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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Éloge de la France rurale

Posté par francesca7 le 28 juillet 2014

IL Y A CENT ANS DANS LE FIGARO – Tous les week-ends, Le Figaro explore ses archives de l’année 1913. Le 8 avril, un chroniqueur du journal célèbre le charme pittoresque des scènes de campagne.

Article paru dans le Figaro du 8 avril 1913.

téléchargement (6)Le village. Le village lorsqu’on l’aperçoit de loin, se distingue à peine des champs et des pentes pierreuses au flanc desquelles il est appliqué. On sent en le regardant qu’il n’est que l’humble refuge d’une espèce. La grande ville abuse l’homme en l’enfermant dans tous les artifices qu’il a créés, la petite ville elle-même fait un effort d’orgueil: le village seul, dans sa simplicité fruste et nue, dévoile les choses de sa vie et de sa mort. Très ancien, il ne garde pourtant rien qu’il puisse montrer de tout le passé dont il sort, et, dans son antiquité sans gloire et sans couleur, il nous représente seulement la morne succession des destinées ignorées, à jamais pareilles à travers des sociétés différentes. C’est au village qu’on revoit la suite des générations, qu’on ne discernait plus à la ville, dans le fleuve confus des passants. À l’entrée on rencontre les enfants: drôles et courtauds, gauches et solides, et criant entre eux comme de petits sauvages, ils se taisent brusquement, devant l’étranger. Les garçons jouent; les filles apprennent déjà leur rôle de mères et surveillent chacun un marmot dont elles répondent. Les hommes et les femmes travaillent, aux champs ou dans les maisons. Mais, près des portes, ou sur la place, on voit les vieillards. Après toute une vie de peines, leur décrépitude leur vaut enfin de l’oisiveté. Pauvres et propres, ils marchent à petits pas saccadés ou restent assis contre la muraille ils tiennent dans leur main un bâton noueux et tors qui ne se distingue pas d’elle. Les vieux paysans ne meurent pas de la même façon que l’homme des villes ils se dessèchent insensiblement, et, comme s’ils sortaient de la vie par une métamorphose insaisissable, ils ont l’air de se transformer peu à peu en branches et en racines. Entre ces vieillards hébétés, à l’heure où elles ont un peu de relâche, viennent se promener les jeunes filles. Elles chantent, et rient en se tenant par le bras; avec une coquetterie hardie et naïve, elles se sont parées d’un fichu au ton criard ou d’un foulard clair; sur plusieurs d’entre elles brille une beauté passagère, que flétriront bientôt les durs travaux: mais elles songent à l’avenir, sans penser au leur: leurs voix, leurs regards provoquent les jeunes gens et, derrière elles, à quelque distance, dressant ses cyprès, apparaît le petit cimetière.

Mais les personnages les plus solennels du village, ce sont les vieilles; l’âge, le temps, leur prêtent une sorte de majesté qui les fait ressembler à des déesses primitives: elles demeurent au fond des familles comme des figures de leur durée; elles vont chercher l’eau, soignent le feu, se livrent à toutes ces antiques occupations qui ont gardé quelque chose de presque sacré. Lorsqu’un événement imprévu appelle aux fenêtres tous les visages, le leur est le dernier à y paraitre, succinct et sévère. Elles ressemblent à des Parques. Ayant tout subi, elles connaissent les quelques lois qui dominent les accidents de la vie et, sans consentir à de vains débats, se contentent de prononcer les paroles brèves où leur sagesse se résume. J’en ai vu une qui, assise au pied d’un escalier extérieur appliqué à une maison, écoutait les réclamations d’une jeune femme. Celle-ci se plaignait de son mari; brune, assez belle, elle parlait d’un air sombre et d’une voix rauque, et semblait agiter toutes les résolutions de la violence et de la colère; la vieille ne l’interrompait point; mais, levant les yeux vers elle, elle lui répondait seulement avec une gravité fatidique, par le mot de toutes les destinées: «Patience, ma fille»

Dans le village survivent aussi les vieux métiers qu’on n’a pas encore gâtés. Son peu d’importance l’a préservé des magasins prétentieux de la petite ville: on n’y trouverait pas de pâtisserie ni de bazar. Seul, dans sa boutique caverneuse où les denrées ont l’air d’avoir son âge, le vieil épicier débite une marchandise douteuse, qui lui vient de loin. Mais le boulanger vend un pain dur et doré tout proche encore des moissons et des meules; le savetier cogne et creuse le bois et, parmi tous les sabots don il est entouré, semble travailler dans un chantier de navires.

Le maréchal-ferrant pratique son art selon des règles fixées depuis des siècles et des millénaires. Ce soir, au fond de la ruelle obscure, une carriole s’est arrêtée devant sa maison, pour qu’il remît à un cheval le fer que celui-ci venait de perdre. Aussitôt il a commencé à travailler. Le feu s’est élevé dans la forge, boiteux et dansant, comme du temps qu’il était un dieu; l’enclume a tinté quelquefois; le fer a rougi comme un croissant lunaire; le maréchal lui-même, qui besognait sans parler, avait cet air de ruse et de finesse que la Fable de tous les pays attribue à ceux qui collaborent avec la flamme. Le cheval patient ne remuait pas; quelques enfants obscurs s’étaient assemblés et ne bougeaient pas plus que lui. Sur tout cela flottait une poésie douce et vénérable, sortie de ce métier qui n’a point changé depuis très longtemps. C’était l’heure où se répand l’ombre, où tout semble être emporté dans son onde: et, pour n’y être pas entraîné, le petit village se fixait et se piquait au flanc du coteau par quelques lumières.

images (7)La ruine. Loin des chétives maisons des hommes, ample, droite, superbe, la reine de la solitude trône au sommet de sa colline inculte. Sur elle passe le souffle subtil des hauteurs. Elle dresse encore ses tours, ses murailles, et sur ses terrasses démantelées des pins ont poussé, des cyprès montent d’un seul jet comme pour la défendre. De loin, elle paraît dédaigneuse; de près, elle rit. Ornée et fleurie avec une sorte de faste sauvage, toutes les plantes rudérales foisonnent entre ses pierres et dans ses fossés. Les renoncules ouvrent leurs calices vernis, les orchidées dressent leurs hampes, la pâquerette abonde, la violette et la primevère se promènent et se rencontrent dans l’herbe; le lierre vorace s’applique aux murs, y suspend ses profondes draperies, où bougent et filtrent quelques oiseaux. Un d’eux s’envole avec un cri bizarre; un autre, plus mystérieux, s’inquiète sans vouloir s’enfuir, et sans doute est-ce l’âme enchantée d’un ancien châtelain, qui ne peut se détacher des lieux où elle vécut. Quelques corbeaux croassent d’un air noble sur une corniche. Deux petits faucons, du haut d’une tour, se jettent brusquement dans l’azur et, après y avoir voleté quelques instants, y restent suspendus et immobiles, les ailes raides comme de petites épées. Au loin un village exhale sa fumée bleuâtre. La ruine ne fumera jamais plus: elle oublie et dépose sa vieillesse humaine dans l’enfance de ses fleurs; elle se redonne à la nature. On retrouve encore, sur des chapiteaux, les feuillages taillés dans la pierre; mais partout la plante vivante rejoint et enguirlande, comme pour la relever de sa longue captivité, la plante sculptée. Le paysage bouche seul les grandes fenêtres vides, à travers lesquelles la ligne pure des lointaines montagnes neigeuses se répand comme une mélodie, tandis que les plus hautes de ces baies ouvertes n’ont, pour les remplir, qu’un pâle et suave vitrail d’azur.

Le pays. Je me suis assis au haut du coteau pauvre et fleuri, d’où je vois toute la variété de l’espace et d’où j’aperçois au loin les caprices sauvages du printemps. De larges nuées oppressent les montagnes certaines manœuvrent lourdement pour se grouper; d’autres se vaporisent en pluie. L’ombre et le soleil se disputent un pays palpitant; sur une pente traîne un arc-en-ciel déchiré, tandis que d’un autre côté apparaît un azur aussi suave qu’un visage de convalescente. Sur une crête, se détache une statue ferme et noire, qui est un berger; et jeune, candide, audacieux, jeté en avant et ouvrant les bras, un arbre en fleurs semble, en face des nuées obscures, l’épouvantail divin qui fera fuir l’hiver.

images (8)Je reste immobile, étendu, l’âme distraite: l’espace vague endort mes yeux et je ne choisis point entre mes sensations confuses. J’écoute le vent: il ne couvre pas d’un souffle égal tout le paysage: il voyage ici et là; tantôt il passe en m’effleurant dans la vieille herbe blanchie; tantôt je l’entends ailleurs, près de la rivière ou dans les pins. Alentour les friches fleurissent; le jaune épais des ajoncs alterne le jaune léger des genêts. Près de moi, j’aperçois les plaques bleues du polygala; la pervenche ouvre son œil sérieux pour regarder tout le printemps. Fleurs chétives et tenaces, petites princesses rustiques, dames de la terre et du vent, je vous connais je sais que de chacune de vous relève une maladie à laquelle vous portez remède; il y a l’herbe-aux-verrues et le casse-lunettes; l’une de vous guérit la migraine, une autre le rhume; mais je sais surtout qu’à vous toutes, quand on ne fait que contempler les étendues que vous recouvrez modestement et respirer vos parfums mêlés, vous guérissez l’inquiétude humaine. L’oreille, au bord de l’espace, s’amuse à recueillir et à sauver les bruits qui s’y perdent. Par moments une petite troupe d’oiseaux s’élance, en plongeant d’une pente à l’autre. Quand je ne les vois plus, j’entends leurs chants monter çà et là. Ils répètent avec grand soin une petite phrase modeste, comme une leçon qu’ils veulent savoir, et ainsi ils donnent l’idée d’artisans au travail, plutôt que d’artistes inspirés. Soudain un vrai chant s’élève. Quel est cet oiseau caché? On sent dans son hymne la complaisance légère et presque inévitable du poète pour ses accents, mais on y sent bien autre chose. Un chant est toujours une demande. Pourtant, c’est en vain que celui-ci se répand, et les appels qu’échangent toujours les autres oiseaux ne font que rendre plus frappante la solitude du chant magnifique. Soudain, du fond de l’espace, un autre chant semblable perce et arrive jusqu’ici, et cette réponse faible, obstinée, lointaine, a quelque chose de si émouvant qu’elle met les larmes aux yeux.

Par Abel Bonnard

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