Aux Muses : en poésie
Posté par francesca7 le 27 novembre 2013
A Dieu vous dy, Muses Aoniennes,
Vos musemens m’ont par trop arresté.
Vos beaux guerdons sont-ce pas pauvreté,
Langueur, soucy, ennuys, travaux et peines
Et puis vantez vos eaux Pegasiennes !
Puis promettez une immortalité !
A Dieu, à Dieu : je n’ay que trop esté
Repeu du vent de vos promesses vaines.
Las ! qu’ay je dit ? ô Muses, revenez,
Et avecq’moy, s’il vous plaist, vous tenez,
Car desormais vous seules je veux suivre :
Sçachant très-bien qu’au monde tout perit,
Fors seulement les seuls biens de l’esprit,
Que l’homme mort après la mort faict vivre.
Jean Bastier de La Péruse (1529-1554) est un poète et auteur dramatique français.
Il naît au Pont-Sigoulant, paroisse de Roumazières, mais il prend le nom de la paroisse voisine, la Péruse. Il étudie à Paris, au collège de Boncourt, où il suit les cours de Marc-Antoine Muret et de George Buchanan, et il devient membre de la première Pléiade, avec Ronsard, Du Bellay, Baïf, Jodelle, Pontus de Tyard et Peletier du Mans. D’après Étienne Pasquier, il joue dans les représentations de la Cléopâtre captive et L’Eugène d’Étienne Jodelle (1553). Le spectacle se déroule dans l’hôtel de Reims, à Paris, en présence d’Henri II et de Diane de Poitiers.
Il compose une tragédie de Médée, inspirée de Sénèque et d’Euripide. Il est rapidement surnommé « l’Euripide français » par Charles de Sainte-Marthe. Jean Bastier quitte Paris peu après et s’installe à Poitiers.
Ses poésies ont pour thèmes privilégiés l’amour et l’immortalité littéraire.
Il meurt à 25 ans, sans doute de la peste.
Son ami Ronsard lui rend hommage en lui dédiant ce poème :
Tu dois bien à ce coup, chétive tragédie
Laisser tes graves jeux
Laisser ta scène vide contre toi hardie
Et de la même voix dont tu aigris les princes
Tombés en déconfort,
Tu dois bien annoncer aux étranges provinces
Que la Péruse est mort.








































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