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Principe amoureux ? Copper l’oe ou couper la tête de l’oie

Posté par francesca7 le 28 mai 2016

 
 
Dans les Poésies de Froissart figure le poème de la Cour de may, au sein duquel Amour enseigne à un jeune homme comment il doit se comporter avec les dames, et use de l’expression « avoir coppé l’oe », dont l’analyse révèle qu’il s’agirait d’un parallèle entre le fait d’avoir « déniché l’oiseau rare » et les célèbres jeux d’adresse déjà connus au Moyen Age et consistant à parvenir, avant tout autre, à couper la tête d’une oie…

Dans son édition des Poésies de Froissart, A. Scheler publie le poème de la Cour de May, Amour adressant les recommandations suivantes à un jeune homme :

D’en prier plusieurs garde t’en,
Ainçois a servir une enten,
Et croy qu’a dames abuser
Ou entendre a elles ruser
Pour contendre a les decevoir
Vault on moins, je di de ce voir,
Et communment il advient
Que le faulx a la faulsse vient :
Chascun cuide avoir coppé l’oe
Puis font l’un a l’autre la moe
En derrière, en veant de fait
Que chascun d’eux a bien pou fait
Et encore moins d’eür conquis.

Le sens de l’enseignement n’est pas douteux : il faut apporter à sa dame un cœur sincère et qui ne soit pas partagé entre plusieurs affections ; l’amant qui veut tromper celle qu’il courtise, en gardant un autre amour ou une autre intrigue, risque d’ailleurs de rencontrer une dame qui agira de même avec lui et ne lui donnera pas un amour sans partage ; chacun d’eux croira avoir fait merveille, en s’assurant un amour sincère au prix de son amour menteur, et tous deux seront dupés également.

 1

Si traduire « avoir coppé l’oe » par « avoir fait merveille » semble en accord avec le contexte, reste que cette traduction est bien abstraite et vague par rapport à l’expression originale si concrètement précise. Scheler écrit que l’expressioncopper l’oe, qu’il déclare proverbiale sans en signaler aucun autre exemple, « paraît signifier avoir les prémices en amour, être le premier amoureux ». A priori, il n’a pas entendu que oie, comme dans Les oies de frère Philippe, désigne la femme, et il ne semble pas avoir vu dans copper l’oe une métaphore, singulièrement déplaisante, pour « avoir les prémices d’une fille ». De toute manière, si l’on pouvait à la rigueur accepter le sens proposé par Scheler pour le « faux », le roué, qui s’imagine avoir affaire à une pure jeune fille, — en admettant qu’il s’agisse de jeunes filles, — comment attribuer à la dame « fausse » une erreur semblable ? Etre aimée uniquement, sans partage, cela ne veut pas dire être le premier amour d’un amant.

Dans avoir coppé l’oe, il n’y a sans doute pas la moindre allusion à l’amour, mais seulement l’idée que l’on a fait quelque chose de remarquable, de difficile, que l’on a fait un coup de maître, ou dans des styles divers, « déniché l’oiseau rare », ou bien « tapé dans le mille » ou encore « décroché la timbale », etc. À l’origine de l’expression, il doit y avoir quelque difficile jeu d’adresse où une oie, réellement ou par figure, jouait son rôle. On pourrait songer à un autre sens, ce lui de « être le maître, faire ses volontés, dominer » ; mais on ne comprendrait pas alors pourquoi le verbe serait au passé.

Ce pourrait être un jeu qui a été fort répandu dans le Nord et y est encore connu et qui, avec des variantes, a été joué dans les régions les plus diverses de la France et y a laissé des traces curieuses — jeux divers aboutissant à détacher la tête d’une oie ou d’un coq à Troyes au XVIIIe siècle, en Bretagne, en Auvergne, Béarn et Provence. Il a été sommairement expliqué par Littré, dans un passage de l’article oie : « Tirer l’oie se dit d’un jeu barbare qui consiste à attacher une oie par le cou et à y lancer des bâtons jusqu’à ce que le cou ait été rompu. » Et Littré cite un exemple emprunté à une comédie de Legrand, l’Usurier gentilhomme, où il est question d’un marinier qui va tirer l’oie.

Mais l’explication de Littré et le terme tirer ne s’accordent pas complètement avec la formule copper l’oe, car « rompre » n’est pas « couper ». Voici un texte plus net ; il a été imprimé par Espinas au tome IV de son ouvrage sur la Vie urbaine de Douai au Moyen Age : c’est une lettre de rémission accordée en 1393 par le duc de Bourgogne à un homme qui avait accidentellement tué un enfant :

« … Il et plusieurs autres, estant en la place que on dist au marchié des bestes en la dicte ville, s’estoient par esbatement accompaigniez pour geter deux oyseaulx de rivière, qui estoient penduz a un pel, pour deux gros que paier devoit chacun getteur a celui qui les oyseaux et pel avoit livrez, et quand le dit suppliant deubt geter a son tour, il deffubla son manteau et le bailla a garder [à un enfant] … et si comme le dit suppliant manioit une faucille qu’il cuidoit estre bonne et seure pour geter, en esmant son cop, le manche de bois lui demoura en la main et le fer yssi tout hors [et alla frapper l’enfant qui gardoit le manteau] … »

L’usage d’une faucille pour « geter » assure qu’il s’agit bien de couper le cou de l’oie, ou ici d’oiseaux de rivière, c’est-à-dire d’oiseaux ayant, comme l’oie, un cou assez long pour qu’on puisse l’attraper sans atteindre et abîmer le corps de l’oiseau comestible qui constitue le gain du vainqueur. Nous avons de plus dans ce texte l’indication importante du pel auquel sont pendus les oiseaux.

Pour le Moyen Age voici encore quelques mentions qui s’appliquent probablement au même jeu. Douai, vers 1230, ban de l’Échevinage : « On fait le ban que hom ki soit manans en ceste ville ne soit si hardi ki jete as auwes ne as anetes ne as borsetes ne a nule manière de tels giés. » Comme on le voit, l’oie pouvait être remplacée par le canard, autre oiseau à long·cou, ou même par une bourse pendue sans doute à un cordon assez long. Tournai, mars 1361, Registre aux bans : « qu’il ne soit personne aucune (…) qui d’ore en avant (…) jeueche as billes ne as oues. »

 2

Jean Molinet, Chroniques, ch. 274, parmi les jeux donnés aux noces du prince de Castille et de Marguerite d’Autriche (1497), outre une course de taureaux : « Une aultre manière de jeu, ou l’on tiroit de canne fut illec mis en train ». Jean Molinet, Chroniques, ch. 298 : « … Le connestable d’Espaigne (…) au partir, donna a pluseurs des gens, de monseigneur aucuns muletz, faisant a monseigneur bancquetz et mommeries de chasser les tors et de jouer aux cannes ».

Pour l’époque moderne, nous avons un témoignage très précieux dans uneEnquête du Musée de la Vie Wallonnefaite en 1924 à Saives-lez-Waremme et qui a pu enregistrer une partie de « jeterie à l’oie », sport jadis très répandu en Wallonie. Il y a eu des façons très diverses de jouer le jeu, c’est-à-dire de décapiter le malheureux animal suspendu vivant par la tête à une roue posée horizontalement (ce qui permet d’en installer plusieurs) ou à un pieu. Mais ce qui est intéressant à retenir dans l’enquête de Saives, c’est le nom et la nature de l’arme du joueur : c’est une barre métallique à section carrée et à arêtes tranchantes, faite pour couper le cou de la bête et non pour l’assommer, comme dans d’autres lieux où l’on se servait de bâtons, ainsi que le dit Littré ; cette arme qui « lancée avec force, (…) coupe net » s’appelle la sèle, et cette forme wallonne « répond, dit J. Haust, à l’ancien français seille « faucille » et se rattache à l’ancien haut allemand sichila (allemand moderne sichel « faucille ») ». Le jeu même s’appelledjèterèye ou taperèye, mais aussi sèlerèye, et l’on dit selî l’tièsse a l’awe « trancher la tête à l’oie », ce qui paraît correspondre exactement au copper l’oe de la Cour de may.

Ce jeu a été assez répandu pour donner naissance en wallon à un certain nombre d’expressions figurées que l’on trouvera dans le Dictionnaire liégeoisde Haut. L’une d’elles marque bien le caractère de compétition que présentait le jeu ; en effet, lorsqu’un joueur avait tranché le cou de l’oie ou du canard et par conséquent gagné la bête, il ne restait, au moins de cet enjeu, plus rien pour les autres joueurs : chacun à la vérité pouvait espérer réussir avant les autres, chaque joueur ayant droit à autant de « jeux », c’est-à-dire d’essais, qu’il verse de mises : « Chez les houilleurs de Seraing, dit Jean Haust, il existe une expression curieuse : djî lî a mètou l’awe « je lui ai mis l’oie » — « j’ai eu fini avant lui » ; vos n’sariz lî mète l’awe, il a todi faît pramir ».

C est ce caractère de jeu de compétition et non pas seulement de jeu d’adresse qu’on retrouve peut-être dans le vers : « Chascun cuide avoir coppé l’oe », entendez, « avoir gagné la partie » et aussi « avoir trompé l’autre ou du moins ses espérances ».

(D’après « Comptes-rendus des séances de l’Académie
des Inscriptions et Belles-Lettres », paru en 1940)

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Horloge florale du 18è siècle

Posté par francesca7 le 28 mai 2016

 

 
 
Au XVIIIe siècle le naturaliste Linné, à l’écoute d’une Nature généreuse, prend soin de l’observer et met au point l’Horloge de Flore, véritable et merveilleuse prouesse botanique, accompagnant le temps qui s’écoule et s’appuyant sur le simple fait qu’un grand nombre de plantes s’épanouissent et se ferment à des heures fixes

Delille, que l’on retrouve toujours dès que I’on s’occupe de la nature dont il fut le chantre favorisé, nous a laissé quelques vers qui ont pour objet l’horloge de Flore. L’idée principale de cette invention botanique est de réunir sur une même plate-bande des plantes dont les fleurs s’ouvrant et se fermant à des époques différentes, mais précises de la journée, indiquent chacune des heures comme le ferait un cadran.

1 

Horloge de Flore

 

Voici les vers de Delille :

Je vois avec plaisir cette horloge vivante ;
Ce n’est plus ce contour où l’aiguille agissante
Chemine tristement le long d’un triste mur ;
C’est un cadran semé d’or, de pourpre et d’azur,
Où d’un air plus riant, en robe diaprée,
Les filles du printemps mesurent la durée,
Et nous marquant les jours, les heures, les instants,
Dans un cercle de fleurs ont enchaîné le temps.

Rien de plus séduisant que l’idée qui a inspiré ces vers. Quoi de plus ingénieux en effet que d’obliger le Temps à nous avertir, pour ainsi dire lui-même, de sa marche, et par les effets qu’il amène dans le règne végétal.

Ces pensées riantes et nouvelles pour Linné, puisqu’il fut le premier qui les publia, durent lui faire éprouver la satisfaction la plus douce. Ce naturaliste avait observé que, depuis le lever du soleil jusqu’à midi, chaque heure du jour pouvait être indiquée comme l’époque précise de l’épanouissement d’une fleur ; il nota la fleur, en rapprochant son nom de l’heure à laquelle sa corolle avait coutume de s’ouvrir. Il remarqua ensuite qu’à partir de midi on pouvait, sur l’occlusion des fleurs, établir des rapports tout à fait semblables et non moins justes. Il imagina alors de rassembler ces fleurs sous un même coup d’œil, et le résultat de l’expérience ayant été satisfaisant, il communiqua aux sociétés savantes cette nouvelle aménité botanique sous le nom d’horloge de Flore.

Il avait formé trois divisions : fleurs météoriques, qui s’ouvrent ou se ferment plus tôt ou plus tard, selon l’état de l’atmosphère ; tropicales, qui s’ouvrent au commencement et se ferment à la fin du jour ; équinoxiales, qui s’ouvrent et se ferment à une heure déterminée. C’est cette dernière division qui constituait spécialement l’horloge de Flore. Voici vingt-quatre fleurs s’ouvrant successivement aux différentes heures du jour et de la nuit :

Minuit. Cactus à grandes fleurs.
Une heure. Lacieron de Laponie.
Deux heures. Salsifis jaune.
Trois heures. Grande décride.
Quatre heures. Cripide des toits.
Cinq heures. Emerocalle fauve.
Six heures. Epervière frutiqueuse.
Sept heures Laitron.
Huit heures. Piloselle. Mouron rouge.
Neuf heures. Souci des champs.
Dix heures. Ficoïde napolitaine.
Onze heures. Ornithogale (Dame-d’Onze-Heures).
Midi. Ficoïde glaciale.
Une heure. Œillet prolifère.
Deux heures. Épervière.
Trois heures. Léontodons.
Quatre heures. Alysse alystoïde.
Cinq heures. Belle de nuit.
Six heures. Géranium triste.
Sept heures. Pavot à tige nue.
Huit heures. Liseron droit.
Neuf heures. Liseron linéaire.
Dix heures. Hipomée pourpre.
Onze heures. Silène fleur de nuit.

Parmi les fleurs qui s’épanouissent à heure fixe, plusieurs ne se rouvrent plus après s’être fermées, comme les Keturies ; d’autres, comme la plupart des composées, s’épanouissent de nouveau le lendemain. Un grand nombre de fleurs ne s’ouvrent que la nuit. Tel est, parmi les plus remarquables, le Cierge à grande fleur (Cactus grandiflorus), originaire de la Jamaïque et de la Vera-Cruz.

Sa fleur magnifique, large de deux centimètres, s’épanouit et répand un parfum délicieux au coucher du soleil ; mais elle ne dure que quelques heures, et avant l’aurore elle se fane et se ferme pour ne plus s’ouvrir. Ordinairement il s’en épanouit une nouvelle la nuit suivante, et cela continue de même pendant plusieurs jours. On a vu ce cierge fleurir chez un jardinier du faubourg Saint-Antoine, le 15 juillet à 7 heures du soir.

Parmi les autres plantes qui ne s’épanouissent et n’ont d’odeur que la nuit, nous mentionnerons en particulier : les Nyctantes ou Jasmin d’Arabie, diverses espèces de Cestrum, d’Onagre, de Lychnis, de Silenes, de Géraniums, de Glaïeuls. Les Belles-de-Nuit doivent leur nom à cette propriété.

Le Souci d’Afrique s’ouvre constamment à sept heures, et reste ouvert jusqu’à quatre, si le temps doit être sec : s’il ne s’ouvre point, ou s’il se ferme avant son heure, on peut être sûr qu’il pleuvra dans la journée. Le Laitron de Sibérie reste ouvert toute la nuit, s’il doit faire beau le lendemain.

Les fleurs de Nymphaea se ferment et se plongent dans l’eau au coucher du soleil ; elles en sortent et s’épanouissent de nouveau lorsque cet astre reparaît sur l’horizon. Pline avait déjà remarqué ce mouvement. « On rapporte, dit-il (Liv. XIII, c. VIII) que dans l’Euphrate la fleur du Lotus se plonge le soir dans l’eau jusqu’à minuit, et si profondément qu’on ne peut l’atteindre avec la main : passé minuit, elle remonte peu à peu, de sorte qu’au soleil levant elle sort de l’eau, s’épanouit, et s’élève considérablement au-dessus de la surface du fleuve. »

Selon plusieurs auteurs, cette observation est l’origine du culte des Égyptiens pour le Nymphaea Lotus, qu’ils avaient consacré au Soleil. On en voit fréquemment la fleur et le fruit sur les monuments égyptiens et indiens. La fleur orne la tête d’Orisis. Horus ou le Soleil, est souvent représenté assis sur la fleur du Lotus. Hancarville a historiquement prouvé qu’ils donnent par cette fleur un emblème du monde sorti des eaux.

Un grand ami de la botanique, propriétaire aux environs de Paris, voulut un jour, dans le jardin de sa maison de campagne, vérifier l’horloge du professeur d’Upsal. Voici comme il s’y prit. Il y avait dans un des coins de ce jardin un bassin desséché qu’entourait une plate-bande circulaire. Il fit établir une horloge au centre du bassin dont un cadran occupait toute la surface, puis il plaça sur la plate-bande, au point correspondant de chacune des heures du cadran, la fleur qui devait servir à l’indiquer.

 2

Le naturaliste Linné, peint
en 1775 par Alexander Roslin

 

Ainsi, par exemple, de 4 à 5 heures, le tragopogon prateuse ; de 6 à 7 heures, le lactuca sativa ; de 11 heures à midi, l’ornithogalum umbellatum, et de même ensuite pour les plantes dont les fleurs devaient annoncer d’autres heures par leur occlusion ; de midi à une heure, le portulaca oleracea, etc., sans oublier le souci qui tenait une place honorable dans l’horloge linnéenne.

Après bien des peines, beaucoup de soins et de grands frais, notre connaisseur eut la satisfaction de réussir et d’offrir à ses amis une séance dont l’intérêt n’était pas moins vif que le spectacle en était amusant. Tout réussit au gré de ses souhaits et les heures furent indiquées à quelques minutes près.

On sent au reste combien une pareille horloge serait inférieure à nos pendules et au cadran solaire. Les difficultés qui peuvent s’offrir dans l’acquisition des plantes qui doivent la composer, les différents états atmosphériques qui peuvent survenir, contrarient souvent l’observateur, et celui qui ne voudrait pas d’autre mesure du temps, serait souvent exposé, comme le dit une phrase populaire, à chercher midi à quatorze heures.

Une invention analogue est le Calendrier de Flore, que l’on doit au même auteur. Linné ayant observé que les conditions de saison et de température, qui faisaient fleurir telle ou telle plante, étaient aussi ou contraires ou propices à tels ou tels travaux de la campagne, imagina de rassembler les plantes qui lui offraient cette concordance et d’établir un calendrier où il serait dit, par exemple : floraison du daphne mescreum, époque des semences, etc.

Voici comme il raisonnait : si la plante fleurit plus tôt qu’à l’ordinaire, c’est que la saison sera plus avancée qu’elle ne doit l’être à pareille époque, et les semences pourront donc sans inconvénient avoir lieu plus tôt ; si au contraire elle fleurit plus tard, il faudrait attendre pour semer ; les causes qui sont contraires à la floraison devant être également nuisibles aux semences. Ainsi , le cultivateur recevait de la nature même le conseil d’agir ou de rester en repos, et mieux averti que par les époques invariables que marque un calendrier ordinaire, il évitait les gelées et tous ces brusques changements de température qui lui enlèvent si souvent ses espérances et sa fortune.

Si l’utile venait ici se joindre à l’agréable, il faut reconnaître que ce calendrier devait exister avant le mémoire de Linné. Le cultivateur est observateur par état, et il n’est pas un paysan qui ne connaisse toutes les conditions atmosphériques beaucoup mieux qu’un physicien, et qui ne prédise d’une manière presque infaillible le temps serein ou la pluie, la grêle, le vent ou la gelée, l’expérience et l’habitude étant des guides sûrs.

Voici, toutefois, le Calendrier de Flore :

Janvier. Ellébore noire.
Février. Daphné bois gentil.
Mars. Soldanelle des Alpes.
Avril. Tulipe odorante.
Mai. Spirée filipendule.
Juin. Pavot coquelicot.
Juillet. Centaurée.
Août. Scabieuse.
Septembre. Cyclame d’Europe.
Octobre. Millepertuis de Chine.
Novembre. Xyménésie.
Décembre. Lopésie à grappes.

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A l’exemple des botanistes qui ont construit une horloge de Flore, un chasseur naturaliste, s’il faut s’en rapporter au Bulletin mensuel de la Société protectrice des animaux, a dressé une horloge ornithologique, en notant les heures de réveil et de chant de certains oiseaux.

Après le rossignol, qui chante presque toute la nuit, c’est le pinson, le plus matinal des oiseaux, qui donne le premier signal aux chantres des bois. Son chant devançant l’aurore, se fait entendre d’une heure et demie à deux heures du matin. Après lui, de deux heures à deux heures et demie, la fauvette à tête noire s’éveille, et fait entendre son chant, qui rivaliserait avec celui du rossignol s’il n’était pas si court.

De deux heures et demie à trois heures, la caille, amie des débiteurs malheureux, semble par son cri : Paye tes dettes ! Paye tes dettes ! les avertir de ne pas se laisser surprendre par le lever du soleil. De trois heures à trois heures et demie, la fauvette à ventre rouge fait entendre ses trilles mélodieux. De trois heures et demie à quatre, chante le merle noir, l’oiseau moqueur de nos contrées, qui apprend si bien tous les airs, que Dureau de la Malle avait fait chanter la Marseillaise à tous les merles d’un canton, en donnant la volée à un merle à qui il l’avait serinée et qui l’apprit aux autres.

De quatre heures à quatre heures et demie, le pouliot se fait entendre. De quatre heures et demie à cinq heures, la mésange à tête noire fait grincer son chant agaçant. De cinq à cinq heures et demie, s’éveille et se met à pépier le moineau franc, ce gamin de Paris, gourmand, paresseux, tapageur ; mais hardi, spirituel et amusant dans son effronterie.

(D’après « Les végétaux curieux, ou Recueil des particularités les plus
remarquables qu’offrent les plantes, etc. » paru en 1824,
« Les merveilles de la végétation » paru en 1866
et « L’Année scientifique et industrielle » paru en 1863)

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