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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Les hérésies médiévales

Posté par francesca7 le 18 mars 2015

 

Saint_Augustine_of_Hippo• Entre le IVe et le VIIe siècle, c’est surtout autour de l’arianisme et du nestorianisme que se cristallisent les querelles majeures relatives à la nature divine et humaine du Christ. La lutte contre les hérésies est dès lors étroitement liées à la définition du monothéisme d’État en Orient et à la constitution des royaumes en Occident (Gaule franque, par exemple, où les Mérovingiens s’appuient sur l’épiscopat pour étendre leur domination). Les hérésies continuent néanmoins de se multiplier pendant tout le haut Moyen Âge, et prennent une forme de contestation multiforme, allant de la réaction théologique à la revendication sociale, voire à une forme de résistance de type national (pauliciens ou bogomiles en Flandres, Rhin, Champagne, par exemple).

 

Dans la lignée des hérésies récusant l’autorité de l’apôtre Pierre, de nombreux courants dissidents aux tendances manichéennes sont liés aux mouvements réformateurs du XIe siècle. Leurs revendications de nature évangélique se mêlent à des critiques d’ordre moral, qui ajoutent au discrédit de l’Église, critiquée pour ses mœurs dépravées et l’immoralisme de son clergé (simonie, nicolaïsme). Les hérésies, dans l’ensemble, ne remettent plus en cause les fondements dogmatiques du christianisme et les grands mystères de la foi chrétienne (Trinité, Eucharistie, Salut, etc.) mais prennent pour cible la décadence de l’Église par rapport aux temps évangéliques, et ses structures institutionnelles. Dans le sillage des premiers réformateurs inspirés (Éon de l’Étoile, Pierre de Bruys ou Henri du Mans, etc.), surgissent, au XIIe siècle, des mouvements de laïcs prêchant l’Évangile au nom de leurs pratiques apostoliques et de leur pauvreté volontaire. Parmi eux, les « pauvres de Lyon », ou vaudois (du nom de leur prédicateur Pierre Valdo), très présents dans la région lyonnaise et le monde alpin, sont condamnés en 1184. À la différence de celle des vaudois, la doctrine des cathares est incompatible avec le dogme du christianisme. La simplicité apparente du catharisme, professant notamment le dualisme et l’ascétisme, trouve de nombreux adeptes, surtout dans le midi de la France et en Italie. En pleine phase d’expansion après 1140, l’hérésie cathare est violemment réprimée par l’Église. Dès le concile de Tours (1163), les cathares sont menacés d’excommunication, mais aussi de peines de prison ou de confiscations de biens. Après l’appel à la guerre sainte par le pape Innocent III, la croisade contre les albigeois est lancée par le roi Philippe Auguste à partir de 1208. En 1231, le pape Grégoire IX institue une juridiction d’exception, l’Inquisition, qui constitue alors l’instrument majeur de la répression contre les hérétiques. Ainsi, le catharisme disparaît dans la première moitié du XIVe siècle.

 

Non moins virulentes à la fin du Moyen Âge, les hérésies continuent d’affronter le pouvoir ecclésiastique par des attitudes proches du prophétisme ou de la vision inspirée. Le mouvement du Libre-Esprit s’inscrit dans cette forme de dissidence, qui prône le pur amour de Dieu en refusant l’idée d’un salut suspendu à la seule médiation de l’Église visible. Le succès de ces idées auprès des béguines et des bégards suffit à désigner comme dissidentes ces communautés spirituelles à la frontière du traditionnel clivage entre les clercs et les laïcs. Ordonné par l’inquisiteur de Paris en 1372, le supplice des hérétiques « turlupins », qui préconisent une même absence de médiation, est emblématique de l’efficacité de la répression mise en place par une Église attaquée de toutes parts. L’annonce, pour les millénaristes, de la venue d’une église spirituelle et égalitaire dans la ligne de pensée ouverte par les écrits du Calabrais Joachim de Flore (vers 1130-1202), continue ainsi d’allumer des foyers de dissidence. Les « spirituels » de l’ordre franciscain, restés fidèles à l’esprit de pauvreté de François d’Assise, sont ainsi condamnés comme hérétiques pour leurs prophéties sur la fin de l’Église et l’avènement du règne de la bonté, de la paix et de la sainteté. Cette branche dissidente est dissoute en 1341. La crise institutionnelle traversée par l’Église au moment du grand schisme d’Occident (1378-1417) concourt à la multiplication de petits groupes hérétiques informels. Leurs aspirations, empreintes le plus souvent de violentes revendications sociales ou nationales, rappellent les amalgames et les syncrétismes caractéristiques des hérésies médiévales : rejet de l’Église institutionnelle, aspiration à l’évangélisme, exaltation de l’amour divin, etc.

Réformes et dissidences.

• Insatisfaits des compromis mise en œuvre par les différents conciles de la fin du XIVe et du XVe siècles pour réduire la fracture ecclésiale, les courants réformateurs adoptent des positions de plus en plus radicales à l’égard de l’Église romaine. Considéré par les catholiques d’alors comme une hérésie majeure, le protestantisme (sous ses diverses formes de luthéranisme et de calvinisme) donne lieu à l’organisation de véritables Églises. L’orthodoxie protestante engendre à son tour ses propres dissidences et ses propres formes de répression pour affirmer l’absolue vérité de son dogme (supplice du médecin Michel Servet à Genève en 1553, qui confirme le passage d’une doctrine persécutée en religion persécutrice). 

Les hérésies médiévales dans HUMEUR DES ANCETRES 220px-Miguel_de_Molinos_1687Les hérésies connaissent une recrudescence au XVIIe siècle : « piétisme » visionnaire annonçant la venue d’une ère nouvelle, « quiétisme » de Miguel de Molinos (1628-1696) ou de ses émules, tels que la Lilloise Antoinette Bourignon (1616-1680), exaltant l’abandon total en Dieu et le retour à l’androgynat originel, etc. Sur le front catholique, la hantise d’autres dissidences conduit la Contre-Réforme à une opposition radicale à toute forme de déviance, voire de mysticisme suspect. Très violente en Espagne et en Angleterre, cette répression, qui condamne notamment les hérétiques « illuminés » (alumbrados) ou les « libertins » au bûcher, voit l’Église s’installer dans une forme d’immobilisme et de conformisme.

En France, le jansénisme fait ainsi l’objet de « tests d’orthodoxie » mis en place par l’Église pour éprouver la cohérence de ses formulations théologiques. Le dogme catholique se durcit dans des propositions autoritaires et démonstratives dénuées de toute souplesse théologique. L’exécution en 1766 du jeune chevalier de La Barre pour « crime d’impiété » constitue l’un des derniers sursauts de cette lutte séculaire contre les déviances doctrinales. L’incroyance et l’athéisme du siècle des Lumières, en prônant une émancipation à l’égard de toute religion, prend autant pour cible les hérésies que l’Église. Le déisme des Philosophes n’en constitue pas moins, par définition, … une hérésie ! La Révolution française supprime l’existence juridique de l’hérésie en mettant fin au pouvoir répressif et pénal de l’Église.

 

Sources encyclopédiques

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François Rabelais – plusieurs cordes à son arc

Posté par francesca7 le 18 mars 2015

 

écrivain (La Devinière, près de Chinon, 1483 ou 1484 - Paris 1553).

Si les personnages et les épisodes de l’œuvre rabelaisienne sont devenus, au fil des siècles, des repères « mythologiques » de la culture nationale, l’existence de leur créateur continue, pour une large part, à se dérober aux recherches érudites.

RabelaisPrêtre, moine, médecin et … écrivain.

• « Ce que nous en savons le mieux, écrivait Michelet, c’est qu’il eut l’existence des grands penseurs du temps, une vie inquiète, errante, fugitive. » On sait que l’éducation du jeune Rabelais est confiée aux moines, et l’on suppose qu’aux alentours de 1510 il est novice dans un couvent de cordeliers près d’Angers. Vraisemblablement ordonné prêtre dans les années qui suivent, il s’initie aux langues anciennes et adresse au célèbre humaniste Guillaume Budé, en 1521, une lettre respectueuse qui nous apprend qu’il est moine franciscain au couvent de Fontenay-le-Comte. Budé encourage l’activité littéraire et philologique du néophyte, mais, en 1523, les supérieurs de Rabelais, sensibles au vent d’obscurantisme qui souffle de la Sorbonne, lui confisquent ses livres de grec. Il passe alors chez les bénédictins, moins fermés aux innovations culturelles. En 1528, il abandonne le froc pour l’habit de prêtre séculier. Deux ans plus tard, il est inscrit sur le registre des étudiants de la faculté de médecine de Montpellier. Commence alors une période d’intense activité éditoriale, qui témoigne d’une curiosité encyclopédique. En 1532, il publie une traduction latine des Aphorismes d’Hippocrate, puis lesEpistres médicinales de l’Italien Manardi. Nommé médecin à l’hôtel-Dieu Notre-Dame de la Piété du Pont-du-Rhône, il publie Pantagruelvraisemblablement à la fin de la même année, sous le pseudonyme d’Alcofribas Nasier (anagramme de François Rabelais). En 1533, l’ouvrage est condamné par la Sorbonne pour obscénité. Le cardinal Jean du Bellay prend alors Rabelais sous sa protection et l’emmène à Rome comme médecin et secrétaire. Rabelais y réédite la Topographia antiquae Romae de l’érudit milanais Marliani. De retour à Lyon en 1534, il publie Gargantua et la Pantagruéline Prognostication. Reçu docteur en médecine à la faculté de Montpellier en 1538, il exerce désormais dans cette ville. L’imprimeur et humaniste Étienne Dolet écrit alors que Rabelais est l’« un des meilleurs médecins du monde ». En 1543, Pantagruel et Gargantua sont censurés par le parlement de Paris à la demande des théologiens. Le Tiers Livre, qui paraît à Paris en 1546, est immédiatement condamné par la Sorbonne. Rabelais quitte alors la France pour Metz, ville d’Empire, qui lui offre un poste de médecin. En 1547, il accompagne une nouvelle fois à Rome, le cardinal Jean du Bellay qui lui fait conférer les cures de Meudon et de Saint-Christophe-du-Jambet quelques années plus tard. En 1552, paraît le Quart Livre, également vite censuré par les théologiens. L’année suivante, Rabelais meurt après avoir résigné ses deux cures. L’Isle Sonnante - seize chapitres du futur Cinquième Livre - est publiée en 1562, et deux ans plus tard paraît l’intégralité duCinquième Livre, dont la paternité reste aujourd’hui encore sujette à discussions.

Verve, fantaisie et sagesse.

François Rabelais – plusieurs cordes à son arc dans FONDATEURS - PATRIMOINE 220px-Gustave_Dor%C3%A9_-_Gargantua• Effervescente, chaotique et multiforme, jouissant de hautes protections et frôlant sans cesse les flammes du bûcher, l’existence de Rabelais est sans doute la meilleure introduction à une œuvre qui se dérobe à toute signification univoque. Si les histoires des géants et de leurs compagnons - Panurge, Frère Jean des Entommeures - se sont inscrites avec une telle force dans la mémoire collective, c’est qu’elles gardent, par-delà les sages morceaux choisis auxquels la tradition scolaire les a trop souvent réduites, une insolence verbale et une puissance de questionnement intacte. Après la relative éclipse des siècles classiques, l’esprit de Pantagruel et de Gargantua n’a cessé de souffler sur les grands créateurs de la littérature française – Victor Hugo, Balzac, Céline et Claudel. L’adjectif « rabelaisien », passé dans le langage courant pour qualifier une verve truculente, apparaît finalement restrictif au regard d’une œuvre dans laquelle Michelet voyait l’Iliade et l’Odyssée du patrimoine littéraire français.

 

Sources encyclopédiques

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Pourquoi le Quatorze Juillet

Posté par francesca7 le 16 mars 2015

 

Monet-montorgueilLe 14 juillet 1789, la Bastille est prise ; en 1880, la France républicaine adopte la date du 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle.

Depuis lors, les célébrations s’égrènent, de démonstrations militantes en festivités ritualisées. C’est que, dès 1789, l’imaginaire collectif charge l’événement fondateur d’une signification politique qui le dépasse. Un mythe est né, composite. Au gré de l’Histoire, il commande des comportements antagonistes et demeure l’objet de controverses.

• Les constituants ont retenu l’anniversaire de la prise de la Bastille pour célébrer la fête de la Fédération, en 1790 : c’est au Champ-de-Mars, autour de l’autel de la Patrie, en présence du roi, des fédérés venus en délégation des diverses provinces et de quelque 300 000 Parisiens, que La Fayette prête, au nom de tous, le serment « qui unit les Français entre eux et les Français à leur roi pour défendre la liberté, la Constitution et la loi ». Le soir, partout en France, on danse et on chante. Et, depuis lors, la mémoire populaire véhicule deux images du 14 Juillet, l’une symbole de liberté, l’autre d’union nationale.

La commémoration du 14 Juillet rythme ensuite l’époque révolutionnaire. Mais elle est concurrencée, dans le calendrier liturgique de la Révolution, par d’autres célébrations nationales, avant d’être supprimée sous l’Empire, en 1804. Elle reste frappée d’interdit sous la Restauration, la monarchie de Juillet, le Second Empire, et même au début de la IIIe République, au temps de l’Ordre moral. Pourtant, le souvenir du 14 Juillet demeure vivant, comme en témoignent des poètes tels Béranger, en 1827, et Victor Hugo, en 1859, qui exaltent l’épopée de 1789. La police s’effraie des hommes « aux faces sinistres, cheveux longs et en blouse » qui forment des cortèges le 14 Juillet ; à partir de 1840, des opposants radicaux prennent l’habitude de se réunir à cette date en banquets protestataires. Ainsi, la commémoration du 14 Juillet, qui revêt une valeur quasi subversive, appartient-elle désormais au patrimoine démocratique.

Adoption de la fête nationale.

• Il faut attendre la loi du 6 juillet 1880 pour que « la République adopte la date du 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle ». La décision s’inscrit dans un ensemble d’initiatives symboliques prises par les républicains : le retour des Chambres à Paris, la Marseillaise élevée au rang d’hymne national. Au vrai, le choix de la date a donné lieu à débat. Le 4 septembre (1870), jour de la proclamation de la IIIe République, est occulté, car il évoque aussi la défaite face à la Prusse. En revanche, plusieurs autres dates sont avancées, ayant chacune de nombreux défenseurs : le 22 septembre (fondation de la Ire République, en 1792) ; le 4 mai, jour de la première réunion des états généraux de 1789, et de la ratification de la République, en 1848 ; et, surtout, le 4 août (1789), nuit de l’abolition des privilèges. Mais ces propositions sont écartées car les événements rappellent par trop l’existence de massacres, l’échec des républicains (l’éphémère IIe République avait retenu le 4 mai comme fête nationale), ou encore la permanence des divisions sociales malgré l’abolition des ordres. Quant au choix finalement arrêté, il est contesté par les réactionnaires et les militants de l’extrême gauche. Pour les premiers, en effet, la prise de la Bastille est synonyme d’émeute, de trahison des troupes ; en institutionnaliser la célébration revient à réhabiliter l’insurrection - la Commune de 1871, si présente dans les mémoires - et laisse présager le « carnaval des rouges » (l’Univers, 1880). Pour les seconds, la victoire populaire de 1789 a été récupérée par la bourgeoisie, et le peuple, floué. Parmi les partisans du 14 juillet, il y a les républicains modérés, qui se réfèrent plutôt à la fête de 1790 et à ses vertus de réconciliation : sa célébration peut exorciser le 18 mars communard et clore la Révolution. Quant aux républicains de gauche, conscients que le mythe de la « Bastille » est plus évocateur de liberté que d’égalité sociale, ils n’en considèrent pas moins que la République est une promesse de disparition progressive de toutes les bastilles. Les fondateurs de la IIIe République croient donc à « l’usage politique » de la fête nationale, qui légitime le régime, résonne comme un défi aux royalistes et aux bonapartistes, et a une fonction sacralisante. Se disant « fils de la Révolution », ils prônent un retour aux origines et misent sur la valeur duelle du mythe, encore que les amis de Gambetta écrivent en référence à 1789 : « Tout date pour nous de cette grande journée. »

« belle époque » de la fête nationale (1880-1914)

Une fête républicaine.

• Officiellement instituée, la fête nationale se veut davantage célébration de la République triomphante que commémoration d’un soulèvement révolutionnaire. Par une falsification historique, le 14 juillet 1789 est même présenté comme l’acte de naissance de la Ire République. Cependant, en 1880, cette volonté d’affirmation républicaine n’empêche pas la recherche de l’unanimité. Ainsi, aucun décret n’impose aux municipalités ni aux citoyens de célébrer le 14 Juillet, même si des recommandations de participation sont adressées aux autorités.

Une fête patriotique.

• La prise de la Bastille induit, pour ses thuriféraires, une sorte de « levée en masse » de soldats citoyens. Chaque 14 Juillet est alors « la fête du drapeau aux trois couleurs ». En 1880, le président Jules Grévy remet aux régiments les drapeaux de la République. La revue, « clou » de la fête nationale, est le seul rite officiel imposé à Paris, dans les villes de garnison, et jusque dans les villages, où les sapeurs-pompiers remplacent l’armée. Jouer de la corde patriotique est habile de la part du gouvernement. Quel Français, en deuil de l’Alsace-Lorraine, oserait critiquer alors une telle liturgie ? 

Une fête populaire.

Pourquoi le Quatorze Juillet dans AUX SIECLES DERNIERS « La fête de la souveraineté constitue le temps fort de la mise en scène du pouvoir » : cette définition de l’historien Alain Corbin vaut aussi bien pour le régime monarchique que républicain. Deux différences pourtant : à partir de 1880, le peuple est le souverain et ce sont les citoyens qui règlent la mise en scène.

« Adieu 89 » ?

• On se souvient sans doute de la Marseillaise entonnée au soir du 14 juillet 1989, à l’occasion du bicentenaire de la Révolution, par la cantatrice américaine Jessye Norman drapée des trois couleurs. Sans doute se souvient-on aussi du défilé orchestré par le publicitaire Jean-Paul Goude, de l’Arc de triomphe à la Concorde. Cette manifestation, suivie par un million de spectateurs et plusieurs millions de téléspectateurs, voulait mettre l’accent sur la fraternité, sans être une reconstitution historique. Mise en scène spectaculaire, grand succès populaire : ce 14 Juillet d’exception ne saurait toutefois effacer les polémiques historiographiques et politiques, les passions qu’a suscitées la commémoration du bicentenaire de 1789. La bataille franco-française, ouverte deux siècles auparavant avec la prise de la Bastille, retrouvait son actualité. Depuis, la célébration du 14 Juillet, affadie, est redevenue un folklore peu mobilisateur. Pourtant, elle entend toujours relier chaque Français à son passé et symboliser la continuité historique de la République.

 

Sources encyclopédiques

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Quand la prostitution était garante de l’ordre social

Posté par francesca7 le 16 mars 2015

 

160px-EN_BESKYTTERINDE_AF_INDUSTRIENLa prostitution est aujourd’hui considérée, par certains, comme un fléau social, alors que les sociétés anciennes l’ont tolérée, voire organisée. 

Si, dans l’Orient antique, des chefs de famille offraient les femmes de la maison à leurs hôtes, la Grèce et Rome tentèrent de limiter la prostitution à des quartiers urbains circonscrits afin de préserver la moralité des familles. La prostitution était cependant jugée nécessaire, particulièrement pendant le Moyen Âge.

• Si les sources de l’époque « barbare » sont très lacunaires sur le sujet, il n’en est pas de même pour le reste du Moyen Âge : les chercheurs d’aujourd’hui abordent l’histoire de la prostitution par le biais des édits royaux, mais aussi à travers des documents municipaux, judiciaires ou notariés et des miniatures de manuscrits.

Aux XIe et XIIe siècles, la prostitution est plus ou moins contrôlée par l’Église ; au XIIIe siècle, elle est boutée hors de la ville, sans que les prostituées encourent de peines. Tout change aux XIVe et XVe siècles lorsque les « malheurs des temps » (peste, guerres, famines, etc.) amènent à la ville de nombreuses filles de la campagne, venues chercher un emploi ou cacher une grossesse accidentelle, consécutive à un viol le plus souvent. Les statuts de ville réglementent alors la prostitution : des quartiers ou pâtés de maisons sont réservés aux prostituées ; les bains publics et tavernes ne doivent pas se trouver à proximité d’une église, et les « bordelages », dirigés par une « abbesse », recueillent les filles mères ou des veuves dans l’impossibilité de subvenir à leurs besoins ; des lois somptuaires leur interdisent de se vêtir comme les honnêtes femmes, de manière à éviter des confusions : leurs vêtements doivent avoir une certaine longueur ou couleur. C’est l’époque d’une véritable institutionnalisation de la prostitution. Un rôle social important lui est conféré : sortir de la misère quelques marginales, mais surtout endiguer les violences sexuelles des célibataires, limiter la sodomie et l’adultère. Le prostibulum publicumdevient un lieu de sociabilité cimentant les groupes d’âges et les groupes sociaux. Aussi, les filles reconquièrent-elles les centres villes et des consuls font-ils construire des bordels sur les deniers publics (Tarascon, en 1357 ; Castelnaudary, en 1445).

Le temps de l’exclusion.

• Les mentalités évoluent au XVIe siècle et, certains facteurs d’équilibre ayant disparu, la prostitution, ou plutôt ce qu’elle engendre (jeux, meurtres, etc.), finit par incommoder et par être considérée comme amorale. À cause de ces débordements, la fonction sociale de la « fille bordeleuse » ou « amoureuse » est oubliée. « Filles de joie », de plus en plus souvent maquerellées par leur famille pour faire face à une paupérisation excessive, et riches courtisanes nouvellement apparues, qui trouvent clientèle et protecteur auprès des plus fortunés (ainsi Agnès Sorel avec François Ier), s’attirent la vindicte des prédicateurs, qui haranguent les foules urbaines. La population demande alors leur expulsion de nombreuses villes et, en 1560, l’édit d’Amboise promulgue la fermeture définitive des maisons publiques. 

Toute la période classique condamne ouvertement la prostitution. L’État chasse les filles de « mauvaise vie », après avoir imprimé dans leurs chairs, au fouet ou au fer rouge, les marques de l’infamie. La prostitution ne disparaît pas pour autant, se cachant dans les étuves ou s’étalant dans certains quartiers : les courtisanes n’ont jamais quitté les salons ou les bals fréquentés par les grands hommes de chaque époque et, au début duXXe siècle encore, il existe, en France comme ailleurs, de nombreuses maisons closes privées où les prostituées sont sous surveillance médicale. Certains de ces établissements ont une réputation presque « irréprochable », tel Le Chabanais, dans le IIe arrondissement de Paris, connu depuis 1820 ; d’autres sont connus pour les mauvais traitements que les patrons infligent aux pensionnaires. Aussi, en 1945, Marthe Richard, conseillère de Paris, dépose un projet de loi devant son conseil municipal pour la fermeture des maisons closes de la capitale ; tout d’abord fermées pendant trois mois, celles-ci le sont définitivement à partir d’avril 1946, date à laquelle la loi Marthe-Richard est votée à l’Assemblée et étendue à toute la France. On assiste alors à la fermeture d’environ 1 400 établissements, dont 180 à Paris. Beaucoup de tenanciers deviennent propriétaires d’hôtels de passe, tandis que les prostituées redescendent dans la rue et les bars. Des œuvres, comme celle du Père Talvas, fondée en 1937, reçoivent des « repenties ». Depuis, du fait de la recrudescence des maladies sexuellement transmissibles (sida) et de la toxicomanie, l’idée d’une réouverture des maisons closes a été évoquée à plusieurs reprises : en 1990, Michèle Barzach, ancien ministre de la Santé, soutenue par Bernard Kouchner, a fait une proposition dans ce sens afin de mieux contrôler l’état de santé des prostituées et d’encourager le port du préservatif. En 1992, on a interdit les promenades nocturnes dans les allées du bois de Boulogne, fréquentées, depuis une trentaine d’années, par des prostituées et des travestis.

 

Quand la prostitution était garante de l’ordre social dans ARTISANAT FRANCAIS 220px-Wiki-prostituteSi la prostitution est une activité libre aux revenus imposables par le fisc, son organisation est, elle, sévèrement punie (de six mois à dix ans d’emprisonnement). La répression du proxénétisme est effectivement organisée depuis 1960 et les souteneurs, autrefois appelés « ruffians » et « impunis », sont considérés comme exploitants d’esclaves : pour l’ONU et dans le droit français, la prostitution figure encore parmi les formes persistantes de l’esclavage. Il y aurait en France entre 15 000 et 30 000 prostituées professionnelles, dont une sur cent quitte chaque année le métier et entreprend une démarche de réinsertion.

Sources encyclopédiques

Publié dans ARTISANAT FRANCAIS, HUMEUR DES ANCETRES | Pas de Commentaire »

Que se passe-t-il avec les prêtres-ouvriers

Posté par francesca7 le 14 mars 2015

 

fin-des-pretres-ouvriers-sur-decision-du-saint-officepretres-ouvriers-Les prêtres ouvriers sont des prêtres catholiques qui partagent la vie des travailleurs afin de rechristianiser les milieux ouvriers.

Dans l’entre-deux-guerres, un débat - étayé par de nombreuses enquêtes - s’ouvre dans les milieux ecclésiastiques portant sur l’ampleur du détachement religieux des populations. Or, durant la Seconde Guerre mondiale, des prêtres sont mobilisés, et nombre d’entre eux font l’expérience de la captivité ou du service du travail obligatoire (STO). Ils exercent leur ministère en étant immergés « dans la masse » et constatent combien l’indifférence religieuse y est un sentiment répandu, malgré l’apostolat très actif mené, depuis les années 1920, par différents mouvements laïcs, telles la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) ou la Jeunesse agricole chrétienne (JAC). Avec le choc de la guerre, l’image d’une France terre de mission s’impose donc peu à peu. Une enquête est d’ailleurs publiée par les abbés Godin et Daniel en 1943 sous le titre la France, pays de mission ?.

Sous l’égide du cardinal Suhard, archevêque de Paris, le haut clergé crée la Mission de France (1941), puis la Mission de Paris (1943), dont l’objectif est de former des prêtres pour reconquérir les milieux déchristianisés. Persuadé que l’action ne sera efficace qu’au contact direct des travailleurs, Suhard autorise ses missionnaires à se faire embaucher dans les usines : les prêtres-ouvriers sont nés. En 1949, la mission compte 19 communautés rurales, 16 communautés urbaines et 17 prêtres-ouvriers.

Ce partage de la vie ouvrière n’est pas sans conséquence : travailleur parmi d’autres, le prêtre perd son statut ; il participe peu ou prou aux luttes syndicales ou politiques. Cet engagement temporel est critiqué par les milieux conservateurs de l’Église, et dénoncé par Pie XII qui, en 1953, ordonne de rappeler les prêtres-ouvriers. Les évêques de France tentent de concilier l’obéissance au pontife et la poursuite de la mission, en autorisant le travail des prêtres à temps partiel et en créant la Mission ouvrière (1955), chargée de coordonner et d’encadrer les actions. Mais, en 1959, le pape Jean XXIII renouvelle l’interdiction. L’issue de la crise viendra du concile Vatican II, qui permet un nouveau départ ; le nombre de prêtres ouvriers augmente alors nettement, avant que ne s’engage un nouveau mouvement à la baisse. Ils étaient environ 540 en France en 1997.

 

Reconnus par l’Église, les prêtres au travail agissent dans les années 2000 au sein d’organismes comme la Jeunesse ouvrière chrétienne, la Mission ouvrière, l’Action catholique ou encore la Communauté Mission de France : ce sont 500 hommes au sein d’équipes à travers la France et 11 autres pays. Ils engagent leurs vies dans la rencontre d’hommes et de femmes qui ne partagent pas leur foi. Cette rencontre se vit au quotidien, dans le travail, les engagements associatifs, politiques ou familiaux. Il s’agit d’être présent et attentif à ce qui se vit et se cherche. Prêtres, diacres et baptisés vivent cet engagement en équipe, où ils partagent leurs joies et leurs difficultés, portant ensemble la mission qui leur est confiée.

Ils cherchent souvent à améliorer l’image de l’Église dans le monde du travail, en vivant avec les travailleurs, et à évangéliser en témoignant de leur vie.

Ils sont toujours prioritairement dans des métiers industriels, mais se sont également diversifiés dans les autres secteurs d’activité, d’où leur nom actuel de prêtres au travail. Le monde ouvrier ayant considérablement changé depuis les années 1940, certains prêtres au travail se mettent au service des chômeurs, des victimes de la précarité, ou encore des sans domicile fixe.

jusqu’aujourd’hui, où la plupart d’entre eux sont à la retraite, les prêtres ouvriers n’ont pas cessé de découvrir. A peine sortis de leurs couvents, des collèges où ils étaient professeurs ou des paroisses où ils étaient vicaires, ils ont aussitôt découvert la vraie vie, celle où, comme tout le monde, il faut faire la file dans les bureaux d’embauche, celle où on va sans relâche d’une usine à l’autre à la recherche d’un travail, où on lit avec empressement et une certaine anxiété les offres d’emploi dans les journaux, le matin…

La grande découverte des prêtres ouvriers ce sont les valeurs évangéliques vécues par les pauvres, les petits, et cela a provoqué chez eux une contestation radicale d’un système ecclésiastique qui avait au cours des siècles accumulé sur ces valeurs, des rites, des dogmes, des sacrements, qui finalement les trahissaient beaucoup plus qu’ils ne les traduisaient et les livraient au monde.

La grande découverte des prêtres ouvriers n’a pas transformé l’Eglise pour autant, car le nombre de prêtres s’est progressivement réduit à l’extrême en Occident, ainsi que les emplois ouvriers, d’ailleurs. Un prêtre qui voudrait vivre aujourd’hui une intégration totale à la société ne devrait-il pas devenir plutôt chômeur, demandeur d’emploi permanent ? On reproche parfois aux prêtres ouvriers qui survivent aujourd’hui d’avoir acquis une mentalité d’ancien combattant, par rapport à l’Eglise institutionnelle, mais est-ce vraiment leur faute, et n’était-ce pas pour beaucoup le dernier combat ?

Ils ne sont pourtant pas les seuls à avoir fait cette découverte. En Amérique latine principalement, du temps des dictatures militaires, les théologiens de la libération ont également compris quels étaient les engagements qui s’imposaient à ceux qui voulaient vivre l’Evangile. Jean-Paul II les a condamnés sans appel et n’a pas hésité à supprimer dans le Magnificat qu’il lui est arrivé de chanter en Colombie, les deux lignes qui les justifiaient : Il a renversé les puissants de leur trône et Il a élevé les opprimés.

Les mouvements qui ont, durant des années, mené la contestation dans l’Eglise, comme Echanges et Dialogue, qui avait recueilli les signatures de plus de mille prêtres francophones, avaient eux aussi fait cette découverte et pris des engagements dans ce sens. On a refusé de les écouter et les vocations se sont faites dès lors de plus en plus rares. Les jeunes ne sont cependant pas moins généreux. Peut-être ont-ils compris eux aussi qu’il valait mieux chercher l’Evangile là où il était ?

Le 1er mars 1954 prenait fin officiellement, à la demande de Rome, ce qu’on a appelé d’une formule diplomatique, l’« expérience des prêtres-ouvriers ». Le cinquantenaire de cette « condamnation » est passé dans un silence médiatique presque total, recouvert en partie par un autre anniversaire religieux de facture plus traditionnelle : celui de l’appel de l’abbé Pierre pendant l’hiver 1954. Il est vrai que rarement on aura observé un tel contraste entre le retentissement de cette affaire en 1953-1954 et l’oubli dans lequel elle a sombré depuis. Qui peut croire aujourd’hui qu’un esprit aussi attentif aux « signes des temps » que le dominicain Marie-Dominique Chenu a pu y voir à l’époque « l’événement religieux le plus important depuis la Révolution française » ? Si le cinquantenaire de cet événement n’a pas vraiment suscité d’écho dans l’opinion publique, il est néanmoins l’occasion de faire un bilan des connaissances, les recherches sur le sujet et l’édition de sources ayant beaucoup progressé ces dernières années.

 

86-4L’historiographie des prêtres-ouvriers est marquée par l’ouvrage de référence que leur a consacré Émile Poulat en 1965 , Naissance des prêtres-ouvriers Tournai,…  . Il n’a pas été remplacé et les recherches les plus récentes ont globalement confirmé ses analyses. Mais, pour l’essentiel, il s’arrêtait en 1947, avant les grandes grèves de la fin de l’année qui ont marqué un tournant dans l’histoire des prêtres-ouvriers. L’ouvrage de François Leprieur, paru en 1989 Quand Rome condamne. Dominicains…  , ne concernait pas directement les prêtres-ouvriers mais la « purge » de février 1954, qui frappa une vingtaine de religieux dominicains (supérieurs provinciaux, théologiens, prêtres-ouvriers), dont certains, comme le père Chenu, étaient très liés au mouvement. Comme l’a fait remarquer Étienne Fouilloux, le livre a eu cependant pour effet de susciter une « vague d’anamnèse » parmi les acteurs et témoins de l’époque. C’est dans ce contexte que les éditions Karthala, sous l’impulsion de Nathalie Viet-Depaule et Robert Dumont, ont entrepris un gros travail de publication d’autobiographies de prêtres-ouvriers  On verra notamment Jean-Marie Marzio, Marie Barreau,…  . Les travaux de Pierre Bourdieu sur La Misère du monde(1993) ont inspiré à Nathalie Viet-Depaule et Charles Suaud le projet d’une « sociohistoire » des prêtres-ouvriers, à partir d’entretiens individuels, qui a finalement donné lieu en 2004 à la publication d’un livre important : Prêtres et ouvriers, une double fidélité mise à l’épreuve (1944-1969). Il faut mentionner enfin, parmi les ouvrages de référence, la publication de la thèse de Marta Margotti, soutenue à l’université de Bologne en 1996, sur la Mission de Paris  Marta Margotti, Preti e operai. La Mission de Paris… , ainsi que les actes du colloque de Roubaix d’octobre 1999 sur les rapports entre chrétiens et monde ouvrier  Bruno Duriez, Étienne Fouilloux, Alain-René Michel,…  , qui permettent de situer l’aventure des prêtres-ouvriers dans la suite des efforts consentis par l’Église catholique depuis le dernier tiers du 19e siècle, pour jeter un pont entre ces deux mondes.

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La presse et ses Libertés

Posté par francesca7 le 14 mars 2015

 

 

250px-CBC_journalists_in_MontrealLa presse française contemporaine est le produit d’une histoire qui débute au XVIIe siècle.

L’État, décidé à la contrôler ou soucieux d’assurer les conditions de son développement, joue un rôle majeur dans sa consolidation progressive. La loi de 1881 fonde la liberté d’une presse moderne qui, depuis plus d’un siècle, semble s’interroger, sans trouver de réponse à une question centrale : comment concilier indépendance de l’information et contraintes économiques ?

Politique, littérature et liberté

Si la naissance de la presse en France se situe au XVIIe siècle, il faut en chercher les racines deux siècles plus tôt. Le XVe siècle, en effet, voit l’apparition de deux innovations majeures : tandis que l’imprimerie permet la reproduction des nouvelles à grande échelle, la poste en favorise la plus large diffusion. Bientôt se multiplient les supports occasionnels d’information : « canards » illustrés, ancêtres des journaux à sensations, qui se repaissent de crimes odieux, d’accidents sanglants et d’histoires fabuleuses supposées vraies ; libelles et autres pamphlets qui accompagnent les crises politiques et religieuses du royaume ; feuilles « volantes » en tout genre. Aux imprimés destinés au plus grand nombre s’ajoutent les « nouvelles à la main » qui alimentent régulièrement la haute société en indiscrétions glanées dans les couloirs des puissants.

En 1631, les Nouvelles ordinaires de divers endroits, de Jean Epstein, et la Gazette, de Théophraste Renaudot, introduisent en France une forme de nouvelles imprimées et périodiques qui, depuis deux décennies déjà, connaissent un vif succès en Europe du Nord, et singulièrement en Allemagne. Bénéficiant d’un privilège royal de vente et de distribution, forte d’un millier d’abonnés, la Gazette, qui a absorbé son concurrent, sert de relais à la propagande monarchique. Le monopole de l’hebdomadaire de Renaudot sur les informations politiques est cependant entamé, dès l’origine, par les gazettes étrangères qui pénètrent sur le territoire français sans obstacles grâce à la poste royale. La pratique du privilège est, un siècle plus tard, également étendue aux annonces, avecles  Affiches de Paris (1745).

 

Privés d’actualité politique par le privilège de la Gazette, les imprimeurs rivaux consacrent l’avènement des journaux qui, tels le Journal des savants (1665) ou le Mercure galant (1672), développent le commentaire scientifique et littéraire. Ces liens entre presse et littérature, première grande caractéristique française, sont définitivement établis à l’époque des Lumières. Les Encyclopédistes, de même que leurs adversaires, se regroupent autour de revues qui animent leur polémique. Au Nouvelliste du Parnasse de l’abbé Guyot-Desfontaines (fort véhément à l’égard de Voltaire), ou à l’Année littéraire de Fréron, répond avec pugnacité le Mercure galant, transformé enMercure de France, qui, sous la conduite de Marmontel, accueille d’Alembert, Condorcet, La Harpe ou Voltaire. 

Grâce à la poste, qui réduit et uniformise les tarifs, la presse pénètre rapidement la province dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. La baisse des prix d’expédition assure à la première le monopole de distribution des journaux, et permet à la seconde d’offrir des abonnements à des coûts plus attractifs. En 1777 apparaît le premier quotidien français, le Journal de Paris, fondé trois quarts de siècle après le Times de Londres ! Les monopoles résistent mal au temps et à la pression de libraires qui, comme Panckoucke, lancent des organes de presse où l’on évoque tout autant l’actualité politique que les nouvelles littéraires. Le rythme de création des « feuilles » s’intensifie (plus d’une centaine de journaux voient le jour dans les années 1780) ; les pratiques de lecture collective favorisent la diffusion de l’information imprimée et, à la fin de l’Ancien Régime, le mot même de « journal » acquiert son sens moderne. 

220px-GazettedeFranceLa Révolution donne à la presse française son autre trait majeur : en instaurant la liberté d’expression, elle suscite le jaillissement des feuilles politiques. 158 journaux se créent au cours de la seule année 1789, et 1 400 titres nouveaux jusqu’à la fin du siècle. La demande est telle qu’une même feuille peut connaître trois éditions quotidiennes (matin, soir, et départements). Les tirages atteignent parfois 10 000 exemplaires et, dès 1791, la poste diffuse chaque jour plus de 100 000 journaux, auxquels s’ajoutent les numéros vendus par les colporteurs.

Les parlementaires influents utilisent la presse comme une arme de propagande : Mirabeau (le Courrier de Provence), Brissot (le Patriote français), Marat (l’Ami du peuple), Hébert (le Père Duchesne), Desmoulins (les Révolutions de France et de Brabant), etc. Jusqu’en 1792, ils jouissent d’une liberté presque illimitée. Mais, une fois la République fondée, la lutte des factions se traduit par des persécutions contre les journalistes, qui souvent paient de leur vie un engagement sans réserve.

Jusqu’aux débuts de la IIIe République, le destin des journaux est commandé par l’évolution heurtée de la liberté de la presse, que le pouvoir cherche périodiquement à museler. Dès 1800, Bonaparte supprime cinquante feuilles parisiennes pour n’en autoriser que treize, dont le Moniteur, devenu journal officiel. Frappées du droit de timbre, alourdies par une taxe postale en augmentation, étroitement surveillées par la censure, elles disparaissent les unes après les autres. En 1811, on n’en compte plus que quatre. En revanche, l’Empereur épargne la presse de province, qui assure la diffusion, auprès de la population, des décisions de l’État. 

Avec la Restauration, la presse d’information bénéficie d’un certain répit. Les journaux, dont le lectorat n’excède guère la couche des notables, renaissent : c’est le cas du Conservateur de Chateaubriand ou de la Minerve française de Benjamin Constant. La politique libérale se révèle cependant de courte durée : une ordonnance de 1820 rétablit la censure. Dix ans plus tard, en prétendant établir une législation particulièrement répressive contre la presse, Charles X provoque une réplique des journalistes groupés autour de Thiers et du National, prélude à une révolution qui aboutit à la chute des Bourbons. Quant à Louis-Philippe, il finit par renouer avec l’attitude de ses prédécesseurs. Cinq ans après avoir proclamé, par la Charte de 1830, la fin de la censure, il tente de se débarrasser des feuilles de l’opposition légitimiste ou républicaine en aggravant les délits de presse, en favorisant la suspension des journaux par les tribunaux et en alourdissant le cautionnement.

Exception faite de la brève IIe République qui rétablit la liberté (au printemps 1848, plus de 170 feuilles se créent à Paris), la politique répressive se poursuit jusqu’à la fin du Second Empire. Si Napoléon III tolère certains organes légitimistes (la Gazette de France), orléanistes (le Journal des débats), libéraux et républicains modérés (le Sièclela Presse), il n’adoucit le sévère régime de la presse qu’en 1868. Il supprime alors l’autorisation préalable et l’avertissement (qui pouvait entraîner l’interdiction du journal), mais maintient le cautionnement, le droit de timbre, et conserve aux tribunaux correctionnels le pouvoir de statuer sur les délits.

 

Industrialisation de la presse et avènement d’une culture de masse

Malgré tout, par la richesse de ses innovations, la période prépare la révolution de la presse qui marque la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Trois domaines connaissent une sensible transformation. D’abord, celui de la fabrication du journal : la mécanisation, de plus en plus sophistiquée, favorise l’accroissement des tirages, la chute des coûts de revient, l’augmentation de la pagination. En 1867, le Petit Journal adopte la rotative Marinoni, qui peut imprimer jusqu’à 10 000 pages à l’heure. La pâte à bois remplace le papier chiffon. La lithographie, qui a permis l’introduction de l’illustration dans les journaux des années 1830, laisse bientôt la place à d’autres procédés (zincogravure, similigravure, héliogravure). En revanche, devant la résistance des ouvriers du Livre, la linotype ne s’impose guère avant 1905.

 

Ensuite, l’information se rationalise. L’agence Havas, créée en 1835, profite des progrès du réseau télégraphique pour s’imposer comme la source essentielle des nouvelles. À la veille de la Grande Guerre, une quarantaine de quotidiens bénéficient des services de la puissante agence de presse.

 

Enfin, le siècle innove en matière de modes de vente et de diffusion. En 1836, Girardin, avec la Presse, et Dutacq, avec le Siècle, inventent la presse à bon marché. Le principe en est simple : diminuer le prix de l’abonnement par l’augmentation du tirage et le recours aux annonceurs (publicité). Girardin parvient ainsi à réduire de moitié le tarif de ses abonnements. En innovant dans le contenu (roman-feuilleton), la presse à bon marché conquiert de nouveaux publics. À partir de 1856, les feuilles non politiques peuvent être transportées par des messageries privées aux tarifs attractifs. C’est ce qui permet au Petit Journal, lancé en 1863 par Millaud, de connaître son essor. Grâce au chemin de fer, il se répand sur tout le territoire. Prototype du « journal à un sou », le Petit Journal, qui mise d’emblée sur un public populaire friand de faits divers (comme l’affaire Troppmann, en 1869) et de romans-feuilletons, use des méthodes nouvelles de la publicité, tire bientôt à des centaines de milliers d’exemplaires et bouleverse l’histoire de la presse mondiale.

 

La dernière impulsion à l’avènement de la presse moderne est fournie par la République. Non seulement la loi du 29 juillet 1881 met en place un régime de liberté mais, en supprimant toutes les entraves financières qui pesaient jusqu’alors sur les journaux, elle ouvre totalement le marché de l’information. Grâce à l’abolition du timbre, la vente au numéro se généralise promptement : le Petit Journal est le premier à en bénéficier. La presse peut désormais répondre à la demande croissante, conséquence de l’alphabétisation des Français. Les tirages des quotidiens parisiens ne cessent d’augmenter : 200 000 exemplaires en 1863 ; 1 million en 1870 ; 2 millions en 1880 ; 5,5 millions en 1910. Entre-temps, le nombre de titres a quintuplé (de seize à quatre-vingts). Ces mutations profitent surtout à la grande presse d’information populaire, qui, avec ses éditions quotidiennes ou ses suppléments hebdomadaires illustrés, finit par supplanter les feuilles d’opinion. Les quatre « majors », le Petit Journalle Petit Parisien (1876),le Matin (1883), le Journal (1892), contrôlent 40 % du marché des quotidiens en 1914. À lui seul, le Petit Parisien diffuse, à la même date, 1,5 million d’exemplaires chaque jour. Les publications de province (la Petite Girondele Progrès de Lyonla Dépêche de Toulouse, etc.) profitent, à leur tour, de l’envolée. De 1880 à 1914, leur tirage total passe de 700 000 à 4 millions d’exemplaires.

 

Le contenu même de l’information se modifie en profondeur : les genres traditionnels (chronique, critique) cèdent le pas aux grand et petit reportages. Des feuilles spécialisées apparaissent, qui visent des publics particuliers, comme les femmes (le Petit Écho de la mode), les enfants (le Journal de la jeunessela Semaine de Suzette) ou les amateurs de sport (le Vélol’Auto). La photographie conquiert les magazines en images (l’Illustration, en 1890) avant la grande presse ; elle donne même naissance à un quotidien qui l’utilise comme argument de vente (Excelsior, 1910). Le Rire et l’Assiette au beurre renouvellent le genre caricatural.

 

Portée par la vague des changements économiques et sociaux du XIXe siècle, la presse est sortie de l’âge de l’artisanat pour entrer dans l’ère de l’industrie. Les grands journaux sont devenus de vastes entreprises qui exigent de puissants capitaux, aiguisent l’appétit des milieux d’affaires, attirent les annonceurs. Dès 1881, le Petit Journal s’est constitué en société anonyme au capital de 25 millions de francs. Le Matin, dirigé par un entrepreneur en travaux publics, Bunau-Varilla (lui-même associé à un banquier et courtier d’assurances, Poidatz), emploie 900 personnes en 1914. La concentration qui s’est engagée dès les années 1880 touche jusqu’à la distribution. À la veille de la guerre, la maison Hachette, après avoir acheté une à une les messageries concurrentes, a établi un quasi-monopole sur la diffusion de l’information.

 

La dérive capitalistique de la presse inquiète d’autant plus les journalistes - désormais relégués au rang de simples employés - que les scandales politico-financiers révèlent une corruption organisée. Une série de rapports publiés entre 1889 et 1892 montre que la presse a reçu près de 60 % des 22 millions affectés à sa publicité par la Société du canal de Panamá. Du Temps au Gaulois, duFigaro au Radical, la liste est longue des titres compromis dans le trafic. Dès 1896, de semblables procédés se développent pour les emprunts étrangers (russes, notamment) ; mais le scandale n’éclatera qu’après guerre, en 1923. À ces sommes s’ajoutent celles des fonds secrets gouvernementaux dont bénéficient des feuilles comme l’Ordrel’Écho de Paris ou l’Opinion.

 

Sources encyclopédiques

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Fête du travail et jour de lutte

Posté par francesca7 le 12 mars 2015

 

1024px-1ermai1891• À la fin du XIXe siècle se développe une intense réflexion sur le travail, aussi bien chez les socialistes et les marxistes, qui considèrent qu’il doit se transformer « de fardeau en joie » (Kautsky), que chez les catholiques, pour lesquels l’encyclique Rerum novarum (15 mai 1891) renouvelle la pensée sur les liens entre le travailleur et le capitaliste. Dans ce contexte, le 1er mai s’affirme comme un moment de cristallisation de toutes les revendications de l’heure pour améliorer le sort du travailleur et signifier la force de ses défenseurs. Le 1er mai 1906 symbolise cette rencontre réussie entre une revendication précise - « les huit heures » - et un syndicalisme organisé représenté par la CGT - avec des formes d’action radicales comme la grève générale (qui réunit près de 50 % des grévistes de l’année) et les défilés avec drapeau rouge. Désormais, pour les classes dirigeantes et le patronat, le 1er mai appartient au légendaire de la révolution prolétarienne.

 

Premier Mai

Le 1er mai 1920, la CGT lance une grève générale à partir du mouvement des cheminots de Paris. Mais son déroulement laisse percer les premiers « déchirements du monde ouvrier » (Annie Kriegel), entre les hésitations de la masse et l’impatience de la fraction révolutionnaire. Après les grandes manifestations de mai 1936, symbole des espoirs représentés par la gauche, et en attendant celles de 1947, où éclatent les désillusions de l’après-guerre, le 1er mai connaît une récupération officielle sous le régime de Vichy qui le décrète « fête du travail », alors même qu’il est choisi en 1942 pour l’organisation de vastes manifestations patriotiques anti-allemandes en zone libre. En 1955, le choix fait par le pape Pie XII de célébrer au 1er mai la fête de saint Joseph « charpentier » participe de cet effort de dépolitisation.

 

Devenu la fête officielle du travail, le 1er mai (chômé et payé) reste encore aujourd’hui pour nombre de travailleurs un moment symbolique où se jaugent l’unité syndicale, la popularité des partis traditionnels de représentation ouvrière, ou le poids des tensions sociales.

En France, dès 1890, les manifestants du 1er mai ont pris l’habitude de défiler en portant à la boutonnière un triangle rouge. Celui-ci est quelques années plus tard remplacé par la fleur d’églantine (Rosa canina ou Rosa rubiginosa), reprenant peut-être les coutumes de l’arbre de mai. En 1907, à Paris, le muguet, remplace cette dernière. Le brin de muguet est porté à la boutonnière avec un ruban rouge.

Au début du xxe siècle, il devient habituel, à l’occasion du 1er mai, d’offrir un brin de muguet, symbole du printemps en Île-de-France. Aujourd’hui, une tolérance de l’administration fiscale dans certaines communes permet aux particuliers et aux organisations de travailleurs de vendre les brins de muguet sans formalités ni taxes sur la voie publique en respectant toutefois les autres obligations légales (il s’agit par exemple de muguet du jardin ou des bois et non pas de muguet acheté, sinon ce serait de la revente).

Le 23 avril 1919, le Sénat ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant une journée chômée.

Le 24 avril 1941, le maréchal Pétain instaure officiellement par la loi Belin le 1er mai comme « la fête du Travail et de la Concorde sociale », appliquant ainsi la devise Travail, Famille, Patrie : par son refus à la fois du capitalisme et du socialisme, le régime pétainiste recherche une troisième voie fondée sur le corporatisme, débaptisant « la fête des travailleurs » qui faisait trop référence à la lutte des classes. À l’initiative de René Belin, ancien dirigeant de l’aile anticommuniste de la CGT (Confédération générale du travail) devenu secrétaire d’État au travail dans le gouvernement de François Darlan, le jour devient férié, chômé et payé. La radio ne manque pas de souligner que le 1er mai coïncide aussi avec la fête du saint patron du maréchal, saint Philippe. L’églantine rouge, associée à la gauche, est remplacée par le muguet. Cette fête disparaît à la Libération.

En avril 1947, sur proposition du dé­puté socialiste Daniel Mayer et avec le soutien du ministre communiste du Travail Ambroise Croizat, le 1er mai est réinstitué jour chômé et payé dans le code du travail, sans être une fête nationale (mais il n’est pas officiellement désigné comme fête du Travail). Ce n’est que le 29 avril 1948 qu’est officialisée la dénomination « fête du Travail » pour le 1er mai.

Beaucoup à gauche voudraient que la fête du Travail redevienne la fête des Travailleurs, rejetant les mesures de Pétain. Par contre l’églantine rouge (d’origine révolutionnaire) n’est plus vraiment une revendication, d’autant que la vente libre du muguet par tous ce jour-là donne l’occasion aux syndicats de rencontrer la population et de faire connaître leurs activités et revendications.

Cette fête disparaît dans les années 1950 et 1960, les défilés étant interdits lors des guerres d’Indochine et d’Algérie, il faut attendre le 1er mai 1968 pour que la CGT organise une grande manifestation dans les rues de Paris.

Défilé de la Fête du Travail, le 4 septembre 2011 à Toronto.Des manifestations syndicales, voire intersyndicales ou unitaires (selon les années, les revendications et les mouvements sociaux en cours), ont lieu dans les grandes villes de France le 1er mai, les plus importantes d’entre elles ayant traditionnellement lieu à Paris. Alors que la SFIO a abandonné au mouvement syndical la maîtrise du 1er mai dès sa naissance, certains partis tentent de se réapproprier cette fête, tel le Front national qui y défile depuis 1988 pour rendre hommage à Jeanne d’Arc ou l’UMP du président de la République Nicolas Sarkozy qui rassemble ses partisans en 2012 en se réclamant de la fête du « vrai travail ».

 

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Les premiers hommes

Posté par francesca7 le 12 mars 2015

 

Lascaux_paintingLes différentes périodes de la préhistoire ne sont cependant pas toutes justiciables du même type d’approche et des mêmes techniques d’observation. Ainsi, les recherches sur l’apparition de l’homme sont dépendantes d’abord des découvertes, notre information restant encore très lacunaire. L’hypothèse d’une origine est-africaine, expliquée par une désertification qui aurait contraint les premiers primates à une plus grande adaptation, a été démentie par la découverte d’un australopithèque près du lac Tchad. L’étude de l’hominisation s’appuie aussi sur l’éthologie des singes dans leur milieu naturel, qui a révélé chez eux une grande complexité sociale, l’existence d’outils, de modes d’apprentissage et même de traditions techniques régionales. Cependant, si l’origine africaine de l’homme reste la seule hypothèse admise, l’arbre généalogique détaillé des premiers australopithèques, tout comme leurs relations génétiques aux grands singes, sont encore en débat. Le fait, probable, qu’ils aient fabriqué des outils n’est pas non plus prouvé.

La date de l’apparition de l’homme en Europe, et donc en France, est également discutée. L’existence d’un « très ancien paléolithique », notamment dans le Massif central, ne s’est pas vraiment imposée. La présence humaine n’est certaine en France qu’à partir de 700 000 ans environ avant notre ère, avec Homo erectus et sa civilisation, l’acheuléen, caractérisée par les bifaces symétriques et la maîtrise du feu (grottes de Lunel). Les premiers restes humains sont très peu nombreux, et ceux de Tautavel par exemple sont assez tardifs (300 000 à 400 000 ans). C’est à partir de 300 000 ans avant notre ère, que les Homo erectus européens évoluent vers l’homme de Néanderthal. Ses productions, beaucoup plus complexes, sont regroupées sous le nom de « moustérien ». Sa morphologie est très proche de celle de l’homme moderne et lui permet le langage articulé ; il creuse les premières tombes, façonne les premières parures (dents perforées, fragments d’os) et ramasse des fossiles ou des cristaux à des fins non utilitaires.

 Description de cette image, également commentée ci-après

Vers 30 000 ans avant notre ère, Néanderthal et sa dernière civilisation en France, le châtelperronien, cèdent la place à Homo sapiens sapiens, l’homme moderne. Celui-ci serait apparu vers 100 000 ans avant J.-C. en Afrique du Nord-Est, issu desErectus locaux. Mais le croisement des données de la paléontologie et des analyses génétiques menées sur des hommes d’aujourd’hui ne permet pas encore de proposer un scénario définitif. Ces nouveaux Sapiens pénètrent en Europe vers 40 000 ans avant notre ère, porteurs de l’aurignacien, à un moment où tout le nord du continent est occupé par les glaces et où le climat du Bassin parisien est comparable à celui de l’actuelle Norvège. En France, le peuplement se concentre dans le quart sud-ouest, là où le climat est le plus clément. La morphologie des Sapiens(type homme de Cro-Magnon) et leurs capacités psychomotrices sont semblables aux nôtres. De fait, ils tracent les premières gravures schématiques ou figuratives (animaux), façonnent les premières statuettes. C’est de la période suivante, le gravettien (25 000-20 000 ans avant notre ère), que datent les célèbres « Vénus » (telles, en France, celles de Lespugue ou de Laussel), figurines féminines aux traits sexuels exacerbés, dont le strict canon esthétique, reproduit à l’identique à des centaines de kilomètres de distance, montre qu’elles avaient une fonction sociale certaine et qu’il ne s’agissait pas de simples reproductions naturalistes individuelles.

 

Les civilisations suivantes, solutréenne (20 000-15 000 ans avant J.-C.) et surtout magdalénienne (15 000-10 000 ans avant J.-C.), voient l’épanouissement de l’art paléolithique, sous la forme d’objets mobiliers (statuettes, plaquettes gravées, propulseurs sculptés) et, bien sûr, de peintures et de gravures rupestres. C’est l’époque où, jusqu’à nos jours, l’homme pénètre le plus profondément à l’intérieur de la terre : plus de deux cents grottes ornées ont été retrouvées dans le sud de la France et le nord de l’Espagne, parmi lesquelles Lascaux, Niaux, Altamira, Font-de-Gaume, le Tuc-d’Audoubert et, pour les plus récemment découvertes, les grottes Cosquer et Chauvet. La stricte organisation des motifs - essentiellement des AXchevaux et bisons, mais aussi des signes géométriques - à l’intérieur de la grotte, la rareté des représentations de rennes, qui fournissent pourtant l’essentiel de l’alimentation, indiquent que ces grottes fonctionnaient comme des sanctuaires, et non comme de simples habitats. En outre, Leroi-Gourhan a avancé l’idée que la dualité entre les deux principaux animaux représentés recoupait une différence entre féminin et masculin, et servait de support à toute une mythologie.

L’économie et la société des magdaléniens nous sont assez bien connues par la fouille systématique de campements dans le Bassin parisien - tels ceux de Pincevent, d’Étiolles ou de Verberie. Il s’agit de petits groupes de chasseurs-cueilleurs nomades, qui déplacent leurs tentes en fonction des ressources saisonnières.

Sources encyclopédiques

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Le porc en sacrifice

Posté par francesca7 le 12 mars 2015

 

 

1850_le_depecage_de_porc_par_Louis_Humbert_de_Molard_1847_1898Sauvage ou domestique, le porc a été la grande ressource alimentaire des régions forestières qui couvraient la majeure partie de la France avant les grands défrichements des XIe et XIIe siècles. 

Durant l’Antiquité, Gaulois et Germains n’étaient cependant pas les seuls à l’apprécier : pour les gourmands de Rome, le sanglier, la vulve de truie et le foie de porc engraissé de figues étaient des objets de délices. Au Moyen Âge et au début de l’époque moderne, l’animal ne bénéficie plus d’un tel statut gastronomique : le porc domestique, en particulier, est devenu la viande du paysan, celle qu’il élève pour son usage. Si, pour cette raison, les archives de la boucherie en parlent peu, le porc est en revanche le seul animal dont l’« iconographie des mois » représente constamment le sacrifice, tantôt en novembre, tantôt en décembre, selon les régions. 

La plus grande partie de sa chair était mise au saloir, séchée ou fumée, et fournissait l’essentiel de la viande et de la graisse que les paysans consommaient au cours de l’année : lard, jambons, viande salée, saucisses, andouilles, etc. Certaines parties de la bête étaient pourtant consommées immédiatement avec les participants au sacrifice ; et le sang servait à faire les boudins, traditionnellement offerts aux voisins - « Dans le cochon tout est bon », dit le proverbe, même le sang. La hure, le groin et les pieds en furent longtemps les morceaux les plus estimés, ceux qui apparaissaient sur les bonnes tables ; et la graisse - lard ou saindoux - était, dans tous les milieux sociaux, d’une absolue nécessité pour la cuisine des jours gras. L’idée que le porc a été la viande presque unique des paysans ne découle pas seulement de témoignages littéraires et artistiques mais de toutes sortes de documents d’archives - inventaires après décès, pensions alimentaires, etc. Elle ne saurait donc être totalement remise en question par les résultats de quelques études archéologiques récentes qui ont mis au jour, dans des sites ruraux comme dans les sites urbains, une quantité plus grande d’ossements de bœufs, et parfois de moutons.

Ce n’est pas le seul paradoxe. Dans la seconde moitié du XVIIe siècle et au début du XVIIIe, le caractère vulgaire de la viande de porc s’est accentué, la plupart des morceaux, auparavant bien cotés, disparaissant des marchés de pourvoierie, à l’exception du jambon et du lard de cuisine. Or, au même moment, le prix de la chair de porc a augmenté, jusqu’à dépasser celui du mouton et du veau. En 1793-1794, les tarifs du maximum témoignent que, dans presque tous les districts de France, cette viande paysanne est toujours la plus chère. La baisse de son prix, après la Seconde Guerre mondiale, s’est accompagnée d’une considérable baisse de qualité.

L’origine du porc domestique a fait l’objet de longs débats, tant sur le fait de savoir si l’animal était un sanglier domestiqué ou descendait d’un porc sauvage aujourd’hui disparu, que sur le fait de savoir dans quelle région de l’Eurasie s’était faite cette domestication.

Les plus anciennes traces connues de porcs domestiques se trouvent dans l’est de la Turquie et à Chypre, soit dans la région qui a vu la naissance de l’agriculture, et datent du IXe millénaire avant l’ère chrétienne.

La génétique montre une claire origine au sein de l’espèce Sus scrofa (le sanglier). Elle montre également que la domestication s’est faite en plusieurs lieux différents, au Moyen-orient et en Europe. Ainsi, les races domestiques européennes ont certaines des spécificités génétiques des sangliers européens mais pas celles des sangliers du Moyen-orient. A l’inverse, les cochons asiatiques sont plus proches des lignées de Sus scrofa asiatiques.

Interdite dans les religions juive et musulmane, la viande de porc est parmi les viandes les plus consommées au monde. Elle présente un certain nombre de dangers sanitaires (vers, toxines) si, et seulement si, elle n’est pas préparée convenablement. Presque toutes les parties du porc sont utilisables en cuisine, ce qui se traduit par le dicton populaire « Tout est bon dans le cochon », expression attribuée à Brillat-Savarin.

Tête d'un porc couché dans la boueLes soies de porc servent à la fabrication de pinceaux et de brosses. Sa peau fournit un cuir utilisé pour la fabrication de vêtements, de doublure de chaussures et d’articles de maroquinerie variés.

La génétique montre que les porcs européens sont issus de lignages de sangliers européens. « Curieusement, l’haplotype Y a été identifié dans le cochon sauvage corse moderne, ce qui en fait le seul spécimen européen moderne à posséder un haplotype du Proche-Orient et suggère que la lignée de ce cochon descend des premiers porcs domestiques arrivé en Corse avec les premiers colons néolithiques de l’ile ». Par contre, les analyses sur des porcs fossiles européens montrent pour des périodes anciennes (-5 500 à – 3 900 ans avant notre ère) la présence de porcs portant des marqueurs moyen-orientaux sur une route de pénétration des cultures néolithiques moyen-orientales qui va du nord de la mer Noire à la France. Ces animaux sont présents au côté de souches strictement européennes, qui finiront par les supplanter au IV millénaire avant notre ère.

La facilité d’élevage et de reproduction du porc, l’abondance de sa viande vont faciliter son expansion rapide en Asie et en Europe. Mais certains peuples dont les Juifs et de nombreux peuples africains ont considéré cet animal comme impur (tabou alimentaire). Les Juifs, conformément à leurs textes religieux, ne mangeaient que des animaux ruminants aux sabots divisés, comme les bovins et les agneaux. L’animal fait l’objet du même interdit dans l’islam.

Les éleveurs ont sélectionné des races à la morphologie et au caractère leur convenant. Autrefois plus petits et rustiques et adaptés à la vaine pâture ou à la stabulation en forêt, les porcs sont devenus de plus en plus gros. Aujourd’hui, les élevages industriels utilisent des variétés de grande taille, à croissance rapide.

En raison d’une demande croissante, le « grand porc blanc » a presque complètement évincé différentes races de porc laineux au xxe siècle. Certaines races (ex : porc craonnais et porc flamand) ont plus récemment disparu (respectivement en 1958 et dans les années 1960)

L’élevage porcin se développa particulièrement en France, en Allemagne et en Angleterre au cours du xixe siècle pour ravitailler en viande et à bas prix les villes industrielles. La viande de porc, accompagnée de pommes de terre, devint la base de la nourriture populaire d’autant plus qu’elle répondait au goût des consommateurs, alors que les peuples méditerranéens étaient plutôt amateurs de viande de mouton. La viande rouge bovine, plus chère, devint un luxe inaccessible aux bourses modestes. Le plat de cochonnaille apprêté de multiples façons (pommes de terre, choux, choucroute, haricots blancs, pommes…) devint le menu le plus courant.

Truie avec ses porcelets.jpgEn 1789, la France passe d’une production de quatre millions de porcs à une production de 6,3 millions en 1880 — à comparer aux 15 millions de 2001 essentiellement fournis par les porcheries industrielles. Dans le même temps, le poids moyen des porcs augmente. Certaines régions se spécialisent dans l’engraissement (Bretagne, Savoie, etc.) alors que certains départements, appelés « naisseurs », se spécialisent dans la fourniture de porcelets destinés à l’engraissement (Puy-de-Dôme, Ain, Loire, Allier, Nièvre, Saône-et-Loire). L’ancienne race gauloise de couleur noire est peu à peu évincée par les gros cochons blancs anglais « Large White », arrivant rapidement à leur poids de vente (entre 100 et 150 kilos).

Dans le bouddhisme tibétain, le porc représente l’ignorance, avidya, responsable de toute la misère du monde.

Pour les peuples chinois et vietnamien, le porc est au contraire un symbole de prospérité et d’abondance. Le calendrier zodiacal chinois comporte une année du cochon (hài : 12e des 12 rameaux terrestres [porc]) : les natifs de ce signe sont dits patients, fondamentalement équilibrés et bien disposés envers leur prochain. Dans Le Voyage en Occident, un des compagnons du moine Xuanzang est le cochon Zhu Bajie.

Selon Pierre Magnan : « Le cochon est l’animal le plus proche de l’homme. Il le nourrit mais il lui en laisse tout le remords. On peut avoir la conscience tranquille après avoir occis un agneau ou un veau, mais jamais un cochon. Chaque soir, quand apparaît sur la soupe épaisse la couenne du lard, c’est comme si le cochon de l’année venait vous parler de sa gentillesse. »

Dans le roman « Le père de nos pères » Bernard Weber propose même le cochon comme l’un des ancêtres de l’homme.

 

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LES CONDITIONS DE TRAVAIL D’UN BUREAUCRATE EN 1880

Posté par francesca7 le 10 mars 2015

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REGLEMENT INTERIEUR D’UNE USINE vers 1880

Article 1

Piété, propreté et ponctualité font la force d’une bonne affaire.

Article 2

Notre firme ayant considérablement réduit les horaires de travail, les employés de bureau n’auront plus à être présents que de sept heures du matin à six heures du soir, et ce, les jours de semaine seulement.

Article 3

Des prières seront dites chaque matin dans le grand bureau. Les employés de bureau y seront obligatoirement présents.

Article 4

L’habillement doit être du type le plus sobre. Les employés de bureau ne se laisseront pas aller aux fantaisies des vêtements de couleurs vives ; ils ne porteront pas de bas non plus, à moins que ceux-ci ne soient convenablement raccommodés.

Article 5

Dans les bureaux, on ne portera ni manteau, ni par-dessus. Toutefois, lorsque le temps sera particulièrement rigoureux, les écharpes, cache-nez et calottes seront autorisées.

Article 6

Notre firme met un poêle à la disposition des employés de bureau. Le charbon et le bois devront être enfermés dans le coffre destiné à cet effet. Afin qu’ls puissent se chauffer, il est recommandé à chaque membre du personnel d’apporter chaque jour quatre livres de charbon durant la saison froide.

Article 7

Aucun employé de bureau ne sera autorisé à quitter la pièce sans la permission de M. le Directeur. Les appels de la nature sont cependant permis et, pour y céder, les membres du personnel pourront utiliser le jardin au-dessous de la seconde grille. Bien entendu, cet espace devra être tenu dans un ordre parfait.

Article 8

Il est strictement interdit de parler dans les heures de bureau.

Article 9

La soif de tabac, de vin ou d’alcool est une faiblesse humaine et, comme telle, est interdite à tous les membres du personnel.

Article 10

Maintenant que les heures de bureau ont été énergiquement réduites, la prise de nourriture est encore autorisée entre 11 h 30 et midi, mais en aucun cas, le travail ne devra cesser durant ce temps.

Article 11

Les employés de bureau fourniront leurs propres plumes. Un nouveau taille-plume est disponible sur demande chez M. le Directeur.

Article 12

Un sénior, désigné par M. le Directeur, sera responsable du nettoyage et de la propreté de la grande salle ainsi que du bureau directorial. Les juniors et les jeunes se présenteront à M. le Directeur quarante minutes avant les prières et resteront après l’heure de la fermeture pour procéder au nettoyage. Brosses, balais, serpillières et savon seront fournis par la Direction.

Article 13

Augmentés dernièrement, les nouveaux salaires hebdomadaires sont désormais les suivants :

Cadets (jusqu’à 11 ans)                               0,50 F

Juniors (jusqu’à 14 ans)               1,45 F

Jeunes                                                3,25 F

Employés                                          7,50 F

Séniors (après 15 ans de maison) 14,50 F

Les propriétaires reconnaissent et acceptent la générosité des nouvelles loi du Travail, mais attendent du personnel un accroissement considérable du rendement en compensation de ces conditions presque utopiques.

Extrait du règlement intérieur d’une usine de 1880

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