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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Musée voitures, motos, avions de Savigny

Posté par francesca7 le 27 février 2014

Le Château de Savigny-lès-Beaune est ouvert tous les jours :
de 9H00 à 18H30, SANS INTERRUPTION, du 15 AVRIL au 31 OCTOBRE
de 9H00 à 12H00 et 14H00 à 17H30 du 1er NOVEMBRE au 14 AVRIL.
Les dernières entrées sont prises 1H30 avant la fermeture.
• Fermeture annuelle 1ère quinzaine de janvier.
Visite libre, durée environ 1h30 à 2 heures
Nous consulter pour les tarifs.

 

Conditions d’Accueil des groupes :
• Confirmer, par lettre, fax ou e-mail, le jour et l’heure de la visite ainsi que le nombre de personnes participantes. 
• Parking assuré pour les autocars. 
• Gratuité chauffeur d’autocar à partir de 25 personnes payantes.

 

MUSEE DE LA MOTO

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Un des plus importants musées de la moto de France. A peu près 250 motos, datant de 1902 à 1960, presque toutes les nationalités représentées. Du type ecclésiastique à courroie à la moto de course. Des marques prestigieuses : Norton, Vincent, Gilera, Velocette, M.V., Rudge, AJS, Terrot, Honda, Blériot, Peugeot,BSA, NSU, Horex, Saroléa. De la moto de Jean Mermoz à celle de G. Monneret, en passant par celle du Chanoine Kir.

                             

MUSEE DE LA VOITURE DE COURSE ABARTH

                                  2741083780_small_1 dans Ma Bourgogne En détails

Certainement une des plus belles et plus rares collections de prototypes « Abarth » du monde. Une trentaine de modèles différents est présentée, dont certains uniques, avec lesquels le propriétaire du Château a participé, personnellement, pendant sept années à des courses internationales en côte et en circuit.

Le Château est également le siège du Club Abarth.
Tous les 5 ans, en mai, il accueille une manifestation commémorant l’anniversaire de Carlo Abarth organisée par le club.

 

MUSEE DE L’AÉRONAUTIQUE

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Environ 80 avions de chasse exposés dans les parcs du Château dont 4 avions de la PATROUILLE DE France – 11 MIG – 17 Dassault

 

MUSEE DE LA MAQUETTE D’AVIONS

 Avec près de 2500 maquettes au 1/72ème au 2ème étage du Château.

 

MUSEE DU TRACTEUR ENJAMBEUR

 Avec une trentaine de prototypes exposés (de 1946 à 1956), outils que nos ancêtres élaboraient dans le Parc du Château, ce musée, unique en Bourgogne, nous montre l’ingénierie de nos grands-pères.

 

MUSEE DU MATÉRIEL VINAIRE ET VITICOLE

 Où, comment et avec quels outils nos ancêtres élaboraient le vin… un musée pour l’histoire !

                                                              Musée voitures, motos, avions de Savigny dans Bourgogne 

MUSEE DES POMPIERS

Composé d’une vingtaine de véhicules

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Tout ceci au Château de Savigny les Beaune

C’est en Bourgogne, au cœur de la Côte de Beaune, que le prestigieux Château de Savigny-lès-Beaune domine une magnifique propriété de 12 hectares, traversée par une rivière qui, à l’origine, alimentait les douves de cette ancienne forteresse.

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Bâti vers 1340 pour le Duc Eude par Jean de Frolois, Maréchal de Bourgogne, il fut démantelé en 1478 en punition de ce que le Seigneur avait pris le parti de Marie de Bourgogne contre Louis XI, conservant cependant les corbeaux des mâchicoulis encore visibles sur deux tours.

Devenu propriété de la famille Bouhier au début du XVIIème siècle, c’est Etienne qui à cette époque restaura et agrémenta le Château. Son fils Jean, nouveau propriétaire au décès de son père en 1635, fera exécuter le grand escalier intérieur du même modèle que celui construit par Mansart au Château de Maisons-Laffitte. Son fils Bénigne lui succède en 1671 et marque son passage en faisant construire le « Petit Château ». Le fils aîné de Bénigne, Jean Bouhier, entrera à l’Académie Française en 1727.

 En 1689, l’ensemble deviendra propriété de la famille De Migieu, puis par alliance au Général Comte de la Loyère et à ses descendants. Son fils, Comte de la Loyère, dont le petit-fils, l’académicien Joseph de Pesquidoux, naquit à Savigny en 1869, fut président du Comité Viticulture de la Côte d’Or de 1854 à 1879.

 Son collaborateur fut le Docteur Guyot dont les ouvrages sur la viticulture font encore autorité. Il décéda et fut inhumé à Savigny en 1872.

 Au cours de l’année 1719, le président De Migieu dut abandonner son Château pendant quelques mois où il servit de résidence imposée à la Duchesse du Maine durant son exil en Bourgogne.

• Visite des différents musées considérés comme exceptionnels
• Dégustation et vente à emporter des grands crus mis en bouteilles dans les caves du château
• Mise à disposition des magnifiques salons du Château réservés à la gastronomie, aux soirées de gala, à la musique, en un mot à la joie de vivre « la vie de Château » ! 

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Château-musée de Nemours

Posté par francesca7 le 27 février 2014

 

 

Symbole de la ville de Nemours

Ancré dans l’histoire de la ville, le Château-musée de Nemours a rouvert ses portes après plusieurs années de restauration. A l’occasion, la municipalité a monté une exposition : « Du Château au musée : Histoires à raconter », afin de (re)découvrir les moments forts du monument devenu musée.
  
chateau-musee-de-nemours> Histoire du château

Construit au cœur de la cité médiévale à partir de XIIe siècle, le château de Nemours constitue l’un des rares châteaux de ville d’Île-de-France encore visible à l’heure actuelle.

D’abord propriété seigneuriale, puis ducale, il connaît de nombreux remaniements au fil des siècles. Au XVe siècle la famille d’Armagnac le fait restaurer tandis qu’en 1673, Philippe d’Orléans, devenu propriétaire grâce à son frère Louis XIV, organise les travaux qui donneront au château l’allure qu’il conserve encore actuellement :

Après la Révolution, le château devient propriété de la ville. Et ce n’est qu’en 1903, après restauration qu’il est transformé en musée par un comité présidé par le sculpteur nemourien Justin-Chrysostome Sanson (1833-1910). A l’origine composé d’œuvres de l’atelier de Sanson et du peintre Ernest Marché (1864-1932) et de l’imprimeur en taille-douce Adolphe Ardail (1835-1911). Son fonds s’étoffe grâce à différents dons (archéologie locale, sciences naturelles, tapisseries, faïences révolutionnaires). Depuis, le musée est remarquable pour sa collection d’arts graphiques (estampes, dessins, photographies), de peintures et de sculptures emblématique de l’art de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

En 1977, le bâtiment est classé monument historique. L’institution obtient le label « musée de France » suite à la loi-musée du 4 janvier 2002. En 2008, le château reprend ses activités de musée après trois ans de fermeture et plusieurs mois de travaux de rénovation sous la houlette de l’architecte en chef des Monuments Historiques, Jacques Moulin.

> Exposition « Du Château au musée : Histoires à raconter », du 17 février au 30 juin 2009

Organisée par la ville de Nemours, l’exposition « Du château au musée : Histoires à raconter » offre la possibilité de revivre l’histoire du château, de ses origines à sa transformation en musée au début du XIXe siècle ; l’occasion également de revoir les œuvres qui ont constitué la première collection du musée.

Les photos accompagnées de la mention « © RMN » illustrant ce musée sont la propriété de la photothèque de la Réunion des Musées Nationaux.

 

L’histoire de Nemours débute au xiie siècle, avec la création d’une seigneurie. Le premier seigneur de Nemours est Orson en 1120.

Le château ainsi que l’église Saint-Jean-Baptiste en centre-ville, sont construits vers 1170 à la demande de Gauthier de Villebéon, grand chambellandes rois Louis VII et Philippe Auguste. La ville est incendiée en 1358 durant la guerre de Cent Ans. L’église est détruite dans cet incendie, puis reconstruite à partir de 1445 pour s’achever en 1555. Le chœur date de cette reconstruction. En 1850 et 1890, l’intérieur de l’église est aménagé avec la pose de vitraux et d’un maître autel en hommage à Jean-Baptiste.

Château-musée de Nemours dans CHATEAUX DE FRANCE

La ville devint domaine royal quand elle fut acquise par Philippe III le Hardi (1274). Elle fut érigée en duché-pairie par Charles VI lors d’un échange de terres en 1404 avec Charles III le Noble, roi de Navarre. Le duché de Nemours restait toutefois un domaine royal du roi de France, et était grevé d’un droit de réversion. Ainsi devait-il être rendu à la couronne au décès de Charles III en 1425. Blanche Ire de Navarre, fille de Charles III de Navarre, tenta de s’opposer à cette réversion en voulant en rendre hommage au roi. Si le roi avait accepté cette démarche, il aurait implicitement reconnu que le duché était une possession pleine et entière de la maison de Navarre. Mais le roi refusa cet hommage pour cette raison. Blanche en fit alors hommage au roi d’Angleterre, et le duché lui fut subséquemment confisqué par la couronne. Blanche avait cependant promis à sa sœur Beatrice une donation de 60 000 livres et une rente de 4 000 livres prises sur le duché de Nemours, le tout devant servir de dot à la fille de Béatrice, Eléonore de Bourbon, lors du mariage de cette dernière à Bernard d’Armagnac. Bernard d’Armagnac n’ayant pas reçu la dot de sa femme, son père le comte d’Armagnac intenta un recours contre Blanche. Un arrêt de 1446 ordonnant le paiement de ces sommes sur le duché de Nemours, fut opposé par le procureur général sur la base du droit de réversion. En 1461 Louis XI céda par lettres patentes le duché de Nemours en apanage à Jacques d’Armagnac.

Jacques d’Armagnac étant décédé en 1477, le duché revenu de droit une fois de plus à la couronne, ses fils Jean d’Armagnac-Nemours et Louis d’Armagnac demandèrent à Charles VIII la restitution de l’apanage du duché de Nemours. En 1491 Charles VIII leur accorda par lettres patentes le don du droit du roi sur le duché, mais le droit de réversion y fut maintenu. Si bien qu’à leur mort ce fut en vain que leur sœur Marguerite d’Armagnac, dernière descendante de Charles III de Navarre, comtesse de Guise, mariée à Pierre de Rohan-Gié, tenta de perpétuer la possession du duché de Nemours en voulant elle aussi en rendre hommage au roi : le procureur du roi s’opposa à en recevoir l’hommage, et les décès de Marguerite d’Armagnac et de Pierre de Rohan en 1507, sans enfants pour hériter, retourna derechef les terres à la couronne et mit fin à cette dispute. Subséquemment, Louis XII donna l’apanage du duché de Nemours à son neveu Gaston de Foix en échange du comté de Narbonne (1507), puis au décès de ce dernier en 1515 François Ier fit de même pour l’époux de sa tante Philiberte de Savoie, Julien de Médicis fils de Laurent le Magnifique. Philiberte décédée en 1524, François Ier fit don de l’apanage à sa mère Louise de Savoie3.

Etant restée pendant 150 ans dans la maison de Savoie, la ville échut enfin en 1666 à Louis XIV, qui en fit don à Philippe d’Orléans, son frère, dont la postérité l’a gardée jusqu’en 1789. Le titre deduc de Nemours est porté par Louis d’Orléans, deuxième fils du roi Louis-Philippe2.

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Aux Musées de CHALON

Posté par francesca7 le 27 février 2014

 


Musée DENON / sis à  Châlon sur Saône, centre portuaire, industriel et commercial d’une grande activité, Chalon est aussi la capitale économique d’une riche zone de culture et d’élevage, au cœur d’un vignoble dont certains crus sont dignes de leurs grands voisins.

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Le Musée Denon est installé dans une annexe (18ème siècle) de l’ancien couvent des Ursulines dotée pour lui d’une façade néo-classique, il porte le nom d’une des gloires de la ville : Vivant Denon.

 

DOMINIQUE VIVANT – PARON DENON : Né à Givry en 1747, diplomate de l’Ancien Régime, il fréquente Voltaire et Pierre le Grand. Graveur renommé, membre de l’académie des Beaux-Arts en 1787, part en Italie ; de retour à Paris, la Convention le considère comme un émigré ; son ami le peintre David le sauve de justesse de la guillotine. Lors de la campagne d’Egypte, il fait le relevé des monuments (préfiguration de l’égyptologie), avant de devenir le conseiller artistique de Napoléon 1er, surintendant des arts en quelque sorte, grand pourvoyeur et organisateur des musées de France. Ayant quitté ses fonctions officielles, il se consacre comme son compatriote Niepce au procédé nouveau de la lithographie. Artiste complet, il est l’auteur d’un roman ; Point de Lendemain, qui fera l’admiration de son biographe Philippe Sollers ; il fut peintre aussi, ses autoportraits sont visibles au musée. 

Le Musée DENON possède un échantillon de la peinture du 17ème siècle au 19ème : l’école italienne est représentée par trois toiles baroques de Giordano, par son contemporain napolitain Solimène, par Bassano (Plan de Venise, Adoration des bergers) et le Caravage ; le Siècle d’or hollandais (17è siècle) avec un Bouquet de tulipes de Hans Bollongier et des natures mortes de Deheem ; la peinture française du 19ème, par le Portrait d’u Noir de Géricault et les paysages préimpressionnistes du peintre chalonnais Etienne Raffort. 

L’ethnographie retrace la vie chalonnaise et la navigation sur la Saône aidée par un ensemble de meubles régionaux. Une très belle collection de bois gravés d’avant la Révolution présente de façon savoureuse les moeurs de nos ancêtres, constituant une source de documentation régulièrement étudiée. 

Le rez de chaussée est réservé aux pièces archéologiques, la plupart retrouvées lors de dragages de la Spone : silex préhistoriques de Volgu (région de Digoin-Geugnon-les plus grands et les plus beaux que l’on connaisse ; des « feuilles de laurier » datant du solutréen – Roche de Soluté) et nombreux objets métalliques ou lapidaires gallo-romains et médiévaux.

 

UN LIEN : http://www.musees-bourgogne.org/les_musees/musee_bourgogne_resultat.php?id=71&theme=archeologie

 

 Illustration.

Musée Nicéphore-Niepce / situé dans l’hôtel des Messageries (18ème siècle) au bord de la Saône, le musée contient une très riche collection d’images et matériels anciens qui permet de suivre la découverte et les évolutions de la photographie. L’évolution de la photochimie et de l’optique est illustrée par des collections prestigieuses. Remarquer les premiers matériels de Nicéphore Niepce et de Daguerre (son associé en 1829, lequel développe un matériel commercialisable :

Aux Musées de CHALON  dans MUSEES de FRANCEle Daguerréotype), le Grand Photographe de Chevalier (vers 1840), les appareils Dagron ou Nertsch pour la photographie microscopique, les Dubroni (photographie instantanée, 1860), les canons à ferrotypes (support métallique au lieu du verre), les cyclographes (photographie panoramique, 1890) de Damoiseau, la « photosculpture » de Givaudan. La présentation permet également de suivre les progrès spectaculaires de l’image ; projection lumineuse (lanternes magiques) vues stéréoscopiques (relief), premières éditions d’albums par W.H Fox Talbot (« The Pencil of Narure » 1844), premières photographies en couleur, les photochromies de Louis Ducros du Hauron (1868) ? HOLOGRAPHIE (1948-1970). Cette progression s’accélère au 20è siècle qui voit l’apparition du format 24 x 36 (1923) et le succès populaire de la « photo ». Parmi les pièces exposées, on trouve les premiers Kodak, les petits appareils espions, l’appareil lunaire d’Hasselblad (programme Apollo) et le Globuloscope panoramique (1981).

UN LIEN : http://www.museeniepce.com/

 

 

 

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Expression : Paris vaut bien une messe

Posté par francesca7 le 25 février 2014

 
citation apocryphe, attribuée à
Henri IV lors de son abjuration

(D’après « Erreurs et mensonges historiques » (Tome 2) 2e éd., paru en 1879)

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Edouard Fournier, l’auteur de recherches ingénieuses, savantes et souvent heureuses sur les mots prétendus historiques, rapportant le célèbre « Paris vaut bien une messe » dont la popularité est si grande et si déplorable, écrit dans son Esprit dans l’Histoire, recherches et curiosités sur les mots historiques : « C’est à mon sens un mot très imprudent. Si Henri IV en eut la pensée, lorsqu’il prit la résolution d’abjurer, pour en finir avec les difficultés qui lui barraient le libre chemin du trône et l’entrée dans sa bonne ville, il fut certes trop adroit pour le dire. »

Ce mot, qui est un vrai propos de corps de garde, n’a pu être tenu par Henri IV ; pour le démontrer sans ré-plique, il suffit de prouver que ce prince s’est sincèrement converti. Comme toute erreur a sa source quelque part et comme aussi tout mensonge a une sorte de raison d’être, il faut d’abord, en peu de mots, rechercher la source de cette erreur et la raison de ce mensonge, et il ne nous sera pas difficile de les trouver dans les divers aspects sous lesquels, jusqu’à ce jour, on avait envisagé Henri IV.

Comme l’a fort judicieusement constaté Berger de Xivrey : « Au XVIIIe siècle, on s’occupa surtout du prince galant et spirituel… Les premières années de notre siècle admirèrent avant tout dans Henri IV la bonté du cœur » (Recueil des Lettres missives de Henry IV, publié dans la Collection de documents inédits sur l’histoire de France). Il était réservé à notre temps de chercher et de retrouver dans le premier des Bourbons l’homme tout entier, le grand homme, c’est-à-dire, l’homme dont la franchise ne s’est jamais démentie un seul instant. C’est sous cet aspect qu’au XVIIe siècle, l’évêque Hardouin de Péréfixe (Histoire du roi Henri le Grand), précepteur de Louis XIV, s’était attaché à représenter — l’histoire à la main — la noble figure du prince le plus justement populaire.

 

 « Cependant, oserons-nous le dire, peu de règnes sont moins connus, et cette longue popularité semble plutôt une idée confuse de ce que ce prince a dû être qu’une notion exacte de ce qu’il a été. Le mouvement des circonstances et l’inclination particulière des esprits ont mis successivement en relief certains côtés de son caractère ; peut-être ne les a-t-on jamais tous indiqués ni tous embrassés dans leur ensemble. La bonhomie du roi Henri a nui à sa grandeur. La légende a amoindri l’histoire. Elle a retiré au génie du souverain ce qu’elle prêtait au charme de l’homme, et en le faisant aimer, elle l’a fait moins admirer. Exagération bientôt suivie de retours contraires !…

« Le premier historien de Henri IV, c’a été jusqu’ici Henri IV lui-même, dit Mercier de Lacombe, dans une remarquable étude sur ce prince intitulée La politique de Henri IV (parue dans le Correspondant de 1857) ; — le mot est aussi vrai que spirituel. Il est quelquefois dangereux pour les grands hommes de se montrer à découvert. Leur âme n’égale pas toujours leur génie. La mémoire de Henri IV n’a point eu à redouter ce péril… La publication des Lettres de ce prince confiée par M. Villemain aux soins éclairés de M. Berger de Xivrey, a plus fait pour Henri IV que les plus ardents panégyriques. »

C’est à ce recueil que nous allons demander le récit plein d’intérêt de la conversion de Henri IV, des causes qui la déterminèrent. Les Lettres de ce prince confirment l’authenticité des récits de Palma Cayet, d’Hardouin de Péréfixe et de de Bury (Histoire de la vie de Henri IV, roi de France et de Navarre), que nous reproduirons en tout ce qui concerne l’histoire de la conversion du premier des Bourbons.

L’homme ne s’étant jamais démenti dans Henri IV, il n’est pas sans intérêt et surtout sans utilité de rechercher quels liens retinrent si longtemps ce prince dans le sein du protestantisme. Né d’un père et d’une mère catholiques, Henri entra, dès sa naissance, dans l’Église catholique par le baptême qu’il reçut des mains du cardinal d’Armagnac, évêque de Rodez et vice-légat d’Avignon. Ses deux parrains (Henri II, roi de France, et Henri d’Albret, roi de Navarre, son grand-père) ainsi que sa marraine (Madame Claude de France) étaient catholiques. Nous insistons sur ces particularités, parce que le souvenir de son baptême catholique influa toujours sur Henri IV et ne fut pas un des moindres motifs qui déterminèrent sa conversion.

Né en 1553, ce prince perdit son père en 1562. Ce ne fut qu’à son retour de la cour de France en Béarn que Jeanne d’Albret, sa mère, « embrassa ouvertement le calvinisme ; mais elle laissa son fils auprès du roi (Charles IX), sous la conduite d’un sage précepteur, nommé la Gaucherie, lequel tâcha de lui donner quelque teinture des Lettres, non par les règles de Grammaire, mais par les discours et les entretiens. Pour cet effet il lui apprit par cœur plusieurs belles sentences, comme celle-ci : Ou vaincre avec justice, ou mourir avec gloire ; et cette autre : Les princes sur leur peuple ont autorité grande, / Mais, Dieu plus fortement dessus les rois commande. »

Le jeune prince n’avait que treize ans lorsque la Gaucherie mourut (1566) ; sa mère le fit revenir en Béarn et elle lui donna pour précepteur « Florent Chrétien,… tout à fait huguenot, et qui selon les ordres de cette reine, éleva le prince dans cette fausse doctrine », écrit Hardouin de Péréfixe. A l’âge de seize ans, il fut mis à la tête du parti protestant et apprit l’art de la guerre sous la conduite de Coligny. La sagesse de Henri lui acquit l’estime et la confiance de Charles IX et d’Henri III ; mais, trop de périls l’environnant à la cour de France, il s’enfuit, rentra dans le parrti huguenot, le seul parti qu’il pût avoir ; et quittant l’Église catholique, professa de nouveau sa première religion. Il est à croire, dit Péréfixe, qu’il le fit parce qu’il était persuadé qu’elle était la meilleure ; ainsi sa faute serait en quelque façon digne d excuse, et l’on ne pourrait lui reprocher que de n’avoir pas eu les véritables lumières. »

téléchargement (5)Il n’était pas aveuglément fanatique, car en 1577, les députés des États de Blois l’engagèrent à rentrer dans la religion catholique, il répondit à l’archevêque de Vienne qui portait la parole, « qu’il n’était point opiniâtre sur l’article de la religion ; qu’il avait toujours cru que celle qui lui avait été annoncée dès son enfance était la meilleure ; que la voie la plus sûre pour lui persuader le contraire n’était pas la guerre dont on le menaçait et qui achèverait la désolation du royaume », rapporte de Bury.

Quelques années après, lorsque Henri III envoya le duc d’Epernon à ce prince, pour l’assurer de son amitié et de ses bonnes intentions, l’inviter à venir à la cour et lui persuader que l’unique moyen de faire avorter les desseins de la Ligue était de changer de religion, Henri de Navarre lui répondit « qu’il conserverait inviolablement toute sa vie l’attachement et la reconnaissance dont il était pénétré pour Sa Majesté ; (…) qu’à l’égard de la religion, il n’était point opiniâtre sur cet article ; que lorsqu’on l’aurait convaincu qu’il était dans l’erreur, il ne balancerait pas à changer, n’ayant rien de plus à cœur que de contribuer de tout son pouvoir à la tranquillité de l’État. » Dès cette époque, et comme sous l’empire d’un pressentiment prophétique, le pape Sixte-Quint, si bon connaisseur en fait d’hommes, disait : « La tête de ce prince est faite exprès pour la couronne de France. »

Cependant, Henri III est frappé par le poignard de Jacques Clément ; le roi de Navarre accourt recueillir son dernier soupir et témoigne la plus grande douleur à la vue d’un si horrible attentat. « Il faudrait, dit de Bury, un peintre bien habile pour nous représenter d’un coup d’œil, dans un tableau, la scène qui se passait dans la chambre de Henri III. On verrait le roi de Navarre pénétré de la plus grande affliction, à genoux près du lit du roi, tenant entre ses mains celle de ce prince, qu’il arrosait de ses larmes, sans pouvoir proférer une seule parole ; Henri III, moribond, lui montrant d’un côté le corps de Notre-Seigneur entre les mains du ministre de l’Église, et de l’autre la couronne de France, pour faire connaître à Henri qu’elle serait toujours vacillante sur sa tête, s’il ne la faisait soutenir par la religion catholique, à laquelle il l’exhortait de se soumettre. On verrait les seigneurs catholiques, dans une contenance respectueuse, approuver par leurs gestes les discours du roi. »

Le 2 août 1589, vers quatre heures du matin, le roi de Navarre, âgé de trente-cinq ans, devint roi de France, par la mort de Henri III. Le même jour, il adressait aux principales villes du royaume une circulaire, où nous lisons ces lignes dignes de remarque : « Il a plu à Dieu nous appeler (…) à la succession de cette couronne, ayant bien délibéré aussi de donner tout le meilleur ordre que faire se pourra, avec le bon conseil et avis des princes et autres principaux seigneurs, à ce qui sera du bien et conservation de l’Etat, sans y rien innover au fait de la religion catholique, apostolique et romaine, mais la conserver de notre pouvoir, comme nous en ferons plus particulière et expresse déclaration » (Lettres missives de Henri IV).

A la suite d’une assemblée, la noblesse de France fit promesse à Henri de le reconnaître pour roi, à ces conditions : « 1° Pourvu qu’il se fît instruire dans six mois ; car, on présupposait que l’instruction causerait nécessairement la conversion. 2° Qu’il ne permît aucun exercice que de la religion catholique. 3° Qu’il ne donnât ni charge, ni emploi aux huguenots. 4° Qu’il permît à l’assemblée de députer vers le pape, pour lui faire entendre et agréer les causes qui obligeaient la noblesse de demeurer au service d’un prince séparé de l’Église romaine

« (…) Le roi leur accorda facilement tous les points qu’ils demandaient, hormis le second. Au lieu duquel il s’engagea de rétablir l’exercice de la religion catholique, par toutes ses terres, et d’y remettre les ecclésiastiques dans la possession de leurs biens. Il fit dresser une déclaration de cela, et après que les seigneurs et gentilshommes de marque l’eurent signée, il l’envoya à cette partie du Parlement, qui était séante à Tours, pour la vérifier », nous apprend Péréfixe.

Henri IV aurait peut-être dès lors change de religion, pour donner aux seigneurs catholiques la satisfaction qu’ils demandaient : il était assez éclairé pour connaître celle qui était la véritable ; mais, la politique l’obligeait d’avoir de la condescendance pour les huguenots. Leur parti était trop considérable, pour qu’on ne le ménageât pas. D’ailleurs, dès lors, —comme par le passé, — il parlait toujours avec respect du pape et des prêtres, rapporte de Bury. Plus nous avançons et plus nous recueillons des preuves de la foi et de la piété de ce grand cœur, si plein de noblesse et de franchise.

Sur le champ de bataille d’Ivry (14 mars 1590), au moment d’engager le combat, « il leva les yeux au ciel, et joignant les mains, appela Dieu à témoin de son intention, et invoqua son assistance, — le priant de vouloir réduire les rebelles à reconnaître celui que l’ordre de la succession leur avait donné pour légitime souverain. Mais, Seigneur (disait-il), s’il t’a plu en disposer autrement, ou que tu voies que je dusse être du nombre de ces rois que tu donnes en ta colère, ôte moi la vie avec la couronne ; agrée que je sois aujourd’hui la victime de tes saintes volontés ; fais que ma mort délivre la France des calamités de la guerre, et que mon sang soit le dernier qui soit répandu en cette querelle », nous révèle Péréfixe.

On sait quelle fut l’issue de cette glorieuse journée. Vainqueur de ses ennemis, Henri IV rapporta tout l’honneur de l’avantage à Dieu seul. « Il a plu à Dieu — écrivait-il le soir même de la bataille d’Ivry — de m’accorder ce que j’avais le plus désiré : d’avoir moyen de donner une bataille à mes ennemis ; ayant ferme confiance que, en étant là, il me ferait la grâce d’en obtenir la victoire, comme il est advenu cejourd’hui… La bataille s’est donnée, en laquelle Dieu a voulu faire connaître que sa protection est toujours du côté de la raison. C’est un œuvre miraculeux de Dieu, qui m’a premièrement voulu donner cette résolution de les attaquer, et puis la grâce de le pouvoir si heureusement accomplir. Aussi à lui seul en est la gloire, et de ce qu’il en peut, par sa permission, appartenir aux hommes, elle est due aux princes, officiers de la Couronne, seigneurs et capitaines (…) Je vous prie surtout d’en faire rendre grâce à Dieu, lequel je prie vous tenir en sa sainte garde. » Le même jour, il écrivait au duc de Longueville : « Nous avons à louer Dieu : il nous a donné une belle victoire… Dieu a déterminé selon son équité (…) Je puis dire que j’ai été très bien servi, mais surtout évidemment assisté de Dieu, qui a montré à mes ennemis qu’il lui est égal de vaincre en petit ou grand nombre. »

A un vaillant capitaine, il dit : « Monsieur de La Noue, Dieu nous a bénis… Dieu a montré qu’il aimait mieux le droit que la force (…) Que nous puissions cueillir les fruits de la guerre que le bon Dieu nous a faits. » Le 18 mars, il écrit au maire et aux jurats de Bordeaux : « Nous avons voulu vous faire part de cette nouvelle, pour vous exhorter premièrement en rendre grâces à Dieu, à qui seul en est la gloire, ayant par plusieurs effets particuliers et admirables témoigné en cette occasion qu’il est toujours protecteur des bonnes causes et ennemi des mauvaises, et avec les actions de grâces y joindre vos dévotes prières, à ce qu’il lui plaise continuer sa bénédiction sur notre labeur jusqu’à la perfection de notre dessein, qui n’est que la paix et union universelle de tous nos sujets et la tranquillité en tout ce royaume. »

La clémence et la générosité d’Henri IV furent égales à sa bravoure, « et la manière dont il usa de la victoire fut une preuve certaine qu’il la tenait de sa conduite plutôt que de la fortune », rapporte Péréfixe. Des bataillons suisses avaient combattu contre lui dans les rangs de ses ennemis ; non seulement il leur pardonna, mais encore il les fit reconduire dans leur pays, adressant aux cantons de bonnes paroles qui les touchèrent profondément et dont ils se montrèrent toujours reconnaissants. Il tint la même conduite généreuse à l’égard des Français, ses adversaires, qu’il venait de vaincre. « Il n’eut rien plus à cœur que de faire connaître à ses sujets qu’il désirait épargner leur sang, et qu’ils avaient affaire à un roi clément et miséricordieux, non pas à un cruel et impitoyable ennemi. Il fit crier dans la déroute : Sauvez les Français… Il prit à merci tous ceux qui demandaient quartier, et en arracha tant qu’il put des mains des soldats, acharnés à la tuerie ».

Et combien religieuse fut la conduite d’Henri IV, lorsqu’en 1589, étant entré dans Paris, il empêcha le pillage et la profanation des églises ; c’était le jour de la Toussaint : grâce à l’ordre parfait que le roi sut faire régner, les offices eurent lieu au milieu du plus grand calme, et les catholiques de son armée y assistèrent pieusement avec les Parisiens. Malheureusement Henri IV fut obligé de s’éloigner, et ce ne fut que l’année suivante qu’il put revenir sous les murs de la capitale. En peu de temps, Paris fut réduit aux horreurs de la famine ; « le cœur du roi fut tellement serré de douleur (à cette nouvelle), que les larmes lui en vinrent aux yeux, et s’étant un peu détourné pour cacher cette émotion, il jeta un grand soupir avec ces paroles : O Seigneur t tu sais qui en est la cause ; mais, donne-moi le moyen de sauver ceux que la malice de mes ennemis s’opiniâtre si fort à faire périr.

« En vain les plus durs de son conseil, et spécialement les huguenots, dit Péréfixe, lui représentèrent que ces rebelles ne méritaient point de grâce ; il se résolut d’ouvrir le passage aux innocents. Je ne m’étonne pas (dit-il), si les chefs de la Ligue et si les Espagnols ont si peu de compassion de ces pauvres gens-là, ils n’en sont que les tyrans ; mais, pour moi qui suis leur père et leur roi, je ne puis pas entendre le récit de ces calamités sans en être touché jusqu’au fond de l’âme et sans désirer ardemment d’y apporter remède. Je ne puis pas empêcher que ceux que la fureur de la Ligue possède ne périssent avec elle ; mais, quant à ceux qui implorent ma clémence, que peuvent-ils mais du crime des autres ? Je leur veux tendre les bras. »

Ce jour-là même, plus de quatre mille malheureux sortirent de Paris, et dans le transport de leur reconnaissance, ils criaient : « Vive le roi ! » A l’exemple de Henri IV, ses officiers et ses soldats firent passer des vivres aux Parisiens et sauvèrent la vie à une foule de pauvres familles. La conduite du roi fut empreinte d’un caractère tout particulier de respect à l’égard des prêtres catholiques.

Le moment approchait où les bonnes dispositions de Henri IV et sa piété allaient le préparer à écouter la voix de l’Église catholique. Les huguenots, effrayés de la perspective de cette conversion qui ruinait leurs projets ambitieux, sollicitèrent Elisabeth et les princes protestants d’Allemagne « de lui envoyer de grandes forces », par le moyen desquelles ils croyaient le faire venir à bout de la Ligue, « après quoi il n’aurait plus besoin de se convertir, et a que cependant ils le tiendraient toujours obsédés a par ces troupes étrangères. En effet, Elisabeth, qui avait une extrême ardeur pour la religion protestante, s’intéressa fort dans la cause de ce roi, l’assista toujours généreusement, et sollicita avec chaleur les princes d’Allemagne d’y concourir avec elle. Au même temps (1591), les huguenots pressaient à toute force qu’on leur donnât un édit pour l’exercice libre de leur religion. Ils le poursuivirent si fortement, qu’il fallut le leur accorder, et on l’envoya au parlement séant à Tours ; mais, on ne put jamais obtenir qu’il le vérifiât qu’avec ces mots : « par provision seulement ; se montrant aussi ennemi de cette fausse religion, qu’il l’était des factions de la Ligue. »

téléchargement (6)Sur ces entrefaites mourut Sixte-Quint, dont Henri IV appréciait le caractère et dont il avait reçu plus d’une invitation paternelle de se convertir. Enfin, en 1593, le roi consentit à se faire instruire « par des moyens qui ne fissent point de tort à sa dignité et à sa conscience », et il permit aux catholiques de son parti de faire savoir au pape (Grégoire XIV) quelles étaient ses dispositions. « Il ne faut pas douter — dit de Bury, — que ce prince, après ce qui s’était passé depuis la mort de Henri III, et la promesse qu’il avait faite aux seigneurs catholiques de son parti de se faire instruire, n’eût fait les plus sérieuses réflexions sur ce qui concernait sa conscience ; il était trop instruit pour n’avoir pas reconnu la différence qu’il y avait entre les deux religions.

« La religion catholique était si ancienne et si authentiquement établie par une suite de miracles incontestables et par une tradition non interrompue depuis tant de siècles… qu’il n’était pas possible à un cœur droit, qui cherche la vérité, de ne la pas préférer à une religion toute nouvelle dont les auteurs n’avaient donné aucune preuve de leur mission, et étaient connus pour n’avoir agi que par des mouvements purement humains et intéressés, et dans le dessein d’anéantir la hiérarchie ecclésiastique. Henri avait été témoin de tout le sang que le protestantisme avait fait répandre dans le royaume et des désordres qu’il y avait causés.

« La politique, dont Dieu permet quelquefois que les hommes se servent pour accomplir les desseins qu’il a sur eux, empochait Henri de se livrer à ce qu’il entrevoyait lui être plus utile. Elle lui avait servi pour retenir les Huguenots dans son parti et lui aider, par leur secours, à venir à bout de ses ennemis : elle lui faisait appréhender que s’il quittait cette religion, ils ne l’abandonnassent et ne l’empêchassent de terminer une guerre longue et cruelle, qui réduisait à la dernière misère des peuples qu’il chérissait et qu’il voulait rendre heureux. Enfin, la providence, secondant la bonté de son cœur et la droiture de ses sentiments, lui inspira le désir de rentrer dans la religion catholique, en lui faisant connaître tous les avantages que ses sujets en retireraient et la gloire qu’il acquerrait lui-même.

« Il prit donc la ferme résolution de quitter la religion protestante ; et pour cet effet, il écrivit à plusieurs archevêques, évêques et doctes personnages du royaume des lettres de cachet, pour les prier de se rendre auprès de lui, le 15 juillet, désirant d’être instruit par eux dans la religion catholique, apostolique et romaine, à quoi il promettait qu’ils le trouveraient tout disposé, ne cherchant que la voie la plus sûre pour faire son salut », écrit de Bury. C’est alors qu’eut lieu au village de Suresnes, près de Paris, une fameuse Conférence au sujet de l’instruction et de la conversion du roi, entre l’archevêque de Bourges, MM. de Chavigny, de Rambouillet, de Schomberg, de Bellièvre, de Pontcarré, de Thou, Revol et de Vic, pour Henri IV ; et d’autre part l’archevêque de Lyon, l’évêque d’Avranches, l’abbé de Saint-Vincent, MM. de Villars, Averson, Jeanin, de Pontarlier, de Montigny, du Pradel, Le Maistre, Bernard, Dulaurens et de Villeroi, de la part des États.

Parcourons la correspondance de Henri IV, à cette époque, pour y trouver l’expression franche et sincère de ses sentiments religieux. Le 8 mai 1593, il écrivait au duc de Nivernais, pair de France : « Lesdits députés de part et d’autre promettent beaucoup de fruit de ladite conférence, ce que je désire plus que chose du monde, pour le repos général de mon royaume : à quoi je tiendrai la main et apporterai de ma part tout ce que je pourrai pour le repos de mon royaume et le contentement de tous mes sujets catholiques. »

Et deux jours après, il dit au prince de Conti, que les partisans de l’Espagne essaient de paralyser, de toutes les manières possibles, l’heureux effet de la nouvelle de son retour à la foi catholique, qu’ils prétendent n’être qu’une feinte et une tactique toute politique de sa part pour se maintenir sur le trône de France. « Je vous prie de vous trouver (le 10 juillet prochain), pour mettre la main à un si bon œuvre, si profitable, avec l’aide de Dieu, qui en fera, s’il lui plaît, sortir le fruit conforme au désir des gens de bien. »

Henri IV s’ouvre entièrement et sans réserve à l’évêque de Chartres (le 18 mai) : « Le regret que je porte des misères où ce royaume est constitué par quelques-uns qui, sous le faux prétexte de la religion, duquel ils se couvrent, ont enveloppé et traînent lié avec eux en cette guerre le peuple ignorant leurs mauvaises intentions, et le désir que j’ai de reconnaître envers mes bons sujets catholiques la fidélité et affection qu’ils ont témoignées, et continuent chaque jour, à mon service, par tous les moyens qui peuvent dépendre de moi, m’ont fait résoudre, pour ne leur laisser aucun scrupule, s’il est possible, à cause de la diversion de ma religion, en l’obéissance qu’ils me rendent, de recevoir au plus tôt instruction sur les différends dont procède le schisme qui est en l’Eglise, comme j’ai toujours fait connaître et déclaré que je ne la refuserai ; et n’eusse tant tardé d’y vaquer, sans les empêchements notoires qui m’y ont été continuellement donnés. Et bien que l’état présent des affaires m’en pourrait encore juste ment dispenser, je n’ai toutefois voulu différer davantage d’y entendre, ayant à cette fin avisé d’appeler un nombre de prélats et docteurs catholiques, par les bons enseignements desquels je puisse, avec le repos et satisfaction de ma conscience, être éclairci des difficultés qui nous tiennent séparés en l’exercice de la religion. »

« Et d’autant que je désire que ce soient personnes qui, avec la doctrine, soient accompagnées de piété et prudhommie, a n’ayant principalement autre zèle que l’honneur de Dieu, comme de ma part j’y apporterai toute sincérité, et qu’entre les prélats et personnes ecclésiastiques de mon royaume, a vous êtes l’un desquels j’ai cette bonne opinion ; à cette cause, je vous prie de vous rendre près de moi en cette ville (de Mantes), le 15e jour de juillet, où je mande aussi à quelques autres de votre profession se trouver en même temps, pour tous ensemble tendre à l’effet les efforts de votre devoir et vocation ; vous assurant que vous me trouverez disposé et docile à tout ce que doit un roi très-chrétien, qui n’a rien plus vivement gravé dans le cœur que le zèle du service de Dieu et le maintien de sa vraie église. »

Et dans une lettre circulaire, qui fut très répandue, Henri IV répétant les mêmes protestations de sa sincérité, ajoute : « Nous sommes très disposé à recevoir et suivre ce que par bons enseignements l’on nous fera connaître appartenir à la vraie piété et religion. » La franchise du roi le porta à avertir ses coreligionnaires de l’ouverture de la conférence de Suresnes, et tout en leur faisant pressentir l’issue probable de cette conférence, il les assura de son affection et de sa bienveillance, comme par le passé (lettre du 25 mai). Le 30 mai, écrivant au grand-duc de Toscane, le roi de France lui montre son désir de plus en plus ardent de rentrer dans le sein du catholicisme, n’imputant son retard à le faire qu’à la difficulté des temps et à la mauvaise volonté de certains chefs de la Ligue :

« Quoique les mêmes empêchements qui continuent toujours la part de mes ennemis, avec la même animosité et rigueur qu’ils ont accoutumé, me pourraient encore justement excuser de cette action, si j’avais intention de la tirer en longueur, ou frustrer mes dits bons sujets de leur désir et attente, ainsi que mes ennemis en veulent faire valoir l’opinion, à la justification de leurs faux prétextes, toutefois, je me suis résolu de surmonter les susdites incommodités pour accélérer le contentement des uns, faire voir à découvert les mauvaises intentions des autres (…) ; et à cet effet j’ai convoqué auprès de moi, au 20e de juillet prochain, plusieurs prélats et docteurs catholiques, pour mon instruction et me résoudre avec eux des points qui nous ont jusques ici tenus séparés les uns des autres, en la foi et créance de la religion, espérant que Dieu assistera de sa grâce par son Saint-Esprit, cette mienne résolution selon le saint zèle que j’y apporte, qui ne tend qu’à embrasser et suivre la vraie voie de mon salut. »

L’opposition systématique de certains chefs de la Ligue continuait toujours à l’endroit de Henri IV ; ils n’épargnaient rien pour semer dans l’esprit du peuple le doute et la défiance au sujet des intentions du roi, — comme le prouve une longue lettre d’Henri IV au marquis de Pisany. On y voit la prudence, la sagesse, la franchise et surtout la patience inaltérable de ce prince en face des odieuses menées de ses ennemis et de ceux de la France. Il avait été à même d’apprécier la conduite pleine de tact de René Benoît, curé de Saint-Eustache, un des hommes les plus savants de cette époque ; il l’appela à Mantes près de lui, pour être un des docteurs qu’il chargeait du soin de l’instruire dans la vraie foi :

« Dès l’heure que j’ai eu la volonté de penser à ma conversion, j’ai jeté l’œil sur vous pour être l’un de ceux desquels j’aurai l’assistance fort agréable à cette occasion. La réputation de votre doctrine, laquelle est suivie d’une vie non moins louable, me fait espérer de recevoir beaucoup de service et de contentement de vous, si j’en suis assisté. Ce qui est cause que je vous fais ce mot pour vous faire connaître combien je l’aurai agréable ; même que vous prépariez, à cet effet, quelques-uns de votre collège, que vous connaîtrez avoir la crainte de Dieu et être accompagnés d’esprit doux, et aimant le bien et repos de mes sujets… » En attendant, « que j’aie part en vos prières. »

Dans les premiers jours de juillet de la même année, le roi exprimait à l’archevêque de Bourges son vif désir de rentrer dans le sein de l’Église catholique, en dépit de la difficulté des temps et des complots de ses ennemis : mon intention serait plutôt de devancer la conférence que de la reculer, tant j’en désire les effets, espérant bien que ceux qui publient que ce que je propose faire est à fard et à feintise auront toute occasion de s’en dédire, et les effets contraires à leurs opinions se reconnaîtront si près d’eux que, s’ils n’en veulent être les témoins, ils en pourront au moins avoir souvent de bien certaines nouvelles (…) J’espère que Dieu me fera la grâce d’y porter l’esprit vide de toute autre passion que ce qui est de sa gloire, de mon salut et du bien de cet État. »

Le 12 juillet, Henri IV écrivit au consistoire de Nîmes, à propos des complots formés contre la France par les protestants, qui prenaient prétexte de la prochaine abjuration du roi, pour troubler le pays. Malgré ce nouvel embarras, le 16 juillet il mandait M. de Rambouillet : « Vous savez que le 20e de ce mois approche, qui est le jour auquel j’ai assigné la convocation que je fais faire à Saint-Denis pour y recevoir l’instruction à laquelle je me suis disposé dès mon avènement à cette couronne. Et, comme aussitôt après, je délibère de m’y faire sacrer et couronner, suivant les anciennes coutumes observées par les rois mes prédécesseurs, et qu’en une si célèbre solennité que sera celle-là, il faut que les choses se fassent avec les mêmes cérémonies qui, de tout temps, ont été gardées en pareil cas, etc. »

Ici, laissons parler un témoin oculaire, un contemporain non suspect, l’ex-ministre protestant Palma Gayet, qui assista aux conférences que nécessita l’instruction du roi. « Dieu depuis longtemps avait touché le roi sur la réalité au sacrement de l’Eucharistie, et qui, toutefois, était encore en doute sur trois points, savoir ; de l’invocation des saints, de la confession auriculaire et de l’autorité du pape. » A l’ouverture de la conférence, le roi disait à M. d’Ossat : « Vous savez la déclaration que j’ai faite, à mon avènement à la couronne, de me laisser instruire en la religion catholique et romaine. Vous savez aussi l’intention pour laquelle j’ai permis que les princes et seigneurs catholiques aient envoyé des ambassadeurs et des agents vers le pape, pour aviser au moyen de mon instruction et de ma conversion. »

Puis, apprenant à M. d’Ossat son intention de se faire instruire en la foi catholique, il ajouta : « J’espère que Dieu nous regardera de son œil de miséricorde, et donnera à mon peuple le fruit de la paix tant désirée. Je sais que les rois qui ont plus de pitié de leurs peuples s’approchent aussi plus près de Dieu, qui fera réussir mon dessein à sa gloire… Nul ne peut douter que quand même je me fusse déclaré catholique dès mon avènement à cette couronne, que, pour cela, mon peuple n’eût pas eu la paix ; ceux de la religion les huguenots) eussent pu désirer un protecteur particulier, et il y eût eu du danger de ce côté, vu ce qui s’en est passé autrefois, etc. » Ces paroles charmèrent M. d’Ossat, et lui firent concevoir l’espérance bien fondée de la prochaine conversion de Henri IV.

« Avant que de dire ce qui se passa en cette conférence, dit Palma Cayet, comme j’ai dit ci-dessus, que, dès longtemps, le roi croyait la réalité au sacrement de l’Eucharistie, je rapporterai ici quelques particularités qui se sont passées sur ce qu’il a été quelquefois repris de se convertir. Environ l’an 1584, (…) on conseilla audit sieur roi de Navarre de chercher les moyens de se réconcilier avec le Saint-Siège. Le sieur de Ségur, un des principaux conseillers, en communiqua même avec quelques ministres qu’il jugeait être traitables, pour aviser aux moyens de se réunir à l’Église catholique romaine, ce que l’on désirait faire doucement et sans en faire grand bruit. Sa Majesté s’y trouva tellement portée, qu’en un discours particulier il dit à un des ministres de sa maison : Je ne vois ni ordre ni dévotion en cette religion (la protestante) ; elle ne gît qu’en un prêche qui n’est autre chose qu’une langue qui parle bien français ; bref, j’ai ce scrupule qu’il faut croire que véritablement le corps de Notre-Seigneur est au sacrement, autrement tout ce qu’on fait en la religion n’est qu’une cérémonie. »

« Or, du depuis, les remuements de la Ligue commencèrent. Ledit sieur de Ségur (…) manda à Sa Majesté qu’il n’était pas temps de parler de conversion, et, quoiqu’il le lui eût conseillé, qu’il ne fallait pas qu’il le fît encore, parce qu’étant prince souverain dans ses pays, il ne devait ployer sous la volonté de ses ennemis ; mais, devait s’évertuer de maintenir sa liberté et défendre sa religion, jusques à tant que, par bonne instruction paisiblement et volontairement, il fût satisfait de tous doutes. A cet avis se conforma celui de tout son conseil. On ne trouva que trop de raisons d’État pour le lui persuader ; toutefois, on a tenu que, sans l’avis d’un opinant en son conseil, celte conversion se fût poursuivie et qu’il fût venu, dès ce temps-là trouver le roi…. » Les autres sont de contraire opinion, et disent que les princes de la Ligue n’eussent pas laissé de prendre les armes, et qu’ils « n’en voulaient pas tant à la religion qu’à la couronne. »

« Depuis que ce prince eut été contraint de prendre les armes, il ne laissa toutefois, au plus fort même de ses affaires, de conférer particulièrement avec ceux qu’il jugeait doctes des points principaux de sa religion, et se rendit tellement capable de soutenir des points débattus par les ministres, selon leur façon de faire, que plusieurs fois il en a étonné des plus entendus d’entre eux. On dira que c’était pour le respect de Sa Majesté ; mais, je dirai que c’est de la seule vivacité de son esprit et l’exact jugement qu’il fait de toutes choses, en quoi il ne reçoit aucune comparaison avec prince ou philosophe qui ait jamais été ; (…) si bien qu’il connaît les affections à la mine et les pensées au parler.

« II continua toujours celte forme d’instruction ; même, étant venu à la couronne de France, il m’envoya (à moi qui écris) mandement par bouche et lettres, (…) à ce que j’eusse à lui en dire mon avis sommairement ; ce que je fis en trois grandes feuilles de papier, lesquelles le sieur Hesperien, ministre, lui porta et se les fit lire durant qu’il assiégeait la ville de Vendôme. Depuis, Sa Majesté a toujours continué cette recherche d’instruction par écrits et en devis (conversations) particuliers avec gens doctes, jusques à ce temps ici qu’il donna sa parole au sieur d’Ossat d’embrasser tout à fait la religion catholique, et, pour quelques difficultés qu’il avait encore, de s’en faire résoudre par les prélats. »

Maintenant, continuons ce récit par la bouche de Péréfixe, qui était bien instruit :

téléchargement (7)« Le roi vint à Saint-Denys, où se rendirent plusieurs prélats et docteurs, par le soin desquels il s’était fait instruire. Un historien rapporte que le roi faisant faire devant lui une conférence entre les docteurs de l’une et de l’autre Église, et voyant qu’un ministre tombait d’accord qu’on se pouvait sauver dans la religion des catholiques, Sa Majesté prit la parole, et dit à ce ministre : Quoi ! tombez-vous d’accord qu’on puisse se sauver dans la religion de ces messieurs-là ? » Le ministre répondant qu’il n’en doutait pas, pourvu qu’on y vécût bien, le roi repartit très judicieusement : La prudence veut donc que je sois de leur religion, et non pas de la vôtre, parce qu’étant de la leur, je me sauve selon eux et selon vous, et étant de la vôtre, je me sauve bien selon vous, mais non pas selon eux. Or, la prudence veut que je suive le plus assuré.

« Ainsi, après de longues instructions, dans lesquelles il voulut amplement être éclairci de tous ses doutes, il abjura son erreur, fit profession de la foi catholique et reçut l’absolution dans l’église abbatiale de Saint-Denis, au mois de juillet (1593), par le ministère de Renaud de Beaune, archevêque de Bourges. Dès le jour même on vit toute la campagne, depuis Paris jusqu’à Pontoise, éclairée de feux de joie ; et grand nombre de Parisiens qui, étant accourus à Saint-Denis pour voir cette cérémonie, remportèrent à Paris une entière satisfaction et remplirent toute la ville d’estime et d’affection pour le roi ; tellement qu’on ne l’y appela plus le Béarnais, comme auparavant, mais absolument le roi. »

Le 25 juillet, Henri IV envoya, par toute la France, la lettre circulaire suivante sur son abjuration : « Suivant la promesse que nous fîmes à notre avènement à cette couronne par la mort du feu roi (,..) dernier décédé, (…) et la convocation par nous faite des prélats et docteurs de notre royaume, pour entendre à notre instruction, par nous tant désirée et tant de fois interrompue par les artifices de nos ennemis, enfin nous avons, Dieu merci, conféré, avec lesdits prélats et docteurs, assemblés (…) pour cet effet, des points sur lesquels nous désirions être éclairci ; et après la grâce qu’il a plu à Dieu nous faire par l’inspiration de son Saint-Esprit, que nous avons recherchée par tous nos vœux et de tout notre cœur pour noire salut, et satisfait par les preuves qu’iceux prélats et docteurs nous ont rendues par écrits des apôtres, des saints pères et docteurs reçus en l’Église, reconnaissant l’Église catholique, apostolique et romaine être la vraie Église de Dieu, pleine de vérité, et laquelle ne peut errer, nous l’avons embrassée et sommes résolus d’y vivre et mourir.

« Et pour donner commencement à cette bonne œuvre, et faire connaître que nos intentions n’ont eu jamais d’autre but que d’être instruits sans aucune opiniâtreté, et d’être éclaircis de la vérité et de la vraie religion pour la suivre, nous avons cejourd’hui ouï la messe, et joint et uni nos prières avec ladite Église (…) résolus d’y continuer le reste des jours qu’il plaira à Dieu nous donner en ce monde ; dont, nous vous avons bien voulu avertir, pour vous réjouir d’une si agréable nouvelle, et confondre par nos actions les bruits que nos dits ennemis ont fait courir jusqu’à cette heure, que la promesse que nous en avons ci-devant faite était seulement pour abuser nos bons sujets et les entretenir d’une vaine espérance, sans aucune volonté de la mettre à exécution : de quoi nous désirons qu’il soit rendu grâces à Dieu, par processions et prières publiques, afin qu’il plaise à sa divine bonté nous confirmer et maintenir le reste de nos jours en une si bonne et si sainte résolution. »

Le même jour, Henri IV apprit la nouvelle de son abjuration à ses anciens coreligionnaires, en ces termes pleins d’une franche dignité : « Je fais présentement une dépêche générale pour vous donner à tous avis de la résolution que j’ai faite de faire dorénavant profession de la religion catholique, apostolique et romaine… Ce que j’en ai fait n’ayant été qu’à fort bonne intention, et principalement pour la seule assurance que j’ai d’y pouvoir faire mon salut, et pour n’être en ce point différent des rois mes prédécesseurs, qui ont heureusement et pacifiquement régné sur leurs sujets, espérant que Dieu me fera la même grâce, et que par moyen seraient ôtés non seulement les prétextes, mais aussi les causes des divisions et révoltes qui minent aujourd’hui cet État ; étant pour cela mon intention qu’il ne soit fait aucune force ni violence aux consciences de mes sujets, (…) et qu’ainsi qu’il a plu à Dieu m’ordonner roi de tous mes sujets, que je les aimerai et aurai tous en égale considération. »

Une autre circulaire du roi — conçue en des termes vraiment paternels — contenait pour les villes de la Ligue un oubli complet des injures passées et une promesse entière de bonne affection pour l’avenir : « Nous savons assez par expérience combien peut en âmes consciencieuses le désir de conserver la religion et la crainte de la perdre. C’est pourquoi nous excusons la difficulté et refus que plusieurs de nos sujets ont fait jusques ici de nous reconnaître, pour la différence de la religion que nous tenions lors, avec la leur, et pour l’occasion qu’ils avaient de redouter que nous n’y voulussions apporter quelque changement (…) Notre domination légitime leur sera aussi douce et profitable que l’état où ils sont à présent réduits leur est ruineux et insupportable. »

Voici enfin quelques fragments des lettres qu’Henri IV écrivait alors au pape, pour lui apprendre son abjuration et l’assurer de la sincérité de son dévouement :

« Très-Saint-Père,

« Ayant, par l’inspiration qu’il a plu à Dieu me donner, reconnu que l’Église catholique, apostolique et romaine est la vraie Église pleine de vérité et où gît le salut des hommes, conforté encore en cette foi et créance par l’éclaircissement que m’ont donné les prélats et docteurs en la sainte faculté de théologie (que j’ai à cette fin assemblés), des points qui m’en ont tenu séparé par le passé, je me suis résolu de m’unir à cette sainte Église, très résolu d’y vivre ou mourir, avec l’aide de Celui qui m’a fait la grâce de m’y appeler, (…) et de rendre l’obéissance et respect dus à Votre Sainteté et au Saint-Siège ; (…) et m’assurant, Très-Saint-Père, que Votre Sainteté ressentira la joie de cette sainte action, (…) j’ai bien voulu (…) lui donner par ce peu de lignes de ma main ce premier témoignage de ma dévotion filiale envers Elle, la suppliant très affectueusement de l’avoir agréable et recevoir d’aussi bonne part comme elle procède d’un cœur très sincère et plein d’affection, de pouvoir par mes actions mériter sa sainte bénédiction…

« Votre bon et dévot fils, Henry »

Et cet autre extrait : « Je supplie Votre Sainteté , autant affectueusement qu’il m’est possible, de prendre entière confiance et assurance de la foi que d’Ossat lui donnera de ma part de l’honneur que je lui veux rendre, croyant, s’il lui plaît, que si je n’avais intention de mériter les bonnes grâces et faveurs de Votre Sainteté, pour être utile à la religion et à la chrétienté, (…) je ne m’engagerais à Votre Sainteté, ni en la recherche de sa bienveillance, si librement et rondement que je fais. Mes ennemis me peuvent bien passer en artifice et dissimulation, mais non en franchise et candeur. »

Pour rejoindre le FORUM de discussion : http://devantsoi.forumgratuit.org/

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Expression : À tout péché miséricorde

Posté par francesca7 le 25 février 2014

     

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Signification : Toute faute mérite l’indulgence.

Origine : Maxime devenue expression française dont les origines remontent à la fin du XVIIème siècle qui a servi à l’époque de Richelieu à exprimer le fait qu’il ne faut pas vouloir ou souhaiter la mort du pécheur. En effet, elle va être une sorte de conseil ou d’avertissement aux gens réputés sévères de ne pas juger hâtivement les autres et avoir assez de cœur à pardonner ceux qui tendent à se repentir.

Exemple d’utilisation : Et s’il a des remords et veut vous accompagner, emmenez-le. A tout péché miséricorde.

Cette petite phrase peut être considérée plutôt comme une maxime plutôt que comme un proverbe. Elle sert d’avertissement, d’une part, aux personnes trop sévères, de ne jamais être sans pitié pour les coupables ; d’un autre côté, elle donne à entendre aux coupables qu’il n’y a pas de faute qui ne puisse leur être pardonnée, ni même être effacée complètement par le repentir.

La bienveillance est une forme de la charité, et il faut être indulgent pour les autres, si l’on veut qu’ils le soient, à leur tour, pour nous.

 Dans les trois morts que Jésus ressuscita corporellement, nous pouvons trouver avec raison un signe et une figure des résurrections spirituelles qui s’opèrent par la foi.

Jésus ressuscita la fille du chef de la synagogue encore couchée dans sa maison (Mc., V, 42). Il ressuscita le jeune homme, fils de la veuve que l’on emportait hors des portes de la ville (Lc. VII, 15). Il ressuscita Lazare au tombeau depuis quatre jours (Jn. XII, 44).

Que chacun regarde son âme ; si elle pèche, elle meurt : le péché est la mort de l’âme.

Quelquefois le péché n’est commis qu’en pensée. Tu es attiré par le mal ; tu as consenti, tu as péché ; ce consentement t’a tué ; mais la mort est au-dedans de l’âme,

Parce que la Pensée du mal n’est pas encore allée jusqu’à l’acte. Pour nous donner une image de la résurrection d’une telle âme, Notre Seigneur ressuscita cette enfant qui n’avait pas encore été enlevée hors de sa demeure mais qui était couchée, morte, dans sa maison ; symbole de l’âme dont le péché reste secret.

Mais si tu as non seulement consenti à une délectation mauvaise, si tu es allé jusqu’à commettre le mal, tu es comme un mort qu’on enlève hors des portes de la ville ; te voila dehors, tu es un mort qu’on emporte, Et pourtant celui-là aussi le Seigneur l’a ressuscité et l’a rendu à sa mère, la veuve. Si tu as péché, repens-toi et le Seigneur te ressuscitera et te rendra à l’Eglise ta mère.

Le troisième mort est Lazare. C’est un genre de mort affreux, on l’appelle habitude mauvaise. Car c’est une chose que de pécher mais c’est une autre que de prendre l’habitude de pécher. Celui qui pèche et se corrige aussitôt revient bien vite à la vie, il n’est pas encore enchaîné par l’habitude, il n’est pas enterré. Mais celui qui s’habitue à pécher, il est au tombeau et on peut dire de lui «  il sent déjà  »car sa mauvaise réputation se répand comme une odeur infecte. Tels sont tous les pécheurs accoutumés au crime, et perdus de mœurs. Tu dis à et homme: «  garde-toi de faire le mal.  » Mais comment peut-il t’entendre, lui qui est si enfoncé dans la terre, rongé par la corruption, écrasé sous le poids de ses mauvaises habitudes ? Et cependant, même pour celui-là, pour le ressusciter, le Christ n’a pas manqué de puissance.

Nous avons connu et vu, nous voyons chaque jour des hommes quitter leurs mauvaises habitudes et vivre mieux que ceux qui les blâmaient.

Tu avais cet homme en horreur. Mais voici la soeur même de Lazare (si toutefois c’est elle qui répandit des parfums sur les pieds du Seigneur, qui essuya de ses cheveux, après les avoir lavés de ses larmes), elle a été plus pleinement ressuscitée que son frère; elle fut délivrée de la masse énorme de ses mauvaises habitudes. C’était une pécheresse trop célèbre et c’est d’elle que le Seigneur a dit : beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu’elle a beaucoup aimé (Lc. VII, 47).

Nous voyons, nous connaissons beaucoup de tels pécheurs; donc que nul ne désespère, que nul n’ait trop espérance en soi. Désespérer est mal, c’est mal aussi de trop compter sur soi. Ainsi donc ne désespère pas, mais choisis bien tes motifs de confiance.

Saint Augustin

In Joannem, XLIX, 3 ; P.L., 35, 1747-1748

in La Cigogne n° 12.

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Peintres à ne pas oublier

Posté par francesca7 le 24 février 2014

Cocteau, Matisse, Picasso, l’étonnant triangle artistique

 

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Après-guerre, les trois peintres élurent domicile sur la Côte d’Azur. Jusqu’au 3 novembre, le Musée Jean-Cocteau collection Séverin Wunderman de Menton se penche sur leurs influences réciproques avec l’exposition « Cocteau, Matisse, Picasso, méditerranéens ».

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Côte d’Azur représente plus que jamais une villégiature artistique de choix. Jean Cocteau, Pablo Picasso et Henri Matisse, trois génies à l’apogée de leurs carrières, en font même leur repaire. Le premier s’installe à Saint-Jean-Cap-Ferrat, le deuxième à Vallauris et le troisième à Vence. Durant quelques années, les correspondances se tissent entre les trois artistes qui donnent le jour à un « art méditerranéen ».

C’est ce que dévoile l’exposition « Cocteau, Matisse, Picasso, méditerranéens », à découvrir jusqu’au 3 novembre au Musée Jean-Cocteau collection Séverin Wunderman de Menton. Peintures, dessins, céramiques, tapisseries, lithographies… L’accrochage, qui occupe la totalité de l’espace d’exposition du musée (soit près de 1.000 m²), présente près de 400 pièces.

 Des échos de la Grèce antique 

De 1950 à 1962, Jean Cocteau devient un résident coutumier de la région. Il s’installe chez son amie Francine Weisweiller, à la Villa Santo-Sospir, à Saint-Jean-Cap-Ferrat. À quelques encablures seulement de chez Pablo Picasso, qu’il connaît depuis l’époque des Ballets russes et leur création commune pour « Parade », en 1917. Ensemble, ils développent une fantasmagorie imprégnée par la Grèce antique.

 Les personnages mythologiques revisités par Picasso ouvrent le parcours de l’exposition et font face aux faunes et centaures qui apparaissent également dans l’oeuvre graphique de Jean Cocteau. Le Minotaure figure en bonne place dans leur bestiaire. Pour cause : les deux compères se rendent régulièrement aux corridas, dans les arènes d’Arles et de Nîmes, ainsi qu’à Vallauris. Sous une vitrine, on observe « Picasso 1916 – 1961 », ouvrage composé à quatre mains avec Jean Cocteau, où ce dernier retrace son amitié avec le maître espagnol. Schématisation des formes, simplification de la ligne, configurations épurées : on reconnaît dans « Femme endormie » l’influence du peintre cubiste. Mais également celle d’Henri Matisse, avec qui le poète échange de nombreuses lettres à propos de la tapisserie « Judith et Holopherne » ou les fresques de la Villa Santo-Sospir. 

Une « entreprise de décentralisation »

Des photographies et des extraits de films montrant le travail de création de Matisse et de Picasso permettent de recréer l’univers des ateliers des deux artistes sur la Côte d’Azur. À l’image de Matisse à Vence et de Picasso à Vallauris, Cocteau laisse dans le Midi des traces « monumentales » de sa créativité. Il commence à « tatouer » les murs de la Villa Santo-Sospir, avant d’entreprendre les décors de la chapelle Saint-Pierre de Villefranche-sur-Mer. L’époque est marquée par une rupture stylistique et l’introduction graduelle de la couleur. Jean Cocteau utilise des crayons à la cire, des feutres. Les lignes disparaissent en de larges surfaces colorées. Les « fresques » de la salle des mariages de l’Hôtel de ville de Menton constitueront le point d’orgue de cette foisonnante « entreprise de décentralisation » (selon les mots du poète) qui aura duré plus d’une décennie.

 

Relaxnews

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LE PRESTIGE DE L’ORDRE au 19ème siècle

Posté par francesca7 le 22 février 2014

 

téléchargement (7)Le premier mouvement d’un gamin qu’on installe, loin de sa famille, comme interne, dans un pensionnat religieux ou laïque, et surtout lorsque cette maison n’est pas celle où sa jeune vanité s’était flattée d’entrer, est d’y trouver tout mauvais.

Je ne manquai pas de me conformer à cette loi lorsque je fus revêtu de l’uniforme des Frères de la rue d’Orléans, à Poitiers. Je n’étais pas habillé à mon goût ; mes maîtres me semblaient l’être d’une façon ridicule ; la vie en commun m’était odieuse ; les classes où l’on ressassait les mêmes matières pour un groupe de lambins en la tête de qui rien ne pénétrait, me causaient un interminable ennui ; les jeux, règles, obligatoires, nouveaux pour moi qui arrivais des champs libres, me faisaient l’effet de supplices, et je ne cherchais mon salut que dans des privilèges tels que celui qui consistait à aller prendre des leçons de latin chez l’abbé Daru et à se procurer, en fraude, de la moutarde de Dijon, par la complicité de la Mère Guette.

A ce régime, cependant, le temps passa, et il m’arriva d’éprouver un phénomène bien extraordinaire.

Je pense qu’on sait que je n’aime pas à employer des mots plus grands que la chose signifiée et que ma plus vive répugnance est, comme on dit aujourd’hui, de « bourrer les crânes », c’est-à-dire de vous raconter des balivernes pour vous donner à croire que les choses vont le mieux du monde ou sont beaucoup plus belles qu’on ne le croit. Je n’ai jamais, dans mes livres, ménagé ni mes modèles, même quand par hasard ils étaient sympathiques, ni aucune des « classes de la société » auxquelles ils se trouvaient appartenir, dans le but de vous faire croire qu’il y avait ici et point là un repaire de vertus. J’ai fait ma grimace d’enfant « embêté » à mes honorables maîtres, parce que c’est ainsi que cela s’est passé et ainsi que cela se passe la plupart du temps chez les moutards de mon espèce.

Eh bien ! la seule vérité m’oblige à dire qu’au bout de quelques mois de ma vie de jeune réfractaire, une modification singulière s’opéra en tout moi-même.

Cela ne se produisit pas tout d’un coup ; il n’y eut jamais dans ma vie ni révélation ni conversion brusque ; je suis d’une région française où l’on aperçoit l’envers des choses en même temps que la face, où l’on ne s’en laisse pas facilement conter, où l’on dégonfle les vessies en les perçant à l’aide d’une expression pointue. J’étais même trop jeune pour analyser le changement qui se produisait en moi ; je l’analyse, aujourd’hui, en me souvenant d’impressions que je subis dans ce temps-là et de faits caractéristiques ne pouvant laisser aucun doute sur l’état qui était alors le mien.

La première fois qu’un sentiment de cette qualité, et vraiment nouveau pour moi, m’envahit, ce fut lorsque je vis la figure et toute la personne de l’abbé Daru.

Cet homme n’avait, on en était certain, jamais laissé errer un grain de poussière sur sa soutane ni un brouillard dans son esprit. Il était soumis à un dogme, il observait de point en point une méthode ; il possédait en lui une activité sans répit, mais joyeuse, et qui connaissait tout aussi bien ses origines que ses fins dernières.

Comme notre esprit cherche toujours des analogies, dès que l’abbé m’était apparu, je m’étais demandé : « Où ai-je vu jamais quelqu’un dont un tel homme me fasse souvenir ? » Ce n’était pas le volontaire, autoritaire mais despotique M. Plancoulaine ; ce n’était pas le savant, si sage, mais si glacial M. Clérambourg ; ah ! peut-être, c’était ma vieille tante Planté, qui, sur sa terre et dans sa famille, savait ce qu’elle voulait, et, plus exactement, ce qu’il fallait qu’elle voulût, et qui l’accomplissait en dépit de tous les obstacles. Cependant encore, ma tante Planté n’était pas comparable à l’abbé Daru… Pourquoi ? C’est qu’il y avait quelque chose de désordonné dans la vie si intelligente et si forte de ma tante Planté ; or, cette petite tache, j’avais, je ne sais pourquoi, la certitude absolue qu’elle n’existait pas en la personne de l’abbé Daru.

Pareille idée, qui, vous le sentez bien, ne peut être que rudimentaire chez un enfant, mais qui eut assez de corps pour que je m’en souvinsse après si longtemps, je ne la rapporte que parce qu’elle me servit de transition et m’amena à comprendre quelque chose de plus important.

Ce n’est pas si facile que cela à expliquer ; mais beaucoup, je l’espère, qui ont été élevés comme moi, qui ont eu comme moi la faculté, heureuse ou non, de tout examiner, tout peser, tout juger par le moyen de ce diable de sens propre qui rend la vie si difficile, me comprendront à demi-mot ou grâce aux exemples que je donnerai.

Donc, au bout d’un certain temps, – et ce ne fut guère que vers la fin du premier trimestre, – un jour que, par les corridors infiniment longs et compliqués, nous marchions à la queue leu leu pour nous rendre à la chapelle, je remarquai que nous marchions bien, que notre pas était scandé régulièrement, qu’à des intervalles égaux des Frères, en rabat blanc, nous escortaient en nous surveillant sans trouver à redire à notre tenue déjà disciplinée par trois mois d’exercices de toutes sortes. Et c’est bien la première fois que l’idée de figurer dans un ensemble me fut agréable ! Un surcroît d’agrément me venait de constater que cet ensemble fonctionnait à merveille.

« Ce n’est pas une idée d’enfant ! » m’objectera-t-on. Ce n’est pas une idée commune chez les enfants, et je n’étais pas plus avancé que les autres. C’est une idée que je n’aurais pas été capable d’exprimer au moment où je rapporte qu’elle m’advint, parce que ce n’était pas en moi une idée claire ; mais nous nous souvenons de nombre d’idées ou d’impressions qui ne nous affecteront jamais que d’une manière confuse et dont nous pouvons dire très nettement qu’elles nous affectèrent tel jour précis.

Après tout, l’on conviendra qu’il y a plaisir chez un enfant de dix ans à constater qu’une machine dont il connaît tous les rouages est en état de rendre exactement le service qu’on lui demande. Et l’enfant se complaît à la voir agir dans la perfection. Nous n’étions, en ce temps-là, guère initiés aux arts mécaniques, et j’étais, pour ma part, assez enclin à remarquer les choses d’ordre moral. C’est une disposition comme une autre. Je ne vois donc rien d’extraordinaire au fait de m’être réjoui un jour, confusément, de l’ordre impeccable qui régnait dans un vaste établissement.

Je n’oserais pourtant pas encore tirer de la pénombre de mon enfance ce souvenir aux conséquences graves, si toute une suite d’autres faits ne venaient, parmi mes souvenirs, confirmer celui-ci.

S’il y a un sentiment de bien-être à se trouver, comme cela m’était arrivé, en présence d’une autorité forte et inspirant confiance, telle qu’était par exemple l’abbé Daru, il existe une satisfaction bien plus complexe à sentir, chacune à sa place, et à les voir réunies, toutes les autorités dont on dépend, et ceci, quelle que soit l’antipathie que quelques-unes d’entre elles puissent vous inspirer. Que ce que j’avance puisse paraître encore peu croyable, je ne le nie pas ; mais cela n’est paradoxal que pour celui qui, jamais de sa vie, n’a vu de ses yeux une machine fonctionnant bien.

Si je disais que tous mes maîtres en rabat blanc étaient des êtres exquis et dignes d’être mis en niche ou sur les autels, cela ferait plaisir, je présume, à beaucoup de lecteurs, et je semblerais un moins mauvais esprit. Mais je ne veux rien embellir ni qualifier meilleur qu’il ne me semblait être : tous, malgré le respect dont ils étaient dignes, ne m’inspiraient point admiration parfaite et amour. Eh bien ! quand tous ces Frères, – ceux que j’aimais et ceux que je n’aimais pas, – étaient réunis à leur longue table, le Frère Directeur au milieu d’eux, sous le grand Christ du réfectoire, formant en leur assemblée comme une vaste Cène digne du pinceau d’un Vinci ; quand, devant tout le pensionnat debout, le Directeur disait le Benedicite ou les Grâces » ; quand, surtout, chaque matin, dans la pénombre sépulcrale de la chapelle – où, à cette époque-là, j’assistais à la messe avec ennui, ayant mal au coeur pour m’être levé trop tôt et pour être encore à jeun – nous voyions se lever de nos bancs nos maîtres et s’avancer d’un pas lent, les paumes des mains unies, les doigts allongés dans cette attitude de prière propre aux pieux donateurs sur les vitraux du moyen âge et aux statues agenouillées des morts sur les tombeaux, puis recevoir la communion, des mains de l’aumônier, et revenir enfin tout contre nous, les yeux clos pendant plusieurs minutes, toute la vie du corps arrêtée par une méditation singulière qui semblait pour un moment les arracher à ce monde… eh bien ! oui, leur compagnie entière nous inculquait un sentiment et des dispositions générales qu’aucun des exemples du monde n’a été, depuis lors, assez puissant pour égaler. 

Je n’étais ni bien disposé, ni à mon aise ; je n’étais capable que de bien petites réflexions ; et cependant, à maintes reprises, a couru dans mon dos ce frisson qui ne me trompe pas et qui veut dire qu’un des esprits ailés que j’imagine présider à ma vie, passe au-dessus de moi…

On n’oublie point ce genre d’émotions ; il remue, pétrit et modèle notre chair. Si je veux en un clair langage, exprimer ce qu’il en résultait pour mon cerveau d’enfant, ce n’était pas encore une inclination religieuse. A cette époque-là, je me souviens que la sensibilité religieuse n’existait à aucun degré chez moi. J’étais touché, et même ému, profondément, par la vue d’une petite société, dont je faisais partie, où tout se passait dans un ordre impeccable, où un mélange d’autorité forte et de douceur empêchait que personne fût sérieusement mécontent, et où il apparaissait, même à mes sens puérils, que la source de l’ordre provenait d’un je ne sais quoi inexplicable, probablement très grand, imposant et mystérieux. 

Et encore, tout cela ne se débrouilla-t-il définitivement que par la vertu du contraste.

Lorsqu’aux vacances du Jour de l’An, je débarquai dans ma famille, je me trouvais être devenu un autre enfant.

Bethlehem-04-Church of the Nativity.jpgLa paix régnait à la maison et dans Beaumont pour le moment ; mais j’estimais que rien n’y était cependant comparable à cette magnifique ordonnance du Pensionnat des Frères. Autour de nous, chacun tirait à soi, allait à sa guise, fomentait, en définitive, des éléments de discorde. J’entendis raconter des histoires locales qui prouvaient que la vie libre, au grand air, jadis tant prisée par moi, n’allait tout de même pas sans offrir des inconvénients. Je trouvai que le dimanche, à la messe, tout le monde se tenait de manière à mériter des « privations de sortie ». N’y avait-il pas des personnes, jusque dans ma famille, qui, à la messe, n’allaient même pas ! Ce manquement, qui ne m’eût pas été apparent trois mois plus tôt, me scandalisa. Par-dessus tout, il me semblait que chacun était préoccupé de mesquineries, parce qu’un lieu idéal de ralliement manquait à ces butinements d’abeilles ou à ces promenades de fourmis. Dès avant l’internat, cette dernière remarque, assez conforme à ma nature, était néanmoins renforcée par mille détails.

Comme il arrive trop aisément aux gens de notre pays, témoin successivement de deux sortes de vie je n’admettais que l’extrême en chaque genre.

J’ai peine à croire aujourd’hui que mon Poète, Alfred de Vigny, dont la statue trônait au milieu de la place publique, mon cher Poète, jadis mon modèle et la dernière expression du Beau et du Bien, me paraissait désormais manquer de prestige ! Que faisait-il là, en effet, avec ses airs de fierté, s’il n’était seulement pas capable d’organiser autour de lui un ordre sublime ?


Extrait de La Touraine. de René BOYLESVE,  Tardiveau, dit René (1867-1926) :  Paris : Emile-Paul, 1926.- 112 p.-1 f. de pl. en front. : couv. ill. ; 20 cm. Saisie du texte et Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex Diffusion libre et gratuite (freeware)

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Une part de la légende des Rolling Stones

Posté par francesca7 le 22 février 2014

La villa Nellcôte,

Article Le Point.fr –  

À Villefranche-sur-Mer, les Rolling Stones, ici dans le salon de la Villa Nellcôte, s’offrent un séjour très rock’n'roll © Dominique Tarlé

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C’est un monument du rock depuis l’été 1971 où elle fut envahie par les Rolling Stones… après avoir servi de QG aux nazis lors de la Seconde Guerre mondiale. Rarement une résidence estivale aura été aussi indissociablement liée à un album que la villa Nellcôte, à Villefranche-sur-Mer sur la Côte d’Azur. La somptueuse bâtisse, érigée à la fin du 19e siècle par l’homme d’affaires Eugène Thomas, et louée par le guitariste et chanteur Keith Richards avec sa famille pour échapper au fisc anglais, servit de studio d’enregistrement au mythique Exile on Main Street.

Cet été-là, face à l’étendue bleue méditerranéenne, au milieu des pins et des palmiers, rien n’est véritablement prémédité. Ni l’enregistrement de l’album, ni le mariage de Mick Jagger et de Bianca, le 12 mai, à Saint Tropez. Après la noce, les fêtes se succèdent, aussi enfumées qu’alcoolisées, d’abord dans des hôtels azuréens puis chez Keith à Villefranche-sur-Mer. Amis, groupies, musiciens, ingénieurs du son et fournisseurs en substances illicites déferlent alors sur la villa Nellcôte, qui prend rapidement des allures de bivouac hippie. Et, soudain, le groupe se met au travail…

Séances nocturnes

L’immense cave de la maison se meut alors en studio d’enregistrement. On y installe sommairement l’électricité. Les séances de travail se déroulent le plus souvent la nuit, jusqu’à l’aube, et sont ponctuées par les coupures de courant dues à cette installation de fortune. Keith Richards et Mick Jagger prennent tour à tour la direction des opérations. L’atmosphère humide et si particulière des lieux stimule la créativité du groupe. Le jour, la vie coule entre virées en mer et balades en voiture de luxe.

180px-Eze-Cap_FerratTous les ingrédients de cet été particulier vont nourrir la légende des Stones. Et si, à sa sortie en 1972, leur double album Exile on Main Street, qui explore la musique populaire américaine du rock’n'roll au gospel, est plutôt mal accueilli par la critique, il est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs opus du groupe. À coup sûr, le plus « sex, drugs and rock’n'roll », à l’image de cette vie communautaire, sulfureuse, en pleine nature, autour du studio improvisé de la villa Nellcôte. 

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la Corse et la Nativité de la Vierge.

Posté par francesca7 le 21 février 2014

 

Entre foi et traditions la Corse célèbre cette fête Le 8 septembre.

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Si la Semaine Sainte et ses traditionnelles processions comme le Catenacciu de Sartène sont les célébrations religieuses corses les plus connues, le culte marial a une importance capitale dans la vie des Corses, culminant le 8 septembre lors des célébrations entourant la nativité de la Vierge Marie.

« Dio vi Salve Regina » (Que Dieu vous garde Reine)…l’hymne de la nation corse est dédié à la Vierge Marie. Un couplet ultime écrit en corse a été rajouté quand ce chant religieux a été décrété hymne officiel au XVIIIème siècle : Voi dai nemici nostri, À noi date vittoria, È poi l’Eterna gloria, In Paradisu (Sur nos ennemis, Donnez-nous la victoire, Et l’Éternelle gloire, Au Paradis). Il est chanté lors de toutes les célébrations ou concerts, entremêlant histoire, tradition, patriotisme et foi.

La Corse sous la protection de la Vierge Marie depuis le XVIIIème siècle

Lors de la consulte d’Orezza le 30 janvier 1735, la nation corse proclame son indépendance de Gênes, se plaçant sous la protection de la Vierge Marie. « Nous élisons pour la protection de notre patrie et de tout le royaume, l’Immaculée Conception Vierge Marie, et nous décrétons de plus que toutes les armes et drapeaux de notre dit royaume soient empreints de l’image de l’Immaculée Conception, que la veille et le jour de sa fête soient célébrés dans tout le royaume avec la plus parfaite dévotion et les démonstrations de joie les plus grandes… » Apparu en Corse au Vème siècle, le culte de la Vierge Marie devient alors prédominant dans une île où vénération et respect de la femme et de la mère sont au cœur de la culture. Dominique Verdoni, anthropologue spécialiste du patrimoine corse, souligne ainsi que «Les Corses sont très attachés à leur terre, qu’ils considèrent comme leur mère. Marie incarne l’île. »*

A Santa di U Niolu, Pancheraccia, Alesani, Lavasina…des lieux de pèlerinage à découvrir dans toute l’Île

la Corse et la Nativité de la Vierge. dans Corse 161px-Inmaculada_%28Zurbar%C3%A1n%29A chaque lieu, son miracle, son lieu de dévotion à la Vierge Marie, ses traditions religieuses. Le miracle de Pancheraccia, bien qu’il ne soit pas officiellement reconnu par l’Eglise catholique, date du XVIIIe siècle. La Vierge Marie a fait naître une source dans la montagne après être apparue à une fillette égarée et assoiffée. Cette année, la messe des célébrations du 8 septembre sera chantée par le groupe I Muvrini. A Casamaccioli, c’est le pèlerinage de Santa di U Niolu qui attire chaque année des milliers de personnes . Institutionnalisée en 1835, une foire atypique mêle les bergers et leurs bestiaux venus de toute la micro-région, les métiers et l’artisanat traditionnel corse. Naguère, ce rassemblement des bergers de la région après l’estive était le théâtre de joutes oratoires, les célèbres chjam’è rispondi. A Alesani, le couvent Saint-François attire lui aussi des centaines de pèlerins pour les célébrations du 8 septembre. C’est ici que fut couronné Théodore de Neuhoff, éphémère roi de Corse. L’édifice abrite la Vierge à la Cerise, célèbre peinture du XVème siècle dont l’original n’est sorti qu’en ce jour de célébration. Au Cap Corse, les fidèles se rendent au sanctuaire de Notre Dame des Grâces à Lavasina. Plusieurs miracles entourent ce lieu de culte et son célèbre tableau, tous en relation avec la Vierge Marie. Que l’on soit croyant ou simplement respectueux des traditions, les festivités du 8 septembre sont un temps fort à découvrir dans l’Île.

 

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L’époque pisane et génoise de la CORSE

Posté par francesca7 le 21 février 2014

 

la Tour Genoise

la Tour Genoise

En raison des rivalités que connaît la Corse, au xie siècle, le pape accorde à l’évêque de Pise l’investiture des évêques corses et les Pisans commencent deux siècles de domination sur l’île. Sous le gouvernement des juges et des seigneurs pisans, des constructions sont édifiées (églises, ponts, etc.). Mais, Pise perd la protection pontificale et des rivalités internes l’affaiblissent. Gênes entre alors en conflit contre son ancien allié dans la lutte contre les Sarrasins. En 1284, à la bataille navale de Meloria, la flotte pisane est détruite. Plusieurs campagnes de Gênes (1289-1290) lui rallient les féodaux, alors que les Pisans renoncent à la Corse. La trêve signée par Pise en juillet 1299 accorde la domination totale de l’île par Gênes. Celle-ci devient génoise pour six siècles, en dépit du Saint-Siège, qui tente en 1297 de confier la direction de la Corse à la maison d’Aragon (Royaume de Sardaigne et de Corse). Les Génois doivent cependant défendre leur nouvelle conquête face aux menaces des Sarrasins (les tours qui ceinturent l’île sont construites plus tard dans ce but), des Aragonais, installés en Sardaigne, des Français, pour qui la Corse est un avant-poste contre l’Espagne. Mais Gênes fonde sa conquête sur sa puissance bancaire.

Gênes partage l’île en dix provinces, elles-mêmes divisées en pièves (les soixante-six pièves reprises du système féodal). Les Génois construisent (urbanisation : Bastia devient siège du gouverneur, ponts, routes, etc.), développent les vergers, importent de Corse vins, huiles, bois, huîtres, poix, mais imposent lourdement la Corse et s’assurent la quasi-exclusivité du commerce avec l’île. La langue et certains usages (religieux notamment) corses sont grandement influencés par l’occupant.

En 1297, le pape Boniface VIII tente de réaffirmer son autorité sur la Corse et la Sardaigne en y investissant Jacques II, roi d’Aragon, et en 1305, le pape Clément V renouvelle cette tentative. Les Aragonais ne s’attaquent qu’à la Sardaigne pisane, dans un premier temps. Les Génois, craignant de voir la Corse envahie, s’allient aux Pisans pour lutter contre les Aragonais en Sardaigne. Mais bientôt, Jacques II renonce à ses droits sur la Corse en échange de la paix en Sardaigne, et s’y installe. Cependant, en 1346, les troupes du roi d’Aragon Pierre IV débarquent versBonifacio, et une guerre éclate entre les Génois et les Aragonais et leurs alliés Vénitiens. Gênes sort victorieuse du conflit mais doit alors faire face à la montée de la puissance de la noblesse corse.

La rivalité entre les féodaux corses, les clans génois et le pape Eugène IV se conclut en 1453 par la cession du gouvernement de l’île à une banque, l’Office de Saint Georges. L’Office bâtit de nouvelles tours sur le littoral ainsi que des villes fortifiées : Ajaccio (1492), Porto-Vecchio (1539).

En 1553, les Corses, menés par Sampiero Corso, alliés aux Français et aux Turcs d’Alger, entament une révolution qui prend Gênes par surprise. Bastia tombe en quelques heures, Corte se rend sans combattre, Saint-Florent et Ajaccio ouvrent leur porte aux révolutionnaires. Bonifacio et Calvi, peuplées de Ligures fidèles aux Génois, résistent à l’abri de leur citadelle. La première tombe, la seconde n’est jamais conquise. L’amiral génois Andrea Doria contre-attaque avec une armada face aux Français, qui ont dégarni la Corse après la victoire et le retrait de leurs alliés turcs. Le général français de Thermes voit les villes tomber tour à tour : Bastia tient huit jours, Saint-Florent résiste trois mois. Sampiero récupère Corte et Vescovato. La Guerre de Corse s’enlise en guerre d’usure : De Thermes et Sampiero sont écartés par la France au profit du général Giordanno Orsini. Le moral des Corses révoltés est entretenu par une suite de guérillas, malgré des représailles jusqu’à la trêve de Vaucelles (5 février 1556), quand Henri II de France rend à Gênes certaines places fortes. Les Génois ne reprennent possession de l’île tout entière qu’avec le traité du Cateau-Cambrésis (3 avril 1559).

L'époque pisane et génoise de la CORSE dans Corse 220px-Corsica_Prehistory_Casteddu_d%27AraghjuL’Office de Saint Georges, qui reprend le commandement de la Corse, impose une série de mesures jugées dictatoriales. La révolte du peuple corse repart lors du débarquement de Sampiero, aidé par Catherine de Médicis, au golfe de Valinco (12 juin 1564). Les insurgés reconquièrent l’intérieur de l’île, laissant les villes côtières aux Génois. Malgré les renforts envoyés rapidement, Gênes n’inflige aucune défaite décisive à Sampiero. Des villages sont détruits, Cervione brûlé, mais Corte se rend aux insurgés. La République doit faire appel aux Espagnols pour reprendre certaines places (1566), tandis que les renforts envoyés par la France à Sampiero s’avèrent inefficaces. Après nombre de trahisons et de désertions dans les rangs insurgés, Sampiero est tué près de Cauro (guet-apens d’Eccica-Suarella, 17 janvier 1567). Son fils de 18 ans ne continue la lutte que deux ans avant de s’exiler en France (1er avril 1569).

La République de Gênes exploite le Royaume de Corse comme une colonie, moyennant des droits à payer à l’Office de Saint Georges. L’administration est réorganisée autour de paroisses démocratiques, une crise ravage l’économie, Calvi et Bonifacio bénéficient de franchises et d’exemption pour leur fidélité aux Ligures, le gouverneur de la colonie instaure un système juridique corrompu. Les Statuts (décembre 1571) garantissent un minimum de justice et le Syndicat défend, pour un temps, les autochtones. Le maquis devient le refuge des condamnés par contumace, mais l’insécurité est réduite par une redevance sur les ports d’armes. Les impôts comme le commerce sont iniques et les Génois se réservent des monopoles. Après 1638, une nouvelle politique économique est alors instaurée : plantation d’arbres et de vignes, accroissement du cheptel, etc. mais aucun Corse ne peut accéder à la propriété. Les bergers corses sont chassés peu à peu des plaines, les autochtones grondent. En 1729, éclate la guerre d’Indépendance.

 

 

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