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Le développement de la voile en France

Posté par francesca7 le 12 mai 2015

 

france-a-la-voileCertains historiens font remonter la pratique de la navigation de plaisance à des dates très anciennes et évoquent les pharaons qui remontaient le Nil sur des galères uniquement conçues pour leur plaisir et leur confort ou, plus récemment, les fêtes nautiques organisées le long des côtes bataves, qui, dès le xviie s., annonçaient nos futures régates. Néanmoins, il est plus réaliste de faire remonter les origines du yachting au début du xixe s., époque à laquelle des sujets de la reine d’Angleterre commencent à se retrouver chaque été pour se confronter à bord de voiliers sur les rives du Solent, bras de mer séparant Plymouth de l’île de Wight, lieu de villégiature préféré de la haute société londonienne. En effet, si le plus ancien yacht-club du monde est créé en 1720 à Cork, sur la côte sud de l’Irlande, son existence éphémère incite plutôt à retenir, comme date de naissance du sport de voile, l’année 1810, où d’anciens officiers de la « Royale » britannique se réunissent en club pour passer le temps en bonne compagnie et éventuellement organiser des courses de yachts. C’est ainsi que naît le Royal Yacht Squadron.

En France, c’est en 1844 qu’est créé le premier yacht-club, la Société des régates du Havre. Mais c’est plus en amont sur la Seine que la régate prendra véritablement son essor, avec le Cercle de la voile de Paris (C.V.P.). Le C.V.P. se développe à partir de 1855 grâce à l’arrivée d’un nouveau type de voilier, le « clipper d’Argenteuil ». Les peintres impressionnistes (et parmi eux notamment Gustave Caillebotte) illustreront cet engouement pour la voile et feront partie du petit monde d’écrivains, d’artistes et de joyeux dilettantes qui s’en va naviguer sur la Seine à Chatou ou à Melun.

La première page de l’histoire de la voile française reste très ludique et bien peu « salée » jusqu’à la fin du xixe s. Ce n’est en effet qu’en 1882 que trois voiliers du C.V.P. entreprendront la traversée de la Manche pour aller observer le yachting britannique, à l’époque le plus développé du monde, dans ce qui est rapidement devenu son berceau historique : Cowes, ville située sur la côte nord de l’île de Wight. Au xixe s., le yachting reste une activité essentiellement anglo-saxonne. Si, outre-Manche, les yacht-clubs sont très aristocratiques, outre-Atlantique, ils rassemblent, à l’instar du New York Yacht Club créé en 1844, tout ce que le nouveau continent fait de mieux en termes d’entrepreneurs et d’industriels plus ou moins autodidactes et dotés de puissants moyens financiers. En 1850, ceux-ci sont informés de la préparation d’une grande manifestation anglaise, le Prince Albert’s Great Exhibition, dont l’un des organisateurs est John Scott Russell, célèbre architecte écossais, spécialiste de yachts. L’un des fondateurs du New York Yacht Club, John Cox Stevens, décide les membres de son club à créer un syndicat qui se charge de construire une goélette pour aller représenter les couleurs de l’industrie navale américaine. Georges Steers dessine la goélette America, qui met le cap sur les îles Britanniques en 1851 pour se confronter aux meilleurs yachts européens. Mais le commodore du Royal Yacht Squadron et ses adjoints utilisent les prétextes les plus fallacieux pour interdire le plan d’eau du Solent à l’America, qui n’est pas autorisée à concourir dans les grandes classiques de l’été. Les Américains lancent alors un défi par voie de presse, obligeant les yachts britanniques à relever le gant. Une course est donc organisée, dont le parcours consiste en un tour de l’île de Wight, que la goélette américaine mène d’un bout à l’autre devant le gotha du yachting britannique réuni là pour assister à ce qui devait être son triomphe et qui tourne à l’humiliation. La coupe de cent guinées rapidement commandée à un orfèvre londonien pour marquer l’événement part donc orner la vitrine aux trophées du yacht-club américain. La Coupe de l’America est ainsi le plus vieux trophée sportif, toutes disciplines confondues, qui soit encore mis en jeu.

Régater entre les bouées ou répondre à l’appel du large ?

Alors que la régate prend son essor, la voile va initier un autre type de vocation : l’aventure. Quelques milliardaires en mal d’exotisme se font construire de somptueux yachts comme le Sunbeam de la famille Brassey, qui fait le tour du monde en compagnie des 35 marins nécessaires à la manœuvre et à l’entretien de cette goélette. L’histoire de la voile va être marquée par le fabuleux exploit de Joshua Slocum, qui mènera tout seul son Spray autour du monde, entre 1895 et 1898. Un homme seul dans un voilier de 11,20 m de long seulement, comment est-ce possible ? Les exceptionnelles qualités nautiques de ce voilier, l’endurance du marin américain sont les réponses expliquant cet exploit. Il va susciter bien des vocations et, à l’aube du xxe s., de nombreux marins appareilleront pour la grande aventure. Parmi eux on trouve des figures étonnantes, des Anglo-Saxons pour l’essentiel comme le capitaine Voss ou Harry Pidgeon. Le premier Français à tenter l’aventure autour du monde sera Alain Gerbaut qui traversera l’Atlantique en 1923 et poursuivra son périple vers l’ouest pour ne rentrer en France qu’en 1929.

La première course au large est créée en 1906, ralliant Newport (Rhode Island) aux Bermudes. Cette compétition réunit les meilleurs voiliers de course américains. Les Britanniques ne peuvent pas rester en retrait et, en 1925, ils créent à la fois l’organisme qui régit les règles de la course au large, le Royal Ocean Racing Club (RORC) et ce qui va devenir la plus célèbre « classique » européenne : le Fastnet, du nom du phare qu’il faut aller virer, à l’occasion de cette compétition, au sud-ouest de l’Irlande. Cette course a lieu tous les deux ans. Son édition 1979 reste la course la plus meurtrière de l’histoire du yachting, avec 19 morts.

Le développement de la voile en France et dans le monde

téléchargement (3)En France, après l’époque des « régatiers en eau douce », le yachting se développe doucement. Les membres de la Société des Régates du Havre mettent au point un petit bateau de course : le « 10 m2 du Havre » et quelques membres des classes aisées, inspirés par leurs voisins d’outre-Manche font des ronds dans l’eau devant Dinard. Il faudra attendre la fin de la Première Guerre mondiale pour que la voile française connaisse une première impulsion grâce à Virginie Hériot, riche héritière des Magasins du Louvre. Elle fait construire une série de voiliers et participe aux compétitions internationales, et notamment aux jeux Olympiques de 1928 qu’elle remporte à bord d’Aile VI, à Sixhaven, non loin d’Amsterdam. Outre sa passion pour la régate, Virginie Hériot fait acte de profession de foi en naviguant. Elle organise de nombreuses conférences pour promouvoir son sport et s’attache à faire construire ses bateaux en France pour développer l’industrie nautique nationale. Entre deux régates, elle passe le plus clair de son temps à voyager à bord de sa superbe goélette, Ailée (remplacée bientôt par Ailée II). Malgré cette médaille d’or, il est vrai remportée par une femme dans un milieu de la voile très masculin (il tend à l’être moins de nos jours, et la voile est d’ailleurs un des rares sports avec l’équitation à être vraiment mixte), il faut attendre l’après-guerre pour que le yachting se développe à grande échelle en France et en Europe. Une fois les hostilités terminées, les Anglais reprennent l’organisation de la Semaine de Cowes, du Tour de l’île de Wight et de la course du Fastnet. C’est encore en Angleterre que, dans les années 1950, les yachtmen dignes de ce nom se doivent d’aller courir. Le RORC édicte les règles de course et seuls quelques Français fortunés viennent se frotter aux Anglais. Une exception toutefois parmi cette riche flottille de course : un yacht désuet, à peine restauré, d’aspect presque miteux, s’aligne aux départs donnés au large de Cowes en 1961 et en 1962. À la barre de ce Pen Duick, se trouve un certain Éric Tabarly. Dans son sillage, quelques skippers se tailleront une réputation comme André Viant qui remportera, deux années de suite, le titre de champion du RORC classe 3, en 1967 et en 1968, à bord de son Esprit de Rueil.

En 1960, les Anglais, sous l’impulsion de Blondie Hasler, organisent la première course transatlantique en solitaire : Plymouth-Newport. Cette première édition est remportée par sir Francis Chichester, le marin anglais alors le plus connu. Sans aucun doute, son exploit est-il largement commenté sur les quais de Cowes les deux étés où Éric Tabarly y mène son vieux Pen Duick. L’esprit inventif du marin français se met en branle quand il apprend que la deuxième édition de l’Ostar se déroulera en juin 1964. Il est convaincu qu’un bateau léger a besoin de moins de surface de voilure pour aller vite. C’est ainsi que naît Pen Duick II, un monocoque en contreplaqué, une révolution à l’époque quand on envisage de traverser l’Atlantique. Éric Tabarly remporte haut la main cette course ralliant Plymouth à Newport, en 27 jours et devançant de trois jours le second, Chichester. Son exemple va fasciner les navigateurs français qui, de plus en plus nombreux au fil des éditions, se présentent dans le bassin de Mill Bay Dock, à Plymouth.

images (6)L’esprit de cette transat est simple : un bateau, un homme, l’Atlantique. Pas d’autre règle, pas de jauge… on se situe aux antipodes de la course au large en équipage version RORC qui pourtant, dans les années 1960 et 1970, connaît aussi un formidable développement.

En effet, en 1957, l’Angleterre, toujours elle, a créé la première Admiral’s Cup, coupe attribuée après plusieurs épreuves courues dans la Manche (dont le Fastnet) et quelques régates très tactiques dans le bras de mer qui sépare l’île de Wight à l’Angleterre, le Solent. Organisée une année sur deux, l’Admiral’s Cup devient rapidement une sorte de championnat du monde de course au large par équipes (chaque nation doit aligner trois voiliers) et en équipage. Certains voiliers français y réalisent des coups d’éclats formidables comme Éric Tabarly qui, à bord du Pen Duick III, remporte en 1967 toutes les courses du RORC auxquelles il participe, et notamment le Fastnet qu’il survole. Mais il faut attendre 1991 pour que la France remporte, pour la première et seule fois de l’histoire, l’Admiral’s Cup. C’est l’équipe des « Corum-boys » menée par le tandem Pierre Mas-Bertrand Pacé qui signe cette victoire.

 

À la fin des années 1960, la voile commence à se structurer avec des épreuves solitaires, des courses en équipage… mais aussi des séries olympiques très dynamiques comme le Flying Dutchman à bord duquel les frères Marc et Yves Pajot remporteront une médaille d’argent aux jeux Olympiques de 1972, année où Serge Maury obtiendra l’or dans la série solitaire du Finn.

Notre providentiel marin français, Éric Tabarly, ne peut être sur tous les fronts et il faudra attendre le baron Bich, en 1970, pour que le défi de la Coupe America soit relevé par des Français. Dans cet univers exclusivement anglo-saxon, le baron voit une opportunité formidable pour percer le marché américain avec ses stylos à bille (les fameux Bics). Le yachting comme outil de marketing est une idée qui va faire son chemin et devenir une réalité incontournable. Marcel Bich va relever quatre défis en 1970, 1974, 1977 et 1980. Malgré ses échecs successifs, il est le premier Français à avoir eu la volonté de s’immiscer dans cette compétition réunissant le summum de la technologique nautique, de l’art de la régate et de l’effort sportif. Il a offert à certains talents l’occasion de s’épanouir, comme par exemple Bruno Troublé, barreur des derniers défis du baron, aujourd’hui grand organisateur de la Coupe Louis Vuitton, qui permet de sélectionner le meilleur challenger de la Coupe de l’America.

Les Français occupent actuellement le haut du tableau de la plupart des courses au large en solitaire mais ont néanmoins plus de difficultés à maintenir cette domination dans les épreuves en équipage, comme l’ex-Withbread, et ne sont pas en mesure d’inquiéter les Américains ou les Néo-Zélandais dans les compétitions où le collectif prime comme l’Admiral’s Cup ou la Coupe de l’America.

Source Encyclopédique

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Aix-les-Bains une ville d’eaux

Posté par francesca7 le 5 mai 2015

(Savoie)

 

220px-Arc_de_campanusAix les Bains, ville d’eaux et de prestige, rivalise de trésors pour concilier à la fois santé et tourisme. Au fil des saisons, la cité thermale satisfait ainsi tous les tempéraments.

Soif de culture ? Grâce aux nombreuses visites guidées proposées par les guides conférenciers, les amateurs d’art et d’histoire peuvent remonter le temps. De la belle époque, avec les anciens palaces et le casino Grand Cercle, jusqu’à l’Arc de Campanus, mausolée datant de 2000 ans. Autre visite incontournable, le musée Faure. Cet établissement présente une collection de peintures de la période impressionniste et plus de trente sculptures de Rodin.

Envie d’air pur ? Le Mont Revard est là qui culmine à 1500 m d’altitude. Formant les premiers plis de la chaîne des pré-Alpes, le Revard marque la frontière du Parc régional des Bauges, fief du célèbre fromage appelé « tome ». Là haut, dans un panorama à 360°, toute la chaîne du Mont Blanc s’offre aux regards.

Miraculeusement préservé de la civilisation, le plateau Revard a été déclaré « site d’intérêt national ». Son inclinaison vers le Sud-Ouest lui permet de bénéficier d’un ensoleillement maximal. L’hiver les skieurs et les fondeurs peuvent s’en donner à coeur joie. Le grand plateau nordique, appelé ainsi, représente avec ses 1.690 hectares et ses 150 km de pistes, le plus grand domaine de ski nordique français.

Autre attrait, le lac du Bourget. Grâce à une eau qui atteint les 25° C en été, le plus grand lac naturel de France, produit un microclimat qui adoucit la température ambiante, été comme hiver. Cette douceur profite au golf 18 trous qui reste ouvert toute l’année et permet aussi d’acclimater des plantes aux essences méditerranéennes.

Par sa taille le lac favorise toutes les pratiques des sports nautiques (aviron, voile, ski nautique ainsi que la pêche). Des bateaux promenades vous permettront de rejoindre le Rhône en passant par le magnifique canal de Savière. On peut également visiter sur la rive Ouest, la superbe abbaye d’Hautecombe, construite au XIIe siècle et choisie comme dernière demeure par l’illustre Maison de Savoie pour 42 de ses princes.

Rappelons également que le lac du Bourget est le lac romantique par excellence où Lamartine a vécu une passion aussi effrénée qu’éphémère. Il a immortalisé ce lieu après la mort d’Elvire dans le fameux poème « le Lac ». D’autres écrivains en ont chanté les charmes et aujourd’hui encore, sa côte sauvage, ses ports, ses grottes, ses anses accessibles seulement par bateaux, invitent à la rêverie.

Du rêve, on revient aussi aux réalités quand on aperçoit les nombreux projets en cours. Aix-les-Bains investit sur l’avenir avec la construction par les thermes nationaux, des thermes Chevalley et en participent au pro et Grand Lac. Ce programme d’envergure, de plus de trois milliards de francs sur 15 ans, est initié par les autorités départementales et locales de Savoie.

Plusieurs opérations sont au programme sur Aix-les-Bains. Parmi elles on peut citer l’aménagement de l’esplanade pour redonner un accès direct à l’eau, relier la ville au lac, agrandir l’aquarium, rénover le centre nautique et réhabiliter les thermes du XIXe siècle.

Bref, les projets ne manquent pas afin qu’Aix-les-Bains reste une terre où l’on est heureux de vous accueillir. Bienvenue en Savoie.

ne promenade au cœur de la ville d’Aix nous rappelle le passé glorieux de la cité.

Plongez-vous dans l’histoire romaine avec l’arc de Campanus et le temple de Diane, situés sur la place de l’Hôtel de Ville.

Découvrez, au cœur d’Aix l’un des plus beaux Hôtels de Ville de France. Ancien château féodal, l’édifice actuel fut construit au début du XVIème siècle en pur style gothique reconnaissable à sa porte d’entrée à arc surbaissé et à ses fenêtres à meneaux.

 

Aix-les-Bains une ville d’eaux dans COURS d'EAU-RIVIERES de France 220px-Festival_du_lac_%C3%A0_Aix-les-BainsDe son histoire avec l’eau et ses thermes prestigieux fréquentés au XIXème siècle par l’aristocratie européenne, Aix a hérité d’une riche architecture résidentielle. Le tout Aix se baignait à la Belle Epoque : l’Aga Khan, les maharajahs, les empereurs, les princes… les élégantes. Vous pouvez encore admirer les façades des anciens palaces : le Grand-Hôtel, de style néoclassique, le château de la Roche du Roi, classé monument historique, la résidence Bernascon, de style néo-Louis XIII, le Mirabeau, le Royal, l’Excelsior ou le Splendide…

L’Arc de Campanus, selon l’hypothèse actuellement retenue par les archéologues, est daté du de la fin du Ier siècle. Il porte juste au-dessus de la grande arcade une inscription partiellement lisible : L.POMPEIUS CAMPANUS VIVUS FECIT. Au niveau de l’entablement se distinguent sur l’architrave des cartouches avec des noms inscrits et au-dessus de chacun , des niches creusées. Nous ne savons rien sur ce Lucius Pompeius Campanus, qui a fait ériger ce monument aux défunts de sa famille. L’arc suscite l’intérêt des chercheurs, son emplacement aux abords du temple et des thermes permet de s’interroger sur sa fonction exacte : arc funéraire, arc commémoratif ou porte ouvrant vers les thermes ?

Bons plans
La visite guidée « Balade dans Aix » présente le patrimoine gallo romain de la ville Fiche patrimoine disponible à l’Office de Tourisme ou en Mairie Site de l’inventaire : www.patrimoine-aixlesbains.fr

 

VISITER LE SITE 
www.aixlesbains.com

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L’Isère emprisonnée par les digues

Posté par francesca7 le 7 novembre 2014

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Pour protéger ses terres et ses biens matériels, pour gagner davantage de terrains cultivables dans les plaines alluvionnaires fertiles, l’homme a depuis longtemps repoussé progressivement l’espace de vie des rivières. En Isère, ce mouvement commence au début du 17ème siècle, et ne sera que rarement controversé. Il faudra attendre la fin du 20ème siècle et le projet d’aménagement du Symbhi pour voir cette tendance s’inverser légèrement. 

Les premières digues

Au début du 17ème siècle donc, sous l’impulsion de Lesdiguières se construisent les premières digues du Drac. Jusqu’au début du siècle suivant, le désir d’étendre les terres agricoles conduit à la réalisation d’aménagements plus conséquents. Ces actions sont alors menées individuellement, l’intérêt personnel primant. Ca n’est qu’en 1818 que les premiers syndicats de riverains se forment. A raison d’une unité par commune, ils ne sont cependant pas efficaces pour des projets d’ensemble. C’est sous l’impulsion de Messieurs Hall et Charles, principaux propriétaires des terrains endommagés, que le premier projet de grande envergure voit le jour, avec 3289m de digues construits entre fin 1818 et juin 1820 à partir du bas de la Gâche. 

L’endiguement généralisé

Suite aux inondations de 1848, le mémoire de l’ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées, M. Cunit voit le jour en 1850. Il représente une tendance « dirigiste », qui veut redresser complètement le lit de l’Isère avec de hautes digues insubmersibles. Ce projet est abandonné en 1852, faute de conscience de l’intérêt général par les petits syndicats. Mais la crue du mois d’août 1852 et la construction de canaux d’assainissement en 1862 fait fusionner certains d’entre eux, comme Haut Goncelin, Bas Goncelin et Haut Tencin. Cela permet, entre 1850 et 1870, une réalisation partielle et progressive de travaux en suivant les indications du projet Cunit. Entre temps, les travaux d’endiguement de l’Isère et de l’Arc en Savoie par l’Etat Sarde sont totalement réalisés et achevés en 1859. La crue de la même année donne une impulsion dans l’application du dispositif de défense militaire et de lutte contre les crues à Grenoble.

Le 17 janvier 1860, M. Gentil rejette le principe des digues insubmersibles pour protéger les terres. Ce projet de tendance « libérale », qui conserve les méandres et les boucles, prévoit localement des digues submersibles permettant l’expansion des grandes crues. Mais ce projet n’est pas suivi, puisqu’en 1861, ce sont les conseils de Mr Cunit qui sont suivis par le Conseil Général.

En 1927 est ouvert un concours entre spécialistes des études et travaux hydrauliques. La Commission consultative retient le 27 juillet 1930 l’offre de l’Entreprise Schneider, qui consiste à rehausser les digues, draguer le lit, et couper les boucles à l’amont de Grenoble. Ce projet, qui ne voit jamais le jour, montre que les logiques d’aménagements ne changent pas.

Entre 1930 et la fin du 20ème siècle, les travaux qui sont entrepris s’alignent systématiquement sur la même philosophie, qu’ils concernent l’aménagement du haut et du moyen Grésivaudan, comme la coupure de la boucle du Bois Français, ou l’amont immédiat de Grenoble.

Les conséquences de l’endiguement

L’endiguement généralisé de l’Isère et le rétrécissement de son cours à une largeur de 100 mètres environ (contre près d’un Km auparavant !) ont empêché progressivement la rivière de répandre dans la plaine les matériaux charriés lors de ses crues. Le niveau du fond de son lit s’est donc surélevé petit à petit, rendant les risques de débordement de plus en plus importants, notamment à l’entrée de l’agglomération grenobloise où la pente s’adoucit et où les matériaux se déposent donc plus.

Pour enrayer l’engraissement du lit de l’Isère à l’entrée de l’agglomération grenobloise, le méandre du Bois Français a été supprimé en 1968. L’idée était d’accentuer la pente et donc les débits pour éviter le dépôt de sédiments. Mais la coupure de la boucle du Bois Français ainsi que les prélèvements de graviers utilisés pour la construction ont entraîné un surcreusement du lit de l’Isère qui s’est propagé vers l’amont. Il s’est traduit par une déstabilisation des berges à l’origine d’un déchaussement d’ouvrages en place, notamment deux ponts à Montmélian et à la Ravoire en 1979 et 1981.

En savoir plus :
http://www.isere-drac-romanche.fr/?Bois-Francais-qu-en-dire-40-ans

Aujourd’hui le projet d’aménagement du Symbhi, le Syndicat Mixte des bassins Hydrauliques de l’Isère, prévoit de redonner un peu d’espace de liberté à la rivière en cas de crue par la création des champs d’inondation contrôlés. Même s’il n’est pas question de revenir à un fonctionnement véritablement naturel du cours d’eau (lit en tresses), ce projet reste une petite révolution après un siècle et demi d’acharnement à vouloir contenir et enfermer l’Isère dans un lit étroit et rectiligne.

 images (7)

Le 18 octobre 1862 paraît le décret constitutif des huit grandes associations syndicales en amont et en aval de Grenoble. Le découpage est établit par rive. Ces associations ont pour but de mieux gérer les efforts pour la réalisation et l’entretient des digues. Le dispositif permet ainsi en une trentaine d’années, entre autres, d’exhausser et de consolider les anciens ouvrages. Mais par la suite, un manque de coordination générale aboutit à la création de l’Association Départementale Isère Drac Romanche (ADIDR), par décret du 27 septembre 1936. Elle vient chapoter en quelques sortes le découpage des associations riveraines, sans le supprimer, tout en intégrant également les collectivités territoriales directement concernées (département, communes de la vallée et Grenoble).

Visionner les vidéos sur le Site d’origine : http://www.irma-grenoble.com/05documentation/04dossiers_articles.php?PHPSESSID=5baad5471c625f1de6f2c21ea13308d5&id_DT=8&id_DTart=74

Publié dans COURS d'EAU-RIVIERES de France, Isère | Pas de Commentaire »

Les Premiers canaux artificiels

Posté par francesca7 le 16 septembre 2014

 

 
téléchargement (13)Le creusement de canaux visant à offrir de nouvelles voies navigables et des moyens de communication intérieure, bien que connue de l’Antiquité mais peu pratiquée à grande échelle, fait en France l’objet de projets dès Charlemagne, mais ne trouve sa traduction concrète que dès le XVe siècle, à l’instigation des évêques, puis bientôt de ministres comme Sully ou Colbert, qui y voient une condition sine qua non au développement économique

On a longtemps cru que la force des armes était le principal soutien de la puissance d’un empire ; mais si les combats donnent quelquefois de la gloire, il n’est personne qui ne reconnaisse aujourd’hui qu’on est plus certain de faire découler d’un travail soutenu les sources fécondes de la richesse et du bonheur. Sully fut peut-être le premier qui vit dans la production du sol le principe de la fortune de l’État ; et, en agissant puissamment sur les progrès de l’économie rurale, il chercha à entretenir le labourage et le pastourage, qui étaient à ses yeux les véritables mamelles de la France.

 

Après lui Colbert, sans négliger l’agriculture, trouva la prospérité réelle du pays dans le développement industriel, et ce fut dans ce but qu’il établit ou encouragea la fondation de nouvelles manufactures. Puis, pour faciliter les communications intérieures, qui donnent la vie au commerce et à l’agriculture, il soutint ou provoqua lui-même la création de divers canaux dans l’intérieur du royaume. La France, à cette époque, avait encore peu fait pour la navigation intérieure, et si les voies de communication sont devenues une affaire d’intérêt général de nos jours, au Moyen Age, il s’en fallait de beaucoup qu’il en fût ainsi.

Des îles et des bas-fonds embarrassaient trop souvent le cours des rivières ; des sables et des terres amoncelées formaient presque partout des obstacles à leur embouchure ; enfin les inondations, comme les eaux trop basses, s’opposaient constamment à la navigation. Cependant on savait, au XVIIe siècle, que les canaux artificiels faisaient disparaître une partie de ces inconvénients, puisqu’on possédait deux ou trois canaux, et on n’ignorait pas que les eaux des sources rassemblées et retenues au sommet des montagnes y pouvaient fournir à la navigation dans des temps de pénurie. Aussi s’occupait-on sur tous les points du royaume, soit des moyens de créer des voies navigables, soit de dessécher les marais par l’écoulement des eaux, soit aussi de tracer des petits canaux ou rigoles d’irrigation, pour répandre la fertilité dans les terres desséchées.

Colbert, qui était convaincu de l’utilité de ces travaux, les encouragea puissamment. Non content d’ordonner les réparations nécessaires à diverses rivières, tant pour les retenir dans leur lit que pour les rendre navigables, il autorisa encore la création de quelques canaux, et laissa en ce genre un modèle qui a servi depuis à tous ceux dont on a doté la France.

En voyant les bienfaits répandus autour de nous depuis cette époque par la création des voies navigables, on est vraiment étonné que notre pays en ait été si longtemps privé. Les Égyptiens sont les premiers qui aient établi des canaux comme voies de communication, et encore la plupart de ces travaux avaient surtout pour but d’employer la surabondance des eaux du Nil à l’irrigation des terres desséchées par le soleil brûlant de l’Égypte. Les plus importants de ces canaux furent le grand canal qui réunissait Alexandrie au lac Maréotis, et le canal de l’isthme de Suez. Ces grands travaux se dégradèrent faute d’entretien ; ils ne permettaient même plus la circulation des barques de pêcheurs à la fin du XVIIIe siècle, lorsqu’à l’époque de l’expédition d’Égypte, les ingénieurs français rétablirent le canal d’Alexandrie.

Dans l’antiquité, on ne connaît guère, en fait d’entreprise de ce genre, que le projet de jonction des golfes qui resserrent l’isthme de Corinthe qu’on ait tenté d’effectuer en ouvrant un canal. Les Étrusques procurèrent à leur tour le dessèchement des marais qui avoisinaient le bas Pô, en creusant les célèbres fosses Philistines ; puis Rome creusa le canal des marais Pontins et exécuta les émissaires, pour assurer le niveau de plusieurs lacs en Italie : dans ce nombre, il faut citer celui qui devait abaisser le niveau du lac Albano, près de Veïes. Un autre ouvrage analogue, mais bien plus important, fut exécuté sous le règne de Claude (Ier siècle ap. J.-C.). Il avait pour but d’opérer le dessèchement du lac Fucin. Trente mille hommes furent employés pendant dix ans à cette immense entreprise ; mais Claude, impatient de voir son œuvre, causa la ruine des travaux qu’il avait fait exécuter, en faisant trop tôt ouvrir les digues, qui renversèrent tout sur leur passage.

Dés les premiers temps de notre histoire, on s’occupa de creuser des canaux. Ces importants travaux furent poussés avec vigueur par les évêques, alors premiers magistrats du pays, et l’on sait que Félix, évêque de Nantes, détourna le cours d’une rivière en Bretagne, tandis que Sidonius, archevêque de Mayence, arrêta par une digue le débordement des eaux du Rhin. Ces prélats travaillaient ainsi au bien de leur diocèse, et ils rappelaient les pontifes de l’antiquité qui avaient jadis tiré leur nom de la construction des ponts, dont ils s’occupèrent si activement.

Charlemagne conçut le projet d’unir par un canal le Rhin au Danube. Ce canal aurait fait communiquer l’Altmühl, qui se jette dans le Danube, non loin de Ratisbonne, avec la Rezat de Souabe, qui se rend dans la Rednitz, affluent du Mein. Le monarque français voulait ainsi réunir les extrémités de son vaste empire ; mais les guerres perpétuelles qu’il eut à soutenir s’opposèrent à la réalisation de ce projet, et l’anarchie des temps qui suivirent éloigna pour plusieurs siècles l’exécution de travaux qui auraient été si utiles au commerce.

Vers le XIe siècle, les villes de la Lombardie s’attachaient déjà à construire des canaux de navigation et d’irrigation. Elles portaient ainsi l’abondance et la fertilité dans des contrées jusqu’alors assez mal cultivées ; mais il faut arriver jusqu’au roi Charles V (fin du XIVesiècle) pour avoir un premier essai de canalisation en France. Christine de Pisan nous apprend que ce prince avait projeté de relier par un canal la Seine à la Loire. Les études furent commencées ; mais la mort du roi fit abandonner ce dessein, qui ne fut repris qu’après un intervalle de plus de deux siècles. Le plus ancien canal de France, celui de la Loire et du Cher, qui n’avait que quelques centaines de toises de long, ne fut creusé qu’au XVe siècle.

téléchargement (14)Dareste de Chavanne nous apprend dans son Histoire de l’administration en France et des progrès du pouvoir royal, depuis le règne de Philippe-Auguste jusqu’à la mort de Louis XIV (Tome II, 1848) que « les premières grandes associations de capitaux pour l’achèvement des travaux publics, dit Dareste de la Chavanne, ne commencèrent que sous les règnes de Charles VII et de Louis XI, et le premier objet qu’elles se proposèrent fut d’améliorer le cours des rivières et de faciliter la navigation. L’Eure fut ainsi rendue navigable en 1472, et la Seine le fut à la remonte jusqu’à Troyes. Ces entreprises étaient l’œuvre de compagnies de marchands qui obtenaient l’autorisation de s’imposer à cet effet, achetaient des droits de péage perçus jusqu’alors par les seigneurs riverains, les percevaient à leur tour et en réglaient l’emploi dans un but d’utilité commune. »

En 1484, les Etats-Généraux assemblés à Tours avaient énoncé le vœu de la construction d’un canal en Berry. Ce projet, longtemps étudié, fut présenté en 1545 et approuvé en 1554. Malheureusement il ne put encore être mis à exécution ; mais, à la même époque, un ingénieur remarquable, le célèbre Adam de Craponne, put entreprendre et terminer en quatre années le canal qui porte encore son nom.

Adam de Craponne, descendant d’une famille originaire de Toscane, avait vu le jour en 1519, dans la petite ville de Salon en Provence. Né avec la plus heureuse aptitude pour les sciences mathématiques, et surtout pour celle de l’hydraulique, il ne tarda pas à se faire connaître comme ingénieur et géomètre. Bientôt, convaincu que la Provence, avec d’assez nombreux cours d’eau, était pourtant privée d’arrosage, il porta tous ses efforts vers les moyens de doter sa patrie d’un canal d’irrigation, et un jour, persuadé de la réalisation possible du projet qu’il avait conçu, il adressa au roi une demande pour obtenir l’autorisation d’établir un canal de jonction de la Durance au Rhône.

Depuis quelque temps, Henri II s’était attaché ce grand ingénieur. Il lui avait donné la direction de tous les travaux considérables qui s’exécutaient alors, et, à ce moment, il présidait au dessèchement de plusieurs marais sur le littoral de la Méditerranée, depuis Arles jusqu’à Nice. Le roi écouta donc favorablement la requête d’Adam de Craponne, et, par lettres patentes de 1554, il lui concéda le droit de faire et d’établir un canal qui réunirait les eaux du Rhône à celles de la Durance, en passant par la ville de Salon et communiquant avec l’étang de Berre. Aussi prompt à exécuter qu’à concevoir, Craponne se mit aussitôt à l’œuvre : il dirigea les travaux , pourvut à tout, et parvint enfin, en moins de quatre ans, à ouvrir son canal depuis la prise d’eau jusqu’au delà du territoire de Salon.

Voici comment l’historien de la Provence, César de Nostredame, rend compte de l’œuvre de ce célèbre ingénieur : « Adam de Crappone entreprend une entreprise l’an cinquante-septième du siècle, dont l’histoire doit faire compte et mémoire à tout jamais. En ce temps ce gentilhomme cognoissant que sa ville estoit en une extrême nécessité de moulins, et que son territoire (…) par les pointes aspres et violentes des mois plus bruslants et des plus violentes chaleurs, souffrait maintes fois des soifs et sécheresses extrêmes, dont les fruits et les herbages se trouvoient tout eslangorez, arides, transis et sans liqueur, perte aux habitans inestimable, pensa de suppléer au deffaut des eaux et pluyes du ciel, et par l’art de subvenir à la nature. Et comme il estoit d’un vif et très noble entendement, il s’advisa de tirer de l’immaniable, turbulente et limoneuse Durance, un petit bras d’eau au lieu de la Roque, qu’il mena par un petit canal environ trois ou quatre lieues jusques aux portes de Salon.

« Là tout le peuple assemblé (…) receut cette eau avec applaudissement, estonnement, et joye autant croyable qu’inespérée. En ce principalement que plusieurs sages avoient creu, voire mesme semé que Crappone avoit entrepris l’infaisable et l’impossible. Ce premier et noble essay fut apperceu un dimanche 23 de may, et peu après conduit par un fossé de huit à dix pans de large, de diverse profondeur, selon les lieux plans ou montueux et les diverses tortuosités et volume de son passage, tellement à son niveau que le dernier jour d’avril de l’an cinquante-neufviesme, il fut à sa perfection, et passa dans Salon, à l’usage d’infinis moulins et d’innombrables, plaisants et fructueux arrousements qui furent construits et tirés dès lors par mille diverses branches, ruisselets et saignées du maistre et principal canal. Pour l’excellence de son esprit et de ses ouvrages, le roy fit un don de ceste eau, comme d’un fief perpétuel à Crappone et aux siens. Ce canal qui porte encore aujourd’huy le propre nom de son autheur, le mit en telle estime et tel bruit qu’il ne se parloit que de luy. »

Mais il arriva que le fondateur du canal avait alors épuisé ses ressources. Manquant de fonds, ne pouvant plus emprunter, il aliéna sa propriété, moyennant de très faibles sommes d’argent comptant, et abandonna à ses créanciers les principales concessions d’eau qui devaient en faire un jour le revenu. Ainsi, cet homme de génie, qui de prime abord s’était placé au rang des plus célèbres ingénieurs de son temps, se trouva obéré par sa première entreprise. Il fut forcé de l’abandonner inachevée, et ses créanciers, s’étant réunis longtemps après, formèrent, par transaction du 20 octobre 1571, une société par laquelle ils répartirent entre eux les bénéfices du canal, en s’engageant également à fournir les frais nécessaires tant à sa continuation qu’à son entretien.

téléchargement (15)Ce fut à peu près vers le temps où il venait de traiter de la cession de ses droits qu’Adam de Craponne fut envoyé à Nantes par Henri II, pour y vérifier des travaux qu’on avait dû faire à la citadelle. Le savant ingénieur crut devoir remplir sa mission loyalement et en véritable sujet dévoué au roi. Il examina avec conscience, repoussa les offres des entrepreneurs pour garder sa liberté, et n’hésita pas à signaler des vices de construction et des matériaux défectueux qui réclamaient impérieusement la démolition des ouvrages. Mais ce rapport trop consciencieux lui fut fatal. A quelque temps de là, un peu après la mort d’Henri II, en 1559, il fut empoisonné par ceux mêmes dont il avait dénoncé l’ignorance et la mauvaise foi.

Ainsi mourut Adam de Craponne, dont Henri II avait su apprécier le caractère et les talents. Il était à peine âgé de quarante ans, et déjà il avait créé une œuvre qui devait transmettre son nom à la postérité. Il avait en outre conçu la pensée de joindre les deux mers en unissant la Saône à la Loire par un canal qui aurait traversé le Charolais. Cette entreprise, adoptée par Henri II, fut abandonnée à la mort de ce prince, et remplacée sous Henri IV par le canal de Briare. Il forma aussi le projet du grand canal de Provence, qui devait porter les eaux de la Durance, depuis le rocher de Cante-Perdrix, au-dessus du village de Peyroles, jusqu’à l’étang de Berre, en passant, par la ville d’Aix.

Ce projet, repris sous Louis XIII et sous Louis XIV, était un des plus utiles et des plus grands qui eussent pu illustrer un règne ; mais l’exécution n’en fut commencée qu’en 1752, et bientôt on dut l’abandonner faute de fonds.

(D’après « Histoire anecdotique de l’industrie française » paru en 1861 et « Histoire de l’administration en France et des progrès du pouvoir royal, depuis le règne de Philippe-Auguste jusqu’à la mort de Louis XIV » (Tome II) paru en 1848)

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Les glaces à l’assaut de la capitale

Posté par francesca7 le 16 septembre 2014

Cruelle crue de la Seine en janvier 1677 :

 
images (10)Si l’idée de crue exceptionnelle de la Seine à Paris est aujourd’hui associée à l’année 1910, un autre débordement faisant date dans l’histoire de ce fleuve et ayant inquiété le plus les Parisiens, sinon par l’abondance des eaux, du moins par l’importance du volume des glaces charriées et des dégâts qu’elles causèrent, fut celui de janvier 1677, qui entraîna des morts par suffocation,certaines victimes ayant étant écrasées par l’un de ces immenses glaçonsfaisant office de « rochers » fracassant les ponts

Belgrand ne dit mot de cette crue dans son ouvrage La Seine. Etudes hydrologiques(1872) ; Champion lui réserve une mention très discrète dans son livre Les inondations en France depuis le VIe siècle jusqu’à nos jours. Recherches et documents en 6 volumes : « Dans la seconde moitié du XVIIe siècle où les débordements ne furent pas aussi désastreux, où on négligea de les mettre par écrit, car nous ’en trouvons que quelques indications sommaires qui ne sont guère que des dates. (…) Au mois de janvier 1677, l’inondation mit les ponts en péril et l’eau alla jusqu’à Saint-Esprit en Grève » ; De La Mare, dans son Traité de la Police, se contente de dire : « Les inondations des mois de janvier 1665 et 1677 mirent encore les ponts dans un péril évident »

Mais trois pièces du Département des Manuscrits de la Bibliothèque Nationale ont trait à la crue de 1677. Deux sont datés du 16 janvier 1677 et portent la signature du lieutenant de police de la Reynie ; le troisième, plus étendu et plus précis, est du 18 janvier de la même année et est l’œuvre du sieur de Ryandt, qui était très probablement, à cette époque, Procureur du Roi au Châtelet. Ces trois documents se trouvent réunis dans le tome 174 des « Mélanges Colbert », depuis le folio 160 jusqu’au folio 1725, et semblent constituer une sorte de dossier dressé par le ministre de Louis XIV, sur un événement auquel le pouvoir royal ne resta pas indifférent.

Ainsi, la crue semble s’annoncer dans la journée du vendredi 15 janvier par le gonflement et la débâcle de la Bièvre. Cette modeste rivière, en effet, commença alors à déborder, avec une rapidité et une violence telles que, en dépit des mesures prises par les officiers de police, elle traversa sur sa rive gauche la « Vieille rue St-Jacques », s’avança « jusques aux portes de l’église St-Médard », abattit « un pan de muraille » de l’hôpital de la Pitié, sans épargner les maisons voisines, condamna enfin « quelques corps morts que l’on portait de l’Hôtel-Dieu » à rester en route « sans être inhumés ». Cette inondation de la Bièvre n’était, elle-même, qu’une avant-coureuse d’une crue beaucoup plus forte et beaucoup plus grave, provoquée par une débâcle de la Seine supérieure et de la Marne. Les quelques glaçons charriés par la rivière des Gobelins étaient bien modestes en comparaison de ceux qui allaient les rejoindre et désoler les riverains de la Seine elle-même.

Dans la nuit du 15 au 16 janvier, l’arrivée des premières eaux de crue de la Seine et de la Marne est si rapide que, « dans un instant », vers quatre heures du matin, le niveau du fleuve se trouve augmenté « de six à sept pieds » ; ses eaux charrient des glaçons qui, venant se briser contre les piles des ponts, provoquent un bruit semblable à celui du canon ; un peu plus de deux heures après, « nombre de bateaux », entraînés par la violence du courant, renforcent l’action de la glace et contribuent à détruire « cinq palées » et « six travées » représentant la moitié du pont des Tuileries, dont la police venait à peine d’interdire l’accès.

A ce moment, la violence des eaux et le danger causé par les glaces s’annonçaient tels que « les plaines d’Ivry et autres endroits » étaient déjà inondés et couverts de glaçons « d’une grosseur prodigieuse ». Cette inondation de la banlieue immédiate de Paris avait, du moins, pour effet d’atténuer un peu « le désordre » qui allait survenir dans la capitale.

En effet, les glaçons qui pénétraient dans Paris devinrent bien vite plus nombreux et plus importants ; ils s’y accumulèrent en véritables « rochers ». Plusieurs de ces blocs immenses s’élevèrent en quelques heures « jusqu’au second étage de la Tournelle », où l’on enfermait les galériens. Plusieurs arcades du pont voisin furent obstruées par ces amoncellements ; deux arcades seules restèrent libres pour le passage des eaux et pour celui des glaçons restés mouvants. Pendant ce temps, les arches du pont Marie, qui unissait l’île Saint-Louis à la rive droite, comme le pont de la Tournelle la rattachait à la rive gauche, étaient fermées par « plusieurs bateaux et des glaçons d’une épaisseur de deux à trois pieds ».

Cette masse énorme réussit pourtant à se faire ouverture, et, quelques instants après, on pouvait voir « quantité de bateaux », arrachés à leurs amarres, venir se briser « aux arches du pont Notre-Dame et du Pont-Neuf ». A huit heures du soir, la plupart des arches des ponts qui traversaient Paris étaient bouchées « jusques au haut du ceintre », et la rivière coulait toujours avec violence sous les arches que la quantité des glaçons avait épargnées. Le lendemain 17, la crue n’avait encore rien perdu, semble-t-il, de sa violence et de son intensité.

Cette crue provoqua chez les habitants une grande frayeur et laissa après elle de graves dégâts. Tout d’abord, plusieurs ponts furent endommagés, et deux arrêts du Conseil d’État, l’un daté du 1er avril 1677 , l’autre du 17 avril de la même année, nous apprennent que, quelques semaines plus tard, le pont des Tuileries et le pont de bois qui conduisait de l’île Saint-Louis au cloître Notre-Dame étaient remplacés provisoirement par des services de bacs.

D’autre part, si les flots ne réussirent pas à emporter la Samaritaine, grâce aux précautions dont cet édifice fut l’objet, ils entraînèrent avec eux « trois moulins appartenant à l’Hôtel-Dieu » et à un conseiller de la Grand’Chambre. Une galerie, qu’un riverain avait fait construire pour passer de sa maison jusqu’à une pompe élevée sur le pont Notre-Dame, subissait le même sort. Enfin, tous les bateaux qui se trouvaient dans les ports étaient fracassés.

images (11)Ces dégâts matériels furent encore aggravés par des pertes humaines. On cite notamment le cas de plusieurs femmes qui, occupées à laver du linge sur des bateaux, furent surprises par le torrent. Sept d’entre elles furent assez heureuses pour être sauvées, grâce au dévouement d’un batelier ; les autres, au nombre de huit ou neuf, périrent, « suffoquées par les eaux » ou « brisées par les glaces ». On a noté aussi le sort réservé à quelques personnes qui, occupées dans les moulins emportés par le fleuve, périrent « pour n’avoir pas exécuté assez tôt les ordres qu’on leur avait donnés de se retirer ».

N’oublions pas, enfin, que la plupart des ponts étaient alors occupés par des maisons de plusieurs étages, et que l’épouvante des habitants fut telle que, dès la nuit du 15 au 16, presque tous avaient abandonné leur domicile ; les autres les imitèrent dans la journée du lendemain.

D’une manière générale, cette crue de janvier 1677 semble avoir frappé les contemporains à la fois par la violence exceptionnelle de ses eaux et l’épaisseur toute particulière de ses glaces. De Ryandt va jusqu’à dire qu’on n’avait pas souvenance d’en avoir vu de semblable depuis la crue de l’année 1608, celle du grand hiver, « dans laquelle, observe-t-il, Mathieu remarque qu’il s’était levé sur la rivière de grandes et hautes montagnes de glaces assez fortes pour ruiner non seulement des ponts mais des villes entières », Pierre Mathieu étant l’auteur en 1631 d’une Histoire de France de François Ier jusqu’à Louis XIII.

Voici la première pièce des Mélanges Colbert, vol. 174, folio 160 :

« Ce 16 de janvier 1677.

Monsieur,

Bien que le dégel ait été extrêmement doux, la rivière ayant grossi, elle a fait beaucoup de désordre cette nuit à Paris par les glaces qu’elle a entraînées. Presque tous les bateaux qui se sont trouvés dans les ports ont été fracassés ; le pont Rouge a été emporté ce matin à six heures par la seule glace qui était entre ce pont-là et le Pont Neuf et il y a encore présentement un très grand sujet de craindre pour tous les autres ponts de Paris et surtout pour les ponts de la Tournelle et petit Pont, pour le pont Marie et pour le pont au Change, parce qu’il s’y est arrêté des montagnes de glace que ces ponts auront peine à soutenir longtemps et ils seront infailliblement emportés s’il vient un surcroît d’eau capable de pousser avec impétuosité les glaces qui sont entassées à la tête et au milieu de la rivière d’une manière tellement extraordinaire que le peuple y accourt de tous côtés pour voir ces amas de glace dont l’épaisseur et la quantité ont quelque chose de prodigieux.

« C’est, Monsieur, sur les deux heures après minuit que le plus grand désordre est arrivé et le bruit a été si grand que ceux qui logent sur les ponts et sur les bords de la rivière ont été sur pied et en crainte tout le reste de la nuit. On a appréhendé que la Tournelle où sont les galériens ne fût emportée et il est vrai que la glace qui s’y est élevée jusques au premier étage par l’effort de celle qui est au-dessus pouvait donner quelque appréhension.

« La rivière des Gobelins a été aussi, Monseigneur, extrêmement débordée, mais comme la rivière de Seine ne l’a pas été à proportion, ce torrent, qui a eu son cours et sa décharge par ce moyen, n’a fait d’autre désordre dans le faubourg où il a passé que celui d’abattre quelques murs à l’hôpital de la Miséricorde. Les officiers font ce qu’ils peuvent, Monsieur, pour le secours de tous ceux qui en ont besoin. Je suis, avec tout le respect que je vous dois,

Monsieur,

Votre très humble et très obéissant serviteur.

De la Reynie. »

La deuxième pièce, vol. 174, folio 162 est encore une lettre du lieutenant de police de La Reynie :

« Ce samedi au soir 16 de janvier 1677.

Monsieur,

La rivière étant crue de plusieurs pieds environ, sur les trois heures de cette après-dînée, les glaces qui étaient entassées dans le canal au-dessus de Paris ont été jetées en partie dans la plaine et le reste avec ce qui en était retenu par les ponts a été emporté et brisé d’une furie qui a épouvanté tous ceux qui l’ont vu. Quelques arches des ponts de la Tournelle, de celui de l’Hôtel-Dieu et de Petit-Pont ont été d’abord bouchées depuis le fond de l’eau jusques en haut du ceintre et elles sont encore au même état à huit heures du soir ; mais le péril ne semble pas avec cela, Monsieur, être tel à présent qu’il paraissait être tout ce matin parce que les ponts ont souffert les plus rudes chocs qu’ils pussent avoir et parce que la rivière coule toujours cependant sous les arches qui sont libres, quoique ce soit avec plus de rapidité.

« Les habitants des maisons qui sont sur le pont Marie avaient commencé, dès cette nuit à se retirer et ils ont quitté entièrement. Ceux de Petit-Pont les ont imités ce matin et tout ce qui restait sur tous les autres ponts habités a été si effrayé du bruit et du fracas de cette après-dînée qu’il n’y est resté personne. J’en ai donné avis à Mr le chevalier du guet et à Mr Blondot afin qu’ils prennent des précautions pour cette nuit dans ces quartiers-là et afin, Monsieur, qu’elles se puissent étendre, s’il y a moyen, jusques à la pointe du jour.

« Quelques moulins et le reste des bateaux ont été emportés. On prétend qu’il y a eu jusques à vingt-cinq ou trente personnes qui se sont laissées surprendre et qui ont péri ; mais le nombre n’en est pas bien assuré. Je suis, avec tout le respect que je vous dois, Monsieur,

Votre très humble et très obéissant serviteur,

De la Reynie. »

Enfin, la troisième pièce est extraite du vol. 174, folios 168-172 :

« Le vendredi 15 de ce mois, la rivière des Gobelins commença à se déborder avec beaucoup d’impétuosité et, sans les soins que les officiers de police y ont apportés, elle aurait fait un bien plus grand dégât. Il y a eu un pan de muraille de la Pitié et des maisons voisines qui ont été abattues par son débordement qui fut tel que quelques corps morts que l’on portait de l’Hôtel-Dieu y demeurèrent sans être inhumés, ce qui donna beaucoup de crainte aux habitants des faubourgs de Saint-Marcel et Saint-Victor.

Mais la grande crue des eaux des rivières de Seine et de Marne n’étant pas encore arrivée, cela donna plus de facilité à l’écoulement des eaux, ce qui garantit ces faubourgs du déluge dont ils étaient menacés, l’eau ayant déjà été jusques aux portes de l’église de Saint-Médard. Ce torrent ayant détaché quantité de glaces et la crue des eaux des rivières de Seine et de Marne étant survenue emporta nombre de bateaux qui, allant donner contre les arches du pont des Tuileries avec les débâcles de bateaux de bois et grande hauteur de glace, ont entraîné cinq palées et, par même moyen, six travées dudit pont qui en font la moitié.

« Samedi 16, six heures du matin, quelque temps auparavant la chute, Mr de Vendôme y avait passé, quelque soin que Mr le lieutenant de police eût pris pour empêcher que l’on ne passât sur ce pont. Personne ne périt dans ce rencontre, quoique l’on ait fait courir le bruit qu’un garçon boucher conduisant de la viande était tombé dans la rivière. Et, sur ce que nous vîmes plusieurs personnes sur les lices du reste du pont pour voir les glaces, nous les fîmes retirer et fermer la porte qui restait du côté des Tuileries avec ordre à des archers d’en empêcher l’entrée. Le bruit que fit la rupture des glaces fut si grand qu’il semblait que ce fût autant de coups de canon et la crue des eaux fut si violente sur les quatre heures que, dans un instant, elle se trouva augmentée de six à sept pieds.

« Le désordre aurait été bien plus grand si les eaux ne se fussent point débordées dans les plaines d’Ivry et autres endroits où elles ont jeté des glaces d’une grosseur prodigieuse. C’était chose affreuse de voir la quantité de ces glaces qui s’étaient amassées en rochers. Il y en eut qui allèrent jusques au second étage de la Tournelle où l’on met les galériens et qui, s’élevant au-dessus les unes des autres, barrèrent plusieurs arcades dudit pont, de telle sort qu’il n’en resta que deux de libres pour le passage de l’eau, ce qui donna appréhension pour les ponts de l’Hôtel-Dieu et de Notre-Dame et pour le maisons voisines. Mais ce qui augmentait la frayeur était que plusieurs bateaux et des glaçons d’une épaisseur de deux à trois pieds avaient fermé les arches du pont Marie, qui en empêchèrent le cours pendant un très long temps et qui, se faisant ensuite ouverture, emportèrent quantité de bateaux qui s’allèrent briser aux arches du pont Notre-Dame et du Pont-Neuf.

« Sans le soin que l’on a pris de la Samaritaine, elle aurait pu être emportée par la force des flots qui entraînèrent après eux trois moulins appartenant à l’Hôtel-Dieu et à Mr Lecocq, conseiller de la Grand’Chambre et trois bateaux, dans lesquels il se trouva quelques femmes qui lavaient du linge. Il y en eut sept qui furent assez heureuses de se sauver du naufrage par le prompt secours qu’un batelier apporta dans le dessein qu’il eut sauver sa belle-mère qui périt avec huit ou neuf femmes dont les uns furent suffoquées par les eaux, les autres brisées parles glaces, mais d’une différente manière, l’une ayant eu la tête coupée par un glaçon et une autre les deux cuisses.

téléchargement (12)« Il y a eu quelques personnes dans lesdits moulins qui ont péri pour n’avoir pas exécuté assez tôt les ordres qu’on leur avait donnés de se retirer et le débris des bateaux, la violence des eaux : et des glaces emportèrent, sur les cinq heures du soir, deux arches du pont des Tuileries de six qui restaient. L’épouvante a été si grande que la plupart des habitants qui logeaient sur les ponts au Change, Notre-Dame et pont Marie ont emporté tous leurs meubles et l’on donne tous les ordres nécessaires pour empêcher les carrosses et les charrettes d’y passer.

Le dimanche 17, l’impétuosité de l’eau emporta une galerie que le sieur Dange a fait construire pour passer de sa maison à la pompe qui est sur le pont Notre-Dame. La violence des eaux a été si grande et l’épaisseur des glaces si forte que l’on n’avait point entendu parler de semblable depuis l’année 1608 qui est celle du grand hiver, dans laquelle Mathieu remarque qu’il s’était élevé sur la rivière de grandes et hautes montagnes de glaces assez fortes pour ruiner non seulement des ponts, mais des villes entières. Il remarque que l’on appréhendait si fort pour le pont de Lyon que, pour le fortifier, on le chargea de pierres de sépultures antiques et de pièces de fer.

« Je prends la liberté de vous envoyer l’extrait comme il se trouve dans son histoire et vous supplie, Monseigneur, d’être persuadé que personne au monde n’est avec plus de respect et de passion,

Votre très humble, très obéissant et très obligé serviteur,

De Ryandt.

Le pont de bois qui va de l’île à Notre-Dame a beaucoup souffert. Je crois néanmoins qu’il se pourra garantir. Nous n’avons pas laissé de faire fermer les portes pour empêcher le monde d’y passer…

Ce lundi 18 janvier 1677. »

(D’après « Annales de géographie », paru en 1910)

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La Rivière désertée

Posté par francesca7 le 16 septembre 2014

en 1912 : le Bief-Rouge, dans le Doubs

(D’après « Le Figaro », paru en 1913)

 
 
téléchargement (11)Fin 1912, et suite aux travaux de percement d’un tunnel du Mont-d’Or(Doubs), la stupeur frappe les habitants de la commune de Métabief : le Bief-Rouge, leur charmante petite rivière, a déserté pour aller couler en Suisse ! Et en dépit d’un discours des autorités se voulant rassurant, l’hydrologue ayant prévu 10 ans plus tôt les désastreuses conséquences des travaux, persiste : penser dompter le cours d’eau est illusoire, et le Doubs lui-même est menacé

Les habitants de Métabief (Doubs) ne sont pas contents, parce qu’ils ont perdu leur rivière, écrit, quelques jours après le « drame » et après une visite sur les lieux, l’écrivain et journaliste Louis Latzarus en janvier 1913. C’était une charmante petite rivière. Elle ne faisait pas d’embarras, ne roulait pas de gros cailloux, et n’avait jamais englouti personne.

Pour la connaître, il fallait être du pays. Elle sortait de terre à l’entrée du village, et aussitôt s’ingéniait à se rendre utile. Elle faisait donc tourner les quatre roues de quatre usines. Puis elle vagabondait un peu à travers la campagne, et allait se jeter dans le Doubs, comme une fillette lassée d’avoir trop couru, et qui vient se réfugier dans le giron maternel.

Elle s’appelait le Bief-Rouge. Il n’y a plus guère que les sculpteurs pour croire encore aux divinités des sources et des rivières. Si l’un d’eux avait voulu représenter la naïade du Bief-Rouge, il lui aurait, je pense, donné les traits et le costume d’une brave petite campagnarde, déjà bonne ménagère, et qui joue à cache-cache après qu’elle a fait cuire la soupe.

Or, un drame est survenu. La rivière, soudain, a jeté son bonnet, par-dessus les montagnes. Depuis fin décembre 1912, elle coule en Suisse. Vous pensez bien qu’elle n’a pas renoncé ainsi à toute une vie de labeur tranquille sans y avoir été fortement sollicitée. Encore ce mot est-il trop doux. Il a fallu employer les moyens les plus violents pour détourner cette honnête personne de ses devoirs. C’est un rapt. C’est un enlèvement.

On est en train de percer un tunnel, le tunnel de Frasne-Vallorbe, à travers le Mont-d’Or, la plus haute montagne du département. Or, au moment même où les habitants de Métabief constataient la disparition de leur rivière, les ouvriers du tunnel voyaient une énorme masse d’eau envahir leur chantier. Il faut en conclure qu’ils avaient, sans le savoir, crevé une poche d’eau et coupé ainsi un cours d’eau souterrain important. Par le trou qu’ils avaient percé, les eaux coulèrent dans le tunnel, et se précipitèrent, suivant la pente, en territoire suisse. A l’heure actuelle, les eaux du Bief-Rouge, au lieu d’aller grossir le Doubs français, vont grossir l’Orbe suisse.

Il y eut une grande émotion. Le Conseil municipal de Métabief ne manqua pas de se réunir et de faire constater officiellement que les sources du Bief-Rouge étaient taries. En temps de crue, elles débitaient quatre à cinq mètres cubes d’eau à la seconde. Aux époques les plus sèches, un quart de mètre cube environ. De grandes pluies étant survenues, quelques gouttes d’eau revinrent dans le lit de la rivière. Et puis elles s’en allèrent. A l’heure où j’écris, les sources du Bief-Rouge ne sont plus représentées que par quelques cailloux polis. Je les ai vues le 8 janvier sans plaisir. Les quatre usines sont arrêtées, et l’un des usiniers, M de Lénoncour, ne fait pas placer une turbine qu’il venait d’acheter au moment où l’événement s’est produit.

Cependant, les ingénieurs du tunnel sont aussi ennuyés d’avoir de l’eau que les riverains du Bief-Rouge sont ennuyés d’en manquer. Et déjà ils prennent des mesures pour tenter de ramener en arrière la rivière séduite. Un homme prétend que leurs efforts seront probablement inutiles. Et on ne saurait négliger sa voix. M. Fournier est professeur de géologie à la Faculté des sciences de Besançon. Disciple de Martel, il explore depuis vingt ans le sous-sol du département, et en étudie l’hydrologie souterraine. En outre, il a prédit, voici dix ans, ce qui arrive aujourd’hui. En novembre 1903, il écrivait, une fois de plus : « Le percement du Mont-d’Or aura pour effet de faire tarir les sources qui alimentent les villages de Jougne, Saint-Antoine, Métabief et Les Hôpitaux. »

Alors, puisque l’événement lui donne raison en ce qui concerne Métabief, il n’est personne, dans le département du Doubs, qui ne conçoive des craintes pour Jougne et Saint-Antoine. Et les habitants des Hôpitaux ne sont pas rassurés. D’autant que M. Fournier n’hésite pas à proclamer aujourd’hui que le Doubs lui-même est menacé. « L’existence de la rivière le Doubs est en danger » , écrit-il en lettres capitales dans le Pontissalien, qui est un journal de Pontarlier.

J’ai vu M. Fournier. Ce n’est pas un savant vêtu d’une sévère redingote, et qui professe cérémonieusement. Quand il descend de sa chaire, c’est pour aller ramper dans les grottes. Aussi portait-il un petit veston de velours jaune, et avait-il de fortes chaussures. Il me parla avec une clarté que je désespère d’égaler.

« — Le tunnel du Mont-d’Or, me dit-il, est un tunnel d’altitude. C’est-à-dire qu’il traverse la région des eaux souterraines. Par opposition, un tunnel de base est creusé au-dessous de cette région, à la base de la montagne, et ne peut amener aucun trouble hydrologique.

« Du moment où l’on décidait de percer un tunnel d’altitude, il était facile de prévoir ce qui surviendrait. Je l’ai prévu. Je n’y ai pas grand mérite. J’ai prévu que les perceurs rencontreraient des cours d’eau souterrains, et que plusieurs villages seraient ainsi privés de leurs sources. En effet, on connaît aujourd’hui les lois de la circulation des eaux dans les terrains calcaires, principalement dans ceux du Jura, à quoi appartient le Mont-d’Or.

« Il n’y a, dans ces terrains, ni lacs souterrains, ni nappes d’eau continues. Mais partout, il y a des fissures parfois très profondes, et remplies d’eau sous pression. On a recoupé une de ces fissures, située à 70 mètres au-dessous du niveau du Bief-Rouge. Il s’agit de savoir si cette fissure est simplement un trou vertical, ce que nous appelons diaclase, ou bien si elle affecte la forme d’un siphon renversé. Dans ce dernier cas, il y a un remède. Dans le premier cas, il n’y en a point, et le Bief-Rouge est perdu.

« — Cependant, dis-je, les ingénieurs du tunnel se flattent de ramener le Bief-Rouge dans son lit.

« — Ils s’en flattent, en effet, me répondit M. Fournier. Et voici quel programme ils ont établi. D’abord ils vont élever un barrage pour maintenir l’eau. La partie achevée du tunnel étant ainsi préservée de l’inondation, ils pourront établir une galerie latérale au tunnel. Cette galerie ira rejoindre la nappe d’eau, pour en assurer l’écoulement.

« Mais l’écoulement de quel côté ? Du côté de la Suisse. Il ne s’agit pas en ce moment, pour les ingénieurs, de renvoyer le Bief-Rouge dans son lit. Il s’agit de se débarrasser de l’eau. Donc, on laisse l’eau s’écouler en Suisse. Et on continue le tunnel. Lorsqu’il sera achevé, on fermera la galerie d’écoulement des eaux, lesquelles, selon les ingénieurs, remonteront alors vers leur ancien écoulement.

« Eh bien ! Premièrement, le percement de la galerie d’écoulement est une entreprise dangereuse. Il y a des risques nombreux de rencontrer, là aussi, des cours d’eau souterrains ou des fissures, c’est-à-dire de provoquer de nouveaux écoulements. Au lieu de diminuer le mal, on l’aggrave.

 « En outre, il faudra huit mois au moins pour l’achèvement du tunnel. Croit-on que pendant ce long délai, les eaux n’emploieront pas leurs forces ? S’imagine-t-on qu’elles sont enfermées dans des vases étanches ? Comment ! J’ai constaté parfois des pressions de 30 atmosphères dans les siphons naturels des eaux souterraines. Je suis descendu à 253 mètres de profondeur dans le lit d’une rivière souterraine dont l’eau remonte jusqu’à la surface, en temps de grandes eaux. Je sais que les rivières souterraines deviennent, à certaines époques, des torrents d’un débit colossal et d’une puissance dynamique considérable.

« Et l’on voudrait me faire admettre que toutes ces forces se laisseront annihiler par un barrage, qu’elles n’agiront point, qu’elles ne chercheront point une autre issue que celle de la galerie, qu’aucun drainage ne se produira, et enfin que les phénomènes de capturecesseront de jouer ! On déplace le niveau d’équilibre de plusieurs cours d’eau. On modifie leur équilibre même. Et c’est pourquoi j’ai pu dire que le Doubs lui-même est en danger. Les ingénieurs jouent avec des forces qu’ils ignorent.

« Mais ce n’est pas tout. Les parois du tunnel pourront-elles résister aux pressions formidables des eaux qu’elles devront maintenir ? C’est encore un problème. On annonce qu’elles seront renforcées. Tant mieux.

« — Alors, ai-je dit, à votre avis, le Bief-Rouge est définitivement perdu ?

« — On ne pourra le savoir qu’après avoir exploré la fissure et reconnu si elle est une diaclase ou un siphon renversé. Ceux qui affirment, avant cette constatation, qu’ils ramèneront le Bief-Rouge dans son lit, n’entendent rien à l’hydrologie.

« — Et tous les cours d’eau voisins sont menacés ?

« — Oui, si l’on ne prend pas des mesures immédiates. J’entends bien que les moyens que les ingénieurs veulent employer sont des palliatifs, et que, pendant quelques années, peut-être, certaines rivières reprendront ou garderont leur cours et leur débit normal. Mais nul ne sait ce qui arrivera après ce délai. On entreprend une œuvre dangereuse, et j’ai voulu la signaler. Ce serait méconnaître toutes les lois de l’hydrologie que de penser que les rivières céderont aux vœux des ingénieurs.

« — Alors, que faut-il faire ?

« — Explorer la fissure. Et si l’on reconnaît qu’on ne peut faire revenir l’eau à son cours ancien, construire un aqueduc pour l’amener à Vallorbe, en Suisse. Le tunnel du Mont-d’Or est creusé — j’ai écrit cette phrase — à peu près à l’endroit que j’aurais choisi, si j’avais voulu amener à Vallorbe des eaux aussi abondantes que possible. »

J’allais quitter M. Fournier, reprend Louis Latzarus, quand on lui apporta une dépêche. Elle était signée du maire de Malbuisson, village sis à peu de distance de Métabief. Elle disait ceci : « Débit de deux sources diminué de moitié. Eau louche. Venez le plus tôt possible. »

Note : aujourd’hui, le Bief-Rouge coule toujours à Métabief

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Aux abords de la Rade de Brest

Posté par francesca7 le 6 septembre 2014

 

220px-Vue_cavalière_de_BrestEn raison de la remontée du niveau des mers après les dernières glaciations quaternaires, les cours d’eau, même les plus modestes, ont de larges et profonds estuaires dénommés rias ou abers, pénétrant profondément à l’intérieur des terres, les parties aval des anciennes vallées ayant été envahies par la mer lors de la montée des eaux consécutive au réchauffement climatique post-glaciaire : c’est ainsi que Landerneau, Daoulas, Le Faou, Châteaulin sont ou ont été des ports de mer et qu’aujourd’hui encore, l’influence des marées se fait sentir jusqu’au niveau de ces localités (sauf pour Châteaulin sur l’Aulne où l’aménagement de l’écluse de Guily-Glas à Port-Launay a justement été fait pour l’éviter). Le port de Brest est né dans la ria de la Penfeld, profitant lui aussi du tirant d’eau important malgré la modestie de ce petit fleuve côtier. Ce n’est qu’à partir duSecond Empire que progressivement le port s’est étendu en rade de Brest.

Depuis de nombreux siècles, Brest est un important port militaire. Ainsi, la rade de Brest possède de nombreuses installations militaires, telles que :

  • l’arsenal de Brest, au nord de la rade ;
  • la base opérationnelle (base sous-marine) de l’île Longue, au sud-ouest ;
  • l’École navale et le groupement des écoles du Poulmic, à Lanvéoc ;
  • le cimetière des navires de Landévennec.

On y trouve également nombre de vestiges de fortifications militaires et de vestiges des siècles derniers, comme les forts du Portzic, de la pointe des Espagnols, de la pointe de Lanvéoc, de lapointe de l’Armorique, de la pointe du Corbeau, les ducs d’Albe près de la pointe de l’Armorique et ceux qui ont servi de support à la construction de l’appontement pétrolier de Lanvéoc, la ligne de fortifications de Quélern…

De nombreux ports sont installés depuis longtemps sur le pourtour en particulier dans les estuaires et plus précisément les fonds d’estuaires qui étaient le lieu d’échange des charges routières et marines. Landerneau, au fond de la ria de l’Élorn en a tiré une grande richesse, dès le Moyen Âge, étant encore, en 1790, la deuxième ville la plus riche du département naissant (après Morlaix), en disputait le chef-lieu à Quimper. Brest n’était alors qu’un port militaire qui offrait peu de place dans le maigre estuaire de la Penfeld aux rares bateaux de commerce.
Ce n’est qu’au milieu du xixe siècle que le remblaiement de la plage de Porstrein permettra de créer des quais utilisant des tirants d’eau exceptionnels allant jusqu’à 20 mètres. On a d’ailleurs envisagé vers 1975 de créer un port spécifique aux énormes pétroliers géants sur la presqu’île de Plougastel. Châteaulin, situé dans l’estuaire le plus long, celui de l’Aulne a également été un lieu commercial très actif, car situé sur un carrefour sur un axe routier majeur reliant le Nord au Sud et ouvert sur de vastes territoires ruraux dans chaque direction.

L’Annuaire de Brest décrit ainsi en 1840 le service de la rade :

« [Pour la rade], les chaloupes partent de la cale aux vivres, à Recouvrance, le lundi et le vendredi de chaque semaine, de 2h à 4h du soir (…); le prix du passage ne s’élève pas au-dessus de 50 centimes. Elles se rendent aux lieux suivants : la côte de Plougastel depuis Saint-Jean, L’Hôpital, Daoulas, Le Faou, Landévennec,Lanvéoc, Le Fret, Rostellec, Quélern, Roscanvel, Camaret. Elles partent des mêmes lieux pour Brest, le lundi et le vendredi, de 4 à 5, 6, 7 ou 8 heures du matin. »

Le petites villes de Daoulas et du Faou gardent aussi les traces bâties d’un important trafic commercial médiéval sur leurs estuaires propres. Les ports de Crozon et de Lanvéocsont directement sur le rivage, mais ont été les points d’appui d’un important et ancien trafic de cabotage pour lesquels des bateau de charge à voile ont été développés. Ce cabotage bénéficiait donc de nombreux lieux d’atterrage d’une grande sécurité sur une très vaste superficie. Les produits transportés étaient essentiellement des produits agricoles et des matériaux de construction (pierre à bâtir, sable, maërl, chaux, bois) et ce trafic a été stimulé par l’ouverture du Canal de Nantes à Brest en 1858 en permettant à des péniches de remonter et descendre dans tout le centre de la Bretagne. Le transport des passagers complétait les charges, car, à la belle saison, il permettait d’éviter de longs déplacements sur des routes souvent de mauvaise qualité.

La rade abritait autrefois en raison de sa configuration une grande diversité d’habitats naturels, une productivité biologique et une biodiversité très élevée. Elle comprend encore des sites d’importance communautaire européenne pour les oiseaux, plusieurs réseaux d’habitats et de corridors biologiques sous-marins et littoraux importants, qui ont été très affectés par les activités humaines pour la partie nord-ouest, mais qui ont justifié le classement d’environ la moitié de la rade en zone Natura 2000.

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Une étude a porté sur l’incidence des cancers des enfants (de 1991 à 2005) autour de la rade, en raison de la proximité d’une base de sous-marins. Un excès d’incidence des leucémies existe dans le Finistère, dû à un excès en 2000-2001 à Brest (qui évoque une cause environnementale ponctuelle dans le temps), sans qu’on ait pu l’associer aux sites nucléaires de défense. L’incidence de tous les cancers (hors leucémie) a également augmenté sur la totalité du Finistère de 1999 et 2004, mais pas localement ; ni dans la rade de Brest ni à Brest.

La rade est également victime des séquelles de guerre et en particulier des séquelles des vagues de pollutions que la rade a connues lors de la Première ou de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). Les pollutions relictuelles liées aux munitions immergées ou non explosées peuvent s’aggraver avec les premières fuites massives, que les experts prédisent dans les années 2000-2010.

La rade abrite encore quelques petits herbiers de zostères (équivalents atlantiques des posidonies de Méditerranée). Ces prairies sous-marines sont peu profondes, dont l’une àKernisi découvre même à marée basse, ce qui est devenu exceptionnel dans le Finistère. Les ancres et leurs chaînes ainsi que les corps-morts et certains matériels de pêche dégradent ces herbiers.

Les zostères sont à la fois abri, zone de frayère et de nutrition, nourricerie pour de nombreuses espèces, constituant un habitat irremplaçable pour certaines et alimentant lalaisse de mer. Elles sont notamment l’habitat exclusif de l’hippocampe, qui régresse à la même vitesse que les herbiers.

La « Légende des Sept-Saints » concerne sept enfants qui auraient erré en rade de Brest de Landévennec, au Faou et à Daoulas, et parvenus jusqu’à Brest. La première paroisse de Brest leur fut consacrée (paroisse des Sept-Saints). Le texte intégral des différentes versions de cette légende est consultable.

La rade de Brest est une grande baie de 180 km² située dans le Finistère en France. Elle est reliée à l’océan Atlantique, nommé à cet endroit la mer d’Iroise, par un passage large de 1,8 km qui se nomme le goulet de Brest.

Ce très grand plan d’eau est navigable toute l’année.

 

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Une rivière qui déserte

Posté par francesca7 le 6 septembre 2014

 

259cd5ba-5a60-11e2-922f-0c1a40f503f3-200x300IL Y A CENT ANS DANS LE FIGARO – Tous les week-ends, Le Figaro explore ses archives de l’année 1913. Le 9 janvier, le journal narre comment la ville de Metabief (Doubs) a subitement perdu sa rivière.

Article paru dans le Figaro du 9 janvier 1913.

Les habitants de Métabief (Doubs) ne sont pas contents, parce qu’ils ont perdu leur rivière. C’était une charmante petite rivière. Elle ne faisait pas d’embarras, ne roulait pas de gros cailloux, et n’avait jamais englouti personne. Pour la connaître, il fallait être du pays. Elle sortait de terre à l’entrée du village, et aussitôt s’ingéniait à se rendre utile. Elle faisait donc tourner les quatre roues de quatre usines. Puis elle vagabondait un peu à travers la campagne, et allait se jeter dans le Doubs, comme une fillette lassée d’avoir trop couru, et qui vient se réfugier dans le giron maternel. Elle s’appelait le Bief-Rouge. Il n’y a plus guère que les sculpteurs pour croire encore aux divinités des sources et des rivières. Si l’un d’eux avait voulu représenter la naïade du Bief-Rouge, il lui aurait, je pense, donné les traits et le costume d’une brave petite campagnarde, déjà bonne ménagère, et qui joue à cache-cache après qu’elle a fait cuire la soupe.

Or, un drame est survenu. La rivière, soudain, a jeté son bonnet, par-dessus les montagnes. Depuis fin décembre 1912, elle coule en Suisse.

Vous pensez bien qu’elle n’a pas renoncé ainsi à toute une vie de labeur tranquille sans y avoir été fortement sollicitée. Encore ce mot est-il trop doux. Il a fallu employer les moyens les plus violents pour détourner cette honnête personne de ses devoirs. C’est un rapt. C’est un enlèvement.

On est en train de percer un tunnel, le tunnel de Frasne-Vallorbe, à travers le Mont-d’Or, la plus haute montagne du département. Or, au moment même où les habitants de Métabief constataient la disparition de leur rivière, les ouvriers du tunnel voyaient une énorme masse d’eau envahir leur chantier. Il faut en conclure qu’ils avaient, sans le savoir, crevé une poche d’eau et coupé ainsi un cours d’eau souterrain important. Par le trou qu’ils avaient percé, les eaux coulèrent dans le tunnel, et se précipitèrent, suivant la pente, en territoire suisse. A l’heure actuelle, les eaux du Bief-Rouge, au lieu d’aller grossir le Doubs français, vont grossir l’Orbe suisse.

Il y eut une grande émotion. Le Conseil municipal de Métabief ne manqua pas de se réunir et de faire constater officiellement que les sources du Bief-Rouge étaient taries. En temps de crue, elles débitaient quatre à cinq mètres cubes d’eau à la seconde. Aux époques les plus sèches, un quart de mètre cube environ. De grandes pluies étant survenues, quelques gouttes d’eau revinrent dans le lit de la rivière. Et puis elles s’en allèrent. A l’heure où j’écris, les sources du Bief-Rouge ne sont plus représentées que par quelques cailloux polis. Je les ai vues le 8 janvier sans plaisir. Les quatre usines sont arrêtées, et l’un des usiniers, M. de Lénoncour, ne fait pas placer une turbine qu’il venait d’acheter au moment où l’événement s’est produit.

Cependant, les ingénieurs du tunnel sont aussi ennuyés d’avoir de l’eau que les riverains du Bief-Rouge sont ennuyés d’en manquer. Et déjà ils prennent des mesures pour tenter de ramener en arrière la rivière séduite. Un homme prétend que leurs efforts seront probablement inutiles. Et on ne saurait négliger sa voix. M. Fournier est professeur de géologie à la Faculté des sciences de Besançon. Disciple de Martel, il explore depuis vingt ans le sous- sol du département, et en étudie l’hydrologie souterraine. En outre, il a prédit, voici dix ans, ce qui arrive aujourd’hui. En novembre 1905, il écrivait, une fois de plus:

«Le percement du Mont-d’Or aura pour effet de faire tarir les sources qui alimentent les villages de Jougne, Saint-Antoine, Métabief et Les Hôpitaux.»

Alors, puisque l’événement lui donne raison en ce qui concerne Métabief, il n’est personne, dans le département du Doubs, qui ne conçoive des craintes pour Jougne et Saint-Antoine. Et les habitants des Hôpitaux ne sont pas rassurés. D’autant que M. Fournier n’hésite pas à proclamer aujourd’hui que le Doubs lui- même est menacé. «L’existence de la rivière le Doubs est en danger», écrit-il en lettres capitales dans le Pontissalien, qui est un journal de Pontarlier.

J’ai vu M. Fournier. Ce n’est pas un savant vêtu d’une sévère redingote, et qui professe cérémonieusement. Quand il descend de sa chaire, c’est pour aller ramper dans les grottes. Aussi portait-il un petit veston de velours jaune, et avait-il de fortes chaussures. Il me parla avec une clarté que je désespère d’égaler.

-Le tunnel du Mont-d’Or, me dit-il, est un tunnel d’altitude. C’est-à-dire qu’il traverse la région des eaux souterraines. Par opposition, un tunnel de base est creusé au-dessous de cette région, à la base de la montagne, et ne peut amener aucun trouble hydrologique.

Du moment où l’on décidait de percer un tunnel d’altitude, il était facile de prévoir ce qui surviendrait. Je l’ai prévu. Je n’y ai pas grand mérite. J’ai prévu que les perceurs rencontreraient des cours d’eau souterrains, et que plusieurs villages seraient ainsi privés de leurs sources.

En effet, on connaît aujourd’hui les lois de la circulation des eaux dans les terrains calcaires, principalement dans ceux du Jura, à quoi appartient le Mont-d’Or.

Il n’y a, dans ces terrains, ni lacs souterrains, ni nappes d’eau continues. Mais partout, il y a des fissures parfois très profondes, et remplies d’eau sous pression.

On a recoupé une de ces fissures, située à 70 mètres au-dessous du niveau du Bief-Rouge. Il s’agit de savoir si cette fissure est simplement un trou vertical, ce que nous appelons diaclase, ou bien si elle affecte la forme d’un siphon renversé. Dans ce dernier cas, il y a un remède. Dans le premier cas, il n’y en a point, et le Bief-Rouge est perdu.

-Cependant, dis-je, les ingénieurs du tunnel se flattent de ramener le Bief-Rouge dans son lit.

-Ils s’en flattent, en effet, me répondit M. Fournier. Et voici quel programme ils ont établi. D’abord ils vont élever un barrage pour maintenir l’eau. La partie achevée du tunnel étant ainsi préservée de l’inondation, ils pourront établir une galerie latérale au tunnel. Cette galerie ira rejoindre la nappe d’eau, pour en assurer l’écoulement.

Mais l’écoulement de quel côté? Du côté de la Suisse. Il ne s’agit pas en ce moment, pour, les ingénieurs, de renvoyer le Bief-Rouge dans son lit. Il s’agit de se débarrasser de l’eau. Donc, on laisse l’eau s’écouler en Suisse. Et on continue le tunnel. Lorsqu’il sera achevé, on fermera la galerie d’écoulement des eaux, lesquelles, selon les ingénieurs, remonteront alors vers leur ancien écoulement.

Eh bien! Premièrement, le percement de la galerie d’écoulement est une entreprise dangereuse. Il y a des risques nombreux de rencontrer, là aussi, des cours d’eau souterrains ou des fissures, c’est-à-dire de provoquer de nouveaux écoulements. Au lieu de diminuer le mal, on l’aggrave.

En outre, il faudra huit mois au moins pour l’achèvement du tunnel. Croit-on que pendant ce long délai, les eaux n’emploieront pas leurs forces? S’imagine-t-on qu’elles sont enfermées dans des vases étanches? Comment! J’ai constaté parfois des pressions de 30 atmosphères dans les siphons naturels des eaux souterraines. Je suis descendu à 253 mètres de profondeur dans le lit d’une rivière souterraine dont l’eau remonte jusqu’à la surface, en temps de grandes eaux. Je sais que les rivières souterraines deviennent, à certaines époques, des torrents d’un débit colossal et d’une puissance dynamique considérable. Et l’on voudrait me faire admettre que toutes ces forces se laisseront annihiler par un barrage, qu’elles n’agiront point, qu’elles ne chercheront point une autre issue que celle de la galerie, qu’aucun drainage ne se produira, et enfin que les «phénomènes de capture» cesseront de jouer!

On déplace le niveau d’équilibre de plusieurs cours d’eau. On modifie leur équilibre même. Et c’est pourquoi j’ai pu dire que le Doubs lui-même est en danger. Les ingénieurs jouent avec des forces qu’ils ignorent.

Mais ce n’est pas tout. Les parois du tunnel pourront-elles résister aux pressions formidables des eaux qu’elles devront maintenir? C’est encore un problème. On annonce qu’elles seront renforcées. Tant mieux.

-Alors, ai-je dit, à votre avis, le Bief-Rouge est définitivement perdu?

-On ne pourra le savoir qu’après avoir exploré la fissure et reconnu si elle est une diaclase ou un siphon renversé. Ceux qui affirment, avant cette constatation, qu’ils ramèneront le Bief-Rouge dans son lit, n’entendent rien à l’hydrologie.

-Et tous les cours d’eau voisins sont menacés?

-Oui, si l’on ne prend pas des mesures immédiates. J’entends bien que les moyens que les ingénieurs veulent employer sont des palliatifs, et que, pendant quelques années, peut-être, certaines rivières reprendront ou garderont leur cours et leur débit normal. Mais nul ne sait ce qui arrivera après ce délai. On entreprend une œuvre dangereuse, et j’ai voulu la signaler. Ce serait méconnaître toutes les lois de l’hydrologie que de penser que les rivières céderont aux vœux des ingénieurs.

-Alors, que faut-il faire?

-Explorer la fissure. Et si l’on reconnaît qu’on ne peut faire revenir l’eau à son cours ancien, construire un aqueduc pour l’amener à Vallorbe, en Suisse. Le tunnel du Mont-d’Or est creusé -j’ai écrit cette phrase- à peu près à l’endroit que j’aurais choisi, si j’avais voulu amener à Vallorbe des eaux aussi abondantes que possible.»

J’allais quitter M. Fournier, quand on lui apporta une dépêche. Elle était signée du maire de Malbuisson, village sis à peu de distance de Métabief. Elle disait ceci «Débit de deux sources diminué de moitié. Eau louche. Venez le plus tôt possible.»


 

 

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Fête de l’Eau au Fil du Temps (Oise)

Posté par francesca7 le 21 août 2014

3 juillet 2011

(Responsable : Association des Fêtes Historiques de Troissereux)

 
Troissereux  
Le dimanche 3 Juillet 2011, les fêtes historiques de Troissereux se replongent à l’époque de Marie Stuart (1542-1587), reine d’Ecosse et de France – elle passa par ce village lorsqu’elle se rendit à Paris –, épouse de François II, roi de France du 10 juillet 1559 au 5 décembre 1560. Marie fit en effet

A l’occasion de la fête de l’eau au fil du temps, le village de Troissereux propose un spectacle inédit mettant en scène le cortège de Marie Stuart et de François II dans la France du XVIe siècle. Au son des cornemuses, le cortège traversera le village, à partir de 10 h 30, pour se rendre au château et assister aux festivités : tournois, danses de cour et bien plus encore…

Le groupe bien connu « Somme Battlefield Pipe Band » viendra tout spécialement pour représenter la garde écossaise de la reine Marie Stuart et accompagnera le cortège composé de nos amis des fêtes historiques François Ier de Crèvecœur, des fêtes Jeanne Hachette de Beauvais, de Folleville, du souffle de la terre d’Ailly sur Noye, de Senlis, ainsi que la cavalerie des Hercui-liens de Crillon et de Folleville, sans oublier les enfants de l’école, ainsi que l’ensemble des associations de Troissereux et le Château de Troissereux qui ouvre ses portes gracieusement pour offrir un moment inoubliable aux petits comme aux grands…

Nombreuses animations et échoppes traditionnelles autour du château pour une journée encore plus magique …

Marie Stuart, fille de Jacques V d’Ecosse et de Marie de Guise, est l’un des personnages les plus attachants de l’histoire. Elle a seulement quelques jours lorsqu’elle devient reine par la mort de son père. Fiancée au fils aîné d’Henri II de France elle prend le chemin de Paris et passe à Troissereux.

Le village est en fête. Son intelligence, sa culture – elle parle plusieurs langues – et sa beauté en font bientôt une des plus brillantes étoiles de la cour. Elle a 15 ans lorsqu’elle épouse François de France, qui lui en a 14, et qui l’année suivante devient roi par la mort de son père Henri II (le jeune roi ayant pris comme symbole le soleil, ce symbole surmonte, en son honneur, une tour du Château de Troissereux). Mais bientôt François meurt à son tour - probablement d’une méningite - après moins de deux ans de règne et la jeune veuve doit prendre le chemin du retour vers l’Écosse.

Elle passe de nouveau à Troissereux, mais cette fois elle est en deuil et a le cœur serré. Sa vie ne sera plus alors qu’une suite de tragédies. A la fin, étant venue demander de l’aide à sa cousine Élisabeth Ière d’Angleterre, celle-ci l’a fit emprisonner et décapiter.

Renseignements pratiques 
Coordonnées : Rue de la Prairie – Allée du Château, 60112 TROISSEREUX
Web : Association des Fêtes Historiques de Troissereux
 

 

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Historique de La région des LACS

Posté par francesca7 le 17 juillet 2014

 

200px-Lac_de_Chalain_-_Fontenu_(Jura)Le nom désigne une zone comprise entre Champagnole, Clairveaux les Lacs et St Laurent en Grandvaux, où sont regroupés de charmants lacs. Chacun d’eux a un caractère propre mais tous donnent la même impression de tranquillité, de repos, d’intimité. L’éclairage des sites et la couleur des lacs donnent leurs meilleurs effets en été au milieu de l’après-midi.

La région des Lacs s’étend sur les plateaux de Champagnole et du Frasnois. Le premier s’achève sur la vallée de l’Ain, appelée ici « Combe d’Ain », par une corniche abrupte. Il est profondément échancré par le lac de Châlain, par la vallée du Hérisson, où s’allongent les lacs de Chambly et du Val, et par la vallée du Drouvenant dans lequel se déversent les deux lacs de Clairvaux. Le petit plateau du Frasnois, situé au pied des hauteurs de la Chaux du Dombief, est plus élevé et accidenté. Six lacs y trouvent place : Vernois, Narlay, Ilay, Grand et Petit Maclu, Bonlieu.

MAUVAIS COMME WEIMAR : Pendant la campagne que Richelieu fait mener en Comté, à partir de 1635, la région des Lacs est dévastée par les troupes suédoises alliées des Français et commandées par Bernard de Saxe-Welmar ; maisons brûlées, moissons coupées en herbe, vignes et arbres fruitiers arrachés. La famine est si terrible qu’on manque de la chair humaine. L’habitant soupçonné de cacher de l’argent est soumis à un supplice terrible ; on lui verse dans le gosier, à plein entonnoir, de l’eau chaude, de l’huile, du purin ; on saut e à pieds joints sur son vente pour chasser le liquide et on recommence l’opération jusqu’à ce qu’il ait dit où se trouve son magot. Des familles entières, que l’on découvre cachées dans des grottes ou des souterrains, sont murées vivantes dans leur refuge. Pendant un siècle survivra l’expression : « Mauvais comme Weimar ».

Toute la province est soumise à la même épreuve. Aussi voit-on un grand nombre de Comtois s’expatrier en Savoie, en suisse, en Italie : 10000 à 12000 se fixent à Rome, en un même quartier. L’église, qu’ils dédient à Saint Claude, fait encore partie des établissements français de la Ville éternelle.

LACUZON, HEROS DE L’INDEPENDANCE : Une des grottes de la vallée du Hérisson, située à proximité du « Grand Saut », s’appelle la grotte Lacuzon. Elle servit d’abri au héros populaire Jean-Claude Prost dit Lacuzon (1607-1681) qui, pendant quarante ans, personnifia l’esprit comtois d’indépendance. Prost, né à Longchaumois, établi commerçant à St Claude, prend les armes dès l’invasion de 1636. Ce n’est pas un guerrier-né. Il tremble au début de chaque combat, et, pour se vaincre, se mord sauvagement. On lui prête cette fore apostrophe « Chair, qu’as-tu peur ? Ne faut-il pas que tu pourrisses ? » qui rappelle le « Tu trembles carcasse… » de Turenne. Son aspect austère, soucieux, lui a valu son surnom de Lacuzon (Cuzon = souci, en patois).

Historique de  La région des LACS   dans COURS d'EAU-RIVIERES de FranceGUERRE DE PARTISANS : La plaine de Bresse, française depuis 1601, est mise en coupe réglée : « Délivrez-nous de la peste et de Lacuzon », prient chaque soir les villageois bressants. Sur les plateaux comtois, c’est la guerre d’escarmouches : colonnes harcelées, convois enlevés. Tous les Suédois capturés sont mis à mort non sans que leur aient été offerts les secours de la religion, car la piété de Lacuzon et de ses compagnons est très vive. Certains de ses stratagèmes sont restés fameux. C’est ainsi que, pur venir à bout d’une place qu’il assiège, Lacuzon y fait entrer un de ses lieutenants, Pille-Muguet, déguisé en capucin. Par ses vitupérations continuelles contre les assaillants et leur chef, le faux moine gagne la confiance des défenseurs, se fait donner les clefs d’une porte et l’ouvre, une nuit, à ses camarades.

La paix de Westphalie (1648), en mettant fin à la guerre de Trente Ans, interrompt l’activité militaire de Lacuzon. Elle reprend quand Louis XIV entre en Comté. Le vieux combattant trouve un émule dans Marquis, curée de St Lupicin, qui mobilise ses paroissiens et guerroie à leur tête. Il célèbre la messe, ses deux pistolets posés sur l’autel, explique au prône les exercices qu’il fait ensuite exécuter sur la place de l’église. Mais la lutte est trop inégale ; les derniers partisans comtois succombent. En 1674, sur le point d’être pris, Lacuzon réussit à échapper et à gagner le Milanais, possession espagnole. Il y meurt, intraitable, sept ans plus tard.

 

 

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