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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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les arbres du jardin, ambiance bigarrée

Posté par francesca7 le 14 août 2014

 

 

les arbres du jardin, ambiance bigarrée  dans FLORE FRANCAISE 220px-Bamboo_forest%2C_TaiwanIl y déjà quelques semaines que les cigales ont arrêté leurs incessants crissements, pourtant il continue de faire encore bien chaud ; les vendanges battent leur plein et mes voisins sont repartis pour leur ténébreuse Suède. Il arrive qu’on se promène, et l’on s’étonne alors des pourpres et des ors apparaissant ici et là, dans les bosquets, dans la garrigue et le long de la rivière ; mais l’on est surtout occupé à cueillir : les raisins, les dernières prunes, les dernières mûres, les dernières tomates, les cynorrhodons, les noix, les noisettes…

Le figuier du jardin, lui, vient d’offrir sa deuxième récolte et il a fallu recommencer à faire de la confiture.

Car le figuier, cet arbre du début des temps, cet arbre extraordinaire, n’est pas qu’un arbre sacré, rappelez-vous son rôle dans la Bible : c’est aussi un arbre généreux. Et si j’ai pour la générosité du figuier de mon jardin une grande vénération, elle se teinte parfois d’un peu de lassitude. Déjà, début de juillet, il y a une première et surprenante récolte ; ce sont les figues-fleurs, savoureuses et abondantes ; on a beau en manger tout son saoul, chaque jour, il en mûrit de nouvelles. Il faut donc passer aux confitures. On ne peut pas laisser se perdre des fruits de cette nature, et puis les amis sont contents d’en avoir un pot quand on leur rend visite !

… Alors, dans la canicule, tandis qu’on est taraudé par le désir de baignade et de farniente, on reste là des heures au-dessus des marmites à veiller sur les mélanges odorants et brûlants du sucre et des pulpes violacées de ce fruit mystérieux et charnu. Car elles sont mystérieuses, ces figues-fleurs qui provoquent, dans les cuisines et les appentis du village et de toute la région, la première vague de confitures.

“Les figues-fleurs ? Une monstruosité de la nature ! m’a dit Monsieur Gavinelli qui sait tout sur le figuier. Rendez-vous compte qu’il s’agit là d’une catastrophe génétique ; on se trouve devant une fructification sans fécondation, ce qu’on appelle une parthénocarpie. La figue-fleur, c’est un fruit non fécondé, comme la banane ou certains agrumes. En somme, ce sont des fruits anormaux.”

- Mais ces fruits anormaux sont savoureux ! dis-je.

- Oui, bien entendu, mais comme le seront les suivants ; car à l’époque où vous cueillez vos figues-fleurs, disons entre le 5 et le 25 juillet, intervient la fécondation des fruits. Un mystérieux animal, le blastophage, un hyménoptère, vague cousin des abeilles, attiré par le parfum suave émis par le figuier, arrive et féconde les bourgeons. La deuxième récolte est en route, les fruits seront mûrs en septembre.

- Cela, je le sais bien, je suis en train de faire la deuxième vague de confitures. – On arrive même jusqu’à trois récoltes au Moyen-Orient, et les figues retardées qui démarrent comme un grain de poivre sur le caprifiguier…

- Monsieur Gavinelli, excusez-moi, ma confiture est en train de brûler, et c’est un peu compliqué, mais je suis rassurée, et sur l’origine des “monstrueuses” figues-fleurs et sur le

 Marie-Joséphine Grosjean et Robert Crumb A lire : Les Cévennes, rêve planétaire, éd. Clés / Albin Michel.

figuier dont le savant mystère continue de m’enchanter. ”

images (4)Tout jardin est un paradis

Outre le figuier, un poivrier et des micocouliers, mon jardin recèle des bambous noirs tout aussi mystérieux dans leur développement que le figuier, mais ici, dans cette bourgade cévenole, il suffit de sortir de chez soi, de faire trois pas dans la traverse pour que les mystères, en tout cas certains, s’élucident.

Dans la Grand’Rue, presque en son milieu, à quelques mètres de chez moi, se trouve une échoppe remarquable dont la vitrine présente, dans un décor précieux de tissus orientaux et de bougies colorées, des flûtes traversières de toutes tailles… en bambou. On est chez Khaïm, facteur de flûtes Bansuri (terme indien qui signifie bambou musical), un des rares flûtiers voyageurs qui conduit son art de luthier de bout en bout, de la coupe du bambou jusqu’à la vente par internet de sa production renommée et recherchée. Il va lui-même choisir ses bambous dans les forêts sombres d’Assam, au nord-est de l’Inde, ou dans celles de Java, en Indonésie ; puis ils sont coupés, après les lunaisons d’automne, quand la sève est tombée. Ensuite ils sont ramenés en France où ils vont subir différents traitements.

“Il faut environ trois ans pour que le bambou soit prêt pour la fabrication”, me dit Khaïm tout en décorant de fils de couleurs la flûte qu’il vient de finir et dont il jouait quelques notes quand je suis entrée.

De la musique au silence

À deux pas de chez moi et de ma bassine de confiture qui continue sa douce ébullition, le monde s’ouvre dans toutes ses dimensions à travers l’univers des flûtes qui ramène le dieu Pan, Krisna, les Amérindiens, l’Inde et le Japon traditionnels. “Le traitement du bambou par bains et séchages successifs, je l’ai appris d’un vieux maître japonais de Shakahuchi (la flûte zen traditionnelle).

C’est un secret qu’il m’a légué, je ne peux en dire plus.” Ensuite vient la cuisson du bambou dans de la terre et du sable sur une rampe de feu, mais cela tout le monde connaît. Puis arrive la dernière phase, la fabrication de la flûte avec tous les arcanes musicaux, passage à la table de mesure, de perçage, pour l’embouchure, les trous des doigts ; ensuite vient la cautérisation, le ponçage et enfin les ligatures, ce savant tressage de fils de couleurs qui consolident et donnent à l’instrument son âme.

Dans l’atelier sombre qui sent l’encens et le bambou, de grosses bobines posées sur des rayonnages laissent pendre leurs fils de couleurs vives. Une fenêtre donne sur l’étroite Grand’Rue, une autre sur une petite cour intérieure au sol de vieux pavés d’où part un escalier Renaissance aux élégantes balustres en pierre.

On est ici dans l’ancienne synagogue du bourg, elle date du xie siècle, c’est l’une des plus vieilles de France avec celle de Mende, en Lozère. Il est tout de même remarquable que ce soit Khaïm, Français et Israélien, qui soit venu l’occuper pour y faire vibrer l’âme des flûtes ! L’esprit de l’Inde ancienne y vibre aussi, car sur ses

Marie-Joséphine Grosjean et Robert Crumb A lire : Les Cévennes, rêve planétaire, éd. Clés / Albin Michel.

flûtes, comme sur son enseigne, Khaïm grave en sanskrit le mantra OM qui, on le sait, porte toute la sagesse du monde sur sa seule syllabe, et qui pour les musiciens signifie que le silence est source de toute musique…

Je suis revenue contempler les bambous noirs de mon jardin qui jamais ne deviendront flûtes, et, pour tenter de m’accorder à leur âme, je leur ai récité quelques kôan. Puis je leur ai laissé entendre, dans l’occitan d’ici, le patois du Salavès, que le temps allait changer puisque sur le massif du Coutach, que j’aperçois entre les branches, les nuages arrivaient de l’est, ce qui pour nous est signe de pluie.

Le lendemain, le temps était bouché, on n’apercevait ni sommet ni lointain, les figuiers et les bambous pleuraient sous la bruine tiède. La confiture étant mise en pots, la maison rangée et le déjeuner avalé, il ne restait qu’à sortir marcher sous la pluie en suivant les sages adages qu’on entend encore : “Quand Coutach cargo soun capeou, lou pastre cargo soun mantel” (“Quand le Coutach porte son chapeau, le berger met son manteau”), et qui laissent bien voir quels liens indissociables unissent toujours nature et humains sur la terre cévenole.

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Marie-Joséphine Grosjean et Robert Crumb A lire : Les Cévennes, rêve planétaire, éd. Clés / Albin Michel.

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Etrange figure de la littérature

Posté par francesca7 le 14 août 2014

 

(1838-1899)

 
 
Description de cette image, également commentée ci-aprèsC’est une étrange figure que celle du comte Mathias Villiers de l’Isle-Adam, et qui vaut la peine d’être esquissée, écrit à la fin du XIXe siècle Adolphe Brisson, directeur des Annales politiques et littéraires qui estime que rien n’égalait la détresse de Villiers de l’Isle-Adam, sinon son inconscience. Issu d’une prestigieuse lignée, éblouissant ses amis de son âpre éloquence, indomptable jusqu’à son dernier souffle, Mathias avait reçu de son père son humeur aventureuse, et de sa mère son mysticisme exalté.

Il naquit en Bretagne — terre des rêves. Il descendait d’une très ancienne et très illustre famille. Un de ses ancêtres prit part aux croisades ; un autre, Pierre de l’Isle-Adam, fut sénéchal et porte-oriflamme de France en 1355 ; un autre, Philippe, grand maître de l’ordre de Malte, défendit en 1521 l’île de Rhodes contre Soliman.

Mais si le nom des Villiers s’était transmis d’âge en âge, leur patrimoine s’était effrité… Il n’en restait que des bribes au commencement du XIXe siècle, et le père de Mathias, le marquis de Villiers de l’Isle-Adam en était réduit à vivre médiocrement sur les ruines de son antique gentilhommerie. Il tâchait de suppléer à l’insuffisance de ses ressources en se lançant dans de folles entreprises, fondant une Société pour récupérer les biens dus aux émigrés et confisqués par la Révolution française ; organisant sur divers points de Bretagne des fouilles à l’effet de découvrir de vastes trésors ; ayant toujours en tête de chimériques projets et courant après la fortune, tandis que sa femme, fidèle gardienne du foyer, priait dévotement le Seigneur.

Tel est le milieu où Mathias fut élevé. Il subit la double influence de son père et de sa mère. Le premier lui légua son humeur aventureuse, la seconde son mysticisme exalté. Un accident acheva de le troubler. Il fut enlevé par des bohémiens et, pendant deux ans, il mena une existence vagabonde, courant de ville en ville, couchant à la belle étoile. Il s’était pris d’une telle affection pour ses ravisseurs, qu’il fondit en larmes quand le marquis le força de réintégrer le toit paternel. Vous devinez l’influence de ces événements sur une âme romanesque.

Villiers en reçut un pli qui ne devait pas s’effacer ; il avait rompu, dès son âge le plus tendre, avec la société régulière. Il ne voulut jamais se rapprocher d’elle. En vain l’emprisonna-t-on dans un collège ; on ne put le plier à la discipline ; il avait l’allure d’un révolté ; il tenait à ses camarades des discours troublants ; ses yeux lançaient des éclairs. Il effarouchait ses maîtres par l’incandescence de ses doctrines. Et, dans le silence de l’étude, il griffonnait des vers hugothiques, hérissés d’antithèses et ruisselants de lyrisme.

Le marquis et la marquise, pleins de tendresse et d’illusions, jugèrent qu’un grand poète leur était né. Ils résolurent de l’accompagner à Paris — seul terrain où la gloire puisse éclore. Ils vendirent à vil prix leurs champs, leurs bois, le castel des aïeux, et s’installèrent en un modeste logement de la rue Saint-Honoré ; — n’espérant plus qu’en ce fils qui leur avait coûté tant de sacrifices, et comptant fermement sur son génie.

Alors commença l’existence fabuleuse de Villiers… Pendant trente années, il erra, moderne Juif-Errant, à travers les cafés, les tavernes, les bureaux de rédaction, dînant au hasard de la fourchette, vêtu comme un loqueteux, éconduit par les libraires, méconnu du public, admiré de ses amis qu’éblouissait son âpre éloquence. Il se faufila dans un cénacle de jeunes littérateurs, qui devaient presque tous arriver à la fortune. Catulle Mendès, François Coppée, Stéphane Mallarmé, Léon Dierx, assistés de quelques camarades déjà célèbres, Banville, Léon Gozlan, Charles Monselet, venaient de fonder une revue, la Revue Fantaisiste, qui se signala, dès le premier numéro, par son ardeur agressive. Villiers y publia son premier « conte cruel », Claire Lenoir, et devint un des piliers de la rédaction.

Ce que combattait ce petit groupe… vous le devinez, explique Adoplhe Brisson, c’était l’opérette d’Offenbach, le drame bourgeois, le roman feuilleton. Il proclamait les théories de l’art pour l’art et brandissait l’oriflamme de la « rime millionnaire ». Chaque soir on s’assemblait chez Catulle Mendès, le Mécène de la bande, et, durant des heures, on théorisait à perdre haleine. Villiers de l’Isle-Adam ne ressemblait à personne. Quand une fois on l’avait vu, on ne pouvait l’oublier. Il déployait une verve extraordinaire, passant du pathétique au sarcasme, de l’enthousiasme à l’ironie, entremêlant ses considérations esthétiques de grotesques calembours, mais exerçant sur ceux qui l’écoutaient une fascination particulière. François Coppée a fixé sa physionomie dans un vieil et délicieux article de journal :

 

« Soudain, dans l’assemblée des poètes, un cri joyeux est poussé par tous : Villiers !… C’est Villiers !… Et tout à coup un jeune homme aux yeux bleu pâle, aux jambes vacillantes, mâchonnant une cigarette, rejetant d’un geste de tête sa chevelure en désordre et tortillant sa petite moustache blonde, entre d’un air égaré, distribue des poignées de main distraites, voit le piano ouvert, s’y assied, et, crispant ses doigts sur le clavier, chante d’une voix qui tremble, mais dont aucun de nous n’oubliera jamais l’accent magique et profond, une mélodie qu’il vient d’improviser dans la rue, une vague et mystérieuse mélopée qui accompagnent, en doublant l’impression troublante, le beau sonnet de Charles Baudelaire :

 

Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux…

Puis, quand tout le monde est sous le charme, le chanteur, bredouillant les dernières notes de sa mélodie, ou s’interrompant brusquement, se lève, s’éloigne du piano, va comme pour se cacher dans un coin de la chambre, et roulant une autre cigarette, jette sur l’auditoire stupéfait un regard méfiant et circulaire, un regard d’Hamlet aux pieds d’Ophelia, pendant la images (3)représentation du Meurtre de Gonzague. Tel nous apparut, dans les amicales réunions de la rue de Douai, chez Catulle Mendès, le comte Mathias Villiers de l’Isle-Adam… »

Cependant les années s’écoulaient sans amener la richesse dans le pauvre logis de la rue Saint-Honoré. Le marquis, la marquise s’éteignirent, vaincus par le chagrin et la maladie. Mathias demeura seul sur la terre. Il roula jusqu’aux derniers bas-fonds de la misère. Il n’avait plus de domicile légal et logeait, à la nuit, dans les vagues hôtels garnis du quartier latin et de la butte Montmartre. Son cousin, M. du Pontavice de Heussey, a tracé un charmant et touchant tableau de cette période de sa vie. Rien n’égalait la détresse de Villiers de l’Isle-Adam, sinon son inconscience.

Il marchait la tête dans les étoiles, poursuivant son rêve, semblable à un enfant, qui ne soupçonne pas les difficultés de l’existence. Il parlait toujours de l’avenir, mais ne se préoccupait pas du lendemain. Il ne s’inquiétait jamais de savoir s’il possédait ou non une chemise, et, sans la sollicitude de quelques âmes dévouées, il en serait arrivé à sortir presque nu, à moins qu’il ne fût resté dans son lit des mois entiers. Léon Dierx, qui veillait sur lui avec une tendre affection, déposait sournoisement dans sa chambre du linge, des habits neufs… Villiers enfilait les habits, se servait du linge, ne se demandant pas d’où lui venait cette aubaine, n’y attachant aucune importance :

« J’avais pris l’habitude (dit M. du Pontavice de Heussey) d’aller chez lui entre trois ou quatre heures de l’après-midi. Je le trouvais généralement assis dans son lit, accoté par plusieurs oreillers, travaillant et ne s’interrompant que pour allumer une cigarette qu’il n’allumait pas le plus souvent. Dès qu’il m’apercevait (il y avait parfois dix minutes que je me tenais debout devant lui sans qu’il se doutât de ma présence, tant son travail l’absorbait), il faisait un bond en s’écriant : — Ah ! toi, cousin ! Quelle heure donc ?… La fenêtre… la fenêtre ! et, avant que j’eusse le temps de m’opposer à quoi que ce soit, il sautait hors du lit, se précipitait à la croisée qu’il ouvrait toute grande, sans se préoccuper du temps ou de la température ; puis il se recouchait, passait sa main dans sa grande mèche frontale, me regardait d’un air ahuri et finissait par éclater de rire.

« Habituellement ces évolutions avaient pour résultat d’envoyer à travers la chambre tabac, cigarettes et feuilles volantes qui, pour peu qu’il fît de l’air, se mettaient à tourbillonner autour de la table. Je m’élançais au secours de la précieuse prose du poète dont s’amusait une bise peu littéraire et, lorsque j’avais recueilli et remis en ordre tant bien que mal les manuscrits épars, je m’asseyais dans l’unique fauteuil et commençaient nos bavardages. Enfin, vers six heures, à force de persécutions, je parvenais à le tirer des draps et nous descendions dans la rue. »

La rue ! c’était le vrai domicile de Villiers de l’Isle-Adam ; il s’y plaisait, il y était comme chez lui ; il y battait la semelle du soir jusqu’au matin ; il connaissait les pires coins de Paris, et il connaissait aussi bien des secrets qui le rendaient redoutable. Lorsqu’il débouchait, au moment de l’absinthe, sur le boulevard Montmartre, plus d’un de ses confrères l’évitaient, sachant combien il avait la dent cruelle et fuyant son coup de boutoir. Et Villiers passait tranquillement, exposant à tous les yeux, comme Don César de Bazan, « sa cape en dents de scie et ses bas en spirale ».

Il n’avait qu’un point sensible, explique encore Adolphe Brisson : l’orgueil de son blason. Il n’admettait pas que l’on touchât à l’honneur d’un Villiers de l’Isle-Adam, ce Villiers fût-il contemporain de Philippe-Auguste. Peut-être se rappelle-t-on le bizarre procès qu’il intenta à Paul Clèves qui dirigeait, en 1876, le théâtre de la Porte-Saint-Martin. Notre poète passe un soir devant le théâtre ; il regarde machinalement l’affiche et voit annoncé Perinet Leclerc, drame en 5 actes, de MM. Lockroy et Anicet Bourgeois, et, parmi les personnages du drame, il aperçoit, se détachant en vedette, le nom de son illustre ancêtre, le maréchal Jean de Villiers de l’Isle-Adam.

Très ému, il pénètre dans la salle et constate, avec horreur, que les auteurs font jouer au maréchal Jean un abominable rôle, un rôle de traître, contraire, d’ailleurs, à la vérité. Dès le lendemain, il envoie aux journaux une lettre indignée ; il somme M. Paul Clèves d’interrompre les représentations de la pièce ; il traîne devant les juges MM. Anicet et Lockroy qui, naturellement, obtiennent gain de cause. Et Villiers, furieux, quitte Paris et se réfugie chez un ami à Bordeaux, où il arrive en pleine canicule, ayant sur le dos un paletot garni de fourrures, son unique vêtement !

L’écrivain mena encore pendant treize ans cette existence incohérente. Vers la fin de sa vie il parut se régler. Sa situation matérielle s’améliora, sa réputation grossit ; le public commençait à goûter ses livres. On lui demandait à Bruxelles et à Londres des conférence. Peut-être Villiers fût-il mort dans la peau d’un bourgeois propriétaire (on a vu de ces miracles !) si la mort n’était venue le prendre en 1889.

Il est utile de connaître l’histoire de Villiers de l’Isle-Adam pour apprécier la saveur de ses ouvrages. On l’y retrouve tout entier avec ses inégalités, ses obscurités, ses absurdités, et ses élans d’éloquence et ses éclairs de génie. Pour ne parler que d’Axel, où il a mis le meilleur de sa pensée, je ne crois pas qu’il soit possible de pousser plus loin la magnificence et l’étrangeté du rêve, poursuit le directeur des Annales politiques. Ce drame fantastique se déroule en quatre tableaux, qui sont comme autant de fresques largement brossées. Le sujet n’est pas d’une surprenante nouveauté.Axel d’Auersperg vit isolé dans un bourg moyenâgeux, et possède, enfouis sous les murs de son château, de colossales richesses. Il refuse de livrer ces trésors à l’empereur d’Allemagne et tue l’ambassadeur qui vient les lui demander.

Après quoi, pour calmer ses remords, il se consacre aux sciences hermétiques. C’est alors qu’apparaît l’éternelle tentatrice sous les traits d’une vierge, Sara, qui lui inspire un ardent amour. Elle cherche à l’entraîner vers le monde, elle lui montre les mille délices qui leur sont promises. Axel est sur le point de céder. Mais sa sagesse le retient sur les bords du gouffre. Il repousse les matérialités de la passion ; il veut mourir dans la pure joie de l’extase et entraîner dans la tombe celle qui lui est chère :

« Tu vois, lui dit-il, le monde extérieur à travers ton âme : il t’éblouit ! mais il ne peut nous donner une seule heure comparable, en intensité d’existence, à une seconde de celles que nous venons de vivre. L’accomplissement réel, absolu, parfait, c’est le moment intérieur que nous avons éprouvé l’un et l’autre, dans la splendeur funèbre de ce caveau. Ce moment idéal, nous l’ avons subi : le voici donc irrévocable, de quelque nom que tu le nommes ! Essayer de le revivre, en modelant, chaque jour à son image, une poussière, toujours décevante, d’apparences extérieures, ne serait que risquer de le dénaturer, d’en amoindrir l’impression divine, de l’anéantir au plus pur de nous-mêmes. Prenons garde de ne pas savoir mourir pendant qu’il en est temps encore. »

Les deux amants s’empoisonnent ; ils expirent après avoir échangé un chaste baiser. Et la scène s’achève dans un admirable élan de poésie. L’écrivain y traduit, sous une forme éclatante, des idées éparses dans Schiller, dans Goethe, dans Schopenhaüer, dans Hegel. Il les fait siennes, il les anime de son enthousiasme. Le lecteur est désarmé, tant il sent que l’écrivain est sincère.

Je parlais tout à l’heure des contradictions de Villiers de l’Isle-Adam, enchaîne Brisson. Il est difficile, en effet, de concilier le dénouement d’Axel avec les convictions catholiques de l’auteur. Son catholicisme, à vrai dire, était d’une essence, particulière. Il y mêlait de criminelles audaces. Il était catholique à la façon de Châteaubriand, de Baudelaire, de Barbey d’Aurevilly, en qui M. Anatole France a raison de voir des « dilettantes du mysticisme » ; sa piété, comme la leur, pouvait passer pour impie. Il goûtait le charme douloureux du péché et considérait que le sacrilège n’est pas dépourvu de majesté.

Etrange figure de la littérature dans LITTERATURE FRANCAISE 220px-Villers_de_L%27Isle-Adam_by_Loys_Delteil…Et puis, tout cela lui était prétexte à rhétorique. Car, c’est le point faible de Villiers et la raison pour laquelle ses livres s’écrouleront, ils sont écrits avec un souci trop constamment précieux de la forme. L’écrivain se rattache étroitement à l’école romantique, estime le directeur des Annales politiques et littéraires. Il a le culte du mot et de l’épithète ; il recherche l’éclat de la phrase et se laisse bercer à sa musique ; il croit au prestige des sonorités ; il allonge démesurément les descriptions et ne sait pas être sobre, sauf en de rares passages, où la pensée domine et contient l’expression.

Ce sont de fâcheux excès. Mais on les pardonne au pauvre Villiers en faveur de sa belle âme. Il aimait l’art, il n’aimait que l’art. Il portait en lui des splendeurs d’illusions. Quand il s’asseyait à la table d’un café, dans la foule stupide des consommateurs, joueurs de dominos et fumeurs de pipes, son imagination le séparait des laideurs environnantes, l’entraînait en un monde féerique. Et, grâce à cette faculté surprenante d’isolement, on peut dire de lui ce qu’on ne saurait dire de beaucoup d’hommes : Il vécut misérable et il fut heureux… conclut Adolphe Brisson

 

(D’après « Les Annales politiques et littéraires », paru en 1894)

 

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Toulouse, ville littéraire

Posté par francesca7 le 14 août 2014

 

 
 
Toulouse était sans contredit le centre de la littérature, des sciences et des beaux arts, dans le midi de la France. Ancienne patrie des Tectosages, colonie romaine, elle a mérité de tout temps le titre de Palladienne qui lui fut donné dans l’antiquité, comme nous le voyons dans Martial et dans Ausone, et ses Jeux floraux lui acquirent une renommée qui jamais ne se démentit

monuToulouse

Elle subit les destinées de l’empire romain, et devint la proie des Visigoths ; conquise sur eux par nos rois Mérovingiens, elle passa à la dynastie de Charlemagne, et les gouverneurs qu’elle y envoya se rendirent enfin comtes indépendants.

La culture de l’esprit, qui avait fait autrefois la gloire de Toulouse, se releva sous les nouveaux souverains ; elle dut principalement son lustre au comte Raymond V dans le XIIesiècle : c’est sous son règne qu’on voit paraître la plupart des troubadours toulousains dont Millot, Raynouard et de Rochegude ont perpétué le souvenir, et dont ces deux derniers nous ont conservé les ouvrages. C’est donc de cette époque, qu’il faut dater la nouvelle ère littéraire de Toulouse.

Il est même plus que vraisemblable que ce premier collège du Gai savoir, dont nos mainteneurs de 1323 ne se disent que les successeurs, fut établi à Toulouse sous Raymond V, qui mourut en 1194. Le XIIe siècle fut, comme on sait, l’époque brillante de la littérature en poésie romane, tout nous atteste que Raymond V fut un de ses plus zélés et constants protecteurs. Les malheurs qui accablèrent sa maison après lui, les guerres de religion qui désolèrent le Languedoc, dispersèrent les troubadours toulousains, ou étouffèrent les accents de leur luth.

Ce ne fut qu’en 1323, sous le règne du roi de France Charles IV, et lorsque la domination de nos rois fut bien établie à Toulouse, que sept citoyens de cette ville qui avaient conservé les traditions du premier collège du Gai savoir, entreprirent de le remettre en honneur ; ils s’intitulèrent Mainteneurs du Gai savoir ou Gaie science, et ouvrirent un concours poétique en 1323 ; une violette d’or fin devait être décernée au troubadour qui ferait le meilleur ouvrage en vers : le titre de Mainteneurs est remarquable, et les expressions dont se servent les sept premiers membres du nouveau collège dans leurs lettres d’invitation aux poètes, prouvent évidemment qu’ils ne faisaient que maintenir une ancienne institution.

La violette d’or fut adjugée le 3 mai 1324 à Arnaud Vidal de Castelnaudary, pour une cansoou ode à la Vierge. La fête eut lieu dans un jardin ou les mainteneurs se rassemblaient depuis longtemps ; les capitouls, qui y assistèrent, voulurent dorénavant en faire les frais. Ce concours de 1323 est une ère chronologique marquée par tous les historiens et les philologues.

Les mainteneurs voulant régulariser davantage leur institution , chargèrent dans la suite leur chancelier Guillaume Molinier de rédiger un code de lois poétiques et littéraires qui pût servir de base à leurs jugements. Molinier s’acquitta avec exactitude et intelligence du devoir qui lui était imposé, son ouvrage fut publié en 1356 sous le titre de lois d’amors ; c’était le premier traité complet qui eût paru sur cette matière ; il n’avait existé jusqu’alors que des ouvrages incomplets sur l’art de trouver, comme l’attestent Molinier lui-même et tous les auteurs qui ont écrit après lui. Cette seconde époque dans l’histoire de la langue romane est marquée aussi par tous ceux qui se sont occupés de ce genre d’érudition.

L’ouvrage de Molinier, outre les règles pour les diverses compositions poétiques, contient une grammaire détaillée de la langue romane, l’académie des jeux floraux conserve dans ses archives ce précieux manuscrit et se propose d’en publier la traduction.

La réputation du collège du Gai savoir, renouvelé à Toulouse, s’étant étendue de plus en plus, Jean Ier, roi d’Arragon, dans les états duquel on parlait la même langue que dans le midi de la France, envoya en 1388 une ambassade solennelle au roi de France Charles VI, pour lui demander trois mainteneurs de Toulouse, afin de fonder à Barcelone un collège du Gai savoir ; sa demande fut accueillie, les trois mainteneurs toulousains se rendirent à Barcelone, et y fondèrent l’institution poétique, dont la ville Palladienne avait donné le modèle.

Les désordres du règne de Charles VI, les guerres qui remplirent presque tout celui de Charles VII, les malheurs publics et particuliers qu’éprouva la ville de Toulouse sous celui de Louis XI, portèrent de cruelles atteintes au collège du Gai savoir ; ce ne fut que vers les dernières années du XVe siècle que Clémence Isaure le restaura en fondant de nouveaux prix ; c’est une époque qu’il faut bien se garder de confondre avec la première, comme l’ont fait Castel et d’autres auteurs, ce qui les a jetés dans de grandes erreurs. Clémence ne fut pas la fondatrice, mais seulement la restauratrice du collège de la Gaie science, et c’est à la suite de ses nouvelles fondations que s’introduisit la dénomination plus moderne de Jeux floraux.

La langue française avait tout attiré à elle, et la langue romane, déjà effacée par l’italienne sa fille, fut encore obligée de plier devant son autre fille la française, à laquelle le siècle de Louis XIV avait donné un éclat qui ne s’effacera jamais. Le Toulousain Laloubère, auteur distingué et membre de l’Académie française, conçut le dessein de donner à l’antique institution littéraire de sa patrie, une forme plus stable et plus régulière ; il eut le bonheur de faire parvenir sa pensée jusqu’au roi, qui l’adopta, et les Jeux floraux furent érigés en académie l’année 1694.

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L’académie des Jeux floraux soutint dignement l’antique réputation du collège du Gai savoir. Les poètes et les littérateurs les plus distingués se firent un honneur de concourir à ses prix : La Mothe, Marmontel, la Harpe y recueillirent leurs premières couronnes. Mais les fleurs d’Isaure ne pouvaient résister à la révolution, l’académie des Jeux floraux fut contrainte de se séparer en 1791. Ce ne fut qu’en 1806 qu’elle put reprendre ses travaux ; Après quinze ans d’une dispersion fatale, pendant laquelle le plus grand nombre de ses membres avait péri, bien peu par l’effet du temps, presque tous par la hache révolutionnaire ; l’académie répara peu à peu ses pertes, rouvrit ses concours, et des talents distingués brillèrent encore dans sa lice poétique.

Les noms de Millevoye, de Soumet, de Guiraud, de Chenedollé, de Victorin Fabre, d’Hugo, de Resseguier ont remplacé sur la liste de ses poètes Lavreats, ceux de La Mothe, de Marmontel et de la Harpe. Si l’académie des Jeux floraux a vu autrefois siéger à l’Académie française ses mainteneurs toulousains, Laloubère, Tourreil, Campistron, elle y vit au début du XIXe siècle Baour, Soumet et Guiraud, tous les trois enfants de Toulouse et du collège du Gai savoir.

L’académie des Jeux floraux avait alors tous les ans cinq fleurs à distribuer, deux d’or et trois d’argent, l’églantine d’or à un ouvrage en prose dont le sujet était toujours désigné ; l’amarante d’or à un ode ; la violette d’argent à une épître, poème, ou un discours en vers ; le souci à une églogue ; le lis à une hymne ou à un sonnet en l’honneur de la Vierge. Ces fleurs sont alors toujours portées sur l’autel et bénies le jour de la distribution par le ministre de la religion. Fidèle à ses anciens principes, l’académie en conserve soigneusement la tradition et l’esprit.

Outre ces membres de l’Académie française que nous avons nommés, Toulouse a aussi donné naissance à Maynard, à Palaprat et à plusieurs autres poètes ou littérateurs distingués qui ont tous figurés au nombre des mainteneurs ou maîtres ès Jeux floraux ; c’est ce dernier nom qu’on donne aux auteurs qui ont remporté trois prix ou qui ont mérité, par de grands talents, ce titre que l’académie des Jeux floraux se plaît à leur offrir, et que Voltaire lui-même accepta autrefois avec reconnaissance.

La ville Palladienne n’a pas borné ses succès aux arts de l’imagination : son école de jurisprudence et son barreau ont brillé d’un égal éclat ; elle a produit dans les sciences le célèbre Fermat, l’émule de Pascal en géométrie ; d’Arquie, astronome renommé ; Picot la Perouse dont le nom fait autorité en botanique et en minéralogie, et bien d’autres qu’il serait trop long d’énumérer. L’Académie royale des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse , se relevée du milieu des ruines et continua sa carrière avec gloire et succès. Citons encore une Société de médecine distinguée par ses lumières, une académie des beaux-arts, et enfin une société d’agriculture s’occupant essentiellement du premier de tous les arts, celui de nourrir ceux qui cultivent les autres.

Mais ce qu’il faut alors surtout remarquer, c’est que Toulouse est la seule ville de France possédant une académie purement littéraire, les sciences étant partout ailleurs mêlées à la littérature : Toulouse dut cet avantage particulier au caractère du corps littéraire qui se forma dans son sein à une époque reculée, caractère s’étant toujours maintenu et ayant conservé sa première vie : l’institution des Jeux floraux ne ressemble à aucune autre, elle est marquée d’un sceau particulier, elle est toute poétique, ses formes parlent à l’imagination, et n’ont rien de l’appareil et de l’apprêt qui doivent nécessairement accompagner les actes publics des académies ; il semble que ses fleurs sont le prix d’une inspiration soudaine, la religion les consacre, la musique célèbre le triomphe des vainqueurs, et nous reporte en quelque sorte à ces temps de l’antique Grèce où toutes les compositions poétiques étaient chantées et où la lyre résonnait en effet, sous les doigts du poète.

Toulouse semble destiné par sa situation, à faire circuler les sciences et les arts dans le midi de la France, comme elle y fait circuler les trésors de l’industrie, du commerce et de l’agriculture. Son influence s’étend aussi sur la chaîne des Pyrénées qui borne le royaume français ; elle paraît au bord du canal du Midi et d’un grand fleuve au milieu d’une campagne riante et fertile, comme une seconde métropole bienfaisante et protectrice, dont les hommes d’état amis de leurs pays, pourraient tirer le parti le plus étendu et le plus utile.

(D’après « Le Compilateur. Revue de la semaine », paru en 1829)

 

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Léo Albert Charles Antoine Ferré,

Posté par francesca7 le 14 août 2014

Léo Ferré

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Léo Albert Charles Antoine Ferré, né le 24 août 1916 à Monaco et mort le 14 juillet 1993 à Castellina in Chianti (Toscane), est un auteur-compositeur-interprète, pianiste et poète franco-monégasque. Ayant réalisé plus d’une quarantaine d’albums originaux couvrant une période d’activité de 46 ans, Léo Ferré est à ce jour le plus prolifique auteur-compositeur-interprète d’expression française. D’une culture musicale classique, il dirige à plusieurs reprises des orchestres symphoniques, en public ou à l’occasion d’enregistrements discographiques. Léo Ferré se revendiquait anarchiste, ce courant de pensée inspire grandement son œuvre.

À la fin de l’été 1946 Léo Ferré s’installe dans la capitale. Il obtient un engagement de trois mois au cabaret Le Bœuf sur le toit où il s’accompagne au piano. Il se lie d’amitié avec Jean-Roger Caussimon, à qui il demande s’il peut mettre en musique son poème « À la Seine ». Ensemble, régulièrement ils feront plusieurs chansons particulièrement appréciées du public comme « Monsieur William » (1950), « Le Temps du tango » (1958) ou encore « Comme à Ostende » (1960) et « Ne chantez pas la mort » (1972).

En avril 1947, Ferré accepte de faire une tournée en Martinique, qui se révèle désastreuse et le conforte dans son aversion du voyage. Faute d’argent, il met six mois avant de revenir. À son retour, il commence à fréquenter le milieu des anarchistes espagnols, exilés du franquisme. Cela nourrira sa rêverie romantique de l’Espagne, dont « Le Bateau espagnol » et « Le Flamenco de Paris » seront les premières manifestations.

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Cette période lui est psychologiquement et financièrement difficile. Pendant sept longues années il doit se contenter d’engagements aléatoires et épisodiques dans les caves à chansons de la capitale : Les Assassins, Aux Trois Mailletz, L’Écluse, La Rose rouge, Le Trou, le Quod Libet, ou encore le Milord l’Arsouille, ces trois derniers étant successivement dirigés par son ami Francis Claude, avec lequel il coécrit plusieurs chansons, dont « La Vie d’artiste » (1950), en écho à sa récente séparation d’avec Odette.

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Il finit par se faire une petite réputation dans le « métier », parvenant non sans peine à placer quelques titres chez les interprètes de l’époque : Yvette Giraud, Renée Lebas, Édith Piaf, Henri Salvador, Marc & André, puis un peu plus tard Yves Montand et Les Frères Jacques. Mais c’est avec la chanteuse Catherine Sauvage qu’il va trouver sa plus fidèle, passionnée et convaincante ambassadrice.

 Léo Ferré est une des références incontournables de la chanson française. Mêlant l’amour et la révolte, le lyrique et le populaire, l’érudition et la provocation, l’ironie (grinçante) et le dramatisme, la plus grande simplicité et la démesure épique, Ferré dépeint des états d’âme plus qu’il ne raconte des histoires avec des personnages. Son chant secoue plus qu’il ne flatte. Cet artiste est celui par qui la chanson a su acquérir un langage véritablement critique.

L’écriture textuelle

Ferré est considéré comme un poète marquant de la deuxième moitié du xxe siècle, avec une expression riche et profonde, où l’influence du surréalisme se fait sentir notamment dans la deuxième moitié de l’œuvre enregistrée. Il utilise un vocabulaire étendu, des champs lexicaux récurrents plutôt inattendus par rapport aux sujets choisis, il joue avec la connotation usuelle des mots, forge des néologismes, crée des images complexes s’engendrant les unes les autres, avec de nombreux changements de registre et de rythme ; l’intertexte littéraire y est abondant, le sens rarement univoque.

En tant qu’écrivain, il a abordé – en les subvertissant à des degrés divers – le récit d’enfance autofictionnel (Benoît Misère, 1970), le genre épistolaire (Lettres non postées, inachevé), l’essai (Technique de l’exilL’anarchie est la formulation politique du désespoirIntroduction à la folieIntroduction à la poésie/Le mot voilà l’ennemi !), le portrait, voire l’autoportrait (préface à l’édition au Livre de poche des Poèmes saturniens de Paul Verlaine, 1961 ; préface au Poètes d’aujourd’hui no 161 consacré àJean-Roger Caussimon, 1967). Il s’est frotté au théâtre (L’Opéra des rats, 1983), il a publié des recueils de poésies (Poètes… vos papiers !, 1956 ; Testament phonographe, 1980) et composé de vastes poèmes ouvragés (Les Chants de la fureur/GuesclinLe Chemin d’enferPerdrigal/Le LoupDeath… Death… Death…Métamec).

 

Le site officiel de LEO FERRE : http://www.leo-ferre.com/pagebaudelaire/

L’écriture musicale

Léo Ferré est un infatigable passeur. En mettant en musique ses modèles et ses affinités, notamment ApollinaireBaudelaireVerlaineRimbaudVillonAragon et quelques autres (RutebeufCesare PaveseJean-Roger Caussimon…) il contribue à en maintenir l’aura auprès d’un public élargi.

Hors de la chanson, Léo Ferré s’est essayé à la composition de différents genres : l’opéra avec La Vie d’artiste (inédit), l’oratorio en 1953 avec La Chanson du mal-aimé (texte d’Apollinaire), le ballet chanté en 1956 avec La Nuit, la musique instrumentale avec la Symphonie interrompue (1954), Le Chant du hibou (1983), Le Concerto pour bandonéon (inachevé), et enfin la musique de film pour Douze heures d’horloge (1959), avec Lino Ventura, ou L’Albatros de Jean-Pierre Mocky (1971). Il faut ajouter à cela la direction d’orchestre, qu’il apprend en autodidacte. De 1975 à 1990, Léo Ferré dirige occasionnellement les orchestres symphoniques qu’on veut bien lui prêter, lors de représentations en France, en Italie, au Canada, en Espagne, en Suisse et en Belgique.

Léo Albert Charles Antoine Ferré, dans CHANSON FRANCAISE 220px-Meilland_ferr%C3%A9_printemps_de_bourges851992

Dernière tournée à travers toute la France. Nombreux hommages ; élaboration du recueil La Mauvaise graine avec Robert Horville ; dernières interventions à Saint-Florentin, puis à la Fête de l’Humanité ; projet de récital au Grand Rex ; mort de Richard Marsan ; hospitalisation à Paris.

1993

14 Juillet, mort de Léo Ferré à Castellina in Chianti près de Sienne. Le 17 Obsèques à Monte-Carlo.

 

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