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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Le Réseau des Grands Sites de France sort son programme presse 2016

Posté par francesca7 le 30 mars 2016

 

Le Réseau des Grands Sites de France sort son programme presse 2016 (février à juin) dans lequel on retrouvera tous les évènements majeurs concernant le Réseau et ses membres, avec notamment :

Avril : Le lancement de la 2e édition des Escapades nature sans voiture

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Estuaire de la Charente-Arsenal de Rochefort, Sainte-Victoire, Puy de Dôme… En 2016, de nouvelles Escapades nature sans voiture viendront compléter cette offre touristique durable et sans voiture testée et mise en place par le Réseau des Grands Sites de France. Sur www.escapadenature-sansvoiture.fr, le visiteur pourra retrouver des carnets de voyage inédits, une sélection de lieux incontournables à visiter … A pied, en train, à vélo et toujours sans voiture!

13 avril : 21e Forum des Gestionnaires « Patrimoines naturels & culturels – Enjeux et synergies » (Paris)

Les Grands Sites de France sont des espaces protégés où nature et culture se rencontrent. Co-organisé par l’ATEN et le RGSF, ce Forum accueillera près de 300 participants issus de réseaux tels que les Parcs nationaux de France, le Conservatoire du Littoral, afin d’approfondir ces défis communs pour les gestionnaires d’espaces naturels et de sites culturels.

Mai : Parution de 4 nouveaux titres dans la collection Grands Sites de France (avec Le Petit Futé)

Les Deux-Caps Blanc-Nez, Gris-Nez, Solutré Pouilly Vergisson, Puy Mary-Volcan du Cantal et le Marais poitevin rejoignent la collection de jolis petits livres co-éditée avec le Petit Futé. A travers les témoignages d’acteurs des Grands Sites et d’habitants engagés dans la préservation de leur environnement, redécouvrez ces paysages exceptionnels.

Télécharger le programme presse du RGSF

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE, HISTOIRE DES REGIONS | Pas de Commentaire »

Cérémonie des Jarretières

Posté par francesca7 le 30 mars 2016

 

 
 
Dans la commune d’Auchonvillers, en Picardie, avait lieu autrefois le deuxième jour de la fête du village, la cérémonie des Jarretières, obéissant à un rituel convenu et prélude au bal du soir…

C’est aujourd’hui lundi, deuxième jour de la fête communale. Hier, les jeux de ballon et quelques autres divertissements, trop peu variés, hélas ! dans nos pauvres campagnes, ont amusé paysans et enfants ; puis le soir, le bal a attiré la rustique jeunesse du village et des environs, et tous ces gars aux larges épaules, aux jarrets solides, et ces filles rougeaudes, dont la poitrine puissante se trouve mal à l’aise dans le corset des dimanches, ont sauté, tourbillonné, dansé jusqu’aux premières lueurs du jour.

JarretièreTout à coup le violon de la veille se fait entendre. C’est la cérémonie des Jarretières qui commence. Les jeunes gens du village accompagnent le vieux ménétrier et chantent au refrain. L’un d’entre eux, affublé d’une redingote démodée qui lui descend aux talons, et coiffé d’un ancien chapeau haut de forme des plus burlesques, porte une perche ornée d’un cerceau à l’un des bouts ; les autres suivent ; et toute cette bande joyeuse tombe comme une avalanche dans chaque maison qui possède une jeune fille en âge de danger ; pas une n’est oubliée ; et c’est alors un mélange de bruyants éclats de rire qui se prolongent comme un écho, et de petits cris d’étonnement ou d’effroi.

 

La jeune fille, surprise dans son négligé du matin, et le regard encore voilé par un sommeil trop tôt interrompu, a l’air embarrassée devant tous ces garçons ; elle sent qu’une vive rougeur colore ses joues pâlies par la fatigue du dimanche ; elle se retourne vivement pour cacher son trouble, et fait semblant de ne pas trouver dans l’armoire la jarretière qu’elle y a pourtant toute préparée d’avance.

Les parents rient de l’embarras où ils voient leur enfant, pendant qu’au coin de l’âtre l’aïeule repasse en sa mémoire ses souvenirs d’enfance. Elle aussi a donné sa jarretière il y a quelque cinquante ans. Jeune fille alors, forte et droite, elle avait pour amoureux le plus solide gaillard du village. Comme elle était fière, lorsque au bras de son Pierre, elle se promenait dans la salle du bal, et comme elle était heureuse lorsqu’il l’enlaçait de son bras d’hercule aux premières mesures de la valse !… Hélas ! ce temps est loin, et depuis bien des chagrins ont assailli l’aïeule !… Il y a cinq ans déjà que son pauvre Pierrot est dans la tombe !…

A ce dernier souvenir, une larme glisse, silencieuse, sur son visage ridé ; puis son œil humide se lève lentement sur les jeunes gens, et devant toutes ces figures épanouies, la vieille oublie subitement sa tristesse et sourit en voyant sa petite-fille qui apporte enfin le fameux ruban, et timidement le donne au porte-jarretières. Pendant que ce dernier le suspend au cerceau, un autre jeune homme offre à l’ingénue sa rude main de paysan, et sans façon, la prenant par la taille, danse avec elle quelques pas de polka.

Puis toute la troupe s’échappe, et toujours précédée du violoneux qui recommence son éternel del tarte à pimmes,… elle va dans une autre maison trouver une autre jeune fille qui ornera le cerceau d’une nouvelle jarretière.

Quand toutes les rues ont été suivies, et que chaque danseuse a livré son ruban, le cortège reprend la route du bal et y rentre. Les jeunes filles arrivent bientôt après ; les couples se forment au fur et à mesure, et quelques quadrilles précèdent la Vente des Jarretières.

Plusieurs jeunes gens sont préposés à cette vente. L’un figure le notaire : ample redingote, chapeau noir et cravate noire entourant un gigantesque col de chemise en papier, d’où sort un menton qu’il s’efforce de rendre triple ; d’ailleurs l’air très grave et très digne, ou du moins s’efforçant d’être tel. Ce pseudo-notaire porte à l’oreille un énorme porte-plume et à la main un registre où il doit inscrire l’acte de vente.

Près de lui et juché sur une table boiteuse, apparaît le crieur. Celui-ci veut être amusant autant que le notaire essaie d’être sérieux. Il porte un accoutrement qu’il a composé le plus bizarrement possible : sur sa tête enfarinée, il a équilibré un vieux chapeau que des coups de poing répétés ont transformé en accordéon ; dans un vêtement hors d’usage, il s’est taillé un habit à queue, une basque dépassant l’autre, et sur les côtés deux énormes poches d’où il n’oublie jamais de laisser pendre la moitié d’un grand mouchoir à carreaux. Un gilet fond vert-pomme avec des fleurs jaunes dissimule mal une paire de bretelles qui tirent de-toute leur force sur un pantalon trop court ; un vrai pitre de foire, enfin, avec cette différence qu’aux fêtes foraines c’est un paillasse qui imite les paysans, et qu’ici c’est un paysan qui singe les paillasses des villes.

Enfin un troisième remplit de son mieux les fonctions de garde-champêtre, et répète, en voix de basse, la mise à prix du crieur. Après maintes simagrées de ce burlesque trio, chacune des jarretières est adjugée à sa propriétaire, comme il est convenu d’avance ; et c’est à chaque vente une explosion de réflexions et de bons mots qui, certes, ne sont pas toujours bien spirituels, mais qui excitent le vrai rire et cette franche gaieté, débarrassée de toute étiquette, que l’on rencontre trop rarement dans les soirées parisiennes.

Quand la dernière jarretière est vendue, l’orchestre soulève toute la jeunesse dans un galop frénétique, puis danseurs et danseuses vont au cabaret dépenser en sirops et en chopes de bière le produit de la vente, et avant de se quitter, tous ces Roméos picards donnent à leurs Juliettes rendez-vous pour le bal du soir.

(D’après « La Tradition », paru en 1887)

Publié dans AUX SIECLES DERNIERS, HUMEUR DES ANCETRES | Pas de Commentaire »

Les Chansons à boire

Posté par francesca7 le 28 mars 2016

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Si l’on associe volontiers la chanson française à ces couplets badins entonnés au dessert par de joyeux buveurs, le verre en main, avec des refrains bachiques repris en chœur par les assistants, la chanson à boire fut cependant initialement l’œuvre de lettrés, surgissant vers le XIIe siècle et élevée au rang de véritable genre trois cents ans plus tard avec les vaudevires, pour acquérir une immense popularité au XVIIe grâce, notamment, au célèbre menuisier Adam

Le vin est un de ces élixirs souverains, comme on dit dans les opéras-comiques, duquel la chanson jaillit comme par enchantement ; il n’est pas d’endroit où l’on chante plus volontiers qu’à table ; la musique est réputée l’accompagnement le plus agréable de la bonne chère, et de tout temps les grands seigneurs ont entretenu à leur solde des chanteurs ou des instrumentistes chargés d’égayer leurs repas : cela depuis le Moyen Age, où semblables fonctions incombaient aux ménestrels, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les princes des cours d’Allemagne, notamment, ayant alors à leur disposition un orchestre qui leur donnait concert pendant qu’ils mangeaient.

Plusieurs des symphonies d’Haydn et de Mozart n’ont pas été composées pour d’autres occasions. Sans viser si haut dans l’échelle artistique et sociale, il suffira de citer ces trois vers d’un roman du Moyen Age, Li Diz dou Soucretain, rapportés par plusieurs auteurs, pour démontrer que l’usage de chanter à table a existé en tout temps :

Usages est en Normendie
Que qui hébergiez est qu’il die
Fable ou chançon die à l’oste.

Est-il besoin de rappeler ici les réunions bachiques dont la vogue fut si grande aux dix-septième et dix-huitième siècles, et où chaque convive était tenu de fournir son écot, c’est-à-dire sa chanson ? De nos jours, la coutume de chanter au dessert, après s’être maintenue dans les réunions bourgeoises jusqu’au premier tiers à peu près du XVIIIe siècle, n’a pas encore disparu : elle s’est réfugiée à la campagne, où, en dehors des veillées, la chanson ne connaît pas de meilleure occasion de se produire qu’à table, ou au cabaret, après boire.

 

Cependant la tradition orale, qui, consultée à la campagne, nous a fait connaître tant de chansons portant la marque d’une incontestable ancienneté, ne nous révèle pour ainsi dire rien qui touche au sujet de la chanson à boire. Le vin n’est pas chanté par les paysans ; s’il l’est par hasard, c’est en chansons empruntées à la ville et d’importation récente. A peine y trouverons-nous de rares allusions dans un petit nombre de recueils de chansons populaires. Parfois il en est question incidemment dans un ou deux vers d’une chanson qui tourne aussitôt et passe à un autre sujet : par exemple dans ces fragments de chansons :

Tout en revenant de boire bouteille,
L’envie m’y a pris d’aller voir ma belle.
(Armagnac et Agenais, par Bladé)

Le bon vin m’endort,
Et l’amour m’y réveille.
(Recueilli dans le Morvan)

A la table sans rien faire
Je commence à m’ennuyer,
Je vais commencer par boire,
Messieurs, à votre santé,
De ce bon vin de bouteille
Que l’automne a-t-apporté.
(Ouest, tome I, par Bujeaud)

Ces fragments, très disséminés, représentent, on peut le dire, une quantité négligeable, et les collectionneurs, s’ils veulent pousser plus avant leurs recherches en ce genre, en sont réduits à publier des pièces comme la dernière du recueil de Bujeaud : « Bénissons à jamais / Le p’tit vin de Sigournay » (Ouest, tome I), parodie du cantique : « Bénissons à jamais / Le Seigneur de ses bienfaits » ; ou bien encore la chanson flamande intitulée le Vin, qui a pour refrain ces mots extrêmement peu populaires : Gaudeamus, Laudamus, Vivamus (Flamands de France, par De Coussemaker) ; ou enfin une parodie de la chanson des Nombres, type des chansons énumératives ; mais ici les douze Nombres mystiques sont remplacés par les douze Verres, ce qui est la marque d’un genre d’esprit fort peu populaire et assez moderne.

Les paysans n’ont donc pas, pour leurs repas, noces et beuveries, de chansons à boire à eux : celles qu’ils chantent au dessert ou au cabaret ne sont pas différentes de celles qu’ils chantent aux veillées ou dans les champs ; il est même assez singulier de remarquer qu’ils ont soin le plus souvent de choisir ce qu’ils savent de plus langoureux et de plus plaintif pour une sorte de réunions qui devraient avant tout éviter d’engendrer la mélancolie.

La première chanson à boire dont le texte nous soit connu est une chanson en latin, Vinum bonum et suave, parodie du cantique à la Vierge : Verbum bonum et suave. Du Méril la cite dans Poésies populaires latines du Moyen Age, avec d’autres productions du même genre, du XIIe et du XIIIe siècle, dont les moines se font honneur de reconnaître la paternité. Le manuscrit de Montpellier lui-même, ce précieux recueil poétique et musical, généralement si grave de ton, en fournit aussi du quatorzième siècle. Qui l’eût dit ? C’est dans le silence et l’austérité du cloître que, s’il faut en croire ces documents, la chanson à boire des temps modernes aurait vu le jour !

chansons à boire

Les auteurs du XVIIIe siècle, qui ont très fort creusé la question, disent que la première chanson à boire que l’on connaisse « dans notre poésie » figure dans les œuvres d’Eustache Morel, dit Deschamps, poète du XIVe siècle, rapporte Nisard dans Des chansons populaires. Du Faïl, l’écrivain breton du XVIe, parle d’une chanson à boire connue sous le nom deLaetabundus, considérée à l’époque, comme une vieille chanson remontant aux trouvères anglo-normands, et dont le refrain était :

Or hi parra !
La cerveyse vos chauntera.

Rabelais, qui, par parenthèse, parmi le grand nombre de chansons du XVIe siècle qu’il cite, ne parle pas d’une seule chanson à boire (et quelle chanson pouvait mieux que la chanson à boire être à sa place dans le livre de Rabelais ?), n’a qu’un mot sur ce sujet dans le chapitre intitulé : Le propos des buveurs, mais bien caractéristique : « Chantons, buvons : un motet ! Entonnons. » Un motet – le motet était, depuis le Moyen Age, une composition le plus généralement profane, mais essentiellement polyphonique – en guise de chanson à boire ! Ailleurs, il fait parodier par Frère Jean des Entommeures les mots du texte sacré : Venite adoremus en Venite apotemus (dans Gargantua, chap. XLI).

Tout cela n’est que bribes. Mais au XVe et au XVIe siècle, deux auteurs, dont l’un parait appartenir beaucoup moins à l’histoire qu’à la légende, et dont l’identité, l’existence même ont été contestées, fusionnant en un tout homogène des éléments éparpillés, les traitant avec un esprit et une bonne grâce d’ailleurs incontestables, élèvent la chanson à boire à la hauteur d’un genre. Le premier, le plus célèbre, c’est Olivier Basselin, foulon au lieu dit les Vaux de Vire, en Basse Normandie, qui, sous le nom même de son pays natal, passe pour avoir composé un grand nombre de chansons à boire. L’autre, sur lequel on a des données plus exactes, est son compatriote Jean le Houx.

La plus grande incertitude règne sur tout ce qui touche à la personnalité d’Olivier Basselin. Une chanson qu’on trouve dans plusieurs recueils du XVe et du XVIe siècle est le document le plus important qu’on possède sur lui. Il y est parlé d’un Olivier Bachelin, compagnon du Vau de Vire, qui se serait illustré par sa bravoure dans les guerres contre les Anglais, mais du talent poétique duquel il n’est aucunement fait mention. Paul Lacroix (le bibliophile Jacob) a publié dans son édition des vaudevires tout un dossier duquel il parait résulter que Basselin fut, durant toute sa vie et longtemps après, complètement ignoré en dehors de sa province et même de sa petite ville, et que ses chansons, recueillies, rajeunies et augmentées par Jean le Houx, poète et avocat de Vire postérieur au moins d’un siècle, ont été publiées pour la première fois par les soins de ce dernier, aux environs de 1576, date que n’atteste d’ailleurs aucun document.

Plus récemment enfin, un écrivain normand, Gasté, a été jusqu’à contester à Basselin la paternité du vaudevire et à attribuer ses prétendues chansons au seul Jean le Houx. Il se peut faire que Gasté ait raison. Par amour pour la tradition, qui doit nécessairement faire autorité en cette étude, ne privons cependant pas tout à fait Basselin de ce qui a fait sa gloire, et prenons-les, lui et Jean le Houx, pour les créateurs ou du moins les propagateurs de la chanson à boire en France. Ce foulon des Vaux, avec cet avocat de la cour de Vire, tous deux, à leurs heures, poètes bas Normands, ce sont là des éléments parfaitement provinciaux ; pour provincial, le vaudevire l’est sans conteste, on peut en donner acte aux Normands qui ont très fort bataillé à ce sujet. Cependant, tout provincial que soit le vaudevire, il n’en est pas plus populaire pour cela : on peut en juger simplement à son allure. Les chansons de Basselin et de le Houx, cela apparaît à chaque morceau, sont des œuvres de lettrés.

Ce foulon était vraiment étonnant pour son époque. Comme Sganarelle du Médecin malgré lui, il avait dû pousser ses études au moins jusqu’à la sixième, peut-être même quelque peu au delà, car il se permet très bien d’intercaler du latin en guise de refrain dans quelques-unes de ses chansons. C’est ainsi que chaque couplet du vaux-de-vire XVIII (dans l’édition Julien Travers, 1833) se termine par ce vers : Hoc acuit ingenium, qui rime avec Trinque, seigneur, le vin est bon. Le vau-de-vire XXXVI est tout entier composé de vers latins et français alternés ; et, au début du vau-de-vire IX, l’auteur tient à prouver qu’il sait que Hoc vinum est bonus est de mauvais latin.

Quant à le Houx, il va jusqu’aux mots grecs, et l’on commence déjà à trouver dans les chansons qui lui sont plus spécialement attribuées ces applications de noms et de mots antiques dont l’abus rend si fastidieuses les chansons des deux siècles suivants : il y est question de Bacchus et de Vénus, d’Homère et de Jupin ; Agamemnon rime avec Ilion, etc. Ce qui n’empêche pas, du reste, le plus grand nombre de ces morceaux d’être pleins d’entrain ; les plaisanteries proverbiales sur les mérites du vin prescrit comme remède infaillible à tous les maux, les vieux mots si gaulois : le doz au feu et le ventre à la table, suive qui m’aimera ; des vers comme celui-ci : « Les buveurs d’eau ne font point bonne fin », ou cet autre, toujours jeune : « Qui aime bien le vin est de bonne nature », et d’autres traits pleins de bonne humeur et encore d’un usage courant parmi les bons vivants, apparaissent déjà dans les vaux-de-vire.

Si nous insistons sur le côté littéraire de ces chansons, c’est que c’est là la seule manière possible d’en donner une idée, car non seulement la musique des vaux-de-vire n’a pas été conservée, mais encore on manque de toute indication capable d’éclairer les chercheurs sur sa nature et son caractère. Les mélodies des vaux-de-vire ont-elles été composées en même temps que les paroles par le poète lui-même ? Iu s’adjoignait-il un collaborateur musical, comme autrefois certains trouvères qui faisaient mettre en musique par leur jongleur les poésies qu’ils écrivaient ? Iu chantait-il enfin ses couplets sur des airs connus ? Cette dernière hypothèse est la plus vraisemblable, mais aucune preuve ne la confirme ; et ici la tradition ne peut nous être d’aucun secours, car les vaux-de-vire, en raison de leur tournure littéraire, par leur allure vive et toute différente de celle des poésies populaires, n’ont apparemment jamais été chantés par le peuple ; en tout cas, ils ont complètement disparu de ses souvenirs : du moins aucun recueil, bas normand ou autre, ne renferme-t-il de chansons qui, par leur ton ou leur forme, paraissent en procéder.

Cependant l’élan était donné, et la coutume d’écrire et chanter des chansons à boire ne tarda pas à se répandre. On en trouve quelques-unes dans les manuscrits de Bayeux et de Vire ; elles pénètrent dans les volumes de chansons en parties. Roland de Lassus lui-même, le maître par excellence de l’école franco-flamande du XVIe siècle, ne dédaigne pas de prendre pour textes de ses chansons ou de ses madrigaux des vers de chansons à boire : O vins en vigne, joli vin en vigne ; Je ne bois que trop sans cela ; Le vin qui me plaît tant ; ce dernier, par parenthèse, est en allemand.

Voici une autre chanson qui a servi de texte à plus d’un musicien du XVIe siècle : Manchicourt, Crespel, l’Italien Horazio Vecchi, etc. :

J’ai vu le cerf du bois saillir
Et boire à la fontaine.

Je bois à toy, mon bel amy,
Et à ta souveraine.

Si tu ne fais ainsi que moy,
Tu paieras pinte pleine.

Ces vers rappellent certaines pratiques des buveurs s’invitant à boire l’un l’autre en chantant, pratiques restées en vigueur de nos jours sous le nom de la pomponnette, ou, dans les campagnes, la rinçonnette. Voici une chanson de la fin du XVIe siècle dans laquelle sont énoncés ces usages encore vivaces (La fleur des chansons amoureuses, 1600) :

Air à chanter quand on boit l’un à l’autre.

C’est à toi, mon capitaine,
A qui je bois ce coup d’autant.
Si je le fais d’une baleine,
Il en faudra faire autant.

La compaignie prenant le pot ou la bouteille diront tous ensemble :

Je ne t’y lairrai jamais, m’amie,
Tant que tu feras clou, glou, glou ;
Je ne t’y lairrai jamais, m’amie,
Tant que nous ayons bu tout.

Quand celuy qui boit a beu, fait qu’il die tout seul :

Soldat, je te remercie
De ce que tu bois à moi.
De cela ne t’en soucie,
J’en feray autant que toi.
Je ne t’y lairrai jamais, etc.

Jusqu’ici, ces sortes de publications sont faites d’une façon aussi peu suivie qu’avant Olivier Basselin. Mais à partir du XVIIe siècle, nous allons voir la vogue de la chanson à boire se généraliser et prendre des proportions inattendues. C’est encore la Normandie qui en fournit le premier recueil : les Bacchanales, autrement dites Vaudevires, qui forment une division entière du chansonnier de Jacques Mangeant, publié à Caen en 1615. Le mot vaudevire, on le voit, sans cesser de s’appliquer aux chansons à boire, s’était maintenu, au moins en basse Normandie, jusqu’au XVIIe siècle.

Pour le style musical, il ne diffère pas sensiblement de celui des autres chansons du même recueil, ce qui tendrait à confirmer l’hypothèse émise au sujet des vaudevires d’Olivier Basselin, savoir, que dans le principe la chanson à boire se chantait sur des airs connus. Il faut s’en étonner d’autant moins que plusieurs des poésies appartiennent purement et simplement à d’autres chansons populaires, et que le caractère bachique apparaît seulement dans le refrain. C’est ainsi que nous retrouvons dans cette classe l’éternelle chanson de laMaumariée, qui trouve sa place au milieu des chansons à boire, avec un refrain qui ne laisse aucun doute sur ses attributions :

As-tu point veu rouge nez,
Le maistre des yvrognes ?
Mon père m’y veut marier.
As-tu point veu rouge nez ?
A un vieillard my veut donner.
Il pleut, il vente, il tonne.

La chanson à boire ne se dégage réellement que vers le milieu du XVIIe siècle. L’homme auquel on peut faire revenir le mérite d’en avoir fixé la forme définitive (si ce ne fut pas plutôt l’œuvre du temps), c’est Adam Billaud, connu surtout sous le nom de maître Adam, qui composa ses chansons au temps de Louis XIII et mourut en 1662. Comme Olivier Basselin, maître Adam fut un artisan ; il était menuisier à Nevers. Par une seule chanson, il a donné au genre sa véritable formule : qui ne la connaît ? C’est la chanson Aussitôt que la lumière, si pleine d’entrain, de rondeur et de bonne humeur, que tous les buveurs de France l’adoptèrent immédiatement : c’est assez dire qu’elle fut en un moment universellement populaire.

On ne sait, à la vérité, s’il faut faire honneur à maître Adam de la mélodie si franche et si gaie de sa chanson ; plusieurs de ses autres productions ont été imprimées avec indication d’airs connus. Pourtant l’air Aussitôt que la lumière ne doit pas être plus ancien que les paroles ; il paraît, au contraire, beaucoup plus jeune que tout ce que l’on trouve dans les recueils du XVIIIe siècle ; il n’est guère possible non plus de lui attribuer une origine absolument populaire : la répétition à la tierce du thème initial, dans la phrase intermédiaire, et la marche harmonique descendante qui suit, sont des procédés que la facture populaire n’a jamais connus. S’il n’a pas pour auteur le chansonnier lui-même, il est probable qu’il aura été composé par quelque organiste ou maître à chanter ivrogne, mis en verve par la poésie de son compagnon, et peut-être aussi par de certains autres procédés moins immatériels.

Le modèle ne pouvait pas manquer d’appeler les imitations. L’une des meilleures est la chanson Quand la mer Rouge apparut, dont l’air n’est pas encore oublié aujourd’hui. Bientôt le succès de la chanson à boire prit des proportions considérables : pour en donner une idée, nous citerons seulement les titres de deux publications de la fin du XVIIe et du XVIIIe siècle : les Recueils d’airs sérieux et à boire de différents auteurs que les Ballard firent paraître par livraisons trimestrielles, de 1690 à 1732, et les Tendresses bachiques, ou duo et trio melez de petits airs tendres et à boire des meilleurs auteurs, deux volumes parus chez Ballard en 1712 et 1718. Au nombre des auteurs de ces productions, dénuées de la franchise et du naturel qui faisaient le seul mérite des chansons d’autrefois, nous relevons parfois les noms d’artistes devenus célèbres dans la suite : Montéclair, Marchand, Clérambault, Campra, etc.

A l’instar des cabarets, très en vogue au XVIIIe siècle, les sociétés chantantes de l’époque donnèrent aussi une impulsion nouvelle à la chanson de table, la firent sortir des lourdeurs et des fadeurs de la chanson à boire du siècle précédent et lui rendirent un peu de sa bonne humeur. La première et la plus célèbre fut le Caveau, qui fut fondé par Piron, Crébillon fils et Collé, en 1733, dit Capelle, l’auteur du recueil intitulé : la Clef du Caveau ; en 1729 ou 1735, prétendent d’autres auteurs.

Le Caveau, avec des succès divers, subsista presque jusqu’à la veille de la Révolution ; en 1796, les Dîners du Vaudeville lui succédèrent : parmi les habitués de cette nouvelle société, on pouvait remarquer Laujon, Piis et Barré, Radet, les trois Ségur, Armand Gouffé, Dupaty, etc. Sous l’influence des chansonniers du Caveau et des sociétés analogues, aucun nouvel élément mélodique ne fut plus introduit dans la chanson à boire : les airs connus suffirent à tous les besoins du genre.

(D’après « Histoire de la chanson populaire en France », paru en 1889)

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Une table dans les règles de l’art Français

Posté par francesca7 le 27 mars 2016

 

 

Aujourd’hui cuisiner et recevoir chez soi est de nouveau à la mode (et c’est tant mieux!), les hôtes aiment offrir à leurs invités un bon repas et pour ravir les  yeux autant que les papilles prévoient une décoration soignée. Mieux vaut donc ne pas faire d’erreurs en  dressant la table pour éblouir totalement les convives !

Avant tout autre chose posez sur votre table un molleton recouvert  d’une nappe ce qui en plus d’absorber les bruits et les chocs des couverts  pourra servir de toile de fond à votre décoration.
Prenez également soin d’offrir à chaque personne un espace de 60 à 70 cm pour ses couverts et prévoyez au minimum 30 cm entre chaque convive. Les assiettes doivent être disposé à 60cm minimum l’une de l’autre.

A partir de ses recommandations, il existe plusieurs manières de dresser la table, je vous exposerai ici les deux plus connus : le service à la française et celui à l’anglaise.

Première étape : la nappe

Avant de l’étendre, disposez un molleton, pratique car il évitera qu’en cas d’accident des tâches n’apparaissent sur votre superbe table ! Il permettra aussi d’amortir le bruit des assiettes, le tintement des verres et il empêchera également la formation de plis sur votre nappe.

Attention, la nappe doit tomber au moins trente centimètres en dessous du plateau de la table. Mais prenez garde: si celle-ci peut bien entendu tomber plus bas, elle ne doit pas pour autant arriver à moins de 6 centimètres au-dessus du sol, pour ne pas incommoder les pieds des invités !

Une fois que cela est fait, vous pouvez commencer à mettre le couvert. Et parfois, cela peut être assez compliqué… où placer le couteau à poisson, la salière et la poivrière ou encore la cuillère pour le dessert ? Voilà donc comment il faut que vous procédiez.

Comme pour le plan de table, deux traditions s’affrontent dans l’art de disposer le couvert : la Française et l’Anglaise. Nous allons vous détailler chacune d’entre elle, et après cela, ce sera à vous de voir celle que vous préférez !

Le service à la française

A tout seigneur tout honneur, je commencerai donc par vous expliquer la mise en place d’une table à la française.

1A

Les couverts

Ils doivent être placés de part et d’autre de l’assiette  ( à 2 cm du bord de la table) dans leur ordre d’utilisation. Les couverts dont on se servira en premier sont placés à l’extérieur, puis en se rapprochant de l’assiette ceux dont on se servira tout au long du repas.

A droite

Près de l’assiette, le couteau de table  dont le tranchant de la lame est tourné vers l’assiette. Si vous servez du poisson lors de votre repas, vous disposerez ensuite le couteau à poisson. La cuillère à soupe se placera à l’extérieur puisque se plat ouvre le repas,côté creux vers la table.

A gauche

Vous commencerez par poser près de l’assiette la fourchette de table,  dents tournés vers la nappe. Venant à l’extérieur la fourchette à poisson se place également à gauche et toujours dents vers la table.

Les couverts à déssert sont  au choix soit placés dès le début du repas entre l’assiette et les verres, soit apportés avec les desserts, à vous de choisir.

Les verres

Débutez la mise en place de vos verres en disposant le verre à eau dans l’alignement du couteau de table, puis en respectant un angle à 45° (si le diner n’est pas trop formel disposer légèrement en diagonal sera suffira) placez le verre à vin rouge et le verre à vin blanc. La flûte à champagne se place en retrait entre le verre à eau et le verre à vin rouge si vous prévoyez de servir le champagne en début de repas, sinon posez la en léger décalage à gauche du verre à eau.

1B

L’assiette à pain et le couteau à beurre

L’assiette à pain se place à gauche de la grande assiette et supporte le couteau à beurre sur son bord droit, le tranchant de la lame étant tourné vers l’extérieur.

Les serviettes

Le placement de la serviette est laissé à votre discrétion : dans le verre, sur l’assiette ou sur la table. Vous pouvez également vous permettre quelques fantaisie en matière de pliage, pourvu que celui-ci soit en adéquation avec le thème de votre décoration.

Article paru sur http://les-muses-deco.tv/?p=20

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Calendrier des anciens Gaulois

Posté par francesca7 le 26 mars 2016

Sans titre

 
 
Les druides, qui tiraient leur nom d’un mot grec ou plutôt du mot celtique deru signifiant chêne, étaient vraisemblablement chargés de régler la division du temps chez les Gaulois. Leurs années étaient purement lunaires et divisées par périodes de 30 ans.

La semaine paraît être la période la plus anciennement et la plus généralement adoptée pour la mesure du temps au delà du jour. Ce sont, au dire des historiens, les Egyptiens qui les premiers ont donné une forme certaine à leurs années ; et le calcul que Moïse nous donne de la durée de la vie des premiers patriarches, la manière même dont il explique les circonstances du déluge ne permettent pas de douter qu’il n’y eût dès lors une division fixe du temps.

 Les Egyptiens avaient distribué l’année en douze mois, par la connaissance qu’ils avaient des astres. Ces mois n’avaient pour toute dénomination, dans le commencement, que celles de premier, de second, de troisième mois, etc., jusqu’au douzième. Hérodote déclare qu’il n’est pas possible de déterminer la forme que l’année des douze mois a eue originairement chez les Egyptiens. L’année a-t-elle été simplement lunaire, c’est-à-dire de 354 jours, ou l’ont-ils composée de 360 jours dès le moment de son institution ? C’est ce qu’Hérodote ne peut aussi décider.

On croit seulement que l’année de 360 jours dut être d’un usage fort ancien en Egypte ; elle dut être réglée ainsi même avant Moïse, car c’est d’une année de 360 jours que s’est servi le législateur des Juifs pour compléter celles du monde, et en particulier celle du déluge. Plus tard, l’année civile des Egyptiens fut de 365 jours ; tous les quatre ans, elle retardait d’un jour sur l’année solaire, et ce n’était qu’après un intervalle de 1460 années, qu’ils appelaient période sothiaque ou grande année caniculaire, que les années civiles et solaires se retrouvaient d’accord.

Les Grecs partagèrent d’abord les mois en trois parties, chacune de 10 jours : la première dizaine s’appelait mois commençant, la seconde dizaine mois qui est au milieu, et la troisième mois finissant. La première dizaine se comptait de suite ; ainsi on disait : le premier, le second, le troisième, etc., du mois commençant ; mais, comme les Grecs ne comptaient jamais au-dessus de 10, quand ils voulaient, par exemple, exprimer les 16, ils disaient le second sixième, ainsi de suite ; pour dire 24, ils disaient le troisième quatrième. Telle était la manière de compter des Grecs du temps d’Hésiode. Les Grecs eurent aussi, par la suite, une période de quatre années révolues par lesquelles ils comptaient, et qu’ils nommaient olympiades ; l’ère commune des olympiades commença au solstice d’été de l’an 776 avant J.-C.

Jusqu’en l’an 600 environ avant J.-C., les Grecs comptèrent successivement deux années de douze mois de 30 jours chacun, et une troisième année (triétéride) de treize mois. Mais les oracles ayant déclaré que l’on devait régler les années sur la marche du soleil, et les mois sur celle de la lune, il en résulta la réforme suivante : l’année fut alors composée de douze mois alternativement de 30 et 29 jours commençant à la néoménie ou nouvelle lune ; les troisième, cinquième et huitième années de cette période dite octaétéride eurent chacune un mois complémentaire de 30 jours : après deux octaétérides, on ajoutait 3 jours complémentaire ou épagomènes.

Meton, célèbre astronome athénien, pour corriger ce calendrier, imagina un cycle de 19 ans, après lesquels les rapports des jours, des mois, des années avec les retours de la lune et du soleil aux mêmes points du ciel se trouvaient conservés. Dans cette période, on comptait 235 lunaisons, à savoir : 228 à raison de 12 par an, et 7 autres appelées intercalaires ou embolismiques, dont 6 de 30 jours et le dernier de 29 jours. Ce résultat excita l’admiration des Grecs au point qu’on le grava en lettres d’or sur les places publiques ; de là lui vint le nom de nombre d’or. Callipe, pour remédier à une erreur légère de calcul de Meton, établit que l’on retrancherait le dernier jour de chaque quatrième cycle.

Le calendrier des Romains dut aussi sujet à de grandes variations ; leurs années étaient lunaires ; ils avaient, comme les Grecs, recours aux intercalations de jours et de mois. Cette irrégularité devait, à la longue, opérer un changement qui fît passer à la fin le mois de janvier d’une saison dans une autre, et cette confusion dura jusqu’à la réforme due à Jules César. Sous ce règne, Sosigène, Egyptien, versé dans les hautes sciences, détermina l’étendue de l’année solaire. On régla l’année civile sur le cours du soleil ; elle prit le nom d’année julienne, et s’ouvrit en 44 avant J.-C. Les mois furent au nombre de douze, alternativement de 30 et 31 jours, excepté février qui en avait 28 les années ordinaires, et 29 les années bissextiles. Le premier jour des mois portait le nom de calendes, les nones commençaient le 5, les ides le 13 ; en mars, mai, juillet et octobre, les nones se trouvaient le 7 et les ides le 15 : on comptait les jours en rétrogradant avant ces trois époques principales des mois.

Chez les Gaulois, les druides, qui tiraient leur nom d’un mot grec ou plutôt du mot celtique Deru signifiant chêne, étaient vraisemblablement chargés de régler leur division du temps. Leurs années étaient purement lunaires et divisées par périodes de 30 ans. Pline dit dans son Histoire naturelle que la lune réglait leurs mois, leurs années, et leur siècle de 30 ans ; mais il ne dit point, et aucun auteur ancien ne dit comment ils s’y prenaient pour ramener au bout de leur cycle les lunaisons au premier du mois. Il était nécessaire que dans cet intervalle ils ajoutassent 11 jours. Peut-être, comme les Arabes, faisaient-ils 19 années de 354 jours, et 11 de 355. Ce qui porte à le croire, c’est qu’il est constant qu’ils employaient le cycle de 30 ans pour régler leurs années lunaires.

 

Les Latins ont eu de grandes relations avec les Gaulois, et ils auraient pu et dû nous conserver plus de détails sur leur calendrier ; mais ils étaient si peu avancés dans les sciences physiques et mathématiques que les recherches sur la manière dont les peuples qui les entouraient divisaient le temps leur paraissaient peu intéressantes ; ignoti nulla cupido. Ils ne nous ont pas conservé seulement les noms de leurs mois ; car, comme nous allons le faire voir, les noms des mois en usage dans les pays où la langue celtique s’est conservée sont fondés sur l’année solaire que les Romains firent adopter aux Gaulois, et dérivent, pour la plupart, de mots latins qui expriment ces mois dans le calendrier julien. La réforme julienne fut adoptée dans les Gaules après la conquête de César. Les Romains portaient leurs dieux et leurs calendriers partout où ils portaient leur vaste domination.

Parmi les Romains, il semble que seuls Pline et César aient mentionné le calendrier des Gaulois. Voici le passage de Pline, qui se trouve à la fin du livre 16 de son Histoire naturelle, lorsqu’il parle du gui de chêne. « Je ne dois pas passer sous silence une coutume singulière usitée dans les Gaules ; les druides (c’est ainsi qu’ils appellent leurs prêtres) n’ont rien de plus sacré que le gui, et l’arbre sur lequel il croît, surtout si c’est un chêne. Ils choisissent, pour leur habitation, des forêts de chêne et ne font aucun sacrifice, sans avoir des feuilles de cet arbre. C’est ce qui fait qu’on les appelle druides d’un mot grec qui signifie chêne. Toutes les fois qu’il naît quelque chose sur cet arbre, ils le regardent comme envoyé du ciel et comme une marque qu’il est choisi par Dieu même. Or, il est assez rare de trouver du gui sur le chêne. Ainsi, quand ils en trouvent ils le cueillent avec de grandes cérémonies religieuses et le tout se fait le sixième de la lune ; car c’est cet astre qui règle le commencement de leurs mois et de leurs années ; il règle aussi leur siècle de 30 ans ».

Pline poursuit : « Ce qui les détermine à agir ainsi, c’est qu’alors la lune est assez forte, sans être dans le premier quartier ; ils appellent le gui dans leur langue le remède à tout. Pour cette cérémonie, ils préparent le sacrifice et le festin sous l’arbre même ; ensuite ils y conduisent deux taureaux blancs qui sont accouplés pour la première fois ; le prêtre, revêtu d’une robe blanche, monte sur l’arbre et coupe le gui avec une faucille d’or ; on le reçoit dans une nappe blanche. Ils terminent le sacrifice en adressant des prières à Dieu, pour qu’il sanctifie le don qu’il vient de leur faire, et le rende utile à ceux auxquels ils en donneront. Ils pensent qu’en le faisant prendre en breuvage à un animal stérile ils le rendent fécond, et que c’est un remède spécifique contre toute sorte de poisons : tant sont superstitieuses les religions de plusieurs peuples ».

Dans le sixième livre de la Guerre des Gaules, César dit que les Gaulois se disent descendus de Pluton, tradition qu’ils tiennent des druides. « C’est pour cela, ajoute ce général historien, qu’ils mesurent le temps par le nombre des nuits et non par celui des jours. Soit qu’ils commencent les mois ou les années, ou qu’ils parlent du temps de leur naissance, la nuit précède toujours le jour ». Nos ancêtres comptaient donc par nuits et non par jours comme nous. C’est par un reste de cette coutume que les Anglais disent encore aujourd’hui dans leur langue d’aujourd’hui sept nuits, d’aujourd’hui quatorze nuits, this day sennight, this day fortnight. Les anciens Germains, suivant Tacite, avaient aussi le même usage : et des locutions semblables à celles des Anglais se sont conservées dans leur langue. Les paysans, dans plusieurs provinces de France, disent aussi à nuit, au lieu d’aujourd’hui, ce qui pourrait bien être un reste de l’ancien usage de compter par nuits.

 

Calendrier

Calendrier gaulois

 

Ainsi, tout ce que nous pouvons tirer des anciens auteurs, au sujet du calendrier celtique, se réduit aux faits suivants : 1° Leur année était lunaire ; 2° Ils employaient pour régler leurs années une période de 30 ans ; 3° Ils cueillaient le gui le 6 du premier mois, et célébraient ce jour comme leur fête la plus solennelle ; 4° Ils passaient les premiers jours de leur année à parcourir les campagnes, pour rechercher cette plante si importante pour eux ; mais on ne sait à quelle époque ils commençaient leur année, quelle était leur ère, quels noms ils donnaient aux mois. Il paraît qu’ils connaissaient la semaine et qu’ils donnaient aux jours des noms dérivés des sept planètes.

Nous donnons ici un aperçu des mois dont on se servait au XIXe siècle dans la Bretagne Armorique et dans la principauté de Galles en Angleterre, les langues parlées dans ces deux contrées ayant beaucoup d’analogie et paraissant deux dialectes de l’ancienne langue celtique. Ces mois ne datent évidemment que du temps de la réforme julienne. L’étymologie de plusieurs des noms qu’on leur donne en est une preuve certaine. Cette année est d’ailleurs solaire et la même que celle dont se servent tous les Européens. Le nom du mois julien est donné, suivi du nom en breton armoricain, puis de celui en breton gallois :

1. Janvier ; Ghener et Ghenver ; Janawr ou Marwsis ou Misdu
2. Février ; Choëvrer ou Chwewror ; Chwefror
3. Mars ; Meurs ; Mawrts
4. Avril ; Ebrel ; Ebril
5. Mai ; Maë ; Mai
6. Juin ; Miseven ; Mehefin
7. Juillet ; Gouëre ou Gouhere ; Gorphennaf
8. Août ; Eost ; Awst
9. Septembre ; Guengolo ; Seithfed-mis ou Mismedi
10. Octobre : Ezre ou Here ; Withfedmis ou Hydef
11. Novembre ; Mis-du ; Tachwed, Hedrew, Hyddfe
12. Décembre ; Kersu ou Kerdu ; Ragfyr

On voit aisément dans cette énumération que les noms des mois correspondants à janvier, février, mars, avril, mai et août dérivent des noms latins des mois correspondants. On ne sait pas précisément ce que signifie Mizeven qui répond à juin. Quelques auteurs pensent que ce mot est mis pour mis-e-ben signifiant mois en tête, parce que c’est celui où se trouve le solstice d’été. On ne connaît pas mieux la signification de Gouherre ou Gouerre ouGorphennaf qui répond à juillet. Gwengolo signifie paille blanche, et indique dans l’Armoricain la récolte du blé qui se fait en septembre. Dans le Gallois Seithfed-mis signifie septième mois, et mismedi, mois de la moisson. On ne sait d’où vient erze dans l’Armoricain ni hydef dans le Gallois pour octobre ; mais dans le Gallois withfed mis signifie le huitième mois, il est la traduction littérale d’octobre. Misdu pour novembre signifie mois noir, ettachwed, dont usent les Gallois, paraît signifier la fin, ce qui indiquerait qu’ils finissaient leur année à la fin de ce mois. Les Armoricains appellent leur dernier mois, mois encore noirkerzu. On ne sait ce que signifiait le mot que les Gallois employaient pour décembre ; mais ils appelaient quelquefois janvier misdu. Ainsi, leur mois noir n’était pas le même que celui des Bretons Armoricains.

Suivant Court de Gébelin, les mois des Francs, du temps de Charlemagne, avaient les mêmes noms que ceux dont les anciens Gaulois se servaient avant qu’ils eussent emprunté ceux des Romains :

Janvier : Winter-manoth, mois d’hiver
Février : Hornung, lugubre
Mars : Lentzin-manoth, mois où les jours allongent
Avril : Ostar-manoth, mois d’Ostar
Mai : Wunne-manoth, mois gai
Juin : Brack-manoth, mois du labour
Juillet : Jeu-manoth, mois des foins
Août : Barn-manoth, mois des granges
Septembre : Herbst-manoth, mois de la moisson
Octobre : Wyn-manoth, mois du vin
Novembre : Windt-manoth, mois du vent
Décembre : Heilag-manoth, mois sacré

(D’après « Encyclopédie du dix-neuvième siècle : répertoire
universel des sciences, des lettres et des arts (Tome 6) » paru en 1844,
et « Traité complet du calendrier, considéré sous les rapports
astronomique, commercial et historique » paru en 1822)

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Des oeufs de Pâques pour tous les goûts

Posté par francesca7 le 26 mars 2016

MoyenAge

 
 
Nos ancêtres rivalisaient d’imagination dans la confection des œufs de Pâques : qu’ils soient ensorcelés ou à la tenaisie, destinés aux courtisans ou obtenus de vieux parrains

Œufs de Pâques des étudiants. Au Moyen Age, la veille de Pâques, les étudiants des écoles, les jeunes gens de la ville, les clercs des églises s’assemblaient sur la place publique au bruit des sonnettes et des tambours, armés de lances et de bâtons et portant de bannières sur lesquelles étaient peintes des images burlesques. Ils se rendaient en cortège à la porte de l’église principale, chantaient Laudes en chœur ; puis se répandaient dans la ville pour quêter des œufs de Pâques. Cette ancienne coutume, moins la cérémonie de l’Eglise, subsistait encore naguère dans beaucoup de provinces de France.

Œufs de Pâques ensorcelés. Elle est assez générale la coutume de briser la coque de l’œuf après qu’on l’a mangé. Au Moyen Age, on croyait que la coque des œufs donnés en présent à Pâques, ou le jour de la nouvelle année, servait aux sorciers et aux sorcières pour tracer des caractères magiques qui évoquaient les démons. Peut-être est-ce de cette tradition superstitieuse que nous est venu l’usage de briser la coque.

 

Oeufs

 

Œufs de Pâques à la tenaisie. Lehoreau (t. 11, p. 54 et suivantes de ses manuscrits, conservés à la bibliothèque de l’évêché d’Angers, XVIIe et XVIIIe siècles) fournit ce curieux document :

« Procession du lundy de Pâques. A huit heures… primes finies… la cathédrale arrive à Saint-Aubin [monastère bénédictin qui forma plus tard la préfecture]… L’ancien manuscrit, fol. LVIII, parle ainsi : Nota. Monachi ipsi tenentur clericis nostris ministrare super tumbam chori sua cum tbenasiâ pane et uino… Œufs à la tenaisie. Pendant qu’on agit comme cy-dessus au chœur, partie du bas-chœur et partie du hault vont à la sacristie de Saint-Aubin, où les moines tiennent prêts deux douzaines d’œufs durs à la tenaisie [la tanaisie est une plante ombellifère, qui croît dans les prairies d’Angers et a un goût assez âcre], dont une douzaine est lardée de tenaisie et l’autre douzaine dans un autre bassin trempant dans le jus de la tenaisie, qui est une herbe très-fade et amaire, comme une espesce d’herbe qu’on nomme alesne ou maire herbe. Les moines font aussi apporter du vin blans et du pain de fine fleur de froment tant qu’il en est besoin ».

Œufs de Pâques aux Tuileries. Sous Louis XIV et sous Louis XV, on portait le jour de Pâques, après la messe, des corbeilles d’œufs dorés dans la chambre du roi, qui les distribuait entre ses courtisans. En général, les œufs de Pâques étaient simplement coloriés de diverses nuances, parmi lesquelles dominaient le jaune, le violet et le rouge. C’étaient les œufs de la bourgeoisie et du peuple. Mais les grands et les riches ne se contentèrent pas de cette simple teinture : le luxe s’introduisit en eux comme en toute chose, et les œufs que s’offraient les personnes des classes élevées devinrent de véritables objets d’art.

Des peintres habiles furent chargés de les décorer de sujets appropriés à l’âge, aux goûts et à la condition des personnes auxquelles ils étaient destinés. On trouvera peut-être surprenant que des artistes de mérite consentissent à exécuter des travaux aussi frivoles. Ne peignaient-ils pas des éventails, jusqu’à Watteau, qui n’a pas fait tous ceux qu’on lui attribue, mais qui en a fait pourtant ? Dans sa collection de curiosités, la bibliothèque du château de Versailles possède deux œufs de Pâques qui ont appartenu à Madame Victoire, fille du roi Louis XV. Les peintures dont ils sont ornés représentent une jeune fille attaquée par des brigands, puis délivrée par un vertueux gendarme, qui la ramène à ses parents.

Œufs de Pâques en Russie. On lit dans la Gazette du Midi : « La coutume d’offrir des œufs de Pâques existe encore en Russie ; depuis l’empereur jusqu’au dernier moujik, chacun s’y conforme. Là aussi, les œufs populaires sont simplement coloriés, tandis que les œufs aristocratiques s’élèvent au rang d’objets de curiosité ou de production artistique. La personne qui offre l’œuf dit : Jésus-Christ est ressuscité ; et celle qui le reçoit répond : Je crois qu’il est ressuscité. Les œufs qui se donnent entre gens riches ne sont œufs que par la forme ; aucune poule n’en pond de semblables. Les uns sont en porcelaine peinte et dorée ou en nacre incrustée, revêtus d’inscriptions emblématiques, et percés aux deux bouts d’une ouverture par laquelle on passe un ruban qui sert à le suspendre au cou. Il en est encore dont l’intérieur est rempli par des paysages en relief, qu’on regarde à travers un verre grossissant. »

Œufs de Pâques et Vieux Parrains. Le Jura citait, en 1863, le fait suivant : « On sait qu’il existe encore dans notre pays une vieille coutume, d’après laquelle les filleuls vont chercher, pendant les fêtes de Pâques, les œufs de Pâques chez leurs parrains. A ce sujet, un habitant de Courtenay nous raconte un fait assez remarquable, qui s’est produit cette année dans ce village. Une filleule, âgée de soixante-six ans, est allée chercher ses œufs de Pâques chez son parrain âgé de quatre-vingt-deux ans. Celui-ci aussi était allé chercher les siens chez son parrain, qui compte quatre-vingt-quatorze ans. »

(D’après « Collection de précis historiques. Mélanges
littéraires et scientifiques » paru en 1866)

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Un jour de plus au calendrier

Posté par francesca7 le 24 mars 2016

 

L’ajout, sur le calendrier et tous les quatre ans, d’une journée, est un usage qui remonte à l’Antiquité, le mois de février héritant de cette paradoxalement étrange singularité

L’an 45 avant J. C., Jules César désirant réformer le calendrier, en qualité de souverain pontife, consulta soigneusement les astronomes. Il souhaitait en effet régler le retard observé entre les années solaires et les années civiles.

Après s’être suffisamment renseigné auprès des scientifiques, parmi lesquels l’astronome grec Sosigène d’Alexandrie, il adopta l’année de 365 jours et 6 heures, trouvée par Calippe de Syzique et par Aristarque de Samos.

Il fit les mois de 30 et de 31 jours tels que nous les avons encore ; mais comme en ne comptant pas les 6 heures, qui font le quart d’un jour, l’année civile eût été en retard sur l’année astronomique, il décida que, tous les quatre ans, on ajouterait, le 24 février, un jour aux 365 de l’année ordinaire. 

Or, attendu que, selon la manière de compter des Romains, le 24 février était le 6e jour avant les calendes de mars, on a dit, pour le jour intercalaire, bis sexto calendas, d’où l’année de 366 jours a pris le nom de bissexte et la qualification de bissextile, laquelle signifie littéralement bis sixième.

Le calcul de l’astronome Sosigène d’Alexandrie fut démenti à la fin du XVIe siècle, du temps du pape Grégoire XIII : on se rendit compte que l’année ne durait pas 365,25 jours (365 jours 6 heures) mais 365,24219 jours (365 jours 5 heures 48 minutes et 45 secondes).

Afin de tenir compte de ce décalage (8 jours par millénaire) on profita de l’instauration du calendrier grégorien en 1582, pour fixer que les années séculaires (1600, 1700, 1800, etc.) ne seraient bissextiles que si leur millésime était divisible par 400. De sorte que seuls les millésimes 1600, 2000, 2400, 2800, etc., sont bissextiles.

(D’après « Le Courrier de Vaugelas », paru en 1876)

ETRE NE LE 29 FEVRIER :

ça fait «1460 jours» qu’ils j’attendent leur anniversaire

Il est né un 29 février – Bon anniversaire Gérard Darmon !

darmon

Ça change quoi dans la vie d’être né un 29 février ?

A lire les témoignages recueillis au fil des années par la presse, pas grand-chose. Les administrations prennent généralement en compte cette particularité du calendrier. Quant aux anniversaires, les années non bissextiles, ils sont tout simplement souhaités et célébrés le 28 février ou le 1er mars, ou bien même les deux. Pour des raisons techniques, Facebook a préféré trancher : les années non bissextiles, il propose à ses abonnés de souhaiter leur anniversaire aux personnes nées un 29 février… la veille.

Et pour les autres, est-ce un jour spécial ?

Pour ce jour de travail supplémentaire, n’escomptez pas être payé plus. Car comme le rappelle L’Humanité, le 29 février est inclus dans le décompte annuel du temps de travail. Au grand dam de l’illustrateur Lukino, dont l’appel pour un 29 février férié, qui fête ses huit ans, n’a toujours pas été entendu… Pour autant, ce lundi revêt une importance particulière pour certains. Après quatre ans d’absence, La Bougie du Sapeur, un journal qui ne sort que les 29 février, fait notamment son retour dans les kiosques, pour le plus grand bonheur des collectionneurs et des amateurs de satire. Ce lundi, c’est aussi la Journée internationale des maladies rares. Enfin, des marques ont profité de cette journée pour lancer des promotions. C’est notamment le cas de la SNCF et de Cdiscount.

 

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DES MANIERES AUTOUR DE LA TABLE

Posté par francesca7 le 23 mars 2016

 

« Pousse avec ton pain… Ne mets pas tes coudes sur la table… Laisses-en pour les autres, tu n’es pas tout seul… » Combien de générations d’enfants ont entendu avec résignation leurs parents ressasser ces commandements ? jusqu’à ce qu’eux même prennent le relais avec leurs propres enfants.

Il n’est jamais trop tôt pour apprendre les bonnes « manières de table ». Plus tard, certains apprendront à utiliser habilement couverts et ustensiles sophistiqués, pour aborder « à l’aise »  la dégustation de n’importe quel menu. D’autres, moins nombreux, maîtriseront facilement les règles complexes du protocole (aujourd’hui un peu dépassé…) des « grands dîners » et autres réceptions officielles.

Mais, là n’est pas le plus important. Vos voisins de table ne vous en voudront pas  (où alors, ils ne méritent pas qu’on s’intéresse à eux !) d’éprouver quelques difficultés à décortiquer les langoustines. En revanche, ils ne vous pardonneront pas, à juste titre, de vous conduire comme s’ils n’existaient pas. Là, comme ailleurs, pour ceux qui reçoivent, comme pour ceux qui sont invités, l’attention aux autres est la clé d’or des bonnes manières, et une condition « sine qua non » pour  profiter au maximum des plaisirs de la table « à la française ».

DES MANIERES

Aujourd’hui, vous recevez à votre table. Déjeuner de famille, repas-copains, ou dîner raffiné, c’est dès l’accueil que doit se créer l’atmosphère qui va faire de cette réunion un moment heureux, et peut-être un souvenir mémorable !

Cela commence par la table. Elle est prête. Le couvert est mis,  complètement, y compris les accessoires, dessous de plat, de verres, salières, corbeilles. Les serviettes sont pliées, les fleurs dans leur vase ou leur coupelles, et les bougies (s’il y en a) allumées. Mieux vaut avoir un peu de retard dans la préparation du repas et faire patienter devant l’apéritif, que de devoir compléter la table au dernier moment. C’est à l’hôtesse d’accueillir tout le monde à table, de désigner à chacun sa place, de s’asseoir la première, de déplier sa serviette, et d’inviter chacun à se servir, ou à entamer une assiette déjà servie (consommé, potage, hors-d’oeuvre …), quitte à s’éclipser après quelques minutes pour assurer la suite, si elle n’a pas d’aide  de service. Pas question, donc, même avec des intimes de hurler depuis la cuisine « installez vous et commencez sans moi »… Cela met tout le monde mal à l’aise.

Vous êtes arrivé à l’heure… C’est la moindre des politesses. Vous avez salué chaleureusement vos hôtes, en les assurant de votre plaisir d’être là, chez eux aujourd’hui, puis les autres invités, avec une bise pour les intimes, un mot gentil pour ceux que vous connaissez déjà, pour les amis de vos amis ( « j’ai tellement entendu parler de vous… »), et un grand sourire pour les autres…

Après l’apéritif, on vous invite à passer à table. Quel que soit le style de la réunion, vous attendrez que votre hôtesse vous précède, qu’elle vous indique votre place, et qu’elle s’asseye la première. Puis, vous attendrez encore que tout le monde soit assis avant de déplier votre serviette. Même si vous en mourez d’envie, vous ne vous précipiterez ni sur le pain, ni sur le beurre, ni sur votre verre de vin avant les hors- d’oeuvre ou le premier plat … que vous n’entamerez pas avant  que tous les convives soient servis et que la  maitresse de maison, toujours elle (ou l’hôte, s’il reçoit en célibataire), ai commencé.

Il y a des « accros » et des allergiques, donc la prudence s’impose. Réservez votre célèbre aïoli ou votre irrésistible soupe au pistou à ceux dont vous êtes sûre qu’ils l’apprécieront. Au  déjeuner, ayez la main légère : plutôt que de « piquer » le gigot, entourez-le de gousses « en chemise » qui caraméliseront à la cuisson pour le plus grand régal des amateurs. Contentez vous de frotter le fond du saladier pour « parfumer » discrètement la salade, Au buffet, prévoyez toujours une coupelle de sauce « sans » à côté d’une sauce ou d’une mayonnaise « avec »…

Et offrez, après le repas des « neutralisateurs » d’haleine ».

Si vous ne le supportez pas, soyez héroïque, abstenez vous de renifler le plat avec insistance, ou pire, de vous faire confirmer cette présence odorante…

Si vous l’adorez, que vous vous régalez d’aïoli, ou autre spécialité méridionale fortement aillée, sachez que rien ne vous autorise, passé cette joyeuse dégustation à imposer votre haleine empestée à tous ceux que vous croisez. Empressez vous de la purifier en croquant pastilles ou graines diverses à l’efficacité reconnue : Menthe Anis, Cardamome ou  Café.

Alcool

N’insistez jamais pour faire boire quelqu’un, même si vous offrez un grand vin, ou un précieux alcool…
Et abstenez-vous d’épiloguer sur les raisons de son  abstinence.

Evitez de resservir un ami qui manifestement s’apprête à trop boire, où dont vous savez  qu’il « ne tient pas l’alcool ».
L’apéritif est sympathique, les vins  délicieux, et les digestifs exceptionnels… ce n’est absolument pas une excuse pour en abuser. Autant la gaieté légère et l’entrain que procure un bon repas bien arrosé, sont inséparables de la fête, autant le spectacle de quelqu’un qui a trop bu est gênant, et parfois insupportable.

En matière d’alcool, il n’y a pas d’égalité. Certains « tiennent » mieux que d’autres, « pompette » dès le premier verre. Il faut  connaître ses propres  limites et s’y tenir fermement. Refuser le verre de trop ou l’alcool trop fort n’est absolument pas un manque de savoir-vivre, au contraire… Même si vous ne devez pas prendre le volant après le repas !

On ne sert jamais l’apéritif à table dans une réception un peu protocolaire. En famille ou entre amis, cela peut se pratiquer agréablement.

Si vous avez prévu un plat unique, ou un  menu particulièrement riche, supprimez hors-d’oeuvre et entrées et remplacez les par un apéritif léger, uniquement destiné à « ouvrir l’appétit ». Inutile de proposer tout un choix de boissons. Contentez vous d’offrir soit le vin du repas, soit un vin blanc sec (ou en été un rosé) à transformer éventuellement en Kir, soit du Champagne.

Pour les « sans alcool », proposez  une ou deux sortes de jus de fruits, à allonger si l’on veut d’eau pétillante, et pour « grignoter », des crudités en bâtonnets, en cubes ou en bouquets, à tremper dans une sauce légère escortées de quelques petits canapés.

Dans le cas d’un  » apéritif  dînatoire », le choix des boissons peut être le même que précédemment, (si vous proposez du Champagne, prévoyez en suffisamment pour accompagner tout le repas), mais ce sera exactement l’inverse, en ce qui concerne la partie « solide » qui va constituer l’essentiel du dîner. On mettra alors à disposition, sur la table, canapés variés, charcuteries, crudités, salades, poissons fumés ou coquillages, chacun se servant à son gré…. ce qui ne dispense pas les hôtes de proposer plats et boissons, et de s’assurer que tout le monde est bien servi.

table de la reine

Du temps de la reine Victoria, on donnait ce conseil aux jeunes filles à la veille de leur nuit de noces »… Ferme les yeux et pense à l’Angleterre… » On peut le transposer sans difficultés à l’apéritif… « Ferme les yeux et pense à la suite… » .

En effet, un « apéritif » sympathique peut se révéler un tue l’appétit d’une efficacité redoutable. S’il y a un repas complet derrière, contentez vous d’un verre (surtout s’il est alcoolisé), et d’un grignotage modeste. Optez pour les crudités plutôt que pour les canapés, si tentants soient-ils… Et méfiez vous des charcuteries, des olives, des crackers, et des feuilletés..

La question est tout a fait différente, s’il s’agit d’un apéritif dînatoire (c’est l’autre nom du repas buffet). Les seules interdictions  sont de l’ordre du « savoir vivre ». Ne pas se précipiter gloutonnement sur ses canapés préférés avant que les autres aient pu se servir… Ne pas remplir son assiette de caviar  en ne laissant aux autres que le pâté de foie (ou le contraire…selon les goûts!)… Ne pas se resservir pour la troisième fois quand certains n’ont pas commencé… Ou à l’inverse, ne pas chipoter interminablement devant une assiette garnie seulement d’une misérable rondelle de saucisson pour faire comprendre à ses hôtes à quel point on n’apprécie pas leur formule !

Vin

Classiquement le « service des vins » est assuré par un  homme. C’est la tâche réservée au maître de maison. Si vous êtes une femme célibataire, vous pouvez demander à l’un des convives que vous connaissez bien, d’assurer ce service à votre place.

On sert les « bons vins » dans leur bouteille d’origine, et les vins plus ordinaires dans une jolie carafe… Mais certains grands crus vieux doivent aussi être décantés « en carafe ». C’est une opération délicate qui exige un savoir-faire certain. Lorsque l’on sert le vin, on tient fermement la bouteille par le corps et non par le goulot, qui ne doit pas toucher le bord du verre. On fait ensuite  pivoter la bouteille  pour éviter de tacher la nappe avec la dernière goutte. Les colliers anti-goutte à enfiler sur le goulot (il en existe de différents styles) évitent cet inconvénient.
On ne remplit pas un verre  à ras bord, mais seulement au deux tiers pour que l’arôme du vin puisse s’épanouir. On ne le laisse pas non plus tristement vide… mais on ne pousse pas à la consommation en complétant sans cesse le verre à moitié plein de quelqu’un qui ne boit pas beaucoup.

En revanche, on  peut demander que chacun finisse son verre, avant de servir un nouveau vin.

 Sauf une impérieuse raison médicale que vous aurez précisée à l’avance, ne refusez pas d’être servi en vin, même si vous n’en buvez pas habituellement. Il vous suffira  de faire semblant d’y goûter, puis vous pourrez vous abstenir. On ne ressert pas un verre  qui n’est pas vide et rien ne vous oblige  à boire de l’alcool si vous ne le souhaitez pas. Vous soulèverez légèrement votre verre  quand on vous servira.

En revanche, si amateur que vous soyez de ce vin délicieux, il est hors de question de vous servir vous-même, ni de tendre votre verre à travers la table. Si vos hôtes ont fait l’effort  de vous offrir un grand crû, ou simplement un vin de qualité, ne l’avalez pas comme un verre de soda, prenez la peine de le déguster, et de dire tout le bien que vous en pensez…

 

La conversation

Aujourd’hui comme hier, la conversation est l’un des arts premiers du plaisir de recevoir. Autour d’une table, c’est  ce qui décide de la différence entre  » le dîner ? Oui, c’était bien… », et  » Quel dîner ! C’était  génial ! « .

Si vous recevez, vous n’êtes pas la vedette, mais vous êtes le chef d’orchestre. A vous de lancer la conversation, de la relancer si elle faiblit. A vous d’encourager habilement les timides, de désamorcer discrètement  la « crise » politique qui s’annonce, de lancer le sujet qui permettra au spécialiste de briller de tous ses feux… et de trouver la diversion qui le fera taire s’il  est trop long ! A vous de faire oublier l’effet négatif d’une gaffe, de  permettre au gaffeur de sauver la face, et de relancer la conversation générale avec un « sujet bateau » choisi dans l’actualité, comme la météo, les prochaines vacances, ou les nouvelles tendances de la Mode … Pour réussir, le secret est double, s’intéresser sincèrement aux autres, à ce qu’ils sont, à ce qui les mettra en valeur, et surtout savoir écouter.

A table, la conversation est un art  qui obéît à quelques règles de savoir-vivre élémentaire, faciles à observer mais impératives Partagez également votre attention et vos entre vos voisins (es) de droite et de gauche, et échangez quelques propos avec eux, même si ni l’un ni l’autre ne présentent à vos yeux le moindre intérêt. Ne vous focalisez pas sur les propos qui s’échangent à l’autre bout de la table, même s’ils vous concernent au premier chef, alors que votre voisin de droite est en plein milieu d’un exposé passionnant sur la paysannerie chypriote au 18ème siècle. Ne faites pas semblant de ne pas entendre les questions timides de votre voisine de gauche, sous prétexte que vous les trouvez… Disons naïves ! Et surtout n’ayez pas en permanence l’air excédé de celui (ou celle) qui à tout vu, tout entendu (et tellement mieux..) et qui s’ennuie à mourir! Si c’est vraiment le cas, il  fallait vous méfier, et ne pas accepter l’invitation !

Enfin, si vous avez, malgré vos précautions commis une gaffe… N’insistez pas, et n’essayez surtout pas de la réparer, (si vos hôtes ne l’ont pas fait avant vous), et détournez la conversation sur un sujet sans danger : le merveilleux plat qui vient d’être servi, ou le vin remarquable qu’on déguste !

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Pour L’attrait de la légèreté

Posté par francesca7 le 22 mars 2016

 

De Voltaire à Guitry, qu’il vente ou qu’il tonne, le Français méprise la pesanteur. Acceptable ou insoutenable désinvolture ?

La légèreté : qualité ou défaut ? Mon dictionnaire évoque une danseuse, une biche, un papillon, la flèche d’une cathédrale, le vin de Champagne… C’est donc une qualité. Ne loue-t-on pas la monte légère du cavalier, le toucher léger du pianiste, la main légère du dessinateur, la phrase légère de l’écrivain ? A-t-on jamais entendu en revanche glorifier la lourdeur d’un style ou l’épaisseur d’un esprit ? Vive la légèreté !

plumes

Hélas, quand le mot s’applique au comportement, ce n’est plus la même chanson. Le Grand Robert propose alors cette définition : « Caractère d’une personne qui manque de consistance, de profondeur dans ses jugements, de constance dans ses opinions, qui agit de manière peu réfléchie, inconsidérée ; (spécialt) caractère d’une personne qui ne prend rien au sérieux, tourne toute chose en plaisanterie. » Sont proposés comme synonymes : «désinvolture, frivolité, futilité, inconscience, insouciance, enfantillage, imprudence, inconstance, instabilité, irréflexion». A l’appui de cette peu flatteuse appréciation, quelques expressions et citations dénonçant « la légèreté proverbiale des Français ».

Voltaire enfonce le clou : « Il résulte que cette légèreté particulière aux Français a dans tous les temps produit des catastrophes bien funestes […] Des ruisseaux de sang ont coulé en France, parce que la nation est souvent peu réfléchissante et très prompte dans ses jugements. »

Bigre ! Il y a là de quoi couper toute envie de plaider en faveur de la légèreté. Par parenthèse, n’est-il pas paradoxal que Voltaire, qui est quand même un champion dans le genre, se montre aussi sévère pour ses compatriotes ? C’est la paille et la poutre. Je ne parle pas de la merveilleuse vivacité de son style, mais de certains de ses jugements pour le moins “prompts” et peu “réfléchissants”. Par exemple dans Candide, où il réduit le Canada à quelques arpents de neige que la France et l’Angleterre sont bien bêtes de se disputer. «Elles dépensent pour cette belle guerre beaucoup plus que tout le Canada ne vaut », écrit-il. Minimiser l’action de Montcalm, n’était-ce pas faire preuve d’une coupable légèreté ?

Ambivalente comme les deux faces d’une même monnaie

Voltaire a raison sur un point : la légèreté est un trait de caractère spécifiquement français. Henri IV s’en plaignait déjà : « La légèreté des Français est grande. » Louis XIII aussi : « C’est une chose étrange que la légèreté des Français. » Ou encore Louis XVI : « Vous connaissez les Français : comme ils vont vite d’une extrémité à l’autre.»

Heureusement, cette pensée de Joubert contrebalance le manque de confiance de nos souverains dans leur bon peuple : « Les Français naissent légers, mais ils naissent modérés. Ils ont un esprit leste, agréable et peu imposant. Parmi eux, les sages même, dans leurs écrits, semblent être de jeunes hommes. »

Il s’agit à l’évidence des deux côtés de la même monnaie. Sur l’avers, la légèreté est représentée comme un défaut qui fait penser et agir étourdiment. Sur le revers, elle apparaît comme l’une des principales composantes de l’élégance.

Je prie le lecteur d’excuser le tour personnel de l’anecdote qui va suivre. Un jour, vers 12 ans, je demandai à ma mère de me raconter son souvenir le plus marquant de l’Occupation. Elle fit mine de réfléchir. Les drames n’avaient pas manqué. Mon père prisonnier de guerre… Mes oncles et tantes déportés… Mes parents obligés, après l’évasion de mon père, de se mettre au vert pour échapper à la chasse aux juifs… Enfin ma mère se prononça : « La crème. » Sa réponse étant trop elliptique pour moi, elle précisa : « À Châteauvieux [c’est le nom du hameau où mes parents s’étaient cachés], je me suis gavée de crème fraîche à en être malade. »

Je me souviens avoir été choqué par sa boutade et son clin d’œil amusé. Si elle avait pu échapper aux privations grâce aux fermiers du voisinage et se bourrer de crème pendant que les malheureux citadins étaient affamés par le rationnement, il n’y avait pas de quoi se vanter. Je suis maintenant moins prompt à la condamner. J’ai compris avec le temps que ce que je prenais pour cynisme et frivolité n’était que pudeur. Sachant qu’elle avait moins souffert que d’autres, elle ne voulait pas se poser comme victime, préférait ne pas mentionner son angoisse durant la captivité de mon père et la déportation des siens, et présentait délibérément les choses sous un jour humoristique. Pauvre mère, je ne te savais pas adepte de la litote. Je te demande pardon de t’avoir prise pour une égoïste et une écervelée, et de n’avoir pas deviné que prendre les choses à la légère était pour toi la suprême sagesse. Que tu pensais comme La Bruyère qu’il faut « rire avant que d’être heureux, de peur de mourir sans avoir ri ». Combien de fois pourtant t’ai-je entendu chantonner la profession de foi de Sacha Guitry : « Amusez-vous,/ Foutez-vous d’tout,/ La vie autrement est si tri-i-ste »…

Des années plus tard, entendant une dame de ma connaissance raconter sa guerre avec des trémolos dans la voix, je ne pus m’empêcher de rire sous cape en comparant sa gravité à la futilité affectée par ma mère. Pas plus résistante que juive, cette dame avait traversé les années noires dans un palace où elle n’avait, et c’est tant mieux pour elle, jamais manqué de rien. Son plus grand acte de courage fut de lamper des grands crus au péril de sa vie. Le bruit courait en effet que la Résistance avait empoisonné les vins fins entreposés dans les caves de l’hôtel pour envoyer ad patres les officiers allemands qui s’y gobergeaient. Songeant aux risques qu’elle avait courus en y prenant malgré tout ses repas, elle pâlissait rétrospectivement. Elle en était toute frissonnante. On lui aurait proposé une médaille, elle ne l’eût pas jugée imméritée.

Dans la préface de Jacques et son maître, la pièce qu’il a tirée de Jacques le fataliste, de Diderot, Milan Kundera raconte qu’à la fin du Printemps de Prague, lorsque les tankistes soviétiques vinrent remettre la Tchécoslovaquie sur le bon chemin, la légèreté des écrivains français des Lumières, en particulier Diderot, lui apparut comme un refuge. Un recours. Le seul antidote efficace contre les soldats russes, lourdauds inébranlables, convaincus d’agir pour le bien du petit frère tchèque.

Souvenez-vous encore de cette interview de Céline, après-guerre ; on lui demande ce que sera sa dernière pensée avant le grand voyage au bout de la nuit et il répond : « Qu’ils étaient lourds… » C’est de ses frères humains qu’il parle. Mais lui, par quel miracle échappe-t-il aux lois de la pesanteur ? Parce que, sa mère ayant tenu commerce de dentelles, il est le seul homme de France à distinguer le point d’Argentan du point d’Alençon. Ce qui lui a permis d’alléger son style, alors que la plupart de ses collègues romanciers ne faisaient pas dans la dentelle.

Cette réputation de légèreté que les artistes français se sont faite au fil des siècles, est-elle légitime aujourd’hui ? Avons-nous encore le droit de revendiquer l’héritage de Couperin, Marivaux, Voltaire, Diderot, Beaumarchais, Musset, Verlaine, Monet, Renoir, Fauré, Satie, Debussy, Poulenc, Jules Renard, Guitry, Cocteau et j’en passe ? À la postérité d’en décider. Pour moi, si j’en juge d’après le domaine que je connais le mieux, le théâtre, et si je compare nos productions à celles de l’étranger, il me semble qu’à la fin des fins nous sommes fidèles à nous-mêmes. Qu’on la siffle ou qu’on l’acclame, la légèreté française n’est pas qu’une idée toute faite. Personnellement, la pesanteur et la grâce demeurant antinomiques, j’y applaudis sans réserve. 

Réflexion de Jacques Nerson sur le site http://www.valeursactuelles.com/culture

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QUELQUES ALIMENTS DIFFICILES SUR NOS TABLES

Posté par francesca7 le 22 mars 2016

Oeufs coque

Oeufs

Les oeufs à la coque font partie intégrante du brunch.
Si vous disposez d’une cuisine « américaine » ouverte sur le séjour où vous recevez, chacun fera cuire le sien.

Pensez au minuteur (ou au sablier), à l’écumoire pour les sortir de l’eau bouillante, et aux petits » chapeaux de coquetiers  » qui évitent un refroidissement rapide. Si c’est vous qui êtes au fourneau, informez vous du degré de cuisson désiré (liquide, moyen ou demi-solide). Présentez les dans un plat recouvert  d’une  serviette molletonnée pour les tenir au chaud. A table, prévoyez  couteaux à tartiner, petites cuillères, et éventuellement un tranche-coquille, avec sel, poivre, beurre et du pain coupé en « mouillettes ».

Invité (e) à un brunch, on vous servira certainement des oeufs à la coque. Pour les entamer, vous diposerez peut être d’un  tranche-coquille  destiné à cet usage (il en existe plusieurs modèles différents très pratiques). Si ce n’est pas le cas, sachez que le « bon usage » (on se demande bien pourquoi !) proscrit l’usage du couteau pour  décapiter l’oeuf. Il faut tapoter, briser et écaler le haut de la  coquille avec sa petite cuillère.
En revanche, pour le déguster, vous êtres libre d’utiliser  votre petite cuillère ou des  » mouillettes » de pain, beurrées ou non.

Une fois fini, on brise délicatement la coquille dans le coquetier.

Os

Si vous servez de la volaille ou ( plus rare…) du lapin, il vous appartient de donner le signal autorisant les convives à  ronger les savoureux petits os ( et seulement dans un repas familial, ou « copains »).
Une exception : le barbecue estival, où il n’est pas question  de savourer épigrammes d’agneau ou travers de porc, autrement qu’avec les doigts…Prévoyez des grandes serviettes.

Et si l’un de vos convives repose sur son assiette un petit os absorbé involontairement, soyez aveugles, et ne le faites surtout pas remarquer, même pour le déplorer et vous en excuser !

Si frustrant que ce soit, il faut se résigner à  déguster les viandes à os (volailles, lapin)  avec couteau et fourchette.
Et si la maîtresse de maison donne discrètement le signal  qu’on peut y porter la main, on ne joue pas au grand fauve de la savane en s’acharnant pour le nettoyer complètement.
Il peut arriver  qu’involontairement on se retrouve avec un petit os  en bouche. On le recrache le plus discrètement possible dans le creux de la main, et on le dépose sur le bord de son assiette.

pain

Pain

Le pain  se présente coupé (au dernier moment pour ne pas qu’il sèche) protégé par une serviette ou un napperon dans une jolie corbeille  assortie à l’ensemble du couvert, et régulièrement regarnie si nécessaire. Offrez en plusieurs variétés (Baguette, Campagne…).
Avec un beau plateau de fromage, par exemple, vous pourrez jouer à fond la fantaisie des pains aromatisés, au sésame, au cumin,au pavot, aux herbes, aux olives, aux raisins secs…

Pour un repas de fête, ou simplement un peu raffiné, les petits pains individuels sont très décoratifs. Ils sont déposés sur une petite assiette, à gauche du couvert, à moins qu’on ne les trouve en dépliant sa serviette.

Dans tous les cas, pains en corbeille, ou individuels, la petite assiette à pain vous épargnera une table recouverte de miettes et limitera l’usage en fin de repas de l’indispensable ramasse-miettes.

Le petit pain rond et doré semble vous narguer  alors que vous attendez avec impatience que le repas commence. Pourtant il faut résister à la tentation, et s’abstenir de grignoter tant que tout le monde n’est pas assis et servi… Vous n’êtes pas au restaurant !

Le pain ne se coupe pas au couteau. On ne mord pas dans son morceau. Il se rompt en petites bouchées en essayant de faire le moins possible de miettes. On ne « joue » pas avec… et si vous vous sentez nerveux (se) essayez  de vous calmer autrement qu’en faisant des boulettes…

Enfin même s’il est de grande qualité et que vous êtes très amateur, essayez de  ne pas en dévorer de trop grandes quantités, cela tendrait à faire croire que le repas est insuffisant ou médiocre… Pas très flatteur pour ceux qui vous reçoivent !

Pamplemousse

On les sert soit en hors-d’oeuvre soit  au buffet d’un brunch, en coupelle, coupés en deux comme de petits melons. Dans les deux cas, il faut disposer d’un couteau spécial (le couteau à pamplemousse) à lame courbe finement dentelée, pour séparer les quartiers  de la peau. On en mettra un ou plusieurs à disposition au brunch pour que chacun puisse préparer son pamplemousse  avant de le déguster.
En hors-d’oeuvre, en début de repas, ils seront servis tout prêts, On les  décore souvent d’une petite cerise confite bien rouge…Et on n’oublie pas le sucre en poudre.

En hors-d’oeuvre, vous n’aurez rien à faire, simplement à les déguster à la petite cuillère, en les saupoudrant de sucre le cas échéant.

En revanche, s’il s’agit d’un brunch, vous devrez peut être le préparer. A l’aide du couteau courbe spécial, on dégage complètement la pulpe de la peau extérieure, puis chaque quartier des petites peaux blanches intérieures… Attention aux éclaboussures si le fruit est très juteux.

assiette-poissons

Poisson

Dans les « grands dîners », on le présente reconstitué après découpe.
Dans un repas « normal », en revanche, on peut parfaitement servir  une sole, une daurade ou un turbot  entiers, et les découper à table. La lame large du couteau à poisson facilite la séparation des filets en partant de l’arête dorsale. Après avoir terminé un côté, on retourne le poisson pour faire l’autre côté.
Ensuite, on laisse chacun « nettoyer » sa part dans son assiette en utilisant son couvert (normal ou à poisson).

Le couvert à poisson s’utilise comme un couvert ordinaire, le couteau dans la main droite et la fourchette dans la gauche. On dégage la peau, et on écarte les arêtes qu’on pousse dans un coin de son assiette.

Si par malchance vous vous retrouvez avec des arêtes dans la bouche, recrachez les discrètement dans le creux de la main, et posez les tout aussi discrètement sur le bord votre assiette.

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