporains, Joan Luís Luís et Joan Daniel Bezsonoff .

Sur la scène

 dans GardNombre de grands interprètes de la chanson française sont languedociens ou catalans : il n’est que de citer le Sétois Georges Brassens , le Narbonnais Charles Trenet ou l’inénarrable Piscénois Boby Lapointe pour s’en convaincre. D’autres interprètes marchent de nos jours sur leurs traces, comme la Carcassonnaise Olivia Ruizou le Perpignanais Cali . Installé à Céret, le pianiste Pascal Comelade poursuit quant à lui une œuvre culte, sorte de synthèse des musiques populaires. Charles Cros (1842-1888) n’a pas chanté… Mais l’inventeur du phonographe, né à Fabrezan, et par ailleurs poète, a donné son nom à une académie qui récompense chaque année les meilleures productions discographiques françaises. D’autres ont fait le choix de s’exprimer en occitan, notamment Claude Marti qui symbolisa la renaissance occitane des années 1970 ou, aujourd’hui, le BiterroisJoanda dont le son pop-folk mêle guitares et instruments traditionnels. Mais la chanson n’est pas le seul domaine dans lequel les hommes d’oc se sont illustrés. Ils ont touché au cinéma ( Agnès Varda , qui passa une partie de sa jeunesse à Sète, l’avocat réalisateur audois André Cayatte ) et au théâtre : on ne peut oublier les novations du Sétois Jean Vilar , tandis que le dramaturge Claude Alranq ,fondateur du mythique Teatre de la Carrièra, perpétue en occitan la tradition du théâtre populaire.

 

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Un pays de novateurs en Vallée du Rhone

Posté par francesca7 le 21 mars 2014

 

Qui a conçu la montgolfière ? Qui sont les inventeurs du cinématographe ? Et la machine à coudre ou le métier à tisser : qui les a créés ? La région s’avère être une pépinière de savants et d’ingénieurs dignes du concours Lépine (lequel est justement né à Lyon !).

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Le ballon des frères Montgolfier

Dans les dernières années de l’Ancien Régime, les frères Joseph (1740-1810) et Étienne (1745-1799) de Montgolfier , descendants de l’une des plus anciennes familles de papetiers d’Europe, ont acquis la célébrité en réussissant les premières ascensions en ballon.

Poursuivant inlassablement sa recherche d’un gaz plus léger que l’air, Joseph fait une première expérience concluante avec un parallélépipède en taffetas qu’il emplit d’air chaud en faisant brûler un mélange de paille mouillée et de laine. Associant son frère à ses recherches et après plusieurs tentatives fructueuses, dont l’une menée dans les jardins de la papeterie familiale à Vidalon-lès-Annonay, il lance avec succès son premier aérostat, place des Cordeliers à Annonay, le 4 juin 1783.

Mandés dans la capitale pour renouveler leur exploit devant le roi, ils décident de se séparer momentanément, le temps que l’un d’eux accomplisse cette mission. C’est ainsi que le 19 septembre de la même année fut inauguré à Versailles, sous la conduite d’Étienne et devant la famille royale et la Cour médusées, le premier vol habité. Au ballon est attachée une cage à claire-voie, où les premiers passagers de l’espace sont un coq, un canard et un mouton. En quelques minutes, le Réveillon , timbré sur fond bleu du chiffre du roi, s’élève dans les airs, puis va se poser en douceur dans le bois de Vaucresson. Le mammifère et les deux volatiles ont parfaitement supporté le voyage ! Tous les espoirs sont permis.

La chaudière de Marc Seguin

Marc Seguin est né à Annonay en 1786. Il n’a pas seulement, avec son frère Camille, contribué à améliorer la technique des ponts suspendus par câbles de fer. Une autre de ses découvertes allait avoir une influence considérable sur le développement des chemins de fer.

Les premières locomotives produisaient à peine assez de vapeur pour atteindre 9 km/h. Appliqué en 1830 à laRocket (fusée), l’une des locomotives de l’Anglais Stephenson, le nouveau système de chaudière tubulaire se révèle une remarquable innovation : la plus grande quantité de vapeur dans un appareil de petites dimensions multiplie la vitesse par 7, puis 10. Lors d’une première expérience, la fusée atteignit 60 km/h. Aux essais suivants, elle fut même poussée à près de 100 km/h.

Conscient de l’importance de son invention, Marc Seguin laissa le brevet tomber dans le domaine public, refusant de tirer un profit personnel de l’intelligence dont le ciel l’avait favorisé. On doit enfin à Marc Seguin des travaux sur les bateaux à vapeur, ainsi que l’idée de remplacer les rails en fonte par des rails en fer et les dés en fer par des traverses en bois. Il mourut en 1875.

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Du fil à l’étoffe

La soie de Serres

Olivier de Serres , le père de l’agriculture française, naît à Villeneuve-de-Berg en 1539 et meurt en 1619 dans son domaine du Pradel, près de sa ville natale. Gentilhomme huguenot, exploitant lui-même ses terres, il mesure les ruines causées par les guerres de Religion. Aussi, lorsque Henri IV, après la publication de l’édit de Nantes en 1598, fait appel aux bonnes volontés pour restaurer le royaume, Olivier de Serres consigne son expérience dans une étude sur L’Art de la cueillette de la soie . L’idée entre dans les vues du roi : l’extension de la culture du mûrier permettrait d’arrêter les sorties d’or pour l’achat d’étoffes étrangères. Henri IV donne l’exemple. Il fait planter 20 000 pieds de mûriers aux Tuileries ; une magnanerie modèle est construite. La sériciculture s’étendra ensuite à la moitié de la France.

Encouragé par ce premier succès, Olivier de Serres publie en 1600 Théâtre d’agriculture et Mesnage des champs . L’auteur y préconise le labour profond, l’alternance des cultures, le soufrage de la vigne, les prairies artificielles, la culture du maïs, de la betterave à sucre, du houblon et probablement de la pomme de terre qu’il appelle « cartoufle » : autant d’innovations mises en pratique au Pradel.

Description de cette image, également commentée ci-après

Olivier de Serres

Jacquard et les risques du métier

Joseph-Marie Jacquard naît à Lyon en 1752. Son père, petit fabricant en étoffes façonnées, l’emploie à « tirer les lacs », ces cordes qui font mouvoir la machine compliquée servant à former le dessin de la soierie. L’enfant, de santé fragile, n’y résiste pas. On le place chez un relieur, puis chez un fondeur de caractères.

Après la mort de son père, Jacquard tente de monter une fabrique de tissus. Son inexpérience commerciale et ses recherches pour perfectionner le tissage le ruinent. Il doit se placer comme ouvrier chez un fabricant de chaux du Bugey, tandis que sa femme tresse la paille. En 1793, il s’engage dans un régiment de Saône-et-Loire avec son fils ; celui-ci sera tué à ses côtés. Rentré à Lyon, Jacquard travaille le jour chez un fabricant et, la nuit, à la construction d’un nouveau métier et d’une machine à fabriquer les filets de pêche. La République cherche des inventeurs : Carnot, ministre de l’Intérieur, fait venir Jacquard à Paris.

En 1804, Jacquard retourne à Lyon pour achever le métier auquel son nom est resté attaché. À un attirail de cordages et de pédales exigeant le travail de six personnes, il substitue un mécanisme simple, permettant à un seul ouvrier d’exécuter les étoffes les plus compliquées aussi facilement qu’une étoffe unie. Trois ouvriers et deux ouvrières se trouvent supprimés pour chaque métier ; dans une ville qui compte alors 20 000 métiers, des dizaines de milliers d’ouvriers se voient menacés dans leur travail. Les canuts se dressent contre cette « évantion » qui leur coupe les bras.

Pourtant, Jacquard parvient à convaincre les canuts de l’utilité de sa découverte. Des fabricants montrent l’exemple et, en 1812, plusieurs « Jacquards » fonctionnent à Lyon. Retiré à Oullins, leur inventeur peut enfin goûter un repos bien mérité. Il décède en 1834.

La machine à coudre de Thimonnier

Aussi opiniâtre que le tisseur lyonnais, Barthélemy Thimonnier (1793-1857) n’eut pas comme lui le bonheur de voir sa découverte exploitée dans son pays natal.

Lorsque la famille s’installe en 1795 à Amplepuis, le jeune Barthélemy est placé comme apprenti tailleur. En 1822, il s’installe comme tailleur d’habits à Valbenoîte près de St-Étienne. Hanté par l’idée de coudre mécaniquement et s’inspirant du crochet utilisé par les brodeuses des monts du Lyonnais, il construit dans le secret un appareil en bois et en métal permettant d’exécuter le point de chaînette. La machine à coudre était née.

Pour parvenir à breveter son invention, il s’associe à Auguste Ferrand , répétiteur à l’école des mineurs de St-Étienne. Une demande est déposée le 13 avril 1830 au nom des deux associés.

Thimonnier quitte ensuite St-Étienne pour la capitale où, bientôt, le premier atelier de couture mécanique voit le jour au 155 rue de Sèvres. Là, 80 machines à coudre fonctionnent six fois plus vite que manuellement. Cela déclenche la haine des tailleurs parisiens qui, lui reprochant de vouloir ruiner leur profession, saccagent l’atelier ; Thimonnier, ruiné, revient à Amplepuis, où il reprend son métier de tailleur.

En 1848, une compagnie de Manchester s’intéresse à son « couso-brodeur ». Épuisé par 30 ans de travail et de luttes, il s’éteint à l’âge de 64 ans, trop tôt pour connaître l’extraordinaire essor de la machine à coudre.

Un pays de novateurs en Vallée du Rhone dans Ardèche Thimonnier_portreto

Barthélemy Thimonnier

Un grand médecin : Claude Bernard

Il y a du sucre dans le foie, plus précisément du glycogène : par cette grande découverte (1843), le physiologisteClaude Bernard permit d’expliquer les mécanismes du diabète en 1853. Théoricien fondamental de la médecine expérimentale, il a aussi contribué à comprendre le système nerveux. Quel parcours pour ce membre des académies de Médecine et des Sciences, cet enseignant qui délivra des cours à la Sorbonne et au Collège de France ! Il est l’auteur de La Science expérimentale (1876).

Fils d’humbles vignerons de St-Julien dans le Beaujolais, Claude Bernard est né en 1813 : on peut voir sa maison au hameau de Chatenay, près du musée qui lui est consacré. C’est, dit-on, grâce au curé du village qu’on l’envoya étudier à Lyon. De là, il « monta » à Paris pour étudier la médecine.

Lumière ! et le cinéma est né…

En 1882, un photographe venu de Besançon, Antoine Lumière, s’installe dans un hangar de la rue St-Victor à Lyon et entreprend la fabrication de plaques sèches au gélatino-bromure, selon une formule qu’il a trouvée. Quatre ans plus tard, il a déjà vendu plus d’un million de plaques sous le nom d’« étiquette bleue ». Les deux fils de l’ancien photographe, Auguste (1862-1954) et Louis (1864-1948) Lumière , associés à leur père, travaillent à un appareil de leur invention. Ils le présentent en 1895 à la Société d’encouragement. L’appareil, qui reçoit finalement le nom de cinématographe, est présenté à Lyon le 10 juin 1896.

D’abord indifférent, le public se rue bientôt pour voir les dix premiers films, courtes saynètes dont l’humour n’a pas vieilli. Sortie d’un hangar lyonnais, la prodigieuse aventure du cinéma commençait…

Tony Garnier et la Cité industrielle

« En matière d’urbanisme, toute idée neuve et hardie est intéressante » : cette phrase de Tony Garnier, l’un des plus grands architectes du 20 e s., résume bien son élan. Né à Lyon en 1869, il y laissera à sa mort, en 1948, une œuvre abondante et innovante qui influencera de nombreux confrères, dont le célèbre Le Corbusier. Après ses études aux écoles nationales des Beaux-Arts de Lyon et de Paris, il travaille dans l’atelier de Julien Guadet et se passionne très vite pour la conception d’une Cité industrielle. Son projet mêle une organisation rationaliste et fonctionnelle des lieux à une vision utopique d’une société qui n’aurait besoin ni de police ni de religion, mais serait régie par la loi du travail. En architecture, il emprunte des éléments classiques à la Grèce et recourt à des matériaux encore mal connus, comme le béton armé.

En 1905, le nouveau maire, Édouard Herriot, lui confie la direction des « Grands Travaux ». Tony Garnier commence par un coup de maître, en construisant une immense halle (halle Tony-Garnier) au cœur des nouveaux abattoirs de La Mouche. Il poursuit en réalisant un stade olympique (stade de Gerland), un hôpital pavillonnaire (hôpital Édouard-Herriot), une école de tissage, le quartier d’habitation des États-Unis, le monument de l’île du Souvenir au parc de la Tête d’Or…

Image illustrative de l'article Tony Garnier

Tony Garnier

Autres personnalités de la région

Beaux-Arts

Raymond Depardon , grand photographe, fondateur de l’agence Gamma et cinéaste, est né à Villefranche-sur-Saône en 1942. Dans le livre La Ferme du Garet , il raconte son enfance dans le Beaujolais.

Hector Guimard (1867-1942), architecte, est né à Lyon. Cet adepte de l’Art nouveau est le créateur des premières bouches de métro parisiennes.

Pierre Cécil Puvis de Chavannes (1824-1898) est né à Lyon. Classé parmi les peintres académiques, il fut cependant admiré par les symbolistes et de jeunes confrères avant-gardistes tels que Gauguin.

Cinéma

Jean-Pierre Jeunet est né en 1953 à Roanne. Cinéaste, il est l’auteur, entre autres, de Delicatessen et duFabuleux Destin d’Amélie Poulain .

Muriel Robin , comédienne et humoriste, est née en 1955 à Montbrison.

Bertrand Tavernier , cinéaste, est né en 1941 à Lyon. Son Horloger de Saint-Paul se déroule dans sa ville natale. Il est également président de l’Institut Lumière basé à Lyon.

Histoire

L’ abbé Pierre , alias Henri Grouès (1912-2007), est le fondateur du mouvement Emmaüs chargé de lutter contre la pauvreté.

Marc Bloch (1886-1944), historien du Moyen Âge. Juif et résistant, il est fusillé par les Allemands en 1944 près de Lyon, sa ville natale.

Antoine Pinay (1891-1994) est né à St-Symphorien-sur-Coise. Ministre de l’Économie, il instaura le « nouveau franc » en 1959.

Émile Loubet (1938-1929), natif de Marsanne, fut élu président de la République en 1899. Son septennat se déroule sous une III e République secouée par l’affaire Dreyfus.

Laurent Mourguet (1769-1844), ouvrier de la soie reconverti en forain et arracheur de dents, crée le personnage de Guignol vers 1808.

Saint Vincent de Paul (1581-1660), prêtre. En 1617, il a fondé la première Confrérie de la Charité à Châtillon-sur-Chalaronne.

Littérature

Paul Claudel (1868-1955), poète, dramaturge, essayiste, est enterré dans le parc du château de Brangues, non loin de Morestel.

Frédéric Dard (1921-2000), écrivain prolifique, fit vivre sous sa plume près de 200 aventures à son héros, le commissaire San-Antonio. Il est inhumé au cimetière de St-Chef en Dauphiné, commune de son enfance.

Louise Labé (1524-1566), poétesse de l’école lyonnaise de la Renaissance, crée avec Maurice Scève l’un des premiers salons littéraires de la région.

Éric-Emmanuel Schmitt , auteur de théâtre, est né en 1960 à Ste-Foy-lès-Lyon. Les questions spirituelles hantent les pièces à succès de ce normalien. Le Visiteur (1994) fut couronné par trois molières.

Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944), écrivain et aviateur, naît au 8 de la rue du Peyrat à Lyon (rebaptisée aujourd’hui rue Antoine-de-St-Exupéry).

Musique

Hector Berlioz (1803-1869), grand compositeur, est natif de la Côte-St-André. Il est l’inventeur d’un style polyphonique dont l’influence s’est exercée jusqu’à nos jours.

Benjamin Biolay , auteur, compositeur, interprète, naît le 20 janvier 1973 à Villefranche-sur-Saône. Au conservatoire de Lyon, il apprend le trombone et obtient deux premiers prix en 1990.

Pierre Boulez , né en 1925 à Montbrison, chef d’orchestre et compositeur dodécaphoniste, est une personnalité majeure de la musique contemporaine française. Il a fondé l’lnstitut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam) à Paris.

Liane Foly , chanteuse, est née en 1963 à Lyon.

L’Affaire Louis Trio , originaire de Lyon, groupe qui fit carrière au milieu des années 1980 avec Chic planète,s’est séparé. Le chanteur Hubert Mounier poursuit actuellement une carrière en solo.

Anne Sylvestre , chanteuse et auteur d’une foule de chansons enfantines, est née en 1934 à Lyon.

Sciences

André-Marie Ampère (1775-1836) est né à Polémieux-au-Mont-d’Or, près de Lyon. Physicien et chimiste français, il est le fondateur de l’électromagnétisme.

Jean-Baptiste Guimet (1785-1871), polytechnicien, fait fortune à Lyon avec la fabrication du bleu outremer artificiel de son invention. Son fils Émile (1836-1919) collectionna les œuvres d’art asiatiques visibles au musée Guimet de Paris.

Léopold Ollier (1830-1900), originaire des Vans en Ardèche, est considéré comme le véritable créateur de la chirurgie orthopédique moderne.

Sports

Aimé Jacquet , né le 27 novembre 1941 à Sail-sous-Couzan (Loire), était le sélectionneur de l’équipe de France de football qui fut sacrée championne du monde en 1998.

Alain Prost , champion du monde de course automobile en 1985, 1986, 1989 et 1993, est né en 1955 à Lorette (Loire).

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ENFANTS TERRIBLES ET GENIES de DOLE

Posté par francesca7 le 9 mars 2014

 

Image illustrative de l'article Claude-François MaletMalet le conspirateur – Le général Malet, enfant de Dole, cousin de Rouget de Lisle, d’esprit indépendant et de tempérament républicains, devient suspects à Napoléon qui le fait incarcérer à Paris en 1808. Dans la nuit du 23 au 24 octobre 1812, Malet s’évade et tente avec quelques amis de se rendre maître des principaux organes de pouvoir. Mais la conspiration échoue, Malet est arrêté et fusillé avec neuf de ses compagnons.

Malet a su se constituer un réseau au point qu’une légende veut qu’il ait appartenu à la société des Philadelphes, une société secrète républicaine. Personnage procédurier et tatillon, il devient aigri pour avoir manqué un rôle national dans une carrière politique (par deux fois, il a échoué dans la mandature de député du Jura) ou militaire. Il est au moins certain qu’il ourdit une conspiration en 1808 avec des sénateurs républicains prévoyant d’apposer 12 000 affiches dans Paris proclamant la déchéance de l’Empire, pendant que l’Empereur est en Espagne. Trahi par un de ses complices, il est arrêté, et 55 personnes avec lui ; mais au lieu de lui infliger la peine capitale, on se contenta de le retenir dans une prison d’État à la Force en 1809. Il conçoit une deuxième conspiration le 29 juin 1809 alors que l’Empereur se trouve à Schönbrunn mais un « mouton » à la prison de la Force dénonce Malet à la police. Il est transféré à la prison de Sainte-Pélagie, puis placé en résidence dans la maison médicale du docteur Dubuisson en 1810, où il met au point son coup d’État avec plusieurs autres détenus politiques, notamment des royalistes comme l’abbé Lafon (membre de La Congrégation), Jules de Polignac ou Ferdinand de Bertier, au point que certains historiens pensent que Malet a été manipulé par les partisans du retour des Bourbons sur le trône.

 

180px-Dole_-_Maison_PasteurLa Famille de Pasteur – C’est à Dole, le 27 décembre 1822, que naît le grand savant. Son père, Joseph Pasteur, ancien sergent-major de l’armée impériale, licencié après la chute de Napoléon, a repris son métier de tanneur, il a épousé, en 1816, Jeanne-Etiennette Roqui.

Ce que furent ses parents, le grand homme, parvenu au faite des honneurs, l’a dit en une sorte d’oraison, le 14 juillet 1883, quand une plaque commémorative fut apposée sur sa maison natale :

« Oh ! mon père et ma mère !

Oh ! mes chers disparus, qui avez si modestement vécu dans cette petite maison, c’st à vous que je dois tout. Tes enthousiasmes, ma vaillante mère, tu les as fait passer en moi. Si j’ai toujours associé la grandeur de la science à la grandeur de la patrie, c’est que j’étais imprégné des sentiments que tu m’avais inspirés. Et toi, mon cher père, dont la vie fut aussi rude que ton rude métier, tu m’as montré ce que peut faire la patience dans les longs efforts… tu avais l’admiration des grands hommes et des grandes choses. Regarder en haut, apprendre au-delà, chercher à s’élever toujours, voilà ce que tu m’as enseigné… »

en 1827, la famille quitte Dole et se fixe à Arbois.


Marcel Aymé, hôte de Dole
 : Parfois surnommé « le paysan de Montmartre », Marcel Aymé (1902-1067) a vécu ses jeunes années à Villers-Robers, village de la Bresse comtoise, avant d’être confié à l’âge de sept ans à sa tante de Dole. Il va passer là son adolescence, laissant au vénérable Collège de l’Arc le souvenir d’un élève facétieux. Tenu d’interrompre pour raisons de santé des études d’ingénieur effectuées à Paris, il revient à Dole écrire son premier roman, Brûlebois, publié en 1926. Le talent de l’écrivain est rapidement reconnu : en 1929, le prix Renaudot est attribué à la Table aux crevés ; suivront La Jument verte, La vouivre…

la ville de Dole est très présente dans l’œuvre romanesque de Marcel Aymé ; on y reconnaît le champ de fore, l’hôpital, la gare, la rue Pasteur, la Grande Fontaine, la place du marché .. Le haut clocher de l’église notre Dame joue même un rôle déterminant dans l’intrigue policière du Moulin de la Sourdine.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsL’écrivain a été attaqué par tous ceux qui ne supportaient pas que ses romans décrivent assez crûment la France des années quarante et celle de l’épuration, mettant sur le même pied les collaborateurs monstrueux et les revanchards sinistres, décrivant avec une exactitude désinvolte le marché noir, les dénonciations, les règlements de comptes (UranusLe Chemin des écoliers). Mais il a surtout soutenu jusqu’au bout Robert Brasillach, tentant de faire signer à des intellectuels et des artistes de tout bord la pétition contre la peine de mort dont Brasillach était frappé. Albert Camus, Jean Cocteau, François Mauriac et d’autres l’ont signée, sauf Picasso qui venait d’adhérer depuis peu au parti communiste, ainsi que l’explique Claude Roy « J’ai souffert que mon parti d’alors s’oppose à ce que je participe à une demande de grâce. Picasso a refusé aussi pour la même raison. » Mais Brasillach a été fusillé quand même, de Gaulle ayant rejeté sa grâce, malgré la lettre que lui avait adressée l’ancien résistant Daniel Gallois qui avait appartenu à un mouvement de résistance : l’O.C.M,

 

 

 

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