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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Présentation de la paix au moyen âge

Posté par francesca7 le 10 mars 2015

 

adoubementCette notion est d’une acception plus étendue que celle d’« état de non-guerre » ou de « cessation d’hostilités ».

En effet, dès le haut Moyen Âge, elle se confond avec l’idée d’« ordre social et politique voulu par Dieu ». Le terme même est employé pour désigner des lieux et des groupes dans lesquels doivent régner tranquillité et concorde : ainsi, certaines chartes urbaines prennent le nom de « paix », telle la Carta pacis Valencenensis (Charte de paix de Valenciennes, 1114). Les églises et des catégories de personnes (les « faibles », notamment les veuves et les orphelins, dans les actes carolingiens) sont protégées par un statut de paix.

Un idéal fondé sur la Bible et la tradition.

• À une époque où le christianisme forme l’horizon idéologique et culturel de tous, l’idée de paix s’appuie, en grande partie, sur des fondements bibliques et patristiques : la figure du Christ sert de référence (Jésus qui bénit les pacifiques et laisse sa paix aux Apôtres), mais sont également érigés en modèles des personnages de l’Ancien Testament, tels Salomon et même David.

Les Pères de l’Église, et principalement saint Augustin (354-430), forgent la tradition chrétienne en matière de paix et donnent à celle-ci une dimension spirituelle et eschatologique, que les moines appliquent à eux-mêmes. La véritable paix est la paix finale, céleste. Cependant, même si la paix du monde n’est que transitoire, elle est considérée comme un bien nécessaire pour atteindre la paix du Christ. Les Pères ont également défini les cas qui légitiment la guerre : selon saint Augustin, une guerre juste doit venger des injustices, être déclarée par l’autorité légitime et avoir pour objectif l’établissement de la paix. Cette notion de « guerre juste » est affinée et discutée tout au long du Moyen Âge, et reste un enjeu pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453).

Un instrument de légitimation du pouvoir.

• La conception du pouvoir royal s’inscrit largement dans le cadre de cette théologie de la guerre et de la paix. La paix, en tant qu’ordre intérieur, se trouve exaltée - avec plus ou moins d’insistance - dès l’époque des rois mérovingiens. Clotaire II affirme ainsi, dans un acte de 614, que la paix et la discipline perpétuelles doivent régner dans son royaume. Paix et ordre public, paix et justice, apparaissent comme l’essence même du pouvoir royal et impérial à l’époque carolingienne (dès 869, la promesse du sacre associe celle de promouvoir la paix et la justice). Cette conception est soutenue par les intellectuels : Alcuin, le conseiller de Charlemagne, insiste sur la nécessité de la paix sur terre, condition de l’accès à Dieu, mais il n’en note pas moins la compatibilité entre vie militaire et vie chrétienne.

Après l’éclipse du pouvoir royal, les Capétiens reprennent, au XIIe siècle, la figure du « prince pacificateur ». En 1155, Louis VII, réuni à Soissons avec les grands du royaume, institue une « paix de dix ans » sur toutes ses terres. Il reprend ainsi à son compte le mouvement de la Paix de Dieu, parti du monde des clercs à la fin du Xe siècle. La figure du pacificateur trouve son accomplissement avec Louis IX (Saint Louis), dont les chroniqueurs Jean de Joinville et Matthew Paris contribuent à façonner l’image, celle du « roi de paix » : « Li om du monde qui plus se traveilla de paiz entre ses sousgis » (Joinville).

Au-delà même des princes, l’image de l’homme de paix-arbitre - le saint, l’évêque, l’abbé… - est valorisée au Moyen Âge. La pratique de l’arbitrage entre personnes privées joue de fait un rôle important, notamment lorsque la justice publique est limitée. Les arbitres sont de véritables régulateurs de relations sociales, que ce soient des abbés lors des guerres privées de l’époque féodale ou lespaiseurs, plus institutionnalisés, dans les villes du Nord. Le roi-arbitre complète l’image du roi-justicier et pacié. Louis XI rappelle ainsi à son fils qu’il doit « pourveoir a son povoir qu’il n’y ait hayne ne discord entre ses subjectz et si elle y est qu’il ne favorize plus aux uns que aux autres ».

Aux XIVe et XVe siècles, en un temps de crise économique et politique liée à la guerre, ces images persistent et se renforcent. Rois de France et d’Angleterre, princes de partis divers, insistent sur leurs efforts pour préserver la paix. Dans ce contexte difficile, il importe de maintenir discursivement l’image du pouvoir protecteur.

Les rituels de paix.

• Au-delà des discours, la paix au Moyen Âge est un moment privilégié entre deux périodes de tensions et de violences. Ce temps de la réconciliation (réelle ou symbolique) est régi par des règles précises, qui concernent le lieu, les gestes et les discours. Les banquets entre nobles, dès le haut Moyen Âge, comme les repas entre parties, relèvent du rituel de la paix privée.

À la fin du Xe siècle et durant le XIe, la mise en place de la Trêve et de la Paix de Dieu s’opère aussi en un moment singulier - le concile - où les émotions sont exacerbées, et les gestes rituels et incantatoires, multipliés. L’historien Jacques Paul les décrit ainsi : « Messes solennelles, prédications, processions, ostentations de reliques, serments publics, sont autant d’éléments émotionnels qui transforment ces réunions en cérémonies où s’expriment une conscience collective, par gestes et par cris. »

Pendant la guerre de Cent Ans, les très nombreuses négociations de trêves et traités entre les souverains d’Europe, mais aussi entre les princes du royaume de France, donnent lieu également à des rituels de paix complexes : baisers, banquets, dons, discussions solennelles et serments de paix se succèdent. Là encore, ces gestes ostensibles doivent réaffirmer le souci de paix des princes, au-delà de leurs pratiques politiques et guerrières. L’image du roi de paix se pérennise, au-delà de la rupture de l’unité chrétienne et des guerres de Religion.

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TOMBER EN QUENOUILLE

Posté par francesca7 le 8 mars 2015

 

EXPRESSION FRANCAISE

Les us et coutumes, ce sont les usages et les habitudes. Cet étrange mot us désigne théoriquement le droit coutumier par opposition au droit écrit, comme d’ailleurs la coutume auquel il est pratiquement toujours associé, sauf lorsqu’on veut faire drôle. Du temps où les poètes rimaient il pouvait servir à la rime, on n’en a jamais trop ; Voltaire écrivait :

Selon les noble sus

En ce châstel reçus.

 

Tomber-QuenouilleTOMBER EN QUENOUILLE

Dans une de ses « Apostrophes » télévisées, Bernard Pivot, interviewant une femme PDG, la félicitait d’avoir brillamment remonté une affaire important qui, aux mains des hommes qui la dirigeaient avant elle, « était un peu… tombée en quenouille ». Manifestement pris de court au tournant de sa phrase, comme il arrive à tout un chacun, le journaliste employait là l’expression comme un euphémisme hâtif pour des mots qui pouvaient difficilement passer à l’antenne mais qui, dans l’impatience du direct, lui venaient sûrement à l’esprit : « Barré en couille »…

C’est vrai qu’à cause de la rime, à cause du verbe « tomber » et de l’image de la laine qui s’effiloche sur une quenouille, il semble s’être créée aujourd’hui une confusion entre ces deux façons de dire, comme si la « quenouille » était une forme polie de l’autre. Ce n’est pas tout à fait l’intention d’origine…

La quenouille a été depuis l’Antiquité le symbole des femmes et de leur humble tâche de fileuses, opposées à l’épée, au glaive qui désigne l’homme dans son sublime rôle d’éventreur. Tomber en quenouille, dit Furetière, « se dit figurément en terme de généalogie pour signifier la ligne féminine. Les Royaumes d’Espagne et d’Angleterre tombent en quenouille, c’est à dire que les femmes y accèdent à la couronne. Celui de France ne tombe point en quenouille. On le dit par extension lorsque les femmes sont maîtresses dans un ménage, ou les plus habiles ».

Cette façon de traiter les femmes chez nous est un héritage direct de la loi salique, celle des Francs Saliens, qui date de Clovis et qu’a renforcée Charlemagne. La loi salique, selon Montesquieu, « était une loi purement économique qui donnait la maison et la terre dépendante de la maison aux mâles qui devaient l’habiter » – Voltaire ajoute : « parce que tout seigneur salien était obligé de se trouver en armes aux assemblées de la nation ».

Donc, c’est au contraire en nommant une femme à la tête e son conseil d’administration que la société Waterman est, au sens propre, « tombée en quenouille ». Cela pour remonter en flèche. Et si, afin de rompre avec ces mœurs de Francs Saliens, les républicains d’’aujourd’hui élisaient une Présidente ? Dirait-on que la République est « tombée » ou « montée » en quenouille ?…

Extrait de La Puce à l’Oreille de Claude Dunetton

 

 

 

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ON SE DEMANDE BIEN POURQUOI METTRE A L’INDEX

Posté par francesca7 le 8 mars 2015

EXPRESSION FRANCAISE

téléchargement (1)Mettre quelqu’un à l’index ce n’est pas exactement le montrer du doigt ; c’est l’exclure, le rejeter. L’Index, celui qui a donné naissance à la locution, est un « catalogue des livres suspects dont le Saint Siège interdit la lecture » (Littré). L’institution de cette liste d’ouvrages à  odeur de soufre date d’un décret du concile du Trente de 1563. Il visait aussi bien les livres de sorcellerie que les publications hérétiques, lascives ou obscènes, dont les auteurs comme les lecteurs éventuels étaient également à fuir par quiconque voulait assure le salut de son âme.

Le monde évolua. Au XIXè siècle les ouvriers organisés en sociétés qui préfiguraient les organisations syndicales reprirent l’expression à leur compte. Ils pratiquaient la mise à l’indes, des patrons qui n’appliquaient pas les conventions de salaires d’une profession donnée, en refusant de travailler pour eux. Voici la description qu’en fait E.Boutmy, racontant les luttes des adhérents de la Société typographique en 1868 :

« Un petit nombre de maisons à l’index, c’est-à-dire dans lesquelles aucun sociétaire ne pouvait accepter de travail sous peine de déchéance, employèrent les typographes qui n’étaient pas entrés dans l’association ou qui pour un motif ou pour un autre, en étaient sortis ; d’autres en petit nombre aussi, occupèrent des femmes ».

Bientôt, un mot venu d’Angleterre allait prendre le relais de l’expression d’Eglise ; dans son numéro du 3 octobre 1897 Le Père Peinard, citant un rapport du congrès de la Sociale à Toulouse, donne l’évolution du mot boycottage, lequel ne doit plus rien au Vatican :

« Le bycottage n’est autre chose que la systématisation de ce que nous appelons en France la mise à l’index (…). Ses origines sont connues. En Irlande, le régisseur des énormes domaines de lord Erne, dans le comté de Mayo, le capitaine Boycott, s’était tellement rendu antipathique par des mesures de rigueur envers les paysans que ceux-ci le mirent à l’index : lors de la moisson de 1879, Boycott  ne put trouver un seul ouvrier pour enlever et rentrer ses récoltes ; partout, en outre, on lui refusa les moindres services, tous s’éloignèrent de lui comme d’un pestiféré.

Le gouvernement, émotionné, intervint, envoya des ouvriers protégés par la troupe, mais il était trop tard ; les récoltes avaient pourri sur pied. Boycott vaincu, ruiné, se réfugia en Amérique »

Les mots sont des actes : le verbe boycotter connut un succès fulgurant. Dès l’année suivante, 1830, il passait en français.

Extrait de La Puce à l’Oreille de Claude Dunetton

 

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LORSQUE LA PAROISSE DEVIENT CELLULE DE BASE

Posté par francesca7 le 7 mars 2015

 

eglise-saint-germain-la-grande-paroisseParoisse, lieu de rassemblement de la communauté chrétienne sur un territoire délimité.

L’institution paroissiale trouve son origine dans l’organisation du réseau cultuel de la Gaule chrétienne, au Ve siècle. L’évangélisation des campagnes est alors l’occasion de fondations de chapelles à proximité des bourgades formées autour d’un marché, ou encore dans les domaines ruraux. La paroisse reproduit ainsi, à un échelon local, le centre épiscopal de la cité, où siège l’évêque, en ayant les mêmes fonctions liturgiques et pastorales. Elle assure la liturgie du dimanche et des fêtes ainsi que la prédication et le baptême. Survivant à la dissolution des cadres antiques de la société aux VIIe et VIIIe siècles, elle devient l’unité sociale par excellence de la communauté chrétienne. À l’époque carolingienne, l’accroissement de la population et l’extension des cultures ainsi que les progrès de la prédication conduisent à multiplier le nombre de paroisses rurales.

Ce n’est qu’à partir du XIe siècle, au lendemain de la réforme grégorienne, que la paroisse rurale devient véritablement la cellule de base de la vie religieuse des laïcs. Définitivement constitué dans les campagnes au milieu du XIIIe siècle, le réseau paroissial s’étend ensuite aux villes. La croissance économique justifie, en effet, la multiplication des paroisses urbaines (on en compte 35 à Paris, en 1300). La prédication, l’instruction des fidèles et l’administration des sacrements sont désormais assurées dans ce cadre, malgré la concurrence qu’exercent parfois les ordres nouveaux de mendiants (franciscains et Dominicains, notamment), qui érigent leurs propres églises.

 LORSQUE LA PAROISSE DEVIENT CELLULE DE BASE dans EGLISES DE FRANCE

Un registre paroissial contient trois types d’actes : baptême, mariage, sépulture. Il est ainsi parfois dénommé registre B.M.S. par les généalogistes.

Les sacrements et rites qui y sont inscrits permettent à la communauté paroissiale d’attester de la qualité de chrétien et de son état de célibataire ou de personne mariée. En effet, la mention d’un mariage chrétien est aujourd’hui ajouté en marge des actes de baptême, comme c’est depuis longtemps le cas des actes d’état civil.

Sur l’acte de baptême, le curé mentionne le nom de famille et les prénoms de l’enfant ou de l’adulte baptisé, sa date et son lieu de naissance, les noms et prénoms des parents et des parrains et marraines

Les registres mentionnent aussi d’autres sacrements comme la communion ou la confirmation. 

Le concile de Trente (1545-1563) utilise la paroisse comme cadre de la revivification de la vie religieuse. Organe principal de la pastorale, la paroisse est destinée à devenir un lieu de contrôle où doit résider le curé, pivot de la discipline ecclésiastique. La Contre-Réforme prend également appui sur cette cellule spirituelle de base. Jusqu’à la Révolution, les paroisses fournissent l’essentiel de l’encadrement du peuple chrétien. Leur remodelage géographique, imposé par le concordat de 1801 - qui les aligne sur le quadrillage civil, la commune reprenant souvent les limites de l’ancienne paroisse -, affecte profondément la structure paroissiale. Celle-ci demeure cependant le centre du rassemblement des chrétiens.

Les récents codes de droit canonique (notamment celui de 1983) prennent en compte les mutations de la société et tentent de définir une nouvelle ligne d’action spirituelle des paroisses, plus adaptée aux conditions de la vie moderne.

En France, les registres paroissiaux existent depuis la fin du Moyen Âge. Les archives des Côtes-d’Armor conservent l’un des plus anciens registres encore subsistant : le registre de baptême de la commune de Lanloup qui date de 1467, et celles du Var les non moins vénérables registres de baptêmes et sépultures de la commune de Signes datant de 1500. Les archives départementales d’Ille-et-Vilaine conservent également quelques un des plus anciens registres conservés : celui de la commune de Roz-Landrieux datant de 1451, celui de la commune de Paramé (absorbée par la commune de Saint-Malo en 1966) datant de 1454 ou celui de la commune de Trans-la-Fôret datant de 1479. Mais le plus ancien registre paroissial encore existant en France est celui de Givry (Saône-et-Loire), couvrant une période allant de 1303 à 1357. Jusque là, un seul registre sert à enregistrer aussi bien les baptêmes, les mariages, que les sépultures, au fur et à mesure.

L’Ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 rend obligatoire la tenue de registres des baptêmes, en français, par les curés des paroisses, registres qui doivent être déposés, chaque année, au greffe du bailliage ou de la sénéchaussée. L’Ordonnance de Blois de 1579 leur impose l’enregistrement des mariages et décès. C’est en avril 1667, dans l’« ordonnance touchant réformation de la justice » (aussi dite « Ordonnance de Saint-Germain-en-Laye » ou « Code Louis ») que la tenue des registres en double exemplaire est rendue obligatoire par Louis XIV. Cela permet de constituer des séries moins lacunaires depuis le milieu du xviie siècle.

Par le décret de l’Assemblée nationale du 20 septembre 1792, la tenue officielle des registres est retirée aux curés et remise aux maires dans le cadre de l’état civil. Les registres paroissiaux d’état civil français antérieurs à 1793 deviennent alors la propriété descommunes françaises, et l’ancienne série du greffe du bailliage celle des départements. Pour les petites communes, ces B.M.S. anciens sont parfois déposés aux Archives départementales, dans la série E-dépôt.

Depuis cette date, les registres paroissiaux sont considérés comme des archives privées de l’Église catholique. Ils sont parfois nommés registres de catholicité. Dans les diocèses, les séries actuelles de registres paroissiaux remontent parfois à 1795 pour les plus anciens. Généralement, les séries sont suivies depuis 1802-1803, époque du retour du culte concordataire. Les curés doivent toujours les établir en double exemplaire, l’un pour la paroisse, l’autre pour la chancellerie épiscopale. Dans certains cas, ils ont pu servir pour rétablir des actes officiels d’état civil, comme lors de la reconstitution de l’état civil de Paris après l’incendie de 1871. Les registres de catholicité sont conservés selon les cas aux archives diocésaines ou aux archives départementales.

 

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LES HABITUDES VERTIMENTAIRES DE NOS ANCETRES

Posté par francesca7 le 7 mars 2015

 

C’est une banalité de dire que l’habillement, la parue, ont toujours été une des préoccupations majeures des hommes et des femmes. Les modes ont toujours changé (c’est en quelque sorte leur raison d’être) et toujours par référence à ce qui se portait dans les rangs les plus élevés de la société : pendant longtemps les cours royales et princières.

Autrefois, la mode changeait principalement de génération en génération, c’est-à-dire d’une génération régnante à l’autre, pour les grandes lignes, avec de s modifications de détail dans les parements qui sans doute permettaient aux plus riches de se trouver toujours à quelques galons d’avance, non pas sur le « commun », mais sur leurs niveaux immédiats – avance d’ailleurs protégée à certaines époques par des « lois somptuaires » qui réglementaient le port des fanfreluches selon le rang et le degré de noblesse.

En outre, le décalage était grand entre la vêture de la haute société parisienne et celle du reste du pays ; il grandissait en proportion de l’éloignement géographique. Quant au peuple en besogne il a porté longtemps et partout les restes et les défroques de ses maîtres, souvent avec une ou deux générations de retard.

Au Moyen Age le vêtement s’appelait d’une façon générique la robe. Il était composé, en plus de la chemise de la cote, pièce essentielle ; tunique à manches en forme de robe. Il existait aussi le surcot, facultatif, sorte de tunique sans manches qui se portait par-dessus la cote, et le mantel ou manteau – appelé parfois robe. Une forme plus robuste du manteau pour le voyage et pour la pluie s’appelait la chape.

Cela aussi bien pour les femmes que pour les hommes, le costume étant identique. Que eux qui s’effraient encore de voir aujourd’hui garçons et filles vêtus de la même manière se rassurent tout à fait : le vêtement unisexe n’est pas une nouveauté dans l’histoire ; Je dirais même que c’est à partir du moment où le costume masculin a commencé à se différencier, vers la fin du XIVè siècle, que la société médiévale déjà peu facile pour les femmes est devenue de plus en plus misogyne.

J’ajoute que la différenciation ne s’est jamais faite pour les gens d’Eglise, ni pour les enfants, lesquels jusqu’au XVIIè siècle ont continué à être vêtus uniformément de la même et ancienne « robe » jusqu’à l’âge de sept ou huit ans.

Voici un aperçu de la mode dans le premier tiers du XIIIè siècle, donné par Jean Renart dans le Guillaume de Dole. D’abord un surcot exceptionnellement riche, porté à même la chemise par un jeune homme qui s’en sert de « robe » de chambre :

ensemble-de-tunique-et-surcot-classique-medieval-de-lin-naturel-8

troeve ostel a son gré

et bacheler a sa devise

qui ert en trop bele chemise

oz deffublez em pur le cors

fors d’un sercot dont ili ados

ert bendez d’ordrois d’Engleterre

c’en porroit ja assez loig querre

ainsçois qu’en trovast le pareil

la pene ert d’un cendal vermeil

s’ert trop bel au col herminé

de pesnes de boutons doré

 

A présent un manteau d’apparat qui vient d’être acheté :

 24005gr-1

La soe robé apareille

ses niez, qui est bele a mervelle

d’un samit inde a pene hermine

onques si blanche ne si fine

ne fut nule, ne miez ouvree

 

Voici enfin la belle Liënor en train de s’habiller pour rendre visite à la cour de l’empereur, et telle qu’elle sera au bord de la cuve où est plongé le sénéchal félon…

 

Sor chemise blanche aflouree

en vesti la cote en puret

mes el estoit d’un cendal vert

tote forree et cors et manches.

El ot un poi basses les hansches

et grailles lans, et biau le pis

Un poi fu plus haus li samis

desus la mamelete due


Li couls fu lons et gras et blans

par reson, sanz gorme et sanz fronce

Onques damoisele, selonc ce

qu’ele estoit triste et dolente,

ne sot plus bel metre s’entente

en li acesmer et vestir

Por sa gorge parembelir

mist un fermail a sa chemise,

ouvré par grande maiestrise,

riche d’or et bel de feture

basset, et plain doi d’overture

et si que la poitrine blanche

assez plus que n’est noif sor branche

li parut, qui mout l’amenda.

Que q’ele se ceint et lia

de sa guimple et de sa ceinture,

dont li ors de la ferreüre

valoit plus de XXV livres.

 

Extrait de La Puce à l’Oreille de Claude Dunetton 

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L’oriflamme, et sa naissance

Posté par francesca7 le 7 mars 2015

100px-Oriflamme.svgbannière de soie rouge et insigne sacré de la monarchie française.

À l’origine, l’oriflamme est l’enseigne de l’abbaye de Saint-Denis, que Louis VI arbore en 1124 lors de ses conquêtes contre les seigneurs allemands. Considérée comme l’emblème de la victoire et de la défense de l’ordre monarchique contre les rebelles puis les infidèles, elle est déployée dans de nombreuses campagnes militaires des rois de France, comme à Bouvines (1214) ou pendant les croisades. Dès le début du XIIIe siècle, les chroniqueurs font remonter son origine à Charlemagne, la tenant pour l’un des symboles du combat des Francs pour la foi. 

Ensuite, la littérature des XIVe et XVe siècles attribue sa création à un rêve de l’empereur byzantin Manuel Comnène : ces récits reprennent à leur compte la prophétie racontant qu’un prince d’Occident muni de l’oriflamme viendrait délivrer Jérusalem de la mainmise des Infidèles. Enfin, à partir du milieu duXVe siècle, on prête à Clovis lui-même l’origine de l’oriflamme, qui lui aurait été transmise miraculeusement. Pourtant, dans les faits, l’oriflamme perd de son pouvoir symbolique : elle est déchirée et perdue à la bataille de Mons-en-Pévèle (1304) et s’avère peu mobilisatrice dans la lutte contre les Anglais au moment de la guerre de Cent Ans (notamment à Poitiers, en 1356). Elle n’est plus levée après 1418. À partir du règne de Charles VII, le roi de France se bat sous d’autres augures. 

Aujourd’hui, par extension, le terme « oriflamme » désigne un étendard qui n’a plus de caractéristique que la forme : base mince pour une pièce de tissu assez longue, deux ou trois pointes en flamme à l’extrémité distale.

Les oriflammes modernes sont de toutes couleurs : elles sont aux couleurs des entités qu’elles représentent le plus souvent nations ou régions.

Représentations de l’oriflamme 

  • L’oriflamme est représenté sur un vitrail de la cathédrale de Chartres : l’étoffe est rouge, les houppes blanches, les trois anneaux qui attachent l’étoffe à la hampe sont verts. Mais sur un autre vitrail relatif à la « Vie de Charlemagne », on voit Charlemagne apparaître avec un gonfanon doré (jaune) à l’empereur Constantin, signe de l’indécision entre les deux traditions vexillologiques.
  • Au xiiie siècle, Matthieu Paris a peint l’oriflamme dans un exemplaire de sa Grande chronique : c’est une bannière rouge toute en hauteur avec huit petites pointes.
  • Au xive siècle, on connaît trois exemples qui ratifient l’existence d’un étendard rouge, à trois queues ornées de houppes ou d’une frange.
  • Vers 1445, le peintre des Pays-Bas du Sud a montré saint Augustin lisant la Cité de Dieu dans un exemplaire de celle-ci : on y voit notamment l’oriflamme rouge, frangé de vert, planté en terre et diapré d’or du fait de sa vacuité de symbole.
  • Sous la Renaissance, une gravure de Jean Duvet montre Henri II en saint Michel victorieux entouré de deux anges dont l’un tient l’écu de France, l’autre l’oriflamme rouge, à trois queues et semées de flammes.

 

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Le village d’ Oradour-sur-Glane

Posté par francesca7 le 5 mars 2015

village martyr de la Haute-Vienne dont la population a été assassinée par les nazis le 10 juin 1944.

220px-Car_in_Oradour-sur-Glane4Les 7 et 8 juin 1944, la division « Das Reich » (Waffen SS), stationnée dans la région de Montauban depuis le mois d’avril, reçoit l’ordre de faire mouvement vers le front de Normandie. Sur son chemin, elle a aussi pour mission d’aider la Wehrmacht dans la lutte qui l’oppose aux nombreux maquis du Sud-Ouest et du Massif central. Dirigées par le général Lammerding, les unités de la division « Das Reich » se sont déjà illustrées par leur cruauté sur le front de l’Est ; en France, elles ont reçu le renfort de soldats alsaciens, les « malgré-nous », enrôlés de force dans la Wehrmacht comme dans la Waffen SS en vertu du décret du 25 août 1942. Face à la détermination des maquis FTP et des combattants de l’Armée secrète, Lammerding choisit la terreur : le 8 juin, il fait pendre 99 otages à Tulle. L’horreur atteint son paroxysme à Oradour-sur-Glane, où Dickmann, chef du 1er bataillon, ordonne à ses hommes de commettre un massacre, d’autant plus arbitraire que ce bourg du Limousin ne constitue guère un foyer de la Résistance : le 10 juin, 642 civils, presque toute la population d’Oradour, à laquelle s’ajoutent 44 réfugiés lorrains, sont assassinés ; les hommes sont fusillés au fond du garage et dans les granges, les femmes et les enfants, brûlés dans l’église.

 

Dès les lendemains de la Libération, Oradour devient le symbole de la barbarie nazie : les ruines du village sont respectueusement conservées ; des visiteurs y affluent. Mais le procès des bourreaux, qui s’ouvre devant le tribunal militaire de Bordeaux en janvier 1953, est difficile : morts ou en fuite, les principaux responsables sont absents ; surtout, parmi les 21 inculpés, on ne compte que sept Allemands contre quatorze Alsaciens, dont douze ont été incorporés de force dans la SS. En vertu de la loi du 15 septembre 1948, ces derniers sont passibles d’un jugement et leur condamnation est réclamée par les rares survivants et l’ensemble de la population du Limousin, mais l’Alsace unie se mobilise en leur faveur, refusant de distinguer leur sort de celui des autres « malgré-nous ». Face aux risques que fait peser sur l’unité nationale l’affrontement de deux mémoires, les responsables politiques privilégient la raison d’État : condamnés à des peines de prison et de travaux forcés par le tribunal, les douze Alsaciens sont aussitôt amnistiés par le Parlement. Seuls les députés communistes se sont prononcés en bloc contre cette amnistie. L’Alsace est soulagée, mais les habitants et les élus de la Haute-Vienne sont durablement meurtris par ce qu’ils jugent être une « trahison » de l’État.

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Massacre des femmes et des enfants : Le groupe emmené et enfermé dans l’église comprend toutes les femmes et tous les enfants du village. Des soldats placent dans la nef, près du chœur, une sorte de caisse assez volumineuse de laquelle dépassent des cordons qu’ils laissent trainer sur le sol. Ces cordons ayant été allumés, le feu se communique à l’engin, qui contient un gaz asphyxiant (c’était la solution prévue) et explose par erreur ; une fumée noire, épaisse et suffocante se dégage. Une fusillade éclate dans l’église ; puis de la paille, des fagots, des chaises sont jetés pêle-mêle sur les corps qui gisent sur les dalles. Les SS y mettent ensuite le feu. La chaleur était tellement forte qu’à l’entrée de cette église on peut voir les restes de la cloche, fondue et écrasée sur le sol. Des débris de 1,20 m de hauteur recouvraient les corps.

Une seule femme survit au carnage : Marguerite Rouffanche, née Thurmeaux. Son témoignage constitue tout ce qu’il est possible de savoir du drame. Elle a perdu dans la tuerie son mari, son fils, ses deux filles et son petit-fils âgé de sept mois.

Le chœur de l’église comprenant trois ouvertures, dans un instinct de survie, Mme Rouffanche se dirigea vers la plus grande, celle du milieu et à l’aide d’un escabeau qui servait à allumer les cierges, elle parvint à l’atteindre. Le vitrail étant brisé, elle se jeta par l’ouverture. Après un saut de trois mètres, elle atterrit au pied de l’église sur un fourré et fut blessée par un SS en fuyant vers un jardin voisin. Dissimulée parmi des rangs de petits pois, elle ne fut délivrée que le lendemain vers 17 heures.

Le centre de la mémoire est un musée et un mémorial témoignant des atrocités commises par les occupants nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale. Sa vocation est de perpétuer le souvenir des victimes, d’informer et d’œuvrer afin que de tels événements ne se reproduisent plus jamais. Le projet, qui naît en 1989, se concrétise dix ans plus tard et est inauguré par le président de la République Jacques Chirac et le ministre de la Culture Catherine Trautmann le 16 juillet 1999.

Son architecture atypique (qualifiée de « Non-architecture » par son concepteur, Yves Devraine) s’inscrit dans le cadre tourmenté du village martyr, distant de quelques centaines de mètres. Le centre présente des expositions permanentes permettant de mieux comprendre le drame, sans omettre de replacer la tragédie dans son contexte historique. Le visiteur transite ainsi dans quatre espaces thématiques, avant de rejoindre un « espace de réflexion » où des messages de paix et des citations sont présentés.

Des expositions temporaires ont également lieu dans l’enceinte du centre, où des stagiaires du service autrichien de la Mémoire sont accueillis régulièrement.

L’ensemble du mémorial et du village martyr font d’Oradour-sur-Glane le site le plus visité en Limousin, avec 306 427 visiteurs en 2007.

 

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L’APPROBATION DU NOM DE FAMILLE

Posté par francesca7 le 5 mars 2015

 

Nom de famille, élément du système onomastique qui permet de désigner un individu, en le situant à l’intérieur d’un groupe familial, culturel et national.

imagesLa tradition romaine et sa disparition.

• La romanisation des Gaules entraîne le passage rapide du système onomastique uninominal de type celte et germain au système latin des tria nominanomen (signifiant l’appartenance à une gens), cognomen (signifiant l’appartenance à une branche d’une gens), et praenomen (marqueur de l’identité individuelle). Privilège du citoyen romain, le système trinominal est un signe de distinction puissant, d’autant que pérégrins, affranchis et esclaves usent simplement de deux noms ou d’un nom unique. Cependant, à partir du IVe siècle, l’onomastique romaine s’effondre, tant en raison de son évolution interne, après l’obtention de la citoyenneté romaine par tous les hommes libres de l’Empire (édit de Caracalla, 212) que sous la pression de phénomènes extérieurs. L’ancien système se transforme par l’abandon du nomen, puis ducognomen, le ou les prénoms devenant héréditaires. Partout, le sobriquet tend à devenir un nom unique.

Cette évolution peut être mise en rapport avec la fragmentation de l’Empire en petites entités autonomes car, plus le cadre de vie est restreint, moins le système onomastique nécessite d’être complexe, chacun étant connu de tous. Le christianisme renforce ce mouvement, en ne reconnaissant que le nom de baptême pour désigner le chrétien. Ces deux facteurs croisés expliquent que les peuples germaniques conservent, en s’installant, leur système onomastique uninominal.

La fixation des noms de famille.

• Cependant, cette extrême simplicité ne correspond plus, dès le Xe siècle, aux besoins de la société. La politique lignagère, qui signifie sa cohésion par l’usage d’un nombre limité de noms de baptême, pose de sérieux problèmes d’homonymie, d’autant que le stock onomastique se restreint par l’abandon progressif de nombreux noms germaniques. De plus, la multiplication des actes notariés authentiques accentue le besoin d’identification claire. Aussi, les surnoms sont-ils de plus en plus fréquents, d’abord pour les grands (Xe siècle) puis dans toutes les couches de la société (XIIe et XIIIe siècles). Ils sont formés à partir de la filiation, d’une indication topographique, d’une activité ou d’un état, ou encore d’une caractéristique physique. Ces surnoms deviennent héréditaires, en ligne agnatique, au cours des siècles suivants, et prennent valeur de noms de famille que l’État contribue à fixer. L’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) rend obligatoire l’enregistrement des baptêmes et des décès en français et celle de Blois (1579) impose l’inscription des mariages dans les registres paroissiaux. En 1667, ces derniers deviennent officiellement des registres d’état civil. Le même impératif de déclaration du nom est imposé aux protestants en 1787. Du XVIe auXVIIIe siècle, l’État accompagne donc, en le formalisant, l’usage qui se répand dans la société. Pourtant, on relève de nombreuses transgressions de la règle générale de fixité du nom, du fait de l’idéal de distinction qui caractérise la société d’Ancien Régime. Porter plusieurs noms et surnoms, reprendre un nom tombé en déshérence, prendre le nom d’une terre qu’on possède pour paraître noble - comme le Gros-Pierre, cité dansl’École des femmes, qui, ayant creusé un fossé autour de son champ, se fit appeler « Monsieur de l’Isle » -, sont des actes fréquents.

Le nom : une obligation légale.

• Il appartient à la période révolutionnaire de faire passer le nom de famille de la sphère de l’usage social à celle de la loi, de la relative fluidité à la plus stricte rigidité. Dans un premier temps (1789-1794), on assiste à une déstabilisation des principes nominaux de l’Ancien Régime. L’abolition des titres (19 juin 1790) n’est pas suffisante et la chasse est ouverte aux noms infâmes, comme l’illustre l’histoire du boucher Leroy, contraint de changer de nom par les autorités de Compiègne (18 octobre 1793). De même, c’est un changement de nom qui signe la déchéance de Louis XVI et la prochaine décapitation du « citoyen Capet ». Au fur et à mesure que l’on efface les symboles linguistiques de l’ancienne France, de nouveaux noms apparaissent, symboles de la rupture d’avec le passé et de l’auto-engendrement de l’homme nouveau. La mode est donc au changement de nom et au baptême révolutionnaire. C’est ainsi que Louis Philippe Joseph, duc d’Orléans, élu député de la Convention en 1792, devient « Philippe Égalité ». L’euphorie régénératrice entraîne l’adoption d’une loi très libérale, stipulant que « chaque citoyen a la faculté de se nommer comme il lui plaît » (24 brumaire an II/14 novembre 1793), s’il fait inscrire son nom à l’état civil, laïcisé depuis le 20 septembre 1792. Cependant, moins d’un an plus tard, la Convention thermidorienne adopte une loi extrêmement rigoureuse quant au principe de l’immutabilité des noms ; des poursuites sont en effet prévues contre les contrevenants, pouvant aller jusqu’à la dégradation civique en cas de récidive. C’est un tournant majeur dans l’histoire du nom, dont la stabilité est désormais garantie par l’état civil, et qui devient l’un des éléments essentiels du contrôle administratif des citoyens. Cette loi est reprise, avec quelques modifications, par celle du 11 germinal an XI (1er avril 1803). Le nouveau texte fixe les prénoms licites et les règles qui régissent l’approbation des changements de nom par l’État - procédure lourde qui, jusqu’à la réforme de 1993, nécessite l’intervention du Conseil d’État. Le « nom contemporain » est par la suite étendu à tous (juifs de France en 1808, anciens esclaves des Antilles françaises en 1848, « indigènes » de l’empire colonial, notamment en Algérie, à partir des années 1880) jusqu’à devenir l’évidence qui nous est familière.

 

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ETRE NE COIFFE

Posté par francesca7 le 4 mars 2015

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EXPRESSION FRANCAISE :

« La richesse, elle aussi, est héréditaire – disait en févier 1977 L’Humanité-Dimanche. Il y a les gens nés coiffés et les autres ». Mais être né coiffé ne se limite pas, en principe, à l’heur d’une riche naissance – ce que les Anglais appelle d’une façon plus explicite « venir au monde avec une cuillère en argent dans la bouche ».

D’abord l’expression a un fondement exact en obstétrique ; certains bébés portent à la naissance, enveloppant leur crâne, une coiffe (c’est le terme), constituée par la partie de la membrane fœtale, autrement dit par la poche des eaux. On les appelle les enfants coiffés.

Si mon père n’eust fait coëffé

Et qu’il eust moins philosophé,

Il eust amasé davantage.

dit Scarron impotent et en mal d’argent .

 

Depuis l’Antiquité et un peu partout dans le monde, les peuples ont vu dans ce détail de l’accouchement un signe de chance infaillible pour le nouveau-né, un principe de réussite t de bonheur dans la vie.

« On dit qu’un homme est né coeffé – dit Furetière – pour dire qu’il est heureux, l’opinion du vulgaire ayant attribué cette vertu à cette coeffe que quelque enfants apportent au monde. Cette superstition est très ancienne. Lampridius en parle dans la vie d’Antonin. Cet Empereur étoit né avec une espèce de bandeau sur le front, en forme de diadème : c’est pour cela qu’il se fit appeler Diadumene.

Comme il jouit d’une constante prospérité pendant tout le cours de son règne, son bonheur confirma l’opinion de ceux qui s’imaginent que les gens nez coeffez sont heureux. Depuis on  s’en servit pour des sortilèges, et pour des maléfiches […], Lampridius témoigne que les sages femmes vendoient bien cher cette coeffe à des Avocats, qui étoient  persuadez qu’en la portant sur eux il auroient une force de persuader, à laquelle les Juges ne pourraient résister. Les Canons défendent de s’en servir parce que les sorciers en usoient dans leurs maléfices ».

Extrait de La Puce à l’Oreille de Claude Dunetton

 

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Saisir l’occasion aux cheveux

Posté par francesca7 le 4 mars 2015

EXPRESSION :

Les Romains, qui en laissaient rarement passer une, représentaient l’Occasion sous la forme d’une déesse nue, aux pieds ailés, chauve sur le derrière de la tête, tenant un rasoir d’une main et de l’autre un voile tendu au vent. Mais une longue tresse de cheveux lui pendait par-devant, seul endroit par où on pouvait la saisir au passage.

Le symbole est évident qui sous-tend le dicton : « L’occasion est chauve ».

En effet les cheveux constituent chez l’homme une prise facile, c’est un peu la poignée du couvercle ou l’anse du panier. De la tignasse des écoliers aux longues nattes des belles martyres des premiers temps de notre ère on a toujours largement utilisé ce point d’ancrage pour forcer les gens à faire ce qu’ils refusaient de faire.

S’il (l’amour) nel veut reprendre

Por ce ne l’irai-je pas prendre

Par ses biaus cheveux.

 

dit un texte du XIIIè. On a même vu que pour plus de commodité on attachait les gens à la queue d’un cheval de trait pour les traîner sur le sol jusqu’à ce que mort s’en suive.

images (12)

Quand une chose est tirée par les cheveux c’est qu’elle n’arrive pas de bonne grâce ; « On dit qu’un passe, qu’une comparaison sont tirés par les cheveux lorsqu’ils ne viennent pas naturellement au sujet – dit Furetière – qu’ils sont tirés de trop loin, et amener par force et par machine ». Amyot, perlant au XVIè siècle des interprétations bizarres que l’aucuns veulent à tout prix tirer des œuvres des poètes, disait : « Quelques uns les tordant à force, et les tirant, come l’on dit, par les cheveux, en exposition allégoriques » .

On rapporte que les musulmans se rasaient le crâne, en laissant qu’une seule mèche afin qu’après leur mort Mahomet puisse les empoigner par là pour les hisser vers son paradis. On a dit également que c’était le sens de la mèche des Indiens rasés d’Amérique, lesquels, avec un sens de la courtoisie dont nous n’avons plus aucune idée, se laissaient une poignée de cheveux sur le scalp afin que s’ils venaient à être tués au combat leur ennemi ait moins de mal à le leur arracher.

Malheureusement, selon des historiens avertis, l’habitude de scalper son prochain ne serait pas du tout un trait de a culture indienne. Elle aurait au contraire été introduite  par les conquérants qui, pour encourager les autochtones à s’entre-tuer, payaient le cadavre d’Indien à la pièce, sur présentation de la peau du crâne, comme on offre une prime par queue de renard abattu.

Comme dit le Coran : « Un cheveu même a son ombre » – les plus petits détails ont leur importance.

Extrait de La Puce à l’Oreille de Claude Dunetton

 

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