De l’origine de la poudre à poudrer les cheveux
Posté par francesca7 le 10 novembre 2014
De poudre à poudrer il n’est point parlé dans ce grand nombre d’auteurs grecs et latins qui nous sont restés. Les pères de l’Eglise, qui reprochent avec tant de force aux femmes chrétiennes tous les moyens qu’elles emploient pour se donner des agréments qu’elles n’avaient pas, n’ont point fait mention de la poudre ; il n’en est point parlé dans nos vieux romans, qui marquent dans un si grand détail les ajustements de l’un et l’autre sexe.
On n’en voit point dans les vieux portraits, quoique les peintres d’alors représentassent toujours la personne de la même manière dont elle était vêtue et parée, et on lit dans Brantôme que Marguerite de Valois, qui était fâchée d’avoir les cheveux très noirs, recourait à toutes sortes d’artifices pour en adoucir la couleur : si la poudre eût été alors en usage, elle se serait épargné ces soins.
Le premier de nos écrivains qui ait parlé de la poudre est le mémorialiste Pierre de l’Estoile, dans son Journal, sous l’an 1593 ; il rapporte que l’on vit à Paris trois religieuses se promener dans les rues, frisées et poudrées. Depuis ce temps la poudre devint peu à peu à la mode parmi nous, et de notre nation elle a passé chez les autres peuples de l’Europe.
L’usage de la poudre à cheveux ne remonte donc pas au-delà du XVIe siècle ; et même, sur la fin du XVIIe siècle, il n’y avait que les comédiens qui se poudraient : encore ne portaient-ils de la poudre que sur le théâtre ; ils avaient soin de se peigner et de se dépoudrer quand ils en sortaient. Avec la Révolution, c’est-à-dire depuis que la mode de porter les cheveux courts s’introduisit, l’usage de la poudre disparut.
D’après « Nouveau dictionnaire des origines, inventions et découvertes » (tome 2), paru en 1828







































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