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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Les bouchers au Moyen-Âge

Posté par francesca7 le 2 octobre 2013

Les bouchers au Moyen-Âge dans ARTISANAT FRANCAIS telechargement-17

Extrait de Histoire de
LA CUISINE BOURGEOISE
du Moyen-Âge à nos jours
Maguelonne Toussaint-Samat

Les bouchers furent les premiers commerçants vraiment capitalistes. Ils formaient une caste spéciale de la bourgeoisie, certains disent même qu’elle en était distincte. Mais elle en a été, avec les drapiers et les gens de loi, la plus féconde des souches. Certains possédaient des fortunes énormes en biens de toutes sortes, dont les inventaires notariés laissent rêveur. De cette grande bourgeoisie bouchère, le représentant le plus éminent reste Etienne Marcel, à la tête d’un véritable holding (viande, orfèvrerie, banque). Les bouchers investissaient beaucoup d’argent dans l’achat des bêtes qu’ensuite ils débitaient. À côté d’eux, les autres professionnels de l’alimentation n’étaient guère que des artisans. Des gagne-petit.

Les bouchers ne reçoivent leur première charte qu’en 1134. Cependant, leur métier est l’un des plus anciens de l’alimentation. Ils constituent une société assez fermée, crainte même. Leur esprit belliqueux, vite porté à la révolte, leur assigne une place importante dans l’histoire des guerres civiles de notre pays, en particulier la guerre de Cent Ans et la lutte sanglante entre le parti du duc d’Orléans et celui du duc de Bourgogne.

 

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La boucherie
Tacuinum Sanitatis, XVe siècle
Paris, BnF, Département des manuscrits, Latin 9333, fol. 71v

Les rejetons mâles des familles propriétaires de boucheries sont tenus d’exercer le métier « de leurs deniers » à défaut de leurs bras. Mais le droit d’être reçu maître boucher appartient exclusivement aux héritiers de ces quelques familles, à condition qu’ils aient sept ans et un jour.

Il ne faut pas croire qu’aux XIVe et XVe siècles, les riches bouchers s’occupassent eux-mêmes des détails de leur profession. Ces hommes d’affaires avaient, pour l’abattage et la vente des bêtes, des varlets et des comptables, les patrons surveillant le commerce de haut et traitant par l’intermédiaire de facteurs, comme l’on disait, le négoce des bestiaux destinés à l’approvisionnement des grandes villes. Certains faisaient venir des troupeaux de très loin, et ainsi, jusqu’en 1498, les bouchers marseillais, constitués en associations coopératives, eurent le monopole de l’est du Massif central, d’où provenaient les milliers de moutons que l’on mettait à l’engraissement en banlieue, sur les bords de l’Huveaune, pour servir au fur et à mesure des besoins. Bien souvent, les chevillards (1) faisaient partie de la communauté juive méridionale.

A Paris, la Grande Boucherie se tenait dans le quartier qui deviendra la place du Châtelet. Au XVe siècle, on comptait trente-deux propriétaires d’étaux. C’était le siège d’une importante juridiction qui ne relevait que du Parlement, mais placée sous l’autorité du « maire », magistrat du roi ou du Châtelet, puis du maître de la Grande Boucherie, choisi parmi les plus riches des bouchers. Cette juridiction eut le plus souvent à juger des malversations commerciales, des fraudes ou des violences des garçons bouchers qui étaient de véritables terreurs. Aussi comprend-on bien que le bourgeois du Ménagier de Paris (« sorte de Larousse Ménager du XIIIe siècle », écrira l’historienne Marianne Mulon) conseillait ainsi à sa femme d’envoyer maistre Jehan, le dépensier de la maison, « es boucheries » (vers les boucheries), afin que se fissent sans danger les emplettes. Il prit tout de même soin d’énumérer tous les commerces, les prix pratiqués et les quantités de viande débitée, pour que la jeune épouse pût donner ses ordres en toute connaissance de cause.

En règle générale, en dehors de la période du carême, l’homme des villes médiéval s’avère très carnivore, ce qui reste d’ailleurs une constante urbaine à travers les siècles. Au XIIe siècle, les Berlinois consommaient ainsi 1,3 kg de viande par jour ! Si l’on en croit le Ménagier de Paris, la Corporation parisienne des bouchers vendait, par semaine, « y compris le fait du Roy, de la Royne et des Aultres nos seigneurs de France : 3 130 moutons, 512 bœufs, 582 porcs et environ 300 veaux… » Ces chiffres sont assez élevés si l’on tient compte de l’évaluation moyenne de 100 000 Parisiens retenue pour cette époque (et dont la majorité vivait très pauvrement).

L’agneau était ignoré : jusqu’à la fin du XIXe siècle, il fut suspecté d’insalubrité ; en vérité, il était trop cher. En revanche, le mouton restait la viande du peuple par excellence, du fait de son bas prix. La triperie avait toutes les faveurs du public. Son apprêt faisait presque toujours appel au safran (d’où les grandes quantités consommées de cet aromate).

Le veau (dit veel) était déjà une spécialité italienne, comme l’atteste ce courrier du fameux marchand de Prato, Francesco Datini, dans lequel il donne à son épouse des instructions pour un prochain repas : «Procure-toi une belle pièce de veau, comme celle que nous avions dimanche [...] Recommande à Belozzo de ne pas prendre du maremmano et dis-lui, s’il ne le sait pas encore, de s’approcher de l’échoppe où il y a le plus de monde et de dire : « Donnez-moi du veau de qualité pour mon gentilhomme de Prato » et ils te donneront ce qu’ils ont de meilleur. Et prie Margherita de le mettre au feu dans le chaudron où je l’ai fait la dernière fois et de bien enlever l’écume… »

Remarquons combien ces chefs de famille, ces commerçants avisés se montraient d’excellents maîtres de maison, de part et d’autre des Alpes. L’époque était, évidemment, très machiste, et le talent des femmes guère encouragé… Remarquons aussi que le veau, même le meilleur, se fait alors bouillir.

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cordonnier de 1774 à aujourd’hui

Posté par francesca7 le 28 septembre 2013


cordonnier de 1774 à aujourd’hui dans ARTISANAT FRANCAIS

Les sandales Birkenstock ont séduit de nombreuses vedettes hollywoodiennes comme Leonardo DiCaprio, Uma Thurman, Julia Roberts, Naomi Watts, Jennifer Aniston ou Gwyneth Paltrow…

Fondée en 1774, la société est sortie de l’anonymat en 1963 lorsque Karl Birkenstock a commercialisé sa toute première sandale ergonomique.

L’adage est bien connu : ce qui est ringard aujourd’hui peut devenir à la mode demain… Birkenstock ne dira pas le contraire. Fondée en 1774 par le cordonnier Johann Adam Birkenstock, la société est sortie de l’anonymat en 1963 lorsque Karl Birkenstock a commercialisé sa toute première sandale ergonomique. Sa semelle en cuir et en liège qui épouse la forme du pied a séduit les hippies des années 60 pour qui le confort importait plus que le look…

Mais ces sandales se sont « ringardisées » aussi vite que les babas cool. « Je me rappelle qu’une de mes enseignantes portait des Birkenstock en cours, se souvient Frank Baur, le porte-parole du groupe familial. On se moquait tous d’elle à l’époque… » Le retour en force des produits naturels a permis à cette société familiale perdue en plein campagne à 40 kilomètres de Bonn de connaître une seconde jeunesse à la fin des années 80.

Pour attirer les jeunes, la compagnie a tout de suite cherché à chausser leurs stars préférées. Le carnet d’adresses bien rempli de leur ambassadrice de 2002 à 2010, la top-modèle Heidi Klum, leur a permis de contacter et de séduire de nombreuses vedettes hollywoodiennes comme Leonardo DiCaprio, Uma Thurman, Julia Roberts, Naomi Watts, Jennifer Aniston ou Gwyneth Paltrow. En 2009, la firme a franchi un nouveau pas en entrant dans le monde de la musique grâce à un contrat de partenariat de trois ans avec Rockstar Baby, la ligne de vêtements pour jeunes enfants lancée par Tico Torres, le batteur de Bon Jovi.

Hype

cordonnier dans ARTISANAT FRANCAISCette stratégie a permis au fabricant allemand de devenir « hype dans un pays puis dans un autre et ainsi de suite », raconte Sabrina Saynisch, la responsable des ventes du groupe pour plusieurs pays européens. Son positionnement n’est toutefois pas le même d’un pays à l’autre. Si en Allemagne ses clients, qui ont souvent plus de 45 ans, aiment porter leurs sandales à la maison, les Français et les Américains n’hésitent pas à sortir avec dans la rue. Au Japon ou aux Émirats arabes unis, les chaussures ergonomiques sont, elles, surtout présentes dans les centres commerciaux de luxe aux côtés de labels prestigieux comme Prada ou Gucci. Avec des prix moyens proches de 115 euros contre à peine 55 en République fédérale, la PME joue, il est vrai, la carte du luxe dans ces marchés…

Ses dirigeants se montrent toutefois très discrets dès qu’il s’agit de parler « gros sous ». Les analystes eux-mêmes n’ont pas d’idée précise concernant les revenus de la société puisque leurs estimations se situent dans une fourchette comprise entre 250 et… 500 millions d’euros. La seule donnée rendue publique est la capacité de stockage de ses entrepôts entièrement automatisés qui peuvent contenir quatre millions de paires de chaussures. L’endroit pourrait toutefois s’avérer trop petit dans les années à venir à moins que Birkenstock se ringardise de nouveau…

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l’AFFICHISTE – naissance d’un métier

Posté par francesca7 le 28 septembre 2013

l’AFFICHISTE - naissance d'un métier dans ARTISANAT FRANCAIS emil_mayer_063

Naissance d’un métier

Le mot affichiste apparaît, mais avec un tout autre sens, vers 1780 et désignait la personne qui participe à l’élaboration des affiches, c’est-à-dire d’une « feuille périodique » essentiellement typographiée et généralement placardée sur les murs et destinée à donner des informations locales ou nationales sur des sujets variés. Non signées, elles ne sont pas assimilée à des œuvres d’art.

À la fin du xixe siècle, alors que l’affiche gagne ses lettres de noblesse grâce notamment à l’apparition de grands formats en couleurs lithographiés2, des artistes comme Jules Chéret ou Alfons Muchaacquièrent une véritable notoriété en se spécialisant plus ou moins dans la conception de ce genre de support relevant de la publicité. Toutefois, tous les pays occidentaux connaissent cette même effervescence : citons les artistes du mouvement Arts & Crafts, puis de la Glasgow School of Art et enfin, à Chicago, où un artiste comme William H. Bradley travaille déjà en agence.

En France, des peintres renommés, comme par exemple Henri de Toulouse-Lautrec, ne dédaignent plus de travailler sur des affiches, ni dans l’idée de promouvoir un produit ou un spectacle. De nombreuxillustrateurs également conservent une clientèle publicitaire en plus de leur activité pour la presse.

Vers 1900, avec notamment Leonetto Cappiello, l’affiche de style art nouveau fait école. Les premiers mobiliers urbains y contribuent : colonne Morris, larges panneaux dans le métropolitain, murs peints, etc.

Peu à peu, de nouveaux métiers apparaissent, ceux de graphiste et de designer : un créateur d’images et de formes nouvelles voit s’élargir l’étendue de ses possibilités d’expression et l’affiche étant l’une de ces composantes, rares sont ceux qui se définissent alors comme affichiste. Certaines affiches des années 1910-1920, notamment dans les pays anglo-saxons, sont restées anonymes.

File:Privat-Livemont-Cercle Artistique de Schaerbeek-1900.jpgUn affichiste est une personne responsable sur le plan artistique de la création d’une affiche.

L’art décoratif, et l’art moderne d’une manière générale, permet à de nombreux affichistes d’exprimer leur talent et de s’affirmer comme tels.

Le jeune Charles Gesmar, protégé de Mistinguett à partir de 1916, confirmera la gloire de celle-ci grâce à ses affiches devenues célèbres depuis.

Dans les années 1920, l’affiche se met à la page de l’épure qui domine l’art graphique, grâce à des créateurs comme Paul Iribe ou Cassandre qui formera Raymond Savignac. C’est aussi l’apparition du photomontage qui permet à l’affichiste de combiner la photographie et la typographie.

Dans les années 1950, les techniques de sérigraphie vont permettre l’éclosion d’une nouvelle école qui influencera le pop art.

Dans les années 1950-60, le Polonais Roman Cieslewicz fut à la tête d’une importante école d’affichistes (essentiellement de films, de pièces de théâtre et de propagande pour le parti communiste au pouvoir) qui parvient à exprimer un certain nihilisme dans un contexte pourtant étroitement surveillé par la censure.

Ces trente dernières années, les techniques offset puis numériques, mais aussi l’innovation en matière de supports d’affichage donnent aux affichistes de nouveaux potentiels d’expression.

1899 – 1903 : la recherche du style Cappiello

 De 1899 à 1903 Cappiello reste avant tout un caricaturiste. Comme Chéret il fait appel à de jolies femmes qui semblent sorties tout droit du music hall : taille corsetée, joli décolleté, très souriantes voire aguichantes (« Le Frou-Frou », sa première affiche, « Absinthe Gempp Pernod », « Pur Champagne Damery »). Il caricature des artistes en tête d’affiche pour des pièces de théâtre et des revues : Odette Dulac, Réjane, Louise Balthy, Polaire; mais aussi pour des affiches de biens de consommation : Jeanne Granier pour les vins de « L. Segol Fils » et tout particulièrement de nombreux acteurs et actrices pour les « Nouilles – Macaronis FERRARI » comme nous l’avons vu dans la page des caricatures de Cappiello. Tout revient comme si aujourd’hui on utilisait les vedettes les plus en vue du showbiz pour promouvoir des pâtes! Le succès était assuré.

Il commence à mettre ses personnages en mouvement. C’est le début de ce qu’il appellera « l’arabesque » : « E. & A. Mele », « Absinthe Ducros fils ».

Aujourd’hui

L’affichiste contemporain travaille avec différents intervenants de la chaîne graphique :

  • un commanditaire (qui fait appel à ses talents pour la conception) et qui peut être
    • une agence de publicité
    • un client en direct
  • un photographe
  • des graphistes (lettrage, dessins, colorisation, etc.)
  • un papetier
  • un imprimeur, etc.

Selon un cahier des charges destiné à produire la charte graphique, il doit privilégier tel ou tel format (parfois plusieurs). Certains concepteurs d’affiches ne signent pas leurs travaux, exerçant leur métier au sein d’une agence de publicité et de communication, leurs compétences de graphiste sont alors requises.

Avec l’arrivée de l’automobile, les vitesses s’accélèrent. L’affiche n’a plus de temps pour interpeller l’homme de la rue. Il faut qu’elle s’impose à lui rapidement. Cappiello a bien compris ce changement, il va définir dès 1900 les bases de ce qu’on appellera « l’affiche moderne ». Il nous dit :  » lorsque je conçois un projet d’affiche, ma première préoccupation est la recherche de la tache. Cette chose difficile à définir, qui à grande distance, accrochera le regard du passant par l’intensité de sa couleur, le chatouillera par titillement de ses tons et le retiendra assez de temps par l’agrément de son aspect pour le contraindre à lire l’affiche. » (Annales Politiques et Littéraires, 1er juin 1907).

Il invente la théorie de l’arabesque : «  structure essentielle de la composition, son épine dorsale en quelque sorte, le parti décoratif qui reliera entre eux les différents éléments pour lui donner «  la forme  » ».

153px-Etienne_Moreau-N%C3%A9laton-Arts_de_la_Femme dans ARTISANAT FRANCAISGrâce à la mise au point de la lithographie, l’affiche n’a pu vraiment démarrer que vers 1850. Les premiers grands affichistes comme Chéret, Mucha, Toulouse-Lautrec, Steinlen s’adressent aux piétons et à ceux qui circulent en voiture à cheval. Du fait de la lenteur des déplacements les affiches ont le temps d’être regardées. Ce sont de grandes estampes avec un dessin chargé de mille détails. Il crée ce que l’on appelle aujourd’hui le logo d’une marque : Maurin Quina s’est fait largement connaître par la représentation qu’il en a fait : « Le diable vert », Klaus par « le chocolat du cheval rouge », Villiod : par « L’homme à la clé »… La société Thermogène écrit dans ses publicités après la publication de l’affiche Cappiello : « Exigez le Pierrot crachant le feu ». Quant au Chocolat Poulain, le petit cheval de Cappiello gambade toujours sur les emballages. Il existe encore aujourd’hui, 100 ans après, de nombreux exemples où le motif de l’affiche de Cappiello est toujours en vigueur sur les représentations de la marque. Il a été le premier à oser vanter un produit sans le représenter.

Dans les villes, souvent tristes et monotones, les rues deviennent ses galeries de tableaux. Ses affiches sont de magnifiques décorations qui se suffisent à elles mêmes. Elles apportent par leurs oppositions chromatiques la joie de leurs soleils et de leurs feux d’artifice de couleurs. Elles sont non seulement vivantes, mais elles sont aussi entraînantes, éblouissantes. Les génies de Cappiello, ses diables, ses fées, ses animaux caracolent, piaffent, dansent, jouent, agissent, bougent et nous entraînent dans un tourbillon d’ivresse.

Par opposition et pour frapper, Cappiello dessine quelque fois des affiches statiques. Tellement étonnantes pour le passant dont il a formé l’œil à ses arabesques, qu’elles en sont encore plus remarquées : Villiod, L’Œuvre, Kub, l’Ami du Peuple.

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Alain Weill, né le 7 septembre 1946, est un spécialiste de l’affiche, expert, critique d’art et collectionneur français.

Essayiste, Alain Weill a consacré de nombreux ouvrages et catalogues d’exposition aux arts graphiques et à l’affiche publicitaire.

Il est expert en arts graphiques et création publicitaire, notamment près la Compagnie des commissaires-priseurs, mais aussi critique gastronomique, membre fondateur du Conseil des arts culinaires.

Il a été le directeur-conservateur du Musée de l’affiche (1971-1983) et assuré la direction artistique du Festival international de l’affiche et du graphisme de Chaumont de 1990 à 2001.

Il est le président du jury European Advertising Award (EPICA).

 

 

 

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Henry Ford teste sa première voiture en juin 42

Posté par francesca7 le 25 septembre 2013

4 juin 1896.  voiture construite au fond de son jardin.

À 32 ans, sachant à peine lire et écrire, Henry Ford fabrique un quadricycle avec des roues de vélo et un moteur à essence, qui deviendra l’automobile. 

 

Henry Ford teste sa première voiture en juin 42 dans ARTISANAT FRANCAIS juin-henry-ford-automobile-587578-jpg_1423063

Il est 4 heures du matin. Paresseux, le soleil se prélasse encore au lit. Deux ombres se glissent dans l’appentis d’une maison située sur Bagley Avenue, à Detroit. Elles s’affairent sur un engin bizarre perché sur quatre roues de bicyclette qu’elles poussent vers la porte. Boum, l’engin heurte le chambranle ! Les deux hommes se regardent, incrédules, ils tentent de nouveau une sortie. Nouvel échec. Décidément, la porte est trop étroite. Mais quels cons ! Voilà plusieurs mois qu’ils fabriquent leur véhicule sans avoir vérifié ses dimensions. Henry Ford, 32 ans, ne peut pas le croire, ni son ami James Bishop qui lui file un coup de main. Le futur inventeur du travail à la chaîne incapable de prévoir un détail aussi basique ! Cahuzac qui passe par là les rassure : « Tous les génies peuvent faire des erreurs idiotes. Tenez, moi, j’ai rappelé par inadvertance mon adversaire politique en avouant avoir un compte chez UBS. C’est pas tarte ? » Voilà les deux hommes obligés d’élargir l’ouverture à la hache.

Le quadricycle est enfin transporté dans la rue. Il est temps de faire le premier essai avant qu’il n’y ait trop de monde. Vêtu d’une vieille salopette, Henry Ford se penche sur l’avant de son invention où, durant quelques minutes, il manipule des leviers et un volant métallique. Une pétarade déchire soudainement le silence de la nuit. Le soleil ouvre un oeil, furieux d’être réveillé de si bon matin. Le moteur hoquette, puis se rendort. Henry continue à s’activer. Cette fois, la pétarade s’élève, plus ferme. Henry se hisse sur le siège fabriqué avec une caisse en bois recouverte d’un tissu. Il prend entre ses mains la longue tige métallique permettant de braquer les deux roues avant. Il esquisse un léger sourire à l’adresse de Bishop avant de pousser une manette. Le quadricycle s’ébroue, avance d’un centimètre, puis de dix et de cent. En voiture, Simone ! La première automobile fabriquée par Henry Ford roule !

Vitesse vertigineuse de… 8 km/h

Aussitôt, Bishop saute sur une bicyclette pour lui ouvrir le chemin. En faisant des signes de la main, il écarte les rares attelages et les passants déjà dans la rue à cette heure matinale. Après une première panne vite réparée, le quadricycle dévale la Grand River Avenue, puis parcourt plusieurs rues avant de revenir à son point de départ. Ford dispose de deux vitesses qui lui permettent de pousser des pointes jusqu’à 35 km/h, il n’a ni marche arrière ni frein, mais une sonnette de maison en guise d’avertisseur. Le moteur à essence transmet la force motrice aux roues par l’intermédiaire d’une simple chaîne de vélo. De retour à l’appentis, Henry est fier, très fier : lui, le p’tit gars de la campagne, il a su fabriquer un véhicule à essence fonctionnant à merveille ! N’allons pas lui gâcher sa journée en lui racontant que la bagnole se révélera à la fin du siècle suivant une machine infernale qui pollue, réchauffe la planète et tue les gens par millions…

La passion de la mécanique a gagné ce fils de paysan dès sa plus tendre enfance. À 15 ans, déjà en rupture avec l’école (il ne saura jamais écrire ni lire couramment), Ford construit sa première machine à vapeur. Lorsqu’il fabrique le quadricycle, Ford est déjà devenu chef ingénieur chez Edison Illuminating Company, à Detroit, où il est chargé d’assurer la maintenance des machines à vapeur pour 75 dollars par mois. Un bon salaire et pas mal de temps libre, qu’il consacre à la mise au point de moteurs à essence. Il fait fonctionner le premier le 24 décembre 1893, dans l’évier de sa femme, Clara. L’engin tourne moins d’une minute, mais c’est suffisant pour qu’il comprenne qu’il a trouvé sa vocation.

Désormais, il passe tout son temps libre dans le petit appentis qu’il a bâti au fond de son jardin. En novembre 1895, il lit dans l’American Machinist Magazine un article consacré à un véhicule actionné par un moteur à essence. Il décide d’en réaliser un à son tour. En mars 1896, il apprend alors qu’un autre ingénieur de Detroit a déjà fabriqué sa propre machine roulante avec une armature en bois, qui atteint la vitesse vertigineuse de 8 km/h. Henry souhaite faire mieux. Sa voiture sera plus légère, plus puissante et plus rapide.

« Jeune homme, vous tenez le truc ! »

Il convainc une poignée d’amis, dont Bishop, de lui donner un coup de main. Ils testent une grande variété de moteurs à essence pour trouver le plus efficace. Pour alléger le véhicule, Ford choisit d’utiliser l’acier plutôt que le bois. Le moteur qu’il fabrique est un deux-cylindres d’une puissance de quatre chevaux, refroidi par l’eau. Quelques mois après les premiers tours de roue du quadricycle, il rencontre Thomas Edison, lors d’une convention à New York, qui l’encourage : « Jeune homme, vous tenez le truc ! Votre véhicule est autonome et transporte sa propre source d’énergie. » La suite de l’histoire fait partie de la légende Ford.

En juillet 1899, il rencontre un riche marchand de bois, William H. Murphy, qu’il convainc de le financer après lui avoir fait faire un tour sur son quadricycle : 100 kilomètres en trois heures et demie. Ensemble, ils fondent, le 5 août 1899, la Detroit Automobile Company, pour fabriquer des camions de livraison. Mais, perfectionniste dans l’âme, Ford prend beaucoup de temps pour mettre au point son véhicule, au grand dam de son investisseur. Finalement, le premier camion est proposé à la vente en janvier 1900, mais il est lourd et compliqué à fabriquer. Les deux associés doivent mettre la clef sous la porte en décembre 1901, après la fabrication de seulement vingt camions. En 1903, ayant trouvé d’autres investisseurs, Ford et Murphy fondent la Henry Ford Company, qui bientôt multipliera les voitures comme Jésus les petits pains.

 

 

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LES PORTEURS DE SEL

Posté par francesca7 le 20 septembre 2013

(D’après Tableau de Paris, paru en 1782)
Notice sur les francs-porteurs de sel de la Ville de CaenparM. H. de Formeville

Conseiller à la Cour royale de Caen, Président de la société
des antiquaires de Normandie, Membre de plusieurs autres
sociétés savantes, Correspondant du Ministère de l’instruction publique.
LES PORTEURS DE SEL dans ARTISANAT FRANCAIS telechargement-6

Au nombre des quarante ou cinquante corporations industrielles  existant autrefois dans la ville de Caen, il s’en trouvait deux, celle des francs-brements et celle des francs-porteurs, qui, à raison de leurs franchises et de leurs priviléges royaux, avaient une existence particulière en-dehors des maîtrises et jurandes ordinaires, et conséquemment étaient régies par des dispositions réglementaires d’un genre tout différent.

Nous avons déjà recherché, dans un travail particulier, quels avaient pu être l’organisation et les développements successifs de la communauté des francs-brements ; il nous reste à parler maintenant de celle des francs-porteurs.

Il y avait une grande ressemblance entre ces deux associations, non pas sous le rapport des fonctions proprement dites ou des travaux de peine auxquels étaient soumis ceux qui en faisaient partie, mais bien quant à la nature et à l’exercice de leurs priviléges.

Celle des francs-brements était en effet instituée pour décharger les vins et les boissons nécessaires au service du roi et des princes de son sang durant leur séjour dans la ville de Caen. Cette obligation s’était ensuite étendue aux boissons nécessaires pour la provision du capitaine du château et de leurs lieutenants. Les francs-brements faisaient de plus le service de l’artillerie du château de la ville de Caen ; et eux seuls y exerçaient les fonctions de canonniers. En même temps, à eux seuls appartenait le droit de charger et décharger toutes les marchandises transportées sur les navires allant et venant par les quais, ports et rivière de cette ville. Pour l’exercice de ces fonctions, ils étaient au nombre de quinze, et dans les derniers temps de dix-sept.

Les francs-porteurs de sel, au contraire, n’étaient employés qu’à décharger le sel arrivant dans la ville, et à le transporter au grenier et magasin public. Là, ils le pesaient ou mesuraient, pour le livrer ensuite à la consommation ; et ils le transportaient soit à la porte des magasins, soit au château pour les besoins de la garnison. Cette dernière opération se faisait trois fois par semaine, les lundi, mercredi et samedi. Pour tous ces travaux ils étaient au nombre de vingt-six, et il ne leur était dû aucune rétribution.

Quant aux obligations communes résultant de l’institution particulière de chacune de ces deux communautés, les francs-porteurs étaient tenus, comme les francs-brements, d’entretenir du feu durant les nuits, et de faire guet et garde, à leurs coûts et dépens, avec armes, devant la maison où soit le roi, soit aucuns de son sang et lignage, étaient logés lorsqu’ils faisaient séjour en la ville de Caen. Les uns et les autres devaient aussi aller remuer gratis les poudres et boulets du château, et transporter les affûts et pièces d’artillerie sur les plateformes, les remparts et autres lieux fortifiés de la ville, également à leurs frais ; mais aux francs-brements seuls était réservé le tir du canon.

A cause de ces sujétions, comme disent leurs lettres-patentes, ils étaient tous exempts de taille, guet et subsides, et de toutes impositions mises sur les habitants, excepté de la contribution aux octrois destinés aux réparations des murailles et fortifications de la ville. Ils ne pouvaient également s’exempter de payer les aides sur les denrées et marchandises dont ils faisaient commerce. L’exemption ne leur était accordée que sur celles nécessaires à la consommation et à l’entretien de leurs familles et maisons, et que sur les marchandises de leurs propres manufactures. Ils devaient aussi contribuer, avec les autres corps et communautés de la ville, à l’achat des canons nécessaires à la défense commune, ainsi que cela avait été arrêté par délibération du Conseil général de la cité du 20 mars 1591, sanctionnée par lettres-patentes du 4 juin de la même année .

Mais, pour profiter de ces avantages, il fallait, conformément aux arrêts du Parlement de Rouen des 27 janvier 1604 et 30 avril 1631, que les francs-porteurs exerçassent leurs fonctions en personne, excepté en cas de maladie ou de tout autre empêchement légitime.

Au nombre de leurs prérogatives générales et communes, se trouvait encore le droit de pourvoir, par l’élection, au remplacement de ceux qui venaient à décéder dans leur communauté. Le nouvel élu devait seulement se faire recevoir et prêter serment devant les grenetiers ou contrôleurs du grenier à sel, ainsi que cela se trouve constaté dans un acte de réception du 9 décembre 1626 et dans un arrêt du Parlement de Rouen du 7 août 1568. A la différence des francs-brements, ils ne devaient point prêter serment devant le bailli ou autre juge de police, ni en recevoir aucune lettre d’institution.

Tout cela se pratiquait d’ailleurs sans aucune des formalités usitées dans les autres corporations pour les maîtrises et jurandes. Il ne fallait, pour être admis dans les communautés des francs-brements et des francs-porteurs, ni apprentissage, ni chef-d’oeuvre, ni lettre de maîtrise. On ne payait non plus aucun droit de réception légalement exigé. Sous d’autres rapports, les francs-porteurs étaient regardés, ainsi que les francs-brements, comme des officiers de ville, ayant à ce titre une place d’honneur dans les cortéges qui allaient au-devant des rois, lors de leurs entrées solennelles dans la ville de Caen. Ils y portaient, les uns et les autres, un costume particulier que j’ai décrit dans une précédente notice.

Comme membres de corporations industrielles, ils devaient en outre figurer, avec les autres corps de métiers, à la procession générale qui se faisait à Caen, chaque année, le jour de la Pentecôte, et porter chacun à la main un cierge auquel étaient attachés les deniers à Dieu recueillis durant l’année dans la corporation. Après la procession, on laissait ces cierges à l’Hôtel-Dieu qui en bénéficiait, ainsi que des autres cierges et deniers à Dieu, que portaient de la même manière les autres corps de métiers de la ville et des faubourgs.

Quant aux salaires auxquels pouvaient avoir droit les francs-porteurs à raison de leurs travaux particuliers et ordinaires pour la décharge des sels, un certificat donné, le 16 août 1716, par le commis du bureau des gabelles de Caen, constatait qu’il leur était payé alors un sol par minot des sels livrés aux gabelles, et six deniers par minot de tout le sel que le fermier des gabelles faisait venir pour les dépôts.

Un autre certificat délivré, le 17 août de la même année, par les marchands de la ville de Caen, attestait qu’ils payaient aux francs-porteurs de sel de Caen 4 sols par tonneau des marchandises qui leur arrivaient par la rivière.

Telles sont, en général, les principales dispositions réglementaires dont il m’a paru important de conserver le souvenir. Ce que je pourrais ajouter ne serait que la répétition de ce que j’ai déjà dit ailleurs, en parlant de la communauté des francs-brements, dont la vie de corporation était, presque en tous points, la même que celle des francs-porteurs.

 

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Quand je vois les hanouards ou porteurs de sel, je me rappelle qu’ils avoient le privilège de porter sur leurs épaules les corps des rois jusqu’à la prochaine croix de saint Denis, parce qu’à eux appartenait l’art de les couper par pièces, de les faire bouillir dans de l’eau, et de les saler ensuite ; ce qui remplaçait d’une manière très grossière l’art d’embaumer, qui était perdu, et qu’on n’a retrouvé depuis que d’une manière fort imparfaite.

On a salé ainsi et Philippe le Long et Philippe de Valois , qui les premiers mirent un impôt sur une marchandise de première nécessité, dont le commerce avant eux était permis à tout le monde. La nature nous donnait cette denrée ; les rois nous l’ont vendue. Le minot de sel coûte à Paris 60 livres 7 sols.

Que de larmes, que de sang versé depuis l’établissement de la gabelle ! Il a fallu des gibets et des roues pour maintenir le privilège exclusif de la vente du sel. Il forme aujourd’hui la principale richesse des monarques François ; mais il entretient sur les frontières et même dans l’intérieur du royaume une guerre sanglante.

On ne voit jamais le crime dans l’infraction de cette loi ; et le pauvre contraint crie à l’injustice, maudit le jour, et connaît le désespoir. Le même minot de sel qu’on vous force à payer soixante et soixante et une livres, ne se vend ailleurs qu’une livre dix sols ; et c’est tout ce qu’il vaut intrinsèquement. Quelle foule de réflexions naissent de ce rapprochement !

 

(Extrait du 6e volume de l’Annuaire des cinq départements de l’ancienne Normandie, année 1840.)

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Girouettes françaises

Posté par francesca7 le 20 septembre 2013

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Une girouette est un dispositif généralement métallique, la plupart du temps installé sur un toit, constitué d’un élément rotatif monté sur un axe vertical fixe. Sa fonction est de montrer la provenance du vent ainsi que, contrairement à la manche à air, son origine cardinale.

Ceci est permis par sa structure asymétrique, généralement matérialisée par une flèche ou un coq, dont la pointe ou la tête, plus courts que les éléments indicateurs (le corps), pointent vers la source du vent portant sur l’élément directeur de l’ouvrage. L’axe fixe est généralement pourvu d’une croix directionnelle indiquant les quatre points cardinaux. Toutefois, les girouettes modernes ne sont plus équipées de cette croix cardinale, qui est remplacée par un dispositif électronique affichant le secteur du vent sur un écran.

Le terme français est issu du dialecte de la Loire guiroie, réinterprété ultérieurement en « girouette » par étymologie populaire. Il s’agit d’un emprunt à l’ancien scandinaveveðr-viti (islandais moderne veðurviti) qui peut se traduire par « indicateur du temps », composé des éléments veðr « temps » (cf. anglais weather) et viti « indicateur » (cf. allemand an + weisen > anweisen « indiquer, désigner »). Le mot est également attesté en normand sous les formes wirewire et wirewite au Moyen Âge à l’origine du terme dialectal verguillon « girouette. »

Cette technologie a dû être importée par les Vikings avec le mot correspondant. En effet le sommet du mât de leurs navires en était souvent équipé.

Trivia

  • La plus ancienne girouette connue est grecque et représente un triton. Elle se trouve sur la tour des Vents à Athènes.
  • Au ixe siècle, le pape Nicolas Ier décide de rappeler aux chrétiens la phrase de Jésus à Pierre : « Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois » en installant un coq au sommet des clochers, qui étaient déjà souvent couronnés d’une girouette .
  • La plus grande girouette du monde serait située à Jerez en Espagne, selon le Livre Guinness des records. D’autres sources attribuent le record à une girouette deMontague dans le Michigan. Enfin, la plus « grosse » girouette du monde serait un avion DC-3 situé à l’aéroport de Whitehorse, dans le Yukon.
  • Le terme de girouette désigne aussi une personne qui change très souvent d’avis. Ce terme a été jugé non parlementaire par l’Assemblée nationale du Québec en 2007 et est donc interdit dans cette enceinte parlementaire.
  • Ce terme correspond également, dans le transport public, à un dispositif d’affichage de la destination du véhicule. En tête de train ou à l’avant d’un bus par exemple.

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LE PORTEUR DE JOURNAUX

Posté par francesca7 le 20 septembre 2013


par

Louis Roux

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LE PORTEUR DE JOURNAUX dans ARTISANAT FRANCAIS telechargement-51

POUR donner à la pensée écrite cette vitesse de mouvement inhérente à toute pensée quotidienne, et qui surprendrait de la part d’un conducteur électrique, un homme s’est rencontré rapide, comme la conception elle-même ; un homme qui n’a qu’une heure, qu’un moment, qu’une seconde dans sa journée, mais qui est toujours attendu, et qui revient toujours frapper à toutes les portes. A l’exclusion des créanciers et des amis intimes, il a le privilége de les trouver toutes ouvertes, et la mauvaise habitude de n’en fermer aucune. Cet homme, vous n’avez nulle raison de lui interdire l’entrée de votre maison, et il en a mille pour s’y présenter. Ne faut-il pas que vous soyez informé que tel ministère qui existait hier n’existe plus aujourd’hui ; que M. un tel, qui avait cent coudées la veille, est le lendemain à peine visible à l’oeil nu ; que telle actrice, qui, hier soir en votre présence, a fait fiasco, ce matin se trouve avoir chanté comme une sirène, et épouse un prince russe, jaloux d’enlever à la scène un si beau talent. Voir paraître le porteur de journaux, n’est-ce pas vivre deux fois ? n’est-ce pas revenir sur ses impressions d’hier, douter de ce qu’on a vu, senti, éprouvé, et commencer à nouveaux frais l’existence de la veille ? Le porteur de journaux change à chaque instant, et c’est pour cela qu’il est éternel comme les vaudevilles de M. Scribe, au physique maigre et efflanqué comme un discours de réception à l’Académie ; il apparaît et passe aussitôt, étoile filante de la presse et de la renommée.

Le porteur de journaux est un homme incompris, qui jette sa nouvelle et qui s’en va, qui ajoute chaque jour une colonne ou deux à cette série de feuilletons destinée à rendre précieuse, au bout de dix ans, la collection des journaux quotidiens. (Les journaux d’aujourd’hui sont comme les vins de choix, il leur faut plusieurs années de feuille.) Le porteur de journaux court comme l’étincelle, il va et bouleverse tout en criant : La suite au prochain numéro.

Confiez-lui de nouvelles gloires, de nouveaux vers, de nouvelles harmonies, tout ce qui vieillit en un jour avec la prétention de vivre à jamais : le porteur de journaux fait fleurir toutes les renommées fraîches écloses, et s’éclipse avec celles qui commencent à s’éteindre. Il est impassible comme un homme chargé d’une grande justice politique, et rendant toujours la même.

Cet homme fabuleux, qui va d’une main tendant un journal récemment muni de ses enveloppes, honneur que l’on rend aux momies même ! de l’autre soutenant sa bricole, qui peut passer, avec raison, pour celle du char de l’État ; c’est, en style de l’Empire, le message boiteux du Parnasse ; c’est l’incarnation d’une nouvelle forme, la symbole d’une nouvelle religion, le journal fait homme.

Les journaux vont vite, dit la ballade, le porteur de journaux va plus vite encore : il faut qu’il arrive avant son journal ; il faut qu’il se montre partout en même temps, tous les abonnés ayant un égal droit à recevoir les uns après les autres le même journal.

La Bruyère a cru dire une nouveauté en écrivant : « Le nouvelliste se couche le soir tranquillement sur une nouvelle qui se corrompt la nuit, et qu’il est obligé d’abandonner le matin à son réveil. » Nous avons bien progressé depuis, la nouvelle se corrompt bien plus vite, et les choses se savent bien plus promptement. Pour obvier à cet inconvénient du fait Paris, le porteur de journaux, semblable en cela au pieux Énée, se lève de très-grand matin, ou se couche très-tard, selon le besoin de ses abonnés. On peut ne pas lire celui du matin, il y en aura un autre le soir pour redire les mêmes choses en moins, et pour compléter ce qui, de sa nature, ne peut être complet, pour être porté enfin par le même homme, un géant qui a les bottes du Petit-Poucet.

Le porteur de journaux part comme un trait, et entre comme une bombe dans un cabinet de lecture. Il intéresse la curiosité sans la satisfaire ; il laisse ici une plume de son aile, et vole là en déposer une autre. Il fait un pair de France à un étage, et annonce à un autre la faillite d’un pauvre diable qui n’en peut mais, ce qui fait qu’à leur réveil les deux locataires sont salués bien différemment par leur concierge, autant qu’un concierge puisse l’être encore d’un homme failli ; il court ressusciter l’espérance dans l’âme d’un auteur qui voit naître avec le feuilleton du jour l’aurore de sa renommée.

Le porteur de journaux doit de ces compensations à ceux mêmes qui alimentent son industrie, car on pense pour lui quand on pense, on écrit pour lui toujours ; c’est pour le porteur qu’on met sous presse, pour les abonnés jamais.

Le porteur de journaux conserve une espérance. On lui a dit que le journal devait prospérer, et le porteur de journaux prospère ; il voit croître en perspective le nombre de ses abonnés, il est aux pièces, et ne reculera jamais devant l’ouvrage, dût-il sillonner Paris dans tous les sens, devenir ce juif errant, ce fantôme qui est partout et nulle part en même temps.

Avant qu’aucun abonné ait songé au journal du lendemain, ou se soit souvenu de celui de la veille, le porteur de journaux assiége déjà son bureau, recueillant le premier la manne du désert ; impatient de gagner sa journée avant de l’avoir commencée, il y va et il y revient. Se faisant arme de tout, tantôt c’est un foulard qu’il exhume pour le mettre au service de la publicité, tantôt c’est l’envergure d’un bras d’Encelade qu’il courbe à cet usage ; malheur aux journaux qu’il peut loger dans son gousset de montre.

Il sait d’avance toutes les stations qu’il doit faire sur son chemin, le secret de toutes les portes, l’humeur de tous les concierges, les pierres d’achoppement qu’il peut rencontrer sur sa route ; il se taxe à l’heure, à la minute, et y renchérit toujours de vitesse sur son propre mouvement. Jamais attardé, jamais malade ou même indisposé, éprouve-t-il un malaise, il l’ajourne ; une migraine, il la repasse à l’abonné.

Fontenelle a dit, je crois, de la curiosité : « C’est la plus matinale de toutes nos passions » ; on pourrait ajouter qu’elle est la plus vivace, la plus insatiable ; elle renaît sans cesse des journaux qui l’entretiennent. On a un journal aujourd’hui pour en avoir un demain ; c’est à celui-là qu’on s’abonne ; il a le charme de l’inconnu, qui, de toutes les choses de ce monde, est la plus charmante ; c’est par elle que le porteur de journaux existe, et qu’il est sans cesse attendu.

Aussi nul n’a la croyance de sa mission comme le porteur de journaux, nul ne sait comme lui l’intérêt qu’il inspire, la terreur qu’il sème, l’espoir qu’il ressuscite, l’émotion qu’il éveille, la passion qu’il éparpille, le drame qu’il jette au hasard, nul ne grandit chaque jour comme lui : vires acquirit eundo. Le porteur de journaux a le sort de ces planètes obligées de graviter autour du même astre, sans s’écarter d’une seule ligne, sans avoir de mouvement qui leur soit propre, ou le droit de se reposer une seconde, de retarder d’un seul instant leur apparition.

On s’arrache les journaux qui tombent de la main du porteur. Qu’ils sont intéressants avant d’avoir été lus ! qu’ils ont de charme quand on les ouvre ! qu’ils renferment d’illusions quand ils renferment quelque chose ! qu’ils sont attachants quand ils doivent l’être ! Après la première ouverture d’un journal quotidien, tout est su, tout est commenté, tout est vu, analysé et jugé. Le porteur disparaît à peine, et l’émotion cesse sous ses pas, le charme se dissipe, l’illusion s’évanouit. On s’aborde : « C’en est fait, elle est condamnée. – Condamnée ! et à quoi ? – Eh, parbleu ! aux travaux forcés. – Ils l’auraient osé ? – Que n’ose-t-on pas de nos jours ? – Pauvre femme ! pauvre faible femme ! – J’excuse son crime. – Je plains son malheur. – Quel grand exemple ! – Quelle atroce punition ! – Lisez-vous le journal ? – Non, cela me suffit. » Et cet homme qui s’était levé pour lire le journal s’en retourne sans l’avoir ouvert. Le journal le plus intéressant est celui qu’on ne lit jamais, tant il est vrai que la publicité ne s’applique qu’aux petits drames, aux petits intérêts de la vie humaine. Ce que l’on sait, a-t-on besoin de le lire. Un livre n’est jamais acheté, pour peu qu’il soit su de tous et qu’il ait paru trop intéressant.

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Le porteur de journaux n’a fait que paraître et disparaître, et il n’est déjà plus bon à rien ; c’est un de ces héros, ou hérauts ad libitum, qui ne vivent qu’un moment, mais qui renaissent tous les jours. Il répond à ce grand mot, la presse, qui cesse à chaque instant de représenter la même idée, et il a pour véhicule l’actualité.

Si l’Évangile n’est plus prêché en plein air, si l’on ne crie plus la vérité par-dessus les toits, si notre Credo de chaque jour circule comme l’air, se produit comme la lumière du gaz ou du soleil, c’est au porteur de journaux que nous devons ces phénomènes.

Dévouement ambulant, abnégation vivante, politique à pieds et à pattes, on voit le porteur de journaux, pour la moitié d’un petit écu, endosser tous les systèmes, se faire le Sganarelle de tous les pouvoirs en crédit, le véhicule de toutes les doctrines, et faire de sa personne la préface de ses impressions ; et il n’y a de sa part ni complaisance maudite, ni coupable flatterie, ni basse adulation, ni fanatisme, ni aveuglement : ce n’est pas une opinion qu’il porte, c’est un journal. L’Europe peut perdre à jamais son équilibre, le globe peut crouler comme tant de journaux ont croulé ou crouleront, il se tiendra debout, ou s’il succombe, impavidum ferient ruinæ.

Le porteur de journaux a une vie extrêmement privée. Il est à peine inscrit sur la liste des fonctionnaires publics : on croit qu’il ne l’a jamais été ; on le suppose sans but, sans lien social, lui l’élément le plus actif du monde moderne, l’aorte du corps politique ; lui qui fait la société, on l’accuse de ne pas en être, et de vivre en bohémien.

Et il est vrai qu’après avoir fait sa distribution, après s’être promené partout comme un messie, cet homme se couche ainsi qu’il plaît à Dieu, avec plus de sang-froid qu’un ministre, avec plus de calme qu’un procureur, avec moins de millions et plus de gaieté, d’insouciance, qu’un agent de change.

Sans passions et sans préjugés politiques, sans préventions littéraires, le porteur de journaux ignore complètement qu’il y ait une politique et une littérature, et que chacune de ses courses marque un pas immense dans la route du progrès qu’il représente en portant son journal.

Source -  Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex  -Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Courriel : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] obogros@ville-lisieux.fr

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LA TOUR EIFFEL construite par un Dijonnais

Posté par francesca7 le 13 septembre 2013


(D’après Guide officiel de la Tour Eiffel, paru en 1893)

LA TOUR EIFFEL construite par un Dijonnais dans ARTISANAT FRANCAIS 220px-Caricature_Gustave_EiffelM. Gustave Eiffel, né à Dijon en 1832, sortit, en 1855, de l’École centrale des arts et manufactures de Paris. Son premier travail de direction fut celui du grand pont de Bordeaux (1861).

Les projets du palais des Machines de l’Exposition universelle de 1867, la construction des viaducs sur piles métalliques de la ligne de Commentry à Gannat (1868), de la Tardes, près Montluçon, de Cubzac, près Bordeaux, et surtout le grand pont en arc sur le Douro, à Porto, de 160 mètres d’ouverture (la plus grande qui ait été jusqu’alors réalisée pour un pont fixe de chemin de fer) établirent sa renommée, grâce à laquelle il fut chargé de la construction de la belle galerie, avec les trois dômes, formant la grande façade, sur la Seine, du palais de l’Exposition de 1878.

En 1879, il construisit, sur le type de son pont du Douro, le pont de Garabit (à la lisière des départements du Cantal et de la Corrèze), qui est la principale de ses œuvres. Le pont de Garabit, posé entre deux collines distantes de 534 mètres, franchit le torrent de la Truyère, à une hauteur de 122 mètres au-dessus du sol, par un arc de 465 mètres d’ouverture.

En 1886, M. Eiffel, déjà célèbre par ses importants travaux, dont nous venons d’énumérer quelques-uns, soumettait à M. Éd. Lockroy, ministre du Commerce et de l’Industrie, l’un des plus puissants promoteurs de l’Exposition de 1889, le projet hardi de construire une tour métallique de 300 mètres au Champ-de-Mars. Malgré des attaques injustifiées, l’idée fut admise en principe par le gouvernement et imposée aux architectes, dans le programme du concours de l’Exposition.

Le 5 novembre 1886, la commission de contrôle et de finances accordait à M. Eiffel la concession de l’exploitation, pendant vingt années, de la Tour de 300 mètres et lui votait une subvention de 1.500.000 francs. Une énergie indomptable, une volonté opiniâtre, forment le fond du caractère de l’éminent ingénieur qui a attaché à la Tour de 300 mètres un nom désormais connu dans le monde entier, jusque dans les bourgades les plus reculées.

M. Eiffel a eu de vaillants collaborateurs : MM. Nouguier, Koechlin, ingénieurs de sa maison, et M. Sauvestre, architecte, qui ont établi les premiers avant-projets ; MM. Martin, Compagnon et A. Salles, son gendre, qui ont plus spécialement suivi l’exécution des travaux.

Porté dès le début par l’opinion publique, M. Eiffel a surmonté les obstacles que rencontrent toujours dans leur réalisation les conceptions grandioses faites pour exciter l’envie.

A point nommé, le 31 mars 1889, M. Eiffel a pu planter lui-même le drapeau français sur ce monument incomparable, le plus élevé qui soit jamais sorti de la main des hommes. Ce jour-là, M. Tirard, président du Conseil et commissaire général de l’Exposition, lui a annoncé, en présence de ses ingénieurs, de ses ouvriers et du haut personnel de l’Exposition, que le Président de la République lui avait conféré la croix d’officier de la Légion honneur. Cette distinction, cent fois justifiée déjà par d’étonnants travaux accomplis en France et à l’étranger, M. Eiffel ne l’attendait pas ce jour-là ; et cette surprise lui a été faite par M. Tirard aux applaudissements chaleureux de toute l’assistance.

Le succès était dès lors assuré et ne fit que s’accroître ; il n’est pas besoin de rappeler quelle grande part a eu la Tour dans celui de l’Exposition de 1889, dont elle devint l’une des principales attractions et dont elle restera, dans l’opinion publique, comme le plus durable souvenir. Il nous suffira de rappeler le nombre de ses visiteurs, qui en 1889 a été : Au premier étage, de 1.968.287. Au deuxième étage 1.283.230. Au troisième étage 579.384.

Le produit de ces entrées a été de cinq millions neuf cent quatre-vingt-trois mille neuf cent trente francs (5.983.930 fr). Le 10 juin 1889, la Tour a pu recevoir 23.202 personnes, c’est le jour où les visiteurs ont été le plus nombreux. La plus forte recette a été de 60.156 francs, le 9 septembre 1889. En 1890, le chiffre des ascensions et montées payantes à été : Au premier étage,

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 de 393.414. Au deuxième étage 256.158. Au troisième étage 173.225. Et le produit en a été de 896.394 fr. 50.

Les Fondations : 
Avant de conduire le visiteur à travers les étages de la Tour ou dans les ascenseurs, nous devons indiquer en quelques lignes sur quelles bases solides elle repose.

La Tour est placée dans l’axe du Champ de Mars et, comme celui-ci est incliné à 45° sur la méridienne, il en résulte que les quatre piles de la Tour se trouvent très exactement aux quatre points cardinaux. Les deux piles en avant, vers la Seine, sont Nord et Ouest, 1 et 2, celles en arrière sont Est et Sud, 3 et 4. Pour la personne placée sur le pont d’Iéna, la pile la plus rapprochée de la Seine, à gauche, est la pile Nord. La pile Est est derrière celle-ci. A droite, la pile la plus rap-prochée de la Seine est la pile Ouest. Derrière celle-ci est la pile Sud. Nous emploierons les points cardinaux pour désigner les piles aux ascensionnistes.

Les fondations des deux piles en arrière Est et Sud sont établies sur un massif de béton de 2 mètres qui repose sur une couche de plus de 5 mètres de gravier et de sable. Les fondations des piles eu avant, vers la Seine, sont établies à l’aide de caissons en tôle de 45 mètres de longueur sur 6 mètres de largeur, au nombre de quatre pour chaque pile, enfoncés jusqu’à 5 mètres au-dessous du niveau de la Seine. Les fondations sont parfaites.

Par excès de sécurité, on a, au centre de tous les massifs, faisant suite aux seize arêtes des quatre piles, noyé dans la maçonnerie d’énormes boulons de 7m,80 de longueur, qui intéressent les massifs de maçonnerie par des sabots en fonte et des fers à I. Les assises, en pierre de taille de Château-landon, sont capables de résister à un écrasement de 1.235 kilo-grammes par centimètre carré. Et la pression sous les sabota de fonte qui supportent les arêtes de la Tour n’est que de 30 kilogrammes par centimètre carré. La pierre des assises ne travaille donc qu’au quarantième de sa puissance de résistance.

Il n’y a donc aucun doute à concevoir sur la solidité des fondations. Les fondations proprement dites sent noyées dans un remblai arasé au niveau du sol. La base massive qui apparaît sous forme de rocaille et de soubassement n’est qu’un habillage. La rocaille est composée par des massifs de maçonnerie pittoresquement arrangés, entre lesquels naissent des fleurs et ces arbustes. Si bien que chaque pile a l’air d’être placée sur un énorme rocher émergeant du sol.

Puisque nous en sommes encore aux fondations, nous devons dire que celles de la pile Sud sont à l’état de cave destinée au logement des machines et de leurs générateurs. Cette chambre des machines correspond par un canal à une tourelle qui s’élève de l’autre côté du lac. Celte tourelle pittoresque est la cheminée de la chambre des machines.

Les fondations, attaquées le 28 janvier 1887, termi-nées le 30 juin de la même année, ont occasionné 31.000 mètres cubes de, fouilles et absorbé 12.000 mètres cubes de maçonnerie.

 dans ParisLa Construction métallique : 
La Tour de 300 mètres, qui a rendu le nom de M. Eiffel si populaire, ne pèse pas moins de 7 millions de kilos : 3 millions de kilos jusqu’au premier étage et 4 millions de kilos du premier étage au sommet ; elle a étonné les Parisiens par la marche si rapide, si régulière et si scientifique de sa construction. C’est le plus colossal spécimen de l’art de l’ingénieur qui soit au monde.

Voici quelques détails sur le montage de la partie métallique. Chaque pile est formée par quatre montants, composés de tronçons dont le poids a varié de 2.500 à 3.000 kilogrammes. Ces montants sont de vrais caissons dans lesquels un homme peut se tenir. Ces caissons sont reliés entre eux par des treillis et des entretoises qui forment les remarquables et inextricables dentelles de fer qui font l’admiration de tous dans cet édifice si colossal et si léger à la fois.

La construction métallique de la Tour Eiffel a été une merveille de précision. Elle a été le dernier mot de l’art de l’ingénieur. Les pièces arrivaient sur place sans avoir besoin de retouches. C’est ainsi que des millions de trous de rivets et de boulons ont été percés dans les ateliers de Levallois, et que les petits chantiers mobiles qui s’élevaient avec l’édifice ont pu forger, riveter et boulonner les pièces au fur et à mesure de leur arrivée en place au moyen de grues, également mobiles et ascensionnelles. Une telle précision a été l’objet de l’admiration de tous les hommes compétents.

Pour faire l’étude de la Tour, on a employé 5.000 feuilles de dessin d’atelier de 1 mètre de large sur 0m,80 de hauteur. Quarante dessinateurs et calculateurs ont travaillé pendant deux ans aux études des 13.000 pièces différentes qui composent la Tour. Chacune de ces 15.000 pièces métalliques a exigé un dessin spécial, où l’on a déterminé ses dimensions et notamment la position exacte des trous destinés aux rivets. Pour assembler ces 15.000 morceaux de fer, on a employé 25.000.000 de rivets.

L’électricité atmosphérique reçue par cette masse de fer s’écoule dans le sol, dans chaque pile, par deux tuyaux de conduite de 0m,50 de diamètre, immergés jusqu’à 48 mètres au-dessous du niveau de la nappe aquifère. La première partie de la Tour Eiffel se compose donc de quatre piles inclinées, réunies à la hauteur de 55 mètres par des poutres de 7m,50, qui ont fait de cette base colossale la masse rigide sur laquelle repose la Tour proprement dite. L’espace occupé par les quatre piles est de plus d’un hectare, puisque, de l’axe d’une des piles (à la hase) à l’axe d’une autre pile, la distance est de 103m,90. Cette première partie du monument, mal jugée par des gens qui n’ont pas la patience d’attendre la fin des choses, est et restera un monument à la fois grandiose, élégant et artistique. Ces quatre arcs immenses ne sont-ils pas des cadres merveilleux, qui entourent de magnifiques édifices sans nuire à leurs proportions, pas plus qu’un cadre ne nuit à tel détail d’un tableau ?

Au-dessus de la poutre qui a fermé les grands arcs, se trouve l’encorbellement qui soutient les galeries du premier étage. Entre les consoles se trouve une frise sur laquelle sont inscrits en lettres d’or, parfaitement lisibles d’en bas, les noms de 72 hommes qui ont honoré la science française : 18 de chaque côté.

Côté de Paris :
Petiet, Daguerre, Wurtz, Leverrier, Perdonnet, Delambre, Malus, Breguet, Polonceau, Dumas, Clapeyron, garda, Fourier, Bichat, Sauvage, Pelouze, Carnot et Lame.

photographie du bas de la tour Eiffel avec quelques immeubles en premier planCôté du Trocadéro :
Séguin, Lalande, Tresca, Poncelet, Bresse, Lagrange, Belanger, Cuvier, Laplace, Dulong, Chasles, Lavoisier, Ampère, Chevreul, Flachat, Navier, Legendre, ChapttaI.

Du côté de Grenelle :
Jamin, Gay-Lussac, Fizeau, Schneider, Le Chatelier, Berthier, Barrai, de Dion, Gouin, Jousselin, Broca, Becquerel, Coriolis, Cail, Triger, Chiffard, Perrier, Sturm.

Vers l’École militaire :
Cauchy, Belgrand, Regnault, Fresnel, de Prony, Vicat, Ebelmen, Coulomb, Poinsot, Foucault, Delaunay, Morin, Hauy, Combes, Thénard, Arago, Poisson et Monge.

Au-dessus, tout autour, la galerie ou promenoir se présente extérieurement comme une succession de loggias à arcades gracieuses, nouées à leurs bases par de superbes écussons en bronze. Les tympans de ces arcades sont en treillis dorés disposés en éventail, dont les lignes partent d’une légère colonnette. Les entre-deux verticaux qui séparent les loggias sont à jour, avec des cabochons en cristal de cornaline. Derrière ces cabochons un bec de gaz. Si bien que ce sont autant de colonnes étincelantes les jours d’illumination. Comme ces jours-là les lignes de feu suivent les grandes lignes du monument, on se rend compte de la valeur artistique de cette conception cyclopéenne.

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Des HOMMES dans la POLICE du 18è siècle

Posté par francesca7 le 11 septembre 2013

Des HOMMES dans la POLICE du 18è siècle dans ARTISANAT FRANCAIS 220px-traite_de_la_police_par_nicolas_de_la_mare-164x300
(D’après Tableau de Paris, paru en 1782)

C’est une masse de corruption, que la police divise et partage en deux : de l’une, elle en fait des espions, des mouchards ; de l’autre, des satellites, des exempts, qu’elle lâche ensuite contre les filous, les escrocs, les voleurs, etc., à peu près comme le chasseur ameute les chiens contre les renards et les loups.

Les espions ont d’autres espions à leurs trousses, qui les surveillent, et qui voient s’ils font leur devoir. Tous s’accusent réciproquement, et se dévorent entre eux pour le gain le plus vil. C’est de cette épouvantable lie que naît l’ordre public. On les traite rigoureusement, quand ils abusent l’oeil du magistrat. Tel est l’ordre admirable qui règne dans Paris. Un homme soupçonné ou désigné est éclairé de si près, que ses moindres démarches sont connues, jusqu’au moment qu’il convient de l’arrêter. Le signalement qu’on fait de l’homme, est un véritable portrait auquel il est impossible de se méprendre ; et l’art de décrire ainsi la figure avec la parole, est poussé si loin, que le meilleur écrivain, en y réfléchissant beaucoup, n’y saurait rien ajouter, ni se servir d’autres expressions.

Les Thésées de la police courent toutes les nuits pour purger la ville de brigands ; et l’on peut dire que les lions, les ours, les tigres sont enchaînés par l’ordre politique. Il y a ensuite les espions de cour, les espions de ville, les espions de lit, les espions de rue, les espions de filles, les espions de beaux esprits ; on les appelle tous du nom de mouchards, nom de famille du premier espion de la cour de France. Les hommes de qualité font aujourd’hui le métier d’espions ; la plupart s’appellent M. le baron, M. le comte, M. le marquis.

Il fut un temps, sous Louis XV, où les espions étaient si multipliés, qu’il était défendu à des amis qui se réunissaient ensemble, d’épancher mutuellement leurs coeurs sur des intérêts qui les affectaient vivement. L’inquisition ministérielle avait mis ses sentinelles à la porte de toutes les salles, et des écouteurs dans tous les cabinets ; on punissait, comme des complots dangereux, des confidences naïves, faites par des amis à des amis, et destinées à mourir dans le lieu même qui les avait reçues.

Ces recherches odieuses empoisonnaient la vie sociale, privaient les hommes des plaisirs les plus innocents, et transformaient les citoyens en ennemis qui tremblaient de s’ouvrir l’un à l’autre. Tout homme attaché à la police, sous quelque dénomination que ce puisse être, n’est plus admis dans la bonne société, et l’on a raison. Le quart des domestiques servent d’espions, et les secrets des familles, que l’on croit les plus cachés, parviennent à la connaissance des intéressés.

270px-crs_larzac2 dans ARTISANAT FRANCAISLes ministres ont leurs espions à eux, séparément de ceux de la police, et les soudoyent : ce sont les plus dangereux de tous, parce qu’ils sont moins suspects que les autres, et qu’il est plus difficile de les reconnaître. Les ministres savent par ce moyen tout ce qu’on dit d’eux ; mais ils n’en profitent guère. Ils sont plus attentifs à ruiner leurs ennemis, à barrer leurs adversaires, qu’à tirer un sage parti des libres et naïfs avertissements que la multitude leur envoie ; car on s’explique toujours assez librement sur le compte des ministres : on ne porte véritablement de respect qu’à la personne des princes.

Mais les secrets des cours n’échappent point par les espions ; ils s’échappent à l’aide de certaines gens, sur qui l’on n’a aucune défiance ; ainsi les vaisseaux les mieux construits font eau par une fente imperceptible, qu’on ne saurait découvrir. Ce qui intéresse dans les cours, et surtout dans la nôtre, c’est qu’il y a un degré d’obscurité, répandu sur les opérations. On veut pénétrer ce qui se cache ; on cherche à savoir jusqu’à ce qu’on connaisse ; c’est ainsi que la machine la plus ingénieuse ne conserve son plus haut prix que jusqu’à ce qu’on ait vu les ressorts qui la mettent en action. Nous ne nous attachons fortement qu’à ce qui ne se laisse pénétrer qu’avec peine. Avec le temps, les choses les plus mystérieuses prennent un caractère de publicité. La langue redira infailliblement ce que l’oeil a vu, et même ce qu’il aura soupçonné.

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LES PERRUQUIERS du 18ème siècle

Posté par francesca7 le 11 septembre 2013

(D’après Tableau de Paris, paru en 1782)

Nos ancêtres ne livraient pas chaque matin leur tête, pendant un temps considérable, à un friseur oisif et babillard. Se faire le poil, imprimer à leurs moustaches, ornement de leurs physionomies mâles, un ton martial, telle était toute leur toilette.

Il y a deux siècles que nous avons eu la faiblesse d’imiter les femmes dans cet art de la frisure qui nous effémine et nous dénature. Où est le temps qu’un brave, lorsqu’il avait besoin d’argent, détachait sa moustache et la mettait en gage chez le prêteur, au lieu de lui faire un billet d’honneur ? Point d’hypothèque plus assurée : le prêteur dormait tranquille, et jamais la dette ne manqua d’être acquittée à son échéance.

LES PERRUQUIERS du 18ème siècle dans ARTISANAT FRANCAIS telechargement-13

Nous n’avons plus, il est vrai, le ridicule d’ensevelir notre tête sous une chevelure artificielle, de coiffer le front de l’adolescence d’un énorme paquet de cheveux ; le crâne chauve et ridé de la vieillesse n’offre plus ce bizarre assortiment ; mais la rage de la frisure a gagné tous les états : garçons de boutiques, clercs de procureurs et de notaires, domestiques, cuisiniers, marmitons, tous versent à grands flots de la poudre sur leurs têtes, tous y ajustent des toupets pointus, des boucles étagées ; l’odeur des essences et des poudres ambrées vous saisit chez le marchand du coin, comme chez le petit-maître élégant et retapé.

Quel vide il en résulte dans la vie des citoyens ! Que d’heures perdues pour des travaux utiles ! Combien les friseurs et les friseuses enlèvent de moments à la courte durée de notre existence ! Lorsqu’on songe que la poudre dont deux cents mille individus blanchissent leurs cheveux, est prise sur l’aliment du pauvre ; que la farine qui entre dans l’ample perruque du robin, la vergette du petit-maître, la boucle militaire de l’officier, et l’énorme catogan du batteur de pavé nourriraient dix mille infortunés ; que cette substance extraite du bled dépouillé de ses parties nutritives passe infructueusement sur la nuque de tant de désoeuvrés : on gémit sur cet usage, qui ne laisse pas aux cheveux la couleur naturelle qu’ils ont reçue.

Douze cents perruquiers, maîtrise érigée en charge, et qui tiennent leurs privilèges de Saint-Louis, emploient à peu près dix mille garçons. Deux mille chamberlans font en chambre le même métier, au risque d’aller à Bicêtre. Six mille laquais n’ont guère que cet emploi. Il faut comprendre dans ce dénombrement les coiffeuses. Tous ces êtres-là tirent leur subsistance des papillotes et des bichonnages. Nos valets-de-chambre-perruquiers, le peigne et le rasoir en poche pour tout bien, ont inondé l’Europe ; ils pullulent en Russie et dans toute l’Allemagne.

Cette horde de barbiers à la main leste, race menteuse, intrigante, effrontée, vicieuse, provençaux et gascons pour la plupart, a porté chez l’étranger une corruption qui lui a fait plus de tort que le fer des soldats. Nos danseurs, nos filles d’opéra, nos cuisiniers ont bientôt marché sur leurs traces et n’ont pas manqué d’asservir à nos modes et à nos usages les nations voisines.

Voilà les conquérants qui ont fait prévaloir le nom Français dans toutes les contrées, et qui ont été les vengeurs de nos revers politiques. Nos voisins pourraient donc faire un traité sur la pernicieuse introduction des friseurs parmi eux, et sur l’avantage qui aurait résulté d’une proscription prompte et raisonnée.

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