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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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L’histoire de la carotte

Posté par francesca7 le 23 avril 2015

 

1. Plante bisanuelle spontanée dans de nombreuses régions du monde, cultivée pour sa racine comestible (espèce Daucus carota, famille des Apiacées).

2. Racine de cette plante.

4color4L’Afghanistan est considéré comme le premier centre de domestication de la carotte. Des plantes à racines de couleur jaune y ont été obtenues par mutation naturelle dans les populations cultivées locales, qui étaient toutes à racine violacée ou pourpre. À partir des types à racine jaune, dont la culture s’est généralisée en Europe du Nord-Ouest, ont été créées progressivement les variétés à racine rouge-orangé, riches en carotène. Les types à racine blanche sont des mutants issus des types à racine jaune. La carotte est utilisée en alimentation humaine et animale.

Cycle de vie.

En 1re année, la plantule évolue en une rosette de feuilles finement découpées, et développe une racine pivotante tubérisée en l’absence d’obstacles tels que pierres, pailles ou résidus de culture. En 2eannée, la plante émet une hampe florale fortement divisée mais relativement basse. Les fleurs, disposées en ombelle, sont blanches ou rosées, à l’exception de la fleur centrale, généralement pourpre et très grande. La racine est consommable jusqu’à l’apparition de la hampe florale, moment où elle devient fibreuse.

 

Variétés cultivées.

Les variétés actuelles, toutes des hydrides F1 (hybrides simples) ou de trois voies, sont dominées pour le marché de frais par le type `Demi-longue nantaise’ amélioré en carotte de primeur comme de saison (`Nantucket’, `Napoli’, `Presto’, `Premia’, `Nanda’, `Nansen’, `Ykon’, `Nandor’, `Carlo’, `Boléro’ – tolérante à l’alternariose -, `Maestro’, `Major’) et pour l’industrie par le type `Amsterdam’ (`ABK’, `Douceur’, `Cylindra’, `Solo’), le type `Colmar/Flakkee’ ou les `Chantenay Karotan’ et `Vitalonga’.

Culture.

Les sols légers, frais, sableux à sablo-limoneux, profonds, bien drainants et ne présentant pas d’obstacle, sont les plus favorables à une production de carottes potagères de qualité. Sur le plan climatique, les régions océaniques, douces et humides (16-18 oC) sont favorables à une bonne croissance et à la tubérisation de la racine. Les basses températures sont préjudiciables à la formation du carotène, et donc à une coloration correcte de la racine. A maturité, la racine résiste à des températures de – 4 oC à – 3 oC. En deçà, elle exige une protection si la conservation au champ est recherchée.

Deux technologies de culture sont possibles : 
la culture hâtée, réalisée sous abri (bâche au sol, petit tunnel ou abri haut à couverture plastique). Semée à partir de fin octobre, la carotte bénéficie de l’abri jusqu’à fin mars pour être récoltée à partir de fin avril. Ce mode de culture s’est développé sur la façade atlantique sous climat maritime (Landes). C’est la carotte de primeur ;
la culture en pleine terre, dont les semis sont échelonnés de mars à juillet et pratiqués sur butte si la récolte est envisagée en hiver.

L’installation de la culture réclame une préparation soignée du lit de semence, avec un pourcentage élevé de terre fine et un léger tassement superficiel pour assurer un bon contact avec la semence. On effectue un semis en place de précision, souvent sur billon ou sur planche, avec un objectif de 350 000 à 550 000 graines/ha pour les variétés à grosses racines, de 2,5 millions pour les variété de type `Nantaise’ à 2 millions de semences enrobées, pelliculées ou nues par hectare ou à 10 millions dans le type `Amsterdam’.

Maladies et ravageurs.

Les ravageurs dont la culture doit être protégée sont la mouche de la carotte, les nématodes (le plus souvent Heterodera carotae) et les pucerons. Les principales maladies sont l’alternariose, la maladie des taches due principalement à Pythium violae etP. sulcatum, la maladie de la bague (Phytophthora megasperma), la sclérotiniose et l’oïdium.

Récolte.

Pour la carotte de primeur, la récolte intervient entre la mi-avril et le début mai. Pour la carotte de saison, qu’elle soit destinée au marché de frais ou à la transformation, la récolte se fait entre juin et mai de l’année suivante selon les régions. En région non exposée au gel, les racines sont arrachées au fur et à mesure des besoins. Au champ, la protection contre le froid est assurée soit par une couverture du sol à l’aide de paille, associée ou non à un film plastique, soit par buttage ou retournement des rangs, comme cela se pratique dans les Landes. Ailleurs, les racines sont arrachées à maturité et conservées en chambre froide à 0 oC avec un taux d’humidité de 95-98 %. Le matériel de récolte est soit une machine qui opère par préhension du feuillage (carotte de primeur et carotte de saison généralement jusqu’en novembre), soit une machine opérant par soulevage/déterrage et qui, en parallèle, procède au chargement des racines.

Après la récolte, les racines sont généralement lavées, calibrées puis conditionnées en bottes, en vrac, en sachets de polyéthylène, filets ou emballages de carton. Il est également proposé sur le marché de frais des carottes de sable récoltées à la main et non lavées. Le rendement commercial est tributaire du type de variété et de la période de récolte.

carrotallcolorssmProduction.

La France produit 650 000 t de carottes par an, pour 16 500 ha, ce qui en fait le premier producteur de l’Union européenne. Elle est suivie par le Royaume-Uni (583 000 t), l’Italie (405 000 t) et les Pays-Bas (350 000 t). La plus grande partie de la production française (520 000 t) est destinée au marché de frais. Au sein de la production destinée à la transformation, les petites carottes du type `Amsterdam’ représentent 80 000 t, et les grosses carottes de type `Colmar/Flakee’ ou `Chantenay’, 50 000 t. L’Aquitaine (Landes et Gironde), zone d’implantation récente en carotte de primeur notamment, est devenue le bassin de production, avec 28 % de la production nationale. Viennent ensuite la Picardie (Aisne, Somme) avec 16 % pour une destination de transformation industrielle, puis la Basse-Normandie (Manche), avec 15 % pour une mise en commercialisation sur le marché de frais d’août à avril, et la Bretagne, qui représente 10 % du marché du frais.

La balance commerciale de la France pour la carotte n’est que légèrement positive malgré l’écart entre les exportations (108 000 t, à destination surtout du Royaume-Uni et du Portugal) et les importations (85 000 t, en provenance d’Espagne et de l’UEBL essentiellement).

Source Encyclopédique – Péron 

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Le Printemps des campanules

Posté par francesca7 le 23 avril 2015

 

290px-Campanula_patula_bgiuPlante annuelle, bisannuelle ou vivace, très cultivée pour ses fleurs en forme de clochette, disposées en grappe (genre principal Campanula, famille des campanulacées).

Les campanules sont utilisées pour l’ornementation des jardins ou pour les fleurs coupées. Leur multiplication se fait le plus souvent par semis d’avril à juin ou par division des souches en automne ou au printemps. De tailles très variées, les campanules peuvent être annuelles (campanule miroir-de-Vénus), bisannuelles (campanule à grosse fleur ) ou vivaces (Campanula carpatica, Campanula garganicaCampanula muralisCampanula lactifloraCampanula persicoefolia, Campanula latifolia). Platycodon grandiflora, Campanula pyramidalis,) vivaces, se multiplient par bouturage à partir de jeunes pousses ou de racines charnues. L’étoile-de-Marie est peu rustique. Sensible au gel, elle doit passer l’hiver en serre. Ses fleurs bleues en forme d’étoile sont parfois si abondantes qu’elles cachent le feuillage.

 

On retrouve les campanules partout au jardin ! En rocaille, elles sont parfaites associées à des alchémilles jaunes qui vont contraster avec le bleu de la floraison. Certaines espèces sont idéales pour les balconnières accompagnées de jolis géraniums retombants. Placez-les dans les massifs « natures » en compagnie des scabieuses violettes ‘Butterfly Blue’, elles seront du plus bel effet. En bordure, les campanules apporteront du volume et de la couleur ! Enfin, pour les jardins anglais, la campanule est la plante incontournable à utiliser. Pour un peu d’originalité, plantez la Campanule des Canaries dans un massif. Ses fleurs orange veinées de pourpre sur des tiges volubiles mêlent les aspects sauvages et exotiques de cette plante.

Clochettes, tubulaires, en étoiles

Les campanules possèdent des fleurs hermaphrodites souvent sous forme de clochettes, tubulaires ou d’étoiles. En fonction des espèces, la floraison survient au printemps ou en été. La gamme des coloris est très vaste ! Elle s’étend du blanc-mauve au bleu violet. Les campanules s’accordent alors parfaitement avec des rosiers. La variété ‘Sarastro’ possède d’énormes clochettes, réellement imposantes à associer avec les campanules ‘Caroline’ au coloris mauve rosé. Pour garder les couleurs éclatantes de vos campanules, placez-les légèrement à l’ombre afin que le soleil ne les ternisse pas.

Les feuilles sont crénelées la plupart du temps et ovales. Chez certaines espèces, les feuilles sont persistantes.

Les campanules ne nécessitent aucun entretien particulier. Supprimez les fleurs une fois fanées pour prolonger la floraison et leur redonner de la vigueur. Pour les variétés les plus hautes, pensez à les tuteurer pour qu’elles ne s’affaissent pas. Enfin, protégez-les des vents desséchants.

En ce qui concerne la multiplication, divisez-les à l’automne ou au printemps. Vous pouvez également procéder par semis ou par boutures basales au printemps.

 

L a campanule des murailles

Les fleurs de cette campanule des murailles sont d’un violet intense, de forme tubulée ou en entonnoir (tube étroit d’environ 4 cm, s’ouvrant soudain en 5 pétales distincts et écartés), appelée campanulée.

C’est une plante qui reste prostrée, ne dépassant pas les 25 cm de haut et dont les tiges de 10 à 15 cm s’étalent avant de se redresser un peu. Au fil des années la touffe qu’elle forme s’agrandit progressivement pour atteindre 50 cm de diamètre. Persistante, cette touffe a tendance à diminuer en hiver pour grandir un peu plus l’année suivante.

Ses tiges sont couvertes de feuilles vert brillant soutenu, de 2 à 4 cm de long, arrondies à cordiformes et aux marges irrégulièrement dentées.

Pour sa multiplication on choisira plutôt le bouturage, très aisé à partir d’un fragment de tige, même replantée dans un mélange de terre standard. La multiplication par division fonctionne également bien.

La campanule des muraille est belle au sol dans un massif, au premier plan, accompagnée de petits Geranium de saxifrages ou potentilles herbacées. Il ne faut pas hésiter à la placer au bord d’une terrasse qu’elle « mangera » un peu.

Le Printemps des campanules dans FLORE FRANCAISE 240px-CampanulaDans une rocaille, elle a toujours sa place, que ce soit dans un éboulis, au creux d’une pierre ou dans un replat.

Mais c’est dans les interstices de murs ou à leur sommet qu’elle est la plus surprenante ; très peu de terre lui suffit pour former de gros coussins, occupant même les plus petites fissures de murets de pierres sèches, et dont la floraison prolifique fait du mur un véritable « mur de fleurs » durant tout l’été. Même plantée dans les zones ombragées la campanule des murailles sera superbe.

 Le saviez-vous ?

  • En cassant une tige pour la bouture vous verrez que, comme chez les euphorbes, les campanules émettent une sorte de suc laiteux suintant et un peu collant.
  • Le nom campanule, et plus précisément Campanula, vient du latin campana qui veut dire cloche, en raison de la forme des fleurs de la plupart des espèces du genre.

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A la rencontre de Cartouche le délinquant

Posté par francesca7 le 22 avril 2015

 

 

CartoucheLouis Dominique Gartauszien, dit voleur (Paris 1693 ).

 

Né en 1693 à Paris, rue du Pont-aux-Choux, fils de Jean Garthauzsien, un ancien mercenaire allemand originaire de Hambourg devenu marchand de vins dans le quartier de la Courtille après avoir été valet chez le marquis de Beuzeville de la Luzerne (en Normandie), Louis Dominique est appelé Cartouche, par francisation de son patronyme en Gartouse puis Gartouche. Enfant, il est élève au collège de Clermont, chez les Jésuites, avant d’en être rapidement chassé. Il s’entraîne alors à couper quelques bourses et, jeune amoureux, dérobe pour sa belle des présents qu’il lui offre : tabatières, mouchoirs, bonbonnières, boîtes à mouches, gardes d’épée… À l’âge de onze ans, à la suite d’une sévère réprimande de la part de son père très pointilleux sur l’honnêteté (il aurait obtenu une lettre de cachet pour le faire interner dans une maison de redressement après un vol), le jeune Cartouche quitte le domicile parental.

Il est recueilli par une bande de Tsiganes qui lui enseignent tours de cartes, bonne aventure et technique des petits larcins. Avec un certain Galichon (qui sera bien vite arrêté), il vole flacons de vins et d’eau-de-vie et s’entraîne à l’épée. Un temps laquais chez monsieur de La Cropte, marquis de Saint-Acre et lieutenant général des armées du roi, il brille par sa dextérité au jeu. Le tricheur est néanmoins congédié. Avec tous ces petits exploits, il devient localement célèbre et prend la tête d’une petite bande en Normandie. Repéré par les autorités, il exerce un temps le rôle d’informateur pour le lieutenant de police d’Argenson, avant de partir pour l’armée. Après avoir servi quelque temps, notamment en tant que racoleur militaire, il s’entoure d’anciens soldats qui forment le noyau de sa nouvelle bande lors de son retour à Paris. Il prend alors la tête d’une troupe d’une centaine de bandits, hommes et femmes, qui commettent quotidiennement des vols et des assassinats dans la capitale.

 

Issu d’un milieu populaire donc, il devient, pendant la Régence, l’un des délinquants les plus actifs de la capitale, commettant pour l’essentiel des vols peu élaborés et violents (agression et effraction nocturnes). Sa renommée doit beaucoup au retentissement que les autorités donnèrent à son procès : profondément discrédité par la faillite du système de Law, le pouvoir politique se devait de démentir les rumeurs qui attribuaient la responsabilité d’une vague d’assassinats crapuleux à des agioteurs de haut rang. Pour faire pièce à cette vision polémique de la criminalité, les autorités dévoilent, à l’occasion d’un procès spectaculaire, l’existence d’une puissante organisation clandestine de voleurs recrutant dans les bas-fonds. En état d’arrestation, Cartouche sert ce projet en dénonçant près de 90 personnes, avant d’être exécuté (novembre 1721), déclenchant ainsi une dynamique de la délation. La justice peut alors entreprendre une vaste opération d’éradication de la pègre parisienne qui, de 1721 à 1724, permet d’arrêter plus de 350 délinquants.

Le procès de Cartouche et de ses complices, qui sera scandé par des vagues d’exécutions publiques, n’eut cependant pas l’effet escompté. Petit truand sans vocation justicière, Cartouche y gagna une envergure de grand criminel, fédérateur et chef suprême des voleurs parisiens. Il suscita curiosité et fascination, et celui qui n’aurait dû être qu’un bouc émissaire devint un héros. La littérature qui entoura l’affaire participa à cette « héroïsation », sans toutefois outrepasser les limites imposées par la censure.

Ainsi, l’Histoire de la vie et du procès du fameux Louis Dominique Cartouche, livret anonyme publié en 1722, justifie la répression en décrivant une bande strictement organisée qui n’exista jamais. Cette biographie, largement imaginaire, offre cependant un portrait très ambivalent du bandit, meurtrier sanguinaire mais doté de qualités qui font les hommes d’exception : audace, intelligence, sens de l’organisation et du commandement. Appartenant à la bibliothèque bleue, cet ouvrage, qui connut un énorme succès dès sa parution, permit à Cartouche de s’inscrire dans la mémoire collective. Constamment réédité jusqu’en 1856, il servit par la suite de source principale aux érudits de la fin du XIXe siècle, qui reprirent à leur compte l’image mythique du bandit parisien.

La Complainte de Cartouche

Enfin Cartouche est pris

Avecque sa maîtresse

On dit qu’il s’est enfui

Par un tour de souplesse

Un chien l’a fait r’pincer

Dès le matin !

On l’a mis au cachot

Avec un fort bon drille,

Sans couteau ni ciseau

Ni marteau ni faucille

Leurs mains ont fait un trou

Chez le voisin !

Il dit à la question

« Je ne suis pas Cartouche

Je suis Jean Bourguignon

Je ne crains point vos douches

Je suis Lorrain de nation

Je suis Lorrain »

On le mena Jeudi

En place de Grève

Tout était si rempli

Que tout le monde y crève.

Puis on l’a fait sortir

De sa prison

En montant l’escalier

De l’Hôtel de Ville

Il dit au gonfalier

« Ami je suis débile

Donne moi un verre de vin

Mon cher ami »

On dit qu’il accusa

Grand nombre de personnes

Des pays étrangers

Des femmes, aussi des hommes

Il fut exécuté

Le vendredi.

180px-CartouchePrisonBreak

 

Plus récemment, le cinéma a contribué à réactiver la renommée de Cartouche en lui conférant, sous les traits de Jean-Paul Belmondo, une image plus franchement positive de bandit au grand cœur.

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE, HUMEUR DES ANCETRES | Pas de Commentaire »

Les diverses fonctions du château

Posté par francesca7 le 22 avril 2015

 

téléchargementLe château est le lieu où s’exercent, outre un rôle militaire, les fonctions politiques et administratives qu’assume son propriétaire. L’architecture intérieure doit offrir à celui-ci un cadre majestueux adapté : la grande salle, décorée, de dimensions exceptionnelles (atteignant parfois plusieurs dizaines de mètres de long), occupe la position centrale. S’y déroulent des audiences, des réceptions et des fêtes ; le châtelain y rend également la justice, une fonction qui s’inscrit jusque dans la topographie : le château domine le paysage, comme pour rappeler qu’il est le garant de l’ordre. Des cellules étroites, qui parfois constituent l’essentiel de l’espace vital, comme à Provins, sont fréquemment aménagées. Une pièce, la salle des archives, souvent dépourvue de fenêtres, et située tout en haut du bâtiment, est dévolue à la conservation des documents qui permettent le recensement des habitants et l’établissement de la cote des impôts.

Centre économique du domaine, le château fort abrite systématiquement silos et réserves. En règle générale, les stocks alimentaires sont rangés dans des salles souterraines ou aveugles, dont l’obscurité - qui les a longtemps fait passer pour des oubliettes - doit garantir une bonne conservation des denrées. Des magasins sont aménagés dans les sous-sols, jusque dans les châteaux royaux, comme à Vincennes. Lorsque la demeure se résume à un donjon de pierre, ce rôle est assumé par la salle basse, à laquelle on n’accède, le plus souvent, que par un oculus ouvert dans la voûte du plafond. Dans les imposantes enceintes de la fin du Moyen Âge, une vaste cave est quelquefois creusée à même le roc : ainsi, à Blandy-les-Tours, en Seine-et-Marne, une grande cave voûtée quadrangulaire, où l’on entre par des escaliers, servait de resserre au logis.

Le double rôle judiciaire et de perception de l’impôt explique que le seigneur soit souvent considéré comme un exploiteur. « On construit des châteaux / Seulement pour étrangler les pauvres », dit auXIIIe siècle l’Allemand Freidank. En réalité, en cas de troubles, le château offre un bon abri pour les biens agricoles, qu’il s’agisse de matériel exigeant des investissements lourds, telle la charrue, de stocks alimentaires, ou de bétail sur pied. C’est aussi la raison pour laquelle les infrastructures agricoles banales telles que le moulin et le pressoir, voire le four, sont volontiers construites à l’intérieur des enceintes des châteaux. Des potagers et des vergers sont plantés dans la basse cour.

Le château fort est aussi un lieu de résidence, et, dès les XIe et XIIe siècles, cette dernière fonction empiète sur celle de défense. Les bâtisseurs ajoutent au donjon et à l’enceinte une cuisine, souvent séparée du corps principal pour des raisons de sécurité, ainsi qu’un puits ou une citerne d’eau de pluie, qui, en revanche, sont disposés au plus près du donjon, pour permettre la survie des défenseurs en cas de siège. Du XIIIe auXVe siècle, la cuisine, souvent située au rez-de-chaussée, comme à Vincennes, est dotée d’aménagements complets : elle comporte un évier de pierre avec évacuation d’eau, une grande cheminée pour la préparation des repas, voire une glacière, comme au château de Mehun-sur-Yèvre, où résidèrent successivement le duc Jean de Berry et Charles VII. Au-dessus des salles de stockage et de la salle d’apparat se trouvent les chambres destinées à la famille du seigneur. Tôt dotées de cheminées - ou de poêles dans l’est du pays - et de latrines relativement confortables, avec sièges et orifices de ventilation, les pièces comportent aussi des fenêtres à coussiège, qui fournissent un minimum de lumière sans trop refroidir l’habitat ; elles ne seront que tardivement vitrées, et sont souvent de dimensions réduites, adaptées à la fois aux nécessités de la défense et à celles du confort.

À l’exception du lit, le mobilier médiéval est réduit et démontable, pour dégager le maximum d’espace dans la journée. À partir du XIIIe siècle, pour répondre aux exigences nouvelles de confort de la gent seigneuriale, le donjon est abandonné à la garnison, au profit d’un logis de pierre ou en pans de bois, où réside désormais la famille du seigneur. Bâtis dans la cour, souvent accolés au donjon, ces logis proposent un espace vital bien plus vaste que celui offert par l’édifice précédent, dont la surface était nécessairement limitée ; aux pièces circulaires des donjons des XIIe et XIIIe siècles, malaisées à aménager, succèdent alors des salles carrées, où nulle place n’est perdue pour l’habitabilité. Aux XIVe et XVe siècles, le château des puissants se transforme en palais, tel celui des ducs de Bretagne, à Suscinio (Morbihan).

Publié dans CHATEAUX DE FRANCE, Morbihan | Pas de Commentaire »

LA CROIX ET LA BANNIERE

Posté par francesca7 le 20 avril 2015

EXPRESSION : 

images (4)Il est bien naturel que celle qui fut si longtemps pour la quasi-totalité de la France notre mère l’Eglise ait donné à la langue commune quelques tournures de son tonneau. Moteur intellectuel et mobilisatrice de la pensée occidentale pendant tant de siècles, on est même surpris qu’elle n’en ait pas laissé au moins autant que les jeux de cartes, de quilles et de trou-madame… C’est que l’Eglise, pendant tout ce temps, parlait latin. Toutefois je n’ai retenu que les locutions qui se rattachent à l’institution ecclésiastique elle-même, classant ailleurs celles qui sont issues directement de la Bible.

La croix et la bannière : Voltaire expliquait ainsi l’origine des processions : « Les petits peuples furent très longtemps sans avoir de temples. Ils portaient leurs dieux dans leur coffres, dans des tabernacles […] C’est probablement de ces dieux portatifs que vint la coutume des processions, car il semble qu’on ne se serait pas avisé d’ôté un dieu de sa place, dans son temple, pour le promener dans la ville, et cette violence eût pu paraître un sacrilège, si l’ancien usage de porter son Dieu sur un chariot ou sur un brancard n’avait pas été dès longtemps établi ».

Il faut croire que nous avons définitivement coupé les ponts avec nos ancêtres nomades, car on ne voit plus beaucoup en France de ces longues processions de fidèles, conduites en grande pompe vers un sanctuaire de plein air, la croix en tête, par deux ou trois prêtres en habits étincelants, suivis d’enfants de chœur en tuniques, psalmodiant des cantiques sous un beau soleil de printemps. Autre époque ; les dieux sont installés.

Autrefois ce cérémonial ne s’appliquait pas uniquement aux divinités en voyage, mais aussi aux grands de ce monde, particulièrement chatouilleux sur le chapitre de l’accueil et de la conduite. Les prélats, les hauts dignitaires de l’Eglise et de l’Etat ne consentaient à se déplacer qu’à la condition d’être reçus avec la même dignité que les sacrées reliques. Il était d’usage de les accueillir aux portes des villes avec la croix, emblème spirituel, et aussi la bannière symbolisant le pouvoir temporel. « La bannière et le pavillon différent du drapeau et de l’étendard par la façon dont l’étoffe est disposée – précise Gougenheim ».

L’étoffe de la bannière est fixée par en haut de façon à tomber verticalement. Elle n’ a  plus rien de militaire et est surtout un emblème religieux orné d’inscription et de figures ». Un texte du XIVè siècle fait allusion à la coutume ; « Jehan, le vigile de l’ascension notre Seigneur y portat un confanon ou bannière de l’église de Landriscourt aux processions, et croix, en la compagnie du curé et des gens d’icelle ville ».

De là l’expression qui est restée : « On dit en ce sens qu’il faut avoir la croix et la bannière, la croix et l’eau bénite, pour avoir quelqu’un ; pour dire qu’on a de la peine à en jouir » explique Furetière, sans arrière-pensée d’ailleurs ; C’est que les anciens étaient tatillons sur le protocole. « Lorsque le cardinal de Richelieu traita du mariage d’Henriette de France et de Charles 1er avec les ambassadeurs d’Angleterre, l’affaire fut sur le point d’être promue pour deux ou trois pas de plus que les ambassadeurs exigeaient auprès d’une porte, et le cardial se mit au lit pour trancher toute difficulté », raconte aussi Voltaire. Il ajoute : « A mesure que les pays sont barbares, ou que les cours sont faibles, le cérémonial est plus en vogue ». Intéressante remarque.

Extrait de La Puce à l’Oreille de Claude Dunetton 

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NAVIGUER DE CONSERVE

Posté par francesca7 le 20 avril 2015

EXPRESSION MARINES : 

basque_norbert_biencourt_1965_3Le monde de la marine a tendance à rester entre soi. Pour spéciale et riche que soit la langue de la navigation, elle ne semble pas avoir donné à la langue commune un très gros bouquet d’expressions. Il faut dire aussi que la majeure partie des côtes de France, à l’exception des côtes normandes et picardes, ne sont pas traditionnellement de langue française. Pendant des siècles les gens de mer ont parlé occitan, catalan, basque, breton évidemment et même flamand tout au nord de notre littoral. Ceci explique peut-être en partie cela… Un certain nombre de termes empruntés directement à l’occitan ou au néerlandais ont d’ailleurs vraisemblablement été introduits par le truchement des marchands plutôt que par les matelots eux-mêmes.

NAVIGUER EN CONSERVE : Bien sûr on peut voyager de conserve avec des amis, ou à la rigueur visiter de même un manoir hanté… Mais le mot « conserve » est tellement lié à notre époque aux boîtes de petits pois, et autres fruits et légumes, que les gens hésitent. L’image des sardines à l’huile leur reste en travers de l’élocution. On se replie donc sur l’expression moins drôlette et mieux accordée ; aller de concert quelque part.

« De concert » est plus engageant, plus ‘musical » dirais-je, avec son sous-entendu de bonne entente et de concertation – ce qui est du reste son sens véritable et ancien : « pleurer tout franchement et de concert, à la vue l’un de l’autre, sans autre embarras que l’essuyer ses larmes », disait La Bruyère.

Pourtant « aller de conserve » ensemble, a eu un sens précis dans la navigation dès le XVIè siècle, la grande époque des pirates. « Conserve, en terme de Marine – dit Furetière – se dit des vaisseaux qui vont en mer de compagnie pour se défendre, s’escorter et se secourir les uns les autres. Il est posté dix vaisseaux qui vont de conserve. On dit aussi dans le même sens. Aller de flotte, ou bailler cap à un autre vaisseau, ou à la flotte. Les navires chargés de marchandises de prix sont obligés de marcher en flotte, de faire conserve, de faire cap et de s’attendre les uns les autres ; et ne doivent point partir qu’ls ne soient du moins quatre. Ils doivent élire entre eux un vice-Amiral et faire serment de s’entre-secourir, suivant les ordonnances de la Marine ».

Il s’agit donc de l’instinct de « conservation ». Par parenthèse les « conserves »= alimentaires constituent bien le sens premier du mot ; le vieux bonhomme ménagier du XIVè siècle indique à son épouse : « Mettez les noix boulir en miel, et illec [là ] les laissiez en conserve… » S’il était plus sûr pour les bateaux marchands de faire voile ensemble, il est toujours prudent d’être  » de conserve » pour traverser le Sahara, faire une escapade à skis ou explorer un gouffre. Mais il est plus normal d’aller boire de concert au café du coin.

Extrait de La Puce à l’Oreille de Claude Dunetton 

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D’où vient le Chantage

Posté par francesca7 le 20 avril 2015

 

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Action d’extorquer de l’argent ou tout autre avantage par la menace de révélations compromettantes ou diffamatoires

Chantage est un des mots les plus usités de nos jours : C’est du chantage / C’est un vrai chantage ! Il n’y a personne qui ne comprenne cette façon de parler et ne l’emploie couramment. Elle est connue des salons comme des tribunaux, qui ont si fréquemment occasion de faire justice du chantage.

Les mœurs de notre temps ont rendu nécessaire, ont consacré cette expression qui n’a point d’équivalent chez nous. L’Académie pourtant refusa de l’accueillir au sein des premières éditions de son célèbre Dictionnaire — lequel paru pour la première fois en 1694 —, et il faut attendre la septième édition, datant de 1878, pour voir apparaître le mot chantage, accompagné de la définition suivante : « Action d’extorquer de l’argent à quelqu’un en le menaçant de le diffamer. Ce misérable vit de chantage. Il est très familier. »

Chantage n’est pas dans les anciens dictionnaires, cela est vrai, mais chanter se trouve dans Furetière avec l’acception métaphorique de chantage : « On dit figurément d’un homme à qui l’on veut faire faire quelque chose par force, qu’on le fera bien chanter, qu’on l’obligera à payer, à faire ce qu’il doit. »

Cette locution est née manifestement de la coutume où étaient nos pères de chanter à table au dessert. Chacun devait payer son tribut d’une chanson ; que si quelqu’un des convives voulait s’y soustraire, les instances de l’assemblée ou de l’amphitryon ne lui laissaient point de relâche ; aucune excuse n’était admise, et bon gré mal gré, le récalcitrant arrivait à s’exécuter : on le faisait bien chanter !

« M’touche pas, ou ben j’dis à mon pé c qu’tas fait avec Jean sous le grand pommier !… »

Aussi voyons-nous ce verbe consacré pour exprimer un consentement forcé. Dans leComédien poète (acte III, scène 9), comédie de Montfleury jouée en 1673, don Richard dit à don Pascal :

Vous croyez donc ainsi disposer de son âme ?
Vous l’avez rebutée, et j’appréhende fort…

D. PASCAL.

Hé bien, enlevons-la, je vous l’ai dit d’abord ;
Quand nous la tiendrons seule, il faudra qu’elle chante.

Dans la Musicomanie, représentée en 1781, on retrouve cette expression prise à double sens :

« Le Baron. Comment, faquin ! et la musique ?
« Le Laquais. Eh, c’est mon fort ! Je sais faire chanter l’Anglais le plus boutonné, le Hollandais le plus avare, quand l’un ou l’autre est amoureux d’une femme que je protège. » (scène 4)

Il est clair que cette expression faire chanter quelqu’un appartient à la langue française du XVIIe siècle, et n’est pas de l’argot. Pourquoi donc le Dictionnaire de l’Académie n’en fit-il aucune mention avant 1878 ? Ce dictionnaire aurait-il dû se trouver plus incomplet que celui de Furetière en 1688 ?

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Au temps du CARNAVAL

Posté par francesca7 le 18 avril 2015

 

220px-Carnaval_Venise_1Fête populaire marquant un temps de réjouissance et de défoulement avant les privations du carême.

Il est probable que l’histoire du carnaval puise son origine dans les fêtes païennes qui, pendant la morte saison, entre février et mars, devaient hâter le renouveau de la nature et faire appel aux ancêtres. Mais on sait comment l’Église a réussi à surimposer au calendrier agricole ses temps liturgiques.

C’est au IXe siècle que l’obligation du carême devient plus contraignante, prenant la forme d’un jeûne pendant les quarante jours qui précèdent Pâques. L’opposition entre les deux périodes du cycle, la grasse et la maigre, devient alors plus tranchée : au temps des beuveries, de la liberté et des mascarades carnavalesques succède celui de l’abstinence, de la pénitence et de l’ordre social du carême. Les prêtres utilisent parfois les cendres du grand bûcher du Mardi gras, dernier jour des réjouissances carnavalesques, pour marquer au front des fidèles la croix du mercredi des Cendres, premier jour du carême.

Le thème du combat entre Carnaval et Carême, magnifiquement illustré par le tableau de Bruegel le Vieux (1559), existe en réalité dès le XIIIe siècle ; on y a vu parfois l’opposition entre une culture populaire truculente et la morale de l’Église, ennemie de toutes les joies du corps. Il est vrai que les processions parodiques du carnaval présentent une satire souvent virulente des réalités sociales et religieuses. Toutefois, on estime aujourd’hui que l’« inversion carnavalesque » (le temps d’une fête, les puissants sont raillés et les humbles, couronnés), parce qu’elle est temporaire et maîtrisée, contribue paradoxalement à renforcer l’ordre social. Même si, à l’occasion, la pantomime peut se faire menaçante : ainsi à Romans, en 1580, où le carnaval tourne à l’émeute populaire.

 

Organisé par des confréries de métier et de quartier ou par des associations de jeunesse elles-mêmes contrôlées par les corps de ville, le carnaval échappe partiellement à la répression des formes de culture populaire des XVe et XVIe siècles. Mais la discipline imposée, au village comme en ville, par la Contre-Réforme catholique au XVIIe siècle contribue à vider le carnaval de sa charge subversive. S’il se maintient à l’époque contemporaine, c’est confiné au monde de l’enfance ou bien, comme dans les villes du nord de la France aujourd’hui, porté par un renouveau folklorique sans doute nostalgique des sociabilités d’antan.

 

Aujourd’hui encore, liés généralement à la fête chrétienne de Mardi gras, les carnavals sont un type de fête relativement répandu en Europe et en Amérique. Ils consistent généralement en une période où les habitants de la ville sortentdéguisés (voire masqués ou bien maquillés) et se retrouvent pour chanter, danser, faire de la musique dans les rues, jeter des confettis et serpentins, défiler, éventuellement autour d’une parade.

Les masques prennent les caractéristiques des êtres surnaturels qui sont les démons et les esprits des éléments de la nature, c’est pourquoi le masque a une fonction apotropaïque. À la fin le temps et l’ordre du cosmos, bouleversés pendant le carnaval, sont reconstitués (nouvelle création, nouvelle cosmogonie) par la cérémonie de la lecture du « testament » et par les « funérailles » du carnaval qui souvent consistent en la brûlure du « Roi Carnaval » représenté par un mannequin ou une poupée de chiffon. D’autres fois l’image du carnaval est noyée ou décapitée (à propos de la mort rituelle du carnaval voir Le Rameau d’or écrit par James George Frazer).

Les travestissements de tous genres, les bals nocturnes et masqués, les promenades du dimanche gras et du mardi gras sont les principaux amusements auxquels on se livre pendant le carnaval. Le carnaval de Venise et en général ceux des pays méridionaux sont les plus célèbres et les plus brillants.

Au temps du CARNAVAL dans AUX SIECLES DERNIERS 220px-Murgas_%28Vazquez%2C_Marzo_2005_-1%29Traditionnellement, dans le christianisme, le carnaval marque la dernière occasion de célébration des aliments gras et autres avant le début du Carême. La période entre le début du Carême et Pâques (autrement dit la durée du Carême), selon le calendrier de l’Église, est de quarante jours. Traditionnellement, pendant le Carême, aucune fête ne doit avoir lieu, et les gens doivent s’abstenir de manger des aliments riches, tels que la viande, les produits laitiers, les graisses et le sucre. Les quarante jours du Carême, rappelant le récit biblique des quarante jours que Jésus passa dans le désert, servent à marquer une certaine période où le croyant chrétien se tourne vers Dieu et la discipline religieuse. Dans les jours précédant le Carême, il y aurait lieu de consommer tous les aliments et boissons riches en graisse, en sucre ou aux œufs. La tradition de cette consommation importante d’aliments avant le début du Carême serait censée être à l’origine du carnaval.

Le Carnaval de Paris est durant cinq siècles l’un des plus importants carnavals du monde et une très grande fête dès le xvie siècle. Il succède à la Fête des Fous, qui prospère depuis au moins le xie siècle jusqu’au xve siècle.

C’est au Carnaval de Paris qu’est lancé mondialement le confetti en papier en 18912 et le serpentin en 1892.

La foule est telle au Carnaval de Paris que, fin xixe siècle début xxe siècle, on arrête la circulation des véhicules sur les grands boulevards le mardi gras et le jeudi de la Mi-Carême. Des photos existent qui témoignent de l’importance de la fête. On peut regarder, par exemple, la photo des grands boulevards le jeudi de la Mi-Carême 1927. Ou celle du passage du char de la Reine des Reines place de l’Opéra le jeudi de la Mi-Carême 1928. On relève à chaque fois ici la présence d’une foule énorme, à une époque où, pourtant, la fête s’est affaiblie.

Elle a influencé le Carnaval dans le monde : à Rio de Janeiro, La Nouvelle-Orléans, aux Antilles, etc.

Après 45 ans d’oubli, l’initiative de la renaissance du Carnaval de Paris est prise par Basile Pachkoff en 1993. Il ressuscite le cortège de la Promenade du Bœuf Gras en 1998 et celui des Reines des blanchisseuses de la Mi-Carême en 2009.

Les liens anciens qui existent entre le Carnaval de Paris et des fêtes de province et de l’étranger depuis 1904 jusqu’aux années 1920 renaissent depuis 2003. Ils amènent des participations italiennes, cherbourgeoises et belges.

 

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Des records de Longévité grâce à l’hygiène de vie

Posté par francesca7 le 18 avril 2015

 
 
longevidadLes recherches qui se rattachent à la détermination de l’âge auquel l’homme peut parvenir, en supposant que sa constitution réunisse les conditions les plus favorables, intéressent généralement, chacun se demandant jusqu’où il peut, sans folie, espérer de pousser sa carrière, et le dénominateur commun entre ceux qui auraient vécu le temps d’un siècle et demi sont l’accoutumance aux travaux du corps, au grand air, ainsi qu’une vie simple et frugale

Quelques médecins ont fourni, sur la solution de cette question, des données capables de satisfaire les plus ambitieux. Hufeland, dans son ouvrage intitulé l’Art de prolonger la vie de l’homme, traduit en français par Jourdan, après avoir cité des exemples nombreux de longévité extraordinaire, discutant les faits qu’il a passés en revue, arrive à celte conséquence que l’homme naît avec une organisation qui lui permet de prolonger sa vie pendant deux siècles. Pour donner du poids à cette proposition, il ne se borne pas à rappeler les faits curieux qu’il a cités, il fait encore remarquer qu’elle s’accorde, d’une manière parfaite, avec le rapport qui existe généralement entre la durée de l’accroissement et celle de la vie chez les êtres organisés.

On peut poser en principe qu’un animal vit huit fois autant de temps qu’il en met à croître dans tous les sens : or l’homme, dans les cas ordinaires, quand l’art ne hâte pas chez lui la marche de la nature, a besoin de vingt-cinq ans pour arriver au dernier terme de sa perfection physique ; ce qui lui assigne réellement une durée de 200 ans.

Une pareille considération, fondée sur des aperçus dont les applications aux cas particuliers offrent peu de certitude, est réellement peu propre à faire impression sur les esprits droits ; mais ce qui peut sembler plus concluant aux amateurs de longue vie, ce sont les exemples assez nombreux et très authentiques de gens qui ont prolongé leur existence jusqu’à un siècle et demi et au delà. Citons-en quelques-uns.

En 1670, mourut, dans le comté d’York, en Angleterre, Henri Jenkins, âgé de cent soixante-neuf ans. On ne peut élever aucun doute sur la vérité de ce fait. Jenkins prouva qu’il s’était trouvé à la bataille de Flowderfield, et qu’il était alors âgé de douze ans. Les registres des chancelleries et des divers tribunaux faisaient foi, d’un autre côté, qu’il avait paru en justice et prêté serment, à deux reprises, à cent quarante ans d’intervalle. Sa dernière profession fut celle de pêcheur ; et, à l’âge de plus de cent ans, il avait encore assez de force pour nager dans les courants les plus forts.

La Pologne a présenté, au début du XIXe siècle, un exemple de longévité encore plus extraordinaire. Jean Bovin y est mort, en 1815, à l’âge de cent soixante-quinze ans. Ce qui rend le fait plus remarquable encore, c’est que la femme de cet étonnant vieillard atteignit elle-même l’âge de cent dix ans. On annonçait dans le numéro de la Gazette de santé, où ce fait a été recueilli, que parmi ses enfants il s’en trouvait un plus que centenaire.

En 1797, mourut, au mois de septembre, en Norvège, dans un petit bourg près de Berghen, Joseph Surrington, âgé de cent soixante ans. Il conserva jusqu’au dernier moment, et sans la moindre altération, l’usage de ses sens et de sa raison. La veille de sa mort il réunit autour de lui sa famille à laquelle il partagea ce qu’il possédait. Il avait été marié plusieurs fois, et il laissa en mourant une jeune veuve avec plusieurs enfants. Son fils aîné était âgé de cent cinq ans, et le plus jeune de neuf.

L’exemple qui se rapproche peut-être le plus de ceux-là est celui de Thomas Parre. Celui-ci ne vécut, il est vrai, que cent cinquante-deux ans et neuf mois, mais il ne mourut pas de vieillesse ; c’était un pauvre paysan obligé de vivre du travail de ses mains. Jusqu’à cent trente ans il ne s’était reposé sur personne du soin de tous ses travaux, sans excepter même celui de battre le blé. Ce ne fut que quelques années avant de mourir que sa mémoire et sa vue commencèrent à s’affaiblir ; mais il conserva jusqu’à la fin la faculté d’entendre et l’usage de la raison ; il avait cent cinquante-deux ans, lorsque, pour son malheur, le roi ayant entendu parler de lui, voulut le voir et le fit venir à Londres.

Là, le genre de vie tout nouveau pour lui auquel il fut soumis, une nourriture trop succulente pour un homme habitué à vivre très sobrement, produisirent un état de pléthore qui le conduisit au tombeau : telle fut du moins l’opinion du célèbre Harvey, qui, ayant fait l’ouverture de son corps, trouva tous les viscères parfaitement sains ; les cartilages de ses côtes n’étaient pas même ossifiés, comme ils le sont chez les vieillards. Thomas Parre avait épousé en secondes noces, à l’âge de cent vingt ans, une veuve qui en vécut douze avec lui, et assura ne s’être jamais aperçu de son âge. La petite-fille de ce même Parre vécut jusqu’à cent trois ans.

Le Danois Drakenberg, après avoir passé quinze ans en esclavage chez les Turcs, avoir servi quatre-vingt-onze ans en qualité de matelot, mourut, en 1772, sur la flotte royale, dans la cent quarante-sixième année de son âge. II. s’était marié à cent onze ans pour la première fois, et avait épousé une femme de soixante ans, à laquelle il survécut. A l’âge de cent trente ans, il devint amoureux d’une jeune paysanne, qui ne voulut pas de lui pour mari. Pour se consoler, il fit des propositions de mariage à plusieurs autres femmes ; mais voyant qu’on le rebutait partout, il se décida à rester dans le veuvage, où il vécut encore seize ans. En 1767, Jean Essingham mourut, à Cornouailles, âgé de cent quarante-quatre ans.

Nous ne donnerons point la liste très nombreuse des centenaires qui ont poussé leur carrière jusqu’à cent dix, cent vingt, cent trente et cent quarante ans ; les exemples de ces derniers ne peuvent plus offrir autant d’intérêt après ceux que nous venons de rapporter ; ceux-ci, revêtus de toute l’authenticité qu’on peut désirer, prouvent, sans réplique, que l’homme peut vivre plus d’un siècle et demi. On pourrait remarquer que les hommes qui nous les ont fournis étaient accoutumés aux travaux du corps et au grand air, menant une vie simple et frugale.

Ces exemples extraordinaires de longévité rendent croyables ceux que fournit l’histoire des Juifs, au moins depuis le temps d’Abraham ; ce patriarche, en effet, atteignit l’âge de cent soixante-quinze ans ; c’est justement l’âge de Jean Bovin ; son fils Isaac en vécut cent quatre-vingts ; Jacob, cent quarante-sept ; Ismaël, cent trente-sept ; enfin, Joseph, cent dix. Moïse mourut à cent vingt ans, malgré ses fatigues et ses soucis ; mais ce grand législateur se plaint de ce que la vie de l’homme ne durait, de son temps, que soixante-dix ou quatre-vingts ans, ce qui prouve qu’alors les choses se passaient déjà comme au temps où nous vivons.

Quant aux patriarches qui ont précédé Abraham, la durée de leur vie sortirait de tout ce qu’on pourrait imaginer de vraisemblable sur celle de la vie humaine, si on n’adoptait pas l’opinion des savants qui ont supposé que l’année des ancêtres d’Abraham se composait de trois mois seulement ; qu’elle en eut huit après ce patriarche, et que ce ne fut que pendant leur séjour en Egypte, c’est-à-dire après Joseph, que les Hébreux eurent des années de douze mois. En adoptant ces idées très vraisemblables, tout pourrait se comprendre, puisque les neuf cents ans de Mathusalem, celui des patriarches qui a vécu le plus longtemps, se réduiraient à deux cent vingt-cinq ans.

Mais, pour ne parler que d’Abraham et de ses descendants, si leur année n’était que de huit mois, leur longévité n’offre plus rien qui doive surprendre, leur frugalité, leurs mœurs simples et leur vie nomade ayant dû leur permettre d’atteindre à un âge très-avancé. Peut-être aujourd’hui ne serait-il pas impossible de trouver sur la terre quelque famille qui présentât une suite de générations semblable à ce qu’a offert la leur, surtout en supposant que leurs années n’étaient que de huit mois.

Il est naturel de se demander quels sont les pays dont le climat se prête le mieux à la prolongation de la vie de l’homme. Nous ne pouvons répondre à celte question que pour l’Europe ; mais là les faits se groupent en foule pour nous montrer que ces pays sont la Suède, la Norvège, le Danemark, l’Angleterre, et plusieurs contrées de la Russie.

SangsuesQuant à la France, les exemples de très grande longévité y sont extrêmement rares. L’homme qui paraît y avoir vécu le plus longtemps est cet invalide qui mourut au début du XIXe siècle à Paris, à l’âge de 125 ans. Il avait vécu sous Louis XIV, et assista à l’inauguration de la statue de ce roi sur la place des Victoires. Un almanach universel de l’année 1825 décrit en outre la longévité remarquable d’un certain Étienne Baqué, né à Angoumer, en Ariège, le 16 janvier 1700, et mort le 22 août 1824 à Estadens, en Haute-Garonne, âgé de 124 ans. En 1757, un homme mourut aussi dans notre pays, âgé de 121 ans. L’Italie, l’Espagne, le Portugal, toutes les contrées de l’Allemagne, la Suisse elle-même, sont, sous ce rapport, comme la France, très peu favorisées.

Le genre de vie qu’on adopte, la nature des occupations auxquelles on se livre, ont certainement une grande influence sur la prolongation de la vie. Au premier rang des conditions favorables, sous ce rapport, on doit placer l’habitation à la campagne, l’habitude des exercices du corps, une vie frugale surtout exempte de soucis et de chagrins. Les plus étonnants de nos centenaires étaient tous d’une humeur gaie, assez insouciants par caractère, ou remplaçant cette insouciance par leur résignation aux décrets de la providence. Il est vrai que cette gaieté, cette tranquillité d’âme est plutôt le résultat que la cause d’une organisation saine.

L’état de mariage paraît avoir une influence très heureuse sur la longueur de la vie ; tous les hommes qui sont parvenus à un grand âge avaient été mariés ; presque tous l’avaient été plusieurs fois, et avaient contracté leur dernier engagement dans une vieillesse très avancée. L’exemple le plus frappant, sous ce rapport, est celui d’un Français appelé Longueville, qui vécut cent dix ans ; il avait épousé dix femmes, la dernière à quatre-vingt-dix ans. Celle-là lui donna encore un fils dans sa cent-et-unième année.

L’histoire des ermites et des religieux qui, assujettis à un régime sévère, étaient dégagés, autant qu’il est possible à l’homme, du joug des passions, et menaient une vie contemplative, offrent des exemples remarquables de longévité : l’ermite saint Paul vécut 113 ans ; saint Antoine atteignit le même âge ; saint Athanase et saint Jérôme devinrent tous deux plus qu’octogénaires ; et ce qu’on sait de plus positif sur la mort de l’apôtre saint Jean nous prouve qu’il poussa sa carrière jusqu’à 93 ans.

Les philosophes aussi ont de tout temps atteint un âge avancé. Parmi les anciens, les stoïciens et les pythagoriciens peuvent surtout être cités : la différence qu’on remarque à leur avantage, sous ce rapport, paraît tenir au genre de vie plus sévère qui résultait de l’application de leurs principes, surtout au soin avec lequel ils s’attachaient à dompter leurs passions. Xénophile, pythagoricien, vécut 106 ans ; et le philosophe Démonax parvint au même âge. Epiménide de Crète atteignit, dit-on, l’âge de 157 ans. Giorgias de Léontium mourut à 108 ans. Démocrite, si savant et si gai, à 109 ans. Zénon, fondateur du courant stoïcien, mourut à 100 ans ; Isocrate à 98 ; le sale et frugal Diogène à 90. Protagoras d’Abdère vécut le même âge. Sophocle, Pindare, le jojreux Anacréon, vécurent chacun 80 ans.

Dans les temps modernes, Kepler, Bacon, Newton, Euler, Kant, ont tous vécu de 80 à 90 ans ; le spirituel et indifférent Fontenelle mourut à 98 ans. Voltaire, Young, Haller, Métastase, sont tous devenus plus qu’octogénaires. Pour les rois, les princes, les personnages appartenant au haut clergé, il est très rare de les voir arriver à une grande vieillesse. Les rois de France de la maison Bourbon paraissent seuls faire exception à ce sujet.

images (1)On peut remarquer que les femmes, bien qu’elles arrivent, même plus souvent que les hommes, à une vieillesse avancée, ne figurent point dans le tableau des exemples de longévité les plus merveilleux. Beaucoup d’entre elles vivent jusqu’à 80 ans et au-delà ; très peu passent 100 ans.

L’histoire romaine fournit pourtant quelques exemples de femmes qui ont atteint un âge extrêmement avancé. Nous en avons vu une de 132 ans figurer dans le tableau de Pline ; peut-être le genre de vie qu’elles menaient avait-il quelque influence sur ce résultat. Ce qu’il y a de plus singulier, c’est que les actrices fournissent plusieurs exemples d’une longévité extrême. Luceia, qui débuta fort jeune sur les théâtres de Rome, joua pendant un siècle entier, et parut encore sur la scène à l’âge de 112 ans. Galeria Capiala, actrice et danseuse à la fois, remonta sur le théâtre quatre-vingts ans après son début, pour complimenter Pompée. Elle vécut encore plusieurs années, car on la vit de nouveau reparaître sur le théâtre au couronnement d’Auguste.

(D’après « Le Pirate. Revue hebdomadaire de
la littérature et des journaux », paru en 1829)

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LE REVEIL ECONOMIQUE DE LA France

Posté par francesca7 le 18 avril 2015

 

imagesUn net accroissement de population (malgré épidémies et famines) coïncide alors avec un bouleversement considérable de la vie agricole traditionnelle. Les petites tenures se multiplient au bénéfice des cellules familiales et villageoises ; les seigneurs attirent des « hôtes », qui jouiront d’une condition non servile, d’un terrain, et d’une maison pour lesquels ils versent une modique redevance. La vie de relation renaît : hommes, marchandises et idées (→  cathares, vaudois) circulent intensément sur des routes terrestres et fluviales en pleine rénovation ; une classe de financiers, de négociants se crée ; les foires deviennent les rendez-vous périodiques des professionnels de la marchandise. On assiste à la naissance d’agglomérations nouvelles (bourgs, faubourgs). Dans ce milieu urbain se développe une bourgeoisie de plus en plus puissante, ayant le sens de la solidarité et avide d’autonomie militante et d’émancipation (communes).

Le progrès se manifeste aussi dans la transmission du savoir (Abélard, Anselme) et dans la formation des maîtres autour des cathédrales et dans les monastères : c’est la « Renaissance du xiie siècle ». L’Antiquité resurgit dans l’art de raisonner et aussi dans l’architecture et la décoration, qui trouvent leur épanouissement avec l’art roman, puis, à partir de 1140, avec l’art gothique.

1180-1223 : règne du fils de Louis VII, Philippe II Auguste, qui affirme la puissance de la monarchie capétienne et lui donne son caractère national. Il fait preuve, dans sa lutte contre la puissance des Plantagenêts, d’une inflexible volonté. Sa politique annexionniste suscite contre la France la coalition de l’Angleterre, de la Flandre et de l’Empire, que Philippe Auguste et son fils brisent aux batailles de La Roche-aux-Moines et de Bouvines (1214), provoquant le premier sursaut d’un véritable sentiment national. L’appellation de roi de France (rex Franciae)commence à supplanter celle de roi des Francs (rex Francorum) : le pays prend consistance, au moins politique. Perfectionnement de l’administration locale (baillis et sénéchaux).

1223-1226 : règne de Louis VIII, qui soumet le Languedoc (son successeur héritera d’une partie du comté de Toulouse [traité de Paris en 1229], le reste échéant en 1249 à son frère puis, de là, au domaine royal en 1271).

1226-1270 : règne de Louis IX, ou Saint Louis. Blanche de Castilleassure d’abord la régence et réprime les troubles suscités par les féodaux. Louis IX apparaît comme le garant de la justice, de la paix et de l’ordre chrétien ; il sera le dernier roi chevalier (7e et 8e croisade).

1270-1285 : règne de Philippe III le Hardi, qui s’illustre surtout par l’inféodation de la politique royale aux ambitions méditerranéennes de son oncle Charles d’Anjou (→  maisons d’Anjou). Progrès de l’administration royale avec l’émergence, au sein du Conseil du roi (→  Curia regis) d’un Parlement et d’une Chambre des comptes.

1285-1314 : règne de Philippe IV le Bel. Le conflit franco-anglais se rallume ; s’il acquiert le Barrois et le Lyonnais (1301), le roi ne peut mettre la main sur la Flandre (→ échec de Courtrai, 1302). Une monarchie résolument nationale s’affermit, qui s’appuie sur le droit romain, joue de l’effacement de l’Empire et contribue à celui du Saint-Siège (conflit avec Boniface VIII). À partir de 1302, le roi réunit par intermittences des assemblées d’états, prémices des futurs états généraux.

1314-1328 : après le court règne de Louis X le Hutin (1314-1316), la couronne passe à un fils posthume de ce dernier, Jean Ier, qui ne règne que quelques jours (1316). C’est alors qu’on décide d’écarter les femmes du trône de France pour permettre la transmission de la couronne à un frère de Louis X, Philippe V le Long (1316-1322), puis à un autre frère, Charles IV le Bel(1322-1328) ; ces rois ne laissant que des filles, le trône revient à un Valois, Philippe VI.

 

Pour en savoir plus, voir les articles Capétienschevaleriecroisades.

 

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