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histoire de la Berthe de La Roche

Posté par francesca7 le 26 octobre 2013


Les légendes d’Ourthe-Amblève – Frédéric Kiesel

histoire de la Berthe de La Roche dans LEGENDES-SUPERSTITIONS 220px-N-Liez_vue-de-larocheLes légendes «accrochées» à des châteaux en ruines sont parfois suspectes. On peut les soupçonner d’avoir été inventées à des fins touristiques, ou d’être nées dans l’imagination d’un rêveur romantique, et non dans la tradition populaire transmise à la veillée de génération en génération.

Pourtant, les tours de schiste noir du château de La Roche-en-Ardenne, si solidement ancrées sur l’éperon rocheux qui domine la villette, gardent le souvenir d’une étrange tragédie restée vivante dans la mémoire des habitants de la région. Celle de la blonde Berthe, fille du seigneur du lieu.

Elle était douce et charmante. Sa délicatesse étonnait dans ce rude château. Maint jeune chevalier d’Ardenne, du pays de Liège, de Lorraine ou de Namur en était amoureux. Lorsque les damoiseaux venaient demander sa main à son père, elle était flattée, mais jamais conquise. Seule enfant du comte, veuf depuis plusieurs années, elle hésitait à le quitter, lui et le beau pays d’Ourthe. Quelque chose en elle était resté enfant. Il eut fallu un grand amour pour la décider. Les hommages qu’elle recevait lui étaient agréables, sans la bouleverser.

Pourtant, comme le comte se sentait vieillir, il dit à Berthe:
- Je n’ai jamais voulu, comme tant d’autres pères le font, t’imposer un époux. Mes forces déclinent. Je n’ai pas de fils. Il faut que toi-même et le comté soyez protégés par un chevalier loyal et fort, qui sache vous faire respecter. Puisque ton cœur n’a pas encore parlé, obéissons à la décision des armes. Je te propose d’organiser un tournoi selon les règles de la vraie chevalerie. Le vainqueur, si tu me donnes aujourd’hui ton accord, deviendra ton mari devant Dieu et devant les hommes.

Berthe se rendit à l’avis de son père. Ce qu’il lui avait dit était la raison même. Mais elle restait inquiète. N’aurait-elle pas dû choisir elle-même, plus tôt, parmi ses soupirants, dont plusieurs étaient bien aimables. Le tournoi serait-il vraiment, comme on le disait alors, le «jugement de Dieu» ? N’allait-il pas donner la victoire à un aventurier, ou à un rustre ?

La joute fut annoncée dans tous les châteaux et les villes, des confins de France à ceux d’Allemagne. Nombreux furent les chevaliers qui s’y préparèrent, tant était grand le renom de la beauté et du charme de Berthe de La Roche.

Celle-ci, un jour, se promenait à cheval sur le chemin, au-delà de la chapelle Sainte-Marguerite. Toute à ses pensées anxieuses, elle ne dirigeait pas sa monture, qui trébucha sur une souche. La bête étant déséquilibrée, Berthe serait tombée sur les rochers si, prenant le cheval au mors, une poigne ferme ne l’avait redressé.

C’était celle de Waleran de Montaigu, venu voir de ses yeux la jeune comtesse, objet du tournoi. Distraite, elle ne l’avait pas entendu approcher.

Sauvée d’une chute dangereuse, Berthe regarda Waleran. Jamais elle n’avait vu plus beau chevalier. Waleran avait fière allure, avec dans le regard quelque chose à la fois de hardi et de tendre. Les deux jeunes gens furent éblouis l’un par l’autre. La fraîcheur et la fragilité de Berthe avaient séduit Waleran au premier coup d’œil. Comme elle le remerciait pour son aide, il comprit que jamais il ne se lasserait d’entendre cette jolie voix. Berthe invita Waleran à partager son repas au château. Les jeunes gens s’y parlèrent peu, mais se regardèrent beaucoup. Ils se revirent plusieurs fois et s’avouèrent leur amour.

Comme c’est dommage, dit Berthe. Si je vous avais rencontré plus tôt, mon sort ne dépendrait pas du tournoi.
Ne craignez rien, Berthe, je gagnerai le tournoi.

Ce n’était pas là vaine vantardise ou présomption d’amoureux. Waleran était aussi adroit que brave. Mais une vertu de chevalier lui manqua: la franchise. Il n’osa pas dire à Berthe qu’il était fiancé. Devait-il en être si honteux? Ses fiançailles avec la brune, l’ardente Marie de Salm, étaient le résultat d’un marchandage entre son père et celui de Marie, qu’il n’avait jamais aimée avec passion. Hélas, l’héritière du comté de Salm était violemment éprise du beau Waleran. Elle vit s’espacer les visites de son fiancé, et sentit qu’une gêne remplaçait la tendresse du jeune comte de Montaigu. Elle s’en plaignait à lui, l’interrogeait, mais il répondait évasivement.

Un jour, le boîtier que Waleran portait à son cou s’ouvrit. Une mèche de cheveux blonds en tomba. C’est ainsi que Marie de Salm apprit pour qui battait le cœur de son fiancé.

Dans une scène de violente jalousie, elle le maudit, lui promettant une vengeance terrible. Waleran quitta le château de Salm, à la fois soulagé et inquiet. Mais il ressentait surtout la joie d’avoir retrouvé sa liberté. Entre ses visites à la douce Berthe de La Roche, il se prépara au tournoi.

280px-chateau_de_la_roche-en-ardenne_050518_8 dans LEGENDES-SUPERSTITIONS

Le jour de la grande épreuve, dans un pré richement paré de bannières et de tentes armoriées, toute la jeune noblesse d’Ardenne, de Lorraine, de Liège, du Namurois et même de la lointaine Champagne était présente.

Waleran ne s’était jamais senti plus sûr de lui. Il portait, sous son armure, un petit mouchoir de dentelle blanche que Berthe lui avait donné comme talisman. Il avait désarçonné tous ses adversaires et allait être proclamé vainqueur du tournoi, lorsque le héraut d’armes annonça la venue d’un nouveau chevalier qui refusa de dire son nom. Cuirassé d’acier noir, l’inconnu montait un cheval d’ébène avec l’élégance altière d’un vrai gentilhomme. Mais il semblait frêle à côté de ceux que Waleran avait vaincus. Sans inquiétude, Waleran piqua des éperons et se mit en place pour la joute. Ce fut la plus rude de tout le tournoi. Son ténébreux adversaire esquivait les coups, avec une souplesse diabolique, et jouait de sa monture avec autant d’aisance que s’il s’était agi de ses propres doigts.

Waleran, qui avait déjà nombre de joutes dans les reins, devint nerveux. À la dixième reprise, il lança son beau cheval blanc avec toute la force possible, et alla se jeter sur la lance de son adversaire qui venait de détourner la sienne aussi légèrement que dans une passe au fleuret. Violemment frappé en pleine poitrine, Waleran tomba sur le sol. On le crut mort, et Berthe devint blanche comme la dentelle qu’elle lui avait donnée. Le chevalier était assommé et ses amis le transportèrent, sans connaissance, sur une litière.

Avant le festin qui suivit, Berthe, désespérée, fut unie par mariage au chevalier noir qui refusa d’enlever son heaume, et même d’en lever la visière.

À l’issue du repas, bruyant et somptueux malgré le malaise suscité par l’énigme du sombre chevalier, les jeunes époux furent conduits à la chambre nuptiale. Mais bientôt un cri perça le bruit de la ripaille et de la beuverie qui continuaient dans la grande salle. On se précipita vers le donjon qui dominait l’Ourthe. Le grand voile blanc de la malheureuse épousée y pendait, soulevé par le vent de la nuit.

Le comte de La Roche fit enfoncer la porte de la chambre. Elle était vide. À la lueur des lanternes et des torches, on découvrit, au pied du donjon, Berthe poignardée, sans vie. Le poignard était encore enfoncé dans son cœur. Il portait l’écusson aux deux saumons des comtes de Salm. Marie, déguisée en chevalier, s’était vengée de sa rivale. Et l’on dit que, chaque année, à l’anniversaire de ce tournoi tragique, un orage ébranle toute la région. Entre les éclairs, nombreux sont ceux qui ont cru voir, au donjon, flotter quelques instants le voile blanc de Berthe de La Roche.

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Les fontaines qui auraient des pouvoirs de guérison

Posté par francesca7 le 26 octobre 2013

(Source :  http://www.lamontagne.fr)

Les fontaines qui auraient des pouvoirs de guérison dans LEGENDES-SUPERSTITIONS l-gende-fontaines-courbefy_790871-300x225

Depuis des siècles, les bonnes fontaines de Courbefy sont sollicitées pour leur pouvoir de guérison. Des croyances loin d’avoir disparu, en témoignent les multiples dévotions sur place.

Le chemin tout en descente est particulièrement escarpé. Mais les nombreux va-et-vient entretiennent naturellement le passage.

Les trois bonnes fontaines de Courbefy sont là, en pleine forêt, distantes de quelques centaines de mètres. Une curieuse atmosphère envahit les visiteurs dès lors qu’ils découvrent les lots de vêtements séchés et décolorés pendus à une croix. Des pantalons, des chaussures, des chaussettes, une casquette… Autant d’indices qui témoignent du nombre impressionnant de personnes venues ici solliciter les pouvoirs des bonnes fontaines. « Chaque année, le nombre de visiteurs est phénoménal », confirme Bernard Guilhem, maire délégué de Saint-Nicolas-Courbefy. « Les gens viennent de loin pour faire des dévotions. Certains viennent avec des bouteilles afin de prendre de l’eau dans les sources. Ce sont souvent des guérisseuses qui les envoient ici ».

Des papiers griffonnés
Chaque bonne fontaine a ses propres pouvoirs : la première guérirait des convulsions et des rhumatismes, la seconde protégerait les animaux et la troisième est réservée au mal de dents et aux amours.

Chacune est abritée par une petite construction en pierre. Une boîte aux lettres métallique est accrochée aux murs. À l’intérieur, les demandes de guérison se chevauchent. Un simple coup d’oeil sur ces bouts de papier griffonnés donne l’impression de violer l’intimité des visiteurs venus avant nous. Tant de malheurs humains sont contenus dans ces boîtes aux lettres… Impossible de savoir s’il y a vraiment eu des miracles.

Mais les croyances sont toujours très ancrées et pas un jour ne passe à Courbefy sans que des personnes viennent, de plus ou moins loin, pour se recueillir dans la discrétion qu’offre la forêt. La commune prend d’ailleurs un soin particulier à entretenir les accès et à baliser les chemins pour orienter les visiteurs s’aventurant dans le secteur.

Dédiées à saint Eutrope, ces bonnes fontaines ont été bénies par l’évêque de Limoges il y a quelques années après avoir été longtemps ignorées par les représentants du monde catholique. Ce geste permit de consacrer la  » reconnaissance  » de cet endroit mystique. Un symbole important qui ne fait que rajouter de la crédibilité aux yeux des pratiquants.

Aujourd’hui encore, les bonnes fontaines de Courbefy sont vénérées bien au-delà du Limousin. Malgré l’appréhension qu’elles suscitent lorsqu’on les découvre au milieu des bois, ces fontaines empreintes de mystères symbolisent à elles seules des croyances profondément ancrées dans le monde rural. Des pratiques qui n’ont jamais véritablement disparues.

Franck Jacquet
La Montagne

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LA REINE DES POISSONS

Posté par francesca7 le 26 octobre 2013


 LA REINE DES POISSONS dans LEGENDES-SUPERSTITIONS telechargement-61

Il y avait dans la province du Valois, au milieu des bois de Villers-Cotterets, un petit garçon et une petite fille qui se rencontraient de temps en temps sur les bords des petites rivières du pays, l’un obligé par un bûcheron nommé Tord-Chêne, qui était son oncle, à aller ramasser du bois mort, l’autre envoyée par ses parents pour saisir de petites anguilles que la baisse des eaux permet d’entrevoir dans la vase en certaines saisons. Elle devait encore, faute de mieux, atteindre entre les pierres les écrevisses, très-nombreuses dans quelques endroits.

Mais la pauvre petite fille, toujours courbée et les pieds dans l’eau, était si compatissante pour les souffrances des animaux, que, le plus souvent, voyant les contorsions des poissons qu’elle tirait de la rivière, elle les y remettait et ne rapportait guère que les écrevisses, qui souvent lui pinçaient les doigts jusqu’au sang, et pour lesquelles elle devenait alors moins indulgente.

Le petit garçon, de son côté, faisant des fagots de bois mort et des bottes de bruyère, se voyait exposé souvent aux reproches de Tord-Chêne, soit parce qu’il n’en avait pas assez rapporté, soit parce qu’il s’était trop occupé à causer avec la petite pêcheuse.

Il y avait un certain jour dans la semaine où ces deux enfants ne se rencontraient jamais… Quel était ce jour ? Le même sans doute où la fée Mélusine se changeait en poisson, et où les princesses de l’Edda se transformaient en cygnes. Le lendemain d’un de ces jours-là, le petit bûcheron dit à la pêcheuse : « Te souviens-tu qu’hier je t’ai vue passer là-bas dans les eaux de Challepont avec tous les poissons qui te faisaient cortège… jusqu’aux carpes et aux brochets ; et tu étais toi-même un beau poisson rouge avec les côtés tout reluisants d’écailles en or.

— Je m’en souviens bien, dit la petite fille, puisque je t’ai vu, toi qui étais sur le bord de l’eau, et que tu ressemblais à un beau chêne-vert, dont les branches d’en haut étaient d’or…, et que tous les arbres du bois se courbaient jusqu’à terre en te saluant.

— C’est vrai, dit le petit garçon, j’ai rêvé cela.

— Et moi aussi j’ai rêvé ce que tu m’as dit : mais comment nous sommes-nous rencontrés deux dans le rêve ?…»

En ce moment, l’entretien fut interrompu par l’apparition de Tord-Chêne, qui frappa le petit avec un gros gourdin, en lui reprochant de n’avoir pas seulement lié encore un fagot.

— Et puis, ajouta-t-il, est-ce que je ne t’ai pas recommandé de tordre les branches qui cèdent facilement, et de les ajouter à tes fagots ?

— C’est que, dit le petit, le garde me mettrait en prison, s’il trouvait dans mes fagots du bois vivant… Et puis, quand j’ai voulu le faire, comme vous me l’aviez dit, j’entendais l’arbre qui se plaignait.

— C’est comme moi, dit la petite fille, quand j’emporte des poissons dans mon panier, je les entends qui chantent si tristement, que je les rejette dans l’eau… Alors on me bat chez nous !

— Tais-toi, petite masque ! dit Tord-Chêne, qui paraissait animé par la boisson, tu déranges mon neveu de son travail. Je te connais bien, avec tes dents pointues couleur de perle… Tu es la reine des poissons… Mais je saurai bien te prendre à un certain jour de la semaine, et tu périras dans l’osier… dans l’osier !

300px-Vig%C3%A9e-Lebrun_Marie_Antoinette_1783 dans LEGENDES-SUPERSTITIONSLes menaces que Tord-Chêne avait faites dans son ivresse ne tardèrent pas à s’accomplir. La petite fille se trouva prise sous la forme de poisson rouge, que le destin l’obligeait à prendre à de certains jours. Heureusement, lorsque Tord-Chêne voulut, en se faisant aider de son neveu, tirer de l’eau la nasse d’osier, ce dernier reconnut le beau poisson rouge à écailles d’or qu’il avait vu en rêve, comme étant la transformation accidentelle de la petite pêcheuse.

Il osa la défendre contre Tord-Chêne et le frappa même de sa galoche. Ce dernier, furieux, le prit par les cheveux, cherchant à le renverser ; mais il s’étonna de trouver une grande résistance : c’est que l’enfant tenait des pieds à la terre avec tant de force, que son oncle ne pouvait venir à bout de le renverser ou de l’emporter, et le faisait en vain virer dans tous les sens. Au moment où la résistance de l’enfant allait se trouver vaincue, les arbres de la forêt frémirent d’un bruit sourd, les branches agitées laissèrent siffler les vents, et la tempête fit reculer Tord-Chêne, qui se retira dans sa cabane de bûcheron.

Il en sortit bientôt, menaçant, terrible et transfiguré comme un fils d’Odin ; dans sa main brillait cette hache scandinave qui menace les arbres, pareille au marteau de Thor brisant les rochers.

Le jeune roi des forêts, victime de Tord-Chêne, — son oncle, usurpateur, — savait delà quel était son rang, qu’on voulait lui cacher. Les arbres le protégeaient, mais seulement par leur masse et leur résistance passive…

En vain les broussailles et les surgeons — s’entrelaçaient de tous côtés pour arrêter les pas de Tord-Chêne, celui-ci a appelé ses bûcherons et se trace un chemin à travers ces obstacles. Déjà plusieurs arbres, autrefois sacrés du temps des vieux druides, sont tombés sous les haches et les cognées.

Heureusement, la reine des poissons n’avait pas perdu de temps. Elle était allée se jeter aux pieds de la Marne, de l’Oise et de l’Aisne, — les trois grandes rivières voisines, leur représentant que si l’on n’arrêtait pas les projets de Tord-Chêne et de ses compagnons, les forêts trop éclaircies n’arrêteraient plus les vapeurs qui produisent les pluies et qui fournissent l’eau aux ruisseaux, aux rivières et aux étangs ; que les sources elles-mêmes seraient taries et ne feraient plus jaillir l’eau nécessaire à alimenter les rivières ; sans compter que tous les poissons se verraient détruits en peu de temps ; ainsi que les bêtes sauvages et les oiseaux.

Les trois grandes rivières prirent là-dessus de tels arrangements que le sol où Tord-Chêne, avec ses terribles bûcherons, travaillait à la destruction des arbres, — sans toutefois avoir pu atteindre encore le jeune prince des forêts, — fut entièrement noyé par une immense inondation, qui ne se retira qu’après la destruction entière des agresseurs.

Ce fut alors que le roi des forêts et la reine des poissons purent de nouveau reprendre leurs innocents entretiens.

Ce n’étaient plus un petit bûcheron et une petite pêcheuse, — mais un Sylphe et une Ondine, lesquels, plus tard, furent unis légitimement. 

Nous nous arrêtons dans ces citations si incomplètes, si difficiles à faire comprendre sans la musique et sans la poésie des lieux et des hasards, qui font que tel ou tel de ces chants populaires se grave ineffaçablement dans l’esprit. Ici ce sont des compagnons qui passent avec leurs longs bâtons ornés de rubans ; là des mariniers qui descendent un fleuve ; des buveurs d’autrefois (ceux d’aujourd’hui ne chantent plus guère), des lavandières, des faneuses, qui jettent au vent quelques lambeaux des chants de leurs aïeules. Malheureusement on les entend répéter plus souvent aujourd’hui les romances à la mode, platement spirituelles, ou même franchement incolores, variées sur trois à quatre thèmes éternels. Il serait à désirer que de bons poëtes modernes missent à profit l’inspiration naïve de nos pères, et nous rendissent, comme l’ont fait les poëtes d’autres pays, une foule de petits chefs-d’œuvre qui se perdent de jour en jour avec la mémoire et la vie des bonnes gens du temps passé.

Issu des Chansons et légendes du Valois : Les Filles du feu, de Gérard de Nerval éditions Michel Lévy frères, 1856 (pp. 155-169).

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La légende d’un Moine copiste

Posté par francesca7 le 26 octobre 2013

Frère Odilon, moine copiste passé
maître dans l’art de la satire glissée
au coeur de ses enluminures

(D’après « La Revue septentrionale », paru en 1911)

 La légende d'un Moine copiste dans LEGENDES-SUPERSTITIONS telechargement-51

 

 

 

La légende prétend que certains moines copistes prenaient quelques libertés avec leur art : ainsi de frère Odilon, de l’abbaye d’Ouche, s’adonnant très tôt et par effraction à cette activité et qui, une fois la technique maîtrisée, aurait pris un malin plaisir à représenter au sein de ses œuvres des personnages importants de la contrée, les poussant à sa guise vers le Paradis ou l’Enfer, audace dont son supérieur se formalisa bientôt…

« Le travail du copiste est une oeuvre méritoire qui profite à l’âme, tandis que la travail des champs ne profite qu’au ventre. » L’auteur de cette maxime est le vénérable Alcuin, qui fonda à Tours l’école de scribes d’où sortit, en son temps, la réforme de l’écriture. Il en résulta un grand progrès parmi les chancelleries à demi sauvages des chefs barbares qui s’étaient partagé les dépouilles de l’Empire, et s’efforçaient de se rattacher de leur mieux aux traditions romaines. Inconsciemment, ils en avaient brisé la chaîne de leurs propres mains : mais bientôt ils aperçurent clairement la nécessité d’en ressouder les anneaux.

L’Eglise seconda l’impulsion donnée par Alcuin : chargée de diriger les âmes, elle comprit vite de quelle utilité pourrait lui être l’art du copiste dans l’accomplissement de sa mission. Aussi, s’attacha-t-elle de bonne heure à entretenir dans les couvents des scribes bien dressés à copier les Saintes Ecritures, et à les enluminer. Nombre de prescriptions les concernaient : « S’il faut copier les Évangiles, le Psautier ou le Missel, on n’y emploiera que des hommes soigneux ou d’un âge mûr : les erreurs dans les mots peuvent en introduire dans la foi. On aura de bons textes catholiques dans les monastères, afin de ne pas faire de demandes à Dieu en mauvais langage. »

La profession de scribe fut donc très honorée au Moyen Age. Mais, bizarrerie du hasard ! il arriva que les scribes étaient, en général, d’assez mauvais garnements. Heureusement pour eux, leur travail était agréable à Dieu : sans quoi, bien peu eussent gagné le Paradis. On citait volontiers l’histoire du docteur Marianus, un copiste d’un couvent écossais : isolé des autres moines pour travailler mieux, et plus, il fonda à Regensbourg le monastère de Saint-Pierre des Bénédictins. Un soir, la lumière étant venue à lui manquer, comme il continuait d’écrire dans les ténèbres, les trois doigts de sa main que le travail de la plume ne tenait pas occupés se mirent aussitôt à resplendir comme trois chandelles, et toute la chambre en fut éclairée.

250px-Jean_Mi%C3%A9lot%2C_Brussels dans LEGENDES-SUPERSTITIONSEn ces temps reculés de la légende, il advint au prieur de l’abbaye d’Ouche d’éprouver des craintes terribles pour le salut de l’âme de frère Odilon, copiste de l’abbaye. Frère Odilon était certainement, parmi les gens de son espèce, un des plus habiles. Enfant trouvé recueilli par les moines, il avait d’abord servi au chœur de la chapelle. Là, ses grands yeux bleus furent frappés de l’éclat et de la beauté des missels où l’officiant lisait des choses incompréhensibles pour lui. Les miniatures représentant Dieu le Père, assis sur son trône céleste, environné des anges, des archanges, des séraphins, dans toute la splendeur de sa gloire, ravissaient d’aise l’âme du pieux enfant.

Lorsque sur la page de parchemin il voyait le Christ au front saignant sous la couronne d’épines, au flanc percé d’une large blessure d’où jaillissait un flot rouge, le chagrin gagnait sa petite âme, et l’eau du cœur lui montait aux yeux. Par exemple, quand le missel lui montrait l’image de la Vierge, il tombait en extase devant les atours de cette princesse du ciel, dont l’expression douce et tendre suffisait à le réconforter, lorsqu’il avait commis quelque peccadille qui lui avait valu un sermon ou des coups de férule.

Ceci décida de sa vocation ; il résolut dans sa petite tête d’enluminer des parchemins, de copier des livres saints. Mais au lieu d’en demander la permission au prieur, il s’avisa de profiter d’une absence du copiste pour s’introduire dans sa cellule. Là, il trouva en abondance du parchemin, des pinceaux, des plumes d’oie, et des encres de toutes les couleurs, objets de ses plus ardentes convoitises. Ce ne fut pas long : en un tour de main, il eut barbouillé de rouge et bleu une page commencée. Il était si absorbé dans sa besogne, qu’il n’entendit pas la porte s’ouvrir. Le copiste entra, vit l’abominable gâchis dont son travail était victime, et allongea au gamin surpris une de ces taloches qui font époque dans la vie d’un enfant de chœur. Il ajouta qu’il allait en référer au prieur, et que l’in pace suffirait à peine à la punition d’un pareil forfait.

Mais le petit Odilon pleura si fort, lui manifesta un si poignant repentir, et lui expliqua si bien avec quelle ardeur il désirait l’imiter, que touché de ses instances, un peu flatté aussi de l’admiration naïve que témoignait l’enfant pour les oeuvres sorties de ses mains, le copiste s’apaisa et finit par promettre de lui apprendre les règles de l’écriture.

Odilon travailla avec passion. II devint rapidement aussi fort que son maître, et, lorsque celui-ci mourut, il fut appelé à le remplacer. Vous eussiez été émerveillé à le voir dans sa cellule, assis à son écritoire, éclairé par une belle lumière que tamisaient les petits carreaux en losange de sa fenêtre. Autour de lui sont disposés des encriers, remplis d’encres noires, rouges, bleues, vertes, argent et or. Sous sa main, une feuille de délicat vélin, préparée avec amour et d’une blancheur éblouissante. Tantôt sa plume, tantôt son pinceau courent, volent sur son parchemin qu’ils ont l’air d’effleurer comme une aile. Et lorsque frère Odilon relève la tête et la penche de côté afin d’examiner son travail avec le recul voulu, vous ne pourriez vous empêcher de pousser des cris d’admiration devant le petit chef-d’œuvre qui vient de sortir de ses mains

Ce n’est pas lui qui se tromperait d’une lettre en recopiant un texte ! D’abord, il connaît l’importance de son rôle ; il sait qu’il travaille à perpétuer et à élargir la foi. Et puis, s’il manquait à sa tâche, la bonne Vierge, à laquelle il a voué une affection particulière et qui semble toujours lui sourire sur les belles images qu’il en fait, serait à coup sûr très fâchée contre lui : cela il ne le veut à aucun prix !

Le prieur du couvent d’Ouche était enchanté d’avoir un copiste aussi parfait, en tant que copiste. Mais en tant que moine, frère Odilon ne valait certainement pas la corde pour le pendre, et cela causait le tourment du prieur. Odilon avait la malencontreuse manie de glisser dans ses enluminures les portraits des moines de l’abbaye, des personnages importants de la contrée : la ressemblance était toujours frappante.

Il eût été le diable qu’il ne l’aurait pas plus adroitement attrapée. II représentait sous la figure d’anges ou de bienheureux voués au Paradis, les personnes qui lui plaisaient ; mais quand il en voulait à quelqu’un, il vous le plaçait bel et bien en Enfer, souffrant de supplices atroces qu’il inventait avec une luxuriante imagination, ou encore il en mettait la tête sur le corps crochu d’un démon.

Le prieur lui-même, qui l’avait molesté plusieurs fois pour son inconduite, avait bénéficié pour sa peine d’une place d’honneur à la droite de Satan ! C’était intolérable. Enfin, récemment, ne s’était-il pas avisé de donner à Marie-Madeleine les traits d’une tavernière bien connue dans le pays ? Il en était résulté un scandale affreux dans le couvent. Avec cela, frère Odilon buvait parfois plus que de raison. Il avait un faible pour certain petit vin blanc du pays qui montait à la tête, et quand on lui reprochait ses beuveries : « Ne dois-je pas, répondait-il, enluminer ma trogne aussi bien que mes missels ? »

Et un large rire épanouissait sa face de bon vivant. Car au fond, c’était le meilleur enfant du monde, et nul n’avait la force de lui en vouloir. Cependant, le Diable guettait son âme. Un beau jour, le Méchant crut l’occasion favorable, et frère Odilon trépassa. Tout effaré de cette aventure, le pauvre scribe arriva devant le tribunal suprême. Satan était tellement sûr de se le voir adjuger, qu’il lui avait déjà fait préparer une place sur un gril de faveur.

moine-copisteDevant ces terribles préparatifs, l’âme de frère Odilon pâlit autant que peut pâlir une âme. Pour toute défense, il se borna à regarder la bonne Vierge d’un air navré, en lui disant : « O Reine du Ciel pour qui je réservais mes encres les plus brillantes lorsque j’avais à retracer votre auguste visage, vous que j’aimais à contempler dans mes rêves, je ne vous verrai donc plus jamais ! »

Alors la Vierge sourit miséricordieusement, et sur son ordre, tandis que dans l’un des plateaux de la balance où devaient être pesées les bonnes et les mauvaises actions de frère Odilon, les diablotins entassaient frénétiquement péché sur péché ; dans l’autre, les anges déposèrent une à une les lettres qu’il avait tracées.

La pauvre âme suait d’angoisse en voyant que le tas des péchés grossissait autant que le tas des lettres ! Voilà que les diables ont fini : les anges ont cessé de leur côté. Il y a autant de péchés que de lettres, et l’âme va être condamnée…

Quand, en secouant sa robe, un ange laissa tomber une lettre restée par mégarde dans un pli de l’étoffe : il la plaça dans la balance qui pencha en faveur du moinillon. Frère Odilon avait écrit une lettre de plus qu’il n’avait commis de péchés, et l’œuvre du copiste est si agréable à Dieu, que cette lettre suffit pour lui mériter son pardon.

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