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    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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La faune marine Bretonne

Posté par francesca7 le 31 août 2014

 

La situation géographique de la Bretagne, lieu de transition entre la Manche et l’océan Atlantique, favorise le passage de nombreuses espèces migratrices et offre un cadre de vie d’exception à une infinie variété de mammifères, de poissons et de coquillages.

Oiseauximages (5)

Le goéland argenté est l’oiseau le plus commun du littoral breton ; il repousse même son habitat jusqu’au cœur des villes (à Rennes, sa présence est attestée depuis 1987). Il se reconnaît au gris clair qui recouvre ses ailes (1,40 m d’envergure) et à ses pattes roses. La mouette tridactyle , que l’on confond souvent avec le goéland argenté, est nettement plus petite (1 m) et l’extrémité de ses ailes est noire, ainsi que ses pattes. Avec 1,70 m d’un bout de l’aile à l’autre, le fou de Bassan est le plus imposant des oiseaux de mer. Sa tête jaunâtre achève son long cou et domine de grandes ailes dont la pointe est teintée de noir. Légèrement plus petit (1,50 m) legrand cormoran se distingue de son cousin huppé par sa taille et son corps plus imposants. Tous deux de noir vêtus, ils arborent un bec en forme de spatule de couleur jaune. La plupart des sternes ont le dessus de la tête couronné de noir et n’excèdent pas 90 cm d’envergure (pour la sterne caugek). Leurs ailes et leur queue pointues permettent de les identifier à coup sûr. Le fulmar boréal est assez proche des goélands par la taille, mais il se distingue par la rigidité de son vol plané et par les deux narines tubulaires qui dépassent de sa mandibule. Le fulmar boréal partage cette singularité avec les puffins , les océanites tempête et les albatros , autres espèces de la même famille. L’océanite tempête, justement, est le plus petit volatile à fréquenter les côtes bretonnes. Ses 25 g pour 40 cm d’envergure, ses plumes brun-noir et ses mœurs nocturnes en font aussi le plus difficile à observer.

Le macareux moine , rare et donc aussi difficile à observer, est nettement plus reconnaissable grâce à son bec tricolore et son œil cerclé de rouge. C’est un oiseau pélagique, c’est-à-dire qu’il passe le plus clair de son temps en mer, mais on peut l’observer facilement sur l’île Rouzic, dans l’archipel des Sept-Îles (Côtes-d’Armor).

Coquillages, mollusques et crustacés

À marée basse, la mer dépose sur la grève planctons, micro-algues et autres nutriments qui favorisent la colonisation de l’estran par les coquillages et autres mollusques. Ces derniers font à leur tour le délice des oiseaux, des poissons… et des pêcheurs à pied.

Les bivalves

Le plus célèbre, et le plus consommé des coquillages, est certainement la coque . Vivant en groupes, elle s’enfouit de 10 cm dans le sable humide. Tout aussi réputée, la coquille St-Jacques se pêche quant à elle en mer, surtout du côté de St-Quay-Portrieux qui en est devenu la capitale.

Plus difficile à trouver, car solitaire, la palourde se repère grâce aux deux petits trous qu’elle laisse en surface (à ne pas confondre avec la clovisse , nettement moins savoureuse). Elle adore les cailloutis et noircit au contact de la vase. De son côté, la praire préfère les sables grossiers et il faut aller la chercher loin dans l’estran. On ne la ramasse pas en dessous de 4 cm.

Huîtres et moules sont parmi les plus faciles à repérer : elles restent accrochées à leur rocher, émergeant à marée basse. Les premières font la réputation de Cancale ou de Bélon et, les secondes, de la baie du Mont-St-Michel. Le dernier des bivalves pêchés sur la grève est le couteau , qui se trouve aisément grâce au trou en forme de huit qui aère sa galerie verticale.

Les monovalves

Les monovalves les plus courtisés sont les patelles et les berniques , reconnaissables à leur coque tronconique. Elles ne quittent pour ainsi dire jamais leur rocher. Les bigorneaux , que l’on peut ranger dans cette catégorie, cachent leur coquille en colimaçon dans les algues dont ils se nourrissent. Mentionnons ici un crustacé qui échappe à toute catégorie : le pouce-pied . Constitué d’un pédoncule mou (le pied) et d’un corps recouvert de plaques blanches, il foisonne particulièrement sur les rochers de Belle-Île où sa pêche est très réputée.

Les nageurs et les marcheurs

images (6)Les crevettes sont également très présentes sur les grèves. Il s’agit pour l’essentiel de crevettes grises, aussi appelées crevettes des sables. Plus rares, les bouquets se dénichent dans des mares profondes. De leur côté, les crabes sillonnent l’estran dès la marée descendante. Les verts sont de loin les plus fréquents et parfument à merveille les soupes de poisson. Nettement plus coriace, l’ étrille est également plus recherchée pour sa saveur que l’on compare souvent à celle du homard . Vous aurez peut-être aussi la chance d’attraper un jeunetourteau , reconnaissable à ses pinces disproportionnées. En revanche, ne comptez pas trop attraper un grand crustacé comme la langouste . Autrefois négligée, elle est aujourd’hui victime de son succès et a quasiment disparu des côtes bretonnes. Le homard, quant à lui, ne fréquente que les fonds rocheux proches du littoral et aurait aussi tendance à se raréfier.

Poissons et autres nageurs

Pour les découvrir, vous pouvez visiter un aquarium ou assister à un retour de pêche.

Sardines et maquereaux composent le gros de la faune aquatique côtière. Les premières possèdent un corps fin, élancé et une peau argentée recouverte de fines écailles. Les maquereaux sont beaucoup plus gros, jusqu’à 30 cm, et le dessus de leur peau présente une irisation bleu-vert. Ces deux espèces se déplacent en banc. Vous avez peu de chance de vous retrouver face à face avec une lotte , aussi appelée baudroie. Ce poisson particulièrement hideux – son horrible tête représente la moitié du corps – vit dans les fonds vaseux et peut atteindre 50 kg. Le lieu jaune , à ne pas confondre avec le lieu noir qui fréquente les eaux écossaises, est un poisson très prisé des amateurs ; il mesure jusqu’à 1,30 m. Le bar , poisson très combatif apprécié des pêcheurs pour sa sportivité est également recherché par les gourmands. Pouvant peser 8 kg, il se rencontre dans les eaux agitées et se reconnaît à ses deux nageoires dorsales de même taille et à sa grande tache noire proche de l’ouïe.

Ces vingt dernières années, pas moins de vingt-cinq espèces de mammifères marins ont été observées le long des côtes bretonnes. Phoques gris et veaux marins les fréquentent assidûment, tout comme les dauphins (bleu et blanc, grand dauphin) qui résident à l’année en Bretagne. Vous les verrez en cabotant notamment autour de l’île de Sein ou encore en mer d’Iroise. Le rorqual à museau pointu se laisse aussi régulièrement apercevoir, alors que le rorqual commun est… rare.

Du côté des cétacés de grande taille, on observe au large la visite de quelques spécimens de baleines à bosse et de cachalots.

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L’Armor et les îles

Posté par francesca7 le 31 août 2014

 

Les quatre cinquièmes du pourtour breton sont baignés par les flots. Les Gaulois appelaient cette zone « Armor », ou plus rarement « Arvor », ce qui signifie « pays au voisinage de la mer », par opposition à l’Argoat, le « pays de l’intérieur ».

images (3)La côte bretonne

Extraordinairement découpée, elle totalise 2 700 km ; elle n’en mesurerait que six cents si elle s’était contentée d’être rectiligne. Cette longue dentelle rocheuse compte une multitude de paysages magnifiques composés de criques et de grèves, de hautes falaises comme à Quiberon, de caps déchiquetés comme à la pointe du Raz, d’îles et d’écueils comme à Ouessant, de larges baies comme à Morlaix, d’amas granitiques comme à Ploumanach, de promontoires escarpés comme à Fréhel, de golfes comme celui du Morbihan et de rias comme dans les Abers. Tous ces panoramas sont rythmés par le va-et-vient régulier des marées et le ballet incessant des bateaux. Cette merveilleuse diversité fait toute l’originalité de la côte bretonne.

Et, comme si cette grande variété ne suffisait pas au plaisir des yeux, l’Armor a comme fractionné la totalité de son littoral pour mieux nous envoûter. En effet, au gré des promenades, on remarquera que la végétation est brûlée par le vent salin là où la côte est exposée, qu’elle est exubérante là où elle est abritée et qu’y poussent sans effort mimosas, palmiers, eucalyptus, lauriers-roses et autres plantes emblématiques des climats méridionaux.

Les îles

Les côtes bretonnes sont les plus riches de France en îles, îlots et archipels. On en compte plus de cent vingt, dont une petite vingtaine est habitée. La plus vaste, 86 km 2 , est Belle-Île , suivie de loin par Ouessant (18 km 2 ) et Groix (15 km 2 ). Toutes les autres n’excèdent pas 3 km 2 , la plupart étant d’une superficie inférieure au kilomètre carré.

Toutes les îles bretonnes appartiennent au Massif armoricain, qui, loin de se limiter aux terres visibles, se prolonge sous la mer. Au large du Léon et du Trégor, le massif court sur plusieurs kilomètres, et repousse ses limites jusqu’à 50 km dans les zones du golfe normando-breton et le long du Morbihan. Le littoral de Bretagne Sud, justement, est longé par une dorsale rocheuse qui supporte Belle-Île, Groix, Hœdic et les Glénan . Au nord et à l’ouest, les fonds marins sont composés de dépôts grossiers de graviers qui soutiennent des myriades d’affleurements rocheux (les Sept-Îles , Bréhat , Callot , Cézembre , etc.).

Quelle que soit leur taille, les milieux insulaires, même à un jet de pierre du continent, sont d’une importance écologique primordiale. Isolés et faiblement bâtis, ils constituent des sites de préservation exceptionnels de la faune et de la flore.

Les oiseaux sont les premiers à apprécier les îles, qui sont des sites de nidification et d’élevage privilégiés grâce à l’absence de prédateur naturel. Certaines îles ont bien été colonisées par des rats échappés de navires ou négligemment importés par l’homme, mais le Conservatoire du littoral et d’autres associations s’attachent à restaurer ces écosystèmes en faisant disparaître les prédateurs gourmands en œufs frais. C’est notamment le cas dans l’archipel des Sept-Îles au large de Perros-Guirec, et particulièrement de l’île Rouzic qui accueille plus de 15 000 couples de fous de Bassan.

Vagues et marées

L’Armor est continuellement frappé par les vagues, qu’éloignent ou rapprochent les marées.Les vagues , ou, comme disent les marins, les lames, sont un mouvement ondulatoire produit par le vent. Même lorsque la brise ne souffle plus, l’ébranlement se propage à de grandes distances : c’est la houle . Par une illusion d’optique, l’eau semble se déplacer, mais il suffit de regarder flotter un bouchon pour constater qu’il reste immobile. Près du rivage, le mouvement ondulatoire des vagues est freiné par le fond : un déséquilibre se produit et la crête de la lame s’écroule en longs rouleaux d’écume avec un bruit sourd et rythmé, c’est le ressac . Quand la vague atteint un obstacle abrupt, rocher ou falaise, elle est soulevée, lance des embruns, puis retombe de tout son poids. Les jours de tempête, le spectacle peut être prodigieux.

Curieux phénomène que celui des marées . Il est causé par l’attraction de la Lune et, dans une moindre mesure, par celle du Soleil. Lorsque la Lune est au-dessus de la mer, elle attire l’eau vers elle, le niveau de la mer s’élève : c’est la marée haute. Six heures plus tard, la Lune n’est plus au-dessus de l’eau, l’attraction n’opère plus : c’est la marée basse. Lorsque le Soleil et la Lune sont à peu près alignés par rapport à la Terre, l’attraction est plus forte : c’est la marée de vive eau ou grande marée. Ce phénomène se reproduit tous les quinze jours, lors de la pleine lune ou de la nouvelle lune. En Bretagne, les plus importantes se produisent en mars et septembre, lors des équinoxes.

L’amplitude des marées varie selon les zones littorales qu’elles concernent. Dans la baie du Mont-St-Michel, elle atteint un record avec 14 m de marnage . En allant vers l’ouest, ce dernier diminue peu à peu jusqu’à se limiter à 6 m à Brest. En Bretagne Sud comme dans tout le golfe de Gascogne, l’amplitude moyenne des marées est de 5 m.

Quelle que soit son importance, la marée transporte de gigantesques quantités d’eau, qui soumettent la faune et la flore à de fortes turbulences et à des périodes successives d’immersion et d’émersion. Leur régime provoque aussi la formation de courants plus ou moins puissants selon la morphologie des côtes. Dans les baies (comme St-Brieuc, Douarnenez, Mont-St-Michel, Morlaix, etc.), ils sont relativement faibles et excèdent rarement 1 nœud, alors qu’ils atteignent facilement 3 nœuds sur le littoral nord. Dans les passages très étroits, comme les raz de Sein et d’Ouessant, ils peuvent monter jusqu’à 9 nœuds, soit 4,50 m/s !

images (4)La flore

L’autre grande richesse des littoraux est la flore, dont les conditions de vie fluctuent énormément au rythme des marées et du climat.

Certaines plantes sont baignées plusieurs heures par jour par l’eau salée, comme la soude maritime ou l’aster. D’autres sont fouettées jour et nuit par les embruns. D’autres encore baignent dans des vasières (spergulaires), s’épanouissent dans les dunes (oyats et liserons des dunes) ou dans les baies (salicornes). Toutes font preuve d’une extraordinaire capacité d’adaptation en créant des stratégies de croissance et de reproduction en synergie avec leur milieu, si dur soit-il. Si les îles et les îlots représentent l’essentiel des espaces protégés, c’est justement pour pérenniser la richesse et la diversité de ces plantes, et des animaux qui les fréquentent.

 

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Une Bretagne de mégalithes

Posté par francesca7 le 31 août 2014

 

téléchargement (2)Ces monuments de pierre brute ont été à la source d’une inépuisable série de légendes et d’interprétations. La potion magique de nos irréductibles Gaulois n’est néanmoins pas responsable de toutes ces pierres levées qui ne cessent de nous intriguer par leur aspect colossal.

Une constellation de pierres levées

Que sait-on au juste de cette mystérieuse civilisation des mégalithes qui a atteint son apogée dans le pays vannetais bien avant qu’Obélix ne devienne le plus illustre des tailleurs de menhirs

On dénombre en Bretagne quelque 6 000 menhirs et plus de 1 000 dolmens, sans compter les cairns, comme celui de Barnenez dans la baie de Morlaix, et les dépôts funéraires (la Table des Marchands à Locmariaquer).

Les cairns sont apparus au néolithique ancien (vers 5 000 av. J.-C.). Géographiquement cantonnés au littoral, ces assemblages de dolmens prennent des formes variées, tantôt agencés en coude, en transept, en V ou en simple couloir comme à Gavrinis. Au cours du néolithique moyen (vers 4 000 av. J.-C.), les chambres funéraires se sont allongées et ont progressivement changé de type architectural tout en se dotant d’un art pariétal très riche. À la fin du néolithique, elles évoluèrent en allées couvertes (comme celles de la Roche-aux-Fées ou de Gavrinis), parallèlement à l’apparition de sépultures à entrée latérale. À la différence des cairns, menhirs et dolmens, les allées couvertes se répartissent sur l’ensemble de la Bretagne.

Les constructeurs

L’homme est présent en Bretagne depuis quelque 600 000 ans. À l’ Homo erectus qui domestique le feu vers 450 000 av. J.-C. succède, vers 35 000 av. J.-C., l’homme « moderne », chasseur-cueilleur nomade qui se sédentarise progressivement. Vers 7 000 av. J.-C., les agriculteurs du Proche-Orient colonisent l’Europe. Vers 5 000 av. J.-C., l’océan Atlantique stoppe net leur progression. Arrivés à la fin de la terre (Finistère), ils vont remplacer les communautés locales et prendre possession du sol. Et voici que, pour enterrer leurs morts, ils élèvent des mégalithes, des « grandes pierres ».

Face à ces témoignages du passé, l’homme et la femme d’aujourd’hui ne peuvent manquer d’être impressionnés par leur masse, leur aspect cyclopéen. En effet, un mégalithe peut peser plus de 300 t. Le déplacer nécessitait donc le concours de plusieurs centaines de personnes. Soit on faisait rouler la pierre sur des rondins (jusqu’à 10 km), soit on la plaçait sur un radeau pour descendre la rivière ou traverser la baie. Pour la dresser, on la faisait glisser dans une fosse sur une rampe inclinée, puis on la stabilisait avec de la terre et des cailloux. Et le tour était joué !

Religion et société

Il va de soi que seul un pouvoir politiquement fort avait la faculté d’« inviter » ses sujets à construire des tombes gigantesques pour une petite élite. Un pouvoir fort et des divinités puissantes. Au néolithique, il s’agit de la femme et du taureau. La femme est présente sous forme d’écussons ou de stèles anthropomorphes, le taureau n’est bien souvent représenté que par un simple U figurant ses cornes.

Les mégalithes avaient une fonction funéraire et de prestige. Placés sur des hauteurs, taillés dans des roches nobles, ils étaient visibles de loin. Ces symboles des divinités tutélaires veillaient sur les villages et structuraient le territoire. Les alignements paraissent orientés en fonction des équinoxes ou des solstices, mais il serait imprudent de se laisser aller à des théories astronomiques hasardeuses. On peut supposer que, dans une société d’agriculteurs, les travaux étaient rythmés par des cérémonies, comme ce fut le cas chez nous jusque dans les années 1950.

Survivances et folklore

Nombre de légendes se sont attachées à expliquer les mégalithes, de même qu’une myriade d’interprétations romantiques. Les unes et les autres ont engendré fées et farfadets sur un lit de superstitions. La réalité est plus simple.

Au 2 e millénaire, à l’âge du bronze, le mégalithisme est progressivement abandonné. À l’âge du fer, certains mégalithes sont démolis et réincorporés dans d’autres ensembles. Eh non ! Les Gaulois n’élevaient pas de menhirs, dommage pour Obélix… Les Romains, eux, s’en servaient comme bornes routières. Les Bretons ont cependant toujours éprouvé du respect pour ces grandes pierres, d’où un culte païen qui a survécu à tous les efforts d’une Église oscillant sans cesse entre destruction et tentative de récupération ; de nombreux menhirs sont ainsi christianisés, comme ceux de Brignogan-Plages par exemple.

Des légendes pittoresques sont nées au cours des siècles. Ne dit-on pas que le soir de Noël, les menhirs de Carnac vont boire sur la grève de Saint-Colomban…

images (2)Fouilles et conservation

Depuis quelques années, les sites mégalithiques de Bretagne sont victimes de leur succès. Le meilleur exemple en est Carnac . Du fait d’une forte fréquentation, des allées ont commencé à se creuser entre les blocs, déchaussant ces derniers. Pour la sécurité du public et la préservation des alignements, le site a donc été clôturé. La question se pose aujourd’hui de son devenir et de son mode d’exploitation, sachant que la décision servira sans doute de modèle à d’autres sites confrontés aux mêmes problématiques. Comme pour tous les grands sites, la question se pose de l’équilibre à maintenir entre l’ouverture au public et la préservation du patrimoine.

 

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Histoire de la liberté Bretonne

Posté par francesca7 le 31 août 2014

 

Dans l’imaginaire populaire français, la Bretagne druidique occupe une place de choix, au point d’avoir donné naissance au sympathique personnage d’Astérix qui résiste encore et toujours à l’envahisseur. Les sources manquent, il est vrai, sur ces premiers âges, permettant ainsi la libre interprétation. Et les impressionnants mégalithes, menhirs et autres, dressés sur les terres bretonnes bien avant l’arrivée des Celtes, ne font qu’ajouter au mystère… Ce n’est vraiment qu’à partir du Moyen Âge que les chroniqueurs commencent à relater en détail l’histoire bretonne, enrichie des heures de gloire de Du Guesclin et d’Anne de Bretagne, reine d’un duché encore distinct de la couronne de France. Plus tard, du 17 e s. au 19 e s., les armateurs, les corsaires et les pêcheurs succéderont à ces figures historiques, construisant à leur tour la légende et liant indéfectiblement la Bretagne à la mer.

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L’antique Armor

L’homme manifeste sa présence en Bretagne il y a près de 600 000 ans. Quelque 150 000 ans plus tard, voici qu’un Homo erectus y taille des galets, puis, vers 35 000 av. J.-C. passe un chasseur-cueilleur nomade, qui se sédentarise au mésolithique, soit vers 7 000 av. J.-C.

Avant l’ère chrétienne

6 e s. av. J.-C. – Les Celtes arrivent dans la péninsule, pour eux Armor (pays au voisinage de la mer). Ils succèdent à un peuple mal connu, dresseur de mégalithes.

56 av. J.-C. – César détruit la flotte des Vénètes, le peuple le plus puissant d’Armorique, et conquiert tout le pays.

Des Romains aux Francs

Pendant quatre siècles, la civilisation romaine accomplit son œuvre. Puis les invasions barbares ruinent l’Armor.

460 – Arrivée des Celtes de Grande-Bretagne (dénommée alors Bretagne, Britannia ). Ces colons évangélisent l’Armorique, qu’ils nomment Petite Bretagne. L’État reste anarchique.

799 – Charlemagne soumet toute la Bretagne.

Le duché de Bretagne

En 826, Louis le Pieux fait duc de Bretagne un seigneur vannetais, Nominoé, qui se libère de la suzeraineté franque. Il rassemble toute la Bretagne sous son autorité et ouvre une dynastie royale indépendante. En 952 meurt le dernier roi de Bretagne, Alain. Suit alors une période de désordre et de misère qui se prolongera jusqu’à la fin du 14 e s.

1341 – La guerre de Succession s’ouvre à la mort du duc Jean III. Sa nièce, Jeanne de Penthièvre, femme de Charles de Blois, que soutiennent les Français, et son frère Jean de Montfort, allié des Anglais, se disputent le duché.

1364 – Charles de Blois est battu et tué à Auray, malgré l’aide de Du Guesclin Cette guerre ruine la Bretagne.

Réunion de la Bretagne à la France

De 1364 à 1468, les ducs de la maison de Montfort relèvent la Bretagne. C’est la période la plus éclatante de son histoire. Les ducs, véritables souverains, ne rendent qu’un hommage théorique au roi de France.

En 1488, le duc François II, entré dans la coalition féodale dirigée contre la régente de France, Anne de Beaujeu, est battu à St-Aubin-du-Cormier et meurt. Sa fille, Anne de Bretagne, lui succède.

1491 – Anne de Bretagne épouse Charles VIII, mais reste duchesse et souveraine de Bretagne.

1498 – Charles VIII meurt accidentellement, Anne retourne dans son duché.

1499 – Anne redevient reine de France en se mariant avec Louis XII. Le duché reste distinct de la Couronne.

1514 – Anne de Bretagne meurt. Sa fille, Claude de France, hérite du duché. Elle épouse François d’Angoulême, futur François I er .

1532 – François I er fait ratifier l’union définitive de la Bretagne et de la France par le parlement de Vannes.

Loyalisme et révoltes

En 1588, la Bretagne se soulève contre son gouverneur, le duc de Mercœur, qui veut profiter des troubles de la Ligue pour s’approprier la province. Trop mystique pour verser dans le protestantisme, celle-ci ne connaît pour ainsi dire pas les guerres de Religion, d’autant plus qu’en 1598, Henri IV vient à Nantes signer l’édit qui met fin aux luttes religieuses.

1534 – Le Malouin Jacques Cartier découvre l’estuaire du St-Laurent.

1664 – Création à Lorient, par Colbert, de la première Compagnie des Indes orientales.

1675 – Révolte dite du « papier timbré », qui dégénère en jacquerie.

1720 – La tentative du marquis de Pontcallec d’établir une République bretonne échoue.

1764 – Le parlement de Rennes et son procureur général La Chalotais s’opposent au gouverneur d’Aiguillon. Le prestige de l’autorité royale est entamé. La Révolution s’annonce.

1765 – De nombreux réfugiés acadiens s’installent à Belle-Île.

1773 – Naissance de Surcouf à St-Malo.

La Révolution

1789 – Les Bretons accueillent la Révolution avec enthousiasme.

Dès la session des États de Bretagne de janvier 1789, la bourgeoisie régionale se heurte à la noblesse. Le conflit qui s’ensuit fait notamment 3 morts à Rennes. La Révolution passe mais les paysans bretons, qui représentent près de 90 % de la population, se méfient de plus en plus d’une bourgeoisie dont ils perçoivent mal les desseins.

L’exécution de Louis XVI, la persécution des prêtres et la campagne de conscription nationale (300 000 hommes doivent être enrôlés dans l’armée) finissent de les convaincre de rejoindre l’insurrection royaliste.

1793 – Noyades en série à Nantes par le sinistre Carrier. Les prisons étant saturées, et la guillotine jugée trop lente, il ordonne que l’on fasse couler des bateaux entiers chargés d’hommes et de femmes. Avertie, la Convention le rappelle à Paris. Il est guillotiné à son tour en 1794 pour excès de violence…

Histoire de la liberté Bretonne dans Bretagne 220px-R%C3%A9volte_FouesnantLa Chouannerie

1793-1804 – La chouannerie est le nom donné à l’insurrection royaliste dont les artisans avaient adopté le hululement du chat-huant comme signe de ralliement.

Parallèlement au soulèvement de la Vendée, les chouans mènent leur propre mouvement dès l’automne 1793. Ils ne sont alors qu’une poignée d’hommes sans expérience, sans équipements et sans réel espoir de succès face à l’armée républicaine qu’ils se contentent de harceler.

Le renfort d’effectifs de l’armée vendéenne, défaite à Savenay, et le ralliement de nobles exilés leur permettent de s’organiser et d’obtenir des promesses de soutien des Anglais. Dans le même temps, les républicains négocient la paix en leur promettant liberté de culte et amnistie. Le traité signé au château de la Jaunaye le 17 février 1795 est rapidement dénoncé par Charette. Les chouans doivent soutenir un important débarquement d’émigrés à Quiberon en juin de cette même année. Les troupes royalistes remportent quelques succès, mais les rivalités entre les chefs provoquent de grosses erreurs stratégiques. Repoussées dans la presqu’île, elles sont défaites et massacrées par les troupes du général Hoche.

La reprise des persécutions religieuses en 1797 marque le début du troisième et dernier mouvement chouan qui s’achève en 1804 par l’exécution de Cadoudal . Ce dernier, fils d’un cultivateur des environs d’Auray, était l’un des principaux chefs de la chouannerie bretonne avec le marquis de La Rouërie , né à Fougères et instigateur du mouvement.

1832 – Échec d’une tentative de révolte, organisée par la duchesse de Berry, à Nantes. C’est le dernier soubresaut.

Le 20 s. et l’essor d’une grande région

1909 – La grève des soudeurs des conserveries concarnoises dégénère en émeute.

1914-1918 – La Bretagne paie un lourd tribut en vies humaines à la Grande Guerre (plus de 250 000 victimes).

Après les mesures de débretonnisation de la III e République, la région va voir briller le flambeau du nationalisme breton. En attendant, l’aviateur morbihanais Le Brix prend de l’altitude et effectue, avec Costes, le premier tour du monde aérien en 1927-1928.

1918 – Fondation du parti nationaliste breton Breiz Atao (Bretagne toujours) qui donnera lui-même naissance au PAB (parti autonomiste breton) en 1927 et au PNB (parti nationaliste breton) en 1932.

1940 – Les habitants de l’île de Sein sont les premiers à rallier le général de Gaulle.

1941 – Le gouvernement de Vichy décide de redessiner le paysage régional français. La ville de Nantes et la Loire-Atlantique (Loire-Inférieure) sont séparées de la Bretagne. Ce découpage sera repris sous la IV eRépublique, lorsque la Loire-Atlantique sera rattachée administrativement aux Pays-de-Loire par décision ministérielle (1956).

1942 – Audacieux coup de main anglo-canadien contre la base de St-Nazaire. Il porte le nom d’opération « Chariot ».

1944-1945 – La fin de l’occupation nazie en Bretagne voit se multiplier les destructions, notamment à Brest, Lorient, St-Malo et St-Nazaire.

1951 – La formation du Comité d’études et de liaison des intérêts bretons (Celib) prélude au renouveau économique de la Bretagne.

1962 – Première liaison de télévision par satellite réalisée à Pleumeur-Bodou.

1965 – La langue bretonne est admise parmi les épreuves du bac.

1966 – Mise en service de l’usine marémotrice de la Rance et de la centrale nucléaire des Monts-d’Arrée.

1967 – Le naufrage, en mars, au large des côtes anglaises, du pétrolier Torrey Canyon engendre la première « marée noire » en Bretagne.

1969 – Création du Parc naturel régional d’Armorique.

1970 – Création du Parc naturel régional de Brière.

1975 – Premiers forages pétroliers entrepris en mer d’Iroise.

1977 – Naissance de l’école Diwan , bilingue breton-français.

1978 – Institution de la Charte culturelle et du Conseil culturel de Bretagne. Échouage de l’ Amoco Cadiz devant Portsall. Près de 80 communes refusent les indemnités et se portent partie civile contre le pétrolier.

1985 – Mise en place d’une signalisation routière en français et en breton.

1990 – Les Côtes-du-Nord deviennent les Côtes-d’Armor.

1992 – Indemnisation des communes sinistrées par l’ Amoco Cadiz .

1994 – Grand incendie du parlement de Bretagne à Rennes.

2004 – « Brest 2004 » sacre la fête de la voile dans une Bretagne plus que jamais maritime.

2007 – Vote du budget de la LGV (ligne grande vitesse) Bretagne-Pays de la Loire, qui doit mettre Rennes à 1h30 de Paris. Le lancement des travaux est prévu pour 2010.

 

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