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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Gui, houx et sapin de Noël des années 1900

Posté par francesca7 le 12 septembre 2014

 

(D’après « Fêtes et coutumes populaires », paru en 1911)

 
 
2082494740_9f106c906b_oLe gui, que l’on vendait jadis pendant la semaine de Noël et du Jour de l’An, a un concurrent redoutable dans un autre végétal d’hiver, auquel on l’associe de plus en plus dans la décoration des frairies « noélesques » : le houx ; sans compter l’incontournable sapin qui, suivant sa taille, tient dans un petit pot grand comme le pouce ou pourrait abriter toute une famille à son ombre

« Au gui nouveau ! Au gui fleuri ! » Voilà qu’il retentit une fois de plus à nos oreilles, l’appel des vendeurs ambulants de mistletoe. Pendues à un gros bâton de frêne ou de bouleau, les jolies touffes vertes du viscum album balancent au pas du marchand les fines opales de leurs baies, Noël est proche. C’est un peu de l’âme de la forêt, un peu aussi de l’âme du passé, qui revit dans ce naïf appel d’un petit détaillant.

Jadis, nos aïeux s’en allaient par les rues criant l’antique Aguilané, corruption probable d’Eguinaned (le blé germe) ou, suivant d’autres, d’Acquit l’an neuf, dont le sens est plus aisé à entendre. Le gui parisien nous arrive de Meudon, de Chaville, de Verrières : il appartient à qui veut le cueillir. Les errants du pavé le savent et, confiants dans la tolérance de l’administration domaniale, ils se font une ressource, décembre venu, de la cueillette du joli végétal.

On vend bien du gui, pendant la semaine de Noël et du Jour de l’An, au pavillon des Halles ; mais ce n’est plus là du gui parisien. Importé par chemin de fer, il arrive de Normandie et de Bretagne ; il n’a point poussé sur les peupliers, comme le gui parisien, mais sur les pommiers, dont il est pourtant un dangereux parasite. Vainement, nos professeurs d’agriculture mettent-ils en garde contre ses ravages les cultivateurs normands, et bretons : le gui s’obstine ; et il est vrai que les bénéfices de sa cueillette compensent largement le mal qu’il fait aux arbres. Ce n’est pas seulement sur Paris qu’on l’expédie : l’Angleterre en fait une consommation prodigieuse. De Granville et de Saint-Malo partent chaque hiver, à destination de Southampton et de Londres, des chargements complets de gui.

Mais le gui a un concurrent redoutable dans un autre végétal d’hiver, auquel on l’associe de plus en plus dans la décoration des frairies noélesques : le houx. Cette iliacée n’a pas d’histoire ; elle ne joue pas, comme le gui, un rôle important dans nos traditions nationales. Les druides ne la coupaient pas, avec une faucille d’or, la sixième nuit du solstice d’hiver, la nuit mère, et les eubages ne la recevaient pas dans un drap de lin d’une blancheur immaculée. Mais le houx, si son passé manque de lustre, n’en est pas moins un fort aimable arbrisseau, dont les feuilles d’un vert sombre, lisses et comme vernissées, surtout les baies d’un rouge vif, font un contraste à souhait pour les yeux avec le pâle feuillage et les baies laiteuses du gui.

C’est cette opposition, vraisemblablement, qui a déterminé sa vogue. Sur les 175 espèces de houx connues, une seule habite la France, l’ilex aquifolium, au tronc droit, chargé de feuilles épineuses et persistantes, qui s’accommode des terrains les plus ingrats. Il vit en liberté dans nos forêts, où il atteint quelquefois huit et dix mètres de haut ; mais on le cultive aussi en buisson dans nos jardins. Ses applications sont fort variées : de sa seconde écorce, on tire la glu ; l’ébénisterie recherche son bois, qui prend au polissage la teinte de l’ébène ; avec ses jeunes rameaux, souples et résistants à la fois, on fabrique des manches de fouets et des houssines ; enfin, avec ses feuilles, que l’ancienne médecine utilisait comme fébrifuge, on obtient des sparadraps très adhésifs.

C’est surtout comme une plante ornementale que le houx est apprécié. D’où vient celui qu’on vend dans nos rues aux alentours de la Saint-Sylvestre ? Un peu de toutes les régions, des forêts du Morvan et de Bretagne, des boqueteaux normands, du Jura, des Vosges, même de la banlieue parisienne. Les Halles en reçoivent chaque matin de pleins chargements, que se disputent les petits détaillants du pavé.

Mais le gui, le houx, ne sont pas les seules plantes noélesques. Comment oublier encore le sapin ? Il a toutes les dimensions, ce sapin de Noël : il est tantôt un géant et tantôt un nain ; il tient dans un petit pot grand comme le pouce et, d’autres fois, il pourrait abriter toute une famille à son ombre. Mais, énorme ou minuscule, artificiel ou naturel, il porte toujours les mêmes fruits étranges : des joujoux, des sucreries, des oranges, des gâteaux, et il est tout illuminé par des cordons de lanternes vénitiennes.

Encore est-il bon de remarquer que, pour répandue qu’elle soit aujourd’hui, cette coutume des arbres de Noël était à peu près ignorée chez nous (sauf dans le Berry) avant la guerre de 1870. C’est à l’Alsace que nous l’avons empruntée, et il y a quelque chose de touchant dans cette adoption par toute la France d’une coutume restée purement locale jusqu’alors. A l’arbre de Noël s’attache le souvenir du grand Klaus, bien connu, lui aussi, des anciennes familles alsaciennes.

« Toc ! Toc ! – Qui frappe à la porte ? – C’est moi, le grand Klaus, patron des petits enfants sages, qui leur apporte un sapin tout chargé de bonbons et de jouets et qui réserve aux méchants une dégelée de coups de gaule… » Et l’huis bâillait tout large, et mein Herr Klaus entrait avec sa longue barbe de dieu polaire, ses sourcils embroussaillés, sa robe de futaine, sa hotte et son sapin. Klaus, en Alsace, est le petit nom d’amitié du vénérable évêque de Myre, saint Nicolas. Les enfants ouvraient de grands yeux, se serraient peureusement contre leurs mères, et la poignée de genêts que brandissait le bon saint leur communiquait un effroi salutaire.

C’est tout ce que voulait mein Herr : le rôle de croquemitaine lui convenait assez peu et il ne l’acceptait qu’à son corps défendant. Combien il préférait les cris de joie et les claquements de mains qui succédaient à l’émotion paralysante du premier moment, quand, de sa hotte vidée sur le parquet, sortaient, pendus aux branches du fatidique sapin, les beaux polichinelles, les sacs de pralines et les ménageries d’arches de Noé ! En Lorraine, il reprenait son nom français et faisait sa tournée accompagné du père Fouettard, qui portait des verges de bruyère et prononçait des paroles sévères dont l’à-propos étonnait les esprits enfantins.

Saint Nicolas est un peu parent du bonhomme Noël : leurs physionomies du moins se ressemblent et leurs fêtes ne sont séparées que par un léger intervalle. Et, à mesure que l’année perdait de son caractère religieux, qu’on restreignait le nombre des fêtes chômées, il arrivait qu’on ne sentait plus la nécessité d’un dédoublement de cérémonies : c’est ainsi que le grand Klaus s’effaça peu à peu devant le vieux Noël. Mais, si saint Nicolas nous a brûlé la politesse, son sapin magique a survécu. Il est, avec le gui et le houx, l’élément décoratif par excellence des veillées de Noël. C’est rarement un arbre, le plus souvent une branche fichée dans une caisse en bois, avec un peu de mousse au pied. Et il se fait, chaque année, de ces branches de sapin, un trafic considérable.

Magnifique puissance de la tradition ! Noël est vieux comme le monde : avant de devenir une fête chrétienne, il fut, chez les Celtes nos pères, la grande fête de la germination. Et le gui, le houx, les branches de sapin, qu’on vend par les rues de ce Paris sceptique et gouailleur, mais si candide au fond, attestent la persistance du sentiment ancestral. Le nom même de Noël vient du latin novellum, qui nous a donné novel, nouvel, nouveau. Sol novus, qu’on retrouve dans l’office de Noël, fut longtemps le nom du 25 décembre. Et les vieux cantiques consacrent à leur tour cette étymologie :

« Hâtons-nous de nous rendre
Près du soleil nouveau… »

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Jardin des Plantes : lieu de tout temps à la mode

Posté par francesca7 le 12 septembre 2014

(D’après « Promenades dans Paris », paru en 1906)

 

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C’est à un émouvant voyage au coeur du Jardin des Plantes, ouvert au public en 1634, que le peintre, illustrateur et écrivain Georges Cain, conservateur du musée Carnavalet pendant quelque vingt ans, nous convie en 1906, évoquant quelques souvenirs de son enfance qui s’y rattachent etretraçant l’histoire de ce lieu unique niché au sein de la capitale

Le meilleur de la vie est peut-être fait de souvenirs, écrit en 1906 Georges Cain, fils du sculpteur animalier Auguste Cain : aussi ne saurais-je franchir sans être délicieusement impressionné les grilles du vieux Jardin des Plantes où, tout enfant, un livre à images sous le bras, j’accompagnais mon père qui, comme Delacroix, comme Barye, comme mon grand-père P.-J. Mène, comme Gérôme, comme Frémiet, comme Rosa Bonheur, y installa si souvent sa petite selle à modeler à quelques centimètres des tigres et des lions qu’il copiait.

Nous y arrivions de bon matin, vers huit heures, avant l’invasion des visiteurs ; le gardien, qui s’appelait Bocquet, un grand diable, maigre, avec des yeux de flamme, caressait ses fauves, les interpellait, leur jetait de menus morceaux de viande pour leur faire donner le mouvement voulu, et ’mon père, familier par habitude avec ces belles bêtes, aux yeux parfois si doux et si profonds, leur tapotait la tête qu’elles venaient, câlines, frotter contre les barreaux.

L’odeur alcaline était violente, la chaleur lourde ; on entendait le sifflement des mangoustes et des fouines installées dans les rotondes de sortie ; parfois un rugissement de colère faisait trembler les vitres. Qu’elles étaient amusantes ces heures de travail devant les cages des fauves, dans l’arrière-couloir de la ménagerie, tout près d’une petite cour où hurlaient des chiens à l’attache !

Souvent aussi c’était dans le jardin même, sur l’herbe, devant les cerfs, les biches, les échassiers ou les vautours que ces grands travailleurs dressaient leurs petits ateliers portatifs, leurs chevalets et leurs sellettes, ou parfois à la ménagerie des reptiles, un antique bâtiment croulant de vétusté. Les crocodiles y reposaient, enserrés dans des caisses étroites comme en des cercueils ; on y voyait encore des pythons, des aspics de Cléopâtre, de hideuses araignées velues, des salamandres, des caméléons, et une couverture de laine avalée puis… rendue à peu près intacte par un serpent boa ; le directeur nous donnait des lézards verts et d’inoffensifs orvets qui causaient de folles terreurs en passant leurs fines têtes hors des poches de nos tuniques de collégiens ! Et ces courses échevelées autour du labyrinthe et du cèdre que M. de Jussieu — assure une légende dont il serait criminel de douter — rapporta « du Liban dans son chapeau », en 1735… Que c’est loin tout cela, et que de jeunes souvenirs évoque ce vieux Jardin des Plantes !

461008AnimalartistsattheJardindesPlantesAu milieu des transformations qui chaque jour modifient Paris, c’est un des rares coins qui aient heureusement gardé leur caractère ancien et charmeur ; M. de Buffon pourrait encore s’y croire chez lui ; il retrouverait même sa table de travail, reléguée dans un vague cabinet d’étude, non loin d’un groupe de marbre merveilleux, Chèvre et Enfants, dont la place devrait être au musée du Louvre et non dans un corridor. Peu de planches, d’ailleurs, seraient « à moderniser » dans le bel ouvrage que publia Curmer en 1842 : les « Huttes aux chèvres d’Abyssinie », les « Cabanes des hérons », la « Ménagerie des féroces », sont telles que les dessinaient alors Daubigny et Ch. Jacque.

Le public ne semble pas modifié : ce sont les mêmes badauds de Paris qui, penchés sur les mêmes fosses aux ours, continuent à engager l’éternel « Martin » à refaire l’ascension de l’arbre ébranché qui se dresse au milieu de la fosse. Les fleurs d’eau s’épanouissent dans les mêmes serres étouffantes et basses, près des orchidées aux formes étranges, et c’est dans le vieil amphithéâtre où professèrent tant d’illustres savants que Mme Madeleine Lemaire — qui parle des roses, des pavots et des pensées aussi merveilleusement qu’elle sait les faire revivre sur ses toiles — initie un auditoire attentif et charmé à la divine beauté des fleurs.

Dans les volumes de Curmer, de beaux messieurs vêtus comme Musset échangent avec de jolies dames drapées dans des « schalls Ternaux » de cérémonieux saluts devant « l’Entrée des grandes serres » : le décor est intact, les enfants jouent aux mêmes places, et sur les mêmes chaises de bois les mêmes grisettes, avec des costumes presque identiques, lisent les mêmes romans-feuilletons. En 1842, c’étaient les Mystères de Paris, d’Eugène Sue ; en 1906, c’est la Môme aux beaux yeux, de Pierre Decourcelle.

De tout temps, ce superbe jardin fut à la mode : Fondé en 1633 par Louis XIII sur un terrain abandonné qui servait de voirie, et dirigé par Gui de la Brosse, le Jardin des Plantes médicinales — ce fut son premier nom — eut des commencements difficiles ; mais Fagon, Tournefort, Vaillant, puis Antoine et Bernard de Jussieu, et enfin Buffon — qui mourut au Jardin des Plantes, dans le bâtiment faisant face à la rue Geoffroy-Saint-Hilaire —, coordonnent, augmentent et embellissent le « Jardin du Roi ».

Arrive la Révolution : la Nation met la main sur le « Muséum d’histoire naturelle » auquel on adjoint une ménagerie constituée avec les débris des collections royales installées par Louis XIV au bord du Grand Canal, à Versailles. Bernardin de Saint-Pierre plaida en 1792 la cause des pauvres animaux qui mouraient de faim. « Les tuerons-nous, s’était-il écrié, pour exposer leurs squelettes ? Ce serait leur faire injure ! » et le 4 septembre 1793 la collection augmente subitement ; Geoffroy Saint-Hilaire, travaillant dans son cabinet, apprend que deux ours blancs, une panthère, deux mandrilles, un chat-tigre et quelques aigles sont en bas, à sa porte, réclamant l’hospitalité.

Ces animaux, en effet, se trouvaient en état de vagabondage : à la suite d’une ordonnance de police, trois ménageries foraines avaient été saisies et expédiées au Muséum sous la conduite de leurs propriétaires indemnisés. Geoffroy Saint-Hilaire fait remiser les cages sous ses fenêtres, nourrit de ses deniers les malheureuses bêtes affamées et élève les saltimbanques à la dignité de gardiens !

Napoléon adresse à la Ménagerie les éléphants du stathouder de Hollande et les ours de Berne. Chaque année apporte sa contribution d’animaux rares et de minéraux précieux. Le Jardin des Plantes est fêté, agrandi, embelli. Le 9 juillet 1827, la girafe est présentée au Roi, et c’est un événement parisien : tout est à la girafe, on a des peignes, des broches, des manches et des ombrelles « à la girafe », son nom sert d’enseigne à un magasin de modes du passage du Saumon ; on chante même une complainte qui commence par ce vers, si j’ose dire : « C’est de l’acacia qu’elle aime à se nourrir », et se termine ainsi :

Enfin dans tout Paris on aime sa présence
Et son séjour promet la paix et l’abondance.

Sur tous les points du monde, d’intrépides et modestes savants français s’expatrient pour enrichir le Jardin des Plantes ; Duvaucel, Chapelier, Jacquemont, combien d’autres encore, sont morts sous les flèches des sauvages, les morsures dès serpents, les coups de soleil de l’Inde ou les fièvres des tropiques pour doter leur pays de bêtes inconnues, de plantes mystérieuses, de papillons féeriques, d’oiseaux rares, de brins d’herbes manquant à des herbiers. Un peu de leur âme héroïque, simple et charmante, flotte sur ce beau jardin dont quelqu’un disait : « C’est un paradis terrestre un peu vieilli : fleurs, bêtes et gens ; il y a même le serpent, et l’on y cueille des pommes inoffensives ».

Taine écrivait en 1849 à Paradol : « J’étais hier au Jardin des Plantes ; je regardais dans un endroit isolé un monticule couvert d’herbes des champs, vertes, jeunes, non cultivées, fleuries ; le soleil brillait au travers et je voyais cette vie intérieure qui circule dans ces minces tissus et dresse les tiges drues et fortes ; le vent soufflait et agitait toute cette moisson de brins serrés d’une transparence et d’une beauté merveilleuses… et j’ai senti mon cœur battre !… »

L’étroitesse des rues de Paris jusqu’au XIXe siècle, la difficulté des voyages, le peu d’élévation des maisons empêchaient les vues d’ensemble, les longues perspectives ; or le Jardin des Plantes possédait un labyrinthe, aussi ce labyrinthe, surmonté d’un belvédère, était-il, dès le XVIIIe siècle, assiégé, les jours de fête : les Parisiens découvraient Paris ! on se signalait Vincennes avec son donjon et ses tours carrées, le Père-Lachaise, les coteaux de Meudon, les ondulations de la Seine, les lointains bleus de Gentilly…

Le labyrinthe existe encore et le spectacle n’a pas varié : la foule échange à la même place les mêmes exclamations qu’aux siècles derniers !… Un public bon enfant, confondu dans le plus amusant pêle-mêle, continue à s’esclaffer aux gambades des singes, aux plongeons des otaries, aux bâillements énormes de l’hippopotame ; l’éléphant persiste à engloutir des kilos de petits pains et le chameau promène ses yeux doux et bridés sur un petit monde admiratif et joyeux ! Devant les sinistres cages, trop sombres, trop étroites, indignes de Paris, où sont prisonniers les grands félins, c’est une stupeur ; et d’odieux imbéciles agacent d’un grotesque parapluie l’animal captif qui se meurt d’étisie derrière des grilles noires.

images (8)Au muséum d’anthropologie, la foule défile, intimidée, parlant plus bas, devant ces successions de squelettes, ces ostéologies bizarres et compliquées, et ce troupeau d’ignorants nous rappelle une stupéfiante réponse faite il y a vingt ans au peintre Vibert par un vieux modèle :

— Venez travailler demain dimanche, père Sauvage, j’aurai besoin de vous pour achever mon tableau.

— Impossible, monsieur Vibert, demain je vais avec les enfants voir mon grand-père.

— Votre grand-père ? Quel âge avez-vous donc ?

— Soixante-dix-sept ans.

— Et vous avez encore votre grand-père ?

— Mais oui… au Jardin des Plantes… Il est squelette… pas loin de l’assassin de Kléber… Sauvage le Marin… Alors tous les mois je vais le voir avec mes petits-fils. Oh ! les gardiens nous connaissent, ils nous disent : « Vous venez pour le grand-père ; il est toujours-là, dans la pièce à côté ! »

De grands et vastes bâtiments contiennent d’admirables collections, présentées avec un ordre merveilleux par le savant directeur M. E. Périer, des évocations d’un autre âge, des mammouths, des bolides… Mais les amoureux du Passé regretteront toujours les adorables petites pièces Louis XV aux plafonds tapissés de crocodiles empaillés, de poissons volants, d’espadons, où se classaient les anciennes collections du « Jardin du Roi ».

Quelle intimité discrète et charmeuse ! Quel cadre idéal que ces fines boiseries grises si délicatement ouvragées ; on y admirait les plus beaux lépidoptères de tous les pays, depuis les fulgurants papillons aux éclats métalliques des Grandes Indes et des Amériques jusqu’aux phalènes de Fontainebleau qui ressemblent à des feuilles mortes jaunies et desséchées ; on y rencontrait le « grand sphynx à tête de mort » comme le minuscule papillon bleu de nos prairies de France ! Le temps avait comme poudré et légèrement terni l’éclat merveilleux de leurs colorations premières, et cela valait mieux ainsi : trop éclatants, ils auraient détonné dans ce milieu un peu vieillot, et c’était un charme de plus que d’admirer ces joyaux de l’air si légèrement recouverts d’un rien de la poussière du Passé !…

Mais le soir tombe : les rires d’enfants et les chants d’oiseaux s’éteignent ; on perçoit au loin le rugissement plaintif d’un grand félin prisonnier, une tourterelle sauvage regagne hâtivement son nid enfoui dans les branches d’un marronnier rose ; l’air est comme embaumé ; toutes les fleurs de tous les arbres exhalent vers les premières étoiles leurs derniers souffles parfumés, et la nuit bleue descend sur le Jardin qui s’endort…

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Il était une fois la reine des reinettes

Posté par francesca7 le 12 septembre 2014

 

 

téléchargementDepuis des millénaires, la pomme satisfait notre gourmandise. Elle est aussi un allié santé. Ma préférée : la reine des reinettes.

Avec la pomme, nous sommes à la fois dans un livre des records et un conte de fées. Dans la gourmandise absolue et l’abécédaire du bien-être. On en trouve partout, de toutes sortes et en toutes saisons. D’août à octobre, n’hésitez pas, choisissez la reine des reinettes et régalez-vous. 

Ses records : la pomme est le troisième fruit le plus consommé au monde, après les agrumes et la banane. En France, elle est numéro 1. Il en existe plus de 20 000 variétés et tous les camaïeux, du vert « pomme » au rouge foncé, en passant par les panachés de jaune et orangé.

Son conte de fées commence au néolithique sur les plateaux d’Asie centrale où l’homme la croquait déjà. Elle a ensuite traversé les siècles, les déserts et les océans. Consommée en Chine (qui en est aujourd’hui le plus grand producteur au monde) il y a trois mille ans, elle emprunte la route de la Soie, fait halte chez les Arabes, les Grecs puis les Romains. Elle est adoptée partout.

La pomme satisfait à merveille notre gourmandise : en France, marchés et supermarchés en proposent une bonne quinzaine de variétés selon les saisons, de la plus consommée (la golden) à la moins courtisée (la grany). Je les aime toutes : gala, pink lady, boskoop, canada, chantecler… Mais en automne, la reine du goût est la reinette. Légèrement acidulée, avec un arôme de miel, elle est parfaite à croquer, compoter, cuisiner ou pâtisser. Et lorsqu’elle s’efface, en octobre, je recommande, pour toute tarte ou compote, de mélanger trois variétés pour tenter d’approcher la saveur de la reine des reinettes.

« Une pomme chaque matin éloigne le médecin. » Ce dicton est confirmé par la science, la pomme se révélant une véritable source de forme et de bien-être. Sa vitamine C (surtout dans la peau), ses fructoses et glucides, assimilables lentement par l’organisme, en font l’aliment idéal des sportifs – et donc de nous tous. Ses vertus thérapeutiques entraient même dans la composition d’onguents. Ainsi, le mot « pommade » vient-il du mot « pomme ». 

Et les pesticides alors ? La pomme est moins affectée que d’autres fruits, tels le raisin ou la fraise. La législation européenne impose en effet un délai entre le dernier traitement et la mise sur le marché pour favoriser l’élimination des produits de traitement. Mon conseil : lavez-la bien (quand elle est non bio) avant de la croquer. David Servan-Schreiber la nettoyait au savon…

Et juste avant de vous mettre aux fourneaux pour préparer ce délicieux dessert, une dernière révélation : si votre anniversaire tombe le 22 octobre, vous êtes né(e) le jour de la pomme, selon le calendrier républicain français. Une fête de plus ! 

 La Reine des reinettes est une variété de pomme remontant au moins au xviiie siècle.

La Reine des Reinettes — dont le nom primitif paraît avoir été Kroon Renet, signifiant ‘Reinette de la Couronne’ en néerlandais — est née vers 1770. La Hollande, où depuis longtemps on cultive plusieurs variétés de pommes Kroons, est regardée par le pomologue allemand Adrian Diel comme le pays originaire de celle-ci, qu’il décrivit en 1802. Il l’avait reçue de La Haye sous l’étiquette Kroon Renet.

En anglais, il semble que la variété s’appelle Queen of the pippin, variété distincte de King of the pippin, même si les deux sont souvent confondues.

Elle est aujourd’hui une des variétés préférées des amateurs de pommes.

Publié dans FLORE FRANCAISE | Pas de Commentaire »

les arbres du jardin, ambiance bigarrée

Posté par francesca7 le 14 août 2014

 

 

les arbres du jardin, ambiance bigarrée  dans FLORE FRANCAISE 220px-Bamboo_forest%2C_TaiwanIl y déjà quelques semaines que les cigales ont arrêté leurs incessants crissements, pourtant il continue de faire encore bien chaud ; les vendanges battent leur plein et mes voisins sont repartis pour leur ténébreuse Suède. Il arrive qu’on se promène, et l’on s’étonne alors des pourpres et des ors apparaissant ici et là, dans les bosquets, dans la garrigue et le long de la rivière ; mais l’on est surtout occupé à cueillir : les raisins, les dernières prunes, les dernières mûres, les dernières tomates, les cynorrhodons, les noix, les noisettes…

Le figuier du jardin, lui, vient d’offrir sa deuxième récolte et il a fallu recommencer à faire de la confiture.

Car le figuier, cet arbre du début des temps, cet arbre extraordinaire, n’est pas qu’un arbre sacré, rappelez-vous son rôle dans la Bible : c’est aussi un arbre généreux. Et si j’ai pour la générosité du figuier de mon jardin une grande vénération, elle se teinte parfois d’un peu de lassitude. Déjà, début de juillet, il y a une première et surprenante récolte ; ce sont les figues-fleurs, savoureuses et abondantes ; on a beau en manger tout son saoul, chaque jour, il en mûrit de nouvelles. Il faut donc passer aux confitures. On ne peut pas laisser se perdre des fruits de cette nature, et puis les amis sont contents d’en avoir un pot quand on leur rend visite !

… Alors, dans la canicule, tandis qu’on est taraudé par le désir de baignade et de farniente, on reste là des heures au-dessus des marmites à veiller sur les mélanges odorants et brûlants du sucre et des pulpes violacées de ce fruit mystérieux et charnu. Car elles sont mystérieuses, ces figues-fleurs qui provoquent, dans les cuisines et les appentis du village et de toute la région, la première vague de confitures.

“Les figues-fleurs ? Une monstruosité de la nature ! m’a dit Monsieur Gavinelli qui sait tout sur le figuier. Rendez-vous compte qu’il s’agit là d’une catastrophe génétique ; on se trouve devant une fructification sans fécondation, ce qu’on appelle une parthénocarpie. La figue-fleur, c’est un fruit non fécondé, comme la banane ou certains agrumes. En somme, ce sont des fruits anormaux.”

- Mais ces fruits anormaux sont savoureux ! dis-je.

- Oui, bien entendu, mais comme le seront les suivants ; car à l’époque où vous cueillez vos figues-fleurs, disons entre le 5 et le 25 juillet, intervient la fécondation des fruits. Un mystérieux animal, le blastophage, un hyménoptère, vague cousin des abeilles, attiré par le parfum suave émis par le figuier, arrive et féconde les bourgeons. La deuxième récolte est en route, les fruits seront mûrs en septembre.

- Cela, je le sais bien, je suis en train de faire la deuxième vague de confitures. – On arrive même jusqu’à trois récoltes au Moyen-Orient, et les figues retardées qui démarrent comme un grain de poivre sur le caprifiguier…

- Monsieur Gavinelli, excusez-moi, ma confiture est en train de brûler, et c’est un peu compliqué, mais je suis rassurée, et sur l’origine des “monstrueuses” figues-fleurs et sur le

 Marie-Joséphine Grosjean et Robert Crumb A lire : Les Cévennes, rêve planétaire, éd. Clés / Albin Michel.

figuier dont le savant mystère continue de m’enchanter. ”

images (4)Tout jardin est un paradis

Outre le figuier, un poivrier et des micocouliers, mon jardin recèle des bambous noirs tout aussi mystérieux dans leur développement que le figuier, mais ici, dans cette bourgade cévenole, il suffit de sortir de chez soi, de faire trois pas dans la traverse pour que les mystères, en tout cas certains, s’élucident.

Dans la Grand’Rue, presque en son milieu, à quelques mètres de chez moi, se trouve une échoppe remarquable dont la vitrine présente, dans un décor précieux de tissus orientaux et de bougies colorées, des flûtes traversières de toutes tailles… en bambou. On est chez Khaïm, facteur de flûtes Bansuri (terme indien qui signifie bambou musical), un des rares flûtiers voyageurs qui conduit son art de luthier de bout en bout, de la coupe du bambou jusqu’à la vente par internet de sa production renommée et recherchée. Il va lui-même choisir ses bambous dans les forêts sombres d’Assam, au nord-est de l’Inde, ou dans celles de Java, en Indonésie ; puis ils sont coupés, après les lunaisons d’automne, quand la sève est tombée. Ensuite ils sont ramenés en France où ils vont subir différents traitements.

“Il faut environ trois ans pour que le bambou soit prêt pour la fabrication”, me dit Khaïm tout en décorant de fils de couleurs la flûte qu’il vient de finir et dont il jouait quelques notes quand je suis entrée.

De la musique au silence

À deux pas de chez moi et de ma bassine de confiture qui continue sa douce ébullition, le monde s’ouvre dans toutes ses dimensions à travers l’univers des flûtes qui ramène le dieu Pan, Krisna, les Amérindiens, l’Inde et le Japon traditionnels. “Le traitement du bambou par bains et séchages successifs, je l’ai appris d’un vieux maître japonais de Shakahuchi (la flûte zen traditionnelle).

C’est un secret qu’il m’a légué, je ne peux en dire plus.” Ensuite vient la cuisson du bambou dans de la terre et du sable sur une rampe de feu, mais cela tout le monde connaît. Puis arrive la dernière phase, la fabrication de la flûte avec tous les arcanes musicaux, passage à la table de mesure, de perçage, pour l’embouchure, les trous des doigts ; ensuite vient la cautérisation, le ponçage et enfin les ligatures, ce savant tressage de fils de couleurs qui consolident et donnent à l’instrument son âme.

Dans l’atelier sombre qui sent l’encens et le bambou, de grosses bobines posées sur des rayonnages laissent pendre leurs fils de couleurs vives. Une fenêtre donne sur l’étroite Grand’Rue, une autre sur une petite cour intérieure au sol de vieux pavés d’où part un escalier Renaissance aux élégantes balustres en pierre.

On est ici dans l’ancienne synagogue du bourg, elle date du xie siècle, c’est l’une des plus vieilles de France avec celle de Mende, en Lozère. Il est tout de même remarquable que ce soit Khaïm, Français et Israélien, qui soit venu l’occuper pour y faire vibrer l’âme des flûtes ! L’esprit de l’Inde ancienne y vibre aussi, car sur ses

Marie-Joséphine Grosjean et Robert Crumb A lire : Les Cévennes, rêve planétaire, éd. Clés / Albin Michel.

flûtes, comme sur son enseigne, Khaïm grave en sanskrit le mantra OM qui, on le sait, porte toute la sagesse du monde sur sa seule syllabe, et qui pour les musiciens signifie que le silence est source de toute musique…

Je suis revenue contempler les bambous noirs de mon jardin qui jamais ne deviendront flûtes, et, pour tenter de m’accorder à leur âme, je leur ai récité quelques kôan. Puis je leur ai laissé entendre, dans l’occitan d’ici, le patois du Salavès, que le temps allait changer puisque sur le massif du Coutach, que j’aperçois entre les branches, les nuages arrivaient de l’est, ce qui pour nous est signe de pluie.

Le lendemain, le temps était bouché, on n’apercevait ni sommet ni lointain, les figuiers et les bambous pleuraient sous la bruine tiède. La confiture étant mise en pots, la maison rangée et le déjeuner avalé, il ne restait qu’à sortir marcher sous la pluie en suivant les sages adages qu’on entend encore : “Quand Coutach cargo soun capeou, lou pastre cargo soun mantel” (“Quand le Coutach porte son chapeau, le berger met son manteau”), et qui laissent bien voir quels liens indissociables unissent toujours nature et humains sur la terre cévenole.

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Marie-Joséphine Grosjean et Robert Crumb A lire : Les Cévennes, rêve planétaire, éd. Clés / Albin Michel.

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La tomate ancienne

Posté par francesca7 le 13 août 2014

 
une supercherie

(Source : Challenges)

 
 
téléchargementC’est la star des tomates mais 90% de celles que vous achetez sont des contrefaçons, issues de croisements avec des variétés industrielles sans saveur

Ce n’est pas, fort heureusement, un nouveau scandale sanitaire. Mais, presque aussi grave, une gigantesque supercherie qui risque de longtemps prolonger la défiance des consommateurs envers ce qu’on leur donne à manger. Cela fait une quinzaine d’années maintenant que la tomate, deuxième produit le plus consommé du rayon primeurs, derrière la pomme de terre, est devenue l’enjeu d’une bataille commerciale acharnée. Jamais on n’a vu sur le marché des fruits et légumes un produit aussi « marketé ».

 

Il faut bien dire qu’il y avait là, tous les ingrédients pour retourner le marché : une forte demande des consommateurs et donc des enjeux financiers considérables, une non moins forte insatisfaction de ces consommateurs qui regrettent tous le goût des tomates d’antan, la pression de la grande distribution qui réalise entre 6 et 10 % de ses ventes de primeurs avec la tomate et enfin, l’absence jusque-là de stratégie marketing élaborée. Il se consomme aujourd’hui plus de 14 kg de tomates par an et par habitant en France. Ce marché pèse 1,3 milliard d’euros.

Dans les années 2000, la grande distribution a senti que ses clients étaient en train de se lasser des tomates en vrac, sans odeur, sans saveur, cultivées hors sol, qui étaient alors sur le marché. Il faut bien reconnaître que le comportement des consommateurs est paradoxal. Ils demandent des tomates toute l’année, ce qui oblige les commerçants à s’approvisionner au Maroc, avec des produits pouvant supporter le transport et une conservation plus longue, et donc moins de goût, et, dans le même temps, ils se plaignent du goût insipide des tomates qu’ils achètent en plein hiver.

La recette bretonne pour appâter le chaland
C’est la filière bretonne qui a trouvé la solution en « premiumisant » le marché grâce plusieurs innovations. Une réactivité qui permet à la Bretagne et à sa voisine, les Pays de la Loire de fournir aujourd’hui plus de la moitié de la production française. La tomate grappe est alors née. Avec son aspect plus sauvage, sa couleur rouge éclatant, et ses fruits reliés entre eux par une tige libérant un fort parfum caractéristique, elle a été longtemps le produit parfait.

Elle a été suivie par la tomate cerise, qui a permis à ce produit de s’inviter à l’heure de l’apéritif et dans les utilisations nomades, deux moments de consommation qui font rêver toute l’industrie alimentaire et où les grands industriels du secteur réussissent moins bien avec leurs snacks et leurs marques mondiales. La tomate a aussi bénéficié des recommandations sanitaires sur la consommation de 5 fruits et légumes par jour. Il est plus facile de prendre des tomates cerises que des brocolis ou même des endives. Mais ce n’était pas encore suffisant.

Les consommateurs ont fini par se lasser aussi de la grappe pour la simple raison qu’elle n’est pas très bonne. Produite hors sol, son goût est assez fade même si son odeur est puissante. « On n’en veut même pas pour faire du ketchup, car cela obligerait à rajouter beaucoup d’arômes et de sucre », confie un professionnel.

Le filon juteux des tomates anciennes
Les experts en marketing, ont bien entendu ce qui revient constamment dans les commentaires des consommateurs : « les tomates étaient meilleures autrefois ! » Qu’à cela ne tienne, il suffisait de relancer, en les adaptant, les variétés de tomates anciennes. Surfant sur la mode des légumes oubliés et le discours des grands cuisiniers passionnés par leurs potagers, la filière bretonne s’est mise à produire en quantité industrielle des croisements de tomates ayant l’aspect des « cœurs de bœuf » ou d’autres variétés anciennes.

L’idée de départ consistait à segmenter à nouveau le marché en créant cette catégorie plus lucrative encore, des tomates oubliées, après une segmentation par la taille, par la forme et par la couleur. Un énorme succès. Ces variétés sont largement plébiscitées par les consommateurs. Mais le seul inconvénient, toujours le même, c’est le goût. « Ce que l’on appelle cœur de bœuf sont à 90 % des produits insipides, creux, à la peau épaisse et de consistance farineuse, s’indigne Alain Cohen, grossiste à Rungis. La véritable cœur de bœuf est savoureuse, molle quand elle est mûre et ne se conserve pas plus de trois jours ».

Consciente du problème, la DGCCRF a invité les commerçants à ne qualifier de cœur de bœuf que les tomates, elles sont très rares dans les commerce, de cette variété et non pas les nombreux croisements que l’on en fait. L’enjeu économique est considérable quand on sait que les variétés croisées ont un rendement cinq à six fois plus efficace à l’hectare. Et le problème n’est pas près d’être résolu car derrière cette cœur de bœuf plébiscitée par les Français, d’autres variétés contrefaites sont annoncées : la tomate ananas, la noire de Crimée, la green zebra. La salade va prendre des couleurs mais le consommateur qui rit jaune, risque de faire une colère noire.

Jean-François Arnaud
Challenges

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Un verger pour la France

Posté par francesca7 le 30 juillet 2014

La Vallée du Rhône : 

À partir de 1880, les cultures fruitières prennent le relais d’un vignoble sévèrement touché par le phylloxéra. Depuis, chaque printemps, la vallée se transforme en un superbe jardin fleuri. Composé à 70 % de six espèces (abricot, cerise, pêche, prune, poire et pomme), le verger rhône-alpin, déployé sur 42 500 ha, alimente aujourd’hui le tiers de la production nationale et se distingue par une importante production de châtaignes.

téléchargementCultures fruitières

Un climat doux, des sols favorables, des systèmes d’irrigation et des méthodes de production qui, bien que mécanisées, restent en majeure partie artisanales, tels sont les secrets de la grande qualité des fruits de la région : aux framboises et groseilles des monts du Lyonnais comme aux célèbres noix de l’Isère, il convient d’ajouter les cerises, prunes, poires et pommes cultivées en Ardèche et dans la Drôme.

Il faut noter également que la région possède plus de la moitié du verger abricotier français ; la Drôme totalisant à elle seule 79 % de la superficie régionale. En effet, l’abricot ayant bénéficié de primes à la rénovation du verger, les superficies se sont vues multipliées par trois en vingt ans.

La palme revient aussi aux pêchers , bien que leur nombre ait récemment beaucoup diminué : depuis les premières plantations en 1880 à St-Laurent-du-Pape, ils ont fait la renommée de la vallée de l’Eyrieux d’où ils se sont répandus dans la vallée du Rhône. Jaunes ou blanches ou encore sanguines, leurs variétés sont nombreuses. Les récoltes, qu’elles soient précoces, de pleine saison ou tardives, assurent une activité majeure pour la région pendant toute la période estivale. Là encore, la Drôme se distingue pour ses pêches et ses nectarines qui bénéficient d’un Label Rouge.

L’or vert

La production d’ huile d’olive est le fleuron des industries séculaires, héritée des Grecs qui plantèrent les premiers oliviers. L’oléiculture fut pourtant longtemps abandonnée au profit de la vigne et des arbres fruitiers.

En Drôme provençale, les oliveraies renaissent depuis vingt ans ; autour de Nyons, les moulins sont rénovés. Plus chère que les huiles de grande consommation vendues en grandes surfaces (avec des olives espagnoles, italiennes ou grecques), l’huile d’olive est avant tout un plaisir de gourmets, avec ses appellations d’origine et ses grands crus.

Bon à savoir – La production française représente moins de 0,2 % de la production mondiale et la France transforme 4 % de sa production en huile d’olive. Pour plus d’informations, reportez-vous au site de l’Afidol (www.afidol.org), l’Association française interprofessionnelle de l’olive.

Châtaignes et châtaigniers

Malgré la découverte d’une châtaigne fossilisée datant de 8,5 millions d’années, la légende veut que ce soient les Romains qui aient apporté dans leurs chars ces précieuses denrées en Ardèche. Les châtaigniers, surnommés « arbres à pain », furent longtemps la base de l’alimentation quotidienne et l’une des principales ressources pour les villageois qui les cultivaient à quelque 800 m d’altitude.

Aujourd’hui, près de 6 000 ha de châtaigneraies sont toujours exploités sur un territoire qui s’étend de Lamastre, au nord, jusqu’aux Vans, au sud. Avec plus de 5 000 t, l’ Ardèche se classe ainsi premier département français et fournit environ la moitié de la production nationale.

En 2006, l’obtention de l’AOC promet une seconde jeunesse à la châtaigne devenue reine de la fête grâce aux Castagnades d’automne qui se célèbrent tous les week-ends de la mi-octobre à la mi-novembre. L’occasion de redécouvrir les grandes variétés appréciées des gastronomes telles la garinche et la comballe , « blonde et douce ». Déclinées en pâtisseries, marrons glacés, crèmes ou purées, elles affichent leur haute qualité gustative et sont toujours aussi recherchées pour l’accompagnement du gibier et de certaines volailles.

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Jardins Fruitiers de Laquenexy

Posté par francesca7 le 27 juillet 2014

                  

téléchargementEn 2004, lors du centenaire du site, le Département de la Moselle décide de donner un nouvel élan au site désormais baptisé « Jardins Fruitiers de Laquenexy ».

Aujourd’hui, les Jardins Fruitiers de Laquenexy accueillent désormais au sein de leur verger conservatoire une vingtaine de jardins thématiques répondant au nom gourmand du « Jardin des Saveurs », un jardin contemporain au cœur d’un patrimoine arboricole. Le Conseil Général souhaite avec ce projet, promouvoir un important savoir-faire mosellan, arboricole et horticole. Ici, en effet, point de patrimoine architectural à mettre en valeur, point de bâtiment à qui s’associer, mais plutôt un patrimoine arboricole à faire fructifier.

Dès 2008, le label « Jardin Remarquable » décerné par le Ministère de la Culture et de la Communication est venu encourager les efforts entrepris à la création de ces jardins.

Afin de permettre aux visiteurs qui souhaitent poursuivre cette expérience, le restaurant des jardins, La Pomme Bleue, propose une cuisine de saison qui mêle cuisine traditionnelle et modernité. Il a fait son entrée en 2009 dans le guide Michelin, inscription confirmée en 2012.

Tout  commence en 1904 par la culture de la vigne…

A l’aube du XXe siècle, la Moselle est une terre viticole d’importance, le phylloxéra qui a fait son apparition, décime le vignoble. Le gouvernement d’Alsace-Lorraine acquiert 7 hectares à Laquenexy pour y installer un Institut Viticole, destiné à aider les viticulteurs à reconstruire leurs vignobles, en testant des plants américains résistants à la maladie. C’est à Laquenexy que fut entrepris le travail de sélection de l’Auxerrois devenu le cépage traditionnel de la région.

Après la première guerre mondiale, la Direction de l’Agriculture Française reconnaît la nécessité de l’institut. La Station encourage les petits propriétaires. Le Ministère de l’Agriculture n’étant plus en mesure de subvenir aux dépenses, le Département de la Moselle en reprend l’exploitation le 1er septembre 1935.

En 1946, il est décidé de limiter la production des plants de vigne aux besoins du Département. La Station de Laquenexy décide alors de s’orienter vers l’arboriculture fruitière et la fraisiculture. On crée de toutes pièces un verger comportemental comportant 1600 arbres fruitiers et 500 arbustes à petits fruits. Le but est de mettre en valeur des variétés commerciales et les porte-greffes les mieux adaptés aux conditions régionales de sol et de climat.

Dans les années 80, le Département de la Moselle souhaite que le Centre soit le support technique pour la relance de la culture fruitière en Lorraine. Le Centre a pour ambition de devenir « la vitrine de la culture fruitière » régionale face aux pays voisins.

En 1990, le Centre Départemental d’Expérimentation Fruitière de Laquenexy est le premier expérimentateur de la pomme pour le Nord-est de la France et la première station à tester les différentes espèces fruitières, en particulier le mirabellier. En 1996, il se donne pour tâche de soutenir la création de vergers à vocation économique et de promouvoir le patrimoine pomologique en créant un espace fruitier où sont cultivées les espèces traditionnelles. Des vergers de collections sont alors créés. Le centre s’ouvre d’avantage au grand public et aux associations arboricoles de la Moselle afin de développer le patrimoine fruitier par la pédagogie et la vulgarisation.

Après la tempête du 26 décembre 1999, le Département mettra en place un plan afin de permettre de replanter les vergers endommagés avec des espèces traditionnelles. Ce sont ainsi près de 70 000 arbres qui sont offerts.

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Ouverture d’une roseraie d’exception en France

Posté par francesca7 le 16 juillet 2014

 
téléchargement (6)Découvrir le charme des roses anglaises sans prendre l’Eurostar ! C’est ce que propose, à 64 km au Nord de Paris, la roseraie David Austin qui vient d’ouvrir ses portes à l’ombre de la somptueuse abbaye de Morienval.

On ne dira jamais assez combien la passion pour les mixed borders peut changer une vie. Fabrice Lebée et sa femme Catherine, qui rêvaient, pour le plaisir et le coup d’œil, d’installer, dans leur propriété familiale de Morienval (Oise), un de ces parterres de fleurs dont les Anglais ont le secret, lurent un jour sur Internet que Michael Mariott, le directeur artistique du célèbre rosiériste David Austin, pouvait se déplacer gracieusement pour donner un conseil. C’était il y a 4 ans. L’homme était justement pour affaires au pays de Jeanne d’Arc et il avait une heure à perdre entre deux rendez-vous.

La beauté de l’endroit et la qualité de la terre le conquirent et le persuadèrent qu’il avait enfin trouvé le lieu auquel rêvait David Austin depuis des lustres. Ce dernier avait tenté, naguère, de proposer à la ville voisine de Fontaine-Chaalis, célèbre pour son abbaye cistercienne et sa fête des roses, d’y installer ses créations. Mais sa proposition n’avait pas été retenue, la ville préférant se concentrer sur les roses françaises. Une abbaye en valant bien une autre, il jugea les bénédictines au moins aussi remarquables que les trappistes et l’affaire fut faite, dans ce petit vallon où quelques moutons à tête noire vous font vraiment croire que le Suffolk se cache derrière les haies de buis.

Ancien potager
La suite se hume dans les allées de l’ancien potager de l’abbaye où prospère désormais, après l’Angleterre et le Japon, la troisième collection de ce visionnaire capable de réinventer la rose ancienne en ajoutant à son charme désuet les qualités de robustesse, de parfum et de floribondité de ses modernes cousines. Citron, safran, thé, cèdre, myrrhe, miel ou vanille, le nez s’affole sous les arceaux ou grimpent des glycines. L’œil prend le relais, valsant de la générosité ronde et cuivrée d’une Lady of Shalott, au rose orangé de Morning Mistagonisant dans un astrakan d’or, sans oublier l’amusante Chapeau de Napoléon dissimulant son rose presque mauve dans une mousse vert tendre.

téléchargement (7)La mère des « Austin girls »
Depuis Constance Spry, la mère des « Austin girls » créée en 1961, plus de 200 variétés, toutes odorantes et remontantes ont vu le jour. L’abbaye de Morienval en recèle 154, réparties sur 1700 rosiers sur lesquels veille jalousement Fabrice. De ses « filles », cet ancien banquier qui fit sa carrière dans la City de Londres, sait tout : leur appétit, leurs petites misères, leur splendeur. Et comme un père aimant, il sait aussi les autoriser à se marier à d’autres jardins : tout près du salon de thé so british, la pépinière de la roseraie en propose à la vente une cinquantaine. Une belle idée de cadeau pour les mariés qui chaque année, profitant du printemps et de la maison d’invités qui jouxte la roseraie, confient à la jolie Catherine, la femme du chef jardinier, le soin d’organiser, non seulement leur messe dans l’abbatiale, mais aussi leur repas d’épousailles et leur nuit de noces. On ne peut pas voir davantage la vie en rose…

Valérie Lejeune
Le Figaro

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Une terre laborieuse en pays de Rhône

Posté par francesca7 le 23 juin 2014

 

La préhistoire

Les découvertes actuelles situent l’arrivée de l’homo sapiens dans la région aux alentours de 40 000 ans av. J.-C. ; les dessins de la grotte Chauvet sont réalisés 10 000 ans plus tard. Déjà, la vallée du Rhône est une voie de passage. Des groupes s’y sont installés ; l’agriculture, l’artisanat et le commerce (ambre, étain…) s’y développent bientôt.

images (8)Les époques gauloise et romaine

Au 7 e s. avant notre ère, les Celtes s’installent de part et d’autre du Rhône : Helviens sur la rive droite, Allobroges sur la rive gauche.

Les Romains comprennent rapidement l’importance stratégique du Rhône : ils s’en servent comme voie de pénétration pour leurs produits, mais aussi pour leur civilisation. Les légions romaines s’installent à Vienne, capitale des Allobroges, et sur la rive gauche du fleuve en 121. Vers l’an 43, la conquête de la Gaule achevée, Munatius Plancus fonde Lyon en installant des colons romains sur les hauteurs qui dominent les rives de la Saône ; Lyon devient capitale des Gaules en 27. Grand centre économique et intellectuel, Lyon est aussi le point de départ de la diffusion du christianisme en Gaule. Elle le reste malgré les persécutions de Marc Aurèle en l’an 177 (martyres des premiers chrétiens dans l’amphithéâtre de Lyon).

En 280 apr. J.-C., l’empereur Probus enlève aux Lyonnais le monopole de la vente du vin en Gaule. C’est le début du déclin de Lyon devenue, sous Dioclétien, simple capitale de province.

Le Moyen Âge

Les Burgondes , puis les Francs se substituent aux Romains dans la région : c’est, du 5 e au 6 e s., la période des grandes invasions mais aussi de la fondation des premières abbayes dans la vallée. Au 8 e s. ont lieu les incursions arabes qui pénétreront jusqu’à Poitiers.

En 843, le traité de Verdun partage l’empire de Charlemagne entre les trois fils de Louis le Débonnaire. Lothaire reçoit les territoires allant de Rouen à la mer du Nord, la Provence, la vallée du Rhône et la Bourgogne. Bientôt, l’ensemble du territoire voit l’ascension de puissances féodales : ici, les comtes de Forez et les évêques de Viviers dont le domaine deviendra le Vivarais. Une première église est construite au sommet du rocher d’Aiguilhe au Puy-en-Velay, attirant les pèlerins à partir du 10e s. C’est une période de croissance économique, urbaine et démographique qui s’instaure sur la région et au-delà. Les 11e et 12e s. voient naître de nouvelles abbayes en Vivarais : Mazan, Bonnefoy… Les comtes d’Albon, « Dauphins de Viennois », étendent leurs possessions ; leurs terres, du Rhône aux Alpes, recevront le nom de Dauphiné.

Parallèlement, le développement des cités entraîne l’octroi au 13 e s. de nombreuses chartes de franchises communales. À la même époque, la puissance du royaume de France s’impose progressivement. Elle se conclut par le rattachement du Dauphiné à la France et la constitution des États du Dauphiné en 1349. Le 14 e s. est entaché par deux handicaps majeurs : la peste, qui ravage la proche Auvergne en 1348 et se maintient ensuite de manière endémique, et la guerre anglaise, qui sévit avec quelques débordements en Auvergne jusqu’à la fin du siècle.

Le temps des foires

images (9)Le calme et la prospérité reviennent dans la région, se traduisant par la création de l’université de Valence en 1452, la nouvelle spécialisation de St-Étienne dans la fabrication d’armes à feu, et le développement des foires et marchés, dans le Velay et à Lyon. Les premières foires de Lyon sont instituées en 1419 par le dauphin Charles, futur Charles VII. Dès 1463, Louis XI confirme les foires de Lyon par privilèges royaux. La ville devient une plaque commerciale et financière inévitable pour toute l’Europe. Au nombre de quatre par an au milieu du 15e s., les foires de Lyon déclinent au 16 e s. pour des raisons fiscales et des difficultés économiques plus ou moins liées aux guerres d’Italie, puis aux guerres de Religion. C’est pourtant à leur occasion que Rabelais publie à Lyon, en 1532 et 1534, son Pantagruel et son Gargantua .

Cocons, magnans et soierie

De la Chine à Lyon

Jolie histoire que celle de la découverte de la soie ! Selon la tradition, une princesse chinoise prenait en effet le thé à l’ombre de son jardin, selon les règles de l’art quand, plof ! une boule blanche tomba dans son bol. L’élégante dame entreprit donc de l’en retirer, avec des baguettes, bien sûr. Mais les baguettes glissaient sur la boule, elle dut s’y reprendre à plusieurs reprises et, surprise, finit par voir la boule blanche tourner comme une toupie dans la décoction bouillante : un cocon de bombyx du mûrier était tombé dans son thé, elle avait attrapé la soie et découvrait que ce fil, résistant, était d’une longueur impressionnante (jusqu’à 1,5 km). Histoire ou légende ? Qui sait ? Toujours est-il que la soie est utilisée en Chine dès le 17 e s. av. J.-C. et que le secret de sa fabrication y est gardé pendant vingt-trois siècles.

Après avoir traversé la Perse et l’Inde, l’élevage des vers à soie passe la Méditerranée (particulièrement en Italie) aux alentours du 12 e s., arrive en Provence avec les papes d’Avignon. En 1450, Charles VII accorde à Lyon le monopole de la vente de la soie dans le royaume, mais la ville est devancée vingt ans plus tard par Tours. Louis XI, François I er , puis Henri IV se mêlent de l’affaire et encouragent la culture de la soie, ce dernier avec l’aide du savant Olivier de Serres. En 1536, s’installe à Lyon une manufacture ; quelque soixante ans plus tard, l’importation de soierie est interdite.

L’essor

La soierie lyonnaise, en même temps que les élevages de magnans, prend un grand essor au 18 e s., avec des dessins et des techniques d’une complexité croissante. Élevage et tissage deviennent une activité majeure dans l’ensemble de la région. À l’aube du 19 e s., Jacquard invente une machine automatisant en partie le travail du canut, ouvrier de la soie. La production explose et, à sa suite, les révoltes de canuts en 1831, 1834, 1848 et 1885.

La crise

En 1850, la pébrine, maladie du ver à soie, ravage la sériciculture du Vivarais. Lorsque Pasteur y trouve un remède, le marché s’est orienté vers d’autres sources ; les magnaneries disparaissent une à une. Malgré le perfectionnement de son savoir-faire, le tissage ne tarde pas à prendre la suite : la Première Guerre mondiale, l’apparition des tissus synthétiques portent le coup de grâce à la grande époque de la soierie lyonnaise. Quelques grandes maisons en perpétuent néanmoins le souvenir, aujourd’hui encore.

La Révolution et l’essor de l’industrie

téléchargement (6)La Révolution offre à Lyon sa première municipalité lyonnaise, mais, bientôt, la résistance lyonnaise à la Convention engendre les terribles représailles de la Terreur. Comme dans le reste de la France, une fois les troubles calmés, la croissance industrielle prend son essor : 1800 voit les débuts de la fabrication de la mousseline à Tarare, que suivront les industries des cotonnades quelque trente ans plus tard. Le chemin de ferrelie St-Étienne à Andrézieux en 1827, puis à Lyon en 1832. Dix ans ne sont pas passés avant que ne suive l’inauguration du canal de Roanne . En 1880, le phylloxéra détruit la moitié du vignoble ardéchois, mais les vignes sont rapidement remplacées par des vergers dans les vallées du Rhône et de l’Eyrieux. Enfin, la fin du siècle assiste à la naissance de l’ industrie chimique lyonnaise et l’essor de la métallurgie dans la vallée du Rhône.

L’occupation et la libération

Alors que le gouvernement vaincu de la France s’installe à Vichy, la ligne de démarcation passe au nord de la région. À la fin de 1940, Lyon devient la capitale de la Résistance réfugiée en zone libre. La ville ne tarde pourtant pas à être occupée par les Allemands, le 11 novembre 1942, rendant plus dangereux les actes de résistance : en mai 1943, Jean Moulin est arrêté près de Lyon par la Gestapo. Dans le Vercors, au mont Mouchet, les Allemands détruisent les maquis. En 1944, les combats de la ­Libération gagnent la vallée du Rhône. Les ponts sont détruits par les Allemands. C’est en 1987 que sera jugé le chef de la Gestapo pour la région lyonnaise,Klaus Barbie . Condamné pour crimes contre l’humanité à Lyon, il décédera en prison en 1991.

L’industrie, l’énergie et la cité internationale

L’industrialisation et l’équipement de la vallée du Rhône tendent d’abord à s’accentuer : construction des ouvrages de Donzère-Mondragon (1948-1952) ; mise en service à Pierrelatte d’une usine de séparation isotopique, portant l’enrichissement de l’uranium à un taux supérieur à 90 % (1967), construction à Creys-et-Pusignieu de Superphénix, premier réacteur européen à neutrons rapides (1986). La région est desservie par le premier TGV, qui relie Paris à Lyon en 1981. Au-delà de son influence régionale, Lyon aspire à compter parmi les plus importantes capitales européennes. Ancien Premier ministre, Raymond Barre est élu en 1995 maire de Lyon ; il prend la suite de Michel Noir. En 1996, Lyon confirme sa dimension internationale en accueillant le sommet du G7. Sa « cité internationale », son opéra et son orchestre national ont su aussi se hisser au plus haut rang. Rivale de Milan et Barcelone, Lyon signe cependant des accords depuis 1998 avec la Lombardie et la Catalogne afin de développer des liens économiques et politiques.

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Produire BIO. En France

Posté par francesca7 le 2 mai 2014

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Des plantations de nectarines et d’abricots à n’en plus finir. Des cerisiers et des pommiers à perte de vue. Et, au bout d’un sentier, une pancarte qui annonce : « Le temps bio ». Au-dessous, on peut lire : « Agriculture biologique : je protège mon environnement ». Nous sommes, ici, en territoire protégé, en plein coeur de la vallée de la Têt, à Saint-Féliu-d’Avall, sur l’exploitation de Dominique Courtial. Ce soir, après les travaux des champs, il a convoqué d’autres producteurs, bio comme lui. De retour de Paris, où il s’est rendu au siège du distributeur Biocoop, il a une bonne nouvelle à leur annoncer : « Cette réunion est une belle avancée : la bataille des marges de la grande distribution, nous la remporterons. Ce prix moyen d’achat, nous le fixerons », leur lance-t-il, optimiste.

Ces petits producteurs, à la tête d’exploitations familiales de 2 à 5 hectares, pour la plupart issus de l’agriculture conventionnelle, sont membres deTerroirs bio Languedoc-Roussillon, une association créée en 2003 sous l’impulsion d’Alterbio, un bureau de vente et d’expédition associé à Biocoop. L’intérêt ? Écouler, sous une même marque, Couleur Midi, et selon un strict cahier des charges, leur production, à travers 340 magasins en France. « Cette organisation nous assure la possibilité de vivre dignement de notre travail », confie Vincent Mignot.

Ce maraîcher de Thuir, qui produit 150 000 pieds de salades, 30 tonnes de tomates, 25 de concombres, 20 d’aubergines, 15 de céleri, et même des blettes, du chou-rave et du fenouil, se souvient, il y a vingt ans, de sa décision de se lancer dans le bio : « On nous traitait de fous, personne n’y croyait. Et surtout pas les banques.  » Depuis, les temps ont changé : la filière a fructifié et nombreux sont les candidats à vouloir les rejoindre. »Nous accompagnons 30 à 40 conversions chaque année », confie Patrick Marcotte, à la tête de Civam bio 66, l’association qui, chargée de promouvoir l’agriculture biologique dans les Pyrénées-Orientales, fédère 300 producteurs. »Ceux qui ne sont attirés que par des raisons économiques ne tiennent pas longtemps », prévient-il.

Ingéniosité. 

images (17)L’agriculture biologique est une lutte quotidienne, un combat acharné contre les éléments naturels. Autant dire que, cette année, Dame nature n’a pas été tendre : il y a eu les inondations automnales, les neiges hivernales, le gel tardif du printemps. Et c’en était fini des pieds de salades et brocolis de Jacques Ey, producteur à Banyuls-dels-Aspres. « Sans produits chimiques et pesticides comme béquilles, nous sommes plus vulnérables aux attaques », dit-il. Jacques aurait pu baisser les bras. Et pourtant, il croit dur comme fer à sa petite affaire. »Comme ces marins qui malgré les tempêtes aiment la mer, nous aimons notre terre », justifie-t-il. Vincent Mignot, plus rationnel : « En vingt ans, il n’y a pas eu le moindre signe d’essoufflement, juste quelques petits phénomènes conjoncturels, ici et là. »

Alors, les producteurs bio retroussent leurs manches sans moufter. Et même, cela leur plaît. »Dans l’agriculture conventionnelle, nous appliquions machinalement les calendriers de production, pondus par la chambre d’agriculture et les fabricants de pesticides. Notre métier n’avait plus de sens, déplore Vincent Mignot.En agriculture biologique, les défis sont permanents et notre savoir-faire est constamment sollicité. » Pour venir à bout des ravageurs, ils ont trouvé l’Amblyseius swirskii, un acarien, prédateur de thrips, une petit cigale dévastatrice, et l’Aphidius colemani, la star des parasitoïdes. Voilà deux ans, en coopération avec le réseau d’expérimentation transfrontalier Redbio, Vincent Mignot a accueilli des populations de Tuta absoluta, un ravageur de solanacées qui fait des miracles.

Préservation. 

Et puis, il y a ces méthodes pleines de bon sens, des anciens, qu’ils se sont réappropriées. A commencer par la rotation des cultures, qui protège les sols des maladies, et la solarisation triennale, dont Vincent Mignot est un expert : « Elle permet de diminuer sensiblement le stock de graines adventices et de limiter les pathogènes », assure-t-il. Hier, il a fait le plein en eau de sa parcelle en prévision du jour où l’ensoleillement sera le plus fort : il la couvrira alors d’un film plastique qui chauffera le sol et anéantira les indésirables. Tous ont compris la nécessité de replanter des haies pour protéger leurs vergers des vents et attirer de nouveaux prédateurs, comme les mésanges bleues, capables d’anéantir jusqu’à 15 kilos d’insectes. »Ecoutez donc ce battement d’ailes, se félicite Alain Pigeon, au milieu de ses 3 hectares de terres maraîchères, à Argelès-sur-Mer. Cela signifie que mes nichoirs ont bien fonctionné. » Au déversement systématique d’engrais et de pesticides ils ont préféré le laisser-faire et l’observation. Et ne le regrettent pas : « La nature est bien faite et nous y sommes plus attentifs », ajoute Alain Pigeon, fier de participer à la préservation de l’environnement. »La filière bio, nous l’exploitons jusque sous nos serres, assure Vincent Mignot,l’arrosage se fait au goutte-à-goutte et nos tuteurs sont couverts de ficelle biodégradable. » L’avenir ? Ils l’envisagent avec optimisme. »Avec cette agriculture pleine d’espoirs, nous pouvons nous projeter », assurent-ils. Dominique Courtial vient d’intégrer une Amap pour développer des circuits courts ; Alain Pigeon, lui, projette de lancer une nouvelle production de plantes aromatiques et médicinales ; Vincent Mignot, d’accroître ses productions. Cette année, il a même monté de nouvelles serres, avec l’aide… de son banquier.

images (18)Le boom du bio

En agriculture biologique, on comptait 25 producteurs, en 1980, dans le département. Aujourd’hui, ils sont 500. Avec 2200 exploitations, 74596 hectares (dont 48 316 certifiés bio et 26280 en conversion), 8% de sa surface agricole en bio, le Languedoc-Roussillon est la deuxième région bio en France. C’est aussi le premier vignoble bio, avec 1000 viticulteurs et 16500 hectares de vignes, et la première région de production pour les fruits à noyaux: en 2013, la production régionale d’abricots, pêches et nectarines devrait atteindre 6000 tonnes. Parmi les légumes, il existe des produits leaders comme la salade, dont 10 millions de pieds sont produits chaque hiver.

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