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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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L’histoire de Pierre le Vénérable

Posté par francesca7 le 24 mars 2015

 

Peter_the_VenerableAbbé de Cluny de 1122 à 1156 et grand intellectuel du XIIe siècle (Montboissier, Auvergne, 1094 - Cluny 1156).

Écolâtre puis prieur de Vézelay, Pierre le Vénérable est choisi comme abbé de Cluny en 1122, alors que la congrégation clunisienne traverse une crise profonde. En effet, depuis le début du XIIe siècle, le monachisme clunisien est sévèrement critiqué par les moines réformateurs, en particulier Bernard de Clairvaux et Guillaume de Saint-Thierry. De plus, le précédent abbé, contraint d’abdiquer par le pape, conteste l’élection de Pierre le Vénérable jusqu’en 1126. Cependant, à partir des années 1130, celui-ci entreprend de restaurer à la fois le patrimoine et le prestige de Cluny. Tout d’abord, il s’inspire du système cistercien des granges et des frères convers, et s’appuie sur une saine gestion des domaines, de manière à assurer le retour de la prospérité. Ensuite, le chapitre général de 1132 et les statuts de 1146 rétablissent la discipline monastique tout en renforçant la spécificité spirituelle de Cluny, c’est-à-dire la primauté accordée à la liturgie de l’office divin, face aux nouveaux ordres, en particulier celui de Cîteaux. Enfin, Pierre le Vénérable assure le rayonnement politique et intellectuel de Cluny. Ami de Suger, l’abbé de Saint-Denis, il rapproche la congrégation du royaume de France et du souverain capétien. Il participe aux grands débats de son temps en soutenant Abélard face à Bernard de Clairvaux comme en polémiquant contre les hérétiques, les juifs ou les musulmans. Il assure aussi le développement de la bibliothèque de Cluny et ordonne une traduction du Coran, qui fera autorité jusqu’au XVIe siècle. Pierre le Vénérable apparaît ainsi comme un parfait représentant de l’humanisme du XIIe siècle.

 

Pierre le Vénérable est né dans la famille noble des Montboissier entre 1092 et 1094 en Auvergne. Il est le fils de Pierre-Maurice de Montboissier et de la bienheureuse Raingarde de Semur.

Il entre très jeune au monastère clunisien de Sauxillanges en Auvergne, puis gravit les échelons de la carrière clunisienne : il fut notamment nommé écolâtre et prieur à l’abbaye de Vézelay dans les années 1116/1117 par le nouvel abbé de Cluny, Pons de Melgueil. Certains lui ont attribué le programme iconographique des chapiteaux de l’abbatiale romane de Vézelay.

Il voyage beaucoup et joue un rôle diplomatique important, notamment lors de l’élection pontificale lorsqu’il reconnaît en 1130 le pape Innocent II contre l’antipape Anaclet II.

Son activité intellectuelle fait de lui un représentant de la renaissance du XIIe siècle. Il fait traduire le Coran en latin, Lex Mahumet pseudoprophete. Connu comme polémiste, il rédigera ensuite des traités pour réfuter les doctrines israélites et musulmanes. En effet, il recommande d’établir des débats argumentés avec les théologiens des autres religions, plutôt que des Croisades.

Sa devise est : « La règle de saint Benoît est subordonnée à la charité ». Les accusations de Bernard de Clairvaux (saint Bernard) contre Cluny avaient été violentes et Pierre y avait répondu avec une dignité qui lui avait assuré la victoire. Il s’est ensuite réconcilié avec Bernard dont il est devenu l’ami et parfois le charitable critique. Quand Abélard, également dénoncé par saint Bernard, est condamné comme hérétique à être enfermé dans un couvent, Pierre le Vénérable l’accueille à Cluny comme un frère. À la mort d’Abélard, Pierre le Vénérable cède furtivement son corps à l’abbaye du Paraclet, dont Héloïse est abbesse, et rédige l’absolution plénière suivante : « Moi, Pierre, abbé de Cluny, j’ai reçu Pierre Abélard dans le monastère de Cluny et cédé son corps, furtivement apporté, à l’abbesse et aux religieuses du Paraclet. Par autorité de Dieu tout-puissant et de tous les saints, je l’absous d’office de tous ses péchés. ». Cette absolution fut, selon la coutume d’alors, gravée au-dessus du tombeau d’Abélard par l’abbesse.

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Considéré par l’historiographie du xxe siècle comme le dernier des grands abbés de Cluny, il succède à son oncle Hugues II de Semur. Il combat également l’hérésie de Pierre de Bruys.

Il réforme l’abbaye de Cluny, en proie à des difficultés financières. Il réforme le domaine seigneurial pour assurer le train de vie des moines (Dispositio rei familiaris). Les inventaires qui sont constitués (Constitutio expense cluniaci) sont une précieuse source pour les historiens, avec des données sur les rendements, les semences, les techniques agricoles… À noter le rôle essentiel d’Henri de Blois, évêque de Winchester, dans cet ouvrage.

Pierre le Vénérable est l’auteur d’un Livre des merveilles de Dieu. L’expression « Livre des Merveilles » sera reprise par d’autres voyageurs, comme Marco Polo.

Il est aussi l’auteur d’un traité contre les juifs : Aduersus Iudœorum inueteratam duritiem. Selon Dominique Iogna-Prat, Pierre le Vénérable est un « représentant d’un antijudaïsme radical ».

Publié dans EGLISES DE FRANCE, FONDATEURS - PATRIMOINE, Yonne | Pas de Commentaire »

DE LA PEUR NATURELLE A LA PEUR CONSTRUITE

Posté par francesca7 le 23 mars 2015

 

 

téléchargement (1)Intemporel, le sentiment de la peur revêt naturellement des formes très diverses au fil de l’histoire.

Mais l’essentiel est ailleurs : dans la place que tient la peur dans les esprits, dans le rôle qu’elle joue parfois au cours de notre histoire - qu’on songe par exemple à la Grande Peur de 1789 -, et plus encore peut-être dans les réponses à la peur qu’apporte la culture.

Peurs « naturelles », peurs construites.

• Mort inéluctable, famine, peste, guerre, loups, voleurs, pollution, cancer, sida, fin du monde, subversion sociale,chômage : le catalogue de nos peurs à travers l’histoire serait illimité, et recouvrirait tout simplement l’ensemble des dimensions de la vie individuelle et collective que nous ne contrôlons pas. Certaines peurs ont une existence historique précise, car liées à des réalités conjoncturelles, comme la famine, alors que d’autres, associées en particulier à la mort et à ses diverses formes, traversent les siècles.

Mais il faut surtout remarquer que la culture construit des peurs, dans le souci de donner aux angoisses de chacun un visage concret, tel que l’image du démon, et dans la quête passionnée des signes annonciateurs d’une catastrophe prochaine : l’éclipse, la comète, voire - plus près de nous - le trou dans la couche d’ozone, les revenants, le récit de la fin du monde ou du Jugement dernier, sont bien des peurs intellectuellement élaborées, et donc nées d’une diffusion. La prédication, celle des ordres mendiants en particulier, pendant une grande partie du Moyen Âge et jusqu’auXVIe siècle, puis, sous des formes renouvelées, l’enseignement dispensé par l’ensemble du clergé de la Réforme catholique, au XVIIe siècle, ont conduit à ce que Jean Delumeau a justement appelé une « pastorale de la peur ». La diffusion du thème de l’Apocalypse et sa mise en images sous de multiples formes, celle de la danse macabre, qui culmine au XVe siècle, expriment, entretiennent et, peut-être, canalisent cette peur. Ce triple rôle témoigne de l’ambiguïté du discours sur la peur, qui aboutit souvent à désigner des boucs émissaires : juifs, sorciers et, plus largement, tous ceux que leur différence désigne à la vindicte publique - étrangers par la religion, la langue ou la couleur de peau.

Analyser la place de la peur dans la société.

• La difficulté est de mesurer la place de ces peurs dans la société. L’analyse la plus courante est celle d’une « omniprésence » (Jean Delumeau), d’une « peur de tous les instants » (Robert Fossier), au moins jusqu’au XVIIIe siècle, ce qui implique que la société française, peut-être grâce aux idées rationalistes, se serait arrachée à l’emprise de la peur à partir du siècle des Lumières. Cette vision de nos ancêtres du Moyen Âge et des Temps modernes écrasés par la peur doit être remise en cause aujourd’hui. En effet, il est sans doute plus fécond de proposer une analyse en termes d’équilibre entre l’intensité des peurs et la qualité des réponses ou des prises en charge offertes par la société. Cet équilibre est parfois rompu en faveur de la peur : tel est sans doute le cas aux alentours de l’an mil, et peut-être au XVIe siècle, au moment de la grande division du christianisme entre catholiques et protestants qui contraint la plupart des fidèles à choisir entre deux voies dont une seule mène au salut. Mais la société parvient remarquablement et assez rapidement, lors de chaque moment de tension, à construire les réponses susceptibles d’apaiser en partie ces montées de la peur. On peut considérer comme telles la vague de miracles des XIe et XIIe siècles - nous en possédons près de cinq mille récits ! -, puis l’invention du Purgatoire, rassurante voie médiane entre le terrible Enfer et l’inaccessible Paradis. De même, l’intense exaltation de la charité et la profondeur du courant dévot dans la première moitié du XVIIe siècle permettent-elles très probablement de « rassurer et protéger » (Jean Delumeau) une partie au moins des Français.

La nécessité d’une histoire sociale de la peur.

images La référence à une partie des Français est essentielle : l’histoire sociale de la peur reste en effet largement à écrire, alors qu’elle détermine pour une grande part la nature des réponses à la peur, différente d’un milieu social et culturel à l’autre. Aucune des peurs évoquées ici n’est également partagée : même la plus élémentaire, la peur de la mort, n’échappe pas à cette différenciation sociale, puisque l’égalité en matière de santé n’est pas assurée, de nos jours encore, malgré les progrès du dernier demi-siècle.

L’émotivité des foules, souvent mentionnée, ne se traduit pas non plus aveuglément ; ses victimes sont « choisies ». Ainsi, en 1524, l’avocat au parlement de Paris Nicolas Versoris décrit une France accablée de calamités : guerre, famine, pestilence, grandes eaux, tremblements de terre, « séditions intestines », « dangereuse doctrine de Luther », gelées et, bien sûr, invasion par les troupes de Charles Quint. C’est dans ce contexte propice à une explosion de peur qu’un grand incendie survenu à Troyes crée une véritable psychose collective à Paris, mais les victimes en sont les « mauvais garçons », dont plusieurs sont exécutés après un jugement sommaire, et les étrangers, en théorie expulsés.

De même, dans la seconde quinzaine de juillet 1789, la formidable espérance et la longue attente de Français qui ont rédigé leurs doléances depuis plusieurs mois permettent l’éclosion, à partir de simples rumeurs, d’une « grande peur » qui conduit notamment au pillage de châteaux et à la destruction des titres justifiant les droits seigneuriaux. L’importance des conséquences de cet épisode - la nuit du 4 Août et l’abolition des privilèges - n’en font pas cependant un cas exceptionnel.

La peur conduit à amplifier, à accélérer et parfois à déclencher l’expression de sentiments collectifs qui relèvent de la culture mais aussi des rapports sociaux ordinaires : la répression de la Commune de Paris en 1871 ou, dans une forme évidemment très différente, la manifestation de soutien au pouvoir à la fin de mai 1968 en sont de célèbres exemples.

Les réponses à la peur.

• Ces diverses manifestations spectaculaires révèlent aussi qu’aux moments particulièrement tendus l’équilibre se rompt brutalement entre les peurs et des réponses ordinaires devenues insuffisantes. La plus remarquable de ces réponses et la plus durablement efficace, puisqu’elle couvre environ un millénaire, est celle qu’élabore peu à peu l’Église catholique. Elle encadre et légitime un rapport de nature magique entre l’individu, quelquefois la collectivité, et un intercesseur capable d’apaiser la peur, en général un saint : l’échange, appuyé par un rituel précis de gestes et de prières, se place au cœur de ce qu’on appelle parfois, non sans raison, une « religion populaire », celle du quotidien et du miracle toujours espéré. C’est ce type de relation qui a permis une évolution très progressive vers la laïcisation des réponses à la peur : le médecin s’insère peu à peu, à partir duXVIIe siècle, dans un ensemble où il n’est d’abord qu’associé aux saints et aux sorciers dont il complète les interventions. L’effacement de la réponse religieuse traditionnelle explique sans doute aussi l’essor récent de phénomènes irrationnels comme le recours aux diverses formes de voyance, de même que l’espoir suscité par la Loterie nationale puis ses différents succédanés a largement concurrencé la croyance au miracle

Parallèlement, un dispositif intellectuel beaucoup plus élaboré se construit, qui inscrit ces pratiques élémentaires dans une vision d’ensemble du destin de l’homme. L’espoir en un Au-delà de mieux en mieux défini, la relativisation d’une vie terrestre considérée comme le simple passage dans une « vallée de larmes » donne au fidèle une espérance à la mesure de sa peur. La patiente pédagogie de la culpabilité de l’homme, née du péché originel, vient justifier cette conception du monde. Elle culmine, chez les catholiques, avec le recours à la confession, qui s’impose à partir du XVIIe siècle seulement, une partie des catholiques et les protestants plaçant plus largement leurs espoirs dans la justice et parfois la bonté divines. Cette explication cohérente et raisonnable de la condition humaine, à peu près achevée au XVIe siècle, au moment des Réformes catholique et protestante, est diffusée de plus en plus efficacement à la masse des fidèles. Elle se situe sur le même plan que l’autre réponse intellectuelle, fondée sur la raison et la science, affirmée pour l’essentiel à partir du XVIIIe siècle et répandue ensuite, en particulier par le biais du système scolaire. Le parallèle, peut-être choquant, explique cependant qu’une partie des Français d’aujourd’hui puissent recourir en même temps à l’une et à l’autre de ces réponses à nos peurs. La vogue de systèmes spirituels souvent totalement irrationnels, exprimée par le phénomène sectaire, rappelle toutefois qu’à ce niveau images (1)aussi les réponses sont le fruit d’une construction toujours difficile et sans cesse renouvelée.

De l’antijudaïsme au « règne de la Raison et de la Science », des incendiaires parisiens de 1524 à la xénophobie, de la croyance au miracle à l’abandon à Dieu, le risque est grand de faire de la peur une sorte de moteur des sociétés, alors qu’elle en exprime simplement les réalités. Il est cependant probable que la qualité des réponses à la peur permet d’apprécier le niveau des civilisations et, à l’échelle de l’individu, la qualité d’une culture.

Ressources Encyclopédiques 

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La grotte de Pech-Merle

Posté par francesca7 le 23 mars 2015

(le lot)

Cabrerets_-_2014-09-21_-_i3034célèbre grotte peinte paléolithique, située sur la commune de Cabrerets (Lot), près de Cahors, et qui a livré de très belles peintures datées d’entre 20 000 ans et 15 000 ans avant notre ère.

Découverte en 1922, la grotte se compose de deux galeries superposées se développant sur près de 2 kilomètres et dont environ 500 mètres recèlent des peintures. L’entrée préhistorique est maintenant obturée et l’on y pénètre par une entrée artificielle. La grotte contient de très belles stalactites et cet espace naturel singulier a visiblement joué un rôle dans l’imaginaire préhistorique. Les peintures les plus connues sont celles de la « frise noire », comprenant vingt-cinq animaux, dont un grand cheval et plusieurs bisons, eux-mêmes entourés de mammouths et d’aurochs, thématique principale de l’art rupestre paléolithique. Très connus sont aussi deux grands chevaux couverts de points et entourés de mains « en négatif » et, plus loin, la silhouette stylisée de huit « femmes bisons ». Il existe aussi des gravures et des tracés réalisés au doigt sur l’argile des plafonds, ainsi que les traces de pas d’adolescents qui ont pu être interprétées comme le signe d’une fonction initiatique de la grotte.

L’igue du Pech Merle ou grotte David était connue des habitants environnants et fut alors prospectée plusieurs fois avant de dévoiler tous ses secrets. La première salle dite « salle rouge » en raison de ses concrétions rougeâtres, fut découverte entre 1906 et 1914 par Henri Redon, étudiant en médecine à Paris, accompagné de son cousin monsieur Touzery. La grotte ornée fut ensuite explorée le 4 septembre 1922par André David, sa sœur Marthe David et Henri Dutertre. Elle a été étudiée par Amédée Lemozi, André Leroi-Gourhan, et Michel Lorblanchet.

Le 26 juillet 1923, la grotte est acquise officiellement par Jean Lebaudy et mademoiselle de Gouvion-Saint-Cyr.

L’exploitation du musée et de la grotte débouchant sur des problèmes quasi impossibles à résoudre du fait du contrats établi avec les époux David, il est créé le 26 juillet 1946 une Société Mixte qui prend la dénomination de Musée et Grottes de Cabrerets.

Les difficultés relationnelles deviennent insurmontables avec André David, ancien propriétaire de la grotte qui s’oppose à la modification de l’acte de vente du 23 juillet 1923. Le chanoine Lemozi a été écarté alors que lui aurait pu obtenir un nouvel accord. La grotte est en effet grevée d’une réserve en faveur de ses anciens propriétaires qui atteint 60% des recettes d’exploitation. Ce qui entraine un bilan alarmant que l’autoritaire fondé de pouvoir de la société, R. Tétart, fait parvenir aux actionnaires. Jean Lebaudy et Mlle Murat font part le 31 août 1949 de leur souhait de se séparer de la grotte à M. Théron, maire de Cabrerets. Les sociétés ne pouvant faire de dons, le 29 janvier 1950, la grotte est cédée à la municipalité de Cabrerets pour la somme symbolique de 30 000 Francs que Jean Lebaudy prend à sa charge.

En 1949, André David découvre le réseau du Combel. Amédée Lemozi étudie les peintures découvertes.

La grotte fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 17 février 1951 et représente un site majeur de l’art paléolithique européen.

 La grotte de Pech-Merle   dans Autre région

Même si le nombre de visiteurs par jour est limité, Pech Merle fait partie des grottes ornées paléolithiques majeures qui sont ouvertes au public.

Sur place, le musée de Préhistoire Amédée Lemozi labelisé Musée de France complète la visite de la grotte.

De nombreux chercheurs viennent y étudier les collections du musée, qui offrent un panorama de la Préhistoire régionale.

En 2006, 72 000 personnes ont visité la grotte. 1 600 m de galeries et de salles sont actuellement accessibles aux visiteurs.

 

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Aux temps des Fermiers

Posté par francesca7 le 21 mars 2015

1 FERMIERSPour former une exploitation agricole, nombre de paysans étaient donc tenus de louer de la terre. En dehors des solutions particulières que leur donnait le droit coutumier de certaines provinces, ils pouvaient recourir à deux formules classiques : le fermage et le métayage.

Dans le cadre du fermage, le loyer était fixé une fois pour toutes à une certaine quantité de grains et de bétail ou à une certaine somme d’argent. Indépendamment des récoltes réalisées, plus ou moins belles en fonction des circonstances climatiques ou militaires, bailleurs et preneurs s’étaient entendus sur un prix pour plusieurs années. Ce prix constituait une rente foncière dont la régularité était un avantage précieux pour le propriétaire. Pour le preneur, il représentait un pari sur l’avenir : le fermier devait être assuré que, quels que soient les aléas, il disposerait d’une récolte suffisante, une fois réglé son propriétaire, pour faire vivre sa famille, pour payer les impôts, les fournisseurs et le personnel éventuel, pour retenir les semences de l’année suivante et, si possible, pour dégager un profit. Si les risques n’étaient pas très grands dans le cas de petites locations (parcelles ou marchés de terre sans bâtiments), il en allait tout autrement quand des domaines entiers étaient loués à ferme (réserves seigneuriales, domaines bourgeois). Alors, l’étendue des terres et la présence de bâtiments agricoles (siège de l’exploitation) suffisaient pour former une (grande) exploitation. Mais pour s’engager, les preneurs devaient disposer d’un train de culture et d’un cheptel en conséquence. Pour une ferme d’une trentaine d’hectares, il y fallait 2 ou 3 chevaux, 10 vaches environ, 200 moutons, une charrue, un chariot, une charrette et tout un matériel spécialisé, l’ensemble représentant un capital d’exploitation de plusieurs milliers de livres au XVIIIe siècle. Et bien des domaines comptaient 50, 60, voire plus de 100 hectares. Pour s’en charger, il fallait qu’il existât une classe d’entrepreneurs de culture, celle que l’on rencontre dès la fin du Moyen Âge dans le Nord avec les « censiers » ou dans le Bassin parisien avec les « fermiers laboureurs ».

Les baux à ferme se répandirent à partir du XIIe siècle (les premiers fermiers connus par les textes médiévaux se rencontrant en Normandie et dans le Bassin parisien). Ils correspondaient d’abord aux pays d’assolement triennal : aussi, leur durée était-elle en général de neuf ans, parfois de six ou de trois. Pendant ces neuf années, le fermier s’acquittait à l’égard de son propriétaire en deux ou trois termes annuels, fixés aux moments importants du calendrier cultural : Noël (après les semailles d’automne et les premières ventes de la récolte précédente), Pâques (après les semailles de printemps et la suite des ventes) et la Saint-Jean-Baptiste (avant les récoltes et au moment des dernières ventes). Pour les exploitations en corps de ferme qui étaient louées ainsi, seuls de riches laboureurs étaient capables de s’acquitter sans trop de retard, même en mauvaise année, car ils disposaient des réserves et du crédit nécessaires. À partir du XVIe siècle, ils se mirent à prendre aussi à ferme les dîmes, les champarts et les autres droits seigneuriaux : en conséquence, cela leur permettait de jouer sur leurs stocks pour ne vendre qu’au bon moment et au meilleur coût. Cette spéculation à la hausse conduisait les fermiers à s’abstenir de garnir les marchés en période de bas prix, ce qui multipliait les émeutes frumentaires. La Révolution et la période taxatrice de l’an II ne firent qu’apporter une sanction provisoire à ce libéralisme économique jugé excessif.

 

Pour autant, les propriétaires ne montraient guère de bienveillance à l’égard de leurs fermiers. D’une part, le montant de la redevance faisait en principe l’objet d’adjudications publiques au plus offrant, ce qui élevait au maximum les engagements entre fermiers concurrents. Un difficile équilibre était établi entre les exigences, contradictoires, du propriétaire et du fermier. Dans les périodes de baisse des prix agricoles, les bailleurs étaient excessivement sévères : entre 1650 et 1730, ils maintinrent trop haut leurs loyers, acculant de nombreux fermiers à la faillite dans tout le royaume. Ce naufrage des fermiers, constaté du Languedoc à la Normandie, constitue l’un des aspects de la « crise » duXVIIe siècle. D’autre part, le régime de culture et l’entretien du domaine faisaient l’objet de clauses contraignantes qui pérennisaient les traditions : interdiction de dessoler ou de dessaisonner (et de rompre l’ordre des cultures), interdiction d’échanger des parcelles ou de sous-louer (sans l’agrément du bailleur), obligation d’assurer des services de charrois qui mobilisaient les attelages plusieurs jours dans l’année, obligation de convertir sur place les pailles en fumier sans pouvoir en vendre, etc. Ces précautions, qui se précisent du XVIe auXVIIIe siècle, soulignent que pour les propriétaires il ne s’agissait pas de favoriser un quelconque progrès agricole, mais de préserver leur capital et la possibilité de changer de locataire à chaque fin de bail. Cependant, la répétition des clauses suggère aussi que, dans les faits, de nombreux fermiers prirent leurs distances avec leurs propriétaires, en particulier entre 1750 et 1789, lorsque la hausse des prix agricoles avantageait les producteurs.

Très dépendants économiquement du travail et des services de leurs voisins, les paysans ont longtemps été étroitement assujettis aux caprices du climat. De nos jours encore, une grêle qui ravage les vignes, une gelée tardive, une sécheresse prolongée, etc., provoquent de vives réactions et entraînent désormais, dans bien des cas, le déclenchement d’un plan d’urgence. En revanche, jusqu’auXIXe siècle, époque du développement des assurances agricoles, les paysans ne disposaient d’aucune protection. Et les circonstances étaient d’autant plus dramatiques que l’alimentation était à base céréalière, que chaque province vivait d’abord sur ses ressources propres (avant l’internationalisation du commerce du blé, auXIXe siècle) et que les rendements moyens restaient très faibles (autour de 9 quintaux à l’hectare en moyenne, soit dix fois moins qu’aujourd’hui). Les malheurs des paysans, touchés également par les épidémies (en particulier la peste jusqu’au milieu du XVIIe siècle) et le passage des gens de guerre (jusqu’au règne de Louis XIV), avaient pour seul effet de faire fléchir momentanément le fisc : ce qui était déjà important puisque le principal impôt direct, la taille royale, pesait d’abord sur les rustres. Parmi les exploitants, les inégalités étaient tout aussi fortes, et les intérêts, souvent concurrents. Et, en dehors des exploitants, les simples salariés agricoles et les plus humbles paysans ne demandaient qu’à survivre. Pour arbitrer ces intérêts divergents, les paysans disposaient d’une institution locale : la communauté rurale.

champsLe regroupement des hommes dans le cadre du village, stabilisé autour de l’an mil, déboucha au XIIIe siècle sur l’émergence d’une institution locale représentative des intérêts des manants et habitants : l’assemblée communale, qui se détacha peu à peu du cadre paroissial (premier pôle de fixation) puis du cadre seigneurial (qui avait organisé initialement la mise en valeur du sol). À partir de 1500, la communauté apparaît dans des textes législatifs ou réglementaires : ainsi, l’ordonnance du 25 janvier 1537 donna-t-elle pouvoir aux prévôts des maréchaux de convoquer les communautés « à tocsin et cri public » pour courir sus aux vagabonds et pillards. Elle comparut lors des rédactions des coutumes sous Louis XII ou François Ier par l’intermédiaire de ses procureurs. Ses attributions étaient importantes : en pays de vignoble ou de grande culture, elle élisait le garde des récoltes (le messier), donnait son avis sur l’ouverture des moissons et des vendanges. Un peu partout, elle intervenait dans les pratiques culturales (respect de l’assolement) et contrôlait les usages collectifs (glanage, chaumage, vaine pâture). Dans les pays secs, elle organisait l’irrigation, ainsi au sud du Dauphiné. Elle gérait enfin les biens communaux, dont la possession déterminait le degré de puissance des communautés rurales.

Aujourd’hui, à deux siècles de distance, les tensions qui secouent la paysannerie trahissent toujours ces inégalités. Mais, désormais, aux questions strictement économiques est venue s’ajouter une interrogation universelle : quel est le sens, en France, du travail de la terre ?

 

SOURCES ENCYCLOPEDIQUES

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Les grandes transformations de Paris au XIXe siècle

Posté par francesca7 le 21 mars 2015

haussmann-travauxDans les premières décennies du XIXe siècle, Paris n’a pas encore totalement rompu avec la structure urbaine mise en place à l’époque médiévale. En témoignent la faible superficie de la ville et la forte concentration des fonctions urbaines dans un espace restreint. Aucune spécialisation du sol n’est à l’œuvre : les quartiers centraux, proches du fleuve (quartier Saint-Honoré, quartier des Marchés, quartier des Lombards, quartiers des Arcis), rassemblent, dans un dédale de rues étroites, le bâtiment de la Banque de France, le siège social de la Caisse d’épargne, l’Hôtel des Postes, les bâtiments des Messageries installés à proximité des imprimeries et des journaux, les commerces de draps, les Halles, les bouchers qui tuent sur place les animaux, les mégissiers qui traitent les peaux… L’absence de spécialisation fonctionnelle renvoie à l’importance des relations de proximité et à la concentration des activités au centre-ville. Cette concentration, ainsi que la présence de garnis où loge une main-d’œuvre instable d’hommes de peine, de portefaix, de débardeurs, indispensables aux activités commerciales et portuaires, d’ouvriers du bâtiment qui ne peuvent guère s’éloigner de la place de Grève, leur lieu d’embauche, expliquent les très hautes densités observées dans le centre de la capitale.

Afin de pallier la saturation de l’espace urbain, la pratique de la surélévation - on élève les combles afin d’y créer de nouveaux espaces d’habitation, soit en ayant recours à des constructions en pans de bois, soit en modifiant le profil de la charpente, soit en utilisant une maçonnerie légère - et celle du « bourrage des parcelles » sont généralisées. À la profondeur des parcelles parisiennes correspond alors une hiérarchie des activités qui renvoie à l’éloignement par rapport à la rue, comme l’a montré François Loyer : « À l’alignement, les fonctions nobles du logement et du commerce ; sur cour, des logements de moindre prestige et des stocks ou des activités artisanales… Cette descente dans la hiérarchie peut aller jusqu’à l’activité maraîchère, en cœur d’îlot, lorsque les parcelles sont très profondes. »

Paris est alors une « ville malade » et sa restructuration s’impose d’urgence. Entreprise durant la première moitié du siècle, celle-ci ne prendra véritablement toute sa portée et sa signification qu’au cours du Second Empire. Non que la ville ait ignoré les transformations avant l’arrivée d’Haussmann à la préfecture de la Seine, en juin 1853 ; mais les grands travaux prennent, dès ce moment, des dimensions nouvelles : globalement, les sommes engagées par le baron pour transformer Paris sont quarante fois supérieures à celles engagées sous la monarchie de Juillet, lorsque Rambuteau était préfet de la Seine. On connaît la charge satirique - les Comptes fantastiques d’Haussmann - que Jules Ferry écrira juste avant la chute du préfet, en janvier 1870, y dénonçant les emprunts exorbitants exigés par cette politique de grands travaux.

« Paris assaini, agrandi, embelli » : la formule est inscrite sur l’arc de triomphe dressé pour l’inauguration de la rue Malesherbes par Napoléon III, en 1861. Ce slogan résume assez pertinemment les objectifs des transformations opérées sous le Second Empire. Haussmann raconte en ces termes sa première rencontre avec l’empereur, lors de son arrivée à Paris : « Il était pressé de me montrer une carte de Paris sur laquelle on voyait, tracées par lui-même, en bleu, en rouge, en jaune et en vert, suivant leur degré d’urgence, les différentes voies nouvelles qu’il se proposait de faire exécuter. » Les travaux sont effectués en trois étapes, qui correspondent à trois réseaux de circulation coordonnés. Le premier est mis en place bien avant 1858 : il réalise la « grande croisée de Paris », au niveau du Châtelet, au carrefour de l’axe est-ouest (rue Saint-Antoine et rue de Rivoli) et de l’axe nord-sud (boulevard de Sébastopol et ce qui deviendra le boulevard Saint-Michel). Le cœur de la ville, où l’entassement des habitants était maximal, est ainsi aéré ; l’Hôtel de Ville et l’île de la Cité sont dégagés. L’objectif du second réseau, financé par l’État et par la Ville, est de relier les différents quartiers de la capitale. Le troisième réseau, financé par la Ville seule, doit favoriser les échanges entre l’ancien Paris intra muros et les espaces annexés le 1er janvier 1860. Au terme des travaux, qui se poursuivent après la chute d’Haussmann, l’ensemble du réseau de circulation parisien est entièrement réaménagé. Le prolongement de la rue de Rivoli et le percement du boulevard de Strasbourg sur la rive droite, celui du boulevard Saint-Michel sur la rive gauche permettent, pour reprendre la formule du préfet de la Seine, « de satisfaire aux nécessités d’une circulation toujours plus active. » Parallèlement, la mise en place d’un réseau polyétoilé à l’est - place du Trône (aujourd’hui place de la Nation) - et à l’ouest - place de l’Étoile, (aujourd’hui place Charles-de-Gaulle) - réorganise l’ensemble du trafic et entraîne un désengorgement du centre. Les grands boulevards issus de cette réorganisation se caractérisent par leur monumentalité. Ils sont autant d’emplacements prestigieux pour les sièges sociaux des grandes sociétés et pour les grands immeubles cossus. Lors de l’inauguration du boulevard Malesherbes, qui traverse la plaine Monceau et l’ancienne Petite-Pologne, la presse saisit bien la signification sociale des transformations opérées : à la place des « vastes superficies où on ne rencontrait que des taudis de logeurs, des cahutes de chiffonniers, des chantiers de toutes espèces, des cloaques de toutes odeurs… [s'édifie] cette ville de palais que nous bâtit M. Pereire du côté de ParisCourcelles ».

La manière dont Paris a été restructuré pendant la seconde moitié du XIXe siècle a provoqué une déconcentration de la monumentalité, qui prend toute sa signification lorsqu’on la compare aux transformations survenues au même moment à Vienne. Donald Olsen, qui a comparé les deux capitales, souligne que, si l’on avait procédé de la même façon sur les bords du Danube et sur les rives de la Seine, les Champs-Élysées auraient accueilli l’Opéra et le Louvre, la Sorbonne et la Chambre des députés, l’Hôtel de Ville et la Bourse…

Les transformations de la capitale n’ont évidemment pas été sans conséquences sur la répartition de la population. Mais l’« haussmannisation » n’a pas entraîné, comme on l’a trop souvent avancé, un départ immédiat des catégories populaires du centre ville. Jeanne Gaillard a dénoncé le schématisme d’une telle interprétation : « La population ouvrière [...] tend à rester sur place. Tout indique que, refoulée par les travaux, elle ne va pas d’une traite jusqu’aux arrondissements extérieurs ; à la place libre et aux loyers moins chers, elle continue de préférer la proximité du centre où se trouvent ses fournisseurs et ses clients. Le Parisien de cette époque est peut-être nomade, mais un nomade dont le terrain de parcours est très étroitement limité. » Les quartiers situés aux abords immédiats de l’Hôtel de Ville, où se situe la croisée de Paris, enregistrent, dès 1856, une baisse démographique, tandis que les quartiers voisins connaissent un accroissement brutal, dû principalement à une augmentation très forte de la population vivant en garnis. À la veille de l’annexion de 1860, Paris intra muros compte 1 175 000 habitants répartis sur 36 kilomètres carrés, soit une densité moyenne de 327 habitants à l’hectare ; la petite banlieue, entre le mur des Fermiers généraux et les Fortifications, s’étend sur 43 kilomètres carrés et compte 364 000 habitants, soit une densité moyenne de 84 habitants à l’hectare. Ces chiffres indiquent, sans équivoque, l’extrême concentration de la population dans le vieux centre. Maurice Garden a suivi, du Second Empire aux années 1980, l’évolution des densités dans les vingt quartiers de Paris : la répartition de la population s’inverse aux dépens des quartiers centraux et au bénéfice des quartiers périphériques. À la veille de la Première Guerre mondiale, la première ceinture autour du centre ancien est, à son tour, saturée, et l’essentiel de la croissance résulte de celle des arrondissements créés en 1860, qui rassemblent, en 1906, la moitié des habitants de la capitale.

Ces transformations se sont accompagnées de mutations dans les relations que la capitale entretient avec l’industrie. Les initiatives royales avaient permis la création de grandes manufactures, mais c’est surtout sous le Premier Empire que l’industrie a connu un véritable essor. Une enquête de la Chambre de commerce pouvait, sans risque d’être contredite, conclure à la veille de la révolution de 1848, que « Paris a depuis longtemps pris sa place au nombre des villes manufacturières de premier ordre en France. Ses produits, variés à l’infini, sont connus du monde entier… » On dénombrait alors 350 000 ouvriers, employés dans quelque 65 000 entreprises. Dès le Second Empire, le déclin des grands établissements industriels s’amorce. Haussmann n’est guère favorable à la croissance industrielle dans Paris. L’annexion de 1860 est donc, à cet égard, un moyen de contrôler et de limiter le développement industriel des arrondissements extérieurs. On assiste alors à une lente et irréversible désindustrialisation de la capitale au profit des banlieues.

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La révolte du Papier timbré

Posté par francesca7 le 21 mars 2015

 

révolte qui éclate en Bretagne en 1675.

UDB_1975_poster_-_Tricentennial_of_the_Revolt_of_the_papier_timbréElle a lieu au moment où la province sort d’une ère de prospérité très longue, originale en France, pour connaître des difficultés économiques durables. Au sens strict, cette révolte concerne la plupart des villes bretonnes, et en particulier Rennes, où elle commence le 18 avril et atteint son paroxysme en juin. L’occasion de cette rébellion est l’instauration de nouvelles taxes, d’un monopole royal de la vente du tabac, et la création d’un droit d’enregistrement des actes officiels par le recours au papier timbré. Faute de troupes dans la province, la répression tarde jusqu’en octobre : une rue de Rennes est presque entièrement rasée, la troupe loge chez les habitants, et, surtout, le parlement est exilé à Vannes jusqu’en 1689, un départ aux conséquences économiques très graves pour la ville.

Cependant, l’importance de l’événement tient aussi - au moins, autant - à sa simultanéité avec une révolte paysanne, dirigée à la fois contre les abus des seigneurs et l’instauration des nouvelles taxes, qui touche essentiellement le centre et le sud du Finistère actuel pendant tout l’été. Connu sous le nom de « révolte des Bonnets rouges », le mouvement rural a laissé plusieurs remarquables cahiers de revendications paysannes, les « codes paysans ». Son écho, en pleine guerre de Hollande, est international, et il est également largement commenté par la marquise de Sévigné, qui séjourne alors en Bretagne.

Une vision « romantique » en est donnée par le mouvement contestataire breton des années 1970, ravivant un souvenir entretenu d’autant plus fortement qu’il s’agit de la seule révolte populaire importante en Bretagne entre le XVe siècle et 1793.

 

Ces nouveaux impôts et ces menaces s’ajoutent à une situation économique difficile en Bretagne. La province est alors très peuplée (environ 10 % de la population du royaume), et épargnée par les disettes et les épidémies depuis les années 1640. Dans les années 1660-1670, elle entre dans une phase de difficultés économiques, consécutives aux premiers effets de la politique de guerre économique de Louis XIV, de l’augmentation sensible et simultanée des impôts, et de faiblesses structurelles : par exemple, diminution des deux tiers du commerce du vin et des toiles d’après le duc de Chaulnes (surnommé an hoc’h lart : le gros cochon, en breton), gouverneur de Bretagne, les revenus issus de la terre (fermages) diminuent eux aussi d’un tiers, entrainant une déflation généralisée, exceptée des offices.

Le système du domaine congéable, qui régit les rapports d’une partie des paysans cultivant la terre et possesseurs, est mis en cause par certains : archaïque, il décourage les investissements et les améliorations des méthodes de culture, aussi bien de la part des paysans que des seigneurs. Ceux-ci, en revanche, devant la baisse de leurs revenus depuis 1670, exigent de façon plus pointilleuse leurs autres droits (voir réaction seigneuriale). Ainsi, en 1668, le paiement des servis est refusé dans la région de Carhaix, à Penfrat en Saint-Hernin. Le rôle du système foncier et fiscal est contesté par Jean Meyer : la superposition de la carte de la révolte avec les régions de domaine congéable est « douteuse ». On peut en effet remarquer que des paroisses hors domaine congéable se soulèvent, alors que d’autres, qui en font partie, ne se soulèvent pas. La suppression du système n’est pas abordée dans les codes qui nous sont parvenus.

La révolte est très souvent menée par des femmes. À cette époque, la législation royale est de plus en plus draconienne à l’encontre des femmes, tous leurs droits sont diminués, aussi bien leurs droits économiques que civils (elles ne peuvent plus choisir leur époux par exemple). Ceci heurte dans un pays où la femme occupe traditionnellement une place très importante, et on en trouve mention dans les codes paysans. Enfin, la Bretagne est un pays d’États, où l’impôt sur le sel, la gabelle, n’existe pas, et où les nouveaux impôts doivent être acceptés par les États depuis l’acte d’Union de la Bretagne à la France. En 1673, les États avaient, outre un don gratuit de 2,6 millions de livres, acheté la suppression de la Chambre des domaines (qui privaient certains nobles de droit de justice) pour la même somme et racheté les édits royaux instituant les nouveaux impôts, plus diverses autres dépenses en faveur du pouvoir royal qui s’élèvent à la somme exorbitante de 6,3 millions de livres. Un an après, les mêmes édits sont rétablis, sans consultation des États. Et c’est par le Parlement de Bretagne que Louis XIV fait enregistrer la taxe sur le papier timbré en août 1673, et la taxe sur le tabac en novembre 1674, au mépris des « libertés bretonnes » (c’est ainsi que les Bretons de l’époque appelaient leurs privilèges en vertu du traité d’union de la Bretagne à la France). Les nouvelles taxes touchent plus les paysans et le petit peuple des villes que les privilégiés, et font craindre une introduction de la gabelle. Tout cela crée un large front de mécontentement contre la brutalité inédite de l’État royal.

Durant le règne de Louis XIV, c’est la révolte où les autorités locales ont le plus laissé faire les émeutiers, les particularismes locaux rapprochant élites et peuple en Bretagne. Ceux-ci sont certes spontanés, mais s’organisent rapidement, et rallient des groupes de plus en plus larges au sein de la société. À côté du pillage, on observe, ce qui est singulier, des prises d’otages et la rédaction de revendications. Arthur Le Moyne de La Borderie voit dans la révolte du papier timbré une révolte antifiscale contre les nouveaux impôts. Il récuse en revanche les explications et les propos du duc de Chaulnes qui rapporte les « mauvais traitements » des gentilshommes bretons envers les paysans. Il explique que la colère des paysans révoltés se tourne contre les nobles pour deux raisons : ils constituent pendant longtemps la seule force de maintien de l’ordre disponible dans les campagnes, et leurs châteaux servent de cibles, faute d’agents du fisc. Enfin, il rapproche certaines observations faites en 1675 (« les passions mauvaises, les idées extrêmes et subversives qui fermentent nécessairement dans toutes les masses révoltées » qui en arrivent « au communisme et aux violences contre les prêtres ») des événements survenus durant la Commune de Paris : « Tant il est vrai que rien n’est nouveau sous le soleil et que les passions populaires, La révolte du Papier timbré  dans ARTISANAT FRANCAIS 280px-Papier-timbre-9-aout-1674une fois affranchies du frein social, se précipitent d’un seul bond au gouffre de la barbarie », en citant le curé de Plestin (« Les paysans se croyaient tout permis, réputaient tous biens communs, et ne respectaient même plus leurs prêtres : en certains lieux, ils voulaient les égorger, en d’autres, les expulser de leurs paroisses ») : pour lui, la révolte de 1675 est aussi un épisode de la lutte des classes.

L’historien soviétique Boris Porchnev a travaillé essentiellement sur le riche fonds Séguier, qu’il avait à sa disposition à Léningrad. Il décrit lui aussi cette révolte comme antifiscale, temps fort de la lutte des classes, mais il en élargit les causes à une révolte contre les prélèvements des seigneurs fonciers (nobles et ordres religieux). Il propose également une analyse patriotique bretonne de ce soulèvement en citant un article de N. Ia. Marr qui fait un parallèle entre la situation des Bretons en France et les « allogènes » caucasiens en Russie tsariste. Boris Porchnev écrit : « Le rattachement définitif de la Bretagne à la France, confirmé par les États de Bretagne, avait eu lieu en 1532. Peut-on parler d’asservissement national et de lutte de libération nationale des Bretons, étant donné que la noblesse bretonne s’était déjà entièrement francisée et que, au fond, seuls demeuraient bretons les paysans ? La réponse est contenue dans l’état actuel du problème breton en France. En dépit d’une dénationalisation continue d’une partie des Bretons, ce problème demeure typique des « minorités nationales » et ne saurait être résolu dans les conditions d’un régime bourgeois ». Boris Porchnev conclut : « Nous trouvons justement dans le xviie siècle les racines historiques lointaines de cette lutte ». Enfin, pour lui, la révolte de 1675 annonce 1789.

Pour Alain Croix, la révolte est un affrontement entre la bourgeoisie et ses alliés d’une part, l’Ancien Régime d’autre part, comme lors de la Révolution française, « à une échelle différente. La pression en faveur du changement est modeste en Bretagne, et l’originalité de la situation de la province l’isole de toute manière dans le vaste royaume de France : il n’y a d’ailleurs pas ailleurs l’équivalent des révoltes de 1675 ». Il lie également la révolte aux différences de l’économie bretonne, maritime et ouverte au commerce, et de l’économie française, aux intérêts continentaux.

Roland Mousnier met également en avant l’archaïsme du système seigneurial breton comme cause de la révolte, qu’il juge essentiellement anti-fiscale.

Jean Nicolas note la durée de la révolte, le rapprochement entre élites et peuple en Basse-Bretagne, la formulation de revendications précises.

Outre la réduction au silence des États et du parlement, la reprise en main permet également l’établissement d’une Intendance de Bretagne (la Bretagne était la dernière province à ne pas connaître cette institution représentante du pouvoir central) que les États de Bretagne avaient jusqu’alors toujours réussi à éviter. La Bretagne entière est ruinée en 1679 par l’occupation militaire selon les États.

En Basse-Bretagne, les zones révoltées sont aussi celles qui furent favorables aux Bleus lors de la Révolution française, et qui virent la crise la plus importante des vocations religieuses au xixe siècle. Elles correspondent également aux zones du « communisme rural breton », ainsi qu’aux zones où la langue bretonne est la plus vivante. Un pardon, célébré le quatrième dimanche de septembre en l’église Notre-Dame de Tréminou, commémore cet épisode de l’histoire bretonne.

 

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SANS FEU NI LIEU

Posté par francesca7 le 19 mars 2015

 

noir-et-blancEXPRESSION FRANCAISE

Avec nos numéros d’identité, nos cartes diverses qui nous relient à nos naissances, le moindre procès-verbal longuement rédigé de nos gendarmes qui exigent le nom du père et celui de la mère quand elle était jeune fille, nous ne pouvons guère oublier nos attaches. Il nous est devenu difficile d’imaginer le vagabondage intégral tel que l’ont connu ceux qui, autrefois, étaient réellement sans feu ni lieu. Le mot lieu dans cette locution porte une de ses sens anciens et étroits de « famille », « de bon lieu » boulait dire  » de bonne famille ».

Quand la fille du comte d’Anjou, pauvre et errante, rencontre un hobereau charitable, celui-ci reconnaît à ses manières qu’elle est de bonne famille et même certainement de noble origine :

Ainz estes, si con je devine,

De grent lieu et de France orine

Bien le semble a voste viaire

Qui tant est douz et debonnaire,

Et vo simple contenement

Moustre certain ensaignement

Que de haut lieu estes estrecte.

 

Un siècle plus tard une dame des XV Joies de Mariage fait remarquer à son époux, après une réception, qu’elle n’était pas assez bien vêtue pour son rang, car dit-elle : « Dieu mercy, je suis d’auxi bon lieu comme dame, damoiselle, bourgeoise, qui y fust, je m’en rapporte a ceulx qui savent les lignées ».

Quant au « feu », il désigne évidemment le foyer, la maison, comme dans « un village de trente feux ». Etre sans feu ni lieu signifie donc sans domicile, sans parents, sans origine, sans rien. Même apatride, un hippie des temps modernes est bien plus relié à son passé que ne l’était jadis les coureurs de grands chemins. Seuls au monde, parfois enfants trouvés, certains oubliaientj usqu’au village qui les avait vus grandir. Véritables « oiseaux sur la branche » ils ne savaient d’eux-mêmes que leur nom. Et encore ; réduit à son prénom, annoncé sous toute réserve : « On m’appelle Martin… » 

Ces champions de l’errance inspiraient sans doute peu confiance à leurs contemporains mieux nantis puisque le Livre des Métiers précise au XIIIè siècle : « que nul ne puisse prendre apprentis si il ne tien chef d’ostel, c’est à savoir feu et lieu ».

 

Extrait de La Puce à l’Oreille de Claude Dunetton

 

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Mon Dieu ! Pourquoi mettre SA MAIN AU FEU

Posté par francesca7 le 19 mars 2015

 

A force de prendre des coups dans les gencives, les hommes ont essayé d’inventer la justice. Longue et vieille histoire, qui est loin d’être terminée. Voici quelques façons de parler les plus courantes glanées au fil d’anciennes atrocités.

main divine feuMETTRE SA MAIN AU FEU

A la première controverse, la plupart des gens sont prêts à mettre leur main au feu pour appuyer leurs dires. C’est un travers de l’espèce humaine : on veut toujours avoir raison ; nous voyons peu qu’un individu aille disputer contre un autre pour le seul plaisir d’avoir tort.

Cette expression fait allusion à une pratique spéciale du haut Moyen Age : le jugement de Dieu. L’idée en est simple : afin de couper court aux enquêtes toujours ennuyeuses et délicates sur la culpabilité ou l’innocence des gens, on considérait que Dieu devait savoir, et qu’il le voulait bien, agir en conséquence ; on s’en remettait donc à Sa grande vigilance, et on réglait les différends en imposant des épreuves au cours desquelles, immanquablement, il reconnaîtrait les siens.

Ces épreuves existaient sous plusieurs formes. D’abord pour les princes, surtout, l’épreuve du feu, qui consistait à tenir sa main dans une flamme sans se brûler, ou à saisir sans dommage une barre de fer rouge, ou toute autre variante. Si l’épreuve était réussie et l’épiderme intact, on déclarait que la noble personne était dans son droit et lavée de tout soupçon. Furetière résume ainsi la situation :

« On dit qu’un homme mettrait sa main au feu, son doigt au feu, quand il propose quelque chose dont il est très assuré. Ce proverbe se dit par allusion à une coutume qu’on avait autrefois de se purger d’une accusation par l’attouchement du fer chaud. Cunégonde, femme de l’Empereur Henri de Bavière, se purgea du soupçon que son mari avait contre elle, en marchant les pieds nus sur 12 socs de charrile ardens (barbons ardents) ».

Au gens de moindre qualité était réservée l’épreuve de l’eau, sous deux formes : eau chaude et eau froide. La première consistait à tremper son bras jusqu’au coude dans une bassine d’eau bouillante ; Dans le Roman de Renart, Dame Hersant, la femme d’Isengrin le loup, contrairement à Cunégonde, refuse poliment cet examen. Elle nie l’adultère dont elle est accusée :

« Certes, onques n’ot en moi part

en tel manière n’en tel guise ;

J’en feroie bien un Jouise

en eve chaude ou en feu chaut

mais esconduire riens ne vaut,

lasse chaistive, mal ostrue

que je n’en serai ja creil.

 

Eau froide : on jetait le suspect, pieds et poings liés dans une rivière ou dans un bassin ; s’il allait au fond il était innocent, s’il flottait, il était capable. Dans le Guillaume de Dole l’opération se fait dans une cuve d’eau bénie ; le vilain sénéchal s’est vanté d’avoir couché avec a belle Liënor, uniquement pour détruire se réputation. On va savoir :

Li juïses fu lués tot prest

au moustier mon segnor saint Pierre,

qui eert coverz de fuelle d’ierre

Tuit i vienent, prince et demaine,

et li seneschaus qu’on amaine

Lués droit qu’il fut laienz entrez

en l’eve qui estoit segniéee

lués droit, plus tost qu’une coigniee*s’en vet au fons trestoz li cors,

si que la bele Liënors

vit qu’il fu sauz, et tuit li autre

qui furent d’une part et d’autre

entor la cuve atropelé

Li clerc en ont mout Deu loé

en lor chanz et en sains soner

 

L’épreuve de la croix était nettement moins risquée ; elle consistait en un duel aimable où les deux protagonistes se tenaient debout, immobiles, les bras étendus en croix comme des gymnastes prenant leurs distances. Celui qui, pris de crampes, abandonnait le premier la position avait tort. L’autre naturellement grimaçait, mai sil avait raison. De cet exercice décourageant vient, j’en suis persuadé, l’expression Baisser les bras.

 

Si de telles pratiques, hélas abolies vers le XIIIè siècle, étaient encore en usage, je suis sûr qu’on entendrait ici et là moins de vaines promesses et de serments légers. J’en mettrais ma main où on voudra.

Extrait de La Puce à l’Oreille de Claude Dunetton

 

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POURQUOI DIT-ON RIRE JAUNE

Posté par francesca7 le 19 mars 2015

 

VignetteLe jaune est une couleur contradictoire. Quand il est vif et éclatant il représente la couleur du soleil et de l’or ; il est à ce titre attribué aux dieux, « à la puissance des princes, des rois, des empereurs, pour proclamer l’origine divine d leur pouvoir »

Au contraire quand il est mat il représente la couleur du soufre, de l’enfer, et devient le symbole de la trahison, de la déception. Il est alors « associé à l’adultère quand se rompent les liens sacrés du mariage  à l’image des liens sacrés de l’amour divin, rompus par Lucifer » (Dictionnaire des symboles).

C’est ainsi que dans l’imagerie du Moyen Age le jaune devint la couleur traditionnelle de Judas, le traitre par excellence, celui qui avait vendu le Christ lui-même. « Jaune, paisle jaune doré, couleur de Judas, de vérolé, d’aurore, de serein  », dit quelque par A.d’Aubigué.

De cet Apôtre mal famé le symbole passa aux Juifs en général, que dans certains pays la loi obligeait à s’habiller en jaune – tradition re-surgie à point sous le nazisme avec l’étoile jaune de sinistre mémoire … En Espagne, les victimes des autodafés étaient vêtues de jaune en signe d’hérésie et de trahison ; en France, on badigeonnait en jaune la porte des félons. C‘est véritablement une couleur qui n’a pas bonne réputation.

De là vient le jaune : « l’ouvrier qui travaille malgré l’ordre de grève donné à sa corporation », car il trahit le vœu de solidarité contenu implicitement dans la notion de lutte des classes. Cela depuis le début du siècle où les « jaunes » s’opposaient aux « rouges ». En novembre 1899, il y eut un groupement de jaunes au Creusot, puis la création d’un syndicat jaune en 1900.

Il est heureux que le célèbre « maillot jaune » du Tour de France cycliste soit venu redonner quelque lustre à une couleur si décriée. Le choix est paraît-il dû au hasard, par référence à la couleur du journal L’Equipe qui patronna le premier maillot, et qui était alors imprimé sur papier jaune.

Mais de la tradition médiévale vient aussi le rire jaune, celui de la gêne, du dépit, des faux jetons    que la contrariété fait sourire à contre-coeur et du bout des dents.

Extrait de La Puce à l’Oreille de Claude Dunetton 

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Bâtard : Une marginalisation sociale croissante

Posté par francesca7 le 18 mars 2015

bourbon-gaston-henri-02-webDans la seconde moitié du XVIe siècle, le renforcement de l’autorité paternelle, encouragé par la monarchie évoluant vers l’absolutisme, entraîne un durcissement de la législation, et plus encore des mentalités. L’édit de 1556 oblige à déclarer les grossesses ; l’ordonnance de Blois met fin en 1579 à la présomption de mariage en cas de grossesse, qui engageait par trop la famille du père. Les mariages sans témoin et sans consentement des parents sont interdits. L’Église de la Contre-Réforme comme les protestants luttent contre les mauvaises mœurs, et les naissances illégitimes reculent fortement au XVIIe siècle (en dessous de 1 % des naissances), avant de remonter à la fin duXVIIIe siècle (2,6 % vers 1789), lorsque se relâche le contrôle de l’Église sur la société. Les filles des campagnes séduites vont souvent accoucher en cachette en ville, abandonnant ensuite l’enfant. LeDictionnaire de Furetière (1690) enregistre l’accentuation des degrés de déclassement : « Les bâtards des rois sont princes ; ceux des princes, gentilshommes ; ceux des gentilshommes, roturiers. »

Les bâtards royaux.

La famille royale au XVIIe siècle pourrait sembler à contre-courant. Loin de cacher leurs bâtards, les rois les reconnaissent. Le fils d’Henri IV et de Gabrielle d’Estrées est fait duc de Verneuil ; les fils de la Montespan et du Roi-Soleil sont, l’un, duc du Maine et, l’autre, comte de Toulouse. Le duc de Saint-Simon a bien senti le sens politique de cette entorse à la morale commune. Louis XIV poursuit une stratégie d’union entre ses bâtards légitimés et des princes du sang : ainsi, Mlle de Blois, fille de La Vallière, se marie avec le prince de Conti, tandis que le duc du Maine et Mlle de Nantes, enfants de la Montespan, épousent des Condé, et que leur sœur, la seconde Mlle de Blois, est mariée à Philippe d’Orléans, le futur Régent. À cette union des sangs entre les Bourbons s’ajoute l’ascension en dignité des légitimés. Leur père crée en 1694 un « rang intermédiaire » qui les détache des duc et pairs ; puis, en 1714 et 1715, il en fait des princes du sang, avec droit à la succession à la couronne. Ce coup de force contre la tradition traduit une mythologie dynastique du sang royal.

La lente reconnaissance des « enfants naturels ».

Portrait du duc de Morny.À l’époque des Lumières, certains, par humanitarisme ou par populationnisme, se préoccupent de l’abandon des bâtards. Au nom du droit naturel, la Convention abolit les discriminations et proclame les enfants naturels « enfants de la patrie ». Mais, pour défendre le mariage, elle interdit la recherche de paternité et diminue la part d’héritage de l’enfant adultérin. Le Code civil (1804) marque un recul en réduisant le droit à l’héritage pour tous les enfants naturels. Dans la société bienséante du XIXe siècle, l’enfant de l’amour déshonore ses géniteurs, et la bourgeoisie stigmatise le concubinage populaire, facteur de naissances illégitimes (8,7 % à la fin du siècle). Toutefois, la connivence sociale peut faire prétendre ignorer des secrets connus de tous : le duc de Morny, coqueluche du Tout-Paris, n’est-il pas le demi-frère adultérin de Napoléon III ? Le préjugé pèse longtemps sur la loi : il faut attendre 1972 pour que celle-ci place à égalité les filiations naturelles et légitimes, accomplissant enfin l’idéal de 1793.

 

Sources encyclopédiques

 

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