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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    « Un monument restauré traduit les connaissances, les ambitions, les goûts, non seulement du maître d’oeuvre mais aussi du maître d’ouvrage : c’est le vrai révélateur de l’appréhension des édifices par une génération donnée, qui leur permet de reconnaître pour sien un édifice centenaire. » citation de Françoise Bercé.

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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

  • a bientot

les Généraux d’Empire en Bourgogne

Posté par francesca7 le 14 novembre 2013

 

 images (15)

Des jeunes hommes de tous les villages participèrent aux guerres de la Révolution et de l’Empire. La Révolution apporta la conscription obligatoire et le pays vit partir ses enfants pur des guerres lointaines dont très peu devaient revenir : l’armée du Rhin, Austerlitz, campagne de Russie, Waterloo, etc… En 1814, les Cosaques occupèrent notre région de Bourgogne et terrorisèrent les populations de nos villages. Durant les guerres du 19ème siècle, de nombreux jeunes furent incorporés dans des bataillons qui combattirent en Espagne, en Afrique, en Crimée. En France, en 1870-1871, les Prussiens séjourneront dans nos villages après la défaite de l’armée Française. 

Bonaparte, Premier Consul, est passé par Maison-Neuve, à deux reprises au cours de l’année 1800. En 1805, quatre mois après avoir été sacré empereur, Napoléon 1er retraversait Précy sous Thil pour se rendre à Milan, en compagnie de l’Impératrice Joséphine. Le Pape Pie VII dont la suite était composée de cent vingt personnes réparties en trente voitures, le suivait à quatre jours d’intervalle. 

 Le 21 ventôse an XIII (11 mars 1805)le sous-préfet de Semur en Auxois adresse la lettre suivante au maire de Précy sous Thil, Lazare Chevalier.

 « Je vous préviens que Sa Majesté Impériale doit incessamment traverser cet arrondissement en suivant la route de Troyes à Autun passant par Châtillon, Montbard, Semur et Saulieu. 

Vous connaissez les honneurs qui doivent être rendus à Sa Majesté lorsqu’il passe sur le territoire d’une commune. Ce qui est prescrit à cet égard se trouve clairement expliqué par le décret du 24 messidor dernier. (Titre III, Secton2. Bulletin des lois n°10). Aussi est-ce bien moins pour vous en rappeler les dispositions que je vous écrits que pour vous engager à prendre dès à présent toutes les mesures pour que Sa Majesté Impériale soit le témoin de l’amour qu’ont pour son auguste personne tous les Français, et particulièrement vos concitoyens. Faites-leur connaître au plus tôt le bonheur dont ils vont jouir. Retracez-leur les devoirs qu’ils ont à remplir en cette circonstance et ne les privez pas par l’ignorance où vous les laisseriez de l’avantage de manifester leur dévouement et leur reconnaissance pour le héros qui veille sans cesse à leur prospérité. 

Que les maires, les adjoints accompagnés du Conseil Municipal et d’un détachement de la Garde Nationale attendent l’Empereur sur la limite de leurs municipalités ; que le ministre du culte, si l’église est sur la route de S.M se trouve sur la porte en habits sacerdotaux avec son clergé. 

Que les cloques sonnent à son entrée sur la commune ; que toutes les familles se trouvent sur le passage de Sa Majesté ; que les cœurs se livrent à la joie en le voyant ; que les acclamations publiques soient la preuve non équivoque de leur satisfaction et de leur allégresse. Vous serez sans doute prévenu d ‘une manière certaine du jour du passage de l’Empereur ; mais s’il en était autrement, je compte assez sur votre zèle pour être persuadé que vous ne négligerez rien pour être instruit de ce moment et pour en avertir vos voisins. 

Lors que le sentiment, bien plus que le devoir, nous dirige, il faut pour peu lui prescrire et s’en rapporter à lui. 

J’ai l’honneur de vous saluer.

Signé N.Bethé ».

 

Lazare Chevalier, maire de Précy sous Thil, prépare l’événement par ces lettres :

-          Le 6 germinal (26 mars), aux laboureurs, propriétaires de chevaux :

« Messieurs,

En exécution des ordres que je viens de recevoir à l’instant, vous êtes requis au nom du Gouvernement de tenir prêts pour le 17 courant, dix sept chevaux, dont douze de trait, garnis de harnais, tels que bricoles et récolements de berline et cinq bidets pur le passage de l’Empereur et S.S. Pie VII. Ces chevaux ne seront employés que comme chevaux de remplacement et seront mis à la disposition de M. Ronneau, inspecteur du relais qui aura lieu à la Maison Neuve et seront payés à raison de trois francs par jour et par cheval et pendant les jours de service seulement ».

 

-          Le 20 germinal (9 avril) au commandant de la Garde nationale du canton de Précy sous Thil :

« Monsieur,

En exécution des ordres que je viens de recevoir et que je vous transmets, je vous invite à commander un détachement de la Garde nationale du canton de Précy pour se trouver à la Maison-Neuve le 16 germinal dans la matinée, afin de rendre les honneurs à S.M l’Empereur qui doit passer. Je ne vous prescrits pas le nombre d’hommes que vous devrez commander, mais je m’en rapporte à votre prudence, persuadé que vous commanderez en personne et que vous sortirez le drapeau.

 

J’ai l’honneur de vous saluer.

                                                               Signé L. Chevalier »

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NOS GENERAUX D’EMPIRE

Etienne-Marie-Antoine Champion, comte de Nansouty (1768-1815) est un descendant des seigneurs de Nans sous Thil. Cet homme remarquable a servi tous les régimes mais avant tout, son pays : la France.

 Malgré sa noble naissance, notre officier défend vaillamment la République à la tête de ses unités de cavalerie dans l’armée du Rhin, en 1792 et 1793. 

De la même génération que Bonaparte, il prend une part décisive à toutes les grandes batailles de Napoléon 1er. Sa bravoure et son habileté lui ont valu tous les honneurs de l’Empire. Il ne craint pas non plus de s’opposer à l’Empereur ; a la bataille de Craonne (1814), soucieux de la vie de ses hommes, le général refuse de lancer une attaque qu’il considère comme suicidaire. Napoléon, interloqué, lui demande le motif de cet ordre intempestif. Nansouty lui répond :

« J’y vais seul, il n’y a qu’à mourir et je ne ferai pas tuer inutilement mes soldats ! » 

Sébastien Etienne Heudelet (1770-1857) né à Dijon, est d’origine modeste. En 1792, il s’engage comme volontaire et simple soldat dans l’armée du Rhin. De là, son intelligence et son courage lui valent d’être élu lieutenant par ses camarades. Il gravit ensuite tous les échelons de la hiérarchie militaire jusqu’au grade de général de division (1805). 

Comme Nansouty, après avoir sauvé la république, Heudelet s’illustre sur les mêmes champs de batailles de l’Empire. En 1808, nos généraux reçoivent le titre de compte de la nouvelle noblesse impériale. Leurs noms sont gravés sous l’Arc de triomphe, à Paris. 

Etienne Hudelet est aussi un personnage éminent de notre histoire locale. En 1710, il rachète à Gaspard Monge le domaine de Bierre les Semur dont il avait eu un véritable coup de foudre, en le visitant quelques années plus tôt avec son épouse Marie-Thérèse. Le couple, surnommé « les amoureux de Bierre » s’attelle à une tâche immense car le château a subi les outrages du temps et des révolutionnaires depuis la mort de Marc-Antoine II, en 1795. 

Nouveaux propriétaires terriens, sans fortune, les Heudelet remettent en état leur bien avec astuce, courage et obstination. Ils transforment les fermes «  d’opérette » que sont le Hameau et Prélée en exploitations agricoles prospères. Nombre d’innovations sont mises en œuvre car le domaine doit être autosuffisant. 

Pendant près de vingt années, Etienne Heudelet représente le canton de Précy sous Thil au conseil général de la Côte d’Or. 

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La part des Impôts en Bourgogne à la Révolution

Posté par francesca7 le 14 novembre 2013

 

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Sous l’Ancien Régime, de lourdes charges pesaient sur le paysan qui (selon Turgot) se voyait prendre, pour 100 F de revenu, 75 F environ par le roi, le curé et le seigneur, soit les ¾ du produit de son travail. Même les petits nobles et le bas clergé dénonçaient les souffrances publiques. 

La révolution de 1789 fut marquée dans notre région de Bourgogne par le meurtre par la foule en furie de M. Filsjean, seigneur de Sainte Colombe, près de Vitteaux (21)

 

VOICI LE CAHIER DE DOLEANCES DE PRECY SOUS THIL

« le 15 mars 1789 pour obéir aux ordres de  Sa Majesté portée sur les lettres patentes données à Versailles le 24 janvier précédent, les chefs de famille de la communauté s’assemblèrent au son de la cloche sur la place de l’église en présence de Lazare Chevalier, notaire à Précy, en vue de rédiger le cahier de doléances de la paroisse.

 

Les plaintes suivantes furent alors formulées : 

  1. L’excès de la persécution que nous éprouvons par la multiplicité des impôts ne provient que de la volonté des ministres et de leurs agents tant dans l’administration que dans la finance, sans égard aux lois du royaume, en dissipant insensiblement le produit et la peine du malheureux, qui souvent pour un retard se trouve exposé à être dépossédé de quelques halions dont ces ministres ne se serviraient pas pour le dernier de leurs valets.
  2. Que suivant les intentions du Roi manifestées dans le résultat du conseil du 27 décembre 1788, il faudrait que les ministres fussent à l’avenir responsables de l’emploi de toutes les sommes levées sur le peuple.
  3. Que tous les subsides que les Etats Généraux jugeront indispensablement nécessaires aux besoins de l’Etat, (toutes dépenses inutiles préalablement retranchées) fussent répartie également entre tous els citoyens sans distinction de privilèges, à raison seulement de leurs propriétés.
  4. Qu’à l’avenir et pour prévenir les abus qui se rencontrent trop souvent aux Etats de cette province, il faut dire aux Etats Généraux que chaque bailliage pourrait se faire représenter par des députés par lui choisis en nombre suffisant relativement à la population pour proposer et remontrer et que s’il se réunissait quelques suffrages en sa faveur, il y fut fait droit.
  5. Qu’il fut fait une réforme dans tout ce qui est abusif, principalement dans la partie des fermes qui a pour objet la revente du sel utile au peuple, et qui, chose incroyable devient l’impôt le plus considérable à raison de la multiplicité des sujets commis pour cette perception.
  6. Enfin que les corvées, sources inaltérables (lapsus pour intolérables) soient à jamais abolies et qu’à l’avenir pour en tenir lieu, il fut départi (réparti) sur les trois ordres un impôt réuni à celui des autres subsides, toujours à raison des propriétés. 

Il est ensuite ajouté : 

Nous reconnaissons d’autant plus le poids de toutes ces surcharges que notre cote part (quote-part) des impositions est très considérable à raison : 

  1. Du peu d’étendue de notre finage et de la médiocrité du terrain qui peu fertile ne laisse aux malheureux cultivateurs que les maux dont ils sont journellement accablés.
  2. Que la majeure partie des fonds sont possédés par  des forains (propriétaires non résidents) qui ne font aucune consommation de leurs revenus dans l’étendue de la communauté.
  3. Que le peu qui nous reste, devient absorbé par des charges envers le seigneur, prises sous le nom de tailles seigneuriales, droits de lodz, dîmes et tierces sur toute l’étendu du finage à raison de dix sept gerbes l’une.
  4. Enfin que la rivière appelée Le Serein traverse la majeure partie des fonds les plus précieux dudit Précy ce qui nous cahier-de-doleances_2589821-Mcause un préjudice considérable surtout dans la belle saison, où nous avons le malheur de nous vor i ravir par le moyen des crues toutes nos belles productions. 

Suivent les signatures : Leclerc de Ruffey – Fauléau, Grignard – Guichard – Delavault – Bizouard – Rigneau – Jean Gaitet – Sennequier -  Gabriel Verrier – Paul Fleurot – François Meurger – M. Laquin – Claude Melon – François Gombert – Dognion – Claude Garceau – Fournier – Héliot – Lazarre Beaupain – C. Clément – Lazare Chevalier.

 

 

 

 

 

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LES BOUCHERS du 18ème siècle

Posté par francesca7 le 1 novembre 2013

(D’après Tableau de Paris, paru en 1782)
LES BOUCHERS du 18ème siècle dans ARTISANAT FRANCAIS 12-alimenticarni_bovinetaccuino_sanitatis_casanatense_418-275x300

Les boucheries ne sont pas hors de la ville, ni dans les extrémités ; elles sont au milieu. Le sang ruisselle dans les rues, il se caille sous vos pieds, et vos souliers en sont rougis. En passant, vous êtes tout-à-coup frappé de mugissements plaintifs.

Un jeune boeuf est terrassé, et sa tête armée est liée avec des cordes contre la terre ; une lourde massue lui brise le crâne, un large couteau lui fait au gosier une plaie profonde ; son sang qui fume, coule à gros bouillons avec sa vie. Mais ses douloureux gémissements, ses muscles qui tremblent et s’agitent par de terribles convulsions, ses débattements, ses abois, les derniers efforts qu’il fait pour s’arracher à une mort inévitable, tout annonce la violence de ses angoisses et les souffrances de son agonie. Voyez son coeur à nu qui palpite affreusement, ses yeux qui deviennent obscurs et languissants. Oh, qui peut les contempler, qui peut ouïr les soupirs amers de cette créature immolée à l’homme !

Des bras ensanglantés se plongent dans ses entrailles fumantes, un soufflet gonfle l’animal expiré, et lui donne une forme hideuse ; ses membres partagés sous le couperet vont être distribués en morceaux, et l’animal est tout à la fois enseigne et marchandise. Quelquefois le boeuf, étourdi du coup et non terrassé, brise ses liens, et furieux s’échappe de l’antre du trépas ; il fuit ses bourreaux, et frappe tous ceux qu’il rencontre, comme les ministres ou les complices de sa mort ; il répand la terreur, et l’on fuit devant l’animal qui la veille était venu à la boucherie d’un pas docile et lent.

Des femmes, des enfants qui se trouvent sur son passage, sont blessés ; et les bouchers qui courent après la victime échappée, sont aussi dangereux dans leur course brutale que l’animal que guident la douleur et la rage. Ces bouchers sont des hommes dont la figure porte une empreinte féroce et sanguinaire, les bras nus, le col gonflé, l’oeil rouge, les jambes sales, le tablier ensanglanté ; un bâton noueux et massif arme leurs mains pesantes et toujours prêtes à des rixes dont elles sont avides. On les punit plus sévèrement que dans d’autres professions, pour réprimer leur férocité ; et l’expérience prouve qu’on a raison.

Le sang qu’ils répandent, semble allumer leurs visages et leurs tempéraments. Une luxure grossière et furieuse les distingue, et il y a des rues près des boucheries, d’où s’exhale une odeur cadavéreuse, où de viles prostituées, assises sur des bornes en plein midi, affichent publiquement leur débauche. Elle n’est pas attrayante : ces femelles mouchetées, fardées, objets monstrueux et dégoûtants, toujours massives et épaisses, ont le regard plus dur que celui des taureaux ; et ce sont des beautés agréables à ces hommes de sang, qui vont chercher la volupté dans les bras de ces Pasiphaé.

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L’IMPRIMERIE EN EUROPE AUX XVe ET XVIe SIÈCLES

Posté par francesca7 le 1 novembre 2013


Les premières productions typographiques

et les premiers imprimeurs.

~*~

En dehors de l’intérêt que présente cet opuscule à tous ceux qui s’intéressent aux débuts de l’imprimerie, il offre une particularité curieuse qui réside dans sa confection même.

Depuis plus de quatre siècles la composition typographique a toujours été exécutée à la main. Ce qui faisait dire souvent à ceux qui ont discouru des choses de l’imprimerie que la typographie, en ce qui concerne spécialement la composition, était restée dans les limites que lui avaient assignées Gutenberg, Fust et Schœffer.
L'IMPRIMERIE EN EUROPE AUX XVe ET XVIe SIÈCLES dans Alpes Haute Provence yriarte02
Il était réservé au XIXe siècle – et les tentatives premières qui remontent presque au début de ce siècle se sont formulées plus nettement et ont abouti à de sérieux résultats dans ces vingt dernières années de donner une formule nouvelle à la composition typographique.

Jusqu’à cette heure le progrès le plus réel qui ait été réalisé dans la composition mécanique semble dû à la Linotype (machine qui compose, espace, justifie, fond et distribue), dont l’idée première appartient à James C. Cléphane, typographe à Washington et qui a été perfectionnée à la suite d’incessantes et patientes recherches par Mergenthaler.

La Linotype, véritable merveille de mécanisme, est appelée dans un prochain avenir à prendre dans l’imprimerie la place importante que lui assignent, dans notre siècle de vapeur et d’électricité, la rapidité de travail qu’elle donne et l’économie de temps et d’argent qu’elle permet de réaliser.

L’Imprimerie en Europe aux XVe et XVIe siècles a été, sauf les premières pages, entièrement composé par la Linotype, et la composition a été exécutée par un seul ouvrier en une journée de 10 heures.

C’est l’un des premiers travaux qui aient été exécutés en France, à l’aide de la Linotype. Les imperfections matérielles qu’on pourra rencontrer dans cet ouvrage sont inséparables des premiers essais. Mais déjà les résultats s’améliorent et sont de nature à satisfaire les esprits les plus rebelles.

En publiant ces notes chronologiques, nous devions au lecteur quelques éclaircissements sur la confection matérielle du volume et dégager ce point spécial qu’un ouvrage relatant les labeurs accomplis patiemment et péniblement par la main des ancêtres typographiques, il y a quatre siècles et plus, est aujourd’hui mis à jour presque automatiquement, grâce aux combinaisons ingénieuses et multiples d’une machine à composer.

AVANT-PROPOS
Le relevé chronologique des premières productions de la typographie en Europe et des noms des imprimeurs qui, les premiers, ont exercé l’art d’imprimer depuis Gutenberg (XVe siècle) jusqu’à la fin du XVIe siècle, nous semble devoir offrir quelqu’intérêt aux érudits et aux amateurs bibliographes.

Des monographies spéciales à certains pays ont été publiées et contiennent des indications plus ou moins étendues sur les origines de l’imprimerie dans telle ou telle partie de l’Europe, dans telle ou telle ville.

Mais nous ne pensons pas qu’un travail d’ensemble présentant les noms des premiers typographes en Europe et les titres des premiers ouvrages qui virent le jour du XVe au XVIe siècle ait été publié jusqu’ici.

Nous aidant des renseignements divers empruntés aux historiens de l’imprimerie, aux bibliographes, aux manuels et catalogues les plus complets, nous avons dressé un relevé aussi précis que possible, nous attachant à la reproduction fidèle des titres des ouvrages, dans leur orthographie souvent bizarre, complétant ces indications sommaires par des notes intéressantes touchant l’histoire de l’imprimerie.

Nous souhaitons que l’aridité apparente de ce travail qui nous a demandé de patientes recherches soit excusée et que ce modeste essai soit accueilli avec une indulgente faveur.
L. D.

FRANCE
________

220px-Buchdruck-15-jahrhundert_1 dans Ariège
ABBEVILLE (Somme), 1486.

L’imprimerie est exercée dans cette ville dès cette date. Jehan Dupré, l’illustre typographe parisien qui imprimait le « Missale » de 1481 confie à un artisan d’Abbeville, Pierre Gérard, les caractères et le matériel nécessaires a l’établissement d’une imprimerie considérable. Premier livre imprimé la « Somme rurale», complétée par Jeban Boutillier.

AGDE (Hérault), 1510.

Le premier livre paru dans cette ville, « Breviarium ad usum beatissimi protomartyris Agathi Diocaesis patroni », a été imprimé par Jehan Belon, qui avait également des presses à Valence en Dauphiné, sa patrie.

AGEN (Lot-et-Garonne), 1545.

On attribue l’introduction de l’imprimerie dans cette ville et l’impression du premier ouvrage à Antoine Reboul, qui fit paraître à cette date un ouvrage du célèbre César Frégose, devenu évêque d’Agen en 1550 : « Canti XI de le Lodi de la S. Lucretia Gonzaga di Gazuolo », etc.

AIX (Bouches-du-Rhône), 1552.

Le premier livre imprimé est un « Règlement des advocats, procureurs et greffiers et des troubles de cour », etc., par François Guérin. L’imprimeur est probablement Pierre Rest, ou Roux, bien que des privilèges aient été accordés en 1539 et 1545, aux libraires d’Aix, par François Ier, et que l’imprimeur de Lyon, Antoine Vincent, ait obtenu la permission pour trois ans (1536-39) d’imprimer les Ordonnances du pays de Provence.

ALBI (Tarn), 1529.

Le premier livre imprimé à cette date dans la quatrième des cités de l’ancienne Aquitaine est : « Sensuyt la vie et légende de madame saincte Febronie, vierge et martyre ». Le présent livre faict imprimer par Pierres Rossignol, marchât et bourgioys Dalby.

ALENÇON (Orne), 1530.

Le premier livre connu, « Sommaire de toute médecine et chirurgie », par Jean Gouevrot, vicomte du Perche, sort des presses de maistre Simon du Bois. A la fin du XVIe siècle et pendant tout le XVIIIe, une famille d’un nom très connu, les Malassis, fournit de nombreux imprimeurs à Alençon.

ANGERS (Maine-et-Loire), 1476.

C’est la cinquième ville de France dans laquelle ait pénétré l’imprimerie. Le premier ouvrage imprimé est la « Rhetorica nova » de Cicéron, qui dispute la priorité au « Coustumier d’Anjou », le plus ancien Coutumier français que l’on connaisse. La « Rhétorique » porte à la fin : « Audegani per Johanem de Turre atque Morelli impressores. »

ANGOULÈME (Charente), 1491.

Tous les bibliographes font remonter à cette date l’introduction de l’imprimerie dans cette ville par la publication de cet ouvrage : « Auctores octo Continentes libros videlicet », etc. etc. Le nom de l’imprimeur est inconnu. Au XVIe siècle, il faut citer parmi les imprimeurs la famille des Minières.

Lire la suite… »

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La pierre à laver

Posté par francesca7 le 31 octobre 2013

 

                XVIIe siècle – XVIIIe siècle dans la Communes : Trégourez
Et de Bodilis

 

La pierre à laver dans AUX SIECLES DERNIERS pierre-a-laver-bodilis

Le bloc de granit gravé de rainures régulières servait autrefois à laver le linge. La pièce de vêtement était posée à plat et frottée avec une brosse et de la cendre de bois, tandis que l’eau versée avec un seau s’écoulait par les rainures.

Des dalles de ce type ont été répertoriées dans les environs de Quimper et autour de Plougastel et de Dirinon où, selon F. Kervella, on les appelle pip koue (z), la baille à lessiver. Un tonneau enfoncé, garni intérieurement d’un drap à lessiver, est posé dans la gorge circulaire. Le linge sale est disposé en couches successives saupoudrées de cendre de bois, ludu-tan, et arrosées une à une d’eau bouillante. Une fois la baille pleine, on rabat le drap à lessiver au-dessus duquel est posée une lourde pierre, d’où la nécessité d’un escabeau. L’eau de lessive, ar kloak, riche en potasse, est recherchée par les maraîchers. La pierre qui se trouve à Guernévez est percée de part en part d’un trou central ; comme elle est très large, un mât y est en effet placé afin de garder le « baillot » en équilibre. La présence de cette pierre à proximité du kanndi, la maison à buée de marchand de toile, n’est vraisemblablement pas fortuite.

 

 

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Les premières machines à laver le linge

Posté par francesca7 le 6 octobre 2013

 Les premières machines  à laver le linge dans AUX SIECLES DERNIERS telechargement1 Si la naissance de la machine à laver est difficile à dater, du moins peut-on connaître son histoire à travers ses emprunts, sa lente évolution au gré des progrès des techniques et de la chimie, de l’apparition de nouveaux tissus… 

   Elle cherche d’abord à reproduire les gestes de la laveuse. Les rainures des battoirs et des planches à laver se retrouveront sur les premières cuves en bois ou les autres tambours pour permettre le frottement du linge sur les parois. 

   La connaissance des différentes phases du blanchissage permit aux ingénieurs et industriels d’apporter des améliorations aux travaux de blanchissage. Utilisant les sciences de l’hydraulique et de la métallurgie, ils perfectionnèrent les différentes phases : lessivage – lavage – essorage. On distingue dans ses premiers objets, quatre origines : travail de la fonte, outillage agricole, travail de la chaudronnerie et de l’électricité. 

   Les recherches menées sur la machine à laver ont été initialement le fait de petites entreprises locales pour lesquels cet objets était davantage un sous-produit d’activité principale qu’une préoccupation majeure (par exemple Miele qui à l’origine produisait des barattes à beurre). 

   Les premières fabrications françaises viennent du Nord : industrie du chemin de fer, du charbon, production agricole… Cela explique la structure des machines du Nord (Speed de Calais) plutôt massive, utilisant la plupart du temps des bielles manivelles ou des manivelles à entraînement démultiplié. Ces machines s‘efforcent de reproduire les gestes de la lavandière tout en écartant ceux qui brutalisent le linge. 

   De plus les constructeurs, très souvent au fait des objets liés à l’exploitation agricole, se réfèrent à la baratte. Trois principaux types leur servent de modèle, soit dans la forme, soit dans les mécanismes : 

 - La baratte avec agitateur en bois, que la fermière remue dans un tonneau à fût évasé, donne naissance à un premier système de lavage, composé d’un baquet de bois dans lequel on plonge le linge et d’un agitateur à bout conique ou à trois branches, auquel on communique un mouvement rotatif alterné. 
 - La baratte normande à tonneau horizontal fonctionnant avec une manivelle, est sans aucun doute l’ancêtre de la machine à laver à tambour. 
 - La baratte à manivelle placée sur un engrenage ; le bac en bois et l’agitateur sont réunis en un seul appareil. Ce système typique du nord, implique l’utilisation de bielles-manivelles ou de manivelles d’entraînement démultiplié. Il permet en outre de créer un mouvement alternatif propre à éviter l’enroulement du linge et son tassement. 
    Tout commence en fait à la fin du 18ème siècle dans les campagnes sous l’impulsion des menuisiers, forgerons, tonneliers, certainement influencés par l’esprit de l’Encyclopédie. La baratte sert à battre le lait ; les femmes battent le linge. De cette correspondance naît l’idée de la baratte à linge. 

   Les solutions mécaniques performantes de l’industrie ne sont pas adoptées tout de suite : on reste longtemps à l’essoreuse à rouleaux, on respecte l’ébullition de la lessive, on bat le linge d’abord avec un agitateur, on s’ingénie à trouver des correspondances entre frottements d’un mouvement rotatif avec les frottements de la laveuse sur une planche. 
   Les Françaises recherchent au travers de l’entretien du linge la blancheur, la propreté, l’économie et le respect du trousseau. Leur attitude de méfiance face à la machine s’explique par la crainte de la déchirure, d’usure, d’une restitution insatisfaisante de la blancheur. A cela s’ajoute le poids de la tradition et les habitudes d’inconfort enracinées. 

On trouve différents types de machines jusqu’à l’adoption du tambour sur axe horizontal. Le linge est soumis à des malaxages obtenus par des dispositifs variés. En 1930 quatre types sont présentés dans l’Encyclopédie des familles. 


Les machines à barboteuses – tambour
 : 

Ces appareils comprennent en général un tambour cylindrique placé sur une cuve. Le linge baigne à l’intérieur du cylindre ; par des ouvertures pratiquées dans les parois, la lessive bouillante arrive sur le linge. Lorsque le tambour tourne, le linge est soulevé jusqu’à une certaine hauteur, d’où il retombe sur la lessive par son propre poids. Le mouvement de rotation est effectué dans les deux sens. 

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Les machines à oscillations : 
Ces laveuses sont constituées par un récipient à double fond oscillant autour d’un axe. Le linge, ainsi que la lessive, sont précipités de l’un à l’autre fond par la rotation du récipient, ce qui provoque un brassage contenu qui libère les impuretés des pièces à laver. 

Les machines à succion ou à compression : 
Le lavage est obtenu par aspiration ou par succion. Le linge est placé entre le fond d’un récipient et un plateau perforé. Le fond du récipient est fixe, tandis que le plateau perforé est mobile. Le linge est compressé entre le fond et le plateau mobile. Le linge subit ainsi un foulage qui exprime le liquide par intermittence. 

Machines à palettes ou agitateurs : 
Ces machines sont constituées par une cuve ordinaire en bois, à l’intérieur de laquelle tournent soit des palettes, soit une planchette. Ces palettes ne tournent jamais plus d’un tour dans le même sens pour éviter l’enroulement du linge. Elles reçoivent un mouvement alternatif par l’action d’un volant manivelle. A chaque changement de rotation des palettes, il se forme un courant liquide en sens inverse et le linge est traversé par la lessive savonneuse. 
 Documents source : 

- Pour une histoire de la lessive en Nivernais au XIXe siècle Guy Thuillier.Annales. Économies, Sociétés, Civilisations.1969 Vol. 24 N°2 pp.377-390 
- Le savoir faire de nos grands parents : la bue ou la grande lessive - Mémoires vivantes /bulletin18   
- Un siècle de lavage du linge 
- Jours de lessive…Les techniques de lavage 
- Histoire de la machine à laver française, musée du lave linge
- La bugée, bughée, buée ou lessive à la cendre 

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Einstein épouse sa cousine en 1919

Posté par francesca7 le 25 septembre 2013

Le 2 juin 1919.  en secondes noces après avoir abandonné sa première épouse.

On a beau admirer Albert, c’est un épouvantable machiste, qui largue Mileva et ses deux fils.  

 

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Concernant Einstein, tout est relatif. D’un côté, c’est un génie admiré par la Terre entière, de l’autre ce n’est qu’un minable mâle qui saute les minettes, abandonne sa femme et ses gosses. Super DSK… On comprend mieux maintenant pourquoi il nous tire la langue sur son célèbre portrait photographique : il se fiche de notre gueule… Le 2 juin 1919, il abandonne Mileva pour se remarier avec Elsa Löwenthal, sa double cousine avec qui il testait, probablement, déjà les lois de l’attraction universelle quand ils étaient gamins à Munich. En effet, leurs deux mères, Pauline et Fanny, sont soeurs, tandis que leurs deux pères sont cousins germains.

Il préfère bercer ses équations que ses enfants

En grandissant, Elsa et Albert se trouvent séparés. Albert rencontre Mileva Maric à l’École polytechnique de Zurich où elle étudie les mathématiques et la physique. Ils se marient en 1903 après que Mileva a accouché d’une fillette handicapée mentale, morte probablement de la scarlatine. Et dont on n’entend plus jamais parler. Fabuleusement douée pour la physique, Mileva file un coup de main à son époux pour élaborer ses théories, tout en accouchant de deux fils. Il faut bien le dire, Einstein est un mauvais mari et un mauvais père. Il préfère bercer ses équations que son épouse ou ses gosses. On lui prête même quelques maîtresses.

Vers 1912, le physicien reprend contact avec sa cousine Elsa, habitant Berlin. Elle était mariée à un certain Max Löwenthal. Que se passe-t-il entre les deux cousins ? Il serait plus facile d’expliquer la théorie de la relativité que leur relation dont on ne sait même pas si elle fait appel au théorème des corps horizontaux. En décembre 1913, il écrit à Elsa : « Chère Elsa, ce n’est pas facile d’obtenir le divorce si on ne dispose pas de preuves de la culpabilité de l’autre partie. Aussi, je traite ma femme comme une employée que je ne peux pas virer. J’ai ma propre chambre, et évite d’être seul avec elle. Mais qu’il serait merveilleux qu’un de ces jours nous puissions partager un petit foyer modeste. »

« Lamentables créatures dépendantes »

En 1914, l’Europe entre en guerre. Albert, lui, abandonne le champ de bataille familial de Zurich pour gagner Berlin et sa cousine. Il l’adore. Enfin, il adore ses petits plats et la vénération qu’elle a pour lui. Alors, pourquoi reviendrait-il au domicile conjugal ? Mais Einstein est un homme, et un homme est lâche, alors il accepte de revenir auprès de Mileva, mais à condition que celle-ci consente à ne plus être qu’une gouvernante, renonçant à toute relation intime. Une proposition que Mileva ne peut que repousser avec horreur. C’était le but recherché. La voilà définitivement seule avec deux gosses à charge. Pour obtenir le divorce, Einstein lui remet une partie de l’argent du prix Nobel. Libre, le voilà libre. Ce qui lui permet de convoler en justes noces le 2 juin 1919 avec sa double cousine. Elle le dorlote, le gave de bons petits plats appris avec Top Chef. Elle lui sert de secrétaire, de femme de ménage, de souffre-douleur, de tout, sauf peut-être d’hétaïre. Il préfère prendre son pied avec des petites poulettes fascinées par le grand savant. Une méchante rumeur insinue qu’il aurait même séduit Isle, la fille d’Elsa…

Durant cinq ans, Einstein ne revoit pas son plus jeune fils, Édouard, surdoué et schizophrène depuis l’âge de 20 ans. Par la suite, il lui rendra visite dans l’établissement où il est interné. Sa dernière visite est en 1933 à la veille de partir s’installer aux États-Unis. Après la guerre, il n’ira jamais le voir, rompant tout contact avec lui. Immense savant, minuscule père ! En Amérique, Einstein poursuit une vie familiale idyllique avec Elsa aux petits soins pour lui. Elle le soigne, le protège des importuns. Lui est heureux, continue de cueillir quelques coeurs par-ci, par-là. Pas sûr, en revanche, que la vie soit belle pour elle. Elle le possède, son génie de cousin, mais à quel prix. Elsa meurt en 1936 d’une maladie du coeur et des reins. Laissons le dernier mot à cet immense génie d’Einstein : « Nous, les hommes, sommes de lamentables créatures dépendantes. Je l’admets avec joie. Mais en comparaison de ces femmes, chacun d’entre nous est un roi. »

 

 

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Henry Ford teste sa première voiture en juin 42

Posté par francesca7 le 25 septembre 2013

4 juin 1896.  voiture construite au fond de son jardin.

À 32 ans, sachant à peine lire et écrire, Henry Ford fabrique un quadricycle avec des roues de vélo et un moteur à essence, qui deviendra l’automobile. 

 

Henry Ford teste sa première voiture en juin 42 dans ARTISANAT FRANCAIS juin-henry-ford-automobile-587578-jpg_1423063

Il est 4 heures du matin. Paresseux, le soleil se prélasse encore au lit. Deux ombres se glissent dans l’appentis d’une maison située sur Bagley Avenue, à Detroit. Elles s’affairent sur un engin bizarre perché sur quatre roues de bicyclette qu’elles poussent vers la porte. Boum, l’engin heurte le chambranle ! Les deux hommes se regardent, incrédules, ils tentent de nouveau une sortie. Nouvel échec. Décidément, la porte est trop étroite. Mais quels cons ! Voilà plusieurs mois qu’ils fabriquent leur véhicule sans avoir vérifié ses dimensions. Henry Ford, 32 ans, ne peut pas le croire, ni son ami James Bishop qui lui file un coup de main. Le futur inventeur du travail à la chaîne incapable de prévoir un détail aussi basique ! Cahuzac qui passe par là les rassure : « Tous les génies peuvent faire des erreurs idiotes. Tenez, moi, j’ai rappelé par inadvertance mon adversaire politique en avouant avoir un compte chez UBS. C’est pas tarte ? » Voilà les deux hommes obligés d’élargir l’ouverture à la hache.

Le quadricycle est enfin transporté dans la rue. Il est temps de faire le premier essai avant qu’il n’y ait trop de monde. Vêtu d’une vieille salopette, Henry Ford se penche sur l’avant de son invention où, durant quelques minutes, il manipule des leviers et un volant métallique. Une pétarade déchire soudainement le silence de la nuit. Le soleil ouvre un oeil, furieux d’être réveillé de si bon matin. Le moteur hoquette, puis se rendort. Henry continue à s’activer. Cette fois, la pétarade s’élève, plus ferme. Henry se hisse sur le siège fabriqué avec une caisse en bois recouverte d’un tissu. Il prend entre ses mains la longue tige métallique permettant de braquer les deux roues avant. Il esquisse un léger sourire à l’adresse de Bishop avant de pousser une manette. Le quadricycle s’ébroue, avance d’un centimètre, puis de dix et de cent. En voiture, Simone ! La première automobile fabriquée par Henry Ford roule !

Vitesse vertigineuse de… 8 km/h

Aussitôt, Bishop saute sur une bicyclette pour lui ouvrir le chemin. En faisant des signes de la main, il écarte les rares attelages et les passants déjà dans la rue à cette heure matinale. Après une première panne vite réparée, le quadricycle dévale la Grand River Avenue, puis parcourt plusieurs rues avant de revenir à son point de départ. Ford dispose de deux vitesses qui lui permettent de pousser des pointes jusqu’à 35 km/h, il n’a ni marche arrière ni frein, mais une sonnette de maison en guise d’avertisseur. Le moteur à essence transmet la force motrice aux roues par l’intermédiaire d’une simple chaîne de vélo. De retour à l’appentis, Henry est fier, très fier : lui, le p’tit gars de la campagne, il a su fabriquer un véhicule à essence fonctionnant à merveille ! N’allons pas lui gâcher sa journée en lui racontant que la bagnole se révélera à la fin du siècle suivant une machine infernale qui pollue, réchauffe la planète et tue les gens par millions…

La passion de la mécanique a gagné ce fils de paysan dès sa plus tendre enfance. À 15 ans, déjà en rupture avec l’école (il ne saura jamais écrire ni lire couramment), Ford construit sa première machine à vapeur. Lorsqu’il fabrique le quadricycle, Ford est déjà devenu chef ingénieur chez Edison Illuminating Company, à Detroit, où il est chargé d’assurer la maintenance des machines à vapeur pour 75 dollars par mois. Un bon salaire et pas mal de temps libre, qu’il consacre à la mise au point de moteurs à essence. Il fait fonctionner le premier le 24 décembre 1893, dans l’évier de sa femme, Clara. L’engin tourne moins d’une minute, mais c’est suffisant pour qu’il comprenne qu’il a trouvé sa vocation.

Désormais, il passe tout son temps libre dans le petit appentis qu’il a bâti au fond de son jardin. En novembre 1895, il lit dans l’American Machinist Magazine un article consacré à un véhicule actionné par un moteur à essence. Il décide d’en réaliser un à son tour. En mars 1896, il apprend alors qu’un autre ingénieur de Detroit a déjà fabriqué sa propre machine roulante avec une armature en bois, qui atteint la vitesse vertigineuse de 8 km/h. Henry souhaite faire mieux. Sa voiture sera plus légère, plus puissante et plus rapide.

« Jeune homme, vous tenez le truc ! »

Il convainc une poignée d’amis, dont Bishop, de lui donner un coup de main. Ils testent une grande variété de moteurs à essence pour trouver le plus efficace. Pour alléger le véhicule, Ford choisit d’utiliser l’acier plutôt que le bois. Le moteur qu’il fabrique est un deux-cylindres d’une puissance de quatre chevaux, refroidi par l’eau. Quelques mois après les premiers tours de roue du quadricycle, il rencontre Thomas Edison, lors d’une convention à New York, qui l’encourage : « Jeune homme, vous tenez le truc ! Votre véhicule est autonome et transporte sa propre source d’énergie. » La suite de l’histoire fait partie de la légende Ford.

En juillet 1899, il rencontre un riche marchand de bois, William H. Murphy, qu’il convainc de le financer après lui avoir fait faire un tour sur son quadricycle : 100 kilomètres en trois heures et demie. Ensemble, ils fondent, le 5 août 1899, la Detroit Automobile Company, pour fabriquer des camions de livraison. Mais, perfectionniste dans l’âme, Ford prend beaucoup de temps pour mettre au point son véhicule, au grand dam de son investisseur. Finalement, le premier camion est proposé à la vente en janvier 1900, mais il est lourd et compliqué à fabriquer. Les deux associés doivent mettre la clef sous la porte en décembre 1901, après la fabrication de seulement vingt camions. En 1903, ayant trouvé d’autres investisseurs, Ford et Murphy fondent la Henry Ford Company, qui bientôt multipliera les voitures comme Jésus les petits pains.

 

 

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Le rationnement au quotidien de 1942

Posté par francesca7 le 25 septembre 2013

 

Continuer de vivre, trouver de quoi se nourrir relevait du défi.

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« Le pain que nous mangeons en avril 1942″ : le petit mot manuscrit entoure deux tranches de pain noir soigneusement emballées dans du plastique. Aujourd’hui objet de musée (1), cette dérisoire pitance est un émouvant marqueur de quatre années de privations où le minimum vital était devenu un luxe souvent inaccessible.

Début 1944, et surtout depuis le débarquement allié en Normandie, les conditions de vie des Nantais se dégradent. Les tickets de rationnement n’ont jamais autant justifié leur nom : par mois, chaque adulte a désormais droit à 2 kilos de pommes de terre, 360 g de viande, 100 g de beurre, 2 oeufs, 10 g d’huile… Délivrés par la mairie, ces simples bouts de papier cartonné sont le sésame pour survivre. Encore faut-il avoir les moyens d’acheter comptant les denrées, parfois introuvables si on n’accepte pas de payer trois ou quatre fois le prix officiel. Les arrivages sont incertains, surtout dans le Nantes dévasté par les bombardements. Alors, on va chercher dans les campagnes voisines des produits frais. Ou on tente le marché noir.

Les enfants sont les premières victimes de ces restrictions. Et ce n’est pas l’ »innovation » de la Biscuiterie nantaise, un biscuit à la caséine baptisé Renfor, qui améliore leur situation, malgré ce qu’en dit la propagande vichyste. La Croix-Rouge distribue du lait condensé pour les bébés début août 1944 pour pallier les carences d’approvisionnement.

C’est l’art de la débrouille. Les semelles des chaussures sont de bois. Des chutes de métal issues des usines ACB ou de la SNCASO on se fait des ustensiles de cuisine. Les rouets renaissent pour filer de la laine de récupération. Une simple couverture devient un manteau. Les plus téméraires taillent des chemises dans des morceaux de parachutes récupérés.

Les nombreux cafés de la ville restent des endroits où l’on tente d’oublier. Mais les hurlements réguliers des sirènes viennent rappeler aux Nantais qu’ils ne vivent pas seulement une occupation, mais qu’ils sont au coeur de la guerre. L’inconscience collective qui les faisait regarder les avions dans le ciel s’est évanouie en septembre 1943. Désormais, ils se précipitent dans les abris de la défense passive, traumatisés par les images des 3 000 immeubles détruits, des 1 500 morts qui ont endeuillé chaque famille nantaise. Murs éventrés, gravats hâtivement entassés : les Nantais ne flânent plus rue du Calvaire ou quartier Cathédrale. Le poumon commercial où cohabitaient jadis les grands magasins (Decré, Prisunic, La Belle Jardinière, les Galeries Lafayette, le Grand Bon Marché…) est à bout de souffle. En cet été 1944, les commerçants ont trouvé refuge dans des baraquements sur les cours Saint-André et Saint-Pierre. Et Decré n’est plus qu’une échoppe aménagée avec des moyens de fortune rue de Briord, dans d’anciennes réserves épargnées.

Cet été-là, les interdictions vont se multiplier : les cafés et bars sont fermés à partir de 21 heures, avant de se voir signifier une fermeture totale début août. Les rares automobiles à essence sont interdites de circulation et celles utilisant le gazogène très réglementées dans leurs déplacements.

La consommation électrique devient problématique. Elle est exclusivement réservée aux hôpitaux, à la SNCF, aux PTT, alors que l’usage du gaz n’est possible que trois fois par jour. La désorganisation est totale, d’autant que les derniers bombardements de 1944 ont détruit l’usine des eaux de la ville.

A l’approche des troupes américaines, la ville exsangue retient son souffle. Plus de bus, plus de tram. Et ses habitants se voient interdire de quitter la ville… Le pourraient-ils vraiment alors qu’on se bat au nord et que les ponts sont minés au sud ?

Lire la suite…. 

 

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La fête des Bals populaires de nos ancêtres

Posté par francesca7 le 21 septembre 2013

 

Après que la Terreur eût cessé une fois Robespierre exécuté, la France, qui par tant de blessures avait versé son sang, respira et sourit à l’heure nouvelle : tout le monde avait soif d’oubli et de plaisir, et les bals publics connurent un engouement inouï, Paris seule en comptant 644 pendant cette période ardente et folle que furent les dernières années de la Convention et du Directoire.

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La Révolution, on le comprend sans peine, ne favorisa guère les divertissements chorégraphiques. Les bals furent même supprimés par la municipalité parisienne pendant le carnaval de l’année 1790. Cependant le peuple ne se résigna pas à y renoncer, même en pleine période de la Terreur.

Grétry, alors plus que quinquagénaire mais qui était resté un grand promeneur et un infatigable badaud, raconte dans ses Mémoires que, passant un jour sur la place de la Révolution, qui s’appelle aujourd’hui la place de la Concorde, il entendit un orchestre. Il s’approcha et aperçut des jeunes gens et des jeunes filles qui dansaient. Au même moment, un bruit sourd retentit. C’était le couperet de la guillotine qui s’abattait et tranchait une tête d’aristocrate. Les joyeux ébats des danseurs n’en furent pas troublés, mais Grétry, qui avait une âme très sensible, se retira très ému par ce dramatique contraste.

Robespierre exécuté, la Terreur cessa brusquement, et la France, qui par tant de blessures avait versé son sang, respira et sourit à l’heure nouvelle, qui était celle de la pitié. Tout le monde avait soif d’oubli et de plaisir. Ceux qui avaient vu la mort de près, et ils n’étaient que trop nombreux, ceux mêmes qui avaient perdu des parents, des amis, et ne demandaient que des occasions de se distraire, de revivre, et d’échapper à l’obsession de tant de souvenirs douloureux et importuns. On a observé, à toutes les époques, chez tous les peuples, cet état d’âme, après les plus horribles calamités. L’homme a tout prix veut être heureux, et la joie fleurit même sur les tombes.

On dansait partout : à la Modestie, rue des Filles-Saint-Thomas ; chez le citoyen Travers, rue de la Loi, aujourd’hui rue de Richelieu, n°1238 (l’entrée coûtait cinq livres par cavalier) ; chez le professeur de danse Dolat, rue de la Loi également, vis-à-vis l’arcade Colbert ; au Bal de Calypso, chez Maloisel, faubourg Montmartre, 109 et 110 ; à l’Hôtel de la Chine, rue Neuve-des-Petits-Champs. Au-dessus de la porte de l’ancien cimetière Saint-Sulpice un transparent rose portail cette enseigne : Bal des Zéphirs, et au Bal des Tilleuls, installé dans le jardin des Carmes, l’orchestre était adossé au mur de la sacristie sur les marches de laquelle on distinguait encore des traces de sang.

images-21 dans HUMEUR DES ANCETRESLa bonne société, aussi avide de plaisir que la mauvaise, se réunissait dans les vastes salons del’hôtel Longueville, où le fameux Hullin tenait le bâton de chef d’orchestre, et à l’hôtel Richelieu, rue d’Antin. Dans ce dernier bal, assez suspect au gouvernement et taxé de réactionnaire — car la danse alors avait une opinion politique et on conspirait avec les jambes — papillonnaient, minaudaient et coquetaient, muscadins et muscadines, incroyables et merveilleuses. Très assidument y venaient Mme Hamelin, que l’on avait surnommée Terpsichore, Mme Récamier, dans la fleur de sa jeunesse et de sa beauté, Mme Tallien, Joséphine de Beauharnais, future impératrice, et sa fille Hortense, qui allait être reine. Un jour ou plutôt une nuit le Comité de Salut public fit cerner cet hôtel séditieux. On s’empara d’un certain nombre de jeunes gens qui essayaient de se soustraire aux dures lois de la conscription, et, en fait de danse, on les envoya en administrer une aux Autrichiens.

Dans la rue de Provence et en face de la rue Laffitte s’élevait l’hôtel Thelusson, qui avait été bâti par un des grands architectes du dix-huitième siècle, Ledoux. Après la Terreur on y ouvrit un bal qui devait être le plus célèbre de tous et aussi le plus royaliste, le Bal des Victimes. Pour obtenir le droit d’y assister on devait avoir eu un de ses parents guillotiné, et comme c’était alors une sorte de distinction, bien des gens se l’attribuaient qu’on aurait fortement gênés en leur demandant des explications précises et des preuves incontestables.

Quoi qu’il en soit, aux bals de l’hôtel Thelusson, fréquentés par ceux qu’on nommait les cadenettes, les peignes retroussés, les oreilles de chien, il fallait, sous peine de passer pour un intrus, saluer « à la victime » en imitant le mouvement saccadé de la tête qui s’engageait dans la lunette de la guillotine, et il fallait aussi porter les cheveux coupés ras sur la nuque, comme le bourreau les coupait aux condamnés à mort.

Les classes élevées, les royalistes de la veille ou du lendemain, n’avaient pas, on le pense bien, le monopole de ce plaisir un peu fatigant qui consiste à sautiller et à tourner en cadence, sur des airs plus ou moins connus. Il existait d’innombrables bals de barrières, et on y voyait des danseurs plébéiens, qui portaient, en guise de protestation, la carmagnole bleue, le gilet blanc, le pantalon à raies rouges, le bonnet de drap bleu bordé de rouge, c’est-à-dire, avec quelque modification, l’ancien costume du jacobin, du lape-dur, mais ce costume semblait déjà démodé et archaïque, comme les idées qu’il représentait.

Donc, à cette époque de transition et d’attente qui n’était plus la Révolution et qui préparait l’Empire, tout le monde, jeunes et vieux, nobles et plébéiens, dansait. Mais que dansait-on ? De moins en moins, sauf dons quelque coin de province, lemenuet et la gavotte, qui avaient fin l’inconvénient de réduire au rôle de spectateurs la plupart de ceux qui assistaient à un bal. Cependant le maître de ballet Gardel composa, sur un air de Grétry dans l’opéra-comique de Panurge, une nouvelle gavotte, qui eut un très grand succès. Mme Hamelin et un jeune négociant de Bordeaux, Trenis, la dansaient à ravir.

Comme le menuet, la pavane et le rigaudon n’étaient plus à la mode. On les avait remplacés par la contredanse, d’origine anglaise, et passablement compliquée mais très gracieuse et pleine d’entrain et de vie, avec ses tours et retours et ses quadrilles. Elle s’exécutait à quatre ou à huit personnes. Plus animée que le menuet, elle avait sur lui l’avantage de ne pas être unduo. Vers 1797, une danse nouvelle fit ses débuts dans le monde. Venait-elle d’Allemagne, de Suisse, ou tout simplement de Provence ? Il est à peu près impossible de le savoir exactement. On est mieux renseigné sur l’époque où elle commença la conquête des Parisiens et surtout des Parisiennes.

La Correspondance des Dames ou le Journal des Modes et des Spectacles de Paris, rédigé par Lucet et publié en 1797, nous montra la valse, « dansée au bal de Mercy par une femme coiffée à l’Aspasie, avec bandelettes nacarat, et habillée d’une simple robe de mousseline, d’un spencer et d’un châle nacarat, et par un jeune homme en habit puce et pantalon de nankin ». Ce jeune homme nankin et cette femme nacarat, sont les premiers valseurs français dont l’histoire ait gardé le souvenir. Peu de temps après que la Correspondance des Dames les avait signalés l’un et l’autre, sans les nommer, à l’admiration des mondains et des mondaines, un journal de modes, plus répandu que celui de Lucet, écrivait : « Le bon genre, c’est une danse allemande dont nos Françaises raffolent. »

Et à la même époque la nouvelle danse avait son poète, « son premier poète ». Vigée la célébrait dans une pièce de vers qui a pour titre : Ma Journée, et qui est aussi curieuse que peu connue :

L’orchestre enfin soupire une molle cadence.
On attendait la valse, et la valse commence,
Ce ne sont plus ces pas, ces bonds impétueux,
La scène va changer. En marchant deux à deux,
Du parquet lentement, on mesure l’espace :
Mais déployant soudain sa souplesse et sa grâce
Au signal qu’on reçoit, qu’on donne tour à tour,
De vingt cercles pressés on décrit le contour…

Vigée, moraliste plus encore que poète, ajoute en note : « Je conçois que les mères se permettent la valse, mais je suis encore à deviner comment elles la permettent à leurs filles. »

Sous le Consulat et l’Empire, les bals publics furent moins nombreux que sous le Directoire, mais on vit sévir avec autant d’intensité ce qu’un ballet de Gardel avait appelé la Dansomanie. Dès qu’un homme, pas trop âgé, et une femme jeune encore, se trouvaient en présence l’un de l’autre, ils éprouvaient l’irrésistible besoin de sautiller ensemble, tantôt sur un pied, tantôt sur l’autre. Les orchestres surgissaient de partout. C’était une belle époque pour les cornistes, flûtistes, violonistes, etc., et elle n’était pas mauvaise non plus pour les bottiers. Un mondain usait plus d’une paire d’escarpins par semaine. II est vrai que la danse menait à tout. Ceux qui y excellaient étaient à peu près sûrs d’avoir l’appui des femmes.

La plupart des bals publics, en ce temps-là, empruntaient leurs noms à Rome ou à la Grèce. Il y avait, par exemple, le bal du Colisée, boulevard du Temple ; celui del’Athénée des Etrangers, rue Neuve-Saint-Eustache, où on n’était admis que par invitations ; celui du Cirque des Muses, rue Saint-Honoré, au 91 ; le Jardin de Paphosfréquenté principalement par les grisettes. « On entre là, dit l’auteur d’un curieux livre publié en 1801, Paris à la fin du dix-huitième siècle, on entre là, pour quinze sous par personne, et une fois entré les billets peuvent s’employer en rafraîchissements, c’est-à-dire qu’on peut boire et manger jusqu’à concurrence de quinze sous sans faire de nouvelles dépenses. »

220px-PrideandPrejudiceCH3Le Jardin du Hanovre ou des Capucines, boulevard des Capucines et rue d’Antin, appartenait à la même catégorie que le Jardin de Paphos. La danse y était le plus apprécié, mais non pas l’unique divertissement. On y admirait en 1806 la Puce savantele Sacrifice de Jephtél’Ane savantla Clémence de Napoléonle Fils dénaturéle Tigre du Bengale. Tout cela forme un singulier assemblage, mais nos ancêtres n’étaient pas difficiles. On dansait aussi au Jardin Turc, boulevard du Temple, à ce Jardin Turc où plus tard, vers 1835, le chef d’orchestre Jullien fera exécuter la célèbre valse de Rosita, connue aussi sous le nom de « valse de Jullien » avec accompagnement de coups de canon.

Aucun de ces établissements n’étalait autant de luxe que Frascali, au coin du boulevard Montmartre et de la rue Richelieu. Là, le fameux glacier Garchi avait fait installer des salons pompéiens éclairés par des statues qui portaient des candélabres. Au-dessus d’un jardin minuscule une terrasse dominait le boulevard. Ce jardin, quelque petit qu’il fût, avait une cascade et des rochers. Ces rochers étaient en bois recouvert de toile, mais ils produisaient tout de même leur effet.

Au-dessus de la porte extérieure, une lanterne, figurant un soleil, éclairait une façade bleue et rose, où des amours et des génies jouaient avec des guirlandes de fleurs. « Frascati, disait un guide de 1806, est le temple de la frivolité, et pour être à la mode il faut le visiter. » En 1812, la vogue abandonna complètement ce temple pour se porter à un établissement voisin, chez Tortoni, à qui elle devait être beaucoup plus fidèle.

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