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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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  • > Archives pour le Jeudi 2 octobre 2014

Château de la Reine des Fées

Posté par francesca7 le 2 octobre 2014

près de Blaye (Gironde)

 
 
téléchargement (7)Au XIXe siècle, on pouvait encore voir près de Blaye (Gironde) un dolmen que la légende populaire affirmait être l’entrée du château des Fées dont nul être humain y pénétrant ne sortait vivant car dévoré par ses occupantes, à l’exception d’un pasteur, voyageur acceptant de relever un défi en partant à la conquête d’un œuf magique détenu par le plus puissant des mauvais génies

Il est incontestable que les traditions populaires ont une certaine importance historique ; car elles sont presque toujours un mélange de roman et d’histoire. L’on voit que ce n’est pas d’hier que la vérité se cache sous le manteau de la fable.

Il existait au XIXe siècle à Saint-Ciers-de-Canesse, près de Blaye (Gironde), un remarquable dolmen, sur lequel l’imagination populaire nous a légué une légende curieuse qui rappelleles Mille et une nuits : c’est le même mélange de merveilleux et de terrible. Ne parlez pas aux habitants de ces contrées des druides et de leurs terribles mystères célébrés sur ces blocs géants, ils vous riraient au nez sans merci. « Ces pierres levées (peyres lebades), vous diront-ils, ne voyez-vous pas que ce sont les ruines de l’entrée du castel de las Hagues (du château des Fées). »

Ils vous feront observer que tout prouve que ces pierres ont été habitées ; et, en effet, la science vous dira, avec M. Jouannet : « Que trois blocs énormes servaient de murs à ce château des Fées ; qu’il avait pour toit une pierre gigantesque, et que cette masse reposait, à sept pieds du sol, sur trois blocs et sur une pierre plus petite placée à l’entrée ; que le support du nord avait été entamé par la main de l’homme ; qu’on y avait ouvert une porte qui depuis a été bouchée. Cette particularité fait présumer qu’à une époque inconnue cet étrange réduit a été habité. Un puits, creusé auprès, semble venir à l’appui de cette conjecture. » Pour les habitants, c’est plus qu’une conjecture, c’est une incontestable réalité ; écoutez plutôt ce qu’ils racontent :

Un jeune et beau pasteur, coupable d’indépendance envers son tyrannique patron, avait franchi le support d’entrée et s’était réfugié dans cet antre maudit, dont nul être humain n’osait approcher ; car on n’avait jamais revu ceux qui y étaient une fois entrés. Ces blocs énormes étaient, en effet, la porte gigantesque du puits de l’abîme qui communiquait jusque dans les entrailles du monde, et sous laquelle passaient les mauvais génies pour se rendre dans leur empire souterrain. A peine le pasteur avait-il mis le pied sur la pierre d’entrée, que le plus affreux spectacle frappa ses regards : des ossements humains jonchaient le sol de cette horrible caverne, et, à sa voûte, des gouttes de sang figé pendaient en stalactites.

Saisi d’horreur, il détourne ses regards et se rejette en arrière ; le sol semble céder sous lui, et il se sentit aussitôt descendre. L’éclat extraordinaire du lieu où il arrive si mystérieusement le force de fermer ses yeux éblouis. Tout à coup, des bras invisibles le saisissent, l’enchaînent, l’enlèvent, et le transportent dans une salle non moins magnifique. Des colonnes d’albâtre en soutenaient la voûte de cristal. Au milieu s’élevait un trône resplendissant, ombragé par deux arbres aux rameaux d’or et couverts de rubis.

Le pasteur se croyait le jouet d’une illusion, et son admiration redoubla lorsqu’il vit entrer une gracieuse phalange de femmes, qui vinrent, une à une, prendre rang autour de lui. Elles étaient toutes d’une merveilleuse beauté. Il se crut transporté dans la demeure céleste des déesses. Mais son enthousiasme n’eut plus de bornes quand il aperçut une femme mille fois plus belle que ses compagnes.

C’était Fréa, la Reine des fées, qui suivait ses gracieuses soeurs ; Fréa, à la robe blanche et flottante, aux souliers d’or, qui portait ses noirs cheveux flottants sur ses belles épaules, et qui ornait son front pur d’une chaîne d’or et de diamants. Elle s’avançait, dans sa démarche pleine de grâce et de majesté ; quand ses beaux yeux s’arrêtèrent sur le jeune homme, un nuage de tristesse vint les voiler. Le pasteur, nourri dans la vénération religieuse de ses pères, qui adoraient la femme comme une divinité, se jeta aux pieds de ce trône, où elle vint s’asseoir. Fréa pensa qu’il implorait sa clémence : « Non, non, dit-elle, il faut mourir. »

Mais le pasteur ne l’entend pas ; saisi d’admiration, il contemple avec amour cette beauté merveilleuse et toujours jeune, dont les hommes n’ont pas idée. La reine était fée, et les fées sont femmes ; elle eut pitié de ce beau et naïf jeune homme, qui oubliait son sort pour la regarder.

– « II faut mourir », répéta-t-elle enfin d’une voix triste et émue.
– « Ah ! les dieux sont donc aussi cruels que les hommes », s’écria le pasteur avec amertume et comme sortant d’un rêve ; j’ai fui la mort pour aller au devant de la mort ; mais, du moins, je serai moins malheureux de la recevoir de votre main.
– « Ah ! ce n’est pas une même mort ! celle qui t’est préparée est horrible, épouvantable : tu seras dévoré vivant. »

La Reine des fées s’arrêta et détourna la tête pour cacher une larme, et cette larme était d’or pur. Elle reprit bientôt :

– « C’est là le tribut fatal que nous payons à Rimer, le plus puissant des mauvais génies. Ces blocs debout, sous lesquels tu t’es réfugié, malheureux enfant, sont la table où ses victimes lui sont offertes. Nul homme ne lui est échappé et ne lui échappera, s’il n’a conquis l’œuf des serpents.
– « Si c’est là une conquête qu’un homme puisse entreprendre, je l’entreprendrai, dit en se relevant le pasteur, d’un air résolu. J’ai souvent dompté les taureaux sauvages, lutté avec les ours et les loups-cerviers de nos forêts ; tombe sur moi le ciel, je ne crains rien ! »

Le courage plaît aux fées ; dans leur cœur, il est souvent le voisin de l’amour, et l’amour est bien fort. La Reine des fées, séduite, voulut sauver le pasteur. Quand fée le veut, Dieu le veut. Fréa lui donna un anneau mystérieux qui rendait invisible, pour qu’il pût échapper à la vue perçante des serpents et à leur active poursuite.

Grâce à ce puissant secours, il pénétra sans danger dans l’horrible caverne où mille serpents entrelacés avaient, de leur bave, composé l’œuf magique. Le pasteur s’en empara aussitôt, et, montant sur la table du sacrifice, il attendit sans terreur Rimer le dévorant. Au moment où la nuit devient de plus en plus sombre et où la clarté des étoiles va pâlissant peu à peu, il entendit dans les airs un bruit sourd comme un battement d’ailes, et il vit approcher, monté sur un monstrueux loup ailé, se servant de serpents en place de brides, le terrible génie de l’abîme, qui descendait sur lui avec la rapidité de la foudre pour le dévorer, comme sa victime inévitable.

téléchargement (8)Mais le pasteur, le touchant soudain avec l’œuf magique, le terrassa, le vainquit, et l’enchaîna pour l’éternité. Alors cessèrent les sacrifices humains, et le vaillant pasteur fut béni par les fées et par tous les pères qu’il arrachait à ce tribut fatal. Il ne retourna cependant pas avec les hommes, demeurant toujours avec Fréa, la Reine des fées, son sauveur. Il eut une longue et heureuse vie, car son épouse lui donna des pommes d’or qui avaient la vertu de conserver une éternelle jeunesse.

Mais comme il ne pouvait se nourrir des célestes aliments des fées, il se creusa un puits près de la porte des Géants ; avec une hache de pierre précieuse, don magnifique de sa compagne, il tailla dans le bloc du nord un réduit où il déposait le produit de sa chasse.

Telle est la tradition très peu connue du castel de las Hagues, de ce château des Fées, où nous ne voyons, nous, qu’un dolmen. A travers les festons et les gracieuses découpures du manteau de la fable apparaît la vérité toute nue. L’œuf des serpents, les sacrifices humains ; d’un autre côté, la victoire par l’amour d’un allié du ciel sur les antiques divinités ; tout cela frappe d’étonnement et nous autorise peut-être à conclure que les traditions populaires ont leur importance historique.

(D’après « L’Éducation. Gazette des femmes », paru en 1842)

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Malédiction du cruel Juhel

Posté par francesca7 le 2 octobre 2014

et château de Mayenne

(D’après « La Tradition », paru en 1905)

 
 
images (10)La légende affirme que longtemps on vit voler le soir, dans la forêt de Mayenne, deux oiseaux blancs comme des colombes poursuivis par un vautour, suite à la cruauté dont fit preuve le maître des lieux, Juhel qui, à la faveur d’une fugue de ses filles, incrimina les religieux du monastère voisin et jeta sur eux l’opprobre

Près du château de Mayenne du baron Juhel – Juhel III de Mayenne (1168-1220), était un moûtier – monastère – habité par des moines qui étaient de ses amis. Ses deux filles s’y rendaient souvent et la méchanceté s’en mêla. On disait tout bas que le Prieur aimait la blonde et le Cellerier la brune. C’était mal parler, car il n’en était rien. Nos damoiselles de Mayenne, en ces temps de rudesse, allaient trouver au moûtier des heures de paix, des conseils, confier au plus quelques-unes de ces pensées intimes mi-pieuses, mi-tendres, qui tournoient parfois dans l’âme des jeunes filles.

Mais un matin, dès l’aube entrouverte, les jeunes châtelaines passèrent le pont-levis. Le guetteur de la haute tour les vit et en fut un peu surpris ; elles allaient, pensa-t-il, beaucoup plus tôt que de coutume visiter les manants pauvres du voisinage. D’ordinaire elles ne sortaient, en effet, à cette heure hâtive, que lors des chasses au lanier. Le jour s’écoula, le soir vint et une nuit noire où ne pointait pas une étoile, enveloppa les tours et les créneaux des murailles, sans qu’elles fussent rentrées. On les avait vainement cherchées dans le château, dans le bourg et aux environs l’inquiétude était à son comble.

Un page jaloux et mauvais finit par dire qu’il les avait vues, le long des lices, avec deux moines prendre le chemin de la campagne. C’était de la scélératesse de sa part et il ouvrait le champ à la calomnie qui avait été contenue jusqu’alors. Leur mère tomba en pâmoison, le baron, outré de colère et d’indignation, appela ses chevaliers : « Chevauchez, leur dit il, jusqu’à ce que vous les trouviez. » Ils partirent ; lui alla droit au moûtier pour s’emparer des moines, mais ils connaissaient sa violence et ils s’étaient enfuis.

Les hommes de Juhel chevauchèrent toute la nuit, parcoururent les hameaux, frappèrent à toutes les portes ; ils ne trouvèrent pas les fugitifs. Le Bouteiller, qui avait pris le chemin du Fauconnier – commune de Saint-Georges-Buttavent – pour gagner la forêt, découvrit au lever du jour les deux Juhelettes à l’ermitage du Hec, sous des habits de paysannes. Elles dormaient sur un lit de feuillage. Ramenées aussitôt au château, leur père ne voulut pas les voir. Dans son courroux, il les eut tuées peut-être ? Non. Il méditait un projet plus atroce. Elles crièrent aux chevaliers qu’elles étaient innocentes, qu’elles allaient, pieds nus, faire en pauvresses un pèlerinage à Saint-Michel-du-Mont. On ne les écouta pas et elles furent descendues dans une basse-fosse du donjon.

Juhel devint très sombre, réunit toute sa maison et dit : « Mes filles sont mortes, qu’on ne m’en parle jamais, ni des moines non plus. » Et sa femme comme ses chevaliers gardèrent le silence, car il était terrible. Lorsqu’il avait donné un ordre, aucun de ses familiers n’eût osé le discuter. Le baron fit bâtir deux tours dans la forêt de Mayenne, l’Artoire et la Réhette, et y enferma ses filles. Les portes en furent murées, et chaque jour un de ses sergents leur passait du pain, des racines et de l’eau, par une étroite ouverture. Pour achever sa vengeance, il mit de sa propre main le feu au moûtier abandonné, ricana d’une façon horrible pendant qu’il brûlait. L’évêque voulut intervenir, il le repoussa. Le pape le menaça, ce fut inutile ; il l’excommunia, dès lors Juhel devint abhorré de tout le pays du Maine.

Vingt ans se passèrent. Les recluses devenues des squelettes à cheveux blancs, ne poussaient que de faibles et rares gémissements, qui ne dépassaient guère les murs de leur prison. Il n’y avait pas eu un chevalier assez hardi pour braver les ordres de son maître et sauver les deux infortunées. Leur jeunesse s’était écoulée dans les tortures d’un long désespoir. Au gré de leurs désirs, elles mouraient trop lentement. En devenant vieux, Juhel s’apaisa, pensa à son âme, à la miséricorde divine dont il aurait besoin. Avait-il été un justicier selon le droit et la charité ? La voix de sa conscience longtemps étouffée lui affirma sa faute et il ne tarda pas, quand il voulut se renseigner, à reconnaître qu’il était criminel vis-à-vis de ses filles et vis-à-vis des moines.

Poussées par un sentiment de piété et aussi de folle aventure, les deux damoiselles avaient en effet entrepris le voyage du Mont-Saint-Michel, et dans la crainte de rencontrer des obstacles à leur projet, étaient parties seules à l’insu de tous. Défaillantes et les pieds ensanglantés, il leur avait fallu se réfugier pour la nuit chez l’ermite du Hec. Juhel pleura, il était trop tard ; il rappela ses filles, il était trop tard. Elles avaient souffert dans leur cœur et dans leur corps et ne pouvaient vivre longtemps : à peine parlaient-elles. Leur seul plaisir consistait à se retrouver sur la haute terrasse de la forteresse ; elles avaient là sous les yeux la vallée de la Mayenne qui leur rappelait sans doute quelques heures riantes de leur jeunesse et aussi la place vide de ce cloître du moûtier dont elles aimaient jadis à respirer les lys et les roses.

Peu de temps après, elles moururent épuisées, trop faibles pour supporter l’air et la lumière. Pas un reproche ne sortit de leurs lèvres, et elles eurent encore des sourires de consolations pour le pécheur repentant elles étaient de ces bons et doux êtres que Dieu épure dans les souffrances et dont il fait des anges. Personne n’eut pitié de Juhel, qui sous le poids de ses crimes partit pour Rome, afin d’en demander au pape la rémission. A son retour, il rendit aux moines tous leurs biens dont il s’était emparé et leur donna de l’argent pour bâtir un nouveau monastère (1205), près de la forêt de Mayenne, à Fontaine-Géhard – commune de Châtillon-sur-Colmont.

On a vu pendant longtemps voler le soir, dans le voisinage de l’Artoire et de la Réhette, deux oiseaux blancs comme des colombes poursuivis par un vautour. C’étaient les Juhelettes de Mayenne et leur père qui revenaient sous ces formes représentant la douceur et la cruauté. Les prières des moines de Fontaine-Géhard finirent par racheter les forfaits du baron de Mayenne, et dès lors la vision disparut.

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Sur les abords de la Fontaine hideuse

Posté par francesca7 le 2 octobre 2014

Fontaine hideuse (La) de Beuvry, maudite depuis la veille de la Noël 1493

 

 
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Si la route de Lille à Béthune fait un coude à l’extrémité nord du terroir de Sailly-la-Bourse, c’est, selon la légende, pour éviter la Fontaine hideuse, maudite depuis la veille de la Noël 1493 lorsqu’elle eût englouti un convoi de voyageurs dans ses profondeurs insondables. Pas un brin d’herbe ne poussa depuis, pas un poisson ne fendit ses eaux qui acquirent la réputation de glacer les cœurs

La route de joignant Lille à Béthune partait autrefois du moulin de Bellenville, en serpentant à travers des mares et des fossés, droit au mont de Beuvry. Elle était, entre ces deux endroits, en bien mauvais état pendant la saison pluvieuse, parce que le terrain y est marécageux et tourbeux.

Les habitants de Vermelles, de Cambrin et d’Annequin se rendant au marché de Béthune, devaient alors y transporter leurs produits à dos de cheval ou à demi-chargement de voiture. Le coche qui y passait deux fois par mois, avait soin de prendre à La Bassée, au Cheval Rouge, deux bons chevaux de relais, et ses six chevaux flamands, aux jours pluvieux, avaient bien de la peine à franchir ce passage.

Or, en l’an 1493, la veille de Noël, une pluie fine et glaciale tombant toute la matinée, avait fondu la neige qui couvrait la terre depuis huit jours, et rendait cet endroit difficile et dangereux. A cause des fêtes de Noël, le coche était bondé de voyageurs. Deux chartreux, deux nonnes, et deux moines, emplissaient le coupé ; quatre bons marchands se serraient dans l’intérieur à côté de deux jeunes fiancés ; l’impériale regorgeait de bagages et de marchandises.

Le phaéton, trompé par la lueur vacillante d’un feu follet, quitta la route empierrée et la voiture s’embourba. Sous le fouet et les jurons du conducteur, les chevaux se cabraient, frémissaient, piaffaient, mais le coche ne bougeait pas. Les hommes descendirent et délibérèrent. Les moines et les chartreux prirent chacun une roue, leurs bras nerveux se tendirent, les jantes craquèrent ; le coche ne bougea pas davantage. Les marchands et les religieux firent un suprême effort, mais encore en vain. « Que le diable emporte tout, dit le cocher, hors de lui même ! »

Quand les moines, les chartreux et les marchands voulurent rebrousser chemin, ils sentirent qu’ils s’enlisaient, que l’eau et la boue leur montaient jusqu’aux genoux. Les malheureux, désespérés, glacés d’effroi, s’enfonçaient toujours lentement, graduellement, fatalement. Déjà l’enlisement gagnait leur poitrine. « Salva nos Domine », dit une voix. « Miserere mei », dirent les moines. Et des lèvres brûlantes des marchands sortaient les noms bénis de fils et d’épouses.

Quand, vers minuit, entre deux nuages, la lune apparut, on ne vit plus que l’impériale du coche et des bras s’agitant convulsivement au-dessus de l’abîme dans lequel les nonnes étaient descendues évanouies, et les fiancés endormis, rêvant à l’hyménée. La neige recommença à tomber pour couvrir les victimes d’un blanc linceul. Deux pêcheurs qui tendaient près de là leurs filets, assistèrent pétrifiés à cette scène lugubre ; ils coururent, revenus à eux-mêmes, conter l’aventure à Beuvry. La foule, venant de toute la contrée, ne vit au milieu du grand chemin vert, au lieu du sinistre, qu’une fontaine de plus de 200 pieds de tour, claire, bleue, ovale, semblable à l’œil immense d’un monstre souterrain guettant sa proie.

On voulut sonder la fontaine : tous les câbles de la contrée, bout à bout, n’en trouvèrent pas le fond. On voulut, pour leur donner la sépulture, pour leur dire les prières des morts, pour qu’un ami pût venir sur leurs tombes, arracher les victimes au gouffre béant ; mais l’abîme est sans fond, et, malgré tous les efforts, il n’a rendu ni un cadavre, ni un lambeau de froc. On l’appela « la Fontaine hideuse ». Depuis ce jour lamentable, tous les ans, dans la nuit de Noël, de la onzième à la douzième heure, on entend sans cesse au fond de la Fontaine hideuse, claquer le fouet d’un postillon, et, les âmes pieuses voient dans une sorte de coche lumineux : Jésus dans la crèche, Joseph et Marie, l’âne, les bœufs, les bergers et, l’étoile.

Depuis quatre siècles, pas un brin d’herbe n’a poussé dans la fontaine, pas un poisson n’a fendu ses eaux, pas une goutte de son onde n’a été réchauffée par les feux des étés les plus brûlants. Tous les monts de la Savoie ne pourraient combler cet abîme ! Tout le foin de la Normandie y disparaîtrait en un clin d’œil, comme englouti par un monstre invisible !

Deux tourbiers sont perclus aujourd’hui pour s’être baignés dans la fontaine. Ils ne doivent la vie qu’à la précaution qu’ils avaient prise de s’être fait attacher par une corde à l’aide de laquelle on les retira du danger qu’ils couraient de disparaître aussi. Malheur à ceux qui se sont désaltérés à la Fontaine, ils n’ont jamais connu les joies de l’hymen, ou les ont oubliées s’ils les avaient éprouvées déjà : quelques gouttes de son eau glacent encore les plus férus d’amour.

téléchargement (6)Que de jouvenceaux prêts à aller à l’autel ont pris le chemin du cloître ou du monastère. Les abbayes de Gonnay et de Choques en comptèrent par certaines. Que d’amantes jalouses ont glacé, avec de l’eau de la fontaine, malicieusement, méchamment le cœur de leurs amants !

Le propriétaire actuel de l’ancienne abbaye de Choques – village situé à une demi-lieue de Béthune – a retrouvé on 1866 sous le taillis d’un bosquet formé sur les ruines des bâtiments de ce monastère, six pierres tombales en marbre blanc et en grès sculpté encore visibles aujourd’hui, de Francicus Pruvost, d’Andreas Dessain, de Ludovicus Gouillart, d’Elegicus de Baillencourt-Courcol, d’Ambroise Rattel et de Prosper Bonvalet, pieuse relique, morts dans cet asile de paix en odeur de sainteté, grâce à l’eau miraculeuse de la Fontaine hideuse, suivant l’épitaphe libellée en latin.

Depuis que cette source est là béante, la route de Lille à Béthune fait un coude à l’extrémité Nord du terroir de Sailly-la-Bourse, les voitures ne passent plus par Werquin pour se rendre à Béthune, et les roseaux, la ciguë aquatique croissent dans les mares du Grand Chemin Vert qui partait, avant la Fontaine hideuse, d’Annequin au mont de Beuvry.

(D’après « La Tradition », paru en avril 1892)

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