• BONJOUR A TOUS ET

    bienvenue (2)

     CHEZ FRANCESCA 

  • UN FORUM discussion

    http://devantsoi.forumgratuit.org/

    ............ ICI ............
    http://devantsoi.forumgratuit.org/

  • téléchargement (4)

  • Ma PAGE FACEBOOK

    facebook image-inde

    https://www.
    facebook.com/francoise.salaun.750

  • DECOUVERTES !

    petit 7

  • BELLE VISITE A VOUS

    aniv1

    PETITS COINS DE PATRIMOINE QUI SERONT MIS EN LUMIERE AU DETOUR DE NOTRE REGION DE FRANCE...

  • Cathédrale St-Etienne-Auxerre

    St-Etienne Cathédral, Auxerre

    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

  • M

    JE SUIS ORIGINAIRE MOI-MEME DE LA BOURGOGNE....

  • FRANCE EN IMAGES

    G

    « Un monument restauré traduit les connaissances, les ambitions, les goûts, non seulement du maître d’oeuvre mais aussi du maître d’ouvrage : c’est le vrai révélateur de l’appréhension des édifices par une génération donnée, qui leur permet de reconnaître pour sien un édifice centenaire. » citation de Françoise Bercé.

  • amis

  • Méta

  • amis

  • Architecture Française

    5

  • Artisanat Français

    1

  • A

  • amour-coeur-00040

  • montagne

    Tout devient patrimoine : l'architecture, les villes, le paysage, les bâtiments industriels, les équilibres écologiques, le code génétique.

  • 180px-Hlézard1

  • Patrimoine Français

    3

    Citation sur la France.
    !!!!
    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

  • a bientot

  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2013

La Lanterne Magique : film de Georges Méliès en 1903

Posté par francesca7 le 30 novembre 2013

La Lanterne Magique : film de Georges Méliès en 1903. Film d’époque, muet et non colorisé.

 Image de prévisualisation YouTube

La lanterne magique, film complet - Deux clowns batifoler avec une lanterne magique qui devrait passer d’abord les images, puis crée danseurs. Vous pouvez regarder La lanterne magique en ligne dans le câble TV ou cinéma au Canada/France avec son original en Anglais. Vu sur Cine Canal, ce film entier a été présenté dans le cinéma canadien ou français en 1903. L’édition Blu-Ray et DVD édition du film complet a été vendue peu de temps après sa sortie officielle dans les salles françaises.

Le titre de l’un de ses films, l’homme orchestre (1900), définit parfaitement Georges Méliès. Dessinateur, peintre, caricaturiste, magicien, fantasmagore, directeur du théâtre Robert-Houdin, décorateur, homme de théâtre, écrivain, acteur, technicien, producteur, réalisateur visionnaire de 520 films entre 1896 et 1913. C’est le pionnier légendaire du fameux « spectacle cinématographique ».

Artiste complet, le cinéma a permit à Méliès d’utiliser tous ses talents, manuellement et intellectuellement. « J’aime passionnément l’art extrêmement intéressant auquel je me suis entièrement consacré ; il offre une telle variété de recherches, exige une si grande quantité de travaux de tous genres, et réclame une attention si soutenue, que je n’hésite pas, de bonne foi, à le proclamer le plus attrayant et le plus intéressant de tous les arts, car il les utilise à peu près tous » Méliès.

Il a construit son œuvre sur la fantaisie et l’imagination et a fait entrer le cinéma dans l’ère de l’attraction. L’apparente naïveté de son univers répond en réalité à un système d’une cohérence incroyable qui rend l’expérience de la projection unique et emporte à chaque vision le spectateur dans un monde subjectif et merveilleux.

220px-LalanternemagiqueLe Cinématographe

« Vous qui épatez tout le monde avec vos trucs, vous allez voir quelque chose qui pourrait bien vous épatez vous-même ! » Antoine Lumière (à Georges Méliès).

Après avoir participé à une projection des frères Lumière, fin 1895, Méliès décide d’acquérir le fameux appareil. Dès 1896, il projette dans son spectacle des « photographies animées » à l’aide du Kinétographe. Il commence par présenter des bandes d’Edison, puis des films qu’il réalise lui-même dans le plus pure style Lumière (scènes de vie quotidienne). Lorsqu’il découvre par accident les possibilités du « truc de substitution par arrêt de la caméra », la magie et le cinéma se rejoignent automatiquement. Il applique pour la première fois ce procédé en 1896 dans le film Escamotage d’une dame chez Robert-Houdin : un numéro classique des prestidigitateurs. Plus besoin de trappe, ni d’armature, de fil invisible et de journal en caoutchouc ; il suffit d’arrêter la manivelle le temps que la dame sorte… Illusionniste avant tout, Méliès conçoit ses films à trucs comme de véritables numéros de scène pour son théâtre de magie où ils sont régulièrement projetés (avant le Cinématographe, les séances se terminaient souvent par des projections d’ombres chinoises ou de lanterne magique). Les thèmes cinématographiés sont donc ceux du théâtre d’illusions, mêlés de quelques emprunts aux spectacles de lanterne magique dont Méliès était également amateur. La cinématographie n’était pour lui qu’une autre manière de pratiquer l’illusionnisme. Il voulait rendre le genre féerique plus spectaculaire par l’utilisation de procédés spécifiquement cinématographiques.

images (5)Si, à partir de 1897, Méliès cesse de montrer des grands trucs dans son théâtre-salon, il en réalise l’exacte équivalent sur pellicule dans son théâtre cinématographique. Les vues magiques de Méliès sont le prolongement naturel de son activité magique sur scène. De nombreux thèmes et éléments qui composent les spectacles de magies au théâtre se retrouvent dans ses vues filmées : corps démembrés, fantômes, astronomes au chapeau pointu, fées, démons et sorcières moyenâgeux, disparitions, substitutions… Méliès devient donc ciné-illusionniste, cinémagicien, figure matricielle du spectacle cinématographique. Dans l’esthétisme mélièsienne des trucages, il faut arriver à ce que les spectateurs « puissent sembler » se trouver devant l’enregistrement quasi documentaire d’une succession de sketchs magiques. Le spectateur doit croire qu’une vue n’est qu’un numéro enregistré, mais dont les trucages lui sont compréhensibles qu’au théâtre. C’est aussi dans cette perspective qu’il faut voir les nombreuses adaptations cinématographiques de numéros conçus par d’autres illusionnistes (l’armoire des frères Davenport, Escamotage d’une dame de Buatier de Kolta…).

 

 

Publié dans CINEMA FRANCAIS | Pas de Commentaire »

La médiocratie imposée par les naufrageurs du monde

Posté par francesca7 le 30 novembre 2013

(Éditorial du 16 septembre 2011 paru dans le N° 40 de
La France pittoresque – automne-hiver 2011/2012)

images (4)

En 1928, le poète Banville-d’Hostel brosse dans La Nouvelle revue un portrait de l’ar-Tistocrate, « esprit libre, portant en soi un idéal et tendant à le réaliser dans le sens de la plus haute dimension, au-dessus des préjugés, des conventions, des arbitraires, et en affront à toutes les dictatures », selon l’homme de lettres et journaliste avec lequel il s’est lié d’amitié, Gérard de Lacaze-Duthiers. Pour celui-ci, l’artistocrate possède « l’intuition de ce qui est juste, noble et distingué dans le monde des opérations de l’esprit, comme en celui des actes quotidiens. »

Assimilant le bien au choix dans la liberté, à l’élégance du geste, à la fraternité du don, à l’élévation de l’attitude, et désignant le mal par le terme médiocratie, Lacaze-Duthiers avait en 1909 opposé artistocratie et médiocratie dans Le Culte de l’Idéal comme deux antipodes, voyant en la lutte ancestrale que se livrent l’un et l’autre la pierre d’achoppement des sociétés humaines, cependant que le seul vœu commun de vivre en beauté les ramènerait déjà vers plus d’unité.

« Et nous voyons dans mille pages Gérard de Lacaze-Duthiers, tel un Don Quichotte magnifique, charger contre le monde des arrivistes, des agités, des faux artistes, des faux savants, des faux penseurs, des politiciens de toutes les politiques, des brutes de tout poil, des majoritaires, des grégaires, des parasitaires, des autoritaires, et autres individus délétères, qui comme gale sur le corps d’un pauvre homme enveniment la planète de leur industrie stérile ou malfaisante. (…) L’artistocratie est une république exemplaire où chacun, sans y prétendre, est un modèle pour autrui, une cité d’incorruptibles et d’irréprochables, dont le contrôle sur eux-mêmes abolit toute autre loi. La mission de l’homme n’est pas de diriger les autres, mais d’apprendre à se diriger. »

Observant au lendemain de la Première Guerre mondiale qu’ « après le saccage de tant d’espérances, après la carence des politiques, des religions et des principes d’ancien temps, le monde, pour se sauver de l’ornière matérialiste, est à la recherche d’un idéal nouveau, assez fort pour repousser les naufrageurs, assez neuf pour resplendir impollué, assez fier pour ne prendre ordre que de soi-même », Banville-d’Hostel voit en le modèle artistocratique de Lacaze-Duthiers cet idéal : pour l’atteindre, « point n’est besoin de prêches intéressés ni de tréteaux pipeurs, car son royaume est en nous. Il est écrit, depuis la naissance de l’espèce, que l’homme ne peut être sauvé que par son propre effort ».

Mais l’Homme moderne, absorbé par un quotidien frénétique et dépossédé de son libre arbitre par la collusion soudant les mondes financier, politique et journalistique, dispose-t-il seulement encore de cette faculté ?

Valéry VIGAN
Directeur de la publication
La France pittoresque

Publié dans HUMEUR DES ANCETRES | Pas de Commentaire »

A l’ombre de la Cathédrale Saint-Julien du Mans

Posté par francesca7 le 30 novembre 2013

 

 

280px-Le_Mans_-_Cathedrale_St_Julien_ext_02Érigée sur un promontoire entre le vallon d’Isaac et la Sarthe, la cathédrale possède sur son flanc ouest, une pièce rare et précieuse attestant de la présence ancienne de mégalithes. Il s’agit d’un menhir en grès d’une hauteur de 4,55 mètres. Ce menhir date de l’époque préhistorique et a été installé « Place Saint Michel » en 1778, suite à la destruction du « Dolmen de la Pierre au lait ». Le menhir fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1889.

La fondation de la cathédrale remonterait au ive ou ve siècle. Les premières traces historiques sont celles de l’évêque Vulgrin en 1056. Il choisit lui-même l’emplacement de l’édifice, à l’opposé du mur d’enceinte nord de la ville. Ce choix ne s’avérera pas être le meilleur pour les futurs agrandissements de la cathédrale. C’est alors le « redressement moral et religieux du Mans ». Dix ans après cette première construction, l’édifice s’écroule. Les successeurs de Vulgrin décident de poursuivre son œuvre. L’évêque Arnaud, en fonction dès 1067, reprend la construction. En 1081, le chœur et la crypte sont bâties, de même que les fondations du transept et de ses tours. De cette « reconstruction », il ne reste aujourd’hui plus qu’un fragment d’arc du transept nord. L’évêque Hoël décide en 1085 d’achever les travaux de son prédécesseur. Admiratif du travail normand, il fait appel à des ouvriers de cette région pour poursuivre la construction. Les tours et les bas-côtés de la nef sont achevés dans ce style. Pendant cette longue construction, il est impossible pour les pèlerins d’approcher les reliques et les tombeaux de saint Julien, premier évêque du Mans et grande figure du christianisme oriental. L’économie mancelle en est entachée. Les habitants obligent alors l’architecte à ouvrir l’édifice aux visiteurs. Cela est fait le 17 octobre 1093. Une partie achevée de la cathédrale est montrée au public.

Les traces de l’histoire de la construction se perdent alors. La taille du chantier est gigantesque. C’est une véritable transformation. Seuls trois noms d’architectes restent sur les registres des archives de la ville. Il y en a certainement eu beaucoup plus… Le nouveau chœur est achevé en 1254. Il surpasse de 10 mètres de haut le reste de la cathédrale. Après 100 ans de tranquillité, les pierres de l’édifice sont de nouveaux sollicitées pour une reconstruction. Une sacristie est édifiée alors qu’elle communique au sud avec le déambulatoire qui a servi à la construction du chœur. Le bâtiment gagne encore en grandeur.

Les chanoines trouvent ensuite que la construction « à deux vitesses » de l’édifice a conduit à le rendre assez laid. La rencontre des genres entre les deux parties rénovées et non rénovées amoindrit la splendeur du bâtiment. Le transept et la nef doivent alors être relevés de 10 mètres, pour se situer à la même hauteur que le chœur lui-même. Les travaux sont entamés dès 1385 par l’architecte Jehan le Mazçon. Le transept sud est achevé vers 1392. C’est à cette date que Charles VI arrive au Mans. Une salle d’archives naît au-dessus du portail de la nef.

En 1403, les travaux du transept Nord commencent. C’est alors une période noire pour tout le Nord de la France. La guerre de Cent Ans stoppe les constructions. En 1419, la cathédrale menace de s’effondrer. Heureusement, ses fondations seront consolidées à temps. Le transept Nord est achevé vers 1430. C’est à cette date que la cathédrale prend le visage qu’on lui connaît aujourd’hui.

De nombreux autres projets avaient été faits dès la fin de la guerre de Cent Ans, pour agrandir ce bâtiment déjà impressionnant, notamment l’exhaussement de la nef. Mais les caisses étant vides, les agrandissements ne seront pas mis en œuvre. Le roi Louis XI soutient ces restaurations, notamment par ses lettres patentes expédiées le 21 novembre 1467. Il confirme de nouveau sa protection royale en septembre 1482.

De nombreuses restaurations ont été faites au fil des siècles. Au xxe siècle, aucun bombardement ne touche le bâtiment lors des deux guerres mondiales contrairement aux ponts de la ville. La pollution de l’air donne à l’extérieur de la cathédrale un aspect sombre dès les années 1970.

A l’ombre de la Cathédrale Saint-Julien du Mans dans EGLISES DE FRANCE 220px-Le_Mans_-_Menhir_SJ_02

La pierre Saint Julien

L’édifice est souvent comparé aux cathédrales de Reims ou de Chartres. Moins connue, celle du Mans a subi maintes constructions et reconstructions depuis sa fondation. Commencée vers 1060 par l’évêque Vulgrin, elle fut achevée sous sa forme actuelle vers 1430. Elle ne fut jamais véritablement finie. En effet, elle aurait dû être encore agrandie vers 1500, mais le manque de moyens fit se résigner les autorités religieuses de l’époque. Attaquée par la pollution de l’air au fil des ans, sujette au vieillissement naturel, la cathédrale Saint-Julien est un chantier quasi-permanent de rénovation. Elle abrite les tombes de saint Julien et de Charles d’Anjou. Située sur la butte du Vieux-Mans, cet édifice unique possède une haute tour culminant à quelque 64 mètres d’altitude, ce qui en fait l’édifice le plus haut de toute l’agglomération mancelle. Elle offre ainsi une vue panoramique exceptionnelle sur l’ensemble du Pays du Mans. La grande tour ouest fait l’objet depuis début 2009 de la restitution de la flèche culminante qui était autrefois la sienne. Cela devrait augmenter de quelques mètres encore la hauteur maximale de l’édifice.

Avec 283 613 visiteurs, la cathédrale Saint-Julien a été le monument le plus visité des Pays de la Loire en 2009.

vous y verrez Les grandes orgues, installées au fond du croisillon sud du transept, furent réalisées, entre 1529 et 1535, par le facteur Pierre Bert dans un buffet de style Renaissance, conçu et sculpté suivant les directives de Symon Hayeneufve. En 1634, les frères Jean et François de Héman restaurent l’orgue qui a alors 42 jeux. En 1848, la division du Récit est agrandie et celle du pédalier est renforcée par les frères Claude qui portent le nombre de jeux à 46.

En 1913, le nombre de jeux est augmenté à 52. Louis Vierne inaugure l’instrument ainsi transformé.

En 1954, la partie instrumentale est classée par les Monuments Historiques.

De 1959 à 1963, Pierre Chéron entreprend une restauration qui sera achevée par Joseph Beuchet pour la partie mécanique et la maison Danion-Gonzalez pour la partie sonore néoclassique. L’instrument est inauguré par Gaston Litaize en 1974.

L’évangélisation du Mans et la fondation de la première cathédrale sont dues à un jeune clerc, Julien, présenté comme un disciple direct du Christ par les Actes des évêques, ouvrage de l’évêque Aldric (IXe siècle). Pourtant, la fondation de la cathédrale du Mans ne saurait remonter à une époque si lointaine. On la date généralement du IVe siècle. Un menhir légendaire posé à l’angle sud ouest de la cathédrale symbolise son emplacement.

Le premier édifice est dédié à Sainte Marie et à Saint Pierre. L’emplacement du sanctuaire étant étroit, on opte pour un positionnement nord-ouest/sud-est. A la fin du Ve siècle, la titulature est étendue à Saint Gervais et Saint Protais (on les retrouve à Soissons). Mais, suite à la rédaction des Actes des évêques et au transfert du corps de Saint Julien dans la cathédrale, ce dernier s’impose peu à peu. Il devient l’unique patron de la cathédrale dans la seconde moitié du Xe siècle. A cette époque, on ajoute un déambulatoire au choeur (pour faciliter l’accès aux reliques) et on reconstruit la nef.

 dans SartheEn 1134, un incendie détruit le vaisseau central de la nef (couvert en bois). Un second incendie, en 1137, finit de détruire la cathédrale. Au XIIIe siècle (1220), le choeur est rebâti dans le style gothique. Philippe Auguste donne, en 1217, l’autorisation de l’étendre au-delà des murs antiques, ce qui implique de procéder à un remblaiement avant toute construction, pour compenser le dénivelé au sud-est. Le nouveau sanctuaire est consacré en 1254. Dans l’intervalle, plusieurs plans se sont succédés. Le premier architecte édifie un double déambulatoire ouvrant sur 13 chapelles. Les architectes normands (maîtres de Bayeux puis de Coutances) qui lui succèdent adopte une élévation classique mais de grande ampleur. Enfin, un troisième architecte (peut-être Jean de Chelles, le concepteur du bras nord de Notre Dame de Paris), importe d’Ile de France un style nouveau : le gothique rayonnant.

site internet : http://www.cathedraledumans.fr/

 

 

Publié dans EGLISES DE FRANCE, Sarthe | Pas de Commentaire »

que faire à L’abbaye de l’Épau

Posté par francesca7 le 30 novembre 2013

L’abbaye de l’Épau, originellement appelée Abbaye de la Piété-Dieu, est certainement le plus bel exemple d’abbaye cistercienne en France. 

Située à l’est du Mans, elle fut fondée parla reine Bérengère de Navarre, veuve de Richard Cœur de Lion, en 1229. C’est dans ces murs qu‘elle termina ses jours. Son gisant y est exposé.

La Guerre de Cent Ans sera fatale à l’abbaye. Incendiée, sa reconstruction sera entreprise par des moines en 1444, mais pas achevée. Jamais dirigée par un ordre régulier, mais laissée en commende, l’abbaye sera définitivement fermée en 1790 et malheureusement laissée à l’abandon. 

Dans un cadre idéal, entièrement restaurée, classée « Monument historique », l’abbaye offre à ses visiteurs un moment de paix. Les bâtiments monastiques s’ordonnent autour du cloître : le réfectoire, le dortoir couvert d’une voûte en bois, lasalle capitulaire du XIIIème, le scriptorium et l’église du XIVème siècle. 

À l’intérieur de l’église, des fresques du XIVème sont conservées et vous admirerez l’immense verrière du chœur, finement sculptée. La pureté de l’architecture et la quiétude du grand parc vous laisseront une agréable sensation de tranquillité…

280px-Capitulaire_Epau

On peut considérer l’abbaye de Perseigne élevée aux confins du Maine-Normand par le puissant Guillaume III de Bellême, comme la plus ancienne abbaye cistercienne du Maine. Elle fut bâtie en 1145, elle est aujourd’hui située sur la commune de Neufchâtel-en-Saosnois. Il n’en reste aujourd’hui qu’un pan de mur. Mais durant le deuxième millénaire, la ville du Mans voit s’élever plusieurs abbayes. C’est l’essor de la foi dans la ville: les abbayes Saint-Pierre et Saint-Paul, mais aussi l’abbaye Saint-Vincent et celle bien connue de La Couture. Le plus souvent, les abbayes étaient tout de même installées de manière privilégiées aux confins de la forêt. Bérengère de Navarre se retrouve en 1199. Son mari, Richard Cœur de Lion est décédé de ses blessures d’un tir d’arbalète reçu au siège de Châlus en Haute-Vienne. La reine est écartée du pouvoir, usufruitière du comté du Maine elle vient s’installer dans la capitale plantagenêt en 1204. Selon la légende, elle se serait installée dans la fameuse maison de la reine Bérengère. Mais il n’en est rien car elle passera la totalité de son temps au palais des comtes du Maine. Il est communément rappelé que la reine trouva asile dans la ville, mais non le bonheur. Une partie des pouvoirs locaux, de mèche avec Aliénor d’Aquitaine ou Jean sans Terre, ne cessèrent de batailler contre elle afin de prendre possession de son douaire, légué par Philippe Auguste. Ce n’est qu’après vingt-six années d’exil dans la ville que la reine, à l’âge de 59 ans, décide de fonder une abbaye.

L’abbaye de l’Épau est une ancienne abbaye cistercienne fondée par la reine Bérangère en 1229. Elle est située aux portes de la ville du Mans, sur la rive gauche de l’Huisne, jouxtant la commune d’Yvré-l’Évêque. L’abbaye a failli disparaitre à de nombreuses reprises, tant par les guerres et les générations qu’elle a traversées, que par les problèmes financiers survenus à l’époque moderne. Elle est définitivement sauvée par le conseil général de la Sarthe en 1958.

Le lieu est d’abord choisi car très tranquille au bord d’une Huisne poissonneuse. Louis IX cède le terrain de l’Espal à la reine mais ce sont les petits frères hospitaliers de Coëffort qui mèneront la vie dure à Bérengère. Ces derniers demanderont compensation financière à la reine, prétendant que le terrain leur a été cédé par Arthur de Bretagne, neveu de Bérengère.

Le plan de l’abbaye est classique, la construction respecte l’unité de toutes les fondations cisterciennes. La période de construction s’étend de 1230 à 1365. Le début de la construction fut assez rapide. Quatre ans après le début des travaux, l’évêque du Mans Geoffroy de Laval effectue la dédicace du bâtiment monastique en le mettant sous le patronage à la fois de Notre-Dame et de saint Jean-Baptiste. Les bâtiments principaux ne furent achevés qu’en 1280.

Le 18 décembre 1925, un grand chambardement de restauration est lancé sur l’église par l’École des Beaux-Arts. La Seconde Guerre mondiale stoppe les travaux en 1938. Après la guerre, l’ensemble des élus Sarthois et Mayennais votent à l’unanimité le rachat et la restauration d’une abbaye ayant vécu pendant cinq siècles au rythme de la vie monastique. L’édifice est acquis en 1958 par le Conseil général de la Sarthe pour onze millions de francs anciens. Elle a fait l’objet d’une longue restauration dans un strict respect du style architectural du xiiie siècle. On a notamment vu la participation et le contrôle des instituts des Beaux Arts du Mans et de Paris. L’église, la sacristie, la salle capitulaire, l’escalier et le cellier étant déjà classé depuis 1925, les façades et toitures furent classés une première fois en 1961 avant que ce classement ne fut annulé pour un classement plus général en 1973 et étendu en 2005. C’est alors que l’abbaye devient également un lieu d’accueil et de visites. Entre 1965 et 1990, l’abbaye devient un lieu propre aux manifestations culturelles, surtout pour les concerts de musique classique, les conférences ou les expositions. Le lieu est également l’endroit où siège l’assemblée départementale, tout particulièrement dans l’aile xviiie siècle. La rénovation de cette dernière fut achevée en 1990. En 1991, on comptait au total une dépense de soixante millions de francs nouveaux pour l’ensemble des rénovations.

que faire à L'abbaye de l'Épau  dans EGLISES DE FRANCE

                                                                                                                                     La grange abbatiale’ au xixe siècle

Le gisant de la reine Bérengère de Navarre tint à sa mort, à se faire inhumer au sein même de l’abbaye. Le doute demeure quant à l’endroit exact où elle s’est fait inhumer, car si son gisant est bien là aujourd’hui, on ne sait avec certitude où son corps fut déposé. Pierre Térouanne trouva en 1960, un squelette de femme complet et intact dans le sous-sol de la salle capitulaire. Une petite boîte de chêne a toujours suivi le gisant de la reine, malgré ses multiples pérégrinations depuis la Révolution. Sur cette boîte était marqué « Ossa Berangeria / 1230-1672-1821-1861 ». Pourtant, la reine est décédée alors même que l’abbaye n’a pas fini de sortir de terre. La seule possibilité aurait été celle de l’inhumation dans l’abbatiale. 

Bérangère de Navarre (1163-1230), première née du roi Sanche VI de Navarre dit « le Sage » (Sancho El Sabio), fut l’épouse de Richard Cœur de Lion.

La date de naissance est incertaine. On la situe entre 1163 et 1165. Bérangère de Navarre a entre 26 ans et 28 ans lorsque Richard I Plantagenêt la demande en mariage. Elle ne possède aucune terre en propre. Apparentée aux comtes du Maine par sa grand-mère, elle n’a pas de lien de parenté direct avec Richard I d’Angleterre et donc pas de motif d’annulation du mariage à redouter du Pape. Le royaume de Navarre pour petit qu’il soit est la cible de l’appétit des royaumes puissants. Bien que considérée comme âgée pour un premier mariage, la main de Bérangère n’en est pas moins convoitée, ce qui explique – par la crainte pour l’autonomie du royaume – la résistance du roi de Navarre à faire contracter un mariage à sa fille aînée. En juin 1190, Richard Cœur de Lion entame des pourparlers avec Alphonse II d’Aragon et Sanche VI de Navarre afin de prévenir une hostilité de Raymond V de Toulouse avec lequel il était en litige pour la Provence. Il en profite pour demander la main de Bérengère de Navarre. Malgré les suspicions qui pèsent sur Richard, du fait de son long refus du mariage, de ses amitiés particulières et de la promesse faite à Philippe Auguste d’épouser sa demi-sœur Adélaïde de France, Sanche VI accepte. Le prestige d’une alliance entre le petit royaume de Navarre et l’empirePlantagenêt remédiait à certains défauts de forme. Le projet est cependant gardé secret, celui-ci impliquant l’acquiescement du Roi de France, forcément mécontent de la rupture des fiançailles avec sa demi sœur. Le départ prévu pour la 3e croisade, demandée par la bulle audita tremendi du 29 octobre 1187 prononcée par le pape Grégoire VIII, permettra l’éloignement du royaume.

 

Publié dans EGLISES DE FRANCE, Sarthe | Pas de Commentaire »

DIVISIONS TERRITORIALES DE LA NORMANDIE.

Posté par francesca7 le 28 novembre 2013

 

images (12)Le nom de Normand est encore, en dépit de la révolution, commun aux habitants de la Seine-Inférieure, du Calvados, de la Manche, de l’Eure et de l’Orne. Ce territoire a été successivement possédé par les Gaulois, les Romains, les ducs de Normandie, les Anglais, et ce n’est qu’après la prise de Cherbourg, le 12 août 1440, qu’il a été définitivement incorporé au royaume de France. Il était, lors de la conquête de César, habité par neuf peuplades, les Véliocasses, les Calètes, les Aulerces Eburovices, les Viducasses, les Loxoviens, les Baïocasses, les Abricantes, les Sésuviens et les Unelles. Les neufcivitates avaient pour chefs-lieux Rhotomagus (Rouen), Caletum, depuis Julia bona (Lillebonne), Mediolanum Aulercorum (Evreux), Aragenus (Vieux-lès-Caen), Noviomagus Lexoviorum (Lisieux),Augustodurum (Bayeux), Ingena (Avranches), Civitas Sesuviorum (Séez), et Cosedia, depuis Constantia (Coutances).

Les cités des Véliocasses et des Calètes dépendaient de la Belgique, et les autres de la Celtique. Les Romains en formèrent la seconde Lyonnaise, qui fut, sous le règne de Clovis, enclavée dans le royaume de Neustrie. Quand les Northmans s’y établirent, la dénomination de Neustrie était restreinte, et s’appliquait à la réunion du Roumois (pagus rodomensis), du pays de Talou, du pays de Caux, du Veulquessin, de l’Évrecin, du pays de Madrie, du Lesvin, du Bessin, du Cotentin, de l’Avrencin, de l’Hiémois et du Corbonnais. La province cédée à Rollo avait soixante lieues de longueur, de l’est à l’ouest, depuis Aumale jusqu’à Valogne, et vingt-cinq lieues de largeur, du nord au sud, depuis Verneuil-sur-l’Aure jusqu’à Tréport. Devenue le duché de Normandie, elle se divisa en haute Normandie, à l’est de la rivière de Dives ; et en basse Normandie, à l’ouest. La haute Normandie, dont Rouen était la métropole, comprit le pays de Caux, le pays de Bray, le Vexin normand, le Roumois, la campagne de Saint-André, le pays d’Ouche, la campagne de Neubourg, le Lieuvin, et le pays d’Auge. La basse Normandie se composa de la campagne de Caen (ville capitale), de la campagne d’Alençon, du Bessin, du pays de Houlme, du Virois ou Bocage, du Cotentin et de l’Avranchin. Le duché était borné à l’est par l’Ile-de-France et la Picardie ; au sud, par le Maine, le Perche et la Beauce ; au sud-ouest, par la Bretagne ; à l’ouest et au nord, par la Manche.


(1) Sidonius Apollinaris.
(2) Voir les Chroniques de Frodoard, Orderic Vital, Guillaume de Jumiéges, Robert Wace, Dudon de Saint-Quentin, Benoît de Sainte-More, etc.
(3) Recherches sur le duché de Normandie, par Braz, seigneur de Bourqueville (1588).

 

LA BÉDOLLIÈRE,  Émile Gigault de (1812-1883) : Le Normand (1842).

Publié dans Normandie | Pas de Commentaire »

ORIGINE DES NORMANDS.

Posté par francesca7 le 28 novembre 2013

Port_Arromanches

Au neuvième siècle, des pirates sortent du Danemark. Nombreux et dévastateurs comme des sauterelles, sectateurs d’un dieu sanguinaire, ennemis implacables du christianisme, ils débarquent sur nos côtes, déploient leurs drapeaux rouges dans nos campagnes, brûlent les églises, massacrent les hommes, porgiesent li dames joste lor mariz, pillent les cités, s’environnent de ruines et de carnage. Devant eux le courage et la crainte étaient également inutiles (1). Pour mettre fin à leurs dévastations, le roi Challon li Simple conclut, en 912, à Saint-Cler-sor-Ete, un traité avec Rou (Rollo), fils de Ragnvald et chef des Northmans. Rou est baptisé par Frankes, archevêque de Rouen, épouse Gille ou Gisèle, fille du roi, et reçoit le duché de Neustrie sous réserve d’hommage. Rou engage ses compagnons à se convertir, leur distribue des villages, des châteaux, des champs, des rentes, des moulins, des prés, des broiles (bois taillis), des terres, de grans éritez, enfin, ce qu’on nomma, en style féodal, des francs aleux d’origine. Cependant il garantit aux Neustriens la propriété de la partie de leurs biens qu’il ne leur enlève pas, appelle à ses conseils les prélats et les barons indigènes, et établit, avec leur concours, des comtes pour juger les nobles, des vicomtes pour juger les roturiers, des centeniers et des dizainiers pour examiner les causes en première instance (2). « L’on tient même que Rou institua la justice de l’échiquier en Normandie, ainsi dénommé, pour ce que les causes y étaient bien débattues et disputées, ainsi qu’il se fait entre ceux qui se jouent sur une table au jeu d’échecs, lesquels se donnent de garde de tout ce que fait leur partie adverse, pour n’être surpris et rendus mats (3). »

Le caractère du Normand actuel ressort en entier de ces faits historiques. La fausse simplicité, l’amour de la chicane, l’âpreté au gain, les défauts dont on l’accuse, ont résulté logiquement de ce que nous venons d’exposer. En essayant de le démontrer, prévenons nos lecteurs que nos observations portent sur la masse du peuple plutôt que sur la bourgeoisie. Les individus qui ont eu l’avantage de s’ennuyer ensemble sur les bancs de l’Université, qui voyagent ensuite pour leurs plaisirs ou pour leurs affaires, ne tardent pas à devenir frustes et sans couleur originale. Les prendre pour représentant d’un type national est une erreur que beaucoup de peintres de moeurs n’ont pas su éviter. N’avez-vous pas lu souvent : « Le Français est léger, galant, libertin ; il porte avec grâce l’habit brodé, et ne se mêle d’affaires d’état que pour chansonner les ministres, etc. » Les écrivains qui ont dit cela n’avaient vu les Français qu’à la cour, n’avaient jamais regardé ni dans les ateliers ni dans les fermes. Un naturaliste qui se proposerait de décrire les moeurs des singes prendrait-il donc pour objet d’études un jocko dressé à mettre un chapeau à trois cornes et à faire la voltige dans un cerceau ?

 


(1) Sidonius Apollinaris.
(2) Voir les Chroniques de Frodoard, Orderic Vital, Guillaume de Jumiéges, Robert Wace, Dudon de Saint-Quentin, Benoît de Sainte-More, etc.
(3) Recherches sur le duché de Normandie, par Braz, seigneur de Bourqueville (1588).

LA BÉDOLLIÈRE,  Émile Gigault de (1812-1883) : Le Normand (1842).


Publié dans Normandie | Pas de Commentaire »

Le manoir du Breuil, repaire normand de Françoise Sagan

Posté par francesca7 le 28 novembre 2013

 

126877-une-sagan2-jpg_38293

La romancière Françoise Sagan a fait l’acquisition du manoir du Breuil en 1958, alors qu’elle n’avait que 23 ans  

Tout l’été durant, Le Point.fr vous propose de découvrir l’histoire de maisons de vacances. Parfois loufoque. Souvent extraordinaire. Cette semaine, nous faisons étape en Normandie, chez Françoise Sagan.

Son seul bien sur la terre. C’est ainsi que Françoise Sagan définissait elle-même le manoir du Breuil. Blottie dans le bois du même nom, sur la commune d’Équemauville en Normandie, à 3 kilomètres de Honfleur, cette vaste bâtisse entourée de 8 hectares de terre lui avait été offerte par une bonne amie. La chance. Celle qui la sauva maintes fois de la mort, au détour de ses frasques, lui en fit cadeau le 8 août 1958, à la roulette du casino de Deauville où elle avait passé la nuit. Elle misa sur le 8. Son gain ? 80.000 francs. Dans la foulée, dès 8 heures du matin, elle les offre au propriétaire du manoir qu’elle a loué pour l’été. Il accepte.

Dès lors, le manoir du Breuil devient son repaire. Tantôt refuge bucolique où elle puise l’inspiration, tantôt demeure mondaine où elle reçoit ses amis. Elle qui déteste tant la solitude…

Rêveries

En 1958, lorsqu’elle fait l’acquisition de la maison, Sagan n’a que 23 ans, mais elle est déjà célèbre. Son premier roman, Bonjour tristesse, a été récompensé du prix de la critique, quatre ans plus tôt. L’écrivain continue alors de résider à Paris où, éternelle locataire, elle change régulièrement d’adresse, mais séjourne très souvent à Équemauville.

Lassée de Saint-Tropez, elle passe dorénavant tous ses étés en Normandie ; son fils Denis Westhoff, né de sa brève union avec un ancien officier de l’armée de l’air américaine, toutes ses vacances. Lui joue dans le jardin. Elle tape frénétiquement sur sa machine à écrire dans la chambre verte, rêvasse des heures à sa fenêtre ou profite de la douceur du climat, allongée dans l’herbe avec ses chiens.

Étrange marché

Le manoir du Breuil, auquel on accède par une grande allée bordée de hêtres, est un brin délabré. Françoise Sagan rêve d’y faire des travaux, mais, si elle gagne beaucoup d’argent, entre son amour des bolides et son addiction pour le jeu, la romancière en dépense tout autant…

En 1991, l’homme d’affaires André Guelfi, alias Dédé la Sardine, lui propose un marché dont l’éternelle adolescente, financièrement prise à la gorge, ne saisit pas toutes les implications. Elle doit intervenir en faveur de la compagnie pétrolière Elf, auprès de son ami François Mitterrand, en échange d’un gros chèque. De quoi rendre au manoir du Breuil sa splendeur d’antan. Françoise Sagan, que le romanesque des truands séduit, accepte. Mais, lorsqu’éclate l’affaire Elf, Dédé la Sardine balance… Il déclare lui avoir versé, pour ce « petit » service, 9 millions de francs. Faux, d’après le fils de Sagan qui assure que seuls les travaux de la maison d’Équemauville, facturés quatre millions de francs, ont été réglés par André Guelfi. Seulement, voilà, François Sagan n’a pas déclaré cette somme au fisc. Et pour cause…

La sentence est sévère : un an d’emprisonnement avec sursis et le remboursement des sommes dissimulées assorti de pénalités. L’écrivain ne peut faire face. En voulant restaurer sa maison, Sagan la perd à jamais. Tous ses biens ayant un tant soit peu de valeur sont vendus, jusqu’à ses bijoux. Tous ses revenus sont directement saisis. Mais, dans son malheur, la chance lui sourit une dernière fois. Son amie, Ingrid Mechoulam, parvient à racheter le manoir du Breuil à la banque Dexia. Grâce à sa générosité, Sagan pourra encore profiter durant plusieurs années de cette maison qu’elle aime tant. Elle s’éteint à l’hôpital de Honfleur le 24 septembre 2004, à l’âge de 69 ans. 

Le Point.fr – Publié le 12/07/2010 à 09:30 - Modifié le 27/07/2010 à 11:56

Publié dans FONDATEURS - PATRIMOINE, Normandie | Pas de Commentaire »

Le Normand par Émile de La Bédollierre

Posté par francesca7 le 28 novembre 2013

320px-Normandy_folk_dance_Les_Gars_de_Senneville

~ * ~

                        Cette province est une des plus riches, des plus fertiles et des
                        plus commerçantes du royaume. Elle est aussi celle qui donne
                        le plus de revenu au Roi : c’est la province du Royaume qui a
                        produit le plus de gens d’esprit et de goût pour les sciences.

                                ENCYCLOPÉDIE, article Normandie.

LA Normandie n’est ni une province ni un assemblage de départements, c’est une nation. Le peuple qui s’y établit au neuvième siècle, après avoir ébranlé l’Europe et troublé les derniers moments de Charlemagne (1), eût conquis la France, si la France alors lui eût semblé valoir la peine d’être conquise. Il eut un jour envie de l’Angleterre, et l’Angleterre fut à lui. Plus tard, faisant cause commune avec sa patrie d’adoption, il refoula au-delà de l’Océan les successeurs de Guillaume le Conquérant ; et maintenant que le terrain de la guerre est déplacé, que la question militaire se débat sur les bords du Rhin, et non plus à l’embouchure de la Seine, le Normand, devenu producteur actif et intelligent, emploie à l’industrie, à l’agriculture, au commerce, l’activité énergique qui l’animait dans les combats.

Quelle partie de la France peut citer autant de villes antiques et florissantes ? Rouen, avec ses annexes, Déville, Darnetal, Bapaume et Maromme ; Rouen qui a donné son nom à des étoffes d’un usage universel ; Louviers, et surtout Elbeuf, cette ville fécondée par le germe industriel que lui avait confié le grand Colbert, et qui, depuis trente ans, a su devenir une des gloires manufacturières de la patrie ; Bolbec, Yvetot, Alençon, Évreux, Caudebec, Vire, Lisieux, Pont-l’Évêque, Mortain, Valognes, l’Aigle, Pont-Audemer, dont les manufactures fument sans cesse, dont les campagnes nourricières ne s’épuisent jamais ; puis une zone de ports sûrs et commodes : Cherbourg, le Toulon de la Manche ; Granville, Caen, le Havre, Honfleur, Dieppe, entrepôts des denrées de l’univers entier.

Le principal département de l’ancienne Normandie, celui de la Seine-Inférieure, est noté par les statisticiens comme ayant un revenu territorial de 44,529,000 fr. : c’est le plus riche de France, sans même en excepter le département du Nord. Hommes, terrains, cours d’eau, animaux, le Normand utilise tout, et l’épithète de faîgnant est la plus injurieuse qu’il connaisse (2). Herbager, il engraisse des bestiaux géants dans les plus riches pâturages du monde ; maquignon, il fournit aux roulages, aux voitures publiques, aux camions, des chevaux robustes et infatigables, pêcheur, il alimente la halle au poisson de Paris ; caboteur, il apporte à la capitale des marchandises de toute espèce ; fabricant, il organise et entretient des filatures, des draperies, des chapelleries, des rubanneries, des bonneteries, des mégisseries, des tanneries, des teintureries, des verreries, des clouteries, des quincailleries, des aciéries, des lamineries, des faïenceries, des papeteries, des blanchisseries, des huileries, des parchemineries, des taillanderies, des coutelleries, des fonderies, des poêleries, des horlogeries, des poteries, des moulins à papier, à fouler le drap, à carder la laine, des moulins anglais, ainsi nommés parce qu’ils ont été inventés par l’américain Oliver Ewans. On comptait, en 1827, sur les seuls cours d’eau de la Seine-Inférieure, deux mille neuf cent cinquante-quatre établissements industriels, dont près de trois cents sur la Robec, l’Aubette et la Renelle, petites rivières à peine visibles, qui serpentent clandestinement dans un faubourg de Rouen. Aucune province ne prend plus de brevets d’invention et de perfectionnement, n’accapare plus de médailles, n’envoie à l’exposition des produits de l’industrie plus de machines ingénieuses : instruments d’horlogerie, greniers mobiles, pompes à incendie, batteurs-étaleurs, machines à carder, à coudre les cuirasses, compteurs à gaz, niveaux d’eau à piston, produits chimiques, pendules-veilleuses, billards en ardoise, fourneaux économiques, et cent autres combinaisons, utiles souvent, ingénieuses toujours. Qu’est-ce que votre esprit commercial, ô fiers habitants de la Grande-Bretagne ? C’est l’esprit normand sur une plus vaste échelle, stimulé par des circonstances qui faisaient du commerce votre unique moyen de conservation. On voit, au développement de votre industrie, que vous avez du sang normand dans les veines. Les Normands sont les Anglais de la France, mais sous le rapport industriel seulement, grâce à Dieu !

Mais le commerce n’est qu’un rayon de l’auréole dont resplendit la Normandie ; aucun genre d’illustration ne lui a manqué. Ses poëtes sont : Marie de France, Jean Marot, Malherbe, Bois-Robert, Ségrais, Pierre et Thomas Corneille, Richer, Sarrazin, Catherine Bernard, madame Dubocage, Malfilâtre, Casimir Delavigne, Ancelot ; ses prosateurs : Hamilton, Duhamel, Saint-Évremond, l’abbé Castel de Saint-Pierre, Samuel Bochard, Sanadon, Fontenelle, Bernardin de Saint-Pierre, Vicq-d’Azir, le duc de Plaisance. Elle s’enorgueillit d’avoir donné aux beaux-arts Nicolas Poussin, Jouvenet, Restout, Boyeldieu ; aux sciences historiques et géographiques, Dudon de Saint-Quentin, Orderic Vital, Robert Wace, Geoffroy de Gaimar, Guillaume de Jumiéges, Mézerai, le père Daniel, Bruzen de la Martinière, Huet évêque d’Avranches, Feudrix de Bréquigny. Les navigateurs normands tiennent un rang honorable dans les annales maritimes. Dès 1364, ils avaient fondé Petit-Dieppe sur la côte de Guinée. Un Normand, Jean de Béthancourt, seigneur de Grainville la Teinturière, fut roi des Canaries en 1401 ; un capitaine de Dieppe, Jean Cousin, parcourant l’océan Atlantique en 1488, aperçut une terre inconnue qu’on croit avoir été l’Amérique. En 1502 et 1504, Jean Denis, de Honfleur, reconnut l’île de Terre-Neuve et une partie du Brésil ; la découverte des terres Australes fut l’oeuvre d’un Harfleurtois, Binot Paulmier de Gonneville, parti de Harfleur au commencement de juin 1503. Vers le même temps, Jean Ango, marchand de Dieppe, bloqua Lisbonne avec des vaisseaux qu’il avait frétés. Si nous possédons les Antilles, nous le devons à des Normands, du Plessis et Solive, qui occupèrent la Guadeloupe en 1612, Diel d’Enambuc, gentilhomme cauchois, qui éleva le fort Saint-Pierre à la Martinique, en 1635. Si nous tirons du café des colonies, nous le devons à Déclieux, Dieppois, qui y transporta le caféier.

images (11)C’est un Normand, le capitaine Lasale, qui explora le premier le Mississipi. C’est en Normandie que naquirent Tourville, Du Quesne, et notre contemporain Dumont-d’Urville (3).

Comme contrée pittoresque, la Normandie a des falaises aussi escarpées et aussi grandioses que celles d’Ecosse, des prairies aussi vertes que celles des bords de la Tamise et du Severn, d’épaisses et majestueuses forêts, des collines et des vallées qui rappellent celles de la Suisse, moins l’agrément des glaciers et des avalanches. Elle réunit à elle seule plus de cathédrales, d’abbayes, de vieux manoirs, de monuments du moyen âge que toutes les autres provinces ensemble. Aussi, le moindre rapin, après avoir essayé ses forces devant une carrière de Montmartre ou un chêne de Fontainebleau, prend son essor vers la Normandie, et le musée est encombré de Vues de Normandie, Village normand, Cimetière normand, Intérieur normand, Souvenirs de Normandie, Chevet de Saint-Pierre de Caen, Abbaye de Jumiéges, Pêcheurs d’Étretat, Ruines du château d’Arques, etc., etc. Il n’est pas de pays dont aient plus abusé les peintres, les romanciers et les faiseurs de romances.

Cet exposé doit justifier la longueur de l’article que nous consacrons au Normand. Quel type mérite autant que celui-ci d’être étudié sérieusement, approfondi, médité, suivi dans ses périodes de croissance et de décadence, comparé avec lui-même dans le présent et dans le passé ?

En examinant la loi de formation des types provinciaux, il est aisé de se rendre compte de leur existence actuelle. Primitivement peuplée par des colonies d’origine diverse, la France n’a que très-lentement marché vers l’homogénéité. Les habitants de chaque province, parqués sur leur territoire, isolés les uns des autres, ont pu conserver leurs vieux usages et en adopter de nouveaux. Le climat, la résidence, le genre de vie, les occupations, les guerres, les événements politiques, ont exercé une influence que le temps a consolidée, et que ne sont point venus contrarier de trop fréquents rapports avec les peuplades voisines. Les idées communes du bien et du mal se sont modifiées suivant les localités. Des moules se sont formés, où les générations successives sont entrées en naissant. Les fils ont suivi l’exemple des parents ; l’esprit d’imitation a perpétué les préjugés ; la liberté humaine s’est trouvée enchaînée, maîtrisée, annihilée par des opinions toutes faites, par des règles de conduite héréditaires. Des différences de conformation physique et morale se sont établies entre les enfants d’une même patrie, et il s’est créé des genres dans l’espèce et des variétés dans les genres.

Appliquons cette théorie au type normand, traçons-en l’histoire, cherchons les causes qui l’ont fait naître, les événements qui l’ont modifié ; voyons ce qu’il a été et ce qu’il est, prenons-le à son point de départ, et tâchons de le conduire de siècle en siècle jusqu’à celui où nous avons le bonheur de monter la garde, de payer nos contributions et d’écrire des monographies pour les Français peints par eux-mêmes.


(1) Vie de Charlemagne, par Eginard.
(2) Presque tous les Normands sont laborieux, diligents et capables de s’adonner à tout faire et imiter assez promptement ce qu’ils voyent. (Dumoulin, Histoire générale de la Normandie.)
(3) Voir les Chroniques neustriennes, par Marie du Mesnil, in-8°, 1823 ; et Recherches sur les voyages des navigateurs normands, par L. Estancelin, député de la Somme, in-8°, 1832.

Publié dans Normandie | Pas de Commentaire »

Laisse-moi …Par François M.

Posté par francesca7 le 27 novembre 2013

 

Laisse-moi raison importune,
Cesse d’affliger mon repos,
En me faisant mal à propos
Désespérer de ma fortune :
Tu perds temps de me secourir,
Puisque je ne veux point guérir.

Si l’amour en tout son empire,
Au jugement des beaux esprits,
N’a rien qui ne quitte le prix
A celle pour qui je soupire,
D’où vient que tu me veux ravir
L’aise que j’ai de la servir ?

A quelles roses ne fait honte
De son teint la vive fraîcheur ?
Quelle neige a tant de blancheur
Que sa gorge ne la surmonte ?
Et quelle flamme luit aux cieux
Claire, et nette comme ses yeux ?

Soit que de ses douces merveilles,
Sa parole enchante les sens,
Soit que sa voix de ses accents,
Frappe les coeurs par les oreilles,
A qui ne fait-elle avouer
Qu’on ne la peut assez louer ?

Tout ce que d’elle on me peut dire,
C’est que son trop chaste penser,
Ingrat à me récompenser
Se moquera de mon martyre :
Supplice qui jamais ne faut
Aux désirs qui volent trop haut.

Je l’accorde, il est véritable :
Je devais bien moins désirer :
Mais mon humeur est d’aspirer
Où la gloire est indubitable.
Les dangers me sont des appas :
Un bien sans mal ne me plaît pas.

Je me rends donc sans résistance
A la merci d’elle et du sort :
Aussi bien par la seule mort
Se doit faire la pénitence
D’avoir osé délibérer,
Si je la devais adorer.

—- … —-

220px-François_de_malherbeFrançois de MALHERBE   (1555-1628)

François de Malherbe est un poète français, né à Caen en 1555 et mort à Paris le 16 octobre 1628.

Biographies

Issu d’une famille noble, François de Malherbe s’attacha à l’âge de 19 ans à Henri d’Angoulême, fils naturel d’Henri II, et grand prieur de France. Il combattit dans les rangs de la Ligue, avant de se marier avec la fille d’un président au Parlement et de se fixer à Aix-en-Provence. Appelé à Paris pour ses affaires en 1585, il reçut des pensions de Henri IV et de Marie de Médicis. Après la mort de son protecteur un an plus tard, il regagna d’abord la Normandie et puis la Provence. Afin de plaire de nouveau à la cour, Malherbe dédia au roi en vain les 2 poèmes Les Larmes de saint Pierre et Ode de bienvenue à Marie de Médicis.

Épurer et discipliner la langue française a été l’œuvre de sa vie. Malherbe considérait la poésie tout à fait comme son métier. Il manifestait pour cela une grande sévérité à l’égard du maniérisme et du baroque des poètes du siècle précédent et notamment de Philippe Desportes. On peut le considérer comme le premier théoricien de l’art classique fait de mesure et bienséance et l’un des réformateurs de la langue française. Il fut pour cela l’un des auteurs les plus constamment réédités pendant l’Ancien Régime.

L’hommage que lui adressa Boileau (« Enfin Malherbe vint…, ») exprime cette dette des écrivains classiques. Aujourd’hui cet hémistiche est passé dans la langue pour saluer l’avènement d’un progrès, d’une réforme.

Ayant, même avec le roi, son franc-parler, il répondit un jour à ce dernier :

« Quelque absolu que vous soyez, vous ne sauriez, Sire, ni abolir ni établir un mot, si l’usage ne l’autorise. »

Malherbe, ce pessimiste, ne se faisait guère d’illusion sur son état et disait que

« c’était une sottise de faire le métier de rimeur [et] qu’un poète n’était pas plus utile à l’État qu’un bon joueur de quilles. »

Tallemant des Réaux, qui l’a décrit comme « rustre et incivil », a bien dépeint le caractère « maniaque » de son obsession pour la pureté de la langue. Il disait de ses ennemis « que, s’il s’y mettait, il ferait de leurs fautes des livres plus gros que leurs livres mêmes ». Certains refusèrent toujours, pour cette raison, de soumettre leurs écrits à son approbation parce que « ce n’était qu’un tyran, et qu’il abattait l’esprit aux gens ». Parmi ceux qui s’y risquèrent néanmoins, « Il dit à un homme qui lui montra un méchant poème où il y avait pour titre : POUR LE ROI, qu’il n’y avait qu’à ajouter : POUR SE TORCHER LE CUL. » Même, « une heure avant que de mourir, il se réveilla comme en sursaut d’un grand assoupissement, pour reprendre son hôtesse, qui lui servait de garde, d’un mot qui n’était pas bien français, à son gré ; et comme son confesseur lui en voulut faire réprimande, il lui dit qu’il n’avait pu s’en empêcher, et qu’il avait voulu jusqu’à la mort maintenir la pureté de la langue française. »

Le seul fils qui lui restait, Marc-Antoine Malherbe, fut tué en 1627 à Cadenet par Fortia de Piles, avec l’aide de Gaspard de Covet. Malherbe mourut quinze mois plus tard.

 

Publié dans POESIE FRANCAISE | Pas de Commentaire »

Aux Muses : en poésie

Posté par francesca7 le 27 novembre 2013

 

A Dieu vous dy, Muses Aoniennes,
Vos musemens m’ont par trop arresté.
Vos beaux guerdons sont-ce pas pauvreté,
Langueur, soucy, ennuys, travaux et peines  

Et puis vantez vos eaux Pegasiennes ! 
Puis promettez une immortalité !
A Dieu, à Dieu : je n’ay que trop esté 
Repeu du vent de vos promesses vaines.

Las ! qu’ay je dit ? ô Muses, revenez,
Et avecq’moy, s’il vous plaist, vous tenez,
Car desormais vous seules je veux suivre :

Sçachant très-bien qu’au monde tout perit, 
Fors seulement les seuls biens de l’esprit,
Que l’homme mort après la mort faict vivre.

 

images (10)Jean de LA PERUSE   (1529-1554)

Jean Bastier de La Péruse (1529-1554) est un poète et auteur dramatique français.

Il naît au Pont-Sigoulant, paroisse de Roumazières, mais il prend le nom de la paroisse voisine, la Péruse. Il étudie à Paris, au collège de Boncourt, où il suit les cours de Marc-Antoine Muret et de George Buchanan, et il devient membre de la première Pléiade, avec Ronsard, Du Bellay, Baïf, Jodelle, Pontus de Tyard et Peletier du Mans. D’après Étienne Pasquier, il joue dans les représentations de la Cléopâtre captive et L’Eugène d’Étienne Jodelle (1553). Le spectacle se déroule dans l’hôtel de Reims, à Paris, en présence d’Henri II et de Diane de Poitiers.

Il compose une tragédie de Médée, inspirée de Sénèque et d’Euripide. Il est rapidement surnommé « l’Euripide français » par Charles de Sainte-Marthe. Jean Bastier quitte Paris peu après et s’installe à Poitiers.

Ses poésies ont pour thèmes privilégiés l’amour et l’immortalité littéraire.

Il meurt à 25 ans, sans doute de la peste.

Son ami Ronsard lui rend hommage en lui dédiant ce poème :

Tu dois bien à ce coup, chétive tragédie
Laisser tes graves jeux
Laisser ta scène vide contre toi hardie
Et de la même voix dont tu aigris les princes
Tombés en déconfort,
Tu dois bien annoncer aux étranges provinces
Que la Péruse est mort.

Publié dans POESIE FRANCAISE | Pas de Commentaire »

12345...9
 

leprintempsdesconsciences |
Lechocdescultures |
Change Ton Monde |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | C'est LE REVE
| Détachement Terre Antilles ...
| ATELIER RELAIS DU TARN ET G...