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    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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BLANCHE MAUPAS – Histoire de Guerre

Posté par francesca7 le 11 août 2014

 

 

UN COUPLE D’INSTITUTEURS MANCHOIS

Histoire des 4 CAPORAUX DE SOUAIN

FUSILLÉS POUR L’EXEMPLE

(Théophile Maupas, Louis Lefoulon, Louis Girard et Lucien Lechat)

 

180px-Maupas-theophile1Des tranchées au poteau d’exécution

La 21ème Compagnie du 336ème Régiment d’Infanterie de Saint-Lô avait prouvé sa bravoure lors des premiers combats de Champagne. Depuis septembre 1914, elle est dans les tranchées, à Souain, face aux Allemands et elle attaque, baïonnette au canon, pour déloger un ennemi situé sur les hauteurs et fortement armé de mitrailleuses 

 Une attaque est prévue le 9 mars 1915. Ceux qui essaient de sortir sont immédiatement tués, les autres ne sortent pas. Autre attaque le 10 mars 1915 : mêmes conditions, mêmes résultats, la 21ème Compagnie ne sort pas. Le lieutenant Morvan, commandant la Compagnie, porte plainte pour « refus d’obéissance ». 

 La Compagnie est relevée et dirigée vers Suippes où siège le Commandement qui considère que cette défection est « un refus d’obéissance en présence de l’ennemi », passible de l’article 218 du code de Justice Militaire. Le général Réveilhac, commandant de la 60ème division, donne l’ordre de « désigner six hommes dans chaque section de la 21ème Cie parmi ceux qui ne sont pas sortis, en choisissant dans les plus jeunes classes, et six caporaux ».

 

- Le 15 mars 1915, 6 caporaux et 18 soldats sont mis aux arrêts.

- Le 16 mars, le conseil de guerre est réuni.

- Les 18 soldats sont relaxés, 2 caporaux sont disculpés grâce au témoignage de leur sergent qui affirme n’avoir ni reçu, ni donné l’ordre de sortir. 

- Les sergents des caporaux Maupas, Lefoulon, Girard et Lechat ne peuvent témoigner : l’un est blessé et l’autre a été tué. Les 4 caporaux sont condamnés à mort. 

- Le 17 mars, à 13 heures, les 4 hommes tombent sous les balles françaises devant leurs camarades à Suippes. 

Le 1er avril 1915, le lieutenant Chapey commandant de la 17ème Cie du même régiment écrit au sujet du conseil de guerre « Les témoins furent pris parmi les chefs qui avaient passé les 3 jours dans les caves. Mais on prit bien garde de faire appeler les 4 seuls officiers, dont j’étais, qui avaient passé les 3 jours auprès des hommes et qui, seuls, auraient pu dire la vérité. L’affaire a été truquée d’un bout à l’autre, je le dis en toute conscience : les 4 caporaux sont morts assassinés ».

 BLANCHE MAUPAS – Histoire de Guerre dans AUX SIECLES DERNIERS 220px-Geraud_Reveilhac

Sartilly, lieu de mémoire

Cette réhabilitation est le résultat d’un combat de 19 ans, mené par Blanche Maupas, veuve du caporal Maupas. Avec courage et obstination, aidée par la sœur du caporal Lechat, Eulalie, et soutenue par de nombreuses associations dont la Ligue des droits de l’Homme, Blanche

Maupas surmontera tous les obstacles. Le hasard fait que Blanche Maupas qui avait commencé, dès 1915, un dossier en vue de la révision du conseil de guerre du 16 mars, est nommée directrice de l’école des filles de Sartilly en septembre 1922. Elle pense terminer sa carrière dans ce bourg. Elle le quittera le 1er février 1926 mais ces trois années suffiront pour que ce chef-lieu de canton bien tranquille devienne l’un des rares lieux qui maintiennent le souvenir des exactions commises par les conseils de guerre du conflit 1914-1918.

 

 Son passage à Sartilly est marqué par plusieurs événements d’importance : 

- 9 août 1923 : réinhumation de son mari dans le cimetière de Sartilly.

- 16 décembre 1923 : accord du conseil municipal pour l’inscription de Théophile Maupas sur le monument aux morts de Sartilly.

- 16 octobre 1924 : réinhumation du caporal Lechat à Le Ferré (35).

- 20 septembre 1925 : inauguration du mémorial dédié aux 4 caporaux de Souain, sur la tombe du caporal Maupas. 

Les réinhumations de Maupas et Lechat et l’inauguration du mémorial donnent lieu à d’imposantes manifestations (5 000 personnes en 1925) dont la presse se fait largement l’écho. 

Ce soutien populaire ne suffira pas à rendre rapidement justice aux 4 caporaux. En 1926, une troisième requête de révision est rejetée. Il faudra attendre le 3 mars 1934 pour que la mémoire des caporaux Girard, Lechat, Lefoulon et Maupas soit réhabilitée par la Cour spéciale de Justice Militaire. 

En 1962, Blanche Maupas meurt à Avranches. Elle est enterrée à Sartilly près du Mémorial aux caporaux de Souain. Ce lieu de mémoire, hautement symbolique, est chaque année un lieu de recueillement lors des cérémonies commémoratives du 8 mai et du 11 novembre. 

Nous vous invitons à saluer la mémoire de Blanche et des 4 caporaux au cimetière de Sartilly en passant devant l’école Blanche Maupas et en empruntant la rue Théophile Maupas. Sartilly n’a pas oublié ceux qui ont eu le courage de lutter pour la Justice et la Réhabilitation. En janvier 2006, son conseil municipal a demandé à l’unanimité l’inscription du Mémorial aux fusillés de Souain à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

 

Document à consulter ici : http://archives.manche.fr/imageProvider.asp?private_resource=11623052

 téléchargement (2)

Pour en savoir plus : Jacqueline LAISNE

• Pour l’honneur de Théo et des caporaux de Souain fusillés le 17 mars 1915. Ed. Isoète 1996

• Fusillés pour l’exemple, les caporaux de Souain, le 17 mars 1915. Ed. Alan Sutton 2002

 

 

 

 

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La propreté des Rois du 18ème siècle

Posté par francesca7 le 11 août 2014

Il faut nous résigner à cette déplaisante constatation : nos pères étaient sales. Montaigne qui, en sa qualité d’original, estimait le « baigner salubre », blâmait fort ses contemporains « de tenir leurs membres encroustés et leurs pores estoupés de crasse ».

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Cette acceptation de la « pouacrerie » avait encore progressé du XVIe au XVIIe siècle ; quand Louis XIV apparaissait dans la Galerie des Glaces, costumé en dieu et couvert de tant de diamants qu’il fléchissait sous leur poids… il ne s’était pas lavé le matin !

Au XVIIIe siècle, la propreté n’avait pas plus d’adeptes ; et l’on pense tout de suite à ce que devait être ce merveilleux Versailles où s’entassaient, tant bien que mal, dix mille personnes pour qui le savon et l’éponge étaient accessoires insolites.
Ainsi, ces boiseries si joliment fouillées se patinaient au contact de mains malpropres ; dans ces boudoirs qui semblent faits pour servir de temples aux amours, flottaient des odeurs suspectes ; les hôtes de ces pompeuses chambres, au sortir de leurs lits surmontés de dais à bouquets de plumes blanches, enfilaient tout droit leurs chausses et coiffaient leurs huileuses perruques.

En fait de matériel de toilette, rien : si ce n’est, sur quelque commode pansue, une de ces minuscules cuvettes, grande comme un bol, et un de ces pots à eau pour poupée, tels qu’en représentent certains tableaux de Boilly.

On trouve bien, çà et.là, dans cet inextricable dédale, quelques salles de bains ; Louis XV en possède une, charmante, encore aujourd’hui intacte, et sur laquelle les travaux de Pierre de Nolhac nous ont complètement renseignés ; la Dauphine, Mme du Barry, la comtesse de Provence jouissent du même avantage, évidemment réservé aux raffinés ou du moins aux très gros personnages. Mais les autres?

Et cela n’est encore qu’un des moindres inconvénients. Si les cabinets de bains ou de toilette sont objets de grand luxe, d’autres cabinets, non moins indispensables, sont tout à fait inconnus; et alors… on a de grands parapluies de cuir qu’on ouvre pour traverser les cours et sous lesquels on se met à l’abri de ce qui tombe des fenêtres.

La Morandière écrivait en 1764

Le tableau qu’il trace de Versailles est celui d’une sentine. C’est, note-t-il, « le réceptacle de toutes les horreurs de l’humanité… Le parc, les jardins, le château même font soulever le coeur par leurs mauvaises odeurs. Les passages de communications, les cours, les bâtiments en ailes, les corridors sont remplis d’urines et de matières fécales ; au pied même de l’aile des ministres, un charcutier saigne et grille ses porcs tous les matins ; l’avenue de Saint-Cloud est couverte d’eaux croupissantes et de chats morts ».

Il faut en passer et non des moins typiques. Jusqu’à la porte même de la chambre du roi montait l’infection ; là, derrière un paravent, un gros suisse vivait, cuisinait son déjeuner, mangeait, dormait et… digérait.
On défendait, il est vrai, de fumer dans la Grande Galerie, mais on y rencontrait des bestiaux ! Oui, les princes et princesses de la famille royale — « et quelques autres aussi, par grâce » — avaient le droit de faire venir jusqu’à leurs appartements des vaches, chèvres et ânesses, afin de boire du lait frais…

Vers 1830, Viollet-le-Duc, encore étudiant, visita un jour le ,château de Versailles en compagnie d’une vieille marquise qui avait connu la Cour en ses beaux jours d’avant 89.

La noble dame ne s’y retrouvait plus ; certes, elle reconnaissait bien les grands salons et les galeries d’apparat ; mais quand on pénétra dans les petits appartements, elle s’avoua perdue et désorientée. Ces enfilades de pièces démeublées et nettes ne lui rappelaient rien.

Enfin, l’on parvint à un endroit où un tuyau de décharge, crevé par la gelée, avait inondé le parquet d’immondices. L’infection était à faire reculer ; la vieille marquise poussa un cri dé joie :
— Ah ! je m’y revois, dit-elle ; voilà le Versailles de mon temps… C’était partout comme cela!

 

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Les RUES, vastes Latrines du moyen âges

Posté par francesca7 le 11 août 2014

 

gastronomie-latrinesLes chroniqueurs du Moyen Age font des rues de Paris des descriptions assez effarantes. Pour se débarrasser du contenu de leurs pots de chambre, les habitants de la capitale n’ont pas d’autre moyen, semble-t-il, que de le jeter par la fenêtre ! Ceux qui vivent près du Pont-Neuf se servent tout simplement de la Seine comme dépotoir. Sans parler des déchets de boucherie, de triperie près du Pont-au-Change, des résidus des tanneries, des teintureries… Or, à cette époque, la Seine fournit aux Parisiens l’eau qu’ils boivent et avec laquelle ils se lavent, exercice qu’ils pratiquent d’ailleurs fort épisodiquement: les bains ont mauvaise réputation et passent pour préjudiciables à la santé.

A partir du règne de Philippe Auguste, un certain effort de salubrité est entrepris. En même temps que les premières rues pavées, apparaissent les premiers égouts. Malgré ces mesures salutaires édictées par les autorités, Paris et les principales villes de France offrent l’aspect de vastes latrines. 

Le nettoiement des rues n’est assuré que très irrégulièrement, par exemple au moment des entrées royales ou durant les périodes d’épidémie. Dans le premier cas, les habitants sont tenus de curer les rues eux-mêmes, car il n’existe évidemment aucun service de voirie. Dans le deuxième cas, obligation est faite aux particuliers de mettre leurs ordures et détritus divers dans des paniers qu’ils rangeront le long des maisons et qui seront ensuite ramassés par des charretiers. L’effort de salubrité demandé aux habitants ne se prolonge pas au-delà de l’entrée du roi ou de la fin de l’épidémie. L’alerte passée, malgré les risques d’amende ou d’emprisonnement, les Parisiens reprennent leurs regrettables habitudes.

Les noms de rue nous laissent un témoignage précieux et plein d’humour sur l’état de la chaussée au Moyen Age.
A côté de la sempiternelle GrandRue ou Grand Pavé rencontrée partout, des habituelles rues du Château, de l’Eglise, de l’Abbatiale, des Halles figurent des toponymes évocateurs de la gravité d’une situation, d’un état des lieux. Les rues Cavée, Creuse, Bie Crabe (rue en creux), les Trous Punais, la rue des Petits Pentheurs et d’autres appellations similaires sont déjà en soi révélatrices de voies remplies de saletés, de véritables fossés. 

Que dire alors des rues ou ruelles Sale, Foireuse, du Bourbier ou de l’Avalasse, des voies appelées Basse-Fesse, Bougerue du Pipi, des Aysances, de la Triperie! Qu’évoquent encore ces légions de Merderon, de Merdereau (utilisé aussi pour les ruisseaux), de Merderouille, de Merdaric, de Merdron, de Merderel, de Merderet, ou encore ces rues Etoupée (bouchée), ces impasses du Cloaque, du fossé du Poullyon et d’autres appellations qui indiquent la présence d’immondices?

Il existe au Moyen Age, à Lourdes, une place Marcadal dont le nom vient de Marcaladosa ou «quartier fangeux» à proximité d’une tour de Mauhourat, ou «mauvais trou», de fossés nauséabonds et d’une mare boueuse, encore mentionnés en 1412. Une porte Merdière s’ouvre dans l’enceinte de Saintes. Les écrits de l’époque usent d’un vocabulaire d’une richesse peu commune quand il s’agit d’évoquer l’excrément, la pestilence, le malodorant.

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La danse à l’école en 1913

Posté par francesca7 le 11 août 2014

 

Article paru dans le Figaro du 12 août 1913.

 

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Tout comme la France, l’Angleterre s’ingénie, depuis quelques années, à embellir ses écoles et à les rendre sans cesse plus attrayantes. Elle en veut de jour en jour la décoration plus fraîche, plus gaie, plus esthétique aussi. Jadis ornés de tristes tableaux noirs et de cartes vétustes, les murs des classes n’offraient aux imaginations des jeunes élèves que des sujets de rêveries plutôt mélancoliques.

Les pédagogues anglais s’avisèrent que les écoliers, ces oiseaux querelleurs, méritaient d’autres cages. Et le mouvement de l’art à l’école une fois lancé eut rapidement un plein succès.Tandis que, chez nous, les efforts désintéressés et constants de M. Charles-Maurice Couyba, promoteur de la même idée, n’aboutissaient encore qu’à une victoire partielle, nos voisins, disposant de puissant moyens d’action, réalisaient tout de suite d’immenses progrès dans ce domaine.

Dès l’école maternelle, leurs enfants sont initiés aux charmes de l’enseignement par l’image. De riantes estampes leur révèlent la nature sous les divers aspects. Les champs, les prairies, les montagnes, les mers, les animaux et les plantes, et enfin le roi de la création apparaissent tour à tour sous une forme captivante aux bambins curieux. Les grands peintres nationaux, Reynolds, Constable, Bumes Jones, Rosetti, sont mis à contribution ainsi que les maîtres étrangers, notre Corot et notre Legros, par exemple. Mais la pédagogie anglaise ne s’en tient pas aux seuls arts graphiques. Elle demande encore à la danse un nouvel et puissant élément de séduction et d’hygiène.

La «danse à l’école», eh! Oui. Instituteurs et institutrices d’outre-Manche se rendent par groupes à Stratford-sur-Avon pour y suivre les cours de l’école de danses populaires. Et l’enseignement qu’ils reçoivent au pays du grand Will, ils le dispensent ensuite à leurs élèves tout heureux d’une telle aubaine. Les cours ont lieu en août, à l’époque du festival shakespearien, sous la direction de M. Cecil Sharpe, folkloriste distingué, qui, en même temps que les anciennes danses, a retrouvé maintes vieilles chansons anglaises. Dans toute l’Angleterre, le succès de la danse à l’école a été très vif. La pratique de l’art de Mme Isadora Duncan développe chez l’enfant la force, la grâce et la souplesse, lui indique les jolies attitudes et lui procure une douce fatigue pareille à celle de ses jeux préférés. Il y a tout lieu de croire que le mouvement qui a si bien réussi au pays de l’Entente cordiale ne tardera pas à franchir le détroit. Nos enfants sont donc appelés à goûter d’ici peu, dans les écoles, le plaisir harmonieusement mêlé des danses et des chansons du vieux temps.

La matière, chez nous, ne manque point qui permet de créer cet aimable enseignement, depuis les multiples et si gracieuses rondes bretonnes jusqu’à l’endiablée farandole provinciale, en passant par la bourrée d’Auvergne. Si l’on pouvait donner aux générations nouvelles le goût des danses naïves et pudiques où se plaisaient nos pères, on leur ôterait peut-être, pour plus tard, l’envie de connaître telles autres danses sans doute plus originales et, pour d’aucuns, plus excitantes, mais à coup sûr moins saines. Et puis, s’il faut tout dire, la danse remplacerait avantageusement à l’école certains cours d’une utilité beaucoup plus contestable que l’esprit syndicaliste est parvenu à y introduire en fraude. Il est préférable d’entraîner fillettes et garçons aux rondes innocentes que de leur parler, comme le font certains éducateurs, de la révolution sociale. Enfin, ce n’est pas tous les jours qu’on peut impunément donner la même place à un calculateur et à un danseur.


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L’ordre dans les rues de paris

Posté par francesca7 le 11 août 2014

 

Article paru dans le Figaro du 7 décembre 1912.

images (4)Paris devient impraticable. On met plus de temps en 1912 pour aller en taxi de la place de la Concorde à la gare du Nord que de Saint-Germain à la rue Royale, du moins à certaines heures de la journée.

Il y a des quartiers où, quotidiennement, les voitures sont immobilisées plus d’un quart d’heure durant; l’engorgement est à l’état chronique dans certaines rues commerçantes, où la circulation se trouve à la merci du bon vouloir et du bon esprit de MM. les conducteurs, et rien n’y avance si l’un d’eux n’est pas pressé; dans les grandes artères, où les mouvements sont réglés par mesure de police, les arrêts sont moins prolongés, mais si multipliés, qu’un trajet de mille mètres, qui demanderait cinq minutes à la vitesse urbaine, prend une demi-heure. Déconcertant paradoxe: le développement des transports rapides tend à l’immobilité.

Aux plus mauvais jours de l’inondation de 1910, les Parisiens connurent l’angoisse de se trouver emprisonnés ainsi dans certaines rues du centre, pendant des heures qui leur parurent des siècles; on y était en carafe, des carafes que l’eau menaçait de remplir. C’était un phénomène accidentel et momentané devant lequel il n’y avait qu’à se résigner. En 1912, l’embouteillage est le régime courant. Ne fera-t-on rien pour en sortir?

La crise de la circulation des grandes villes est la rançon de leur prospérité, comme la mévente est celle de l’abondance des récoltes; mais il faut mettre ordre à l’une et à l’autre, sous peine de voir champs et cités ensevelis sous l’excès de leurs richesses.

La stase de nos voies publiques tient à l’exécution précipitée, sinon incohérente, d’un programme de travaux tardivement conçu: n’ayant rien fait en temps utile, on veut tout faire à la fois, et c’est ainsi qu’on inflige simultanément à notre pauvre capitale, percée jusques au fond du cœur et secouée de frissons jusqu’alors inconnus, les opérations enchevêtrées de la construction du métro, et de l’électrification du tramway, dans le moment même où celui-ci devrait céder la place à l’autobus, cependant qu’avec furie accourent de toutes parts les taxis multicolores. Invention merveilleuse, à laquelle deux fées ont présidé; la bonne promit la vitesse et la mauvaise imposa le barrage.

Mais voici, la mugissante invasion du gros camionnage, aux chariots plus terribles que ceux d’Attila, et la horde des voitures de livraison, flanquée de son essaim volant des triporteurs et des cyclistes. Oh! les voitures de livraison des grands magasins! Heureux celui qui ne les a rencontrées qu’en marche, et qui n’a pas connu les affres du blocus dans leurs rades de chargement! Il est un quartier de Paris dont l’accès est à de certains moments aussi redoutable que celui de la péninsule balkanique: c’est dans les après-midi où les deux grandes puissances que l’implacable fatalité pousse l’une contre l’autre, entrechoquent les armées de leur innombrable clientèle.

Quelle conférence européenne viendra stabiliser leurs territoires et délimiter leurs frontières, assurer, dans un intérêt purement économique, la liberté des communications depuis la rue du Havre et la rue Lafayette, par l’établissement d’une grande voie internationalisée, et constituer, entre ces deux États, une Albanie bien parisienne, sous l’autorité d’un prince magnanime et pacifique? Quel congrès de travaux publics fera draguer un chenal au milieu de la rue de la Paix? Mais quel Hercule viendra donner un coup d’épaule au préfet de la Seine, pour en finir avec ses douze douzaines de travaux, et au préfet de police pour terrasser l’hydre de la Maraude, devant laquelle tout tremble dans nos contrées?

En attendant la réalisation de ce programme, il importe de recourir à des mesures d’urgence. Pour ce qui est des charrois et des transports commerciaux, Paris en sera de plus en plus encombré jusqu’au moment où les progrès de l’aérostation permettront le fonctionnement régulier du camionnage aérien, à moins d’évacuer par le sous-sol cette circulation de service; ce serait la solution rêvée si les égouts, le Métro et les canalisations diverses pouvaient laisser place à ce réseau de petite vitesse qu’il ne serait pas facile d’installer dans le troisième dessous.

Quant aux travaux de voirie, ils ne nous stupéfient pas moins par leur lenteur que par leur multiplicité. Il y a partout des chantiers; il n’y a nulle part des ouvriers, j’entends en nombre voulu et en pleine activité, donnant l’impression du travail intensif, du coup de collier qui est de règle dans l’industrie privée pour les commandes urgentes. Or, il n’est pas exagéré de dire que, pour les grands travaux de Paris, l’urgence est de tous les instants. Est-il rien de plus pressant que de libérer nos grandes voies des causes d’obstruction qui, en ralentissant le trafic, amoindrissent leur rendement? Les rues de Paris étant des instruments de production dont le débit est incalculable, tout amoindrissement de leur activité cause un dommage plus ou moins important, non seulement à ces rues et aux quartiers qu’elles traversent, mais à la cité elle-même et par contre-coup au pays. Sans parler du discrédit que l’inhabitabilité qui en résulte cause à la capitale, jusqu’ici considérée comme la plus agréable du monde.

Les travaux publics dans les voies parisiennes de grande communication doivent être l’objet de toute l’activité ouvrière et mécanique qu’il soit possible de concentrer sur un espace déterminé; l’œuvre doit s’y poursuivre opiniâtrement et sans relâche, jour et nuit, sous le soleil et sous l’acétylène, et sans interruption aux heures des repas, grâce à des relais d’équipes, dont les salaires et les hautes payes nocturnes seraient largement récupérés par le manque à perdre du commerce parisien, dont la célérité est une condition de succès indispensable.

Ce n’est pas tout de rendre nos rues matériellement praticables, en faisant disparaître les éléments fixes de l’obstruction; il n’importe pas moins d’y activer le débit de la masse fluente. Le trafic s’y congestionne, tantôt par l’absence de toute discipline, tantôt, au contraire, par un excès de régulation, ces deux causes aboutissant au même effet, la stagnation, ici spontanée, et là imposée. Trop de barrages dans certaines régions, trop peu d’interventions dans d’autres, et nulle part l’application rigoureuse des règles élémentaires de la police des véhicules: obligation de tenir la droite et interdiction de s’arrêter au milieu de la chaussée, pour charger le client, ou de ralentir pour le quémander, ce qui constitue la maraude, si préjudiciable à la régularité du mouvement général. M. Lépine, notre préfet de police si justement aimé de tous, serait le premier à le dire: «Nos rues ne se sentent pas gouvernées».

Ce qu’il faut aussi empêcher, sous les sanctions les plus sévères, c’est le stationnement en double file, quand il n’y a pas nécessité absolue; du moins qu’on resserre les lignes pour ne pas laisser interrompre le courant d’une rue par le sans-gêne d’un cocher maladroit ou malintentionné; et, à cet égard, le mieux serait d’en venir à la méthode anglaise, qui ne tolère pas l’immobilisation des véhicules sur les voies exposées à l’encombrement; cabs et voitures de maîtres sont tenus en réserve, à quelque distance, en des emplacements déterminés d’où le client les fait venir pour les prendre ou pour les reprendre, sur un appel de sifflet. Ce serait le complément indispensable du système Eno, qui a du bon, mais qui laisse subsister un grave inconvénient, celui de permettre aux voitures, et dans certains cas les y contraindre, de tourner court au milieu d’une chaussée où d’autres passent en vitesse. Que ne leur impose-t-on la règle absolue de doubler les refuges les plus proches, aux abords desquels il aurait lieu de ralentir?

Quelques-uns de ces refuges sont disposés en porte-à-faux, de la façon la plus déconcertante et comme en vue d’ajouter à tant de causes naturelles d’accidents une difficulté artificielle et surnuméraire. Il y en a notamment, au coin du boulevard Haussmann et de la rue de Monceau, tout un jeu qui semble conçu dans le dessein de mettre à l’épreuve la virtuosité des chauffeurs, auxquels il faut de bien subtils virages pour s’en tirer sans renverser une quille ou bien leur auto. L’ingénieur auquel on le doit eût fait fortune dans l’industrie du billard hollandais.

À ce propos, ne pourrait-on pas abréger les évolutions giratoires qui nous sont imposées dans certains carrefours, où un agent, aussi impérieux avec son bâton blanc que feu Monsieur Loyal avec sa chambrière, nous fait faire le cirque jusqu’à ce que le public applaudisse? Vous me direz que c’est conforme aux lois de la gravitation et qu’il y a des étoiles qui tournent ainsi sans murmurer, dans leur orbite, depuis l’origine des choses. Les Parisiens sont moins patients, n’ayant pas l’éternité à leur disposition.

téléchargement (1)Leur temps a beaucoup de prix, et c’est grand dommage de le gaspiller. Quelle que puisse être la modicité de l’évaluation moyenne qu’en ferait un économiste, il établirait aisément comme quoi le total d’une si prodigieuse quantité de quarts d’heure perdus quotidiennement représente une somme supérieure, oh! combien! à la dépense que nécessiteraient l’accélération des travaux municipaux et l’accroissement des effectifs de la police des voitures dans les proportions voulues pour assurer le respect des règles élémentaires de la circulation urbaine.

Le premier soin d’un gouvernement digne de ce nom est de promettre aux populations l’ordre dans la rue; cela veut dire qu’il prétend les garantir contre l’inconvénient d’une révolution. Or, je vous le demande, qu’est-ce que l’embarras de quelques jours d’émeutes, auxquels on n’est guère exposé que tous les vingt ans, auprès du trouble général occasionné par le ralentissement des transactions d’une grande cité industrieuse? Supputez le dommage qui en résulte inévitablement, et convenez que le devoir le plus élémentaire de l’État, en fait d’ordre dans la rue, c’est d’y assurer la liberté des communications.

 

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