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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Des Asperges aux sous-bois

Posté par francesca7 le 28 octobre 2013

(D’après « La Joie de la maison », paru en 1902)

 Des Asperges aux sous-bois dans FLORE FRANCAISE 220px-oued_mellah_asparagus_albus_st65

Fervent adepte de l’asperge, plante délicate que le célèbre Brillat-Savarin honorait de l’appellation « impératrice des légumes », le centenaire Fontenelle n’avait qu’une aversion : qu’on la lui serve avec force sauce, cependant qu’il ne l’aimait qu’à l’huile ou au vinaigre, rehaussée de fines herbes hachées

« Chaque arrivée de saison nouvelle amène une sorte de mélancolie, parce qu’elle suit la fin de la saison précédente, et que c’est un pas de plus sur le chemin de la vie. Mais la nature bienveillante pour l’homme lui ménage toujours quelque adoucissement à sa peine, et, sous une forme ou sous une autre, lui apporte quelque plaisir de compensation. Quand vient le printemps, c’est le renouveau des tendres feuillages d’un vert naissant qui récrée nos regards ; et pour le gourmet, c’est aussi le retour de ce légume exquis, délicat, d’un goût si fin, qu’on appelle l’asperge, régal sans pareil pour le palais d’un galant homme… »

220px-Group_of_Galium_odoratum_in_forest dans FLORE FRANCAISE

Ainsi s’exprimait un philosophe gastronome du XVIIIe siècle, Fontenelle, en parlant de la plante délicate qu’il adorait et que Brillat-Savarin appelait l’ « impératrice des légumes » et aussi « le plus aimable des Térianthes ». Il l’aimait passionnément, il prétendait qu’elle était pour lui, non seulement un manger de prédilection, mais aussi un agent de bonne santé. Il se peut. Comme il a vécu cent ans, le doux égoïste, ignorant de toute infirmité, l’asperge est peut-être pour quelque chose dans sa longévité ; mais il faut dire aussi, qu’indifférent, cuirassé d’incertitude, ménager de ses émotions, ce poisson d’eau tiède, comme l’appelait Rivarol, a vu très probablement se prolonger son existence, à l’infini, parce qu’il eut l’esprit de ne pas en user les ressorts, et qu’il la consomma en économe, presque en avare.

C’est pour lui que se cultivèrent les premières asperges d’Argenteuil, un coin de prédilection, une terre de Chanaan, pour ce légume, qui s’y plaît et y prospère. Tous les ans, Fontenelle en recevait les premières bottes, alors que les asperges, encore pâles, sont dans la primeur de leur délicatesse. Il réunissait alors à sa table, toujours bien servie, quelques amateurs choisis, des gourmets d’élite, dignes d’apprécier la saveur du légume virginal. Parmi eux, le cardinal Dubois, qui était une fourchette sérieuse. Le repas se faisait gaiement, arrosé de vins généreux. Mais il y avait un nuage annuel à ces agapes de printemps, un nuage qui se reformait chaque année. Le cardinal n’aimait les asperges qu’à la sauce au beurre, une hollandaise bien liée, tandis que Fontenelle les préférait à l’huile et au vinaigre, avec fines herbes hachées. D’ordinaire, on divisait donc les pousses précieuses en deux parts : la moitié était servie chaude, avec la sauce, l’autre moitié froide, avec l’huile.

Or, il arriva qu’un jour, au moment de se mettre à table, Dubois, toujours très exact, n’était pas arrivé. Le maître de la maison commençait à s’impatienter, il prévoyait des sauces tournées, des rôtis rissolés et durcis, lorsque soudain la porte s’ouvrit et l’intendant du cardinal, tout de noir habillé, s’avança et dit :

– Messieurs, n’attendez pas mon maître, il ne viendra pas…
– Pourquoi ? fit Fontenelle très étonné.
– Parce qu’il a rendu son âme à Dieu.

Il y eut un petit moment d’émotion, une émotion qui, d’ailleurs, ne se prolongea guère : « Messieurs, reprit alors Fontenelle d’une voix grave, puisqu’il en est ainsi, rien ne s’oppose plus à ce que nous nous mettions à table. » Puis, descendant à la cuisine, il cria à son chef : « Maintenant, tu sais, toi ! fais refroidir toutes tes asperges. Plus de sauce, tu entends bien… plus de sauce !… mais toutes à l’huile ! »

L’origine de l’asperge se perd dans la nuit des temps. Les Grecs et les Romains la connaissaient et en appréciaient les mérites. Pour les Grecs, c’était une friandise.. Pour les Romains, un aliment recherché, mais point rare, car l’asperge poussait un peu partout, à l’état sauvage ou par culture. Les cultures d’asperges les plus renommées de l’antiquité étaient à Ravenne, une terre où ce légume se complaisait et s’engraissait dans des proportions singulières. Trois asperges de Ravenne, dans la bonne saison, suffisaient amplement pour donner le poids d’une livre. C’est Pline, le naturaliste, qui l’affirme. Nous obtenons aujourd’hui de belles et bonnes asperges par la culture, mais nous ignorons ces « monstres ». C’est, d’ailleurs, La Quintinie, le jardinier de Louis XIV, au potager de Versailles, qui, le premier, établit des couches pour la culture artificielle de l’asperge, qu’il réalisa en toutes saisons, ainsi que cela se pratique encore aujourd’hui par des procédés analogues.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsLes qualités de l’asperge sont connues. La principale est d’activer les sécrétions normales du corps humain et d’être utilement diurétique – ce qui équivaut à dépurative – et essentiellement rafraîchissante. Elle a un inconvénient qui est d’infliger un parfum désagréable à ce que Sganarelle, le « médecin malgré lui » de Molière, appelait le « superflu de la boisson ». Broussais prétendait que ce légume agissait directement sur le cœur, pour lequel il était un calmant précieux.

Voilà bien des qualités précises, au regard des reproches vagues adressés à l’ « impératrice des légumes ». Un grand amateur d’asperges, à l’image de Pétrone, François Ier, Voltaire, Fontenelle et quelques autres personnages d’une distinction qui n’est pas à dédaigner, disait :

– Je suis convaincu que l’asperge est un légume excellent, et que tout le mal qu’on en dit est pure calomnie…
– A quoi voyez-vous cela ?… lui répondait-on.
– A quoi je vois cela ?… à une raison bien simple, c’est que je l’aime beaucoup !

Et il en dressait une montagne sur son assiette, en riant de tout cœur.

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Les récoltes d’août au 4ème siècle av.JC

Posté par francesca7 le 28 octobre 2013

(D’après De Re rustica de Palladius Rutilius, écrit vers le IVe siècle avant J.-C.)

Les récoltes d'août au 4ème siècle av.JC dans FLORE FRANCAISE 250px-Green_field

Du labourage des champs maigres, des apprêts de la vendange, de la rupture des mottes de terre des vignes dans les pays froids

On commence, à la fin du mois l’août, vers les calendes de septembre, à labourer les terrains plats, humides et maigres. On prépare maintenant avec activité les travaux de la vendange dans les pays voisins de la mer. On brise aussi, à présent, les mottes de terre des vignes dans les pays froids.

Comment on répare un vignoble maigre et chétif
Avez-vous un vignoble maigre et des souches plus chétives encore, semez-y, à cette époque, trois ou quatre boisseaux de lupins par arpent, et brisez les mottes de terre. Quand ces lupins seront venus, vous les retournerez en terre, et ils engraisseront parfaitement vos vignes. Le fumier ne convient pas aux vignobles, parce qu’il nuit à la qualité du vin.

De l’épamprement, de l’extirpation de la fougère et du caret
On épampre maintenant la vigne dans les pays froids ; mais, dans les pays secs et brûlants, on met les raisins à l’ombre afin que l’ardeur du soleil ne les dessèche point, si toutefois le peu d’étendue des vignobles ou la facilité de se procurer des ouvriers le permet. On peut également, ce mois-ci, arracher le caret et la fougère.

De la nécessité de brûler les prairies
Mettez à présent le feu aux prairies, afin de réduire à leurs racines les brins qui montent trop vite, et de faire succéder à l’aridité une végétation vigoureuse.

Des raves, des navets, des radis et des panais

Semez encore, à la fin de ce mois, des raves et des navets dans les pays secs, de la manière indiquée ci-dessus. Semez-y également des raiforts que vous consommerez en hiver. Ennemis du tuf et du gravier, ils aiment, comme les raves, une terre grasse, ameublie et longtemps remuée. Ils se plaisent sous un ciel nébuleux, et demandent à être semés sur de grands espaces fouis profondément. Les meilleurs sont ceux qui viennent dans les sables. On les sème immédiatement après la pluie, à moins qu’on ne soit à même de les arroser. Dès qu’ils sont semés, on les recouvre de terre à l’aide d’un léger sarcloir. Deux setiers, ou quatre, suivant quelques-uns, remplissent un arpent. Couvrez ces semences de paille : le fumier les rendrait fongueuses. Elles acquièrent un goût plus délicat quand on les arrose souvent d’eau salée.

On regarde comme les femelles des raiforts ceux qui, moins âcres, ont les feuilles plus larges, plus lisses et d’un beau vert. Vous en recueillerez la graine. On croit qu’ils grossissent davantage lorsqu’on en arrache toutes les feuilles en ne leur laissant qu’une tige mince, et qu’on les couvre souvent de terre. Si vous voulez en adoucir l’âcreté, détrempez-en la graine pendant un jour et une nuit dans du miel ou dans du passum. Les raiforts, ainsi que les choux, n’aiment pas les vignes : semés autour d’un cep, ils s’en éloignent par antipathie. On sème encore les panais ce mois-ci.

Des arbres à écussonner, et des abeilles
On écussonne aussi à présent les arbustes. Presque tout le monde greffe maintenant le poirier, et le citronnier dans les terrains entrecoupés d’eaux vives. Les frelons incommodent, ce mois-ci, les ruches : il faut les pourchasser et les détruire. On fait aussi, à cette époque, tout ce qu’on a omis en juillet.

220px-sources_de_la_bueges_2 dans FLORE FRANCAISEDe la découverte de l’eau
Si vous manquez d’eau, vous devez maintenant chercher à en découvrir. Voici comment vous pourrez y parvenir. Dans l’endroit où vous voulez trouver de l’eau, étendez-vous tout du long, avant le lever du soleil, le menton appuyé contre terre et les yeux tournés vers l’orient. Si vous voyez alors se lever, sous la forme d’un nuage, une vapeur légère qui répande une espèce de rosée, marquez la place à l’aide de quelque souche ou de quelque arbre du voisinage ; car il y a de l’eau cachée dans tout lieu sec où se manifeste un tel phénomène.

Vous observerez aussi la nature du terrain, afin de pouvoir juger de la quantité d’eau plus ou moins grande qu’il renferme. L’argile donnera des veines maigres et d’un goût peu agréable ; le sablon mouvant produira aussi un filet d’eau d’un mauvais goût, trouble, et qui se perdra dans des couches profondes ; la terre noire donnera goutte à goutte une très petite quantité d’eau provenant des pluies et de l’humidité de l’hiver ; mais cette eau sera d’un goût parfait. Le gravier donnera des veines médiocres et incertaines, mais d’une douceur remarquable ; le sablon mâle, le sable et le carboncle, des veines sûres et intarissables. Celles des roches rouges sont bonnes et copieuses.

Vous examinerez si les eaux découvertes ne fuient pas à travers des crevasses ou des excavations souterraines. Au pied des montagnes et dans les roches siliceuses les eaux sont abondantes, fraîches et salubres ; dans les terrains plats, elles sont saumâtres, lourdes, tièdes et désagréables. Si, par hasard, elles ont bon goût, c’est une preuve qu’avant de couler sous terre elles sortent d’une montagne. Du reste, elles acquerront, même dans les plaines, la douceur des eaux des montagnes, si elles sont ombragées d’arbustes.

Voici d’autres indices propres à éclairer vos recherches (on peut s’y fier, lorsqu’il n’y a point de mares dans l’endroit, et que l’eau n’y séjourne ou n’y passe point habituellement) : ce sont les joncs déliés, le saule des forêts, l’aune, l’agnus-castus, le roseau, le lierre et les végétaux aquatiques. Vous creuserez l’endroit où se trouveront ces indices jusqu’à cinq pieds de profondeur sur trois de large ; et, vers le coucher du soleil, vous mettrez dans cette fosse un vase d’airain ou de plomb propre et graissé dans l’intérieur, l’orifice tourné vers le fond de la fosse. Ensuite vous étendrez sur les bords une claie de baguettes et de branchages, et vous recouvrirez le tout de terre. Le lendemain, en ouvrant la fosse, si vous trouvez que le vase sue en dedans ou que l’eau en dégoutte, n’en doutez pas, cet endroit renferme de l’eau.

Mettez aussi dans cette fosse un vase de terre sec et non cuit, et recouvrez-le de la même manière. Le lendemain, s’il y a une veine d’eau, il sera dissous par l’humidité dont il aura été imprégné. Une toison de brebis, également déposée dans la fosse et recouverte de même, vous indiquera qu’il y a là beaucoup d’eau, si elle dégoutte quand on la pressera le lendemain. Cet endroit renfermera encore de l’eau, si, après avoir mis dans la fosse recouverte une lampe allumée et pleine d’huile, vous la trouvez éteinte le lendemain, quoiqu’elle n’ait pas manqué d’aliments. De même, si vous vous faites du feu quelque part, et que le sol échauffé exhale une fumée épaisse et nébuleuse, vous saurez qu’il y a de l’eau dans cet endroit. Quand ces découvertes seront confirmées par des indices certains, creusez un puits pour tâcher de découvrir la source ; s’il y en a plusieurs, réunissez-les en une seule. Au reste, c’est particulièrement au pied des montagnes et du côté du nord qu’il faut chercher les eaux, parce que nulle part elles ne sont plus abondantes ni meilleures.

Des puits
Quand vous creuserez des puits, vous examinerez s’il n’y a pas de danger pour les ouvriers, parce que la terre exhale ordinairement une odeur de soufre, d’alun et de bitume qui empoisonne l’air, saisit vivement l’odorat, et asphyxie, à moins qu’on ne se retire promptement. En conséquence, avant qu’ils ne descendent au fond, vous y placerez une lampe allumée : si elle ne s’éteint pas, il n’y aura aucun danger à craindre ; si elle s’éteint, vous abandonnerez un lieu rempli d’exhalaisons mortelles.

170px-William-Adolphe_Bouguereau_%281825-1905%29_-_At_The_Fountain_%281897%29Si néanmoins vous ne pouvez pas trouver d’eau ailleurs, vous creuserez des puits à droite et à gauche jusqu’au niveau du liquide, et, dans l’intérieur, vous pratiquerez des soupiraux ouverts de chaque côté en forme de narines, par où s’échapperont les vapeurs délétères ; ensuite vous soutiendrez les parois des puits au moyen d’une maçonnerie. La largeur d’un puits doit être en tous sens de huit pieds, sur lesquels la maçonnerie en prendra deux. Celle-ci sera étayée d’espace en espace avec des pièces de bois, et construite en pierre de tuf ou en caillou. Si l’eau est limoneuse, vous la corrigerez en y jetant du sel. Si, en creusant le puits, la terre, trop friable, vient à s’échapper ou à se détacher par le contact de l’eau, vous la maintiendrez de tous côtés avec des planches droites soutenues par des traverses, afin que l’éboulement n’écrase pas les travailleurs.

De l’essai de l’eau
Voici la manière d’essayer l’eau nouvelle. Vous en verserez dans un vase d’airain bien net ; si elle n’y fait point de taches, c’est une preuve qu’elle est bonne. Elle l’est également, lorsqu’après avoir bouilli dans un vase d’airain, elle n’y dépose ni sable ni limon. Elle sera aussi de bonne qualité, si elle peut cuire promptement des légumes, ou si elle est transparente, dégagée de mousse et exempte de toute espèce de souillure. Quand les puits sont sur une hauteur, on peut en faire jaillir l’eau par en bas, comme celle d’une fontaine, en perçant la terre jusqu’à son lit, si la vallée le permet.

Des aqueducs
Pour amener l’eau d’un lieu dans un autre, on a recours à des ouvrages de maçonnerie, à des canaux de bois, à des tuyaux de plomb ou d’argile. Si elle passe dans un canal en maçonnerie, vous le consoliderez pour qu’elle ne fuie pas à travers les joints. La largeur en sera proportionnée au volume d’eau. S’il traverse un terrain plat, vous lui donnerez une pente insensible d’un pied et demi sur soixante ou cent pieds de longueur, pour faciliter l’écoulement. S’il rencontre une montagne, vous dirigerez l’eau sur ses flancs, ou vous la ferez passer par des souterrains construits au niveau de la source. Si c’est une vallée, vous élèverez des piliers ou des arcs jusqu’à la hauteur du plan que l’eau doit suivre, ou bien vous la ferez descendre dans la vallée au moyen de tuyaux de plomb, qui lui permettront de remonter ensuite quand elle l’aura traversée.

Lorsque, suivant la méthode la meilleure et la plus avantageuse, vous conduirez l’eau dans des tuyaux d’argile, donnez-leur deux doigts d’épaisseur, en les rétrécissant par une de leurs extrémités, afin qu’ils puissent s’emboîter sur la longueur d’un palme, et bouchez-en les joints avec un mastic de chaux vive et d’huile. Mais, avant de l’y introduire, passez-y de la cendre chaude mêlée d’un peu d’eau, pour remplir les fissures des tubes. La pire des méthodes est d’employer des tuyaux de plomb : ils rendent l’eau dangereuse à boire, parce que le frottement produit de la céruse qui nuit à la santé. Un bon agronome construira ses réservoirs de manière que le plus petit filet lui procure de l’eau en abondance.

Du verjus confit dans du miel
Versez deux setiers de miel bien battu sur six de verjus, et faites confire ce mélange aux rayons du soleil durant quarante jours.

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Le Chanvre des années 1834

Posté par francesca7 le 19 octobre 2013


 Le Chanvre des années 1834 dans FLORE FRANCAISE images-15

On ne connaît en Europe qu’une espèce de ce genre de plantes, c’est le chanvre cultivé (cannabis sativa). Dans l’Asie méridionale, outre cette espèce, on en trouve une autre qui vient sans culture, et qui sert à un autre usage : comme elle est assez commune dans l’Inde, les botanistes l’ont nommée cannabis indica. Ses propriétés sont analogues à celles de l’opium et du tabac ; elle procure, dit-on, une ivresse gaie, un sommeil profond ou des rêves agréables, suivant la dose ou la préparation que les amateurs font varier à leur gré. D’ailleurs sa filasse est dédaignée par les cordiers comme trop grossière et difficile à mettre en œuvre.

Il est très probable que l’espèce naturalisée en Europe est originaire de la Chine ; cette opinion est généralement admise. Le chanvre se trouve dans la Russie asiatique, jusqu’aux frontières connues des deux empires, dans le gouvernement d’Irkoutsk. La plante n’a pas dégénéré en passant au nord de l’Altaï ; les étés de la Sibérie lui conviennent très bien, et suffisent pour amener sa graine à une complète maturité. Comme elle ne diffère point de celle que l’on cultive en Europe, on ne peut méconnaître que l’une et l’autre viennent de la même terre natale, et cette terre ne peut être que la Chine, ou quelque autre contrée de l’Asie méridionale.

On a dit et répété de livre en livre que le chanvre peut être cultivé dans tous les lieuxhabitables : l’exagération est trop évidente pour qu’on ne la reconnaisse pas au premier coup d’oeil, si on regarde comme habitables tous les lieux où l’homme a établi sa demeure.

On n’essaiera point de cultiver le chanvre en Laponie, ni vers le sommet des Alpes et des Pyrénées, etc. ; il y a donc une durée des froids qui interdit cette culture. D’autres régions plus vastes, telles que les steppes de l’Asie centrale, le Sahara de l’Afrique, les pampas de l’Amérique méridionale, repoussent toutes les cultures qui exigent une terre bien humectée ; et par conséquent le chanvre ne peut y réussir, quoique ces contrées ne soient pas sans habitants. De plus, il faut à cette plante un sol très riche, éminemment végétal, tandis qu’une multitude de végétaux alimentaires se contentent de terres médiocres et même pauvres.

L’Europe a reçu de la Chine une autre plante annuelle comme le chanvre, et dont les Chinois tirent aussi une filasse qu’ils préfèrent à celle du chanvre pour les cordages : c’est l’abution à feuilles de tilleul (sida tiliae folia). M. Abel, botaniste anglais, en a vu de grandes cultures dans plusieurs provinces de cet empire, et le chanvre y tenait beaucoup moins de place. Les Chinois nomment la première xing-ma, et la seconde ge-ma : la première partie de ces noms indique les différences des plantes, et la seconde partie leurs propriétés communes.

Des expériences comparatives faites en Europe sur l’une et l’autre, avec la précision que l’on peut y mettre, seraient d’un grand intérêt pour les arts, et peut-être aussi pour l’agriculture, quel que fût le succès ; elles apprendraient s’il nous convient d’imiter les Chinois en cultivant à la fois le chanvre et la plante rivale, ou s’il faut nous borner à celle que nous possédons depuis longtemps, et à laquelle nous ne renoncerions pas tout à fait, puisque les Chinois eux-mêmes la conservent.

La plante nouvelle embellirait les campagnes de ses fleurs jaunes, et de ses larges feuilles ; comme elle n’est pas dioïque, on n’aurait à faire qu’une seule récolte, au lieu de deux que le chanvre exige : la première pour les tiges à fleurs mâles, et la seconde pour les porte-graines. Si on se décidait à tenter ces expériences, on les continuerait assez longtemps pour les rendre décisives, on les varierait, on ne laisserait en arrière aucune des recherches propres à les éclairer et les compléter : leur objet mérite à tous égards qu’on s’en occupe avec l’attention la plus sérieuse.

images-161 dans FLORE FRANCAISEOn reproche à la culture du chanvre, lorsqu’elle est faite très en grand, l’insalubrité du rouissage, opération nécessaire pour donner à la matière textile une force qu’elle n’aurait pas sans cette préparation, et pour la séparer entièrement de la partie ligneuse, ou chenevotte. En effet, cet inconvénient est grave, mais peut-être est-il inévitable. Les efforts que l’on a faits jusqu’à présent pour y remédier n’ont pas eu de succès ; en Italie, les machines et les procédés qu’on a mis à l’essai pour remplacer le rouissage ont été promptement abandonnés ; les inventeurs français n’ont pas été plus heureux que les Italiens, et les annonces de broies mécaniques pour la préparation du chanvre non roui ont été démenties par des juges compétents.

Il n’y a pas encore d’espoir fondé que l’on parvienne bientôt à remplacer, par des procédés plus sains, ceux que l’on a suivis jusqu’à présent dans cette industrie agricole, aux dépens de la santé des cultivateurs, et des habitations voisines des eaux où de grandes quantités de chanvre sont soumises au rouissage.

Les Anglais suivent une marche qui les fait échapper à ce danger ; ils ne cultivent que peu de chanvre dans les trois royaumes, et se procurent par la voie du commerce celui que leur marine consomme. C’est principalement en Russie qu’ils vont s’approvisionner de cette matière où ils la trouvent en abondance, de bonne qualité et bien préparée. Ils ont essayé de s’affranchir de cette sorte de dépendance qui serait funeste pour leurs forces navales en cas de rupture avec le tzar.

Le chanvre du Canada pourrait remplacer celui de l’Europe, si la culture y était suffisamment encouragée ; il s’agissait de savoir s’il serait d’aussi bonne qualité. L’épreuve en fut faite et ne satisfit point. On reconnut cependant que l’infériorité du chanvre américain ne tenait qu’à une préparation défectueuse. On ne s’arrêtera pas sans doute à ce premier résultat : on ne perdra pas de vue les avantages réciproques de la métropole et de la colonie, et la culture du chanvre s’établira tôt ou tard dans le Canada, non seulement pour la marine anglaise, mais pour d’autres marines de l’Europe.

Aucun autre pays ne semble aussi propre à cette exploitation : un sol d’une admirable fertilité, un fleuve immense, des rivières qui reçoivent les eaux de grands lacs ; le rouissage n’y exposerait point les cultivateurs aux miasmes des eaux infectées ; cette opération serait faite loin de leur demeure, dans des masses d’eau qu’une petite quantité de matière en putréfaction ne pourrait altérer. On a calculé que l’importation du chanvre, de Russie en Angleterre, était à peut près le produit de trente-six lieues carrées, ou de la huitième partie de l’étendue moyenne d’un département français ; le Canada peut doubler, tripler ce produit, sans renoncer à aucune des autres cultures propres à son territoire et à son climat.

Le royaume de Naples fournit aussi du chanvre à l’Angleterre. Dans la terre de Labour, et aux environs de la capitale, la culture de cette plante était d’une telle extension, que les inconvénients du rouissage avaient pris une grande gravité et provoquèrent la sollicitude du gouvernement. Les cultivateurs eurent ordre de porter leurs chanvres dans le lac d’Agano, pièce d’eau d’une demi-lieue de tour, dont les bords sont réputés malsains, en sorte qu’on s’en éloigne pendant l’été. En consacrant ces eaux à un emploi qui devait les rendre encore plus malfaisantes, on n’ajoutait presque rien à leur mauvaise réputation.

En France on n’a pas la ressource de renvoyer à une colonie lointaine des travaux qui nuiraient ou déplairaient à la métropole ; et comme on n’y trouve rien qui ressemble au lac d’Agano, il faut bien se résoudre à continuer la culture du chanvre comme on l’a faite jusqu’à présent. La consommation diminuera quelque peu par l’emploi des câbles de fer dans notre marine. On ne peut s’abstenir de faire des voeux pour que les chenevières soient plutôt restreintes que multipliées, et que d’autres exploitations agricoles aussi lucratives et moins insalubres s’emparent d’une partie des excellentes terres réservées actuellement pour le chanvre.

Il semble que l’art du cordier soit sur le point de faire d’importantes acquisitions. Déjà les mémoires de la Société d’agriculture de Turin nous ont annoncé que M. Giobert est parvenu à faire, avec l’écorce de l’acacia vulgaire (robinia pseudo-acacia), des cordes aussi belles et aussi fortes que celles du chanvre. On dit que des essais de cordages en coton ont été faits aux Etats-Unis. Sur la Méditerranée, on n’a pas tout à fait renoncé aux cordages de spart. Nous ignorons encore si la préparation de la nouvelle plante chinoise, pour séparer la filasse, ne mérite pas les justes reproches que l’on a faits à celle du chanvre.

images-17Quant au phormium, on sait déjà qu’il ne compromet nullement la santé des manipulateurs. De plus, cette plante est vivace, et sa culture paraît très facile ; mais en quels climats peut-elle prospérer aussi bien que dans la Nouvelle-Zélande ? A quelle latitude faut-il l’arrêter dans notre hémisphère ? Voilà des recherches qui ouvrent aux agronomes une vaste et honorable carrière, quoiqu’elles soient limitées aux matières textiles propres à la fabrication des cordages.

Rappelons ici d’autres recherches dont le chanvre et le lin furent l’objet. A l’époque de sa toute puissance, Napoléon offrit une récompense d’un million à l’inventeur d’une machine pour filer ces matières ; mais le génie de la mécanique ne répondit pas à l’appel. Plus tard on fit quelques efforts en Italie ; deux mécaniciens de ce pays produisirent presque en même temps deux solutions différentes du fameux problème et les journaux italiens firent l’éloge de l’une et de l’autre ; mais ces journaux prodiguent quelquefois la louange. Depuis ce temps, les deux machines à filer le chanvre et le lin sont aussi complètement oubliées que les broies mécaniques pour séparer la filasse du chanvre sans rouissage.

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Le Champignon de couche

Posté par francesca7 le 19 octobre 2013

(Article issu de la ville de Loches)

Le Champignon de couche  dans FLORE FRANCAISE 220px-champignonniere_meulesTapis dans l’ombre du boyau, ils se reproduisent par milliers. Installés dans des caisses métalliques superposées, on les aperçoit par intermittence dans le faisceau lumineux d’une lampe frontale. Fragiles, les champignons sont l’objet de soins constants, souvent prodigués par des femmes.

La culture du champignon de couche est originaire d’Extrême-Orient (Chine et Japon). Vers 200 avant Jésus-Christ, les Grecs utilisent le fumier de cheval mélangé à de la cendre comme substrat. Ils déposent le tout sur des couches de figuier. Les champignons sont alors préparés en condiments, on leur prête des vertus aphrodisiaques. Un siècle plus tard, Dioscoride, médecin botaniste, rédige une pharmacopée de 600 plantes. Ses textes manquent de rigueur scientifique, mais ils seront une référence dans le domaine de la pharmacie pendant des siècles. On y trouve des données sur la production des pholiotes, champignons croissant par touffes à la base des arbres.

La culture du champignon commence réellement en Italie à la Renaissance, mais il faudra attendre les travaux de deux chercheurs pasteuriens, COSTANTIN et MATRUCHOT pour que soit reconstitué en laboratoire le mycélium nécessaire à la croissance des champignons. L’étude des champignons est une composante de la botanique. Ce sont des plantes sans chlorophylle, classées dans l’ordre des cryptogrammes (« noces cachées » en grec) : leur reproduction est souterraine. Dépourvus de tiges, de racines et de feuilles, ils sont incapables de fixer le gaz carbonique nécessaire à leur survie. Ils puisent donc dans des matières organiques existantes : substances en décomposition, parasitisme d’autres plantes, arbres ou animaux vivants (les mycoses) ou association étroite avec d’autres végétaux. La partie visible de la plante est un appareil reproducteur qui dissémine les spores : le carpophore. C’est elle que l’on mange. Le réseau de filaments qui nourrit la plante, le mycélium, est enterré. La durée de vie du mycélium est parfois extraordinairement longue. Certains mycélium circulaires (les fameux « ronds de sorcières ») s’agrandissent d’année en année et peuvent atteindre une dimension de 15 hectares. Ces champignons auraient entre 1500 et 10000 ans d’existence !

Personne portant des récipients entre des étagères à champignons

Le champignon de Paris (Agaricus bisporus) est cultivé en couche depuis deux siècles en France. Sa culture est introduite dans le Val de Loire en 1895. La Touraine et le Saumurois représentent aujourd’hui les 3/4 de la production française.

Les caves troglodytiques du Val de Loire se prêtent particulièrement bien à la culture du champignon de couche grâce à leur obscurité, au taux d’humidité fort et constant de leur atmosphère et à la stabilité de leur température. Ils sont produits à partir d’un mycélium conçu en laboratoire et cultivé sur des grains de céréales. Il est implanté sur un compost de fumier de cheval et de paille étalé dans des caisses métalliques aux dimensions très précises. Les containers sont empilés les uns sur les autres pour gagner de la place. Cette méthode permet six récoltes par an. On cherche aujourd’hui à obtenir des champignons qui arrivent à maturité en même temps. Cette découverte permettrait de remplacer la main-d’oeuvre par une faucheuse.

La production du Val de Loire s’est diversifiée en 1970 avec la culture du pleurote et plus récemment encore du champignon japonais shii-také, à Saint Paterne Racan.  

Jusqu’au milieu du xxe siècle , la majorité des champignonnières étaient réalisées dans d’anciennes carrières souterraines. Les maraîchers qui stockaient leurs légumes en carrières ne tardèrent pas à profiter des propriétés naturelles des carrières : humidité élevée, températures fraîches (de 10 à 14°C selon les carrières) et constantes, régularisation de la circulation de l’air relativement aisée. L’aménagement des carrières pour la culture des champignons étant relativement simple : pose de cloisons en plaques de plâtre, murs en pierre ou plus simplement des bâches plastifiées pour segmenter la carrière en chambres de culture, pose éventuelle de radiateurs et arrivées d’eau; ventilation par les anciens puits d’aérage.

Elles ont prospéré en carrière du xixe siècle au milieu du xxe. À la fin du xixe siècle on compte plus de 250 producteurs en région parisienne. En France, la majorité des champignonnières en carrière a disparu dans les années 1970 – 1990 à cause de la concurrence des pays de l’Est et Asiatiques, qui cultivent le champignon sous hangar réfrigéré, avec une main-d’œuvre beaucoup moins chère. Les producteurs français utilisent aussi des hangars réfrigérés et rares sont ceux qui continuent à cultiver le champignon de couche en carrières, le réservant par ses tarifs plus chers à un public haut de gamme. De nos jours, la quasi-totalité de la production de champignons (même en France) est réalisée dans des hangars réfrigérés. Ces installations sont les plus simples à mettre en œuvre, tant au niveau de l’hygiène que de la sécurité. Les hangars réfrigérés sont utilisés aux États-Unis depuis 1920 et en France depuis 1970.

Une champignonnière est un lieu de culture de champignons. Les champignonnières sont des milieux sombres et humides, conditions idéales pour le développement des champignons. Le plus souvent on y cultive l’agaricus, plus connu sous le nom dechampignon de Paris ou champignon de couche mais on sait aussi cultiver la pleurote, la truffe, la morille, le pied-bleu, lechampignon noir et le shiitaké pour les plus courants. Les progrès en myciculture permettent de cultiver régulièrement de nouvelles espèces mais elles ne sont pas toutes rentables économiquement parlant.

 

 

 

 

 

 

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le miel de Paris

Posté par francesca7 le 7 octobre 2013

 

La capitale compte aujourd’hui près de 300 ruches. Un investissement nécessaire pour perpétuer la pollinisation.

le miel de Paris dans FLORE FRANCAISE images-7

« Si l’abeille disparaissait du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre. » À l’heure où scientifiques et écologistes tirent la sonnette d’alarme, la phrase d’Albert Einstein n’a jamais autant été d’actualité : de 50 à 90 % des abeilles ont disparu de la surface de la Terre en à peine vingt ans. Pour tenter de remédier à cette inquiétante disparition qui nuit à la pollinisation, plusieurs villes de France et de plus en plus de particuliers s’investissent. Rien qu’à Paris, on compte environ 300 ruches. Sur les toits de l’Opéra Garnier, à l’Assemblée nationale, dans les jardins de Matignon, au Luxembourg ou encore au-dessus du restaurant La Tour d’argent… Le toit de la rédaction du Point n’échappe pas à la règle, avec ses trois ruches installées par la société Mugo. Le grand spécialiste des abeilles, Jean Riondet, auteur du Rucher durable (Ulmer, 2013), nous explique en quoi ce regain d’intérêt pour l’espèce est fondamental à notre survie. 

Le Point.fr : Paris compte aujourd’hui près de 300 ruches. Comment expliquez-vous cette recrudescence ?

Jean Riondet : En fait, il y a toujours eu des ruches dans les grandes villes, mais naturelles, donc on y faisait peu attention. Depuis quelques années, on a banni l’utilisation de produits phyto-sanitaires ou toxiques dans les jardins publics, et certains ont même reçu un label pour leur gestion écologique. Il faut le dire : les abeilles se sentent mieux en ville. Les parcs renouvellent les plantes au gré des saisons, les hivers sont relativement plus doux, et les abeilles sont pratiquement insensibles à la qualité de l’air… Leur mortalité y est moins importante qu’à la campagne. Parallèlement à cette réalité biologique, les citadins ont trouvé avec les abeilles une façon agréable de participer à l’agriculture. Ils n’ont pas besoin de terre, ni de terrain, et l’élevage est sans contrainte puisqu’il s’agit de s’en occuper une fois par mois. 

Pourquoi est-ce important de protéger les abeilles ?

220px-Wiki_miel dans ParisParce que 80 % des espèces végétales ont besoin des abeilles pour être fécondées. Or, de 50 à 90 % des abeilles ont disparu de la surface de la Terre en à peine vingt ans. À moyen terme, si personne ne réagit, nous pouvons tirer un trait sur les fruits et les légumes. Dans la région lyonnaise, où je vis, des agriculteurs se mettent d’accord avec des apiculteurs du coin, font l’effort de raisonner sans les pesticides et participent à la pollinisation.

L’apiculture séduit de plus en plus de particuliers. Est-ce une bonne chose ?

Étant bien souvent consommateurs de miel eux-mêmes, ils sont les meilleurs vecteurs de la communication sur les abeilles. Les Parisiens sont nombreux aujourd’hui à vouloir installer une ruche sur leur balcon ou sur les toits.

Quels conseils leur donner ?

À Paris, la ruche doit être située à 5 mètres minimum de son voisin, et à plus de 25 mètres d’un hôpital ou d’une école. Néanmoins, si elle est protégée par un mur ou un grillage d’au moins deux mètres de hauteur au dessus de l’entrée, ces règles sont annulées. Ce qui signifie que vous pouvez en installer à peu près partout. L’important est de conserver de bonnes relations avec ses voisins en les tenant au courant de la vie de la ruche, de se former et de s’entraîner avant de se lancer, en compagnie d’un apiculteur. Ce n’est pas un jeu. Pour commencer, il est peut-être mieux d’acheter une colonie douce. Il faut aussi savoir que, depuis janvier 2010, les apiculteurs doivent obligatoirement déclarer leur rucher chaque année.

REGARDEZ la récolte du miel sur la terrasse du « Point » :

http://www.lepoint.fr/insolite/video-paris-fait-son-miel-21-09-2013-1733729_48.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130922

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Forêt chatillonnaise (21)

Posté par francesca7 le 7 octobre 2013

 

Forêt chatillonnaise (21) dans Bourgogne telechargement-8

L’Office national des forêts vous propose dès cet été de découvrir le chant des oiseaux de la forêt de Châtillon, non pas avec un guide mais avec un GPS.

Cela vous est sans doute déjà arrivé, lors d’une balade en forêt : un oiseau vous offre un concert de pépiements mais impossible de savoir de quelle espèce il s’agit. Ni même à quoi il ressemble, vu qu’il se perche sur la cime des arbres.

Et une fois revenu chez soi, plus moyen de se souvenir de son chant, pour déterminer si c’était un rouge-gorge ou un pinson. Frustrant.

L’Office national des forêts (ONF) s’est occupé de ce problème en créant un circuit, sur le thème des chants d’oiseaux, près de l’étang des Marots, au cœur de la forêt de Châtillon. Un parcours à effectuer sans panneaux ou fiches explicatives mais avec un GPS.

Laissez-vous guider

« Il fonctionne comme le GPS de votre voiture, en indiquant le chemin à suivre dans la forêt, témoigne Paul Brossault, guide à l’ONF. Quand vous passez devant un arbre, il se déclenche automatiquement. Vous entendez le chant de l’oiseau et sur l’écran, sa photo s’affiche. Vous pouvez aussi lire des explications plus détaillées. Et nous avons inclus des anecdotes de Buffon, nous sommes dans son pays quand même ! »

Allons-le tester sur le terrain. Après quelques minutes d’initialisation, un oiseau s’affiche sur la carte du GPS, pour indiquer notre position.

Bernard, chargé par ses amis de dompter le GPS, les entraîne sur le parcours. Quelques mètres plus loin, il fronce les sourcils : l’oiseau-repère s’est égaré. Heureusement, le petit groupe ne court pas ce risque, le parcours étant délimité naturellement par la densité de la forêt. Le GPS retrouve finalement ses repères et se déclenche à proximité d’un gros chêne. Le chant du rouge-gorge retentit et tout le monde se groupe auprès de Bernard pour suivre les explications. Explications qui ne tardent pas à disparaître, sous les doigts maladroits du retraité. « Les jeunes se débrouillent mieux avec ça, plaisante-t-il. Ils bidouillent ces machines et arrivent toujours à s’en sortir ! » Il réussira tout de même à afficher la fiche du rouge-gorge avant de poursuivre le parcours.

 dans Côte d'OrDeuxième énigme : une silhouette de rouge-gorge a été cachée parmi les frondaisons, il faut la découvrir. Tête en l’air, chacun scrute la cime des arbres, en vain.

12 espèces à découvrir

Le groupe repart à la découverte des geais, roitelets, mésanges, grives, pics et autres pigeons ramiers qui nichent dans les bois. Un panel d’oiseaux minutieusement choisi par l’ONF.

« Pendant deux années, j’ai parcouru ce coin de forêt pour repérer les oiseaux territoriaux, reprend Paul Brossault. Autrement dit, ceux qui défendent leur territoire et n’en bougent pas. J’ai sélectionné une douzaine d’espèces plutôt communes et déterminé leurs territoires respectifs. »

Si la balade des chants oiseaux ne vous a pas suffi, des chemins de randonnée permettent de faire le tour des étangs des Marots et de la forêt domaniale.

http://www.bienpublic.com

 

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LE JARDIN DE LA FRANCE

Posté par francesca7 le 19 septembre 2013


COMME Ronsard, nous allons faire « le voyage de Tours ». Nous ne le ferons pas en vers. Je n’en ai point à ma disposition qui vaillent ceux du poète vendômois :

    C’était au mois d’avril, Francine, il m’en souvient,
    Quand tout arbre florit, quand la terre devient
    De vieillesse en jouvence, et l’estrange arondelle
    Fait contre un soliveau sa maison naturelle.

LE JARDIN DE LA FRANCE dans FLORE FRANCAISE 218px-giant_cypress_tree_in_tours_france

Nous risquerions, sur ces douze pieds, si alertes qu’ils soient, de trouver l’excursion un peu longue. Cependant, si j’ai prononcé le nom d’un poète, ce n’est pas sans dessein. J’ai voulu donner à entendre qu’à défaut du rythme inimitable, nous tâcherions, tout en cheminant sur un si beau sol, de conserver un peu de cet esprit méditatif, sensible au vol d’un oiseau comme au parfum des fleurs ou à la couleur de la terre et se mouvant au gré de la fantaisie, enfin, qui est le contraire de l’esprit prosaïque. Mais il y a encore autre chose. Je ne suis point du tout un savant. Aussi nul ne s’étonnera de me voir négliger, en parlant de la Touraine, l’étude, par exemple, de l’ « ère vindébonienne », à savoir celle où « la mer tertiaire du myocène moyen ouvrait un golfe jusqu’au centre du Blésois   » ; de me voir négliger « la Touraine de l’époque falunienne (c’est-à-dire d’un temps où la Loire n’existait pas !) et où les rivières qui devinrent l’Indre, le Cher et la Vienne, se déversaient ou dans un lac ou dans un bras de mer  »… Laissons ces sinistres visions primitives : je me refuse à voir Chinon station balnéaire, et les savoureux coteaux de Saumur bancs de sable perfides ; quant à l’admirable Loire, si, par hasard, il fut un temps où elle n’était pas, c’est bien celle-là qu’il fallait inventer ! J’aurais bien mauvaise grâce aussi à prétendre me substituer ou m’adjoindre aux excellents écrivains qui ont donné de la Touraine des monographies érudites, placées aujourd’hui entre toutes les mains : travaux d’Ardouin-Dumazet et de Bosseboeuf, de Mgr Chevalier, de MM. André Hallays, Paul Vitry, Louis Dumont, Henri Guerlin, Auguste Chauvigné, Jacques Rougé et combien d’autres. Quel mauvais guide je ferais pour la visite des châteaux ! Ignorant, distrait, indifférent à l’essentiel, puis pâmé tout à coup devant tel détail qui risque fort de n’intéresser personne. Alors, quel rôle reste-t-il à un homme de ma sorte, si ce n’est de faire part de mes rêveries de promeneur ? Je vous demande de vouloir bien vous contenter de cela. Permettez-moi alors de vous dire tout haut ce que je pense, lorsque je retourne au pays qui m’est le plus cher, et ne m’en veuillez pas trop s’il m’arrive – et vous vous doutez que cela arrivera – de mêler volontiers ma personne, suivant la manière des poètes, aux lieux à qui je dois tout.

°
°   °

Je ne me suis pas engagé à parler de la Loire avec impartialité. On ne parle pas plus froidement de la petite patrie que de la grande. Encore, si la mienne était admirée sans conteste, peut-être adopterais-je pour la décrire un ton plus réservé, comme il convient de le faire en traitant des puissances établies ! Mais la Loire, avec toute sa grande renommée, a bel et bien des détracteurs ; et les personnes sont nombreuses qui demeurent indifférentes au génie divin couché dans ses roseraies. Victor Hugo a écrit, en juillet 1843 (3) :

« On a beaucoup trop vanté la Loire et la Touraine… Une eau jaune et large, des rives plates, des peupliers partout, voilà la Loire. Le peuplier est le seul arbre qui soit bête… Il y a pour mon esprit je ne sais quel rapport intime, je ne sais quelle ineffaçable ressemblance entre un paysage composé de peupliers et une tragédie écrite en vers alexandrins. Le peuplier est, comme l’alexandrin, une des formes classiques de l’ennui. »

Voilà une opinion, et de poids. Beaucoup m’ont aussi dit, et me disent tous les jours :

– Votre Loire, oui ; mais c’est monotone, c’est gris, ça n’offre pas de ces surprises qui, tout à coup… Etc…

Et le personnage a l’air de regretter de ne point y avoir constaté d’éruption volcanique… N’avez-vous pas reconnu dans ces objections les termes mêmes qu’emploient les étrangers, et nombre des nôtres, hélas ! pour exprimer leur incompréhension de…, de qui, s’il vous plaît ?… Mais de notre grand Racine ! Ainsi, dès notre premier pas, nous voilà, encore une fois, en pleine querelle des romantiques et des classiques ! La tragédie en alexandrins, c’est la Loire ; le drame de cape et d’épée, avec ses accessoires pittoresques, ce sont les monts, les neiges éternelles, les précipices, les solfatares, l’Océan, les Planètes, que sais-je encore ! c’est Hugo. Hugo avait toutes les raisons possibles de ne point aimer la Loire. Par contre, la Loire, nous l’entendons chanter par Du Bellay, par Ronsard, par La Fontaine, par le chevalier de Méré, par Mme de Sévigné, par Jules Lemaître. Si l’on formait une petite Société composée des amis de la Loire, on y reconnaîtrait toute une famille d’esprits qui ne sont nullement effrayés par l’alexandrin tragique et qui, bien au contraire, trouvent tous les jours quelque beauté et profondeur nouvelles chez l’auteur de Bérénice. On oppose à la Loire le Rhône torrentueux, le Rhin légendaire ou la Seine si jolie, comme à Racine, sans cesse, on opposera Shakespeare. J’aime, pour ma part, Shakespeare, et la Seine, et le Rhône et le Rhin, et aussi Hugo ; mais je soutiens que si la France possède deux trésors de style qui n’appartiennent vraiment qu’à elle et où se retrouve le plus pur de sa grandeur simple, de sa claire intelligence, de son sens souverain de l’harmonie, de son tranquille dédain de l’ornement superflu, ces deux trésors sont Racine et la Loire.

La Loire à Champtoceaux.

Je me crois autorisé à nommer la Loire, et sa vallée si caractéristique, parmi nos génies nationaux, – je veux dire parmi ceux qui sont représentatifs et qui inspirent le plus durablement. Je me plais à croire qu’elle fut là de tout temps, chez nous, au centre même de notre pays, comme un signe qui devait être un jour déchiffrable et qui, enfin traduit, devait laisser cette inscription lisible sur la ceinture de la France : « pays équilibré ».

Ce qui ne veut pas dire « pays dénué de passion », car alors la France serait inhumaine ; cela ne veut pas dire : « pays bien sage et de toute sécurité », car songez aux inondations soudaines de ce fleuve à l’air endormi ! Cela veut dire que, parmi toutes les choses extrêmes que conçoit fatalement l’humanité active, inquiète ou délirante, la France, fluctuante, divisée, déchirée en îlots comme la Loire, arrive toujours à se faire un lit, vaste et aisé, et où tout homme, de quelque origine qu’il soit, se repose, rêve, pense et dort – un peu mieux qu’ailleurs.

°
°   °

Avez-vous jamais aperçu de loin la vallée de la Loire ? Quand on va quitter les plaines de la Beauce, sur la route de Châteaudun, par exemple, entre les chaumes, et que l’on est sur le point d’atteindre la ville de Blois, tout à coup, à l’horizon, comme une frise au-dessus d’une tenture aux tons neutres, paraît un long ruban bleuâtre qu’on prendrait pour la ligne de la mer, n’était sa flexuosité à peine indiquée, mais sensible. Alors, on sent qu’on pénètre dans un autre pays, et ce pays nouveau est un jardin. On respire, on espère, on subit le charme de ce qui, était encore lointain, se laisse apercevoir à l’état de mirage et flatte l’imagination un peu de la même manière que le fait la musique. Ce n’est pas la Loire elle-même que nous voyons encore, mais les collines boisées de sa rive gauche : elles ont une douceur, une grâce, une vénusté dans leur quasi-irréalité et dans leur fuite qui attire notre pensée vers de séduisantes images ; ce que nous apercevons, mais ne serait-ce point de longues écharpes de voile, animées par un peuple de fées qui court à quelque fête de nuit dans les châteaux ?…

Le premier contact avec la Loire a ceci d’original qu’il ne vous arrache ni le cri d’admiration obligatoire devant les grands paysages convenus, ni les moyennes épithètes de beauté que nous donnons sans ménagement à tout cours d’eau d’importance. Cette vue ne nous confond point, ne nous exalte pas, ne nous inquiète en aucune manière, – cette vue ne bouleverse rien en nous, si ce n’est nos habitudes d’admirer, car, au lieu de produire le choc qui, d’ordinaire, donne l’essor à nos facultés d’enthousiasme, elle semble, elle, ordonner l’apaisement, régler les battements du coeur, évoquer l’Incessu patuit Dea de Virgile, ou de Beethoven les premières mesures de l’andante de la Ve Symphonie. Une majesté, une majesté si bien consacrée et si pure qu’elle dédaigne les trompettes, l’habit, la couronne ; une puissance qu’aucun tapage n’annonce ; on la reconnaît à son pas.

Enigmatique avec cela, quoique si fort éloignée de vouloir l’être : en effet, on la sent incontestablement grande, et on la surprend tout à coup ramifiée en plusieurs bras fluets ; est-elle eau ? est-elle sable ? est-elle forêt ? On se le demande. Vous l’avez traversée sur un pont de quatre cents mètres, et voilà, un peu plus loin, un enfant qui la passe à pied sec. Ah ! mais, cette grisaille nonchalante et tremblante doit recouvrir quelque secret…

Outre la beauté du fleuve que nous suivons sur une de ces « levées » qui l’endiguent et lui interdisent tout écart, une des premières choses qui nous frappent en pénétrant en Touraine, c’est l’architecture.

Êtes-vous sensibles à l’architecture ? Il importe que vous le soyez ! Tout le monde devrait se préoccuper de cet art. Et ce n’est pas assez que de dire à ses compagnons de voyage :

– Cette bâtisse est horrible !… Quelle monstruosité !… Quelle folie !… Quelle platitude !… 

Chacun devrait se plaindre publiquement d’avoir eu la vue offensée. Ce serait le devoir de la presse d’accueillir les gémissements de l’opinion publique touchant l’art qui contribue le plus à former sur nous le jugement sommaire de l’étranger.

Quand on a traversé la banlieue de Paris, – et comme elle est étendue, à ce point de vue, la banlieue de Paris ! – et qu’on arrive aux confins de la Touraine, il y a pour l’oeil un soulagement bien bon : l’oeil est ravi par la ligne de la plus modeste toiture. C’est simple, c’est élégant ; cela n’a aucune prétention ; et c’est cela qui vous a l’air « vieille race » ! D’où vient que presque à chaque pas l’on se dise :

– Ah ! que j’aimerais habiter ici !


Extrait de La Touraine. de René BOYLESVE,  Tardiveau, dit René (1867-1926) :  Paris : Emile-Paul, 1926.- 112 p.-1 f. de pl. en front. : couv. ill. ; 20 cm.  
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex Diffusion libre et gratuite (freeware)

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LES IFFS DE BRETAGNE

Posté par francesca7 le 17 septembre 2013


Les Iffs, situé non loin de Saint Brieuc des Iffs, le village des Iffs doit son nom aux arbres centenaires de l’enclos paroissial.

LES IFFS DE BRETAGNE dans Bretagne les_iffs_35_chateau_de_montmuran-300x225

De style gothique flamboyant en usage aux 14ème et 15ème siècles, l’église Saint Ouen très belle extérieurement, elle fut construite grâce au mécénat de la famille Laval, seigneurs de Montmuran, puis grâce à celui des Coligny, et enfin avec le concours de la population locale ; le porche à trois arcades était réservé aux lépreux. A l’intérieur, la voûte en vois est soutenue par des tirants engoulés d’animaux fantastiques. Neuf vitraux Renaissance, qui s’inspirent des écoles italienne et hollandaise, méritent une attention particulière. Quatre siècles après leur réalisation, les teintes – rouge orangé, bleu de France et jaune vif  – restent toujours aussi lumineuses. Les visages sont expressifs, les attitudes naturelles. Dans le chevet, les verrières présentent, en vingt panneaux, le drame de la Passion, de l’entrée à Jérusalem à la Mise au tombeau. Au sommet, sur le tympan, se trouvent des scènes du Jugement dernier. Sur   la droite, dans la Chapelle Saint Yves, un vitrail, au centre, relate la légende de sainte Suzanne la chaste (en costume hollandais) : accusée injustement d’adultère par deux vieillards voyeur dont elle avait repoussé les avances, elle se vit condamnée à mort, puis sauvée par le prophète Daniel, qui confondant les deux diffamateurs, fit décapiter ces derniers (atelier de Vitré, 1530). A droite, un vitrail met en scène saint Yves, patron des avocats et modèle d’équité. Le saint porte une robe rouge avec un surplis blanc bordé d’hermine, le personnage riche est un gentilhomme vêtu, lui d’un manteau violet (François de Coligny, fils de Gaspard 1587), le pauvre, un paysan habillé d’une veste émeraude. A gauche se trouve un combat non identifié de guerriers et de cavaliers. Dans la chapelle de gauche (dite « De Laval » ou « de Montmuran » étant une chapelle seigneuriale), deux verrières retracent la naissance et l’enfance du Christ. A remarquer, en haut à gauche, un diable souriant. Les vitraux du Transept Sud sont consacrés à la Transfiguration du Christ et à la Décollation de saint Jean Baptiste. On peut aussi y découvrir la donatrice du vitrail, dame de Laval, ainsi que les armories de la proche seigneurie de Montmuran.

Aux IFFS, la fontaine saint Fiacre – Elle se trouve une vingtaine de mètres avant l’entrée des Iffs, sur la droite, un peu en retrait de la route. Seule fontaine close du département, elle date du 15ème siècle. L’été, en période de grande sécheresse, les pèlerins venaient en procession y demander la pluie ; le curé du village trempait le pied de sa croix dans l’eau miraculeuse et, si la demande était entendue, une averse s’abattait sur la foule.

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Sous le soleil de Menton… Au Pays du Citron.

Posté par francesca7 le 29 août 2013


Avec une réputation déjà mondiale grâce à la fête du citron, le citron de Menton va bientôt faire partie du cercle restreint des citrons sous IGP. L’obtention de ce label confirmera l’exceptionnelle qualité gustative du Citron de Menton. Sur ce site vous découvrirez son histoire, ses producteurs et ceux qui le défendent. Comme l’association : http://www.lecitrondementon.fr/

Un peu d’historique……

Sous le soleil de Menton… Au Pays du Citron. dans FLORE FRANCAISE citron_menton-300x200Auparavant la vie Mentonnaise essentiellement agricole est du type médiéval : céréales, vignes et figuiers composent le paysage de Puypin. A la faveur de 2 accords avec les Comtes de Provence les importations en franchise de blé provençal peuvent se faire.

L’économie locale se modifie. Les Mentonnais intensifient la culture des oliviers et les premiers moulins à huile apparaissent en 1341. Un siècle et demi plus tard un accord avec la Provence, devenue Française, permet d’importer, en totalité, le blé du Var. La traditionnelle économie médiévale est abandonnée, Menton voit ses versants se peupler d’oliviers et timidement apparaissent les premiers agrumes. Dans un texte de 1471 il est fait mention d’une « terre complantée de soixante sept arbres sitronariorum ». On retrouve la trace de la première exportation en 1495 sous la forme de deux écus d’or remis à Jérôme GRIMALDI en paiement de deux charges de « pommes d’oranges » envoyées au Duc d’Orléans.

Le véritable essor de l’agrumiculture apparaît réellement deux siècles plus tard avec les textes réglementant la culture du citron.

Les Princes de Monaco promulguent plusieurs textes fondamentaux. En 1671 le Prince Louis 1er institua le « Magistrat des Citrons ». En 1683, une ordonnance règle la culture et la vente des Citrons. En 1693, institution des anneaux de calibrage des fruits. En 1701, ordonnance créant le « magistrat de santé » qui a pour mission de veiller à l’état sanitaire des exportations de fruits ; en 1733, réglementation du traitement des citrons destinés à l’exportation.

L’âge d’or du Citron dura environ un siècle entre 1740 et 1840. Le commerce est très florissant et essentiellement axé sur l’exportation. Pratiquée le plus souvent dans des jardins de petite superficie, les rendements à l’hectare sont de l’ordre de 30.000 citrons avec des pointes à 35.000.

Une fois cueillis, les citrons étaient apportés dans de grandes salles près du littoral où ils reposaient un certain temps avant d’être triés et calibrés. Ensuite ils étaient enveloppés dans du papier de soie fabriqué à Gênes. Le calibrage s’effectuait avec des spetzins (anneaux). Une réglementation très stricte avait été édictée en 1693 par ordonnance souveraine du Prince de Monaco.  Puis les citrons étaient mis en caisses, les contenances variaient en fonction de la destination. Au XIXème siècle il existait trois sortes de caisses : les « lyonnaises » contenant 500 citrons, les « flandrines » contenant 400 citrons et les « messinoises » contenant 360 citrons.

Les premières étaient destinées à la France, les secondes à l’Europe du Nord et les troisièmes aux Amériques. Le commerce florissait sur toute l’Europe, et de nombreuses villes reçoivent des citrons de Menton : Hambourg, Amsterdam, Dantzig, Varsovie, Saint PetersBourg. Trois variétés de citronnier sont cultivées sur Menton. Il s’agit des « Bignettes » qui produisent des fruits à peau lisse et fine, très juteux.

Ensuite les « Sériesqués » à peau épaisse et lisse et qui contiennent moins de jus que les Bignettes.

Enfin les « Bullotins » peu courants à Menton. Les fruits sont plus gros, leur peau est très épaisse et raboteuse » et ont peu de jus. Le citronnier « cet arbre si productif, écrit PAPON en 1804, donne 4 à 5 fois dans l’année et peut être davantage ». En effet lorsqu’il est sain et qu’il n’a pas subi les attaques des intempéries il produit toute l’année. Les fleurs du mois de Mai donneront les fruits qui sont appelés « PRIME FIOU » (première fleur) et qui se ramassent d’octobre à février. La récolte de ces citrons se fait en plusieurs fois. Plus on réitère les cueillettes plus on soulage l’arbre et plus on le facilite à pousser. En mars viennent les fruits de « SEGUNDE FIOU » (seconde fleur). Ceux-ci sont plus fragiles et se gardent moins bien aussi pour les exportations lointaines, les marchands optent pour les 1ères fleurs. « Bien choisis et bien encaissés les citrons se gardent jusqu’à 6 mois ».

Enfin la troisième récolte qui se fait en été est appelée « VERDAME ».

Dans un rapport d’expertise sur l’agriculture Mentonnaise en 1810, l’expert Richard estime que les meilleures terres peuvent contenir 120 citronniers par stérée soit 780 arbres à l’arpent. De même l’expert Richard estime que les meilleures terres de citronniers rendent 22000 fruits par stérée, soit 143000 à l’arpent.

 « Au Pays du Citron », c’est une histoire de famille et de passion pour le Citron de Menton. Dans leur boutique-atelier de la rue piétonne, en plein cœur de Menton, Sonia et Fabrice Puech transforment le Citron de Menton en créations gourmandes à partir de recettes ancestrales tenues secrètes. Créateurs du « Limoncello au Citron de Menton », ils régalent également tous les amateurs de zestes ensoleillés avec leur extraordinaire Confiture au Citron de Menton, leur Huile d’Olive au Citron de Menton, leurs Canardises, Babas,Vodkas et autres liqueurs… Au Citron de Menton, bien évidemment !e Citron de Menton… Un délice unique au monde !

Si le Citron de Menton a trouvé sa terre de prédilection à Menton… C’est grâce à un climat d’une douceur exceptionnelle. En retour, ce fruit d’or offre aux gourmets une expérience gustative unique au monde : une pulpe parfumée, un jus généreux, un parfum délicat et surtout… Une peau épaisse et douce que l’on peut également déguster au couteau ! Sans oublier son zeste généreusement concentré en huiles essentielles… de citrons… 

L’histoire du citron est intimement liée à celle de Menton dès le 15ème siècle… Même si à l’époque la culture des citronniers reste modeste et plutôt familiale. C’est au 16èmesiècle que le commerce du Citron de Menton s’organise et que sa culture se développe sous des cieux d’une grande clémence et particulièrement favorables à la prospérité de cet arbre sensible au gel et aux écarts de température. 

La campagne mentonnaise va peu à peu se couvrir d’une véritable « forêt de citronniers » agréable pour les voyageurs et qui va donner au paysage son empreinte. En 1887, Stephen Liégeard, inventeur de l’appellation « Côte d’Azur », décrit, en parlant de Menton « les petits vallons laissant aux brises le soin de secouer sur le passant les capiteux parfums des citronniers » ! Jusqu’à la fin du 19èmesiècle, Menton s’affirme comme le pays des fruits d’or et ses habitants apprennent à vivre sous le règne du Citron.  t de transformer le citron… 

atelier-limoncello-bd_0-199x300 dans Les spécialitésAu 19èmesiècle, Menton possède 4 distilleries qui lui permettent de produire l’essence de citron, de néroli et l’eau de fleur d’oranger nécessaires aux parfumeries grassoises, l’une d’entre elles fournissant même le célèbre parfumeur Jean-Marie Farina. Outre l’huile essentielle, les confitures de citrons et les fruits de table, les citronniers sont également utilisés en ébénisterie où leur bois dur et joliment veiné permet la fabrication de mobilier de marqueterie de grand luxe.

Pourquoi le Citron de Menton est-il si bon ? 

Au fil des siècles, le « citrus limon » acclimaté à Menton est devenu une variété botanique à part entière. Son fruit, particulièrement apprécié des grands chefs et des gourmets, possède un certain nombre de caractéristiques qui lui sont propres : une couleur jaune d’or très vive, une écorce très fournie en huile essentielle, un « albedo » (partie blanche du fruit) épais qui permet de garder beaucoup de jus dans la pulpe, et un parfum doux et frais. 

Un site à votre disposition : http://www.aupaysducitron.fr/citrons-menton-entreprise

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Moutarde de Dijon

Posté par francesca7 le 29 août 2013

Moutarde de Dijon dans Côte d'Or 200px-dijon_mustard_on_a_spoon_-_20051218

La moutarde de Dijon est une moutarde française historique.

Il s’agit d’une moutarde forte qui existe en plusieurs variétés. Elle est faite à partir de graines de moutarde noire, de vinaigre, de sel et d’acide citrique sans compter de l’eau qui intervient principalement dans le piquant de la moutarde. Elle accompagne toutes les viandes et entre dans la composition de la sauce mayonnaise.

La moutarde noire est une plante herbacée annuelle, velue-hérissée à la base. Elle possède une tige dressée d’environ 1 mètre, à rameaux étalés.

Les feuilles sont toutes pétiolées, les inférieures pennatifides et lyrées (avec un lobe terminal beaucoup plus grand que les autres), glauques, à marge denticulée ou dentée, les supérieures lancéolées, entières ou un peu dentées.

L’inflorescence est une grappe, le fleur est régulière et hermaphrodite.

Le racème porte des fleurs assez grandes, jaunes, de 10-12 mm, à pédicelle court, appliqué contre l’axe, odorante. Les 4 sépales7 sont libres, verts et sur deux verticilles. Les 4 pétales libres font 7-9 mm de longueur sont disposés en croix sur un seul verticille et sont jaunes.

Les étamines sont au nombre de 6 sur deux verticilles, sur l’interne quatre grandes étamines et sur l’externe deux petites étamines, l’ensemble forme ainsi un androcée tétradyname. Les carpelles sont au nombre de deux, secondairement apparaît une fausse cloison que l’on peut appeler réplum.

La floraison s’étale d’avril à octobre.

Le fruit est une silique, appliquée contre l’axe, linéaire, de 1-2,5 cm x 2-3 mm, sessile, glabre, subtétragone, un peu bosselée, à bec grêle de 4 à 5 fois plus court que les valves.

À maturité, les graines sont brun-noirâtre et ont une saveur très piquante. L’origine des qualificatifs noire/blanche dans les termes « moutarde noire/blanche » vient de la couleur de la graine.

Les graines de moutarde utilisées dans la fabrication de la moutarde de Dijon proviennent à 80 pour cent du Canada et des pays de l’Est.

L’appellation « Moutarde de Dijon » n’est pas une appellation d’origine contrôlée, si bien que le terme n’est pas juridiquement protégé.

En 2008, le groupe néerlandais Unilever, qui disposait de plusieurs usines de moutarde en Europe, a décidé de fermer l’usine dijonnaise de fabrication. La « moutarde de Dijon » n’est donc plus, depuis le 15 juillet 2009, fabriquée et conditionnée dans la commune de Dijon, mais sur le site voisin de Chevigny-Saint-Sauveur.

En 1919, Armand Bizouard, descendant d’une longue lignée de fabricants de moutarde depuis François Naigeon, reçu maître-vinaigrier en 1703, dépose la marque Amora au greffe du tribunal de commerce de Dijon. Mais il ne l’utilise pas et cède sa société à Raymond Sachot en 1931.

Entre temps, la marque Amora est déposée aux États-Unis par la société Bloomingdale’s. Lorsque la protection expire en 1934, Raymond Sachot dépose une nouvelle fois la marque et lance la commercialisation des moutardes Amora dans des pots en verre. Il fait ensuite passer la production du stade artisanal au stade industriel. Il reprend en 1939 les sociétés Philbée (pain d’épices), des moutardes Mouillard (Dijon) et Jacquemin (Meursault), pour créer la société SAB (Spécialités Alimentaires Bourguignonnes). À partir des années 50, la société croît, étend sa marque sur les vinaigrettes, ketchups, mayonnaises ou cornichons et devient le leader du secteur des condiments en France. En 1963, SAB, Brochet Frères, Vandamme et Francorusse fusionnent pour créer la Générale Alimentaire.

Amora appartiendra successivement au groupe Rothschild, au milliardaire Jimmy Goldsmith, lorsque celui-ci rachètera la Générale Alimentaire en 1973 pour l’intégrer au sein de la Générale Occidentale, puis au groupe BSN (qui deviendra ensuite Danone).

220px-ImageMoutarde1 dans FLORE FRANCAISEAmora-Maille est une entreprise française spécialisée dans la distribution de condiments appartenant au groupe Unilever. Elle est issue de la fusion des sociétés Maille et Amora.

Entre 2002 et 2008, Unilever a délocalisé la production de vinaigrettes et de ketchup en Turquie et en République tchèque. Puis en 2009, Unilever réorganise ses sites de production : l’usine historique de Dijon et celle d’Appoigny dans l’Yonne sont fermées , et la production de moutarde et de cornichons est transférée sur le site de Chevigny-Saint-Sauveur, unique usine restante du groupe, qui a ainsi vu passer sa production passée de 50 000 tonnes en 2008 à plus de 90 000 tonnes en 2011. Cette réorganisation a entraîné la perte de 144 emplois : 86 des 184 salariés de Dijon et 3 des 77 salariés d’Appoigny ont rejoint l’usine de Chevigny. Cependant, Unilever a rappatrié sa production de vinaigrettes de République tchèque vers le site de Chevigny, avec 32 emplois à la clé.

Le site fabrique aujourd’hui la totalité de la moutarde Amora et Maille vendue en France et dans le monde. Les cornichons vendus sous les marques Amora et Maille, depuis toujours récoltés dans l’Yonne, viennent depuis les années 2000 de Chine ou d’Inde.

 

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