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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Les pompiers de 1899

Posté par francesca7 le 4 mars 2013

 

LE SERVICE DE LA POMPE A INCENDIE

Les pompiers de 1899 dans ARTISANAT FRANCAIS 220px-FeuerwehrNuernberg1661Depuis toujours, les petites communes villageoises possèdent un corps de pompiers bénévoles assurant une intervention rapide en cas de sinistre. Il y a 100 ans, son existence fut capitale car beaucoup de maisons dans le village étaient encore ouvertes de chaume…..

« La séance ouverte (du 7 mars 1895), M. le Maire expose que la subdivision de compagnie de sapeurs-pompiers de la commune de Dompierre en Morvan (21) n’a pas d’existence légale. Ce défaut d’organisation a été souvent la cause de démissions non justifiées et d’adhésions peu sérieuses. Dans ces conditions, le service de la pompe à incendie ne présente pas toutes les garanties désirables et il y aurait lieu d’organiser le corps de pompiers actuellement existant conformément au décret du 29 décembre 1875.

Le conseil,

Considérant que la question qui lui est soumise intéresse au plus haut degré la sécurité publique,

220px-Keeling-fire-engine-illustration dans Côte d'OrConsidérant d’autre part que la commune possède depuis longtemps déjà :

  1. Un matériel de secours pouvant suffire à tous les besoins ; pompe avec tous ses accessoires,
  2. Des effets de petite tenue pour au moins vingt hommes, en même temps que des effets d’équipement pour sous-officiers et caporaux,

Que tous les ans, le conseil municipal montre sa sollicitude pour le corps de pompiers en votant une indemnité de 9 F à chaque homme,

Que l’organisation légale de la subdivision n’occasionne par suite aucun surcroît de dépenses à la commune,

A l’unanimité, est d’avis que le corps de pompiers soit organisé conformément à la loi ».

Quelques années plus tar, le 5 Juin 1899,

« Le conseil,

Considérant que les effets d’habillement servant à la subdivision de pompiers sont, par suite d’un long usage, presque entièrement usés, qu’il est juste de tenir compte du dévouement des pompiers en fournissant à ce corps d’élite un uniforme digne de la mission qu’il est appelé à remplir.

A l’unanimité, décide que les quinze hommes formant la subdivision de pompiers seront pourvus d’uniformes neufs en treillis bleu (vestes, pantalons et képis)… »

Cette compagnie de sapeurs-pompiers bénévoles s’est toujours maintenue jusqu’à nos jours, avec un effectif d’environ une douzaine d’hommes. Elle constitue un groupe de « première intervention » rapidement disponible, en cas de sinistre dans la commune, et un renfort appréciable pour le centre de secours du chef-lieu de canton de PRECY SOUS THIL  (21).

Une manœuvre mensuelle assure l’entretien du matériel et la cohésion du groupe.

A l’occasion des manifestations dans le village (source à pied du 8 mai, fête d’été du mois d’août), les pompiers règlent la circulation, assurent aussi la régularité des épreuves, la  sécurité et l’ordre.

REGLEMENT DE LA COMPAGNIE

DE SAPEURS-POMPIERS

Article 1 – La compagnie de sapeurs-pompiers sera composée de quinze hommes, y compris officier, sous-officier et caporaux.

Article 2 – Pour entrer dans la compagnie, il faudra être de bonne vie et mœurs, sans distinction de taille, être robuste et d’un dévouement connu aux incendies.

Article 3 – En cas d’incendie ; chacun devra se rendre autant que possible au magasin des pompiers en casque et ceinture de manœuvre pour se munir des agrès nécessaires, il devra en même temps prévenir les membres de la compagnie qui se trouveront sur son passage afin d’accélérer les secours.

Article 4 – La compagnie aura un caissier qui sera chargé de recevoir les amendes.

Article 5 – Dans le cas où un incendie éclaterait en dehors de la commune tout pompier se trouvant dans la commune de Dompierre en Morvan doit se rendre sur le lieu de l’incendie en casque à moins d’être passible d’une amende ;

Article 6 – Cependant, si un incendie arrivait à Dompierre, il ne serait pas tenu d’avoir son casque, mais autant que possible il doit le mettre pour sa sécurité personnelle.

Article 7 – L’incendie apaisé, nul ne pourra quitte le lieu du sinistre sans la permission du chef et avant que les seaux et les autres agrès ne soient recueillis et comptés au magasin destiné à cet effet.

Article 8 – Tous les mois, on essaiera la pompe pour s’assurer si son jeu ne laisse rien à désirer ; si les boyaux n’ont pas besoin d e réparations.

Ces réunions seront l’occasion d’une parade et de dissertation sur les ressources et les besoins de la compagnie.

Article 9 – Tout pompier, qui prévenu d’un incendie soit à domicile, ou au son de caisse, aura négligé (s’il n’est absent ou malade) de se rendre sur le lieu du sinistre paiera 3 F d’amende ; en cas de récidive sera rayé du contrôle.

Article 10 – Celui qui, invité à un réunion ou à une assemblée concernant le service de la compagnie ne se sera pas rendu au lieu de la réunion fixé par le chef, sera passible pour :

-          La première fois, d’une amende de 3 F.

-          La deuxième fois, d’une amende double,

-          La troisième fois, sera rayé du contrôle.

Article 11 – Aucun motif ne pourra dispenser les membres de la compagnie de se présenter à la réunion ou assemblée, dont il est parlé à l’article 1O, excepté en cas de maladie ou d’indisposition reconnue.

Article 12 – Toute désobéissance ou insubordination envers les chefs sera jugée par l’officier commandant et, suivant la gravité, par la commission choisie à cet effet.

Article 13 – Le sous-lieutenant paiera les amendes simples, ainsi que le sergent et les caporaux ; pour les amendes doubles ces sommes seront doublées.

Article 14 – Tout pompier qui, dans une réunion ou assemblée, se portera à des voies de fait envers un autre membre de la compagnie sera immédiatement et définitivement expulsé de la compagnie.

Article 15 – Le plus profond silence doit être observé dans les réunions et défense de fumer pendant les séances.

Article 16 – Tout pompier qui aura des observations  à faire ne pourra les faire qu’après avoir demandé la parole au sous-lieutenant ou au chef qui présidera la réunion.

Article 17 – Le produit des amendes ou gratifications sera indexé tous les ans et l’emploi en sera réglé en assemblée générale.

Article 18 – Tout individu qui se présentera pour entrer dans la compagnie, ne sera reconnu pompier qu’après avoir été accepté par la majorité de la compagnie.

Article 19 – En rentrant d’un incendie, un appel sera fait et une amende sera appliquée au contrevenant.

Article 20 – Tout pompier de la compagnie n’habitant pas la commune ne pourra pas e faire remplacer et sera rayé des contrôles ;

Article 21 – En cas de décès d’un membre de la compagnie, tous les autres seront tenus d’assister à ses funérailles ou à moins passibles d’une amende comme à l’article 19. 

Article 22 – Le présent règlement est obligatoire et sera signé par tous les membres de la compagnie.

Il restera entre les mains de l’officier chef des pompiers et sera lu dans les réunions.

 les-pompiers dans HUMEUR DES ANCETRES

Issu de cent ans de vie rurale à Dompierre en Morvan (21) d’A.MONIN

 

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Foires et Marchés : La Louée de Précy

Posté par francesca7 le 4 mars 2013

 

Foires et Marchés : La Louée de Précy dans ARTISANAT FRANCAIS la-louee-300x187Pour vendre leurs produits fermiers et acheter ce dont ils ont besoin, les habitants de la commune de Dompierre en Morvan (21) se rendent régulièrement aux foires de la région : PRECY SOUS THIL ROUVRAY, SAULIEU et SEMUR en AUXOIS.

Pas question de rater une foire ! On s’y rend à pied, à cheval, en voiture ou à vélo. ‘est essentiellement une affaire d’hommes ; les femmes et les enfants sont volontiers laissés à la maison en ce 19ème siècle.

Les plus importantes, à PRECY, étaient « La Louée » en février et « La foire aux châtaignes » en novembre.

Donc, le 19 février de chaque année, se tient « La Louée » des domestiques », à PRECY. Le directeur des enfants assistés de Saulieu vient avec un certain nombre de jeunes garçons et de jeunes filles. Il installe un bureau « de placement »’ à l’ancienne mairie (salle Sainte-Auxille actuellement). Les patrons, à la recherche de domestiques, y viennent faire leur choix, se présentent au responsable, s’étendent sur un prix et signent un contrat annuel. L’argent du gage est versé au directeur qui le dépose sur un livret de Caisse d’Epargne. Le pupille ne pourra disposer de ce magot qu’après ses 21 ans révolus.

Comme il a été convenu avec le directeur, le patron doit donner à son employé de l’argent de poche chaque mois, lui laisser un jour de repos par semaine (le dimanche) et subvenir à son entretien en fournissant nourriture, vêtements, sabots, etc. Tous ces jeunes gens ne tombent pas toujours très bien…es autres domestiques et commis, non protégés par l’Assistance Publique, se tiennent sur la place et attendent qu’un employeur s’intéresse à eux. Après un marchandage plus ou moins long, on tope là. L’affaire conclue, tout le monde se retrouve au café.

 

Issu de 100 ans de vie rurale à Dompierre en Morvan A.Monin.

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Le Maréchal-Ferrant de 1900

Posté par francesca7 le 3 mars 2013

 

Le Maréchal-Ferrant de 1900 dans ARTISANAT FRANCAIS marechal-ferrant-1-300x205A Dompierre en Morvan (21), les maréchaux se chargeaient de toutes les pièces métalliques que l’on pouvait trouver à la ferme, sur les différents véhicules ou machines. En collaboration avec le charron  , il équipait tombereaux et chariots des ferrures nécessaires qu’il façonnait sur l’enclume, ajustait puis boulonnait en place. Sans cesse, il est sollicité par les agriculteurs pour ferrer les bœufs, les ânes, ou les chevaux. Ce travail, exigeait force et habileté, générait toutes sortes d’exploits, comme par exemple, ferrer seul les quatre pieds d’un cheval en une heure….

Impressionnant ! Lorsqu’on sait qu’il faut déclouer le fer usagé, retailler le sabot de l’animal en lui maintenant, seul, la jambe relevée à l’aide d’une courroie de cuir, ajuster à chaude  le nouveau fer au sabot en le réglant sur l’enclume puis le clouer solidement sans blesser le cheval…

Le labour de la terre mélangée à l’arène granitique de notre Morvan use terriblement le soc de la charrue que le « maïchaux » doit rebattre périodiquement ; porté au rouge dans le brasier de la forge, le soc est ensuite maintenu sur l’enclume à l’aide de pinces tandis que le marteau frappe régulièrement le métal pour l’étirer, pour reconstituer la pointe usée et redonner du tranchant.

Autre travail important du maréchal, toujours en collaboration avec le charron, c’est le cerclage des roues. Le cercle est fabriqué à partir d’une barre de métal plat dont la longueur est soigneusement mesurée au moyen d’une petite roulette. En suivant la circonférence de la roue avec cet instrument, on compte le nombre de tours que l’on reporte exactement sur la barre de fer. Au diable les formules mathématiques et le système métrique !

Si le diamètre des roues (1 m et 1,35 m pour le chariot, 1,45 m pour le tombereau) fait appel au système décimal, la largeur des jantes, donc du cercle, est en « pouces » (1 pouce= 27 mm). On utilise également de « pied », mais un pied un peu particulier : 333 mm au lieu de 324 mm (12 pouces), de sorte que 3 pieds fasse un mètre. C’est avec cet instrument hybride et le « pifomètre » (qu’on appelle aussi tour de main ou savoir-faire) que ces artisans travaillent ;

Coupée à la bonne longueur, la barre de trois pouces passe dans la machine à cintrer et se retrouve transformée en un cercle dont il faut souder à chaud les extrémités. Le cercle terminé, le maréchal vérifie à nouveau sa circonférence. S’il est trop cours ou trop long, la machine à « refouler » est prête à le rectifier toujours à chaud, au niveau de la soudure, soit en étirant le métal, soit en le refoulant, selon le cas. En fait, pour assurer un bon serrage sur le bois, le cercle est légèrement plus court que la roue. Pour le mettre en place facilement, on joue sur la dilatation du métal.

Le jours du cerclage, le maréchal dispose concentriquement les cercles de tailles différentes sur des cailloux et empile les autres. Il recouvre le tout de fagots et de charbonnette et y met le feu. Pour économiser fagots et vois, on ne fait qu’une seule flambée. Un énorme tas de sept ou huit paires de cercles est mis à chauffer au milieu du chemin de « Bretagne », à l’écart des habitations, mai à côté d’un « creux » pour y puiser de l’eau.

marechal-ferrant-2-300x204 dans ARTISANAT FRANCAISPendant ce temps, le charron qui participe à l’opération apporte toute sa fabrication. A proximité, la roue non cerclée est posée sur des plots, solidement ancrée au sol par le moyeu. Des arrosoirs pleins d’eau attendent, à portée de la main. Lorsque le feu n’est plus qu’un tas de braises ardentes et surtout quand le maréchal juge, à la couleur, que son métal est à point, alors trois paires de bras armés de pinces arrachent au brasier le plus grand cercle et l’emportent prestement sur la roue qui attend. Tandis que l’un fait rentrer le cercle à coups de marteau, les autres ont déjà saisi un arrosoir pour refroidir le fer incandescent qui enflamme, aussitôt qu’l le touche, le bois de la jante. Cette opération délicate doit être parfaitement préparée et menée très rapidement. Dès que la première roue est cerclée, l’équipe passe vite à la suivante, et ainsi de suite une bonne quinzaine de fois. L’enfer !

A partir des années 1950, ce métier a évolué sans disparaître aussi brutalement que celui du charron. S’il n’a plus de chevaux à ferrer ou de roues à cercler, le maréchal-ferrant se fait vendeur et réparateur de machines agricoles, tout en continuant de pratiquer la serrurerie, de quoi attendre la retraite  …

Le roulement des bandages métalliques sur le caillou de la route rythmé par le pas sonore des chevaux est définitivement remplacé par le rugissement des chevaux-vapeur plus ou moins « turbo-compressés », mais pour combien de temps encore ? La « civilisation lente », en s’accélérant ainsi, a perdu aujourd’hui de ses odeurs anciennes… 

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Le Charbonnier du siècle dernier

Posté par francesca7 le 3 mars 2013

 


En parcourant les bois, on peut voir encore les nombreuses traces laissées par les charbonniers ; il s’agit des plates-formes circulaires où étaient élevées les meules.

A Courcelotte (21) vit une famille qui a compté quatre générations de charbonniers.

Drôle de vie et drôle de métier que celui-ci !

Le charbonnier vit dans la forêt avec sa famille ; là où se trouve un « chantier » de bois à carboniser, il bâtit sa hutte de branchages et de terre, y installe un mobilier sommaire qu’il transporte sur sa charrette à âne. Plus tard la cabane sera en planches, plus vaste, démontable à volonté et transportée par camion. Dans sa forêt, le charbonnier vit en autarcie. Il élève des volailles pour la viande et les œufs (poules, canards, dindes), un cochon pour la viande et le gras, des chèvres pour le lait, un âne ou deux pour les transports.

Dans ces conditions difficiles, les enfants vont à l’école à pied, tous les jours, comme les autres. Ils partent le matin, avec la « gamelle » et ne rentrent que le soir. Lorsque le chemin est particulièrement long, le maître les laisse partir un peu plus tôt que les autres afin qu’ils soient « rendus » avant la nuit, en hiver. Le trajet de la cabane à l’école peut aller jusqu’à 5 km…. Durant une année scolaire, ces enfants changent en moyenne trois fois d’école.

Le Charbonnier du siècle dernier dans ARTISANAT FRANCAIS charbonnier2-300x210Le charbonnier passe après les bûcherons. La charbonnette, empilée quelque part dans la forêt, sèche là depuis un an. Les piles sont constituées de tronçons de 73 cm de long et dont le diamètre varie de 4 à 15 cm. Le premier travail consiste à aménager une aire circulaire horizontale d’une dizaine de mètres. Munis de pioches et de pelles, les hommes aplanissent le coteau et débarrassent la plate-forme et tous les débris et surtout des racines. Il ne doit pas subsister le moindre bout de racine sous la meule, c’est préjudiciable à a carbonisation. Cet aménagement dure environ 4 heures. Quant au montage de la meule, il faut compter 5 heures. Le charbonnier commence par  en repérer le centre au moyen d’un poteau vertical et en mesure le diamètre, en pieds (ses pieds à lui, comme les enfants font des « pas de fourmi » dans la cour de l’école). 20 pieds permettent de ranger 18 stères de bois ! Mais ce n’est jamais suffisant, notre homme, grand, sec et noueux comme un morceau de charbonnette, pousse jusqu’à 24 pieds pour y placer 22 stères !

Autour du piquet central, la cheminée étroite est montée par séries de trois bouts de bois en triangles superposés. Ensuite c’est verticalement et morceau par morceau que les 22 stères de bois sont serrés en rond autour de la cheminée sur deux étapes. La meule est alors recouverte de feuilles, de mousse ou d’herbe selon les matériaux que l’on peut trouver aux charbonnier3-211x300 dans ARTISANAT FRANCAISalentours. Elle est allumée au moyen d’une pelletée de braises versée dans la cheminée.

C’est à partir de ce moment qu’une surveillance impérative, 24 heures sur 24 heures, est nécessaire pendant quatre jours. Il faut contrôler la combustion de l’ensemble en bouchant ou non la cheminée avec une grosse motte de terre. Dès que des flammes sortent par cette cheminée, celle-ci est bouchée, la meule est « chaude ». (Pendant la deuxième guerre mondiale, ces flammes durent être camouflées pour ne pas leurrer les avions alliés qui effectuaient des parachutages dans la région).

Un peu plus tard, une belle fumée blanche s’élève de la couverture de feuilles et de mousse, autour de la cheminée, il faut alors recouvrir de terre pour étouffer le feu qui gagne lentement la périphérie de la meule. Le charbonnier suit l’évolution du feu à l’intérieur grâce à la fumée qui s’échappe. Comme il ne doit y avoir ni flamme, ni oxygène, on recouvre de terre, à mesure que
le feu avance. Au bout de quatre jours le processus de carbonisation est terminé, la meule refroidit.

A l’aube du cinquième jour, le charbonnier défait l’ensemble, en commençant de nuit, pour repérer et neutraliser immédiatement d’éventuels foyers mal éteints qui ne se voient pas de jour. Le charbon « dépoté » est mis en sacs de 50 kg. Une telle meule produit environ une tonne de charbon de bois d’excellente qualité. Cette production est débardée avec des attelages bœufs, de mulets, puis des tracteurs (après la deuxième guerre mondiale). Des camions transportent les sacs de charbon de bois vers Paris où on l’utilise dans les fonderies.

Cette activité de « bagnard » s’est arrêtée en 1963-1964, lorsque les combustibles modernes et peu chers ont saturé le marché. Le marchand de bois ‘est fait marchant de pétrole, après avoir débauché ses bûcherons et ses charbonniers…. 

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Le chèvrier de nos ancêtres

Posté par francesca7 le 3 mars 2013

LE CHEVRIER

(petits métiers, paru en 1890)

Le chèvrier de nos ancêtres dans ARTISANAT FRANCAIS chevrier 

Le chevrier à Paris, n’a rien de commun avec celui du Val d’Andorre. Il ne vient pas de si loin, il n’est pas si vieux et, s’il était sorcier, cela m’étonnerait beaucoup. Le voyez-vous au milieu de ses chèvres au poil brun, à la carcasse anguleuse, à l’oeil curieux et lascif : elles mettent volontiers les cornes en avant, quand on les veut traire.

Si l’on me demande quelle est la propriété du lait de chèvre, je répondrai que c’est de coûter meilleur marché que le lait de vache à la campagne et plus cher à

Paris. Pourquoi ? Je n’en sais rien. D’ailleurs connaissez-vous quelqu’un qui en boive, du lait de chèvre ? Moi je ne connais personne ; mais beaucoup de gens doivent se désaltérer ainsi, car le nombre de ces animaux augmente dans Paris.

Le chevrier a dû quitter les hauteurs et les solitudes de Montmartre pour conduire lui-même ses élèves dans nos rues. Ce pasteur, semblable au Ménalque de Virgile, souffle dans un chalumeau et en tire des accents tout à fait rustiques. Il y a des moments où, en traversant la place de l’Europe, je me crois transporté en pleine églogue : Dic mihi, Damoeta, cujum pecus ? an Melibaei ? C’est vraiment un métier nouveau.

Autrefois les ânesses à clochettes remorquaient à peine un cabri solitaire ; à cette heure, les ânesses ont presque disparu pour faire place aux troupeaux hélants que vous savez.

La chèvre, à Paris comme au village, reste fantasque, capricieuse et indépendante. Sur le bord du trottoir elle n’a pas plus peur d’une voiture, lancée au galop, que d’une avalanche, sur l’arête d’un abîme. Aussi fait-elle le désespoir de son chevrier, qui échange souvent son pipeau contre un fouet… c’est fâcheux, parce qu’au milieu de Paris le pipeau est bien couleur locale.

 chevrier1 dans ARTISANAT FRANCAIS

 

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Le Charron du Morvan

Posté par francesca7 le 2 mars 2013


Le Charron du Morvan dans ARTISANAT FRANCAIS le-charon1-300x195A Dompierre en Morvan (21), au siècle dernier, le charronnage se transmet de père en fils depuis plusieurs générations. Le charron travaille uniquement le bois. Il fabrique et assemble toutes les pièces nécessaires à la réalisation des chariots, des tombereaux, petites charrettes, brouettes. Il façonne encore les manches de toutes sortes d’outils à main… Il répare, renforce, remplace aussi les pièces de bois défectueuses des véhicules qu’on lui amène. Une activité très importante du charron, c’est la fabrication de toutes ces roues de char ; des grandes, des petites, des larges, des fines, des robustes, des fragiles… toutes différentes, avec leurs caractéristiques en fonction de leur destination, impressionnante est la collection de gabarits de jantes qui orne les olives de l’atelier. Travail délicat que de tourner les énormes moyeux à peine dégrossis à la hache (30 cm de diamètre fini), de percer les mortaises destinées à l’emboîtement des rais (douze pour les roues avant de chariot et quatorze à l’arrière, ainsi que le tombereau), de façonner ces derniers dans le dur bois d’acacia ainsi que les arcs de cercle qui constituent la jante (six pour douze rais et sept pour quatorze rais).

Les moyeux sont en « torillard » (orme) ou en « châgne » (chêne) mais ce dernier a tendance à se fendre. Les rais sont toujours en acacia, bois capable de supporter les pires contraintes. Les jantes sont généralement en frêne, quelque fois en orme. Toutes les autres pièces qui constituent le véhicule (limons, planches, échelles, « échelottes »…) sont le plus souvent en chêne. Le bois nécessaire provient des « bouchures » ou de la forêt voisine. Le charron achète les arbres et les transporte à la scierie la plus proche (Chamont, La Roche en Brénil ou Pont d’Aisy – 21).


Lorsque toutes les pièces sont terminées, le charron les assemble, les règle puis recommence la sœur jumelle de la roue qu’il vient de fabriquer, car à part la brouette, les roues sont toujours par paires. Le rythme de production est de deux ou trois paires par semaine.

D’abord actionné à la main par un système d’engrenages, le tour du charron est équipé en 1929 d’un moteur à essence. Pendant la guerre, en 1942, le manque de carburant oblige notre artisan à acheter un moteur électrique et à sacrifier quelque volailles afin d’obtenir rapidement un branchement et éviter un chômage technique trop prolongé. Progressivement, l’atelier s’équipe de différentes machines (scie à ruban, dégauchisseuse, mortaiseuse) entraînées par des courroies qui tombent d’un long arbre fixé sous le plafond.

Pour l’opération de cerclage, le charron réalise sept à huit paires de roues de diamètres différents. Il se rend alors chez le maréchal ferrant qui prépare les cercles et les pièces métalliques que l’on peut trouver sur les chariots, les tombereaux etc…

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Le Ferronnier – Serrurier – Tôlier du 20è siècle

Posté par francesca7 le 2 mars 2013

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Le Ferronnier - Serrurier - Tôlier du 20è siècle dans ARTISANAT FRANCAIS ferronier-1-192x300

 

Au début du XXème siècle, Dompierre en Morvan (21) possédait un atelier de ferronnerie : La maison Melou. Cette fabrique familiale commence son activité en 1904. Père et fils y travaillent, ainsi que deux employés et, occasionnellement, un voisin ou deux. La production va des entourages de tombes et des grilles en fer forgé, aux voitures d’enfants, en passant par le semoir à betteraves.

Cet outil rudimentaire fut inventé et mis au point à Dompierre en Morvan, dans ce même atelier. Le « s’moir à biottes » est constitué d’un manche soutenant un sac de toile, servant de réserve à graines, à la base duquel un tube conduit celles-ci vers une pointe creuse et fendue dans le sens de la longueur. Su le manche, une poignée coulissante commande, selon sa positon, l’ouverture ou la fermeture de la pointe ainsi que l’obturation ou non du sec à graines ; pour semer les betteraves, il suffit d’enfoncer la pointe du semoir dans la terre meuble, et d’actionner la poignée qui libère quelques graines. Cet instrument permet de semer rapidement et sans grand effort les betteraves en poquet.

Dans l’atelier, un moteur à essence entraîne un long arbre qui court au plafond, équipé de poulies d’où dégringolent de larges courroies vers les machines ( tour, meules, etc…). Une petite fonderie permet aussi de mouler des pièces comme des essieux de chariot ou des poids d’horloge. La production de la forge est écoulée localement, chez les marbriers (entourage de tombes), les quincailleries et les particuliers ; l’activité de cet atelier s’est arrêtée en 1924.

LE SERRURIER TOLIER : Monsieur Joël Beauvisage, créateur des foyers fermés pour cheminées…..


Un atelier de serrurerie – tôlerie s’est installée à Jadron (21) en 1977. Un vaste local de 700 m² a été construit en 1981, destiné à recevoir des machines modernes, mais néanmoins encombrantes. Les premières années, M. Joël Beauvisage a fabriqué des nourrisseurs pour bétail, des pièces de tôlerie pour engins de travaux publics (aussi bien en acier qu’en aluminium), ainsi que la serrurerie classique : rampes, balcons, portails en fer forgé.

Depuis 1983 les « foyers fermés » pour cheminées constituent l’essentiel de la production (50 %). Cet appareil a été mis au point à Dompierre en Morvan par notre tôlier, Joël, dont l’invention est protégée par un « modèle déposé » (1983).

Cette trouvaille constitue un moyen de chauffage remarquable, de plus en plus répandu dans notre région. D’aspect esthétique, le foyer peut être inséré dans n’importe quelle cheminée (fabrication sur mesures), capable de fonctionner ouvert cheminée classique) ou fermé (feu continu) et de diffuser, par des gaines, l’air chaud récupéré autour du foyer. Ce « produit-phare », entièrement fabriqué dans l’atelier, demande en moyenne trois jours de travail et bénéficie des matériaux les plus performants du marché : vitrerie (Japon), briques réfractaires, isolation, peinture (insensible aux très hautes températures). Chaque appareil pèse de 200 à 35O kg.

La diffusion est régionale et Monsieur Beauvisage assure personnellement la vente de sa fabrication en l’exposant aux grandes foires de notre secteur : Avallon, Tonnerre (89), Montbard, Saulieu (21). La promotion se fait également par le « bouche à oreille », entre les artisans-installateurs et leurs clients (jusqu’à DIJON).

ferronier-3-300x199 dans Côte d'OrLa ferronnerie classique et la fabrication de petites pièces destinées à supporter des composants électroniques constituent l’autre moitié de la production.

L’atelier traite environ 50 tonnes de ferraille par an. Un chariot élévateur et un point roulant assurent la manutention des pièces lourdes. Les machines les plus diverses cisaillent, plient, poinçonnent, percent, meulent, découpent, soudent, forgent tour à tour l’acier, qu’il soit en plaques, en barres ou en tubes.

Par cette réalisation, Monsieur Joël Beauvisage montre que l’esprit d’entreprendre et la créativité n’ont pas encore totalement déserté nos campagnes. Exemple à suivre de l’époque … 

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Le Vannier Rempailleur de nos campagnes

Posté par francesca7 le 2 mars 2013


Autrefois, dans nos campagnes, en Bourgogne, chacun fabriquait ses paniers pour son propre usage avec plus ou moins de réussite. Les matériaux locaux étaient utilisés le plus souvent. De ci, de là, dans les « bouchures » (haies), on peut voir encore les longs rameaux rouges caractéristiques de cette espèce de saule qu’on appelle l’osier. Les jeunes tiges de la bourdaine dont on a retiré l’écorce conviennent également, de même que le noisetier, la viorne (la mansène) et la clématite sauvage (l’herbe aux gueux ou tabac Saint-Jean).

Le Vannier Rempailleur de nos campagnes dans ARTISANAT FRANCAIS vannier2-300x181Ces dernières sont des plantes grimpantes qui, débarrassées de leurs ramifications, offrent une très longue tige flexible, d’un diamètre assez régulier ; les surnoms de la clématite (herbe aux gueux, tabac St Jean) sont dus au fait que les apprentis fumeurs l’utilisent en petits tronçons de la taille d’une cigarette. En gardant les animaux, les enfants choisissent dans la haie, un morceau de clématite bien sec et l’allument. Avec pas mal d’efforts, celui-ci se consume lentement en produisant un peu de fumée d’un goût douteux.

La matières première est récoltée, séchée puis remise à tremper dans l’eau juste avant son utilisation. La vannerie demande essentiellement de la patience et peu d’efforts, c’est le travail du grand-père, dispensé des travaux pénibles. Il fabrique ou répare les paniers, l es corbeilles, les mannes, etc…


Dans le même genre
, le rempaillage des chaises défoncées est aussi une occupation réclamant beaucoup de patience. Pour reconstituer un fond de chaise, il faut de la laiche et de la paille de seigle. La laiche (carex ou « flamme ») est une plante très commune des lieux humides dont les longues feuilles rubanées ont la réputation d ‘être coupantes tout simplement parce qu’elles sont constituées de fibres résistantes. C’est un véritable crin végétal qui conserve ses caractéristiques après, toutefois, un séchage patient, à l’ombre, en ayant soin de retourner sa récolte tous les jours, jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement desséchée. Quant au seigle, il doit être fauché délicatement afin de ne pas briser sa tige. La partie inférieure, entre les deux premiers nœuds, est la seule utilisable. Pour chaque pied de seigle, il n’est conservé qu’un chalumeau d’une trentaine de centimètres.

vannier3-300x165 dans Côte d'Or


Le rempailleur torsade les brins de aiche pour en faire des torons qu’il va entrecroiser tendus d’un côté à l’autre de la chaise. Tous les torons du dessus sont dissimulés par la paille de seigle. Celle-ci est auparavant fendue avec l’ongle dans le sens de la longueur, puis ouverte afin d’obtenir un étroit ruban qui sera soigneusement enroulé autour de chaque partie visible du toron. La laiche assure la solidité du fond de la  chaise tandis que le seigle lui donne son esthétique.

« Dans le temps », tous les grands-pères savaient faire cela, aujourd’hui il en restait tout de même encore un dans les années 1990 à Dompierre en Morvan.

 

 

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Marchande de Café ou « Petit noir »

Posté par francesca7 le 27 février 2013

 

l’histoire des métiers de Paris : leur origine, leur quotidien, leur évolution au fil du temps, leurs us et coutumes, leurs statuts. Insolites, oubliés, raréfiés ou disparus, découvrez ou redécouvrez-les.

 

Marchande de Café ou

LE CAFE

Le café arrive en Europe aux alentours de 1600 introduit par les marchands vénitiens. Dès 1615, il était régulièrement consommé à Venise (où le Caffè Florian, fondé en 1720, est le plus ancien d’Italie encore en fonctionnement) en provenance d’Égypte.

482px-CoffeePeddler dans ARTISANAT FRANCAISOn conseille au pape Clément VIII d’interdire le café car il représente une menace d’infidèles. Après l’avoir goûté, le souverain pontife baptise au contraire la nouvelle boisson, déclarant que laisser aux seuls infidèles le plaisir de cette boisson serait dommage. Le café est très vite prisé des moines pour les mêmes raisons qu’il l’est des imams : il permet de veiller longtemps et de garder l’esprit clair. Les musulmans pendant les croisades interdisent l’exportation de leurs plants de Coffea arabica. En 1650, un pèlerin musulman à La Mecque, Baba Budan parvient à ramener sept plants en Inde, qu’il plante à Mysore et dont les descendants subsistent encore aujourd’hui.

Les négociants hollandais et anglais qui avaient pris goût au café lors de leurs voyages en Orient, le font connaître dans leurs pays. Vers les années 1650, le café commence à être importé et consommé en Angleterre, et des cafés ouvrent à Oxford et à Londres. Les cafés deviennent des lieux où les idées libérales naissent, de par leur fréquentation par des philosophes et lettrés. Les pamphlets et libelles sont distribués dans les cafés. En 1676, cette agitation incite en Angleterre le procureur du Roi à ordonner la fermeture des cafés, citant des crimes de lèse-majesté contre le roi Charles II et le royaume. Les réactions sont telles que l’édit de fermeture doit être révoqué. Les flux d’idées alimentés par le café modifieront profondément le Royaume-Uni. On y compte plus de deux mille cafés en 1700. La célèbre compagnie d’assurances Lloyd’s of London est à l’origine un café fondé en 1688 : le Lloyd’s Coffee House.

Dès 1644, un aventurier et poète vénitien, du nom de Pietro della Valle avait apporté quelques balles de café à Marseille. Au milieu du xviie siècle, des marchands de Marseille qui avaient appris à apprécier le café au Levant commencèrent à ramener des balles de café. En quelques années, un groupe de marchands et de pharmaciens s’organisèrent pour importer du café d’Égypte. En 1671, le premier café marseillais ouvrait ses portes à une clientèle rapidement nombreuse. Mais il faut attendre 180px-Roasted_coffee_beans1669 et l’arrivée en grand appareil de l’ambassadeur de la Sublime Porte, Soliman Aga, auprès de Louis XIV, pour que la mode de la consommation du café soit lancée dans la capitale. Recevant avec faste ses invités de marque dans son appartement parisien, il leur offre dans une mise en scène digne des Mille et Une Nuits du café à la turque. Toutes les grandes dames se piquèrent de curiosité pour ce personnage haut en couleur qui se fit brocarder par Molière dans le Le Bourgeois gentilhomme.

À Paris, le premier café parisien est fondé par un Arménien du nom de Pascal en 1672 près du Pont-Neuf, qui fonda ensuite un autre café en 1685 à Londres. Pascal avait aussi fondé le premier café en France vers 1665. Le café Procope est le deuxième café à ouvrir dans cette ville en 1686. On y invente une nouvelle manière de préparer la boisson : en faisant percoler de l’eau chaude dans le café moulu retenu par un filtre. Il innova aussi en acceptant les femmes. Le café devient très prisé durant le Siècle des lumières. Voltaire consomme jusqu’à douze tasses de café par jour et possède une collection de cafetières. À la veille de la Révolution, Paris compte plus de deux mille cafés.

 

MARCHANDE DE PETIT NOIR

(D’après Paris qui crie : petits métiers, paru en 1890)

 

la-marchande-de-petit-noir-2C’est au coin des ponts, à l’orée des faubourgs, sur les grands passages d’ouvriers que l’on trouve la pauvre vieille femme, avec son réchaud et sa grosse bouillotte, ou bien encore sur les quais, aux rampes où dévalent les débardeurs. Pour un sou, elle réchauffe de son café, vulgo petit noir, le travailleur allant de bonne heure à l’ouvrage, le chiffonnier qui rôde aux heures sombres et revient le matin avec son butin, et le pauvre diable sans domicile qui a passé la nuit sous les ponts.

Indifférente au fleuve humain qui passe auprès d’elle, hypnotisée dans ses vieux châles, elle rêve… à quoi peut-elle bien rêver ?

Et pourtant, que de choses elle a vues, la marchande de petit noir ! que de types divers l’ont coudoyée et quelle moisson d’observations philosophiques et immorales elle a pu faire ! Voici le trottin, le nez au vent, cherchant l’occasion d’abandonner parents et atelier, le valet sans place affalé sur un banc, le provincial naïf suivant machinalement le cours de la Seine, l’aigrefin en quête d’un bon coup, le philosophe à la poursuite… d’une idée, le flâneur, monocle à l’oeil, à la poursuite d’une fine bottine, et la désespérée l’oeil égaré, allant se jeter à l’eau.

Immobile, la marchande voit tout cela et bien d’autres choses ; mais les révolutions peuvent gronder, les ministères tomber, tout lui est égal, comme disait Horace, pourvu qu’elle vende son petit sou de café.

’La marchande de petit noir.’ 

A Ludovic d’Arthies 

J’admire cette femme chassieuse, détraquée, alors qu’enfouie dans la guérite de ses vieilles loques, elle recueille cette perle fauve qui miroite et tremblote à la cime de son pif, écrase sur son linge la boue grenelée du tabac et attise les braises du fourneau sur lequel mijote le petit noir, le cafetiau des pauvres.

Cette bibasse grosse, grande, forte en mie, gît affaissée au tournant d’un pont, près d’une pissotière, verdâtre, trouée au bas la-marchande-de-petit-noir-3-300x167d’une bouche, bouillonnée par la fleur du chlore, comme par le blanc muguet, les lèvres de certains malades. Parfois, cette femme dresse devant elle un petit tréteau de bois et empile les uns à côté des autres des carrés de pain d’épices, blondasses et mous, des piles de noisettes creuses, des sucres d’orge, des croquets, des nèfles semblables aux anus noirâtres des chiens, des poires boueuses, des gâteaux ronds, aux chairs épaisses, pareilles à des éponges jaunes, ajoutez à cet attirail un parasol, rouge et fané, des tasses opaques, des cuillers en fer blanc, un gueux qui charbonne sous les pieds de la vieille, une fausse platebande de cheveux qui s’effilent sur le front rayonné de crevasses, tel est l’éventaire, telle est la femme qui, dès l’aube, verse le café aux maçons et donne du feu aux noctambules qui regagnent leur lit, le cigare au bec.

A cette heure, le quai est désert; çà et là seulement quelques hommes qui se lèvent, le ventre vide, ou rentrent se coucher, le ventre plein.

Puis ce sont, ici les tombereaux nocturnes qui passent lourdement avec leur escorte de sapeurs aux tabliers de cuir, et là un écrase-pierre qui ronchonne, sur l’autre rive, aplatissant la caillasse mouillée du macadam. Au loin, deux ouvriers cheminent en riant, un monsieur trébuche, navré par les pitoyables élans de la drôlesse qu’il vient de quitter, un caniche flaire la pierre du parapet, se tourne, lève le gigot, lance quelques gouttes et, remuant la queue, s’en va, au hasard du trottoir, cherchant une flaque à laper ou un os à mordre.

Sept heures sonnent, la chaussée commence à s’emplir de monde, la brume s’est déchirée, le ciel n’a plus ses teintes de paille et de rose, mais il arbore le bleu tendre des turquoises, les haquets sautent, les fardiers gémissent et tressaillent, les fiacres courent, clopin-clopant, les femmes en bonnet s’arrêtent et devisent, la pissotière chante doucement, le café de la vieille est la-marchande-de-petit-noir-1-201x300épuisé, elle pare sa marchandise pour l’après-midi, met des toques de papier blanc à l’un des bouts de ses sucres d’orge, époussette ses hideuses mangeailles et rit au nez d’un pochard qui bouffonne et la veut baiser.

La ville est debout. Les enfants vont sortir; au mitan du jour, ils s’enfonceront dans la gorge les affreux suçons à l’absinthe et leur coeur se brouillera, et, le soir, au dîner, ils se refuseront à manger l’insipide panade!

O vieille hommasse, vendeuse de petit noir, joie des matins qui s’éveillent! ta tâche est accomplie; tu as réchauffé les matineux pauvres et tu as rompu la monotonie des ménages par les hurlements des mioches que l’on gifle pour n’avoir pas voulu, grâce à tes friandises, avaler l’assiette de soupe chaude. 

J.-K. Huysmans

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Les petits ramoneurs

Posté par francesca7 le 27 février 2013

Les ramoneurs ou petits Savoyards

 

Les petits ramoneurs dans ARTISANAT FRANCAIS les-ramoneurs

en France, où, traditionnellement, les ramoneurs étaient le plus souvent des jeunes savoyards, partis en groupe de leur pays sous la conduite d’un aîné, pour travailler dans les grandes villes.

Les garçons étaient souvent atteints de déformations articulaires, de brûlures et d’une forme de cancer du scrotum causée par les benzopyrènes contenus dans la suie. Il n’était pas rare que des ramoneurs meurent étouffés par la suie.

L’opinion publique choquée de telles pratiques imposa la recherche de moyens de substitutions. On inventa donc des brosses à manche télescopique et d’autres outils qui permirent au ramoneur de ne plus avoir à entrer dans la cheminée. Vers le milieu du xxe siècle l’invention d’un aspirateur à suie qui pouvait être fixé au dessus de la cheminée rendit ce processus plus propre qu’il ne l’avait jamais été.

180px-ramoneur dans ARTISANAT FRANCAISBesogne de gagne-misère plus que métier, itinérante et saisonnière, masculine, en groupe. Surnoms: le ramona, le ramonicha. Les petits ramoneurs itinérants, les commis des bougnats et les grâleurs de marrons étaient appelés également les « hirondelles d’hiver », parce que leur passage, au déclin de l’automne, annonçait l’imminence des froidures. Saison des ramonages: de Pâques à la Toussaint, quand l’âtre ne servait plus à chauffer les pièces à vivre. On sait qu’en Alsace, les cigognes se plaisent à coiffer de leur nid les souches de cheminée.

Les ramoneurs ne passaient dans les villages qu’après l’envol des cigogneaux.

Le maître portait un habit de drap noir orné d’une double rangée de gros boutons dorés. Il se coiffait d’un chapeau haut-de-forme. Le ramoneur finissait d’user des penailles qui lui laissaient une grande liberté de mouvement; il se coiffait d’un bonnet de laine, qu’il s’enfonçait jusqu’aux oreilles, et marchait pieds nus dans de méchants sabots. Protection de travail: les manchons et les genouillères de cuir. Maladies professionnelles: l’arthrite des rotules. La quasi-totalité des cheminées étant basses, on ne pouvait les écouvillonner qu’en s’agenouillant. La tumeur dite « des ramoneurs ». Ce cancer débute généralement par une affection du scrotum ou des testicules. Outils: des cordes, une large raclette rectangulaire en fer, la brosse hérisson.

 

Les petits Savoyards…
C’était ainsi, jadis, qu’on désignait les garçonnets d’une dizaine d’années, tout fluets, qui grimpaient dans les conduits de cheminée, en varappe, afin de les nettoyer. Ils n’étaient pas tous originaires de Savoie, contrairement au nom qu’on leur attribuait. Certains remontaient d’Auvergne, mais la plupart venaient du Piémont, principalement de la vallée d’Aoste qui, par-delà le col du Petit-Saint-Bernard, prolonge la Tarentaise. Durant la belle saison, ces enfants gardaient les troupeaux sur les pâturages alpestres; aux premières neiges de l’automne, ayant descendu le bétail vers les étables, ils ne trouvaient à s’occuper qu’à de menues besognes. C’était alors qu’un maître ramoneur, vêtu du paletot d’un monsieur qui inspirait confiance, passait par les villages et enrôlait son contingent de jeunes « ramonas ». Aux mères, le fringant parleur promettait une poignée d’argent et autant de bouches en moins à nourrir; aux mioches, il assurait le pain et la pitance. Ces arguments, tentants, suffisaient à convaincre les parents indécis : les maisons modestes laissaient partir leurs rejetons vers les pays d’ailleurs.

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Les conditions d’existence des petits Savoyards étaient si pénibles que les maîtres ramoneurs furent souvent comparés à des croque-mitaines, à des trafiquants de négrillons. Le plus ordinairement,ce patron n’était qu’un affreux négrier qui, pour augmenter ses bénéfices, tuait de travail ses jeunes ouvriers et, dans leurs moments de loisir, les obligeait à mendier sur la places publiques. Lorsque, à la nuit, les petits mendiants rentraient au gîte, ils vidaient leurs poches entre les mains du maître: si celui-ci jugeait que la récolte de gros sous n’avait pas été suffisante, il saisissait un bâton et frappait rudement sur les pauvres épaules déjà bleuies de froid, amaigries par les mauvais traitements et les privations de toutes sortes.

Ces gamins misérables allaient souvent par deux. Mal fagotés dans des guenilles encroûtées de suie grasse, ils étaient aussi maigrichons qu’un cent de clous et plus noirauds que des diablotins échappées de l’Enfer. Le patron les nourrissait chichement, disait-on, pour que, n’engraissant point, ils pussent facilement se faufiler dans les cheminées. En Savoie, la tradition orale ressasse de cruelles anecdotes à ce propos. On raconte que plusieurs de ces sombres lutins, ayant épuisé leurs forces en journée pour qu’un bon feu chauffât les bourgeois, furent retrouvés au matin du lendemain, morts gelés, dans le recoin d’une grange ouverte à tous vents.

Le ramonage d’un conduit s’effectuait, en principe, tous les deux ans. Les cheminées d’autrefois se nettoyaient d’elles-mêmes. Elles étaient jointoyées au sable, de sorte que le « bis », le goudron, finissait par se décoller de lui-même. Mais dans les constructions dont les arêtiers de la charpente ou les solives du plancher traversaient le conduit, une catastrophe était toujours à redouter. Une braise s’insinuait dans la gerçure d’une poutre, y couvait des heures et des heures, des jours parfois. Soudain elle explosait en un embrasement terrifiant, avec un vrombissement de moteur que rien ne pouvait stopper. Le feu se propageait immédiatement à l’ensemble de la bâtisse. À la revoyure. Le paysan de naguère avait tôt fait de confondre le 180px-chimneysweep« ramonicha » et le « romanichel ». Rien n’assurait le maître ramoneur de retrouver ses marques d’un passage à l’autre. Il suffisait d’un peu de retard dans sa tournée, du devancement d’un concurrent indélicat, pour qu’il se cassât le nez. Quand la perte devenait trop sérieuse, il s’obligeait à toquer à de nouvelles portes. Parfois même, il s’écartait de son circuit habituel pour s’attribuer un complément de clientèle. L’exercice n’avait rien de facile. Il fallait montrer patte blanche, malgré les traces fuligineuses qui lui noircissaient les mains. Il devait apprivoiser les gens qui ne le connaissaient pas. D’emblée, on se méfiait de l’étranger auquel on n’était pas habitué. Tout ramoneur parcourait ainsi maintes régions, les unes hospitalières et les autres moins. En certains coins, les vieux lorgnaient les itinérants à travers leurs rideaux qu’ils gardaient tirés, sans entrebâiller leur huis, tandis que les ménagères affichaient d’un air suspicieux, prêtes à lâcher le chien, comme si elles voyaient un voleur de poules. Une maison n’était acquise qu’après plusieurs essais concluants. Quand l’habitant n’avait qu’à se félici- ter du service, la cause était gagnée. Le patron ne quittait jamais un village sans signer et dater son passage. Les marques étaient inscrites, à la sanguine, sur un mur de la première maison.

 

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