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    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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La petite histoire du céleri

Posté par francesca7 le 31 mai 2015

Apium_graveolens3Le céleri est une plante potagère qui poussait à l’état sauvage originaire du bassin méditerranéen, et plus précisément de marécages salins, c’est un proche parent du persil.

Il était bien connu des Grecs et des romains qui l’utilisaient comme plante médicinale. Il représentait pour eux le symbole de la beauté et de la joie. Il en est fait mention dans l’Odyssée d’Homère écrite en 850 av. J.C. Ils l’appelaient Sélenon (plante de la lune) car ils pensaient qu’il était sous l’influence de Séléné, déesse de la Lune.

Les chinois l’utilisaient 500 ans avant notre ère en cuisine et les Égyptiens récoltaient autant les feuilles que les tiges et les graines pour les assaisonnements.

Le goût très prononcé du céleri sauvage fit qu’il fut principalement utilisé comme assaisonnement jusqu’à la fin du Moyen Âge. On en faisait également une boisson, de même que des tisanes aux vertus curatives pour ses propriétés diurétiques. Il s’est imposé comme légume à la Renaissance. En effet, selon une technique, on l’ensevelissait sous terre comme pour les endives par exemple, on le faisait blanchir. L’absence de chlorophylle lui donnait un goût plus doux et ses tiges devenaient plus longues. C’est ainsi qu’est né le céleri branche.

C’est au cours du XIXe siècle seulement qu’il est devenu peu à peu un aliment courant sur les tables européennes.

Cette plante potagère a été sélectionnée au fil des siècles jusqu’à obtenir deux types de plantes :
Le céleri branche dont on consomme les côtes et les feuilles.
Le céleri-rave dont la forme de boule a un poids moyen de 800 g à 1,5 kg et un diamètre de 15 à 18 cm en plein développement.
Le céleri est très riche en sodium et additionnée d’un peu de sel, on en fait un condiment appelé « sel de céleri » qui peut tout à fait remplacer le sel de table, parfumé des légumes et absolument délicieux dans un jus de tomates avec pour cuillère une branche de céleri.

Un peu de Botanique

Le céleri (Apium graveolens) ou ache des marais, persil des marais est une plante herbacée de la famille des Apiacées (Ombellifères), comme la carotte, le persil, l’aneth, la coriandre, le carvi, la livèche, etc.

Le céleri branche appartient à la même famille potagère. Le céleri est aussi cultivé comme plante potagère pour son tubercule appelé rave et peut atteindre 50 à 60 cm de haut.

Il est composé de longues tiges vertes au bout desquelles poussent des feuilles très découpées et odorantes. Ces tiges sont reliées ensemble au pied du céleri. C’est à partir de ce pied que les racines plongent dans la terre. Le terme « céleri » est à l’origine un mot emprunté à un dialecte italien : le lombardseleri dérivé du latin selinon, nom donné à l’origine à la plante en grec.

En résumé
Il existe deux variétés de céleri : le céleri branche et le céleri-rave. Le premier est composé de grandes tiges blanches. Le second possède de petites tiges, mais un gros pied comestible.

Production
220px-CéleriLe céleri est considéré comme un « légume-racine », le « bulbe » du céleri-rave est en fait constitué par la base de la plante, hypertrophié et gonflé et peut peser 1 à 1,5 kg.
En France, la production est principalement assurée par les régions Nord, Basse-Normandie, Poitou-Charentes, Rhône-Alpes, et Centre.
On distingue plusieurs variétés de céleri. Précoces ou semi-précoces comme (”Ajax”, “Alba”, “Géant Danois”), vendues en été, des variétés de saison (”Cobra”, “Diamant”, “Monarch”…) destinées à la vente d’automne ou d’hiver.

Que retrouve-t-on dans le céleri

Le céleri est très riche en fibres (5 g/100 g). Il est plus digeste lorsqu’il est cuit que lorsqu’il est consommé cru. Ses fibres stimulent en douceur le transit intestinal.
Composé de 95 % d’eau, son apport calorique faible 18 kca/ 100 g fait de lui « un anti-kilo ».

Antioxydant
Le céleri renferme également de nombreux antioxydants comme l’apigénine. Comme nous le savons les antioxydants permettent de neutraliser les radicaux libres du corps jouant ainsi un rôle de prévention contre les maladies cardiovasculaires et certains cancers.
Le céleri branche quant à lui contient de la lutéoline et de la diosmine deux antioxydants qui ont des propriétés anti-inflammatoires qui aident à combattre l’inflammation du cerveau produite dans les cas de maladies dégénératives. (Parkinson et Alzheimer). C’est cette inflammation qui l’empêche alors de fonctionner normalement.

Silice
La silice, nécessaire au fonctionnement rapide et sans interruption des nerfs. Elle favorise également l’élimination rapide des déchets acides de l’organisme.

Polyacétylènes
En quantités non négligeables qui auraient un effet important sur des cellules cancéreuses.

Les furanocoumarines
Les furanocoumarines sont des substances qui réagissent à la lumière. Les effets sont bien connus des maraîchers qui manipulent le céleri durant la récolte qui s’étale d’avril à août. Ce contact prolongé avec le légume suivi d’une exposition prolongée au soleil peut entraîner une dermatite aiguë appelée phytophotodermatite.

Du fait de ses propriétés photosensibilisantes, ne vous exposez pas au soleil après avoir consommé du céleri, vous risqueriez des brûlures !

Une source de vitamines et de minéraux non négligeables pour notre système immunitaire.
Le céleri est véritable concentré de vitamines, de minéraux et d’oligo-éléments.
Eau : 88,1 g/100 g

La petite histoire du céleri dans FLORE FRANCAISE 220px-Celery_cross_section

Vitamines
Vitamine B1 : 0,18 g/100 g, c’est une coenzyme, importante pour la production d’énergie puisée dans les glucides que nous absorbons. Elle favorise la transmission de l’influx nerveux et aide à une bonne croissance.
Vitamine B2 : 0,035 g/100 g, importante dans la production d’énergie. Elle sert aussi à la fabrication des globules rouges et des hormones, ainsi qu’à la croissance et à la réparation des tissus.
Vitamine B3 : 0,555 g/100 g
Vitamine B5 : 0,64 g/100 g, qui une fois dans l’organisme se transforme en coenzyme A et agit sur le système nerveux et les glandes surrénales, on l’appelle aussi « vitamine antistress ». Elle participe également à la formation et à la régénération de la peau et des muqueuses, au métabolisme des lipides et jouerait un rôle essentiel dans les mécanismes régulateurs de l’adrénaline, de l’insuline et de la porphyrine (un précurseur de l’hémoglobine).
Vitamine B6 : 0,125 g/100 g, elle est essentielle car notre organisme ne sait pas la fabriquer et joue un rôle de cofacteur dans un grand nombre de processus liés au métabolisme des acides aminés et des protéines.
Vitamine B9 : 51µg/100 g, joue un rôle essentiel dans la fabrication de toutes les cellules de notre corps, dont la production de notre matériel génétique, le bon fonctionnement du système nerveux et immunitaire.
Vitamine C : 10,3 g/100 g, le rôle que joue la vitamine C dans l’organisme va au-delà de ses propriétés antioxydantes. Elle contribue aussi à la santé des os, des cartilages, des dents et des gencives. De plus, elle protège contre les infections, favorise l’absorption du fer contenu dans les végétaux et accélère la cicatrisation.
Vitamine E : 0,5 g/100 g, est un antioxydant très important, protecteur des cellules du corps, notamment les globules rouges et les globules blancs (cellules qui font partie du système immunitaire).
Vitamine K1 : 70,5 µg/100 g, joue un rôle essentiel dans la coagulation sanguine. Elle participe aussi à la formation d’une protéine de l’os : l’ostéocalcine et retarde l’apparition de l’ostéoporose en maintenant le calcium dans les os.
Bêta-carotène : 50,7 µg/100 g, Essentielle pour la santé, la vitamine A joue également un rôle important dans la vision au niveau de l’adaptation de l’œil à l’obscurité, elle participe également à la croissance des os, à la régulation du système immunitaire. Notre organisme peut transformer en vitamine A certains caroténoïdes on les qualifie de provitamine A ou bêta-carotène. Ce qu’il faut savoir c’est que le bêta-carotène ne se transforme en vitamine A que dans la mesure où l’organisme en a besoin. Le bêta-carotène est un pigment qui a une action filtrante face au soleil.

Calcium : 41,7 g/100 g, joue aussi un rôle important dans la coagulation du sang, le maintien de la pression sanguine et la contraction des muscles, dont le cœur.

Cuivre : 0,116 g/100 g, en tant que constituant de plusieurs enzymes, le cuivre est nécessaire à la formation de l’hémoglobine et du collagène (protéine servant à la structure et à la réparation des tissus) dans l’organisme.

Fer : 0,74/100 g, toutes les cellules de notre corps sont composées de fer. Il est essentiel au transport de l’oxygène et à la formation des globules rouges dans le sang et joue un rôle important dans la fabrication de nouvelles cellules, des hormones et des neurotransmetteurs.

Magnésium : 14,2 g/100 g, le ” sel antistress “. Assure un bon équilibre nerveux et régularise l’excitabilité musculaire. Une carence favorise la fatigue, l’anxiété, l’insomnie, la constipation et la spasmophilie. Très utile à l’être humain car il participe au développement osseux, à la construction des protéines, les dents et le système immunitaire.

Manganèse : 0,13/100 g, agit à titre de prévention sur les dommages causés par les radicaux libres.

Phosphore : 70,8 /100 g, considéré comme le deuxième minéral le plus abondant de l’organisme après le calcium. Il joue un rôle important pour le maintien de la santé des os et des dents.

Potassium : 348 mg/100 g, important pour la croissance et l’entretien des cellules. Indispensable au système nerveux et à la contraction musculaire normale – y compris le muscle cardiaque. Le potassium est également un électrolyte qui aide à équilibrer les fluides du corps humain, important pour maintenir une bonne pression artérielle.
Sélénium : 0,8 µg/100 g, très riche en antioxydant. Il est indispensable au bon fonctionnement du système immunitaire et de la glande thyroïde.
Sodium : 269 mg/100 g, soit l’équivalent en sel 677,8 g/100 g.
Zinc : 0,31/100 g, joue un rôle important dans le cadre des réactions immunitaires, de la fabrication du matériel génétiques, de la cicatrisation des plaies et du développement du fœtus.

Le céleri branche cru
En plus de sa haute teneur en vitamines, le céleri branche est riche en :
Fibres : (3,2 g/100 g en moyenne)
Eau : 95 g/100 g

220px-Knolselderij_knol_%28Apium_graveolens_var._rapaceum%29_%27Dolvi%27 dans GASTRONOMIE FRANCAISEEn minéraux
Calcium : 41,7 g/100 g, joue aussi un rôle important dans la coagulation du sang, le maintien de la pression sanguine et la contraction des muscles, dont le cœur.
Cuivre : 0,04 g/100 g, en tant que constituant de plusieurs enzymes, le cuivre est nécessaire à la formation de l’hémoglobine et du collagène (protéine servant à la structure et à la réparation des tissus) dans l’organisme.
Iode : 0,2 µg, sert à la formation des hormones thyroïdiennes qui sont nécessaires à la croissance, au développement et au métabolisme de base.
Magnésium : 8 g/100 g, le “sel antistress”. Assure un bon équilibre nerveux et régularise l’excitabilité musculaire. Une carence favorise la fatigue, l’anxiété, l’insomnie, la constipation et la spasmophilie. Très utile à l’être humain car il participe au développement osseux, à la construction des protéines, les dents et le système immunitaire.
Manganèse : 0,13/100 g, agit à titre de prévention sur les dommages causés par les radicaux libres.
Potassium : 281 mg/100 g, important pour la croissance et l’entretien des cellules. Indispensable au système nerveux et à la contraction musculaire normale – y compris le muscle cardiaque. Le potassium est également un électrolyte qui aide à équilibrer les fluides du corps humain, important pour maintenir une bonne pression artérielle.
Sélénium : 1 µg/100 g, très riche en antioxydant. Il est indispensable au bon fonctionnement du système immunitaire et de la glande thyroïde.
Sodium : une forte teneur en sodium : 360 mg/100 g, soit l’équivalent en sel de 7,2 g/100 g.
Zinc : 0,44 g/100 g, joue un rôle important dans le cadre des réactions immunitaires, de la fabrication du matériel génétiques, de la cicatrisation des plaies et du développement du fœtus.

La saveur et l’odeur si particulières du céleri-rave sont dues à la présence de différentes substances qui appartiennent au groupe des lactones (sédanolide et anhydride sédanonique notamment). Les fruits de la plante sont riches en essences aromatiques volatiles renfermant des terpénes (limonéne, silinéne), ces dernières entrent dans la composition de la préparation du “sel de céleri” (en fait, du sel – chlorure de sodium – additionné d’extrait des fruits ou graines de céleri).

Jackie Thouny

Site web : La cuisine de Jackie

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UN PAUVRE HERE

Posté par francesca7 le 31 mai 2015

 

EXPRESSION FRANCAISE

Dans la même série des parias (du « tamoul parayan ! homme de la dernière caste des Indiens, qui est un objet de mépris et d’exécration ») « le pauvre hère » a sa place assurée.

Quittez les bois, vous ferez bien,

Vos pareils y sont misérables,

Cancres, hères et pauvres diables

 

1617095880_smalldit le gros chien de La Fontaine au loup maigre et affamé.

Deux hypothèses sont en présence pour ce hère unique. Traditionnellement on le fait venir de l’allemand Herr, « seigneur » employé par dérision, mais pour Bloch et Wartburg « il n’est pas impossible qu’il se rattache plutôt à haire » et ce serait alors un pèlerin, un moine mendiant ou autre pénitent de choc portant la « haire ».

Un usage bien oublié que cette chemise en crin ou poil de chèvre, appelée aussi cilice, mise à même la peau pour se faire mal, pour se torturer, s’écorcher l’épiderme en marchant, dans la plus pure tradition masochiste appelée gaiement « esprit de mortification »…. Certains y ajoutaient même les clous pour être bien sûrs de leur effet. Saint Louis, monarque passablement réactionnaire et confit en dévotion, était friand de ces plaisirs – d’où son grade posthume : « En l’abeïe du Lis sont les heres que Saint Loys portait, une faite à la manière de garde-corps longue jusque desouz la ceinture, et l’autre faite à la manière de ceinture »….

Pourtant, la haire était un objet décrié depuis longtemps et le symbole de l’hypocrisie religieuse de celui qui « en fait trop ». Molière a repris cette notion-là dans Tartuffe : « Laurent donnez-moi ma haire avec ma discipline » mais la plaisanterie comme le personnage étaient traditionnels depuis des siècles. En 1225, alors que Saint Louis était encore un gamin, le Roman de la Rose présente Papelardie, l’hypocrite, la bigote, la fausse marmiteuse toujours occupée :

De fere Deu prieres faintes

et d’apeler et sainz et sainttes

fu par samblant ententive

don tot a bones ovres faire,

et si avoit vestue haire.

 

En tout cas c’est bien dans le sens de pèlerin, de moine errant et faux dévot, que Rabelais emploie le mot. Il défend l’entrée de son abbaye de Thélème à beaucoup de gens, mais en tout premier lieu il est écrit sur la porte :

 

Cy n’entrez pas, hypocrite, bigot

Ny Ostrogots, precurseurs des magots

Haires, cagotz, caffars empantouflez

Geux mitouflez, frapars escorniflez

Befflez, enflez, fagoteurs de tabus, etc…

(Gargantua, chap. XXII)

Il est vrai qu’il emploie aussi ailleurs, « pauvre haire » pour désigner un pénis. Panurge ayant manqué d’ être rôti à la broche par les Turcs raconte : « Un jeune Tudesque … regardoit mon pauvre haire esmouché, comme il s’estoit retiré au feu ; car il ne me alloit que jusques sur les genouls » (Pantagruel, chap.II). A moins que justement son zizi, avec son capuchon, ne lui fasse penser à un moine…

Enfin le pauvre hère est un minable. A la même époque Bonaventure Des Pétriers parle d’un « renard qu’il avait fait nourrir petit ; et lui avait-on fait couper la queue, et pour cela l’appelait-on le hère ».

Remarque pratique, qui peut rendre service à certains : « Here, est aussi un jeu de cartes, où l’on ne donne qu’une carte à chaque personne. On la peut changer contre son voisin et celui à qui la plus basse carte demeure perd le coup. Le here est le jeu des pères de famille, parce qu’ils y font jouer jusqu’aux plus petits enfants » (Furetière).

 

Extrait de La Puce à l’Oreille de Claude Dunetton 

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ETRE RAVI AU SEPTIEME CIEL

Posté par francesca7 le 29 mai 2015

Expression française

téléchargementLes Anciens avaient organisé l’univers à leur convenance ou plutôt du mieux qui’ls avaient pu. Ils avaient placé la Terre au centre du monde, et le reste autour, avec une logique parfaitement simple dont il faut bien reconnaitre que tout concourait à l’étayer, les textes religieux comme l’observation directe.

Pour le mouvement des astres et le logement des dieux ils avaient inventé un système de sphères de cristal, absolument transparents et concentriques, qui tournaient autour de la Terre harmonieusement, chacune portant sa planète dans une joyeuse et discrète musique sidérale.

Chaque sphère était un ciel. Il y avait donc sept ciels, superposés un par planète, dans l’ordre exact de leurs distances ; le ciel de la Lune, d’abord, la plus près, le ciel de Mercure, de Vénus, puis celui du Soleil. « Le Soleil est de trois épicycles, c’est à dire ciels ou estages, au-dessus de la Lune », explique A.Paré. Venaient ensuite le ciel de Mars, de Jupiter et de Saturne. Au-delà était une dernière sphère, plus solide, qui portai toutes les étoiles ensemble, et qu’on appelait le firmament ou bien encore empyrée.

Derrière cet ultime écran se tenait Dieu, en majesté, coiffant l’ensemble depuis qu’il avait séparé par cette enveloppe, le premier jour de Sa création, les eaux d’en bas d’avec les eaux d’en haut.

Etre ravi au ciel, c’est littéralement être arraché au sol, soit par la main divine comme le fut saint Paul, soit dans un immense transport de joie. On pouvait monter plus ou moins haut naturellement, selon l’intensité du plaisir. On a beaucoup parlé d’abord d’être « ravi au troisième ciel  », parce que c’est celui de Vénus, la déesse de l’Amour :

Il est ravy trop plus hault qu’aux tiers cieulx

et prend pour soy toujours la chose aux mieulx

 

dit Alain Chartier au XVè siècle. Depuis il y a eu de l’escalade et la jouissance extrême vous transporte carrément au septième ciel.

Ah ! c’était bien confortable, cette Terre logée au chaud, tranquille, protégée au milieu de ses globes rassurants, comme une matrice, avec Dieu tout autour, noyant le tout dans sa grande pisse, les « eaux d’en haut »… On peut juger si Copernic le chanoine et après lui Kepler et Galilée firent une fâcheuse impression au XVIè siècle, avec leur théorie nouvelle ; On comprend que ces astronomes qui venaient mettre en morceaux ces jolies sphères de cristal millénaires aient été reçus comme des bœufs dans un magasin de porcelaine.

On n’en voulait pas de leur système d’orbites mathématiques, dans lequel la Terre n’était plus le centre de rien, tournant toute seule sur elle-même comme une vieille folle courant après son soleil perdu dans les immensités galactiques. Ce fut de l’humanité le premier veuvage, ce firmament réduit en miettes, en étoiles froides du diable vauvert.

 Il faut comprendre les anciens : il ne leur restait que la lune pour pleurer… Alors ils gardèrent dans le langage des cieux, tout de même au pluriel, et ce septième ciel des ravissements.

 

Extrait de La Puce à l’Oreille de Claude Dunetton 

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L’age d’or du CREUSOT

Posté par francesca7 le 29 mai 2015

 

le_creusot_et_ses_usines_-_Liv4-Ch02grand ensemble sidérurgique et grande ville industrielle situés en Saône-et-Loire, dont la principale phase de développement s’ouvre dans les années 1830.

L’histoire industrielle du Creusot commence à la fin du XVIIIe siècle, avec l’exploitation systématique du charbon local pour fondre le fer. Travaillant essentiellement pour la marine, la Fonderie royale, qui compte 4 hauts fourneaux et quelque 1 500 ouvriers en 1785, fait déjà figure de géante industrielle. Mais Le Creusot prend son véritable essor après le rachat des usines par un groupe d’hommes d’affaires, dont deux Lorrains, les frères Schneider. En 1836, ils fondent la Société des forges et ateliers du Creusot.

L’âge d’or.

• Le développement du Creusot est étroitement lié à l’histoire de la dynastie Schneider. En 1838, on y construit la première locomotive française. Symbole de l’industrialisation de la France dans la seconde moitié du XIXe siècle, la compagnie connaît une croissance quasi ininterrompue jusqu’à la Première Guerre mondiale. Sous la présidence d’Eugène Schneider, qui fut aussi maire et député du Creusot, ainsi que vice-président puis président du Corps législatif sous le Second Empire, la variété et la qualité de ses produits (matériel ferroviaire, artillerie) permettent de concurrencer la très puissante sidérurgie anglaise.

Après la mort d’Eugène Schneider, en 1875, la croissance se poursuit, sous la houlette de son fils Henri, puis de son petit-fils Eugène, malgré une période de crise entre 1882 et 1887. En 1914, les usines du Creusot emploient 15 000 ouvriers - sur une population de 38 000 habitants. L’acier occupe alors une place prépondérante dans la production.

Un capitalisme paternaliste.

• Ce développement ne saurait être compris indépendamment du système mis en place par les Schneider, et qui peut être considéré comme l’un des sommets du paternalisme industriel. Alors que, jusqu’à la fin du XIXe siècle, la majeure partie de la production industrielle française dépend encore de petits ateliers ruraux ou urbains, le souci constant des Schneider est de fixer, discipliner et former la main-d’œuvre dans une grande ville-usine constituant un système clos. Dès 1837, des écoles sont créées pour assurer la formation des futurs employés de la compagnie, une initiative en rupture avec la tradition de transmission du savoir-faire ouvrier dans l’atelier. D’autre part, considérant que la préservation de la famille et de la propriété sont les meilleurs moyens d’assurer la moralisation et la « reproduction » de la main-d’œuvre sur place, les Schneider prennent progressivement en charge tous les aspects de la vie des Creusotins : santé, logement, retraite, allocations familiales.

La dépendance de la population à l’égard des Schneider, le poids politique de la dynastie, rendent toute opposition difficile, ou radicale. Les grèves sont peu nombreuses, mais dures : en 1870, les ateliers, puis les mines, sont paralysés ; la grève de 1899 donne lieu à un arbitrage du gouvernement et à la création des premiers délégués ouvriers, et celle de 1900, à l’exil de nombreux ouvriers hostiles aux Schneider.

Crises et déclin.

• Après la Première Guerre mondiale, tout en restant une grande ville industrielle, Le Creusot, concurrencé par d’autres sites, perd de son importance. En 1936, la nationalisation de la fabrication des armes et les lois sociales du Front populaire, qui rendent le paternalisme obsolète, réduisent l’emprise des Schneider sur la ville.

La reconstruction au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, puis l’édification européenne, la concurrence de nouveaux pays et de nouveaux matériaux, conduisent à d’importantes concentrations dans la sidérurgie française. Après la mort, en 1960, de Charles Schneider, dernier membre de la famille à la tête du groupe, la fusion des Forges et ateliers du Creusot avec les Ateliers et forges de la Loire donne naissance, en 1970, à Creusot-Loire, qui devient le premier groupe national pour les aciers spéciaux. Mais la crise frappe durement cette nouvelle société, qui fait faillite en 1984. Déclaré « pôle de conversion », Le Creusot - Le Marteau-pilonLe Creusot doit faire face à la suppression progressive de 3 000 emplois, ainsi qu’à une reconversion douloureuse. Pour partie, ses usines, emblématiques de la croissance industrielle française au tournant du siècle, ont été transformées en musée.

Le Creusot est une commune française située dans le département de Saône-et-Loire, en région Bourgogne. Elle fait partie de la métropole Rhin-Rhône. Le Creusot est la septième ville de Bourgogne en termes de population, avec 22 783 habitants, une agglomération de 34 272 habitants et enfin une aire urbaine de 42 846 habitants.

Le Creusot est une ville de la région Bourgogne, chef-lieu de cantons (Le Creusot-Est et Le Creusot-Ouest) du département de Saône-et-Loire. Avec environ 23 000 habitants, les Creusotins, elle est la troisième ville du département derrière Chalon-sur-Saône et Mâcon (préfecture). Son économie est dominée par la technologie de pointe dans le domaine des aciers spéciaux (Arcelor-Mittal), de l’énergie (Areva, General Electric Oil & Gas, Siag), des transports (Alstom, Safran-Snecma), etc. Le Creusot, forte de sa riche histoire industrielle, abrite un Écomusée ainsi que l’Académie François Bourdon, centre d’archives industrielles, qui retracent l’épopée de la dynastie Schneider, famille fondatrice de la ville. Depuis les années 1990, la ville développe ses atouts touristiques avec, comme principale vitrine, le Parc des Combes, où friands d’attractions et de balades en train touristique côtoient sportifs et amateurs de détente en pleine nature.

Le Creusot est, par ailleurs, le deuxième centre universitaire de Bourgogne (derrière Dijon), avec son Institut universitaire de technologie (4 départements, 6 licences professionnelles) et le centre universitaire Condorcet  (4 filières DEUG, DESS), antenne de l’université de Bourgogne.

Publié dans Saône et Loire, VILLAGES de FRANCE | Pas de Commentaire »

SYMBOLISME DU COQ GAULOIS

Posté par francesca7 le 27 mai 2015

Mémorial_des_soldatscoq gaulois, emblème officieux de la France.

L’association de la France et du coq constitue, en cette fin du XXe siècle, un lieu commun, qui, cependant, n’appartient pas à la symbolique officielle de la République. Elle est née du regard des étrangers, avant de prendre place dans l’imaginaire national.

Le point de départ en est un calembour latin, présent chez César et Suétone, et jouant de l’homophonie entre gallus (« coq ») et Gallus(« Gaulois »). Cependant, le volatile n’est jamais considéré comme emblème de la Gaule. Il faudra attendre le XIIe siècle pour que les chancelleries anglaises et impériales réactivent ce jeu de mots à des fins de propagande anti-capétienne. En effet, la symbolique médiévale du coq est fortement dévalorisante : celui-ci est à la fois lubrique, sot, fanfaron, vaniteux et colérique. « Roi de la basse-cour », il fait, en outre, piètre figure face à l’aigle (Empire) et au lion (Angleterre, Flandres, Espagne, Venise…). Dès cette époque, les textes se multiplient, bientôt relayés par l’image - coq dévoré par un lion, plumé par un aigle… Les guerres d’Italie, puis la guerre de Trente Ans, sont sans doute deux des sommets de cette propagande antifrançaise. Pourtant, depuis Charles V, l’emblème est assumé par la monarchie française. Les règnes de François Ier et de Louis XIV représentent deux moments forts : le volatile figure, par exemple, sur les chapiteaux d’ordre français des colonnes de la Galerie des glaces, au château de Versailles. Ce n’est plus le coq des bestiaires, mais celui des Pères de l’Église - le coq qui veille dans la nuit et protège la basse-cour -, mêlé à celui de la mythologie romaine (oiseau de Mercure, de Mars ou d’Apollon). Il bénéficie du regain d’intérêt historiographique pour les Gaulois, dont les érudits prétendent qu’il était l’emblème. Ceux-ci s’appuient sur la découverte de nombreux objets gallo-romains en forme de coq ; en fait, il s’agit de coqs votifs offerts à Mercure-Lug, et non d’emblèmes.

La Révolution est la première apothéose du coq, que l’on rencontre sur des monnaies, des papiers officiels, les hampes de drapeau… Et ce succès est durable. Le 12 juin 1804, le Conseil d’État le propose comme emblème officiel de l’Empire. Seules les réticences de Napoléon face à la « volaille » font échec au projet. Une chance pour le coq, qui reste l’emblème de la nation française, sans se compromettre avec le régime. Dès lors, il ne connaît d’éclipses que sous la Restauration, le Second Empire et le régime de Vichy. Son sort est lié à l’idée républicaine ; il figure d’ailleurs, depuis 1848, sur le grand sceau des Républiques successives et connaît son heure de gloire sous la IIIe, grâce à la propagande pendant la Première Guerre mondiale. Coq patriotique, il est alors également coq du terroir, de la « petite patrie » rurale. Depuis les années cinquante, il connaît une baisse de popularité relative, liée au déclin de la France rurale.

 

EN FINALITE, le coq Gaulois est Une  Gauloise Dorée, qui est donc une race de poule française, probablement la plus ancienne et celle qui serait génétiquement la plus proche des coqs sauvages. Au-delà de l’oiseau, la Gauloise est incarnée par le Coq gaulois, souvent considéré comme un symbole national de la France, sans que cela ait un caractère officiel comme c’est le cas pour le pygargue à tête blanche pour les États-Unis. Ce symbolisme vient d’un jeu de mots : en latin, gallus signifie à la fois coq et gaulois.

Coq gaulois doréLe coq figure au sommet de très nombreux clochers, en raison du coq des Évangiles et non d’un symbole national. Il surmonte aussi bon nombre de monuments aux morts érigés après la Première Guerre mondiale.

L’emblème du Mouvement wallon, de la Communauté française de Belgique et de la Région wallonne est également le coq gaulois, cependant il est représenté combattant plutôt que chantant.

Après une période d’éclipse, les « Trois Glorieuses » de 1830 réhabilitent l’image du coq français et le Duc d’Orléans, c’est-à-dire Louis-Philippe, signera une ordonnance indiquant que le coq devrait figurer sur les drapeaux et les boutons d’uniformes de la garde nationale.

L’aigle impérial retrouve sa place avec Napoléon III, comme signe de la permanence de l’Empire.

Après cela, le coq ne retrouva jamais une véritable autorité au niveau politique. On peut seulement trouver quelques références éparses, telles que :

  • le sceau de la IIe République représentant la figure de la Liberté tenant un gouvernail marqué du coq ;
  • sous la IIIe République :
    • la grille du Palais de l’Elysée fut ornée d’un coq, « la grille du coq » que l’on peut voir encore actuellement ;
    • le coq apparaît occasionnellement sur des timbres ;
    • les pièces de 10 Francs et de 20 Francs (en or) frappées de 1899 à 1914 portent un coq au revers ;
  • sous la IVe République :
    • les pièces de 10 Francs, de 20 Francs et de 50 Francs frappées de 1950 à 1958 portent un coq au revers ;
  • sous la Ve République :
    • la pièce de 10 Francs (Joaquin Jimenez) frappée en 1986 porte un coq à l’avers.

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L’IDEE DE CREATION DES CIMETIERES

Posté par francesca7 le 27 mai 2015

 

800px-Tombe_anthropomorpheDans l’Antiquité, les vivants ne doivent pas côtoyer les morts. Aussi, en Gaule romaine, les cimetières sont-ils situés à l’extérieur des villes.

Avec la christianisation, deux faits majeurs vont rapprocher les vivants des morts. D’une part, les premiers chrétiens prennent l’habitude de se faire enterrer dans des basiliques funéraires construites à la périphérie immédiate des villes pour abriter les restes d’un martyr (enterrement ad sanctos), espérant ainsi la protection du saint ; progressivement, ces faubourgs s’urbanisent. D’autre part, avec la multiplication des paroisses, à partir du VIIIe siècle, les nécropoles rustiques dites « en plein champ », situées loin de l’habitat, sont abandonnées au profit de nouveaux cimetières installés au cœur du village.

Durant le haut Moyen Âge, le cimetière est un champ ouvert autour de l’église, sans délimitation ni architecture particulières, puis, à partir duXIIe siècle, il est clos par des murs et une croix est placée en son centre. Les personnages les plus importants se font enterrer dans l’église ; les autres cherchent à l’être le plus près possible du lieu de culte et sont inhumés parfois sous les gouttières (sub stillicidio), afin de bénéficier du bienfait des eaux lustrales qui ont coulé du toit. À partir de l’époque carolingienne, le cimetière devient un lieu consacré et certains individus en sont exclus : juifs, excommuniés, hérétiques, suicidés, enfants morts sans baptême. Le cimetière médiéval est aussi un lieu d’asile et de paix où l’on peut chercher refuge. Il est également un lieu public autour duquel la vie s’organise : promenades, réunions, commerce, justice… prostitution. On sait, par exemple, que, en 1231, le concile de Rouen défend de danser en ces lieux et que, en 1274, le concile de Lyon s’oppose au « commerce des choses vénales sous le portique de l’église ou dans le cimetière… ».

 

Au siècle des Lumières, on s’indigne de cette promiscuité entre vivants et morts et on prend peur des odeurs pestilentielles. Les morts partent en exil : les sépultures sont remisées aux portes des cités. Le 10 mars 1776, une déclaration royale (imitée dans toute l’Europe) interdit définitivement la sépulture dans l’église et impose donc l’inhumation des morts dans les cimetières. De 1780 à 1782, les grands cimetières parisiens (Les Innocents, Saint-Sulpice, etc.) sont fermés et c’est ainsi que naissent ceux du Montparnasse, de Montmartre et du Père-Lachaise (1804). La loi du 23 prairial an XII (12 juin 1804), complétée par l’ordonnance du 6 décembre 1843, impose, pour des raisons de salubrité, que le cimetière se trouve « hors l’enceinte des villes et des faubourgs ». À partir de cette époque, le cimetière n’est plus religieux mais laïque, placé sous l’autorité de la commune. Désormais, tout le monde peut y être enterré. Aujourd’hui, le manque de place dans les grandes agglomérations et la déchristianisation provoquent d’autres changements. Dans les banlieues se créent de nouveaux cimetières dans les quelques espaces encore libres : cimetières-parcs, comme celui de Clamart, réalisé par l’architecte Robert Auzelle ; enfeus (cimetière de Montfort-l’Amaury) ; ensemble de niches superposées où l’on aligne les cercueils ; construction de tours-cimetières (Marseille et Nantes) ; columbariums (la crémation est autorisée en France depuis 1887 et par l’Église catholique depuis 1964).

Quelles que soient sa forme et sa place, le cimetière reste un lieu de mémoire, un espace des morts pour le pèlerinage périodique des vivants.

 L’IDEE DE CREATION DES CIMETIERES dans AUX SIECLES DERNIERS 200px-JapaneseGraveyardTokyo

Aujourd’hui, En Europe occidentale, Les municipalités passent souvent des contrats avec des entreprises de pompes funèbres, d’où une standardisation de la pierre tombale et du caveau funéraire proposés dans des « catalogues », à l’exception des sépultures des morts les plus fortunés dont l’art funéraire peut prendre une originalité et une grande ampleur. La multiplication des crémations a rendu de plus en plus fréquents les murs funéraires à urnes ou les jardins du souvenir.

Dans les pays occidentaux, depuis le début du xixe siècle, les cimetières sont divisés en concessions cadastrées (organisation en divisions, carrés et rangées, ordonnancement caractéristique de la Révolution industrielle) auxquelles on accède par des allées. Chacune est louée ou vendue à une personne ou à une famille, qui peut y construire une tombe ou un caveau. Une concession dite « à perpétuité » pouvait être donnée ou vendue à une famille, mais la perpétuité devient rare en raison du manque de place dans et autour des villes.

Certains cimetières donnent l’impression de reproduire la ville avec ses quartiers riches et ses quartiers pauvres. Dans certains pays, les familles dépensent des sommes considérables pour construire des tombes en forme de maisons, construites avec plus de soins que les vraies, par exemple à Madagascar. Les fosses communes, longtemps le lot des morts sans famille et des indigents, sont maintenant réservées aux personnes non identifiées tuées lors de catastrophes ou d’épidémies importantes.

Selon les cultures et les époques, les cimetières, comme les tombes d’ailleurs, sont plus ou moins monumentalisés et sacralisés. Le culte catholique est caractérisé par des tombes de pierre, imposantes et ornées de symboles parfois complexes. La fin du xxe siècle en France et dans plusieurs pays européens a découragé l’expression de la nature dans les cimetières : pierres de marbre, caveaux de béton fabriqués artisanalement, puis industriellement sont alignés entre allées de schistes ou de graviers souvent chimiquement désherbées. Dans les pays de tradition catholique, le jour des Morts est la Commémoration des fidèles défunts et est marqué le 2 novembre. Ce jour-là — ou la veille, la Toussaint — on dépose sur les tombes des fleurs en plastique, en céramique ou peintes sur des émaux ou des fleurs naturelles.

Parfois cependant la nature est présente. Ainsi, les haies et arbustes taillés au cordeau, les gazons très entretenus caractérisent les cimetières militaires. À Paris, le cimetière du Père-Lachaise est plus visité que des jardins authentiques. Dans certaines régions, l’if(plante symbolique de l’immortalité) ou le lilas commun (plante importante pour les gitans) sont présents dans le cimetière. Certains cimetières sont presque complètement recouverts d’herbe, comme dans les pays anglo-saxons, où les allées et les tombes sont plantées de gazon dont n’émergent que des stèles ou des croix verticales. Cette formule est adoptée par les cimetières musulmans en Europe du Nord, en Europe de l’Est ou en d’autres pays. Certaines communes entretiennent une flore favorable aux papillons et aux oiseaux afin qu’ils égayent le lieu.

En France, les cimetières sont devenus des propriétés communales où tous les habitants, tous les inscrits sur les listes electorales ou toutes les personnes décédées sur la commune ont le droit d’être inhumés. Les communes accordent en outre des concessions de durées variables pour qu’un demandeur puisse y établir une sépulture individuelle ou familiale. Il ne lui est pas permis d’y établir des zones confessionnelles. Les différentes confessions des défunts peuvent être manifestées par des cérémonies et des rites, et, sur les tombes par des symboles ou des inscriptions religieuses, philosophiques ou politiques. Les communes aménagent cependant souvent des espaces dits « carrés musulmans », regroupant les tombes des défunts qui suivent les rites d’inhumation musulmans. L’inhumation fait l’objet en France d’une réglementation très précise. Dans le cadre des pouvoirs de police du maire, en matière de salubrité publique, les agents de la police municipale sont chargés de la surveillance des opérations funéraires (exhumations, transports de corps).

800px-Cimeti%C3%A8re_Arlon_juif_03 dans AUX SIECLES DERNIERSDe nos jours, et sous la pression foncière, on cherche à récupérer l’espace utilisé en centre-ville par certains cimetières, et à déplacer vers l’extérieur des villes ces lieux de recueillement et de souvenir. D’autres pratiques funéraires comme la crémation se présentent comme permettant de réduire l’emprise au sol (sur 10 m2 on loge 4 à 6 cercueils, contre 200 urnes), mais en termes d’empreinte écologique le bilan de la crémation peut être réévalué.

Le cimetière peut poser des problèmes sanitaires et environnementaux.

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A l’apparition du Pommier à Cidre

Posté par francesca7 le 26 mai 2015

 

PommierLe pommier à cidre s’implante dans la campagne de Caen, le Cotentin et le pays d’Auge, au plus tard au XIIe siècle.

Cependant, le véritable succès du cidre ne s’amorce qu’au XVe siècle, quand la boisson commence à gagner la Haute-Normandie, le Maine, et la Bretagne, acquise pour l’essentiel avant la fin du XVIIe siècle. La possibilité de production locale facilite ce succès, surtout dû à un prix moindre que celui du vin : le pommier entre naturellement dans la polyculture, tandis que le cidre acquiert l’image d’un « breuvage pour maçons », distribué en particulier aux moissonneurs et aux batteurs. Sa consommation, populaire dans le Nord-Ouest, atteint son apogée entre le Second Empire et le milieu du XXe siècle. La production de pommes à cidre apporte de substantielles rentrées aux agriculteurs ; son commerce prend de l’ampleur et les cidreries à caractère industriel se développent. Existe alors une véritable culture du cidre, fondée sur un remarquable savoir-faire à chacune des phases essentielles : ramassage des fruits, subtil mélange des variétés, pressage et, après la fermentation, soutirage, un travail qui s’étale entre fin août et début mars. La réputation des fermes dépend dès lors largement de la qualité du cidre domestique. Cette production est toutefois profondément affectée par la réglementation antialcoolique qui, en 1953, limite la commercialisation et, en 1960, interdit la plantation des vergers de pommiers, alors même que la mécanisation de l’agriculture contraint à arracher les pommiers de plein champ. Il faut donc une politique très volontariste pour relancer la consommation d’un produit qui obtient, en 1996, pour le pays d’Auge et la Cornouaille, l’appellation d’origine contrôlée.

 

Aujourd’hui encore, La culture du pommier à cidre est une déclinaison spécifique de l’arboriculture fruitière en raison notamment de son matériel végétal: les variétés cidricoles se distinguent des autres pommes par la composition des fruits notamment leur richesse en polyphénols mais aussi des caractéristiques agronomiques spécifiques (port de l’arbre « buissonnant », vigueur importante et alternance de production marquée). La valorisation des fruits destinés exclusivement à la transformation entraîne un niveau d’exigence différent des pommes de table (pas de calibre minimum ni de contraintes d’aspect visuel mais une gestion délicate des maladies d’altération des fruits). Cependant, avant d’engager une plantation, il est important de réfléchir au choix variétal. Celui-ci repose sur un compromis entre : – Les qualités technologiques recherchées selon le type de produit élaboré (cidre, calvados, pommeau, jus de pomme…), – Le cahier des charges pour chaque signe distinctif de qualité (AOC, IGP, label rouge), – Les caractéristiques agronomiques : productivité et alternance, conduite de l’arbre, comportement sanitaire.

A la plantation, le scion a souvent de nombreux anticipés à angle fermé. 3 à 5 anticipés bien répartis le long du tronc et parmi les plus ouverts, peuvent être conservés. Les premières années, la vigueur est très forte (croissance forte, érigée) sur M106 d’où un retard de la mise à fruits d’un an. Une suppression trop importante de branches ne fait que renforcer cette vigueur : Une arcure sous l’horizontale des dominantes non supprimées, est possible, en les vrillant par exemple. Par la suite, lorsque l’arbre a commencé à produire, la conduite est relativement facile car la variété est très ramifiée et l’axe assez dominant. Cependant, le problème de croissance tardive et d’annulation du bourgeon terminal provoque souvent des fléchissement des axes, renforcé par une surcharge de fruits. Une sélection rapide des branches de la base de l’arbre favorisera : – La présence de lumière et des ramifications nombreuses – un renforcement de la partie haute de l’arbre et un axe bien droit.

A l’apparition du Pommier à Cidre dans FLORE FRANCAISE 220px-Pommes_%C3%A0_cidreLes pommes à cidre, elles, sont des pommes spécialement sélectionnées pour produire un cidre ou un calvados de qualité. Elles sont généralement de petite taille et riches en tanins, à la différence des pommes de table qui se mangent crues et des pommes à cuire utilisées par exemple pour les compotes. Elles proviennent de vergers en hautes tiges (traditionnellement en champs complantés), et aussi maintenant en basses tiges, généralement installés sur des sols de coteaux argilo-calcaires peu profonds et bénéficiant d’un climat de type tempéré océanique.

Les pommes à cidre sont généralement partagées en quatre familles :

  • les pommes douces, parfumées et sucrées, donnant sa rondeur au cidre. Elles ont une teneur en tanins inférieure à 0,2 % et une acidité inférieure à 0,45 % ;
  • les pommes douces amères, parfumées aussi, mais riches en tanins (plus de 0,2 %) et faibles en acidité (moins de 0,45 %) ;
  • les pommes amères, souvent utilisées en quantité dominante, riches en tanins (plus de 0,2 %) et aussi en acidité (plus de 0,45 %). Elles donnent du corps et une couleur intense au cidre ;
  • les pommes acidulées, apportent la fraîcheur. Ce groupe est peu tannique (moins de 0,2 %) mais acide (plus de 0,45 %).

Il est souvent fait état d’un cinquième type dit aigre qui sont des pommes très acides et peu tanniques.

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Le château de Clementigney ou Château de la Juive

Posté par francesca7 le 26 mai 2015

Château_de_la_juive_-_février_2010_-_2Le château de Clementigney, plus connu sous le nom de château de la Juive est l’une des plus remarquables demeures particulières de Besançon (Franche-Comté). Il est situé sur la commune limitrophe de Chalezeule, à deux pas du quartier historique de Bregille et sur le bout du mont de Brégille. Le bâtiment de base a été construit à une date inconnue, mais les premières traces à son sujet remontent à la fin du xviiie siècle, avant que la puissante famille juive Lippman n’en devienne propriétaire. C’est d’ailleurs une de leur descendante, Léonie Allegri, qui demande à l’architecte franc-comtois Alphonse Delacroix de la transformer en un véritable château. Entre 1850 et 1870, il donne naissance au bâtiment tel qu’on le connait aujourd’hui, avec son style gothique et son échauguette caractéristique. Le dynamisme de la propriétaire donne à la demeure son surnom toujours actuel, le « château de la Juive ». Par la suite, l’édifice change de main et devient un hôtel-restaurant réputé pour sa gastronomie de qualité et ses décors remarquables, gagnant une réputation nationale et attirant plusieurs célébrités. Cependant, cette vocation se termine au début des années 2000, lorsque le dernier chef cuisinier meurt, le château retrouvant, depuis lors, une fonction purement résidentielle.

Le château de la Juive est construit au numéro trois du chemin des Buis, administrativement dans la commune de Chalezeule, mais presque limitrophe du quartier de Bregille, à Besançon. Il est bâti sur un terrain qui appartenait, dès 1248, au chapitre de Sainte-Madelaine, avant d’être officiellement intégré à la commune de Chalezeule au xvie siècle. Il se dresse tout au bout du Mont de Brégille, face au château de Montfaucon, engoncé au sein d’un parc boisé.

Le premier propriétaire connu de la demeure est Monseigneur de Fresnoy en 1780, qui détenait alors une maison de campagne de son épouse Jeanne Antoine de la Grée, ainsi que plus des deux tiers de la commune de Chalezeule. Ce personnage était le seigneur de terres en Picardie, chevalier de saint-Louis, capitaine au régiment de Monsieur et sera le dernier seigneur de la commune, puisqu’il se fera élire maire sous le nom de Defresnoy. Dans les premiers cadastres, en 1835, l’édifice apparaît comme propriété de M. Mayer Lippman, sans que l’on sache précisément s’il s’agissait d’achat de biens ou de spéculation. La famille Lippman s’installe à Besançon lorsque trois frères originaires de Sarre-Union (Bas-Rhin) – dont Mayer et Alphonse désignés comme marchands de montres – s’établissent, au début des années 1800, à l’hôtel Terrier de Loray, au 68, Grande rue.

Mayer Lippman, alors connu comme étant le juif le plus riche de la cité, fait du bâtiment sa maison de campagne, puis la décore et la meuble richement selon la mode de l’époque. Il se marie à Babette Lévy dont il a quatre enfants : Alfred (négociant à Marseille), Auguste (banquier à Paris), Nathalie et Dina. Cette dernière, mariée au banquier parisien Bénédict Allegri, meurt après avoir donné naissance, en 1827, à Reine Précieuse Léonie Allegri. C’est elle qui sera surnommée la Juive et qui laissera son surnom à la demeure. Mayer Lippman décède le 9 juin 1849 et est enterré au cimetière israélite de la ville, laissant un héritage considérable

Le 17 juin 1919, le château devient la propriété, pour la somme de 60 000 francs, d’Élie Fourcasse, qui en fait sa maison de campagne9. Cet homme est fils d’ouvrier en horlogerie dans le Petit Battant et devient monteur de boîtes pour montres, puis épouse Jeanne-Marie Victorine Martin, qui a fait fortune dans le négoce Le nouveau propriétaire n’hésite pas à vendre la collection d’armes du château, probablement originaire du temps des Turenne, empochant ainsi plus de deux fois le prix d’achat du bâtiment.

Sa fille Berthe, épouse d’Hippolite Dolo, ingénieur des arts et métiers, reçoit en dot le domaine lors de son mariage en 1921, mais l’édifice en mauvais état sera finalement revendu, le 15 mars 1926, à Joseph Périat. Ce dernier, d’origine suisse, chef cuisinier à la cour royale d’Angleterre, décide d’aménager un restaurant au sein du château. La notoriété du domaine dépasse alors largement la région, grâce aux talents culinaires de son propriétaire, mais également avec le décor exceptionnel qui accompagne le repas des hôtes. Malgré tout, il se résout à vendre le château à Alain Gerber, le 12 janvier 1939, à la suite de problèmes récurrents de santé. Il vend également le fonds du restaurant, le 17 février de la même année, à Henri Nussbaum.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Henri Nussbaum tente de maintenir la réputation du château, malgré les restrictions de plus en plus pesantes D’ailleurs, il subit de fortes pressions lors de la Libération, du fait de sa clientèle allemande, en plus des désagréments causés par un char allemand ayant détruit les grilles à l’entrée. Le 10 décembre 1948, Alain Gerber, toujours propriétaire du domaine, décide de le vendre pour la somme de deux millions de francs à un couple de cultivateurs, Francine et Camille Barthot-Malat. L’acte du notaire de Levier décrit le bien ainsi « 15 pièces chauffées au chauffage central, un pavillon en annexe, buanderie, garage, atelier sur caves, une maison de ferme de six pièces, écurie, grange, hangar, trois citernes, parc, verger, prés et serre. » La ferme est louée à Henri Converset à partir de 1937 et les prés à M. Mercier en 1948. Camille Barthot-Malat cède le château en 1955 ainsi que son parc de 1,25 hectare à René Gavet et sa femme Myriam, et le fonds d’hôtellerie l’année suivante

Le château de Clementigney ou Château de la Juive dans CHATEAUX DE FRANCEUn passage du journal de Bregille, d’avril 1982, décrit précisément le château de la Juive, reprenant le témoignage de la vie quotidienne de Léonie Allegri dans sa demeure. Ainsi, on y apprend une multitude de détails, comme l’existence d’un escalier en chêne, le fait que les couloirs aux riches lambris dissimulaient des placards secrets, ou encore la description de sa chambre : elle contenait un lit à baldaquin soutenu par des colonnes torsadées, des murs aux lambris rouges et bleu roi, et un plafond bleu ciel tapissé d’étoiles. On apprend aussi qu’était présente une grande cheminée sculptée, recouverte de faïences bleues et blanches, et que les cabinets comportant des vitraux blancs transparents étaient situés dans l’échauguette. Quant à la salle de bain, située au troisième étage, il fallait, pour l’utiliser, monter l’eau seau après seau et la chauffer à l’aide d’un chauffe-eau en cuivre, fonctionnant avec un serpentin envoyant le liquide dans une baignoire également en cuivre, ne comportant pas de système d’écoulement. Des faïences, reprenant les motifs du mur de la salle de réception, trônaient dans le bâtiment, offertes par un peintre italien. Une fois remariée, Léonie Allegri fut confrontée aux infidélités de son époux, le comte de Turenne, dont la rumeur rapporte qu’il facilitait la fuite de ses maîtresses par l’escalier de la tour, alors renommée Felice, ainsi que par des portes secrètes cachées dans les lambris. Il fit également apposer ses armes sur les grilles du château, et fit sculpter son portrait et celui de Léonie sur la cheminée de la chambre de son épouse. Les vignes, encore bien vivaces juste avant la Grande guerre, disparurent avec le décès de leur propriétaire, Léonie, en 1914

L’écrivain Guy Des Cars a fait du château une œuvre littéraire en 1938 – LE CHATEAU DE LA JUIVE est en vente ici :  http://bibliothequecder.unblog.fr/

 

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Le chemin de fer a transformé la FRANCE

Posté par francesca7 le 24 mai 2015

 

ELeDrac1A partir des années 1830, les ingénieurs élaborent une véritable science des chemins de fer, qui est enseignée dans les grandes écoles. Elle joint une théorie de l’utilité, à fondement principalement économique, à une science des systèmes, fondée essentiellement sur la technique. S’édifiant progressivement, dans l’incertitude et en fonction de l’expérience, elle combine trois filières techniques préexistantes : celles de l’utilisation de l’énergie, des matériaux et des communications à distance. Chacune va être bouleversée par les besoins nés de son exploitation. Ainsi, la sidérurgie de l’acier se substitue à celle du fer. La locomotive à vapeur connaît une transformation radicale, qui culmine en France, à la veille de la Grande Guerre, avec la série des machines compound du type Pacific 23. Dès les années 1900, la traction électrique fait son apparition sur quelques lignes de la banlieue parisienne et sur le réseau du Midi. L’adoption de la télégraphie, au début de l’exploitation, est suivie du développement, à partir des années 1880, d’un système de signalisation électrique semi-automatique. Ainsi, les exigences de l’exploitation ferroviaire contribuent largement à faire naître les technologies de la seconde révolution industrielle.

Le système technique ferroviaire est alors complémentaire de son organisation administrative, qui se caractérise par la division des tâches, la rigidité hiérarchique et l’autoritarisme. La principale vertu de l’agent des chemins de fer est l’obéissance, cette rigueur étant justifiée par la crainte de l’accident. Car la « culture ferroviaire » met en avant la sécurité, même si les métiers du rail ont longtemps figuré parmi les plus meurtriers et les plus dangereux. Le temps de travail journalier, initialement très long, n’est réduit qu’à partir des années 1890, sous la pression de l’État. En revanche, la durée d’activité est relativement courte, et des régimes de retraite sont établis précocement. L’échelle des fonctions correspond à celle des salaires et de la considération. Une grille d’avancement régissant l’ensemble de la carrière jusqu’à l’âge de la retraite est mise en place. Le statut de 1920, qui accorde aux agents des garanties précises, ne fait que doter d’une force légale cette organisation rigide des carrières et des rémunérations. La montée en puissance des syndicats s’affirme dans les années 1900, malgré l’« échec » de la grève de 1910.

Le chemin de fer a transformé la FRANCE dans AUX SIECLES DERNIERS 200px-Bordeaux-Paris_in_8_hours_%281897%29Le chemin de fer a transformé la France. La réduction des tarifs de transport de marchandises a donné une impulsion décisive à la production, tant agricole qu’industrielle. Mais, dès le Second Empire, le développement du réseau exacerbe également les concurrences interrégionale et internationale. La croissance devient de plus en plus sélective, surtout à partir des années 1880. Mais le fléchissement de l’augmentation du trafic qui survient à cette époque entraîne une redéfinition de la politique commerciale, laquelle contribue à la reprise des années 1890. En effet, une nouvelle conception du voyage se fait jour. Dans les années 1880, en rupture avec les conceptions antérieures, les compagnies engagent une véritable politique de promotion du voyage populaire. Elles réduisent massivement les tarifs, et multiplient les « trains de plaisir ». En outre, quelque peu poussées par la Compagnie des wagons-lits, fondée dans les années 1870, elles cherchent à promouvoir le voyage de luxe via l’accroissement du confort et de la vitesse. Le lancement, en 1883, du Calais-Nice-Rome express, ancêtre du mythique Train bleu de l’entre-deux-guerres, symbolise cette politique couronnée de succès. En revanche, l’essor du trafic de banlieue est plutôt subi que voulu.

 

L’univers ferroviaire fait alors irruption dans la création romanesque (Huysmans, les Sœurs Vatard, 1870 ; Zola, la Bête humaine, 1890) et picturale (Gustave Caillebotte, le Pont de l’Europe,1876 ; Claude Monet, la Gare Saint-Lazare, 1877). Les gares monumentales, chefs-d’œuvre de l’architecture du XIXe siècle, forment à la fois une frontière entre deux mondes, un espace clos fait de bruits, de ténèbres et de lumières, un lieu d’attente et de solitude, de départ et de séparation, d’arrivée et de rencontre. La littérature confère au voyage lui-même une signification poétique particulière et le charge d’une forte tension dramatique, présente aussi bien chez Valery Larbaud (A. O. Barnabooth,1913) que chez Guillaume Apollinaire (les Onze Mille Verges, 1907) ou Blaise Cendrars (Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, 1913).

La création de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), au mois d’août 1937, constitue l’aboutissement d’une négociation éclair engagée dès le vote de la loi de délégation de pouvoirs donnée au gouvernement Chautemps par le Sénat. La Haute Assemblée a refusé toute « réforme de structure », et écarté ainsi le risque - très réel - d’expropriation. La nationalisation des chemins de fer peut être menée en douceur, d’autant que les compagnies ne sont pas mécontentes de se décharger des responsabilités de l’exploitation. Elles obtiennent que l’organisation nouvelle ne porte pas atteinte aux intérêts de leurs actionnaires, et sauvent les domaines privés qu’elles avaient constitués. La SNCF est une société anonyme dont l’État détient 51 % du capital, 49 % restant aux mains des anciennes compagnies. Le conseil d’administration comprend des représentants de l’État, des compagnies et du personnel, ainsi que des membres de droit. Les clauses financières sont destinées à permettre le rétablissement progressif de l’« équilibre intégral ». La création de la SNCF s’accompagne d’un programme de coordination des transports, l’ambition initiale étant de réaliser une fusion dynamique des réseaux grâce à l’unification des méthodes d’exploitation.

La Seconde Guerre mondiale est, tout autant que la Première, une guerre des chemins de fer, malgré le rôle croissant joué par les transports automobiles. Durant l’été 1939, le plan de mobilisation fonctionne correctement. Mais, en 1940, la rapidité de l’avance allemande et la supériorité de la Luftwaffe rendent les transports par voie ferrée inefficaces, et, lors de la débâcle, le désordre est indescriptible. Pendant l’Occupation, le trafic voyageurs augmente considérablement. Le réseau ferré devient, notamment dans les derniers mois du conflit, un enjeu de la lutte contre l’occupant. Ainsi, le groupe Résistance Fer se livre à des activités de renseignements et à des actions visant à entraver le trafic : en juillet 1944, on compte 253 sabotages d’installations et 301 avaries de matériel. Puis, lors de la campagne de France, les installations ferroviaires figurent parmi les principales cibles des aviations alliées. Après le débarquement, les Américains ont recours au chemin de fer beaucoup plus tôt que prévu, car leurs camions s’embourbent ou sont immobilisés par des encombrements.

Dès 1947, le trafic est rétabli sur un réseau qui a été détruit aux deux tiers, et la reconstruction permet d’accélérer le processus d’unification. Mais l’histoire du rail, comparée à celle des autres moyens de transport, devient alors celle d’une lente contraction : 29 000 kilomètres de lignes effectivement exploitées au début des années quatre-vingt-dix, contre 43 000 kilomètres en 1938 ; 27 % du transport des marchandises en 1989, contre 64 % en 1955. Face à la percée de l’automobile, la part du rail dans les transports de voyageurs chute à 10 % depuis le début des années soixante-dix. Quant aux cheminots, on n’en compte plus que 182 000 en 1994, contre 500 000 en 1938. Et face à l’automobile et à l’avion, l’image du chemin de fer s’est longtemps teintée d’archaïsme. L’ont brouillée l’accumulation des déficits, l’accroissement spectaculaire de l’endettement et la fréquence des grèves, qui traduisent la profonde inquiétude des agents, mais ont aussi fait le jeu des concurrents.

370px-Ch_de_fer_Lyon_StEtienneMais la SNCF bénéficie aussi d’une autre image. Elle a connu, depuis la guerre, plusieurs mutations radicales. La loi de 1983, votée à échéance de sa concession, substitue au régime de la société anonyme celui d’un établissement public industriel et commercial, qui lui assure, en principe, une large autonomie de gestion. Ses structures administratives ont été constamment adaptées, depuis 1945, à la demande de transport. Dès les années soixante, se multiplient, à l’échelon central, les divisions fonctionnelles. En 1973 sont créées 25 « régions », qui se substituent aux anciens réseaux. Une nouvelle structure est mise en place en 1994 ; elle repose sur la distinction entre les directions techniques et fonctionnelles, les directions d’activité, les directions d’appui. Les succès technologiques de l’entreprise sont impressionnants, particulièrement dans le domaine de la traction. Les ingénieurs de la SNCF et les constructeurs qui ont travaillé pour elle ont adopté, dès le début des années cinquante, un modèle d’électrification révolutionnaire, utilisant directement le courant alternatif de 50 périodes, au lieu du courant continu de 1 500 volts, employé en 1920, ce qui a fortement réduit le coût des installations. Les ingénieurs ont développé une filière de locomotives Diesel et de locomotives à turbine à gaz qui a donné naissance aux turbotrains, dont le symbole a été le Paris-Caen. Ils ont imaginé des « trains d’affaires » rapides tels que le Mistral et le Capitole, et, dans la logique d’une culture de la « grande vitesse », nouvelle pour eux, le TGV Sud-Est, inauguré en 1981. Le réseau TGV s’est depuis étendu vers le Sud-Ouest, l’Ouest et le Nord. Aujourd’hui, les technologies mises en œuvre tendent à intégrer dans un système informatique unifié l’ensemble des composantes fonctions, y compris la traction. Aucun autre réseau de grande vitesse dans le monde ne réalise de telles performances. Le tunnel sous la Manche - percement décidé en 1984, inauguration en 1993 - a valorisé la liaison ferroviaire. Comme le note Jacques Réda, le chemin de fer devient ainsi, sous nos yeux, « une géante extension du métro ». D’autres options technologiques ont donné à la SNCF une image de modernité : adoption précoce et intégrale de l’informatique de gestion, conversion à l’automatisation, généralisation du calcul scientifique et du contrôle de sécurité, architecture nouvelle dans les gares TGV, conception du réseau RER avec la RATP. Le chemin de fer a constitué l’un des principaux vecteurs de la diffusion des technologies électroniques. Il a opéré, à partir des années soixante-dix, une profonde modification de ses politiques commerciales, comparable à celle des années 1880. La remise en cause du statut de la SNCF, amorcée en 1995, est due à un endettement insupportable. La loi de 1996 créée une séparation entre la gestion des infrastructures, confiée au Réseau ferré de France (RFF) et celle de l’exploitation du trafic que conserve la SNCF : une solution proposée dès les années 1830 par plusieurs ingénieurs des Ponts et Chaussées, et conforme à l’esprit de la loi de 1842. Ce régime permettra à l’entreprise de trouver un nouvel élan, comme le montre l’exemple des chemins de fer allemands.

e chemin de fer est parvenu à préserver une image de modernité sans effacer ce qui en a fait une source de méditation nostalgique. Après la guerre, le renouveau du thème ferroviaire dans une littérature de haute tenue est, de ce point de vue, caractéristique. Il est illustré par l’œuvre de Michel Butor, qui, dans la Modification, renoue avec une très ancienne tradition de réflexion amoureuse, portée par le rythme du train, ou, plus récemment, par celle de Jacques Réda, selon lequel « le train reste à présent ce qu’il fut d’emblée, c’est-à-dire religieux et collectif : mythologique ».

Sources Encyclopédiques

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AVOIR DE L’ASCENDANT, FAIT PARTIE DES CROYANCES

Posté par francesca7 le 24 mai 2015

 EXPRESSION FRANCAISE

 

images (3)Les croyances et superstitions diverses ont longtemps constitué le fond culturel des peuples sous toutes les latitudes. Non seulement la France, mais l’Europe occidentale a vécu, et dans certains domaines vit encore, sur une base culturelle héritée des mœurs et des usages de l’Empire romain.

AVOIR DE L’ASCENDANT : De toutes les croyances antiques l’astrologie est certainement la plus universelle et la plus vivace. Peu ou prou, les gens aiment à penser que les étoiles leur font personnellement de l’œil, et attribuent volontiers à leur influence les événements heureux ou déplaisants de leur existence.

L’important en la matière est l’étoile qui préside à la naissance, c’est à dire « qui monte sur l’horizon au premier instant d e la naissance d’un homme ou d’une femme ». C’est cela l’astre ascendant, du latin ascendere, monter, et dont tout dépend, selon la foi des astrologues qui calculent à partir de lui le thème de la nativité. Si l’étoile est bonne, tant mieux, sinon le pauvre bébé est un malotru – c’est à dire étymologiquement mal  ostru, né sous un mauvais astre.

Naturellement l’astre en question peut avoir des influences particulières ; Scarron, écrivant à une amie très chère à laquelle il précise : « Vostre Cul doit être un des beaux Culs de France », s’exclame :

Que les Hommes n’ont pas pareille Destinée

Et que vous estes née

Sou un Astre puissant et favorable aux Culs

Tandis que le vostre est, près de ceux des Princesses,

Assis sue sur deux Fesses.

Le nostre n’est assis que sur deux os pointus !

 

De cet ascendant littéral on est passé très vite à des influences moins célestes. « Ascendant – dit Furetière – se dit en discours ordinaire d’une supériorité qu’un homme a sur l’esprit d’un autre, qui provient d’une cause inconnue. Pour gagner vôtre Rapporteur, employez un tel de ses amis ; il a un grand ascendant sur son esprit ».

 

Extrait de La Puce à l’Oreille de Claude Dunetton

 

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