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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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La faune marine Bretonne

Posté par francesca7 le 31 août 2014

 

La situation géographique de la Bretagne, lieu de transition entre la Manche et l’océan Atlantique, favorise le passage de nombreuses espèces migratrices et offre un cadre de vie d’exception à une infinie variété de mammifères, de poissons et de coquillages.

Oiseauximages (5)

Le goéland argenté est l’oiseau le plus commun du littoral breton ; il repousse même son habitat jusqu’au cœur des villes (à Rennes, sa présence est attestée depuis 1987). Il se reconnaît au gris clair qui recouvre ses ailes (1,40 m d’envergure) et à ses pattes roses. La mouette tridactyle , que l’on confond souvent avec le goéland argenté, est nettement plus petite (1 m) et l’extrémité de ses ailes est noire, ainsi que ses pattes. Avec 1,70 m d’un bout de l’aile à l’autre, le fou de Bassan est le plus imposant des oiseaux de mer. Sa tête jaunâtre achève son long cou et domine de grandes ailes dont la pointe est teintée de noir. Légèrement plus petit (1,50 m) legrand cormoran se distingue de son cousin huppé par sa taille et son corps plus imposants. Tous deux de noir vêtus, ils arborent un bec en forme de spatule de couleur jaune. La plupart des sternes ont le dessus de la tête couronné de noir et n’excèdent pas 90 cm d’envergure (pour la sterne caugek). Leurs ailes et leur queue pointues permettent de les identifier à coup sûr. Le fulmar boréal est assez proche des goélands par la taille, mais il se distingue par la rigidité de son vol plané et par les deux narines tubulaires qui dépassent de sa mandibule. Le fulmar boréal partage cette singularité avec les puffins , les océanites tempête et les albatros , autres espèces de la même famille. L’océanite tempête, justement, est le plus petit volatile à fréquenter les côtes bretonnes. Ses 25 g pour 40 cm d’envergure, ses plumes brun-noir et ses mœurs nocturnes en font aussi le plus difficile à observer.

Le macareux moine , rare et donc aussi difficile à observer, est nettement plus reconnaissable grâce à son bec tricolore et son œil cerclé de rouge. C’est un oiseau pélagique, c’est-à-dire qu’il passe le plus clair de son temps en mer, mais on peut l’observer facilement sur l’île Rouzic, dans l’archipel des Sept-Îles (Côtes-d’Armor).

Coquillages, mollusques et crustacés

À marée basse, la mer dépose sur la grève planctons, micro-algues et autres nutriments qui favorisent la colonisation de l’estran par les coquillages et autres mollusques. Ces derniers font à leur tour le délice des oiseaux, des poissons… et des pêcheurs à pied.

Les bivalves

Le plus célèbre, et le plus consommé des coquillages, est certainement la coque . Vivant en groupes, elle s’enfouit de 10 cm dans le sable humide. Tout aussi réputée, la coquille St-Jacques se pêche quant à elle en mer, surtout du côté de St-Quay-Portrieux qui en est devenu la capitale.

Plus difficile à trouver, car solitaire, la palourde se repère grâce aux deux petits trous qu’elle laisse en surface (à ne pas confondre avec la clovisse , nettement moins savoureuse). Elle adore les cailloutis et noircit au contact de la vase. De son côté, la praire préfère les sables grossiers et il faut aller la chercher loin dans l’estran. On ne la ramasse pas en dessous de 4 cm.

Huîtres et moules sont parmi les plus faciles à repérer : elles restent accrochées à leur rocher, émergeant à marée basse. Les premières font la réputation de Cancale ou de Bélon et, les secondes, de la baie du Mont-St-Michel. Le dernier des bivalves pêchés sur la grève est le couteau , qui se trouve aisément grâce au trou en forme de huit qui aère sa galerie verticale.

Les monovalves

Les monovalves les plus courtisés sont les patelles et les berniques , reconnaissables à leur coque tronconique. Elles ne quittent pour ainsi dire jamais leur rocher. Les bigorneaux , que l’on peut ranger dans cette catégorie, cachent leur coquille en colimaçon dans les algues dont ils se nourrissent. Mentionnons ici un crustacé qui échappe à toute catégorie : le pouce-pied . Constitué d’un pédoncule mou (le pied) et d’un corps recouvert de plaques blanches, il foisonne particulièrement sur les rochers de Belle-Île où sa pêche est très réputée.

Les nageurs et les marcheurs

images (6)Les crevettes sont également très présentes sur les grèves. Il s’agit pour l’essentiel de crevettes grises, aussi appelées crevettes des sables. Plus rares, les bouquets se dénichent dans des mares profondes. De leur côté, les crabes sillonnent l’estran dès la marée descendante. Les verts sont de loin les plus fréquents et parfument à merveille les soupes de poisson. Nettement plus coriace, l’ étrille est également plus recherchée pour sa saveur que l’on compare souvent à celle du homard . Vous aurez peut-être aussi la chance d’attraper un jeunetourteau , reconnaissable à ses pinces disproportionnées. En revanche, ne comptez pas trop attraper un grand crustacé comme la langouste . Autrefois négligée, elle est aujourd’hui victime de son succès et a quasiment disparu des côtes bretonnes. Le homard, quant à lui, ne fréquente que les fonds rocheux proches du littoral et aurait aussi tendance à se raréfier.

Poissons et autres nageurs

Pour les découvrir, vous pouvez visiter un aquarium ou assister à un retour de pêche.

Sardines et maquereaux composent le gros de la faune aquatique côtière. Les premières possèdent un corps fin, élancé et une peau argentée recouverte de fines écailles. Les maquereaux sont beaucoup plus gros, jusqu’à 30 cm, et le dessus de leur peau présente une irisation bleu-vert. Ces deux espèces se déplacent en banc. Vous avez peu de chance de vous retrouver face à face avec une lotte , aussi appelée baudroie. Ce poisson particulièrement hideux – son horrible tête représente la moitié du corps – vit dans les fonds vaseux et peut atteindre 50 kg. Le lieu jaune , à ne pas confondre avec le lieu noir qui fréquente les eaux écossaises, est un poisson très prisé des amateurs ; il mesure jusqu’à 1,30 m. Le bar , poisson très combatif apprécié des pêcheurs pour sa sportivité est également recherché par les gourmands. Pouvant peser 8 kg, il se rencontre dans les eaux agitées et se reconnaît à ses deux nageoires dorsales de même taille et à sa grande tache noire proche de l’ouïe.

Ces vingt dernières années, pas moins de vingt-cinq espèces de mammifères marins ont été observées le long des côtes bretonnes. Phoques gris et veaux marins les fréquentent assidûment, tout comme les dauphins (bleu et blanc, grand dauphin) qui résident à l’année en Bretagne. Vous les verrez en cabotant notamment autour de l’île de Sein ou encore en mer d’Iroise. Le rorqual à museau pointu se laisse aussi régulièrement apercevoir, alors que le rorqual commun est… rare.

Du côté des cétacés de grande taille, on observe au large la visite de quelques spécimens de baleines à bosse et de cachalots.

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L’Armor et les îles

Posté par francesca7 le 31 août 2014

 

Les quatre cinquièmes du pourtour breton sont baignés par les flots. Les Gaulois appelaient cette zone « Armor », ou plus rarement « Arvor », ce qui signifie « pays au voisinage de la mer », par opposition à l’Argoat, le « pays de l’intérieur ».

images (3)La côte bretonne

Extraordinairement découpée, elle totalise 2 700 km ; elle n’en mesurerait que six cents si elle s’était contentée d’être rectiligne. Cette longue dentelle rocheuse compte une multitude de paysages magnifiques composés de criques et de grèves, de hautes falaises comme à Quiberon, de caps déchiquetés comme à la pointe du Raz, d’îles et d’écueils comme à Ouessant, de larges baies comme à Morlaix, d’amas granitiques comme à Ploumanach, de promontoires escarpés comme à Fréhel, de golfes comme celui du Morbihan et de rias comme dans les Abers. Tous ces panoramas sont rythmés par le va-et-vient régulier des marées et le ballet incessant des bateaux. Cette merveilleuse diversité fait toute l’originalité de la côte bretonne.

Et, comme si cette grande variété ne suffisait pas au plaisir des yeux, l’Armor a comme fractionné la totalité de son littoral pour mieux nous envoûter. En effet, au gré des promenades, on remarquera que la végétation est brûlée par le vent salin là où la côte est exposée, qu’elle est exubérante là où elle est abritée et qu’y poussent sans effort mimosas, palmiers, eucalyptus, lauriers-roses et autres plantes emblématiques des climats méridionaux.

Les îles

Les côtes bretonnes sont les plus riches de France en îles, îlots et archipels. On en compte plus de cent vingt, dont une petite vingtaine est habitée. La plus vaste, 86 km 2 , est Belle-Île , suivie de loin par Ouessant (18 km 2 ) et Groix (15 km 2 ). Toutes les autres n’excèdent pas 3 km 2 , la plupart étant d’une superficie inférieure au kilomètre carré.

Toutes les îles bretonnes appartiennent au Massif armoricain, qui, loin de se limiter aux terres visibles, se prolonge sous la mer. Au large du Léon et du Trégor, le massif court sur plusieurs kilomètres, et repousse ses limites jusqu’à 50 km dans les zones du golfe normando-breton et le long du Morbihan. Le littoral de Bretagne Sud, justement, est longé par une dorsale rocheuse qui supporte Belle-Île, Groix, Hœdic et les Glénan . Au nord et à l’ouest, les fonds marins sont composés de dépôts grossiers de graviers qui soutiennent des myriades d’affleurements rocheux (les Sept-Îles , Bréhat , Callot , Cézembre , etc.).

Quelle que soit leur taille, les milieux insulaires, même à un jet de pierre du continent, sont d’une importance écologique primordiale. Isolés et faiblement bâtis, ils constituent des sites de préservation exceptionnels de la faune et de la flore.

Les oiseaux sont les premiers à apprécier les îles, qui sont des sites de nidification et d’élevage privilégiés grâce à l’absence de prédateur naturel. Certaines îles ont bien été colonisées par des rats échappés de navires ou négligemment importés par l’homme, mais le Conservatoire du littoral et d’autres associations s’attachent à restaurer ces écosystèmes en faisant disparaître les prédateurs gourmands en œufs frais. C’est notamment le cas dans l’archipel des Sept-Îles au large de Perros-Guirec, et particulièrement de l’île Rouzic qui accueille plus de 15 000 couples de fous de Bassan.

Vagues et marées

L’Armor est continuellement frappé par les vagues, qu’éloignent ou rapprochent les marées.Les vagues , ou, comme disent les marins, les lames, sont un mouvement ondulatoire produit par le vent. Même lorsque la brise ne souffle plus, l’ébranlement se propage à de grandes distances : c’est la houle . Par une illusion d’optique, l’eau semble se déplacer, mais il suffit de regarder flotter un bouchon pour constater qu’il reste immobile. Près du rivage, le mouvement ondulatoire des vagues est freiné par le fond : un déséquilibre se produit et la crête de la lame s’écroule en longs rouleaux d’écume avec un bruit sourd et rythmé, c’est le ressac . Quand la vague atteint un obstacle abrupt, rocher ou falaise, elle est soulevée, lance des embruns, puis retombe de tout son poids. Les jours de tempête, le spectacle peut être prodigieux.

Curieux phénomène que celui des marées . Il est causé par l’attraction de la Lune et, dans une moindre mesure, par celle du Soleil. Lorsque la Lune est au-dessus de la mer, elle attire l’eau vers elle, le niveau de la mer s’élève : c’est la marée haute. Six heures plus tard, la Lune n’est plus au-dessus de l’eau, l’attraction n’opère plus : c’est la marée basse. Lorsque le Soleil et la Lune sont à peu près alignés par rapport à la Terre, l’attraction est plus forte : c’est la marée de vive eau ou grande marée. Ce phénomène se reproduit tous les quinze jours, lors de la pleine lune ou de la nouvelle lune. En Bretagne, les plus importantes se produisent en mars et septembre, lors des équinoxes.

L’amplitude des marées varie selon les zones littorales qu’elles concernent. Dans la baie du Mont-St-Michel, elle atteint un record avec 14 m de marnage . En allant vers l’ouest, ce dernier diminue peu à peu jusqu’à se limiter à 6 m à Brest. En Bretagne Sud comme dans tout le golfe de Gascogne, l’amplitude moyenne des marées est de 5 m.

Quelle que soit son importance, la marée transporte de gigantesques quantités d’eau, qui soumettent la faune et la flore à de fortes turbulences et à des périodes successives d’immersion et d’émersion. Leur régime provoque aussi la formation de courants plus ou moins puissants selon la morphologie des côtes. Dans les baies (comme St-Brieuc, Douarnenez, Mont-St-Michel, Morlaix, etc.), ils sont relativement faibles et excèdent rarement 1 nœud, alors qu’ils atteignent facilement 3 nœuds sur le littoral nord. Dans les passages très étroits, comme les raz de Sein et d’Ouessant, ils peuvent monter jusqu’à 9 nœuds, soit 4,50 m/s !

images (4)La flore

L’autre grande richesse des littoraux est la flore, dont les conditions de vie fluctuent énormément au rythme des marées et du climat.

Certaines plantes sont baignées plusieurs heures par jour par l’eau salée, comme la soude maritime ou l’aster. D’autres sont fouettées jour et nuit par les embruns. D’autres encore baignent dans des vasières (spergulaires), s’épanouissent dans les dunes (oyats et liserons des dunes) ou dans les baies (salicornes). Toutes font preuve d’une extraordinaire capacité d’adaptation en créant des stratégies de croissance et de reproduction en synergie avec leur milieu, si dur soit-il. Si les îles et les îlots représentent l’essentiel des espaces protégés, c’est justement pour pérenniser la richesse et la diversité de ces plantes, et des animaux qui les fréquentent.

 

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Une Bretagne de mégalithes

Posté par francesca7 le 31 août 2014

 

téléchargement (2)Ces monuments de pierre brute ont été à la source d’une inépuisable série de légendes et d’interprétations. La potion magique de nos irréductibles Gaulois n’est néanmoins pas responsable de toutes ces pierres levées qui ne cessent de nous intriguer par leur aspect colossal.

Une constellation de pierres levées

Que sait-on au juste de cette mystérieuse civilisation des mégalithes qui a atteint son apogée dans le pays vannetais bien avant qu’Obélix ne devienne le plus illustre des tailleurs de menhirs

On dénombre en Bretagne quelque 6 000 menhirs et plus de 1 000 dolmens, sans compter les cairns, comme celui de Barnenez dans la baie de Morlaix, et les dépôts funéraires (la Table des Marchands à Locmariaquer).

Les cairns sont apparus au néolithique ancien (vers 5 000 av. J.-C.). Géographiquement cantonnés au littoral, ces assemblages de dolmens prennent des formes variées, tantôt agencés en coude, en transept, en V ou en simple couloir comme à Gavrinis. Au cours du néolithique moyen (vers 4 000 av. J.-C.), les chambres funéraires se sont allongées et ont progressivement changé de type architectural tout en se dotant d’un art pariétal très riche. À la fin du néolithique, elles évoluèrent en allées couvertes (comme celles de la Roche-aux-Fées ou de Gavrinis), parallèlement à l’apparition de sépultures à entrée latérale. À la différence des cairns, menhirs et dolmens, les allées couvertes se répartissent sur l’ensemble de la Bretagne.

Les constructeurs

L’homme est présent en Bretagne depuis quelque 600 000 ans. À l’ Homo erectus qui domestique le feu vers 450 000 av. J.-C. succède, vers 35 000 av. J.-C., l’homme « moderne », chasseur-cueilleur nomade qui se sédentarise progressivement. Vers 7 000 av. J.-C., les agriculteurs du Proche-Orient colonisent l’Europe. Vers 5 000 av. J.-C., l’océan Atlantique stoppe net leur progression. Arrivés à la fin de la terre (Finistère), ils vont remplacer les communautés locales et prendre possession du sol. Et voici que, pour enterrer leurs morts, ils élèvent des mégalithes, des « grandes pierres ».

Face à ces témoignages du passé, l’homme et la femme d’aujourd’hui ne peuvent manquer d’être impressionnés par leur masse, leur aspect cyclopéen. En effet, un mégalithe peut peser plus de 300 t. Le déplacer nécessitait donc le concours de plusieurs centaines de personnes. Soit on faisait rouler la pierre sur des rondins (jusqu’à 10 km), soit on la plaçait sur un radeau pour descendre la rivière ou traverser la baie. Pour la dresser, on la faisait glisser dans une fosse sur une rampe inclinée, puis on la stabilisait avec de la terre et des cailloux. Et le tour était joué !

Religion et société

Il va de soi que seul un pouvoir politiquement fort avait la faculté d’« inviter » ses sujets à construire des tombes gigantesques pour une petite élite. Un pouvoir fort et des divinités puissantes. Au néolithique, il s’agit de la femme et du taureau. La femme est présente sous forme d’écussons ou de stèles anthropomorphes, le taureau n’est bien souvent représenté que par un simple U figurant ses cornes.

Les mégalithes avaient une fonction funéraire et de prestige. Placés sur des hauteurs, taillés dans des roches nobles, ils étaient visibles de loin. Ces symboles des divinités tutélaires veillaient sur les villages et structuraient le territoire. Les alignements paraissent orientés en fonction des équinoxes ou des solstices, mais il serait imprudent de se laisser aller à des théories astronomiques hasardeuses. On peut supposer que, dans une société d’agriculteurs, les travaux étaient rythmés par des cérémonies, comme ce fut le cas chez nous jusque dans les années 1950.

Survivances et folklore

Nombre de légendes se sont attachées à expliquer les mégalithes, de même qu’une myriade d’interprétations romantiques. Les unes et les autres ont engendré fées et farfadets sur un lit de superstitions. La réalité est plus simple.

Au 2 e millénaire, à l’âge du bronze, le mégalithisme est progressivement abandonné. À l’âge du fer, certains mégalithes sont démolis et réincorporés dans d’autres ensembles. Eh non ! Les Gaulois n’élevaient pas de menhirs, dommage pour Obélix… Les Romains, eux, s’en servaient comme bornes routières. Les Bretons ont cependant toujours éprouvé du respect pour ces grandes pierres, d’où un culte païen qui a survécu à tous les efforts d’une Église oscillant sans cesse entre destruction et tentative de récupération ; de nombreux menhirs sont ainsi christianisés, comme ceux de Brignogan-Plages par exemple.

Des légendes pittoresques sont nées au cours des siècles. Ne dit-on pas que le soir de Noël, les menhirs de Carnac vont boire sur la grève de Saint-Colomban…

images (2)Fouilles et conservation

Depuis quelques années, les sites mégalithiques de Bretagne sont victimes de leur succès. Le meilleur exemple en est Carnac . Du fait d’une forte fréquentation, des allées ont commencé à se creuser entre les blocs, déchaussant ces derniers. Pour la sécurité du public et la préservation des alignements, le site a donc été clôturé. La question se pose aujourd’hui de son devenir et de son mode d’exploitation, sachant que la décision servira sans doute de modèle à d’autres sites confrontés aux mêmes problématiques. Comme pour tous les grands sites, la question se pose de l’équilibre à maintenir entre l’ouverture au public et la préservation du patrimoine.

 

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Histoire de la liberté Bretonne

Posté par francesca7 le 31 août 2014

 

Dans l’imaginaire populaire français, la Bretagne druidique occupe une place de choix, au point d’avoir donné naissance au sympathique personnage d’Astérix qui résiste encore et toujours à l’envahisseur. Les sources manquent, il est vrai, sur ces premiers âges, permettant ainsi la libre interprétation. Et les impressionnants mégalithes, menhirs et autres, dressés sur les terres bretonnes bien avant l’arrivée des Celtes, ne font qu’ajouter au mystère… Ce n’est vraiment qu’à partir du Moyen Âge que les chroniqueurs commencent à relater en détail l’histoire bretonne, enrichie des heures de gloire de Du Guesclin et d’Anne de Bretagne, reine d’un duché encore distinct de la couronne de France. Plus tard, du 17 e s. au 19 e s., les armateurs, les corsaires et les pêcheurs succéderont à ces figures historiques, construisant à leur tour la légende et liant indéfectiblement la Bretagne à la mer.

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L’antique Armor

L’homme manifeste sa présence en Bretagne il y a près de 600 000 ans. Quelque 150 000 ans plus tard, voici qu’un Homo erectus y taille des galets, puis, vers 35 000 av. J.-C. passe un chasseur-cueilleur nomade, qui se sédentarise au mésolithique, soit vers 7 000 av. J.-C.

Avant l’ère chrétienne

6 e s. av. J.-C. – Les Celtes arrivent dans la péninsule, pour eux Armor (pays au voisinage de la mer). Ils succèdent à un peuple mal connu, dresseur de mégalithes.

56 av. J.-C. – César détruit la flotte des Vénètes, le peuple le plus puissant d’Armorique, et conquiert tout le pays.

Des Romains aux Francs

Pendant quatre siècles, la civilisation romaine accomplit son œuvre. Puis les invasions barbares ruinent l’Armor.

460 – Arrivée des Celtes de Grande-Bretagne (dénommée alors Bretagne, Britannia ). Ces colons évangélisent l’Armorique, qu’ils nomment Petite Bretagne. L’État reste anarchique.

799 – Charlemagne soumet toute la Bretagne.

Le duché de Bretagne

En 826, Louis le Pieux fait duc de Bretagne un seigneur vannetais, Nominoé, qui se libère de la suzeraineté franque. Il rassemble toute la Bretagne sous son autorité et ouvre une dynastie royale indépendante. En 952 meurt le dernier roi de Bretagne, Alain. Suit alors une période de désordre et de misère qui se prolongera jusqu’à la fin du 14 e s.

1341 – La guerre de Succession s’ouvre à la mort du duc Jean III. Sa nièce, Jeanne de Penthièvre, femme de Charles de Blois, que soutiennent les Français, et son frère Jean de Montfort, allié des Anglais, se disputent le duché.

1364 – Charles de Blois est battu et tué à Auray, malgré l’aide de Du Guesclin Cette guerre ruine la Bretagne.

Réunion de la Bretagne à la France

De 1364 à 1468, les ducs de la maison de Montfort relèvent la Bretagne. C’est la période la plus éclatante de son histoire. Les ducs, véritables souverains, ne rendent qu’un hommage théorique au roi de France.

En 1488, le duc François II, entré dans la coalition féodale dirigée contre la régente de France, Anne de Beaujeu, est battu à St-Aubin-du-Cormier et meurt. Sa fille, Anne de Bretagne, lui succède.

1491 – Anne de Bretagne épouse Charles VIII, mais reste duchesse et souveraine de Bretagne.

1498 – Charles VIII meurt accidentellement, Anne retourne dans son duché.

1499 – Anne redevient reine de France en se mariant avec Louis XII. Le duché reste distinct de la Couronne.

1514 – Anne de Bretagne meurt. Sa fille, Claude de France, hérite du duché. Elle épouse François d’Angoulême, futur François I er .

1532 – François I er fait ratifier l’union définitive de la Bretagne et de la France par le parlement de Vannes.

Loyalisme et révoltes

En 1588, la Bretagne se soulève contre son gouverneur, le duc de Mercœur, qui veut profiter des troubles de la Ligue pour s’approprier la province. Trop mystique pour verser dans le protestantisme, celle-ci ne connaît pour ainsi dire pas les guerres de Religion, d’autant plus qu’en 1598, Henri IV vient à Nantes signer l’édit qui met fin aux luttes religieuses.

1534 – Le Malouin Jacques Cartier découvre l’estuaire du St-Laurent.

1664 – Création à Lorient, par Colbert, de la première Compagnie des Indes orientales.

1675 – Révolte dite du « papier timbré », qui dégénère en jacquerie.

1720 – La tentative du marquis de Pontcallec d’établir une République bretonne échoue.

1764 – Le parlement de Rennes et son procureur général La Chalotais s’opposent au gouverneur d’Aiguillon. Le prestige de l’autorité royale est entamé. La Révolution s’annonce.

1765 – De nombreux réfugiés acadiens s’installent à Belle-Île.

1773 – Naissance de Surcouf à St-Malo.

La Révolution

1789 – Les Bretons accueillent la Révolution avec enthousiasme.

Dès la session des États de Bretagne de janvier 1789, la bourgeoisie régionale se heurte à la noblesse. Le conflit qui s’ensuit fait notamment 3 morts à Rennes. La Révolution passe mais les paysans bretons, qui représentent près de 90 % de la population, se méfient de plus en plus d’une bourgeoisie dont ils perçoivent mal les desseins.

L’exécution de Louis XVI, la persécution des prêtres et la campagne de conscription nationale (300 000 hommes doivent être enrôlés dans l’armée) finissent de les convaincre de rejoindre l’insurrection royaliste.

1793 – Noyades en série à Nantes par le sinistre Carrier. Les prisons étant saturées, et la guillotine jugée trop lente, il ordonne que l’on fasse couler des bateaux entiers chargés d’hommes et de femmes. Avertie, la Convention le rappelle à Paris. Il est guillotiné à son tour en 1794 pour excès de violence…

Histoire de la liberté Bretonne dans Bretagne 220px-R%C3%A9volte_FouesnantLa Chouannerie

1793-1804 – La chouannerie est le nom donné à l’insurrection royaliste dont les artisans avaient adopté le hululement du chat-huant comme signe de ralliement.

Parallèlement au soulèvement de la Vendée, les chouans mènent leur propre mouvement dès l’automne 1793. Ils ne sont alors qu’une poignée d’hommes sans expérience, sans équipements et sans réel espoir de succès face à l’armée républicaine qu’ils se contentent de harceler.

Le renfort d’effectifs de l’armée vendéenne, défaite à Savenay, et le ralliement de nobles exilés leur permettent de s’organiser et d’obtenir des promesses de soutien des Anglais. Dans le même temps, les républicains négocient la paix en leur promettant liberté de culte et amnistie. Le traité signé au château de la Jaunaye le 17 février 1795 est rapidement dénoncé par Charette. Les chouans doivent soutenir un important débarquement d’émigrés à Quiberon en juin de cette même année. Les troupes royalistes remportent quelques succès, mais les rivalités entre les chefs provoquent de grosses erreurs stratégiques. Repoussées dans la presqu’île, elles sont défaites et massacrées par les troupes du général Hoche.

La reprise des persécutions religieuses en 1797 marque le début du troisième et dernier mouvement chouan qui s’achève en 1804 par l’exécution de Cadoudal . Ce dernier, fils d’un cultivateur des environs d’Auray, était l’un des principaux chefs de la chouannerie bretonne avec le marquis de La Rouërie , né à Fougères et instigateur du mouvement.

1832 – Échec d’une tentative de révolte, organisée par la duchesse de Berry, à Nantes. C’est le dernier soubresaut.

Le 20 s. et l’essor d’une grande région

1909 – La grève des soudeurs des conserveries concarnoises dégénère en émeute.

1914-1918 – La Bretagne paie un lourd tribut en vies humaines à la Grande Guerre (plus de 250 000 victimes).

Après les mesures de débretonnisation de la III e République, la région va voir briller le flambeau du nationalisme breton. En attendant, l’aviateur morbihanais Le Brix prend de l’altitude et effectue, avec Costes, le premier tour du monde aérien en 1927-1928.

1918 – Fondation du parti nationaliste breton Breiz Atao (Bretagne toujours) qui donnera lui-même naissance au PAB (parti autonomiste breton) en 1927 et au PNB (parti nationaliste breton) en 1932.

1940 – Les habitants de l’île de Sein sont les premiers à rallier le général de Gaulle.

1941 – Le gouvernement de Vichy décide de redessiner le paysage régional français. La ville de Nantes et la Loire-Atlantique (Loire-Inférieure) sont séparées de la Bretagne. Ce découpage sera repris sous la IV eRépublique, lorsque la Loire-Atlantique sera rattachée administrativement aux Pays-de-Loire par décision ministérielle (1956).

1942 – Audacieux coup de main anglo-canadien contre la base de St-Nazaire. Il porte le nom d’opération « Chariot ».

1944-1945 – La fin de l’occupation nazie en Bretagne voit se multiplier les destructions, notamment à Brest, Lorient, St-Malo et St-Nazaire.

1951 – La formation du Comité d’études et de liaison des intérêts bretons (Celib) prélude au renouveau économique de la Bretagne.

1962 – Première liaison de télévision par satellite réalisée à Pleumeur-Bodou.

1965 – La langue bretonne est admise parmi les épreuves du bac.

1966 – Mise en service de l’usine marémotrice de la Rance et de la centrale nucléaire des Monts-d’Arrée.

1967 – Le naufrage, en mars, au large des côtes anglaises, du pétrolier Torrey Canyon engendre la première « marée noire » en Bretagne.

1969 – Création du Parc naturel régional d’Armorique.

1970 – Création du Parc naturel régional de Brière.

1975 – Premiers forages pétroliers entrepris en mer d’Iroise.

1977 – Naissance de l’école Diwan , bilingue breton-français.

1978 – Institution de la Charte culturelle et du Conseil culturel de Bretagne. Échouage de l’ Amoco Cadiz devant Portsall. Près de 80 communes refusent les indemnités et se portent partie civile contre le pétrolier.

1985 – Mise en place d’une signalisation routière en français et en breton.

1990 – Les Côtes-du-Nord deviennent les Côtes-d’Armor.

1992 – Indemnisation des communes sinistrées par l’ Amoco Cadiz .

1994 – Grand incendie du parlement de Bretagne à Rennes.

2004 – « Brest 2004 » sacre la fête de la voile dans une Bretagne plus que jamais maritime.

2007 – Vote du budget de la LGV (ligne grande vitesse) Bretagne-Pays de la Loire, qui doit mettre Rennes à 1h30 de Paris. Le lancement des travaux est prévu pour 2010.

 

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Expression : AVOIR LA PUCE A L’OREILLE

Posté par francesca7 le 30 août 2014

 

 

oranotypieLe monde moderne, du moins en Occident, ne pas plus à la puce la place qu’elle avait autrefois dans la vie quotidienne. S’il existe encore, cet insecte familier, pour ne pas dire ce parasite intime, a cessé d’habiter nos jours et de hanter notre sommeil. Nous avons certes bien d’autres sujets d’insomnies, mais l’habitude s’est perdue de chercher les puces dans sont avant de se coucher, de les capturer d’un bond d’une main experte, et de les écraser sur l’ongle après les avoir roulées entre le pouce et l’index. Un vieux rite … C’est le plus naturellement du monde que le bourgeois du « Ménagier » au XIVè siècle conseillait à sa jeune épouse : « En esté, gardez-vous que en vostre chambre ni en vostre lit n’ait nulles puces ».

Car ces bestioles ont grouillé autrefois à la ville comme à la campagne,  dans la bonne comme dans la mauvaise société. On se grattait sous les haillons mais aussi sous les habits de fête, sur les paillasses et sous les baldaquins, dans les cours les plus huppées les princes et les princesses étaient soumis à des démangeaisons subites et à des gesticulations que négligent toujours les auteurs de films historiques, mais qui surprendraient beaucoup un observateur moderne habitué au maintien sobre et gracieux qu’arborent les royautés dans les magazines en couleur.

Les puces nous ont laissé l’expression superbe et autrefois grivoise « avoir ou mettre la puce à l’oreille » ; éveiller, alerter l’attention d’une personne par un détail en apparence anodin, par une confidence qui trouble sa sérénité en laissant soupçonner anguille sous roche, et généralement prévoir un danger.

Cette façon de parler est très ancienne. Elle semble avoir eu à l’origine le sens très fort, non seulement de violente inquiétude, mais de véritable tourment physique et moral – par analogie sans doute avec l’affolement et la douleur d’une personne dans le cas réel où une puce se serait logée dans son conduit auditif et l’aurait piquée en cet endroit sensible pendant son sommeil. C’est ainsi que l’expression apparaît dans une version du XIVè siècle du Girard de Rossillon, sous une forme qui semble déjà établie de longue date. Des marchands viennent annoncer au roi Charles que son ennemi Girart, qu’il fait rechercher partout pour le pendre, est déjà mort et enterré. Mais le roi se réjouit trop tôt, car c’est Girart lui-même qui, déguisé en pèlerin, a répandu cette fausse nouvelle :

Quant il vindrent en France tout droit au roi alèrent

La mort duduc Girard pour certain li nuncèrent.

Charles en fist tel joie ne fist mais la paroille ;

Mais encor en aura telle puce en l’oroille

Dont il aura préour de perdre corps et terre,

Si com après orrès ; ainssin va de la guerre,

On voit sovant fortune tourner en petit d’ore ;

Telx rit devers le main qui devers le soir plore.

 

C’est probablement sous l’influence de la vieille idée que l’on est mystérieusement averti, lorsque quelqu’un parle de vous, par des démangeaisons ou des sifflements de l’oreille que l’expression a évolué, par sens croisés, vers sa signification moderne d’inquiétude et de mise en alerte. La croyance, plus ou moins prise au sérieux, était, elle aussi, déjà commune au XIVè siècle ; « Les oreilles vous deveroient bien fort et souvent mangier [démanger] ; car je ne suis en compagnie, que on ne parle toujours de vous » ( Machaut).

Mais c’est dans son sens érotique que l’expression a connu le succès le plus net. Pendant des siècles, avoir la puce à l’oreille voulait dire « avoir des démangeaisons amoureuses ». C’est également au début du XIVè siècle qu’elle apparaît bien établie dans un contexte amoureux, en des vers de Jean de Condé, lorsqu’une chambrière pousse avec beaucoup d’insistance sa dame à prendre un amant :

Ne puis pas toutes les paroles

Recorder, et sages et foles,

Dittes et avant et arrière

De a dame et sa cambriere,

Ki un tel caudiel lui atempre

Dont annuiera tart ou tempre

Porc ose la dame desist

Ne laissa que ne li mesist

Pluisour fois la puche en l’oreille.

 

C’est bien le « tourment », l’agacement du désir amoureux que désigne cette façon de parler, comme pendant des siècles, et que l’on retrouve chez de nombreux écrivains que ce soit G.Crétin au XVIè parlant de :

Dames qui ont tant de puce à l’oreille

Qu’il ne les fault appeler ni esveiller.

 

Ou plus tard La Fontaine, dans une formule qui résume admirablement la situation :

Fille qui pense à son amant absent

Toute la nuit, dit-on, a la puce à l’oreille.

                                                                                                                                                                    

C’est en prenant la locution au pied de la lettre que Rabelais prêtait à Panurge cette curieuse fantaisie de se fixer une puce à l’oreille ; « Au lendemain Panurge se feit perser l’aureille dextre à la Judaïque, et y attache un petit anneau d’or à ouvreige de touchie, ou caston [chaton] duqeul estoit une pusse enchassée ». Il pouvait dès lors annoncer : « J’ay la pusse en l’aureille. Je me veulx marier » (Tiers Livre, chap.7).

Pourtant, bien qu’issue de l’ »inquiétude » provoquée par le désir, cette puce curieusement mal placée n’en constitue pas moins un euphémisme galant pour désigner des « piqûres » extrêmement spécifiques, et – qui sait ? – offre peut-être un A2818exemple de rare locution prise au langage féminin… 

Ce n’est pas d’hier en effet que l’on compare l’oreille à une coquille, et réciproquement un coquillage à une oreille. Les noms de plusieurs mollusques, « oreilles de mer », « oreilles de Vénus », sont les noms vulgaires de divers haliotides. Ce n’est peut-être pas la peine que je fasse un dessin, mais ce n’est pas non plus d’hier que la coquille désigne le sexe de la femme – sexe qui justement signale son désir par des démangeaisons plus ou moins tenaces. Deux textes de 1622 disent clairement les choses. Dans l’Histoire comique de Franion, la vieille Agate raconte ainsi le cap franchi par sa jeune protégée : « Laurette à qui la coquille démangeait beaucoup, quelque modestie qu’elle eust, se résolut à manier tout de bon ce qu’elle avait fient de tant haïr ». Dans Les Caquets de l’accouchée, la veille mère déplore en ces termes que sa fille  en soit déjà son septième enfant ; « Si j’eusse bien pensé que ma fille eust été si vite en besogne, je luy eusse laissé gratter son devant jusques à l’aage de vingt-sept ans sans être mariée ». A la même date, Tabarin, suivant Brantôme, proclamait carrément sur le Pont-Neuf ; « La nature des filles est de chair de ciron |Moustic|parce que leur coquille leur démange toujours ». 

L’époque, d’autre part, avait la puce en poupe. Peut-être par attention naturelle, mais sans doute aussi à cause de l’expression, la puce eut ses heures de gloire dans le domaine érotique. En 1579, tout un recueil de vers lui fut consacré sous le titre La Puce de Mademoiselle Desroches. La jeune fille ainsi nommée avait en effet suscité de la part de divers poètes une série de vers coquins, et elle en avait elle-même écrit sur ce sujet chatouilleux. Voici par exemple ceux que lui avait dédiés E.Pasquier : 

Pleust or à Dieu que j epusse

Seulement devenir une pulce :

Tantost je prendrois mon vol

Tout en haut de ton col,

Ou d’une douce rapine

Je sucerois ta poitrine ;

Ou lentement, pas à pas,

Je me glisserois plus bas :

Là, d’un muselin folastre

Je serois pulce idolastre,

Incetant je ne say quoy

Que j’aime trop plus que moy.

 

Il s’ensuivit une mode des puces liées à « l’objet aimé », qui dura presque un demi-siècle. Au XVIIè, un soupirant qui avait la chance de capturer une puce sur le corps de sa belle l’attachait avec une minuscule chaîne en or, ou bin, reprenant la fantaisie de Panurge, la faisati enchâsser, dans un médaillon et « la portait au cou comme une relique » (P.Larousse). 

A la fin du siècle, Furetière concluait : « On dit que quelqu’un a la puce à l’oreille, quand il est fort éveillé, ou quand il a quelque passion agréable qui l’empêche de dormir ». Au XVIIIè, le mot faisait encore image ; c’est sur la même équivoque « oreille, coquille », que joue Diderot dans Jacques le Fataliste, en même temps que sur la démangeaison prémonitoire, lorsque le héros blessé entend dans la chambre voisine les ébats nocturnes de sa jeune hôtesse et de son mari :

« … Je suis sûre que je vais être grosse !

-          Voilà comme tu dis toutes les fois.

-          Et cela n’a jamais manqué quand l’oreille me démange après, et j’y sens une démangeaison comme jamais.

-          Ton oreille ne sait ce qu’elle dit.

-          Ne me touche pas. Laisse là mon oreille. Laisse donc l’homme ; est-ce que tu es fou ?…

-          Ah ! ah !

-          Eh bien, qu’est-ce !

-          Mon oreille !…

-          Eh bien ton oreille ?

-          C’est pis que jamais.

-          Dors, cela se passera.

-          Je ne saurais. Ah l’oreille ! ah ! l’oreille !

-          L’oreille, l’oreille, cela est bien aisé à dire …

 

« Je ne vous dirai point ce qui se passait entre eux ; mais la femme, après avoir répété l’oreille, l’oreille plusieurs fois de suite à voix basse et précipitée, finit par balbutier à syllabes interrompues l’o… reil… le, et à la suite de cette o…reil…le, je ne sais quoi, qui, joint au silence qui succéda, me fit imaginer que son mal d’oreille s’était apaisé d’une ou d’une autre façon, il n’importe ; cela me fit plaisir. Et à elle donc !!

 

EXTRAIT de LA PUCE A L’OREILLE de Claude Duneton – Editions Stock 1973 – Anthologie des expressions populaires avec leur origine. 

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Expression : Arriver comme mars en Carême

Posté par francesca7 le 30 août 2014

Cette phrase veut dire qu’une chose ne manque jamais d’arriver comme le mois de mars pendant le Carême

 

téléchargement (3)Le carême vient du latin quadragesima (dies) : quarantième (jour). En ancien français, on écrivaitquaresme. On devrait même plutôt dire : la carême, comme l’italien quaresima et l’espagnol cuaresma. Autrefois, on employait aussi le terme de (sainte) quarantaine pour désigner le carême.

C’est un calque du grec ecclésiastique :  (tessarakostè). Si le carême évoque à l’origine le 40e jour avant Pâques, il s’oppose à la Pentecôte qui évoque le 50e jour après Pâques. La Pentecôte vient du grec ancien  [pentèkostè] : cinquantième (jour). En grec moderne, le carême porte le nom de (prononcer « sarakosti »).

À l’origine, le Carême commençait un dimanche, le 40e jour avant le Jeudi saint. Le pape Grégoire le Grand a avancé le début du carême au mercredi précédent : Le Carême commence désormais le mercredi des Cendres et s’achève le Samedi saint. Cela correspond à une période de 40 jours de jeûne mais les dimanches ne sont pas jeûnés.

Pourquoi 40 jours ? parce que la Bible raconte que Jésus de Nazareth s’est retiré dans le désert jeûner pendant 40 jours, au milieu des bêtes sauvages, servi par les anges et tenté par le diable… 

Aujourd’hui, le jeûne n’est guère pratiqué ; il se limite parfois au Vendredi saint. 
Dans l’église orthodoxe, la date de Pâques est différente. Il en est de même pour la période du carême. Il commence le Lundi pur et se termine le vendredi des Rameaux. Il dure 40 jours. Le samedi avant les Rameaux est célébrée la résurrection de Lazare. Mais cela n’empêche pas de jeûner aussi pendant la Semaine sainte.

Le sens de cette locution proverbiale n’est pas précisément le même que celui de la locution précédente : Arriver comme marée en Carême. Voici pourquoi : la fête de Pâques ayant été fixée au premier dimanche venant après la pleine lune qui suit l’équinoxe du printemps (le 22 mars), il en résulte que le mois de mars doit être invariablement compris chaque année dans le carême pour près d’un tiers au moins. Aussi dit-on : Arriver comme mars en Carême pour signifier qu’une chose arrive ou arrivera infailliblement. Cette locution daterait du XVe ou du XVIe siècle.

On trouve dans un recueil espagnol, publié en 1553, la trace de ce proverbe : No puede mas faltar que Marzo de quaresma, ce qui veut dire : Cela ne peut manquer non plus que mars en Carême.

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Expression : qu’est-ce que Berner

Posté par francesca7 le 30 août 2014

 

images (4)Berner est un mot à sens clair et lumineux pour tout le monde. Il s’emploie surtout dans le sens de tromper grossièrement. Les Valères de Molière ne trompent pas les Gérontes, ils les bernent ; il y a une nuance. C’est là la vraie acception du mot aujourd’hui.

Il n’est plus guère employé dans son sens propre que par les soldats en belle humeur, qui veulent jouer un bon tour à quelqu’un de leurs camarades. Cette plaisanterie qu’on ne peut vraiment pas appeler agréable, consiste à déposer le patient sur une forte couverture maintenue horizontale et tendue par quatre hommes qui ont pour mission de la laisser s’abaisser un peu et de la retendre violemment de façon à lancer l’infortunée victime au plafond.

L’art consiste à aller en mesure et à relancer son homme au moment même où il retombe sur la couverture, sans lui laisser le temps de respirer et de faire un mouvement. Telle est la bonne farce qui a donné lieu au mot berner.

De berner au sens propre à berner dans notre acception figurée, il n’y a qu’un pas. Le mot berner vient lui-même de berne, qui signifie, d’après Littré, une étoffe de laine grossière (bernia en espagnol et en italien), ou suivant une autre opinion : de l’arabe burnous, manteau.

Quoi qu’il en soit, dans un grand nombre de provinces une berne ou barne est une pièce d’étoffe, soit de laine soit de fil, servant à des usages très variés, et surtout à faire sécher, en les étalant dessus, des graines, des fruits, des haricots, des noix, etc.

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que Rabelais, qui avait beaucoup retenu du langage des provinces méridionales, dise d’un personnage qu’il « portoyt bernes à la moresque. »

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Expression : Garder pour la bonne bouche

Posté par francesca7 le 30 août 2014

 

 
 
téléchargement (2)C’est, au propre, garder le meilleur morceau pour la fin du repas ; au figuré, c’est réserver à quelqu’un ou un traitement plus agréable, ou une vengeance plus raffinée

Mais, comme toujours, le sens propre a précédé le sens figuré. Ainsi, ce dicton aurait une origine gastronomique ; c’est un aphorisme de gourmand. La gourmandise ayant été le premier vice de l’humanité, il est présumé que tout proverbe où il est question de bouche vient de là, et que le nôtre, par conséquent, en vient aussi.

Cependant, avec le bon plaisir des personnes qui dînent et qui digèrent bien, remarquons que ces mots, la bonne bouche, ont eu un sens plus étendu que celui dans lequel ils sont reçus aujourd’hui, et s’il est vrai que ce sens n’ait pas devancé l’autre, il a vécu jadis conjointement avec lui. Trois exemples, tirés du même écrit, confirmeront cette remarque ; nous les trouvons dans les Cent Nouvelles nouvelles :

« Et n’estoit âme qui sceust riens de leur très plaisant passe-temps, sinon une damoiselle qui servoit ceste dame, laquelle bonne bouche très longuement porta. » (XXXIXe Nouvelle)

« Et elle luy promist que s’il portoit bonne bouche, elle luy donneroit de la chair et de beuf et de mouton, assez pour fournir son mesnaige pour toute l’année. Et l’aultre mit si secret son cas que chascun en fust adverty. » (XLe Nouvelle)

La bonne bouche, c’est ici la discrétion porter la bonne bouche, c’est être discret. C’est l’être aussi, direz-vous, que de garder pour la fin les meilleurs morceaux. D’accord. Mais ce n’est une discrétion qu’à l’égard du palais, quand les premiers morceaux l’ont émoussé ; c’est souvent une indiscrétion pour l’estomac qui reçoit ce supplément lorsqu’il est déjà repu.

« Pour faire bonne bouche, la bonne demoiselle d’ung maistre prestre s’accointa, et quoyqu’il feust subtil, (…) si fut-il rançonné de robes, de vaisselle et de aultres bagues largement. » (LCXXVIIIe Nouvelle)

Ici, nous retrouvons le sens moderne. Pour faire bonne bouche, c’est-à-dire pour couronner l’œuvre ; car il s’agit d’une malhonnête femme qui ruine et dépouille successivement un écuyer et un chevalier, et qui finit par faire subir le même traitement à un prêtre.

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Cérémonie du Jura d’autrefois

Posté par francesca7 le 28 août 2014

 

 

téléchargement (12)Lorsqu’un garçon a formé le dessein de se marier, un de ses amis se charge des négociations préliminaires. Sous le nom burlesque de Trouille-Bondon, il se rend chez les parents de la fille, où, après avoir fait un éloge pompeux des qualités et de la fortune de son ami, il entend à son tour l’éloge des vertus et des agréments de la jeune personne. Si la démarche a paru présenter quelques chances de succès, les parents se parlent, se visitent, afin de vérifier la vérité des rapports qui ont eu lieu de part et d’autre, et la demande se fait alors solennellement.

Vers la fin du repas du soir, le jeune homme, placé à côté de la jeune fille, lui présente sur une assiette ou dans son verre, un rouleau de pièces d’or ou d’argent, suivant ses ressources pécuniaires. Si elle accepte, elle met les arrhes dans sa poche, telle est sa réponse ; dès cet instant, elle est fiancée, ou du moins elle ne peut plus rompre l’engagement qu’elle a contracté sans rendre le double de la somme reçue.

A la veille de la publications des bans, les futurs distribuent à leurs parents et à leurs amis des dragées ou des beignets. Cette coutume s’appelle donner les fiançailles. Le jour où le contrat est passé, ordinairement la veille de la célébration du mariage, la fiancée réunit chez elle plusieurs amies ; toutes se déguisent et se retirent dans une pièce écartée.

Le futur, ses frères, ses camarades, arrivent, et frappent à la porte de la maison en réclamant une brebis qui leur appartient. On refuse de leur ouvrir, ils insistent, se font introduire, cherchent partout, et renouvellent leur demande à la porte de la chambre où sont retirées les jeunes filles. Un homme enfin se présente aux jeunes gens, et leur affirme qu’aucune brebis étrangère ne s’est introduite dans son troupeau. Afin de prouver ce qu’il avance, il fait défiler, une à une, les jeunes filles devant le prétendu ; celui-ci les fait danser successivement, et s’il ne reconnaît point sa fiancée, il est l’objet des railleries de chacun.

On apporte la robe de noces ; un membre de l’assemblée adresse aux futurs époux une harangue où l’hymen n’est pas ménagé ; on offre à la prétendue un mauvais morceau de pain noir, et ensuite un gâteau et du vin, afin de lui faire comprendre que son nouvel état amène avec lui peines et plaisirs. Enfin l’heure du souper arrive, on se met à table ; les femmes n’y font qu’une courte apparition, mais les hommes y restent bravement la nuit entière à boire et à chanter.

Le lendemain le mariage se célèbre dans la paroisse de la fiancée, qui, la tête ornée d’une couronne de myrte fleuri, se laisse conduire, après quelque résistance, à l’église, au bruit des armes à feu et des instruments de musique. Le père, ou, à son défaut, le plus proche parent de la future, lui donne le bras, et ouvre le cortège ; le prétendu reste en arrière avec les vieillards.

Les amis intimes des deux jeunes gens, sous le nom de garçon franc et de fille franche, s’avancent au premier rang, et sont chargés de faire les honneurs de la noce. Avant d’étendre la chape sur les futurs, le prêtre bénit leur pièce d’or ou d’argent, et leur anneau. Au moment où le marié met le sien au doigt de sa femme, il s’établit une altercation plaisante. Si la jeune fille prétend à la domination dans le ménage, elle s’efforce de repousser au-delà de la seconde phalange la bague que le marié, préoccupé du soin de s’assurer l’empire, cherche à faire glisser le plus loin possible.

La cérémonie terminée, le père de l’époux ramène l’épouse au logis pendant que des cris, des coups de feu, et les sons de la musette, expriment de nouveau la joie du jour.

Lorsque les deux familles ne sont pas du même village, on charge sur des voitures attelées de bœufs couverts de rubans, le mobilier et le trousseau de la mariée. Les femmes s’y placent pêle-mêle avec les meubles, et filent au fuseau pendant la route. Le cortège s’ébranle ; mais si la nouvelle épouse excite des regrets, la jeunesse du pays retarde son départ en embarrassant le chemin qu’elle doit parcourir, et à la sortie du village lui offre un bouquet.

La maison du jeune homme est fermée ; le couple s’y présente, la mère du marié lui jette par les croisées plusieurs poignées de blé, fèves, pois, etc., symbole de la prospérité qu’on lui souhaite. Bientôt la porte s’ouvre, la mère s’avance sur le seuil, et présente à sa brue un verre de vin et un morceau de pain. La jeune femme partage ce présent avec son époux, car tout entre eux va devenir commun ; puis elle est introduite dans la maison. On lui fait subir quelques épreuves ; par exemple, on pose un balai par terre en travers de la porte ; si elle est soigneuse, propre, laborieuse, elle le ramasse, le range, ou, mieux encore, balaie la chambre en présence des spectateurs. On parcourt ensuite toute la maison, ou se remet à table ; le marié n’y prend images (21)point place, mais sert tout le monde ; les honneurs sont réservés pour sa femme.

A la fin du souper, les amis communs se masquent, viennent divertir l’assemblée, et faire leurs compliments au jeune couple. C’est ce qu’on appelle aller à la poule. Il est inutile d’ajouter que la danse est toujours un des divertissements dont on se lasse le moins à pareille fête.

(D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1833)

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Le Jura inattendu

Posté par francesca7 le 28 août 2014

 

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Le Jura est un département français dont le nom vient du massif montagneux du Jura. C’est un des quatre départements de la région de Franche-Comté. La Plaine jurassienne longe la Bourgogne à l’Ouest, et à l’Est les montagnes séparent le Jura de la Suisse. 

Si le Jura est une palette de paysages, c’est aussi un foisonnement d’activités touristiques. Vous apprendrez à mieux le connaître, à travers ses 14 grands sites incontournables, mais aussi, pour les plus curieux, en partant à la recherche de ses nombreux trésors cachés, qu’ils soient naturels, patrimoniaux, ou culturels. Laissez-vous transporter et vous verrez, la magie opère toujours !

VISITER LE JURA

Des traces de dinosaures de Loulle, aux musées d’art moderne de Dole, de la région des lacs, à la reculée de Baume-les-Messieurs, en passant par le Parc naturel régional du Haut-Jura, le Musée du Jouet, la Maison de la Vache qui rit©, la Grande Saline de Salins-les-Bains classée à l’UNESCO, ou encore le Musée de la Lunette… 

Video-prestige-Jura_bloc_diaporama

Le Jura transmet son Histoire, ses valeurs et savoir-faire qui lui ont donné ses lettres de noblesse ! Un patrimoine porté aux yeux du monde par les enfants du pays, que ce soit Rouget de Lisle, Pasteur, Paul-Émile Victor, Marcel Aymé, ou encore Louis Vuitton… Leur vie s’inscrit pleinement dans le paysage jurassien, d’hier et d’aujourd’hui.

 

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