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    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Quand les baleines marchaient

Posté par francesca7 le 29 juin 2014

 

La baleine bleue ou rorqual bleu est issue d’une lignée d’ancêtres qui quitta la vie aquatique pour vivre une vie terrestre sur quatre pattes puis fit le chemin inverse pour retourner vivre dans les eaux originelles.

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Quand les baleines marchaient

Il n’est plus besoin aujourd’hui de rappeler que ce sont des mammifères et non des poissons, même les enfants le savent et le racontent aux quelques grandes personnes qui l’ignorent encore. Cependant, peu nombreux sont ceux qui connaissent l’histoire évolutive des cétacés et savent ce qu’implique d’être un mammifère aquatique.

Les baleines proviennent d’un ancêtre terrestre, qui marchait sur la terre ferme, sur ses quatre pattes. La baleine est un exemple de retour à la mer, phénomène qui s’est également produit chez les reptiles avec les tortues de mer ou encore les ichtyosaures et autres reptiles marins fossiles.

Beaucoup de caractères anatomiques évoquent leur ancienne vie terrestre. Tout d’abord, l’obligation de respirer l’air atmosphérique au contraire des poissons qui, grâce à leurs branchies, utilisent l’oxygène dissous dans l’eau. Ensuite, le fait qu’elles allaitent leurs petits nous rappellent qu’elles sont, comme nous, des mammifères. L’anatomie du squelette est également porteuse d’information puisqu’on retrouve des traces de leurs anciens membres terrestres. Ainsi, à l’intérieur des palettes natatoires, souvent dénommées improprement nageoires, on trouve le squelette d’une main comprenant 5 doigts et ressemblant fortement aux membres d’un animal marcheur.

  • Les ancêtres des baleines étaient donc des quadrupèdes, mais à quoi ressemblaient-ils ?
  • Existe-t-il des animaux terrestres actuels étroitement apparentés aux baleines ?

Voici les deux questions que les évolutionnistes ont essayées de résoudre, avec un certain succès même si certains points demeurent partiellement irrésolus. Tout d’abord, on connaît de nombreuses espèces fossiles apparentées aux baleines, des formes très spectaculaires qui permettent de comprendre comment un animal terrestre peut devenir aquatique en quelques millions d’années. Ensuite, les progrès de la génétique nous ont permis de connaître les parentés des baleines et les résultats vont en surprendre plus d’un.

Les parents actuels des baleines

Si l’on vous demandait de classer un sanglier, un cerf et une baleine, il y a fort à parier que vous placeriez le sanglier et le cerf ensemble et la baleine dans un groupe à part. Les zoologistes avaient tout d’abord eu la même attitude et avaient rassemblé le cerf, le sanglier, et toutes les autres espèces que l’on croyait apparentées au sein du groupe des Artiodactyles. L’une des caractéristiques du groupe étant le fait que l’axe des membres passe entre les doigts 3 et 4.

Cétartiodactyles :

Depuis, les progrès de la méthodologie en systématique ont permis de mettre à jour des relations de parenté ignorées jusque là. Cela va en surprendre plus d’un mais un cerf est plus proche parent d’une baleine que d’un sanglier.
Depuis une trentaine d’années, l’adoption de nouvelles méthodes a permis de beaucoup mieux comprendre les relations de parenté, dites relations phylogénétiques. C’est notamment grâce à l’étude de l’ADN que des progrès ont été enregistrés. L’exemple du cerf, du sanglier et de la baleine est une illustration parfaite des dangers de la ressemblance globale pour comprendre l’évolution.

Les Ruminants (le groupe du cerf) sont plus ressemblants aux Suinés (le groupe du sanglier) qu’aux cétacés (le groupe de la baleine). Malgré cette ressemblance, les Ruminants sont plus proches parents des Cétacés que des Suinés. Cette parenté a entraîné la suppression du groupe des Artiodactyles et la création d’un groupe plus inclusif, les Cétartiodactyles, comprenant les baleines.

Les recherches génétiques ont donc prouvé que des animaux aussi différents qu’un chameau, un sanglier, un cerf, un hippopotame et un cachalot descendent tous d’un ancêtre commun et doivent en conséquence être classé dans le même groupe zoologique, les Cétartiodactyles. Les hippopotames sont les plus proches parents actuels des baleines. Les recherchent basées sur l’anatomie ont donné des résultats similaires bien que les relations de parenté au sein des Cétartiodactyles soient toujours discutées. L’origine commune de tous les membres du groupe est, elle, acceptée par tous. Le fait qu’une baleine soit apparentée à un animal à quatre pattes n’a au fond rien d’étonnant lorsque l’on sait que les ancêtres des baleines marchaient sur la terre ferme.

La baleine bleue et ses cousins actuels

La baleine bleue appartient au groupe des baleines à fanons, les Mysticètes, par opposition aux cétacés à dents, les odontocètes.

Les Mysticètes :

images (15)Les fanons sont évidemment la caractéristique la plus remarquable de ces animaux. Il s’agit de longues plaques kératineuses qui s’insèrent dans la mâchoire supérieure et s’étendent jusqu’à la mâchoire inférieure. Ces structures permettent de consommer du plancton (ces petites crevettes nageuses de la famille des Euphausiacés, plus couramment dénommées krill) mais aussi des bancs entiers de petits poissons pélagiques.

Bien que les embryons présentent des dents vestigiales, l’adulte est complètement édenté. Parmi les autres caractères anatomiques du groupe, on compte la présence systématique d’un évent formé de deux orifices et l’absence de fusion entre les deux moitiés de la mâchoire inférieure.

Ce sont tous des animaux de grande taille, le plus petit, la baleine pygmée, mesure déjà 6 mètres et le plus grand, la baleine bleue, détient le record toutes catégories avec 33,5 mètres.

Les baleines à fanons se distinguent également par leur langage sophistiqué composé d’une grande variété de sons et pouvant prendre la forme de phrases atteignant une demi-heure.

Ce sont de grands migrateurs, les zones de reproduction étant éloignées des zones de nourrissage. C’est notamment dans les eaux froides des océans arctique et antarctique que les baleines se nourrissent, mais les petits sont mis au monde sous des températures plus clémentes et la migration vers les zones froides n’est pas entreprise tant que les jeunes n’ont pas accumulé leur couche de graisse protectrice.

 

Les Mysticètes ne comptent que 11 espèces réparties dans 4 familles et la faible richesse spécifique du groupe a failli être accentuée par la pêche professionnelle. De nos jours, la plupart de ces baleines sont protégées.

Les quatre familles sont :

  • les Balénidés, sont de grandes baleines à la tête énorme comme la baleine franche ;
  • les Néobalénidés, ne sont représentés que par la baleine pygmée ;
  • les Balénoptéridés, regroupe tous les rorquals mais aussi la baleine à bosse et l’immense baleine bleue ;
  • et les Eschrichtiidés, dont la baleine grise est la seule représentante.

Certains auteurs séparent l’espèce des baleines bleues Balaenoptera musculus en quatre sous-espèces :

  • Balaenoptera musculus musculus pour les populations de l’Atlantique Nord et du Pacifique Nord,
  • Balaenoptera musculus intermedia, pour des populations de l’hémisphère sud,
  • Balaenoptera musculus brevicauda, une baleine bleue plus petite que l’on rencontre dans l’océan Indien et le sud du Pacifique,
  • et Balaenoptera musculus indica, de l’océan Indien, une sous-espèce que certains ne jugent pas nécessaire de différencier, pensant qu’il s’agit des mêmes populations que Balaenoptera musculus brevicauda.

Au sein de sa famille (les Balénoptéridés), la baleine bleue présente de nombreux cousins presque aussi célèbres qu’elle. On notera surtout la baleine à bosse, mais aussi tous les rorquals.

Article réalisé par Arnaud Filleul et Jean-Pierre Fleury.

Publié dans FAUNE FRANCAISE | Pas de Commentaire »

Hérisson trop mignon !

Posté par francesca7 le 29 juin 2014

 

Solitaires, peut-être même taciturnes les hérissons sont des voisins inoffensifs, discrets et « rendant service ».

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Confusions possibles dans la nature

Pas de risque de confusions en France, où il n’existe qu’une espèce de hérisson sauvage.
Les auteurs jusqu’à Buffon prétendaient qu’il en existait deux : le hérisson à museau de chien et le hérisson à museau de cochon. La science actuelle est formelle, il n’existe à l’état sauvage dans l’hexagone qu’une seule et même espèce : le hérisson européen ou erinaceus-europaneus. N’en déplaise donc aux chroniqueurs anciens (et aux gens du voyages qui le consomment encore) « l’eurchon » (c’est un de ses noms en vieux français) à museau de cochon n’est pas meilleur dans l’assiette que l’eurchon à museau de chien.

En anglais, il est hedgehog : le cochon que l’on trouve dans les haies.

Il existe des risques de confusions en Italie où, le porc-épic à crête est très bien représenté dans la nature depuis que les romains de la Rome Antique l’acclimatèrent pour se régaler de sa chair.

Il existera peut-être des risques de confusions en France avec le hérisson blanc africain. Lorsque celui-ci sera devenu chez nous, comme aux Amériques, un animal de compagnie. Ce nac (Nouveaux Animaux de Compagnie) est une charmante petite bestiole qui la bonne (ou la mauvaise) idée d’avoir des poils blancs, soyeux et très agréables au toucher. Cette particularité en fait une peluche vivante, idéale pour les petits citadins en mal d’émotions « naturelles ».

Il est l’objet d’une démesure à l’américaine. Aux Etats-Unis on recense 400 000 de ces hérissons. Leurs maîtres se réunissent en congrès. Le business est lucratif : au plus fort du trafic, dans les années 80, un couple parti du Nigéria, où il ne valait pas plus qu’un rat, s’est vendu 6 000 $.

Attention la détention des hérissons d’Europe, comme de tous les autres, est interdite en France. Le site du Sanctuaire des Hérissons peut vous donner la marche à suivre si vous trouvez un hérisson malade ou blessé.

Sanctuaire des hérissons : site du sanctuaire des hérissons
7 rue de Noye
80 440 Fouencamps
Tél. : 03.22.09.21.03
Tél. : 06 83 77 15 68.

Risque de confusions sous d’autres latitudes

Il existe 14 espèces de hérissons dans le monde. Les quatre principales sont :

  • le hérisson d’Europe ;
  • le hérisson à longues oreilles ;
  • le hérisson du désert ;
  • le hérisson africain à ventre blanc.

images (13)Description du hérisson européen

Animal d’apparence trapue lorsque les pattes arrières sont repliées dans la position de repos. De silhouette beaucoup plus élancée lorsqu’il se déplace et que les membres postérieurs sont en mouvement. Il est recouvert de piquants jaunâtres et bruns sur le dos, le front et les flancs. Le ventre est recouvert de poils jaunâtres et raides. La queue est très courte, le museau a toujours l’aspect d’un groin. Tous les hérissons européens sont donc à museau de cochon !
Il mesure entre 25 et 30 cm. Son poids varie suivant les saisons entre 450 et 1 200 gr.

Alimentation :
C’est un omnivore à tendance insectivore.
Le gros de son régime alimentaire est constitué avant tout de vers de terre, de larves et de gros insectes adultes. Il aime les fruits sauvages en particulier les mûres ainsi que les fruits des vergers, les pommes, les figues et les raisins. Il fait ventre des oeufs et des oisillons qu’il trouve au sol. Bien qu’il ne soit pas immunisé mais simplement protégé par ses piquants, il s’attaque aussi aux vipères adultes.
Ce régime alimentaire en fin de chaîne, le rend vulnérable aux concentrations d’insecticides contenus dans les proies qu’il ingère. Cet empoisonnement lent et sournois est sûrement la principale menace qui plane sur l’avenir de cet animal.

Attention ! Le lait est un aliment toxique pour un hérisson adulte.

Activité : 
C’est solitaire nocturne. Capable de se déplacer rapidement mais bruyamment. Il grimpe facilement et descend parfois en se laissant tomber, l’épaisseur de ses piquants amortissant sa chute.
Grâce à ses 5 à 7 000 piquants, il se transforme en forteresse lorsqu’il se sent menacé. Ces piquants sont des poils transformés en épines creuses. Ces armes défensives sont mues par une multitude de muscles striés répartis sur toutes les parties dorsales et latérales du corps. Elles sont réputées comme étant extrêmement résistantes puisqu’une seule de ces épines peut supporter l’ensemble du poids du hérisson. Elles se renouvellent tous les 18 mois.
Les hérissons n’aiment pas les climats trop marqués. Ils se mettent bien-sûr en léthargie pendant l’hiver mais ils peuvent aussi choisir cette stratégie pour lutter contre la sécheresse et les chaleurs excessives de l’été.

Reproduction

Le moment des amours entre avril et début août, précisément les quelques heures de séduction et les quelques minutes d’accouplement, constituent les uniques et les brefs instants où mâle et femelle sont ensemble.

La parade est démonstrative et bruyante. Le mâle en tournant frénétiquement autour de la femelle souffle comme un soufflet de forge. Il m’est arrivé, par une chaude nuit de juin d’être attiré et étonné par ce genre de manège audible à une bonne centaine de mètres. L’obscurité m’empêcha de voir les détails de l’affaire mais très rapidement les deux animaux se séparèrent et prirent des chemins résolument différents. On a longtemps cru que l’accouplement se faisait ventre à ventre pour éviter le contact des piquants mais des observations plus récentes décrivent une position plus « classique » chez les animaux, le problème du contact étant résolu par une lenteur et une attention extrême.

Après 5 semaines de gestation, 5 à 6 petits naissent dans un nid fait d’herbes sèches dans un buisson ou dans un terrier de lapin déserté. Ils sont aveugles, glabres mais déjà avec des piquants. Ces piquants sont mous et ne durciront que lentement au contact de l’air, et ne seront définitifs qu’au bout d’un mois. La femelle s’occupe seule de la portée qu’elle allaite pendant 21 jours.

Un hérisson peut vivre pendant une dizaine d’années si…

Prédateurs :
Ils sont nombreux. Avec en premier lieu les rapaces et particulièrement les hiboux grands-ducs mais aussi les chiens errants et les renards auxquels on prête toutes sortes de stratagèmes pour réussir à les dévorer.

Répartition et perspectives : 
En dessous de 1 000 mètres d’altitude, il y a des hérissons partout en France à l’exception des îles d’Ouessant, de Sein et d’Yeu.

Les hérissons font l’objet d’une protection intégrale mais rien ne les prémunis contre la circulation automobile et la disparition des milieux qui leur sont favorables.

Article réalisé par Jean-Pierre Fleury.

Publié dans FAUNE FRANCAISE | Pas de Commentaire »

LE NARVAL ET LES HOMMES

Posté par francesca7 le 15 juin 2014

 

 

Les narvals, bien que vivant très loin de nos régions peuplées, furent et sont toujours présents dans nos mythes et nos croyances. Chassés par les uns, vénérés par les autres, ils étonnent les esprits curieux de notre époque, en particulier les scientifiques. 

Le narval dans notre histoire et notre culture

téléchargement (8)Histoire du narval
Les Inuits sont les premiers à avoir chassé ces animaux, et aussi les premiers à s’être interrogés sur cette « corne ». Les mythes ont suivi…

Pour les Inuits, c’est une femme qui serait à l’origine de l’apparition de cet ornement. Une femme chassant le narval, avec la corde du harpon autour de sa taille, aurait été entrainée dans l’eau par un animal harponné. Elle se serait transformée en narval et ses cheveux, enroulés dans les mouvements vers les profondeurs, auraient donné la corne torsadée.
Plus prosaïquement, les Inuits utilisaient absolument toutes les parties du corps du narval. Depuis la chair jusqu’à la graisse et le cuir, en passant, bien sûr, par l’ivoire de la corne, qui est d’ailleurs toujours sculptée par les Inuits. Rien n’était perdu de ce don que la nature faisait au chasseur et à sa famille.

La corne est arrivée dans nos régions grâce au commerce avec les vikings.
Durant le Moyen-âge, on croyait dur comme fer qu’il s’agissait d’une corne de licorne.

La licorne, un animal fabuleux, qui ressemble à un cheval et qui tient sa force de sa corne. Les témoignages concordent pour affirmer que lorsque la licorne est poursuivie par des chasseurs, elle se précipite du haut d’un précipice en se recevant sur la corne qui grâce à sa force fabuleuse amortit la violence de la chute.

La corne de licorne est une panacée. Non seulement une fois réduite en poudre (attention ça coûte très cher) elle est capable en présence d’un plat empoisonné de se mettre à fumer pour prévenir qu’il ne faut pas le consommer. Mais elle peut également servir de remède universel puisqu’elle est capable de guérir de tous les poisons.
La dent de narval se vendait plusieurs fois son poids en or. On raconte qu’au 16ème siècle, la reine Elizabeth en acheta une pour 10 000 livres de l’époque, soit le prix d’un château entier.

Evidemment, avec les avancées des explorateurs, la vérité sur l’origine de cette corne fut dévoilée. C’est Olaus Magnus, un auteur Suédois du 16ème siècle, qui en publia le premier un dessin et l’identifia sous le terme de « narwal », un mot d’origine scandinave.

Dans le dictionnaire de Trévoux au 18ème siècle on peut lire : « C’est une grosse baleine qui vit de cadavres… La corne sert d’arme pour attaquer les grosses baleines et il la pousse avec tant d’impétuosité qu’il peut transpercer un fort gros navire« .

 

De nos jours, le narval est toujours chassé par les Inuits
Certains chasseurs du Groenland utilisent encore des méthodes traditionnelles, c’est-à-dire harpon et kayak, mais ils sont de plus en plus rares.

Le plus souvent, on préfère une embarcation rapide et une carabine. Une chasse qui ne laisse aucune chance à l’animal et ne recherche que l’efficacité.

On pense que la population de narval continue de baisser mais il est très difficile d’imposer aux peuples de l’Arctique de ne plus chasser l’animal. Les rares essais de sensibilisation n’ont pratiquement pas eu de résultats. Il faut dire que rien n’est perdu lorsqu’un narval est capturé. Les os sont utilisés comme outils. La peau et la graisse crues constituent un plat particulièrement apprécié des Inuits, le Mattak.
Le narval est également utilisé pour nourrir les chiens de traineau, ce qui montre que l’animal est loin là-bas d’être une licorne, c’est juste une proie au service de l’homme et de ses convives. La sympathie qu’inspirent les cétacés auprès du public occidental n’a pas atteint les habitudes plus en prises avec les réalités quotidiennes des peuples Inuits.

Néanmoins, une telle chasse pourrait mettre en danger l’espèce, dont le mode de vie risque déjà d’être fortement perturbé par la fonte des glaces. Une des grandes préoccupations est l’ouverture, suite à la fonte des glaces, de la région arctique aux pêcheurs professionnels.
Si le phénomène devait se poursuivre il s’en suivrait une raréfaction des proies, pas seulement pour le narval, mais pour tous les cétacés et pinnipèdes de ces régions.

Le retour de la corne de la licorne
Les occidentaux aimeraient voir l’animal protégé, particulièrement les scientifiques, chez qui on retrouve un intérêt pour cette dent gigantesque.
Aux dernières nouvelles, cette dent hautement innervée pourrait avoir un rôle sensoriel, permettant à l’animal de repérer ses proies. Cette hypothèse s’oppose au fait que seuls les mâles possèdent normalement cet appendice. Or, les femelles ne semblent pas plus maladroites que les mâles dans leur chasse ou leurs déplacements. Bref, ce caractère sexuel n’est probablement qu’un attribut lié aux relations sociales, mais la « corne » n’a pas finit de susciter des interrogations. Pour cette raison, on aimerait que le narval ait un véritable avenir, mais sa relation à l’homme et les changements climatiques ne sont pas des points positifs pour la pérennité de l’espèce.

Etymologie

Le mot narval est d’origine scandinave, et signifie « corps » ou « cadavre », en relation avec la peau grisâtre de l’animal, qui fut images (6)comparée à celle d’un homme noyé. Le nom scientifique est plus terre à terre. Monodon signifie « une dent » et monoceros veut dire « une corne ». Le nom de genre du narval est utilise comme genre-type de la famille, d’où le nom monodontidés.

Les synonymes
On pouvait s’en douter, un des autres noms communs du narval est licorne de mer. Il n’en reste pas moins que le nom narval, certes un peu moins imagé, est préférable, et internationalement utilisé. On dit ainsi « narwhal » en anglais.

Où rencontrer des narvals ?

Le narval se rencontre dans la région arctique, aussi bien en Atlantique que dans les zones russes. On les trouve ainsi sur les côtes du Groenland, dans la baie d’Hudson, ou encore le long de la côte nord-est de la Russie. Néanmoins, c’est au nord du Canada et le long du Groenland que vit l’essentiel des 75 000 individus estimés de cette espèce. L’observation la plus nordique du narval s’est faite à une latitude de 85° Nord, faisant du narval le champion des eaux polaires.
Pour l’observation côtière, il faudra se rendre sur place durant l’été. Cette espèce migratrice se rapproche des côtes à cette saison. Les narvals vont plus au large lorsque la banquise se forme, se regroupant dans des fissures de la glace pour prendre leur respiration.

Article réalisé par Arnaud Filleul.

Publié dans FAUNE FRANCAISE | Pas de Commentaire »

Condamnation de Souris au XVIIIe siècle

Posté par francesca7 le 15 juin 2014

 

(D’après « Le Pays Lorrain », paru en 1925)

 

 
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En 1733, le territoire de Contrisson (Meuse), village situé à quatre kilomètres de Revigny, était désolé par les ravages de souris innombrables qui, après avoir causé un dommage « très considérable » aux moissons, menaçaient de détruire les semailles en blés, seigles et autres céréales, et de ne laisser aucun espoir de récolte prochaine, incitant les habitants à assigner en justice les dévastateurs

Des prières et des processions publiques avaient été faites en vain. Au lieu « de s’être diminuées » les bestioles s’étaient « extrêmement augmentées » et le préjudice « aux semailles publiques et générales » semblait de jour en jour devenir plus considérable. Il est probable qu’on avait eu aussi recours à des moyens moins orthodoxes que les prières et processions, et que les conjureurs de sort avaient été priés d’intervenir. Leurs incantations et leurs formules n’avaient point produit d’effet.

C’est alors que les gens de Contrisson résolurent d’user des grands moyens, ils s’adressèrent au sergent de justice Etienne Griffon et le prièrent d’assigner en justice les dévastateurs. Griffon ne s’étonna point. Peut-être même avait-il conseillé ces mesures juridiques qui devaient lui procurer quelques honoraires, assez rares en temps ordinaire, étant donné que le tribunal, auquel il était attaché, devait juger des causes peu nombreuses. Le sergent lança son assignation qui fut régulièrement contrôlée, c’est-à-dire enregistrée, au bureau de Revigny.

Il y avait urgence et la cause fut appelée aussitôt par devant « Jean Miras, mayeur en la justice pour Son Altesse royale de Lorraine à Contrisson, comme aussi en présence de Nicolas Mordillat, mayeur en la justice foncière dudit lieu ». Remarquons que, selon la jurisprudence alors en usage en Lorraine, ce n’est pas à un tribunal ecclésiastique que les villageois de Contrisson ont recours, mais à une juridiction civile. Une ordonnance de René Ier, du 27 juin 1445, avait nettement délimité les pouvoirs des officialités. N’ayant aucun évêché sur leur territoire, les ducs se défendirent, plus âprement encore que d’autres souverains, contre les empiétements des juridictions ecclésiastiques. Le sieur Châtel greffier, devait prendre les notes obligatoires. Me Jacques Collinet, substitut du procureur général de Lorraine et Barrois, occupait le siège du ministère public et déposa ses conclusions pour les Syndics et habitants, demandeurs en la cause.

Il exposa les ravages causés « par la quantité prodigieuse de souris qui sont répandues sur le finage de ce lieu », montra que les moyens habituels avaient été inutiles et termina en demandant, non la mort des coupables, mais leur bannissement : « à ces causes il vous plaira ordonner sur ladite remontrance qu’il soit ordonné que les dits insectes et souris faisant des dégâts par cy-devant et par cy-après seront condamnés à se retirer hors l’étendue des lieux et finage dudit lieu, dont ils ont fait tant de dégâts, dans les retraites où il vous plaira leur ordonner. C’est à quoi ledit substitut conclut pour les habitants et espère en parvenir ». Il ne semble pas que les accusés aient été contraints de comparaître en personne. On n’amena au banc des accusés aucun représentant de la gent souricière. Ainsi cependant avait été exigée la présence de sangsues citées en justice par le curé de Berne en 1481. Néanmoins, ainsi que nous l’avons dit, les animaux ne pouvaient être condamnés sans être défendus. On avait donc, selon l’usage, désigné un avocat à nos bestioles.

C’était Me Jean Griffon, sans doute parent du sergent qui avait dressé l’exploit d’assignation. Il remplit son rôle avec conscience et dignité. Il n’imita point Barthélemy de Chasseneuz, célèbre défenseur des rats d’Autun, et n’usa point des artifices de procédure qu’il avait à sa disposition, tels qu’exceptions dilatoires « pour donner le temps à la prévention de se dissiper », il ne soutint pas que les souris étaient toutes dispersées, et qu’une simple assignation n’avait pas été suffisante pour les avertir toutes. Il n’excusa pas le défaut de ses clients en s’étendant sur la longueur et difficulté du voyage, sur les dangers que les chats faisaient courir aux intimés, les guettant à tous les passages. Il dédaigna toutes ces arguties de Chasseneuz et se contenta de dire de ses clients « que comme ce sont des animaux que Dieu peut avoir créés sur terre et que images (4)cependant, nonobstant les dégâts causés par elles sur ledit finage, on ne peut point les détruire, ni leur ôter les aliments qui leur sont propres pour la conservation de leur vie, c’est pourquoi (…) pour elles demande qu’il leur soit indiqué un endroit où elles puissent se retirer hors de l’étendue dudit finage et où il (sic) puisse prendre leur nourriture nécessaire tant qu’il plaira à Dieu de les laisser. C’est à quoi ledit Griffon persiste et prétend y parvenir ».

Concluant ainsi, Me Jean Griffon montrait une parfaite connaissance de la doctrine et de la jurisprudence en la matière. Cette dernière, depuis très longtemps, avait estimé, en effet, qu’on ne pouvait prononcer une telle sentence de bannissement sans donner à « des créatures de Dieu » le moyen de poursuivre leur vie. Déjà au temps de Charlemagne, l’évêque d’Aoste, saint Grat, avait permis aux taupes, qui ravageaient la Vallée, de creuser leurs galeries dans un rayon éloigné de trois milles. Guillaume d’Ecublens, évêque de Lausanne de 1221 à 1229, avait relégué dans un coin nettement indiqué du lac Léman les anguilles qui infestaient ses eaux. Plus tard les juges locaux de Coire avaient cantonné, dans une région forestière et sauvage, des larves malfaisantes. Et peu d’années avant l’affaire de Contrisson, les chenilles qui désolaient Pont-du-Château en Auvergne, avaient été excommuniées par le grand-vicaire et renvoyées, par lui, devant le juge du lieu. Celui-ci en condamnant les insectes leur avait assigné un territoire inculte expressément désigné.

Le substitut, Jacques Collinet, ne pouvait que s’incliner devant de tels précédents. Me Griffon les avait peut-être invoqués dans une plaidoirie dont nous n’avons malheureusement conservé que le sec résumé transcrit plus haut. L’attitude de Me Collinet nous est ainsi rapportée : « Ledit substitut pour les habitants n’empêche qu’il y ait indication donnée par les sieurs mayeurs sans que néanmoins elles puissent nuire, ni préjudicier dans l’étendue dudit finage dudit lieu. C’est à quoi il prétend, ni entend autrement pour lesdits insectes ».

Tout le monde semblant donc d’accord, les mayeurs prononcèrent avec gravité le jugement suivant : « Vue par nous le plaidoyer ci-dessus et la plainte des habitants y jointe, nous ordonnons que dans trois jours, date de la signification de la présente sentence, lesdits insectes et souris se retireront et auront pour pasture et aliment les bois joignant et contigus le finage de Contrisson, ensemble les rivières et bornes d’icelles de quatre pieds de longueur, afin qu’à l’avenir elles ne puissent nuire, ni préjudicier, aux biens de la terre de quelle nature ce puisse être. Ce à quoi nous les condamnons ». Autant qu’on peut en juger par ce texte obscur, il était enjoint aux « insectes et souris » de ne plus franchir ni la Saulx ni l’Ornain, pas plus que les rus de Rennecourt et de Sereinval. Leur « retraite » était limitée, semble-t-il, dans les bois de Danzelle, de la Haie Herbelin et du Faux-Miroir, sis au nord et au nord-ouest de Contrisson. Peut-être y ajoutait-on libéralement des forêts d’autres bans voisins comme ceux d’Andernay, Mognéville, Sermaize, etc.

Quoi qu’il en soit, l’avocat Griffon continua à montrer son dédain d’une inutile chicane. Craignant peut-être la vindicte des gens de Contrisson, au milieu desquels il vivait et peut-être aussi ayant souffert dans ses biens des ravages de ses clients, il ne chercha pas à retarder l’exécution de la sentence. Il n’essaya pas de porter appel au Parlement de Paris ainsi que peut-être il en avait le droit, Contrisson étant dans la « mouvance ». Il ne discuta pas la commodité du cantonnement assigné aux bestioles. Il n’imita pas son confrère de Saint-Julien-de-Maurienne qui, en 1587, dans une instance contre les charançons, qui ravageaient les vignes, prétendit que les terrains boisés et herbus offerts en pâture à ses clients ne pouvaient être acceptés par eux, car ce n’était qu’une lande stérile et inculte où ils ne pourraient trouver à vivre. Il exigea la nomination d’experts. Nous ignorons ce qu’ils décidèrent.

Notre document ne nous indique pas comment fut faite la signification de l’arrêt par le sergent Etienne Griffon. Nous ne saurons jamais, d’autre part, si les condamnés s’inclinèrent devant le jugement des hommes, comme les taupes du Val d’Aoste aux temps carolingiens, et déguerpirent dans les trois jours fixés. Ce document, trouvé au début du XXe siècle par Pierre Lœvenbruck dans le dépôt d’Archives du Ministère des affaires étrangères, est une copie certifiée par le greffier Chatel et délivrée par lui le 21 octobre 1733. Les acteurs de cette comédie judiciaire ont réellement existé, car on a retrouvé aux archives de la Meuse mention de Mordillat, de Griffon, de Collinet ayant vécu à Contrisson à l’époque indiquée.

Dans ce village la haute justice appartenait bien au duc de Lorraine et à côté de celle-ci existait une justice foncière. D’après un dénombrement du 17 août 1735, cette dernière appartenait à l’époque du jugement à Charles-Bernard Collin, seigneur du lieu, écuyer, commandant des ville et château de Ligny où il demeurait. Pour l’exercice de la « moyenne justice, basse et foncière », il avait droit « d’établir un mayeur, lieutenant, procureur d’office, greffier, sergent et autres officiers, lesquels connaissaient de toutes causes civiles tant réelles que personnelles et mixtes, jusqu’à appel avec pouvoir de condamner les délinquants à l’amende de 60 sols et au-dessus », révèlent les archives de la Meuse. Signalons que le jugement, rédigé conformément à toutes les règles, n’est point différent, en son jargon, de ceux rendus dans des causes semblables et dont images (5)quelques-uns sont datés de peu d’années avant 1733.

Cette sentence contre des animaux n’est pas la dernière qui ait été rendue. Le savant Dr Cabanès en signale à des époques peu éloignées. Le 28 brumaire an II (18 novembre 1793) fut exécuté, à Paris, le chien de l’invalide Saint-Prix, condamné à mort la veille, avec son maître, pour avoir trop bien défendu celui-ci contre les recherches de la police. Il y a mieux : en mai 1906, le tribunal de Delémont condamnait également à mort un chien complice de deux meurtriers qui s’en tirèrent avec la détention perpétuelle. Et de nos jours, si l’on n’ose plus mettre en branle l’appareil judiciaire contre les animaux ravageurs, sommes-nous bien sûrs que, dans des coins reculés de nos campagnes, certains pseudo-sorciers n’emploient pas encore, contre les insectes et les bestioles, des conjurations pour les faire fuir loin du pays ou les détruire ?

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Préjugés des Anciens sur les Salamandres

Posté par francesca7 le 15 juin 2014

 

 
 
La salamandre, pour la définir tout de suite familièrement, est une sorte de crapaud ayant une queue. Les mœurs de cet animal ne présentent aucune propriété extraordinaire, et cependant, sur la foi de quelques observations d’une très faible portée, il s’est accumulé peu à peu autour de son nom une réputation immense, notamment celle de posséder la vertu d’éteindre le feu.

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Lorsqu’on blesse ou qu’on irrite ce petit animal, il suinte de sa peau, visqueuse comme celle du crapaud, une humeur laiteuse, amère, d’une odeur forte et tout à fait repoussante. Cette propriété est fort simple, et évidemment destinée dans le plan de la nature à écarter de lui les ennemis que la paresse de sa marche ne lui permet pas de fuir. C’est là cependant ce qui est devenu le principe de toutes les fables qui se sont répandues sur le compte de la salamandre.

D’abord, il est incontestable que cette humeur est légèrement vénéneuse : elle fait périr, en effet, les insectes et les petits animaux ; mais on s’est assuré, par des expériences positives, qu’elle est sans aucune action délétère sur l’homme et sur les animaux d’une certaine taille. Cependant, chez les anciens, son poison a passé pour un des plus redoutables du monde. Pline assure qu’il suffit que la salamandre ait touché un fruit en passant pour que ce fruit se change aussitôt en un poison violent. Je croirais volontiers que dans l’empire romain on en était venu à forger une multitude de poisons que l’on rapportait à la main de la nature précisément parce qu’il y en avait un trop grand nombre qui ne sortaient que de celle des hommes.

Quoi qu’il en soit, cette mauvaise réputation de la salamandre, qui n’aurait guère le droit de régner que parmi les mouches et les autres insectes, s’est conservée dans nos campagnes. La salamandre est rangée presque partout par les paysans parmi les animaux les plus venimeux, et quand on en découvre quelqu’une on s’en débarrasse aussitôt avec une sorte d’horreur. Elle ne mérite cependant pas une réprobation plus énergique que le crapaud, car à l’égard des mœurs et de son venin elle est presque en tout pareille.

Mais cette faculté d’empoisonnement n’est que la moindre merveille de la salamandre. Sa plus fameuse propriété est d’éteindre le feu ; et l’on a vu au Moyen Age des savants qui, se fondant sur cette antipathie naturelle, prétendaient éteindre les incendies en jetant au milieu des flammes des salamandres. Ce préjugé a ses racines dans l’Antiquité. « La salamandre, dit Pline, est un animal si froid que rien qu’à toucher le feu il l’éteint comme le ferait de la glace. » Aristote enseigne à peu près la même chose, mais avec plus de réserve : « Cet animal, dit-il, à ce que l’on prétend, éteint le feu lorsqu’il y entre. »

Il y a là quelque vérité, mais il faut la bien préciser pour ne s’y point méprendre. Il est certain que si l’on met une salamandre sur quelques charbons, comme il se dégage immédiatement de son corps cette humeur laiteuse dont nous avons parlé, les charbons qui la touchent, s’ils ne sont pas trop forts et trop ardents, s’éteignent promptement ; mais cela ne tient nullement à la froideur de l’animal, car cette humeur serait toute chaude qu’elle n’éteindrait pas moins le feu sur lequel elle se répandrait, comme l’eau qui n’éteint pas moins le charbon quand elle est bouillante que quand elle est à la glace.

Mais de ce fait si simple, grâce aux exagérations de la théorie des sympathies et des antipathies, si puissante dans l’ancien état de la science, est sortie l’idée que la nature de la salamandre était antipathique à celle du feu, et de là la persuasion que la salamandre repoussant absolument le feu, cet agent ne saurait la consumer. Telle a été l’opinion vulgaire au Moyen Age ; et, pour la détruire, il a fallu que les savants de la Renaissance se livrassent à cet égard à des expériences positives.

Mathiole rapporte qu’il vit une salamandre mise dans un brasier et brûlée en très peu de temps. Picrius et Amatus font des déclarations semblables. Galien, chez les anciens, avait observé la même chose, car il dit que la salamandre supporte à la vérité l’action du feu, mais qu’elle finit bientôt par y être consumée ; et il recommande même ses cendres comme un médicament utile.

Certes, une si grande autorité aurait dû mettre entrave à l’exagération ; mais le merveilleux, une fois né, s’arrête rarement avant d’être parvenu au terme de la carrière. L’incombustibilité de l’animal une fois implantée de cette manière dans les imaginations, on a oublié bien vite la pauvre petite salamandre des fossés et des caveaux humides, et l’on est allé jusqu’à donner à l’animal lui-même une organisation franchement fantastique. On lui a attribué le feu pour séjour habituel, comme l’eau aux poissons ou l’air aux papillons ; on a voulu qu’il y puisât sa nourriture ; on lui a fait souffler et vomir la flamme ; on lui a supposé des ailes pour se mouvoir plus à l’aise dans cet élément subtil ; on lui a ôté son humble figure, et on en a fait un dragon : voilà la généalogie de cette furieuse salamandre du blason de François Ier.

téléchargement (6)Il se conçoit que l’on ne se soit pas arrêté en si beau chemin. Les voyageurs, qui pouvaient prétendre avoir rencontré des salamandres aux pays lointains, n’avaient pas à se faire grand scrupule de rapporter des preuves matérielles de leur mensongère trouvaille. Aussi vit-on circuler pendant un temps, dans le commerce des curiosités naturelles, des étoffes faites avec de la laine de salamandre : on en était venu à donner de la laine à ce dragon. Cette laine, ou plutôt encore cette soie, était blanche, fine, d’une assez grande souplesse, et résistait en effet parfaitement bien à l’action du feu le plus ardent. On pouvait en faire des tissus, et, à l’aide de ces tissus, braver non pas la violence du feu, mais le danger de voir les vêtements s’enflammer au simple contact de la flamme : aussi la laine de salamandre eut-elle un moment une célébrité rare.

Le fait est que si l’on avait dû juger de l’incombustibilité de la salamandre d’après celle de cette prétendue laine, il aurait fallu regarder l’animal comme réellement doué de la propriété prodigieuse que le vulgaire lui attribuait. Mais cette substance provenait-elle réellement d’un animal ? Là était la question, et, malheureusement pour les amis du merveilleux, il s’est trouvé que la laine de salamandre était tout simplement un minéral filamenteux bien connu des naturalistes, et connu même des anciens sous le nom d’asbeste.

 

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Le loup et les hommes

Posté par francesca7 le 1 juin 2014

: histoire et légendes

 

images (5)La Lycanthropie

Un nom scientifique est donné au phénomène hallucinatoire au cours duquel un homme est persuadé d’être un loup : la lycanthropie. Cette affection, qui peut aller jusqu’à développer une pilosité excessive du visage, du torse et des mains, explique des cas d’aveux au cours de certains procès. L’un des plus célèbres se situe en Franche-Comté en 1574 où le sieur Gilles Garnier est accusé d’avoir tué et dévoré plusieurs personnes et enfants, après s’être transformé en loup. Il avoue s’être enduit d’onguent magique avant d’attaquer ses victimes. Nombreuses furent les affaires de ce genre. Assimilés aux sorcières, les loups-garous étaient condamnés au bûcher.

 

La bête du Gévaudan

Entre 1764 et 1767 dans l’actuelle Lozère, sévit un monstre velu et griffu qui se serait rendu coupable d’attaques répétées à l’encontre de troupeaux et bergers, de femmes et d’enfants.

 

Semant la terreur dans la région, l’affaire de la bête du Gévaudan (décrite tour à tour comme un énorme loup féroce, un animal exotique, voire un loup-garou) dépassa largement le stade du fait divers. La presse de l’époque (la gazette de France, le courrier d’Avignon, puis les gazettes internationales) saisirent cette opportunité pour en faire un énorme scandale, publiant des centaines d’articles.

 

Alerté, Louis XV fit organiser des battues monumentales menées par ses meilleurs Louvetiers. A l’issue de ces actions, plusieurs gros loups furent tués (l’un d’eux par Jean Chastel, fut officiellement déclaré comme étant la bête du Gévaudan). Cette étrange histoire, qui en trois ans fit de nombreuses victimes, ne fut jamais complètement élucidée.

 

La rage

Véritable fléau apparu au XIX siècle, la rage, qui touche également les chiens, les renards et autres bêtes sauvages donne lieu à de grandes exterminations de loups. Une loi votée en 1892 instaure une prime pour chaque bête tuée. Mille trois cents loups disparaissent du territoire de France en 1930.

 

Revenu en 1992 à partir des populations de loups sauvages d’Italie, le loup s’est réinstallé naturellement en France, notamment dans le parc national du Mercantour, déclenchant de nombreuses polémiques entre leurs défenseurs, amis de la nature, et les bergers inquiets pour leurs troupeaux. Il apparaît en plus faibles proportions et de façon non permanente dans les Pyrénées-Orientales, les Vosges, le Jura, le haut -Rhin la Drôme et le Massif central.

 

Des bergers et des loups

Dès le retour naturel du loup en France, d’importantes mesures de protection des troupeaux ont été mises en place dans les Alpes-Maritimes : remboursements des animaux tués, primes de stress, chiens de protection, aides aux bergers, clôtures de rassemblements des troupeaux, expositions films et vidéos publiés pour l’information et la prévention. De nombreuses associations sont crées en concertation avec les bergers et éleveurs.

 

Réhabiliter le loup, espèce protégée

Le statut et l’image du loup sont encore bien fragiles dans les mentalités. Il faudra du temps pour que ces prédateurs cessent d’être victimes de persécutions, et soient acceptés par les hommes à l’instar des sociétés dites « primitives » qui respectaient le loup et en avaient fait un mythe vivant.

 

En ce début du troisième millénaire, beaucoup souhaitent contribuer à redonner au loup ses titres de noblesse pour en faire le symbole d’une nature harmonieuse où chacun puisse trouver sa place.

Le mieux ne serait-il pas de laisser le loup (ce bel animal qui au fond nous ressemble par tant d’aspects !) vivre en paix près des hommes en bonne entente, comme n’importe quelle autre espèce et d’en faire un simple maillon de notre patrimoine commun, la terre ?

 

« Regardons les loups ! Contemplons-les ! Haïs parfois, traqués hélas, ils continuent, dans l’absolue liberté de leurs courses et de leurs amours, à nous apprendre ce sens de la vie qui se dérobe à nous, qui nous échappe, qui nous effraie et nous attire. Lorsqu’ils hurlent sous la lune, nous le savons : le paradis est ici : là ou ils sont ! » Hélène Grimaud.

 

images (4)Expressions liées au loup

- Un froid de loup : froid rigoureux

- Un vieux loup de mer : marin ayant beaucoup navigué

- Se jeter dans la gueule du loup : s’exposer volontairement à un danger

- Hurler avec les loups : critiquer et calomnier avec les autres

- Entre chien et loup : à la tombée la nuit

- A trop crier au loup : l’on est plus crédible lorsqu’il vient

- Faire entrer le loup dans la bergerie : introduire dans un groupe une personne susceptible de nuire

- Louvoyer : biaiser, tergiverser, temporiser

- Mon gros loup, mon pt’tit loup : terme affectueux

- Connu comme le loup blanc : se dit d’une personne connue de tout le monde

- Marcher à la queue-leu-leu : avancer les uns derrière les autres ( »leu » signifiant loup au Moyen-Age)

 

Pour aller plus loin

- L’Homme contre le loup. Une guerre de deux mille ans, de Jean-Marc Moriceau. Fayard, 2011.

- Des loups et des hommes : Histoire et traditions populaires, de Daniel Bernard. De Borée, 2011.

- Le monde des loups, de Philippe Huet. Editions Hesse, 2001.

- « Ca m’intéresse histoire » n° 11 Mars Avril 2012.

 

 

 

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En faveur des chiens et des chats

Posté par francesca7 le 11 mai 2014

Plaidoyer d’un écrivain satirique

(D’après « Leçons françaises de littérature et de morale », paru en 1846)

 
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Souvent attaqué et défendu avec passion, le chat fit, avec le chien, l’objet de l’éloquent plaidoyer d’un écrivain de beaucoup d’esprit, Charles-Joseph Colnet du Ravel, mort en 1832, qui dépensa presque toute sa verve dans les feuilletons de journaux, et surtout de la Gazette de France

Journaliste, poète et écrivain satirique né près de Vervins (Aisne) le 7 décembre 1768, Charles-Joseph Colnet du Ravel collabora notamment au Journal des arts, des sciences et de la littérature, au Journal de Paris, au Journal général et à la Gazette de France. Fils d’un garde du corps de Louis XVI, il est un temps grand-vicaire de Soissons avant de se réfugier dans l’officine d’un apothicaire de Chauny durant les troubles de la Révolution, puis s’installe en 1797 comme libraire-imprimeur à Paris.

Charles-Joseph Colnet

 

Dès son début dans la littérature, il paraît avoir donné la préférence au genre satirique. On lui attribue généralement : Les Étrennes de l’Institut national, ou Revue littéraire de l’an VII ; La fin du dix-huitième siècle ; Mémoires secrets de la république des lettres. On trouve dans ces ouvrages beaucoup d’esprit, de vivacité et de verve caustique. On a encore de Colnet l’Art de dîner en ville, à l’usage des gens de lettres, poème en quatre chants, où l’on remarque une critique ingénieuse et des vers heureux.

Colnet, dont l’extérieur plus que simple contrastait singulièrement avec ses connaissances littéraires et son genre d’esprit, vivait dans la retraite, à Belleville, lorsqu’il y fut enlevé aux lettres et à ses amis le 29 mai 1832.

Voici son Plaidoyer en faveur des chiens et des chats :

« Depuis que j’habite notre petite planète, je n’entends parler que d’abus à réformer. Dans ma jeunesse, on en voulait surtout aux moines. Ils étaient accusés de priver la population d’une partie de ce qui devait lui revenir, et, quoique cette accusation fût assez mal fondée, on les supprima, car c’était ainsi qu’on réformait à cette époque. Bientôt tout fut un abus et réformé comme tell. J’ai même vu le moment où les procureurs… mais voici bien un autre scandale [on note, ici, l’emploi de la réticence, figure de rhétorique par laquelle l’orateur s’interrompant fait entendre ce qu’il ne veut pas dire expressément].

« Nos chiens et nos chats sont en danger. Un philanthrope veut nous enlever les animaux domestiques que nous chérissons le plus ; il prêche, au dix-neuvième siècle, une croisade contre d’innocentes victimes qui ont des droits sacrés à notre reconnaissance, et c’est de l’amour du bien public qu’il prétend colorer cet attentat ! C’est l’humanité qu’il invoque pour excuser un projet sanguinaire ! Il faut convenir que la philanthropie est bien barbare, et qu’à force d’humanité nous sommes devenus bien inhumains ! Quoi qu’il en soit, les victimes ne seront pas égorgées sans réclamation ; une voix faible, mais courageuse, va s’élever en leur faveur.

« Je plaide pour les chiens et les chats défendeurs, aboyants, miaulants, d’une part ; contre M. Alexandre Roger, chevalier de la Légion d’honneur, demandeur d’autre part.

« Messieurs, dans un procès de cette nature, la moralité des accusés devant nécessairement influer sur la décision de leurs juges, il conviendrait de rappeler ici les heureuses qualités dont la nature a doué la moitié la plus intéressante de nos clients ; mais si je disais tout ce que valent les chiens, nous aurions trop à rougir. Qui d’ailleurs ne connaît pas leur douceur, leur fidélité, leur inébranlable attachement ? A qui pourrais-je apprendre que, rapprochés de nous par un sentiment que notre férocité même ne peut anéantir, ils s’associent à nos peines comme à nos plaisirs, devinent et partagent toutes nos affections, nous protègent dans le danger, combattent et meurent en nous défendant ?

 « Ce ne sont point, Messieurs, de ces faux amis du jour, esclaves de la fortune, et toujours prêts à vous abandonner dans l’adversité : martyrs généreux de l’amitié, on les voit s’échapper de l’asile doré de l’opulence, où on veut les retenir captifs, et où, comme tant de parasites qui sont loin de les valoir, ils seraient traités magnifiquement, pour retourner dans l’humble galetas du pauvre auquel ils sont attachés par un lien que l’amitié rend indissoluble ; et ce pauvre, que lui restera-t-il, si vous lui enlevez son chien ?

« Le malheureux est un pestiféré ; tout s’éloigne de lui, tout le fuit avec une sorte d’horreur ; son chien est le seul être qui, dans la nature entière, se montre sensible à sa misère, l’en console par ses caresses, et l’adoucisse en la partageant. Qui l’aimera si vous lui arrachez ce compagnon de son infortune ? Mais jamais un jugement inique n’ordonnera cette cruelle séparation : je me suis adressé à des cœurs sensibles ; les chiens gagneront leur cause.

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« La cause des chats est, je l’avoue, messieurs, difficile à défendre. On a généralement mauvaise opinion de leur caractère, et leurs griffes leur ont fait beaucoup d’ennemis ; mais il faudrait aussi se rendre justice. Si les chats sont méchants, nous ne sommes pas très bons. On les accuse d’égoïsme ; et c’est nous qui leur faisons ce reproche ! Ils sont fripons : qui sait si de mauvais exemples ne les ont pas gâtés ? Ils flattent par intérêt ; mais connaissez-vous beaucoup de flatteurs désintéressés ? Cependant vous aimez, vous provoquez l’adulation. Pourquoi donc faire un crime aux chats de ce qui, dans la société, est à vos yeux le plus grand de tous les mérites ?

« Je ne parlerai point ici de leur grâce, ni de leurs gentillesses. Je ne vous peindrai point ces minauderies enfantines, ce dos en voûte, cette queue ondoyante et tant d’agréments divers à l’aide desquels ils savent si bien nous intéresser à leur conservation. Des motifs plus puissants militent en leur faveur.

« Si vous détruisez les chats, qui mangera les souris ? Ce ne sera pas assurément l’auteur du projet qui vous est présenté. On vous parle de souricières !… Des souricières, messieurs ! Eh ! qui n’en connaît pas l’influence ? Des souricières ! C’est un piège qu’on vous tend ; gardez-vous bien de vous y laisser prendre. Depuis longtemps, les souris, trop bien avisées, savent s’en garantir.

 « Attendez-vous donc à voir au premier jour la gent trotte-menu ronger impunément tous les livres de vos bibliothèques. On s’en consolerait, si elles n’attaquaient que ces poèmes fades et ennuyeux, dont nous sommes affligés depuis quelques années, mais leur goût n’est pas très sûr ; elles rongeront Voltaire aussi volontiers que Pradon. Que dis-je ? nos feuilletons eux-mêmes, et nos plaidoyers si beaux et si longs ne seront pas épargnés. D’où je conclus que détruire les chats, c’est rétablir le vandalisme en France.

« Mais je consens que vous fermiez les yeux sur les souris : songez au moins qu’un ennemi cent fois plus terrible vous menace. Les rats, à qui les chats en imposent encore, les rats, messieurs, sont aux aguets ; ils n’attendent que le moment où vous aurez prononcé l’arrêt fatal que mon adverse partie sollicite, pour entrer en campagne et s’établir dans vos habitations que vous serez forcés, oui, messieurs, que vous serez forcés de leur abandonner. Et vous pouvez hésiter encore ! Catilina est à vos portes, et vous délibérez ! Je vous prie, messieurs, d’excuser cette véhémence ; il est difficile de conserver son sang-froid quand on parle des rats. »

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Moines et moineaux à y perdre son latin

Posté par francesca7 le 11 mai 2014

 

250px-House_sparrowIILes moineaux, lit-on souvent, seraient ou ne seraient plus des passereaux, la belle affaire… :
Le mot passereau est un mot qui n’a plus la moindre acception scientifique.

Et pourtant le Larousse de 1910 indique encore : « Passereau : – du latin passer, moineau – ordre d’oiseaux comprenant un grand nombre de petites espèces : Les moineaux, les merles sont des passereaux ». 
De nos jours, les dictionnaires insistent mais font une concession à la science en écrivant passereau ou « passériforme » : oiseau généralement petit et de moeurs arboricoles, chanteur et bâtisseur de nids pourvu de pattes à quatre doigts, trois en avant et un, pourvu d’une forte griffe en arrière ».

Pas question de douter de la filiation de nos piafs passériformes actuels avec les moineaux romains, mais peut-être est-on en droit de s’étonner à l’évocation de la descendance chez un moineau quand on sait que le moineau est un petit moine… et qu’un moine normalement n’a pas de descendance… Le moineau tient son nom du fait que, comme les moines, il porte sur la tête une capuche. 
Dans les ouvrages scientifiques, les passereaux n’existent plus, les moineaux sont définitivement, (pour le moment) devenus des passériformes. 

Le moineau domestique (passer domesticus
Domesticus veut dire en latin « de la maison ». Cette particularité souligne son penchant à vivre en compagnie des hommes. C’est l’espèce la plus courante en ville. C’est lui le compagnon des parisiens qui est devenu, le piaf, le titi, le pierrot.

Le moineau friquet (passer montanus
Le moineau de la montagne plus exactement celui des campagnes. Pourquoi est-il friquet ? Surement pas parce qu’il est plus riche que ses cousins citadins mais parce qu’il est vif et élégant, qualités qui étaient réunies sous le qualificatif de friquet en ancien français.
Si c’est là la vie que tous les moines fond… Je ferais moine…
Les moineaux, qui ne sont pas avares de démonstrations lorsqu’il s’agit d’étaler leurs ardeurs sexuelles au nez des bourgeois, ont acquit une réputation d’être des chauds lapins. Le moineau, le petit moine est, depuis le Moyen-âge, envié pour sa tonicité et connu pour sa lubricité.

Et puis les moines eux-mêmes sont parfois regardés comme de drôles de gens sinon de drôles d’oiseaux :
Extraits d’une oeuvre de Charles Esmangart , Fiction , parue en 1823 où il est question de la très fantaisiste Monachologie des spécimens de Ignace de Born traduite par Jean Anti-Moine et reprenant allégrement le livre V du Pantagruel de Rabelais et décrivant le moine à la manière d’un Linné ou d’un Buffon : « Définition. Voici la manière dont il définit le type général. Le moine: animal à figure humaine (anthropomorphum), avec un capuchon, hurlant pendant la nuit. »

Voici quelques traits de la description qu’il en fait: le corps bipède, droit; le dos courbé, la tête penchée en avant, toujours armée d’un capuchon. Animal avare, immonde, fétide, altéré, oisif, supportant plutôt le besoin que le travail. Les moines se rassemblent en troupe au soleil levant ou couchant, et surtout dans la nuit ; quand l’un d’entre eux crie, tous se mettent à crier; ils accourent au son des cloches ; ils marchent presque toujours par deux ; ils se couvrent de laine; ils vivent de butin et de quêtes; ils disent que le monde n’a été créé que pour eux ; ils se multiplient furtivement, exposent leurs petits, attaquent ceux de leur propre espèce, et dressent des embûches à leurs ennemis. La femelle ne diffère du mâle que par un voile qu’elle a toujours sur la tête. Les jeunes aiment à jouer, regardent de tous côtés autour d’elles, saluent les mâles d’un signe de tête. Les adultes et les vieilles sont malignes; elles mordent, elles montrent leurs dents quand elles sont en colère ; elles disent ave quand on les appelle : leur permet-on de parler, elles jasent toutes à-la-fois; au son des cloches elles se taisent tout-à-coup. »

« Différences. L’homme parle, raisonne, a une volonté; le moine le plus souvent est muet, ne raisonne pas, et n’a point de volonté, car il est entièrement soumis à son supérieur. L’homme porte sa tête élevée, le moine la porte penchée; les yeux toujours fixés contre terre. L’homme gagne son pain à la sueur de son front; le moine s’engraisse dans l’oisiveté. L’homme habite avec ses semblables ; le moine cherche la solitude, se cache, fuit le grand jour, d’où il suit que le genre moine est un genre de mammifères très distinct du genre humain, et qu’il est intermédiaire entre l’homme et le singe, duquel il se rapproche pourtant davantage, attendu qu’il n’en diffère guère que par la voix et la qualité de ses aliments. »

 

Expressions
Tirer sa poudre aux moineaux signifie faire de la dépense pour quelque chose qui n’en vaut pas la peine.
Manger comme un moineau signifie manger très peu.
Voilà une belle maison, s’il y avait des pots à moineaux, se dit pour se moquer d’une maison de campagne.

Synonymes
Les moineaux sont des mochons dans les Ardennes, des moissons en Normandie, des moigneaux dans le Berry.
La femelle s’appelle moinelle. 

Homonyme
Un moineau est un élément de fortification.

Les relations entre les hommes et les moineaux

Les moineaux n’ont guère à se plaindre de leurs relations avec les hommes. Efficace ramasse-miettes, il trouve toujours leur provende à leur contact.
Ils doivent quand même déplorer la disparition des chevaux. Autrefois de belles et bonnes graines et de gentilles petites bébêtes étaient généreusement stockées dans les crottins et redistribuées par la plus noble conquête de l’homme citadin.

Les moineaux de Pékin et la révolution culturelle
Dans les années soixante, alors que la révolution culturelle triomphante finissait d’affamer ses enfants, les moineaux furent les victimes de l’aveuglement des stratèges du parti. Constatant qu’il y avait des millions de moineaux à Pékin, que ces moineaux à force de voler quelques grains de riz par jour aux masses laborieuses, soit en comptant comme les économistes maoïstes qu’ils s’appropriaient des milliers de tonnes de nourriture par ans, il fut décidé de tuer tous ces salauds de moineaux petit-bourgeois, devenus officiellement ennemi du peuple. Il fut ordonné de les éliminer à la chinoise en obligeant les pékinois à taper nuit et jour sur des gamelles. Ne pouvant plus se poser ni se reposer les oiseaux finirent tous par crever.
290px-House_Sparrow_mar08Devant un si beau résultat, la propagande fit ses choux gras de ce succès révolutionnaire mais omit bien sûr de parler des mouches qui, quelques semaines plus tard rendirent la vie impossible, même au Grand Timonier et à sa clique.

A défaut de grives pas question de manger des moineaux
Les moineaux, sauf lorsqu’ils sont volontairement ou pas confondus avec des becs-figues ou des ortolans ne figurent jamais sur les menus des gastronomes. 
Cette situation privilégiée devrait leur permettre d’envisager l’avenir avec optimisme. Pourtant les populations de moineaux sont en chute libre ces derniers temps. Même s’ils sont toujours aussi « lubriques » nos petits moines fond de moins en moins de nichée. Pleins des insecticides qui trucident leurs proies, ils ne sont « plus bons » car devenus stériles et n’ont plus de descendance.

Article réalisé par Jean-Pierre Fleury.

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Nos anciens et leurs préjugés sur les Crapauds

Posté par francesca7 le 25 avril 2014

 

(D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1870)

 
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Pline mentionne une multitude de remèdes auxquels il attribue la propriété d’empêcher les funestes résultats de la morsure des crapauds ; et il est certain que comme cette morsure n’offre en effet aucun danger, il doit nécessairement se trouver une infinité de substances aussi héroïques à cet égard que celles dont a parlé le naturaliste romain.

Le crapaud est pour son venin dans la même condition que la salamandre, c’est-à-dire qu’il fait à volonté sortir de sa peau une humeur dégoûtante, mais qui n’a que des propriétés très médiocrement énergiques ; on redoute encore plus son urine que sa bave et sa sueur. Il est certain qu’il n’est pas du tout agréable d’en recevoir dans les yeux, et c’est ce qui arrive quelquefois lorsqu’on tourmente l’animal ; car c’est un des moyens de défense que la nature lui a donnés. Mais il est entièrement faux, et c’est une erreur relevée par Scaliger, que cette urine, ainsi qu’on le croit communément dans les villages, fasse perdre la vue. Si le crapaud est l’ennemi des yeux, ce n’est que par la vilaine image qu’il y met. 

C’est aussi une très ancienne et très universelle réputation des crapauds, que la propriété de se conserver vivants durant des siècles dans le milieu des pierres. Il y a là quelque chose de très vrai. On peut enterrer vivant un crapaud, même dans du plâtre qui se referme ensuite comme une pierre autour de lui, et plusieurs mois après cette stricte réclusion, en brisant l’enveloppe on retrouve l’animal en pleine vie. Mais combien de temps le crapaud pourrait-il endurer un tel état ? C’est ce que des expériences positives n’ont pas encore décidé.

On conçoit d’ailleurs fort bien que l’animal, étant privé d’air, tombe dans une léthargie analogue à celle à laquelle il est soumis pendant l’hiver, et que, comme il ne fait aucune perte, il n’ait besoin non plus d’aucune réparation de nourriture. La possibilité de la suspension complète de la vie chez certains animaux des ordres inférieurs est un fait devenu incontestable. On peut même, avec des précautions convenables, emprisonner dans la glace certains animaux, les salamandres, les écrevisses, sans doute aussi les crapauds, les congeler entièrement au point que, tous leurs liquides se solidifiant, leur corps entier devienne fragile comme un morceau de glace, et, après cela, les dégeler peu à peu et les rappeler finalement à la vie.

Il n’y a donc rien de répréhensible à s’imaginer que l’on puisse trouver quelquefois, ainsi que l’affirment les habitants des campagnes, des crapauds dans l’intérieur des pierres ; mais le préjugé est de se persuader que ces crapauds sont contemporains de la formation de ces pierres, ce qui en ferait le plus souvent de véritables animaux antédiluviens.

Leur présence dans ces cavités, dont ils ne peuvent sortir, s’explique très simplement en ce qu’ils s’y sont insinués par quelque fente lorsqu’ils étaient jeunes, et qu’ayant grossi en s’y nourrissant des insectes qui venaient chercher refuge également dans cette petite caverne, la porte par laquelle ils s’y étaient glissés a fini par devenir trop étroite pour les laisser sortir.

C’est au juste l’histoire de la fable de la belette entrée dans un grenier. En regardant bien la pierre au milieu des éclats de laquelle on voit paraître le crapaud, on reconnaîtrait toujours quelque petite ouverture, souvent bouchée accidentellement par de la terre, mais communiquant dans le principe entre l’extérieur et le logis de l’animal.

Finissons par un mot sur la crapaudine. On nommait ainsi autrefois une petite pierre fort recherchée, que l’on croyait se former en de certaines circonstances dans la tête des crapauds, et à laquelle la superstition attribuait des propriétés merveilleuses. L’expérience a non seulement constaté que ces propriétés n’étaient qu’une pure invention, mais il est maintenant bien établi que ces prétendues concrétions de la tête des crapauds ne sont que dents fossiles de poissons de mer. Elles ne sont pas moins merveilleuses, en raison de l’étonnante position qu’elles occupent dans l’intérieur des continents et même des plus durs rochers ; mais ce n’est plus du petit et du puéril, mais du grand et philosophique merveilleux.

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l’Environnement Bourguignon : La faune

Posté par francesca7 le 23 avril 2014

 

images (18)Dans les terroirs de bocages , constitués depuis le Moyen âge et présents surtout dans le sud de la région, les haies vives hébergent de nombreux oiseaux, insectes, mammifères et reptiles, qui y trouvent à la fois le gîte et le couvert.

Campagnols, musaraignes, hérissons et même renards s’y rencontrent communément ; des prédateurs ailés, tels que pies-grièches, huppes fasciées ou buses variables profitent de la richesse du milieu.

La tombée du jour marque le début du ballet des chauve-souris : vous aurez peut-être la chance d’apercevoir le petit rhinolophe dans sa quête nocturne de moustiques, de papillons et d’araignées. Ne le dérangez pas : son espèce est en régression.

Dans les zones de culture , les perdrix grises, les cailles des blés, les grives, les alouettes, les busards cendrés, les lapins de garenne et les lièvres sont encore visibles, même s’ils souffrent tous de la mécanisation agricole.

Dans les forêts du Châtillonnais, du Tonnerrois ou des Bertranges, dans la Nièvre, les cervidés sont très nombreux. On vient les entendre au moment du brame au début de l’automne. S’il est exceptionnel de croiser un cerf et des biches, il est en revanche facile de rencontrer des chevreuils. Renards, sangliers et chats sauvages sont les hôtes de ces bois, tout comme les mésanges, sitelles, troglodytes et autres grimpereaux.

De la Loire à la Saône et ses plaines inondables, des étangs de la Bresse à ceux de la Puisaye et aux sources de la Seine, les milieux humides sont le lieu de rassemblement de milliers d’oiseaux migrateurs. Ces espaces naturels, fragiles, sensibles aux intrusions humaines, méritent d’être respectés et préservés. Sur les grèves de la Saône, il est possible d’observer les courlis cendrés et les râles des genêts.

Les étangs et marais sont fréquentés par grèbes et canards de surface (colverts) ou plongeurs (fuligules) ; échassiers (hérons, bécassines), passereaux et petits rapaces (busards des roseaux, milans) abondent. à partir des lieux d’observation aménagés sur les berges, ou depuis votre embarcation en naviguant sur les canaux, vous observerez à loisir les habitants à plumes des roselières. Vous serez ébloui par l’élégance des aigrettes, la vivacité des martins-pêcheurs et l’habileté du balbuzard pêcheur. Ne négligez pas pour autant une gent ailée plus modeste, celle des libellules et agrions. Pensez aussi à écouter, les soirs d’été, le concert improvisé des rainettes et crapauds.

Pas moins de 40 espèces de poissons fréquentent les eaux de la région, témoignant ainsi de leur qualité.

Les rivières aux eaux vives et fraîches, telles que l’Ouche, la Tille et la Bèze, sont peuplées de truites fario et d’écrevisses (dont la pêche est interdite dans la région) ; les bras calmes de la Loire abritent des brochets, et la Saône le géant silure.

Les saumons et les lamproies viennent de nouveau se reproduire dans la Loire et l’Allier.

Les étangs et les lacs (il y en a, dit-on, près de 5 000 en Bourgogne), quant à eux, sont le royaume des carpes et des poissons blancs, tandis que les canaux sont appréciés des sandres et des gardons.

images (17)Les berges de la Loire sont habitées par les castors, qui se nourrissent de feuilles et d’écorce. Travailleurs acharnés, ils érigent de véritables barrages de branchages, ouvrages d’art qui leur servent d’abri. De nombreux étangs et rivières de Bourgogne abritent d’autres rongeurs, les tristement célèbres ragondins. Importés d’Amérique du Sud, ils se sont multipliés dans un environnement favorable. Leurs terriers sapant les berges, ils sont aujourd’hui considérés comme nuisibles. En revanche, les loutres ont pratiquement disparu.

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