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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    Tout devient patrimoine : l'architecture, les villes, le paysage, les bâtiments industriels, les équilibres écologiques, le code génétique.

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    Citation sur la France.
    !!!!
    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Le sans-culotte Gilbert, le major Brutus

Posté par francesca7 le 5 juillet 2015

 Sans-culottePauvre poète, très pauvre, le poète Gilbert, en 1769, vingt ans avant la Révolution. Il est si démuni qu’il porte, au lieu de la culotte des gens de bonne société, le pantalon.

Et Gilbert le poète qui connaît les philosophes plus prompts à se réunir dans les salons qu’à se mêler au peuple pour connaître ses misères, les invective souvent, ce qui leur déplaît. Alors, pour se moquer de lui, ils l’appellent le sans-culotte ! Ainsi les riches désignent-ils alors avec mépris ceux qui ne sont pas vêtus comme eux. C

e nom de sans-culotte est utilisé dans un journal contre-révolutionnaire en 1791 pour désigner ironiquement ceux qui, dans les rues de Paris, sèment le trouble, réclament la justice sociale, et surtout du pain. Le nom composé est fièrement repris par ceux qui sont visés. À quoi reconnaît-on le sans-culotte ?

 Il porte un pantalon rayé de grosse étoffe – l’aristocrate porte des bas de soie et la culotte courte qui s’arrête aux genoux. Il est chaussé de sabots remplis de paille, porte sur la tête le bonnet phrygien rouge rappelant l’affranchissement des esclaves. En main, le sans-culotte tient une pique. Son drapeau est le drapeau rouge, signe de la loi martiale, celui qu’on lève dans l’armée lors de ses révoltes. Il retrouve ses semblables à la section où sont prises les décisions. Son idéal ?

L’égalité qu’il pratique en tutoyant tous ceux qu’il rencontre, et qui sont pour lui des citoyens et des citoyennes, un point c’est tout. Le sans-culotte est contre les grands propriétaires, mais approuve la petite propriété. Il abandonne son nom de baptême pour prendre les glorieux noms de l’antiquité.

Ainsi le major Léopold-Sigisbert Hugo, le père de Victor, sacrifiera-t-il à cette mode, adoptant le nom de Brutus !

Au début de la Révolution française de 1789, le nom « Sans-culottes » est donné par mépris aux manifestants populaires qui portent des pantalons à rayures et non des culottes, symbole vestimentaire de l’aristocratie d’Ancien Régime.

Les sans-culottes sont des révolutionnaires issus du petit peuple de la ville et défenseurs d’une République égalitaire. Ils sont jugés par les autres révolutionnaires comme « radicaux » car ils prônent une démocratie directe, c’est-à-dire sans intermédiaires comme les députés. Ils se distinguent par leurs modes d’expression, en particulier vestimentaires. Leur tenue comporte un pantalon à rayures bleues et blanches, au lieu de la culotte courte et des bas, portés par les nobles et les bourgeois, ainsi qu’un bonnet phrygien rouge, et une tendance à la simplicité. Ce costume est un signe de protestation, arboré par des avocats, des commerçants, des employés, des artisans, des bourgeois, puis par les membres de toutes les conditions qui se présentaient comme « patriotes ».

Le sans-culotte est un personnage important de la Révolution française, qui s’oppose à celui de l’aristocrate par son costume, ses manières, son langage, ses symboles empruntés, mais de façon allégorique, aux couches les plus populaires de Paris et à une vision idéalisée de la Grèce antique.

Les sans-culottes vont devenir rapidement un véritable mouvement de mode, aussi bien dans le domaine du costume que de la langue, de la musique, de la décoration, de la cuisine, de la civilité, de l’humour, de la manière de parler, et des idées: le sans-culottisme. Cette nouvelle ligne esthétique, est celle de la Révolution dont elle développe les thèmes et les figures dans toutes les modalités pendant les années de la Terreur avec le théophilanthropisme, le vandalisme, puis elle laissera place après Thermidor aux Incroyables et Merveilleuses.

 

Le pantalon n’était pas non plus porté par les candidats du tiers état à la députation, car ils étaient tous issus de la meilleure bourgeoisie de robe et de finance, jamais des artisans ou des paysans. Les élus du tiers état arboreront des vêtements et un bicorne complètement noirs: des vêtements austères qui sont typiques de la bourgeoisie puritaine et qui tranchaient aussi bien avec les vêtements luxueux des élus de la noblesse et du clergé, qu’avec ceux des artisans, des commerçants, des ouvriers et des paysans.

Outre les pantalons (ou les jupes), rayés souvent aux trois couleurs, le sans-culotte arbore la blouse et le gilet ou la veste courte à gros boutons (la carmagnole), et des sabots qui marquent son appartenance au peuple travailleur. Le port du bonnet rouge, à l’origine utilisé pour protéger la chevelure dans certaines professions, et qui évoque les esclaves affranchis de la Rome antique, le bonnet phrygien, s’affirme dès le 10 août 1789, comme le « symbole du pouvoir politique des sans-culottes ».

Les élus sans-culottes répudient et retirent de leur nom les références à la noblesse ; certains se donnent des noms référant à la république romaine comme « Brutus » ou « Gracchus ». Les « Leroy » se renomment « Laloi ».

Le sans-culotte Gilbert, le major Brutus dans AUX SIECLES DERNIERS 220px-Sans-CulottesLe sans-culotte idéal décrit par le Père Duchesne, été 1793

« Qu’est-ce qu’un sans-culotte ?


C’est un être qui va toujours à pied, qui n’a pas de millions comme vous voudriez tous en avoir, point de châteaux, point de valets pour le servir, et qui loge tout simplement avec sa femme et ses enfants, s’il en a, au quatrième ou au cinquième étage. Il est utile, il sait labourer un champ, forger, scier, limer, couvrir un toit, faire des souliers et verser jusqu’à la dernière goutte de son sang pour le salut de la République.


Comme il travaille, on est sûr de ne rencontrer sa figure ni au café ni dans les tripots où l’on conspire, ni au théâtre. Le soir, il se présente à sa section, non pas poudré, musqué, botté, dans l’espoir d’être remarqué de toutes les citoyennes des tribunes, mais pour appuyer de toute sa force les bonnes motions. Au reste, un sans-culotte a toujours son sabre pour fendre les oreilles à tous les malveillants. Quelquefois, il marche avec sa pique, mais au premier bruit de tambour, on le voit partir pour la Vendée, pour l’armée des Alpes ou pour l’armée du Nord
 »

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La planche à billets

Posté par francesca7 le 4 juillet 2015

800px-RunningtheMachine-LincAdminComment transformer les biens du clergé en métal précieux qui permettra à l’État de rembourser ses créanciers ?

Les députés décident de créer un billet portant l’indication d’une valeur garantie sur les biens du clergé. Garantie, c’est-à-dire assignée. D’où le nom d’assignat donné au billet lui-même. Le procédé est simple: les particuliers qui possèdent de l’or ou de l’argent échangent ces métaux précieux contre des billets en papier qui leur rapportent un intérêt de 5 %, et leur donnent la possibilité d’acquérir ensuite des biens d’église. Il est prévu de n’émettre qu’un nombre limité d’assignats afin de garantir leur valeur.

Ils doivent même être brûlés lorsqu’ils auront servi à l’achat des biens d’église ! Mais l’État se garde bien de procéder à cette incinération. Au contraire, la planche à billets fonctionne de plus en plus, créant une inflation galopante. L’assignat qui est devenu la monnaie en vigueur baisse vertigineusement et entraîne un énorme désordre dans la vie quotidienne et le petit commerce. En 1796, la planche à billets est solennellement détruite. L’assignat ne vaut plus rien ou presque.

« Planche à billets » est une expression populaire pour désigner la création de monnaie. Elle fait référence aux processus de production de monnaie physique, mais en pratique il s’agit aujourd’hui plus d’écriture comptable. L’expression est souvent employée avec une connotation péjorative.

La capacité des États et des banques centrales à créer massivement de la monnaie ex-nihilo est un outil économique puissant, qui peut contribuer à stimuler l’économie, mais peut également la déstabiliser durablement.

Les États ont fréquemment abusé de la création monétaire, par exemple pour financer des guerres coûteuses, avec souvent des conséquences graves sur l’économie notamment des crises hyperinflationnistes. La crainte de ces abus a conduit la plupart des États à interdire la création de monnaie par la banque centrale pour satisfaire les besoins publics : cette disposition est par exemple inscrite dans la Constitution allemande ou les traités de l’Union européenne (article 101 du traité CE repris par l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne (TFUE) issu de la signature du Traité de Lisbonne en 2007). Les déficits publics doivent donc être financés par emprunts - très majoritairement obligataires – auprès d’organismes privés, aux taux d’intérêt proposés par le marché.

La « planche à billets » n’a pas pour autant disparu. Si certains courants radicaux (libertarianisme, partisans de l’étalon or…) souhaiteraient interdire ou drastiquement limiter la création de monnaie, ou la confier à des acteurs non politiques, la plupart des économistes s’accordent à considérer qu’une création de monnaie contrôlée, accompagnée d’une inflation raisonnable, font partie du fonctionnement normal d’une économie.

Certains économistes notamment keynésiens considèrent que la création massive de monnaie peut être un moyen de répondre aux dépressions économiques graves et que le risque d’inflation est soit surévalué, soit un moindre mal.

Dans le but d’éviter une aggravation de la crise des subprimes de 2007-2008, elle a massivement fonctionné aux États-Unis, sous la forme d’une politique d’assouplissement quantitatif. En Europe, pour faire face à la crise de l’endettement de certains pays de l’Union monétaire européenne, la Banque centrale européenne (BCE) a elle-même dérogé à cette interdiction par décision du 10 mai 2010. Dans ces circonstances, afin de justifier ces dérogations, le terme « méthode non conventionnelle » a été utilisé.

Dans le secteur privé – L’État n’a pas le monopole de créations monétaires excessives. Elles peuvent être pratiquées aussi bien par le secteur privé et aboutir aux mêmes dysfonctionnements. Par les crédits qu’elles accordent au delà de la base monétaire (monnaie de banque centrale) dont elles disposent les banques commerciales créent de la monnaie. Cette création peut être excessive et source d’inflation et de surendettement. La crise des subprimes en est une illustration. Les banques américaines ont multiplié les crédits immobiliers qu’elles accordaient à des emprunteurs. Entre 2000 et 2006 leurs encours ont plus que doublé. Les prix de l’immobilier ont alors augmenté de 171 % entre 1997 et 2007 créant de ce fait une bulle immobilière. L’éclatement de cette bulle et l’insolvabilité des endettés ont déclenché une crise financière entraînant une crise économique mondiale. La responsabilité de la banque centrale américaine (Fed) ne saurait être éludée puisqu’elle est responsable de la gestion quantitative des crédits, notamment par la fixation des taux d’intérêt (banque centrale).

La création monétaire par le secteur privé peut également être dommageable si l’utilisation de la monnaie créée est source d’instabilité. Il en est ainsi lorsque les banques privées procurent des fonds qui servent aux opérateurs financiers à spéculer avec effet de levier. Cette pratique peut être à l’origine de gains ou de pertes très importants. En cas de pertes des retombées et des effets de contagion peuvent se transmettre aux banques et porter atteinte à la sphère économique réelle

Publié dans ARTISANAT FRANCAIS, AUX SIECLES DERNIERS | Pas de Commentaire »

Le siècle de la pensée

Posté par francesca7 le 4 juillet 2015

Encyclopedie_frontispice_fullOn pense beaucoup tout au long du XVIIIe siècle, on sent bien que la monarchie absolue décline, que les guerres ne laissent que défaites et amertume, on sait que l’Angleterre ne cesse d’étendre sa domination, que la Prusse devient une puissance menaçante. Tout cela est commenté dans les salons, les cafés ou les clubs : on y refait le monde, on imagine une autre société, moins hiérarchisée, moins figée, plus juste surtout.

Mais la vieille noblesse s’accroche à ses prérogatives, les Parlements cherchent à servir leurs intérêts. On écoute le discours des penseurs dans le salon des dames : celui de madame du Deffand qui reçoit Fontenelle, le vulgarisateur des sciences, Marivaux, le délicat aquarelliste des passions, Montesquieu, l’esprit libéral et rigoureux, le sceptique et cynique à la fois, l’utopiste, le sociologue avant la lettre ; on peut aussi être reçu chez madame Geoffrin, rue Saint-Honoré, où font halte les mêmes, ou bien encore d’Alembert, le spécialiste des équations différentielles.

Chez Julie de l’Espinasse, on croise Turgot, Condillac qui réfléchit sur le langage, Condorcet… Et puis, on lit Voltaire, on lit Rousseau. Le premier est une gloire sulfureuse qui a déstabilisé les adeptes de la tradition avec son dictionnaire philosophique, brocardé la justice, proposé des solutions à l’anglaise, bref, il a clairement souhaité la révolution ! Le second a rêvé une société égalitaire, misant sur la bonne volonté collective, il a proposé une nouvelle façon de transmettre le savoir, et même un dieu tout neuf : l’être suprême ! Denis Diderot publie une encyclopédie des savoirs que tous les esprits curieux dévorent avec gourmandise, découvrant que les voies du salut s’accommodent mieux de la science que de la conscience.

Beaumarchais, quant à lui, fait dire à son Figaro : « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur », et surtout, à l’adresse de l’aristocrate : « Qu’avez-vous fait pour tant de biens ! Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. » C’est dire combien en ce XVIIIe siècle où le peuple souffre de la domination écrasante des Grands, où la bourgeoisie n’en peut plus de l’arrogance des pouvoirs qui grincent dans leurs vieux cadres, l’esprit révolutionnaire s’est développé dans le cocon de la pensée, prêt pour l’envol dans le printemps de l’espoir, celui de 1789, par exemple…

« D’une façon générale, la sensibilité des Lumières porte à une sentimentalité morale : le temps de l’ironie voltairienne passé, on veut s’apitoyer, avec Rousseau (la Nouvelle Héloïse, 1761) et les tableaux de Greuze, chercher le beau et le bon éternels. Plus le siècle s’avance, plus la littérature et l’art répudient la gratuité des formes, la légèreté, regardées comme aristocratiques et mondaines, pour aller vers le sérieux, l’authentique et le naturel, c’est-à-dire vers ce qui est conforme à la morale utilitaire du public bourgeois d’où le goût croissant pour le néoclassicisme, qui met en avant l’antique, non pas l’antique allégorique de l’époque classique mais un antique historique plus sobre, à la façon du peintre David. »

Ceci se traduit dans les réflexions sur l’urbanisme. La ville des Lumières est le fruit des efforts conjoints des pouvoirs publics et des architectes soucieux de réaliser des bâtiments administratifs ou utiles (hôtels de ville, hôpitaux, théâtres, intendances) tout en aménageant des perspectives, des places, fontaines, promenades…. L’Académie royale d’architecture reste un des centres de la réflexion sur la théorie : pour elle le beau est ce qui plait. Pour l’abbé Laugier, au contraire, ce qui est beau est conforme à la raison. Le modèle naturel de toute architecture est la cabane primitive soutenue par quatre troncs d’arbre, avec quatre parties horizontales et un toit qui deviennent respectivement colonnes, entablements, frontons. Le modèle du temple grec se répand alors jusque dans le décor et le mobilier. Ce paradigme se traduit par un changement de style au milieu du siècle : le rococo est abandonné, la Grèce antique et Palladio deviennent les principales références du style néo-classique.

Le siècle de la pensée dans AUX SIECLES DERNIERS 180px-Voltaire_Philosophy_of_Newton_frontispieceL’université de Virginie, inscrite au patrimoine mondial de l’Humanité défini par l’UNESCO, a été fondée par Thomas Jefferson. Ce dernier dessina les plans d’une partie du campus en suivant les valeurs des Lumières.

La place Stanislas de Nancy est le cœur d’un ensemble urbanistique classique, inscrite depuis 1983 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, ainsi que d’autres places de cette ville comme la place de la Carrière et la place d’Alliance, autour desquelles s’articulent administrations et services de l’époque.

Claude Nicolas Ledoux (1736-1806), membre de l’Académie d’architecture est sans doute l’architecte dont les projets incarnent le mieux l’utopie d’un habitat totalement rationnel (ce qui est rationnel, donc basé sur la compréhension de la réalité ne peut être à la fois utopique) . Il dirige, à partir de 1775, l’édification de la Saline royale d’Arc-et-Senans, dans le Doubs, véritable cité usinière.

Les Lumières n’ont touché que les élites aristocratiques et les fractions montantes des bourgeoisies (La bourgeoisie n’a rien retenu des Lumières encore de nos jours puisque Rousseau, Montesquieu et Kant sont perçus comme des honnêtes hommes alors qu’ils approuvent les « élites » : un vague concept, d’ailleurs désapprouvé par les Lumières : relire « Le Discours sur la Servitude Volontaire par Étienne de La Boétie).

L’écho, dans ces milieux dominants, est certes considérable en Angleterre et en France, mais plus restreint en Allemagne et en Italie ; le public éclairé est très peu nombreux en Espagne ou en Russie, où seuls quelques intellectuels, hauts fonctionnaires et grandes familles participent au mouvement. Le peuple, lui, n’est pas touché : l’immense majorité des paysans, même français, n’a jamais entendu parler de Voltaire ou de Rousseau.

Malgré tout, les Lumières ont ébranlé les certitudes anciennes. Et l’ébranlement ne s’est pas arrêté aux portes du social et du politique : les Lumières ont inspiré la génération révolutionnaire. Ce qui ne signifie nullement qu’elles aient consciemment appelé de leurs vœux la Révolution de 1789.

Un second changement important dans le mouvement des Lumières par rapport au siècle précédent, trouve son origine en France, avec les Encyclopédistes. Ce mouvement intellectuel défend l’idée qu’il existe une architecture scientifique et morale du savoir, une structure prévalente et ordonnée et que sa réalisation est un moyen de libération de l’homme. Denis Diderot et D’Alembert publient à partir de 1751 l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers.

Le processus de diffusion des idées nouvelles se trouva amplifié par le progrès des techniques de diffusion de l’information. Les passages de l’Encyclopédie sont lus par les nobles, les ducs, et les bourgeois dans des salons, les personnes présentes donnent leur avis sur les écrits des philosophes. Les journaux et la correspondance permirent des échanges plus rapides dans toute l’Europe, réalisant une nouvelle forme d’unité culturelle. Ceci ne fut pas sans poser des questions sur la liberté d’accès et de diffusion de ces informations. On connaît le rôle joué par la presse dans la diffusion des idées, pendant la Révolution française notamment.

À mesure que se développe l’esprit philosophique, dans les salons, les cafés ou les clubs, l’autorité monarchique se délite, sapée tant par l’opposition aristocratique que par des tentatives de réformes sans lendemain.

300px-Salon_de_Madame_Geoffrin dans EXPRESSION FRANCAISEPendant la période révolutionnaire, les idées des philosophes inspirent les débats politiques. La plupart des députés de l’Assemblée nationale sont des bourgeois cultivés qui se sont nourris des valeurs de liberté et d’égalité. Par exemple, Robespierre est un rousseauiste convaincu. Pourtant, la plupart des philosophes français sont morts avant d’avoir vu l’œuvre de la Révolution française, sauf Condorcet, Louis Sébastien Mercier et l’abbé Raynal. Les deux premiers proches des Girondins en l’an II connaîtront des déboires avec la Révolution. Seul le troisième ne sera jamais inquiété et aura même droit à un buste après sa mort en 1796 en hommage à ses écrits contre l’esclavage des Noirs aboli le 16 pluviôse an II. Il était par ailleurs l’oncle d’un conventionnel régicide, Simon Camboulas.

La Révolution française en particulier représente une application violente de la philosophie des Lumières, notamment lors de la brève période de pouvoir des Jacobins. Le désir de rationalité révolutionnaire se coupe du rationalisme dit « spirituel » de Descartes, jusqu’à conduire à une tentative d’éradiquer l’Église et le christianisme dans son ensemble. Ainsi, la Convention nationale change le calendrier, système de mesure du temps, et le système monétaire, tout en plaçant l’idée d’égalité, sociale et économique, au plus haut point des priorités de l’État.

 

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Port-Royal-des-Champs : vingt-cinq religieuses meurent d’épuisement

Posté par francesca7 le 17 juin 2015

 

Longueville-ChauveauLes guerres de religion ont pris fin. En même temps que l’économie se développe, l’église catholique connaît un renouveau qui offre deux directions possibles : celle de la confiance en l’homme, tendance représentée par les jésuites, et celle de la méfiance de l’âme, toujours soupçonnée d’être assaillie ou conquise par le mal, abandonnée de Dieu, livrée au diable.

Cette dernière tendance, pessimiste et austère, va être développée par une jeune fille de dix-huit ans qui transforme la journée du vendredi 25 septembre 1609 en date historique.

Voici comment : Près de Paris, dans la haute vallée de Chevreuse (aujourd’hui sur la commune de Magny-les-Hameaux), s’élevait l’abbaye de Port-Royal-des-Champs. Jacqueline Marie Angélique Arnauld de Sainte-Madeleine, fille d’un avocat au Parlement de Paris, conseiller d’État sous Henri IV et farouche adversaire des jésuites, devient coadjutrice de l’abbesse de Port-Royal à huit ans.

Elle fait partie d’une famille de vingt enfants, dont six filles qui deviennent toutes religieuses dans l’abbaye de la vallée de Chevreuse fort appréciée de la noblesse de robe parisienne friande de mondanités et de plaisirs divers !

À onze ans, la petite Jacqueline Arnauld montre une vocation religieuse exceptionnelle. À dix-huit ans, alors qu’elle est devenue abbesse, elle prend une décision irrévocable, le 25 septembre 1609 : son frère et son père étant venus lui rendre visite, elle refuse de les recevoir, fermant le guichet où les nonnes étaient accoutumées de s’entretenir avec leur famille. Désormais, s’ils veulent lui parler, ils le feront à travers une grille !

Ce vendredi 25 septembre 1609 demeure dans l’histoire la « journée du guichet ».

Toutes les religieuses se conforment à cette décision : elles ne recevront plus leur famille. Jacqueline Arnauld, devenue Mère Angélique, ne fait que commencer son programme d’austérité qui vise à agir en élus de la grâce de Dieu, en éloignant toutes les tentatives que pourrait faire le Malin pour s’introduire dans l’âme. Travail, prière (huit heures de prière par jour, le premier office commence à deux heures du matin !), repos, sont les trois règles de l’abbaye, renouant avec la règle de saint Benoit de Nursie.

À Port-Royal, on ne mange jamais de viande, on communique par gestes, on ne possède rien – posséder, c’est se livrer au mal, à la cupidité –, on couche sur une mauvaise paillasse. L’application de la règle est si stricte et la vie si austère qu’en trois ans, entre 1656 et 1659, vingt-cinq religieuses meurent d’épuisement ! Jacqueline Arnauld trouvera ensuite dans les idées de l’évêque d’Ypres, Cornélius Jansen, l’écho exact de ses théories sur la grâce – cette sombre doctrine, reposant sur l’oeuvre de saint Augustin, l’Augustinus, deviendra le jansénisme.

La mère Le Tardif redevient simple religieuse et meurt, aveugle, en 1646.

Les religieuses n’étant plus présentes sur le site de Port-Royal des Champs, celui-ci devient un lieu d’attraction pour des hommes souhaitant se retirer temporairement du monde.

Le premier à s’y installer est un neveu de Jacqueline Arnauld, Antoine Le Maistre, qui séjourne à Port-Royal de mai à juillet 1638, avec ses frères, d’autres Solitaires et des enfants. Mais ils sont dispersés par ordre de la Cour, qui ne voit pas d’un bon œil cette nouvelle expérience. Antoine Le Maistre et son frère Simon Le Maistre de Méricourt reviennent cependant à Port-Royal à l’été 1639. C’est le début de la période des Solitaires à Port-Royal des Champs. Pendant une dizaine d’années, des hommes jeunes ou moins jeunes viennent se retirer à Port-Royal, attirés par le goût de la solitude et de la pénitence. L’abbé de Saint-Cyran leur rend visite pendant le court temps séparant sa libération de la Bastille (mai 1643) et sa mort, en octobre de la même année.

À Port-Royal de Paris, la communauté prend de l’ampleur. La mère Agnès Arnauld laisse sa place d’abbesse à sa sœur, la mère Angélique, en 1642. Réélue sans interruption jusqu’en 1651, elle a le projet de faire revenir la communauté aux Champs, qui ont été profondément assainis par les travaux des Solitaires. Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, autorise en 1647 la mère Agnès à envoyer quelques religieuses aux Champs. L’année suivante, la mère Angélique elle-même revient à Port-Royal des Champs avec neuf religieuses.

Les Solitaires quittent alors le site de l’abbaye pour s’installer aux Granges, comme le décrit Angélique dans une lettre écrite le 14 mai 1648 à la reine de Pologne : « Les ermites, qui occupaient nos bâtiments, nous reçurent en très grande joie, et chantèrent le Te Deum, nous quittant la place de très bon cœur. Quelques-uns se sont retirés bien affligés : on ne les abandonnera pourtant pas. Ils ont loué une maison à Paris, en attendant que Dieu nous donne la paix. Mes neveux et quelques autres se sont retirés à une ferme qui est au-delà de la montagne ». La mère abbesse passe son temps entre les deux monastères, qui n’ont qu’une seule autorité. Elle regrette cependant dans ses écrits de ne pas habiter en permanence Port-Royal des Champs, qu’elle appelle sa « chère solitude ».

La vie s’organise entre l’abbaye réinvestie par les religieuses et les Granges qui accueillent les Solitaires. Le 21 décembre 1649, Louis-Isaac Lemaistre de Sacy est ordonné prêtre à Port-Royal des Champs. Dans le monastère de Port-Royal de Paris, c’est son oncle Henri Arnauld qui est sacré évêque, le 29 juin 1649. La famille Arnauld est alors toute puissante dans un monastère qui fait figure de phare spirituel. Le Maistre de Sacy devient le confesseur des religieuses et des élèves des Petites Écoles, installés aux Granges où à partir de 1652 est construit le grand bâtiment de style Louis XIII qui accueille actuellement le musée. On compte parmi les Solitaires installés en haut de la colline, Louis-Isaac Lemaistre de Sacy, Antoine Arnauld, Claude Lancelot, Jean Hamon, Pierre Nicole et d’autres moins célèbres. C’est dans ce cadre que Blaise Pascal vient faire deux courtes retraites aux Granges, en 1656.

Port-Royal-des-Champs : vingt-cinq religieuses meurent d’épuisement dans AUX SIECLES DERNIERSLa période est alors celle de l’âge d’or de Port-Royal, malgré la Fronde qui commence. Celle-ci touche durement l’abbaye. Les pauvres affluent, cherchant un refuge. Le monastère est défendu par les Solitaires. Du 24 avril 1652 au 15 janvier 1653, la tension est telle que les religieuses doivent se réfugier à Paris avec la mère Angélique, en raison de la « guerre des Princes ». Les Solitaires, au nombre d’une vingtaine, sont eux restés garder l’abbaye et les Granges. C’est à cette période que le duc de Luynes fait construire sur le territoire de l’abbaye un château, le château de Vaumurier.

Malgré un riche passé, il ne reste aujourd’hui presque rien de ce monastère fondé en 1204.

Cet endroit fut le théâtre d’une intense vie religieuse, intellectuelle et politique du xiiie siècle à nos jours. D’abord simple abbaye cistercienne féminine au cœur du bassin parisien, Port-Royal devient au xviie siècle l’un des hauts lieux de la réforme catholique4 puis l’un des symboles de la contestation politique et religieuse, face à l’absolutisme royal naissant et aux réformes théologiques et ecclésiologiques de l’Église tridentine.

Qualifié d’« affreux désert » par la marquise de Sévigné en raison de son isolement, Port-Royal apparaît comme une « thébaïde » pour les admirateurs des Solitaires, c’est-à-dire un endroit privilégié où le chrétien est à même d’œuvrer pour son salut sans être tenté par le monde matériel. Attirant ou repoussant, il fascine le monde intellectuel et religieux du xviie siècle.

Les Jésuites, par l’intermédiaire du roi Louis XIV, après de multiples entraves et suppression de revenus financiers, font chasser les religieux de Port-Royal des Champs en 1709 et, en 1712 l’abbaye fut « rasée par la poudre » sur ordre du Conseil d’État sous l’autorité de Louis XIV, l’abbaye et son domaine deviennent des lieux de mémoire et d’histoire, séduisant et inspirant visiteurs et intellectuels.

Le site de Port-Royal des Champs est aujourd’hui classé parmi les Monuments historiques et au titre des sites protégés. Il abrite un musée national.

En 1706, la mère Élisabeth de Sainte-Anne Boulard de Denainvilliers meurt. Elle a auparavant désigné la sœur Louise de Sainte-Anastasie du Mesnil pour prendre sa suite. Mais la communauté n’a pas le droit de procéder à l’élection. La mère Louise reste donc prieure, jusqu’à la fin de l’abbaye. L’année suivante, Louis XIV donne l’ordre de donner les revenus de Port-Royal des Champs à l’abbaye de Port-Royal de Paris. C’est signer, à très brève échéance, la mort de l’abbaye. L’archevêque de Paris interdit aux religieuses de recevoir la communion. Il les déclare également « contumaces et désobéissantes aux constitutions apostoliques et comme telles incapables de participer aux sacrements de l’Église». Les sœurs sont donc privées à la fois des nourritures spirituelles et des nourritures temporelles. Leur nombre se réduit, au fur et à mesure des décès.

Le 27 mars 1708, une bulle pontificale retire aux religieuses l’usage de leurs terres, ne leur laissant que l’église et le monastère. Une deuxième bulle, datée de septembre, ordonne la suppression de Port-Royal des Champs.Louis Phélypeaux de Pontchartrain, chancelier, essaie de s’opposer aux décisions royales et pontificales. Mais le parlement de Paris enregistre les textes du pape et du roi.

L’archevêque de Paris confirme le 11 juillet 1709 la suppression du monastère. Après une visite orageuse de l’abbesse de Port-Royal de Paris le 1er octobre, qui n’est pas reconnue comme supérieure par les religieuses, le Conseil d’État rend un arrêt confirmant les droits du monastère parisien sur celui des Champs. Le 26 octobre, il ordonne également l’expulsion des religieuses.

Image illustrative de l'article Port-Royal des ChampsLe lieutenant de police d’Argenson est désigné pour procéder à l’expulsion. Le 29 octobre 1709, il se rend à l’abbaye, accompagné de soldats. Les quinze sœurs professes et les sept sœurs converses présentes sont emmenées vers différents couvents d’exil. Une dernière sœur, malade, est expulsée le lendemain en litière.

Quelques mois plus tard, en janvier 1710, le Conseil d’État ordonne la démolition de l’abbaye. Entre le mois d’août 1710 et l’année 1711, de nombreuses familles de proches du monastère viennent exhumer les corps des religieuses enterrées dans l’église. Certaines dépouilles, comme celles des Arnauld, sont transférées à Palaiseau, d’autres à Magny-Lessart. Près de 3 000 corps sont enterrés à Saint-Lambert-des-Bois, dans une fosse commune encore identifiable aujourd’hui et appelée « carré de Port-Royal ». Les dépouilles de Jean Racine, Antoine Lemaître et Louis-Isaac Lemaistre de Sacy sont emmenées à Saint-Étienne-du-Mont à Paris.

Au cours de l’année 1713, l’abbaye est rasée à la poudre. Ses pierres sont vendues ou récupérées par les habitants des alentours, parfois comme reliques mais le plus souvent comme matériau de construction.

Une littérature liée à Port-Royal apparaît dès le début du xixe siècle. Ainsi Henri Grégoire, dans Les Ruines de Port-Royal des Champs (1801 et 1809), dresse un tableau romantique du site, où « la clématite, le lierre et la ronce croissent sur cette masure ; un marsaule élève sa tige au milieu de l’endroit où étoit le chœur ». Mais l’abbé Grégoire est aussi le premier à considérer Port-Royal comme un symbole de lutte contre l’absolutisme et comme un précurseur de la Révolution française :

« Sur le point de vue politique, les savans de Port-Royal peuvent être cités comme précurseurs de la révolution considérée, non dans ces excès qui ont fait frémir toutes les âmes honnêtes, mais dans ses principes de patriotisme qui, en 1789, éclatèrent d’une manière si énergique. (…) Depuis un siècle et demi presque tout ce que la France posséda d’hommes illustres dans l’Église, le barreau et les lettres, s’honora de tenir à l’école de Port-Royal. C’est elle qui, dirigeant les efforts concertés de la magistrature et de la portion la plus saine du clergé opposa une double barrière aux envahissements du despotisme politique et du despotisme ultramontain. Doit-on s’étonner qu’en général les hommes dont nous venons de parler aient été dans la Révolution amis de la liberté? »

Chateaubriand, dans la Vie de Rancé, compare la Trappe à Port-Royal en ces termes : « La Trappe resta orthodoxe, et Port-Royal fut envahi par la liberté de l’esprit humain. » Reprenant la description des ruines du monastère qu’avait faite l’abbé Grégoire, il dépeint avec une violence tragique l’exhumation des corps en 1710.

Mais celui qui va donner ses lettres de noblesse littéraire à ce thème est Charles Augustin Sainte-Beuve. Dans un cours professé à Lausanne en 1837-1838, il brosse un portrait élogieux d’un monastère composé d’intellectuels brillants et de religieuses exaltées mais pures. Il fixe pour longtemps cette vision dans l’imaginaire collectif, avec la publication de son monumental Port-Royal à partir de 1848. Il voit en Port-Royal un exemple de rigueur et de courage, et élabore une lecture à la fois très précise sur le plan historique et elliptique concernant les aspects dérangeants du jansénisme.

À sa suite, de nombreux intellectuels se réfèrent à cette image mythique pour écrire des romans ayant pour cadre le monastère, ou pour invoquer l’esprit de Port-Royal au milieu d’autres réflexions. Au début du xxe siècle on trouve même des romans mettant en scène des personnages réels, mais avec un comportement déconnecté de la réalité historique. Les port-royalistes sont des « héros », combattant l’Église et la monarchie. Dans un contexte d’installation difficile de la Troisième République et de lutte anticléricale, Port-Royal est un argument de poids, souvent utilisé comme tel.

En 1954, Henry de Montherlant écrit une pièce de théâtre en un acte, Port-Royal, dont l’action se concentre sur la journée du « 26 d’août » 1664, c’est-à-dire la visite de Mgr de Péréfixe au couvent du faubourg Saint-Jacques. Cette œuvre remet au goût du jour les vestiges du monastère. Montée dans le contexte du rachat par l’État d’une partie du site des Granges (voir supra), elle attire de nombreux visiteurs sur les lieux.

À la fin du xxe siècle et au début du xxie siècle, Port-Royal des Champs reste une référence intellectuelle et patrimoniale. Si son histoire et celle du jansénisme sont de moins en moins connues du grand public, son exemple représente un symbole, comme le montrent les créations artistiques contemporaines : un écrivain comme Gabriel Matzneff, qui fut l’ami de Montherlant, ne manque pas d’évoquer dans nombre de ses livres l’abbaye. Le film de Vincent Dieutre, Fragments sur la grâce, sorti en 2006, a remporté un succès d’estime surprenant. Des œuvres littéraires ayant le monastère pour objet ou pour cadre sont régulièrement éditées comme (en 2007) le roman de Claude Pujade-Renaud, Le désert de la grâce. Elles sont souvent empreintes d’une vision idéalisée de la réalité, mais reflètent bien la fascination que Port-Royal continue d’exercer.

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Les dates qui nous enferment dans le passé

Posté par francesca7 le 17 juin 2015

 

Je répète souvent qu’il est bénéfique et bienfaisant de se concentrer sur le présent, j’aimerais qu’on se co-centre en ce jour.

Le présent seul compte pour avancer, seul ou tous Ensemble. S’attarder sur autre chose est inutile et gaspillage d’énergie. Alors en ce qui concerne le passé, vous imaginez bien ce que j’en pense.

téléchargementLe 8 mai

communication profonde accompagnéeNous sommes le huit mai… Qui se fête depuis 1953… Ça veut tout dire et rien dire. En tout cas, ça occupe bien des esprits et des chaînes de télévision, mais à quoi exactement ?

communication profonde accompagnéeJe voudrais vous inviter à une réflexion à ce sujet. Vous proposer d’observer autrement, d’approfondir et de mûrir autre chose que ce qui est martelé. Depuis des dizaines d’années !

Ce qui est certain, est que vous vous branchez à un égrégore du passé, de souvenirs rouge vif. Quels souvenirs ? Déjà celui des manifestants brandissant des caricatures d’Hitler et de différents dirigeants propageant moqueries, haine, animosité, horreur, condamnations et jugements sans appels. Puis celui des drapeaux célébrant une guerre sanglante qui fit des milliers de morts. Vous me direz, c’est la fin de cette guerre que l’on célèbre, pas vraiment… tout ceci n’est que de l’Agitation, le contraire de la paix.

Le 8 mai, c’est l’annonce de la victoire rajouterez-vous. Pour ma part, je préférerais fêter la paix, je n’aime pas ce mot « victoire » qui évoque l’écrasement de vaincus par la force matérielle et physique. D’ailleurs ce mot vient du latin signifiant victoire guerrière. On est en plein dedans. On ne fête pas la paix bien que couvert sous le paravent du bon sentiment patriotique. Combien de millions de morts, de mutilés, d’orphelins, de veuves, et pour tous les pays concernés. Fêter cela ? Non je ne comprends pas. Quelle est la réelle utilité de cette commémoration ?

Cette date met également en réminiscence tout l’égrégore de la mémoire liée aux émeutes en Algérie, qui ont fini aussi par une autre guerre. Commencez-vous à comprendre tout ce que ceci réveille ? Quelle est l’intention derrière ces célébrations, et surtout, qu’en faites-vous, en vous, vous ? Vous réveillez ou vous vous éveillez ?

Une autre date… 11 novembre 1918

communication profonde accompagnée
Les dates qui nous enferment dans le passé dans AUX SIECLES DERNIERS 220px-ArmisticetrainLundi : 1er jour de la semaine : 11 novembre : 11ème mois de l’année : 11h le 11ème jour du 11ème mois dans le wagon 1 du Maréchal… Autant dire que c’est aussi une date du calendrier HAUTEMENT chargée en mémoires… Comme pour beaucoup d’attentats, d’assassinats, le 11 Est présent… 

communication profonde accompagnéeJe ne crois pas que ces fêtes, ces rituels, rappellent que la paix est l’affaire de tous et qu’il est question de veiller à la maintenir ancrée en formant le 1 Un de l’Unité. Bien au contraire ! Tout ceci rappelle ce qui a divisé. D’ailleurs… divisions est bien un terme militaire, rires…

communication profonde accompagnéeDans ces cérémonies, voyez-vous les fleurs au fusil ? Ou sentez-vous gronder encore le transgénérationnel collé aux dos des descendants ? Quels étendards sanglants flottent en vos consciences ? Personnellement, dans les discours, dans les échanges familiaux, amicaux… j’entends la colère contre les Boches, contre les Collabos. Rien que l’emploi de ces mots me glace.

communication profonde accompagnéePire, il semble s’être installé depuis toutes ces années une espèce de Banalisation sur la condamnation des nazis et une espèce de Normalisation de leur punition/exécution. En bonus, l’ostracisme de ceux qui ne rentreraient pas dans le rang des bien-pensants = un nazi = pas de pitié = à éliminer/exécuter. Oui je sais, je choque, mais j’aime, car c’est par le choc qu’on bouge. Oui je sais, il y a eu énormément de violence et de tortures… mais vous n’avez pas idée à quel point ce fut dans TOUS les camps. Et puis… n’est-il pas temps de passer à autre chose ? Est-ce que cela nous concerne vraiment ? Vraiment ?

communication profonde accompagnéeJe reviens sur la récurrence des 1, des 11. Je tiens à liserer de ne voir aucune malédiction dans ces rappels. Je préfère y déceler l’empreinte vibratoire de l’esprit agissant. J’aime ce 1 fait si joliment et intentionnellement d’une petite diagonale qui monte pour rejoindre la verticalité. La poussée de l’esprit sur le Un. Pour élever l’esprit au ciel et le redescendre sur terre, le tout, l’unité, la totalité, le Un.

communication profonde accompagnéeTout est une façon de voir… Autant charger les chiffres, les symboles, les dates ou les images de vibrations positives. Les mémoires et les faits n’ont d’effet que celui qu’on leur donne. En foule, l’effet est démultiplié.

A quoi voulez-vous vous connecter pour augmenter la puissance de la paix ?

communication profonde accompagnée
Quand vous regardez, croyez ou répétez tout ce que médias et reportages vous rapportent, vous donnez force, vie et intensité par vos pensées, puis par les formes-pensées en découlant, puis matérialisation « quelque part » par « quelqu’un » qui en sera influencé, dans sa tête puis dans ses actes. Qui voulez-vous nourrir, et à quoi, à qui voulez-vous donner vie et puissance ?

communication profonde accompagnéeRappelez-vous mes derniers écrits, vous ne savez rien de l’Histoire, ni de l’Humanité, ni tout de votre propre histoire. J’insiste beaucoup, car les germes pensées positives proviennent de cette couveuse en terre. Alors ne vaut-il pas mieux choisir d’autres graines d’évolution sans croire ce qu’on veut bien nous faire « gober » ou ce qu’on nous « enseigne ».

communication profonde accompagnéeIl faut cesser de croire pour Savoir et atteindre la Connaissance, la Sagesse.

communication profonde accompagnéeTous ces faits ont marqué l’histoire, rien ne condamne à la vivre perpétuellement, et pourtant c’est ce qui se passe par la mise en re-vivance ! Pourquoi croyez-vous que les guerres continuent par-delà la planète… Nous sommes tous liés, n’oubliez pas, j’affirme haut et fort que ces commémorations contaminent les esprits. Et en tout cas, ce qui s’est passé était une « leçon » destinée à ceux qui l’ont vécu ! En quoi le rappel du sang versé vous fait-il évoluer, Vous, là maintenant ?

communication profonde accompagnéeAu lieu de vous concentrer sur S ang, V engeance, P ouvoir, pouvez-vous concentrer votre énergie sur S oin, V érité, P aix ? Individuellement ? SVP !

communication profonde accompagnéePlus nous fêtons le sang versé (même du côté attaqué), plus nous entretenons les blessures, la dualité, la division, l’opposition, le jugement, et plus nous renforçons le concept de vaincus/vainqueurs. Ce qui, au final nuit et maintient dans la nuit au lieu d’éclairer. Sortez de la nuit de ces fêtes, de ces faits. Dirigeons nos pensées, autrement, sur le maintien de notre paix intérieure. Et nous sommes bien plus nombreux à agir dans ce sens que dans l’inverse, contrairement aux apparences.

La véritable Joie n’est pas dans la naissance, mais dans le retour

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Nous pleurons les morts et nous fêtons les naissances. De l’autre côté du rideau des nuages, j’ai accès à une vérité inversée. Les âmes ont besoin de beaucoup de courage pour revenir s’incarner, alors qu’elles retournent en joie dans la belle demeure du Divin.

La Marseillaise

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Rouget de Lisle chantant la Marseillaise pour la première fois à l'hôtel de ville de Strasbourg ou chez Dietrich en 1792 (Pils, 1849).J’aimerais aussi attirer votre attention sur l’effet vibratoire provoqué par tous ceux qui vont entonner la Marseillaise. Il y a des musiques qui élèvent vers les hautes sphères et d’autres qui abaissent les vibrations. Et les paroles ! Avec toute la Puissance du verbe !

communication profonde accompagnéePrenez conscience de la légèreté avec laquelle vous robotisez militaires et élèves à chanter haut et fort en ce jour, ce chant de guerre car cela en est un, n’en déplaise à ceux qui rétorquent que c’est un chant de défense.

communication profonde accompagnéeRien que par sa création, bonjour l’ambiance, nous sommes dans une tonalité de déclaration de guerre de la France à l’Autriche… On chante donc une déclaration de guerre, on fête le conflit, une marche vers le sang, vers des soldats qui vont obéir et se sacrifier. C’est une excitation contagieuse, une invitation à tuer, au combat, à la lutte finale pour le plus grand nombre de morts.

communication profonde accompagnéeAvant de se nommer marseillaise, son nom originel : Chant de guerre… rappelle bien son appel premier et primaire.

communication profonde accompagnéeJohn Lennon avait génialement essayé de contrecarrer l’effet négatif de la musique de toutes ces mémoires sans cesse réveillées et maintenues au jour par la création de sa chanson All You need is love. En insérant au début quelques premières notes de la Marseillaise, hymne français, et à la fin quelques mesures d’une mélodie d’Henri 8 roi d’Angleterre… oui encore un 8 (8 mai…), tout en glissant au milieu, entre eux deux, quelques notes de l’invention 8… de Bach. Bach dont la musique a la propriété de clarifier l’esprit, de faire croître les végétaux. Quelle idée géniale pour essayer de rectifier les vibrations de ces deux clans liés par des querelles sanguinaires et centenaires, pour l’éternité symbolisée par ce chiffre, fait de deux mondes accolés l’un à l’autre.

communication profonde accompagnéeJ’espère vous avoir donné envie d’écouter maintenant différemment cette chanson ou du moins d’en faire l’expérience à la lueur de ce que vous ne saviez peut-être pas quant à son inspiration, sa conception. La musique s’adresse directement au squelette de nos ondes, au cœur, à l’âme, elle se ressent, n’est ni fausse ni vraie. Elle Est tout simplement et en ce sens, elle est plus efficace encore que mes mots pour réunir sur la même longueur d’onde en harmonie, avec élévation car l’homme vibre à la fréquence de ses pensées, elles-mêmes en résonance avec la musique. À propos de musique, de bruit surtout :

Bientôt le 14 juillet rires…

communication profonde accompagnéeJe passerai outre la polémique du mensonge historique sur le déroulement de cette journée en 1789. Là encore, mis à part quelques historiens au discernement avéré, vous n’avez ni la « bonne » version des faits initiaux dans vos manuels d’histoire ni l’intégrale. Victoire du peuple sur la monarchie… Dit-on.. Je ris…

communication profonde accompagnéeJe vous livrerai juste par exemple que les insurgés n’étaient pas venus prendre la Bastille, mais se recharger en armes et munitions ! Bref ! Aucun intérêt de s’appesantir là-dessus. Plutôt se concentrer sur ce qu’il y a de positif à tirer du commémoratif de cette journée et ce n’est certainement pas les images de têtes empalées au bout de piques qui vont nous faire évoluer !

communication profonde accompagnéePermettez-moi par contre de vous dé-livrer ce que Louis 16 (deux fois huit, rires…) m’a suggéré comme attitude bénéfique à vous souffler… Inscrire à toutes ces dates « Rien » dans votre agenda, comme lui-même l’avait consigné dans son journal de chasse le 14 juillet ! Nous en rions à cet instant et il rajoute qu’il avait encore toute sa tête. C’est un être de lumière qui a beaucoup d’humour.

communication profonde accompagnée
En conclusion tous ces commémoratifs ne sont intéressants que par le retentissement, par la résonance en Nous et le tremplin de réflexion qui en découle. L’important est ce qu’on en fait et parfois « rien » est meilleur que n’importe quoi d’autre.

A trop jouer avec la mémoire… Prenons garde… 
Une question pour vous :
Que se passe-t-il maintenant ?

communication profonde accompagnéeJean-Yves le pacifiste…
08.05.2015

Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, Jean-Yves est ce que l’on appelle un « grand traumatisé », cloué sur son fauteuil. qui ne peut s’exprimer qu’avec un doigt sur un clavier, à l’aide d’une facilitatrice; ce que l’on appelle la « Communication Profonde Accompagnée ». Cela ne l’empêche nullement de visiter d’autres mondes, sur d’autres plans de conscience, sans quitter « physiquement » son fauteuil et de nous partager les enseignements reçus lors de ses explorations… Merci à toi Jean-Yves.

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Voir son premier article : Ma double vie : Terrestre et Céleste
Jean-Paul Thouny

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L’égalité des sexes de Nos ancêtres

Posté par francesca7 le 15 juin 2015

 

 

imagesOn nous explique souvent que l’une des raisons pour laquelle notre société actuelle attribue des rôles inégaux aux hommes et aux femmes, c’est parce que ce serait, avant tout, « ancré dans nos gènes ».

Ben oui, les hommes mettaient à profit toute leur puissance virile dans la traque et la chasse au mammouth laineux, tandis que les femmes restaient dans la grotte pour s’occuper des enfants et cuisiner le ragoût de rhinocéros à poils longs. Sauf qu’en fait, non. 

Une étude récente a analysé les comportements de différentes tribus de chasseurs-cueilleurs modernes, afin de mieux comprendre ce mode de vie, et ils ont découvert que ces derniers opéraient en réalité ( et contrairement aux clichés que l’on pourrait avoir, ) d’une manière extrêmement égalitaire. Les chercheurs suggèrent également que l’inégalité hommes-femmes serait une aberration, qui serait apparue avec le développement de l’agriculture. 

En fait, l’égalité des sexes — ce concept que l’on pense si récent — a même probablement été  un avantage évolutif de taille pour les premiers peuplements d’humains, en agrandissant les connexions sociales… ce  qui leur aurait permis, entre autres, de se distinguer des animaux. 

  

Nos ancêtres de l’âge de pierre sont souvent représentés comme des créatures bourrues et sauvages, portant un gourdin dans la main tout en traînant sa femme par les cheveux de l’autre. Pourtant, en réalité, les premières sociétés humaines ont très probablement été fondées sur des principes égalitaires étonnamment très éclairés. 

Une étude anthropologique a tenté de comprendre le fonctionnement de ces anciens peuples de chasseurs-cueilleurs, en étudiant les comportements sociaux des tribus de chasseurs-cueilleurs qui ont pu perdurer jusqu’à  aujourd’hui. Et ils se sont rendus compte que les hommes et les femmes tendent à avoir une influence égale au niveau des décisions comme l’emplacement où le groupe s’établira, ou encore les personnes au contact desquelles ils vivront. Cette étude semble remettre en question l’idée communément admise que l’égalité des sexes est une invention récente, et suggère qu’au contraire,cette égalité a été la norme pour les humains, pendant la majeure partie de notre histoire évolutive. 

Mark Dyble, anthropologue ayant également dirigé cette étude au sein de l’ University College London, explique ainsi : « Il y a encore cette perception générale que nous avons des chasseurs-cueilleurs, qui voudrait qu’ils soient plus machos ou du moins, que ces société soient dominées par les hommes. Nous pensons au contraire que ce ne fut qu’avec l’émergence de l’agriculture, lorsque les individus ont pu commencer à accumuler des ressources, que l’inégalité sexuelle est apparue. » 

Selon lui, les découvertes récentes suggèrent plutôt que l’égalité entre les sexes a été un avantage de survie non négligeable, qui aurait joué un rôle considérable pour façonner la société humaine. « L’égalité des sexes fait partie d’une importante chaîne de changements majeurs au niveau de l’organisation sociale, qui ont permis d’améliorer les relations entre personnes. C’est grâce à cela que nous avons obtenus nos gros cerveaux « sociaux », et surtout le langage complexe, qui distingue l’être humain de l’animal. » 

Pour comprendre comment se constituaient les groupes de chasseurs-cueilleurs, les chercheurs ont établi une modélisation informatique pour simuler les déplacements au sein des différents groupes, en se basant sur des données récoltées dans différents peuples suivant le même mode de vie.

Les personnes qui vivent de cette manière ont tendance à former des petits groupes d’une vingtaine de personnes, bougeant environ tous les 10 jours en se nourrissant de viande chassée, de poissons, de fruits et de légumes récoltés, et de miel. 

Mais une chose leur a sauté aux yeux : dans ces campements, il y avait peu de personnes de la même famille, alors qu’ils s’attendaient à voir ces derniers peuplés de personnes proches génétiquement : les frères et sœurs, leurs parents, et leurs enfants. 

En fait, lorsqu’un seul sexe influence le processus de l’établissement des groupes, comme c’est typiquement le cas dans les sociétés patriarcales agricoles ou pastorales, on voit apparaître une multitude de petits groupes consistant en individus de la même famille. Cependant, ces groupes sont  beaucoup plus diversifiés lorsque les deux sexes ont une influence égale… Et c’était précisément le cas chez les populations étudiées. 

« Lorsque ce sont uniquement les hommes qui choisissent avec qui ils vont vivre, le noyau de toute communauté est un réseau dense d’hommes  qui sont proches et/ou de la même famille, avec leurs femmes en périphérie, » explique encore Mark Dyble. « Si les hommes et les femmes décident ensemble, par contre, il devient impossible d’avoir des groupes de quatre ou cinq frères qui vivent ensemble. » 

Les auteurs défendent ainsi l’idée que l’égalité des sexes aurait été un grand avantage au cours de l’évolution pendant les débuts de la grande aventure humaine, permettant d’accéder à des réseaux de sociétés plus denses, favorisant davantage d’échanges et de coopération entre des humains de différentes familles.

 « Cela a permis à nos ancêtres de connaître un plus grand panel d’autres individus, ce qui signifie un plus large choix de partenaires possibles, et moins de consanguinité. » explique encore le chercheur. « En etant en contact avec des groupes très différents, vous pouvez partager les connaissances et les innovations, ce qui est l’un des atouts par excellence de l’être humain. »

Ce serait donc lorsque les hommes se sont sédentarisés et sont passés à un mode de vie agricole que le déséquilibre est arrivé. Les hommes pouvaient pour la première fois accumuler des ressources pour vivre de façon plus confortable, mais également ils pouvaient avoir plus d’enfants que de femmes. Ils se rendent compte qu’ils gagnent un avantage en stockant et en accumulant des ressources, et c’est là seulement qu’ils commencent à devenir favorables à former des alliances avec leurs confrères masculins. 

Dyble avance même que l’égalité des sexes est peut être bien l’un des facteurs importants qui a permis à nos ancêtres de se distinguer de leurs cousins primates.

images (1)« Les chimpanzés vivent dans des sociétés relativement agressives et patriarcales, avec un système de hiérarchie très clairement défini. C’est pourquoi ils ont du mal à faire passer la découverte d’outils aux futures générations : ils ne voient pas assez d’adultes au cours de leur vie pour que les technologies perdurent. » 

Tout cela est appuyé par des observations concrètes sur les groupes étudiés : dans les tribus de chasseurs-cueilleurs des Philippines, par exemple, les femmes sont impliquées dans la chasse et dans la récolte du miel. Et même si il y a tout de même une division et une répartition des tâches en fonction des sexes, on remarque qu’au final les hommes et les femmes contribuent à part égale, en termes de quantité et de calories, aux différentes ressources alimentaires rapportées au camp. Dans les groupes étudiés, la monogamie est la norme et les hommes sont autant actifs que les femmes dans l’éducation et les soins apportés aux enfants.

source : http://www.demotivateur.fr/

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Le coup de Jarnac

Posté par francesca7 le 11 juin 2015

Duel Jarnac - la chataigneraie

Guy Chabot, baron de Jarnac, beau-frère d’Anne de Pisseleu, duchesse d’Étampes, aimait étaler un luxe et une magnificence que tout le monde devinait au-dessus de ses moyens. Un jour, le futur Henri II lui demanda d’où lui venait tout cet argent. Guy Chabot lui répondit que sa belle-mère l’entretenait. L’entretenait ? Henri s’en gausse et va répétant que Jarnac couche avec sa belle-mère ! Jarnac se fâche, mais ne peut régler l’affaire en duel, car Henri le dauphin de France n’est pas autorisé à se battre avec un simple gentilhomme.

Henri désigne alors un remplaçant : le seigneur de La Châteigneraie. Mais La Châteigneraie est robuste, quasiment invincible. Jarnac est fluet, mince, fragile. François Ier refuse que le duel ait lieu. Aussitôt que son père meurt, Henri II autorise le combat qui doit écraser Jarnac ! La cour est réunie pour le spectacle le 10 juillet 1547 en forêt de Saint-Germain. Jarnac a eu le temps de prendre des leçons de maniement des armes auprès d’un maître italien qui lui a enseigné une botte secrète. Le combat commence.

On n’a d’yeux que pour le puissant La Châteigneraie, on a pitié du chétif Jarnac ! Soudain, la foule des spectateurs n’est plus qu’un cri : Jarnac ! Jarnac vient de porter sa botte secrète, son fameux coup, le coup de Jarnac, celui qui surprend, un coup imprévu, mais parfaitement loyal : il a coupé le jarret gauche de La Châteigneraie qui s’effondre, perdant son sang en abondance. On l’emporte pour le soigner, mais le vaincu refuse qu’on arrête son sang, il ne peut survivre à cette défaite, il meurt dans la nuit. Alors, le coup de Jarnac ? De l’imprévu, mais rien de déloyal. De quoi corriger peut-être ce que vous croyiez jusqu’à présent…

 

 

Le coup de Jarnac dans AUX SIECLES DERNIERS 220px-Guy_Chabot%2C_Baron_de_Jarnac_by_L%C3%A9onard_LimousinEn 1547, à l’avènement d’Henri II, Chabot renouvelle sa demande, qui est alors accueillie favorablement. Mais la réputation de La Châtaigneraie en tant qu’escrimeur était telle que Chabot prend dans l’intervalle des leçons avec un spadassin italien, qui lui enseigne un coup de revers inconnu jusque-là. Jarnac n’est donc pas l’inventeur du coup qui porte son nom. Selon le neveu de François de Vivonne, ce maître d’escrime conseille également à Chabot, qui avait le choix des armes, d’imposer un équipement qui allait gêner les mouvements de son adversaire.

Le duel a lieu le 10 juillet 1547, dans un champ clos de bataille dans le pré au-devant du château. Aux deux bouts du champ, on construisit deux loges en bois ou chacun des deux combattants se tint après avoir reçu une épée, un poignard et après avoir choisi chacun leurs parrains et leurs écuyers. 

Celui-ci annonça cette proclamation : « De par le Roi, laissez aller les vaillants combattants et, sous peine de la vie qu’il soit fait aucun signe de la main, du pied, de l’œil, de la voix ou en toussant, ni autre faveurs de l’un et de l’autre ».

« Cette proclamation terminée, la Châtaigneraie, comme agresseur, sorti le premier de sa loge, Jarnac sorti ensuite de la sienne, l’un et l’autre s’avancèrent d’un pas égal et assuré. D’abord, ils se portèrent plusieurs coups sans se toucher, cependant la Châtaigneraie ayant porté la jambe droite un peu trop en avant, Jarnac lui atteignit le jarret, et l’ayant terrassé d’un coup qu’il lui donna, il le tenait sous lui en se tournant vers le Roi, pour demander s’il n’aurait pas assez satisfait à son honneur, appela aussitot messire Anne de Montmorency, pour prendre son avis. Mais pendant leur discours, la Châtaigneraie ayant fait quelques efforts pour se remettre sur ses pieds, Jarnac le désarma et allait le tuer, si le Roi, pour faire cesser le combat, n’eut jeté son bâton dans le champ en signe de hola. Jarnac fut déclaré vainqueur aux applaudissements de toute l’assemblée. Son adversaire fut emporté grièvement blessé et mourut quelque temps après, tant de sa blessure que de la douleur d’avoir été vaincu en présence du Roi ».

Un coup de Jarnac est un coup violent, habile et imprévu. Il a pris une connotation de coup déloyal ou pernicieux, qui n’existait pas à l’origine. Dans son sens premier et d’escrime, il s’agit d’un coup à l’arrière du genou ou de la cuisse, rendu célèbre par Guy Chabot de Jarnac, qui le porte lors d’un duel en 1547.

 

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La jacquerie cannibale

Posté par francesca7 le 7 juin 2015

 

La jacquerie, révolte des paysans, a un aspect beaucoup moins misérabiliste qu’on a pu le croire.

Ceux qui la composent désirent avant tout travailler en paix. Ils reprochent aux seigneurs de ne pas la leur garantir, car ils sont régulièrement victimes des bandes d’Anglais et des Navarrais qui entourent Paris et tiennent des forteresses où ils se réfugient. Les paysans sont aussi victimes des troupes du dauphin Charles qui cherchent à reconquérir ces forteresses.

 Et puis il a fallu payer l’équipement des chevaliers et des soldats de Poitiers, si honteusement battus. Il faut maintenant payer la rançon de Jean Le Bon qui se dore la pilule à Londres !

De tout cela, Jacques Bonhomme, le nom qu’on donne au paysan, n’est pas content. Et il le fait savoir avec, parfois, une cruauté qui dépasse l’imagination. La chronique de l’époque rapporte qu’ayant investi un château et tué le seigneur du lieu, les jacques le dépècent, le mettent à la broche et obligent sa femme à goûter leur rôti !

 Jacques_Bonhomme

En réalité, derrière l’expression « Jacques Bonhomme », les sources de l’époque désignent effectivement l’ensemble des révoltés de la Grande Jacquerie. Elle vient de l’ancien français « jacques », qui désigne les paysans, par synecdoque, du fait du port d’une veste courte du même nom, la « jacque ». La chronique de Jean de Venette précise que ce sobriquet de « Jacques Bonhomme » fut attribué par les nobles aux paysans, pour les tourner en ridicule.

Jacques Bonhomme est le nom attribué par Jean Froissart à Guillaume Caillet ou Callet. On trouve aussi Guillaume Carle, Cale ou Karle.

Guillaume est vraisemblablement né dans le village de Mello dans le Beauvaisis. Son nom est attesté par les lettres de rémissions produites par l’autorité royale à l’issue de la révolte. Les chroniques et cartulaires de l’époque le décrivent comme un homme d’un certain charisme, « un homme bien sachant et bien parlant, de belle figure et forme ».

En mai 1358, les paysans révoltés, les Jacques, le prirent pour chef et le nommèrent « roi » ou « capitaine souverain du plat pays » ; il refusa tout d’abord le commandement mais, menacé de mort, s’inclina. Il était accompagné d’un membre de l’ordre des Hospitaliers et d’un certain Jacques Bernier de Montataire.

Il essaya en vain d’établir un front commun avec les Parisiens regroupés derrière Étienne Marcel. Attiré dans le camp nobiliaire par ruse, il fut capturé par Charles le Mauvais, qui le fit mourir en le couronnant d’un trépied de fer rougi au feu. D’autres sources avancent qu’il fut par la suite décapité sur la place de grève de Clermont-en-Beauvaisis.

La Grande Jacquerie :

éclate à la fin du mois de mai 1358, peut-être le 28, à la frontière entre l’Île-de-France et le Clermontois et plus particulièrement dans un petit village appelé Saint-Leu-d’Esserent.

Les origines immédiates de cette révolte sont mal connues mais semblent résulter d’échauffourées entre nobles et paysans ou d’une résistance victorieuse d’un groupe de paysans contre des nobles locaux. De façon plus générale, cette révolte s’inscrit dans le contexte difficile de la guerre de Cent Ans, assombri depuis 1348 par la Grande peste. La noblesse, après les défaites de Crécy en 1346 et de Poitiers en 1356, est déconsidérée. Lesgrandes compagnies, lorsqu’elles ne guerroient pas pour l’un ou l’autre des partis, rançonnent le pays. Au-delà, la pression fiscale, due au versement de la rançon du roi, la mévente des productions agricoles placent les paysans dans une situation intolérable. Étienne Marcel entretient sciemment l’agitation à son profit.

Quelle que puisse être l’étincelle qui déclenche la révolte, celle-ci est tout de suite décrite avec horreur sous le terme d’« effrois » et enflamme, de proche en proche, la moitié nord du pays. Les chroniques du temps dressent un catalogue des violences antinobiliaires qui se déchaînent alors sur le pays.

Ainsi, le chroniqueur Jean Froissart, dépeint, sous le terme de cruautés des « Jacques Bonhommes », un tableau pour le moins sinistre des méfaits de ceux qu’il qualifie de « chiens enragés ». Ce récit est ponctué de faits qui veulent souligner l’animalité des émeutiers :

« Ils déclarèrent que tous les nobles du royaume de France, chevaliers et écuyers, haïssaient et trahissaient le royaume, et que cela serait grands biens que tous les détruisent. […] Lors se recueillirent et s’en allèrent sans autre conseil et sans nulle armure, seulement armés des bâtons ferrés et de couteaux, en premier à la maison d’un chevalier qui près de là demeurait. Si brisèrent la maison et tuèrent le chevalier, la dame et les enfants, petits et grands, et brûlèrent la maison. […] Ils tuèrent un chevalier et boutèrent en un hâtier et le tournèrent au feu, et le rôtirent devant la dame et ses enfants. »

Quel que soit l’effroi des contemporains, d’autres chroniqueurs se montrent moins éloquents sur ses atrocités et l’on peut s’interroger sur la véracité des informations fournies par Froissart, qui semble offrir une version pro-noblesse des événements. Ainsi, Pierre Louvet, dans son « Histoire du Beauvoisis »’, rappelle que « la guerre appelée la Jacquerie du Beauvoisis qui se faisait contre la noblesse du temps du roi Jean, et en son absence, arriva par le mauvais traitement que le peuple recevait de la noblesse » et le cartulaire d’une abbaye de Beauvais souligne que « la sédition cruelle et douloureuse entre le populaire contre les nobles s’éleva aussitôt. »

La jacquerie cannibale dans AUX SIECLES DERNIERS 220px-Jacquerie_meauxL’issue de la révolte, une forme de contre jacquerie, fut marquée par une grande violence qui marqua autant les contemporains que celle commise par les paysans. Après avoir exterminé bon nombre de révoltés, le comte de Foix et le captal de Buch, Jean de Grailly, assiégèrent la ville de Meaux dont quelques quartiers furent incendiés. De son côté, Charles le Mauvais participa à la répression et, le 9 juin lors du carnage de Mello, mit fin à la révolte à grands renforts d’atrocités. Le chef des révoltés, Guillaume Carle, ayant reçu l’assurance d’une trêve et d’une rémission, fut entraîné par traîtrise dans le camp des nobles où il fut supplicié et décapité. Cependant, par la suite, une certaine clémence royale se manifesta envers les principaux meneurs.

Les interprétations de cette révolte sont nombreuses et, au-delà de son caractère circonstanciel, elle peut être rattachée à nombre des révoltes et des émotions paysannes médiévales.

Elle a ainsi pu être comparée à la révolte anglaise de 1381, dite Révolte des travailleurs d’Angleterre, à l’insurrection des remensas en Catalogne, au mouvement taborite en Bohême ou encore au mouvement hussite. Dans une certaine mesure, la révolte de 1358 fait le lien entre les révoltes paysannes du Moyen Âge central et les mouvements messianiques de l’époque moderne.

Les historiens débattent de son caractère de lutte des classes et, étant donné la présence d’éléments nobles au sein du camp des Jacques, s’interrogent sur l’homogénéité du mouvement. Enfin, au-delà d’un refus de la pression fiscale, la révolte de 1358 peut se lire comme l’expression d’une revendication à la dignité de la part des masses paysannes. La Jacquerie devait profondément marquer les esprits et son nom a été retenu pour désigner toute révolte paysanne.

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Paresseux, les rois fainéants

Posté par francesca7 le 5 juin 2015

téléchargement (2) On a mis sous le nez studieux de générations d’écoliers l’illustration suivante : des boeufs tirent des charrettes vaguement tapissées d’étoffes précieuses où se trouvent allongés un roi gras et barbu accompagné de sa suite.

Ce roi illustre l’image même de la fainéantise la plus obscène, la plus indigne pour qui dirige un peuple. Et voilà, précise en général la légende, qui étaient ceux qu’on appelle les rois fainéants, des rois mérovingiens médiocres et inutiles ! Faux !

Jamais les rois fainéants n’ont existé ! Poursuivant leur projet de s’installer au pouvoir, les maires du palais ont pris le soin d’éviter aux jeunes rois mérovingiens le contact avec tous ceux qui pourraient leur apprendre leur métier. Ils les ont relégué dans quelque abbaye, dans quelque monastère d’où ils ont été sortis pour maintenir une image de la royauté à laquelle tenait le peuple. Mais de pouvoir, point, puisqu’il leur était confisqué !

 Ces rois étaient la plupart du temps des enfants ou des adolescents. Ils se déplaçaient de palais en palais, selon la coutume de l’époque. Et pour se déplacer, il n’y avait pas de limousine, mais des chars à boeufs.

Alors, évidemment, on a pu voir le roi, comme n’importe qui d’autre, emprunter ce moyen de locomotion. De là à le déclarer fainéant parce qu’il se fait promener en char, il y a un pas que n’hésite pas à franchir Eginhard, le biographe de Charlemagne, qui voulait ainsi valoriser son maître bienaimé, et justifier par tous les moyens le remplacement des Mérovingiens par les Carolingiens.

L’appellation de « rois fainéants » a été attribuée, après coup, aux rois francs mérovingiens, succédant, à partir de 639, à Dagobert Ier. Cette appellation a été forgée par Eginhard, biographe de Charlemagne, dans sa Vita Karoli (Vie de Charlemagne), écrite au ixe siècle. Il légitimait ainsi la prise de pouvoir carolingienne, car, dit-il, les Mérovingiens « n’avaient plus de roi que le nom ».

 

Cette fin de dynastie, marquée par des règnes parfois brefs de souverains souvent très jeunes, en conséquence des nombreuses querelles de succession selon certains (mais surtout à cause de la fragilité de leur vie), amena une période d’instabilité politique où le pouvoir fut usurpé par l’aristocratie, en particulier par les maires de Palais, dont notamment Charles Martel et Pépin le Bref.

Le premier roi appelé par la suite fainéant fut Thierry III (673-691), qui se laissa gouverner d’abord par Ébroïn puis par Pépin de Herstal (son père Clovis II et son frère aîné Clotaire III ont bénéficié de reines fortes et de maires du palais respectueux de l’autorité mérovingienne, et son autre frère Childéric II s’était montré particulièrement caractériel). Les suivants furent Clovis III, Childebert III, Dagobert II, Chilpéric II, Thierry IV et enfin Childéric III.

L’époque des rois fainéants s’étira donc du début du règne de Thierry III à la fin de celui de Childéric III, de 673 à 751.

Pépin le Bref fut le dernier maire du palais. Il écarta Childéric III du trône et devint roi des Francs en 751, fondant ainsi la dynastie des Carolingiens. Son fils Charles, futur Charlemagne, engagea un brillant et rapide renouveau du royaume franc, ce qui fit paraître par contraste la fin de règne des Mérovingiens comme une période trouble de l’histoire de France. Les carolingiens ont utilisé les chroniqueurs de l’époque pour leur donner une imagé négative; la nouvelle dynastie avait besoin de se montrer crédible pour conserver son pouvoir.

L’imagerie populaire, en particulier les républicains de l’époque de Jules Ferry, ont perpétué et accentué à travers l’école publique la perception négative de ces rois, se déplaçant dans de lourds chariots bâchés tirés par des bœufs, confortablement allongés sur des coussins moelleux.

On a aussi surnommé le Fainéant Louis V, le dernier des rois carolingiens en France (986-987), juste pour la durée de son règne (1 an seulement) alors qu’il se montrait plutôt offensif.

 ROIS FENEANTS

 

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L’IDEE DE CREATION DES CIMETIERES

Posté par francesca7 le 27 mai 2015

 

800px-Tombe_anthropomorpheDans l’Antiquité, les vivants ne doivent pas côtoyer les morts. Aussi, en Gaule romaine, les cimetières sont-ils situés à l’extérieur des villes.

Avec la christianisation, deux faits majeurs vont rapprocher les vivants des morts. D’une part, les premiers chrétiens prennent l’habitude de se faire enterrer dans des basiliques funéraires construites à la périphérie immédiate des villes pour abriter les restes d’un martyr (enterrement ad sanctos), espérant ainsi la protection du saint ; progressivement, ces faubourgs s’urbanisent. D’autre part, avec la multiplication des paroisses, à partir du VIIIe siècle, les nécropoles rustiques dites « en plein champ », situées loin de l’habitat, sont abandonnées au profit de nouveaux cimetières installés au cœur du village.

Durant le haut Moyen Âge, le cimetière est un champ ouvert autour de l’église, sans délimitation ni architecture particulières, puis, à partir duXIIe siècle, il est clos par des murs et une croix est placée en son centre. Les personnages les plus importants se font enterrer dans l’église ; les autres cherchent à l’être le plus près possible du lieu de culte et sont inhumés parfois sous les gouttières (sub stillicidio), afin de bénéficier du bienfait des eaux lustrales qui ont coulé du toit. À partir de l’époque carolingienne, le cimetière devient un lieu consacré et certains individus en sont exclus : juifs, excommuniés, hérétiques, suicidés, enfants morts sans baptême. Le cimetière médiéval est aussi un lieu d’asile et de paix où l’on peut chercher refuge. Il est également un lieu public autour duquel la vie s’organise : promenades, réunions, commerce, justice… prostitution. On sait, par exemple, que, en 1231, le concile de Rouen défend de danser en ces lieux et que, en 1274, le concile de Lyon s’oppose au « commerce des choses vénales sous le portique de l’église ou dans le cimetière… ».

 

Au siècle des Lumières, on s’indigne de cette promiscuité entre vivants et morts et on prend peur des odeurs pestilentielles. Les morts partent en exil : les sépultures sont remisées aux portes des cités. Le 10 mars 1776, une déclaration royale (imitée dans toute l’Europe) interdit définitivement la sépulture dans l’église et impose donc l’inhumation des morts dans les cimetières. De 1780 à 1782, les grands cimetières parisiens (Les Innocents, Saint-Sulpice, etc.) sont fermés et c’est ainsi que naissent ceux du Montparnasse, de Montmartre et du Père-Lachaise (1804). La loi du 23 prairial an XII (12 juin 1804), complétée par l’ordonnance du 6 décembre 1843, impose, pour des raisons de salubrité, que le cimetière se trouve « hors l’enceinte des villes et des faubourgs ». À partir de cette époque, le cimetière n’est plus religieux mais laïque, placé sous l’autorité de la commune. Désormais, tout le monde peut y être enterré. Aujourd’hui, le manque de place dans les grandes agglomérations et la déchristianisation provoquent d’autres changements. Dans les banlieues se créent de nouveaux cimetières dans les quelques espaces encore libres : cimetières-parcs, comme celui de Clamart, réalisé par l’architecte Robert Auzelle ; enfeus (cimetière de Montfort-l’Amaury) ; ensemble de niches superposées où l’on aligne les cercueils ; construction de tours-cimetières (Marseille et Nantes) ; columbariums (la crémation est autorisée en France depuis 1887 et par l’Église catholique depuis 1964).

Quelles que soient sa forme et sa place, le cimetière reste un lieu de mémoire, un espace des morts pour le pèlerinage périodique des vivants.

 L’IDEE DE CREATION DES CIMETIERES dans AUX SIECLES DERNIERS 200px-JapaneseGraveyardTokyo

Aujourd’hui, En Europe occidentale, Les municipalités passent souvent des contrats avec des entreprises de pompes funèbres, d’où une standardisation de la pierre tombale et du caveau funéraire proposés dans des « catalogues », à l’exception des sépultures des morts les plus fortunés dont l’art funéraire peut prendre une originalité et une grande ampleur. La multiplication des crémations a rendu de plus en plus fréquents les murs funéraires à urnes ou les jardins du souvenir.

Dans les pays occidentaux, depuis le début du xixe siècle, les cimetières sont divisés en concessions cadastrées (organisation en divisions, carrés et rangées, ordonnancement caractéristique de la Révolution industrielle) auxquelles on accède par des allées. Chacune est louée ou vendue à une personne ou à une famille, qui peut y construire une tombe ou un caveau. Une concession dite « à perpétuité » pouvait être donnée ou vendue à une famille, mais la perpétuité devient rare en raison du manque de place dans et autour des villes.

Certains cimetières donnent l’impression de reproduire la ville avec ses quartiers riches et ses quartiers pauvres. Dans certains pays, les familles dépensent des sommes considérables pour construire des tombes en forme de maisons, construites avec plus de soins que les vraies, par exemple à Madagascar. Les fosses communes, longtemps le lot des morts sans famille et des indigents, sont maintenant réservées aux personnes non identifiées tuées lors de catastrophes ou d’épidémies importantes.

Selon les cultures et les époques, les cimetières, comme les tombes d’ailleurs, sont plus ou moins monumentalisés et sacralisés. Le culte catholique est caractérisé par des tombes de pierre, imposantes et ornées de symboles parfois complexes. La fin du xxe siècle en France et dans plusieurs pays européens a découragé l’expression de la nature dans les cimetières : pierres de marbre, caveaux de béton fabriqués artisanalement, puis industriellement sont alignés entre allées de schistes ou de graviers souvent chimiquement désherbées. Dans les pays de tradition catholique, le jour des Morts est la Commémoration des fidèles défunts et est marqué le 2 novembre. Ce jour-là — ou la veille, la Toussaint — on dépose sur les tombes des fleurs en plastique, en céramique ou peintes sur des émaux ou des fleurs naturelles.

Parfois cependant la nature est présente. Ainsi, les haies et arbustes taillés au cordeau, les gazons très entretenus caractérisent les cimetières militaires. À Paris, le cimetière du Père-Lachaise est plus visité que des jardins authentiques. Dans certaines régions, l’if(plante symbolique de l’immortalité) ou le lilas commun (plante importante pour les gitans) sont présents dans le cimetière. Certains cimetières sont presque complètement recouverts d’herbe, comme dans les pays anglo-saxons, où les allées et les tombes sont plantées de gazon dont n’émergent que des stèles ou des croix verticales. Cette formule est adoptée par les cimetières musulmans en Europe du Nord, en Europe de l’Est ou en d’autres pays. Certaines communes entretiennent une flore favorable aux papillons et aux oiseaux afin qu’ils égayent le lieu.

En France, les cimetières sont devenus des propriétés communales où tous les habitants, tous les inscrits sur les listes electorales ou toutes les personnes décédées sur la commune ont le droit d’être inhumés. Les communes accordent en outre des concessions de durées variables pour qu’un demandeur puisse y établir une sépulture individuelle ou familiale. Il ne lui est pas permis d’y établir des zones confessionnelles. Les différentes confessions des défunts peuvent être manifestées par des cérémonies et des rites, et, sur les tombes par des symboles ou des inscriptions religieuses, philosophiques ou politiques. Les communes aménagent cependant souvent des espaces dits « carrés musulmans », regroupant les tombes des défunts qui suivent les rites d’inhumation musulmans. L’inhumation fait l’objet en France d’une réglementation très précise. Dans le cadre des pouvoirs de police du maire, en matière de salubrité publique, les agents de la police municipale sont chargés de la surveillance des opérations funéraires (exhumations, transports de corps).

800px-Cimeti%C3%A8re_Arlon_juif_03 dans AUX SIECLES DERNIERSDe nos jours, et sous la pression foncière, on cherche à récupérer l’espace utilisé en centre-ville par certains cimetières, et à déplacer vers l’extérieur des villes ces lieux de recueillement et de souvenir. D’autres pratiques funéraires comme la crémation se présentent comme permettant de réduire l’emprise au sol (sur 10 m2 on loge 4 à 6 cercueils, contre 200 urnes), mais en termes d’empreinte écologique le bilan de la crémation peut être réévalué.

Le cimetière peut poser des problèmes sanitaires et environnementaux.

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