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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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A l’abbaye de Cîteaux en Côte d’Or

Posté par francesca7 le 4 novembre 2013


Sous la prodigieuse impulsion de st Bernard, venu y vivre en 1112 avant de devenir, trois ans plus tard, abbé de Clairvaux, ce rameau détaché de Cluny rayonna à son tour à travers le monde.

C’est en ce lieu, parmi les « cistels » (roseaux en ancien français) que Robert, abbé de Molesme, fonda en 1098 l’ordre des Cisterciens. Le site antique s’appelait en latin Cistercium. Une cinquantaine d’habitants .. des moines cisterciens (ou bernardins).

A l’abbaye de Cîteaux en Côte d’Or dans Côte d'Or 220px-abbaye_de_citeaux_galerie_du_cloitrePostérité et austérité – Pendant l’abbatiat d’Etienne Hardin (1109-1134), organisateur de l’unité de l’Ordre, Citeaux donne naissance à quatre « filles » : La Ferté, Pontigny, Clairvaux et Morimond. Au moyen age, plus de 3000 couvents avait adopté l’observance rigoureuse de la règle de saint Benoît. L’abbaye de la Trappe, rattachée à l’Ordre en 1147 et réformée en 1664, laisse elle aussi, son nom à nombre de ces monastères. En 1892, une scission s’opère officiellement pour donner deux observances ; l’ordre de Citeaux dont les membres pouvaient s’adonner à un ministère pastoral, intellectuel (enseignement) ou charitable (missions dans le tiers-monde) et l’ordre des Trappiste,s à vocation contemplative (stricte observance). Expulsés pendant la période révolutionnaire, qui faillit être fatale à l’abbye (l’Ordre est supprimé par l’Assemblée nationale), les moines ne reviennent qu’en 1898. Citeaux fut alors de nouveau proclamée la première de l’Ordre, titre reconnu par les Trappistes.

Pour la Visite : Du patrimoine de ce haut lieu de l’Occident, il reste pue de chose : seuls demeurent les vestiges de l’ancienne bibliothèque, à façade de briques émaillées, qui date du 15ème siècle ; six arcades de cloitre gothique y sont encastrées et une salle voûtée subsiste au 1er étage. On peut voir  encore un beau bâtiment du 18è siècle du à Nicolas Lenoir (où vivent les moines aujourd’hui), et un autre de la fin du 17è siècle, le défnitoire construit parallèlement à la rivière ; l’église qui renfermait les tombeaux des premiers ducs de Bourgogne (ainsi que celui, conservé au Louvre, de Philippe Pot) a totalement disparu.  Pour commémorer les 900 ans de la fondation de l’abbaye, une nouvelle église a été construite (inaugurée en mars 1998).

220px-Abbaye_de_C%C3%AEteaux_le_d%C3%A9finitoire dans EGLISES DE FRANCE Le génie hydraulique à Cîteaux

La règle bénédictine veut que chaque monastère doive disposer d’eau et d’un moulin. L’eau permet de boire, de se laver et d’évacuer ses déchets. C’est pourquoi les monastères sont en général placés le long d’un cours d’eau. Quelquefois établis en des points où le précieux liquide fait défaut ou n’existe pas en quantité suffisante, ils doivent se spécialiser dans le génie hydraulique et construisent barrages et chenaux pour amener l’eau jusqu’à leurs moulins.

Les moines de Cîteaux se sont initialement installés près du ru du Coindon, insuffisant pour couvrir leurs besoins. Sous l’abbatiat d’Albéric, ou Aubry, (1099-1108), cette difficulté d’approvisionnement en eau oblige à déplacer l’abbaye de 2,5 km pour s’établir au confluent du Coindon et de la Vouge. En 1206, il faut encore augmenter le débit hydraulique et un bief long de 4 km est creusé sur la Vouge, mais cette dérivation se révèle toujours insuffisante. Les moines, après avoir négocié le passage au duc de Bourgogne et au chapitre de Langres, s’attaquent alors, non sans difficultés, au chantier du détournement de la Sansfond (ou Cent-Fonts), qui leur assurera un débit régulier de 320 litres par seconde. Le chantier est considérable : en plus de creuser un canal long de 10 km à partir du village deSaulon-la-Chapelle, les moines doivent réaliser le pont des Arvaux, un pont-aqueduc de 5 m de haut, permettant le passage du canal au-dessus de la rivière Varaude. Vers 1221, l’eau du canal arrive dans le monastère, et le résultat est à la hauteur des efforts engagés. Les travaux augmentent considérablement le potentiel énergétique de l’abbaye : avec une chute d’eau de 9 mètres, au moins un moulin et une forge sont installés sur le nouveau bief. Ces eaux, renforcées par les eaux du bief de la Vouge et du ru du Coindon, circulent au moyen de canalisations souterraines sous l’ensemble des bâtiments : logis ducal, bâtiment des convers, réfectoire, cuisine, et noviciat pour alimenter ensuite un canal à ciel ouvert.

Au xviie siècle, Cîteaux se présente comme une petite ville enserrée à l’intérieur d’un vaste mur d’enceinte. Ses bâtisseurs ont mis en œuvre cette solution comme une réponse architecturale à l’observance du vœu de stabilité selon la Règle de saint Benoît :

« L’âme est en danger quand le moine est en dehors de son monastère, le cénobite court des risques quand il s’éloigne de sa communauté. »

220px-Abbaye.CiteauxCette règle veut que tout le nécessaire se trouve à l’intérieur du monastère, le mur d’enceinte protégeant du monde extérieur de vastes constructions qui étonnent par leur importance. Mais Cîteaux, chef d’Ordre, n’est pas une abbaye quelconque. Elle se doit de recevoir décemment, non seulement les délégués du chapitre annuel, leurs familiers, les chevaux, mais aussi la famille ducale, et d’héberger les novices. Ces obligations ont influé sur l’infrastructure d’accueil qui doit répondre à ces besoins.

Au nord, la porterie s’ouvre sur une première cour appelée « basse-cour », fermée sur son pourtour par de vastes bâtiments destinés aux hôtes et aux étrangers. À son extrémité sud, une seconde porte, dont l’étage était réservé au logement des duchesses de Bourgogne, donne accès à une grande cour d’honneur fermée sur sa partie sud par le logis des ducs de Bourgogne. Cette cour comprend des dépendances qui ne sont utilisées qu’au moment du Chapitre général. Les bâtiments conventuels s’organisent principalement autour de trois cloîtres ; le grand Cloître, le cloître du Colloque et le cloître saint Edme. Autour de chacun de ces trois espaces clos s’ordonnent les lieux réguliers : église, salle capitulaire ayant la fonction de salle d’assemblée législative et de tribunal, parloir, chauffoir, réfectoire, cuisine et dortoir. De l’église érigée au xiie siècle, centre de la vie spirituelle du monastère, longue de cent deux mètres et dont la nef mesurait onze mètres cinquante de large, il ne reste déjà plus rien en 1807. À l’est du cloitre saint Edme, le logement de l’abbé général, qui était éloigné de sa communauté. Il est par la suite transféré dans le logement des ducs de Bourgogne. La fin de la période médiévale est marquée par l’achèvement, en 1509, de la construction de la bibliothèque, seul bâtiment de cette époque encore existant sur le site.

Les bâtiments n’ont cessé d’évoluer au fil des siècles pour s’adapter aux besoins. C’est à la fin du xviie siècle, sous l’abbatiat de Dom Jean Petit, qu’est achevé le bâtiment, appelé aussi le nouveau définitoire, comportant des salles voûtées au rez-de-chaussée. L’étage est affecté au nouveau dortoir des novices. Ce bâtiment long de quatre-vingts mètres et large de seize, sauvé des destructions révolutionnaires, n’est parvenu jusqu’à nous que dénaturé par les installations industrielles du xixe siècle qu’il dut abriter.

D’importants et nécessaires travaux de restauration sont conduits sur l’ensemble des bâtiments dans la première moitié du xviiie siècle avec les crédits dégagés par la vente des réserves de bois, mais il parait nécessaire à Dom François Trouvé, dernier abbé de Cîteaux, de demander l’autorisation d’une nouvelle vente d’une réserve de bois de 945 arpents, qui se fait en 1762, afin de pallier les nouveaux besoins. Les architectes Nicolas Lenoir dit « le Romain » et Jean Caristie établissent un projet grandiose de reconstruction. Le projet n’est réalisé que partiellement, ce qui est réalisé ne représentant finalement qu’une partie de l’immense projet. Le bâtiment de 100 m de long sur 20 m de large, dit « bâtiment Lenoir » ou encore « logis abbatial », est terminé pour le chapitre de 1771. C’est un des trois bâtiments épargnés par la Révolution, affecté aujourd’hui à la communauté.

Les armes de l’abbaye de Cîteaux se blasonne : D’azur semé de lys d’or, sur le tout, bandé d’or et d’azur à la bordure de gueules.

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