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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

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Un vrai jardin sur son balcon

Posté par francesca7 le 27 février 2016

 

 

Babelon indique que « Le mot balcon, issu de l’allemand balk, poutre, dont les Italiens firent balcone, balco (planche, estrade) est employé en 1623 par le Mercure français pour désigner une sorte de fenestre qui s’advance au dehors en forme de saillie.« .

Le mot balcon semble donc apparaitre en France au début du XVIIe siècle. Les informations que l’on peut tirer des traités du XVIIe siècle sont très limitées, et nous n’avons pas trouvé pas d’information technique particulière dans la littérature avant le XVIIIe siècle.

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Ainsi, en 1624, Savot ne fait tout simplement pas référence aux balcons dans son livre L’architecture françoise des bastimens particuliers (1624). Cette absence sera relevée par François Blondel dans la réédition de 1673, qui indiquera que l’usage des balcons est répandu en Italie et en Espagne, et qu’ils connaissent également un certain succès en France. Félibien fait lui aussi référence à l’Italie lorsqu’il présente en 1676 les balcons dans son dictionnaire.

 

Les premiers balcons en encorbellement construits à Paris datent du milieu du XVIIe siècle. Les informations concernant la structure des balcons antérieurs au XIXe siècle sont relativement peu nombreuses. En effet, la plupart du temps les études concernant les balcons s’intéressent aux gardes corps en ferronnerie des balcons, souvent au détour d’études plus vastes sur l’histoire de l’architecture (e.g. Babelon 1974 et 1975 ), et parfois spécifiquement (Gérard 1999 ). De manière générale, le caractère décoratif des balcons éclipse les aspects structuraux de ces derniers.

Nous commencerons cet article en présentant l’apparition des balcons au XVIIe siècle en France. Nous verrons ensuite la typologie des balcons du point de vue structurel, en présentant les différentes formes qui composent le balcon, et leur influence sur la stabilité de ce dernier.

Nous considérons dans cet article les balcons en encorbellement principalement. Nous verrons cependant également les balcons à consoles en fer forgé dans la première partie concernant l’apparition des balcons en France. Les balcons avec consoles en fer forgé sont en effet des constructions en surplomb, mais ils ne correspondent pas à des structures en encorbellement.

 

Les balcons sont un bel exemple de structure où la stabilité conditionne la forme de l’élément architectural. Devenus un motif incontournable des immeubles haussmanniens à Paris, leur morphologie a évolué avec les règlements successifs qui ont régulé leurs saillies et leurs modes constructifs. Une recherche plus poussée pourrait peut-être montrer que ces règlements ont eut indirectement un impact notable sur les épaisseurs des dalles des balcons, modifiant ainsi progressivement mais profondément l’aspect des balcons au XIXe siècle.

La plate-forme en construction ancienne se compose de dalles de pierres taillées posées sur les voussoirs d’une voûte, ou bien en entablement sur une corniche (avec des corbeaux), un cul-de-lampe, ou bien sur des poutres en bois ou des profils en fer (en ajout ultérieur à la construction initiale possible) sortant en porte-à-faux du mur en continuation de la structure reprise du plancher, elle se compose de dalles ou carreaux céramiques sur un appareillage de briques formant des voûtains.

En construction moderne en béton armé, la plate-forme est faite en encorbellement, son armature se situe dans sa partie face supérieure et se prolonge en accroche par tirants sur la dalle intérieure qu’elle continue (dalle dont la propre armature se situe, elle, dans sa partie face inférieure, côté sous-face).

La plate-forme peut reposer sur des colonnes, des piliers, des consoles, atlantes ou bien être suspendue par des tirants à la charpente du toit. Elle est enclose de balustrades de pierres, d’une rambarde en serrurerie de métal, d’un garde-corps en verre acrylique ou d’une lisse basse en béton.

 

Même en vivant en milieu urbain, pas question de se priver d’un jardinet ! Avec un peu d’imagination et quelques astuces, votre balcon deviendra un espace qui saura parfaitement s’adapter à votre désir de nature…

Une visite à la jardinerie s’impose pour chiffrer votre projet en ayant soin d’avoir tous les éléments nécessaires (superficie, disposition au Nord ou au Sud, règlement de copropriété). Pensez également au système d’arrosage.

balcon fleuri

Les balcons fleuris

Il n’est pas rare que soient organisés, y compris dans les offices HLM, des concours de balcons fleuris. C’est dire les possibilités offertes en la matière. Pour un encombrement minimum, les plantes vertes grimpantes restent les plus prisées. Mais vous pouvez aussi opter pour des arbustes en pot, selon la place disponible. Si votre balcon est peu ensoleillé, ce n’est pas bien grave : le lierre, la fougère, les bégonias, les myosotis n’en souffrent pas. Avec un peu plus de lumière, le laurier rose, le lilas, la bruyère, les magnolias, sont mieux adaptés. Fleurissez tout au long de l’année : l’été, songez à l’œillet ou à la campanule et sachez que l’automne convient aux anémones, l’hiver aux primevères. D’une manière générale, les spécialistes préfèrent les pots en terre cuite et boudent ceux en plastique. Tout simplement parce qu’ils permettent une meilleure respiration des rhizomes.

Le minipotager

De nombreux citadins choisissent d’aménager un petit potager sur leur balcon. Le plaisir de voir pousser quelques produits de la terre, du printemps jusqu’à la fin de l’été, ravit les grands comme les petits. Les tomates, les poivrons, les salades, les radis, les fraises, les groseilles ont parfaitement leur raison d’être sur un balcon. C’est d’ailleurs l’occasion de faire prendre conscience aux enfants des villes que les fruits et les légumes ne sont pas créés dans les supermarchés ! Pour agrémenter vos plats cuisinés, choisissez des plans de thym, de basilic, de verveine citronnée, de menthe. En fonction de l’endroit dont vous disposez, sélectionnez des jardinières les plus grandes possibles. Achetez un terreau de bonne qualité pour ne pas être déçu au moment de la récolte.

Le balcon d’hiver

Vous avez l’âme d’un paysagiste ? Les plantes vivaces n’ont pas besoin d’être remplacées chaque année et certaines fleurissent tous les hivers. Parmi elles, les hellébores ou roses de Noël sont d’un très bel effet de novembre à avril. Les sauges officinales au feuillage gris pourpré (purpurascens) et le liseron arbustif (convolvulus cneorum) au feuillage argenté participent également à un décor enchanté pour un balcon d’hiver lumineux…

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.-P. BABELON : Histoire de l’architecture au XVIIe siècle. École pratique des hautes études. 4e section, Sciences historiques et philologiques, 107(1): 683-690, 1975. http://www.persee.fr/web/ouvrages/home/prescript/article/ephe_0000-0001_1974_num_1_1_6034  

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Se relier à plus grand que soi

Posté par francesca7 le 27 février 2016


ASTROLOGIE

 

La fable qui dit que l’on a toujours besoin d’un plus petit que soi se justifie tout à fait. Tout autant que le titre de la chanson enfantine d’Henri Dès : « On a toujours besoin d’un grand si on l’est pas ! ». L’être humain, aussi savant soit-il, sait bien qu’il n’est pas le centre de l’Univers et que bien des choses lui échappent. Ainsi est-il mu par une énergie qui le dépasse. Certains l’appellent Dieu, d’autres n’éprouvent pas la nécessité de la nommer mais tous ceux qui ont l’humilité de s’y relier par la prière ou par la méditation témoignent d’une existence plus harmonieuse, donc plus heureuse.

Lorsque tout a été objectivement tenté pour résoudre un problème et que les résultats ne sont pas là, l’Homme s’est de tout temps tourné vers l’ineffable. Levant les yeux au ciel, il a interrogé les étoiles et découvert l’astrologie. Il a rendu un culte au soleil, l’astre de vie, vénéré symboliquement par le Sage ésotériste Omraam Mikhaël Aïvanhov. Il a mis au point des méthodes spirituelles comme le yoga (mot qui signifie lien), échafaudé des systèmes religieux en fonction de son histoire et de sa culture. Rudolf Otto (1869-1937), théologien et universitaire en religion comparée, propose − dans son ouvrage « Le Sacré » − le terme de numineux, repris par le psychologue Carl Gustav Jung, pour qualifier cette sphère au-delà du rationnel, inhérente à l’humanité.

Réceptivité et connexion divine


Il existe chez tout individu la possibilité de se positionner librement dans un état de réceptivité et de lâcher-prise qui a fait écrire à Jean-Jacques Rousseau : Conscience, instinct divin, immortelle et céleste voix ! Guide assuré d’un être ignorant et borné, mais intelligent et libre, juge infaillible du bien et du mal, qui rend l’Homme semblable à Dieu… Tous les enseignements de spiritualité vivante transmettent que le divin existe au plus profond de soi et qu’il ne tient qu’à chacun de sentir qu’il est lié au cosmos tout entier. Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, assurent les alchimistes. Cependant, pour en prendre conscience, il est nécessaire de renoncer à l’ego « tout-puissant » afin de mettre sa confiance en la divinité, quel que soit le nom qu’on lui donne. Effectivement, il s’agit véritablement d’une certitude. Accepter que les évènements qui surviennent, malgré leur apparence déroutante, sont systématiquement évolutifs est le propre de celui qui est connecté à plus grand que soi. La démarche est donc essentiellement positive. Ce plus grand que soi n’est autre que l’Amour infini…

Le bonheur en perspective


Deviens ce que tu es, écrit Nietzsche. Dans cet ordre d’idée, la centration consiste à mettre un terme à ce que les Indiens nomment Maya, l’illusion. Ce que nous sommes ? Rien moins que l’état du Bouddha pour les Bouddhistes, la Pleine Conscience pour les uns, enfants aimés de Dieu pour les croyants, étincelles divines pour d’autres. Chaque tradition véhicule que nous sommes faits pour le bonheur ! Cet objectif change les perspectives et ouvre à un relationnel de qualité. Témoins ces Sages ou apprentis-Sages dont la joie est communicative…

Une dimension secrète

Difficile de comprendre comment fonctionne le lien abstrait qui connecte à une dimension supra-normale. Robert, thérapeute chrétien, reçoit souvent des patients en grandes difficultés. Dans ces cas singuliers où la théorie psychologique ne m’est plus d’un grand secours, je me connecte Là-Haut et je demande de l’aide. C’est alors que les mots sortent de ma bouche comme par enchantement. J’ai vraiment, tel un artiste, la sensation que je suis inspiré par l’Esprit Saint : je ne suis à ce moment-là plus qu’un canal… La méthode du channeling est basée sur cette forme de lâcher-prise. Il y a toujours un sentiment positif inexplicable à se relier à plus grand que soi car il en découle invariablement une transmission à… plus petit que soi. Ici réside véritablement le bonheur du don.

 

Henri Tanei pour Signes et Sens

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE, HUMEUR DES ANCETRES | Pas de Commentaire »

L’argile, une sacrée alliée

Posté par francesca7 le 24 février 2016

 

 L-argile

Les particules d’argile ne sont nullement responsables de la couleur du sol. La couleur rouge, orange, jaune, vert, bleu d’un sol (argileux ou non) est due à l’état du fer dans le sol (Fe3+ dans les trois premiers cas et Fe2+ dans les deux derniers). Lorsque le sol est d’une couleur tendant vers le blanc, c’est que cet élément a été dissous et évacué hors du profil.

Par ailleurs, argile (nom masculin) est le nom d’une couleur d’un gris neutre très pâle tirant sur le blanc. Les racines des plantes, par hydrolyse et en symbiose avec la pédofaune, se nourrissent des roches, et sécrètent pour les dissoudre des acides : les racines, grâce aux sucres issus de leur photosynthèse, fournissent l’énergie nécessaire aux micro-organismes pour qu’ils transforment la roche en éléments absorbables par les racines. Les besoins des plantes en silice, fer et aluminium sont infimes, or ce sont les éléments constitutifs de la croûte terrestre majoritaires (silicium 26 %, aluminium 7 %, fer 4 %). Donc à mesure que les autres éléments sont prélevés et exportés définitivement (recyclage constant) en surface pour nourrir la plante et le sol, ces trois derniers restent et se concentrent jusqu’à saturation – d’autant plus vite que ces éléments sont déjà majoritaires. Ils recristallisent alors en argiles (formation d’un précipité). La formation biologique de l’argile serait maximale dans la zone du sol située entre 5 et 25 cm de profondeur. La production annuelle serait de 0,00001 à 0,002 g par 100 g de matériau parent, ce qui est relativement lent. En considérant qu’un mètre de terre pèse environ 10 000 tonnes à l’hectare, cela correspond à une production annuelle de 3 à 60 kg à l’hectare sur 30 cm de sol.

Les facteurs influençant positivement la formation de l’argile sont une humidité édaphique élevée (drainage modéré), une température élevée, la grande finesse de grain de la roche-mère, sa richesse en bases et sa friabilité. Plus le sol est ancien plus la formation d’argile est rapide, et c’est finalement le type de sol, donc de climat et de communautés biologiques, qui influe le plus sur la quantité d’argile produite.

Utilisation

L’argile est un des plus anciens matériaux utilisés par l’homme. Pétrie avec de l’eau, elle donne une pâte plastique qui peut être facilement moulée ou mise en forme. Après cuisson, elle donne un objet résistant et (si argile de haute température, émaillé ou porcelaine) imperméable. Ces propriétés remarquables sont à l’origine de son utilisation très ancienne pour réaliser des objets en céramique, en porcelaine… Briques et tuiles sont également fabriquées à partir d’un mélange d’argile et d’eau moulé sous pression et cuit à température suffisamment élevée (1 000 à 1 300 °C).

L’argile verte est un moyen extraordinaire que nous offre la nature pour soigner de nombreux maux d’une manière extrêmement efficace.  Elle était déjà connue et utilisée dans l’Antiquité. Gandhi la recommandait. De nos jours, de nombreux peuples proches de la nature l’utilisent encore. Les animaux, eux, ne l’ont jamais oubliée, ils ont toujours pris des bains de boue argileuse pour se guérir de leurs blessures.

Des naturopathes allemands ont contribué à la renaissance de l’argile depuis plus d’un siècle, si bien que son utilisation est à nouveau connue. C’est une terre qui est extraite dans des carrières et que l’on fait sécher au soleil. On peut la trouver en magasins de produits biologiques, diététiques ou en pharmacie pour l’utilisation domestique.


Le rythme trépidant des villes, la pollution et l’agro-alimentaire à la dérive stressent nos organismes et nous font perdre notre énergie. Pour un retour aux sources, l’argile n’est pas une solution comme les autres. C’est un support de bien-être universel, une terre d’équilibre et de vitalité. L’argile protège notre corps, tout en respectant la nature.

Pendant des siècles, de nombreuses civilisations ont profité des qualités de protection et de revitalisation de cette terre pas comme les autres. Égyptiens, Grecs, Romains, Indiens, Chinois…, tous ont bénéficié de ses bienfaits. Nos jardins, nos vignes, nos champs, nos forêts lui doivent eux aussi leur épanouissement car l’argile « nourrit » les végétaux. Les minuscules particules constituant cette terre sont capables d’absorber, en période d’abondance, l’eau, les éléments minéraux et certaines molécules organiques extraites de la pluie, des irrigations, des engrais et des fumures. En cas de sécheresse, les argiles restituent à la plante ce qu’elles ont mis en réserve. Les minéraux argileux sont si petits qu’ils sont invisibles à l’oeil nu et difficiles à distinguer même au microscope. Les argiles sont donc les roches qui ont résisté le plus longtemps à la compréhension de l’Homme. Les secrets de ces matériaux utilisés depuis des millénaires se sont révélés récemment grâce aux techniques de la minéralogie.

Le cycle argileux


Les minéraux argileux se présentent généralement sous forme de feuilles. D’où leur nom de phyllites (du grec phullon : «feuille»). L’écorce terrestre est composée de diverses roches. Quand elles sont mises au jour et soumises aux intempéries, elles s’altèrent : c’est la naissance des argiles. Ces argiles sont ensuite transportées par les fleuves dans les bassins sédimentaires et dans les mers où elles se déposent. Enfouies dans les grands fonds, elles recristallisent en minéraux de profondeur : c’est la fin du cycle. Les argiles représentent l’état superficiel des minéraux de l’écorce terrestre. Une terre gorgée d’actifs qui nous embellissent. Mais l’argile, c’est aussi une précieuse alliée au quotidien.

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Ses emplois sont multiples : masque de beauté, eau d’argile, cataplasmes, bain… À chaque changement de saison, elle permet à l’organisme de s’adapter. Une utilisation en traitement et soin de beauté permet de lutter contre les effets du vieillissement. Sur la chevelure, elle stimule le bulbe pileux. Un masque à l’argile, à préparer soi-même, resserre les pores, lisse l’épiderme et permet d’obtenir un teint frais. Le zinc, le sélénium et le cuivre, principaux actifs naturels de l’argile verte, préservent la peau tout en stimulant les cellules. Pour préserver les propriétés de cet élément si singulier, mieux vaut utiliser des récipients en verre ou en terre et des ustensiles en bois. Le résultat sera encore plus satisfaisant si on ajoute quelques gouttes d’huile d’olive et une cuillère à café de poudre d’urucum (plante d’Amazonie utilisée pour lutter contre les radicaux libres). 

En complément alimentaire (en cure de trois semaines, à renouveler), l’argile aide à éliminer les toxines et affine la silhouette. Prise le matin à jeun dans un demi-verre d’eau avec une cuillère d’urucum, elle lutte contre les méfaits du temps. On peut également délayer une poignée d’argile dans l’eau du bain, ce qui suffit pour profiter de ses vertus revitalisantes et adoucissantes. Autres avantages : en applications locales (jambes lourdes, articulations douloureuses), elle favorise la circulation sanguine et rééquilibre l’organisme. L’argile est réellement une « terre-remède » : totalement naturelle, elle nous aide à mieux vivre au quotidien.  

Il nous est souvent demandé si l’argile peut guérir telle maladie ou tel problème ! On ne connaît pas la totalité des problèmes pour lesquels l’argile agit efficacement. Dans le cas où le problème ne figure pas dans la liste ci-dessus, libre à vous d’essayer en respectant bien les consignes données sur cette page. Il se peut tout à fait qu’il y ait un bon résultat. Mais dans le cas où l’argile n’apporte aucune amélioration dans les 48 heures suivant le début du traitement, c’est que l’argile ne sera pas efficace. Vous pouvez aussi vous documenter davantage en achetant un livre sur l’argile (voir la bibliographie).

Publié dans ARTISANAT FRANCAIS, FLORE FRANCAISE, FONDATEURS - PATRIMOINE | Pas de Commentaire »

Le savon noir, l’atout écolo

Posté par francesca7 le 24 février 2016

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Utilisé depuis des siècles en Afrique du Nord, et notamment au Maroc, le savon noir naturel fait partie de la tradition cosmétique orientale. Présentant la particularité de ne contenir aucun grain, il se fabrique à partir d’un mélange d’huile d’olives noires broyées et macérées dans du sel de potasse en ce qui concerne les soins du corps et plutôt à base d’huile de lin pour le ménage.

Entièrement biodégradable, ses applications sont multiples. Le savon noir sert donc aussi bien à la toilette du corps qu’au nettoyage de la maison, en passant par le jardinage bio et les soins des animaux de compagnie. Rares sont les produits, issus de substances entièrement naturelles, qui peuvent se vanter de posséder une telle polyvalence. Zoom sur un incontestable atout écolo…

Ce que vous devez absolument savoir…

Pour certaines personnes, ce savon paraît « bizarre » car…, il ne mousse pas comme les autres savons. Mais ce n’est pas pour autant, qu’il n’agit pas. Bien au contraire.

Les avantages du Savon Noir de la Compagnie du Bicarbonate

Ce savon noir à l’huile d’olive et de lin est un nettoyant naturel très puissant ! Utilisez-le et vous remplacerez plus d’une dizaines de produits ménagers classiques.

Pour l’entretien ou le ménage écologique de votre maison: Vous pourrez dégraisser votre hotte ou votre four, nettoyer vos vitres sans les rincer, enlever les taches de goudron, même décaper de la peinture à l’huile…. Le savon noir vous aidera faire briller, nourrir et assainir toutes vos surfaces!

Si vous avez un jardin, utilisez-le pour lutter contre les cochenilles, les pucerons et les acariens. C’est un antiseptique et un insecticide redoutable.

Il est aussi utile pour vos animaux - Ce savon est:

• Sans graisse animale,

• Sans sodium laureth sulfate

• Sans colorant ni paraben

• Sans phénoxyéthanol

• Non testé sur les animaux

• Sans phosphates.

 

Pour la peau


Le savon noir est excellent pour les soins d’hygiène corporelle car il nettoie l’épiderme sans l’irriter. Riche en vitamine E, il régénère efficacement la peau. Le fait qu’il soit recouvert d’un film hydrolipidique prépare l’exfoliation des cellules mortes. Généralement, il est conseillé de prendre un bain chaud, puis d’enduire le corps de savon et de rincer avant de frotter avec un gant spécifique, appelé kassa.

Pour la maison


Le savon noir, sous sa forme liquide, lave le linge, détache nappes et serviettes, nettoie les sols et les murs, dégraisse les poêles et les plaques de cuisson. De quoi renoncer à tout détergeant polluant ! Mode d’emploi :


> Lessive : mélangez une cuillère à soupe de savon et une poignée de cristaux de soude dans l’emplacement réservé à la lessive. Ce simple geste remplace avantageusement tout détergent classique et fait réaliser des économies conséquentes.


> Sols et parquets : diluez deux cuillères à café dans un seau d’eau chaude avec, pour résultat, un ménage efficace et sain. Ne craignez surtout pas pour votre parquet : le savon noir nourrit le bois et le protège…


> Cuisine : de par ses propriétés dégraissantes, le savon noir est utilisable sur toutes les surfaces ayant servi à cuisiner, y compris le marbre. Pour ce dernier, la posologie est la suivante : une cuillerée à café de savon noir en pâte dans 3 litres d’eau chaude. Une fois sec, le marbre peut être lustré avec un chiffon de laine.

Pour le jardin


Le savon noir constitue aussi une formidable alternative aux insecticides. Ses propriétés répulsives en font un traitement naturel pour lutter contre les insectes comme les pucerons, les araignées rouges, les cochenilles et autres parasites. Le principe revient à pulvériser du savon noir à froid sur les feuilles, après dilution dans de l’eau chaude dans une proportion de 30 grammes par litre.

Pour les animaux


Un autre avantage du savon noir : le toilettage de nos petits compagnons canidés. Un peu du précieux liquide dans le creux de la main ou dans l’eau du bain suffit pour shampooiner votre chien sans abîmer son poil…

Retrouvez les savons noirs Marius Fabre, du bicarbonate alimentaire et  d’autres produits écologique sur la boutique   Compagnie du Bicarbonate

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Le coton pour bien bouger

Posté par francesca7 le 22 février 2016

 

Le coton dont le nom vient de l’arabe qutuun est une fibre végétale qui entoure les graines des cotonniers « véritables » , un arbuste de la famille des Malvacées. Cette fibre est généralement transformée en fil qui est tissé pour fabriquer des tissus. Le coton est la fibre naturelle la plus produite dans le monde. Depuis le XIXe siècle, il constitue, grâce aux progrès de l’industrialisation et de l’agronomie, la première fibre textile du monde (près de la moitié de la consommation mondiale de fibres textiles).

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Le coton est utilisé pour fabriquer des vêtements légers depuis des millénaires dans les régions au climat tropical. L’on a trouvé des fragments de coton datant d’il y a environ 7 000 ans dans des grottes de la vallée du Tehuacán, au Mexique.

Du coton naturellement coloré datant de plus de 5 000 ans a été découvert sur la côte Nord du Pérou. Le coton est en effet cultivé en Inde depuis plus de 3 000 ans et le Rig-Veda, écrit en 1500 av. J.-C. le mentionne. Mille ans plus tard, le Grec Hérodote mentionne le coton indien : « Là-bas il y a des arbres qui poussent à l’état sauvage, dont le fruit est une laine bien plus belle et douce que celle des moutons. Les Indiens en font des vêtements. »

À la fin du XVIe siècle, le coton, dont le nom vient de l’arabe (al qutun) via le castillan (« el algodón », un cas de métanalyse), s’est répandu dans les régions plus chaudes en Amérique, Afrique et Eurasie. L’artisanat cotonnier en Inde profite ensuite de vogue pour les « indiennes », livrée à l’état brut puis imprimées en Suisse puis en France.

La révolution industrielle britannique a commencé par des inventions qui ont permis une productivité centuplée et la multiplication par 44 du nombre d’ouvriers cotoniers: en 1764, James Hargreaves construit la première machine à filer industrielle à plusieurs fuseaux baptisée « Spinning Jenny ». Quelques années plus tard, Richard Arkwright inventa la machine à peigner et à filer, et c’est finalement Samuel Crompton qui fit la synthèse de ces deux métiers en 1779 en créant le Mule-jenny (mulet) à la productivité environ 40 fois plus élevée que le rouet.

En 1793 en Georgie, l’Américain Eli Whitney invente le Cotton gin, une machine égreneuse qui permet de séparer la graine du coton de sa fibre. En 1801, Jacquard mit au point l’un des premiers métiers à tisser automatiques, le métier Jacquard, fonctionnant avec de grandes cartes perforées qui permettaient la réalisation de motifs variés.

Lorsque l’Angleterre récupère l’Inde en 1858, elle cesse d’importer du coton. Le second débouché du coton indien était essentiellement chinois. Le tissage reprendra sous l’influence du Mahatma Gandhi.

Le coton reste la fibre textile la plus largement utilisée dans le monde malgré l’apparition des fibres synthétiques

Depuis la plus haute antiquité et dans toutes les contrées du globe, la fibre de coton est associée au confort. Elle aide le corps à respirer, régule sa température et possède des propriétés absorbantes. Excellent isolant, les tenues généralement portées par les sportifs sont souvent recouvertes d’une couche de coton les rendant chaudes et agréables. Seul bémol à la clé, son immense succès a eu, au fil du temps, des effets pervers puisque la culture du coton industriel est devenue une des plus polluantes de la planète. Heureusement, la mouvance bio est en train de remettre les choses à leur juste place pour que le consommateur puisse toujours bénéficier des incomparables avantages de ce tissu…

Privilégier le coton bio si l’on est actif en multiplie les bienfaits. L’absence de produits chimiques le rend plus doux sur la peau et entièrement anallergique. Cet atout entraîne une protection totale contre les dermatites, dues aux allergènes véhiculés par les frottements sur l’enveloppe cutanée d’un tissu synthétique ou coloré.

Le must du coton bio


À l’inverse de la culture traditionnelle, les producteurs de coton bio utilisent essentiellement des composts naturels et consomment moins d’eau. Les labels garantissent aussi que la fibre ne soit pas blanchie au chlore. S’il est teinté, les colorants ne doivent pas contenir de métaux lourds. Le coton ainsi obtenu est plus souple. Bien qu’un peu plus élevé que la fibre non biologique, le prix d’un vêtement réalisé avec ce coton entièrement naturel reste abordable pour toutes les bourses. Boutiques spécialisées, Centres commerciaux, sites Internet : de nombreux espaces d’achats sont aujourd’hui accessibles pour profiter du must en la matière…

COTON

Le vêtement en coton sous toutes ses formes

Le coton se décline sous de multiples formes pour tous les moments de la vie, été comme hiver. Petit tour d’horizon :


> Les sous-vêtements :
que ce soit pour les femmes et les enfants ou les hommes, s’il est un secteur de la lingerie où le coton doit s’imposer, c’est bien celui-ci. Le coton, explique le Docteur Fabien Guibal, dermatologue, comme il est plus aéré que les synthétiques, permet d’avoir un flux d’air plus important, donc moins de température au contact de peau et moins de transpiration…


> Les vêtements de nuit :
économie, confort et douceur naturelle, tels sont les critères qui font que pyjamas et chemises de nuit en coton restent toujours indémodables. Ce n’est donc pas un hasard si cette fibre est utilisée en priorité pour leur confection.


> Les chemises :
un tissu de mauvaise qualité, lorsque pour des raisons professionnelles il y a obligation de porter une chemise pendant plusieurs heures, est source de mal-être comme − par exemple − se tortiller en pleine réunion à cause d’un vêtement en polyester qui gratte, sans compter les disgracieuses auréoles dues à la transpiration… Une chemise 100 % coton biologique résout ces problèmes. D’autant qu’il existe des tissages différents, plus ou moins épais. Ainsi, par temps chaud, on optera pour le fil à fil, la Popeline, le Zéphyr, voire le voile. Pour la saison fraîche et l’hiver, on choisira le tissage Chevron, Oxford ou Twill.

  • Il existait déjà des vêtements de coton produits selon les règles du commerce équitable, et distribués en France (notamment dans le réseau Artisans du Monde). Dans ce cas, c’est la transformation du coton et son importation qui répondent aux critères du commerce équitable : la filature du coton et la confection des vêtements sont faites par des petits producteurs engagés dans une démarche à long terme avec des organisations de commerce équitable du Nord ; l’importation des vêtements est faite par une centrale d’importation de commerce équitable. La production du coton lui-même échappe largement aux critères du commerce équitable.
  • La certification de Max Havelaar concerne lui la production du coton, pas des vêtements. C’est donc le premier stade de la filière qui est labellisé. Les stades suivants de la filière ne sont pas soumis aux mêmes critères : les acteurs du reste de la filière (filature, tissage, confection, importation) textile sont « agréés » par Max Havelaar. Cet agrément, contrôlé par des déclarations trimestrielles et des audits physiques ponctuels pour assurer la traçabilité, engage le fournisseur à respecter les normes de l’OIT. Les distributeurs de ces vêtements en coton équitable sont les super et hyper marchés, les boutiques et la vente par correspondance ; soit : Armor Lux, Célio, Cora, Eider, Hacot et Colombier, Hydra, Kindy, La Redoute. Ils ont un simple contrat de licence avec Max Havelaar. Ils gardent le même système de distribution que pour leurs autres produits non certifiés.

Cette certification de Max Havelaar a fait l’objet d’une controverse dans le milieu du commerce équitable, car il s’est accompagné d’un accord avec la société française Dagris, accusée par ses détracteurs d’encourager la culture de coton transgénique en Afrique de l’Ouest (où le coton GM est actuellement peu présent). L’usage d’OGM est en contradiction avec les principes du commerce équitable, à cause de la dépendance économique qu’il entraîne pour les petits producteurs. Cela dit, Dagris, Max Havelaar et les groupements des producteurs ont décidé, conjointement, d’exclure toutes variétés d’OGM des productions bénéficiant du label « coton équitable ».

Indépendamment de cela, certaines sociétés de mode récentes (telles qu’Ideo, Biocoton , Veja,Seyes, JRH,…) développent actuellement des filières où les critères sociaux et environnementaux (coton cultivé suivant les normes de l’agriculture biologique) concernent à la fois la production du coton et les différentes étapes de sa transformation.
Le fabricant Switcher, quant à lui, diffuse depuis 1981 des vêtements en coton équitable et éthiques à toutes les étapes de leur fabrication. Il a été suivi en 2014, entre autres, par ArteCita ECO Fashion qui ne propose que des vêtements (t-shirts, sweat-shirts, chemises) ou tote-bags exclusivement en coton organique ayant reçus les certifications GOTS, FAIRWEAR et/ou eoblend.

Depuis le 16 janvier une grande campagne nationale a été lancée. Dans 10 villes de France et avec une trentaine d’ambassadeurs, Max Havelaar France incite les citoyens à couper leur étiquette. « coupez votre étiquette ». Le but étant de changer d’étiquette, et de prouver aux grandes marques de prêt à porter que les consommateurs veulent du coton équitable.

À Paris Place Royale ce sont près de 850 étiquettes qui ont été collectées.

À Strasbourg Place Kléber le samedi 27 février a eu lieu une grande mobilisation, réunissant près de 500 signatures et autant d’étiquettes

COTONIER

Sports bien-être et coton

Le coton biologique s’avère bien évidemment particulièrement indiqué pour toute activité physique ayant pour objectif le bien-être et la détente. Les pratiques de fitness, de gymnastique douce, de yoga, permettent de mieux respirer, de chasser le stress et de se relaxer. Pour véritablement parvenir à cet état bénéfique, il est essentiel de porter des vêtements légers de manière à les oublier pour se concentrer sur les postures et les mouvements du corps. Par ailleurs, les adeptes de ces disciplines deviennent naturellement sensibles à la notion de limite corporelle mais aussi au respect d’autrui et de l’environnement. Raison de plus pour que les fabricants spécialisés privilégient la culture biologique pour confectionner leurs produits en les rendant accessibles au niveau du prix. Ainsi, un débardeur garanti 2 ans coûte moins de 6 euros, un short 8 euros et un pantalon gym douce/yoga 12 euros…

Le coton fait partie des plantes utilisées en médecine traditionnelle au Vietnam. Une étude américaine a conclu que le coton pourrait contenir une molécule d’intérêt pour le traitement de l’ostéoporose (maladie qui affecte près de 6 millions de femmes et 2 millions d’hommes rien qu’aux États-Unis). En effet, la solidité de l’os résulte d’un équilibre subtil entre deux types de cellules osseuses  : les ostéoblastes, qui s’accumulent dans les os, et les ostéoclastes, qui les fragilisent. Une molécule du coton bloque la dégradation de l’os par les ostéoclastes in vitro jusqu’à 97 % des cellules osseuses en cultures de laboratoire, apparemment sans effets nocifs sur d’autres cellules.

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Secteur BIO en France

Posté par francesca7 le 22 février 2016

 

Le secteur bio se développe de plus en plus et fleurit, à juste titre et à bon escient, dans des magazines spécialisés, des salons bien-être, des revues enclines à la nécessité d’une vie saine dans un monde où la pollution bat son plein. La bio constitue une éthique qui prend en compte le respect de soi et d’autrui, donc de la nature et de l’environnement. Heureux sont ceux qui participent à ce plan de protection. Signes & sens magazine s’y applique de son côté. La bio permet de vivre ainsi autrement, de se désintoxiquer, de se débarrasser d’ondes négatives, d’alléger son existence.  

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Les céréales complètes
nous veulent du bien

Blé, avoine, riz, seigle… Les céréales sont utilisées dans l’alimentation des hommes depuis des milliers d’années. Mais si nous les consommions entières jusque dans les années 1800, les progrès de l’industrie, permettant de décortiquer les grains, ont révolutionné notre mode alimentaire. Avec d’un coté, le son et le germe, et de l’autre, l’endosperme. Résultat, en ne gardant que le corps des graines, nous avons obtenu des produits plus digestes, plus souples, qui se conservent plus longtemps et cuisent plus vite. Un progrès que l’on paie peut-être au prix fort, car en chemin, les céréales ont perdu leur enveloppe, si riche en fibres, et leur germe, qui renfermait la plupart des nutriments.

Une coloration un peu brune de votre pain de mie ou une formule type « riche en fibres » ou « multi-céréales » sur un emballage ne suffisent pas à prouver que le produit que vous avez entre les mains est fabriqué à base de céréales complètes. Pour en avoir le cœur net, il est donc nécessaire de lire les étiquettes de plus près. L’adjectif « complet » (« céréales complètes », « graines complètes », ou « 100 % blé complet ») doit figurer sur l’emballage. Pour les farines, il faut se fier au chiffre qui arrive derrière la lettre T. Plus le chiffre est grand, plus la farine est complète (de T80 pour la semi-complète à T150 pour l’intégrale).

Riches en fibres et en nutriments

Le son, c’est à dire l’enveloppe externe de la graine céréalière, est très riche en fibres, dont les bienfaits pour le cœur et l’appareil intestinal sont depuis longtemps reconnus. Mais les fibres ne sont pas les seuls atouts des céréales complètes, car le germe lui, est riche en vitamines (B et E). Consommées en intégralité, elles nous apportent aussi des minéraux (fer, magnésium, zinc, potassium, sélénium) et des acides gras essentiels.

Les céréales complètes contiennent encore toutes leurs parties comestibles : le son, l’endosperme et le germe. Grâce à leurs fibres et leur forte teneur en protéines, vitamines, minéraux et antioxydants, elles contribuent non seulement à une alimentation saine et équilibrée mais nous protègent aussi, à titre préventif, de beaucoup d’affections chroniques.

Selon les spécialistes, il serait bon pour la santé de consommer au moins 28 grammes de céréales complètes quotidiennement. Selon les scientifiques de la Harvard School of Public Health ayant mené une étude sur quatre années auprès de plus de 100 000 personnes, cette quantité ingérée diminuerait de 5 % le risque de mortalité précoce et de 9 % celui des maladies cardiovasculaires, sans compter la diminution conséquente du diabète de type 2. De quoi faire réfléchir effectivement !

 

Starchy-foods.

 

 

Une composition nutritive équilibrée
Les hydrates de carbones (glucides), issus des céréales complètes, sont de loin les plus importants : de 55 à 75 %. Ils fournissent une énergie soutenue grâce à la transformation de l’amidon en glucose, ce qui n’est pas le cas du sucre blanc dont l’apport est rapide mais discontinu, créant des dysfonctionnements au niveau du cœur et des artères. En outre, la présence de vitamine B dans les glucides céréaliers en favorise l’assimilation. De fait, le danger du surpoids est écarté. Par ailleurs, les nutritionnistes privilégient ce type de sucre, prévenant que le raffinage industriel des hydrates de carbones prive le corps de ses réserves en calcium, ce qui cause notamment des caries dentaires et une déminéralisation dommageable de l’ossature. Viennent ensuite les protéines végétales (de 7 à 15 %), véritables matériaux de construction de l’organisme. Toutes les céréales comprenant les acides aminés essentiels, le blé et l’épeautre, sont toutefois les aliments les plus riches en protéines, suivis de l’avoine, de l’orge et du millet. Quant aux matières grasses (lipides), réserves énergétiques, elles sont contenues presqu’essentiellement dans les germes, à hauteur de 0,5 à 7 %. Elles restent malheureusement absentes dans les céréales raffinées, privant le consommateur de son huile à forte teneur en vitamine E et en phosphates naturels. Les sels minéraux (de 1 à 4 %) fournissent le magnésium, le silicium, le manganèse et le cuivre, eux aussi éliminés par le raffinage.

Une véritable manne
On aura compris que les céréales complètes bio, cultivées sans engrais chimiques ni pesticides, constituent une véritable manne pour notre époque. Pour lutter contre la malbouffe qui encrasse les fonctions vitales, rien de tel que de vraies céréales pour accompagner légumineuses et fruits. Certains y voient même une solution à la malnutrition de la planète. Plutôt que de mobiliser une gigantesque superficie de sols pour produire des végétaux destinés à des animaux voués aux abattoirs industriels et compte tenu que notre consommation occidentale en viande dépasse la dose nécessaire, cultiver des céréales complètes permettrait de nourrir cinq fois plus d’êtres humains à l’échelle planétaire.

 Bonnes pour la santé

« Il n’y a aucune contre indication avec les céréales complètes, souligne William Grosselin, sauf cas rare ou allergie. Au contraire, le complet lutte contre le cholestérol et convient très bien aux diabétiques, car il y a moins de pic d’insuline avec une farine complète qu’une farine blanche. Elle est aussi bénéfique dans la maladie de Crohn par exemple. Avec son indice glycémique moins important que le blanc, le complet à tout bon. » En outre, de nombreuses études ont démontré les bienfaits du complet dans la prévention des accidents cardio-vasculaires (20 à 30 % de risque en moins), des cancers gastro-intestinaux (diminution de 20 à 40 % du risque) ou encore, dans la lutte contre l’obésité (les céréales complètes permettraient d’atteindre et de conserver plus aisément un poids corporel équilibré).

La bonne dose, au bon rythme

Néanmoins, la plupart des experts sont unanimes : pour profiter pleinement des effets positifs des céréales complètes sur notre organisme, il faudrait en consommer trois portions par jour. Ce qui devient le cas lorsque l’on passe au tout complet : des céréales du petit-déjeuner aux biscuits du goûter en passant par la garniture et l’accompagnement de nos plats. Tentés ? N’y allez pas trop vite tout de même ! L’organisme a besoin d’un peu de temps pour s’habituer à leur plus riche teneur en fibres. Si vous souhaitez vous y mettre, vous pouvez par exemple suivre le conseil de notre nutritionniste : « Augmentez progressivement votre consommation, et pourquoi pas, commencez doucement avec le semi-complet. »

Georges Ohsawa (1893-1966), enseignant et auteur de « La philosophie d’Extrême Orient », écrit d’ailleurs : La céréale complète est le seul aliment capable de procurer à l’Homme la santé mentale et physique, la longévité, la liberté, la sagesse, et par conséquent le bonheur…

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Peindre avec Maurice Utrillo

Posté par francesca7 le 20 février 2016

Ce peintre français (1883-1955)   est le fils de Marie-Clémentine Valadon, connue sous le nom de Suzanne Valadon. Sa mère est peintre et modèle à Montmartre. Elle élève seule Maurice qui est né de père inconnu (il s’agit en fait de Maurice Boissy, peintre raté, marginal et alcoolique). Pourtant, à l’âge de 8 ans, Miguel Utrillo y Molins lui donne un nom, le sien. Artiste de talent évoluant à Barcelone, cette adoption pourrait être une aubaine pour le jeune garçon. Il n’en est rien : bien que faisant ses études au collège Rollin, il fugue et s’alcoolise.

L’enfance de Maurice se déroule auprès de sa grand-mère, à qui sa mère l’a confié, villa Hochard à Pierrefitte-sur-Seine (actuelle Seine-Saint-Denis). À partir de l’âge de 18 ans, il fait plusieurs séjours à l’asile. Il sombre progressivement dans l’alcool, qui provoque chez lui de nombreux troubles (violence, démence). Ses études en sont affectées. Cependant, ses occupations thérapeutiques contribuent peut-être à révéler son génie. En tout cas, il reçoit les encouragements de sa mère lorsqu’elle pense découvrir en lui du talent.

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Revenu à la ville de son enfance, il y croque ainsi Le Café « le Chat sans queue » ou La Guinguette.

Sa scolarité écourtée, un coup de pouce de l’entourage de sa mère lui permet de devenir employé de banque. Les débuts sont prometteurs mais ses sautes d’humeur font qu’il perd son emploi. Violent, querelleur, il est hospitalisé à Sainte-Anne dans le but de le désintoxiquer.

La psychanalyse en est à ses débuts mais à Paris on parle déjà de la méthode freudienne. Un psychiatre insiste pour que Suzanne Valadon initie son fils à la peinture afin d’exprimer son mal-être sur la toile. Maurice Utrillo accepte et adore recouvrir le support d’une matière d’une rare épaisseur. Le travail du peintre en herbe interpelle notamment Clovis Sagot, marchand réputé. C’est plus qu’un encouragement. Utrillo va mieux, la toile claircit. De 1910 à 1915, il développe ce qu’il appelle sa « période blanche ».

Si Libaude, autre marchand réputé, l’exploite, il lui permet aussi de rencontrer Francis Jourdain et Octave Mirbeau qui parlent à leur tour d’Utrillo comme d’un talent exceptionnel. Sa carrière démarre véritablement : en 1909, le Salon d’automne l’accueille. Malheureusement, il vit pauvrement, traîne dans le Bistrot du Casse-Croûte et boit de plus en plus. Il fait une nouvelle cure de désintoxication qui le tient éloigné des débits de boisson pendant deux mois. À sa sortie d’hospitalisation, Maurice a envie de peindre plus que jamais. Sa mère le conseille et le pinceau sur la toile laisse apparaître maintenant des formes plus structurées. Cependant, son état mental se dégrade et il retourne à l’asile psychiatrique.

En 1919, Utrillo va mieux, au point que la galerie Lepoutre l’expose. C’est un succès. Le moral s’en ressent favorablement, les finances aussi ! Conscients de ses défaillances psychiques et de son génie pictural, certains galeristes en profitent. Le déséquilibre se renforce. Utrillo fait alors une tentative de suicide. Suzanne Valadon cherche à couper son fils de Montmartre et y parvient. Il se marie en 1935 avec Lucie Valore. C’est une bonne chose car son épouse surveille sa santé, ses finances et les marchands ! Entre temps, Maurice Utrillo est devenu un peintre célèbre. Il est décoré de la Légion d’Honneur en 1928 par le ministre Édouard Herriot en personne. En ce qui concerne son style, les avis divergent. Indépendamment de l’œuvre assez impressionnante qu’il a laissée, sa peinture présente une caractéristique de mouvements unique : un tableau d’Utrillo est animé, vivant, invitant le chaland à descendre une ruelle avec lui ou à emprunter une rampe d’escalier.

Sans doute poussé par sa mère, il épouse en 1935, à l’âge de 51 ans, Lucie Valore avec laquelle il s’installe au Vésinet d’abord 27, Route de la Plaine puis en 1936 au 18, route des Bouleaux (villa La Bonne Lucie) jusqu’en 1955, année de la mort du peintre. Celle-ci joue un rôle dans la gestion des finances du couple et surveille Maurice afin d’éviter sa rechute dans l’alcoolisme et le pousser à travailler. Sa mère meurt trois ans plus tard.

Un jour d’été 1945, le frère de son épouse lui présente un jeune peintre débutant, Charles Féola, rencontré alors qu’il peignait place du Tertre à Paris. Il se sent alors l’âme d’un mentor et l’accueille chez lui au Vésinet pendant quelques mois, le temps de mettre à profit pour Féola les conseils techniques de Maurice Utrillo, devenu son ami, et de développer son propre style. Il gardera avec son élève des liens indéfectibles. Il assistera à ses expositions montmartroises et patronnera même quelques-unes de ses expositions à Londres, New York, Rio, Le Caire, Tel-Aviv, Tokyo et en Scandinavie

Pour certains, l’artiste fait montre d’impressionnisme. Utrillo ne s’y opposait d’ailleurs pas, lui qui aimait le travail de Sisley. Mais une de ses singularités éclate dans sa capacité à représenter la noirceur de sa banlieue parisienne. Utrillo est le pinceau lui-même. Sa mélancolie est support (Rue du Mont-Cenis, 1914).

Maurice est malade, il le fait savoir par son travail. Il implicite ici que beaucoup d’autres sont malades, comme lui, ceux qu’il a rencontrés lors de ses nombreux séjours en asile et qui n’ont pas eu la chance d’avoir été initiés par une mère peintre. C’est pour eux qu’il peint, c’est à eux qu’il est relié en permanence. Maurice Utrillo est fou certes mais il offre sa folie à ses compagnons de route. Autodidacte il était et de cela, il n’avait « cure » car Utrillo a avant tout représenté les méandres de l’inconscient quand le nom du père et le Nom-du-Père font défaut. Cette forme de désespoir peut se partager. Il y est parvenu.

 Musées

Utrillo-Belle-GabrielleLe musée Utrillo-Valadon situé à Sannois, ville du Val-d’Oise, présente actuellement trois toiles d’Utrillo ainsi que cinq œuvres de sa mère, Suzanne Valadon, et deux d’André Utter.

La Pinacothèque de Paris a organisé en 2009 une exposition consacrée à Maurice Utrillo et à sa mère Suzanne Valadon.

En 2010, son testamentaire Jean Fabris – qui a rompu avec le musée Utrillo-Valadon de Sannois – inaugure l’espace Utrillo, comprenant une quinzaine de tableaux, 15 000 photographies et de nombreux documents. En 2015, repartant sur de nouvelles bases avec la commune de Sannois, Fabris envoie deux œuvres du musée Utrillo-Valadon rejoindre 80 autres peintures au Japon dans le cadre d’une exposition destinée à faire connaître la mère d’Utrillo; Maurice étant déjà bien-aimé en terre nippone à tel point que des cafés portent son nom.

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Morgeline, l’herbe du roi

Posté par francesca7 le 20 février 2016

 

Le nom latin de la Morgeline vient de « stella » qui signifie « étoile » car les fleurs en ont la forme. Son nom usuel vient de « mordre » et de « geline » en raison du goût qu’a la volaille pour cette plante.

 

Stellaria vient du latin « stella », étoile par allusion à l’aspect de la fleur et « media », de sa taille moyenne. “Morgeline” vient de mordre et de géline, poule car poules et poussins raffolent de la plante et de ses graines, d’ailleurs « mouron » vient du vieux nom de la poule, “moure”. Le mouron était employé pour faire sortir les fers de flèches engagés dans les blessures d’où son nom générique d’anagalis, dérivé du grec « anago », tirer.

Le mouron serait le symbole de la famille et l’herbe des amoureux : il leur est recommandé de porter à même la peau un sachet de graines de mouron des oiseaux pour filer le parfait amour. Bien qu’il ait été couramment consommé par les paysans, on ne trouve pas  mention d’une utilisation médicinale ancienne du mouron. Ce n’est qu’au XIXe siècle que l’on commencera à s’y intéresser pour ses vertus calmantes des voies respiratoires.

 mouron

On utilise la plante ou son suc frais de mai à septembre.
La plante est diurétique : elle a été préconisée dans l’éléphantiasis, les inflammations des reins et de la vessie et même les hémorroïdes.

Elle est expectorante et était utilisée jadis contre les crachements de sang et la tuberculose .
En usage externe, c’était un vulnéraire adoucissant, un peu astringent, détersif, purifiant : on l’employait pour soigner les lupus, les plaies ouvertes, les maladies de peau et les mauvais ulcères.
En homéopathie, la plante est prescrite pour soigner rhumatismes, goutte, hépatite, psoriasis, congestions et névralgies.
C’est une ancienne plante potagère, ses tiges feuillées sont bonnes cuites ou en salade.
Ses graines sont très recherchées par les petits oiseaux. Mais il faut prendre garde de ne pas la confondre avec le « mouron rouge « (ou bleu) qui est une plante de la famille des primevères, toxique pour les oiseaux, les perroquets en particulier ; ce mouron est considéré comme alimentaire au Tibet.

Il est devenu une mauvaise herbe, très commune et envahissante. 

 

C’est une plante annuelle dont les tiges sont rampantes ou redressées, molles et en touffes. Les feuilles sont pétiolées, opposées et à bord lisse. Les fleurs blanches sont petites et s’épanouissent dès le mois de Février et jusqu’en Novembre.

La Morgeline est constituée de sels minéraux (potassium, silicium…).

En phytothérapie, toutes les parties de la plante sont utilisées ainsi que le suc frais. Le séchage doit être effectué à l’abri de la lumière et dans un endroit bien ventilé.

On la trouve en Europe jusqu’à environ 2000 m d’altitude. C’est une plante courante que l’on peut rencontrer un peu partout, dans les jardins, les champs, les chemins… 

Avant le règne de Charles VI, la morgeline, appelée également mouron des oiseaux ou encore stellaire, était volontiers qualifiée de mauvaise herbe que chacun foulait aux pieds sans y prendre garde s’il la rencontrait sur son chemin. Lorsqu’on eut recouru inutilement à toutes les ressources de la médecine… cette Plante à petites fleurs et à feuilles pointues, que l’on nomme autrement alsine (genre de caryophyllées). Morgeline d’été, le mouron des champs. 

Mors, ancien mot signifiant morsure, et geline, poule : la morsure de la geline, plante ainsi nommée parce que les poules l’aiment (ital. mordigallina).

Le saviez-vous ?

La Stellaire intermédiaire est une plante sauvage comestible. Riche en potassium, magnésium, fer et vitamines, elle se consomme crue en salade ou cuite en potages.
Ses graines font le délice des oiseaux, d’où son surnom de Mouron des oiseaux.

La plante est comestible pour l’homme, on peut par exemple en faire une soupe1. Il s’agit aussi de l’une des meilleures salades sauvages : douce, pas amère et renfermant calcium, silice, magnésium, vitamine C. Au Japon, elle fait partie de la traditionnelle salade en début d’année : la salade aux 7 herbes (voir la fête du Nanakusa-no-sekku).

mouron des oiseaux à l’oignon

Ingrédients :
1 kg de mouron
1 gros oignon
4 cuillères à soupe de beurre
sel, poivre

Mettez les feuilles de mouron dans une casserole et recouvrez-les à peine d’eau. Faites-les bouillir 2 ou 3 minutes et égouttez-les bien. Mettez-les dans un plat. Hachez l’oignon cru et mélangez-le au mouron. Salez, poivrez, arrosez de beurre fondu.

Récoltez le mouron avant la floraison. En effet, lors de la floraison, le mouron présente des tiges allongées et bien moins tendres que les feuilles.
Prenez soin de couper le mouron avec des ciseaux : ainsi il ne sera pas encombré de vieilles feuilles et de racines.
Lavez-le rapidement avant d’utiliser de cette herbe jolie et délicieuse.

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LE TABAC ET LES HERBES DE NOS ANCETRES

Posté par francesca7 le 19 février 2016

culture du tabac

Le tabac, lors de son introduction en Europe, en 1518, jouit rapidement d’une vogue médicale extraordinaire : « C’est à bon droit, dit Olivier de Serres, qu’on l’appelle herbe de tous les maux. » Mais on s’aperçut peu à peu que cette panacée, cette herbe sacréeherbe médicéeherbe à la reineherbe à l’ambassadeurherbe au grand prieur, avait une action narcotique puissante et produisait, introduite dans l’estomac à petites doses, des irritations graves, des vomissements douloureux et, à fortes doses, des accidents souvent suivis de mort. Au dix-huitième siècle, le suc de tabac mêlé avec de la poudre de dépouille de serpent, et employé en injection, guérissait les ulcères fistuleux d’une manière admirable.

Au siècle suivant, les maquignons s’en servaient pour masquer momentanément les défauts des chevaux vicieux et les médecins n’en usaient qu’avec la plus grande prudence, en lavements dans certains cas de tétanos, d’apoplexie ou d’asphyxie par submersion ; les ouvriers des manufactures de tabac étaient, paraît-il, préservés des fièvres intermittentes, et les peintres en bâtiments se mettaient quelquefois des compresses de décoction de tabac sur le ventre pour calmer leurs coliques.

L’herbe vulnéraire est l’arnica, tabac des montagnes, fumée par certains paysans ; sa teinture alcoolique jouit encore d’une belle réputation. La consoude (du latin consolido, j’unis) ouherbe à coupure possède des propriétés astringentes dues à l’acide gallique qu’elle contient. Le sirop de grande consoude sert dans certaines hémorragies ; sa racine donne une couleur rouge carmin, et ses feuilles sont mangées en guise d’épinards.

L’achillée, mille feuilles, herbe militaire, herbe aux charpentiers, saigne-nez, dont le nom a été créé en l’honneur d’Achille, élève du centaure Chiron, qui le premier aurait employé celte plante pour guérir les blessures, a conservé sa vieille renommée. Le sedum âcre ou orpin brûlant, herbe aux cors, herbe à coupure, vermiculaire, pain d’oiseau, poivre de muraille, trique-madame, a une grande réputation pour cicatriser les plaies et fut, comme purgatif, la cause de graves accidents. Le séneçon, herbe aux charpentiers, également, qui servait autrefois dans l’épilepsie, le choléra morbus, la gale et l’inflammation des mamelles, n’est maintenant en vogue que chez les petits oiseaux, les chèvres, les lapins, les lièvres et les porcs, qui s’en régalent ainsi que des différentes espèces de plantin, herbe aux blessures, herbe aux cinq coutures, herbe aux puces.

La sauge, herbe aux plaies, herbe sacrée, à l’odeur aromatique agréable, à la saveur piquante, bien déchue aujourd’hui, excepté chez les abeilles au miel parfumé, possédait autrefois la propriété d’attirer crapauds et serpents, jointe à celle de soulager toutes les maladies du cerveau, étant fumée, soir et matin, dans la pipe en guise de tabac. Forestius dit qu’il a connu un artisan qui se délivra d’un grand tremblement par l’usage continuel de la sauge. Les graines de la renouée ou curage, herbe aux panaris, peuvent à la rigueur servir de poivre et les tiges et feuilles fraîches comme rubéfiant. « On a guéri, dit Etmüller, une hémorragie du nez rebelle aux plus forts remèdes, en appliquant sous les aisselles de la malade de la renouée bouillie dans l’eau. »

A la campagne, on fait des cataplasmes avec la lampsane, herbe aux mamelles, pour effacer les gerçures du sein, et la joubarbe, barbe de Jupiter, herbe aux cors, herbe aux hémorroïdes, dont les noms vulgaires indiquent assez l’emploi, est, dans certains endroits, respectée profondément, car elle prévient les maléfices de la sorcellerie ; elle servait comme rafraîchissement dans les maladies aiguës, pilée avec du lait de femme – ou du suc d’écrevisse – et attachée à la plante des pieds.

L’herbe à la pituite (staphysaigre), l’herbe à la rate (scolopendre ou langue de cerf), l’herbe à la gravelle (saxifrage, mignonnette, désespoir du peintre), l’herbe aux verrues, aux chancres(héliotrope), l’herbe aux varices (cirse), l’herbe aux goutteux (égopode ou podagraire), l’herbe aux ladres (véronique) possédaient des vertus aussi nombreuses qu’infaillibles. Les anciens croyaient que les hirondelles guérissaient les yeux de leurs petits avec le suc d’une herbe qu’ils appelèrent chélidoine ; ils s’en servaient pour foutes les maladies des yeux et leurs patients devaient beaucoup souffrir, car le suc nauséabond de la chélidoine ou herbe aux verrues, corrode la peau et la teint en jaune comme l’acide azotique ; une autre herbe aux verrues est l’euphorbe, réveille-matin, que les paysans ont le grand tort de conseiller comme collyre aux personnes qui désirent se réveiller de bonne heure. « Il n’est rien de meilleur que la poudre d’euphorbe, dit un médecin du dix-huitième siècle, pour faire tomber la carie des os, parce qu’elle absorbe et consomme par son sel volatil acre l’acide corrosif cause de la carie. »

La scrofulaire, herbe aux écrouelles, herbe aux hémorroïdes, herbe au siège, dont les différents noms suffisent pour indiquer les propriétés, sert dans quelques pays contre la gale et a été préconisée dans le Nord contre la rage, en tartines sur du pain beurré. La bardane, herbe aux racheux, dont les fleurs sèches s’attachent si bien à nos vêtements, employée contre les maladies de peau, la teigne, etc., servait autrefois, bouillie avec de l’urine, pour dissiper les tumeurs des genoux ; enfin la poudre contenue dans les capsules du lycopode, herbe à la plique, ne sert plus qu’aux pharmaciens pour empêcher les pilules d’adhérer entre elles, aux mamans pour « poudrer » les replis dodus de leurs petits enfants, et pour faire des éclairs dans les orages de théâtres et les feux d’artifice.

Citons encore l’alysse, herbe aux fous et passerage ; la charagne ou herbe à écurer, employée malgré son odeur infecte à écurer la vaisselle à cause de la couche calcaire qui recouvre ses sommités, la circée, herbe aux sorciers, herbe aux magiciennes, herbe enchantée, usitée au moyen âge dans les pratiques de sorcellerie, et arrivons aux herbes diaboliques, telles que : la scabieuse, herbe du diable, lequel, paraît-il, poussait l’astuce jusqu’à la ronger pour la faire périr afin de priver les humains de ses propriétés merveilleuses ; la dangereuse renoncule, bouton-d’or, herbe scélérate, herbe sardonique ; la dentelaire herbe du diable, herbe à cancer, que l’on mâche dans le Midi contre le mal de dents ; la belladone, herbe empoisonnée, au fruit trompeur ressemblant à une cerise, cause de tant d’accidents terribles chez les enfants (son suc entre en Italie dans la composition de certains cosmétiques à l’usage des belles dames (bella dona) et son nom scientifique atropa rappelle celui d’une des trois Parques) ; le datura stramonium, stramoine, herbe des démoniaques, herbe des magiciens, poison des plus violents, produisant à doses élevées vertiges, délires, hallucinations et guérissant les malades hallucinés.

N’écrasons pas les feuilles de la clématite ou herbe aux gueux ; les mendiants s’en servent pour faire venir sur leurs membres des ulcères peu profonds à l’aide desquels ils excitent notre pitié. 
 
tabacVénéneuses, potagères, mauvaises – qui croissent toujours comme chacun sait –, fraîches, tendres, touffues, épaisses, les herbes couvrant prairies et pâturages, et dont nos anciens savaient faire du bouillon et des potages renommés, possédaient également selon eux des propriétés médicinales aujourd’hui oubliées

Que deviendraient les cordons-bleus sans les fines herbes ? Elles sont de première nécessité pour le genre humain : blé, maïs, pomme de terre, patate, riz, haricots, pois, fève, lin, chanvre, coton, garance, indigo, etc., etc. Toutes sont des herbes ; car en botanique, on comprend sous la dénomination de végétaux herbacés tous ceux de consistance tendre, d’aspect verdoyant, qui n’ont pas, comme les arbres, de parties ligneuses. Pour beaucoup de personnes, les graminées seules méritent le nom d’herbes, et c’est vraiment à elles qu’il est le plus convenablement appliqué ; leur nombre est, en Europe, beaucoup plus considérable que celui des arbres et nul n’ignore qu’on ne peut les employer toutes qu’à la Saint-Jean, époque à laquelle on est sûr de ne pas en oublier. Le vulgaire, les campagnards surtout, ont ajouté au plus grand nombre un nom qualificatif rappelant certaines superstitions ou bien les propriétés médicinales particulières à chacune.

Source (D’après « La Tradition », paru en 1896)

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Comtesse née Sophie Rostopchine

Posté par francesca7 le 19 février 2016

 

 
 
« La comtesse de Ségur est le Balzac de la jeunesse. Elle a composé la Comédie enfantine en vingt volumes, qui sont tous des chefs-d’œuvre. Comme Balzac, elle écrit à la lumière de deux flambeaux qui sont la religion et la monarchie », écrivait l’académicien Jean Dutourd en 1994 dans Domaine public. Russe de naissance et Française par son mariage, celle qui devint une figure littéraire de notre pays débuta son œuvre à 55 ans et n’oublia cependant jamais sa contrée natale, sa signature, « Comtesse de Ségur, née Rostopchine », le rappelant en figurant en tête de chacun de ses volumes de la Bibliothèque Rose.

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Sophie Rostopchine, née le 1er août 1799 (le 19 juillet du calendrier julien alors en vigueur en Russie), était la seconde fille de la comtesse Catherine Protassova et du général comte Fiodor Rostopchine, le gouverneur de Moscou et le « héros » de l’incendie de 1812, intrépide soldat, farouche patriote, homme d’esprit, franc jusqu’à l’insolence, écrivain à ses heures, Russe jusqu’à la moelle des os, et qui savait le français comme un Parisien.

Sophie eut pour parrain le tsar Paul Ier (1796-1801), dont son père possédait l’intermittente amitié et dont il fut même le ministres des Affaires étrangères. De sept à douze ans, elle vécut heureuse et libre, dans le beau domaine de Voronovo (près de Moscou), où Rostopchine mit lui-même le feu à l’approche des Français, et, avec un inconscient héroïsme, la petite Sofaletta, comme on l’appelait, continua de manger tranquillement son gâteau, lorsque le comte, en courant, vint faire évacuer le château et annoncer l’arrivée de l’ennemi.

C’est aussi pendant son enfance, mais antérieurement, que s’était abattue sur le ménage Rostopchine une autre crise, qui devait dans la suite avoir sur sa propre vie spirituelle une importance décisive. Catherine Protassova, en 1806, abjura l’orthodoxie pour le catholicisme, et le général Rostopchine ne pardonna tout d’abord qu’à grand-peine cette conversion. Sophie, huit ans plus tard, suivit sa mère dans sa nouvelle religion. Elle devint dès lors une ardente catholique.

L’ardeur, la vivacité des sentiments, ce fut toujours le fond de sa nature. Les lettres que lui adressait, en ces années de jeunesse, sa cousine, la princesse Lise Galitzine, en un français d’une aisance à faire envie, éclairent d’une façon amusante son caractère. « Elle apparaît très franche, trop même, incapable, comme son père, de déguiser ce qu’elle ressent, et comme lui, prompte à la moquerie, un peu capricieuse, pieuse aussi », écrit Paul Acker en 1908 dans la Revue de Paris.

Le 23 octobre 1816, la princesse Galitzine écrit : « Je ne puis concevoir d’où l’on a pris que vous étiez fausse ; autant que j’en puis juger, vous êtes tout le contraire, et la franchise, selon moi, est votre caractéristique ; votre physionomie, vos discours, tout l’annonce. Vous me pardonnerez, j’espère, cette remarque ; j’ai l’air d’une vieille gouvernante qui trouve à redire à tout. Vos lettres sont charmantes, très drôles, mais, entre nous soit dit, elles ne sont guère charitables ; vous ne devriez vraiment pas vous moquer autant des personnes qui viennent chez vous. Que vous importe comment chacun est torché ? Ce n’est pas son habillement qui lui ouvrira les portes du Paradis. »

Et le 29 du même mois : « C’était une réponse à ce que vous disiez de votre fausseté qui procède de la contrainte qu’on est forcé d’avoir. Vous avez tort de vous reprocher cela ; votre contrainte, loin d’être blâmable, vous fait au contraire beaucoup d’honneur : par exemple, si vous vous sentez émue de colère, que vous réprimiez ce courroux et que vous n’en fassiez rien paraître, assurément, c’est très bien. Mon Dieu, où en serait-on si on se laissait aller à ses premiers mouvements ? Je crois que les malheureux mortels auraient des visages tout balafrés à force d’égratignures… Encore une chose ! Vous dites qu’il faut faire une mine agréable à une personne qui vient vous voir, lorsque bien souvent on est furieux de sa venue… c’est un devoir de charité. »

Et le 3 octobre 1817, la princesse donne encore de sages conseils : « Chère Sophie, j’ai reçu avant-hier vos deux lettres de Francfort et d’Ems ; il paraît que vous n’en avez reçu qu’une seule de moi à Francfort ; c’est singulier, vous auriez pu, il me semble, en avoir davantage. J’admire que vous ne vous soyez pas courroucée contre moi de ma paresse, je suis charmée de vous voir d’un caractère aussi accommodant. Apprenez, mon enfant, que votre lettre m’a très fort intéressée, seulement je tremblotte tant soit peu pour vous. Il me semble que vous êtes bien prompte à prendre feu et flamme, tâchez donc de tempérer cette imagination ardente, et de faire un peu la sourde oreille à tout ce que vous entendez dire sur le tapis, car vous pourriez bien laisser prendre votre petit cœur à pure perte, ce qui ne laisserait pas que d’être fort piquant et fort mortifiant. »

Comme on le voit par le début de cette lettre, la famille Rostopchine était alors hors de Russie. Elle était en route pour la France. Le comte Rostopchine, en effet, après 1814, s’était jugé, non sans quelque raison, sacrifié et méconnu. Ses propres compatriotes lui reprochaient la destruction de Moscou. Alexandre Ier ordonna une enquête sur l’événement. Rostopchine quitta le service de l’empereur et rentra dans la vie privée, à quarante-neuf ans. La lettre qu’il adressa à sa fille, au lendemain de la mort d’Alexandre survenue le 1er décembre 1825, est révélatrice de ses sentiments à l’égard du souverain qu’il avait fidèlement servi et jamais aimé :

« J’ai tardé, ma chère Sophie, à te donner de mes nouvelles, non que je fusse plus malade, mais par le changement qui s’est fait pour toute la Russie ; c’est un événement qui doit vous être parvenu à l’heure que je vous écris, et vous me ferez plaisir de me faire savoir au juste quand la nouvelle de la mort de l’empereur Alexandre est parvenue à Paris. Il a fini sa vie à 47 ans 11 mois et 7 jours après un règne de 24 ans 8 mois et 7 jours. Le 30 du mois passé, la ville de Moscou a prêté serment à l’héritier légitime, l’empereur Constantin [on sait qu’il ne voulut pas régner et abandonna le trône à son frère cadet, Nicolas Ier], que l’on attend à Pétersbourg de Varsovie. Vieux, usé et dégoûté, je regarde cet événement important en père qui pense au sort futur de ses enfants. Je suis fâché de ne pouvoir accorder aucun regret au défunt, ni comme Russe, ni comme un dévoué à son père, ni comme un serviteur. Il a été injuste envers moi, je pouvais attendre quelque autre chose que l’indifférence et le sacrifice de mes services à la basse envie de ses affidés, que je n’ai jamais pu, ni su, ni voulu ménager. »

On ne s’étonne pas, après avoir lu cette oraison funèbre, que le général Rostopchine, une fois terminée la lutte contre Napoléon, se soit éloigné pour un temps de la Russie, où il était un mécontent, mais, singularité de cette nature originale, il l’abandonna pour le pays qu’il avait tant détesté, et il vint se fixer à Paris. Il n’y devait point rester toujours mais sa famille vint l’y rejoindre en 1817, et c’est à Paris que, peu après, il mariait deux de ses filles.

Sophie, qui s’était d’abord montrée désolée de partir de Moscou, épousa le comte Eugène de Ségur, petit-fils du grand-maître des cérémonies de Napoléon Ier, arrière-petit-fils, par sa mère, du chancelier d’Aguesseau et du président de Lamoignon, et, par son père, du fameux maréchal de Ségur sur lequel il est rapporté une si plaisante anecdote dans Les Vacances. Le mariage fut célébré par le cardinal de la Luzerne le 14 juillet 1819.

Le ménage eut huit enfants : quatre fils et quatre filles. « Les Eugène de Ségur n’avaient point de terre, et le domaine qu’ils désiraient acheter, la propriété des Nouettes, en Normandie, le lieu d’origine de ce compagnon de l’empereur, Lefebvre-Desnouettes, ne pouvait être acquise qu’argent comptant ; les jeunes mariés n’avaient point assez de capitaux disponibles. Le comte Rostopchine les tira d’embarras au premier jour de l’année 1820, il vint embrasser Mme Eugène de Ségur et, lui tendant un portefeuille que gonflaient cent billets de mille francs : Tiens, lui dit-il, voilà tes étrennes. Les Nouettes étaient à eux. », rapporte Maurice Dumoulin en 1910 dans la Revue hebdomadaire.

C’est dans cette jolie propriété des Nouettes, où elle a placé, sans la nommer, l’action de plusieurs de ses livres, que Mme de Ségur devait vivre une grande partie de sa vie. « Elle y vécut en vraie grande dame, c’est-à-dire avec simplicité. Cette simplicité dans la mise et dans les manières, cette totale absence de prétentions, ce savoir-faire avec lequel elle ne négligeait point ses devoirs de maîtresse de maison, cette bonne humeur avec laquelle elle s’amusait d’une visite à ses fermes ou d’une cueillette de champignons étaient vraiment d’un bel exemple », relate André de Maricourt dans le Correspondant du 25 juin 1910.

Elle se passionne pour des embellissements qu’elle fait faire dans son domaine : « J’ai passé la matinée d’hier, qui était superbe, mon cher ami, écrit-elle à son fils Mgr Gaston de Ségur, à tracer ton chemin dans le bois de bouleaux ; il part du grand chêne qui est presque au coin du bois de bouleaux et du chemin d’arrivée, il longe le bois de bouleaux en dehors sur l’herbe, il rentre dans le bois qu’il contourne et, après avoir coupé l’ancien chemin du bois que nous avons tant arpenté cette année, il continue le bois, entre dans les sapins et va rejoindre le chemin de la sapinière pas loin du banc de la vue ; l’année prochaine, je ferai la continuation du chemin vert qui longera tous les sapins, entrera derrière la chaumière dans le bois du Chalois planté par moi et reviendra joindre le chemin de la glacière, après avoir traversé le grand bois avant ta descente rapide qui sort du bois. Que Dieu m’accorde la grâce de te faire voir tout cela et j’aimerai mes chemins plus que tous les autres. Le chemin de cette année s’appellera Chemin de Gaston. » On sent, dans ces derniers mots, et sa profonde tendresse pour son fils et la douleur que lui causait l’infirmité cruelle dont il venait d’être frappé — il avait été frappé de cécité. Aussi bien, dans sa propre vie à elle, les souffrances ne manquèrent pas.

« Pendant treize ans elle fut clouée sur une chaise-longue, victime d’un mal de reins qui l’immobilisait en la torturant. Elle éprouva en outre les angoisses d’un mutisme forcé par suite d’une maladie du larynx qui la contraignit pendant longtemps à écrire sur une ardoise lorsqu’elle voulait communiquer ses pensées. Dans cet état si pénible, elle gardait toujours sa gaieté, sa douceur inaltérable. Et, ne se plaignant jamais, elle s’oubliait elle-même pour se préoccuper uniquement de la santé, des joies ou des tristesses de ses enfants. Cette mère excellente fut une exquise aïeule. Des chagrins successifs que la vie ne lui épargna point, Mme de Ségur, dans ses quinze dernières années, chercha à se consoler en travaillant pour ses petits-enfants. Elle écrivit. Avant même de s’immortaliser en créant un genre, le roman enfantin, elle possédait un talent remarquable d’épistolière », écrit encore André de Maricourt.

Sa cousine Lise Galitzine avait beau lui reprocher de ne point répondre assez régulièrement et morigéner amicalement sa « sainte paresse », il n’en est pas moins vrai que la comtesse de Ségur écrivait beaucoup, et de la plus agréable façon. Ce sont ses lettres qui font peut-être le mieux connaître sa physionomie morale. La verve naturelle, qui est un de ses traits distinctifs, y éclate à chaque instant. Le projet « de t’amener aux Nouettes l’année prochaine, écrit-elle à Mgr de Ségur le 1er novembre 1854, m’a fait bondir de joie, a fait crier Olga et rougir Sabine ; voilà les différents effets de la joie, l’une bondit, l’autre crie, la troisième rougit. J’ai connu en Russie une personne que la joie faisait vomir ; une autre devenait un réceptacle de gaz ; on est encore bien heureux de n’être pas de ceux-là. »

« La pauvre femme, dit-elle dans la même lettre en parlant d’une parente, s’en donne d’inquiétudes et de douleurs depuis le siège de Sébastopol. Elle veut que tous les boulets soient pour Louis, toutes les douleurs pour elle, et enfin, elle s’est si bien battu les flancs pour s’inquiéter et se tracasser qu’elle a le flanc droit entrepris, que son foie lui donne des inquiétudes et des douleurs très réelles et qu’elle est enchantée de pouvoir se répéter tout bas et crier tout haut à tout venant que cette somme de douleur est trop pour sa frêle nature, que Dieu n’est pas juste dans ses répartitions, que jamais il ne créa créature plus malheureuse, etc. »

Quelle mère elle était, c’est ce que révèle toute sa correspondance avec ce fils, « son bon Gaston », comme elle aimait à le nommer. Sa peine profonde de le voir devenir aveugle y transparaît plusieurs fois, mais aussi, comme chez la victime du mal elle-même, la plus chrétienne et vaillante résignation. C’était une femme forte. Ne l’apparaît-elle pas aussi dans cette lettre à une de ses filles, qui attendait un nouvel enfant et qui s’en plaignait un peu : « Nous ne sommes pas dans ce monde pour nous amuser, mais pour souffrir. Pense à ta tante Galitzine, qui en a eu dix-sept, et qui a commencé à quatorze ans, la malheureuse ! C’est bien contrariant, mais il faut aimer ce que l’on a. »

Après la mort de son mari (1863), avec un très haut sentiment des obligations que lui impose son rang d’aïeule, elle répondra à sa fille qui lui offrait l’hospitalité chez elle : « Une fois par semaine, je donnerai à dîner à tous les membres de notre famille, petits et grands. Je considère cette réunion comme un devoir maternel et ce serait mal débuter que l’éviter une année entière. »

Elle accepte la vieillesse comme les épreuves physiques et les chagrins de famille. « Si Dieu m’accorde la grâce de marier Olga, écrit-elle le 15 mars 1854 à Gaston, j’aurai bien assez vécu. A quoi sert une vieille femme dans ce monde ? Une fois passée à l’état de grand-mère pour tous ses enfants, son rôle est fini. Elle n’est indispensable à personne. Je ne suis pas même grand-mère utile, puisque chacun de mes jeunes ménages sait parfaitement diriger la vie animale de ses enfants et a son système quant à la vie intellectuelle. » L’année où elle s’exprimait ainsi, la comtesse de Ségur n’avait que 55 ans, et trois ans après elle allait commencer de se démentir de la plus charmante façon en écrivant son premier livre pour ses petits-enfants.

Elle devait encore entretenir avec eux, comme avec leurs parents, une correspondance qui suffirait à prouver combien elle s’était calomniée en déclarant son rôle fini. L’esprit s’y montre aussi alerte à près de 75 ans que vingt ou vingt-cinq ans plus tôt, cependant que l’auteur assure se sentir vieillir de plus en plus. « Je vieillis terriblement et sensiblement, dit-elle dans une lettre du 4 mai 1872 à sa petite-fille Henriette Fresneau. Tout s’en va chez moi, le corps et l’âme. Tout sommeille. Tout me fatigue. Tout m’attriste. C’est le plomb de la vieillesse qui me domine et m’écrase. C’est pourquoi grand-mère est muette ».

Comtesse_de_SégurEt dix-huit mois après : « Merci de ta bonne longue lettre, ma bonne petite Henriette. Moi aussi, j’ai été bien longtemps sans t’écrire, vu que chaque année ma besogne de correspondance augmente et que chaque année mes facultés diminuent ; la vue baisse, la main s’alourdit, les doigts se raidissent, la pensée s’embrouille, la mémoire diminue, toutes les facultés baissent et, faute de moyens suffisants, ma volonté spirituelle baisse pavillon devant la volonté charnelle, les prétextes du corps, fatigue, faiblesse, besoin de repos, dominent et écrasent les sensations de l’âme et du cœur. Et voilà pourquoi je n’ai pas écrit depuis si longtemps à mes jeunes créanciers et que moi, grand-mère au premier, au second, au troisième degré, je dois des excuses profondes et recueillies dans le silence du repentir, à toi, à mon bon Dinet, etc. »

La comtesse de Ségur devait vivre jusqu’à l’année suivante. Elle mourut en effet le 9 février 1874, d’une maladie de cœur dont elle avait ressenti les premières atteintes un an auparavant. Ses derniers jours furent très pénibles : des crises d’étouffement se succédèrent pendant plusieurs semaines, jusqu’à celle qui l’emporta. Au milieu de ses souffrances, et toute occupée de son salut, elle n’en continuait pas moins de penser aux autres ; c’est ainsi qu’un soir, revenant à elle après un assoupissement, on l’entendit murmurer : « Je ne suis pas morte ? » Et, avec une expression de tristesse : « Encore une nuit pour mes pauvres enfants !… C’est terrible. »

Jusqu’au bout elle avait gardé ce caractère qui se retrouve dans ses œuvres, fait de hauteur et de fermeté d’âme, d’aménité naturelle et d’enjouement malicieux.

Ignorante jusqu’à près de quarante ans d’une de ses qualités les plus marquantes, la comtesse de Ségur devait dépasser la cinquantaine avant d’en faire profiter les autres et d’en tirer parti, sans d’ailleurs l’avoir souhaité, pour sa propre réputation. Son premier livre date de 1857, et toute sa production littéraire tient entre 1857 et 1871. C’est donc presque entièrement une œuvre de vieillesse mais, si quelques-uns de ces récits, et non pas, chose remarquable, les derniers, portent quelques traces de ce qu’il serait du reste excessif d’appeler sénilité, quelle jeunesse d’âme et quelle vie n’y a-t-il pas dans la plupart d’entre eux ?

C’est qu’elle en prenait les personnages autour d’elle, parmi ses voisins ou ses petits-enfants, et qu’elle ne songeait, en les écrivant, qu’à amuser ces derniers, à chacun desquels, ou peu s’en faut, un volume fut successivement dédié. On retrouve, dans des lettres de l’auteur ou de ses proches, des épisodes de la vie des Nouettes dont tel ou tel livre devait perpétuer la mémoire. « Je suis bien fâchée, écrit-elle à son petit-fils Pierre le 21 octobre 1857, que cette sotte Anglaise ait repris ton petit Noirot ; je suis sûre qu’il était plus heureux chez toi que chez elle, et la preuve, c’est qu’il s’est sauvé de chez elle pour accourir chez toi. » Or, le livre des Bons Enfants se termine par l’histoire d’un chien perdu, recueilli par les enfants réunis au château de Rouville, puis repris par son maître, mais revenant ensuite au château où il était mieux traité et aux habitants duquel il s’était attaché.

Une autre lettre nous apprend que certain âne avait tenu une grande place dans les affections des petits-enfants de la châtelaine des Nouettes : c’est une lettre en date du 18 juin 1858 de Gaston de Ségur, écrite aussi à Pierre de Ségur, son neveu, et qui se termine ainsi : « Ta grand-mère, ton oncle et ta tante, le gros petit Jacques, ton âne et moi t’embrassons tendrement. » On devine le plaisir que devait éprouver tout ce petit monde, en relisant des aventures dont on avait été les héros, ou même les victimes, dans les volumes roses de la grand-mère.

Mais pourquoi celle-ci les racontait-elle et pourquoi surtout les publia-t-elle ? Conter était chez elle un goût inné. Fillette, elle aimait à raconter maman et grand-maman, elle avait continué. Dans le Figaro du 19 mai 1907, Marcel Prévost offre une explication séduisante : « Les enfants ont des mémoires extraordinairement fidèles. Quand on leur redit un conte qu’ils ont aimé, il faut se garder d’y changer le moindre épisode. Mais, grand-mère, ça n’est pas ça du tout ! Peut-être, pour éviter ces rectifications passionnées, la grand-mère se décide un jour à fixer sur le papier la leçon définitive des récits. Elle note d’abord des contes de fées, puis des historiettes. »

On dit qu’Eugène Sue, qui venait souvent aux Nouettes et y composa même une partie duJuif Errant, conseilla à la comtesse de Ségur de rédiger ses histoires. L’académicien Émile Faguet imagine que ce fut pour elle une façon de se réunir encore à ses enfants et petits-enfants un peu dispersés. Ce fut très tard, en tout cas, vers 1856, qu’elle s’y décida. Les hôtes des Nouettes lurent le manuscrit, des hommes dont le jugement était précieux, et, par exemple, Eugène Sue, Louis Veuillot — « mon grand ami, » disait de lui la vicomtesse de Pitray, et qui appelait Mme de Ségur « maman Ségur ». Tous engagèrent l’auteur à publier. Sophie de Ségur remit son manuscrit à l’éditeur, qui l’accepta et le fit illustrer par Gustave Doré. Un traité fut bientôt conclu avec M. Hachette, et à partir de ce moment les volumes se succèdent avec une étonnante rapidité.

La comtesse de Ségur avait débuté par les Nouveaux Contes de Fées, en même temps que par un traité tout pratique, aujourd’hui peu connu, La santé des enfants. L’année suivante (1857), elle publia Les Petites filles modèles ; puis venaient, en 1858, Les Malheurs de Sophie ; en 1859, Les Vacances ; en 1860, Les Mémoires d’un âne ; en 1861, La Sœur de Gribouille ; en 1862, Les Bons EnfantsLes Deux Nigauds et Pauvre Blaise ; en 1863, L’Auberge de l’Ange Gardien ; en 1864, Le Général Dourakine et François le Bossu ; en 1865, Un bon petit diable,Jean qui grogne et Jean qui rit et Comédies et Proverbes ; en 1866, La Fortune de Gaspard etQuel amour d’enfant ! ; en 1867, Le Mauvais Génie ; en 1868, Diloy le Chemineau ; et enfin, en 1871, Après la pluie le beau temps ; tous agrémentés des expressives gravures de Bertall, Castelli, Bayard, Ferogio, Foulquier, Gelier, qui restent associées dans le souvenir de tous à la lecture du texte captivant qu’elles illustraient. Entre temps, la comtesse de Ségur s’élevait au rang d’apôtre de l’enfance en écrivant l’Évangile d’une Grand-Mère (1865), les Actes des Apôtres racontés aux enfants (1867) et la Bible d’une Grand-Mère (1869).

(D’après « La comtesse de Ségur » (par Jacques Zeiller), paru en 1913)

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