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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

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L’ORTHOGRAPHE, ça a bien changé

Posté par francesca7 le 8 juillet 2015

 
orthographeLes correcteurs ont pour consigne d’être indulgents pour les trop nombreuses fautes de candidats dont le niveau en la matière est en baisse régulière

Dans sa Lettre d’une enfant de la guerre aux enfants de la crise, la sociologue Evelyne Sullerot raconte que ses petits-fils, respectivement correcteurs de français et de philosophie du baccalauréat 2013, ont « renoncé à corriger les fautes d’orthographe qui pullulaient par dizaines » dans les copies. Les candidats « si dédaigneux de l’orthographe » ont pourtant été « reçus au bac », s’inquiète-t-elle.

Avant de remettre aux surveillants mercredi leur dissertation de philosophie du bac, les élèves tenteront d’éliminer leurs fautes car une copie gorgée d’erreurs reste « rédhibitoire », confie un professeur de philosophie dans l’académie de Strasbourg. « Nos inspecteurs pédagogiques nous recommandent trop souvent d’être indulgents, lors des réunions d’harmonisation des notes du bac », note-t-il néanmoins. Ils doivent éviter les décomptes de fautes systématiques qui aboutiraient à des 2 ou 3 sur 20 pour de nombreuses copies. De fait, une orthographe hésitante n’empêche pas aujourd’hui d’obtenir le bac avec de bonnes notes.

Dans l’académie d’Aix-Marseille, selon les consignes internes données aux professeurs pour les corrections de l’épreuve du bac de français de 2012, il était indiqué qu’une « orthographe très incorrecte » ne serait pénalisée qu’ « à hauteur de 2 points ». Et une telle pénalisation ne devait être appliquée qu’ « à partir de plus de 10 erreurs graves par page ». Si la copie « manifeste également une syntaxe et un lexique défaillants au point d’altérer l’intelligibilité de nombreux passages, elle pourra être globalement sanctionnée de 4 points au maximum », est-il simplement concédé.

Plus personne ne s’étonne de ces consignes d’indulgence, et pour cause. Les enseignants commettent eux-mêmes des erreurs. « On m’a accusé d’être obsessionnel parce que je signalais les fautes d’orthographe, parfois énormes, laissées par les collègues dans les bulletins, à l’occasion des conseils de classe », raconte un professeur de lettres parisien. On trouve des bourdes jusque dans les convocations aux examens. Deux fautes d’accord ont ainsi été relevées sur la convocation de la session 2015 du bac de l’académie de Besançon : « Aucun résultat ne sera communiquer par téléphone. Aucun numéro d’inscription ne sera communiquer au candidat. »

14,7 fautes en 2005 contre 10,7 en 1987
Le niveau des Français en orthographe baisse indéniablement. Une enquête de Danièle Manesse comparant le niveau de plus de 2 000 élèves de CM2 de 1987 avec des élèves de 2005 l’avait aisément démontré lors d’une dictée. Les élèves de 2005 faisaient 14,7 fautes en moyenne contre 10,7 en 1987. En tête, les fautes grammaticales, suivies des erreurs lexicales. Une étude plus récente comparant les compétences d’élèves de CE2, entre 1999 et 2013, concluait aussi à un net recul sur les épreuves de français.

C’est d’autant plus inquiétant que la corrélation entre la maîtrise de l’orthographe et la réussite scolaire est forte. Et l’orthographe reste un moyen de sélection lors du passage d’un concours ou d’une recherche d’emploi. Comment expliquer une telle chute ? Dans leur livreOrthographe : à qui la faute ?, Danièle Manesse et Danièle Cogis s’interrogent sur les changements des modes d’enseignement de l’orthographe et de la grammaire. Les démarches inductives, l’intelligence réflexive sollicitée dans les programmes scolaires de 2002 par exemple ne sollicitaient pas assez la mémorisation, la répétition, autant de formes d’apprentissage jugées trop simplistes. Autre élément d’explication : le nombre d’heures consacrées à l’étude de la langue en tant que telle a diminué de plusieurs heures en cinquante ans au profit d’autres disciplines.

Marie-Estelle Pech
Le Figaro

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Blancs, Bleus, chouans

Posté par francesca7 le 5 juillet 2015

 

220px-ChouanBretonContre les Vendéens, les soldats de la République – les Bleus – sont envoyés au cours de l’été 1793. Les Blancs – les Vendéens – battent les Bleus à Torfou, en septembre.

 Les Bleus battent les Blancs à Cholet, le 17 octobre 1793. Les Vendéens doivent franchir la Loire. La plupart de leurs chefs ont été tués. Ils sont 80 000 hommes, femmes, enfants, longue et lente colonne sans ordre et sans grand espoir qui s’en vont alors vers Granville. C’est ce qu’on appelle la virée de galerne – d’un mot celtique qui désigne le vent du nord-ouest. Ils espèrent le secours des émigrés et des Anglais qui combattent aussi la Révolution.

Mais rien ne viendra. Ils échouent dans leur tentative de prendre Granville, se replient sur Angers, puis sont refoulés vers Le Mans où les Bleus de Marceau les écrasent. Le reste repart vers Savenay – en Loire-Atlantique – où Kléber, Marceau et Westermann les achèvent le 23 décembre : 15 000 morts jonchent les terres de Savenay. Les prisonniers, femmes et enfants compris, ont été fusillés, dépouillés de leurs vêtements.

Jusqu’en mai 1794, la Vendée va être parcourue par les colonnes infernales de Turreau qui vont brûler, détruire, piller, assassiner les populations dans des conditions atroces : des jeunes filles sont écartelées, les jambes attachées à des branches d’arbres, des femmes enceintes sont écrasées sous des pressoirs, des enfants sont embrochés et rôtis.

En février 1795, une paix temporaire est signée avec Charrette. Mais, dès l’été, le 27 juin 1795, des émigrés et des Anglais débarquent à Quiberon. Ils se joignent aux chouans de George Cadoudal. Les chouans sont les combattants du nord de la Loire, initialement sous les ordres de Jean Cottereau dont le grand-père, contrebandier du sel, imitait le cri du chat-huant, cri repris comme signe de ralliement.

Les 16 et 17 juillet 1795, les chouans et leurs alliés sont battus. Les 751 prisonniers sont condamnés à mort et exécutés. Stofflet et Charrette sont arrêtés et fusillés. Les guerres de Vendée ont fait 150 000 morts.

En 1793

Dans le Morbihan, le 14 mars, 4 000 paysans pénètrent dans Vannes, mais sont repoussés à coup de fusil par les soldats. Le même jour, à Pluméliau, plusieurs milliers de paysans attaquent deux commissaires escortés par une centaine de gardes nationaux accompagnés de deux canons. Les deux commissaires sont tués, ainsi que trois gendarmes et 25 gardes nationaux. Le lendemain, les insurgés attaquent Pontivy. Les patriotes barricadés dans la ville reçoivent en renfort 50 soldats de Guémené-sur-Scorff et 35 gardes nationaux de Josselin, puis au cours du combat 50 gardes nationaux de Loudéac. Les paysans, découragés, abandonnent le combat et se retirent. Le 15 mars, 5 000 paysans venus des environs de La Roche-Bernard, Pontchâteau, et Guérande se rassemblent devant La Roche-Bernard. Les insurgés envoient une proclamation aux patriotes:

« Nous ne sommes point armés pour nous entre-détruire les uns les autres, mais bien pour résister à l’oppression, et pour faire entendre nos justes plaintes qui, quoique vous en disiez, ont été souvent rejetées. Aujourd’hui que vous vous dites disposés à les écouter et même à les faire valoir, nous allons vous les retracer en peu de mots.
Écartez de nous le fléau de la milice, et laissez aux campagnes des bras qui leur sont nécessaires. Vous nous parlez d’ennemis qui menacent nos foyers: c’est là que nous saurons les repousser, s’ils viennent nous attaquer; c’est là que nous saurons défendre contre eux et contre tous autres, nos femmes, nos enfants, nos bestiaux et nos récoltes, ou périr avec eux.
Rendez à nos vœux les plus ardents nos anciens pasteurs; ceux qui furent, dans tous les temps, nos bienfaiteurs et nos amis; qui, partageant nos peines et nos maux, nous aidaient à les supporter par de pieuses instructions et par leur exemple. Rendez-nous avec eux le libre exercice d’une religion qui fut celle de nos pères et pour le maintien de laquelle nous saurons verser jusqu’à la dernière goutte de notre sang.

Blancs, Bleus, chouans dans AUX SIECLES DERNIERS 300px-Sc%C3%A8ne_de_la_guerre_des_chouans
Rendez à nos campagnes ceux de ces dignes pasteurs que vous retenez dans vos murs, et permettez à ceux qui se sont exilés de revenir nous distribuer les consolations dont nous avons grand besoin; leur retour ramènera partout la paix, l’union, la concorde.

Telles sont nos principales demandes. Nous y joignons notre vœu pour le rétablissement de la royauté, ne pouvant vivre sous un gouvernement républicain, qui ne présente à nos esprits que des idées de division, de troubles et de guerres. »

Les patriotes de La Roche-Bernard laissent les paysans entrer dans la ville à condition de ne pas commettre de pillages. Mais des coups de feu isolés déclenchent le combat, des gardes nationaux sont tués, les autres prennent la fuite et les maisons des patriotes sont pillées. Le lendemain, deux administrateurs, Sauveur et Le Floch sont assassinés. Puis les mêmes insurgés marchent sur Rochefort-en-Terre, les 48 patriotes de la ville se rendent sous promesse de vie sauve, néanmoins trois d’entre-eux sont lynchés par la foule.

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Le sans-culotte Gilbert, le major Brutus

Posté par francesca7 le 5 juillet 2015

 Sans-culottePauvre poète, très pauvre, le poète Gilbert, en 1769, vingt ans avant la Révolution. Il est si démuni qu’il porte, au lieu de la culotte des gens de bonne société, le pantalon.

Et Gilbert le poète qui connaît les philosophes plus prompts à se réunir dans les salons qu’à se mêler au peuple pour connaître ses misères, les invective souvent, ce qui leur déplaît. Alors, pour se moquer de lui, ils l’appellent le sans-culotte ! Ainsi les riches désignent-ils alors avec mépris ceux qui ne sont pas vêtus comme eux. C

e nom de sans-culotte est utilisé dans un journal contre-révolutionnaire en 1791 pour désigner ironiquement ceux qui, dans les rues de Paris, sèment le trouble, réclament la justice sociale, et surtout du pain. Le nom composé est fièrement repris par ceux qui sont visés. À quoi reconnaît-on le sans-culotte ?

 Il porte un pantalon rayé de grosse étoffe – l’aristocrate porte des bas de soie et la culotte courte qui s’arrête aux genoux. Il est chaussé de sabots remplis de paille, porte sur la tête le bonnet phrygien rouge rappelant l’affranchissement des esclaves. En main, le sans-culotte tient une pique. Son drapeau est le drapeau rouge, signe de la loi martiale, celui qu’on lève dans l’armée lors de ses révoltes. Il retrouve ses semblables à la section où sont prises les décisions. Son idéal ?

L’égalité qu’il pratique en tutoyant tous ceux qu’il rencontre, et qui sont pour lui des citoyens et des citoyennes, un point c’est tout. Le sans-culotte est contre les grands propriétaires, mais approuve la petite propriété. Il abandonne son nom de baptême pour prendre les glorieux noms de l’antiquité.

Ainsi le major Léopold-Sigisbert Hugo, le père de Victor, sacrifiera-t-il à cette mode, adoptant le nom de Brutus !

Au début de la Révolution française de 1789, le nom « Sans-culottes » est donné par mépris aux manifestants populaires qui portent des pantalons à rayures et non des culottes, symbole vestimentaire de l’aristocratie d’Ancien Régime.

Les sans-culottes sont des révolutionnaires issus du petit peuple de la ville et défenseurs d’une République égalitaire. Ils sont jugés par les autres révolutionnaires comme « radicaux » car ils prônent une démocratie directe, c’est-à-dire sans intermédiaires comme les députés. Ils se distinguent par leurs modes d’expression, en particulier vestimentaires. Leur tenue comporte un pantalon à rayures bleues et blanches, au lieu de la culotte courte et des bas, portés par les nobles et les bourgeois, ainsi qu’un bonnet phrygien rouge, et une tendance à la simplicité. Ce costume est un signe de protestation, arboré par des avocats, des commerçants, des employés, des artisans, des bourgeois, puis par les membres de toutes les conditions qui se présentaient comme « patriotes ».

Le sans-culotte est un personnage important de la Révolution française, qui s’oppose à celui de l’aristocrate par son costume, ses manières, son langage, ses symboles empruntés, mais de façon allégorique, aux couches les plus populaires de Paris et à une vision idéalisée de la Grèce antique.

Les sans-culottes vont devenir rapidement un véritable mouvement de mode, aussi bien dans le domaine du costume que de la langue, de la musique, de la décoration, de la cuisine, de la civilité, de l’humour, de la manière de parler, et des idées: le sans-culottisme. Cette nouvelle ligne esthétique, est celle de la Révolution dont elle développe les thèmes et les figures dans toutes les modalités pendant les années de la Terreur avec le théophilanthropisme, le vandalisme, puis elle laissera place après Thermidor aux Incroyables et Merveilleuses.

 

Le pantalon n’était pas non plus porté par les candidats du tiers état à la députation, car ils étaient tous issus de la meilleure bourgeoisie de robe et de finance, jamais des artisans ou des paysans. Les élus du tiers état arboreront des vêtements et un bicorne complètement noirs: des vêtements austères qui sont typiques de la bourgeoisie puritaine et qui tranchaient aussi bien avec les vêtements luxueux des élus de la noblesse et du clergé, qu’avec ceux des artisans, des commerçants, des ouvriers et des paysans.

Outre les pantalons (ou les jupes), rayés souvent aux trois couleurs, le sans-culotte arbore la blouse et le gilet ou la veste courte à gros boutons (la carmagnole), et des sabots qui marquent son appartenance au peuple travailleur. Le port du bonnet rouge, à l’origine utilisé pour protéger la chevelure dans certaines professions, et qui évoque les esclaves affranchis de la Rome antique, le bonnet phrygien, s’affirme dès le 10 août 1789, comme le « symbole du pouvoir politique des sans-culottes ».

Les élus sans-culottes répudient et retirent de leur nom les références à la noblesse ; certains se donnent des noms référant à la république romaine comme « Brutus » ou « Gracchus ». Les « Leroy » se renomment « Laloi ».

Le sans-culotte Gilbert, le major Brutus dans AUX SIECLES DERNIERS 220px-Sans-CulottesLe sans-culotte idéal décrit par le Père Duchesne, été 1793

« Qu’est-ce qu’un sans-culotte ?


C’est un être qui va toujours à pied, qui n’a pas de millions comme vous voudriez tous en avoir, point de châteaux, point de valets pour le servir, et qui loge tout simplement avec sa femme et ses enfants, s’il en a, au quatrième ou au cinquième étage. Il est utile, il sait labourer un champ, forger, scier, limer, couvrir un toit, faire des souliers et verser jusqu’à la dernière goutte de son sang pour le salut de la République.


Comme il travaille, on est sûr de ne rencontrer sa figure ni au café ni dans les tripots où l’on conspire, ni au théâtre. Le soir, il se présente à sa section, non pas poudré, musqué, botté, dans l’espoir d’être remarqué de toutes les citoyennes des tribunes, mais pour appuyer de toute sa force les bonnes motions. Au reste, un sans-culotte a toujours son sabre pour fendre les oreilles à tous les malveillants. Quelquefois, il marche avec sa pique, mais au premier bruit de tambour, on le voit partir pour la Vendée, pour l’armée des Alpes ou pour l’armée du Nord
 »

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La planche à billets

Posté par francesca7 le 4 juillet 2015

800px-RunningtheMachine-LincAdminComment transformer les biens du clergé en métal précieux qui permettra à l’État de rembourser ses créanciers ?

Les députés décident de créer un billet portant l’indication d’une valeur garantie sur les biens du clergé. Garantie, c’est-à-dire assignée. D’où le nom d’assignat donné au billet lui-même. Le procédé est simple: les particuliers qui possèdent de l’or ou de l’argent échangent ces métaux précieux contre des billets en papier qui leur rapportent un intérêt de 5 %, et leur donnent la possibilité d’acquérir ensuite des biens d’église. Il est prévu de n’émettre qu’un nombre limité d’assignats afin de garantir leur valeur.

Ils doivent même être brûlés lorsqu’ils auront servi à l’achat des biens d’église ! Mais l’État se garde bien de procéder à cette incinération. Au contraire, la planche à billets fonctionne de plus en plus, créant une inflation galopante. L’assignat qui est devenu la monnaie en vigueur baisse vertigineusement et entraîne un énorme désordre dans la vie quotidienne et le petit commerce. En 1796, la planche à billets est solennellement détruite. L’assignat ne vaut plus rien ou presque.

« Planche à billets » est une expression populaire pour désigner la création de monnaie. Elle fait référence aux processus de production de monnaie physique, mais en pratique il s’agit aujourd’hui plus d’écriture comptable. L’expression est souvent employée avec une connotation péjorative.

La capacité des États et des banques centrales à créer massivement de la monnaie ex-nihilo est un outil économique puissant, qui peut contribuer à stimuler l’économie, mais peut également la déstabiliser durablement.

Les États ont fréquemment abusé de la création monétaire, par exemple pour financer des guerres coûteuses, avec souvent des conséquences graves sur l’économie notamment des crises hyperinflationnistes. La crainte de ces abus a conduit la plupart des États à interdire la création de monnaie par la banque centrale pour satisfaire les besoins publics : cette disposition est par exemple inscrite dans la Constitution allemande ou les traités de l’Union européenne (article 101 du traité CE repris par l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne (TFUE) issu de la signature du Traité de Lisbonne en 2007). Les déficits publics doivent donc être financés par emprunts - très majoritairement obligataires – auprès d’organismes privés, aux taux d’intérêt proposés par le marché.

La « planche à billets » n’a pas pour autant disparu. Si certains courants radicaux (libertarianisme, partisans de l’étalon or…) souhaiteraient interdire ou drastiquement limiter la création de monnaie, ou la confier à des acteurs non politiques, la plupart des économistes s’accordent à considérer qu’une création de monnaie contrôlée, accompagnée d’une inflation raisonnable, font partie du fonctionnement normal d’une économie.

Certains économistes notamment keynésiens considèrent que la création massive de monnaie peut être un moyen de répondre aux dépressions économiques graves et que le risque d’inflation est soit surévalué, soit un moindre mal.

Dans le but d’éviter une aggravation de la crise des subprimes de 2007-2008, elle a massivement fonctionné aux États-Unis, sous la forme d’une politique d’assouplissement quantitatif. En Europe, pour faire face à la crise de l’endettement de certains pays de l’Union monétaire européenne, la Banque centrale européenne (BCE) a elle-même dérogé à cette interdiction par décision du 10 mai 2010. Dans ces circonstances, afin de justifier ces dérogations, le terme « méthode non conventionnelle » a été utilisé.

Dans le secteur privé – L’État n’a pas le monopole de créations monétaires excessives. Elles peuvent être pratiquées aussi bien par le secteur privé et aboutir aux mêmes dysfonctionnements. Par les crédits qu’elles accordent au delà de la base monétaire (monnaie de banque centrale) dont elles disposent les banques commerciales créent de la monnaie. Cette création peut être excessive et source d’inflation et de surendettement. La crise des subprimes en est une illustration. Les banques américaines ont multiplié les crédits immobiliers qu’elles accordaient à des emprunteurs. Entre 2000 et 2006 leurs encours ont plus que doublé. Les prix de l’immobilier ont alors augmenté de 171 % entre 1997 et 2007 créant de ce fait une bulle immobilière. L’éclatement de cette bulle et l’insolvabilité des endettés ont déclenché une crise financière entraînant une crise économique mondiale. La responsabilité de la banque centrale américaine (Fed) ne saurait être éludée puisqu’elle est responsable de la gestion quantitative des crédits, notamment par la fixation des taux d’intérêt (banque centrale).

La création monétaire par le secteur privé peut également être dommageable si l’utilisation de la monnaie créée est source d’instabilité. Il en est ainsi lorsque les banques privées procurent des fonds qui servent aux opérateurs financiers à spéculer avec effet de levier. Cette pratique peut être à l’origine de gains ou de pertes très importants. En cas de pertes des retombées et des effets de contagion peuvent se transmettre aux banques et porter atteinte à la sphère économique réelle

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Le siècle de la pensée

Posté par francesca7 le 4 juillet 2015

Encyclopedie_frontispice_fullOn pense beaucoup tout au long du XVIIIe siècle, on sent bien que la monarchie absolue décline, que les guerres ne laissent que défaites et amertume, on sait que l’Angleterre ne cesse d’étendre sa domination, que la Prusse devient une puissance menaçante. Tout cela est commenté dans les salons, les cafés ou les clubs : on y refait le monde, on imagine une autre société, moins hiérarchisée, moins figée, plus juste surtout.

Mais la vieille noblesse s’accroche à ses prérogatives, les Parlements cherchent à servir leurs intérêts. On écoute le discours des penseurs dans le salon des dames : celui de madame du Deffand qui reçoit Fontenelle, le vulgarisateur des sciences, Marivaux, le délicat aquarelliste des passions, Montesquieu, l’esprit libéral et rigoureux, le sceptique et cynique à la fois, l’utopiste, le sociologue avant la lettre ; on peut aussi être reçu chez madame Geoffrin, rue Saint-Honoré, où font halte les mêmes, ou bien encore d’Alembert, le spécialiste des équations différentielles.

Chez Julie de l’Espinasse, on croise Turgot, Condillac qui réfléchit sur le langage, Condorcet… Et puis, on lit Voltaire, on lit Rousseau. Le premier est une gloire sulfureuse qui a déstabilisé les adeptes de la tradition avec son dictionnaire philosophique, brocardé la justice, proposé des solutions à l’anglaise, bref, il a clairement souhaité la révolution ! Le second a rêvé une société égalitaire, misant sur la bonne volonté collective, il a proposé une nouvelle façon de transmettre le savoir, et même un dieu tout neuf : l’être suprême ! Denis Diderot publie une encyclopédie des savoirs que tous les esprits curieux dévorent avec gourmandise, découvrant que les voies du salut s’accommodent mieux de la science que de la conscience.

Beaumarchais, quant à lui, fait dire à son Figaro : « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur », et surtout, à l’adresse de l’aristocrate : « Qu’avez-vous fait pour tant de biens ! Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. » C’est dire combien en ce XVIIIe siècle où le peuple souffre de la domination écrasante des Grands, où la bourgeoisie n’en peut plus de l’arrogance des pouvoirs qui grincent dans leurs vieux cadres, l’esprit révolutionnaire s’est développé dans le cocon de la pensée, prêt pour l’envol dans le printemps de l’espoir, celui de 1789, par exemple…

« D’une façon générale, la sensibilité des Lumières porte à une sentimentalité morale : le temps de l’ironie voltairienne passé, on veut s’apitoyer, avec Rousseau (la Nouvelle Héloïse, 1761) et les tableaux de Greuze, chercher le beau et le bon éternels. Plus le siècle s’avance, plus la littérature et l’art répudient la gratuité des formes, la légèreté, regardées comme aristocratiques et mondaines, pour aller vers le sérieux, l’authentique et le naturel, c’est-à-dire vers ce qui est conforme à la morale utilitaire du public bourgeois d’où le goût croissant pour le néoclassicisme, qui met en avant l’antique, non pas l’antique allégorique de l’époque classique mais un antique historique plus sobre, à la façon du peintre David. »

Ceci se traduit dans les réflexions sur l’urbanisme. La ville des Lumières est le fruit des efforts conjoints des pouvoirs publics et des architectes soucieux de réaliser des bâtiments administratifs ou utiles (hôtels de ville, hôpitaux, théâtres, intendances) tout en aménageant des perspectives, des places, fontaines, promenades…. L’Académie royale d’architecture reste un des centres de la réflexion sur la théorie : pour elle le beau est ce qui plait. Pour l’abbé Laugier, au contraire, ce qui est beau est conforme à la raison. Le modèle naturel de toute architecture est la cabane primitive soutenue par quatre troncs d’arbre, avec quatre parties horizontales et un toit qui deviennent respectivement colonnes, entablements, frontons. Le modèle du temple grec se répand alors jusque dans le décor et le mobilier. Ce paradigme se traduit par un changement de style au milieu du siècle : le rococo est abandonné, la Grèce antique et Palladio deviennent les principales références du style néo-classique.

Le siècle de la pensée dans AUX SIECLES DERNIERS 180px-Voltaire_Philosophy_of_Newton_frontispieceL’université de Virginie, inscrite au patrimoine mondial de l’Humanité défini par l’UNESCO, a été fondée par Thomas Jefferson. Ce dernier dessina les plans d’une partie du campus en suivant les valeurs des Lumières.

La place Stanislas de Nancy est le cœur d’un ensemble urbanistique classique, inscrite depuis 1983 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, ainsi que d’autres places de cette ville comme la place de la Carrière et la place d’Alliance, autour desquelles s’articulent administrations et services de l’époque.

Claude Nicolas Ledoux (1736-1806), membre de l’Académie d’architecture est sans doute l’architecte dont les projets incarnent le mieux l’utopie d’un habitat totalement rationnel (ce qui est rationnel, donc basé sur la compréhension de la réalité ne peut être à la fois utopique) . Il dirige, à partir de 1775, l’édification de la Saline royale d’Arc-et-Senans, dans le Doubs, véritable cité usinière.

Les Lumières n’ont touché que les élites aristocratiques et les fractions montantes des bourgeoisies (La bourgeoisie n’a rien retenu des Lumières encore de nos jours puisque Rousseau, Montesquieu et Kant sont perçus comme des honnêtes hommes alors qu’ils approuvent les « élites » : un vague concept, d’ailleurs désapprouvé par les Lumières : relire « Le Discours sur la Servitude Volontaire par Étienne de La Boétie).

L’écho, dans ces milieux dominants, est certes considérable en Angleterre et en France, mais plus restreint en Allemagne et en Italie ; le public éclairé est très peu nombreux en Espagne ou en Russie, où seuls quelques intellectuels, hauts fonctionnaires et grandes familles participent au mouvement. Le peuple, lui, n’est pas touché : l’immense majorité des paysans, même français, n’a jamais entendu parler de Voltaire ou de Rousseau.

Malgré tout, les Lumières ont ébranlé les certitudes anciennes. Et l’ébranlement ne s’est pas arrêté aux portes du social et du politique : les Lumières ont inspiré la génération révolutionnaire. Ce qui ne signifie nullement qu’elles aient consciemment appelé de leurs vœux la Révolution de 1789.

Un second changement important dans le mouvement des Lumières par rapport au siècle précédent, trouve son origine en France, avec les Encyclopédistes. Ce mouvement intellectuel défend l’idée qu’il existe une architecture scientifique et morale du savoir, une structure prévalente et ordonnée et que sa réalisation est un moyen de libération de l’homme. Denis Diderot et D’Alembert publient à partir de 1751 l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers.

Le processus de diffusion des idées nouvelles se trouva amplifié par le progrès des techniques de diffusion de l’information. Les passages de l’Encyclopédie sont lus par les nobles, les ducs, et les bourgeois dans des salons, les personnes présentes donnent leur avis sur les écrits des philosophes. Les journaux et la correspondance permirent des échanges plus rapides dans toute l’Europe, réalisant une nouvelle forme d’unité culturelle. Ceci ne fut pas sans poser des questions sur la liberté d’accès et de diffusion de ces informations. On connaît le rôle joué par la presse dans la diffusion des idées, pendant la Révolution française notamment.

À mesure que se développe l’esprit philosophique, dans les salons, les cafés ou les clubs, l’autorité monarchique se délite, sapée tant par l’opposition aristocratique que par des tentatives de réformes sans lendemain.

300px-Salon_de_Madame_Geoffrin dans EXPRESSION FRANCAISEPendant la période révolutionnaire, les idées des philosophes inspirent les débats politiques. La plupart des députés de l’Assemblée nationale sont des bourgeois cultivés qui se sont nourris des valeurs de liberté et d’égalité. Par exemple, Robespierre est un rousseauiste convaincu. Pourtant, la plupart des philosophes français sont morts avant d’avoir vu l’œuvre de la Révolution française, sauf Condorcet, Louis Sébastien Mercier et l’abbé Raynal. Les deux premiers proches des Girondins en l’an II connaîtront des déboires avec la Révolution. Seul le troisième ne sera jamais inquiété et aura même droit à un buste après sa mort en 1796 en hommage à ses écrits contre l’esclavage des Noirs aboli le 16 pluviôse an II. Il était par ailleurs l’oncle d’un conventionnel régicide, Simon Camboulas.

La Révolution française en particulier représente une application violente de la philosophie des Lumières, notamment lors de la brève période de pouvoir des Jacobins. Le désir de rationalité révolutionnaire se coupe du rationalisme dit « spirituel » de Descartes, jusqu’à conduire à une tentative d’éradiquer l’Église et le christianisme dans son ensemble. Ainsi, la Convention nationale change le calendrier, système de mesure du temps, et le système monétaire, tout en plaçant l’idée d’égalité, sociale et économique, au plus haut point des priorités de l’État.

 

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Antoine Parmentier et la pomme de terre

Posté par francesca7 le 2 juillet 2015

 

Dumont_-_Portrait_of_Antoine_ParmentierAntoine-Augustin Parmentier né le 12 août 1737 à Montdidier, et devenu garçon apothicaire, participe à la guerre de Sept Ans. Il est fait prisonnier en Prusse. On lui sert de la nourriture pour les cochons : de la bouillie de pommes de terre.

 Il trouve cela excellent et n’aura de cesse que cette nourriture soit acceptée en France, ce qui sera fait en 1785, de la façon que voici : Parmentier a fait ensemencer la plaine des Sablons (près des Champs-Élysées) avec des pommes de terre.

La troupe garde jour et nuit le champ où poussent les légumes. Le peuple qui répugne à consommer la pomme de terre – Diderot, dans l’Encyclopédie, n’a-t-il pas affirmé qu’elle donnait la gale – se dit que si la garde interdit l’approche de la culture en cours, c’est qu’elle doit être précieuse !

Lorsque les pommes de terre sont parvenues à maturité, Parmentier demande que la garde de nuit soit abandonnée. Dès la première nuit, des voleurs viennent déterrer les tubercules et les consomment. Ils les trouvent excellents et répandent la nouvelle ! Parmentier a gagné sa bataille ! En 1800, Bonaparte le fera premier pharmacien des armées. Parmentier est un touche à tout génial qui préconise la vaccination contre la variole dans les rangs de la Grande Armée, qui jette les bases de disciplines modernes comme l’oenologie, l’agrobiologie, etc.

Il n’a qu’un objectif : améliorer la vie de ses semblables. Mais son action n’est pas reconnue à sa juste valeur de son vivant. Ce champion du tubercule meurt à soixante-seize ans, de la tuberculose, ses dernières années marquées par de nombreuses difficultés et déceptions. Si son nom n’est pas gravé, comme il l’eût mérité, sur l’Arc de Triomphe, au moins peut-on le trouver dans le métro. Parmentier possède sa station, sur la ligne 3, entre République et Père Lachaise, sous terre, en ce lieu où naissent et croissent ses chères pommes de terre.

Pharmacien français. Il est surtout connu pour avoir donné ses lettres de noblesse à la pomme de terre. En 1772, l’académie de Besançon fonde un prix dans le dessein de découvrir des végétaux de remplacement pour l’alimentation humaine. Parmentier concourt et propose plusieurs plantes amylacées, dont la pomme de terre. Il en a déjà cultivé plusieurs variétés et en a fait l’examen chimique. C’est la pomme de terre qui est choisie par l’académie en 1773. En plus d’avoir popularisé ce légume, Parmentier a réformé la meunerie et la boulangerie C’est lui qui fit adopter la vaccination antivariolique dans l’armée de Bonaparte. Il s’est intéressé également à la pharmacie, qui était son premier métier, à l’hygiène, à l’alimentation et même aux arts.

Excités par l’amour du bien public, tous les auteurs qui ont parlé de cet aliment ont cherché, par les éloges qu’ils en ont faits, à intéresser les cultivateurs et même à attirer l’attention du gouvernement sur un objet qu’ils regardent comme singulièrement important. » (Reg. Comm. de la Faculté de médecine de Paris)

Eh bien, malgré cet avis favorable des médecins de Paris, l’usage de la pomme de terre reste, en France, à peu près réservé aux pourceaux; les mauvais plaisants s’en moquent, les grands croiraient dégénérer, s’ils la présentaient sur leurs tables somptueuses. Il y eut alors (1773) un homme, un modeste savant, qui défendit la cause du tubercule honni, méprisé, ridiculisé de tous côtés; la pomme de terre à la main, il se présente chez les grands, chez les ministres; il la déclare la subsistance d’un grand peuple, l’aliment du pauvre, le soutien dans la misère; il dit bien haut que cette pomme de terre, qu’il a étudiée, analysée avec le plus grand soin, recèle une fécule pure, d’une blancheur éblouissante, d’une saveur agréable; qu’on peut en former des mets délicieux de toute espèce; qu’elle se multiplie avec une étonnante fécondité, dans un sol ingrat, presque sans culture. L’année 1785 arrive, le blé manque, les calamités s’étendent de toutes parts. Le même savant parvient alors à se faire écouter. Il obtient de Louis XVI le prêt de cinquante arpents d’une terre mauvaise, inculte, située aux portes de Paris (Sablons, près de Neuilly); il y plante la pomme de terre, dont les premières fleurs vont orner, dans un jour de cérémonie publique, la boutonnière du roi; le tubercule arrive à la maturité; il est distribué à profusion; il pénètre chez les grands, dans le peuple…; on finit par en raffoler, et dès lors la pomme de terre a suivi le chemin que l’on sait. 

Honneur à l’homme qui a accompli cette sorte de miracle! Honneur à Parmentier, qui a doté l’humanité d’une admirable ressource alimentaire!

Il se penche par ailleurs sur la châtaigne (1780), sur le maïs ou blé de Turquie, en réponse à un sujet de l’Académie de Bordeaux (1785). Précurseur de la chimie alimentaire, il remplace la méthode du chauffage à la cornuequi détruisait les composants de l’aliment qu’on voulait justement analyser par une extraction plus douce employée précédemment par Claude de La Garaye. C’est un nutritionniste et un hygiéniste, traitant aussi des fécules, du pain (Parfait boulanger, ou Traité complet sur la fabrication et le commerce du pain, 1778, in-8°), du sucre de raisin, s’intéressant aux produits laitiers (ainsi avec Nicolas Deyeux, en l’an VII). Il rédige plusieurs instructions lors de la disette de 1785.

Pour remédier à la pénurie de sucre de canne, il préconise l’emploi de sucres de raisins et d’autres végétaux sucrés. Il s’intéresse à la conservation des farines, du vin et des produits laitiers.

Antoine Parmentier et la pomme de terre dans FONDATEURS - PATRIMOINE 220px-Louis_XVI_et_ParmentierEn 1772, en compagnie de Cadet de Vaux (ancien pharmacien des Invalides), il tente d’améliorer la qualité du pain distribué dans les hôpitaux et les prisons en imaginant une nouvelle méthode de panification. Il fonde avec Cadet de Vaux en 1780 une école de boulangerie rue de la Grande-Truanderie à Paris.

Parmentier s’occupe également de plusieurs sujets ayant trait à l’hygiène : sécurité sanitaire des exhumations, qualité de l’eau, qualité de l’air notamment dans les salles d’hôpitaux, préconisation de l’entretien et de la vidange régulière des fosses d’aisance.

Dans les premiers temps de la Révolution, le souvenir de ses travaux l’expose à une certaine défaveur, puis, en 1793, la pomme de terre trouve grâce devant les « niveleurs », qui la préconisent partout. Parmentier se tient d’abord à l’écart de l’administration, puis il est chargé de surveiller les salaisons destinées à la Marine, en s’occupant parallèlement de la préparation du biscuit de mer.

Il travaille aussi sur le maïs, l’opium et l’ergot de seigle. Il préconise la conservation de la viande par le froid. Il travaille également sur l’amélioration de la technique des conserves alimentaires par ébullition découverte parNicolas Appert, en 1795 et publiée en 1810.

En 1793, il donne même les techniques à employer. C’est ainsi, que grâce à lui la première raffinerie de sucre de betterave mise en service par Delessert voit le jour en 1801.

En 1796, il est porté sur la liste de l’Institut, formé par le nouveau Directoire. Il est appelé sous le Consulat à la présidence du Conseil de salubrité du département de la Seine et à la place d’inspecteur général des Hospices et du service de santé (1805 et 1809) ; il rédige un Code pharmaceutique (3e éd. en 1807). La Société d’agriculture l’envoie en Angleterre avec Jean-Baptiste Huzard pour rouvrir les communications scientifiques entre les deux pays.

Inspecteur général du service de santé de 1796 à 1813, il fait adopter la vaccination antivariolique par l’armée et s’occupe des conditions d’hygiène sur les navires de la Marine. Il est l’un des créateurs de l’École deboulangerie en France en 1800. Il est pharmacien en chef de l’Armée des Côtes de l’Océan en 1803. Il devient le premier président de la Société de pharmacie de Paris, dès sa fondation en 1803, il la préside en 1804, 1807 et1810.

Trop jeune pour participer à l’aventure des encyclopédistes et trop vieux pour prendre part au début du xixe siècle à la révolution des sciences, notamment à l’expédition scientifique de la campagne d’Égypte, Parmentier est cependant un scientifique à l’œuvre remarquable par sa diversité. Il participe, en outre, à la vie sociale en collaborant aux textes sur la réforme agraire, sources du code rural, proposés par la Société d’Agriculture à l’Assemblée nationale. Il est membre de la Société d’Agriculture de Paris en 1773. Il est élu à l’Académie des sciences le le 13 décembre 1795 dans la section d’économie rurale.

N’ayant ni femme, ni enfant, il a consacré toute sa vie à ses recherches mais a le chagrin de perdre en 1809 sa sœur Marie-Suzanne, confidente et collaboratrice qui lui avait épargné la pénibilité d’un long célibat par ses soins affectueux. Ses amis du Bulletin de pharmacie, tel Louis Claude Cadet de Gassicourt, le surnomment le « bourru bienfaisant » car régulièrement sollicité par des pharmaciens pour obtenir une place ou une pension, il râlait d’abord mais faisait jouer ses relations pour les aider.

220px-P%C3%A8re-Lachaise_-_Division_39_-_Parmentier_01 dans Les spécialitésIl meurt d’une phtisie pulmonaire, rongé par la tuberculose, dans sa maison de la Folie-Genlis 12, rue des Amandiers-Popincourt, le 17 décembre 1813. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris dans le caveau familial. Sa tombe est régulièrement entretenue par certaines sociétés de pharmaciens

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Les secrets de beauté de la marquise

Posté par francesca7 le 2 juillet 2015

 

Que buvez-vous le matin ? Thé ? Café ? Chocolat ?

L’un des trois sans doute. Eh bien, pour la marquise de Montespan, rien de tout cela ! Chaque matin, à jeun, la marquise avale… si vous êtes une âme sensible, ou bien si vous êtes prêt à passer à table, il est encore temps de détourner votre regard de ces lignes ; revenez après le déjeuner, finalement, cela ne vaudra guère mieux, donc lisez plutôt : la marquise de Montespan avale chaque matin un grand verre d’urine de mule !

220px-Madame-de-Montespan2Oui, de l’urine de mule, parce qu’un charlatan lui a assuré que cette urine lui garantirait l’oeil brillant et le teint frais ! Ensuite, elle consomme un mélange de lait sucré, de farine de fèves, d’orge, de riz et de lentilles. Pour son maquillage, elle utilise en abondance du blanc de céruse qui est du carbonate de plomb dont l’usage a été interdit en 1905, à cause de sa grande toxicité… Contre les inévitables rides ? Voici la recette de la marquise : un mélange de saindoux, de moelle de boeuf et de bouse de vache ! Si, si, de la bouse de vache ! Elle en fait même distiller afin de s’en servir comme dépuratif au printemps !

Madame de Montespan ou Athénaïs de Montespan , à l’origine Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, aussi appelée Mademoiselle de Tonnay-Charente, est née le 5 octobre 1640 à Lussac-les-Châteaux et morte le 27 mai 1707 à Bourbon-l’Archambault. Elle tient son nom le plus célèbre de son mariage (1663) avec Louis Henri de Pardaillan de Gondrin, qui lui donne le titre de marquise de Montespan.

Présente à la cour de Versailles, elle devient la favorite de Louis XIV, liaison dont sont nés sept enfants.

Favorite du Roi-Soleil

La marquise devint la maîtresse du roi en mai 1667. Vive, coquette, minaudière, elle enchantait par sa compagnie et débordait de saillies malicieuses et mordantes, de reparties cruelles et caustiques. Le fameux « esprit des Mortemart ». Pourtant ce n’était pas une aventurière, prête à se jeter au cou du roi. Elle était droite et pieuse. Et elle était (mal) mariée à un hardi cadet de Gascogne, Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, joueur, dépensier, buveur et grand trousseur de cotillons. Son mari fit un scandale à la cour lorsqu’il apprit la nouvelle. Il surgit du château de Saint-Germain-en-Laye tel un fou, hurlant et déversant un tombereau d’injures à l’épouse infidèle. Il fut promptement enfermé au For-l’Évêque, puis exilé sur ses terres, en Gascogne, d’où il ne sortit presque plus jusqu’à sa mort.

On s’aperçut bientôt de la liaison devenue intime qui existait entre elle et le roi. Elle eut un appartement à peu de distance de celui du monarque et les courtisans clairvoyants n’eurent pas de peine à expliquer pourquoi l’un et l’autre se dérobaient en même temps au cercle de la reine. La sensible La Vallière ne fut pas la dernière à s’apercevoir qu’elle n’occupait plus seule le cœur de Louis. Il n’y eut que la reine qui ne voulut pas s’en douter.

Madame de Montespan avait su la persuader de sa vertu. Ce fut en 1670 que sa faveur éclata officiellement lors d’un voyage aux Pays-Bas où elle fit une partie du voyage dans la voiture du roi et de la reine. Et lorsqu’elle montait dans la sienne, quatre gardes du corps entouraient les portières.

En 1674, Louise de La Vallière quitta la cour. Mme de Montespan devint alors la favorite en titre de Louis XIV. « Beauté à faire admirer à tous les ambassadeurs », écrit Madame de Sévigné, « Junon tonnante et triomphante ». Une faveur traversée de crises, car la marquise était capricieuse, autoritaire, dépensière, brûlante d’ambition et de jalousie. Elle faisait même des scènes au roi. De son côté, Louise de La Vallière ne voulait pas céder la place. Par amour, l’ancienne favorite supporta tout : les rebuffades de son amant, les railleries de sa rivale triomphante, le mépris des courtisans. Mme de Montespan fit supprimer la présence des filles d’honneur de la reine, tant par la crainte qu’elle avait devant le goût de la nouveauté de son amant – elle pouvait trouver plus d’une rivale parmi les jeunes personnes qui se succédaient rapidement – que par le souci de cacher la naissance des enfants nés de leur passion.

La beauté de Madame de Montespan s’émoussa à mesure qu’elle prit de l’embonpoint. En 1680, au moment de l’affaire des Poisons, elle fut accusée par plusieurs prisonniers d’avoir donné au roi à son insu desaphrodisiaques, d’avoir fait dire des messes noires, accompagnées de sacrifices d’enfants, et d’avoir cherché la mort du roi et de la nouvelle favorite, Mademoiselle de Fontanges. Les historiens peinent à démêler le vrai du faux. Toujours est-il qu’elle ne fut pas inquiétée.

Avec l’âge, Louis XIV éprouvait le besoin d’une vie plus régulière, encouragé en ce sens par Madame de Maintenon, devenue entre temps l’amie du roi. Celle-ci, forte d’une réputation sans tache, empruntait la voie de la religion et de la morale pour ramener Louis de ses erreurs. Les sévères exhortations de Mme de Maintenon frappaient le roi par leur justesse ; mais habitué depuis longtemps à l’attrait du plaisir, il s’y laissait entraîner avec Mme de Montespan pour revenir ensuite déplorer sa fragilité auprès de Mme de Maintenon. Telle fut la cause de la jalousie réciproque entre les deux femmes. Louis XIV était lui-même obligé d’intervenir dans leurs querelles pour les raccommoder, pour les voir de nouveau se brouiller le lendemain. Mais c’est une troisième femme qui provoqua la disgrâce de Mme de Montespan. En 1678, Louis XIV tomba éperdument amoureux de la magnifique Marie Angélique de Fontanges, âgée seulement de 17 ans. C’était une protégée de Madame de Montespan qui avait cru pouvoir retenir le roi en lui présentant une jeune oie blanche. Le piège se retourna contre elle. Mademoiselle de Fontanges se retrouva vite enceinte mais accoucha prématurément d’un petit garçon qui ne survécut pas. Elle fut alors prise d’un mal lent qui l’affaiblissait de jour en jour et finit par la tuer. Or cette mort précoce intervint en pleine affaire des poisons. Compromise dans cette sombre histoire (à tort, puisqu’on sait maintenant que Mlle de Fontanges est morte d’une éclampsie), la marquise fut délaissée par le roi : elle dut quitter son appartement du château de Versailles, attribué à son fils, pour vivre dans les soupentes du château.

Les secrets de beauté de la marquise dans FONDATEURS - PATRIMOINE 220px-Francois-Athenais_de_RochechouartDepuis 1683, Mme de Montespan n’avait plus de titre mais elle demeura cependant à la Cour, ne pouvant se résoudre à s’éloigner du roi. Elle suivait le train de vie, donnant de grandes fêtes, vivant toujours sur un grand pied. En 1685, sa fille Mlle de Nantes épousait le duc de Bourbon, Louis III de Bourbon-Condé. En 1692, son fils le duc du Maine se mariait avec une petite-fille du Grand Condé et sa fille Mlle de Blois devenait l’épouse du duc de Chartres, neveu du roi. Elle était fière des brillants mariages de ses enfants. Le roi lui-même a d’ailleurs envisagé que le duc du Maine monte sur le trône en cas d’extinction des Bourbons et, à sa mort, il souhaita que celui-ci et son frère, le comte de Toulouse, assurent la Régence du futur Louis XV. En 1691, Madame de Montespan se retira à Paris où elle vécut dans la dévotion, la générosité et la volonté d’expier ses torts passés. Elle se disait toujours malade, sans l’être véritablement, et elle montrait constamment la crainte la plus vive de mourir. Son appartement restait éclairé pendant la nuit, et on la veillait toute la nuit au cas où son sommeil vînt à s’interrompre. Sa vie s’acheva en une longue pénitence. Elle retrouva l’humilité chrétienne, chercha à racheter ses péchés et le scandale de l’adultère par une vie de jeûne, de prière et de charité. Elle mourut en 1707, lors d’une cure à Bourbon-l’Archambault, après avoir fait une confession publique. Elle fut inhumée dans la chapelle des Cordeliers de Poitiers.

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