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    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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De belles superstitions d’antan

Posté par francesca7 le 30 avril 2016

 

 

 

Dans les années 1917-1919, Edouard Harlé, membre éminent de nombreuses sociétés scientifiques, ingénieur des Ponts et Chaussées ayant su acquérir des connaissances en géologie, paléontologie et archéologie, publie le résultat de ses recherches menées en Gironde et relatives aux chiffons placés au bord de sources ou sur des buissons et permettant de sécher le mal, ainsi qu’au sou dans la main des morts pour payer l’entrée du Paradis

J’en ai signalé à la source de Las sègues, aux environs de Bagnères-de-Bigorre, écrit Edouard Harlé. Depuis, je me suis souvenu que mon fils Jacques, ayant été à pied de Cazaux à Lugos (limite de la Gironde et des Landes), pour rechercher et étudier les dunes créées par l’étang de Sanguinet, m’avait raconté être passé à une source avec chiffons sur les buissons.

Impossible d’avoir par lui d’autres renseignements : le pauvre Jacques a été tué à l’ennemi, en mai dernier. J’ai cherché sur ses cartes et j’y ai trouvé, écrits à la main, à un kilomètre et demi à l’est de Sanguinet (Landes), les mots « Hount sant », qui signifient, en langue du pays, « Source sainte ».

 1

 

Une des nombreuses sources miraculeuses de Gironde

 

J’ai été au point ainsi désigné, rapporte notre narrateur. Il y a là deux sources saintes : Sainte Rose et Saint Basile, toutes deux près du moulin de la Grande Mole, sur le ruisseau de La Gourgue, et toutes deux issues de petits marais. La source de Sainte Rose est au nord du ruisseau. C’est celle où mon fils avait vu des chiffons sur les buissons. Elle est insignifiante. Pas de chiffons, quand je l’ai visitée.

La source de Saint Basile est renommée et l’on y a mis une croix en fer. Elle est au bord et au sud de La Gourgue. J’y ai vu un chiffon blanc sur la croix, un tombé au pied de la croix, et cinq sur les branches des buissons voisins. La vieille femme qui m’a guidé m’a dit :

« II y avait beaucoup de chiffons sur les buissons des deux sources ; mais, depuis la guerre, on n’en met pas : la guerre arrête tout. Quand mon fils était tout petit enfant, il lui est venu une mauvaise plaie à la figure. J’ai pensé que c’était le Mal de Saint Basile et j’ai été chercher de l’eau à la source de Saint Basile dans un petit flacon. J’ai lavé la plaie avec cette eau trois jours de rang. Le premier jour, la plaie a blanchi ; le second, elle a diminué ; le troisième, elle a disparu. Mon mari est très malade. Je l’ai lavé avec de l’eau de la source de Saint Basile et de toutes les sources du pays ; mais cela ne lui a rien fait. Par malheur, je ne sais pas de quel saint est son mal. »

Pourquoi met-on des chiffons ? Les nombreuses personnes des environs que j’ai interrogées m’ont répondu, explique Harlé : les unes, que c’est par superstition ; les autres, que c’est pour se débarrasser des chiffons, après leur emploi pour panser les plaies. Il me semble que le fait qu’on place les chiffons sur les branches des buissons, au lieu de les jeter simplement à terre, indique autre chose que le seul désir de s’en débarrasser.

Si j’habitais Sanguinet, écrit notre ingénieur en 1917, je ferais des fouilles dans la vase et le sable de la source de Saint Basile, avec l’idée d’y trouver des offrandes de dévots du temps des romains, des gaulois, de l’Age du bronze ou de la pierre polie. La vieille m’a dit avoir vu, auprès de cette source, un tronc, où les dévots mettaient des sous ; mais les non-dévots volaient les sous ; on a transféré le tronc dans l’église.

Marcel Baudouin qui, comme Edouard Harlé, est membre de la Société préhistorique française, tient à rappeler que rien n’est plus comparable à la Source de Saint Basile que laSource de la Fontaine Saint-Gré, en Vendée, invoquant son mémoire sur la fontaine thérapeutique d’Avrillé, où l’on retrouvera la Croix de Fer, le Tronc transporté à l’Eglise, à cause des voleurs, etc. Tout se répète, constamment et partout, affirme-t-il encore.

L’année suivante, Albert Hugues, autre membre de cette Société, désireux d’apporter sa modeste contribution au même sujet, relève ce qu’il a pu observer dans le Gard. La Source d’Estauzens, placée à la limite des communes de Nîmes et de La Calmette, est renommée pour la guérison des maladies du foie, coulant au pied de la commune que surmonte l’Enceinte préhistorique, à quelques mètres des restes du vieux monastère de femmes de Notre-Dame d’Estauzens, prieuré rural déjà ruiné au XVIe siècle.

La Source d’Estouzïn (en patois languedocien) est connue des habitants de Nîmes et des villages environnants pour ses vertus médicinales. L’analogie de son nom lui donne une vertu particulière pour guérir les maladies du foie (estourïn dans le patois local) Pendant neuf jours consécutifs, et bien avant le lever du soleil, le malade est tenu de boire à la source et d’y faire ses ablutions. Eviter toute rencontre de quidam, à l’aller et au retour de ces visites, procure à celui qui peut y réussir une guérison plus rapide et plus sûre !

Quand je visitai la source pour la première fois, en 1904, poursuit Albert Hugues, je remarquai de nombreux chiffons, dans les alentours, soit à terre, soit sur les buissons de ronces ou de chênes kermès ; et je crus au séjour en cet endroit d’un campement de bohémiens ! Le valet de ferme à mon service, intelligent et très actif, qui m’avait signalé les vertus de la source pour avoir été guéri dans son enfance à la suite d’une neuvaine, me déclare que ces chiffons servaient à éponger les malades et restaient sur place, afin que chacun ne put emporter chez soi lou vérin (le venin) de la maladie expurgé par l’eau et dont le morceau d’étoffe se trouvait imprégné.

 

 

 2

Source de Gazinet, en Gironde

 

 

La coutume de glisser, en cachette, un sou dans la main du mort est d’usage assez fréquent chez les catholiques des villages des environs d’Uzès et du Malgoirès, ajoute-t-il, précisant que la pièce de monnaie doit être mise en cachette et que, dans sa région, à population mi catholique, mi protestante, si certaines pratiques sont communes aux adeptes des deux religions, il en est qui, acceptées par les uns, sont rejetées par les autres.

En 1919, Edouard Harlé revient sur les rites liés aux chiffons et au sou. Il y a deux sources guérisseuses à chiffons dans la commune de Mios, explique-t-il : l’une, dans le bourg, est sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste ; l’autre, près du hameau de Florence, sous celui de Saint- Jean-l’Evangéliste.

De cette dernière, le Dr Peyneau, maire de Mios, écrivait : « Il y a cinq ans, ma domestique ayant aux jambes des maux dont elle ne pouvait guérir, s’en fut à cette fontaine pour les laver. On lui avait recommandé de laver chaque plaque malade avec un chiffon distinct et d’étendre ensuite tous ces chiffons sur le petit mur qui entoure cette fontaine, afin de les y faire sécher. Elle se conforma scrupuleusement à ce rite et son mal sécha petit à petit et il disparut. »

Ceci explique probablement, conclut Harlé, pourquoi la plupart des dévots étendent leurs chiffons sur des buissons, au lieu de les jeter à terre : le mal doit sécher comme le chiffon. Selon le curé, bon nombre de dévots jettent en guise d’offrande des sous dans le puits où sourd cette fontaine ; les bergers volent ces sous.

Croisant dans le train une femme très âgée, à Gazinet, près de Bordeaux, Harlé lui demanda : « Vous venez sans doute, Madame, de consulter la fameuse sorcière de Gazinet ? – C’est moi, Monsieur ! », répondit la dame, furieuse… La sorcière refusa de lui faire savoir comment, en examinant le gilet de flanelle d’une personne éloignée, elle reconnaissait sa maladie, mais elle voulut bien lui dire que l’usage de munir les morts d’un sou est très répandu : « Et plutôt une pièce d’or qu’un sou, car, dans l’autre monde comme dans celui-ci, on obtient plus avec 20 francs qu’avec 5 centimes. »

Souvent, on met le sou dans la bouche du mort ; d’autres fois, dans sa poche (on habille les morts). L’essentiel est que, d’une manière ou d’une autre, le mort soit muni d’une pièce de monnaie. « A-t-il son sou ? » demandent les parents qui viennent le voir.

Déjeunant, à Bourg-sur-Gironde, chez un de ses amis, il demanda à sa vieille cuisinière si l’on enterrait les morts avec un sou : « Certainement, Monsieur ; et, il y a deux mois seulement, quand on a enterré ici Madame…, on lui a mis un sou dans la main. Ce ne sont pas ses parents qui ont fait cela, car ils n’y croient pas ; c’est sa domestique. » Et Edouard Harlé de confier s’être dit : « J’ai des bonnes dévouées ; pour sûr, moi aussi, je partirai pour l’autre monde avec un sou dans la main ! »

Un jeune homme de Bourg-sur-Gironde, mobilisé à Lunéville (Meurthe-et-Moselle), ayant été très grièvement blessé par une bombe d’un avion allemand, sa femme, qui avait réussi à l’y rejoindre, assista à ses derniers moments et à ses funérailles. « Je n’ai guère de religion, dit-elle à son retour à Bourg ; mais cependant j’ai tenu à lui mettre un sou dans la poche, pour qu’il puisse payer l’entrée du paradis à Saint Pierre. »

L’usage de munir les morts d’une pièce de monnaie existe dans de nombreux pays civilisés, précise Harlé : Japon, Indochine, Siam, Inde, etc. La raison donnée diffère suivant les peuples et, souvent, elle est mal définie ; mais l’on est d’accord sur un point : pour qu’un mort entre dans l’autre monde en bonnes conditions, il faut qu’il y paye quelque chose à quelqu’un.

Baudouin, également membre de la Société préhistorique française, ajoute avoir lu dans O’Sullivan (Irlande, p. 11) : « Les Irlandais ont l’habitude de suspendre des haillons aux branches des arbres, près des fontaines, coutume dominante parmi les peuples de l’Orient ; l’olivier sauvage d’Afrique et l’Arbre sacré des Indous portent ordinairement ces marques d’adoration et rappellent l’Irlande… Charles O’Connor, dans sa 3e lettre signée Columbanus, dit qu’il a demandé pourquoi on suspendait des morceaux de linge aux branches des arbres :C’est pour s’attirer les faveurs des Daoini Mailhe (Les Fées), lui répondit-on. »

On lit dans les voyages d’Hauwaq : « Je vis près de l’eau une grande quantité de morceaux de linge, suspendus aux branches d’un arbre ». Les chiffons des Sources sont donc classiques en Irlande.

Et Baudouin de rappeler « qu’une pièce de monnaie n’est que la Rondelle à Animaux du Paléolithique et un objet du Culte stello-solaire, représentant le Pôle, c’est-à-dire l’empire des Morts ou les Enfers ; et le Soleil anthropomorphisé ! Qui se ressemble s’assemble… »

(D’après « Bulletin de la Société préhistorique française »,
paru en 1917, 1918, 1919)

 

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Les Trois Bossus de Besançon

Posté par francesca7 le 30 avril 2016

 

 

Fruit de l’imagination de Durand, trouvère du XIIIe siècle, l’histoire invraisemblable et naïve mettant en scène trois frères bossus manquant de périr par noyade, qui pour un crime, qui par appât du gain, fut reprise et aménagée par les conteurs de tous pays

bossus

L’aîné de ces bossus tue un homme à Besançon. Lorsqu’on vient le prendre pour le pendre, on hésite devant la ressemblance extraordinaire des trois frères qui s’avouent tous coupables, bien qu’au rapport des témoins un seul ait fait le coup. La justice, embarrassée et de peur de condamner à mort un innocent, leur enjoint seulement de vider le pays. L’un d’eux vient à Paris où il se marie et s’enrichit dans le commerce ; les deux autres vont en Angleterre et courent le risque d’y mourir de faim ; mais, apprenant que leur frère est riche, ils arrivent un jour chez lui pour implorer son aide.

Il était alors absent ; sa femme les reçoit avec courtoisie et leur fait donner à manger. Sur ces entrefaites le mari revient. Comme il était jaloux, sa femme, avant de lui ouvrir la porte, fait cacher les frères dans la cave où ils boivent jusqu’à tomber ivres morts. La femme, qui avait prévu le cas, promet de donner de l’argent à un crocheteur s’il consent à jeter à l’eau les deux ivrognes ; ainsi fit-il. Au retour de cette expédition, comme il allait se faire payer, il rencontra l’autre frère. Le prenant pour un revenant, il s’empare du pauvre diable, le fourre dans un sac et l’envoie rejoindre le premier dans la Seine. Il traite de même le mari qu’il rencontre à son tour, non sans s’indigner de l’obstination de ce bossu qui ressuscite à chaque instant et ne veut pas absolument être noyé. Toutes ces noyades, venues de l’Orient, ont plu aussi aux conteurs italiens. Straparole, dans ses Facétieuses Nuits, n’a pas égayé le sujet. L’ancienne rédaction anglaise des Gesta Romanorum a changé quelques détails. Imbert, dans son imitation fort affadie, se contente, par humanité, de coups de bâtons pour le mari.

Mais un pêcheur les repêche tous trois dans ses filets, en présence du roi qui se promenait par hasard en bateau sur la Seine. Quoique les bossus aient été longtemps sous l’eau, ils ne laissent pas que de vivre encore. Le roi est naturellement très surpris ; il demande des explications. Les doux ivrognes ne se rappellent rien ; mais le mari, qui était à jeun quand il fut précipité, dénonce le crocheteur. Celui-ci mandé, dit qu’il pensait avoir jeté à l’eau un mort et qui plus est un revenant. Le roi rit, d’autant que voyant les deux ivrognes vomir, avec l’eau qu’ils avaient avalée, une grande quantité d’eau-de-vie, il se douta, comme il était vrai, que leur ivresse avait fait croire qu’ils étaient morts. Il pardonna donc au crocheteur et donna de l’argent aux bossus.

On voit ici que le niais le dispute à l’invraisemblable. Ce conte est une imitation platement défigurée des Trois Bossus de Durand, trouvère du XIIIe siècle. On le trouve dans le tome III du recueil des Fabliaux de Barbazan. Il y en a d’autres imitations, et même assez nombreuses. On le trouve, a quelques différences près, dans les Contes tartares, par Gueullette, lequel, dans sa préface, dit l’avoir pris de Straparole. On jouait aussi une farce, sous le nom des Trois Bossus, au théâtre de Nicolet.

 

(D’après « Histoire des livres populaires ou de la littérature du colportage » (tome 1) paru en 1864)

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La folie des gallinacées nous gagne

Posté par francesca7 le 28 avril 2016

 

Les poules pondeuses sont voraces, elles peuvent engloutir de 150 à 200 kilos par an des restes de ­déjeuners ou dîners composés des épluchures de fruits et légumes, de la mie de pain, des coquilles d’œuf… Les élus communaux voient donc dans ces volatiles un bon moyen de réduire la collecte des déchets.

poules

A Versailles Grand Parc, 200 familles sont en cours de sélection, auxquelles la collectivité va proposer deux poules pondeuses par foyer, moyennant une petite aide financière publique. Seules les familles disposant d’un jardin pourront prendre en pension une ou deux volailles, qu’il faudra bien traiter, prévoit la convention de partenariat. La collectivité en attend une baisse du volume des déchets.

Lire aussi

La folie des poules gagne les jardins urbains 

A la communauté d’agglomération Tour(s)Plus, les élus ont opté pour l’installation de poulaillers collectifs, notamment dans les écoles. L’expérimentation a démarré il y a trois ans. « 12 écoles sont équipées, nous souhaitons maintenant en installer dans les maisons de retraite et les crèches », précise-t-on au sein de Tour(s)Plus. Les prix baissent, puisque la collectivité a investi 4.200 euros en 2012 pour 5 poulaillers et seulement 2.700 euros en 2015 pour un nombre équivalent. Les enfants des écoles se chargent de nourrir les volailles, mais les œufs ne peuvent pas être consommés dans les cantines car ils ne sont pas homologués par les services vétérinaires.

Diminution d’un tiers

Dans la petite commune de Pincé – 200 habitants –, dans la Sarthe, 31 familles possèdent des poules données par la commune. « Un tiers des familles de Pincé possèdent un petit poulailler. Pour ce qui me concerne­, j’élève deux pondeuses, le volume de mes déchets enlevés par le service des ordures ménagères s’est considérablement réduit », indique­ Nicole Foucault, la première adjointe.

Malgré ces quelques initiatives, la France reste très timide dans la gestion des poules pondeuses. En Belgique, dans la commune de Mouscron (57.400 habitants), des campagnes sont organisées tous les ans pour proposer des gallinacés aux habitants. «  A ce jour, explique Christophe Denève, responsable du service environnement de la commune, 800 poules ont été distribuées à 400 familles. Nous estimons que leurs déchets traités par le service des ordures ménagères ont diminué d’un tiers.  » Chaque famille qui récupère une poule pondeuse s’engage pour deux années. «  Une formation initiale d’un peu plus d’une heure est obligatoire. On leur explique comment se prémunir des prédateurs et quels sont les principaux risques de maladie  », continue Christophe Denève. Après les ­particuliers, la commune de ­Mouscron commence à installer des poulaillers collectifs dans les associations

La mode est aux circuits courts et au retour à la nature. La poule pondeuse abritée dans un petit poulailler au fond du jardin est désormais très tendance. Le groupe breton Michel, qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 327 millions d’euros, principalement dans la nutrition animale, s’engage dans ce marché de niche.

Avec deux partenaires, dont un spécialiste de la vente de poissons auprès des jardineries, il vient de créer à Rennes la société Distrigalli qui se charge de distribuer les poules pondeuses de la « marque » Magalli. « A ce jour, explique Matthias Michel, le dirigeant de l’entreprise éponyme, nous proposons plus d’une dizaine de variétés de poules, à moyen terme, nous en aurons 30. »

téléchargementDeux producteurs installés en Bretagne se chargent d’élever ces volailles pendant seize semaines. Elles rejoignent ensuite les jardi­neries Jardiland, qui les vendent auprès du grand public. 50 Jardiland proposent les Magalli, plus de 150 magasins les référenceront dans quelques mois. L’enseigne Botanic a également passé un accord avec Distrigalli. « D’ici à trois ans, continue le dirigeant, nous tablons sur la vente de 100.000 poules par exercice. » Elles sont proposées dans les jardineries entre 15 et 40 euros l’unité, en fonction de leur espèce et de leur rendement en œufs. Les rousses atteignent un niveau important compris entre 250 et 300 œufs par an, les hollandaises huppées sont autour de 200. La durée de vie d’une poule pondeuse est comprise entre six et dix ans. La cible de clientèle visée par le groupe Michel est celle des habitants des agglomérations qui possèdent un petit jardin. Ce sont en général des familles avec enfants.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/

 

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LORSQUE REVIENT La Prière

Posté par francesca7 le 26 avril 2016

La concentration sur le coeur est dans la Prière, ce qu’on appel la phase de « Receuillement », que l’on pourrait écrire « Re-Coeu-illement ». Dans cette phase on se retire littéralement dans son coeur, jusqu’à ce qu’un sentiment d’apaisement et d’espace nous envahisse totalement. Le geste de la prière, qui est de joindre les mains au niveau du coeur nous aide à porter notre attention sur le coeur . ( Tout fermant peut-être également le circuit énergétique ) . Les yeux clos sont également dirigé vers le bas. Le but n’est pas que d’être concentré sur le coeur mais d’être concentré dans le coeur, ce qui est différent. Ce qu’on y trouve est silencieux, pur, transparent, léger, électrisant. Nos mains sont très « magnétiquent » : à ce vous pouvez les imposer sur des endroits de votre corps. Vous devriez pouvoir sentir  l’énergie  le parcourir avec une certaine « intelligence. »

prière

Dans la Prière nous adressons une demande au sujet de quelque chose et attendons une «réponse ». Dans la Prière on invoque Dieu. L ‘ »Invocation » ne demande pas de rituel particulier : cela consiste simplement à avoir l’idée de Dieu à l’esprit dans cet état d’apaisement total. Généralement lors de l’invocation, les yeux montent d’eux-mêmes vers le ciel.

Ce qui ce passe ici dépend des personnes, (Cette dernière phase est à expérimenter par soi-même.) Ou se laisse « monter intérieurement et envahir par Cela où c’est plutôt un morceau de Cela qui se détache et descend dans le coeur en provoquant une Joie indescriptible.

Dans tous les cas il faut rester à l’écoute : des révélations qui se produisent. Parfois il peut se produire des régressions spontanées, si envahi par Cale, vous imposez les mains à certains endroits du corps.

Etapes

  1. Pensez à la situation qui nous préoccupe, nous dérange.
  2. Se recueillir. Joindre ses mains au niveau du coeur, les yeux clos tournés vers le bas : concentrez-vous sur votre coeur jusqu’à ce que vous soyez concentré dans votre coeur. Cela se traduit par un sentiment d’apaisement et d’espace qui nous envahit.
  3. Adresser notre demande par rapport à la situation qui nous préoccupe.
  4. Invoquer Dieu, simplement y penser et se laisser porter.
  5. Demeurer dans cet état sans penser à problème.

5.b Faites des impositions des mains sur vous-même.

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Que devient la Basse-cour

Posté par francesca7 le 26 avril 2016

 

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À l’origine, la basse-cour d’élevage vise à nourrir la famille, à remplir les édredons, fournir de l’engrais… Les animaux sont nourris en partie à partir des déchets agricoles de la ferme et participent ainsi à l’entretien des abords (pré, cour, étable, hangar, mare, voire potager). Les animaux non volants (« désailage ») y sont en liberté ou semi-liberté le jour et sont enfermés la nuit à l’abri des vols et prédations.

En France, l’avènement de la Révolution verte et la baisse du nombre d’agriculteurs ont entrainé la régression des basses-cours que l’on rencontrait systématiquement dans les cours de fermes jusque dans les années 1950. Nombre de familles ne disposent plus de temps suffisant pour s’occuper de la basse-cour.

L’industrialisation de l’élevage des volailles a en outre mis sur le marché ses produits « bon marché » de qualité largement inférieure, rendant banale et quelconque une viande dite « du dimanche » excellente et autrefois très prisée.

basse cour

Aujourd’hui dans les campagnes, les basses-cours sont à usage essentiellement familial. Les animaux produits ne se retrouvent dorénavant que très peu sur les marchés. Elles sont tenues assez fréquemment par des personnes âgées ce qui leur assure un complément nutritionnel et pécuniaire parfois indispensable à leurs petites pensions de retraites.

La qualité des produits de la basse-cour comparée à celle de l’élevage industriel, ainsi qu’un plus faible coût à l’achat comparé à celui de l’élevage en série de type biologique ou fermier, incitent tout campagnard à avoir une petite basse-cour adaptée à ses possibilités et à sa consommation.

Avec l’emploi majoritaire de garnitures synthétiques pour des literies à durée de vie réduite, ainsi que l’élévation du niveau de vie, le besoin de produire des plumes et du duvet pour ses besoins propres n’existe plus.

La basse cour est aussi une ferme : dans la grange et dans les vastes greniers s’entassent les récoltes provenant du domaine propre du seigneur, exploité à l’aide des corvées, ainsi que les graines que les tenanciers livrent au titre des redevances. À Oricourt, cette fonction agricole a toujours existé, à côté de son rôle purement militaire. La ferme cesse d’être exploitée en 1990, seulement.

Après le succès du potager sur le toit des immeubles, place au phénomène du poulailler pour particulier, en ville comme à la campagne. Voilà une tendance qui allie parfaitement économie et écologie !

Les poules (ou gallinacés pour les plus scientifiques d’entre nous…) passent la plupart de leur temps dans leur abri préféré : le poulailler, que ce soit pour dormir, s’abriter, pondre ou couver leurs œufs. Contrairement aux idées reçues, installer un poulailler ne coule par toujours de source, car cela exige quelques ressources, que l’on choisisse de le fabriquer soi-même ou d’acheter un poulailler en kit, en bois ou même en plastique, déjà tout prêt et bien souvent plus joli, plus design et surtout plus pratique qu’un abri fait maison.

Autre chose à ne pas oublier : un bon abri devra être équipé d’accessoires pour le confort de vos volailles et pour celui de leur propriétaire. Parmi ces accessoires pour poulailler, on retrouve notamment l’abreuvoir, la mangeoire, le perchoir mais aussi la porte (qui peut être automatique, électrique ou manuelle) ainsi que le chauffage pour poulailler et le grillage ou filet qui permettra d’éviter aux poules de s’enfuir mais aussi aux prédateurs (renard, chats et chiens) de venir chasser vos précieuses poules pondeuses…

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Pour trouver le meilleur modèle de poulailler, il faut savoir que la conception d’un abri pour 2, 3, 4 poules (ou plus si vous voulez un grand poulailler ou même un poulailler XXL pour plus de 10 poules) doit remplir certaines conditions : confort, sécurité, bien-être et propreté ! Voici également d’autres critères à prendre en compte avant l’achat d’un poulailler pour profiter d’oeufs frais toute la semaine chez soi : la taille, la matière à utiliser (bois, plastique ou autre) et le type de poulailler (avec volière, avec porte ou trappe automatique, avec pondoir et perchoir) ce dernier pouvant être mobile, fixe ou en kit.

À l’ère du bio et des préoccupations écologiques aussi bien en ville qu’en campagne, la dernière tendance est l’installation dans son jardin d’une cabane design en guise de poulailler. Désormais, les gallinacés, poules, coqs et poulets s’invitent dans nos jardin, et même sur nos terrasses en ville. Mais où donc acheter un poulailler pratique et pas cher ? Sachez qu’avec les avancées technologiques, il est désormais possible de trouver des poulaillers discount et en promo dans certains magasins spécialisés, mais les meilleurs modèles et les meilleurs prix se trouvent surtout sur internet !

Avant de vous lancer dans l’achat d’une cage à poules, suivez donc les conseils, test, avis, comparatif et guide pratique de Meilleur Poulailler qui vous aideront dans votre choix et dans l’achat d’un poulailler, petit ou grand, mais toujours de qualité.


bibliographie : Jean-Claude Périquet, Les cahiers de l’élevage – Créer une basse-cour, Rustica Éditions, Paris, 1999

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Recette du grimoire du Petit Albert

Posté par francesca7 le 24 avril 2016

Grimoire

 

Les travaux relatifs à la mise au point d’une cape d’invisibilité temporelle présentés en janvier 2012 dans la revue britannique Nature, ne sont pas sans évoquer un lointain grimoire, Le Petit Albert, rédigé en latin et inspiré par les écrits du théologien Albert le Grand né en 1193. Une édition de 1704 nous donne le procédé de fabrication d’un anneau permettant à qui le porte de se rendre invisible, ainsi que l’antidote à qui voudra ne point être trompé par l’anneau qui nous occupe

Versé dans la théologie, les sciences et la philosophie, professeur d’université, en particulier à la Sorbonne, Albert le Grand, canonisé par le pape Pie XI en 1931 et proclamé la même année docteur de l’Église, s’intéressa à l’alchimie et à la magie. Le titre latin original du Petit Albert – imprimé pour la première fois en France en 1668 mais dont nous ignorons l’identité de l’auteur, il connut un succès considérable, des traductions étant diffusées par colportage – était Alberti Parvi Lucii libellus de mirabilibus Naturae arcanis, l’ouvrage contenant une multitude de recettes et procédés chargés de mystères.

 

 

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Albrecht von Bollstädt, connu sous le
nom d’Albert le Grand (1193-1280)

 

 

 Une édition de 1704 intitulée Le solide trésor des merveilleux secrets de la magie naturelle et cabalistique du Petit Albert, nous livre la façon de confectionner un anneau d’invisibilité, au chapitre Pour se rendre invisible par le moyen d’un anneau :

On rapporte du fameux Gigez, qu’il parvint au trône de la Lydie par le moyen d’un anneau magique qui le rendant invisible lui donna la facilité de commettre adultère avec la reine et de tuer le roi. Les sages Cabalistes nous ont laissé la méthode de fabriquer des anneaux qui aient pareillement la vertu de l’invisibilité.

Il faut entreprendre cette opération importante un jour de mercredi de printemps sous les auspices de Mercure, lorsque l’on connaîtra que cette planète fera en conjonction avec une des autres planètes favorables, comme la Lune, Jupiter, Vénus ou le Soleil, et ayant de bon Mercure fixé et bien purifié on en formera une grosse bague qui puisse entrer facilement dans le doit du milieu de la main ; on y enchâssera dans le chaton une petite pierre que l’on trouve dans le nid de la huppe et on gravera autour de la bague les paroles suivantes :

Jésus passant
Par le milieu d’eux
S’en allait

Puis ayant posé cette bague sur une petite plaque de Mercure fixe, laquelle sera faite en orme de petite palette, on fera le Parfum de Mercure comme il est marqué ci-devant [voir note en fin de texte] et on exposera trois fois de suite la bague sur la plaque dans la fumée du parfum et l’ayant enveloppé dans un morceau de taffetas de la couleur convenable à la planète on le portera dans le nid de la huppe d’où on a tiré la pierre et on la laissera durant neuf jours et quand on la tirera on fera encore le parfum comme la première fois.

Puis on la gardera précieusement dans une petite boîte faite avec du Mercure fixe pour s’en servir dans les occasions. La manière de s’en servir n’est autre que de mettre cette bague à son doigt en tournant la pierre en dehors de la main et elle a la vertu de tellement fasciner les yeux des assistants que l’on est en leur présence sans être vu. Et quand on veut être vu, il faut tourner la pierre en dedans de la main et fermer la main en forme de poing.

Porphirius et Jamblic, Pierre d’Abano et son Maître Agripa soutiennent qu’un anneau fabriqué en la manière dont on voit ici la figure représentée, a la même vertu et propriété. Il faut prendre des poils qui sont au-dessus de la tête de la furieuse hyène, on en fait de petites tresses avec lesquelles on fabrique l’anneau comme on le voit ici, et on le porte pareillement dans le nid de la huppe durant neuf jours et l’on fait les parfums comme il a été dit précédemment sous les auspices de Mercure, on s’en sert de même que de celui fait avec du Mercure, excepté que l’on l’ôte absolument du doigt quand on ne veut pas être invisible.

Venait à la suite de ce mode opératoire pour confectionner l’anneau d’invisibilité, un chapitre intitulé :

 

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Un anneau d’invisibilité

 

Pour n’être point trompé et fasciné par l’anneau d’invisibilité.

Comme il n’y a point de poison dans la nature qui n’ait son antidote, la sage providence du créateur ayant fait toutes choses avec poids et mesure, ne permet point de prestige qu’il n’ait son remède. Si l’on veut donc se précautionner contre l’effet de l’anneau cabalistique de Mercure on aura une bague composée en la manière suivante.

On formera un anneau avec du plomb affiné et bien purgé en la façon que l’on a expliquée à l’endroit ci-devant où l’on a parlé des talismans des nombres mystérieux des planètes, et dans le chaton de cette bague de plomb on enchâssera un œil de jeune belette qui n’aura porté des petits qu’une fois et fur le contour de la bague on gravera les paroles suivantes : Aparuit Dominus Simoni.

La fabrique de cette bague se fera un jour de samedi, lorsque l’on connaîtra que Saturne sera en opposition avec Mercure ; on fera trois fois le Parfum du Samedi [voir note en fin de texte], on enveloppera la bague dans un morceau de linceul mortuaire et on l’enterrera dans un cimetière où on la laissera durant neuf jours, puis l’ayant retiré on fera trois fois le Parfum de Saturne et l’on s’en servira.

Ceux qui ont inventé cet anneau, ont raisonné sur les principes de l’antipathie qui se trouve entre les matières qui composent ces deux anneaux qui ont des effets si opposés ; en effet il n’y a rien de plus antipathique à la hyène que la belette. Et Saturne est presque toujours rétrogradé à Mercure, ou quand ils se rencontrent dans le domicile de quelques-uns des signes du Zodiaque, c’est toujours un aspect funeste et de mauvais augure.

Notes : Parfums du Mercredi et du Samedi pour l’anneau d’invisibilité et son antidote Parfum du Mercredi sous les auspices de Mercure : ce parfum doit être composé de graine de frêne, de bois d’aloès, de bon storax [styrax officinalis], de benzoe [styrax benzoin], de poudre d’azure [pierre d’Arménie, également appelée pierre d’azur femelle ou encore azur occidental], de bouts de plumes de paon. Vous pulvériserez et incorporerez ces drogues avec du sang d’hirondelles et un peu de cervelle de cerf, vous en ferez une pâte, et de cette pâte vous en formerez de petits grains, pour vous en servir trois à trois dans les occasions quand ils seront secs.

Parfum du Samedi sous les auspices de Saturne : ce parfum doit être composé de graine de pavot noir ; de graine de jussiane, de racine de mandragore, de poudre d’aimant et de bonne myrrhe. Vous pulvériserez bien toutes ces drogues, et les incorporerez ensemble avec du sang de chauve-souris et de la cervelle de chat noir, vous en ferez une pâte et de cette pâte vous formerez de petits grains pour vous en servir trois à trois dans les occasions quand ils seront bien secs.

(D’après « Le solide trésor des merveilleux secrets de la magie naturelle et cabalistique », paru en 1704)

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LA MACHINE A SILHOUETTE

Posté par francesca7 le 21 avril 2016

 

 
 
Si le parrain innocent du mot Silhouette, qui désigne la simple représentation de l’ombre projetée par un objet et plus particulièrement de la figure et du corps humain, est un certain Étienne de Silhouette qui vécut au XVIIIe siècle et s’illustra en préconisant des économies drastiques pour relever les finances de l’État, le terme, devenu d’usage courant, ne fut admis par l’Académie qu’en 1835. Mais comment s’imposa ce dessin d’une teinte uniforme dont le bord ou le contours seuls se détachent du fond ?

Si le premier dessin, exécuté sur une pierre, de souvenir ou d’après nature, représentait non seulement le contour, mais aussi les points saillants d’un objet qui avaient frappé l’œil du dessinateur, la première silhouette fut quant à elle la première représentation exacte d’un objet, son auteur s’étant contenté de tracer le contour de l’ombre de cet objet se détachant sur une surface plus claire.

Voici donc la silhouette occuper une place intéressante, non seulement dans l’histoire primitive des manifestations de l’intelligence de l’homme, mais aussi dans l’histoire du portrait. Elle reproduit imparfaitement, mais fidèlement, la figure humaine, alors que l’artiste l’interprète à sa façon, avec sa conception visuelle, avec le sentiment qu’il prête à son modèle, enfin suivant les moyens dont il dispose : son talent et son procédé de reproduction.

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Cherchons l’origine de cet amusement, de cette fantaisie graphique qui, malgré l’attrait qu’elle présente, n’exige qu’un peu d’habileté. Des recherches conduisent à deux thèses diamétralement opposées. Certains écrivains qui ont étudié la question, en particulier Vivarez et Grand-Carteret, deux noms qui marquent dans l’histoire de nos collections, attribuent cette invention à Étienne de Silhouette lui-même.

Étienne de Silhouette, né à Limoges en juillet 1709, avait épousé la fille d’Astruc, médecin de Louis XV, et jouissait d’une grande fortune personnelle. Après avoir beaucoup voyagé, notamment en Angleterre où il remplit des missions diplomatiques et financières, la faveur de Mme de Pompadour le fit nommer, le 4 mars 1759, Contrôleur général des Finances, portefeuille considérable à cette époque.

Pénétré des idées nouvelles philosophiques et économiques, il débuta par un Mémoire au roi, resté célèbre, où il attaquait de front les errements financiers, en demandant la suppression des fermiers généraux et en préconisant un régime d’économies, seul capable de relever les finances de l’État. On conçoit sans peine que ses premières mesures furent favorablement accueillies dans le peuple et la bourgeoisie.

Il devint vite populaire, et une estampe de la Collection Hennin nous le montre chassant à coups de fouets les fermiers généraux et autres maltôtiers à cheval, ayant la plupart des femmes en croupe. Cette gravure a pour titre : Déroute des Fermiers Généraux et de leurs Croupiers et Croupières. Événement arrivé sous l’auspice de la Comette le 6 May 1759. Elle est accompagnée des vers suivants :

François, au premier trait du chef de la finance
Reconnois un Rosny, un Colbert, un Louvois
Deja par ses Conseils, il procure à la France
Le Moïen assuré de terrasser l’Anglois.

Achève Silhouette, achève ton Ouvrage
De Louis, le Bien aimé rends le nom glorieux ?
Enrichissant ton Roy, tu peux Ministre Sage
En le rendant Vainqueur, rendre son Peuple heureux.

Mais nous étions en pleine Guerre de Sept Ans, il fallait de l’argent, et tout ce monde de traitants qui le fournissait en pillant le Trésor, se tourna contre M. de Silhouette. La disgrâce fut rapide. Le 21 novembre de la même année, il dut résigner ses fonctions et se retira dans la seigneurie de Bry-sur-Marne qu’il venait d’acquérir. Il s’occupa d’œuvres de bienfaisance, reconstruisit le château de Bry, y mourut le 20 janvier 1767. Il fut inhumé dans le chœur de l’église.

Les auteurs précédemment cités disent que, pour occuper les loisirs de cette retraite un peu forcée, il imagina de découper avec des ciseaux, dans du papier, le profil des amis qui venaient le visiter, et d’en faire ainsi de petits portraits qui eurent une vogue considérable et provoquèrent l’engouement du public.

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Mais voici une autre opinion : dès qu’Étienne de Silhouette émit la prétention de réduire les pensions, de supprimer les privilèges, il eut contre lui tous ceux qui profitaient de ces régimes. Il fut accablé de brocards et de caricatures, sous les coups desquels il tomba. Comme il demandait aux grands potentats de faire des sacrifices, jusqu’à envoyer leur vaisselle d’argent à la Monnaie, on surnomma « Culotte à la silhouette » des culottes où le gousset n’existait plus ; et, dans des caricatures, le personnage n’était représenté que par son ombre, puisqu’on lui avait tout enlevé.

Mercier, l’auteur du célèbre Tableau de Paris paru en 1782, grand historien de nos mœurs à cette époque, fait naturellement allusion à la silhouette à propos d’un sujet qui en est fort éloigné : La Courtille. Voici ce qu’il dit :

« Tandis que Ramponneau augmentait en célébrité, celle d’un contrôleur général des finances, monté à cette place avec la plus haute réputation, tomba précipitamment. Il fit plusieurs écoles, quoique doué d’esprit et de connaissances. Dès lors, tout parut à la SILHOUETTE, et son nom ne tarda point à devenir ridicule. Les modes portèrent à dessein une empreinte de sécheresse et de mesquinerie. Les surtouts n’avaient point de plis, les culottes point de poches ; les tabatières étaient de bois brut ; les portraits furent des visages tirés de profil sur du papier noir, d’après l’ombre de la chandelle, sur une feuille de papier blanc. Ainsi se vengea la Nation. » (Tableau de Paris, édition corrigée et augmentée de 1783).

Mais cela est un peu vague, et ne résout pas le problème. Ainsi, jusqu’ici, aucune preuve, et même aucune trace ne nous reste de l’origine précise d’un petit fait qui eut une si considérable répercussion. Remarquons cependant, dans l’ouvrage Papeterie et Papetiers, de John Grand-Carteret, cet extrait de la Feuille nécessaire du 3 décembre 1759, quinze jours après la disgrâce d’Étienne de Silhouette, à propos des papiers de tenture :

« Aujourd’hui ces tapisseries sont couvertes de portraits à l’ombre. Nos dames, à l’imitation de Debutade, tracent partout les traits de leurs amis sur un papier noir qu’elles découpent ensuite, elles donnent même leurs portraits sans que cela tire à conséquence : utile invention qui multiplie partout la figure de ce qui vous intéresse et en fixe le souvenir dans une imagination trop légère ».

Qui est ce Debutade : un fabricant de papier de tentures ou un silhouettiste ? Peut-être est-ce là l’origine que nous cherchons. Quoi qu’il en soit, nous nous trouvons en présence d’une invention — laissons le mot — qui se répandit comme une vraie traînée de poudre, et dont le principe a toujours été et sera longtemps employé dans les arts graphiques. Cela tient à ce que ce procédé de représenter une figure ou un objet par une masse noire se détachant en plein sur du blanc, frappe énergiquement notre sens visuel, et lui laisse une impression plus rapide et plus profonde que les dessins, où les détails plus ou moins bien rendus exigent de l’œil un travail de recherche et de compréhension.

La silhouette-portrait donna naissance aussitôt à une petite industrie qui fut, comme l’a si bien dénommée Vivarez, celle du portrait à bon marché, réalisé à l’aide d’un physionotrace, application plus artistique de la silhouette, l’art du dessinateur et du graveur venant ajouter au simple contour de la silhouette les traits de la figure et les ornements de la tête.

 

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Machine sûre et commode pour tirer des silhouettes. Gravure de Schellenberg publiée
au sein de l’Essai sur la physiognomonie destiné à faire connaître l’homme et à le faire aimer,
par Casper Johann Lavater (1781)

 

Le procédé originaire de fabrication est le même, puisqu’il s’agit d’abord de fixer sur une surface claire l’ombre portée par un objet éclairé. La gravure ci-dessus montre comment se faisaient les portraits à la silhouette. La personne est assise pour garder l’immobilité, elle est éclairée par une simple bougie et l’opérateur trace sur un écran les contours de l’ombre projetée. Mais lorsque nous regardons ces petits portraits, hauts de 3 à 4 centimètres, nous devons observer qu’ils n’étaient pas uniquement obtenus de cette façon, car l’ombre projetée est plus grande que le modèle, et c’est là où les sciences nouvelles sont intervenues.

Il fallut procéder à une seconde opération pour réduire cette image à la proportion que nous voyons. Cela est on ne peut plus facile et il n’est pas nécessaire de rechercher l’emploi d’appareils compliqués, voire même du pantographe. Il suffisait de projeter à nouveau, sur un écran, la silhouette directe, fortement éclairée, pour lui donner plus de netteté, en interposant, à une distance convenable, une lentille biconvexe. La nouvelle image obtenue sur l’écran se présentait réduite à la dimension voulue. Elle était, il est vrai, renversée ; mais c’était une difficulté insignifiante pour l’opérateur.

Certains opérateurs utilisaient la bougie et l’écran, d’autres la chambre noire, d’autres le pantographe ; mais le véritable mérite du physionotrace résidait dans le talent des peintres en miniature qui gravaient sur cuivre les silhouettes en y ajoutant les détails de la physionomie. Le physionotrace disparut naturellement dès l’apparition de la photographie sous Louis-Philippe.

(D’après « Bulletin de la Société archéologique, historique
et artistique Le Vieux Papier », paru en 1923)

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Une conception Historique de la Côte d’or

Posté par francesca7 le 21 avril 2016

 

Par sa position géographique, la richesse et l’étendue de son territoire, l’importance de ses villes, le département de la Côte-d’Or est celui dans lequel se caractérise le plus la physionomie historique de l’ancienne Bourgogne. Avant la conquête romaine et l’invasion des Burgondes, qui ont laissé leur nom à la province où ils s’installèrent, cette contrée, comprise dans la Gaule celtiques était habitée par les Lingons, tribu vaillante, fort ancienne, et qui se partageait avec les Séquanais et les Éduens toute la région orientale de la France actuelle.

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La religion, les mœurs des Lingons étaient celles des autres peuples de la Gaule ; ils croyaient à l’unité de Dieu et à l’immortalité de l’âme ; ils avaient une espèce de royauté élective et responsable, dont le pouvoir civil, judiciaire et militaire, était, en beaucoup de cas subordonné à l’autorité religieuse du grand prêtre, chef des druides. L’esprit belliqueux et entreprenant de ces populations les avait souvent entraînées dans de lointaines expéditions. Longtemps ils furent conquérants avant d’être conquis à leur tour. 590 ans avant l’ère chrétienne, Sigovèse avait établi des colonies dans la Bohème et la Bavière, et Bellovèse avait fondé plusieurs villes dans le nord et l’est de l’Italie. Brennus avait pris Rome. Deux autres chefs gaulois, Léonoius et Lutarius, avaient pénétré jusqu’à Delphes, en Asie, et y avaient constitué la tétrarchie des Galates. Les Linons avaient figuré dans toutes ces entreprises, et on leur attribuait spécialement la fondation des villes d’Imola et de Budrio.

Lorsque l’invasion des Helvètes les menaces d `Arioviste, chef des Suèves, et la rivalité entre les Êduens et les Arvernes eurent amené sur les bords de la Saône les Romains déjà maîtres de la Gaule Narbonnaise, les Lingons furent un des premiers peuples auxquels ils offrirent leur amitié. Le respect qu’ils professèrent dans les premiers temps pour les coutumes et l’indépendance de leurs nouveaux alliés établit entre les deux nations l’union la plus cordiale et la plus sympathique. Des volontaires lingons se joignirent aux Éduens, qui voulurent accompagner César dans sa descente en Grande-Bretagne. Dans la guerre même de l’indépendance, guerre dont Vercingétorix fut le héros et la victime, les Lingons restèrent fidèles à la foi promise, malgré l’exemple que leur donnaient les Éduens, ces vieux alliés de Rome, qui se repentaient, mais trop tard, d’avoir été les premiers à accepter le patronage de tels voisins.

GauloisLes Lingons s’attachèrent plus étroitement à la fortune du conquérant des Gaules, qui sut avec tant d’habileté recruter ses légions parmi ceux qu’il venait de vaincre. Ils combattirent pour lui à Pharsale ; et si les trésors de la Gaule, si Vercingétorix enchaîné, figurèrent dans le cortège du triomphateur, on vit aussi plus d’un Gaulois quitter ses braies pour revêtir la toge du sénateur. C’est par les séductions de la paix que César voulait achever l’oeuvre de ses victoires. Les provinces gauloises furent administrées sous son règne avec la plus grande douceur. On n’enleva aux populations ni leurs terres ni leurs droits municipaux. Les grands furent dédommagés, par des titres et par des honneurs nouveaux, des dignités qu’ils avaient perdues. L’agriculture fut exercée dans les mêmes conditions qu’en Italie ; la navigation était libre sur le Rhône, la Saône, la Loire, même sur l’Océan.

Aussi les luttes du second triumvirat n’eurent-elles aucun retentissement dans la Gaule épuisée et assoupie. Auguste continua la politique de César. il fit plusieurs voyages et de longs séjours dans la Gaule, défendit ses frontières contre les Germains, y appela de nombreuses colonies, embellit les villes, en fonda de nouvelles, couvrit le pays de larges et magnifiques routes, imposa, enfin, sa domination avec tant d’habileté qu’à sa mort les vaincus avaient adopté les mœurs, les habillements, la religion et les lois des vainqueurs. La tyrannie, les exactions de Tibère et de Néron suscitèrent les révoltes promptement comprimées de Sacrovir et de Vindex. Le vieux sang gaulois était appauvri et vicié ; pour le rajeunir, il fallait d’autres éléments que l’influence d’une civilisation corruptrice et le contact des races abâtardies de la Rome des Césars.

Le seul épisode qui mérite d’arrêter les regards dans cette longue période de servitude et d’abjection est l’audacieuse tentative de Sabinus et le dévouement héroïque d’Éponine, son épouse. L’incendie du Capitole, qui avait marqué la mort de Vitellius, était représenté par quelques vieux druides comme un présage de ruine pour la puissance romaine. Les Lingons prirent les armes et choisirent pour chef Sabinus, leur compatriote, qu’on prétendait issu de Jules César. Ceux de Trèves se joignirent à eux ; mais les Séquanais et les Autunois, dont Sabinus avait autrefois pris d’assaut la capitale, marchèrent contre les révoltés et les défirent. Les Lingons se réconcilièrent avec Domitien en lui envoyant un secours de 70 000 hommes contre les barbares qui menaçaient les frontières romaines.

C’est vers cette époque, au moment même où l’oeuvre de dissolution semble accomplie, que commencent à apparaître les premiers symptômes de régénération. On fait remonter à la fin du ne siècle les premières prédications de l’Évangile en Bourgogne. La tradition la plus probable et la plus répandue donne à cette province pour premiers apôtres les disciples de saint Polycarpe, évêque de Smyrne, qui, après avoir pénétré dans la Gaule par le Vivarais, et ayant trouvé l’Église de Lyon déjà florissante, grâce aux prédications de Pothin et d’Irénée, s’avancèrent jusqu’à Autun, et de là se partagèrent la gloire et les périls de la conversion du pays Autun eut pour martyr un des premiers néophytes, le jeune Symphorien. Andoche et Thyrse, ses maîtres dans la foi, périrent à Saulieu, et Bénigne, leur compagnon, à Dijon, vers 178, sous le règne de Marc Aurèle. Le sang des victimes fut une semence féconde de chrétiens, et lorsque, en 311, Constantin donna la paix à l’Église, chaque ville, après avoir eu son martyr, avait enfin son pasteur.

Pendant que ces germes de salut se développaient, pendant que cette force inconnue grandissait dans l’ombre, rien ne saurait donner une idée de l’horrible confusion au milieu de laquelle agonisait le vieil empire romain séditions des légions nommant chacune leur empereur, guerres civiles, déchirement des provinces, pestes, famines, exactions. Le vieux monde se précipitait dans le christianisme comme dans un, refuge ; mais ce monde était trop usé, trop fini, trop bien mort pour apporter à la foi nouvelle la force d’expansion nécessaire à la reconstitution d’une autre société ; c’est alors qu’arrivent les barbares.

Alains, Vandales, Suèves, Gépides franchissent le Rhin, descendent des Alpes, pénètrent jusqu’en Espagne, jusqu’en Afrique, sans que la Saône ou le Rhône les arrêtent, sans laisser d’autres traces de leur passage que des monceaux de ruines. Derrière eux s’avance lentement une lourde armée de géants ; c’étaient les Burgondes. Pline en fait la principale tribu des Vandales ; Procope et Zosime les disent également Germains d’origine et de nation vandale. Voici le tableau qu’en a tracé le savant et consciencieux historien de la Bourgogne, Courtépée :

FORET COTE D'OR« Ces peuples, nés au milieu des forêts, étaient ennemis de la contrainte ; la liberté faisait tout leur bonheur, la chasse leur occupation, les troupeaux et les esclaves leurs richesses. Sans patrie et sans demeure fixe, ils ne redoutaient que la servitude. Ils n’avaient aucun art agréable ; mais ils pratiquaient l’hospitalité et toutes les vertus des peuples sauvages. Ils n’avaient pour arme que la framée, espèce de lance ou de halle- barde, la fronde, l’épieu, la hache, qui servaient également pour attaquer, pour se défendre et pour bâtir leurs maisons. Ils marchaient toujours armés, usage qu’ils conservèrent après leur conquête.

« On dit qu’ils portaient la figure d’un chat sur leurs boucliers, emblème de la liberté qu’ils voulaient conserver partout. Ils avaient des chefs, mais ils n’avaient point de maîtres. Ces chefs, qui prenaient le titre de hendin, furent d’abord électifs. Leur autorité n’avait d’autre terme que celui du bonheur de la nation. Ils n’étaient pas seulement comptables de leurs fautes personnelles, ils l’étaient aussi des caprices de la fortune ou des fléaux de la nature. On les déposait lorsqu’ils avaient perdu une bataille ou mal réussi dans leurs entreprises, ou dans un temps de stérilité. Leurs prêtres étaient traités bien plus favorablement. Le pontife, nommé sinist, était perpétuel ; son pouvoir surpassait celui du hendin, et s’étendait au droit de punir les coupables : le respect des peuples le mettait lui-même à l’abri de toute révolution. »

Tel était le peuple qui devait conquérir une partie si importante de la Gaule. Des bords de la Vistule et de l’Oder il arriva, vers 275, sur les bords du Rhin, fit plusieurs tentatives infructueuses pour le franchir, et s’établit sur la rive droite, où il demeura jusqu’en 407. C’est pendant les dernières années de ce séjour que la religion du Christ pénétra chez les Burgondes ; ils avaient entendu parler d’un Dieu puissant dont le culte s’était nouvellement établi dans les Gaules. Ils envoyèrent des députés aux évêques voisins pour se faire instruire ; et ceux-ci, ayant été baptisés, rapportèrent la foi à leurs compatriotes.

Quoiqu’on ignore la date précise de leur conversion, elle est généralement attribuée aux prédications de saint Sévère, évêque de Trèves en 401. Quelques années après, Stilicon, général des armées romaines, Vandale d’origine, devenu tuteur d’Honorius, fit alliance avec les Alains, les Suèves, les Vandales, et les appela dans les Gaules pour l’aider à placer sur le trône impérial son propre fils Euchérius. Les Burgondes franchirent alors le Rhin à la suite des autres barbares ; ils se rendirent maîtres, presque sans obstacle, des pays situées entre le haut Rhin, le Rhône et là Saône Impuissant à leur résister, le patrice Constance, général d’Honorius, fit avec eux un traité solennel, qui leur assurait à titre d’hôtes et de confédérés la possession de presque tout le territoire dont ils s’étaient emparés.

Ils élurent alors un roi ; leur choix tomba sur Gondicaire, le même sans doute qui était hendin lors du passage du Rhin en 407, et qu’on peut regarder comme le fondateur de la première monarchie bourguignonne. Trois nations différentes vivaient donc alors sur le même sol – les Gaulois, les Romains et ces nouveaux conquérants, les Burgondes. C’est de la fusion de ces éléments divers que se forma la race régénérée.

Gondicaire justifia par sa conduite habile le choix de ses compatriotes. Sa capitale et sa résidence fut d’abord Genève, qui était alors au centre de ses États ; plus tard, ayant soumis toute la province lyonnaise, il transféra à Vienne, en Dauphiné, le siège de la monarchie, se rendit maître d’Autun et de toute la Séquanaise, porta ses armes jusque dans la Belgique et le pays de Metz, et ne fut arrêté dans ses conquêtes que par le patrice Aétius, qui, justement alarmé des envahissements de ses anciens alliés, leur déclara la guerre et les défit dans une sanglante bataille, en 435.

Vainqueurs et vaincus se réunirent bientôt contre un ennemi qui les menaçait tous ; les Huns se montraient de nouveau sur le Rhin ; Gondicaire avait été tué avec vingt mille des siens en s’opposant à leur passage ; Gondioc, son fils et son successeur, associa ses efforts à ceux d’Aétius pour combattre Attila, et partagea la gloire de la fameuse journée des plaines catalauniques. Fidèle aux traditions paternelles, il utilisa habilement les années de paix qui suivirent celte rude secousse.

C’est de ce règne que date la répartition territoriale et cette législation bourguignonne si profondément enracinée dans les moeurs du pays que, dans plusieurs de ses parties, elle a continué à régir la province jusqu’à la Révolution. de 1789. Gondioc se rit nommer patrice par les Romains, et obtint du souverain pontife le titre de fils. Il réunit à sa couronne le pays des Lingons, celui des Éduens, le Nivernais, le reste de la Lyonnaise et une partie de la Narbonnaise, de sorte que son empire avait au midi la Méditerranée pour limite. Il mourut à Vienne vers 470, laissant quatre fils qui se partagèrent ses vastes États.

BOURGOGNE COMTELa Bourgogne et la Comté échurent à Gondebaud, patrice et maître de la milice dès 473, arbitre des destinées à de l’empire qu’il fit donner à Glycérius, et, en 476, souverain indépendant lors de la ruine de la puissance romaine sous Augustule. Le bien qu’on pouvait attendre de la position ainsi simplifiée fut considérablement atténué par les dissensions qui éclatèrent entre Gondebaud et ses frères. Celui-ci, après avoir triomphé de toutes les agressions, ensanglante ses victoires par des violences que la barbarie du temps peut expliquer, mais que ne saurait justifier l’histoire.

Les représailles, au reste, ne se firent pas attendre. Clotilde, seconde fille de Chilpéric, un des frères de Gondebaud, qui avait eu en partage Genève, la Savoie et une partie de la Provence, après avoir échappé au’ massacre de sa famille vaincue et dépossédée, était devenue la femme de Clovis, chef des Francs. Cette princesse poursuivit avec une persévérance infatigable l’œuvre de vengeance qu’elle semblait s’être imposée, usant de toute l’influence qu’elle exerçait sur son époux pour l’armer contre son oncle, suscitant les scrupules du clergé de Bourgogne contre l’arianisme qu’avait embrassé Gondebaud, éveillant toutes les convoitises, envenimant toutes les haines contre celui dont elle s’était promis la perte. Gondebaud déjoua toutes les intrigues, repoussa toutes les attaques et lassa pour un temps cette implacable hostilité.

L’histoire de son règne peut se diviser en deux parties : la période belliqueuse, toute remplie des luttes dont nous venons d’énoncer l’origine et les résultats ; la période pacifique, consacrée à l’organisation administrative et judiciaire du royaume de Bourgogne. C’est dans cette dernière surtout qu’il faut chercher les titres de Gondebaud aux souvenirs de l’histoire ; il compléta, dans un esprit remarquable de justice et d’humanité, l’oeuvre commencée par son père ; il réunit ses ordonnances modifiées et les édits nombreux qu’il rendit lui-même dans une espèce de code devenu célèbre sous le nom de Loi Gombette. Ce règne, pendant lequel l’agriculture fut puissamment encouragée, les ruines des villes relevées, d’innombrables établissements ecclésiastiques fondés, marque l’apogée de la monarchie de Gondicaire.

Gondebaud mourut à Genève en 516 ; il eut encore deux successeurs, Sigismond et Gondemar ; mais l’inaction de l’un et la faiblesse de l’autre rendirent la tâche facile à la vengeance inassouvie de Clotilde et à l’ardeur conquérante des Francs. En 534, Clotaire et Childebert rassemblèrent leurs forces et envahirent la Bourgogne ; une seule bataille leur livra le pays. Gondemar alla s’enfermer dans Autun, où il tenta de résister aux fils de Clotilde ; mais ce dernier effort fut si peu vigoureux, si peu retentissant, qu’en enregistrant sa défaite, l’histoire reste muette sur les destinées du vaincu. En lui, s’éteignit la race de Gondicaire ; avec lui finit le royaume de Bourgogne, qui avait duré 120 ans.

Les princes francs se partagèrent les dépouilles de Gondemari Théodebert, roi de Metz, eut Besançon, Langres, Châlon, Genève et Viviers et Childebert, roi de Paris, et Clotaire, roi de Soissons, eurent le reste jusqu’au moment où ce dernier réunit sous son sceptre les États de ses frères. Un nouveau partage, qui eut lieu à sa mort en 562, constitua un second royaume de Bourgogne au bénéfice de son second fils, Gontran, possesseur en outre d’Orléans et du territoire de Sens.

Rien de plus lugubre à la fois et de plus confus que les annales de cette dynastie mérovingienne des rois de Bourgogne. La seule figure de Gontran repose le regard épouvanté de toutes les horreurs qui signalent la longue et sanglante rivalité de Frédégonde et de Brunehaut. Le peuple l’aimait, disent les chroniques du temps ; quand il approchait d’une ville, les habitants allaient au-devant de lui avec des bannières en criant : Noël ! Après sa mort,’ il fut mis au nombre des saints ; et, cependant, on rapporte que la dernière de ses trois femmes, la belle Austrégide, lui ayant demandé comme grâce en mourant de faire périr ses deux médecins, parce qu’ils n’avaient pas eu l’habileté de la guérir, il eut la faiblesse d’accomplir ce vœu barbare ; ajoutons que c’est le premier prince qui se soit fait entourer de gardes.

Childebert, sans changer son titre de roi d’Austrasie, hérita de la plus grande partie de la haute Bourgogne, qu’il conserva seulement trois ans et quelques mois. Thierry, son second fils, est le deuxième prince mérovingien qui soit désigné sous le nom de roi de Bourgogne et d’Orléans ; il se laisse diriger par Brunehaut, son aïeule ; l’histoire de son règne n’est qu’un tissu de trahisons, de massacres et d’atrocités de tout genre. Il meurt subitement à Metz d’un flux de sang, à l’âge de vingt-six ans, après en avoir régné dix-huit, et précédant. de quelques mois seulement dans le tombeau sa terrible aïeule, dont fait justice à son tour Clotaire II, fils de Frédégonde.

palais-La première apparition des maires du palais à la cour de Bourgogne se rattache au règne de Thierry ; et ce sont les intrigues de Varnachaire II, revêtu de cette dignité, qui livrent Brunehaut à Clotaire et facilitent à ce prince, par la défaite des fils de Thierry, la réunion de la Bourgogne à la France. Les deux royaumes sont régis par le même sceptre et suivent les mêmes destinées jusqu’à la fin du IXe siècle, époque de la constitution des grands établissements féodaux sous les successeurs de Charlemagne.

Charles le Chauve avait trouvé dans la fidélité de la noblesse bourguignonne un précieux appui contre les attaques de Louis le Germanique ; mais toutes les leçons de l’expérience étaient perdues pour ce prince incapable. Son fils, Louis le Bègue, ne comprit pas davantage la nécessité. de réunir en faisceau les forces éparses de la monarchie défaillante. Sous son règne, la confusion et l’anarchie augmentèrent encore, le morcellement du territoire ne rencontra plus d’obstacle. Trois nouveaux royaumes furent formés avec les débris de l’ancien royaume de Bourgogne : celui de Provence ou de Bourgogne cisjurane, par Boson, élu roi au concile de Mantaille, en 879 ; celui de Bourgogne transjurane, par Rodolphe, couronné à Saint-Maurice, en Valais, en 888 ; et celui d’Arles, composé des deux premiers, en 930. Quant à la Bourgogne proprement dite, elle resta sous le gouvernement des ducs héréditaires, dont nous avons ici principalement à nous occuper.

L’origine des premiers ducs de Bourgogne était illustre, et ce qui vaut mieux encore, nous retrouvons là, comme à la souche de presque toutes les grandes dynasties féodales, un de ces hommes auxquels il n’a manqué qu’un autre théâtre pour que l’histoire les mette au rang de ses héros. Richard le Justicier, comte d’Autun, était fils de Beuves, comte d’Ardenne, frère de Boson, roi de Provence, et sa soeur Richilde avait épousé Charles le Chauve en 870.

Sans vouloir nier ce que ces hautes alliances durent ajouter à son crédit, on peut dire qu’il fut surtout le fils de ses œuvres. Sincèrement et loyalement dévoué au roi son bienfaiteur, il le défendit contre les entreprises de sa propre famille. Il battit, en 880, les troupes de son frère Boson près de la Saône, mit garnison dans Mâcon au nom des rois Louis et Carloman, et donna le gouvernement de cette ville à Bernard, dit Plantevelue, tige des comtes héréditaires de Mâcon. Après s’être emparé de Lyon, il assiégea Vienne, dont il chassa Boson, et emmena prisonnière à Autun sa femme Hermangarde avec ses enfants, en 882. Il secourut Charles le Simple contre Eudes, comte de Paris, défit une première fois, en 888, dans les plaines de Saint-Florentin, les Normands, qui avaient pénétré dans la Bourgogne et dévasté Bèze ; remporta de nouvelles victoires sur eux, avec l’aide des, Auxerrois conduits par leur évêque Géran, gagna, contre le fameux chef Rollon, une bataille décisive auprès de Chartres, et fit lever le siège de cette ville en 911.

Étant à l’agonie, et les évêques l’exhortant à demander pardon à Dieu d’avoir versé tant de sang humain : Quand j’ai fait mourir un brigand, répondit-il, j’ai sauvé la vie aux honnêtes gens, la mort d’un seul ayant empêché ses complices de faire plus de mal. Il mourut à Auxerre en 921, laissant de sa femme Adélaïde soeur de Rodolphe Ier roi de la Bourgogne transjurane, trois fils : Raoul, son successeur, qui devint ensuite roi de France, Hugues le Noir et Boson.

Les ducs bénéficiaires de Bourgogne furent au nombre de sept, et régnèrent, de 880 à 1032, dans, l’ordre suivant : après Richard, Raoul le Noble, qui fut roi pendant la captivité de Charles le Simple à Péronne ; il eut pour successeur son beau-frère, Gilbert de Vergy, qui maria sa fille aînée à Othon, fils de Hugues le Grand ; Hugues le Noir, second fils de Richard, occupa pendant quelque temps le duché à la mort de Gilbert, plutôt comme usurpateur que comme héritier ; il en fut dépossédé par Louis d’Outre-mer au profit de Hugues le Blanc ou le Grand, cinquième duc.

On connaît la haute fortune de cette maison : pendant que Hugues Capet mettait la couronne de France sur sa tête, ses deux frères, Othon et Henri, possédaient successivement le duché de Bourgogne. La mort du septième et dernier duc Henri fut le signal de violentes contestations, de luttes sanglantes et d’une nouvelle répartition territoriale. Il avait laissé un fils adoptif, Othe-Guillaume, qui, soutenu par une partie des populations et les sympathies de la noblesse, prétendait à la succession de Henri ; le roi Robert, neveu paternel du duc, revendiquait de son côté l’héritage comme étant son plus proche parent ; la guerre éclata ; enfin, après treize ans d’une lutte indécise et ruineuse, l’intervention de l’évêque d’Auxerre amena un arrangement en vertu duquel le duché de Bourgogne était restitué à Robert, tandis que Othe conservait viagèrement le comté de Dijon.

Par une singulière coïncidence, à peu près à la même époque où le duché bénéficiaire prenait fin par sa réunion au domaine de la couronne, le second royaume de Bourgogne s’éteignait, après cent cinquante ans de durée, dans la personne d’Eudes, comte de Troyes, tué dans sa lutte contre Conrad II. Des débris de ce royaume furent formés les comtés de Provence, de Savoie, de Viennois, de Bourgogne ou Franche-Comté ; le reste fut réuni par Conrad à l’Empire. Ce comté de Bourgogne fut donné aux descendants de Othe en échange du comté de Dijon, et Lambert, évêque de Langres, ayant remis au roi Robert tous les droits qu’il possédait sur cette ville, ce prince en fit, au préjudice d’Autun, la capitale du duché qu’il donna à son fils Henri.

Le règne de Robert forme donc une des époques les plus importantes de l’histoire de Bourgogne : démembrement et fin du second royaume de Bourgogne ; formation d’un comté et transformation du duché bénéficiaire fondé par Richard le Justicier en un duché héréditaire qui va devenir l’apanage des princes du sang royal. Tels sont les faits essentiels qui se rapportent à cette date.

220px-Henry1Henri Ier, fils aîné de Robert, nommé duc de Bourgogne en 1015, et devenu roi de France en 1031, céda son duché à son frère Robert, tige d’une dynastie de douze ducs, qui possédèrent la province de 1032 à 1361. Les termes de la charte d’octroi portent que le duché est donné pour en jouir en pleine propriété et passer à ses héritiers. Robert Ier, premier duc de la première race royale, usa assez tyranniquement de sa souveraineté ; son règne fut tout rempli de violents démêlés avec les Auxerrois ; il mourut à FIeurey-sur-Ouche, en 1075, après un règne de quarante-trois. ans, d’un accident tragique et honteux que l’histoire n’explique pas.

Son petit-fils, Hugues Ier, s’appliqua, par la sagesse et la douceur de son administration, à faire oublier les violences de son aïeul ; il prêta volontairement serment de maintenir les droits et privilèges de la province, et commit à six barons l’autorité de réprimer, même par les armes, les empiétements de ses successeurs. Après avoir remis son duché à Eudes Ier, son frère, il se retira, en 1078, à Cluny, sous la discipline de saint Hugues, son grand-oncle. Le plus éloquent éloge des vertus de ce prince est dans les phrases suivantes d’une lettre que le pape Grégoire VII écrivait à l’abbé de Cluny, pour lui reprocher d’avoir encouragé la résolution de Hugues : « Vous avez enlevé le duc à la Bourgogne, et par là vous ôtez à cent mille chrétiens leur unique protecteur. Si vous ne vouliez pas exécuter mes ordres qui vous le défendaient, au moins eussiez-vous dû être sensible et céder aux gémissements des pauvres, aux larmes des veuves et aux cris des orphelins. »

Les ravages d’une peste horrible, qu’on appela le feu sacré, et la fondation de l’ordre des chartreux par saint Bruno sont les événements les plus importants qui se rattachent à ce règne. Eudes se croisa et alla mourir à Tarse, en Cilicie, en 1102. Hugues II, son fils, mérita le surnom de Pacifique. Il fut l’ami de saint Bernard et s’occupa beaucoup de pieuses fondations.

L’aîné de ses fils et son successeur, Eudes II, hérita de ses vertus. Quoiqu’il se soit décidé deux fois à faire la guerre, d’abord pour consacrer ses droits de suzeraineté sur Saint-Germain d’Auxerre, Saint-Florentin et le comté de Troyes, que lui contestait Thibaut, son beau-père, et ensuite pour aller délivrer des Sarrasins son cousin Alphonse de Portugal, il prouva qu’il estimait les bienfaits de la paix à. leur juste valeur en refusant de céder au grand entraÎnement qui poussait vers la terre sainte les rois, princes et seigneurs de son temps. Il préféra le bonheur de ses sujets à une gloire incertaine, s’appliqua à faire régner l’union et la prospérité autour de lui, et paya sa dette à la religion en fondant de nouveaux monastères, en dotant ceux qui existaient déjà, en achevant les constructions commencées, et notamment la cathédrale d’Autun.

Hugues III, son fils, dont le règne commença en 1168, sut moins bien résister à la contagion des exemples ; il guerroya contre les grands vassaux ses voisins, prit la croix en 1178. Rejeté en France par une violente tempête, il revint bâtir la Sainte-Chapelle de Dijon, en accomplissement d’un vœu qu’il avait fait au moment du danger. En 1190, il repartit avec Philippe-Auguste et assista à la prise de Saint-Jean-d’Acre, puis mourut à Tyr en 1192. Avant de quitter la Bourgogne, il avait constitué la commune de Dijon.

Hugues Ill semble revivre dans son fils Eudes III. Aventures lointaines, exploits guerriers, affranchissement des communes caractérisent ce règne comme le précédent. La participation à l’expédition qui plaça Baudouin sur le trône de Constantinople, la croisade contre les Albigeois avec Simon de Montfort, la glorieuse journée de Bouvines en sont les dates les plus éclatantes. Le règne de Hugues IV fut heureusement préparé par l’habile régence de sa mère, Alix de Vergy. Dès qu’il fut majeur, le prince confirma la commune de Dijon ; figura comme un des douze pairs au sacre de Louis IX, ajouta à ses domaines le comté d’Auxonne et fit reconnaître sa suzeraineté sur celui de Mâcon.

Hugues fut un des plus fidèles compagnons de saint Louis ; il partagea ses périls et sa captivité dans la première croisade. Le roi, de son côté, visita plusieurs fois la Bourgogne ; il y laissa de profonds souvenirs de sa sainteté et de sa justice. Hugues, après avoir refusé au pape Innocent IV fugitif un asile dans ses États, eut la faiblesse d’y accueillir, en qualité de. grand inquisiteur, un cordelier, Robert, fanatique et apostat, qui traînait avec lui une femme perdue ; ce ne fut qu’après de nombreuses exécutions et beaucoup de sang répandu que les impostures de ce misérable furent dévoilées. Cet épisode est une tache regrettable dans l’histoire de Hugues IV.

Robert II, troisième fils de Hugues, ne dut la tranquille possession du duché qu’à Philippe le Hardi, qui l’en déclara seul et légitime héritier, contre les prétentions de ses beaux-frères. Jamais liens plus étroits ne rattachèrent la maison de Bourgogne à celle de France. Robert avait épousé Agnès, fille de saint Louis, et il eut pour gendre Philippe de Valois, marié à Jeanne, sa Bonifatius_viii_papstfille, en 1315. L’intimité de ces alliances donnèrent à Robert une grande influence dans la direction des affaires de l’État. Après le mas sacre de s Vêpres siciliennes, il fat chargé d’aller secourir Charles de Naples. Philippe le Bel le nomma grand chambrier de France, gouverneur du Lyonnais, gardien du comté de Bourgogne, et, mission plus délicate, son principal intermédiaire dans ses démêlés avec Boniface VIII.

Quoique chargé de si graves intérêts, Robert ne négligea pas ceux de son duché ; un remaniement des monnaies et d’importants accroissements de territoire classent son règne parmi les plus glorieux de sa dynastie. Il eut neuf enfants, dont plusieurs moururent avant lui ; Hugues V, l’aîné des survivants, eut pour régente, pendant sa minorité, sa mère, Agnès. A peine majeur, il mourut, ne laissant de son règne si court que le souvenir de sa brillante réception comme chevalier, et comme date sanglante, la condamnation des templiers.

Eudes IV, son frère, prit aussitôt possession du duché. Agnès obtint qu’il transigeât avec les prétentions de Louis, son dernier frère, en lui abandonnant le château de Douesme avec une rente de 4 000 livres. A la mort de Louis le Hutin, Eudes, à défaut d’héritier mâle, voulut faire valoir les droits de Jeanne, sa nièce, fille du roi défunt. L’application de la loi salique, réclamée par Philippe le Long, régent du royaume, rendait vaines ses réclamations ; pour le dédommager, Philippe lui donna en mariage, avec 100 000 livres de dot, sa fille aînée, héritière par sa mère des comtés de Bourgogne et d’Artois. L’accord se rétablit, et la confiance royale valut dans la suite à Eudes une influence qu’il justifia par sa sagesse et sa capacité. Il mourut dans cette désastreuse année de laquelle un versificateur du temps a dit :

En trois cent quarante-neuf, « De cent ne demeuroient que neuf. »

Son fils aîné était mort trois ans auparavant d’une chute de cheval au siège d’Aiguillon, laissant pour héritier unique son fils, Philippe de Rouvres, âgé de cinq ans. La tutelle fut confiée d’abord à Jeanne de Boulogne, mère du jeune duc, et ensuite au roi Jean, qui épousa la noble veuve. Jean vint à Dijon, en 1350, et il jura publiquement, dans l’église de Saint-Bénigne, de conserver et maintenir les franchises, immunités et privilèges de la province.

Cette période est tout entière remplie par les calamités entraînaient pour la France les envahissements des Anglais ; la Bourgogne n’était pas plus épargnée Châtillon avait été brûlé, Tonnerre pillé, Flavigny était devenu la place d’armes de l’ennemi ; tout le pays étant ou envahi ou menacé, les trois ordres -des deux Bourgognes s’assemblèrent à Beaune, et on vota 200 000 moutons d’or, c’est-à-dire plus de 2 000 000 de livres, somme énorme pour le temps, comme rançon de la province. Ce fut au milieu de ces calamités que Philippe, ayant atteint l’âge fixé pour sa majorité (quinze ans), prit, en 1360, le gouvernement du duché. A peine venait-il de contracter avec Marguerite de Flandre l’union arrêtée depuis longtemps et de ramener son épouse dans son château de Rouvres, près de Dijon, qu’un accident, une chute, mit fin à ses jours, en 1361. Beaucoup d’espérances reposaient sur cette jeune tête ; son coeur semblait animé des plus nobles sentiments : « Il vécut peu, a dit un historien du temps, et fut longtemps regretté ».

Il fut le douzième et dernier duc de-la première race royale, qui avait régné trois cent vingt-neuf ans. Dès que le roi Jean apprit sa mort, il prit possession de ses États, non comme roi de France, mais comme plus proche parent du duc : Ratione proximitatis, non coronae nostrae, hommage éclatant rendu à l’indépendance de la Bourgogne comme État. Après le traité de Brétigny, il se rendit à Dijon, et là, solennellement et officiellement, il unit et incorpora, le duché à la couronne.

Cette annexion, but d’une ambition à courte vue, ne devait point encore être définitive, la pensée de constituer l’unité française était alors encore loin des meilleurs esprits ; le roi Jean, qui avait une prédilection marquée pour Philippe, son quatrième fils, lequel d’ailleurs l’avait vaillamment défendu à la bataille de Poitiers en 1356, et avait partagé sa captivité en Angleterre, lui donna le duché de Bourgogne à titre d’apanage, réversible à la couronne faute d’hoirs mâles, l’institua premier pair de France, dignité dont s’étaient prévalus dans plusieurs occasions les ducs d’Aquitaine et de Normandie.

Philippe, surnommé le Hardi, inaugura donc, en 1363, la seconde dynastie royale des ducs de Bourgogne. Après avoir, selon l’usage, prêté serment de respecter les privilèges provinciaux, il prit possession de ses vastes domaines. Les temps étaient critiques, mais l’occasion de se poser en libérateur n’en était que plus favorable pour quiconque parviendrait à calmer l’orage et à éloigner le péril. Philippe, aidé de Du Guesclin, débuta par purger le pays des bandes indisciplinées de routiers, écorcheurs et malandrins, qui le dévastaient ; il dompta ensuite la terrible Jacquerie, et, déjà renommé par ses exploits militaires, il consolida et agrandit sa puissance par son mariage avec Marguerite de Flandre.

Cette alliance ajoutait à ses États les comtés de Bourgogne, d’Artois, de Flandre, de Rethel, de Nevers, et en faisait un des souverains les plus redoutables de l’Europe. Le roi de France eut recours à lui contre les attaques des Anglais et du roi de Navarre, Charles le Mauvais. Philippe sut arrêter et contenir l’ennemi ; il triompha de, la patriotique révolte des Gantois, commandés par l’héroïque Artevelde. Il reçut, à Dijon, le roi Charles VI avec une magnificence qui devint traditionnelle à la cour de Bourgogne. Il acquit le Charolais, en 1390, au prix de soixante mille écus d’or. Il envoya son fils aîné, Jean, comte de Nevers, avec une armée au secours de Sigismond, roi de Hongrie, menacé par les musulmans. Pendant la maladie de Charles VI, il avait été choisi par les états généraux, en 1392, pour gouverner le royaume Cette préférence, en excitant la jalousie de la maison d’Orléans, devint la source d’une haine irréconciliable qu’en mourant il légua, héritage funeste, à son fils Jean sans Peur. Ce prince succéda à son père en 1406 ; il avait épousé, en 1385, Marguerite de Bavière, dont la dot grossissait ses États de trois comtés : le Hainaut, la Hollande et la Zélande. Ses premiers actes furent ceux d’un prince habile, mais peu scrupuleux.

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Après avoir remis un peu d’ordre dans les finances, compromises par les prodigalités de son père, il donna satisfaction à la haine qui couvait dans son cœur. Le 23 novembre 1407, Louis d’Orléans, en sortant de l’hôtel Barbette, à Paris, où il avait soupé avec la reine Isabeau de Bavière, tombait, rue Vieille-du-Temple, sous les coups d’un gentilhomme normand, Raoul d’Octonville, écuyer du duc Jean.

La justice étant impuissante en face d’un si grand criminel, la guerre éclata entre Armagnac et Bourgogne ; le fils du duc d’Orléans avait épousé la fille du comte d’Armagnac, et celui-ci se posa en vengeur du duc d’Orléans La durée de cette triste guerre ne fut interrompue que par les périls extrêmes de la France et la désastreuse campagne qui aboutit à la journée d’Azincourt.

Ce jour-là les deux familles rivales combattirent encore sous le même drapeau ; mais la haine étouffa bientôt ce qui restait de patriotisme et de loyauté. Jean, par un traité secret signé en 1416, s’allia aux Anglais, et l’abandon de Rouen fut le gage de sa trahison. Une sédition payée (celle de Périnet-Leclerc, 1418) et un massacre lui ouvrirent même les portes de Paris, où il entra en triomphateur, salué par les acclamations du peuple égaré, qui criait sur son passage : Noël ! vive le duc de Bourgogne, qui abolit les impôts !

Mais ce triomphe fut de courte durée ; le crime appelait la vengeance ; elle fut digne du coupable, digne des mœurs du temps. Un projet de paix et de réconciliation générale fut proposé, une entrevue avec le dauphin fut convenue, et le rendez-vous fixé, pour le 10 septembre 1419, sur le pont de Montereau. L’entourage intime de Jean avait été gagné ; il partit donc sans défiance ; mais quand il se fut avancé sur le pont, escorté de dix chevaliers seulement, les complices du duc d’Orléans, Tanneguy du Châtel et le sire de Barbazan à leur tête, se précipitèrent sur les Bourguignons et percèrent Jean de leurs coups. Les assassins voulaient jeter son corps dans la Seine, mais le curé de Montereau obtint qu’il lui fût remis ; il le garda jusqu’à minuit, le fit alors porter dans un moulin voisin et le lendemain à l’hôpital, où on l’ensevelit dans la bière des pauvres.

La mort de Jean sans Peur mit Philippe, dit le Bon, en possession de ses États à l’âge de vingt-trois an§. Il était à Gand lorsqu’il apprit la fin tragique de son père. Brûlant du désir de le venger, il convoqua à Arras une assemblée de grands seigneurs,. à laquelle il invita le roi d’Angleterre, qui était à Rouen. C’est là que fut préparé, pour être conclu à Troyes en 1420, le monstrueux traité qui, de complicité avec Isabeau, épouse et mère dénaturée, déshéritait, au profit de l’étranger, le dauphin Charles VII, du vivant de son père en démence.

Les événements de cette période sont trop connus et d’un intérêt trop général pour que nous entrions ici dans leur récit détaillé. Philippe, qui par la fin de son règne racheta les fautes du commencement, fut alors le complice de tout ce qui se trama et s’exécuta contre la France. Son excuse est dans le souvenir encore récent du meurtre de son père ; mais on ne petit même pas lui faire un mérite de son repentir, car son retour à la. cause française fut déterminé surtout par les outrages dont les Anglais l’abreuvèrent dès qu’ils crurent ne plu s avoir besoin de lui.

C’est en 1434, et par l’intervention de Charles, duc de Bourbon, que furent posés les préliminaires d’une réconciliation trop tardive et cimentée définitivement par le traité d’Arras, le 21 septembre de l’année suivante. L’insolence des termes prouve à quel point la royauté de France était humble et faible devant ce vassal que dédaignaient les Anglais. Charles désavoue le meurtre de Jean, et Philippe, après l’énoncé des dédommagements qui lui sont accordés, s’exprime ainsi : A ces conditions, pour révérence de Dieu et pour la compassion du pauvre peuple, duc par la grâce de Dieu, je reconnais le roi Charles de France pour mon souverain. Hâtons-nous d’ajouter que jamais parole donnée ne fut mieux tenue, et qu’à dater de cette époque la conduite de Philippe fut aussi irréprochable qu’elle avait été jusque-là criminelle.

La prospérité de ses peuples, le développement des bienfaits de la paix devint son unique préoccupation. L’union des deux maisons de France et de Bourgogne fut resserrée par le mariage du comte de Charolais, héritier de Philippe, avec Catherine de France, fille de Charles VII. Lorsque Louis XI, dauphin, quitta la cour de son père, Philippe lui refusa un asile en Bourgogne, où ses intrigues pouvaient être un danger pour la couronne et lui offrit à Geneppe, dans ses terres de Flandre, une hospitalité digne de son rang. Lors de la sédition qu’occasionna, parmi les chefs de l’armée, la désorganisation de l’ancien système militaire, il intervint entre les rois et les rebelles, et obtint d’eux qu’ils renonçassent à leurs projets de guerre civile.

Quoique l’insubordination de ses sujets flamands le tînt le plus souvent éloigné de la Bourgogne, il y entretint toujours une administration éclairée et paternelle. Son règne fut l’apogée des prospérités de la province. « Il mit ses pays, dit Saint-Julien de Baleure, en si haute paix et heureuse tranquillité qu’il n’y avoit si petite maison bourgeoise en ses villes où on ne bût en vaisselle d’argent ». Ce témoignage naïf est un plus éclatant hommage à sa mémoire que toutes les splendeurs de sa cour et les magnificences de l’ordre de la Toison d’or, dont on sait qu’il fut le fondateur. Il mourut à Bruges d’une esquinancie, en 1467, à l’âge de soixante et onze ans ; son corps fut transporté plus tard aux Chartreux de Dijon. Peu de princes furent aussi profondément et aussi justement regrettés.

Charles le Téméraire, quoique son règne n’ait commencé qu’en 1467, suivait depuis plusieurs années une ligne de conduite indépendante et souvent même opposée aux intentions pacifiques de son père. Sa participation à la ligue du Bien public, ses violents démêlés avec Louis XI étaient certainement peu dans les vues de Philippe, déjà vieux et ami de la paix.

Aux qualités héréditaires de sa race, courage, franchise, générosité, Charles joignait des défauts qui lui étaient personnels et qui rendaient bien périlleuse la lutte engagée avec Louis, le plus habile politique de son temps. Charles était arrogant, présomptueux, plein de fougue et d’obstination, incapable de pressentir les pièges qui lui étaient tendus, plus incapable encore de tourner une difficulté ou de recourir à l’adresse pour sortir d’un mauvais pas. Il épuisa toute son énergie, toutes les ressources de sa puissance à lutter contre les embarras que lui suscitait le roi de France sans paraître soupçonner de quelle main parlaient les coups qui lui étaient portés.

Les révoltes de Gand et de Liège, victorieusement, mais trop cruellement réprimées, lui aliénaient les populations et ne lui laissaient pas la libre disposition de ses forces. Il eut en son pouvoir, à Péronne, son rival, convaincu de complicité avec les Liégeois rebelles, et au bout de trois jours il lui rendit sa liberté, se contentant d’une promesse de neutralité qu’il fut le seul à prendre au sérieux. Il s’empara des comtés de Ferrette et de Brisgau, sans se soucier de la rupture avec la Suisse, qui en était la conséquence inévitable ; l’hostilité de ce voisinage l’entraîna dans une guerre dont il n’entrevit pas un seul instant la portée. Battu à Granson, il lui fallut à tout prix une revanche, et la journée de Morat changea en désastre ce qui pouvait n’être qu’un échec. L’importance qu’il avait toujours donnée aux prestiges de l’apparat, aux formes extérieures de la puissance, devait rendre mortel l’affront que ses armes avaient reçu ; il le comprit bien, et on le vit périr de mélancolie et de chagrin plus encore que de sa dernière défaite sous les murs de Nancy.

Il avait été mortellement frappé le 5 janvier 1477 ; son corps, à demi engagé dans un étang glacé, ne fut reconnu que deux jours après à la longueur de ses ongles et à une cicatrice résultant d’une blessure qu’il avait reçue à la bataille de Montlhéry, en 1465. Avec lui finit le duché héréditaire de Bourgogne, dont les possesseurs avaient cinq duchés à hauts fleurons, quinze comtés d’ancienne érection et un nombre infini d’autres seigneuries, marchaient immédiatement après les rois, comme premiers ducs de la chrétienté, et recevaient des princes étrangers le titre de grands-ducs d’Occident.

220px-Louis-XICharles laissait pour unique héritière une fille, la princesse Marie. Louis XI s’en fit d’abord donner la tutelle ; puis, à force de séductions et de promesses, il obtint du parlement de Dijon la réunion du duché à la couronne de France. Une alliance du dauphin avec Marie aurait légitimé cette usurpation. Louis ne voulut pas y consentir ; c’est la faute la plus capitale qu’on puisse reprocher à sa politique ; d’ailleurs ce mariage eût été trop disproportionné, le jeune dauphin ayant à peine huit ans et Marie de Bourgogne étant dans sa vingt et unième année. L’archiduc Maximilien, étant devenu l’époux de la fille de Charles le Téméraire, revendiqua les droits de sa femme et- remit en question l’unité française, qu’il eût été si facile de constituer.

Mais ce qui échappa à la perspicacité des politiques, l’instinct public le comprit et la force des choses l’amena ; le lien qui venait de rattacher la Bourgogne à la France, quelque irrégulier qu’il fût, ne devait plus être rompu. Malgré les alternatives d’une longue lutte, malgré le péril qu’entretenait pour les frontières de la province le voisinage de la Comté demeurée en la possession de l’étranger, malgré l’espèce de consécration que donnait aux droits de Maximilien sa domination sur les Flandres, la Bourgogne demeura française, et ses destinées restent dès lors indissolublement unies à celles de la patrie commune. Le titre de duc de Bourgogne reste attaché à l’héritier direct de la couronne, et chaque jour, malgré la fidélité des souvenirs aux traditions de l’histoire provinciale, la similitude de langage, l’affinité des mœurs, la communauté des intérêts. rend plus complète la fusion des deux États.

La lutte de François Ier et de Charles-Quint, les guerres religieuses et les troubles de la Fronde sont les épisodes les plus marquants qui se rattachent à la période française des annales bourguignonne s. Les populations furent admirables de dévouement et d’héroïsme pendant la première de ces crises, luttant à la fois contre les Espagnols, l’Autriche et les Comtois, donnant par souscriptions volontaires des sommes considérables, outre celles votées par les états pour la rançon de l’illustre prisonnier de Pavie, et refusant d’accéder à la condition du traité de Madrid, qui cédait la Bourgogne à Charles-Quint, représentant à ce sujet qu’ayant par les droits de la couronne et par leur choix des maîtres nécessaires, il ne dépendait pas de la volonté du monarque de les céder ainsi. La noblesse ajouta que si le roi l’abandonnait, elfe prendrait le parti extrême de se défendre et de s’affranchir de toutes sortes de domination, et qu’elle répandrait pour ce dessein jusqu’à la dernière goutte de son sang.

La fierté de ces sentiments, puisés dans les glorieux souvenirs du passé, arrêta longtemps les progrès du protestantisme ; la Bourgogne voulait être la dernière à souffrir sur son sol une nouvelle religion, puisqu’elle avait été chrétienne avant tous les Français, qui ne l’étaient devenus que par le mariage de leur princesse Clotilde avec le fondateur de la monarchie française. Les fléaux que déchaîna le fanatisme sur tant d’autres provinces furent évités jusqu’à la déplorable organisation des ligues catholiques, et, grâce à l’intervention du digne président Jeannin, le plus grand nombre des villes de Bourgogne ne fut pas ensanglanté par les massacres de la Saint-Barthélemy. Cependant l’obstination de Mayenne prolongea jusqu’en 1595 les calamités de la guerre civile, à laquelle mit fin seulement la victoire remportée par Henri IV sur les Espagnols à Fontaine-Française. Le 6 juin de cette année, ce monarque fit son entrée à Dijon ; il assista à l’élection du maire, jura de respecter les privilèges de la ville, et se contenta de changer quelques magistrats municipaux et de faire fermer le collège des jésuites.

Les dernières épreuves que la Bourgogne eut à traverser furent, sous Louis XIII, une révolte des vignerons, qui se réunissaient au refrain, Lanturlu, d’une vieille chanson, ce qui fit désigner cette révolte, qui, d’ailleurs, fut bientôt apaisée, sous le nom de Révolte des Lanturlus. Puis vint l’invasion des Impériaux amenée par les révoltes de la noblesse contre Richelieu et le. siège mémorable de Saint-Jean-de-Losne, les agitations de la Fronde, auxquelles l’influence des Condé dans la province donna une certaine importance, mais auxquelles manqua, presque partout l’appui des populations.

Dans les époques plus récentes, la Bourgogne prit sa part de tous les événements heureux on funestes dont la France fut le théâtre. La Révolution de 1789 y fut accueillie comme’ une ère réparatrice, qui devait faire disparaître les tristes abus financiers des derniers règnes, et assurer à chacun les libertés que l’on réclamait depuis longtemps. Les gardes nationales s’y organisèrent avec une rapidité merveilleuse, et, oubliant les vieilles rivalités qui les divisaient sous l’ancien régime, elles s’unirent à celles de la Franche-Comté et demandèrent à marcher ensemble les. premières contre l’ennemi.

Le département de la Côte-d’Or fournit donc un large contingent aux phalanges républicaines qui, après avoir refoulé l’ennemi, promenèrent le drapeau national dans toutes les capitales de l’Europe ; et lorsque, moins heureux, les soldats de Napoléon jar expièrent par les désastres de 1814 et 1815 les triomphes passés, nulle part ils ne trouvèrent un plus vaillant appui et de plus patriotiques sympathies que dans les populations de la Bourgogne. Depuis que les luttes de l’industrie et des arts ont remplacé dans la vie des peuples modernes les vicissitudes des champs de bataille, la Côte-d’Or, grâce au génie de ses habitants et aux richesses de son sol, a su conquérir une importance et une prospérité qui lui permettent de ne rien regretter des gloires et des grandeurs de l’ancienne Bourgogne.

Pendant la néfaste guerre de 1870-71, le département de la Côte-d’Or eut d’autant plus à souffrir de l’invasion allemande que Dijon fut successivement pris pour centre d’opérations et par les Français et par les Allemands. À la nouvelle que le passage des Vosges avait été forcé par l’ennemi et que la ligne de défense de Vesoul à Lure venait d’être abandonnée par le général Cambriels qui s’était retiré à Besançon, la résistance s’organisa à Dijon sous la direction du docteur Lavalle, membre du conseil général, tandis que Garibaldi, autorisé par le gouvernement de la défense nationale, formait un corps d’armée composé de quatre brigades dont il confiait le commandement à Bossack, Marie, Menotti et Ricciotti. Le général de Werder, commandant du 4e corps allemand, marchait sur Dijon et, le 27 octobre 1870, repoussait, à Talmay, les troupes françaises commandées par Lavalle, qui ne se composaient guère que de quelques bataillons de mobiles et de gardes nationaux.

Pendant ce temps, Garibaldi se portait sur la droite du côté de Poutailler pour essayer de rejoindre les troupes du général Cambriels. L’ennemi, ayant passé la Saône à Gray, se porta sur Dijon ; les troupes qui s’opposaient à sa marche furent repoussées à la bifurcation des routes de Gray à Dijon et à Auxonne. À la suite d’un nouveau combat livré à Saint-Apollinaire le 30 octobre, les Allemands entrèrent à Dijon. Garibaldi qui avait en vain essayé d’accourir à la défense de la ville, ce qu’il ne put faire, parce que le pont de Pontailler avait été rompu, voulut du moins protéger les autres grandes villes de la Côte-d’Or ; il fit occuper Saint-Jean-de-Losne et Seurre et lui-même revint à Dôle. Le 2 novembre l’ennemi, maître de Dijon, marchait sur Beaune et Chagny. Les troupes de Garibaldi gardèrent les rives de l’Oignon et de la Saône ; le 5 novembre, elles repoussèrent l’ennemi près de Saint-Jean-de-Losne.

GeneralA la suite de cet échec, les Allemands revinrent à Dijon pour s’y reformer et firent de cette ville le centre de leurs opérations dans l’Est. Ils reprirent bientôt l’offensive et repoussèrent d’abord, le 30 novembre, les troupes de Garibaldi ; mais le 3 décembre, celui-ci, appuyé parle général Cremer, les battit complètement à Arnay-le-Duc et à Bligny-sur-Ouche, les rejetant presque sous les murs de Dijon. Cette double victoire, qui empêchait l’ennemi de dépasser Chagny, sauva le reste du département et peut-être même Lyon. Le général de Werder revint une fois encore à Dijon pour reposer ses troupes et les reformer ; mais les événements avaient marché Au nord-est ; il dut envoyer ses troupes sous les murs de Belfort qui se défendait avec acharnement, et il ne laissa à Dijon que le général Glumer avec deux bataillons et à Semur une brigade badoise. Ces troupes furent elles-mêmes bientôt rappelées et, le 6 janvier 1871, Garibaldi rentrait à Dijon, y organisait de nouveau la défense ; il était temps, car une armée de 70 000 AIlemands s’avançait pour empêcher Bourbaki de se porter à la défense de Belfort.

Trois corps de cette armée furent successivement attaqués et battus dans les journées des 21, 22 et 23 janvier, par le général Pélissier et Garibaldi, d’abord à Fontaine et à Talant, puis à Plombières, à Daix, à Hauteville et au Val-de-Suzon. D’habiles dispositions permettaient d’espérer des succès plus décisifs lorsque, le 29 janvier, on apprit la capitulation de Paris et la notification de l’armistice. Par une fatalité encore mal expliquée, les départements de la Côte-d’Or, du Doubs et du Jura n’étaient pas compris dans cet armistice ; l’armée de l’Est était refoulée vers la Suisse, la continuation de la lutte devenait impossible, il fallut se résigner à abandonner Dijon qui ne fut évacué par l’ennemi qu’après la signature des préliminaires de paix. Quant à Garibaldi, qui le 28 janvier était parvenu à réunir à Dijon près de 50 000 hommes et 90 canons, il avait agi si habilement et avec tant de promptitude qu’il put opérer sa retraite sans rien perdre de son matériel. L’invasion allemande avait coûté au département de la Côte-d’Or 14 464 427 fr. 29.

Source : (Région Bourgogne)

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LA NAISSANCE DES PREMIERS MAGASINS

Posté par francesca7 le 19 avril 2016

Les grands magasins apparaissent sur les boulevards des grandes villes au début du XIXe siècle. Sur de plus vastes surfaces, ils disposent de comptoirs multiples, sont mieux approvisionnés et renouvellent régulièrement l’assortiment des produits offerts.

Ces grands magasins font suite aux petites échoppes médiévales situées dans des ruelles sombres, aux merceries du XVIIe siècle, ainsi qu’aux « marchandes de frivolités » du XVIIIe siècle.

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Les grands magasins succèdent également aux « magasins de nouveautés » (comme « La Fille d’honneur », « Les Deux Magots », « La Barbe d’or », « Aux Dames élégantes », « La Belle Jardinière »). Ces enseignes — qui vendaient tout ce qui concerne la toilette de la femme — étaient apparues dans la deuxième partie du XVIIIe siècle dans des rues-galeries, des rues-salons et des passages couverts, tous lieux qui favorisent un chalandage paisible à l’abri des intempéries et d’une circulation parfois anarchique. Ces grands magasins se présentent comme un nouvel espace de liberté pour les femmes bourgeoises dont la vie sociale se limite encore à l’époque aux fêtes familiales et à quelques sorties au théâtre. Pour leur respectabilité, des entrepreneurs comme Jules Jaluzot confient la tenue des stands non plus à des vendeurs hommes, les calicots, mais à des midinettes.

Accompagnant l’émergence des classes bourgeoises et de leur pouvoir d’achat, les grands magasins pratiquent l’entrée libre, des prix fixes (alors que les échoppes avaient tendance à vendre au plus cher, selon des prix « à la tête du client ») et affichés qui mettent fin au marchandage. Une marge plus faible compensée par un volume d’affaires plus important, rend les prix attractifs. Par ailleurs, la révolution industrielle favorise cette tendance de baisse des prix par la mécanisation et la production en série (notamment dans l’industrie textile), ce qui permet de diffuser une offre plus abondante et plus diversifiée (accélération du cycle de la mode qui se démocratise, logistique favorisée par le développement du chemin de fer). Sans que l’on puisse encore parler de démocratisation de la consommation, on remarque que « Les magasins proposent une offre plus large, régulièrement renouvelée et soutenue par les réclames, des soldes, des livraisons à domicile, la vente par correspondance ou les reprises de marchandises, ce qui accélère la rotation de stock ».

En 1852 à Paris, le premier grand magasin qui incarne véritablement cette révolution commerciale et offre un vaste choix de rayons (département) différents sur une très grande surface est le magasin Le Bon Marché, conçu et réalisé par Aristide Boucicaut.

Le Bon Marché est un grand magasin français, situé dans un quadrilatère encadré par la rue de Sèvres, la rue de Babylone, la rue du Bac et la rue Velpeau dans le 7e arrondissement de Paris. Le premier magasin Au Bon Marché a été fondé en 1838 et le bâtiment actuel a été construit en 1869. Il a été l’objet de multiples agrandissements par Boileau et Eiffel.

En 1989, après 151 ans d’existence, le magasin Au Bon Marché change de nom et devient Le Bon Marché.

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Pour attirer sa clientèle féminine, Boucicaut crée également les premières toilettes pour femmes, un salon de lecture pour leurs maris le temps qu’elles fassent leurs emplettes, poste plus de 6 millions de catalogues de mode (accompagnés d’échantillons de tissus découpés par 150 jeunes femmes uniquement affectées à ce travail) dans le monde entier au début du XXe siècle, parallèlement au développement du service de livraison à domicile et de la vente par correspondance franco de port. Il développe la publicité (affiches, calendriers, réclames, agendas annonçant des évènements quotidiens). Après les épouses, il cible les mères en distribuant des boissons, ballons rouges ou des séries d’images pédagogiques en « Chromos » pour leurs enfants, organisant aussi des promenades à dos d’âne. Les bourgeoises peuvent s’échapper du logis où la société les cloître et passer plus de douze heures dans le magasin à essayer les produits, notamment des vêtements, avant faits sur mesure, et désormais aux tailles standardisées. Certaines d’entre elles s’endettent ou deviennent cleptomanes, d’autres sont troublées à l’idée de se faire effleurer par des vendeurs qui leur enfilent gants ou chapeaux. La respectabilité du magasin étant remise en cause, Aristide Boucicaut fait engager des vendeuses qu’il fait loger dans les étages supérieurs du magasin et qui représentent la moitié du personnel dans les années 1880. En uniforme noir strict, elles peuvent être renvoyées pour n’importe quelle faute et sont à la merci des clientes. Mais elles peuvent bénéficier de la promotion interne (second, chef de comptoir puis gérant selon une progression non plus à l’ancienneté mais au mérite). Avec une gestion paternaliste inspirée par le socialisme chrétien de Lamennais, Aristide Boucicaut crée notamment pour ses salariés une caisse de prévoyance et une caisse de retraite, un réfectoire gratuit, un jour de congé payé hebdomadaire. Une salle de mille places est installée au sommet de l’immeuble pour accueillir des soirées.

En 1910, à l’initiative de Mme Boucicaut, afin de loger ses clients à proximité, est créé l’hôtel Lutetia qui reste le seul palace de la rive gauche. Le développement du chemin de fer et des expositions universelles attire à Paris les femmes de province et Mme Boucicaut cherche désormais à toucher une clientèle ouvrière par des prix toujours plus bas.

En 1911-1913, à l’angle de la rue de Sèvres et de la rue du Bac, un deuxième bâtiment de style art déco, est construit par les Ateliers Moisant-Lauren-Savey, successeurs d’Armand Moisant. Le bâtiment, en voie d’achèvement, est réquisitionné pendant la Première Guerre mondiale pour être transformé en hôpital militaire. Détruit par un incendie le 22 novembre 1915, il est reconstruit en 1924 par Louis-Hippolyte Boileau. Destiné à l’origine à accueillir l’univers de la maison, il abrite désormais La Grande Épicerie.

Le groupe LVMH de Bernard Arnault rachète Le Bon Marché en 1984 pour en faire le grand magasin du luxe de la rive gauche. Au premier semestre 2012, des travaux débutent pour un agrandissement de la surface de vente.

Un autre grand magasin, La Samaritaine, fut acheté à la famille Renan en 2001, rue du Pont-Neuf dans le 1er arrondissement, pour rejoindre également le giron de LVMH Distribution Services, puis fermé en 2005.

Début 2016, l’artiste chinois Ai Weiwei installe une œuvre d’art dans un hall du Bon Marché.

En 2016, une étude est lancée pour l’ouverture d’un nouvel espace de vente Le Bon Marché dans le 11e arrondissement de Paris

800px-Bon_Marché,_Paris_-_interior_viewActuellement, les deux principales enseignes de grands magasins sont les Galeries Lafayette (1893) et le Printemps (créé en 1865 par Jules Jaluzot, ancien vendeur du Bon Marché). Ces enseignes louent leurs espaces aux marques.

Outre les précédents, présents au niveau national, Paris compte Le Bon Marché (appelé couramment « le BM ») (1852), le Bazar de l’Hôtel de Ville (situé près de l’Hôtel de Ville, d’où son nom, il est couramment appelé le « BHV » et fut créé en 1856 par Xavier Ruel, ancien colporteur) et La Samaritaine (fermée en 2005 pour remise en conformité), voit le jour en 1869. Des grands magasins existent aussi dans certaines grandes villes, comme Midica (1946) à Toulouse ou le Grand Bazar (1886) à Lyon. Cas unique en province, Les Magasins Réunis (1890) de Nancy qui s’implantent à Paris mais également dans toute la France dans l’entre-deux guerres.

Autrefois, Paris abritait les activités des Grands Magasins du Louvre (1855-1974), de À la Belle Jardinière (1866-1974), du grand magasin À Réaumur (Gobert-Martin), au 82 à 96 rue Réaumur, du Grand Bazar de la rue de Rennes, du Palais de la Nouveauté, ou Grands Magasins Dufayel[15], sur le boulevard Barbès, du Petit Saint-Antoine, au 33 rue du Faubourg-Poissonnière, du grand magasin Au Gagne-Petit, avenue de l’Opéra, de la Maison Cheuvreux-Aubertot, sise boulevard Poissonnière et des Magasins Réunis.

Les grands magasins perdent de leur influence à partir des années 1970 avec l’essor de la grande distribution. Bernard Arnault et LVMH reprennent Le Bon Marché en 1985, puis la Samaritaine en 2000 ; François Pinault et PPR reprennent Le Printemps en 1992 (l’enseigne est revendue en 2006). Les magasins sont rénovés, mais la morosité est toujours présente. Ces groupes sont en difficultés à cause de grandes surfaces spécialisées comme Zara ou H&M qui sont également fabricants. Les Galeries Lafayette et le Printemps ont choisi à partir des années 2000 de jouer la carte du luxe, et ciblent une clientèle aisée.

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LE VILLAGE ET SES VILLAGEOIS

Posté par francesca7 le 19 avril 2016

Le terme de « village » dérive de l’ancien français vil(l)e « ferme, propriété rurale, agglomération » issu du gallo roman VILLA « domaine rural », du latin villa rustica « grand domaine rural » avec un suffixe -age. Il est attesté sous la forme latinisée villagium « groupe d’habitations rurales » en latin médiéval dès le XIe siècle, mais rare avant le XIIIe siècle et uniquement d’un emploi savant. Il permet de faire la distinction avec « ville », mot qui pouvait avoir soit le sens de « domaine rural », soit celui de « village, agglomération », avant de prendre celui, unique, d’« agglomération urbaine » qu’on lui connaît aujourd’hui.

Un vieil homme très riche sur le point de mourir, confie son fils unique à un arbre afin que ce dernier le conseille dans ses choix. Les villageois, attirés par l’appât du gain, abattent l’arbre grâce auquel le jeune homme revenait chaque fois en vie de ces expéditions. Mais cela ne leur profitera pas…

 village

Auteur : Ousmane Diarra

Le texte du conte 

Il était une fois, dans un village, un homme riche, très riche, qui possédait beaucoup de troupeaux de vaches, de chèvres et de moutons. Il n’avait qu’un seul enfant, un garçon, encore très jeune dont la mère était morte après lui avoir donné la vie ! 

Quand le vieil homme sentit venir sa propre mort, il s’inquiéta : qui allait conseiller son fils afin qu’il ne se fasse pas dévorer par les vers mangeurs d’homme, les vers mangeurs d’hommes qui migraient entre les deux grandes rivières où chaque jour, il allait abreuver ses troupeaux ? Les villageois n’allaient pas le faire. Au contraire, ceux-ci jubilaient déjà à l’idée de le voir mourir et son jeune fils le suivre dès le lendemain, dévoré par les vers mangeurs d’hommes. Ils allaient se partager ses troupeaux ! 

Il alla confier son garçon à un arbre, un vieux caïlcédrat : 
– Je vais mourir, dit-il. Je te confie mon fils afin que tu le conseilles. 
Puis il mourut.

Le matin, avant d’amener ses troupeaux au pâturage, le jeune garçon vint chanter à l’arbre : 
– Mon père m’a confié à toi, grand caïlcédrat. Dois-je conduire mes animaux à Toubalitou ? Ou dois-je les amener à Diabalidia ? 

L’arbre secoua trois fois ses lourdes branches chargées de feuilles et laissa entendre : 
– Va à Toubalitou. Ne va pas à Diabalidia. Les vers mangeurs d’homme seront aujourd’hui à Diabalidia ! 

Il amena ses animaux à Toubalitou et vers le soir, retourna sain et sauf au village. 

Les villageois étaient étonnés et furieux. Quelqu’un devait conseiller le garçon pour qu’il ne se fît pas manger par les vers ! Ils allaient trouver qui. Ce fut un chasseur qui s’en chargea et leur rapporta le secret. Ils abattirent l’arbre, le brûlèrent et jetèrent la cendre dans le fleuve. 

Quand l’orphelin vint pour lui demander conseil, il ne vit rien. Il pleura et chanta quand même sa chanson. On ne savait rien. Ce fut une tourterelle qui lui répondit. Et de nouveau, il rentra au village saint et sauf. On s’étonna de nouveau. On était furieux contre le chasseur. Il leur avait menti. 

Le chasseur leur révéla de nouveau le secret et leur promit de tuer la tourterelle. Il ne le put jamais. Il devint fou et court de nos jours encore en tirant des coups de feu contre le ciel qu’il prend pour sa tourterelle. 

C’est aussi depuis ce jour que les hommes et les femmes sages disent à leurs enfants de ne jamais tuer une tourterelle.

 

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