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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

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DECOUVERTE DES CRIEURS DE FROMAGES

Posté par francesca7 le 23 juillet 2015

 

 

faire_fromageOn ne se douterait guère que les crieurs de fromage à la crème dont les rues de Paris étaient sillonnées de toutes parts à la belle saison, aient été une des plus anciennes et des plus importantes corporations des vieux temps. A dire le vrai, ils rentraient dans la catégorie des regrattiers, soit des revendeurs, gagne-petit portant de porte en porte leur marchandise et l’offrant aux ménagères ; mais ils avaient reçu comme les autres des règlements dès la fin du règne de saint Louis. 

Aussi bien le fromage n’était-il point d’invention récente au treizième siècle même ; son nom dérivé du mot latin forma, forme, indiquait suffisamment la manière dont on le fabriquait. Dès le neuvième siècle, l’abbé Hilduin en parle dans sa charte aux moines de Saint-Denis, et plus tard Hincmar, dans ses recommandations aux archidiacres, leur enjoint de ne point charger trop les prêtres du diocèse dans leurs tournées pastorales, et de ne leur réclamer que le poisson et le fromage obligés.

Au treizième siècle, les redevances en fromages se payaient couramment ; souvent elles se transformaient en argent comme la plupart des corvées ou des prestations en nature, et elles devenaient un droit, un fermage, qui se louait dans certaines villes comme les droits de boucherie, de vin, ou autres. Nous ignorons si ses variétés étaient aussi nombreuses qu’elles le sont de nos jours, mais il est vraisemblable que les provinces avaient déjà à cette époque leur spécialité comme encore aujourd’hui, suivant qu’elles employaient le lait de vache, de brebis ou de chèvre.

Au temps de Philippe III le Hardi, les mesures de police sur la vente et l’achat du fromage étaient des plus démocratiques. Il était interdit aux marchands d’aller guetter dans les faubourgs de Paris les gens de campagne apportant leur fromage au marché, pour le leur acheter avant qu’on ne l’eût exposé sur la place publique. Cette précaution avait surtout pour but de prévenir la fraude sur la qualité du fromage, mais elle avait aussi un motif bien extraordinaire au treizième siècle, celui de laisser le fromage à la portée de tous, afin « que li povres hommes puissent prendre part avec le riche » ; car si les marchands revendeurs eussent pu accaparer, ils eussent élevé leurs prix et porté leur marchandise à un taux trop haut pour le pauvre monde.

D’autres prohibitions concernaient les acheteurs qui venaient parfois au marché réclamer aux fromagers la part du roi, c’est-à-dire ce droit qu’avait le roi de prendre à plus bas prix les denrées sur les places : certaines ménagères peu délicates se disaient attachées aux cuisines royales et obtenaient à deniers moindres les œufs et les fromages. C’était chose « griève » et que les statuts flétrissaient.

Les fromagers suivirent au Moyen Age la fortune des fruitiers, avec lesquels ils se confondent assez étroitement pour que nous n’ayons point à étudier ces derniers. Les statuts de la corporation des fruitiers furent publiés en 1412 et renouvelés sur la fin du quinzième siècle, au temps du roi Charles VIII. Henri IV en 1608 et Louis XIII en 1612 les homologuèrent à leur tour. Les fruitiers-fromagers avaient des maîtres et des maîtresses, des apprentis et des apprenties ; mais nul fruitier ne pouvait être facteur des marchands forains. 

L’industrie des fromages en tant que fabrication n’est point aussi ancienne qu’on pourrait le croire. Les fabriques de Gruyère ne datent guère que du dix-huitième siècle ; et les ramifications dans la Franche-Comté ne remontent point au delà de 1751. Pourtant le gros fromage rond se faisait isolément dans les villages depuis le seizième siècle, puisque nous voyons les moines de Beaume-les-Messieurs, près de Voitteur, dans le Jura, stipuler dans leurs baux l’obligation pour le fermier de fournir « un gros fromaige tel qu’ils ont accoustumé de les faire. » Les habitants des campagnes jetaient souvent la plus grande partie de leur lait aux pourceaux ou dans les fumiers.

La vente des fromages se faisait le plus généralement sur les places pendant toute la partie qui précéda le seizième siècle. Depuis, les fruitiers ouvrirent boutique et les fromages se vendirent « à fenestres » Les marchands ambulants restèrent malgré tout les plus nombreux de la corporation. Au seizième siècle, ils crient « Fromaige ! » dans les carrefours.

Au dix-septième, nous les trouvons portraiturés par Bonnard sous les traits d’un grand gaillard portant hotte et paniers chargés :

Pour faire trouver le vin bon,
Et dire les bons mots et les fines parolles
Au lieu de trenches de jambon,
Prenés fromage de Marolles.

Donc, au dix-septième siècle, le marolles avait déjà un certain renom. Il en était de même du fromage à la crème.

images (2)Au dix-huitième siècle, on appela « faire des fromages » ce jeu qui chez les jeunes filles consiste à tourner quelques instants sur soi-même et à s’abaisser ensuite subitement pour faire bouffer la jupe et lui donner en effet l’aspect d’un gros fromage rond. Madame Campan raconte dans ses Mémoires que se trouvant à l’âge de quinze ans en qualité de lectrice à la cour, elle s’amusait, malgré la solennité du lieu, à faire des fromages au milieu des salles. Un jour le roi entrant subitement dans une chambre trouva la jeune lectrice enfouie dans la soie de sa robe : il en rit de bon cœur, et, ayant fait venir mademoiselle Victoire : « Ma fille, lui dit-il, faites donc renvoyer un peu dans son couvent la petite lectrice qui fait des fromages, elle pourra en faire là tout à son soûl. »

 

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Il a crié Tuez-le ! Je prends tout sur moi

Posté par francesca7 le 23 juillet 2015

Il a crié Tuez-le ! Je prends tout sur moi dans AUX SIECLES DERNIERS 200px-Roi_murat Murat, né en 1767, fils de Jeanne Loubières et de Pierre Murat, aubergistes à Labastide-Fortunière – depuis, Labastide-Murat – dans le Lot-et-Garonne. Murat l’intrépide, Murat la folie à la tête de ses charges de cavalerie auxquelles rien ne résiste. Murat d’Austerlitz, d’Eylau, de Wagram, Murat de la Moskova, mais pas de Waterloo…

Murat qui, au combat, pare son cheval de la peau de panthère d’apparat, et se pare lui-même avec tant de couleurs, d’uniformes extravagants que même les ennemis se le montrent du doigt, étonnés et amusés ! Murat, le beau-frère de Napoléon qui l’a fait roi de Naples. Après la défaite de Leipzig en 1813 : il quitte la Grande Armée, rentre dans son royaume italien, commence à l’administrer. Allié à l’Autriche, il va combattre les Français en 1814 !

En 1815, lors des Cent-jours, il attend l’appel de Napoléon. Cet appel ne viendra pas. Murat manquera cruellement à Waterloo ! Louis XVIII demande au congrès de Vienne qu’un Bourbon soit rétabli sur le trône de Naples. À la suite de diverses aventures, Murat est arrêté en Calabre, le 8 octobre 1815.

C’est à Naples que les ambassadeurs décident de son sort. L’Autriche, la Prusse et la Russie optent pour la prison. L’Espagne et l’Angleterre demandent la mort. L’ambassadeur anglais ajoute : « Tuez-le, je prends tout sur moi ! »

 Le 13 octobre 1815 au matin, Joachim Murat, quarante-huit ans, prince de Pontecorvo, se rend sur les lieux où va être exécutée la sentence. Il adresse aux soldats qui l’attendent, contraints d’obéir, des paroles de compassion. Il va commander lui-même le peloton d’exécution. Dans ses mains il serre un médaillon où figure le portrait de sa femme, la reine Caroline. Les yeux ouverts, il crie « Feu ! »

Le cavalier Murat

Doté d’un puissant charisme, il est un excellent meneur d’hommes et un brillant cavalier. Ses hommes reconnaissent en lui le chef qui les guidera à la victoire. Les Cosaques, cavaliers de l’armée russe, lui vouaient une véritable admiration. Soldat d’avant-garde, il sait fixer l’ennemi et le poursuivre après sa défaite. Il fait ainsi 15 000 prisonniers en cinq jours après la prise d’Ulm en 1805, et anéantit l’orgueilleuse armée prussienne après la double victoire d’Iéna et Auerstaedt. Sabreur, il mène ses escadrons à l’assaut des troupes ennemies aux cours des charges les plus folles, remportant des succès aussi incroyables que décisifs. Ainsi, il écrase l’armée turque à Aboukir, il évite la défaite à Eylau en prenant la tête de 80 escadrons qu’il fait charger sur les troupes russes, et ordonne la charge décisive à la bataille de la Moskowa.

220px-Patria_Esercito_Re_p283Il est cependant souvent emporté par son enthousiasme, ce qui lui vaut une réputation de fonceur et d’étourdi. À la bataille d’Heilsberg, en 1807, il se jette seul avec 9 000 cavaliers et quelques fantassins contre 80 000 Russes bien retranchés. Cela en fait également un mauvais général en chef qui épuise sa cavalerie à la poursuite des Russes qui se dérobent, au début de la campagne de Russie.

Murat est également réputé pour ses tenues toutes plus extravagantes les unes que les autres qui lui valurent le surnom de « roi Franconi », du nom d’un écuyer de cirque connu dans toute l’Europe du début du xixe siècle. Cette manie traduit sa vanité, sa volonté de se distinguer des autres généraux français. Il est de fait aisément reconnaissable sur les tableaux évoquant le Premier Empire (et était réellement immédiatement identifié dans les foules et sur les champs de bataille de l’époque), notamment par le port systématique d’énormes panaches blancs sur ses chapeaux.

Le général Griois a laissé dans ses mémoires un portrait de Murat qui résume le personnage.

 

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Les parfums aux pois de senteurs

Posté par francesca7 le 21 juillet 2015

 

Sweet_Pea-01Avec ses fleurs gracieuses comme des nuées de papillons, ses couleurs éclatantes et son parfum unique, le pois de senteur s’est fait une place de renom dans nos jardins où il fleurit dès le printemps et en été. Sa culture est aussi particulièrement aisée, ce qui ne gâche rien ! On aime aussi le pois de senteur en bouquet, associé aux fleurs printanières, où il apporte sa fragrance et sa légèreté. Découvrez les secrets de cette fleur pleine de délicatesse…

Le pois de senteur compte de nombreux surnoms : « pois fleur », « pois musqué » ou encore « gesse odorante ». En anglais, il répond au joli nom de sweet pea. Comme son nom l’indique, le pois de senteur est réputé pour son doux parfum, suave et musqué. Mais on l’aime aussi pour la beauté de ses fleurs, graciles et aériennes. On le cultive aujourd’hui beaucoup comme fleur de jardin : les nombreuses variétés actuelles offrent un incroyable choix de couleurs : blanc, rouge, mauve, rose, pourpre, bleu, orange… Sa fleur se compose de trois parties : un pétale supérieur (l’étendard), deux latéraux (les ailes) et deux inférieurs soudés (la carène).
 
On distingue plusieurs groupes de cultivars, dont les plus courants sont :

  • le groupe ‘Spencer’ : à grandes fleurs et aux nombreux coloris, avec une floraison odorante et abondante. Ce sont les plus populaires et les plus cultivés, notamment pour les fleurs coupées.
  • le groupe ‘Cuthbertson’ : à floraison printanière précoce, et aux nombreux coloris.
  • le groupe ‘Royal’ : à grandes fleurs, mais peu parfumées.

 

Au XVIIe siècle, un moine sicilien, Franciscus Cupani, expédia des graines d’une espèce sauvage en Angleterre. La plante passa relativement inaperçue, ressemblant alors très peu à la fleur que nous connaissons aujourd’hui. Il faut attendre le XIXe siècle pour qu’un horticulteur écossais, Henry Eckford (1823-1905), s’attèle à croiser les variétés connues de pois de senteur pour mettre au point le groupe Grandiflora, présentant une nette amélioration en qualité et en taille, mais surtout un parfum unique et très intense. Actuellement, la plupart des descendants de ce groupe servent de base aux obtentions.
 
A savoir également que le pois de senteur tient une place importante dans l’histoire de la génétique : la plante fut en effet l’objet d’expériences entreprises par Gregor Mendel (1822-1884) sur l’hérédité, qui posèrent les bases de cette science.

Le pois de senteur dans le langage des fleurs

Le pois de senteur délivre un message ambigu. Il peut symboliser l’arrogance et exprimer les doutes que l’on a à l’encontre de son destinataire, déclarant alors : « je ne te crois pas ». Mais associé en bouquet à d’autres fleurs, le pois de senteur véhicule davantage l’élégance et le plaisir, et peut s’offrir en gage d’amitié.

 

Le pois de senteur a également une bonne tenue en vase et embaumera divinement votre maison ! Choisissez-lui un vase étroit, que vous remplirez de 3 cm d’eau environ, afin d’éviter la pourriture grise. Recoupez ses tiges et changez l’eau régulièrement. Attention, le pois de senteur est très sensible au gaz d’éthylène : évitez donc de placer votre bouquet près d’une corbeille de fruits.
Le pois de senteur se marie à merveille au muguet,aux roses, ou encore aux oeillets.

  • Attention aux enfants ! Le pois de senteur produit des graines dont l’ingestion est toxique. Elle provoque lelathyrisme, une maladie neurologique qui peut occassionner une paralysie des membres inférieurs.

 

  • La fragrance musquée, suave et miellée du pois de senteur est souvent utilisée en parfumerie. On retrouve ses notes dans Amarige d’Amour de Givenchy,Marché aux fleurs de Fragonard ou encore Pleats Please de Issey Miyake.

 

Les parfums aux pois de senteurs dans FLORE FRANCAISE 220px-Sweet_Pea-2Bien que le pois de senteur ne soit pas très exigeant, il donnera une meilleure floraison si vous lui trouvez un sol riche (par exemple un mélange de terreau et de terre du jardin) et une exposition ensoleillée. La plupart des variétés sont grimpantes et se plairont contre une treille, un grillage, un mur… Mais vous pourrez aussi trouver des variétés naines qui décoreront joliment les bordures de votre jardin et ne nécessiteront pas de tuteur.
 
Vous pourrez planter vos pois de senteur en godet ou en semis directement au jardin dès le mois d’avril, voire à l’automne si vous habitez une région où les hivers sont doux (le pois de senteur ne résiste pas au gel). Afin de favoriser la germination, laisser tremper les graines durant toute une nuit dans de l’eau tiède avant de procéder à la plantation.
 
Dans votre jardin, creusez un sillon de 3 cm de profondeur, et espacez les graines d’une dizaine de centimètres. Recouvrez de terre et arrosez abondamment.
 
Pour une floraison plus précoce, vous pourrez également réaliser des semis pendant l’hiver sous abri : placez 5 graines dans un pot d’une dizaine de centimètres de 10 cm de diamètre que vous installerez sous serre ou sous un châssis, avant de procéder à la plantation au mois de mars.
 
Guidez régulièrement la plante afin que celle-ci s’accroche au support et si besoin pour les variétés de grandes tailles, installez un tuteur. Et ne vous privez surtout pas de couper des fleurs de pois de senteur au fur et à mesure pour vous confectionner des bouquets : cette pratique stimulera d’autant plus la floraison ! Pensez également à arroser en cas de fortes chaleurs.

Originaire du sud-est de l’Italie et de la Sicile, le pois de senteur est apprécié pour la grâce de ses fleurs, ses couleurs éclatantes et son parfum si particulier, suave et musqué. Sa simplicité d’entretien en fait un habitué de nos jardins, où il fleurit le printemps et surtout l’été. La plupart des variétés sont des plantes grimpantes mais il est également possible de les cultiver en bordures, tant que l’exposition reste ensoleillée et moyennant un arrosage régulier. Les fleuristes aiment particulièrement l’intégrer dans les créations florales saisonnières, à qui il apporte sa fragrance et sa légèreté. Dans le langage des fleurs, le pois de senteur se veut plus arrogant et exprime même des doutes à l’encontre du destinataire.

source : http://blog.interflora.fr 

 

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La lavande flamboie dans ma campagne

Posté par francesca7 le 21 juillet 2015

LavenderPlante mellifère très courtisée par les abeilles, la lavande se reconnait facilement à ses fleurs en épis très odorantes, généralement mauves ou violettes. Plante estivale par excellence, la lavande est originaire du bassin méditerranéen et est une grande consommatrice de soleil. Sa récolte a généralement lieu en été, car les fortes chaleurs permettent à la fleur de sécréter ses essences les plus qualitatives, notamment pour produire l’huile essentielle de lavande. La fleur est ainsi largement utilisée en parfumerie, en médecine et dans la gastronomie. Dans le langage des fleurs, la lavande est associée à la tendresse. Source d’énergie positive, c’est une plante protectrice du foyer et des enfants.

Venue de l’ouest du bassin méditerranéen, la lavande était déjà utilisée par les Romains pour conserver le linge et parfumer les bains. En Provence, la lavande fut utilisée au Moyen Âge, pour la composition de parfums et de médicaments, mais c’est à partir du xixe siècle que sa culture se développa.

L’essor de la production française d’huile essentielle de lavande fine est lié à l’implantation de parfumeries dans la région deGrasse. La mise en culture organisée systématique du lavandin, dans les années 1950, prit ensuite le relais.

La culture de la lavande du Quercy apparut également sur les derniers versants du sud-ouest du Massif central avant 1936 à Roquecor en Tarn-et-Garonne. Celle-ci atteignit son apogée dans les années 1950 et 1960, et seuls quelques cultivateurs perpétuent encore cette tradition.

Après plusieurs crises qui entraînèrent la chute de la production et une régression des cultures, les plantations furent relancées par la stabilisation des surfaces à cultiver et le développement des moyens de distillation.

De nos jours, la plus grande fête consacrée à la lavande en France est célébrée depuis près de 70 ans à l’occasion du « Corso de la Lavande » à Digne-les-Bains et s’achève par un défilé de chars décorés de lavande.

Le phytoplasme du Stolbur a détruit 50% de la récolte française d’huile essentielle de lavande entre 2005 et 2010 la réduisant à entre 25 et 30 tonnes en 2011. La Bulgarie avec une production de 45 tonnes en 2010 et entre 55 à 60 tonnes en 2011 est devenue le premier producteur mondial de lavande avec 45 tonnes devant la France produisant de 25 à 30 tonnes à cette date. Les deux pays fournissent les trois quarts de la production internationale et entre 80% et 90% de l’huile essentielle de lavande bulgare est vendue en France.

Si les noms latins des lavandes ne posent plus guère de problèmes, il n’en va pas de même avec les noms courants. La même lavande devient française, anglaise ou espagnole selon le pays où elle est classée. On distingue quatre espèces principales :

  • Lavandula angustifolia, ou lavande vraie. Noms anciens : L. officinalisL. vera. Autres noms usuels : lavande anglaise (certains auteurs préférant donner ce nom à l’espèce L. dentata), lavande des Alpes, lavande fine. C’est la meilleure des lavandes pour la qualité de son huile essentielle. À l’état sauvage, elle pousse naturellement surtout en haute Provence au-dessus de 700 à 800 mètres d’altitude. Robuste, elle résiste aux contraintes climatiques des montagnes sèches de la haute Provence, mais elle peut être cultivée dans des régions plus septentrionales, d’autant qu’il en existe de nombreux cultivars. C’est un arbrisseau buissonnant pouvant atteindre 0,50 m de haut. Les feuilles, linéaires et de couleur gris-vert, ont une longueur variant entre 3 et 5 cm. Lors de la floraison (juillet-août), la plante développe de longs pédoncules non ramifiés terminés par des épis dont la couleur varie du mauve pâle au violet. Seule l’huile essentielle issue de cette production sur une zone déterminée bénéficie de l’Appellation d’origine contrôlée (AOC), huile essentielle de lavande de Haute-Provence. On recense environ 4 000 hectares cultivés dans les 4 départements producteurs.

  • Lavandula latifolia, ou lavande aspic. Nom ancien : L. spica. Par rapport à la précédente, ses feuilles sont plus larges (elliptiques) et très odorantes. La floraison est plus précoce (juin-août), et les fleurs ont une odeur très camphrée. Elles poussent à l’extrémité de tiges ramifiées, ce qui est le moyen le plus sûr de la différencier de la lavande vraie. Elle est beaucoup moins appréciée en parfumerie.

  • Lavandula × intermedia, ou lavandin, hybride naturel entre L. angustifolia et L. latifolia. C’est la troisième des lavandes provençales. Découvert un peu par hasard, il a été cultivé à partir des années 1930. Le lavandin est aujourd’hui l’espèce la plus cultivée, car sa fleur est plus productive en huile essentielle que la lavande vraie. Son essence de bonne qualité olfactive est plus camphrée que celle de la lavande, elle est très utilisée dans la parfumerie industrielle. Au cours des années, plusieurs variétés de cet hybride ont été sélectionnées et reproduites par bouturage. Les surfaces cultivées en lavandins sont estimées à 17 000 hectares. Les variétés les plus cultivées actuellement sont :
    • Lavandin Grosso 80 % des surfaces en lavandins
    • Lavandin Abrial 10 %
    • Lavandin Super 10 %

  • Lavandula stoechas, ou lavande stéchas, lavande papillon, cantueso (nom surtout donné à la sous-espèce L. stoechas pedunculata). À l’état sauvage, c’est certainement la lavande dont le territoire géographique est le plus vaste (tout le pourtour méditerranéen). Mais elle n’est d’aucune utilité en parfumerie : elle sent un peu le camphre, et rien d’autre. Elle se distingue des espèces précédentes par deux caractéristiques : d’une part elle apprécie surtout les terrains siliceux, notamment le schiste; de l’autre elle possède à l’extrémité de ses épis de grandes bractées violettes, souvent plus foncées que les fleurs proprement dites. Floraison : avril-juillet.

LavandulaLe mot lavande est un dérivé du verbe laver, peut-être issu de l’italien lavando (action de laver), et qui remonte au latin lavandaria : linge à laver, sans doute à l’origine de l’anglais lavender (lavendre vers 1265). Cette étymologie laisse penser que très tôt on a utilisé la lavande pour parfumer le linge fraîchement lavé. Des sachets de fleurs séchées sont traditionnellement placés dans les armoires, pour éloigner les mites et parfumer la garde-robe.

Les fleurs de lavande, séchées, sont très résistantes et conservent leurs arômes très longtemps. Un autre usage très ancien est celui de mettre de la lavande dans l’eau du bain pour son parfum et ses propriétés antiseptiques et calmantes.

L’essence de lavande contient des composants différents selon les espèces . On l’obtient traditionnellement par distillation des sommités florales. Au xixe siècle et au début du xxe siècle, la Provence était parsemée de petites distilleries familiales, qui ont peu à peu toutes disparu, victimes de crises de mévente et de l’industrialisation de la production.

C’est bien sûr la parfumerie qui fait le plus gros usage de la lavande. On peut tout parfumer avec elle, depuis les savonnettes jusqu’aux détergents et au papier hygiénique. Dans les parfums proprement dits, la lavande est surtout réservée aux hommes, soit en soliflore dans les eaux de toilette, soit en note de cœur dans les eaux de Cologne.

Dans le langage des fleurs la lavande signifie « Répondez-moi », dans un sens d’impatience méfiante, de questionnement amoureux. Dans une relation plus établie ou une relation amicale, c’est un symbole de « tendresse » : en relation avec sa couleur mauve bleutée, son parfum, ainsi que ses propriétés apaisantes et antiseptiques.

Les noces de lavande symbolisent les 46 ans de mariage dans le folklore français.

 

un site à visiter http://www.interflora.fr/tendances-florales-juin

 

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Entre mes mains, un pareil homme aurait fait de grandes choses

Posté par francesca7 le 20 juillet 2015

 Georges_Cadoudal_1804Cadoudal ! Un élève brillant au collège Saint-Yves de Vannes où il se signale par son sens de la répartie, par son esprit vif dans un corps qui en impose. Adulte, Cadoudal est un géant qui trouve dans la chouannerie bretonne une aventure à sa mesure.

Elle lui permet de quitter son bureau poussiéreux de clerc de notaire. En 1793, à vingt-deux ans, il refuse avec éclat la conscription, se retrouve au combat, est blessé, emprisonné à Brest, puis libéré. Lors du débarquement franco-anglais de Quiberon, le 27 juin 1795, c’est lui qui commande la troupe des chouans, jusqu’au désastre.

En 1796, il accepte de faire la paix avec Hoche, mais, en 1797, il se rend en Angleterre, est nommé commandant en chef de la Basse-Bretagne par le comte d’Artois (le futur Charles X). Il lève une armée de 20 000 hommes et reprend le combat en 1799.

Février 1800 : il signe la paix, davantage par contrainte que par volonté. Quelques mois plus tard, il participe à l’organisation de l’attentat de la rue Saint-Nicaise où Bonaparte aurait dû trouver la mort : une machine infernale composée de barils de poudre installés sur une charrette explose entre la voiture du premier consul et celle de Joséphine – on compte dix morts, des dizaines de blessés ; Bonaparte est indemne et demande que sa voiture poursuive son chemin, sans se préoccuper de son épouse… Retour en Angleterre pour Cadoudal.

Louis XVIII le nomme commandant en chef des armées de l’ouest. En 1803, il revient pour enlever Bonaparte, avec Pichegru, Moreau, et quelques autres. Arrêté le 9 mars 1804 à Paris, il est jugé et condamné à mort. Avec onze de ses compagnons, il est guillotiné le 25 juin 1804. Son corps est donné aux étudiants en médecine : le chirurgien Larrey garde son squelette, et le monte sur fil de fer afin de l’utiliser pour ses cours d’anatomie. Aujourd’hui, les restes de George Cadoudal reposent à Auray, au mausolée de Kerléano.

Bonaparte qui avait eu avec lui, en 1800, une entrevue plutôt houleuse, et qui cherchait à le sauver, eut ces mots : « Entre mes mains, un pareil homme aurait fait de grandes choses ! »

Cadoudal général du Morbihan

Après le désastre de l’expédition de Quiberon, Cadoudal prend une nouvelle dimension. Il condamne l’attitude des émigrés, dans une lettre à Vauban, le 7 septembre qu’il qualifie de « monstres qui auraient dû être engloutis par la mer avant d’arriver à Quiberon ». Le 16 août 1795, au château de la Grand’ville à Grand-Champ, Cadoudal est élu général de l’Armée catholique et royale du Morbihan, lors de la réunion du Conseil royaliste. Aussitôt, Cadoudal réorganise les forces du Morbihan, celles-ci sont réparties en 12 divisions de valeur cependant inégales. Jean Rohu pour la division d’Auray, Pierre Guillemot pour la division de Bignan et Locminé, la plus importante, Brulon, la division de Vannes Jean Jan, la division de Baud, Melrand et Guémené-sur-Scorff, Pierre Robinault de Saint-Régeant, la division de Loudéac, du Chélas, la division de Gourin et du Faouët, Bonfils de Saint-Loup, la division d’Hennebont, Louis de La Haye de Silz, la division de Muzillac, Entre mes mains, un pareil homme aurait fait de grandes choses dans Bretagne 170px-Mausol%C3%A9_de_cadoudal2Lantivy du Rest, la division de Pontivy César du Bouays, la division de Ploërmel et Malestroit et de Troussier, la division de La Trinité-Porhoët. Un autre officier, Le Paige de Bar tente d’étendre la Chouannerie à la Cornouaille. Cadoudal commande personnellement la division d’Auray, Pierre-Mathurin Mercier, dit la Vendée est commandant en second de l’armée, Julien Berthelot commande la cavalerie et de Trécesson dirige l’artillerie.

L’Armée catholique et royale du Morbihan compte alors 18 000 à 20 000 hommes. Le 31 août, Cadoudal lance une proclamation dans laquelle il engage les habitants du Morbihan à ne pas payer leurs impôts à la République. Il déclare que les collecteurs d’impôts seront punis de morts et que les paysans qui payeront leurs impôts devront fournir la même somme aux Chouans.

Les Britanniques et les émigrés ne renoncent pas à leur projet d’invasion. Le 2 octobre, une flotte britannique transportant 5 580 soldats commandés par le comte d’Artois s’empare de l’Île d’Yeu. Leur intention est de débarquer cette fois-ci en Vendée et faire leur jonction avec les troupes de Charette. Mais le prince à des difficultés à entrer en contact avec lui, tergiverse et reste finalement inactif. Cadoudal envoie alors Mercier sur l’île d’Yeu afin de le convaincre de débarquer en Bretagne plutôt qu’en Vendée.

Le 22 octobre, Cadoudal ordonne la reprise générale des combats. Il donne pour consigne à ses officiers d’attaquer tous les détachements de moins de 50 hommes, de former une cavalerie, de surveiller les routes et d’intercepter les courriers des Républicains, et de punir les soldats isolés qui se livrent au pillage. Le 4 novembre, après une attaque infructueuse la veille au pont de Bodvrel, en Sérent, Cadoudal, avec 400 hommes attaque Elven défendu par un poste de 150 soldats. La surprise échoue, les Républicains se retranchent dans l’église et dans la caserne et les Chouans doivent renoncer. Ils perdent 11 hommes, les Républicains déplorent 13 morts et 28 blessés. Un émigré, de Cordehem, écrit dans une lettre après le combat:

« Cette affaire fut la dernière dans laquelle je vis le général Georges ; elle me donna une bien haute idée de sa valeur, car il se tint constamment au milieu de nous, et comme il était le seul à cheval, et très facile à reconnaître, il était le point de mire des républicains, et il est inconcevable qu’il n’ait pas péri dans cette journée. »

Sur le chemin du retour Cadoudal échappe de peu à une embuscade au château de Grand’ville à Brandivy, mais les Chouans prennent leur revanche au moulin de Toulnay à Grand-Champ.

Le 25 juin 1804, les condamnés sont transférés de la prison de Bicêtre à la Conciergerie. Le marquis de Rivière raconte dans ses mémoires :

« Le jour même de l’exécution, on vint lui annoncer qu’il pouvait obtenir sa grâce : il demanda si ses officiers l’obtiendraient aussi. On lui répondit que pour ce qui les concernaient, le chef du gouvernement croyait devoir laisser à la justice son cours. « Allons, dit-il, je subirai la peine qui m’est infligée. C’est moi qui les ai engagés à venir, et je serais un lâche de vivre s’il doivent mourir. » »

Georges Cadoudal refuse farouchement, par principe, toute idée de demande de grâce, alors que tout laisse à penser que Bonaparte était plutôt demandeur en la matière. Le conseiller d’État Réal, qui lui propose avec insistance de signer un recours en grâce, se voit répondre : « Me promettez-vous une plus belle occasion de mourir ? »

À 10 heures les douze condamnés — Georges Cadoudal, Jean Le Lan, Jean Merille, Victor Deville, Pierre-Jean Cadudal, Michel Roger, Louis Picot, Louis Ducorps, Guillaume Le Mercier, Louis-Gabriel Burban, Aimé-Augustin Joyaut et Jean-Baptiste Coster de Saint-Victor — sont conduits place de Grève. Cadoudal demande à déroger à la règle voulant que le chef de bande soit exécuté en dernier afin que ses compagnons ne puissent douter de son engagement et penser qu’il pourrait accepter une grâce de dernière minute. À 11 heures, il récite une dernière prière avec son confesseur l’abbé de Kervanan puis monte sur l’échafaud. Avant que le couperet tombe, il crie à trois reprises « Vive le roi !

Regards contemporains

« Tenez, par exemple, il a y a parmi les conjurés un homme que je regrette; c’est Georges. Celui-là est bien trempé; entre mes mains un pareil homme aurait fait de grandes choses. Je sais apprécier tout ce que vaut la fermeté de son caractère, et je lui a aurais donné une bonne direction. Je lui ai fait dire par Réal que s’il voulait s’attacher à moi, non-seulement il aurait sa grâce, mais que je lui aurais donné un régiment. Que sais-je? je l’aurais peut-être pris pour aide-de-camp. On aurait crié; mais cela m’eût été, parbleu, bien égal. Georges a tout refusé; c’est une barre de fer. Qu’y puis-je ? il subira son sort, car c’est un homme trop dangereux dans un parti; c’est une nécessité de ma position. Que je ne fasse pas d’exemples, et l’Angleterre va me jeter en France tous les vauriens de l’émigration; mais patience, patience! j’ai les bras longs, et je saurai les atteindre s’ils bougent.

170px-Chouans_en_d%C3%A9route dans FONDATEURS - PATRIMOINEMoreau n’a vu dans Georges qu’un brutal, moi j’y vois autre chose. Vous devez vous rappeler la conversation que j’eus avec lui aux Tuileries, vous étiez avec Rapp dans la pièce à côté. Je n’ai pu parvenir à le remuer. Quelques-uns de ses camarades furent émus au nom de la patrie et de la gloire, mais pour lui il resta froid. J’eus beau tâter toutes les fibres, parcourir toutes les cordes; ce fut en vain, je le trouvai constamment insensible à tout ce que je lui disais. Georges ne parut alors à mes yeux que froidement avide du pouvoir, il en demeurait toujours à vouloir commander les Vendéens. Ce fut après avoir épuisé tout moyen de conciliation que je pris le langage du premier magistrat. Je le congédiai en lui recommandant surtout d’aller vivre chez lui, tranquille et soumis, de ne pas se méprendre sur la nature de la démarche que j’avais faite vis-à-vis de lui, de ne pas attribuer à faiblesse ce qui n’était que le résultat de ma modération et de ma force: Dites-vous bien, ajoutai-je, et répétez à tous les vôtres que, tant que j’aurai les rênes de l’autorité, il n’y aura ni chance ni salut pour quiconque oserait conspirer. Je le congédiai alors, et la suite a prouvé si j’avais raison de lui recommander de se tenir tranquille. Réal m’a dit que quand Moreau et lui s’étaient trouvés en a présence avec Pichegru, ils n’avaient pu s’entendre, parce que Georges ne voulait pas agir autrement que pour les Bourbons. Eh bien, il avait un plan, mais Moreau n’en avait aucun : il voulait renverser mon pouvoir sans savoir ce qu’il mettrait à ma place. Cela n’avait pas le sens commun. »

Citation de Napoléon Ier, cité par Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne, Mémoires

 

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Le plus joli du monde

Posté par francesca7 le 20 juillet 2015

 

« Elle avait le plus joli – ici, le terme employé par Bonaparte est censuré, on peut trouver l’équivalent de sa pensée, si tant est qu’en ce domaine c’en est une, dans le dictionnaire, au mot callipyge – du monde ! »

Le plus joli du monde dans HUMEUR DES ANCETRES 220px-Jos%C3%A9phine_Imp%C3%A9ratrice_des_Fran%C3%A7ais_et_reine_d%27Italie.Marie-Josèphe Rose Tascher de La Pagerie – surnommée Yéyette dans son enfance martiniquaise – devient l’épouse de Bonaparte le 9 mars 1796. Veuve d’Alexandre de Beauharnais, guillotiné cinq jours avant le 9 thermidor, elle a bien failli elle aussi monter à l’échafaud. Aussitôt son mariage, Bonaparte part pour la campagne d’Italie. Il supplie Joséphine (Marie-Josèphe) de l’y rejoindre. Elle y va, accompagnée de… son amant, le beau lieutenant des hussards Hyppolite Charles ! Afin de se procurer de l’argent, elle trempe dans un trafic de chapeaux de paille et de saucissons destinés à l’armée ! Elle dépense beaucoup, Joséphine ! Aime-t-elle son mari ? Ce n’est pas sûr : ils envisagent même le divorce en 1799. Mais lorsque le vent tourne en faveur de Bonaparte, Joséphine se ravise. Impératrice en 1804, répudiée en 1810, elle meurt en 1814. L’amour qui n’avait peut-être jamais existé entre les époux impériaux avait été remplacé par la tendresse et la fidélité du coeur.

Il semble que Joséphine de Beauharnais ait eu trois vies. Née Marie-Josèphe-Rose, elle est appelée tout simplement Rose dans son enfance, à la Martinique. Elle grandit dans une noble famille de planteurs et est envoyée en métropole à 16 ans. Elle se marie presque immédiatement à Alexandre de Beauharnais, jeune homme qu’elle connaît depuis longtemps, et ami de la famille. Elle devient alors très proche de la noblesse française dès son arrivée à Paris, sa famille étant très ancienne… Son mari, Alexandre, n’est pas très bien vu. Il ne parvient pas à gravir les échelons de la noblesse, son patronyme est méconnu, et certaines disent que leur mariage a été considérablement fragilisé par ses guerres de pouvoir.

Alexandre de Beauharnais ne cesse d’avoir des aventures, laissant Rose souvent seule avec leurs deux enfants. Le couple se sépare à l’amiable 8 ans après, juste avant la révolution de 1794… Ce sont effectivement des temps troublés qui attendent Rose : son mari est guillotiné et elle même échappe de peu à la condamnation à mort. Elle ne reste emprisonnée que quelques semaines avant d’être relâchée, et parvient à sauver ses enfants. Rose est à présent une jeune veuve… Elle parvient à se remettre peu à peu et sa grande beauté lui permettra de rebondir très vite d’un point de vue sociale : c’est une personne extrêmement bien vue par toutes les strates de la population. Elle est accueillie dans les salons de dames les plus prisées, elle joue avec la mode, elle semble déjà avoir une passion pour les belles toilettes. N’ayant pas de revenus fixes, elle contracte dès lors de nombreuses dettes… Dont elle semble se sortir sans aucunes embûches. Elle acquiert très rapidement une réputation de passionnée de mode, et engendrera de nombreuses tendances!

Passionnée de botanique, elle contribue à introduire de nombreuses espèces florales en France, notamment des plantes d’origine subtropicale dans ses serres chaudes du château de la Petite Malmaison. L’impératrice est à l’origine de la première impulsion quant à l’acclimatation de végétaux exotiques sur la Côte d’Azur. Elle entreprend une correspondance suivie avec le préfet des Alpes-Maritimes, M.-J. Dubouchage et envoie sur la riviera française de nombreuses plantes en provenance de La Malmaison.

Bénéficiant de l’aide de l’État, et étant nostalgique des végétaux exotiques de La Martinique, elle réunit dans les serres de son château de la Malmaison de nombreuses plantes étrangères remarquables. Joséphine est ainsi à l’origine de l’introduction d’espèces nouvelles dans les Alpes-Maritimes, plantées dans le jardin botanique créé en septembre 1801 dans l’enceinte de l’École centrale du département, quartier Saint-Jean-Baptiste à Nice, sous l’égide de la Société d’agriculture des Alpes-Maritimes. Ce jardin botanique comprend deux parties dont l’une, d’une surface de 30 perches est destinée « à cultiver et à acclimater des plantes exotiques » et l’autre, d’une surface de 25 perches, comprend une grande serre.

 

Bien que sujette à de nombreux malaises, elle accepte de recevoir le tsar Alexandre Ier dans le château de Saint-Leu de sa fille Hortense, le 14 mai 1814. C’est pour s’être promenée avec lui dans le jardin, vêtue d’une simple robe d’été, qu’elle prend froid et contracte une pneumonie qui l’emporte le 29 mai 1814 vers midi, dans sa grande chambre du château de La Malmaison. Les médecins pratiquant l’autopsie confirment la pneumonie accompagnée d’une angine gangréneuse.

300px-Château_de_Malmaison_à_Rueil-Malmaison_003La veille de sa mort, elle faisait encore visiter son beau domaine à l’empereur de Russie. Elle meurt des suites d’un refroidissement attrapé sur l’étang de Saint-Cucufa.

Les funérailles solennelles ont lieu le 2 juin avec la plus grande pompe, dans la modeste et petite église du village de Rueil. Joséphine est inhumée en l’église Saint-Pierre-Saint-Paul de Rueil-Malmaison d’abord dans un caveau provisoire dans la cave du presbytère. Ce n’est en effet que le 28 septembre 1825 que ses cendres sont transférées dans le tombeau commandé par ses deux enfants Eugène et Hortense, ces derniers passant plus de dix ans à lever les obstacles auprès des autorités pour faire ériger ce mausolée. Son monument funéraire, œuvre de l’architecte Louis-Martin Berthault et du sculpteur Pierre Cartellier, est surmonté d’une effigie en marbre de Carrare de Joséphine dans la même attitude que dans le tableau du Sacre de David. Berthault construit quatre colonnes ioniques supportant une voûte plein cintre. Cartellier sculpte la statue de Joséphine en orant et en costume de cour, disposant habilement le peigne de sa coiffure de manière à simuler le diadème alors que le gouvernement de la Restauration avait défendu de représenter Joséphine avec aucun des attributs impériaux

Nous pouvons également nommer la grande-duchesse de Bade, née Stéphanie de Beauharnais, nièce de son premier mari et adoptée par Napoléon. Mariée au grand-duc Charles II de Bade en 1806, elle est l’ancêtre des maisons royales de Roumanie et de Belgique, de Yougoslavie, de Grèce, d’Italie et de la maison grand-ducale de Luxembourg.

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9phine_de_Beauharnais

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METTRE LA CHARRUE AVANT LES BŒUFS

Posté par francesca7 le 17 juillet 2015

 

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EXPRESSION FRANCAISE

Je ne cite cette expression que pour mémoire et parce qu’elle paraît être la seule à venir plus ou moins directement du monde du travail – encore que par l’absurde, ou peut-être justement à cause de son absurdité. Il faut dire aussi que la charrue est tellement chargée de symboles (la paix, le travail, et même le phallus qui fertiliser la terre femelle), outil à la fois virgilien et biblique, qu’elle a toujours eu sans peine droit à de cité dans le langage.

« Ils forgeront leurs épées en socs de charrue, et leurs lances en faucilles », dit Isaïe, pronostiquant un monde meilleur.

La charrue harmonieusement tirée par les bœufs est depuis toujours l’image même de la logique, de la cause avec son effet ; inverser les éléments engendre l’absurde. Car la forme originale de la locution est mettre la charrue devant les bœufs. C’est ainsi que l’emploie Rabelais en transformant la charrue en « charrette » dans l’enfance de Gargantua, lequel, entre autres incohérences, « mettoyt la charrette devant les boeufz ».

C’est à cause de l’ambiguïté de devant, qui pendant longtemps a voulu dire soit « avant », comme dans « ci-devant », soit devant, « en face », que l’on afin par interprêter « avant les boeufs » et donner à l’expression le sens de faire les choses dans le mauvais ordre, généralmeent poru vouloir trop se presser. L’idée d’incohérence semble plus fort dans cette phrase d’un Arrêt d’amour du XVè siècle : « tournant à chaque propos la charrue contre les boeufs ».

 

Extrait de : La Puce à l’Oreille de Claude Dunetton

 

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La paille au nez

Posté par francesca7 le 17 juillet 2015

La paille au nez dans FONDATEURS - PATRIMOINE 200px-Jean_Auguste_Dominique_Ingres%2C_Portrait_de_Napol%C3%A9on_Bonaparte_en_premier_consulSous les arcades du Palais-Royal, depuis le 15 septembre 1795, un petit général erre, l’âme en peine. Son visage de jour en jour jaunit, pâlit, il a faim, il n’a plus rien à manger. Ses vêtements sont élimés. Il n’a plus un sou ! Il tente de se faire inviter dans les salons à la mode pour subsister. Il a des idées noires, et certains soirs, même, une dangereuse mélancolie l’envahit. Il a été radié de la liste des généraux employés par le Comité de salut public.

Pourquoi ? Parce qu’il était le protégé du frère de Robespierre. Le petit général n’est pas si petit que cela, il mesure 1,68 m. Ses ancêtres habitaient l’Italie, en Toscane. Ils sont venus s’installer en Corse, cette île devenue française en 1768. Le petit général – qui n’est autre que le petit caporal , vous l’avez deviné… – est né à Ajaccio le 15 août 1769.

C’est le deuxième des treize enfants de Charles Bonaparte, un avocat au conseil supérieur de Corse, et de Marie-Letizia Ramolino. Ils lui ont donné pour prénom : Napoléon !

Napoléon enfant est d’un tempérament plutôt sombre mais plein de fougue, il est volontiers querelleur. Il vient en France faire des études au collège d’Autun, en compagnie de son frère Joseph, leur père ayant obtenu une bourse d’enseignement.

À son arrivée à Autun, en décembre 1778, Napoléon devient vite une curiosité pour ses camarades : il ne parle presque pas français et répond par un curieux Napolioné, quand on lui demande son prénom. Il est alors surnommé « la paille au nez » ! À onze ans, il est inscrit à l’École militaire de Brienne, dans l’Aube, réservée aux enfants de la noblesse pauvre. Entré en 1784 à l’École militaire de Paris, il en sort l’année suivante.

À seize ans, il est lieutenant d’artillerie ! Il se retrouve en garnison à Valence, puis à Auxonne, en Côte-d’Or, où Monsieur Pillet lui refuse la main de sa fille Manesca : il envisage pour elle des partis plus prometteurs ! Le lieutenant Bonaparte séjourne souvent en Corse dont il aimerait devenir l’un des hommes importants, mais il se brouille avec le nationaliste Paoli.

Le 11 juin 1793, les Bonaparte doivent s’exiler précipitamment en France, leur maison est détruite par les partisans de Paoli ! Ils débarquent à Toulon où les royalistes se sont révoltés, aidés des Anglais. Sous les ordres du général Dugommier, Bonaparte fait si habilement manoeuvrer son artillerie que la manifestation est écrasée ! Les Anglais quittent la ville le 18 décembre 1793.

Bonaparte devient alors général de brigade, il a vingt-quatre ans. Rayé de son grade par les thermidoriens, il erre sous les arcades du Palais-Royal, lorsque Barras qui se rappelle Toulon pense à lui…

Napoléon fit ériger à Paris de nombreux monuments dont plusieurs à la gloire de la Grande Armée et de ses victoires. Il a fait construire après la victoire à la bataille d’Austerlitz deux arcs de triomphe après avoir déclaré à ses soldats : « Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de Triomphe ». Le premier à être ordonné est l’Arc de triomphe de l’Étoile en 1806 pour en faire le point de départ d’une avenue triomphale traversant le Louvre et la place de la Bastille, il ne sera achevé qu’en 1836. Le deuxième est l’Arc de triomphe du Carrousel, construit de 1806 à 1808 et situé sur la place du Carrousel, à l’ouest du Louvre. La bataille d’Austerlitz est aussi commémorée par la colonne Vendôme, anciennement appelée colonne d’Austerlitz puis colonne de la Grande Armée, construite entre 1805 et 1810. Elle est surmontée d’une statue de Napoléon.

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L’église de la Madeleine devait être elle aussi un temple à la gloire de la Grande Armée, comme prévu en 1805. En 1812, après la campagne de Russie, Napoléon changea d’avis pour revenir au projet d’une église. Elle fut finie en 1842. Napoléon fit aussi construire de 1807 à 1825 le palais Brongniart de style corinthien pour accueillir la Bourse de Paris. Il fit aussi construire le palais d’Orsay de 1808 à 1840, où s’installe le Conseil d’État.

Napoléon fit aménager la capitale. Il fit percer les rues de Rivoli, de Castiglione et des Pyramides ainsi que numéroter les immeubles de Paris. Il ordonna la liaison entre le Louvre et lepalais des Tuileries et la finition de la cour carrée du Louvre (construction de l’aile ouest et sud) qui devient un musée. Il offrit au palais Bourbon une nouvelle façade, érigée entre 1806 et 1810. Il fit construire trois ponts (le pont des Arts (1801-1803), d’Austerlitz (1802-1806) et d’Iéna (1808-1814)) et plusieurs dizaines de fontaines comme l’éléphant de la Bastille. Il fit embellir le jardin du Luxembourg et créer le jardin des Plantes, le canal de l’Ourcq, de Saint-Martin et de Saint-Denis. Enfin, Il fit aménager le cimetière du Père-Lachaise

 

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Qui était l’enfant du Temple, mort le 8 juin 1795

Posté par francesca7 le 15 juillet 2015

 Le 13 août 1792, un petit garçon de sept ans, prénommé Louis-Charles, monte l’escalier de la grosse tour de l’enclos du Temple – qui appartenait au X e siècle, aux Templiers. Il suit ses parents Louis XVI, roi de France, et sa mère la reine Marie-Antoinette, ainsi que sa soeur Marie-Thérèse, et sa tante, Madame Élisabeth. Ils y sont prisonniers.

L’enfant, devenu roi de droit sous le nom de Louis XVII, le 21 janvier 1793, après l’exécution de son père, est séparé de sa famille le 3 juillet 1793 au soir. Sans quitter la tour-prison du Temple, il est confié au cordonnier Antoine Simon, chargé de républicaniser le petit citoyen Louis-Charles Capet.

Loin du monstre parfois décrit, Simon aidé de sa femme s’attache à l’enfant, le distrait et tente de l’instruire. Est-ce parce qu’il montre trop d’intérêt pour le jeune Louis XVII qu’il est guillotiné en 1794 ? On l’ignore.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsLouis-Charles est alors logé sous la surveillance de quatre commissaires dans une petite pièce sombre et humide où sa santé se dégrade rapidement – il souffre de tuberculose osseuse. Le lundi 8 juin 1795, vers trois heures de l’après-midi, il rend le dernier soupir dans les bras de l’un des commissaires qui se relaient à son chevet : Lasnes. Après la mort de Louis-Charles, le bruit court qu’une substitution ayant eu lieu – peut-être avec la complicité de Simon, ce qui expliquerait son exécution – le jeune roi serait toujours vivant.

 Plus de trente Louis XVII se feront ainsi connaître au XIX e siècle, dont le fameux Nauendorff, pseudonyme d’un certain Luis Capeto, nom fantaisiste de circonstance, horloger, marié aux Açores en 1803.

Il semble cependant que Louis XVII, que ses surveillants vigilants n’ont jamais quitté d’un oeil – on venait chaque jour trois fois vérifier s’il était bien dans sa chambre, et si c’était bien lui… – est bien mort le 8 juin 1795 au Temple.

 

Le 19 avril 2000, le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, successeur des rois de France, annonçait à la presse que les analyses génétiques effectuées sur quelques fragments de coeur confirmaient que l’enfant de dix ans mort à la prison du Temple en 1795 était bien le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Au décès de son frère aîné le prince de Dombes (1755), il devint colonel général des Suisses et Grisons (jusqu’en 1762), gouverneur du Languedoc et il hérite ses propriétés, notamment le château d’Anet où il fait de fréquents séjours et où il s’adonne à sa passion pour la chasse. Même âgé, il continuait à la suivre dans une petite voiture à roulettes.

Le 28 mars 1762, il échange avec Louis XV la principauté de Dombes contre le duché de Gisors et les terres de Gretz-Armainvilliers et de Pontcarré.

Apprécié du peuple pour sa générosité, il cède la plupart de ses propriétés – le duché d’Aumale, le comté d’Eu, la principauté d’Anet notamment – à Louis XV en 1773 pour la somme de 12 millions de livres. Mais la transaction qui n’avait pas été terminée lorsque le roi meurt, est annulée par Louis XVI. Lorsque le comte d’Eu meurt en 1775, son cousin le duc de Penthièvre hérite de tous ses biens. Il est inhumé dans l’église Saint-Jean-Baptiste de Sceaux.

Dans les journaux, cette nouvelle fut lue par certains comme la dernière page d’un beau roman qu’ils s’étaient bâti, avec, cependant, une autre fin… Le coeur du dauphin Louis XVII a été transféré dans la basilique Saint-Denis le 8 juin 2004.

Ces bruits influencèrent, au tout début du xixe siècle, le romancier Regnault-Warin. Dans les derniers volumes de son Cimetière de la Madeleine, cet auteur développa – sans y croire lui-même – un scénario de l’enlèvement du dauphin : des agents royalistes envoyés par Charette s’introduisent dans la tour, où ils apportent, au moyen d’une cachette ménagée dans un « cheval de bois », un orphelin drogué à l’opium destiné à prendre la place du vrai dauphin. Ce dernier, dissimulé dans le même objet, est ainsi libéré de sa prison. Aux termes de nombreuses péripéties, et notamment d’une tentative d’exfiltration vers l’Amérique, l’orphelin royal est repris avant de mourir de maladie.
Malgré les nombreuses invraisemblances et le triste dénouement de ce récit, la thèse de la substitution gagna ainsi un nouveau mode de diffusion.

Peu de temps après la publication de ce roman, des « faux dauphins » commencèrent à apparaître et à réunir un nombre variable de partisans autour de leurs prétentions. Les condamnations des trois premiers (Hervagault,Bruneau et un certain Hébert, connu sous le titre de « baron de Richemont ») à de lourdes peines de prison ne découragèrent pas d’autres imposteurs, dont le plus célèbre est l’horloger prussien Karl-Wilhelm Naundorff, qui eut de nombreux adeptes jusqu’à la fin du XXe siècle.

220px-Simon_Louis_XVIIDans les récits qu’ils firent de leur prétendue évasion du Temple, la plupart de ces prétendants reprenaient la trame du roman de Regnault-Warin, le cheval de bois étant quelquefois remplacé par un panier de linge sale, et Charette par le comte de Frotté, ce dernier ayant effectivement échafaudé, sans pouvoir y donner suite, des projets d’enlèvement des orphelins royaux.
Aux imposteurs plus ou moins convaincants s’ajoutent de nombreux fous (comme Dufresne, Persat et Fontolive) ou encore des personnages dont l’identification à Louis XVII a surtout été l’œuvre de tiers, le plus souvent de manière posthume : c’est notamment le cas de l’officier de marine puis architecte français Pierre Benoît (actif à Buenos Aires), du pasteur iroquois Eliézer Williams, du musicien anglais Augustus Meves, du célèbre naturaliste John James Audubon et même de Louvel (assassin du cousin de Louis XVII).

Les circonstances exactes de la mort de Louis XVII et la rumeur concernant une éventuelle évasion de la prison du Temple ont attisé la curiosité de nombreux auteurs, comme G. Lenotre, André Castelot, Alain Decaux, Georges Bordonove ou Jacques Soppelsaqui remet en scène l’aïeul français de la famille argentine Zapiola, l’officier de marine puis architecte Pierre Benoît précité

Le 23 mai 1828, Pelletan remet la relique à monseigneur de Quélen, archevêque de Paris. Durant les Trois Glorieuses, l’archevêché est pillé et le cœur « Pelletan » passe entre les mains de plusieurs personnes. En 1895, Édouard Dumont, héritier de Philippe-Gabriel Pelletan (fils du docteur) remet le cœur « Pelletan » au duc de Madrid, Charles de Bourbon (1848-1909), neveu de la Comtesse de Chambord, par l’entremise de Me Pascal et du comte Urbain de Maillé, en présence de Paul Cottin, cousin du propriétaire et donateur du cœur, Edouard Dumont. En 1909, Jacques de Bourbon, fils de Charles de Bourbon, hérite du cœur, puis sa fille Béatrice, la princesse Massimo et enfin en 1938, Princesse Marie-des-Neiges, prétendante légitimiste au trône de France. En 1975, l’urne en cristal rejoint le Mémorial de France à la Basilique Saint-Denis. En 1999-2000, l’analyse ADN établit une parenté du cœur à l’urne avec les Habsbourg. Le cœur de Louis-Charles de France est placé, en 1975, dans la crypte royale de la basilique de Saint-Denis, lieu où ont été enterrés ses parents et une grande partie des rois de France.

Des analyses génétiques par comparaison d’ADN mitochondrial, pratiquées par le professeur Jean-Jacques Cassiman de l’Université Catholique de Louvain en Belgique, et par le docteur Bernd Brinkmann de l’université allemande deMünster, sur le cœur du présumé Louis XVII, et des cheveux de Marie-Antoinette, ont démontré en 2000 qu’il appartient bien à un enfant apparenté à cette dernière, en ligne féminine. Cependant, Louis XVII a eu un frère aîné décédé en juin 1789 et dont le cœur a lui aussi été conservé. Mais ce cœur a subi, comme les autres cœurs princiers, un traitement d’embaumement (ouverture, utilisation d’aromates, bandelettes, double boîte de vermeil et de plomb) très différent de celui auquel fut soumis le cœur de Louis XVII, « soustrait » par Pelletan, simplement conservé dans l’alcool, comme une vulgaire curiosité anatomique. Donc, les deux cœurs, s’ils étaient venus à être rassemblés (ce qu’aucun document historique ne prouve), n’auraient pu être ni confondus ni échangés.

Après enquête, l’historien Philippe Delorme est convaincu que ce cœur est bien celui que le docteur Philippe-Jean Pelletan a « soustrait » sur le cadavre de l’enfant mort au Temple le 8 juin 1795. Cette conclusion réhabiliterait donc les témoignages de contemporains recueillis par l’historien Alcide de Beauchesne. L’urne funéraire contenant ce cœur a été placée, le 8 juin 2004, sous l’oraison funèbre de l’aumônier Christian-Philippe Chanut, dans la chapelle des Bourbons de la basilique Qui était l’enfant du Temple, mort le 8 juin 1795 dans FONDATEURS - PATRIMOINE 170px-GrabLudwig_XVIIde Saint-Denis, lors d’une cérémonie rassemblant des membres de différentes branches de la famille de Bourbon et diverses personnalités.

Il demeure quelques partisans de la survivance du prince. Pour le professeur Jean Tulard, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, appelé par le ministre de la Culture à donner son avis sur le dépôt du cœur de Louis « XVII », le 8 juin 2004, l’analyse de l’ADN du cœur, conjuguée avec l’enquête menée sur son origine et les péripéties de son histoire, est suffisante pour attester de la mort du prince au Temple.

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Je vais rejoindre votre père

Posté par francesca7 le 15 juillet 2015

Je vais rejoindre votre père dans FONDATEURS - PATRIMOINE 220px-Acte_de_condamnation_%C3%A0_mort_de_Marie-Antoinette_par_le_Tribunal_r%C3%A9volutionnaire_14_et_15_-_Archives_Nationales_-_AE-I-5-18-34 Trois jours après que Robespierre et Saint-Just ont décidé que désormais, jusqu’à la paix, ils gouverneraient seuls, le procès de Marie-Antoinette, trente-huit ans, commence. Elle comparaît le 14 octobre devant le tribunal révolutionnaire présidé par Herman. Elle est assistée de deux avocats : Chauveau-Lagarde et Tronçon du Coudray.

L’accusateur public Fouquier-Tinville lit l’acte d’accusation qui souligne les relations de la reine avec l’ennemi, et son rôle dans la dilapidation des deniers publics. Le procès pourrait tourner en faveur de la reine, car elle se défend avec maîtrise et habileté.

Mais le substitut du procureur, l’enragé Hébert, voyant que sa future victime pourrait lui échapper, lance contre la mère du dauphin d’immondes accusations qu’il a publiées dans son journal : la reine aurait eu des relations incestueuses avec son fils. La reine prononce alors ces mots qui demeurent à jamais émouvants dans leur simplicité, leur vérité : « J’en appelle à toutes les mères… » Les avocats de la défense interviennent : ils sont jugés trop indulgents et arrêtés en pleine audience ! À quatre heures du matin, Marie-Antoinette entend sa condamnation à mort.

Au petit jour, elle va être préparée pour l’échafaud.

Vêtue d’une robe blanche, les épaules couvertes d’un fichu blanc, elle monte dans la charrette des criminels, demeure debout, le dos tourné au cheval. Seule. Durant le parcours, son regard scrute attentivement le numéro des maisons : elle sait que dans l’une d’entre elles, un prêtre réfractaire va lui donner sa bénédiction – on lui a imposé un prêtre jureur. Elle va monter rapidement les degrés de l’échafaud. Lorsque Sanson la dirige vers la planche verticale, elle lui monte sur le pied et s’excuse aussitôt : « Monsieur, je vous demande pardon, je ne l’ai point fait exprès. » Le bourreau l’attache contre la planche et l’entend : « Ma fille, mes enfants ! Adieu ! Je vais rejoindre votre père. »

Portrait

220px-Gautier-Dagoty_-_Marie-Antoinette%2C_1775 dans FONDATEURS - PATRIMOINE« Marie-Antoinette ne peut souffrir les personnages ennuyeux. » On dit d’elle qu’elle a un bon caractère mais qu’elle est en même temps partiale. « Le trait déplaisant de son caractère est la partialité. […]. Beaucoup accusent Marie-Antoinette de légèreté. À commencer par sa propre mère. […]. Elle aime seulement à se divertir, […]. »

« Sa beauté n’est pas régulière. […]. D’aucuns lui reprochent aussi la mâchoire trop forte des Habsbourg et une poitrine trop abondante. […]. Elle est « grande, admirablement faite » avec « des bras superbes » (Mme Vigée-Lebrun). […]. « Sa peau, dit encore sa portraitiste, était si transparente qu’elle ne prenait point d’ombre. » […]. « C’était la femme de France qui marchait le mieux » (Vigée-Lebrun) […]. « On n’a jamais fait la révérence avec tant de grâce » s’émerveille Tilly. Elle salue dix personnes en se ployant une seule fois. De la tête et du regard elle donne à chacun ce qui lui revient. […]. L’intelligence n’est pas moins vive. La correspondance le montre. »

Marie-Antoinette aime le théâtre, la comédie, le jeu (pharaon, tric-trac, billard…). Elle aime la danse « On dit qu’elle ne danse pas en mesure, écrit Horace Walpole, mais alors c’est la mesure qui a tort » et la musique. Elle chasse également. Le duc de Croÿ rapporte qu’« elle monte supérieurement17. » Elle aime les toilettes, les voyages dans les différents châteaux de la Cour autour de Paris, l’aménagement intérieur et la décoration. Elle lit même si la lecture n’est pas son passe-temps préféré.

« On lui passe difficilement ses bals et ses soirées dansantes chez ses amies ou ses beaux-frères. On ne lui pardonne pas les bals masqués de l’Opéra, inconvenants, juge-t-on, pour une reine de France. Malheureusement elle en raffole, et s’y fait conduire plusieurs fois pendant le carnaval. […]. On lui reproche aussi sa passion du jeu. Tous les soirs, elle joue au Pharaon jusqu’à deux ou trois heures du matin. […]. L’opinion publique lui fait grief de ses goûts dispendieux en matière de toilettes et de réceptions. Elle aime les toilettes, c’est vrai, mais ses fournisseurs en profitent abusivement. […]. Pour les réceptions et les voyages, Marie-Antoinette manifeste parfois des exigences coûteuses. […]. La reine agit de même pour les aménagements et décorations de ses appartements. Tout doit être fait tout de suite, et sans avoir égard au coût de l’opération. […]. En décoration son goût n’est pas toujours le meilleur, mais il est parfait en musique. Musicienne elle-même – elle chante et joue de la harpe et de la flûte -, elle exerce dans cet art un intelligent mécénat. Elle protège Gluck, son ancien professeur de musique, et surtout elle réalise fort bien le caractère novateur de son art. »

S’entourant d’une petite cour d’amis vite qualifiés de favoris (la princesse de Lamballe, le duc de Lauzun, le baron de Besenval, le duc de Coigny puis la comtesse de Polignac plus enjouée et spirituelle que la princesse de Lamballe qu’elle juge trop pieuse et timorée), elle suscite les jalousies des autres courtisans surtout après avoir évincé dans sa cour les vieux aristocrates. Ses toilettes et les fêtes coûteuses qu’elle organise profitent au rayonnement de la France, notamment pour la mode et le commerce du textile, mais sont critiquées, bien qu’elles soient une « goutte d’eau » dans les dépenses générales de la cour, des administrations, ou comparées au niveau de vie de certains princes de sang ou seigneurs menant grand train. Au total, les dépenses de la cour ne représentent que 7 % du budget du royaume, soit guère plus que les règnes précédents.

« Elle tient grand couvert et reçoit trois fois par semaine à Versailles. »

Pour retrouver à Versailles ce qu’elle a connu à Vienne – une vie plus détendue en famille avec ses amis –, elle va souvent avec quelques privilégiés au Petit Trianon (construit par Louis XV sous l’impulsion de sa maîtresse, Madame de Pompadour, qui décèdera avant que celui-ci ne soit terminé, puis que Louis XVI offrit à Marie-Antoinette). Elle fait construire un village modèle, le Hameau de la Reine, où elle installe des fermiers. Dans son petit théâtre, elle joue notamment Le Barbier de Séville de Beaumarchais et tient souvent des rôles de servante devant un Louis XVI amusé. Par son désir de plaisirs simples et d’amitiés exclusives, Marie-Antoinette va vite se faire de plus en plus d’ennemis, même à la cour de Versailles.

« Les escapades de Marie-Antoinette sont aussi fréquentes. Si Marly est délaissé – le cérémonial paraissant encore plus gênant qu’à Versailles – le petit Trianon a toute la faveur de la reine. […] Enthousiaste, la baronne [d'Oberkirch] ne s’étonne pas que la reine y reste « la plus grande partie de la belle saison ». Les usages ne sont pas ici ceux de la Cour, ils imitent plutôt la simplicité de vie de la gentilhommerie. La reine « entrait dans son salon sans que le piano-forte ou les métiers de tapisserie fussent quittés par les dames, et les hommes ne suspendaient ni leur partie de billard ni celle de trictrac ». Trianon offre peu de logements. Aussi les invités dînent-ils avec la reine, passent l’après-midi, soupent puis reviennent coucher à Versailles. Le roi et les princes (sauf Madame Élisabeth) viennent en galopins. Dames d’honneur et du palais n’y sont pas davantage établies, mais, par grâce royale, peuvent y venir souper les mercredis et samedis, nommés ainsi « jours du palais ». Vivre en particulier loin de la pompe monarchique, échapper à la tyrannie de l’étiquette, abandonner les fastueux mais encombrants habits de Cour pour « une robe de percale blanche, un fichu de gaze, un chapeau de paille », fait le bonheur de Marie-Antoinette. Au hameau – auquel on a donné « à grands frais l’aspect d’un lieu bien pauvre » – la reine joue à la fermière, regarde pêcher dans le lac ou assiste à la traite des vaches19. »

« Après la mort de la Marquise [de Pompadour] (1764), l’arrivée en France de l’archiduchesse Marie-Antoinette en 1770 ranime la vie musicale à Versailles. La dauphine cultive le chant, touche le clavecin et la harpe. […]. Plus que son talent de harpiste, la protection qu’elle accorde aux musiciens « constitue son vrai mérite musical ». Négligeant peintres et écrivains, la reine met son influence au service des musiciens, attire à la Cour Gluck (1773), Piccini – le maître le plus célèbre d’Italie (1776) -, Sacchini (1781), favorise la carrière de Grétry. Très attachée à l’auteur de Richard Cœur de Lion, elle le nomme directeur de sa musique particulière (1787), lui obtient dons et pensions, accepte d’être la marraine d’une de ses filles, favorise la création de ses opéras-comiques à Versailles, Fontainebleau ou Trianon. Dès son arrivée à la Cour, le chevalier Gluck, son ancien professeur à Vienne, est comblé d’honneurs. Six mille livres de pension et autant pour chaque opéra qu’il fera jouer doivent le retenir à Versailles. »

« Marie-Antoinette suit son exemple [de Madame de Pompadour]. Dauphine, elle courait avec son mari les salles parisiennes. Reine, elle ne change pas ses habitudes. « Sa Majesté, écrit Mercy-Argenteau en 1777, est venue aux spectacles de Paris deux ou trois fois chaque semaine. » Avec ses belles-sœurs elle anime agréablement sa société intime : elle apprend à jouer et possède son théâtre à Trianon. Au printemps 1780, elle devient actrice, avec une prédilection pour les comédies à ariettes. »

« Vrai et gai. La cour de France lui doit pour une bonne part le charme riant de ses derniers feux. Se plaisant à la vie de famille et aux simples réunions amicales, elle fait aménager pour sa vie intime à Versailles, Fontainebleau, Compiègne et Saint-Cloud, des petits appartements tapissés de toiles peintes à motifs de fleurs et d’oiseaux, ornés de lambris blancs et de glaces. Ennemie du cérémonial et de l’étiquette, elle invente un nouveau style de vie et de divertissement. À Marly, par exemple, en 1788, elle établit une espèce de café, où les seigneurs et les dames vont prendre leur petit déjeuner le matin. On se met à une petite table, et chacun se fait servir ce qu’il veut. »

Les papiers personnels de Marie-Antoinette, dont sa correspondance secrète avec Hans Axel de Fersen sont conservés aux Archives nationales sous la cote 440AP. La consultation se fait uniquement sous forme de microfilms.

Le 3 octobre 1793, Marie-Antoinette comparaît devant le Tribunal révolutionnaire, mené par l’accusateur public Fouquier-Tinville. Si le procès de Louis XVI devant la Convention avait conservé quelques formes de procès équitable, ce n’est pas le cas de celui de la reine. Le dossier est monté très rapidement, il est incomplet, Fouquier-Tinville n’ayant pas réussi à retrouver toutes les pièces de celui de Louis XVI. Pour charger l’accusation, il parle de faire témoigner le dauphin contre sa mère qui est alors accusée d’inceste par Jacques-René Hébert. Il déclare que la reine et Mme Élisabeth ont eu des attouchements sur le jeune Louis XVII. Marie-Antoinette ne répond rien et un juré en fait la remarque. Marie-Antoinette se lève et répond « Si je n’ai pas répondu c’est que la nature elle-même refuse de répondre à une telle accusation faite à une mère. J’en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici ! ». Pour la dernière fois, la foule (et surtout les femmes) applaudit la reine. Une fois la séance terminée, celle-ci demande à son avocat « N’ai je pas mis trop de dignité dans ma réponse ? ». Selon Gaspard Louis Lafont d’Aussonne dans ses mémoires publiés en 1824, des personnes dans la foule dirent le matin du jugement « Marie-Antoinette s’en retirera : elle a répondu comme un ange, on ne fera que la déporter ».

On l’accuse également d’entente avec les puissances étrangères. Comme la reine nie, Herman, président du Tribunal, l’accuse d’être « l’instigatrice principale de la trahison de Louis Capet » : c’est donc bien un procès pour haute trahison. Le préambule de l’acte d’accusation déclare également : « Examen fait de toutes les pièces transmises par l’accusateur public, il en résulte qu’à l’instar des Messaline, Frédégonde et Médicis, que l’on qualifiait autrefois de reines de France et dont les noms à jamais odieux ne s’effaceront pas des fastes de l’histoire, Marie-Antoinette, veuve de Louis Capet, a été, depuis son séjour en France, le fléau et la sangsue des Français. » Il ajoute « la cause des troubles qui agitent depuis quatre ans la nation et ont fait tant de malheureuses victimes. »

Les dépositions des témoins à charge s’avèrent bien peu convaincantes. Marie-Antoinette répond qu’elle n’était « que la femme de Louis XVI, et qu’il fallait bien qu’elle se conformât à ses volontés ». Fouquier-Tinville réclame la mort et fait de l’accusée « l’ennemie déclarée de la nation française ». Les deux avocats de Marie-Antoinette, Tronçon-Ducoudray et Chauveau-Lagarde, jeunes, inexpérimentés et n’ayant pas eu connaissance du dossier, ne peuvent que lire à haute voix les quelques notes qu’ils ont eu le temps de prendre.

Quatre questions sont posées au jury :

220px-Marie-Antoinette_au_Tribunal_révolutionnaire_by_Alphonse_François « 1. Est-il constant qu’il ait existé des manœuvres et des intelligences avec les puissances étrangères et autres ennemis extérieurs de la République, lesdites manœuvres et des intelligences tendant à leur fournir des secours en argent, à leur donner l’entrée du territoire français et à leur faciliter le progrès de leurs armes ?

2. Marie-Antoinette d’Autriche (…) est-elle convaincue d’avoir coopéré à ces manœuvres et d’avoir entretenu ces intelligences ?

3. Est-il constant qu’il ait existé un complot et une conspiration tendant à allumer la guerre civile à l’intérieur de la République ?

4. Marie-Antoinette est-elle convaincue d’avoir participé à ce complot et à cette conspiration ? »

Aux quatre questions, le jury répond « oui ». Lorsque le jury rend son verdict, il n’existe aucune preuve de l’accusation de haute trahison que l’on impute à la reine. Le dossier est vide de toute pièce.

Techniquement, au vu des pièces du procès, la condamnation n’est pas basée sur des faits avérés. On apprit plus tard que la reine entretenait une correspondance avec le comte Hans Axel de Fersen où il apparaît que l’Autriche et les monarchies d’Europe se préparaient à la guerre contre la France, ainsi lit-on dans une lettre du 19 avril 1792 adressée au comte que la reine écrivait : (…) « Les ministres et les jacobins font déclarer demain au roi la guerre à la maison d’Autriche, sous prétexte que par ses traités de l’année dernière elle a manqué à celui d’alliance de cinquante-six, et qu’elle n’a pas répondu catégoriquement à la dernière dépêche. Les ministres espèrent que cette démarche fera peur et qu’on négociera dans trois semaines. Dieu veuille que cela ne soit point et qu’enfin on se venge de tous les outrages qu’on reçoit dans ce pays-ci! (…) ». La reine, captive, n’était pour autant personnellement pas en mesure d’organiser ou d’ordonner directement quelque directive militaire que ce soit. Sa correspondance avec le comte de Fersen indique néanmoins qu’elle y incite par divers courriers.

Acte de condamnation à mort de Marie-Antoinette par le Tribunal révolutionnaire, Archives nationales.

En réalité, il fallait condamner la « veuve Capet ». Robespierre a donc intégré au jury le médecin qui soignait la reine à la Conciergerie, lequel a indiqué aux autres jurés que de toute façon Marie-Antoinette était médicalement condamnée à brève échéance car elle avait de forts épanchements sanguins.

La condamnation à mort, pour haute trahison, est prononcée le 16 octobre 1793 vers 4 heures du matin.

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