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    Citation sur la France.
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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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LA ROSE, toute une histoire

Posté par francesca7 le 1 octobre 2015

 

« Douce, belle, amoureuse et bien-fleurante Rose,
Que tu es à bon droit aux amours consacrée !
Ta délicate odeur hommes et Dieux recrée,
Et bref, Rose, tu es belle sur toute chose. »

Pierre de Ronsard, Second Livre des Amours (1578)

 
De Ronsard à Shakespeare en passant par Verlaine… Nombre de poètes ont trouvé en la rose l’allégorie de l’amour. Vénérée par les hommes depuis l’Antiquité, la reine des fleurs sait exprimer à elle seule toutes les nuances des sentiments. Au fil de son histoire, elle s’est forgé un langage complexe. Si elle est aujourd’hui la fleur coupée la plus vendue au monde notamment à l’occasion de la Saint-Valentin, il est nécessaire de connaître ses codes afin d’envoyer à votre destinataire un message fidèle à vos émotions, et éviter les malentendus !

 Rose

Quelle couleur de roses offrir ?

Blanches, rouges, roses… quelle que soit la couleur des fleurs, un bouquet de roses fera toujours plaisir à votre destinataire. Il est toutefois conseillé de respecter quelques règles du langage des fleurs pour exprimer au mieux vos sentiments et ne pas commettre d’impair que vous pourriez regretter !

Offrir des roses rouges

Symbole : ça n’est un secret pour personne, la rose rouge est LA fleur de l’amour passionnel, de la puissance et de la profondeur des sentiments. Il faut donc la réserver à l’amour ardent et durable !
 
A qui l’offrir ? Exclusivement à l’élu(e) de votre cœur, pour témoigner de votre passion sincère et sans faille.
 
Envie de faire livrer un bouquet de roses rouges ? Découvrez CARA.
 
  

Offrir des roses blanches

Symbole : La rose blanche exprime par-dessus tout la pureté et la sincérité des sentiments, mais aussi l’amour chaste, l’attachement et la paix. Elle peut être offerte en de nombreuses circonstances, son message n’étant pas nécessairement amoureux.
A qui l’offrir ? Elle est idéale pour féliciter de jeunes mariés, ou une personne qui entame un nouveau départ. Elle peut également exprimer un amour naissant ou sincère, mais attention : son message peut être aussi « je t’apprécie mais notre relation restera platonique » ! Si vous souhaitez exprimer un sentiment du registre amoureux, agrémentez votre bouquet de quelques roses rouges : le message n’en sera que plus clair.
 
Envie de faire livrer un bouquet de roses blanches ? Découvrez ALCHIMIE.
 

Offrir des roses jaunes

Symbole : Le jaune symbolise la lumière, la chaleur et le soleil. La rose jaune est ainsi idéale pour exprimer des sentiments amicaux. Mais attention ! Dans le langage amoureux, l’offrir est beaucoup plus délicat : elle peut exprimer la trahison, l’infidélité voire la rupture, ou encore un pardon sollicité ou accordé… Gare aux malentendus donc !
A qui l’offrir ? A un ami proche en gage d’amitié, ou bien à un amoureux à qui vous souhaitez avouer une faute, demander ou accorder votre pardon… Pour éviter toute ambigüité, n’oubliez pas de joindre à votre bouquet un petit mot.
Envie de faire livrer un bouquet de roses jaunes ? Découvrez TONIC.
 

Offrir des roses orange

Symbole :La rose orange exprime le désir charnel, l’admiration et l’enthousiasme. Si vous l’offrez à quelqu’un que vous courtisez, elle adressera un message explicite.
 
A qui l’offrir ? A une personne à qui vous souhaitez faire comprendre qu’elle vous attire, ou à quelqu’un pour qui vous avez beaucoup d’admiration.
 
Envie de faire livrer un bouquet de roses orange ? Découvrez GLOSSY.
 LA ROSE, toute une histoire dans ARTISANAT FRANCAIS Rosa_Sombreuil

Offrir des roses roses

Symbole : La rose rose transmet l’affection, la douceur, la pudeur, la fidélité et rend hommage à la beauté féminine. Elle peut exprimer un sentiment amoureux, mais avec un sens beaucoup plus doux que la rose rouge. Dans un bouquet composé, sa présence renforce le message des autres fleurs.
 
A qui l’offrir ? A une jeune maman, à votre mère, à l’élu(e) de votre cœur en gage de fidélité, ou encore à une personne à qui vous souhaitez dévoiler pudiquement votre attirance.
 
Envie de faire livrer un bouquet de roses roses ? Découvrez IDYLLE.
 

Quel nombre de roses offrir ?

Pour des raisons avant tout esthétiques – c’est-à-dire afin que la forme du bouquet soit harmonieuse – il convient d’offrir des roses en nombre impair pour les bouquets de moins de 10 roses. Au-delà, le bouquet étant plus garni, vous pourrez tout à fait choisir un nombre pair. Jusqu’à la dizaine également, il est de coutume de présenter le bouquet de roses têtes en bas.
 
A savoir – Certaines quantités de roses exprimeront un messager particulier :

  • 1 rose : pour exprimer un coup de foudre
  • 2 roses : pour demander pardon
  • 12 roses : pour remercier l’être aimé, pour accompagner une demande en mariage
  • 24 roses : pour être au summum de la galanterie
  • 36 roses : pour avouer son amour (rouges), pour un bouquet de fiançailles (blanches ou roses)
  • 101 roses : pour exprimer un amour fou

Découvrez des bouquets de roses d’exception.

  • Dans l’idéal quand vous offrez des roses, plus la fleur est épanouie, plus le message est explicite. Si les roses sont en bouton, votre message sera teinté d’une certaine timidité. 
  • Il y a une façon claire de rompre avec quelqu’un : lui offrir des roses sans tiges… 
  • Les noces de rose symbolisent 17 années de mariage. 
  • Dans le langage des fleurs, on raconte qu’offrir des roses bleues à quelqu’un lui apporterait la jeunesse et la possibilité de réaliser ses vœux. 
  • La légende dit que Cléopâtre et Marc Antoine vécurent leur première nuit d’amour sur un lit de pétales de roses de 45 cm d’épaisseur…

La rose dans l’histoire, une fleur riche de symboles

Rosa_sp.106 dans FLORE FRANCAISEDès l’Antiquité, la rose fut vénérée : les Grecs comme les Romains la considéraient comme un présent des dieux fait à la terre et aux hommes. Fleur de légendes, elle devint principalement l’apanage de la déesse Vénus (Aphrodite pour les Grecs), déesse de l’Amour. On voyait en elle le symbole du retour du printemps et de la fragilité du monde.

La rose prenait place dans de nombreuses animations de la cité. Lors des fêtes de Flore ou des fêtes de Bacchus, on l’arborait en couronne et ses pétales jonchaient le sol : grâce à son parfum enivrant, on associait la rose à la joie et à l’ivresse des banquets. Elle servait aussi à féliciter les soldats qui revenaient du combat.

On retrouvait aussi la rose dans les cérémonies d’ordre religieux, comme lors des noces, où sa fraîcheur et sa douceur en faisait l’emblème de la virginité et de la pudeur. Elle servait de plus à honorer les morts, en ornant les monuments funéraires et en fleurissant les Rosalias, fêtes consacrées à la mémoire des défunts.

Dans la religion chrétienne, la rose est lourde de symboles : elle y est à la fois l’expression du martyre et du sang du Christ, et la représentation de la Vierge Marie. Depuis la poésie du Moyen Age, sa symbolique s’est encore enrichie : la rose est devenue l’allégorie de l’amour — puissant, fragile et périlleux à la fois —, de la fragilité de la vie, de la perfection impossible à atteindre mais aussi la personnification-même de l’être aimé.

 

Source interflora 

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Coca-cola qui fait son tour du monde

Posté par francesca7 le 26 septembre 2015

 

 

coca-bouteilleDes origines françaises 

Et oui… Coca-Cola a une part d’Hexagone dans ses bulles. La toute première recette de Pemberton s’appelait en réalité « French Wine Cola », et puisait son inspiration dans la composition du vin Mariani. Cette boisson est un mélange de vin de Bordeaux et de feuilles de coca, mise au point par un chimiste français en 1863. La production de Coca alcoolisé dura de 1885 à 1888, date de la mort de Pemberton.

 

L’histoire de Coca-Cola en 10 anecdotes

La naissance

Coca-Cola est né dans une pharmacie d’Atlanta, en 1886. Cherchant à mettre au point une boisson tonique et rafraichissante, John Pemberton inventa le célèbre soda que l’on connaît aujourd’hui. Il en écoula neuf verres par jour la première année, contre plus d’un milliard et demi de boissons écoulées dans le monde actuellement. Il n’aura fallu que 20 ans pour que la Coca-Cola Company devienne le leader américain des boissons sans alcool.

 

L’alcool, justement. La première version du pharmacien en contenait. Le coup de génie de la jeune société fut de le retirer de sa recette au moment où la mairie d’Atlanta prononça une prohibition de deux ans, à partir de 1885. L’apport de la feuille de coca, son principal ingrédient actif, lui permit de trancher facilement avec les diverses orangeades présentes sur la marché de l’époque.

Image de prévisualisation YouTube

Une recette jalousement gardée

Elle est réputée être une des choses les mieux protégées au monde. Réalité ou mythe orchestré par l’entreprise ? Toujours est-il que la rumeur circule qu’elle tiendrait sur une modeste feuille de papier, enfermée dans un coffre-fort de l’Etat américain de Georgie.

Selon un animateur de la très sérieuse émission The American Life, cité parL’Express.fr, la photographie d’une feuille circulerait dans certaines mains, dont les siennes, lui permettant de révéler son contenu : huiles essentielles d’orange, de citron, de muscade, de coriande, de fleurs d’oranger, ainsi que de cannelle, d’alcool, de jus de citron, de vanille, de caramel, de colorant, de sucre et d’extraits de feuille de coca « qui contient une petite quantité de cocaïne ».

A noter que cette composition, si elle pourrait correspondre à l’originale, ne ressemble plus à cela aujourd’hui, car l’extrait de cocaïne a été supprimé (voir plus bas). Concernant l’alcool il servirait seulement à obtenir le mystérieux « arôme 7x », et la part finale alcoolisée est extrêmement minime. De l’ordre de 0,001% précise The American Life.

L’entreprise s’est contentée de répondre que « les ingrédients utilisés dans nos boissons sont indiqués sur les étiquettes et nombreux sont ceux qui ont essayé de dévoiler la formule secrète de Coca-Cola. Ils peuvent bien essayer ».

Cocaïne, légende ou réalité ?

Officiellement, le Coca-Cola n’est plus composé de cocaïne depuis 1903. Cependant, William Reymond indique son livre Coca-Cola, L’enquête interdite (Flammarion, 2006) que la US Food, Drug and Insecticide en détecta dans le produit même après 1929. En 1886, un verre contenait environ neuf milligrammes de cocaïne.

Bon ou dangereux pour la santé ?

Les idées reçues véhiculent souvent le fait que boire un Coca n’est pas mauvais pour la santé, voire même conseillé. Qui ne s’est jamais jeté sur une cannette lors d’une gueule de bois, ou bien lors d’une crise de foie, sous prétexe que « c’est les médecins qui l’ont dit ».

coca-cola-gazaVoyons ce qu’il en est vraiment : Tout d’abord le sucre. Chaque litre en est composé de 85 grammes, justifiant largement le rattachement au phénomène d’obésité dont l’entreprise est touchée. De plus, les vitamines B1 et B2 participant activement à la digestion sont absentes.

Oui, mais lors d’efforts intenses me direz-vous, le sucre n’est-il pas utile ? Pas faux. Mais si l’on considère le Coca comme une boisson utile dans des conditions sportives, on s’aperçoit que son taux de sodium est bien trop léger, selon e-sante.be. Avec seulement 40 mg par litre, les pertes minérales liées à l’effort ne peuvent pas être compensées.

Concernant la caféine, une canette à midi ne vous fera pas vraiment de mal, mais en augmentant le rythme quotidien les risques sur la pression artérielle sont évidents.Pour information, un Coca Light comprend plus de caféine qu’un Coca « classique »(137 mg contre 102 mg, mais bien moins qu’un Red Bull et ses 240 mg). Un café contient plus moins la même dose qu’un verre de Coca.

Au final, boire un Coca décaféiné et sans sucre sera meilleur pour la santé… Mais c’est nettement moins bon au goût !

Une bouteille unique

La légendaire bouteille en verre a été dessinée en 1915. Son cahier des charges était d’être immédiatement reconnue au toucher dans l’obscurité. On lui donnera le nom de « bouteille contour », et sera appréciée pour ses courbes féminines. Elle sera même enregistrée au bureau des brevets américains en 1977, un fait rarissime pour un produit de consommation de masse.

 

Le tournant de la Seconde guerre mondiale

Le Coca-Cola a été jugé « fourniture de guerre » par le président Roosevelt, et échappa de ce fait aux restrictions de sucre imposées aux Etats-Unis. De son côté, le PDG Robert Woodruff s’est engagé à ce qu’un soldat américain puisse s’en fournir n’importe où pour la somme maximum de cinq cents. Ces décisions contribueront à étendre le marché de Coca à la Libération, quand les populations ont réellement eu l’occasion de découvrir la boisson, bien qu’arrivé dès 1934 en France.

 

A la fin de la guerre l’effet « american way of life » et le Plan Marshall ont donné un formidable essor aux produits américains : chewing-gum, cinéma… et Coca-Cola.

Coca a-t-il inventé le Père Noël ?

Coca-Cola n’a pas créé le Père Noël… enfin pas tout à fait. La légende est beaucoup plus vieille que l’entreprise et trouve ses origines dans le christianisme, mélée de mythes nordiques. Cependant Coca a indiscutablement contribué à installer son image moderne.

 

Selon Rue89, son utilisation remonte à une campagne publicitaire des années 1920, censée encourager à se désaltérer en toute saison. Pour l’hiver la compagnie choisit l’image la plus représentative de la saison : Santa Claus. Si on le présente au début tel un lutin, c’est dans les années 1930 qu’on décida de le remodeler en bonhomme gras et joufflu, rougeaud, barbu, sympathique et naturellement assoiffé. En plus, le hasard fait bien les choses, il est habillé de rouge et de blanc, les couleurs de Coca-Cola.

Une guerre de 100 ans avec Pepsi

La rivalité des deux plus gros fabriquants de boissons gazeuses est indissociable de l’histoire américaine. Lancé en 1898 en Caroline du Nord, Pepsi-Cola s’est tout de suite démarqué en proposant des bouteilles plus grandes pour un prix plus bas que Coca-Cola. La marque a incarné à ses débuts la boisson des pauvres aux Etats-Unis, avant de jouer la carte « jeune » à partir des années 1950.

Plus tard, Pepsi s’est attaché les services de grandes stars comme Michael Jackson pour ses publicités, favorisant la guerre des âges. D’un côté, Coca et son authenticité traditionnelle, de l’autre Pepsi et son image faisant la part belle à la jeunesse.

 

Comble pour Coca-Cola, une enquête réalisée à l’aveugle en 1975 donnal’avantage à Pepsi concernant le goût préféré des consommateurs américains en matière de soda au cola. A la suite de cela, Coca tenta de modifer sa recette originale… pour le naufrage que l’on connait désormais…

imagesLe changement de recette raté

Pour le centenaire de sa création, Coca-Cola s’essaya à une nouvelle formule sans pour autant avouer que ce changement résultait de l’enquête de 1975. Lancé en grande pompe en 1985, le « New Coke » fut un échec majeur dans l’histoire du marketing. Des milliers de consommateurs se ruèrent dans les magasins pour remplir leurs stocks de Coca « original ». Le standard téléphonique de la marque explosa litterallement, avec plus de 8.000 appels par jour.

 

Finalement, le Coca-Cola renommé « Classic » fit son retour dans les étalages au bout de 79 jours, reléguant le New Coke en une simple déclinaison. Ce dernier sera rebaptisé « Coke II » en 1992, et sa distribution ne dépassa jamais les frontières américaines. Sa production s’arrêta définitivement en 2002.

 

Sources : L’ExpressE-sante.beRue 89Cocacolaweb

 

À LIRE SUR LE POST

 

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L’euro et son pluriel français

Posté par francesca7 le 2 septembre 2015

Euro_banknotes_2002Il va bien falloir s’y faire ! Depuis déjà un certain temps, dans les magasins, le double étiquetage a permis de s’habituer à l’euro ! Voici maintenant, en ce 1 er janvier 2002, les pièces et les billets qui portent l’inscription « Euro » – billets anonymes représentant des idées de ponts, d’arches, de portes ou de portiques, de fenêtres à vitraux, tout ce qui filtre la lumière, laisse passer l’air ou le vent. On y lit : « 20 Euro », sans « s » !

Il n’en faut pas davantage à ceux dont le bagage grammatical est resté en transit dans quelque année scolaire indécise pour déclarer que le mot Euro est invariable ! Invariable certes, sur les billets et les pièces puisque ceux-là et celles-ci sont destinés à circuler dans une Europe où la règle du « s » pluriel n’est pas en vigueur partout ! En France elle l’est, « euro » est un nom commun, comme un autre ; et écrire avec son stylo ou avec son clavier « vingt euro, cent euro… », c’est faire la même erreur d’accord que celle qu’on remarque dans : « vingt banquier, cent million… » – au passage, remarquons que la liaison doit être faite : puisqu’on prononce « vingt-t-ans », quatre-vingts-z-ans, on prononce également : « vingt-t-euros, quatre-vingts-z-euros, cent-t-euros, cinq cents-z-euros ».

Inviolables, ces nouveaux billets ! Leur réputation a tenu pendant au moins trois mois : les premières falsifications ont commencé à sortir des scanners sophistiqués au printemps 2002, et poursuivent, par intermittence, leur carrière que la carte de crédit concurrence de plus en plus. Cependant, le système Monéo – la monnaie électronique –, mis au point pour les petits paiements, ne semble pas remporter le succès escompté : méfiants, les commerçants n’ont pas accepté qu’une commission jugée excessive soit prélevée sur chaque transaction.

Pièces

Toutes les pièces en euro possèdent une face européenne (1, 2 et 5 centimes : l’Europe dans le monde ; 10, 20 et 50 centimes : l’Europe comme une alliance d’États ; 1 et 2 euros : l’Europe sans frontière) et une face spécifique au pays émetteur de la pièce (y compris pour Monaco, Saint-Marin et le Vatican, États en union monétaire avec leurs voisins immédiats qui ont été autorisés à frapper leurs propres pièces).

Une nouvelle série de pièces est frappée depuis fin 2007 avec un décalage d’un an pour la Monnaie italienne (qui frappe aussi les pièces du Vatican et de Saint-Marin). Se calquant sur la pratique décidée pour les billets de banque, elle représente désormais l’ensemble du continent européen (membre ou non de l’Union), afin d’éviter de devoir frapper de nouvelles séries à chaque élargissement. Les frontières n’y apparaissent donc plus.

Toutes les pièces sont utilisables dans tous les États membres, à l’exception des pièces de collection, qu’elles soient ou non en métal précieux, qui n’ont cours que dans le pays d’émission. Des problèmes de compatibilité ont cependant été relevés sur certains automates (distributeurs automatiques, péages…).

Il existe également des pièces de collection, en métal précieux, qui n’ont cours légal que dans leur pays d’émission. Par exemple, gravée par Joaquin Jimenez (qui est également l’auteur de l’Arbre Étoilé des pièces de 1 et 2 euros), une pièce de 5 euros en argenta été frappée à deux millions d’exemplaires en 2008. Des pièces de 10 à 1 000 euros, en argent et en or, ont été mises en circulation de 2008 à 2010. Dans la pratique, ces pièces circulent essentiellement entre collectionneurs.

BilletsBillet de 50 €

Les billets, quant à eux, ont une maquette commune à toute la zone euro. Les ponts, portes et fenêtres des billets symbolisent l’ouverture de l’Europe sur le reste du monde et les liens entre les peuples.

Le choix du graphisme des billets est de la compétence de la Banque centrale européenne alors que celui des pièces est de la compétence des États, membres de l’Eurogroupe. La prochaine face commune a ainsi été décidée lors d’une réunion de l’Eurogroupe. Cette décision a provoqué une petite polémique de quelques députés par l’absence, selon eux volontaire, de la Turquie sur le dessin retenu, au contraire de celui des billets.

Le 2 mai 2013 a été mise en circulation un nouveau billet de 5 €. Il est le premier d’une nouvelle série de billets baptisée Europe. Depuis le 24 septembre 2014, c’est un nouveau billet de 10 € qui a fait son apparition

Du fait d’alphabets différents les noms et divisions nationales de l’euro ne s’orthographient et ne se prononcent pas de la même façon dans tous les pays de la zone.

Du fait de la diversité des règles grammaticales au sein de la zone euro, le mot « euro » sur les pièces et billets est invariable et ne prend pas de « S ». Toutefois, dans la langue française, alors qu’il ne se prononce pas ; par us et usages à l’écrit, un « s » est généralement ajouté au pluriel. L’Académie française s’est prononcée dans ce sens dans une note publiée au Journal officiel du 2 décembre 1997.

En revanche, en France, le terme « cent », prêtant à confusion, n’est généralement pas utilisé en français ; on parle de centime ou, dans une forme plus rare et déconseillée, d’eurocent (pour ne pas confondre avec les centimes de Franc pendant la phase transitoire). Pour des raisons similaires, il est dit centimo en espagnol, centesimo en italien, lepton (pluriel lepta) en grec, alors que ne se pose pas ce problème en anglais, par exemple, langue dans laquelle il est adopté tel quel.

La liaison avec l’adjectif antéposé et le nom euro suit la règle habituelle du français, on prononce donc un(n)eurodix(z)eurosvingt(t)eurosquatre-vingts(z)euroscent(t)euros, etc..

En France, deux imprimeries fabriquent des billets de 5, 10 et 20 euros : l’imprimerie de la Banque de France à Chamalières, dans le Puy-de-Dôme et l’imprimerie de François-Charles Oberthur Fiduciaire à Chantepie, en Ille-et-Vilaine. Ces billets sont destinés à remplacer ceux qui sont trop usés, en France et dans toute l’Europe. Quant aux autres coupures, elles sont fabriquées dans d’autres pays européens puis envoyées en France selon une sorte de contrat d’échange établi par la Banque centrale européenne. En revanche, les pièces françaises en euro sont toutes frappées à Pessac en Gironde, par la direction des Monnaies et médailles.

 

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PETIT RETOUR SUR LES MARCHANDES DE PLAISIRS

Posté par francesca7 le 28 août 2015

 

 

 
 
686601123Au XIXe siècle encore, on pouvait entendre crier le soir, dans les rues : Voilà l’plaisir, mesdames, voilà l’plaisir ! Y avait-il alors longtemps que l’on portait ainsi, de maison en maison, cette légère marchandise, si goûtée des enfants et de leurs bonnes ? D’où vient-elle ? De quelle époque date-t-elle ?

C’est que les plaisirs n’avaient pas toujours été ainsi nommés ; on les appelait autrefois dans toute la France, des oublies. Dans notre ancienne société française, les marchands de plaisirs étaient des oublieurs, ils tiraient leur nom des oublies qu’ils vendaient. Oublie, comme le fait remarquer un étymologiste, vient d’oublier, et l’on avait donné ce nom aux gâteaux en question, parce qu’ils sont si légers, qu’un moment après les avoir mangés, on ne s’en souvient plus, on les oublie. Vint un homme d’esprit qui les compara au plaisir, ce fantôme que les fils d’Adam poursuivent, et qui leur échappe au moment où ils l’atteignent. On se souvient souvent, avec un sentiment de jouissance, d’un obstacle surmonté, d’un grand péril auquel on a échappé, et d’une épreuve courageusement subie. De là le vers de Virgile :

Forsan et haec olim meminisse juvabit

on oublie bien vite un amusement, un plaisir. Comme la légère fumée d’une flamme éteinte, ce souvenir fugitif disparaît et s’évanouit.

Il serait difficile d’indiquer la date précise de l’invention des oublies ou des plaisirs. Ce qu’on peut affirmer, c’est qu’on en mangeait déjà au XIVe siècle. Il existe, en effet, un règlement du prévôt de Paris relatif aux oublieurs, mis à la suite de l’ordonnance du 9 septembre 1369. C’était ordinairement dans le carnaval, au cœur de l’hiver, que le commerce des oublies devenait considérable : vers sept heures du soir, quand le couvre-feu avait sonné et que la nuit régnait dans l’ancien Paris couvert de frimas, l’oublieur prenait son coffin rempli d’oublies, qu’il chargeait sur ses épaules et faisait retentir un cri bien connu. Alors les enfants et les servantes se mettaient aux croisées et l’appelaient.

 

Les oublieurs devaient prendre leurs précautions avant de se rendre à cet appel, car l’ordonnance précitée les condamnait à une amende si, à cette heure tardive, ils entraient chez un juif. D’autres fois, c’étaient de jeunes étudiants de l’Université qui les faisaient monter dans leur logis ; alors cette folle jeunesse leur demandait les dés avec lesquels les oublieurs jouaient leur marchandise contre quelques deniers, et, de gré ou de force, les transformaient en banquiers d’un pharaon où l’on jouait, non plus des oublies, mais de l’argent. C’était encore un cas prévu par les règlements du prévôt de Paris, qui mettaient à l’amende les oublieurs quand ceux-ci, oubliant leurs devoirs, empiétaient sur l’industrie mal famée des brelandiers.

Les oublieurs n’avaient pas le droit de se faire accompagner par un auxiliaire quand ils criaient le soir leur marchandise, cette interdiction le devant sans doute au fait qu’à cette époque la ville n’étant ni éclairée ni sûre : on craignait que, sous prétexte de vendre des oublies, ces marchands ambulants ne pratiquassent une industrie moins innocente et n’assaillissent les passants attardés.

Dans cette époque de réglementation, il y avait d’autres ordonnances que les oublieurs devaient observer : il leur était interdit, dans les foires et dans les marchés, d’étaler leurs oublies à une distance moindre de deux toises d’un autre oublieur.

Les oublies se faisaient alors, comme plus tard, dans un moule de fer. Mais il fallait un apprentissage, et il n’était pas donné à tout le monde d’être maître oublieur. Dans cette industrie, comme dans toutes les autres, on était obligé de faire ses preuves. Les oublieurs formaient une corporation qui avait des statuts. Or voici l’article premier de ces statuts : « Que nul ne puisse tenir ouvrouer ni estre ouvrier s’il ne faict en ung jour au moins cinq cents grandes oublies, trois cents de supplication, et deux cents d’estrées. » Cela revenait à plus de mille oublies, et, pour les faire en un jour, même en se levant de bonne heure, il fallait être très exercé, très habile, et avoir la main alerte et prompte.

De ce qui précède il résulte que ce qu’il y a de plus léger au monde, l’oublie ou le plaisir, a vécu plus longtemps que les constitutions qu’on disait immortelles. On avait vu disparaître les dynasties, s’écrouler les monuments les plus solides, tomber les gouvernements, et, après plus de quatre siècles écoulés, on mangeait encore des plaisirs au milieu du XIXe siècle.

Litho marchande de plaisirsC’est toujours pendant la soirée, et surtout pendant les soirées d’hiver, que les marchands et les marchandes de plaisirs parcourent à cette époque les rues de Paris, en criant leur marchandise. Seulement, l’ancien coffin des oublieurs du Moyen Age est remplacé par une espèce de petit tonneau à la forme allongée, et le tourniquet, avec son aiguille, qui marque sur un cadran le nombre des plaisirs ou des macarons gagnés, est venu se substituer aux dés de l’oublieur. L’ancienne crécelle est restée, et son cri aigu se marie avec les sifflements de la bise hivernale.

L’intonation du marchand n’avait pas beaucoup changé : Voilà l’plaisir, mesdames, voilà l’plaisir ! Si l’on se trouve au chevet d’un cher malade qui sommeille, combien on appréhende le passage de la marchande de plaisirs avec sa voix aiguë comme un clairon et nasillarde comme la clarinette d’un aveugle enrhumée par le brouillard ! On guette longtemps à l’avance le bruit grinçant de sa crécelle et la cantilène accoutumée, dont il est accompagné, et quand la rafale vous apporte les sons de cette fanfare, affaiblie par l’éloignement, on descend quatre à quatre l’escalier pour aller acheter à la terrible marchande une partie de ses plaisirs, à la condition expresse qu’elle ne fera pas retentir sa bruyante interpellation devant la maison. Elle cède, parce qu’elle est marchande et que, comme elle le dit, « il faut, avant tout, gagner sa pauvre vie », mais, elle cède à regret, parce qu’elle est aussi artiste. Elle tient presque autant à son appel : Voilà l’plaisir, mesdames, voilà l’plaisir ! que Dupré tenait à son ut de poitrine, et Mario à son ariette farorite, et elle fait un véritable sacrifice en acceptant votre argent.

Comme l’industrie a fait au XIXe de grands progrès, la marchande de plaisirs a étendu la sienne. Elle a joint en effet alors aux oublies de nos pères, qui sont toujours l’objet principal de son commerce, les macarons, les sucres d’orge, les gaufres et les croquets. La grande manufacture des plaisirs et des gaufres, à Paris, le quartier général des marchands et des marchandes de plaisirs, est dans ce temps-là situé aux Champs-Élysées, dans l’avenue Matignon, au coin de la rue de Ponthieu. C’est là qu’ils viennent s’approvisionner. C’est là aussi que s’arrêtent bien souvent les promeneurs en équipages et les piétons : L’enfant en montrera le chemin à sa mère.

Aux heures où les promenades publiques, les Champs-Élysées, les Tuileries, le Luxembourg, sont fréquentées par les enfants, les marchandes de plaisirs circulent dans les allées et vont offrir leur légère marchandise aux groupes dispersés sous les grands arbres. « Voilà la marchande de plaisir ! » s’écrient Armand, Berthe, Gaston et tous les bébés en chœur. Les mamans et les bonnes tirent leur bourse. Un plaisir n’a jamais troublé ou arrêté une digestion. Et puis, cette pâte légère est si cassante et si friable, que les petits oiseaux déjeunent toujours de la desserte des petits enfants. Qu’un coup de vent s’élève, voilà la moitié du plaisir qui s’envole et s’émiette sur le sable : c’est chère lie pour les moineaux francs.

A l’époque où le jardin des Tuileries était un jardin aristocratique, c’est-à-dire à l’époque où l’on n’y fumait pas et où Guignol n’y exhibait pas ses triviales marionnettes, les plaisirs n’entraient que par contrebande dans le jardin. On voyait une nourrice tenant sous des flots de mousseline un poupon qui ne criait jamais et semblait dormir toujours : c’était la contrebande des plaisirs qui pénétrait dans le jardin sous la forme d’un nourrisson. Quand la fausse nourrice voyait que les inspecteurs avaient le dos tourné, elle s’approchait des chaises où les mamans et les bonnes étaient assises, et, découvrant sa marchandise dorée, elle leur faisait ses offres de service. Cela paraissait bien bon aux bébés d’attraper les inspecteurs, qui tournaient systématiquement le dos à cet innocent manège ! S’il n’y a pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre, il n’y a pas de meilleurs aveugles que ceux qui sont décidés à ne pas voir.

Litho marchande de mouronCette stratégie devint par la suite inutile ; le laisser faire et le laisser passer régnèrent aux portes des Tuileries comme ailleurs, et l’époque où tout le monde mangeait des plaisirs dans ce beau jardin, quoique personne ne fût censé en vendre, ne fut plus qu’un souvenir.

Le XIXe siècle marqua le déclin de la profession : les palais, devenus plus délicats et plus exigeants, réclamaient des pâtisseries moins rudimentaires et moins primitives ; de même que les marchands de coco, ces Ganymèdes en plein vent qui versaient leur nectar à deux liards la timbale, n’existaient à la fin de ce siècle qu’à l’état d’échantillons et de memento du passé, depuis que la choppe de bière, le verre de punch, le mazagran et le verre d’absinthe avaient étendu leur empire sur les consommateurs populaires, la marchande de plaisirs s’en allait.

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A l’EPOQUE DES PREMIERES BIBLIOTHEQUES

Posté par francesca7 le 25 août 2015

 

220px-Bibliothequa_Smithiana_002Pendant toute la première moitié du Moyen Age, les livres furent écrits dans les couvents. Il y avait dans les monastères une salle qu’on appelait le scriptorium, c’est-à-dire l’endroit où l’on écrit, et là pendant de longues heures, silencieusement, des moines recopiaient les ouvrages des auteurs anciens, et les livres de piété qui formaient le fonds des maigres bibliothèques de ce temps.

C’était une des occupations les plus en honneur dans les couvents, et ce qui prouve bien le cas qu’on en faisait, c’est qu’on croyait qu’un travail de ce genre pouvait sauver de l’enfer l’âme de celui qui s’y livrait. On trouve dans un chroniqueur du XIe siècle, Orderic Vital, une plaisante histoire à ce sujet. Il y avait dans un couvent, raconte-t-il, un moine qui avait trop souvent manqué à la règle dans la maison ; l’abbé lui pardonnait cependant beaucoup d’erreurs dans sa conduite, car il savait écrire, il était assidu au travail, et il copia une grande partie de l’Écriture Sainte.

Bien lui en prit, comme on va voir. Il mourut ; aussitôt les démons réclamèrent son âme ; mais alors les anges prirent sa défense ; ils montrèrent à Dieu l’énorme livre que leur client avait copié, et, à chaque fois que les démons énuméraient un péché de l’âme qu’ils convoitaient, vite les anges mettaient en regard une des lettres du livre. A la fin le nombre des lettres se trouva de beaucoup supérieur à celui des péchés commis par le pauvre moine, et Dieu consentit à recevoir son âme au paradis.

Mais, à partir du XIIIe siècle, le besoin d’un nombre plus grand de livres se fit sentir, car il s’était fondé en plusieurs villes, notamment à Paris, de grandes écoles où affluaient les étudiants qui réclamaient les livres nécessaires à leur travail. Des copistes, le plus souvent de pauvres prêtres, se mirent, eux aussi, à copier des manuscrits, et alors apparut la profession de libraire. Il y avait alors deux sortes de libraires ; les premiers, qu’on appelait simplement libraires, recevaient en dépôt des manuscrits et les vendaient au public ; les autres, qu’on nommait stationnaires, d’un mot latin qui signifie étalage, commandaient eux-mêmes aux copistes les ouvrages dont ils voulaient avoir plusieurs exemplaires : ils correspondaient donc à nos éditeurs actuels. Il faut croire que la profession ne rapportait pas beaucoup, car, au XIIIe siècle, la plupart des libraires étaient en même temps cabaretiers.

Les libraires faisaient partie de cette grande institution qu’on appelait l’Université ; ils devaient prêter, au moins tous les deux ans, à celui qui était à la tête de ce corps, le recteur, un serment dont voici quelques passages. « Vous jurez que fidèlement vous recevrez, garderez, exposerez en vente et vendrez les livres qui vous seront confiés. Vous jurez que vous ne les supprimerez ni ne les cacherez, mais que vous les exposerez en temps et en lieu opportuns pour les vendre. Vous jurez que si vous êtes consulté sur le prix, vous l’estimerez de bonne foi, au prix où vous voudriez le payer vous-même. Vous jurez enfin que le nom et le prix du propriétaire seront placés en évidence sur tout volume. »

On remarquera cette dernière clause ; elle nous apprend que, dans ce cas, le libraire était un intermédiaire entre celui qui avait écrit le livre, et qui en gardait la propriété, et l’acheteur ; ceux qui avaient copié des livres les mettaient donc en dépôt chez le libraire comme aujourd’hui quelques artistes confient à des marchands de tableaux leurs oeuvres, laissant à ceux-ci le soin de les vendre. On disait alors que les libraires étaient des clients ou des suppôts de l’Université ; à ce titre, ils jouissaient des mêmes droits que les professeurs et les étudiants, et ils figuraient dans les processions religieuses, placés, il est vrai, tout à la queue du cortège, avec les écrivains, les enlumineurs, les parcheminiers et les relieurs, qui faisaient partie avec eux de la même corporation.

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C’étaient là les avantages de cette situation ; mais elle avait aussi ses inconvénients. D’abord, les libraires étaient tenus de résider dans le quartier de l’Université : quelques-uns étaient groupés auprès de la rue Saint-André-des-Arts, où se trouvait l’église dans laquelle leur confrérie avait sa chapelle. Beaucoup d’autres avaient leurs boutiques dans la rue Saint-Jacques. On remarquera d’ailleurs qu’encore aujourd’hui la plupart de nos grands éditeurs sont demeurés sur la rive gauche. On ne faisait d’exceptions que pour ceux qui ne vendaient que des livres de messe, de prière et de piété ; ceux-là étaient autorisés à s’installer autour de l’église Notre-Dame.

Enfin l’Université reconnut à plusieurs d’entre eux, à partir du XVIIe siècle, le droit de tenir boutique dans la galerie du Palais, et c’est à leurs étalages que se munirent de projectiles les fougueux combattants dont Boileau nous a retracé les prodiges de valeur dans son amusant Lutrin. Il y avait d’autres prescriptions, les unes raisonnables, comme celle de savoir le latin, les autres plus bizarres, comme l’obligation où ils étaient d’allumer tous les soirs les chandelles dans les lanternes publiques ; ils ne furent déchargés de cette obligation qu’à la fin du règne de Louis XIII.

Mais la plus redoutable des prescriptions auxquelles ils étaient soumis, c’est qu’ils ne pouvaient publier aucun livre qui n’eût été approuvé par l’Université. A partir du XVIe siècle, ce furent les rois qui se chargèrent d’exercer cette surveillance ; un livre ne pouvait être imprimé qu’avec un visa des censeurs royaux, et il ne fallait point négliger cette précaution, car ceux qui l’omettaient risquaient, suivant la nature des livres dont ils avaient accepté le dépôt, de sévères châtiments et parfois même la mort.

Pendant la cruelle répression qui fut faite de l’hérésie huguenote à Paris, sous le règne de François Ier et de Henri II, il y eut plusieurs libraires qui furent brûlés de ce chef. Ce fut le cas du malheureux Étienne Dolet, qui, comme beaucoup de libraires de ce temps, était à la fois auteur, imprimeur et éditeur.

Les libraires avaient déjà comme concurrents les bouquinistes. Un écrivain du début du XVIIIe siècle nous apprend que c’étaient de pauvres libraires qui, n’ayant pas le moyen de tenir boutique ni de vendre du neuf, étalaient de vieux livres sur le Pont-Neuf, le long des quais et en quelques autres endroits de la ville. Ils n’étaient pas plus riches alors qu’au XVIIe siècle, si l’on en juge par la plaisante description que l’on trouve de ces pauvres gens dans un de ces pamphlets du temps de Mazarin, qu’on appelle à cause de cela des Mazarinades. L’auteur les plaint d’avoir été chassés de ce Pont-Neuf dont, suivant lui, ils étaient un des ornements.

Ces pauvres gens chaque matin
Sur l’espoir d’un petit butin
Avecque toute leur famille,
Garçons, apprentifs, femme et fille,
Chargé leur col et pleins leur bras
D’un scientifique fatras,
Venaient dresser un étalage
Qui rendait plus beau le passage.

Mais les libraires étaient impitoyables ; à maintes reprises, ils exigèrent des édits du roi pour chasser du Pont-Neuf et des quais ces misérables concurrents, qui ne tardaient pas d’ailleurs à venir reprendre possession de l’étalage dont ils avaient été chassés par la cupide jalousie de leurs puissants adversaires.

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Le métier de Cireur de chaussures

Posté par francesca7 le 25 août 2015

 

Cireur de chaussuresL’ancêtre du cireur de chaussure est le décrotteur (petit métier appelé aussi « frotteur » ou « encaustiqueur »), qui brosse les bas, décrotte les chaussures et fait briller les boucles de souliers, ce qui trahit l’origine sociale du marcheur, les plus fortunés ayant un carrosse et un domestique qui emporte leurs souliers de rechange, les moins s’efforçant de tenir le haut du pavé.

Les décrotteurs parisiens au xviiie siècle sont connus pour leur devise « Passez payez ». Ils disparaissent au milieu du xixe siècle lorsque les trottoirs se construisent et que les pavés se développent, d’autant plus que la mode des bas blancs cède le pas au pantalon et au soulier noir ainsi qu’à à la robe sombre

Le cireur de chaussure nettoie et cire les chaussures de ses clients. Ce travail est traditionnellement celui d’un enfant de sexe masculin ou d’un vieil homme, muni d’un tabouret pour poser le pied du client, d’une brosse et de cirage. Dans les civilisations dites occidentales, ce rôle est de plus en plus considéré comme obsolète mais dans de nombreux pays à travers le monde, des enfants gagnent un salaire indispensable pour leur famille. Certains cireurs de chaussures offrent des services supplémentaires, tels que la réparation de chaussures.

Pouvoir se faire cirer ses pompes assis dans un fauteuil, c’était rarissime en France, alors que c’est monnaie courante dans les pays anglo-saxons, au Japon, en Amérique du sud, en Afrique du nord…

Certes, il y avait bien quelques initiatives. Au festival de Cannes,  par exemple, les stars ne peuvent pas se passer de Daniel Vallera, surnommé « Messire », qui officie au Carlton.

Mais on passe à la vitesse supérieure avec la création de deux sociétés. « Les cireurs » : quatre cireurs déployés dans la région parisienne et à Lyon, dans les centres commerciaux, les magasins… La directrice, Sophie Viot Coster, espère créer 36 emplois en 3 ans. Elle a reçu une subvention des Hauts-de-Seine. Cela coûte 7 euros pour des boots, 5 euros pour des chaussures et 4 euros pour les enfants.

Autre société : « ShoeX-press.com », qui envoie des cireurs dans des soirées privées ou des manifestations  professionnelles et qui propose l’enlèvement de vos souliers à domicile. Là, on est dans l’hyper luxe, pour les fous de chaussures. Mais Karim Achouchi, son créateur, affirme qu’il n’est pas facile de dire « je suis cireur de chaussures » quand comme lui, on a fait une école de commerce prestigieuse, l’ESSEC.

 

Emil Mayer 061.jpg- Un métier qui ne fait pas l’unanimité, donc, et qui rencontre une forme de réticence.

 

On peut même dire un tabou. En France, ce métier a des relents de colonialisme. Il ne nécessite pas de formation particulière. Cirer les pompes, au figuré, cela veut dire que l’on se met dans une position de soumission et de flatterie. Mais ce métier s’inscrit dans ces commerces qui se développent, souligne le sociologue Patrice Duchemin, ces petites unités de service et de proximité pour la réparation et l’entretien.

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A l’EPOQUE DES ARMURIERS

Posté par francesca7 le 23 août 2015

 

k3ahc8 fabrication des armes occupa naturellement au Moyen Age un grand nombre d’ouvriers ; il arriva même parfois, tant les guerres étaient fréquentes, que la fabrication des armes fût insuffisante. En 1412, pendant les terribles guerres civiles qui ensanglantèrent alors la France, les commandes d’armes étaient si nombreuses qu’à Paris les armuriers n’y pouvaient suffire. Le roi dut laisser chacun libre de s’improviser fabricant d’armes, ce qu’on exprimait en disant que le métier était devenu libre, parce que, lisait-on dans l’ordonnance royale, les ouvriers de Paris « ne pourraient pas suffire à la centième partie des armures qu’il convient ».

Cette profession était aussi parmi les métiers une des plus considérées. Ceux qui en exerçaient une des branches, et nous allons voir qu’elles étaient nombreuses, revendiquaient entre autres privilèges celui de ne pas fournir de soldats au guet de Paris : ainsi, les arctiers, ou fabricants d’arcs, étaient affranchis de cet ennui, parce que, lit-on dans leurs statuts, leur métier « est pour servir chevaliers et écuyers et sergents et est pour garnir châteaux ».

Cette fréquentation de la noblesse détermina dans les statuts de ces corporations des articles qui sont particuliers à ces métiers. Ainsi, l’on voit, prescrit aux fourbisseurs, c’est-à-dire à ceux qui fabriquaient les épées, de tenir proprement habillés leurs ouvriers, « pour nobles gens, comtes, barons, chevaliers, et autres bonnes gens qui aucunes fois descendent en leurs ouvroirs » (ateliers).

Pour la fabrication des armes de guerre, il y eut au Moyen Age à peu près autant de métiers qu’il y avait de pièces dans l’habillement militaire. Lorsque le costume de guerre était, du XIe au Xlle siècle, le haubert, sorte de tissu de mailles de fer qui recouvrait le chevalier des pieds à la tête, il y avait une catégorie spéciale d’ouvriers pour fabriquer cet équipement ; c’étaient les haubergiers. Les plus habiles étaient groupés dans une petite ville du département de l’Oise, Chambly, qui pour ce motif a été longtemps appelée Chambly-le-Haubergier.

Les heaumiers fabriquaient le heaume ou casque ; lesécassiers, préparaient le bouclier en forme d’écusson ou écu ; les brigandiniers faisaient une cuirasse légère, la brigandine, ainsi appelée parce qu’elle était portée par les fantassins, qu’on appelait alors brigands, sans que ce mot eût encore le sens défavorable qu’il a pris depuis.

On distinguait encore les trumelliers qui forgaient les trumelières ou grèves ; c’était le nom qu’on donnait à la partie de l’armure qui couvrait les jambes.

Tous ces métiers finirent par se fondre, vers le XVe siècle, en une seule corporation qui prit le nom d’armuriers. A Paris, ils étaient presque tous groupés dans une rue qui s’appelait la rue de la Heaumerie, ainsi nommée d’une maison où pendait pour enseigne un heaume. Cette rue, qui se trouvait non loin de l’Hôtel de Ville, n’a disparu qu’en 1853. Au XVIe siècle, ces armuriers étaient devenus prodigieusement habiles ; ils faisaient des armures si bien combinées, où il y avait si peu d’endroits par où pût se glisser la pointe d’une flèche ou la lame d’une épée, que, si l’on en croit l’historien Tavannes, dans un engagement où deux cents chevaliers étaient aux prises, au bout de deux heures, il n’y en avait encore que quatre d’entre eux restés sur le carreau. Comment s’étonner de cette quasi invulnérabilité quand on voit François Ier, au matin de la bataille de Pavie, revêtir une armure ou, comme on disait en ce temps, un harnais si merveilleusement fait qu’on n’eût su y introduire une aiguille ou une épingle.

Mais ce furent les derniers beaux jours des armuriers, car l’emploi des armes à feu fit bientôt disparaître les armures. Du vieux costume militaire du Moyen Age, il ne subsista que la cuirasse, et, au milieu du XVIIIe siècle, la corporation des armuriers s’éteignait. Aujourd’hui on donne ce nom aux commerçants qui vendent et réparent les fusils de chasse, les carabines de jardin et les revolvers.

Tout ce qui précède ne concerne que les armes défensives. La fabrication des armes blanches était le monopole des fourbisseurs. En 1627, le roi de France leur reconnaissait encore le privilège de « fourbir, garnir et monter épées, dagues, braquemarts, miséricordes, lances, piques, hallebardes, pertuisanes, javelines, vouges, épieux, haches, masses ».

Cette énumération contenait d’ailleurs le nom d’un grand nombre d’armes dont on ne se servait plus à cette date. On ne voit plus en effet figurer dans l’armement des soldats de la guerre de Trente Ans ni le braquemart, qui était une épée courte et large, ni la miséricorde, sorte de poignard, ni la javeline, ni la vouge, sorte de hallebarde au fer très allongé, ni l’épieu, dont on ne se servait guère qu’à la chasse, ni la hache, ni la masse. Les manches de toutes ces armes étaient taillés par les menuisiers, et les fourreaux des épées et des poignards étaient préparés par lesfourreliers, qui n’employaient que le cuir bouilli.

A l’EPOQUE DES ARMURIERS dans ARTISANAT FRANCAIS 220px-Munitions_Production_on_the_Home_Front%2C_1914-1918_Q30035Enfin restent les armes de trait. Parmi les fabricants de ces armes, on eut d’abord les arctiers, qui faisaient les arcs ; il y en avait de plusieurs sortes : les arcs français, faits de bois d’érable, de viorne, ou d’if ; les arcs anglais, plus longs que les nôtres, et les arcs turquois, constitués par deux cornes soudées l’une à l’autre et dont les pointes étaient réunies par un ressort d’acier. Toutes ces armes lançaient à une centaine de mètres au plus des flèches de 50 centimètres de long, empennées de plumes de poule, et munies d’une forte pointe métallique. Puis vinrent les arbalétriers, qui fabriquaient une arme déjà plus redoutable, car elle envoyait à la distance de deux cents pas des gros traits dits bougeons ou bougons, préparés par les bougeniers ou bougonniers. Au XIVe siècle, les meilleures de ces armes étaient, au dire de l’historienne de Charles V, Christine de Pisan, fabriquées à Gênes.

Mais, au XVIe siècle, arc et arbalète disparurent devant les armes à feu, devant l’arquebuse, qui fut, à la fin du XVIe siècle, remplacée par le mousquet et au XVIIe par le fusil. Lesarquebusiers s’érigèrent en corporation en 1575 et, à partir de ce moment, ils eurent le monopole de la fabrication des armes à feu. Ces arquebusiers furent souvent de véritables artistes, et ils firent pour nos souverains des armes qui sont à la fois des armes excellentes et des chefs-d’oeuvre de ciselure et de damasquinure. Une occasion de se distinguer dans leur art était fournie à ces industriels par la coutume où était la ville de Paris d’offrir au Dauphin ses premières armes. En 1785, le jeune Dauphin reçut en présent un fusil et deux pistolets garnis en or qui avaient été fabriqués par l’arquebusier du roi, Lepage, dont la boutique était installée rue Richelieu.

Aujourd’hui, où le port des armes de guerre est prohibé, les armes à feu et les armes blanches destinées à l’armée sont fabriquées dans des manufactures qui appartiennent à l’État et sont dirigées par ses officiers d’artillerie. Dès le courant du XVIIIe siècle, l’État avait commencé à surveiller la fabrication des armes de guerre.

Ce fut la ville de Saint-Etienne qu’on choisit pour y concentrer cette industrie, parce que, depuis le XVe siècle, on y trouvait des artisans qui s’étaient fait connaître par leur habileté dans cet art. Louvois, au XVIIe siècle, y avait en outre développé la fabrication des mousquets. En 1784 fut organisée dans cette ville la première manufacture d’armes ; elle est restée la plus importante ; dans ses immenses ateliers, des machines-outils y fabriquent chaque jour, en grand nombre, de préférence des 220px-371Zeughaus_Innsbruck dans ARTISANAT FRANCAISfusils. L’État a deux autres grandes manufactures : l’une, installée à Châtelleraut en 1869, fait les sabres et les épées, les fusils avec le sabre-baïonnette et les cuirasses, l’autre est celle de Tulle ; dans cette ville, il y eut dès 1696 une usine à canons de fusil dont les produits étaient vendus aux colonies par l’intermédiaire des armateurs de Bordeaux. Cette usine fut érigée en manufacture royale en 1778, avant de fabriquer les fusils avec leurs baïonnettes.

De bonne heure l’État prit l’habitude de conserver dans des établissements spéciaux le matériel de guerre. On appelle ces dépôts arsenaux ; on y fait aussi les réparations. Les premiers de ces arsenaux en France remontent à François Ier ; celui de Paris était le plus important ; les bâtiments qu’il occupait sont aujourd’hui devenus une des grandes bibliothèques de la capitale. Il y a actuellement dix arsenaux en France pour l’armée de terre ; ils sont installés à Douai, a Fère, Auxonne, Grenoble, Toulouse, Rennes, Bourges, Toulon, Vincennes et Versailles.

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Récolte de lin pour la Normandie

Posté par francesca7 le 10 août 2015

 

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Les producteurs de lin sont en pleine récolte. 80% de la production mondiale de lin est cultivée de Bayeux à Dunkerque. C’est donc une petite mine d’or pour la Normandie. Pour son 50e anniversaire, la Coopérative Linière du Nord de Caen ouvre ses portes au public avec une exposition.

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Après la réunification, la Normandie sera la première région productrice de lin au monde.

Le lin tisse sa toile en Normandie
Réintroduit dans la région au XXe siècle par des agriculteurs des Flandres, le lin normand est surtout cultivé :
— en Seine-Maritime (Pays de Caux),
— dans l’Eure (plateaux de St André et du Neubourg, Pays d’Ouche)
— en Plaine de Caen.
La Normandie représente 64 % des surfaces françaises cultivées en lin textile (dont 85 % en Haute-Normandie).

Le lin : pourquoi faire ?
La totalité de la plante peut être valorisée dans l’industrie. Avec le lin, on peut fabriquer des vêtements mais pas seulement :
— des raquettes de tennis, des skis.
— Certains avions sont déjà équipés de sièges en fibre de lin.
— Le bâtiment, la plasturgie ou la papeterie…
— Le nautisme : planches de surf ou prototypes de bateau

 

Pourquoi les chinois se ruent-ils sur le lin normand ?
On le sait moins mais l’industrie textile chinoise peut aussi faire la fortune de patrons français et fait prospérer toute une filière. « La Chine a sauvé le lin, résume un patron du secteur. Chez nous, c’était un produit de luxe, trop cher, qui se vendait mal. On était près de tomber. Et tout à coup, c’est remonté. » explique-t-il à Libération.

Près de 90% de cette récolte part pour les filatures chinoises.
La Chine, très friande de ce produit, parvient difficilement à le cultiver sur ses sols et se tourne vers La Normandie. où le lin se cultive bien en quantité et en qualité. Ses atouts ? « Le terroir, le climat, avec l’alternance de pluie et de soleil, le savoir-faire du liniculteur dans une région où le lin est produit depuis le IXe siècle, énumère un industriel normand. Les Chinois ont énormément de retard à cause de facteurs climatologiques qu’ils ne pourront jamais corriger. »

Informations pratiques : 
Exposition « L’histoire du lin d’hier, d’aujourd’hui et de demain » jusqu’au 29 août de 14h00 à 18h00 du lundi au samedi.
Coopérative Linière du Nord de Caen — Route de Buron à Villons-les-Buissons

Pauline Latrouitte
France 3 Basse-Normandie

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Le lin est historiquement l’une des premières espèces cultivées. La plus ancienne fibre au monde est celle du lin trouvée dans la grotte de Dzudzuana en Géorgie remontant à 36 000 ans.

Récolte de lin pour la Normandie  dans ARTISANAT FRANCAISLe berceau de sa domestication reste encore incertain mais c’est sous l’Égypte des pharaons que l’usage du lin a commencé à se développer : sa production, attestée il y a plus de 6 000 ans, servait à confectionner vêtements, tissus funéraires, voiles de bateaux, cordages ou filets. Les graines étaient consommées pour leurs qualités nutritives.

La culture du lin a ensuite essaimé de proche en proche au cours de l’époque néolithique, jusqu’à l’Europe, grâce aux Phéniciens, hardis navigateurs de l’Antiquité.

En France, les Gaulois auraient cultivé le lin dans la vallée de la Lys bien avant la conquête des Gaules par Jules César. Le lin a été introduit par Charlemagne - il fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les domaines royaux dans le capitulaire De Villis (fin du viiie ou début du ixe siècle) – et c’est à partir du xie siècle que son utilisation s’est généralisée. La Tapisserie de Bayeux est l’exemple le plus célèbre de la présence du lin à cette époque.

En ce temps là, le lin était considéré comme une plante magique associée à la magie blanche. Au XIIIe siècle, l’école de médecine de Salerne indique que « rôties, les graines de lin sont diurétiques et apéritives ».

Au xiiie siècle, sa culture s’est développée dans les Flandres, la Bretagne et l’Anjou.

C’est au xviie siècle que l’utilisation du lin a atteint son apogée. Il entrait alors dans la fabrication des toiles fines de Cambrai, des toiles dites « Bretagne superfine », des dentelles comme celles du point d’Alençon, des blouses, des chemises, des mouchoirs. Les surfaces cultivées ont atteint 300 000 ha, avec un rendement de 600 kg de fibres par hectare. Louis XIV, par l’abolition de l’édit de Nantes, entraîne l’exil de nombreux huguenots qui ont emporté avec eux leur savoir-faire de la liniculture en Irlande (avec son berceau Lisburn), en Suisse ou aux Pays-Bas. L’importation de grands volumes de coton a vu cette fibre remplacer progressivement le lin au cours du xviie siècle (à la fin de ce siècle, 18 % des fibres textiles étaient en lin, 78 % en laine).

Au début du xixe siècle, c’est Philippe de Girard qui, avec son invention de la machine à filer le lin, a permis au nord de la France de devenir l’un des premiers centres de filatures industrielles d’Europe, comme avec la batiste originaire de Cambrai.

Au xixe siècle, la filature et le tissage sont entrés dans l’ère de l’industrialisation. En France, les petits lots produits dans les fermes ne convenaient plus aux industriels et les surfaces de lin ont chuté à 100 000 hectares. Ce déclin a été accentué par l’utilisation intensive du coton. La production française n’était plus que de 20 000 ha avant 1945.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’arrivée en France d’agriculteurs belges a relancé la culture du lin et les surfaces cultivées ont atteint 50 000 ha. Les décennies suivantes ont vu l’apparition de la mécanisation agricole et de la création variétale ainsi que le perfectionnement du teillage.

Aujourd’hui, en France, la culture représente entre 55 000 et 75 000 ha selon les années et le lin n’a rien perdu de son caractère noble et naturel, alliant savoir-faire techniques et modernité.

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Les fibres sont des cellules situées dans la tige entre l’écorce et le « bois ». Les fibres forment des massifs, ou faisceaux, disposés en un arrangement circulaire autour du bois. Dans la direction longitudinale, les fibres sont collées les unes aux autres, très fortement soudées par un ciment interstitiel, de telle sorte que les faisceaux fibreux présentent une longueur sensiblement égale à celle de la tige. Dans la section complète de la tige, on compte 20 à 40 faisceaux composés chacun de 20 à 40 fibres. La longueur des fibres varie entre 10 et100 mm, et leur diamètre varie de 20 à 40 microns. À maturité des plantes, les fibres représentent environ 25 % de la masse sèche des tiges.

Les fibres ont une structure tubulaire à faible élasticité (allongement à la rupture de 1 à 2 %) et à forte ténacité (l’une des fibres naturelles les plus solides), qui assure la protection de la plante contre les intempéries, les micro-organismes, ainsi que les insectes et les herbivores.

À maturité, les cellules fibreuses sont complètement entourées des différentes couches formant les parois. De l’extérieur vers l’intérieur on distingue la paroi primaire PI, puis les trois couches S1 à S3 de parois secondaires.

Les parois secondaires qui assurent l’essentiel des propriétés mécaniques des fibres sont composées de microfibrilles de cellulose unidirectionnelles, entourées de polysaccharides matriciels, tels que les pectines ou les hémicelluloses.

La cellulose est un homopolysaccharide composé d’unités β-D-glucose liées entre elles par une liaison (1,4). Les différentes chaînes de cellulose sont reliées par des liaisons Hydrogène reproduites de façon très régulière entre les groupements OH des différentes chaînes. Les pectines sont les polysaccharides les plus importants avec la présence de galactanes et de rhamnogalacturonanes de type I. Les hémicelluloses sont essentiellement des β-1-4 glucanes, mais également des glucomannanes, galactomannanes…

Le rôle des pectines est, d’une part, d’assurer la cohésion entre les faisceaux de fibres en formant un complexe avec les ions calcium et, d’autre part, dans la paroi secondaire, de constituer une matrice enrobant les microfibrilles de cellulose. Les fibres comportent également d’autres polymères chargés négativement, et des protéines (notamment riche en glycine). La composition des fibres varie selon l’origine et la variété de la plante.

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Les Ruraux et leurs savoirs faire

Posté par francesca7 le 3 août 2015

 

images (2)Des grains, des fèves, des lentilles et du lin
Au mois de novembre, on sème le froment et le blé : c’est, du reste, le temps véritable des semailles ; et l’ensemencement est alors général. Cinq boisseaux de l’un et de l’autre grain couvrent un arpent. C’est aussi le moment de semer l’orge. On sème les fèves au commencement du mois. Elles demandent un terrain gras ou fumé, ou une vallée fertilisée par les sucs qu’elle reçoit des hauteurs voisines. On commence par les semer, ensuite on laboure, et l’on forme des sillons. Elles veulent être bien hersées pour être mieux couvertes.

Selon quelques agriculteurs, lorsqu’on sème des fèves dans un terrain froid, il ne faut pas briser les mottes, afin que les germes puissent s’y tenir à l’abri des gelées blanches. On croit généralement que si les fèves font peu de tort à la terre, elles ne la fertilisent point. Aussi Columelle dit-il qu’un champ resté oisif l’année précédente, sera plus propre aux blés que celui où l’on aura récolté des fèves. Six boisseaux de fèves suffisent pour ensemencer un arpent de terre grasse ; il en faut davantage quand elle est médiocre. Elles réussissent bien dans un sol compact ; elles ne supportent pas un terrain maigre et couvert de brouillards. On doit avoir soin de les semer au quinzième jour de la lune, pourvu qu’elle n’ait pas encore reflété les rayons du soleil.

Quelques-uns préfèrent le quatorzième jour. Suivant les Grecs, si l’on trempe les fèves dans du sang de chapon, avant de les semer, elles n’auront aucune herbe nuisible à redouter. Elles viendront plus tôt si on les attendrit, la veille, dans l’eau, et cuiront aisément si on les arrose d’eau de nitre. On sème à présent les premières lentilles, comme il a été dit au mois de février. On pourra aussi semer la graine de lin dans tout le mois de novembre.

Des nouveaux prés et des nouvelles vignes
C’est surtout au commencement de ce mois qu’on peut former de nouvelles prairies. Plantez aussi des vignes, durant tout ce mois, dans les terrains chauds et secs ou exposés au soleil. Il est encore à propos de les provigner, de fouir la terre, dans les pays froids, au pied des jeunes ceps, ainsi que des plants d’arbres, et de les recouvrir à cette époque et avant les ides. Coupez maintenant les marcottes, c’est-à-dire la partie arquée des provins, trois ans après qu’ils ont été mis en terre.

Des vieilles souches de vignes
Vous déchausserez, à présent et plus tard, pour le saturer de fumier, si leur souche est saine et vigoureuse les vieilles vignes qui forment le berceau ou qui grimpent le long des perches. Taillez de près avec un instrument aigu, à trois ou quatre pieds au-dessus du sol, les sarments les plus verts, et excitez la sève en remuant fréquemment la terre. A l’endroit de la taille, comme le dit Columelle, s’élève ordinairement un bourgeon qui aux approches du printemps, produit un bois destiné à remplacer les vieilles souches.

De la taille des vignes et des plants d’oliviers
La taille d’automne a lieu maintenant pour les vignes et pour les arbres, surtout dans les pays dont la température est douce. On élague aussi les plants d’oliviers, et on récolte les olives dont on doit faire la première huile, quand elles commencent à tourner ; car lorsqu’elles sont toutes noires, elles perdent en qualité, quoique l’abondance de leur huile dédommage de cette perte. La taille des oliviers et celle des autres arbres est salutaire, si le climat s’y prête, lorsqu’on en coupe les cimes et qu’on laisse croître en liberté les surgeons sur les flancs. Mais dans un pays inculte et abandonné, on dépouille tout le tronc de l’arbre par le bas, afin que, dépassant la stature des animaux, il s’élève au-dessus de leurs atteintes, et se protège ainsi lui-même par sa hauteur.

Des plants d’oliviers
On forme aussi, à présent, des plants d’oliviers dans les pays chauds et les climats secs, d’une manière similaire à celle prescrite au mois de février. L’olivier se plaît sur les collines qui le défendent d’une trop grande humidité. Il aime à être fréquemment ratissé, engraissé à force de fumier, et mollement agité par les vents qui le fertilisent. On applique encore, ce mois-ci, aux oliviers stériles les remèdes indiqués plus haut. C’est le temps favorable pour fabriquer les paniers, les pieux et les échalas. C’est aussi l’époque convenable pour faire l’huile de laurier dans les climats tempérés.

Des jardins
Ce mois-ci, il est bon de semer l’ail ordinaire et l’ail d’Afrique, surtout dans une terre blanche bêchée et travaillée, mais non fumée. Vous tracerez des sillons sur des planches, et vous déposerez ces semences sur la crête, à quatre doigts l’une de l’autre, sans trop les enfoncer. Vous les sarclerez souvent pour les faire croître davantage. Si vous voulez que l’ail ait une grosse tête, il faudra le fouler dès que sa tige commencera à monter : la sève se reportera vers les gousses. Semé et arraché quand la lune n’est pas sur l’horizon, il n’a point, dit-on, de mauvaise odeur. On le conserve en le couvrant de paille, ou en le suspendant à la fumée. On peut encore semer à présent la ciboule et planter des pieds d’artichauts. On sème aussi le raphanisaigre et la sarriette.

Des arbres fruitiers
A cette époque, dans les pays chauds, et en janvier dans les autres, semez les noyaux de pêche dans des planches façonnées, en mettant deux pieds d’intervalle entre l’un et l’autre, pour les transplanter lorsque les tiges auront grandi. Vous tournerez la pointe des noyaux en bas, sans les enfoncer à plus de deux ou trois doigts de profondeur. Quelques-uns font sécher les noyaux peu de jours avant de les semer, et les gardent dans des paniers qu’ils remplissent pêchers réussissent partout ; mais, pour qu’ils soient aussi remarquables par la beauté de leurs fruits et de leur feuillage que par leur durée, il leur faut un climat chaud, un sol sablonneux et humide. Dans les pays froids et tourmentés par les vents, ils meurent, à moins qu’ils ne soient abrités.

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Tant que les tiges des pêchers sont délicates, remuez souvent la terre à leurs pieds pour les délivrer des mauvaises herbes. Quand ils auront deux ans, vous ferez bien de les transplanter dans une petite fosse, en ayant soin de ne pas les séparer beaucoup les uns des autres, afin qu’ils se protégent mutuellement contre l’ardeur du soleil. Déchaussez-les pendant l’automne, et fumez-les avec leurs propres feuilles. Ils se taillent en automne : on n’enlève que les rameaux arides et pourris ; car si on en coupe une branche verte, ils se dessèchent. Quand ils sont languissants, on les arrose avec de la lie de vin vieux mêlée d’eau. Suivant les Grecs, pour avoir des pêches qui portent des caractères, on enterre des noyaux, et, sept jours après, quand ils commencent à s’ouvrir, on en retire l’amande, et l’on y écrit ce qu’on veut avec du cinabre ; puis on les rajuste et on les attache soigneusement avant de les mettre en terre.

Les différentes espèces de pêches sont les duracines, les précoces de Perse, et celles d’Arménie. Si l’ardeur du soleil dessèche un pêcher, il faut l’environner souvent de terre entassée, l’arroser le soir, et le protéger par quelques ombrages. Il est bon d’y suspendre une peau de serpent. Pour le préserver maintenant des brouillards, entourez-le de fumier, ou bien arrosez-le avec de la lie de vin mêlée d’eau, ou mieux avec de l’eau où auront cuit des fèves. Si un pêcher souffre des vers, tuez-les avec de la cendre pétrie dans du marc d’huile ou avec de l’urine de bœuf mélangée avec un tiers de vinaigre.

Si ses fruits sont sujets à tomber, enfoncez un coin de lentisque ou de térébinthe, soit dans la racine découverte, soit dans le tronc, ou bien percez l’arbre par le milieu, et mettez-y une cheville de saule. S’il donne des fruits ridés ou sujets à se pourrir, coupez l’écorce vers le bas du tronc, et, quand il en sera sorti un peu d’humidité, fermez la plaie avec de l’argile ou avec un mélange de boue et de paille. Le pêcher donne de gros fruits, si, durant sa floraison, on l’arrose pendant trois jours, avec trois setiers de lait de chèvre. Si cet arbre est malade, on le lie avec du genêt d’Espagne, ou bien on suspend une espartille à ses branches.

Le pêcher se greffe au mois de janvier ou de février dans les pays froids, et au mois de novembre dans les pays chauds, presqu’à fleur de terre, avec des scions vigoureux qui auront poussé au pied de l’arbre ; autrement la cime ne prendrait point, on ne pourrait durer longtemps. Il se greffe sur lui-même, sur l’amandier et le prunier ; mais les pêchers d’Arménie, ainsi que les pêchers précoces, prennent mieux sur les pruniers, comme les pêchers duracins sur les amandiers , et ils atteignent un âge avancé. On peut écussonner le pêcher au mois d’avril ou de mai dans les pays chauds. On les greffe de cette manière en Italie à la fin de l’un et de l’autre de ces mois, ou au mois de juin ; c’est ce qu’on appelle emplastration. On coupe le tronc par en haut, et l’on y applique plusieurs bourgeons, suivant la méthode prescrite. L’amandier donne des fruits rouges, quand il a été greffé en fente sur le platane.

On conserve les pêches duracines en les confisant dans la saumure et l’oxymel, ou en les faisant sécher au soleil, comme des figues, après en avoir extrait les noyaux, et en les suspendant. On les conserve également bien en bouchant leur ombilic avec une goutte de poix brûlante pour les faire nager dans un bocal de sapa que l’on tient fermé.

Le pin fait, dit-on, prospérer tout ce qui croît sous son ombre. On sème les pignons au mois d’octobre ou de novembre dans les pays chauds et secs, au mois de février ou de mars dans ceux qui sont froids ou humides. Les pins aiment un sol maigre, et particulièrement un sol voisin de la mer. Les plus gros et les plus élevés se trouvent dans les rochers et les montagnes ; ils prennent un essor plus vigoureux dans les lieux humides et battus des vents. Mais, qu’on les plante sur les montagnes ou ailleurs, on leur assignera un terrain qui ne puisse convenir à aucun autre arbre. Après avoir bien labouré et nettoyé le sol, on y sèmera les pignons, comme du blé, en ayant soin de les recouvrir de terre avec un léger sarcloir, parce qu’ils ne doivent pas être enfoncés à plus d’un palme de profondeur.

Quand cet arbre est jeune et faible encore, il faut prendre garde que les bestiaux ne le foulent aux pieds. Il profitera si l’on trempe les pignons dans l’eau trois jours avant de les semer. Quelques personnes prétendent que la transplantation les adoucit. Voici les soins qu’elles prennent pour cette opération. Elles commencent par entasser dans des vaisseaux remplis de terre et de fumier une grande quantité de pignons. Lorsqu’ils sont venus, elles les retirent tous, à l’exception du plus vigoureux. Dès que l’arbrisseau a pris un accroissement convenable, elles le transplantent, à l’âge de trois ans, sans le retirer du vaisseau, qu’elles brisent. Ensuite, pour donner aux racines la liberté de s’étendre dans la fosse, elles mêlent avec la terre du fumier de cavale, en superposant des couches successives de l’une et de l’autre. On aura soin que la racine pivotante de l’arbrisseau soit transférée saine et entière jusqu’à la pointe qui la termine.

La taille avance tellement les jeunes pins, qu’elle double les progrès qu’on avait espérés. On peut aussi laisser les pignons sur l’arbre jusqu’à cette époque pour les cueillir plus mûrs ; on doit néanmoins les cueillir avant qu’ils s’ouvrent. Il est nécessaire de les peler pour les conserver. Cependant quelques-uns assurent qu’on peut les garder avec leurs coques dans des vases d’argile neufs et remplis de terre.

Si vous semez en automne des noyaux de prunes, enfouissez-les à la profondeur de deux palmes, au mois de novembre, dans un terrain meuble et labouré. On les sème aussi au mois de février ; mais il faut alors les laisser tremper pendant trois jours dans de l’eau de lessive, pour les faire germer promptement. On plante encore les pruniers en rejetons tirés du tronc de l’arbre, à la fin du mois de janvier ou vers les ides de février, après en avoir fumé les racines. Ils se plaisent dans un terrain fertile et humide. Ils réussissent mieux sous une latitude chaude, quoiqu’ils puissent supporter un climat froid.

 

Dans les terrains remplis de pierres et de gravier, en les fumant, on empêche leurs fruits de tomber et d’être attaqués par les vers. Arrachez les surgeons de leurs racines, à l’exception des plus droits, que vous conserverez pour les planter. Lorsqu’un prunier languit, répandez sur ses racines du marc d’huile à moitié coupé d’eau, ou simplement du pissat de bœuf, ou de la vieille urine humaine mêlée de deux tiers d’eau, ou enfin des cendres prises au four, et surtout des cendres de sarment. Si les prunes sont sujettes à tomber, percez la racine de l’arbre, et enfoncez-y une cheville d’olivier sauvage. Vous tuerez les fourmis et les vers en la frottant de terre rouge et de poix liquide ; mais faites-le avec ménagement, si vous ne voulez pas nuire à l’arbre et changer le remède en poison. Il profite lorsqu’on l’arrose souvent et qu’on en remue constamment le sol.

On greffe le prunier en fente plutôt sur le tronc que sous l’écorce, à la fin du mois de mars ou au mois de janvier, avant qu’il commence à jeter sa gomme. Il se greffe sur lui-même et reçoit la greffe du pêcher, de l’amandier ou du pommier ; mais cette greffe ne donne que des arbres petits et dégénérés. On sèche les prunes au soleil, sur des claies, dans un lieu à l’abri de toute humidité : ce sont celles qu’on appelle prunes de Damas. D’autres plongent les prunes nouvellement cueillies dans de l’eau de mer ou dans de la saumure bouillante, et, après les en avoir retirées, les font sécher au four ou au soleil.

Les châtaigniers se propagent non seulement par plants qui viennent d’eux-mêmes, mais encore par la graine. Quand on les plante à l’état d’arbres, ils sont si languissants que souvent on doute pendant deux ans s’ils vivront. Il faut donc semer les châtaignes elles-mêmes, c’est-à-dire la semence du châtaignier, au mois de novembre et de décembre, ainsi qu’au mois de février. Choisissez, pour les mettre en terre, des châtaignes qui soient fraîches, grosses et mûres.

Si vous les semez en novembre, elles viendront aisément, car elles sont alors dans les conditions favorables ; mais si c’est en février, voici la méthode à suivre pour les conserver jusque-là. Faites-les sécher en les étalant à l’ombre ; puis transportez-les dans un lieu étroit et sec, où vous les entasserez, en ayant soin de les couvrir toutes de sable de rivière. Au bout de trente jours, retirez-les du sable pour les tremper dans l’eau fraîche : celles qui seront saines iront au fond, les autres surnageront. Recouvrez de sable celles que vous aurez éprouvées, et renouvelez l’épreuve trente jours après. Quand vous aurez répété trois fois cette opération jusqu’au commencement du printemps, vous sèmerez celles qui seront restées en bon état. Quelques-uns les conservent dans des vases qu’ils couvrent également de sable.

Les châtaigniers aiment un sol meuble et tendre, mais non sablonneux ; ils viennent néanmoins dans le sablon humide. La terre noire leur convient, de même que le carboncle et le tuf pulvérisé. Ils croissent difficilement dans un sol compact et dans la terre rouge ; ils ne peuvent naître ni dans l’argile ni dans le gravier. Ils recherchent les latitudes froides, sans dédaigner pourtant les climats qui joignent la chaleur à l’humidité. Ils se plaisent sur les pentes, dans des lieux frais, surtout dans ceux qui regardent le nord.

Vous façonnerez donc, à la profondeur d’un pied et demi ou de deux pieds, tout le terrain que vous destinerez aux châtaigniers, en y traçant avec la charrue des sillons parallèles ou croisés. Lorsque le sol sera saturé de fumier et bien dissous, vous y sèmerez les châtaignes à neuf pouces au plus de profondeur, et vous planterez un piquet auprès de chaque ensemencement pour en reconnaître la place. Vous en mettrez trois ou cinq à la fois dans le même trou, en séparant les tas de quatre pieds l’un de l’autre.

Si l’on veut transplanter les châtaigniers, il faut attendre qu’ils aient deux ans. La châtaigneraie aura des rigoles, afin que les eaux, en séjournant, n’y déposent pas un limon qui étoufferait les germes. On peut, si l’on veut, propager les châtaigniers à l’aide des rejetons inférieurs qui sortent de leurs racines. On doit fouir sans cesse les nouveaux plants. Ils acquièrent plus de développement quand on les taille aux mois de mars et de septembre. On greffe le châtaignier sous l’écorce au mois de mars ou d’avril, quoiqu’il vienne également bien quand il est greffé sur le tronc. On peut aussi l’écussonner. Il se greffe sur lui-même et sur le saule ; mais sur le saule, ses fruits sont plus tardifs et plus âpres au goût.

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On conserve les châtaignes, soit en les étalant sur des claies ou en les enfonçant dans du sablon sans qu’elles se touchent ; soit en les mettant dans des vases neufs d’argile et en les descendant dans un souterrain sec ; soit en les serrant, enduites de boue, dans des coffres fabriqués avec des baguettes de hêtre et fermés hermétiquement ; soit en les couvrant de paille d’orge hachée, ou en les enfermant dans des mannequins d’un tissu très serré, faits avec des herbes marécageuses.

Plantez, ce mois-ci, dans les terrains chauds et secs, des poiriers sauvages, que vous pourrez greffer plus tard, ainsi que des pommiers, des grenadiers, des cognassiers, des citronniers, des néfliers, des figuiers, des cormiers, des caroubiers, des cerisiers sauvages et des boutures de mûrier. Semez également des amandes et des noix dans vos pépinières.

Des abeilles Au commencement de ce mois, les abeilles font du miel avec des fleurs de tamarin et d’autres plantes sauvages ; ne leur enlevez pas ce miel : réservez-le pour l’hiver. Nettoyez les ruches dans le courant de ce mois, parce que durant tout l’hiver on ne doit ni les remuer ni les ouvrir. Choisissez, pour cela, un beau jour de soleil, et, avec des plumes fermes de grands oiseaux, ou quelque autre instrument semblable, balayez toutes les parties de la ruche où votre main ne pourra pas atteindre. Bouchez ensuite avec un mélange de boue et de bouse de vache toutes les fentes extérieures, et pratiquez au-dessus des ruches des espèces de portiques avec du genêt ou d’autres matières propres à les couvrir, afin qu’elles puissent être à l’abri du froid et des mauvais temps.

Des vignes chargées de feuilles et qui ne portent pas de fruits Taillez maintenant de près ; dans les terrains chauds et exposés au soleil, les vignes qui, privées de raisins et couvertes de pampres, compensent la disette du fruit par l’abondance du feuillage. Cette taille se fera, dans les terrains froids, au mois de février. Si ce vice ne se corrige pas, il faudra les fouir, et entasser à leur pied du sable de rivière ou de la cendre. Quelques-uns enfoncent des pierres dans les sinuosités de leurs racines.

Des vignes stériles Une vigne stérile doit, suivant les Grecs, être soignée dans les mêmes temps et dans les mêmes lieux de la manière qui suit : Fendez la souche, enfoncez-y une pierre, et répandez à l’entour quatre cotyles de vieille urine humaine, de manière que les racines en soient imprégnées ; ensuite ajoutez-y un mélange de terre et de fumier, et retournez le sol entier autour des racines.

Des plants de rosiers C’est sans doute dans le mois de février qu’on forme les plants de rosiers ; mais on pourra les faire ce mois-ci dans les terrains chauds, exposés au soleil et voisins de la mer. Manquez-vous de plants, et voulez-vous néanmoins vous procurer beaucoup de rosiers avec le petit nombre de ceux que vous possédez ; coupez des rejetons de quatre doigts garnis de boutons et de nœuds ; couchez-les en terre comme des provins, fumez-les et arrosez-les. Quand ils auront un an, vous les transplanterez en les espaçant d’un pied. Vous remplirez ainsi de rosiers le terrain que vous destinez à ce genre de plantation.

Moyens de conserver du raisin sur le cep jusqu’au printemps Voulez-vous conserver du raisin sur le cep même jusqu’au commencement du printemps ; d’après les Grecs, creusez dans un lieu frais, autour d’une vigne chargée de fruits une fosse de trois pieds de profondeur sur deux de large ; étendez-y du sablon ; plantez-y des roseaux, auxquels vous enlacerez avec soin les sarments garnis de raisins, en les attachant, sans altérer les grappes, de manière qu’elles ne touchent pas le sol, et recouvrez le tout pour que la pluie ne puisse pas y pénétrer. Désirez-vous conserver longtemps des grappes sur un cep ou des fruits sur un arbre ; les Grecs nous prescrivent encore de les mettre dans des vases d’argile percés par le fond et bien fermés par le haut, quoiqu’il suffise de couvrir les fruits de plâtre pour les conserver longtemps.

Des brebis et des chèvres C’est ce mois-ci que naissent les premiers agneaux. Dès qu’un agneau sera né, approchez-le du pis de sa mère, en ayant soin de tirer auparavant un peu de lait, parce que ces premières gouttes que les bergers appellent colostra, étant d’une nature trop épaisse, incommoderaient les agneaux, Enfermez-les d’abord pendant deux jours avec leurs mères ; ensuite gardez-les dans des enclos sombres et chauds, où vous les tiendrez à part, afin d’envoyer leurs mères aux pâturages. Il suffira de laisser téter les agneaux le matin avant la sortie de leurs mères, et le soir lorsqu’elles reviendront rassasiées. Vous les nourrirez dans l’étable avec du son, de la luzerne ou de la farine d’orge, si vous en avez suffisamment, jusqu’à ce que l’âge leur ait donné la force de paître avec leurs mères.

Les pâturages bons pour les brebis sont ceux que fournissent les jachères ou les prairies sèches. Ceux des marais leur sont funestes ; ceux des forêts nuisent à leur laine. Pour vaincre leur dégoût, saupoudrez fréquemment leur pâture de sel, ou offrez-leur-en souvent dans des auges. En hiver, si vous manquez de foin, nourrissez-les de paille ou de vesce, ou, ce qu’on peut plus aisément se procurer, donnez-leur des feuilles d’orme ou de frêne mises en réserve.

En été, menez-les paître au point du jour, lorsque la rosée ajoute une douceur exquise au gazon attendri. A la quatrième heure, quand la chaleur se fait sentir, présentez-leur de l’eau pure d’une rivière, d’un puits ou d’une fontaine. Vers le milieu du jour, qu’une vallée ou un arbre touffu les garantisse des feux du soleil. Lorsqu’au déclin du jour la chaleur s’amortira et que les premières gouttes de la rosée du soir humecteront la terre, ramenez le troupeau aux pâturages. Pendant la canicule, et dans le cours de l’été, les brebis doivent paître la tête toujours détournée du soleil. Au printemps comme en hiver, ne les conduisez dans les prairies que lorsque les gelées blanches sont fondues, parce que l’herbe couverte de givre leur occasionne des maladies. Il suffira aussi de les mener boire alors une fois par jour.

Les brebis grecques, comme celles d’Asie ou de Tarente, ne paissent pas communément dans les prés ; on les renferme dans une étable dont le sol est recouvert de planches trouées pour laisser un passage à l’humidité, qui n’endommage pas alors leur précieuse toison quand elles sont couchées. On les frotte trois fois l’an avec de l’huile et du vin, par un beau soleil, après les avoir lavées. Pour les préserver dès serpents qui se cachent quelquefois sous les crèches, brûlez souvent dans les étables du cèdre, ou du galbanum, ou des cheveux de femme, ou du bois de cerf.

Donnez à présent le bouc à vos chèvres, afin de pouvoir élever les chevreaux au commencement du printemps. Choisissez ceux qui ont deux petites glandes pendant sous les mâchoires, la taille haute, les jambes grosses, le cou fort et ramassé, les oreilles souples et tombantes, la tête petite, le poil lisse, épais et long. Même avant l’âge d’un an, ils peuvent couvrir les chèvres ; mais pas après six années. Les chèvres auront à peu près la taille des boucs. Choisissez celles qui ont de grandes mamelles.

Ne renfermez pas dans le même enclos une aussi grande quantité de chèvres que de brebis. Ecartez-en la boue et le fumier. Outre le lait que les chevreaux auront en abondance, donnez-leur souvent du lierre, des cimes d’arbousier et de lentisque. A trois ans, les chèvres peuvent très bien nourrir leurs petits. Vendez ceux dont les mères sont trop jeunes, mais ne gardez pas celles-ci après leur huitième année, parce que ce bétail devient stérile dans un âge avancé.

De la récolte des glands
Occupez-vous, dans ce temps-ci, de ramasser le gland et de le conserver. Les femmes et les enfants feront aisément cette récolte, comme celle des olives.

Des bois à couper
Coupez à présent les bois de construction, quand la lune est en décours. Si vous voulez abattre un arbre, laissez-le quelque temps sur pied, après y avoir enfoncé la hache jusqu’à la mœlle, pour que la sève qui reste dans ses vaisseaux s’écoule par cette plaie. Voici les arbres les plus utiles : le sapin des Gaules, s’il n’est pas lavé, est léger, ferme, et dure éternellement dans les ouvrages faits à sec ; le mélèze offre un bois excellent : soutenez les tuiles d’un bâtiment avec des planches de cet arbre, sur le devant comme aux extrémités des toits, et vous n’aurez pas à craindre d’incendie, parce que ces planches ne peuvent ni s’enflammer ni se carboniser ; le grand chêne résiste longtemps dans les constructions souterraines, et fournit des pieux qui ont quelque durée ; le petit chêne donne un bois propre aux édifices et bon pour les échalas.

Employé dans les champs, dans les maisons et dans tous les ouvrages intérieurs, le châtaignier est d’une admirable solidité : il n’a d’autre défaut que son poids ; le hêtre convient aux ouvrages faits à sec, l’humidité le pourrit ; les deux espèces de peupliers, le saule et le tilleul sont nécessaires à la sculpture ; l’aune, qui ne vaut rien pour les constructions, forme de solides pilotis clans un terrain humide ; la sécheresse raidit l’orme et le frêne : naturellement souples, ils servent à fabriquer des liens ; le charme est très utile ; le cyprès est excellent ; le pin ne dure que dans les ouvrages faits à sec. En Sardaigne, pour l’empêcher de se pourrir promptement, on place, durant une année entière, au fond d’un bassin, des poutres de ce bois avant de les mettre en œuvre, ou bien on les enterre dans le sable au bord de la mer, pour qu’à claque marée montante le flot baigne la nasse qui les recouvre. Le cèdre dure longtemps à l’abri de l’humidité. Tous les arbres coupés à l’exposition du midi sont les meilleurs : ils sont plus hauts sans doute du côté du nord, mais ils s’altèrent aisément.

téléchargementDe la transplantation des grands arbres
Transplantez, ce mois-ci, les grands arbres venus dans des terrains secs, chauds et exposés au soleil, après en avoir coupé les branches, sans endommager les racines. Ne leur épargnez ni le fumier ni les arrosages.

De la confection de l’huile selon les Grecs
Voici la manière de faire l’huile, d’après les Grecs. Cueillez en un jour autant d’olives que vous pourrez en pressurer la nuit suivante. Appuyez légèrement sur la meule pour en extraire la première huile : le bris des noyaux la gâterait ; aussi ne doit-elle être faite qu’avec la chair des olives. Que les paniers soient faits de baguettes de saule : ce bois contribue, dit-on, à la bonté de l’huile. La meilleure est celle qui coule d’elle-même. Mettez du sel et du nitre dans l’huile nouvelle pour achever de l’épaissir ; puis, lorsque le marc sera déposé, transvasez-la pure, au bout de trente jours, dans des bocaux de verre. La seconde huile se fait comme la première ; mais on broie les olives avec une meule un peu plus forte.

De l’huile semblable à celle de Liburnie
Pour faire de l’huile semblable à celle de Liburnie, disent les auteurs grecs, mêlez dans de bonne huile verte de l’aunée sèche, des feuilles de laurier et du souchet, le tout broyé ensemble et passé par un crible fin avec du sel grillé et égrugé. Remuez longtemps ce mélange, et lorsque l’huile sera reposée, au bout de trois jours ou un peu plus tard, faites-en usage.

De l’épuration de l’huile
Quand l’huile est trouble, les Grecs conseillent d’y jeter du sel grillé tout chaud, et de la couvrir avec soin : par ce moyen, elle ne tarde pas à s’épurer.

De l’huile infecte
Si l’huile porte une odeur infecte, broyez des olives vertes, et mettez-en deux chœnix dans un métrétès d’huile ; si vous n’avez pas d’olives, broyez de même des tiges tendres d’olivier. Quelques-uns mêlent les unes et les autres, et y ajoutent du sel. Ils enveloppent le tout d’un linge, et les suspendent ainsi dans le vase d’huile : au bout de trois jours, ils le retirent et transvasent le liquide. D’autres y mettent de vieilles briques fortement chauffées. La plupart y plongent de petits pains d’orge entourés d’un linge clair, et de temps en temps les remplacent par d’autres. Après avoir répété cette opération deux ou trois fois, ils y jettent du sel, transvasent l’huile, et la laissent reposer quelques jours.

Quand un animal, en tombant dans l’huile, l’a corrompue et empestée par sa putréfaction, il faut, selon les Grecs, suspendre une poignée de coriandre dans un métrétès d’huile, et l’y laisser quelques jours. Si la coriandre ne diminue pas la mauvaise odeur, changez-la jusqu’à ce que l’infection disparaisse. Il sera surtout essentiel de survider l’huile au bout de six jours dans des vases propres, particulièrement dans ceux qui auront auparavant contenu du vinaigre. Quelques-uns mêlent dans l’huile de la graine de fenugrec sèche et broyée, ou y éteignent souvent des charbons de bois d’olivier enflammés. Si l’huile sent l’aigre, ils veulent qu’on y plonge des résidus de raisin, après les avoir broyés et réduits en pâte.

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De l’huile rance
Les Grecs disent qu’on peut corriger ainsi l’huile rance. Jetez-y de la cire blanche fondue dans de l’huile pure et excellente, tandis qu’elle est encore liquide. Ajoutez-y du sel grillé tout chaud, couvrez-le et enduisez-le de plâtre. Par ce moyen, l’huile s’épure, change de goût et d’odeur. Au reste, il faut conserver toutes les huiles dans des caves. Telle est la nature de ce liquide : on l’épure au soleil ou au feu, ainsi qu’avec de l’eau bouillante, quand on la mêle à l’huile dans le même vase.

Comment on confit les olives
C’est aussi dans ce mois que l’on confit les olives. Il y en a de différentes espèces. Voici la manière de les confire dans la saumure. Etendez alternativement sur des claies des olives et du pouliot, et versez entre chaque couche du miel, du vinaigre et un peu de sel ; ou bien étalez les olives sur des tiges de fenouil, d’aneth ou de lentisque, en mettant dessous de petites branches d’olivier ; répandez par-dessus une hémine de sel avec de la saumure, et multipliez ces couches jusqu’à ce que le vase en soit rempli.

Autre recette : Faites macérer dans de la saumure des olives de choix. Quarante jours après, jetez toute la saumure ; mettez dans le vase deux tiers de defrutum et un tiers de vinaigre avec de la menthe hachée ; puis remplissez le vase d’olives jusqu’à ce que la liqueur qu’il contient cesse de les couvrir.

Autre recette : Laissez pendant une nuit entière exposées à la vapeur du bain des olives cueillies à la main, et étendues sur une planche ou sur une claie. Le matin, après les avoir retirées du bain, saupoudrez-les de sel égrugé, et mangez-les ; car vous ne pourrez pas les garder plus de huit jours.

Autre recette : Mettez dans de la saumure des olives qui n’aient point été meurtries. Quarante jours après, vous les retirerez et les couperez avec un roseau tranchant ; puis vous verserez dessus, si vous voulez qu’elles soient douces, deux tiers de sapa et un tiers de vinaigre, ou, si vous voulez qu’elles soient aigres, deux tiers de vinaigre et un tiers de sapa.

Autre recette : Mêlez ensemble un setier de passum, deux poignées de cendre bien criblée, un filet de vin vieux et quelques feuilles de cyprès. Entassez toutes les olives dans ce mélange, saturez-les de cette pâte en les garnissant de plusieurs couches, jusqu’à ce que vous ayez atteint les bords des vases.

Autre recette : Ramassez les olives racornies et ridées qui sont tombées à terre ; saupoudrez-les de sel ; étendez-les au soleil jusqu’à ce qu’elles soient sèches ; disposez alternativement plusieurs couches de laurier et d’olives, en commençant par le laurier ; laissez infuser un bouquet de sarriette dans du defrutum jusqu’à ce qu’il jette deux ou trois bouillons, et, quand ce vin sera refroidi, versez-en sur les olives que vous aurez disposées par couches, en y mêlant un peu de sel ; puis mettez dans le vase une botte d’origan, et arrosez de ce jus les olives.

Autre recette : Faites confire les olives dès qu’elles seront cueillies. Entre chacune des couches, étendez de la rue et du persil, et saturez-les de temps en temps de sel égrugé avec du cumin ; versez par-dessus du miel commun avec du vinaigre, et ajoutez-y encore quelques gouttes d’huile de première qualité.

Autre recette : Cueillez des olives noires, arrangez-les et arrosez-les de saumure. Mettez dans une marmite deux sixièmes de miel, un sixième de vin et une moitié de defrutum. Faites bouillir le tout ensemble ; puis retirez la marmite du feu, remuez-la, et ajoutez-y du vinaigre. Couvrez les olives de tiges d’origan, et versez-y tout le bouillon, quand il sera refroidi.

Autre recette : Arrosez d’eau, pendant trois jours, des olives cueillies à la main avec leurs pédicules ; trempez-les dans la saumure ; retirez-les au bout de sept jours, et mettez-les dans un vase avec une dose égale de vin doux et de vinaigre. Lorsqu’il sera rempli, vous le couvrirez, en y laissant une ouverture pour lui donner de l’air.

D’après De Re rustica de Palladius Rutilius, écrit vers le IVe siècle avant J.-C

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DECOUVERTE DES CRIEURS DE FROMAGES

Posté par francesca7 le 23 juillet 2015

 

 

faire_fromageOn ne se douterait guère que les crieurs de fromage à la crème dont les rues de Paris étaient sillonnées de toutes parts à la belle saison, aient été une des plus anciennes et des plus importantes corporations des vieux temps. A dire le vrai, ils rentraient dans la catégorie des regrattiers, soit des revendeurs, gagne-petit portant de porte en porte leur marchandise et l’offrant aux ménagères ; mais ils avaient reçu comme les autres des règlements dès la fin du règne de saint Louis. 

Aussi bien le fromage n’était-il point d’invention récente au treizième siècle même ; son nom dérivé du mot latin forma, forme, indiquait suffisamment la manière dont on le fabriquait. Dès le neuvième siècle, l’abbé Hilduin en parle dans sa charte aux moines de Saint-Denis, et plus tard Hincmar, dans ses recommandations aux archidiacres, leur enjoint de ne point charger trop les prêtres du diocèse dans leurs tournées pastorales, et de ne leur réclamer que le poisson et le fromage obligés.

Au treizième siècle, les redevances en fromages se payaient couramment ; souvent elles se transformaient en argent comme la plupart des corvées ou des prestations en nature, et elles devenaient un droit, un fermage, qui se louait dans certaines villes comme les droits de boucherie, de vin, ou autres. Nous ignorons si ses variétés étaient aussi nombreuses qu’elles le sont de nos jours, mais il est vraisemblable que les provinces avaient déjà à cette époque leur spécialité comme encore aujourd’hui, suivant qu’elles employaient le lait de vache, de brebis ou de chèvre.

Au temps de Philippe III le Hardi, les mesures de police sur la vente et l’achat du fromage étaient des plus démocratiques. Il était interdit aux marchands d’aller guetter dans les faubourgs de Paris les gens de campagne apportant leur fromage au marché, pour le leur acheter avant qu’on ne l’eût exposé sur la place publique. Cette précaution avait surtout pour but de prévenir la fraude sur la qualité du fromage, mais elle avait aussi un motif bien extraordinaire au treizième siècle, celui de laisser le fromage à la portée de tous, afin « que li povres hommes puissent prendre part avec le riche » ; car si les marchands revendeurs eussent pu accaparer, ils eussent élevé leurs prix et porté leur marchandise à un taux trop haut pour le pauvre monde.

D’autres prohibitions concernaient les acheteurs qui venaient parfois au marché réclamer aux fromagers la part du roi, c’est-à-dire ce droit qu’avait le roi de prendre à plus bas prix les denrées sur les places : certaines ménagères peu délicates se disaient attachées aux cuisines royales et obtenaient à deniers moindres les œufs et les fromages. C’était chose « griève » et que les statuts flétrissaient.

Les fromagers suivirent au Moyen Age la fortune des fruitiers, avec lesquels ils se confondent assez étroitement pour que nous n’ayons point à étudier ces derniers. Les statuts de la corporation des fruitiers furent publiés en 1412 et renouvelés sur la fin du quinzième siècle, au temps du roi Charles VIII. Henri IV en 1608 et Louis XIII en 1612 les homologuèrent à leur tour. Les fruitiers-fromagers avaient des maîtres et des maîtresses, des apprentis et des apprenties ; mais nul fruitier ne pouvait être facteur des marchands forains. 

L’industrie des fromages en tant que fabrication n’est point aussi ancienne qu’on pourrait le croire. Les fabriques de Gruyère ne datent guère que du dix-huitième siècle ; et les ramifications dans la Franche-Comté ne remontent point au delà de 1751. Pourtant le gros fromage rond se faisait isolément dans les villages depuis le seizième siècle, puisque nous voyons les moines de Beaume-les-Messieurs, près de Voitteur, dans le Jura, stipuler dans leurs baux l’obligation pour le fermier de fournir « un gros fromaige tel qu’ils ont accoustumé de les faire. » Les habitants des campagnes jetaient souvent la plus grande partie de leur lait aux pourceaux ou dans les fumiers.

La vente des fromages se faisait le plus généralement sur les places pendant toute la partie qui précéda le seizième siècle. Depuis, les fruitiers ouvrirent boutique et les fromages se vendirent « à fenestres » Les marchands ambulants restèrent malgré tout les plus nombreux de la corporation. Au seizième siècle, ils crient « Fromaige ! » dans les carrefours.

Au dix-septième, nous les trouvons portraiturés par Bonnard sous les traits d’un grand gaillard portant hotte et paniers chargés :

Pour faire trouver le vin bon,
Et dire les bons mots et les fines parolles
Au lieu de trenches de jambon,
Prenés fromage de Marolles.

Donc, au dix-septième siècle, le marolles avait déjà un certain renom. Il en était de même du fromage à la crème.

images (2)Au dix-huitième siècle, on appela « faire des fromages » ce jeu qui chez les jeunes filles consiste à tourner quelques instants sur soi-même et à s’abaisser ensuite subitement pour faire bouffer la jupe et lui donner en effet l’aspect d’un gros fromage rond. Madame Campan raconte dans ses Mémoires que se trouvant à l’âge de quinze ans en qualité de lectrice à la cour, elle s’amusait, malgré la solennité du lieu, à faire des fromages au milieu des salles. Un jour le roi entrant subitement dans une chambre trouva la jeune lectrice enfouie dans la soie de sa robe : il en rit de bon cœur, et, ayant fait venir mademoiselle Victoire : « Ma fille, lui dit-il, faites donc renvoyer un peu dans son couvent la petite lectrice qui fait des fromages, elle pourra en faire là tout à son soûl. »

 

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