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    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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la plante miraculeuse des Pyrénées

Posté par francesca7 le 2 mai 2014

 

 
 
téléchargement (9)Selon la légende, c’est parce qu’il fut le théâtre d’un drame mettant en scène deux fils bravant vent des glaciers, soleil ardent, fatigue et animaux hostiles pour quérir aux sommets des montagnes pyrénéennes l’herbe qui sauve afin d’arracher leur père à une mort certaine, que le pays des Quatre Vallées a cessé de donner vie à cette plante miraculeuse…

Autrefois au pays de la Neste d’Aure – pays également appelé pays des Quatre Vallées et formé des quatre vallées : d’Aure, de la Neste, de la Barousse et de Magnoac -, on se répétait, non sans frémir, cette histoire, comme celle d’Abel et de Caïn chez les patriarches, celle de Rémus et de Romulus chez les Romains.

A l’époque primitive où tout était encore et mystère et enchantement, une famille de montagnards vivait tranquille et heureuse dans sa maisonnette flanquée en plein mont. Le père et la mère étaient unis d’une affection sainte et les deux fils grandissaient vigoureux et forts. Devant eux ils avaient le plus beau des spectacles ; les cirques de montagnes éternellement blanches et miroitantes, ou brunes. ou vertes les entouraient à perte de vue et les plaçaient dans un monde a part ; monde immense et ferme, surnaturel et splendide que les yeux, si longue que soit la vie, ne sont jamais las de contempler. La terre subvenait avec largesse tous leurs besoins, leur champ de blé tout en bas, en terrain presque plat, leur donnait plus que le grain nécessaire à leur pain : ce grain écrasé entre deux grosses meules e ! cuit ensuite dans la « fournère » sombre, derrière la maison.

Le cresson poussait au bord de la source claire qui dans leur verger était d’abord leur fontaine, et un peu plus bas leur salle de bain, puis leur buanderie. Les légumes, sans grand soin, montaient vivaces, nombreux, les fruits mûrissaient aux poiriers, aux pommiers, aux châtaigniers, aux noisetiers, sans qu’on s’en aperçût, et au printemps et en été toute la montagne embaumait de l’odeur des fraises, des framboises et des aoyous !

Les prairies naturelles où le foin n’était coupé que pour donner un regain encore plus dense nourrissaient leur bétail. Avec le lait des vaches, des chèvres et des brebis ils faisaient du fromage, et les poules, dont ils n’avaient même pas besoin de s’occuper, leur donnaient leurs œufs. Avec la laine que leur fournissait leurs troupeaux, ou la peau des bêtes, ils avaient des vêtements et des chaussures, avec le lin des champs, la mère filait à la quenouille le fil dont elle tissait la toile de tout le linge de la maison. Avec le bois des forêts sans fin, ils faisaient l’hiver des feux merveilleux.

Et les saisons se succédaient toutes généreuses et agréables, leur apportant leurs inépuisables dons et leur charme particulier. Les jours, que le grand soleil dardant les fît immenses, ou que lui absent, ils fussent trop brefs, passaient remplis d’une tâche égale, empreints d’une paix parfaite. Un bonheur régulier semblait donc devoir être le lot de cette sage famille, pendant des suites d’années, comme il l’était alors, comme il l’avait été dans le passé.

Mais, un soir, le père rentra à sa maison, le pas pesant, l’air morose, malade en un mot de cette maladie étrange qui fait qu’on est tout fièvre, tout tristesse et qu’on se sent chaque jour plus lourd sur la terre et plus près de s’anéantir. Il n’y avait pas de doute, chaque heure qui passait emportait un peu des forces du père et le laissait sur son lit plus pâle et plus alangui. Quelque temps encore et la mère au désespoir, les fils en larmes auraient à fermer ses chers yeux pour l’éternité.

Cela ne pouvait être, sans que tous trois aient au moins tenté une lutte sans trêve. On donna au malade tous les soins usités aux pays des montagnes. On mit à son bras le « sang boit », irritant emplâtre de feuilles, mais on le renouvelait sans qu’un mieux, le moindre fût-il, se produisît. On lui fit boire le vin pur, chauffé et parfumé, on lui donna du lait de chèvre et des infusions d’hysope et de racines de plantain ; mais il restait toujours blême et sans force.

La mère, les deux fils, rivaux dans leur amour pour le père vénéré, se disputaient à son chevet ; mais les yeux de la mère avaient beau fondre de larmes, ceux des deux garçons avaient beau jeter des éclairs de défi et de colère impuissante, le malade semblait comme s’effacer chaque jour davantage. Rien ne pouvait plus le sauver, rien ! et voilà qu’à l’instant où l’on s’y attendait le moins, il ouvrit tout grands ses yeux de fièvre et qu’il appela sa femme et ses fils. Pendant leur absence, était-ce un esprit des montagnes ? Etait-ce quelque vieille fée ? Mais une apparition indéfinissable ; il ne savait qui, lui avait dit, en réalité ou en rêve, que sur les montagnes, plus loin, plus haut, croissait l’herbe salvatrice qui guérissait ces âpres maux.

Aux jeunes fils vigoureux, dont l’affection pour lui était si grande, incombait la rude tâche d’aller à sa recherche. Le père en connaissait et le nom et l’aspect, c’était l’herbe « qe sauvo », si difficile à trouver, et il la décrivit si exactement aux adolescents attentifs qu’ils croyaient déjà l’avoir tenue dans leurs mains.

Pourtant, cette herbe merveilleuse était étrangement rare. Auprès d’elle, le romarin, l’herbe prime (sorte de thym), même la couronne de roi (sorte de splendide saxifrage qui ne croît qu’aux Pyrénées et tombe en pendeloques et en couronnes de roches arides) pouvaient s’oublier, et la nature sévère ne la laissait pousser qu’aux endroits les plus inaccessibles. Comme tout ce qui a une valeur très grande, elle était presque impossible à acquérir.

Rassemblant ses forces mourantes, le père apprit à ses fils les chemins de montagnes par où ils atteindraient avec le moins de peines et le moins de danger les lieux escarpés où peut-être ils pourraient la cueillir. Il leur recommanda de s’entraider. de ne se séparer que par nécessité et pour explorer plus vite deux endroits différents et non très distants. Puis, tandis que s’agenouillaient les enfants, il leva, au-dessus de leurs têtes respectueuses et baissées, ses mains défaillantes et il les bénit en leur disant adieu et leur souhaitant au revoir.

Les deux fils partirent, leur bâton de montagnard à la main, leur gourde pleine à la ceinture, sur l’épaule la courroie de leur sac rempli de provisions et leur grand manteau de laine blanche. Ils allèrent longtemps par des chemins montueux, ils franchirent des ruisseaux où l’eau transparente laissait voir les pierres de leur fond, les anguilles glissantes, les truites argentées qui nageaient et se cachaient entre les gros cailloux. L’un des deux frères, infatigable, rasséréné par cette grande espérance, par l’action qui le rendait utile, tandis qu’à la maison il n’avait plus qu’à pleurer, marchait sans relâche, entraînant l’autre qui par instant se trouvait las.

Ils campèrent peu, ils dormirent seulement quand la nuit était obscure et les chemins diminuaient vite sous leurs pieds. Bientôt ils ne rencontrèrent plus nulle part ni châtaigniers, ni noisetiers : les hêtraies vertes ou pourpres faisaient place aux chênaies séculaires, les chants d’oiseaux du départ se faisaient plus rares ; tantôt ils se trouvaient dans des espaces pierreux, tantôt ils arrivaient dans de verdoyantes prairies.

Quand les pierres déchiraient leurs pieds, l’un plus courageux redoublait ses pas pour arriver plus tôt aux tapis d herbes, mais son frère, qui l’aurait cru ? – se laissait aller à se plaindre et à trouver par trop terrible la tâche imposée. Dans les forêts de sapins sombres et silencieuses, perchés souvent sur des pentes dont un côté à pic s’enfonçait dans un précipice sans fond, empêtrés dans les fougères, écartant les plantes sauvages pour y chercher déjà l’herbe promise, ils étouffaient d’une chaleur insoutenable.

Mais soudain la forêt s’ouvrait sur un col entre de hauts pics, le vent des glaciers y soufflait, puissant et large, et un froid presque polaire faisait claquer leurs dents ; ils couraient s’abriter derrière quelque roche hors du passage du vent où une tiède température les ranimait. L’un, de plus en plus joyeux, de plus en plus ardent à la recherche à mesure qu’il approchait du but, l’autre plus maussade et plus furieux à mesure que se doublaient fatigues et dangers.

Après avoir entendu les grognements des sangliers, les grondements des ours, après avoir évité les morsures des grands scorpions, des vipères et des aspics, les deux frères n’apercevaient plus guère que quelque isard farouche ou quelque aigle planant. Ils traversaient les nuages, l’orage tonnait sous leurs pieds ou sur leur tête, ils étaient brûlés de l’ardent soleil, ils tutoyaient les abîmes sur des rebords de mont de la largeur de leurs semelles mais ils atteignaient pourtant les sommets où naissent les sources, où limpides elles sortent goutte a goutte du roc colossal et perpendiculaire, où grondantes elles jaillissent en torrent de la terre entrouverte et s’en vont bondissantes, tantôt entre des bords de marbre, tantôt entre des rives fleuries d’herbes embaumées.

 

Les deux jeunes montagnards saluèrent avec des cris de joie la verdure des rochers. L’un, toujours le même, suivait, sans plus s’arrêter, le long des vertes rives, ses yeux irradiés semblaient avoir acquis une double vue, ses mains prestes et habiles écartaient, fouillaient tes tiges fragiles, accrochées aux pierres branlantes, débordant de leurs fissures.

Il chercha. Longtemps, longtemps il chercha ; accroupi, penché ou suspendu lui-même aux bords des eaux et des grondants abîmes ; mais enfin, tandis que ses doigts tremblants montraient au ciel l’herbe de guérison, l’écho des montagnes, roulant joyeusement de proche en proche son cri de bonheur et de triomphe, l’apporta au fils lassé qui depuis longtemps, longtemps se reposait et qui maintenant bondissait de jalousie.

téléchargement (10)Sur son lit, le père, depuis le départ de ses fils, semblait n’avoir plus fait un geste ni plus parlé. Toujours inanimé, toujours blême il était resté dans un état absolument semblable à celui où il était à la minute même où ses enfants avaient franchi la porte. La mère, ombre inquiète et attentive, allait silencieuse du lit au seuil de sa maison et ses yeux ne quittaient le visage de son mari que pour regarder le lointain par où ses fils devaient revenir.

Des jours, des nuits interminables avaient passé sur la triste demeure et rien n’y avait apporté le plus petit changement. Mais, par ce jour d’ombre grise, ce jour où les nuages, en couronne de deuil autour des montagnes, n’avaient pas voulu se dissiper, tandis que le père, statue humaine, sans voix, sans mouvement, mettait le peu de vie qui lui restait à contempler sa femme abîmée de tristesse, la porte de la chambre s’ouvrit. Un des fils, un paquet d’herbes à la main, était debout sur le seuil, la mine sombre et le regard perdu.

 Où est ton frère ? cria la mère palpitante, en serrant son enfant dans ses bras.
– Où est ton frère ? dit le père, ranimé par la vue de son fils.
– Mon père, dit le jeune voyageur, non sans trouble, nous nous sommes séparés pour trouver plus vite l’herbe merveilleuse, je suis revenu aussitôt pour vous sauver plus vite, mon frère sans doute ne sera pas long à rentrer.

Le père, avant de saisir l’herbe, leva cette fois encore ses mains tremblantes et bénit son fils, celui à l’effort duquel il devait à son tour la vie. Et la vie lui revint en effet ; peu à peu une jeunesse nouvelle sembla s’épanouir en lui, ses membres retrouvaient toute leur force passée et son visage reprenait sa belle expression de fière énergie, mais il gardait pourtant l’empreinte d’un tenace souci. Une pensée douloureuse ne le quittait plus, le hantait à tout moment.

Un de ses fils, son fils si courageux, si vaillant n’avait pas reparu. Et cela mettait- dans son bonheur de reconnaissance envers son autre enfant, un chagrin, un regret ineffaçable. Dans quels lieux sauvages errait-il encore ? Ou plutôt, malédiction ! Sur quels rochers s’était brisé l’enfant valeureux, quelle eau traîtresse avait enseveli son jeune corps souple, quel animal malfaisant avait détruit cette vie en fleur ?

Le sombre et taciturne fils qui lui restait, pas plus que lui ne pouvait répondre ; mais, pour retrouver son autre enfant, vivant ou mort, le père referait tous les pas qu’il avait faits. Il interrogerait les échos, il sonderait les précipices, il plongerait au fond des torrents. Et seul, le père, sa gourde à sa ceinture, son sac à l’épaule, son bâton de montagnard à la main, partit à travers les montagnes à la recherche de son fils.

Il l’appela dans les sentiers bordés de châtaigniers, de noisetiers et les pommiers ; il l’appela dans les hêtraies, dans les chênaies séculaires, il cria son nom dans les forêts de sapins où tout semble mort. Il se pencha aux bords des précipices, il interrogea les eaux transparentes, mais seul l’écho répétait ses paroles.

Il parcourut en tous sens les cols où souffle le vent de glace, il fouilla chaque coin, chaque abri de rocher, il cria partout : Moun hilj, moun hilj, mon fils, mon fils ! Partout l’écho répondit : mon fils, mon fils ! mais nulle voix humaine ne se leva sur les monts. Le père, ardent à la poursuite, assuré, tant sa volonté était forte, qu’il finirait par découvrir son enfant, arriva, après un temps qu’il n’aurait pu calculer, au versant du sommet à pic où naissent les sources, où croissent les herbes rares.

Longtemps, longtemps il marcha le long des rives dangereuses ; une grande lassitude s’emparait de lui ; ses yeux pourtant interrogeaient encore l’eau, les herbes et les roches avec une telle intensité, que rien ne pouvait leur échapper. Et tout à coup il eut un choc : ses regards s’arrêtèrent sur une espèce de petite baguette d’ivoire qui gisait à ses pieds et qui semblait avoir vibré au frôlement de ses pas. Le père, qui n aurait pu dire ce qu’était cette chose blanche, lisse et creuse, la ramassa pensivement et il lui sembla tenir en ses mains quelque objet étrange et mystérieux.

Emu jusqu’au fond de l’âme et sans se rendre compte de ce qu’il faisait, il porta à ses lèvres sa trouvaille inconnue, ses soupirs y passèrent et alors une faible voix en sortit :

C’est vous, Papa,
Qui me touchez,
Qui m’appelez ?
Mon frère m’a tué
Au bord de l’eau.
Quand je cherchais
L’herbe qui sauve !

Es vous, Papay,
Que mi toucat,
Que mi sounat ?
Moun Fray m’a tuat
AI bord de l’Auvo
Quan cercavi
L’Herbo qe sauvo !

Le malheureux père, en larmes, condamné à porter désormais la vie comme une importune charge et à maudire le fils qui lui restait, mit sur son cœur cet os, la seule chose qu’il retrouvait de son enfant perdu. Et les échos des montagnes jetaient partout la lugubre plainte du fils assassiné et les gémissements paternels. C’est ainsi que, pour les races de ces monts altiers, si caché que soit le mal, si enfoui qu’il soit au fond des abîmes, il arrive à se découvrir un jour, et que l’anathème et la malédiction atteignent les coupables, sans que rien paisse les sauver.

Mais, d’un bout à l’autre de la chaîne pyrénéenne, on chercherait vainement aujourd’hui l’herbe merveilleuse qui guérissait tous les maux. Depuis ce jour de crime, elle a cessé de pousser.

Publié dans FLORE FRANCAISE | Pas de Commentaire »

Le Marché des Pommes

Posté par francesca7 le 2 mai 2014

 

 

Tout dernièrement, au cours de l’Assemblée générale du Syndicat de la Graineterie des départements de la Seine-Inférieure, de l’Eure et du Calvados, l’idée fut émise de créer à Rouen, à partir de l’an prochain, un Congrès annuel des graines et fruits à cidre. L’idée est excellente et ne peut que donner d’appréciables résultats. Rouen, il ne faut pas l’oublier, est le deuxième marché de fruits à cidre, après Rennes. On voit donc tout l’intérêt que présenterait, dans la capitale normande, la tenue des « Assises de la Pomme » qui seraient suivies par nombre de Normands spécialisés dans cette branche de commerce. C’est à ce sujet que nous publions une étude succincte du Marché des Pommes à cidre, étude comparative qui expose des problèmes économiques fort importants.

A

Deux mauvaises années successives de récolte pour les pommes à cidre se voient assez rarement, et c’est tant mieux pour nos cultivateurs. Ce fut cependant le cas des années 1925 et 1926. Comment s’étonner, dès lors, que bien avant l’ouverture de la campagne 1926, alors que les résultats désastreux de la précédente n’étaient que trop connus et qu’on augurait assez mal de celle qui suivait, des questions fort importantes aient été soulevées autour du marché et qu’elles aient donné lieu à d’acharnées controverses ? Il nous faut bien revenir à une année en arrière et voir d’abord sur quelles bases se fit la campagne de 1926.

Partisans et adversaires de l’exportation étaient aux prises. Car des marchands étrangers parcouraient la Normandie et, bénéficiant du change élevé sur leur pays, se portaient acquéreurs, à des prix satisfaisant les producteurs, de quantités de pommes à utiliser de l’autre côté du détroit.

Pour l’exportation se déclarait par exemple le Syndicat des Agriculteurs de la Manche, présidé par M. le sénateur Damecour, et ses arguments étaient les suivants :

Du jour où l’on découragera les producteurs en interdisant l’exportation, ceux-ci ne produiront plus. Le prix des pommes suit-il les cours du jour ? Non, il en est loin. Alors que le demi-hectolitre – la barattée – valait avant-guerre de 1 fr. 25 à 2 fr. 50, en 1924 il atteignait comme grand maximum 2 francs, et 6 francs en 1925, soit une moyenne inférieure à 4 francs. Ainsi, la pomme, produit de nécessité, n’a pas vu son prix même doubler, alors que toutes les marchandises ont atteint sept à huit fois leur valeur d’avant-guerre. Or, les frais de ramassage et de transport ont suivi cette dernière hausse. Autrefois, on prenait 0 fr. 25 pour ramasser une barattée et aujourd’hui c’est au moins 1 fr. 50. Encore ne trouve-t-on pas toujours de la main-d’œuvre. Et le transport par voiture attelée ? 5 francs le fer à cheval au lieu de 0 fr. 80, et la même hausse chez le bourrelier, chez le charron. Ces prix ne militent-ils pas en faveur du relèvement du prix des pommes et si les offres des marchands étrangers peuvent les provoquer, eh bien, tant mieux !

Contre l’exportation, voici les arguments de la Chambre de Commerce de Cherbourg :

La récolte générale des fruits à cidre est évaluée pour la prochaine campagne – 1926 – à 18 millions de quintaux, soit 6 millions de moins que la récolte moyenne. La culture ne possède plus de réserve de cidre dans ses caves et celliers. Des prix exceptionnels et hors de proportion sont faits pour l’exportation. S’ils sont maintenus, le cidre, boisson de plus d’un tiers des Français, atteindrait un prix qui le mettrait hors de portée de la plus grande partie des consommateurs. L’exportation, même si elle n’affectait qu’une partie plus ou moins forte de la récolte, aurait pour résultat de fausser les cours par répercussion, et ne permettrait plus le libre jeu de la loi de l’offre et de la demande. La culture obtenait, antérieurement aux offres faites par l’étranger, des prix qu’elle considérait comme convenables. Il faut interdire l’exportation.

Bien entendu, les Chambres syndicales de brasseurs et débitants partageaient cet avis. De nombreuses Municipalités – et notamment celles de Rouen, Le Havre, Fécamp, etc… –  avaient voté des adresses au Ministre de l’Agriculture pour demander l’interdiction de l’exportation. Devant cette poussée d’opinion, on assista à un fléchissement des cours. Il y a lieu de dire également que les transactions premières avaient été un peu spéculatives. En Normandie, on avait vu des offres à 350 et 400 francs la tonne, en Bretagne de 375 à 425 francs. La possibilité d’un arrêt diminua d’environ 100 francs ces sommes.

En ce qui concerne l’importance de la récolte des fruits à cidre, celle-ci ne devant être connue que longtemps après la campagne, par les statistiques officielles, certains groupements demandaient, comme pour les vins, le vote d’une disposition dans l’esprit de celle qui inspira la loi du 29 juin 1907, portant obligation de la déclaration de récolte. A ce moment seulement, le commerce aurait trouvé des indications précieuses pour la fixation des cours et n’aurait pas été amené à réclamer, en années de pénurie probable, le vote de dispositions telles que l’arrêt de l’exportation et celui de la distillation.

La consommation du cidre réservée d’abord, l’excédent pourrait, dans des proportions à déterminer, passer la frontière, ou servir à alimenter les industries, celle de la distillerie d’alcool neutre, entre autres.

Cela a l’air très facile : Quand il y aura des pommes, on exportera. Quand il y en aura moins, on exportera moins. Quand il n’y en aura pas assez pour nous, on n’exportera plus…

C’est très facile comme cela, sur le papier. Mais, dans la pratique, quelles luttes, quelles difficultés ! Ah ! Qu’il est donc délicat de savoir s’il y a des pommes  ou s’il n’y en a pas…

*
*   *

Pour « une année où il y a des pommes », on ne peut pas dire que 1926 fut « une année où il y eut des pommes »… Les bons Normands la caractérisèrent : une *petite demi-année*. Et cela, voyez-vous, c’est admirable.

D’une enquête faite par le Comité National du Cidre, il résultait que la récolte de 1926 pouvait être estimée à environ 16 millions de quintaux, très inférieure à la moyenne normale évaluée à 25 millions de quintaux. Certains départements cidricoles, notamment les départements bretons, avaient une récolte nettement déficitaire, ne pouvant suffire aux besoins de la population paysanne et ouvrière, dont le cidre était la boisson principale. Une récolte aussi faible succédant à une mauvaise récolte comme celle de 1925, qui n’avait pas atteint 12 millions de quintaux, ne semblait pas pouvoir permettre de donner satisfaction aux besoins nationaux. Le Comité émettait l’idée de réduire l’exportation, mais que dans le cas où, pour des raisons internationales, l’exportation ne pourrait être interdite, il serait à souhaiter que l’application d’un droit de sortie ad valorem vienne contrebalancer, dans une certaine mesure, l’action exercée sur les cours par les acheteurs étrangers.

kartoffelmarkt_boulevard_foss_hiLe raisonnement des producteurs, partisans de la liberté d’exportation, n’a pas varié une seule fois : « Le cours des pommes a atteint 350 francs la tonne, disait l’un d’eux. Citez-nous, je vous prie, des produits industriels ou autres augmentés dans la proportion de 3,5 et pourtant, on n’en combat pas l’exportation. Prouvez que la pomme, à ce prix, est trop chère à la production. C’est précisément à cause du contraire qu’elle est tentée de quitter la France. Consentez à payer au producteur des prix en rapport avec ceux des produits dix fois plus chers qu’avant-guerre – il n’en demande pas tant – et vous pouvez être persuadé que le producteur ne souhaitera pas plus qu’un autre l’exportation de ses produits. »

C’est là qu’on se trouvait au moment de la campagne de 1926.

*
*   *

Si l’on chiffre la récolte très mauvaise de l’année 1925, par 100, on peut dire que celle de 1926 fut de l’ordre de 130 à 135, alors que celle de 1924 était de 220 à 225.

Il y eut, approximativement, 1.800.000 quintaux en 1924 ; 600.000 quintaux en 1925 ; 1.000.000 en 1926 pour le seul département de la Seine-Inférieure.

En 1924, beaucoup de pommes, les tonneaux sont remplis. En 1925, désastre, pas de pommes, les tonneaux remplis l’année d’avant se vident. En 1926, peu de pommes et plus rien dans les tonneaux.

Au fond, exporte-t-on beaucoup ?

Non. En 1924, année exceptionnellement bonne, on a exporté, par la Seine-Inférieure, dans une proportion infime : 5 pour 1.000.

Mais, l’an dernier, au moment de la campagne, un vent de panique souffle sur le pays. La livre sterling monte, monte… Et c’est à ce moment qu’on lance ce bruit : *la rafle des pommes*… Il faut ramener l’affaire à des proportions justes. On ne rafle pas tant que cela ! Et un autre remède serait bien plus sûr : frapper les pommes d’un droit de sortie…

On épiloguerait longuement sur cette question. Nous n’avons voulu que l’indiquer. Aussi bien, on sait que, selon le vieil adage cher aux Français, tout finit… par se tasser. Et, dans le cas qui nous occupe, « tout se tassa » parfaitement.

Pour pouvoir faire des comparaisons avec la récolte de 1927, exposons brièvement, pour finir cet article, ce que fut la récolte de 1926 dans nos contrées.

Prenons d’abord un exemple typique :

Aux Andelys, la récolte fut mauvaise, mais « il y avait quand même des pommes » ! Elles se vendaient de 12 francs à 13 francs la rasière de 28 kilogrammes. Le prix de 12 francs s’applique à un marchand de cidre, le prix de 13 francs à la distillerie qui fait venir des wagons de Bretagne, au prix de 380 francs la tonne, marchés conclus en mai ou juin. Mais nombreux étaient ceux qui disait : « J’en ai assez pour moi. Cela me suffit. » La densité était satisfaisante : 10 à 11 degrés pour le cidre de novembre. La pomme était petite, mais elle contenait plus de sucre. Aux Andelys, les vieilles traditions sont respectées ! Quand la récolte est bonne, on fait 600 litres de « pur jus ». L’année suivante, si elle est mauvaise, on convertit le « pur jus » en boisson ; si elle est bonne, on fait de la « goutte », ainsi de suite. Il y a dans la commune 11.200 pieds de pommiers.

En 1920, la récolte fut de 1.000 quintaux.
–   1921,    –       9.000         –
–   1922,    –       2.000         –
–   1923,    –       3.000         –
–   1924,    –       5.000      –
–   1925,    –       3.400      –
–   1926,    –       2.500         –

Voilà donc un exemple très net.

Indiquons sommairement les appréciations pour la récolte de 1926 dans les principaux centres. Nous avions l’an dernier :

    Duclair : récolte très inférieure.
    Pavilly : récolte médiocre quant à la quantité, mais supérieure pour la qualité. De 280 à 300 francs la tonne.
    Doudeville : bonne moyenne.
    Fontaine-le-Bourg : le ¼ seulement de la normale.
    Bosc-le-Hard : le ⅓ du rendement.
    Luneray : le 1/10. Les pommes dites « précoces » et dont la qualité est recherchée se vendirent 8 à 9 francs la livre.
    Tôtes : atteignent 360 francs.
    Auffray : récolte moyenne.
    Autour de Dieppe : mauvaise récolte.
    Du côté d’Eu : franchement mauvaise. Cependant, quelques clos abrités favorisés.
    Bolbec : récolte plutôt mauvaise.
    Montivilliers : mieux que ce qu’on croyait…
    Rive gauche de la Seine : mauvaise. Un cultivateur de La Mailleraye, qui fait 300 rasières en temps normal, en eut une dizaine.
    Forges-les-Eaux : mauvais.
    Gournay : plus de réserves.
    Pont-Audemer : passable.
    Louviers : récolte moyenne.
    Lisieux : très médiocre.
    Caen : demi-année.
    Touques : les cultivateurs disent « Pas de pommes à Touques, mais beaucoup à Beaumont-en-Auge.
    Beaumont-en-Auge : les cultivateurs disent « Pas de pommes chez nous, mais beaucoup à Touques… »

 

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Nous verrons dans notre prochain article ce qu’a été la récolte de cette année.

Bornons-nous à une simple indication.

Le Bureau de la Confédération Générale des Producteurs de Fruits s’est réuni le 11 octobre, à Lisieux, et a fait deux constatations suivantes :

1° Cette année, pas d’hésitation possible : il y a des pommes ;

2° Il y en a même trop. Il s’en perd.

Que disent les producteurs ?

Ils disent ceci : Le prix de vente ne couvre même plus les frais de ramassage.

Nous demandons qu’on favorise l’exportation et que l’on diminue les tarifs de transport et les droits fiscaux qui frappent les fruits à cidre.

Que disent les consommateurs ?

Ils disent : Nous n’y comprenons plus rien. L’an dernier, mauvaise récolte, les prix montent. Cette année, bonne récolte, les prix vont monter.

Que faut-il penser de cette nouvelle situation ?

La récolte des fruits à cidre de 1927 a été bonne dans l’ensemble, et va en augmentant, de la Normandie vers la Bretagne. La Seine-Inférieure a été un des départements les moins favorisés ; le Calvados est mieux partagé ; dans la Manche, c’est l’abondance et, dans le Finistère, dans l’Ile-et-Vilaine, on ne sait que faire des pommes…

Mais de là à dire que certains cultivateurs préfèrent laisser pourrir les fruits à terre, sous prétexte que les frais de ramassage et de transport enlèvent tout bénéfice… Non. La rasière de pommes s’est négociée à un bon prix, allant de 5 à 7 francs. Or, le ramassage d’une rasière revient à peu près à 0 fr. 60. Comptons 1 franc de frais de transport et il nous reste encore un assez joli gain.

La récolte, pour le seul département de la Seine-Inférieure, a atteint 1.300.000 quintaux. On en a exporté une infime partie. Le tiers environ de la récolte est allé aux distilleries pour la fabrication de l’eau-de-vie et de l’alcool. Le reste, soit à peu près 970.000 quintaux, est passé dans la fabrication du cidre.

Il y a du cidre. Les tonneaux se sont remplis. On en a fait pour deux ans. Et il y a aussi de la goutte…

Le débouché assuré pour le producteur ne réside pas dans l’exportation.

On exporte très peu, nous l’avons dit. On fit, l’année dernière, autour de cette question de l’exportation, beaucoup de bruit pour rien du tout…

On a vu partir un bateau, deux bateaux de pommes pour l’Angleterre… Qu’est-ce que cela signifie ? Pas grand’chose. L’exportation des fruits à cidre est une opération très compliquée, surtout lorsqu’il s’agit de vendre la marchandise dans un pays d’outre-mer. La pomme ne se prête nullement à tant de manipulations : le ramassage ; le chargement à la pelle dans les wagons ; le déchargement à Honfleur ou à Dieppe ; le chargement dans le bateau ; le déchargement au quai destinataire ; le rechargement dans des wagons, etc., etc…

Comptez le nombre de manipulations. La pomme ne supporte pas d’être trop tassée. Dans le bateau, notamment, celles qui sont dans les couches inférieures sont échauffées, fermentent. Il y a énormément de déchet.

Avant la guerre, on exportait en Allemagne ; mais, depuis, les droits, dont nos voisins frappent l’entrée des fruits à cidre, doublent leur prix qui devient par trop onéreux.

Le débouché tout trouvé pour le producteur, c’est la distillerie, c’est l’alcool, ce sont les usines de Bosc-le-Hard, d’Yvetot… S’il n’y avait pas ces usines, c’est alors qu’on ne saurait que faire des fruits.

Les prix des pommes et de l’alcool sont liés entre eux.

Au début de la campagne actuelle, l’alcool valait 700 francs l’hectolitre, les pommes 180 francs. Actuellement, l’alcool vaut 1.000 francs, les pommes près de 300 francs.

Et nos pays font aux viticulteurs du Midi une concurrence extraordinaire.

Le vin ordinaire, à 10°, vaut 140 francs l’hectolitre, ce qui met le degré à 14 francs. Or, les pommes donnent le même alcool, mais le degré ne vaut que 10 francs, ou à peu près.

D’où vives protestations méridionales. Car, de moins en moins, le Midi est assuré de pouvoir faire fonctionner la soupape de la distillation.

C’est la guerre qui a lancé l’industrie de l’alcool en Normandie. Il fallait, pour les poudres, de l’alcool à tout prix. Mais, depuis, toutes les organisations ont été remaniées, les usines refaites, les procédés de distillation améliorés. Aujourd’hui, on fait fermenter du cidre en 48 heures.

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BNous ne faisons qu’effleurer toutes ces questions fort importantes. Nous n’avons d’ailleurs désiré que donner un aperçu sur le marché des fruits à cidre et ses débouchés. Traiter la question à fond exigerait un luxe de détails, de chiffres, de réflexions, qui déborderaient du cadre de cette revue. Mais nos lecteurs ont pu suivre à peu près tous les aspects du problème, qui constitue une branche essentielle de l’activité économique de notre province.

La récolte totale de cette campagne, en France, doit dépasser 20 millions de quintaux. C’est une excellente moyenne.

Les agriculteurs, à de rares exceptions près, sont satisfaits. Sans doute, ceux qui ont vendu leur récolte au début de la campagne ont-ils moins réalisé de bénéfices que ceux qui la vendent actuellement. Mais, on ne pouvait prévoir, n’est-ce pas, la hausse de l’alcool dans les proportions où elle s’est produite. On dit, d’ailleurs, que cette hausse n’est que passagère.

Les prix du marché des fruits à cidre ont été sensiblement inférieurs à ceux pratiqués l’an dernier. Nous ne redonnons pas un tableau complet de ce marché, ainsi que nous avions essayé de le faire dans le précédent article, pour la campagne 1926.

Il y a eu progrès partout. Mais nous reprendrons, l’année prochaine, la question sous le même jour et nous pourrons établir un tableau comparatif pour trois années, qui ne manquera pas d’intérêt.

L. G. G[ARROS], L[ouis] (18..-19..) :  Le Marché des Pommes à Cidre (1928).

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l’Environnement Bourguignon : La flore

Posté par francesca7 le 23 avril 2014

 

images (19)Plus de 1 500 espèces de plantes ont été recensées en Bourgogne. Certaines sont plus emblématiques que d’autres d’un climat ou de la géologie. Parmi celles-ci, il faut citer l’ajonc, qui apprécie les sols siliceux et que l’on trouve dans certains terrains granitiques du Morvan ; l’érable de Montpellier et l’inule des montagnes, qui s’épanouissent sous le climat déjà méridional des côtes chalonnaise et mâconnaise (on y entend chanter les cigales, c’est un signe !).

Environ 30 % de la Bourgogne est couverte de massifs forestiers (970 000 ha), dont les types varient suivant les sols et les climats. Ils sont essentiellement peuplés d’essences feuillues, chênes (rouvre ou pédonculé), hêtres, charmes et frênes, sauf dans le Morvan, où les résineux, épicéas et douglas s’étendent de plus en plus et couvrent 40 % de la surface forestière. Ce sont nos arbres de Noël !

Les champignons sont rois dans les forêts aux sols acides : ainsi, à l’automne, bolets, cèpes et colombettes remplissent les paniers des amateurs, qui savent aussi distinguer la délicieuse oronge vraie de sa presque jumelle, la vénéneuse amanite tue-mouches. Les fruits rouges , que l’on peut parfois trouver à l’état sauvage, font eux aussi la réputation de la Bourgogne : framboises, mûres, groseilles, cerises de l’Yonne (les fameuses marmottes), cassis de Dijon (et de la Côte), que l’on trouve chez les marchands en sirop ou en crème, ou myrtilles des landes du haut Morvan. Fruits cultivés par passion près de Concœur, ils se retrouvent en pots et en bouteilles.

Le vignoble occupe une surface beaucoup plus limitée (26 550 ha), mais sa renommée participe depuis deux millénaires à l’identité de la région, notamment le long de la Côte.

Enfin, les paysages agricoles couvrent 60 % de la région. Les plateaux du nord de la Bourgogne se couvrent de champs de colza et de céréales d’hiver, qui leur donnent de magnifiques éclats au printemps. Le blé, l’orge, le maïs et le tournesol sont également cultivés dans le Sénonais, le Nivernais, le Dijonnais et la plaine de la Saône.

Exception en Bourgogne, le Morvan bénéficie d’une protection en tant que parc naturel régional , mais là comme ailleurs, l’équilibre est fragile. Ainsi, pour protéger ce patrimoine, plus de 70 sites naturels font partie du réseau Natura 2000 , dont une dizaine est répertoriée comme zones importantes sur le plan ornithologique : l’arrière-côte dijonnaise et beaunoise, les massifs forestiers du Châtillonnais, la forêt de Cîteaux, les prairies inondables du Val de Saône, la vallée alluviale entre Iguerande et Digoin…

Pour plus de détails sur le réseau écologique européen Natura 2000, consultez http ://natura2000  .

images (20)En Bourgogne, quatre zones sont des réserves naturelles classées . Il s’agit de la zone de tourbières et d’étangs de La Truchère, aux environs de Tournus ; du Bois du Parc, dans la vallée de l’Yonne, qui conserve des fossiles de coraux extraordinaires ; des îles de la Loire, entre La Charité et Pouilly ; et de la combe de Lavaux, sur les communes de Gevrey-Chambertin et de Brochon, pour sa faune et sa flore exceptionnelles.

Près de 400 espèces animales et végétales bénéficient également de protection, car menacées de disparition du fait des insecticides, de la motorisation, de l’urbanisation et de certaines pratiques de loisirs (quads, escalade, etc.) : parmi elles, la loutre, l’écrevisse à pieds rouges, le râle des genêts, les hirondelles, les chauves-souris…

 

 

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Repères dans l’art des jardins de la Loire

Posté par francesca7 le 4 avril 2014

 

Un pays fleuri et cultivé au gré des modes : jardins médiévaux, inspirés de la Renaissance italienne, « à la française », « à l’anglaise » ou contemporains se succèdent comme autant de sources de plaisirs raffinés ou de pieuse méditation.

220px-Chateau_chenonceau_frLe jardin des origines

L’histoire se heurte à un obstacle majeur : le végétal est par essence éphémère. À part l’olivier qui peut collectionner les millénaires, les arbres vivent cent, cinq cents, exceptionnellement mille ans pour les ifs puis meurent. Et que dire des arbustes, des fleurs ou les légumes ? Reste-t-il quelque part dans le monde un jardin intact, un jardin des origines, ne serait-ce qu’un jardin romain, médiéval ou de la Renaissance ? Non. Ni en Val de Loire ni ailleurs. Justement, où les jardins sont-ils nés ? Étonnamment, l’étymologie, l’histoire et la Bible nous mènent vers une source plus ou moins commune des jardins d’Occident, qui est… un paradis ! Le mot paradis vient en effet du persan pairidaeza qui signifie jardin, enclos. Avec l’exil des Hébreux, ce mot donna pardes dans la Bible, puis paradeisos (notre paradis) en grec. Rappelons aussi que, dans la Bible, l’homme et la femme sont créés dans un jardin merveilleux, le paradis, planté d’arbres à fruits, abritant les animaux et d’où un fleuve, divisé en quatre bras (dont peut-être l’Euphrate), irrigue les quatre points cardinaux.

Le plan du paradis

Au-delà du mot, les origines de l’art des jardins se trouvent justement, via la Grèce antique et Rome, dans ces régions proches du Tigre et de l’Euphrate : elle passe par l’influence fondatrice de l’Égypte, où les tombeaux sont ornés de peintures idéalisées de jardins, avec leur technique d’irrigation et des plantes aux significations symboliques, puis par la découverte du pairidaeza, décrit pour la première fois par le Grec Lysandre au 5e s. av. J.-C. Ce visiteur émerveillé a pour guide le roi perse lui-même, Cyrus , présenté comme un roi jardinier, qui se préoccupe en personne de semer et de soigner ses arbres. Son jardin abrite entre ses murs des arbres fruitiers, baignés du parfum de multiples fleurs. Dans son palais d’Ispahan (6 e s. av. J.-C.), des fouilles ont mis au jour un de ces jardins clos, avec ses canaux et sa salle à colonnes, les tapis en reproduisant souvent le plan. De la même époque datent les célèbres jardins suspendus de Babylone . Quel lien le jardin occidental a-t-il avec ces lointaines descriptions ? Protégés dans un espace clos, les arbres et les fleurs, dont la vie en zone aride est conditionnée par l’irrigation, s’ordonnent le long de deux allées en croix bordées de canaux qui partagent l’espace du jardin en quatre. Ce plan traverse siècles et contrées de manière exemplaire : c’était vraisemblablement celui des Égyptiens, ce sera celui des jardins perses, babyloniens, grecs, romains, des jardins dits musulmans et des cloîtres monastiques !

Jardins des sens et sens du jardin

images (8)Ces jardins qui émerveillent les visiteurs naissent à la frange du désert et affirment dès l’origine toutes leurs fonctions actuelles. Leur mur protège des bêtes sauvages des arbres parfois rapportés de fort loin, portant des fruits comestibles. L’eau qui y coule avec un bruit charmant proclame une victoire de l’intelligence humaine sur la nature, l’ombre de ses arbres protège du soleil autant le visiteur qu’un second étage de végétation, qui compte des herbes aromatiques ou médicinales, des fleurs pour leurs couleurs et leur parfum, parfois aussi de beaux oiseaux. Bien-être, beauté, nourriture, soin, mais aussi science, pouvoir et prestige s’unissent pour combler les sens.

Jardin clos du Moyen Âge

« J’ai un jardin rempli de plantes parfumées où fleurissent la rose, la violette, le thym et le crocus, le lis, le narcisse, le serpolet, le romarin, le jaune souci, le daphné et l’anis. D’autres fleurs s’y épanouissent à leur tour de sorte qu’à Bourgueil le printemps est éternel… » écrit, en l’an 1100, l’historien et poète Baudry de Bourgueil à propos de son abbaye. Les sources en Val de Loire ne nous permettent pas de remonter au-delà du Moyen Âge, mais les abbayes de Bourgueil, Marmoutier ou Cormery possèdent un jardin. Traditionnellement, ces jardins monastiques sont divisés en parcelles carrées ou rectangulaires comprenant le potager (hortulus) , le verger(pomarius) , le jardin médicinal (herbularius) , et le cloître pour la méditation. S’y ajoute vers la fin du Moyen Âge un jardin clos (hortus conclusus) , image de la Vierge. Les fleurs – aux vertus symboliques – servent à fleurir les lieux saints. Les nobles possèdent aussi des jardins d’agrément, clôturés et divisés selon les mêmes principes, auxquels s’ajoutent de vastes parcs, avec bois et étangs.

Les méthodes de culture utilisent le plessis (tressage du bois surélevant, drainant et réchauffant le sol), la taille, le tressage des végétaux vivants. Les jardins comptent des banquettes de verdure où s’asseoir, des tonnelles, des prairies fleuries.

Quelques créations contemporaines permettent d’imaginer ces lieux. Le jardin en terrasses du château de Bloisa été aménagé par Gilles Clément en un jardin des fleurs royales (lis, iris et hémérocalles) et un jardin des simples (plantes aromatiques et médicinales). À St-Cosme , où Ronsard fut prieur, la rose est omniprésente : huit espaces y déclinent l’art du jardinage du Moyen Âge à la Renaissance.

Renaissance et perspective

Avec la Renaissance, les jardins, comme les autres arts, s’imprègnent d’influence italienne, qui passe d’abord par les récits admiratifs des voyageurs puis par la traduction d’ouvrages. Au 15 e s., les « carreaux » fleuris, installés par le roi René dans ses manoirs d’Anjou et par Louis XI au Plessis-lès-Tours, présentent des berceaux de feuillage et des fontaines à l’intersection des allées qui dispensent une douce fraîcheur au promeneur, distrait en outre par des animaux élevés en liberté ou gardés dans des ménageries et des volières. Charles VIII, enthousiasmé par les jardins qu’il découvre lors de sa campagne en Italie (1495), fait venir le jardinier napolitain Pacello de Mercogliano , qui aménage les jardins d’Amboise puis, plus grands et plus modernes, ceux de Blois. Entre 1553 et 1557, Diane de Poitiers fait réaliser les premiers jardins de Chenonceau (11 000 jours de travail, 7 000 tombereaux de terre transportée), qui mélangent arbres fruitiers, légumes et fleurs.

Si les techniques (tressage, taille) et la division des espaces restent les mêmes qu’au Moyen Âge, la distribution dans le plan s’ordonne et s’imprègne peu à peu de symétrie. Plus vaste que celui des jardins clos, il s’articule autour d’un axe principal incluant les bâtiments. Les jardins s’affirment en effet comme un prolongement de l’architecture des châteaux, dans une mise en scène toute théâtrale recelant des statues antiques. L’ eau , qui s’anime de canaux, jets, bassins, miroirs et cascades (à partir du 16 e s.) devient un élément central… Dans le même temps, l’art se veut plus proche de la nature et les jardins intègrent progressivement l’idée de perspective : même s’ils restent composés d’espaces clos, ils peuvent s’étager à flanc de coteau et ouvrir par quelques percées sur le paysage alentour. Les espèces cultivées restent les ifs, les buis et les charmes qui se prêtent à la taille sculpturale des jardiniers. S’y ajoutent des plantes nouvelles : un des premiers bigaradiers (oranges amères) français est offert en cadeau de mariage à Louis XII, la tulipe venue de Turquie éblouit les Flandres pour provoquer, un siècle plus tard, un fantastique mouvement de spéculation financière. Ces plantes exotiques alignées dans les parterres sont objets d’admiration au même titre que les statues ou bassins.

Au château d’Angers, l’actuel petit jardin méditerranéen rappelle ce goût des plantes exotiques , tandis que les jardins de Chenonceau, de Villandry, de Chamerolles et ceux en terrasses de Valmer évoquent les jardins Renaissance.

Le labyrinthe végétal

Généralement dessiné par des ifs, il apparaît dans les jardins à la Renaissance. Si au 16e s. il s’élève au niveau du genou, il se fait beaucoup plus haut à partir du 17e s., cachant dans ses méandres des jeux galants, une grotte… On en retrouve dans de nombreux jardins : Villandry, Chenonceau, Chamerolles…

Jardin « à la française »

images (9)En France, le 17 e et le 18 e s. poussent à leur paroxysme les principes et techniques de la Renaissance. Le plan d’ensemble du jardin dégage de vastes perspectives . Les bosquets et parterres ne sont plus seulement symétriques, ils sont aussi redistribués suivant leur fonction : le potager est caché, voire relégué, le verger aussi, sauf si ses arbres sont conduits en espalier (les techniques de taille atteignent un summum à Versailles). Lesparterres dessinés sont bordés de bosquets boisés, percés de larges allées en étoiles. L’ art topiaire , déjà présent dans les galeries, les haies, les pergolas, les charmilles, trouve une scène de choix dans les parterres de broderies, dont les arabesques de végétaux taillés se détachent sur fond de sable ou de gravier. Canaux, fontaines, bassins s’intègrent dans cette symétrie, de même que les fleurs exotiques, toujours présentes et mises en valeur dans des parterres légèrement surélevés. La rigueur triomphe, la nature est contrôlée, dominée, architecte et maître jardinier travaillent de concert. La mode des jardins « à la française » gagnera l’ensemble de l’Europe, du Portugal à la Russie, en passant par l’Angleterre, l’Autriche et la Hongrie.

Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, livre un atout horticole majeur au Val de Loire. Installé à Blois, celui-ci possède en effet le palais du Luxembourg et sa collection botanique. Par lui, les nouvelles introductions arrivent à Blois, dans un jardin hélas disparu aujourd’hui.

Jardin « à l’anglaise »

Promis à la même expansion que les jardins « à la française », les premiers parcs paysagers font leur apparition dans les années 1710 en Angleterre. Rompant avec l’accentuation perpétuelle de la géométrie, le plan simule au contraire un naturel trompeur fait de pittoresques allées tortueuses, de pelouses ondulées, de ruisseaux sinueux, de pièces d’eau, ruines, bancs, rochers, statues, bosquets… dont l’agencement très étudié semble l’œuvre du hasard. Les acclimatations d’arbres et de plantes exotiques continuent, mais doivent elles aussi s’intégrer de manière naturelle au site.

Les jardins romantiques ou « anglo-chinois » connaissent en France une grande vogue à la fin du 18 e s., stoppée par les troubles révolutionnaires. Des « fabriques » ou « folies » agrémentent ces parcs : imitations de ruines antiques, pyramides égyptiennes, pagodes chinoises, kiosques ottomans… La pagode de Chanteloup(1775-1778), imitation de celle des jardins royaux de Kew, à côté de Londres, et la rotonde de l’Abondance, construite par Soufflot pour faire la jonction entre l’orangerie et le château de Ménars, en sont de beaux exemples.

Le 19 e s. voit aussi la naissance des parcs urbains et un engouement pour les jardins de fleurs, favorisés par la production en serres. Le jardin du Mail d’Angers (1859) est un jardin public de style néoclassique, exceptionnellement fleuri à la belle saison, avec kiosque à musique et statues. Citons également le jardin d’horticulture du Mans, créé au 19 e s. par Jean-Charles Alphand, auteur des parcs parisiens des Buttes-Chaumont, Montsouris et Monceau.

L’éclectisme et l’exotisme sont à la mode à la Belle Époque, comme en témoigne le parc de Maulévrier (1899-1913), le plus grand jardin japonais d’Europe, œuvre d’Alexandre Marcel.

Les créations contemporaines

Peut-être parce qu’il reste trop proche, le 20 e s. donne l’impression d’avoir nourri de multiples tendances parmi lesquelles il est difficile de reconnaître un axe majeur. Par le thème de ses expositions (« Acclimatations », « Jardin des curiosités », « Potager », « Mosaïculture », etc.) le Festival international des jardins à Chaumont-sur-Loire , créé en 1992, offre un bon reflet de cette multiplicité. Avec plus de 160 000 visiteurs chaque été, c’est aussi la première manifestation française dans l’art des jardins et l’une des plus importantes d’Europe.

En Val de Loire, le jardin du 20 e s. s’est beaucoup tourné vers les reconstitutions historiques, dont Villandry est le précurseur (1906).

Les collections de plantes s’avèrent aussi un axe important. Retenons celles, nationales, du Pré de Culands (houx), du parc floral de la Source, à Orléans (iris, clématites), ou des Grandes Bruyères (roses à parfum, magnolias, cornouillers de Chine et d’Amérique).

Le paysagiste Gilles Clément (jardins du château de Blois et du musée du Quai-Branly à Paris) met en avant une autre tendance contemporaine, qui est comme une prolongation très radicale du tournant pris au 18 e s. par les parcs à l’anglaise. Ce principe, baptisé par lui « jardin en mouvement », prône une intervention minimale dans le jardin : les plantes meurent et se ressèment naturellement, le jardinier n’intervient que pour les contrôler ou favoriser leur croissance. Ce principe, qui requiert du jardinier la capacité à identifier toutes les plantes et une conception du site sans cesse en évolution, est appliqué dans quelques rares jardins (une partie du parc André-Citroën à Paris, parc Matisse à Lille, quelques lycées horticoles dont celui de St-Herblain près de Nantes).

 

 

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L’artichaut est le fleuron du terroir breton

Posté par francesca7 le 28 mars 2014

Artichaut ou camus de Bretagne.

290px-ArtischocketoskanaIl descend du chardon sauvage, et serait originaire d’Afrique du Nord, d’Égypte ou d’Éthiopie. Son nom, qui provient de l’arabe al-haršwf (épine de la terre), apparaît en France à la Renaissance. On dit que c’est Catherine de Médicis qui l’apporta de son Italie natale lorsqu’elle épousa le roi de France. C’set sans doute peu après qu’il arrive en Bretagne, et l’appellation « camus de Bretagne » fait son apparition vers 1810.

Sa culture est délicate, et il a trouvé en Bretagne son terroir de prédilection : il craint le froid et le gel en hiver, et la chaleur en été. Le savoir-faire des producteurs est essentiel.

Le plant d’artichaut reste plusieurs années en terre. Au moment des récoltes, le producteur passe dans le champ, coupe un à un les capitules arrivés à maturité. Deux variétés de gros artichauts sont cultivées : le traditionnel camus de Bretagne et le castel, qui en est issu, cultivé depuis 1994.

 En Bretagne, on cultive surtout le plus volumineux des artichauts : le camus de Bretagne (deux ou trois têtes suffisent pour faire le kilogramme). Son capitule vert tendre, présente une forme arrondie et globuleuse. C’est ce bouton floral de la plante, constitué de bractées (ou feuilles) et d’un réceptacle (ou fond) qui fournit sa partie comestible. La plante, qui porte plusieurs capitules, monte à environ 1 mètre de hauteur. Ses gros capitules se cueillent lorsqu’ils sont jeunes, avant l’apparition des fleurs. La récolte se fait dans de vastes champs : les « artichautières ».

L’artichaut se reproduit par semis ou par « éclatage » (on repique les drageons apparus autour de la souche). La plantation des drageons s’effectue de mars à mai. En mai-juin, on butte ces drageons dans le champ. Après un éclaircissage, la récolte s’effectue l’été de la seconde année. La troisième année, intervient une nouvelle récolte, cette fois de mai à juin. Plus rarement, on laisse la culture en place une année supplémentaire.

L’artichaut en général (et le camus en particulier) est peu calorique, riche en fibres et en minéraux. Excellent pour le foie, il est aussi reconnu pour ses vertus diurétiques, dépuratives et antitoxiques. Plus filandreux que les autres variétés d’artichauts, le camus se consomme bouilli ou à la vapeur : ce sont ses feuilles charnues que l’on trempe dans une vinaigrette. Les fonds d’artichauts peuvent aussi être farcis.

Plante méditerranéenne (introduite en France par Catherine de Médicis qui l’apporta de son Italie natale lorsqu’elle épousa Henri II), l’artichaut est issu de l’évolution du chardon sauvage. Il se complait en Bretagne, au point de devenir le légume phare avec le chou (chou-fleur, brocoli, chou pommé) de la « ceinture dorée » : cette frange côtière autour de Roscoff, dans le Léon, s’étendant sur Trégor et le Goëlo, propice aux primeurs car fertile en limon et peu affectée par les variations de températures.

La présence de l’artichaut est signalée, avant la Révolution, à Belle-Île et autour de Saint-Malo, dans le Pays bigouden et le Quimperois. Mais, c’est autour de Roscoff (Léon), où il dispose des meilleurs sols pour s’épanouir. En général, on plantait de l’artichaut, une fois les pommes de terre arrachées. Au début du XXe siècle, l’artichaut se démocratise, quittant son statut de « légume de luxe ». Le camus de Bretagne (créé en 1810 par un agronome parisien) devient le préféré des français, dépassant le petit violet. Les années 70 marquent l’âge d’or de l’artichaut breton avec 100 000 tonnes produites sur la « ceinture dorée » ! En 1990, l’artichaut violet méditerranéen sera acclimaté avec succès en Bretagne, occupant des surfaces importantes. Malgré un « tassement », la Bretagne maintient son hégémonie sur l’artichaut devant le Languedoc-Roussillon et la Provence, assurant les trois quarts de la production nationale.

L’ Artichaut, une plante nommée cynara était connue des Grecs et des Romains. Reste à savoir à quoi elle correspondait exactement. On lui a attribué des pouvoirs aphrodisiaques. Il semble cependant que l’artichaut que nous connaissons ne soit apparu en Europe qu’à la fin du Moyen Âge, et qu’il s’agisse d’un chardon transformé par sélection par les horticulteurs (tout comme le cardon).

Il serait originaire d’Afrique du Nord, d’Égypte ou d’Éthiopie. Il est régulièrement cité par les agronomes arabes ; Ibn Al-’Awwâm, agronome andalou du Moyen Âge, décrit sa culture et sa reproduction par œilletonnage, les Andalous sélectionnent des variétés à grosse tête, écrit-il (art. 2 Chap. XXVIII du livre d’agriculture), ce qui montre qu’ils le consomment.

Sa culture est mentionnée en Italie du Nord à partir du xve siècle1. En 1532, on trouve la première mention de l’artichaut en Avignon, d’où il est diffusé dans le Comtat et le Languedoc. Cette fleur de chardon améliorée par les Arabes, a été apportée de Naples à Florence en 1466 par Filippo Strozzi. La tradition veut que son introduction en France soit liée au personnage de Catherine de Médicis, qui était très friande de fonds d’artichauts. La Florentine en apporta de son Italie natale lorsqu’elle épousa le futur roi de France, Henri II. Les explorateurs français et espagnols l’importèrent en Amérique. Louis XIV aurait été également un grand consommateur d’artichauts.

  • Le camus ou camus de Bretagne : le plus gros des artichauts (300 à 500 g/pièce) ; son capitule, vert tendre, a une forme très arrondie aux bractées très serrées, courtes et larges ; créé en 1810 par un agronome parisien, il est produit de mai à novembre dans l’Ouest de la France, notamment en Bretagne ; il se consomme bouilli ou à la vapeur, avec une vinaigrette, de la mayonnaise ou de la crème fraiche ; les fonds d’artichauts peuvent aussi être farcis.

L’herboristerie traditionnelle utilise l’artichaut en feuilles fraîches ou séchées, en jus (de plante entière ou en divers extraits liquides) ou en extraits solides. En France, la Note Explicative de l’Agence du médicament (1998) admet qu’il est possible d’utiliser la feuille d’artichaut

  • pour faciliter les fonctions d’élimination urinaire et digestive ;
  • comme cholérétique ou cholagogue ;
  • pour favoriser l’élimination rénale de l’eau.

Les effets bénéfiques de l’artichaut sur le foie et la vésicule biliaire sont connus depuis longtemps et habituellement appréciés au lendemain de réveillons copieusement arrosés. Mais comme le remarque un peu sardoniquement Bruneton12 « Pour nombre de pharmacologues, les affections traitées par cholagogues et les cholérétiques auraient pour seule origine des irritations de la muqueuse gastrique : dans ces conditions, l’intérêt d’accroître la sécrétion de bile ou de stimuler la contraction vésiculaire n’apparaît pas très clairement. »

Contre-indications :

  • calculs biliaires ou obstruction des voies biliaires parce que l’artichaut stimule la production de bile
  • allergie aux plantes de la famille des composées (marguerites, asters, camomille, etc.)

L’extrait d’artichaut manifeste une aptitude à retarder l’oxydation des lipoprotéines de basses densité LDL (mauvais cholestérol). Et comme on sait que la lutéoline (et dans une moindre mesure la lutéoline 7-0-glucoside) manifeste aussi cette activité, on est en mesure de supposer que l’activité antioxydante de l’artichaut relèverait en partie de ses flavonoïdes. Rappelons que l’oxydation du LDL provoque sa précipitation sur les parois vasculaires et la formation de cellules spumeuses qui réduisent le diamètre des vaisseaux sanguins.

 

 

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Les Violettes et leur histoire

Posté par francesca7 le 16 janvier 2014

 

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L’Antiquité La Violette est connue depuis la plus haute antiquité dans le Bassin méditerranéen. L’Ionie est sa résidence divine et la légende se mêle à l’histoire et aux racines grecques puisque le nom de la génisse aimée de Zeus, Io, a donné Ion, Viole, Veieln, Veilchen, Violtje, Violina, Violet, Violette. Les Athéniennes achetaient des bouquets de violettes au coin des rues, dès l’an 400 avant Jésus-Christ et les utilisaient en pommades ou tisanes pour leurs vertus médicinales. Les Romains, qui appelaient les violettes odorantes, violettes de mars, en raison de leur saison de floraison, n’hésitaient pas à les tresser en couronne sur leur tête pour effacer les affres des migraines provoquées par leurs libations.

Le Moyen Age et la Renaissance Les fleurs odorantes doubles étaient connues et se sont perpétuées dans les villas romaines, les monastères et les jardins des simples du Moyen Age. En 904, paraît en araméen un texte sur la culture des violettes. Le traité, assez original, révèle l’influence puissante des signes du Zodiaque qui règle l’ordonnance des divers travaux. Chaque rang de plantation était précédé d’un pied de rue, herbe médicinale dont l’effet protecteur nous échappe.

Le Moyen Age a beaucoup utilisé la violette, et Armand Millet ne manque pas de citer de nombreux ouvrages anciens consacrés aux usages de cette plante. Par ailleurs, la Flore de Basilius Besler, botaniste et pharmacien de l’Archevêché d’Eichstâtt en Allemagne, nous présente des planches de violettes d’une surprenante précision au début du XVIe siècle. Les espèces sauvages de la violette de mars, voisinent avec les variétés cultivées à fleurs doubles de la Viola martia ala fiori multiplici albo ou de la purpurea.

Les XVIIe et XVIIIe siècles Henri IV, Louis XIII et leurs descendants se parfumaient et se poudralent à la violette pour couvrir les odeurs du corps. Les violettes se retrouvèrent tout naturellement dans le Potager du Roy à Versailles, en bordure des carrés de légumes et, de là, sur les tables du palais. La Quintinye nous a rapporté comment il en élevait certaines variétés de couleur rose, blanche ou bleue sous forme d’arbres pour la gloire du grand Roi, Louis XIV.

 

Les Violettes et leur histoire dans FLORE FRANCAISE 220px-Fleur_violetteLe grand botaniste et voyageur Johannes Costaeus nous dit que la violette double et très parfumée, qui fera plus tard la renommée de la Ville Rose, est née dans la lointaine Perse et fleurissait au XVIIe siècle les jardins de la Sublime Porte. Ses fleurs étaient alors aussi grandes que de petits boutons de rose. La violette, dite de Parme, passe par Naples avant de s’installer en 1755 dans la région de Grasse où elle est surtout utilisée en parfumerie. Elle est devenue, par l’habileté des horticulteurs, l’une des fleurs parfaites qui y régnèrent pendant plus d’un siècle. Sa renommée la fit se répandre dans toute l’Europe pour ses fleurs, et sa culture devint l’une des plus importantes productions hivernales.

C’est une Viola suavis à fleurs très double, mauve pâle et suavement parfumée. Améliorée sans cesse par la sélection, elle se répand peu à peu dans les grandes maisons d’Europe. Par contre, si son histoire originelle reste à écrire, les documents nous manquent. Peut-être les manuscrits en turc ancien dorment-ils toujours dans une bibliothèque ottomane ?

A Paris, pendant la Révolution, les jeunes bouquetières vendant des violettes au coin des rues sont taxées et leur commerce est strictement réglementé, c’est dire à quel point il devait être florissant ! Ici encore, la cueillette sauvage ne suffit plus. La floraison printanière ne satisfait pas la demande croissante, et les chercheurs sélectionnent les fleurs simples aux coloris délicats et aux parfums les plus doux qui fleurissent de plus en plus tôt et de plus en plus tard dans la saison.

 

Description de l'image image:Viola odorata Garden 060402Aw.jpg.Le XIXe siècle
Napoléon revient de l’Ile d’Elbe sous le signe des Violettes. On cultivait alors les variétés odorantes simples et quelques doubles parfumées ou inodores. Mais très vite apparaît un nouveau type de fleurs, la Quatre saisons, qui fleurit presque toute l’année. De son côté, la Violette de Naples sort des châteaux et des maisons bourgeoises où elle était confinée. Le nom de Violette de Parme lui aurait été donné en l’honneur de l’Impératrice Marie-Louise qui devint duchesse de cette possession autrichienne après la chute de l’Empire français.

Les violettes odorantes se reproduisent assez facilement de semis. Les variétés anciennes sont de race pure et les fleurs fermées et fertiles d’été donnent des graines en abondance. Les plants peuvent être obtenus par éclats ou par boutures. Les Violette de Parme, très doubles et ne donnant pratiquement pas de graines sont reproduites en enracinant leurs nombreux stolons.

En 1820, en Angleterre, le jardinier du Tsar de Russie, Isaac Oldaker, donne des statistiques précises sur sa culture de 400 pots de Violettes napolitaines sur lesquels il récolte 1062 douzaines de fleurs. Les courbes actuelles de rendement et les pics de floraison s’avèrent identiques à ceux qui ont été observés par ce méthodique jardinier. Les échanges internationaux sont intenses et les hybrides de violettes odorantes indigènes à fleurs simples avec des russes et des turques font leur apparition vers le milieu du XIXe siècle. Ce sont les ancêtres de toutes les belles fleurs à grand développement. 

En 1854, arrive à Saint-Jory la Violette de Parme dont la production de qualité de ses habiles jardiniers fera la gloire de Toulouse au point d’identifier la ville à la violette. Toute l’Europe jardinière est sous l’emprise de cette fleur. On la câline, on la choie, on la glorifie, on l’échange, on la compare, on l’améliore, mais aussi, on la critique. Plus les variétés s’éloignent des espèces originelles et plus le cultivateur devient exigeant en performances. La fin de ce siècle vit l’apogée des violettes, tant par l’apparition de variétés à fleurs simples très parfumées que par la qualité des fleurs ou le savoir-faire des producteurs.

Le sud de Paris avec Bourg-la-Reine, Fontenay-aux-Roses, Rungis, Sceaux, va compter jusqu’à deux cents hectares de châssis. La ligne de chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée ouvre le nord de la France et de l’Europe à toutes les fleurs de la Côte d’Azur. Alphonse Karr, jardinier journaliste, en assure la promotion jusqu’à Londres, Bruxelles, Amsterdam et toutes les grandes villes. Les surfaces de violettes atteignent mille hectares dans la région d’Hyères dont deux cents pour la fleur coupée, mais les cultures s’étendent aussi jusqu’à Nice.

L’Italie possède aussi ses régions de production. San Remo et les hauteurs de Rome, mais aussi Udine, capitale du Tyrol exporte alors sur Vienne, Berlin, la Pologne et la Russie. Les empires austro-hongrois et allemands ont aussi leurs centres à Gorizia (Gorz) et Trieste et sur les ceintures des grandes villes. Les variétés nordiques sont bien adaptées au climat, mais plus tardives que celles du midi. L’émulation est grande et la concurrence très âpre. L’arrivée des petites fleurs de la Côte d’Azur ou de l’Adriatique ne plaît guère aux producteurs locaux. Et l’on entend souvent dire en Allemagne que les fleurs importées sont moins fraîches, moins parfumées et qu’elles tiennent moins longtemps que celles du pays. A Londres, surtout desservie par le Devon et les alentours, on est encore plus sévère. Les droits de douane sont majorés de 500 % pendant la durée de forte production des fleurs coupées anglaises. A-t-on inventé mieux depuis pour se défendre de la concurrence étrangère ?

Partout les variétés simples et doubles sont cultivées indifféremment et Toulouse, comme Hyères et la Côte d’Azur, n’a pas échappé à cette règle. Peu à peu les fleurs simples, notamment la Victoria et d’autres très grandes fleurs, montées sur un long pédoncule ont pris partout le pas sur les Parme, sauf à Toulouse où la fleur double reste la préférée. Les techniques diffèrent selon les régions et le climat. Sous les cieux méditerranéens de France, d’Italie et d’Algérie, la production se fait à l’air libre en billon, à l’abri d’un rang de pois ou sous l’ombre légère des oliviers ou des orangers. Parfois la plantation est protégée par des claies pendant les nuits froides comme à Hyères.

Les violettes sont utilisées pour leurs fleurs, mais aussi pour leur parfum. A Grasse et sur la Côte d’Azur, les corolles sont récoltées par d’agiles Piémontaises en octobre et en mars au moment où les bouquets se vendent moins. Les parfumeries pratiquent l’enfleurage avec des graisses et fabriquent des pommades. Ensuite, vient la distillation par la vapeur d’eau ou l’extraction chimique de la concrète. Le XXe siècle

 

En 1900, la Côte d’Azur distille pour la parfumerie 200 tonnes de fleurs de Violette de Parme et de Victoria et 100 tonnes de feuilles. La Parme, remplacée peu à peu par la Victoria, disparaît complètement à Grasse en 1932. Dans les années 1970, on traite de 300 à 400 tonnes de feuilles. Un kilo de fleurs de Parme (4000 corolles) vaut de 5 à 7 francs en 1925 et le kilo d’absolue, 20 000 francs. Mais le goût du public, moins aisé, se tourne vers d’autres extraits puissants. La chimie tire l’essence des feuilles, puis du rhizome de l’iris de Florence pour fabriquer finalement des ersatz meilleur marché parmi lesquels domine Flonone synthétique. Le déclin est amorcé, dû au coût élevé de la main-d’oeuvre, au non renouvellement des plantations et à la concurrence effrénée de nouvelles espèces florales introduites sur le marché.

A Hyères, les fleurs réunies en bouquets ronds, sont rapidement mises au frais dès la cueillette, puis expédiées en bottes comprenant des bouquets de 50, 100, 150 et 200 fleurs que l’on appelle boulots. L’emballage courant est alors le panier de roseau. En Angleterre, l’employé de bureau renouvelle chaque matin sa boutonnière de violettes, mais chez nos voisins, la fleur préférée est la Parme Marie-Louise, plus grosse, plus foncée et rayée de rouge sur le blanc. Cette variété est chérie par les Américains qui en consomment alors à New-York. jusqu’à 1 000 000 de brins par jour.

Après le deuxième conflit mondial, la demande s’affaiblit et la production s’éteint, vaincue par la mode changeante, les coûts de production, les maladies, la concurrence de nouvelles fleurettes et les techniques inappropriées. Les variétés disparaissent ou se dénaturent.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsMais, curieusement, tout n’est pas perdu. La nostalgie et le retour aux valeurs du passé rappellent les violettes. Les années 80 laissent frémir un renouveau universel, timide certes, mais continu et prometteur. Les horticulteurs ont la ferme intention de démarginaliser la violette. La France prend les problèmes techniques à leur base en commençant par la régénération des variétés utilisées. Tourrettes-sur-Loup relève le défi avec la Victoria et remplace peu à peu tous les plants des douze hectares en culture. Toulouse poursuit son avancée technique avec ses nouveaux plants sains de Parme et sa méthode rationnelle de culture hors sol.

L’Egypte poursuit se production sur une dizaine d’hectares à l’ombre des maïs et des tournesols. La Californie a ses propres cultures. Enfin, les passionnés américains et anglais ont fondé l’International Violet Association (Association Internationale de la Violette) réunissant les producteurs et les amateurs des Etats-Unis et d’Angleterre auxquels se sont joints ceux de France et d’Italie.

Cette chronique est extraite de la réédition enrichie de l’ouvrage  » Les violettes  » d’Armand Millet paru en 1898.

L’auteur est né à Bourg-la-Reine le 8 septembre 1845, et y mourra le 9 août 1920. Sa famille cultivera les violettes de 1838 à 1940, dans un centre horticole prestigieux où : résonnent encore les noms de leurs contemporains, Jamin, Durand, Margottin, Delabergerie, Jost, Bruneau, Nomblot. Il reprend l’exploitation en 1868. En 1874, il rejoint la Société Nationale d’Horticulture de France. Il crée de nouvelles variétés de violettes et les présente dans les grandes expositions internationales où elles reçoivent de hautes récompenses.

(D’après Les violettes, édition enrichie de l’ouvrage paru en 1898)

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Tapis de violettes en bourgogne et ailleurs

Posté par francesca7 le 16 janvier 2014

 

Selon le positionnement des pétales, les espèces sont appelées «violettes» ou «pensées». Les violettes sont parfois appelées «herbes de la Trinité».

Une fleur de violette ou un bouquet de violettes

img-1Les devises d’Agnès de Bourgogne se retrouvent à la fois dans le texte et l’illustration du Paradis de la Reine Sybille, écrit pour elle par Antoine de La Sale. Ce manuscrit offre un cas très particulier de folio de dédicace qui présente à la fois les armes et emblèmes du dédicant et du dédicataire, à savoir ceux d’Agnès de Bourbon, des plumes d’autruche et des violettes, et ceux d’Antoine de La Sale (voir ce personnage). La devise de la violette est déjà celle utilisée par Marguerite de Bavière-Hainaut, mère d’Agnès de Bourgogne (voir ce personnage). Le manuscrit d’Agnès de Bourgogne est également chargé du mot TOUT POUR LE MYEULX

On retrouve cette devise mentionnée dans le texte même du roman. Cet emblème figure encore dans le folio consacré à Charles Ier et à son épouse dans le célèbre armorial de Guillaume Revel.

La violette est une fleur appréciée au Moyen Age pour son parfum et ses vertus curatives contre les maux de gorge et de tête.

 

La violette fleurit au printemps pour la plupart des espèces et en automne si les conditions climatiques s’y prêtent (alternance de nuits froides et de jours chauds ensoleillés).

 la violette odorante est utilisée :

  • En confiserie, pour les bonbons à la violette élaborés à partir de fleurs fraîches cristallisées dans le sucre. Ils sont une spécialité de Toulouse.
  • En pâtisserie, pour la confection de sirops.
  • En cuisine, dans les salades de fruits, farces de volailles et pâtés de viandes.
  • En parfumerie, pour le célèbre parfum de violettes ; c’est une fleur au parfum envoûtant et suave auquel certains ont prêté un pouvoir aphrodisiaque.
  • Jadis, dans le domaine de la santé, pour soigner les maux de tête, l’insomnie et la mélancolie. Et utilisé pour guérir l’acné et infection de la peau. Ses graines ou fleurs entraient dans la composition de remèdes de la pharmacopée maritime occidentale au xviiie siècle : catholicum simple ; diaprun solutif.
    • Description de cette image, également commentée ci-après
    • Pour cristalliser les pétales de Violettes, il faut…
    • 40 gr de fleurs
    • 1 oeuf
    • 50 gr de sucre en poudre
    • Montez l’oeuf en neige, en recouvrir les pétales de Violette ( préalablement passés sous un filet d’eau froide ).
    • Trempez les fleurs dans le sucre, mettre  sur une grille et laissez sécher…
    • Vous pouvez le faire avec de nombreuses autres fleurs…
    • ( Les feuilles des Violette peuvent être consommées crues dans des salades ou pour parfumer un dessert… )

 

Dans le langage des fleurs, la violette représente la timidité, la modestie et la pudeur, par allusion à la petite corolle qui semble hésiter à sortir de son écrin de feuilles. Bleue, elle témoigne de la fidélité ; blanche, elle évoque le bonheur champêtre. Toujours dans le langage des fleurs, la violette symbolise l’amour secret. C’est ce que signifie en principe l’offrande d’un bouquet de violettes. Ainsi, dans la série romanesque des Jeunes Filles, d’Henry de Montherlant, Andrée Hacquebaut dépose un bouquet de violettes devant la porte de Pierre Costals, dont elle est amoureuse, ce qui plonge Costals dans l’embarras.

Mais une autre interprétation veut que la Pensée représente le souvenir. Dans la mythologie, la nymphe Io fut aimée de Jupiter. Mais les amours de celui-ci furent une fois de plus contrariées par son épouse Junon, qui se vengea en changeant sa rivale en blanche génisse. Ainsi métamorphosée, Io errait tristement lorsqu’elle vit sortir de terre des petites fleurs qui tournèrent leurs corolles vers elle. Elle reconnut en elles les pensées de ses amis venus la consoler.

Violette est un prénom de femme. Ce prénom est fêté le 5 octobre, à la Sainte-Fleur, comme les autres prénoms floraux.

Napoléon Bonaparte a été surnommé Père La Violette par ses soldats lors de son séjour à l’île d’Elbe, parce qu’il devait revenir avec les violettes, c’est-à-dire avec le printemps. Cette fleur fut ensuite le signe de ralliement des bonapartistes durant les Cent-Jours.

L’image de la violette impériale réapparaît en France sous le Second Empire lorsque les Palmes académiques adoptent cette couleur en 1866. Violettes impériales est également le titre d’uneopérette interprétée par Luis Mariano, d’abord sur la scène du théâtre Mogador puis à l’écran dans un film de Richard Pottier en 1952, et dont l’action se situe sous le Second Empire.

Il existe une Confrérie de la violette à Toulouse. Cette ville est aussi appelée la Cité des violettes, car la production de cette fleur y était très importante. La Violette est l’une des récompenses décernées par l’Académie des Jeux floraux de Toulouse.

La violette est également l’emblème de la ville de Toulouse.

Les débuts de la violette à Toulouse sont mal connus. Les historiens la datent plus ou moins précisément de l’année 1854. Les premières cultures connues se situent au nord de la ville. Les producteurs vendaient leur production sur le marché aux violettes des Jacobins et dans les rues du centre-ville. En 1908, une coopérative est créée : la coopérative de violettes et d’oignons. La violette de Toulouse a ses heures de gloire durant la première moitié du xxe siècle. Elle est exportée en Europe et jusqu’en Russie. Cette culture occupe alors 600 producteurs sur une vingtaine d’hectares. Mais la culture de la violette connaît une crise qui finit par tuer la plupart des producteurs. L’hiver de 1956 très rigoureux provoque de nombreuses pertes. Le développement des techniques de culture sous serres permet désormais d’obtenir d’autres fleurs que la violette en hiver. En 1983, la coopérative disparaît et seuls quelques producteurs subsistent.

En 1985, un ingénieur agronome, Adrien Roucolle, décide de relancer la culture de la violette à Toulouse pour éviter l’extinction de la variété. Un conservatoire des plantes est mis en place pour sa sauvegarde. En 1992, la culture in vitro de la violette est possible et permet de produire les plants de violette exploités aujourd’hui par une dizaine de producteurs.

Tapis de violettes en bourgogne et ailleurs dans Bourgogne 220px-Violettes1040056En 1993 se crée alors une association « Terre de Violettes » ; elle regroupe à la fois les industriels qui produisent parfum, liqueurs et violettes cristallisées, les producteurs et les passionnés. Pour redynamiser et moderniser l’image de la fleur, Terre de Violettes agit comme « agence de communication », elle intervient auprès des médias et lance la Fête de la Violette ; grâce à son travail, on parle de la violette de Toulouse sur les grandes chaînes de télévision, dans les journaux en France et à l’étranger, elle intervient lors des demandes de création de Conservatoire National de la Violette auprès de la ville de Toulouse. Terre de Violettes poursuit son action jusqu’en 2003, date à laquelle la ville de Toulouse organise officiellement la Fête de la Violette.

L’activité de cette association semble être à l’origine du lien que l’on fait aujourd’hui entre la violette et Toulouse. En effet, cette fleur et sa culture sont connus depuis la plus haute antiquité, et il a existé dans la deuxième moitié du xixe et la première moitié du xxe siècle de nombreuses autres grandes régions de production à Hyères, à Grasse, sur la Côte d’Azur, ainsi qu’en Italie, en Allemagne, en Autriche-Hongrie, en Algérie, car la fleur était très à la mode pour son utilisation en ornement et en parfumerie.

 

 

 

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Histoire de Poivre et son arrivée à nous

Posté par francesca7 le 21 décembre 2013

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Le poivre est une épice obtenue à partir des baies de différentes espèces de poivriers, des plantes de la famille des pipéracées. Seuls les fruits du Piper nigrum, du Piper cubeba et du Piper longum ont droit légalement à l’appellation de poivre.

L’espèce Piper nigrum produit, selon le stade de sa récolte et le type de sa préparation, le poivre vert, blanc ou noir. Le poivre gris étant simplement du poivre noir.

  • le vert est obtenu par la conservation humide de baies immatures ;
  • le blanc est constitué de baies mûres débarrassées de leur péricarpe ;
  • le noir est obtenu à partir de baies parvenues presque à maturité, fermentées puis séchées ;
  • le rouge est la baie de poivre arrivée à pleine maturité ;
  • le gris est du poivre noir moulu, c’est pour cela qu’on ne le trouve qu’en poudre. C’est le mélange du péricarpe noir et du cœur blanc qui donne cette couleur grise particulière.

L’espèce Piper longum produit le poivre long, très utilisé dans l’Antiquité et au Moyen Âge, mais presque oublié de nos jours. Le Piper cubeba produit le poivre cubèbe, un grain rond à petite queue, d’où son nom de « poivre à queue ».

L’histoire du poivre en dix dates

-324 Lors de ses expéditions asiatiques qui l’amenèrent jusqu’aux rives de l’Indus, Alexandre le Grand a probablement découvert les poivriers.
-25 Le gastronome romain Apicius fait l’éloge du poivre dans son livre de cuisine « le livre d’Apicius ».
Il décrit le poivre comme étant la reine des épices.
176 Devant le succès commercial du poivre, l’empereur 
Marc Aurèle décide de faire payer des droits de douane pour son importation.
410 Lors du sac de Rome, le roi des Wisigoths – Alaric - exige des Romains une contribution de 5000 livres de poivre, outre le butin.
1101 Les soldats de Gènes reçoivent chacun 1 kilo de poivre en récompense de la conquête de Césarée.
1150 Une guilde des poivriers, « The Guilde of Peppers » est créée à Londres. Seuls les membres de cette société officielle peuvent pratiquer le commerce du poivre.
1460 Alors qu’Henri le Navigateur s’éteint, un de ses navires revient à Lisbonne chargé entre autres de « graines de paradis » trouvées le long de la côte de Guinée; Libéria et Sierra Leone actuels.
1499 Retour triomphal à Lisbonne de Vasco de Gama, dont les vaisseaux sont chargés d’épices. 
L’Occident a brisé le monopole séculaire des épices !
1602 La Compagnie des Indes Orientales est créée. Elle possédait le monopole des droits commerciaux sur les épices et les poivres pour toute la zone située à l’est du Cap de Bonne-espérance.
2003 Lancement officiel de l’Académie des poivres et des autres épices exotiques à l’Espace Senghor à Bruxelles en présence d’une centaine de personnes.

Issu de l’Académie des Poivres

Le Poivre Blanc : le plus raffiné, est issu de la baie cueillie a maturité optimale: le grain est complètement formé, et à fait le plein de son arôme. Il est récolté lorsque la pulpe rougit, puis est trempé dans l’eau courante provenant d’une source naturelle pendant une dizaine de jours. C’est le rouissage. Il est ensuite lavé à grande eau, et séché au soleil. Débarrassé de la pulpe, le poivre blanc est moins piquant et plus doux que le poivre noir. Le poivre blanc de Penja est exceptionnel par son arôme et son parfum. Puissant et suave à la fois, ce poivre à un fond animal velouté. Ces notes sont lourdes, boisées, ambrées Histoire de Poivre et son arrivée à nous dans FLORE FRANCAISEet musquées.

Le Poivre noir :  Ce poivre est récolté avant maturité, dès que le cœur du poivre est formé. Il est ensuite séché au soleil pendant plusieurs jours. La pulpe, qui est verte à la récolte, se noircit et se rétracte sous l’effet de la chaleur.

Le poivre vert : Quelques semaines après la  floraison, les grappes de poivre apparaissent sur les lianes. Ce poivre est récolté manuellement, grappe par grappe, avant que le grain ne soit formé, c’est à dire avant maturité. Il est lavé et expédié 2 fois par mois par avion, afin d’offrir aux restaurateurs un maximum de fraîcheur. Il se conserve a température ambiante pendant une semaine, mais il peut se congeler pendant plusieurs mois. Idéal pour sauces et décoration

les 3 poivres : Il s’agit d’un mélange harmonieusement dosé afin d’associer la saveur du poivre blanc, la puissance donnée par le poivre noir et le parfum subtil et doux du poivre vert lyophilisé. »

Poivre rose

 dans Les spécialités

Le poivre rose, également appelé « baies roses », est une sorte de poivre obtenu à partir des baies de l’espèce Schinus terebinthifolius.

Aussi apprelé : Baie rose de Bourbon – Poivre de Bourbon – Poivre de la Réunion – Café de Chine - Encens - Faux poivre – Poivre brésilien – Poivre d’Amérique – Poivre marron – Poivre rosé – Poivre rouge – Poivrier d’Amérique.

Production

Île de la Réunion, Amérique du Sud, Floride, Madagascar, Nouvelle-Calédonie.

En trop grandes quantités, le poivre rose devient toxique : une douzaine de graines par plat est une mesure raisonnable.

La baie rose entre aussi dans la composition de certains parfums.

LE POIVRE : Son nom vient du sanskrit pippali, devenu en grec (peperi), puis en latin piper. La culture du poivrier est originaire de la côte ouest de l’Inde (côte de Malabar), dans l’État du Kérala, et a gagné d’autres pays d’Asie du Sud-Est, Madagascar et le Brésil. Son utilisation en Grèce daterait de l’épopée d’Alexandre le Grand.

L’histoire antique du poivrier noir est souvent liée, et confondue, avec celle du poivrier long. Les fruits secs de ce dernier ont été utilisés pour fabriquer des pipeaux. Les Romains se sont servis des deux espèces sans distinction. C’est la découverte du Nouveau Monde et des poivres du Chili qui a fait disparaître l’utilisation du poivrier long. Les fruits du poivrier du Chili, une fois secs, ressemblent à ceux du poivrier long. Celui-ci était plus facile à cultiver en Europe.

Au Moyen Âge, les épices comme le poivre étaient rares. La conquête d’Alexandrie en 642 par les Arabes marqua le début de ce commerce. Voilà pourquoi les épices les plus rares, comme le poivre, furent utilisées comme monnaie d’échange. De là vient également l’expression « cher comme poivre », ou encore « payer en espèces (épices) ». La richesse d’un noble pouvait être évaluée selon la quantité de poivre qu’il possédait. C’est ainsi que par la suite, les riches Allemands furent surnommés sacs de poivre.

Son prix exorbitant au Moyen Âge et le monopole sur le commerce tenu par l’Italie négociant avec les marchands arabes, a été l’une des raisons qui ont conduit les Portugais à trouver une route maritime vers l’Inde. En 1498, Vasco de Gama devient la première personne à atteindre l’Inde en contournant l’Afrique ; alors que les marchands arabes à Calicut demandent à son messager ce qu’il est venu faire, il répond « nous cherchons des chrétiens et des épices ». À la suite du traité de Tordesillas en 1494, le Portugal se voit accorder les droits exclusifs sur la moitié du monde dont est issu le poivre noir.

grains de poivre noirLes Portugais développent des comptoirs en étendant leur Empire des Indes grâce à Afonso de Albuquerque. Leur monopole ne dure que la première moitié du xvie siècle, les anciens réseaux de commerce arabe et vénitien parvenant à contourner leur blocus d’autant plus aisément que les Portugais ont plus d’hommes à garder les forteresses de leurs comptoirs que de marins et qu’ils n’ont jamais réussi à prendre le contrôle du golfe d’Aden. Au xviie siècle, les Portugais perdent la quasi-totalité de leur commerce du poivre de l’Océan Indien au profit des Hollandais (avec leur Compagnie hollandaise des Indes orientales) et des Anglais qui profitent de l’annexion de l’Espagne sur le Portugal (1580 à 1640). À partir du xvie siècle, le poivre est également cultivé à Java et Sumatra (îles qui font aujourd’hui partie de la République d’Indonésie), en péninsule Malaise et ailleurs en Asie du Sud-Est, mais ces régions commercent principalement avec la Chine, où l’on consomme le poivre localement. Le poivre est également cultivé à Madagascar. Les ports de la côte de Malabar commercent le poivre avec les Hollandais dans la période 1661-1663.

Avec le développement du commerce et la démocratisation des épices au niveau de la bourgeoisie, le prix du poivre diminue à la Renaissance (la valeur totale des importations qui augmentent restant quant à elle constante).

La production mondiale de poivre atteint un pic de plus de 355 000 tonnes en 2003. Elle est de 271 000 tonnes en 2008.

Le Viêt Nam, qui ne produisait que 25 000 tonnes en 1994, est depuis 2001 le premier pays producteur et exportateur. Il a le plus fort rendement à l’hectare : 1 200 à 1 300 kg (l’Inde a un rendement de 314 kg).

En 2008, le Viêt Nam produit 34 % de la production mondiale (98 500 tonnes). Il est suivi de l’Inde (19 %, 50 000 tonnes), du Brésil (13 %, 35 000 tonnes), de l’Indonésie (9 %, 25 000 tonnes), de la Malaisie (8 %, 20 000 tonnes), de la Chine (7 %), du Sri Lanka (6 %) et de la Thaïlande (4 %).

Toujours en 2008, les exportations sont de 83 000 tonnes pour le Viêt Nam, de 36 000 tonnes pour le Brésil, de 30 000 tonnes pour l’Inde, de 19 000 tonnes pour la Malaisie, de 16 300 tonnes pour l’Indonésie, de 8 500 tonnes pour le Sri Lanka, de3 000 tonnes pour la Chine et de 1 500 tonnes pour la Thaïlande et 1 200 tonnes pour Madagascar.

En 2009, la production mondiale est de 285 000 tonnes dont celle du Viêt Nam atteignant 105 600 tonnes. En 2010, la production mondiale est estimée de 320 000 à 350 000 tonnes.

Une bonne partie du poivre part vers Cochin, capitale de l’épice, où se croisent négociants, acheteurs, experts et fonctionnaires.

 

 

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Histoire du champignon

Posté par francesca7 le 21 décembre 2013

Cueille

Très tôt, à l’époque des Romains déjà, les habitants d’Europe honoraient le champignon. En Amérique Centrale et Latine également, on en utilisait il y a déjà des siècles de cela. Ils étaient spéciaux et mystérieux et on les utilisait souvent pour des rituels ancestraux.

Le terme de champignon est un mot français qui s’applique à la fois aux champignons et aux moisissures. Aux alentours de 1650, un cultivateur français de melons, à proximité de Paris, découvre que des champignons poussaient sur l’engrais de forçage de ses melons. Il décide alors de cultiver ce nouveau délice exotique au niveau commercial et de l’introduire dans des restaurants parisiens exclusifs. Le champignon se voit à l’époque baptiser : champignon de Paris. Plus tard, le jardinier français, Chambry, découvre que les carrières représentaient un environnement frais et humide, idéal pour la culture des champignons, et par la suite, une importante culture de champignons se développe dans les carrières abandonnées situées aux alentours de la ville de Paris. 

Les premiers champignons cultivés l’ont probablement été en Asie aux alentours de l’an 600. En Europe, ce n’est qu’au 17ème siècle que les premiers champignons cultivés, les champignons de Paris, ont fait leur apparition. Aux Pays-Bas, c’est au début du 19ème siècle que nous découvrons également les premiers champignons, mais il faut attendre jusqu’après 1900 pour qu’ils soient cultivés à plus grande échelle dans les Mergelgrotten au Limbourg. Les premières années de culture, le champignon était un produit extrêmement exclusif et réservé aux nantis. Toutefois, depuis, des méthodes de culture plus performantes et plus efficaces ont été mises sur pied et la culture de champignons a pris un essor considérable. Ce n’est qu’après 1950 que le champignon est réellement connu du consommateur néerlandais. Depuis lors, on cultive des champignons dans diverses régions des Pays-Bas, surtout au sud des grands fleuves. La culture néerlandaise des champignons est surtout réputée pour son contrôle strict.

Au cours des 50 dernières années, les Pays-Bas sont devenus le plus gros pays producteur de champignons au sein de l’Union européenne, avec une production annuelle de 270 millions de kilos qui génère plus de 10.000 emplois. Après la Chine et les Etats-Unis, les Pays-Bas occupent la 3ème place au niveau mondial, la Chine arrivant en tête. A elle seule, elle fournit 70% de la production mondiale. Chaque année, dans le monde entier, des millions de tonnes de champignons sont cultivées.

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1651   Découverte du champignon dans les environs de Paris par un cultivateur de melons qui avait arrosé les déchets de la culture de melons avec l’eau de lavage de champignons mûrs.
1707   Première culture contrôlée des « champignons comestibles » dans le potager.
1800   Culture de champignons dans des carrières souterraines où règne un climat propice à la culture permanente de champignons.
1825   Des champignons sont cultivés sur un domaine à proximité de Haarlem.
1900   Culture des champignons dans les « grottes de velours » de Valkenburg et au St. Pietersberg près de Maastricht.
1934   Premières recherches scientifiques dans le domaine de la culture des champignons dans la    Proefstation (station d’essai) de Naaldwijk.
1946   Laboratoire de culture des champignons à Houtem St.Gerlach (Limbourg du Sud), placé sous la direction des grands pionniers des champignons, le Drs. Bels et son épouse, le Dr. Bels-Koning
1950   Construction des premières cultures modernes de champignons en surface avec plusieurs espaces de culture. Les plateformes étaient fabriquées en béton.
1953   Fondation de la CNC, la « coöperatieve 
Nederlandse Champignonkwekersvereniging » (association coopérative néerlandaise des cultivateurs de champignons) à Mook. Cette association a donné l’impulsion en vue de la fondation, en 1957, de la « proefstation voor de Champignoncultuur » (station d’essai pour la culture des champignons) à Horst.
1955   Culture dans des boîtes en bois dans une plateforme.
1960   Culture dans des lits en bois sur des rayonnages métalliques.
1975   Culture dans des rayonnages entièrement métalliques, avec mécanisation de l’apport et de l’enlèvement du compost pour champignons.
2007   Introduction MyChampi 

Source : http://www.mychampi.com/fr/home

UN SITE A VISITER : http://ruedeslumieres.morkitu.org/apprendre/champignon/origine/index_origine.html

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Neuilly prend des airs de campagne

Posté par francesca7 le 8 décembre 2013

 

 

Foi de Jean-Christophe Fromantin, qui, sans être étiqueté  » écolo « , a entrepris une vaste opération d’embellissement de la ville. Les voitures ont été repoussées hors des contre-allées et des arbres replantés par centaines. Les parcs et jardins ont été réaménagés, dans le souci d’ » améliorer le cadre de vie « , de favoriser les activités et de créer de la  » sociabilité « . Cela ne va pas sans mal car les résidents, attachés à leurs traditions, se montrent parfois réfractaires aux mutations. Afin de ne pas heurter les susceptibilités, Jean-Christophe Fromantin a fait l’habile choix de transformer le paysage en douceur. Dès son arrivée, il a mis en place des modes de circulationdouce, faisant la part belle aux piétons et aux cyclistes, réduisant le prix du stationnement à la semaine de moitié – à 5 euros. Son ambition affichée consiste à faire de Neuilly  » une ville dans le jardin « , un peu comme à Ville-d’Avray.

téléchargement (1)Un arbre pour quatre habitants

Avec ses 37 hectares d’espaces verts et ses 13 000 arbres (dont 8 000 platanes et 3 000 marronniers), la ville, située à l’orée du bois de Boulogne et du Jardin d’acclimatation, dispose d’un cadre exceptionnel. » A Neuilly, on compte un arbre pour 4 habitants, alors que la moyenne nationale est d’un arbre pour 25 habitants, se félicite le maire.Cette trame verte sera renforcée et étendue. « L’objectif n’est pas de doubler les surfaces, mais de développer des aménagements paysagers le long des avenues. » Sur 130 rues, 72 sont déjà arborées, précise Michel Deloison, l’adjoint à l’urbanisme.Nous améliorerons le cadre de vie en plantant des arbres dans les rues qui en sont dépourvues, tout en jouant sur la diversité avec des espèces rares – micocouliers, savonniers, magnolias, mûriers… « 

L’avenue du Roule prend le large

C’est le premier chantier à avoir été lancé. Entre les rues Madeleine-Michelis et Parmentier, la construction d’un parking souterrain de 351 places confiée à la société Vinci a permis de résoudre en partie les problèmes de stationnement dans le quartier. Seul bémol : la réalisation a nécessité l’abattage, il y a un an, côté impair, de platanes vieux de 50 à 60 ans. » D’ici cinq ans, on aurait de toute façon fini par les abattre « , certifie Michel Deloison. Le maire compte compenser cette perte. » Les arbres seront remplacés par des sujets de 12 mètres de hauteur et de 60 centimètres de circonférence « , dit-il. 27 nouveaux platanes ont déjà fleuri le long de l’avenue. Une seconde rangée de 33 arbres verra le jour début juin.

Les trottoirs seront élargis sur 15 mètres. Fini, les contre-allées bitumées envahies par les véhicules. Au pied des arbres, des espaces verts seront aménagés sur 3 000 mètres carrés. Il y aura du gazon et 13 000 arbustes de 4 mètres de hauteur – plantation prévue fin mai. » Les oiseaux viendront se nourrir de leurs fruits « , ajoute Frédéric Martini, responsable du service des espaces verts. Sur ces allées bucoliques, les piétons déambuleront au milieu d’une végétation luxuriante, oubliant presque les 15 000 véhicules qui traversent chaque jour l’avenue. Entre le trottoir et la file de stationnement, des pistes cyclables seront aménagées. » Il n’y a là rien de spectaculaire, note Arnaud Teullé, conseiller d’opposition UMP. Il accuse le maire d’avoir  » arraché autant d’arbres, dont une quarantaine dans le secteur Sainte-Marie pour construire un gymnase, et d’autres, centenaires, sur le côté pair de l’avenue du Roule. «  Le responsable municipal aux espaces verts assure que  » tous les arbres seront remplacés « .

Les places, nouvelles aires de vie

L’ambition du maire n’est pas qu’esthétique. Il souhaite renforcer  » l’esprit de village «  caractéristique de Neuilly. » Les principales places vont être transformées en espaces de vie, dit-il.Une douzaine d’entre elles le seront, dans les cinq ans, ainsi que les avenues et les rues qui leur sont raccordées. « 

Une première expérience a été tentée place de la mairie, où une quarantaine de fauteuils Luxembourg en fer, au dossier incliné, familiers du jardin éponyme à Paris, ont été installés. Pris d’assaut les jours de beau temps, ils ont contribué à l’animation d’une place sinistre et désertée. Des lecteurs assidus s’y retrouvent ainsi que des écoliers après la classe. » Pour lutter contre l’isolement des jeunes et des personnes âgées, il suffit de redonner une âme à ces espaces publics qui ont perdu leur vocation d’échanges et de rencontres, observe Jean-Christophe Fromantin. Nous voulons leur rendre leur attractivité en créant des animations tout au long de l’année. «  Chaque semaine, ce marathonien passionné donne rendez-vous aux habitants sur la place, pour un footing dominical dans le bois de Boulogne. Avec succès : 50 à 100 adeptes le rejoignent dès 9 h 30.

téléchargement (2)Parcs : les enfants au paradis

Après cinq mois de travaux, le square Massiani, bercé par le chant des oiseaux, est un petit coin de paradis en plein coeur de la ville qui suscite l’émerveillement des enfants. Le square a une particularité : il a été audacieusement partagé en deux zones. D’un côté, un espace de repos avec au centre un massif de pensées, tulipes, impatiences, bégonias offre un coin de rare tranquillité aux habitants qui viennent se détendre à l’ombre des marronniers. » Un cèdre offert par la communauté libanaise de Neuilly devrait être planté et une sculpture en marbre blanc de 2 mètres du Neuilléen Victor Gingembre sera inaugurée le 19 mai « , indique le maire. Là aussi, une dizaine de fauteuils Luxembourg sont à la disposition du public, avec le même succès que devant la mairie. Cependant, à peine le parc avait-il ouvert que des protestations sur la propreté se sont fait entendre :  » Les bancs sont couverts de crottes de pigeon, c’est inadmissible ! «  s’indigne une mère de famille.

Au fond du parc, derrière de hautes barrières autoverrouillantes spécialement conçues pour éviter que les enfants ne s’échappent dans la rue, une aire de jeux a été aménagée. Tout a été étudié dans les moindres détails. Au sol, un revêtement en résine perméable absorbe l’eau jusqu’à la nappe phréatique afin d’éviter la formation de flaques d’eau. Plus loin, un gazon artificiel sillonne la zone de jeux. » Le maire n’a pas la fibre écolo : il a rasé l’ancienne pelouse naturelle « , déplore Arnaud Teullé. A la municipalité, le responsable des espaces verts assure que, » plus propre et plus économique, ce gazon artificiel permet aux enfants de jouer sans se salir et d’éviter le gaspillage d’eau « .

Rue du Pont pour tous les âges

A côté de l’actuelle maison de retraite de la rue du Pont, une crèche devrait voir le jour en 2011. Le jardin qui les séparera sera entièrement rénové. » Il ne faudrait pas que la crèche empiète sur notre territoire et que notre jardin soit réduit « , s’inquiète une retraitée. Tout a été prévu : le jardin sera partagé entre des zones vouées aux enfants et des aires de repos entièrement repaysagées, pour les personnes âgées. » Entourées d’enfants, les personnes âgées se sentiront moins isolées « , estime Frédéric Martini. Un paysagiste planche sur l’aménagement du futur parc, trois propositions devaient être soumises au maire en mai. Entre un écrin japonisant, un jardin à l’anglaise et un parc à la française, il lui reviendra de choisir. » J’ai une préférence pour le jardin japonais avec ses érables, ses azalées boules, ses rhododendrons nains et ses graviers fixes plus sécurisants pour les enfants, ajoute le responsable des espaces verts.Les lilas et les aubépines seront conservés, le rhus typhina avec ses baies empoisonnées sera remplacé. « 

Afin de faciliter le mélange des générations, une passerelle sera édifiée entre le jardin de la maison de retraite et le square de l’Eau albienne, appelé à être en partie rénové. Début des travaux au printemps 2011.

Une ruche à l’île du Pont

La nouvelle bourdonne : Neuilly pourrait produire son propre miel. Avec l’implantation d’une dizaine de ruches, l’île du Pont deviendra la première station apicole de la ville. » 1 000 mètres carrés de plantes mellifères, du thym et de la bruyère ont été aménagés « , détaille le préposé municipal aux espaces verts. Quatre essaims devraient être implantés fin mai, 6 autres fin août. Encadrés par un apiculteur, cinq agents volontaires s’occuperont des ruches. La première récolte est prévue fin août pour une production estimée entre 30 et 40 kilos. La présence des abeilles dans un rayonnement de 3 kilomètres en ville implique l’emploi de produits phytosanitaires 100 % naturels et le bannissement des produits chimiques.

images (13)Déchets : plus propre la ville

La propreté a toujours été un sujet sensible pour les Neuilléens. » La ville manquait de poubelles « , reconnaît Michel Deloison. En un an, 450 poubelles en plastique transparent ont été installées. Comme les résidents se plaignaient de voir ce qu’elles contenaient, elles ont été remplacées par des poubelles opaques. » Nous récoltons plus de 20 mètres cubes de déchets par jour et plus un papier ne jonche les trottoirs « , note l’adjoint à l’urbanisme. A son arrivée, le maire a généralisé les bayaleuses aspiratrices de déchets, un genre de Kärcher à haute pression d’eau chaude qui décape les trottoirs englués de chewing-gum. » La ville paraît plus propre « , se félicite Michel Deloison. » On est passé d’un extrême à l’autre, accuse Arnaud Teullé.Le nombre des cantonniers a été réduit de 80 à 23 personnes et l’eau a été supprimée dans les caniveaux. L’avantage écologique de ces machines qui utilisent de l’eau et du gasoil reste à prouver. «  Réplique de Frédéric Martini :  » 500 000 mètres cubes d’eau et 500 000 euros sont économisés chaque année. «  

 

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