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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Les Fêtes locales de nos Ancêtres

Posté par francesca7 le 21 octobre 2013


Les Fêtes locales de nos Ancêtres dans Côte d'Or gustave_dore_-_escalier_de_lopera_a_la_mi-caremeChaque province, presque chaque village avait ses fêtes. A Granville, après la pêche aux huîtres, il y avait les grandes chasses aux cygnes sur les bords de la Somme. A Coucy, il y avait la fête du lion, qui perpétuait la mémoire du seigneur Enguerrand, vainqueur d’un lion qui désolait le pays. Aux environs d’Argonne, la fête des tombereaux : c’étaient des jeunes gens qui se laissaient rouler (tomber) sur les pentes gazonnées.

À Dijon, la Mère Folle, coiffée de son bonnet à longues cornes, portait sa marotte bordée de grelots, précédée de son guidon, sur lequel étaient peintes les figures les plus bizarres et écrits les dictons les plus plaisants. A Lyon, on fit pendant un siècle porter la culotte d’un Suisse devant un lion, le jour anniversaire d’une bataille que les Lyonnais avaient gagnée contre les Suisses repoussés loin de ses murs : armes parlantes qui signifiaient que la ville de Lyon avait fait tourner le… dos aux enfants de l’Helvétie.

Dans les vallons du Dauphiné, il y avait les Vogues : c’étaient les danses des jeunes mariés, suivant un jeune homme qui menait le chœur. Dans le Rouergue, chaque village adoptait pour les jours de fêtes un cri d’animal, de sorte qu’en entendant, à la tin de chaque ronde, un rugissement, un bêlement, un miaulement, un aboiement, un hennissement, on pouvait dire : il y a fête dans tel village. Au Perthuis, dans le Midi, le jour des Rois, un grand char sur lequel on voyait une étoile enflammée parcourait les rues, suivi des trois mages en habits royaux, et toutes les corporations de la ville marchaient autour du char en poussant de longs cris de joie.

A Perne, le char était rempli de musiciens et tiré par quarante mules montées par quarante muletiers qui faisaient claquer leurs fouets. Une cavalcade formée de cavaliers qui allaient se disputer le prix de la course précédait le cortège. Le dimanche suivant, l’attelage de quarante mules était remplacé par un attelage de quarante ânes, montés par quarante âniers ; une cavalcade d’ânes remplaçait aussi la cavalcade de mules, et la course des ânes succédait à la course des mules.

À Marseille, il y avait une belle fête : celle de l’Amitié. Ce jour-là, les ennemis, suivis de leurs amis, allaient chez leurs ennemis et vidaient avec eux la coupe de l’amitié ; ceux-ci leur rendaient bientôt après leur visite, la coupe était encore une fois vidée, et les haines étaient oubliées, la paix descendait sur la terre dans ce pays bien digne de voir croître l’olivier. À Toulouse, on peut citer la fête des Cousins. Les rieurs allaient, le jour de la grande foire, au-devant des parents qui venaient visiter les bourgeois toulousains, chez lesquels ils trouvaient une cordiale et grasse hospitalité, et les cris de Cousins ! Cousins ! alternaient avec les éclats de rire et se mêlaient au joyeux fracas des instruments.

En Normandie, le pays des plaideurs et des procès, il y avait l’entrée solennelle de la Chicane dans les villes, figurée par un homme monté sur un cheval de haute encolure, portant en croupe une valise, vaste dossier gonflé de papiers, et tenant à la main un parchemin écrit, symbole de l’arrêt, et un laurier qui indiquait une victoire judiciaire. À Rouen, on célébrait aussi la fête de l’Oison bridé, qui, tout paré de rubans au col et aux ailes, était conduit en grand cortège, au son des violons, et présenté à la municipalité avec deux grands pains ditschevaliers, deux cruches pleines de vin, deux plats de beignets, deux poulets et deux pièces de lard.

La patriotique ville de Poitiers célébrait une belle fête en mémoire d’un miracle de la sainte Vierge, qui avait fait tomber les clefs de la ville de la main du valet du maire, qui allait les livrer aux Anglais. Pour l’anniversaire de cette journée, les Poitevins offraient chaque année un manteau de soie, que la femme du maire attachait à la statue de la sainte Vierge. A Verrayes, les nouveaux mariés devaient franchir d’un saut la mare de la localité ; et, quand ils tombaient dans l’eau bourbeuse et regagnaient péniblement l’autre bord, tout ruisselants d’eau, c’étaient des éclats de rire universels dans l’assistance. A Bressuire, il y avait la fête de l’Accouchée.

Quand la dame de Bressuire devenait mère, un seigneur vassal venait à la porte crier de toute la force de ses poumons : « Vive madame et le nouveau-né ! » Après quoi, si c’était un garçon, on lui servait un morceau de pain blanc, une perdrix et une bouteille de vin, qu’il devait boire d’un seul trait ; si c’était une fille, un morceau de fromage, un morceau de pain bis et une bouteille d’eau, plaisanterie peu courtoise et d’un goût équivoque, qui sentait d’une lieue notre pays de loi salique, mais qui faisait rire aux larmes nos bons aïeux.

260px-Mi-Car%C3%AAme_-_Promenade_des_blanchisseuses_3 dans HUMEUR DES ANCETRESLes processions étaient une des grandes jouissances de nos pères : processions de la Chandeleur, où les femmes, vêtues de blanc, portaient des cierges de différentes couleurs ; processions des Rogations et de la Fête-Dieu ; processions de moines, précédés de petits enfants costumés en moines ; processions des hôpitaux ; processions des pauvres et des estropiés ; processions des chevaliers du Saint-Esprit ; processions des états provinciaux ; processions des confréries des métiers, dans lesquelles chaque confrère portait ses instruments ; processions générales, quelquefois longues de plusieurs lieues.

Il y avait de ces processions dans lesquelles l’Église, comme une bonne mère, permettait à ses enfants de mêler des divertissements. Ainsi à Cambrai, dans la grande procession des ordres monastiques, on voyait marcher après les vingt-quatre chapitres l’échevinage, la garde bourgeoise, les trois cents soldats romains, les sept femmes fortes, les douze sibylles et les quatre chariots représentant la montagne de Saint-Gery, la tour de Babel, l’Assomption, et le beffroi de la ville, ce qui faisait ressembler la procession elle-même à la tour de Babel.

A Paris, dans la procession de Saint-Michel, qui se faisait le 29 septembre, il y avait un grand diable qui ne cessait de faire rire par le jeu de ses griffes, et, dans la procession de Notre-Dame, un immense dragon qui faisait peur aux petits enfants par le jeu de ses mâchoires. Dans ces époques naïves, où l’on ne tournait pas en dérision les choses saintes, on pouvait, sans inconvénient, jouer les Mystères et mêler aux cérémonies ces espèces de jeux sacrés qui égayaient les populations. J’oserai dire que le peuple chrétien, encore enfant, jouait dans le giron de sa sainte mère l’Église.

Puis venaient les fêtes des Champs, les fêtes des Moissons. Celui qui avait terminé le premier son tas de gerbes rentrait sur le char des gerbes, en portant, triomphateur rustique, un trophée d’épis et de rubans. Mais gare au fermier, s’il n’avait pas pris prudemment la fuite avant que la dernière gerbe fût liée ! le droit des moissonneurs était de le coucher sur cette dernière gerbe et de lui appliquer la correction manuelle réservée aux petits enfants. Rassurez-vous : il n’avait garde de s’y laisser prendre. Il s’échappait bien vite et revenait armé d’une grande cruche pleine de vin qui lui servait d’égide, et la présentait à la ronde, aux applaudissements des ouvriers agricoles. C’était sa rançon. Lorsque les moissonneurs déchargeaient les gerbes dans la grange, la dernière se trouvait invariablement si lourde, qu’avec tous leurs efforts réunis ils ne pouvaient la soulever. Le fermier comprenait la leçon cachée sous cette impuissance allégorique ; il allait chercher une nouvelle cruche de vin, et, par un miracle de cette liqueur, la gerbe s’enlevait sans peine et allait rejoindre ses sœurs.

Ces réjouissances n’étaient pas toutes d’un goût irréprochable, mais elles avaient un mérite : elles amusaient nos pères, elles entrecoupaient les jours de travail de divertissements joyeux. La plupart du temps ces fêtes étaient placées sous la protection du patron de la localité ; on priait le matin, ce qui n’empêchait pas de se réjouir l’après-midi et le soir. Témoin ce dicton : « Dans le nord de la France, on honore plus le saint avec la broche, et, dans le midi, avec le verre. »

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La Prose de Jean Aicard

Posté par francesca7 le 21 octobre 2013

La
Prose de Jean Aicard

La Prose de Jean Aicard qui parait aujourd’hui fait suite à La Poésie de Jean Aicard qui a paru l’an dernier. Les deux volumes sont conçus dans le même esprit : ils donnent, non pas des fragments choisis, mais — à part quelques exceptions — des pièces complètes dont chacune forme un tout. De plus, le présent volume est fait, aux trois quarts, d’œuvres inédites, articles publiés par divers journaux ou études manuscrites.

ToulonExtrait : J’aurais voulu mettre dans ce recueil un grand nombre de paysages provençaux. C’était malaisé. La description de la Provence se mêle à tous les romans de Jean Aicard d’une manière si intime, qu’il est impossible de l’en séparer : ce qui prouve que la description n’est jamais un morceau de bravoure, mais a pour but de nous montrer ce que voient les personnages du roman.

Ils voient toute la Provence et nous la voyons avec eux, Toulon, la ville et le port dans le Pavé d’Amour, Arles et la campagne d’Arles dans Notre-Dame-d’Amour, Cannes et Antibes dans Benjamine, Saint-Raphaêl, Agay et Fréjus dans l’Ibis Bleu, Cavalaire dans le Diamant Noir, La Camargue et les Saintes-Maries-de-la-Mer dans Roi de Camargue, les Maures, l’Esterel et toute la côte de Toulon à Fréjus dans Maurin des Maures.

La Provence nous est ainsi décrite par un peintre qui voit avec précision les lignes et les couleurs changeantes suivant la saison et l’heure, et par un poète qui sent la vie universelle et charge ses paysages d’humanité. Par là il fait songer à Pierre Loti. Il n’a pas au même degré que ce Chateaubriand du xxesiècle le don de l’évocation ni la puissance tragique qui fait de la description une plainte désespérée ; mais les sentiments qu’il mêle aux choses ont un caractère plus universel et aussi plus consolant. Il décrit la côte enchantée, la mer aux innombrables sourires, la forêt hospitalière, pour nous dire que le cadre donné à notre vie nous engage à avoir confiance dans la vie. Ses paysages sont optimistes comme ceux de Loti sont pessimistes. C’est la race provençale qui parle en lui.

Mais, encore une fois, ses paysages n’existent pas pour eux-mêmes. Ils ont un rôle dans l’intrigue. La Provence apaise ses personnages ou les irrite ; elle leur donne des motifs d’agir ou brise leur volonté. Elle se fait le plus souvent complice des passions humaines par son atmosphère de paganisme et de volupté. Elle devient ainsi un personnage réel et complexe, qui ne meurt pas à la dernière page du livre, mais se transforme pour reparaître dans un autre, et les anime tous de sa vie puissante.

Je veux citer ici quelques pages de l’admirable discours où Pierre Loti, recevant Jean Aicard à l’Académie Française, a essayé de caractériser l’âme encore plus que le talent de son ami. Il parle du poète ; mais ce sont les mêmes sentiments qui animent le prosateur et ces lignes ne seront pas déplacées dans cette introduction.

« Vous êtes, Coppée et vous, les deux poètes contemporains les pluspopulaires de notre pays. Et, en disant cela, je prétends vous adresser, à l’un et à l’autre le plus enviable des éloges ; car, pour pénétrer ainsi au cœur du peuple, il faut, lorsqu’on écrit en vers, être plus qu’un ciseleur habile, il faut avoir mis, sous les rimes qui bercent, quelque chose de sincèrement et de tendrement humain, quelque chose qui sente la vie, l’amour, la pitié. Ou bien il faut avoir été hanté par la grandeur infinie du mystère de tout, et connaître des suites de mots à la fois intenses et faciles, capables d’en éveiller l’inquiétude dans les âmes encore incultes et à peine évoluées. Je crois en outre que, pour être vraiment populaire, il faut avoir fait, comme vous deux, une œuvre saine, enmême temps qu’une œuvre d’art, car c’est surtout auprès des demi-cultivés, des demi-lettrés, des demi-élégants, que trouvent grâce le cynisme et les mots grossiers ; mais la majorité du peuple, non, chez nous, Dieu merci, elle est encore à préférer ce qui fait couler les bonnes larmes, ce qui est pur et même un peu idéal.

Le cas de cette pénétration étonne peut-être davantage de la part de Coppée, qui risquait, en tant que Parnassien, de planer dédaigneux et impassible, et qui, au contraire, a su s’abaisser vers les humbles sans déchoir, ou plutôt qui a trouvé le secret de les élever par instants à son niveau. Ceux qu’il appelait, — mais si amicalement, — « le petit peuple de la grande ville » ont été ses lecteurs, et ce fut sa vraie gloire, à mon avis, de prendre place à leur foyer, sans pour cela perdre son rayonnement aux yeux des lettrés et des artistes.

« Vous, c’est le peuple effervescent des campagnes de Provence qui vous a élu pour son barde ; chez les paysans, chez les pêcheurs de là-bas, vous entrez en voisin, en familier que l’on aime et que l’on fête. Le jour où nous avons le mieux senti combien vous la magnétisez, cette Provence tout entière, c’est lorsque au théâtre antique d’Orange fut donnée l’inoubliable représentation de la Légende du Cœur, — où Sarah Bernhardt encore prêtait sa grâce souveraine à votre héros, le chevalier poète ; les dix mille Provençaux assemblés parmi ces ruines vibraient par vous, à l’unisson avec vous ; dans ce cadre, votre triomphe, cette fois, prit le caractère d’une scène des temps jeunes et passionnés ; il fut d’une beauté que nous avions cessé de connaître, et l’aïeul, qui vous éleva dans sa maison des bois, en eût été plus fièrement ému, à juste titre, que de l’accueil que vous recevez aujourd’hui sous cette coupole officielle… Je ne voudrais pas vous accabler, tout vif encore, des noms légendaires du passé, d’autant plus qu’il est impossible de prévoir combien d’années les plus durables d’entre nous pourront tenir contre le grand oubli du lendemain. Cependant, savez-vous à qui me fait surtout songer votre popularité régionale ? Au mélodieux Hafiz et à Saâdi du Pays des Roses. Ces deux-là, aujourd’hui encore les lettrés de la Perse (où il n’y a pas d’Académie), ne se lassent de reproduire amoureusement leurs poèmes, en calligraphie patiente, avec alentour des miniatures de missel, — cependant que j’ai entendu aussi, après mille ans, des chameliers redire leurs strophes le long des chemins du désert, en caravane, et des bergers les chanter au soir, au camp nomade. Dans ce siècle, Monsieur, nous n’avons plus le temps, comme les Orientaux, de faire des belles calligraphies pour honorer les écrivains que nous aimons ; mais veuillez considérer notre réception d’aujourd’hui comme l’équivalent, — ou à peu près, — des fines enluminures que nous nous serions plu à mettre en marge de vos œuvres, si nous étions des dilettanti de Chiraz ou d’Ispahan. Par exemple, je n’ose pas vous promettre que dans mille ans, les bergers de Provence liront encore vos vers. Dans mille ans, il n’y aura plus de bergers, et puis le temps est passé, de ces peuples immobiles qui de père en fils vivent des mêmes rêves, — comme, hélas ! est passé le temps des peuples heureux. Mais de nos jours du moins, les braconniers, qui partent en chasse vers la forêt des Maures, emportent souvent un de vos livres dans leur carnier pour passer les heures ; c’est là un hommage qu’ils ne rendent qu’à vous seul. Et les paysans des hameaux perdus font silence, le soir à la veillée, pour écouter du Jean Aicard, récité par leurs petits enfants qui l’ont appris à l’école.

La Prose de Jean Aicard dans LITTERATURE FRANCAISE jean_aicard_photoJean Aicard, né le 4 février 1848 à Toulon (Var) et mort le 13 mai 1921 à Paris, est un poète, romancier et auteur dramatique français. ean François Victor Aicard naît le 4 février 1848 à Toulon (Var). Il fait ses études à Mâcon, où il fréquente Lamartine, puis au lycée de Nîmes, puis en droit à Aix-en-Provence.

Venu à Paris en 1867, il y publie un premier recueil, les Jeunes Croyances, où il rend hommage à Lamartine. Le succès qu’il rencontre lui ouvre les portes des milieux parnassiens, grâce à son cousin, Pierre Elzéar. En 1869, il collabore au deuxième recueil du Parnasse contemporain. En 1870, une pièce en un acte est produite au théâtre de Marseille. Pendant la guerre, il reste à Toulon dans sa famille. Après la guerre, il assiste aux dîners des Vilains Bonshommes et participe à la création de la revue La Renaissance littéraire et artistique. En 1874, il publie Poèmes de Provence, qui font de lui le poète de cette région. En 1876, il collabore au troisième recueil du Parnasse contemporain.

En 1894, il devient président de la Société des gens de lettres. Le guide Paris-Parisien, qui le considère en 1899 comme une « notoriété des lettres », note le « romantisme méridional » de son œuvre.

En 1909, il entre à l’Académie française au fauteuil de François Coppée.

Il est élu maire de Solliès-ville en 1920.

Jean Aicard meurt le 13 mai 1921 à Paris.

Jean Aicard est l’un des poètes représentés sur le tableau Coin de table (1872) de Henri Fantin-Latour. Si l’on en croit Léon Daudet, Aicard possédait un tel talent pour réciter des vers qu’il transformait alors chaque poésie, même médiocre, en un chef-d’œuvre fugitif. Rimbaud n’avait pas dû être sensible à son charme, car on connaît l’épisode où il ponctuait du mot de Cambronne chaque vers d’un poème que récitait Jean Aicard. C’est cependant à ce poète qu’il a dédié Les effarés.

 

 

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Lettre aux habitants de Riom

Posté par francesca7 le 21 octobre 2013

 

Par Jeanne d’Arc

Chers et bons amis, vous savez bien comment la Ville de Saint Pierre le Moustier a esté prinse d’assault ; et à l’aide de Dieu ay entencion de faire vuider les autres places qui sont contraires au Roy ; mais pour ce que grant despense de pouldres, trait et autres habillemens de guerre a esté faicte devant la dicte ville et que petitement les seigneurs qui sont en ceste ville et moy en sommes pourveuz pour aler mectre le siège devant la Charité, où nous allons prestement. Je vous prie sur tant que vous aymez le bien et honneur du roy. Et aussi de tous les autres de par deça, que vueillez incontinent envoyer et aider pour ledit siège, de pouldres, salepestre, souffre, trait, arbelestres fortes et d’autres habillemens de guerre. Et en ce, faictes tant que par faulte des dicts pouldres et habillemens de guerre la chose ne soit longue et que on ne vous puisse dire en ce estre négligens ou refusans. Chers et bons amis, notre sire soit gardé de vous. Escript à Molins le neufviesme jour de novembre [1429].

[Signée] Jehanne. Le texte est ici retranscrit dans sa version originale, en moyen français.

Lettre aux habitants de Riom dans LITTERATURE FRANCAISE 800px-lettre_de_jeanne_darc_aux_riomois

traduction : Chers et bons amis, vous savez bien comment la ville de Saint-Pierre-le-Moûtier a été prise d’assaut ; et avec l’aide de Dieu j’ai l’intention de faire vider les autres places qui sont contraires au roi. Mais pour ce, de grandes dépenses de poudre, traits et autres habillements de guerre ont été faites devant la dite ville [de Saint-Pierre-le-Moûtier] et modestement les seigneurs qui sont en cette ville et moi-même en sommes pourvus pour aller mettre le siège devant La Charité-sur-Loire, où nous allons prestement. Je vous prie parce que vous aimez le bien et l’honneur du roi. Et aussi vous voudrez bien aider pour ledit siège et ainsi envoyer rapidement de la poudre, du salpêtre, du soufre, des traits, des arbalètes fortes et d’autres habillements de guerre. Faute de poudre et habillements de guerre, faites que la chose ne soit pas longue et qu’on ne puisse dire que vous êtes négligents ou refusants. Chers et bons amis, que notre sire soit protégé par vous. Écrit à Moulins le 9 novembre [1429].

[Signée] Jeanne.

Jeanne d’Arc, née vers 1412 à Domrémy (en Lorraine), village du duché de Bar dont une partie relevait du royaume de France pour le temporel et de l’évêché de Toul pour le spirituel et morte dans sa 19e année, sur le bûcher le 30 mai 1431 à Rouen, capitale du duché de Normandie alors possession du royaume d’Angleterre, est une héroïne de l’histoire de France, chef de guerre etsainte de l’Église catholique, connue depuis l’époque comme « la Pucelle d’Orléans », et depuis le xixe siècle comme « mère de la nation française ».

Au début du xve siècle, cette jeune fille de dix-sept ans d’origine paysanne prétendant avoir reçu de la part des Saints Michel, Marguerite et Catherine la mission de délivrer la France de l’occupation anglaise, parvient à rencontrer le Dauphin Charles, à conduire victorieusement les troupes françaises contre les armées anglaises, levant le siège d’Orléans, conduisant le dauphin ausacre à Reims, contribuant ainsi à inverser le cours de la guerre de Cent Ans.

Capturée par les Bourguignons à Compiègne, elle est vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg, comte de Ligny, pour la somme de dix mille livres, et condamnée à être brûlée vive en 1431après un procès en hérésie conduit par Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et ancien recteur de l’université de Paris.

Entaché de nombreuses irrégularités, ce procès est cassé par le pape Calixte III en 1456 ; un second procès, en réhabilitation, est instruit, conclut à son innocence et l’élève au rang de martyre.

Elle est béatifiée le 18 avril 1909 et canonisée le 30 mai 1920.

Grâce à ces deux procès dont les minutes ont été conservées, elle est l’une des personnalités les mieux connues du Moyen Âge.

Jeanne d’Arc est devenue une des quatre saintes patronnes secondaires de la France, et dans le monde entier une personnalité mythique qui a inspiré une multitude d’œuvres littéraires, historiques, musicales, dramatiques et cinématographiques.

Lors de son procès qui dura du 21 février au 23 mai 1431, elle est accusée d’hérésie et interrogée sans ménagement à Rouen. Elle est emprisonnée dans une tour du château de Philippe Auguste, dite plus tard « tour de la Pucelle » ; seul le donjon de la construction est parvenu jusqu’à nous. Il est appelé à tort « tour Jeanne-d’Arc », cependant les substructions de la tour de la Pucelle ont été dégagées au début du xxe siècle et sont visibles dans la cour d’une maison sise rue Jeanne d’Arc. Jugée par l’Église, elle reste néanmoins emprisonnée dans cette prison civile, au mépris du droit canon.

Jeanne d'Arc au sacre du roi Charles VII, toile de Dominique Ingres (1780-1867).Si ses conditions d’emprisonnement sont particulièrement difficiles, Jeanne n’a néanmoins pas été soumise à la question pour avouer, c’est-à-dire à la torture. Or à l’époque, la torture était une étape nécessaire à un « bon procès ». Cette surprenante absence de torture a servi d’argument pour une origine « noble » de Jeanne d’Arc. Les bourreaux n’auraient pas osé porter la main sur elle.

Le procès débute le 21 février 1431. Environ cent vingt personnes y participent, dont vingt-deux chanoines, soixante docteurs, dix abbés normands, dix délégués de l’université de Paris. Leurs membres furent sélectionnés avec soins. Lors du procès de réhabilitation, plusieurs témoignèrent de leur peur. Ainsi, Richard de Grouchet déclare que « c’est sous la menace et en pleine terreur que nous dûmes prendre part au procès ; nous avions l’intention de déguerpir. » Pour Jean Massieu, « il n’y avait personne au tribunal qui ne tremblât de peur. » Pour Jean Lemaître, « Je vois que si l’on agit pas selon la volonté des Anglais, c’est la mort qui menace. »

Une dizaine de personnes sont actives lors du procès, tels Jean d’Estivet, Nicolas Midy ou Nicolas Loyseleur. Mais, les enquêteurs, conduits par l’évêque de Beauvais, Mgr Cauchon, ne parviennent pas à établir un chef d’accusation valable : Jeanne semble être une bonne chrétienne, convaincue de sa mission, différente des hérétiques qui pullulent dans un climat de défiance vis-à-vis de l’Église en ces temps troublés. Le tribunal lui reproche par défaut de porter des habits d’homme, d’avoir quitté ses parents sans qu’ils lui aient donné congé, et surtout de s’en remettre systématiquement au jugement de Dieu plutôt qu’à celui de « l’Église militante », c’est-à-dire l’autorité ecclésiastique terrestre. Les juges estiment également que ses « voix », auxquelles elle se réfère constamment, sont en fait inspirées par le démon. Soixante-dix chefs d’accusation sont finalement trouvés, le principal étant Revelationum et apparitionum divinorum mendosa confictrix (imaginant mensongèrement des révélations et apparitions divines). L’université de Paris (Sorbonne), alors à la solde des Bourguignons, rend son avis : Jeanne est coupable d’être schismatique, apostate, menteuse, devineresse, suspecte d’hérésie, errante en la foi, blasphématrice de Dieu et des saints. Jeanne en appelle au Pape, ce qui sera ignoré par les juges.

« Sur l’amour ou la haine que Dieu porte aux Anglais, je n’en sais rien, mais je suis convaincue qu’ils seront boutés hors de France, exceptés ceux qui mourront sur cette terre. »

— Jeanne d’Arc à son procès (le 15 mars 1431)

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