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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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de Petits métiers pittoresques

Posté par francesca7 le 22 juillet 2013


A la fin du XIXe siècle, Privat d’Anglemont écrit la monographie de quelques métiers bizarres, mais réellement existants, dont la plupart des Parisiens ne soupçonnent alors sûrement pas l’existence. Du fabricant d’asticots à l’employé aux yeux de bouillon, en passant par le loueur de viandes ou le marchand de contremarques judiciaires, c’est un voyage pittoresque auquel il nous convie.

de Petits métiers pittoresques dans ARTISANAT FRANCAIS images-4

Ne vous est-il point arrivé, en vous promenant dans Paris, un jour de fête, par exemple, de vous demander comment toute cette population peut faire pour vivre ? demande Privat d’Anglemont à ses lecteurs. Puis, vous livrant mentalement aux douceurs de la statistique, cette science si chère aux flâneurs et aux savants si vous avez calculé combien la grande cité contient de maçons, de rentiers, de charcutiers, d’avocats, de charpentiers, de médecins, de bijoutiers, de forts de la halle, de banquiers, en un mot d’hommes exerçant au grand jour, par devant la société et la loi, des professions avouées et inscrites dans le dictionnaire de l’Académie, n’avez-vous pas toujours trouvé des masses énormes de gens auxquels vous ne pouviez assigner aucun état, aucun emploi, aucune industrie ?

Eh bien ! tous ces gens-là composent la grande famille des existences problématiques, que l’on évalue à soixante-dix mille ; c’est-à-dire que chaque matin il y a à Paris soixante-dix mille personnes de tout âge qui ne savent ni comment elles mangeront, ni où elles se coucheront. Et cependant tout ce monde-là finit par manger ou à peu près. Comment font-elles ? C’est leur secret, secret souvent terrible, que divulguent les tribunaux. Privat d’Anglemont nous entraîne dans un curieux périple au cœur de la frange pauvre, laborieuse, intelligente, qui à su se créer une industrie honnête répondant aux divers besoins du public. Nous n’en retiendrons ici quelques-uns.

Le fabricant d’asticots
— Que fait M. Salin ? demandai-je.
— Oh il n’est pas au bureau de l’Assistance publique (être au bureau est une honte pour un homme, dans les quartiers de travailleurs). C’est un homme qui gagne joliment sa vie : il est fabricant d’asticots.

Cette industrie nous parut exorbitante, écrit Privat d’Anglemont. Le fabricant d’asticots dépassait de cent coudées notre imagination. Nous craignions de n’avoir pas bien entendu, mais certainement nous ne comprenions pas. Il nous fallut une explication.

— Fabricant d’asticots, dis-je avec surprise.
— Mais oui. Vous savez bien, ces petits vers qui servent à pêcher.
— Je sais. Mais, comment les fabrique-t-il ?
— Ah ! voilà. Ce n’est peut-être pas très propre, cet état-là, mais on y gagne sa vie. Il y a à Paris plus de deux mille pêcheurs a la ligne, beaucoup de gamins et pas mal de bourgeois établis ou retirés des affaires. Le père Salin a fait connaissance avec ceux-ci sur le bord de l’eau. Il leur fait des asticots pour amorcer toute l’année. Pour cela il a loué tout le haut de la maison, un ancien pigeonnier. II y met macérer des charognes de chiens et de chats que lui fournissent les chiffonniers. Quand c’est en putréfaction, les vers s’y mettent ; le père Salin les recueille dans des boîtes de fer-blanc qu’on nomme calottées, et il les vend jusqu’à quarante sous la calottée.

Vous voyez que ce n’est pas bien malin à fabriquer. Mais dame ! il faut un fier odorat pour faire ce métier-là ! Tout le monde ne le pourrait pas. Aussi ses journées sont-elles très bonnes au commencement de la saison Il ne gagne jamais moins de dix à quinze francs par jour, et tout le reste de l’année sept à huit. Mais il n’a pas d’ordre, ça aime trop à lever le coude.

— Cependant, lorsque les eaux sont hautes on ne pêche guère ; il doit souvent chômer pendant l’hiver ?
— Au contraire, c’est son meilleur temps, parce qu’alors il élève des vers pour les rossignols, ce qui est un excellent métier dont il a presque le monopole.

C’est propre, c’est facile, cela rapporte beaucoup. Il suffit de prendre de la recoupe (petit son), qu’on mêle avec de la farine et de vieux morceaux de bouchons, on les laisse couver dans de vieux bas de laine, et les asticots rouges naissent tout seuls. Cela se vend dix sous le cent. Généralement, les amateurs de rossignols sont de vieilles femmes riches et des bourgeois qui ont des métiers tranquilles : les bouquinistes, les relieurs, les tailleurs à façon. Tous ces gens-là paient bien et comptant : il suffit donc d’avoir une dizaine de pratiques possédant chacune trois ou quatre oiseaux pour vivre bien à son aise et payer une femme de ménage. S’il n’aimait pas tant la boisson, le père Salin pourrait être propriétaire tout comme un autre, mais il mourra à l’hôpital, il est trop artiste.

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Employé aux yeux de bouillon
Je vais vous dire maintenant ce qu’on fait des os, écrit Privat d’Anglemont : avant d’arriver chez le marchand de noir animal, le tabletier ou le fabricant de boutons, ils sont cuits deux ou trois fois. D’abord le boucher les vend quatre sous la livre, sous le nom de réjouissance, aux bourgeois et aux grands restaurants, pour faire des consommés ; ceux-ci les cèdent au rabais aux traiteurs de quatrième ordre, qui en font des potages gras pour les abonnés ; enfin ces derniers les repassent aux gargotiers, qui en composent une espèce d’eau chaude, qu’ils colorent à grand renfort de carottes, d’oignons brûlés, de caramel et de toutes sortes d’ingrédients.

Or, comme ces ingrédients ne peuvent donner ce que recherchent les amateurs, c’est-à-dire des yeux au bouillon, un spéculateur habile a inventé l’employé aux yeux de bouillon. Voici à peu près comme cela se pratique : un homme prend une cuillerée d’huile de poisson dans sa bouche, au moment où doivent arriver les pratiques, à l’heure de l’ordinaire, et, serrant les lèvres en soufflant avec force, il lance une espèce de brouillard qui, en tombant dans la marmite, forme les yeux qui charment tant les consommateurs. Un habile employé aux yeux de bouillon est un homme très recherché dans les établissements de ce genre.

— Mais cela doit avoir un goût détestable ?
— Eh ! mon Dieu ! le goût ne se développe que par la pratique. Comment voulez-vous que des gens habitués aux arlequins de la mère Maillard deviennent des gourmets ? L’eau-de-vie, d’ailleurs, leur a brûlé le palais.

Le loueur de viandes
Heureusement, ajoutai-je, les viandes que nous voyons pendues aux vitres de toutes ces gargotes me semblent belles et bonnes.

— Ces viandes ne sont là que pour le coup d’œil.
— Comment pour le coup d’œil ?
— Oui ; ces quartiers de bœuf, de mouton et de veau pendus aux vitres des marchands de soupe, ne leur appartiennent pas : ce sont des viandes louées.
— Des viandes louées ! De qui, et pourquoi ?
— Pour servir de montre, pour achalander la boutique. Ces gens-là vendent le plat de viande six sols au plus, trois sols au moins ; ils ne peuvent donc employer que de basses viandes. Et que voyez-vous chez eux ? de magnifiques filets, de superbes gigots, de succulentes entrecôtes. S’ils donnaient cela à leurs pratiques, ils se ruineraient. Ils s’entendent donc avec des bouchers qui, moyennant redevance, consentent à leur louer quelquefois même, des animaux entiers. Le loueur les reprend quand il en a besoin.
— C’est encore une industrie qui m’était inconnue. Je ne soupçonnais pas le loueur de viandes.

Marchand de contremarques judiciaires
M. Auguste est un ancien clerc de province. Il est venu à Paris sans sou ni maille ; il a été marchand de contremarques à la porte des théâtres du boulevard, où il a connu beaucoup de flâneurs et de petits rentiers, gens désœuvrés qui ne savent jamais comment franchir l’abîme immense qui sépare le déjeuner du dîner, la lecture du journal de l’ouverture des théâtres. Un jour qu’il se promenait dans le palais, il vit beaucoup de ces bons citadins qui stationnaient à la queue du public des tribunaux et qui faisaient mille gentillesses aux gardes municipaux pour les attendrir et tâcher de pénétrer dans le sanctuaire de la justice.

M. Auguste, qui est un homme à expédient, vit là une source de fortune. Il avait une idée. Dès ce moment il passa ses journées à courir dans les corridors du palais, accostant toutes les personnes qu’il voyait sortir des cabinets de messieurs les magistrats instructeurs. Il se proposait pour conduire les témoins à la caisse afin d’y toucher les deux francs que la justice alloue à tous ceux qui viennent la renseigner.

Lorsque le témoin avait reçu son argent, et qu’après avoir offert soit un canon de vin, soit une demi-tasse à M. Auguste, il voulait le quitter pour vaquer à ses affaires, celui-ci l’apitoyait en lui contant quelque histoire bien larmoyante, bien pathétique ; il savait encore se faire donner quelques sous pour sa peine. D’autrefois le témoin dédaignait la rétribution ; alors M. Auguste changeait sa batterie ; il inventait un autre conte, il implorait sa pitié ; il lui demandait son assignation en lui disant qu’il était père d’une nombreuse famille. On lui abandonnait facilement ce morceau de papier inutile. C’est en collectionnant toutes ces citations et assignations que M. Auguste a fondé le magasin qui le fait vivre.

Aujourd’hui M. Auguste vit comme un chanoine ; il est devenu une autorité dans le bas peuple du palais ; il gagne beaucoup d’argent. Il loue des citations en témoignage aux curieux pour les faire entrer aux Cours d’assises et aux Chambres correctionnelles, les jours de procès curieux.

Les gardes municipaux qui sont de planton aux portes des tribunaux ont pour consigne de ne laisser passer que les personnes assignées. Ils ne lisent jamais les assignations ; il suffit donc qu’on se présente hardiment avec un papier timbré pour qu’ils vous laissent passer, car du moment qu’on a le papier, la consigne est sauve. M. Auguste avait observé cela ; aussi a-t-il su en profiter.

Il sait par cœur la liste des affaires à juger ; il connaît les jours où les premiers sujets du barreau et de la magistrature debout doivent prendre la parole et ces jours-là, dès sept heures du matin, il est à son poste avec sa liasse de citations et d’assignations périmées. Il les loue ordinairement un franc pour la séance. On le connaît ; il a ses habitués ; on ne paie qu’après qu’on est placé ; mais on est obligé de laisser en nantissement 5 francs, qu’il ne remet qu’après la restitution de son papier.

— Et vous gagnez beaucoup d’argent à ce métier-là ? lui demandai-je.
— C’est selon les procès ; celui de Laroncière m’a rapporté jusqu’à 100 francs par jour ; j’étais obligé d’envoyer un de mes clercs dans la salle, pour redemander mes assignations. J’ai loué la même citation jusqu’à dix fois en une séance. Soufflard n’a pas mal donné ; la bande de Poil-de-Vache était bonne, mais ne valait pas les Habits noirs.
— Et les affaires politiques ?
— Cela dépend des personnages. Les complots m’ont laissé d’ailleurs d’excellents souvenirs ; les procès de presse furent d’un assez joli rapport. Les cris séditieux valaient moins. Quant aux crimes, aux infanticides, aux faux, aux vols de confiance, c’est chanceux.
— D’après ce que je vois, en lisant les détails d’un assassinat vous savez combien il vous rapportera.
— Il y a crime et crime ; c’est la position de l’accusé qui fait tout. S’il est jeune et féroce, il devient intéressant, c’est très bon. Si c’est un homme qui a simplement tué sa femme ou un passant dans la rue, ça ne vaut absolument rien. Les maris jaloux et farouches amènent des dames.

Mais parlez-moi de ces gaillards qui coupent leur maîtresse en morceaux ! qui l’attendent le soir dans une allée, la poignardent et tirent un coup de pistolet à leur rival à la bonne heure ! c’est du nanan ! Ils ont un public à eux, on les lorgne, on leur envoie des albums pour y écrire deux mots ; ils posent devant un parterre de femmes ; s’ils sont tant soit peu jolis garçons et que l’affaire prenne plusieurs audiences, la seconde journée double ma recette. Si le jugement se prononce la nuit, je suis obligé de donner des contremarques.

La nuit est très propice aux drames judiciaires, le beau sexe s’y crée des fantômes. C’est si intéressant, un scélérat passionné qui égorge proprement la femme qu’il aime ! il y a de quoi en rêver quinze jours. On envie le sort de la victime, on voudrait être aimé ainsi une fois, rien que pour en essayer. Ah ! Lacenaire ! nous ne trouverons malheureusement pas de sitôt son pareil. Il faisait des vers, Monsieur ! s’écria M. Auguste, d’un air moitié d’admiration et moitié de regret. Il était galant, intéressant, il s’exprimait bien. Encore deux affaires comme la sienne, et je me retirais dans mes terres.

Ah ! si le huis-clos n’existait pas pour certains attentats ! quelle source de fortune ! je serais millionnaire. Tout le monde en veut : C’est le fruit défendu.

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Ouvrières de Lejaby

Posté par francesca7 le 22 juillet 2013

 par  Nathalie Rheims

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M6 a passé un an avec les ouvrières de Lejaby. Entre espoir, désespoir, courage, naïveté et larmes. Une tragédie française !

Le mercredi 10 juillet 2013 à 23 heures, la jolie et talentueuse Wendy Bouchard présentait sur M6 un documentaire très complet consacré à Lejaby. Réalisé par Manolo d’Arthuys pour Tony Comiti Productions, « Dentelles, string, lingerie : les incroyables péripéties des ouvrières Lejaby », après un an et demi de travail, inaugurait les inédits de l’été de la toujours formidable émission consacrée à l’actualité sociale et politique : Zone interdite.

Comme un million de téléspectateurs, je suis restée accrochée à mon poste jusqu’à 1 heure du matin, passionnée, émue, bouleversée par ce que l’équipe de tournage me permettait de découvrir et de partager avec ceux qui l’avait vécu. Tout le monde se souvient des « petites mains » de Lejaby, incarnations du made in France et symboles de l’effondrement industriel et de la casse sociale provoqués par la mondialisation et les délocalisations. La situation de cette entreprise est devenue, au cours de la campagne présidentielle de 2012, un véritable cas d’école.

C’est peut-être encore plus vrai aujourd’hui, car, deux ans après, ce document est toujours au coeur de ce que vit une France en proie au doute, face à ce qui est devenu une véritable impasse que ne parviennent pas à surmonter les politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite. Il y a des moments particulièrement forts dans ce reportage qui nous invitent à réfléchir sur notre avenir.

1 200 salariés au moment de sa splendeur !

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À la grande époque, peu de temps après sa fondation dans les années 1930, Lejaby comptait huit usines et était devenu très vite une marque internationale prestigieuse de lingerie. Dans les années 1980, hissée au rang d’un des leaders mondiaux, l’entreprise employait 1 200 salariés. C’est à ce moment-là que commença la lente descente aux enfers. Rachetée par un fonds de pension américain qui délocalise 80 % de la production, elle ferme quatre usines. Inexorablement, la marque va perdre son identité. C’est le début de la fin. Le 18 janvier 2012, le tribunal de commerce de Lyon met Lejaby en liquidation.

Un repreneur est alors désigné, Alain Prost, un de ces hommes qui s’est « fait tout seul » et qui, avec ses partenaires, rachète la marque pour 4 millions d’euros afin de réaliser son rêve. D’emblée, il annonce que, pour sauver l’entreprise, il doit fermer le site d’Yssingeaux et licencier 93 salariées. En pleine campagne présidentielle, les médias s’emparent de l’histoire, et les couturières occupent l’usine. Pendant plusieurs semaines, ce feuilleton social va tenir la France entière en haleine. Le document permet de revivre, de l’intérieur, le combat des petites mains, celui des nouveaux patrons et des syndicalistes. Les images nous plongent, en immersion, dans trois sites de l’ancienne marque de lingerie. Tous les cas de figure sont analysés, y compris, à Bourg-en-Bresse, la démarche d’Assya Hiridjee, qui ose abandonner la marque pour en créer une toute nouvelle : Monette.

Elles préfèrent travailler pour 1 000 euros que partir en retraite

Pendant ce temps là, à Rillieux-la-Pape, Alain Prost, qui a réussi à sauver 193 emplois, se lance dans un pari impossible : sortir une nouvelle collection haut de gamme en un temps record, six mois, là où il en faudrait normalement le double, voire le triple. Pour convaincre les acheteurs des grandes enseignes, il doit impérativement être prêt pour le Salon international de la lingerie. « C’est un défilé qui est vital pour nous. On essaye de faire nos premiers pas dans le monde du luxe, et c’est compliqué ! » reconnaît-il.

Du côté des travailleurs, on est plus que sceptique. Nicole Mendez, responsable syndicale, avait 22 ans quand elle est arrivée chez Lejaby. Après toutes ces années de luttes, de déceptions, d’abandons, de trahisons, pour elle, le projet d’Alain Prost est un suicide industriel. « Ce n’est pas demain qu’on va arriver à sortir une nouvelle collection, ce n’est pas possible ! Il nous faut dix-huit mois de développement pour une collection ! » Jacqueline, ouvrière depuis trente-six ans, crie son désespoir.  » Ce matin j’avais les boules de me lever, mais j’ai dit, je serai quand même à l’heure pour pointer, et j’étais à l’heure pour pointer ! Ils ont profité de nous, c’est du fric, du fric, tout le temps du fric, et puis l’ouvrier, c’est de la merde, on le balaye, et puis voilà ! »

À ce moment-là du reportage, je me dis qu’on est arrivé à ce point de non-retour qui fait que la France est et restera pour longtemps dans une impasse économique, sociale, politique. Pourtant, le jour du défilé arrive, et là, on assiste à quelque chose qui dépasse complètement les idéologies, qui n’a plus rien à voir avec la lutte des classes. Pour Alain Prost, le boss, l’émotion est trop forte, les larmes débordent, les mots ne sont pas assez forts pour décrire ce qu’il ressent. De son côté, Nicole n’en revient pas, elle voit tout le passé ressurgir, sa passion pour son travail, ses anciennes camarades devenues sa famille, l’émotion chez elle aussi prend le dessus. On ressent cette passion chez toutes ces femmes, ces ouvrières, qui rachètent des machines aux enchères pour se lancer, elles aussi, dans la création de leur propre entreprise. Il leur suffisait d’être au chômage quelques mois pour attendre tranquillement la retraite, mais elles préfèrent continuer à travailler pour 1 000 euros par mois, ce qu’elles touchaient chez Lejaby. Prendre des risques pour avancer.

Des questions au centre des préoccupations des Français

Le documentaire va bien au-delà des questions qui sont au centre des préoccupations des Français : le chômage, les délocalisations, les retraites, la baisse du pouvoir d’achat. Les hommes politiques qui interviennent, qu’ils soient de gauche ou de droite, sont de bonne volonté, ils font tout ce qu’ils peuvent pour trouver des solutions, mais ce n’est plus ça qui compte. La gauche, la droite n’ont plus de sens, pas en tant que l’UMPS dénoncé par Marine Le Pen, mais comme moteur de notre histoire tombé en panne. La solution, on le constate dans ce reportage, elle se trouve entre Alain, le patron, et Nicole, la syndicaliste, qui ont réussi à dépasser leurs préjugés, leurs habitudes, pour vibrer ensemble pour une même passion, explorer une zone de l’existence qui ne leur est plus interdite.

article lepoint.fr

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L’homme, parfois héros

Posté par francesca7 le 21 juillet 2013


Description de l'image  Resistance.jpg.Ceux qui furent résistants, sous l’Occupation, n’avaient pas eu une bonne fée penchée sur leur berceau pour leur prédire leur destin. Ils n’étaient pas passés non plus par une grande école où leur auraient été enseignées les mille et une ficelles de la lutte clandestine. C’est dire si Jean Moulin, fondateur du Conseil national de la Résistance, le 27 mai 1943, à Paris, dut puiser en lui-même le sang-froid et l’intelligence nécessaires. Le courage aussi: arrêté à Caluire le 16 juin , affreusement torturé, Max (son dernier pseudonyme) allait mourir en martyr sans révéler aucun secret à son bourreau, Klaus Barbie.

Comment ce Méridional, né à Béziers le 20 juin 1899, en est-il venu au sacrifice suprême? Par des voies détournées, du moins en apparence. Rien ne prédisposait en effet Moulin à devenir, selon la magnifique expression de Malraux, lors du transfert de ses cendres au Panthéon, en 1964, «le chef d’un peuple de la nuit». Antonin Moulin, son père, enseignant et journaliste engagé, militant radical, élu conseiller général, lui fit certes téter, dès l’enfance, le lait du républicanisme militant le plus anticlérical. Mais beaucoup des camarades de lutte de Max s’abreuvèrent à des sources intellectuelles et spirituelles opposées, et ne s’en montrèrent pas moins patriotes que lui.

Enfant, Jean Moulin est de ceux qui cherchent longtemps leur voie

Gamin et bientôt adolescent, Jean Moulin est de ceux qui cherchent longtemps leur voie. L’école? S’il est intelligent, notent ses enseignants, le garçon serait plutôt adepte du «service minimum». Sa passion, très précoce, c’est le dessin. Des caricatures dont le livre-hommage abondamment illustré de Christine Levisse-Touzé, directrice du musée du Général-Leclerc et du musée Jean-Moulin à Paris, et Dominique Veillon, directrice de recherches au CNRS, donnent un aperçu saisissant (1). Moulin est doué, c’est certain. Une âme d’artiste porté sur le dessin, la peinture, la poésie, mais peu sensible à la musique.

Œuvres patriotiques de jeunesse

Ses jeunes années courent… dans les Alpilles. Au cœur du bourg de Saint-Andiol, la maison familiale des Moulin restera son port d’attache, même dans les pires moments de la guerre. Brun et râblé, Jean est gai et charmeur. Un jeune homme du Sud, ravi de retrouver ses parents et sa soeur, Laure, son aînée de sept ans. Les liens très étroits qui rapprochent le frère et la soeur tiennent beaucoup, sans doute, à la disparition prématurée de leur frère, Joseph, disparu de maladie dès 1907.

Sept ans plus tard, c’est la Grande Guerre. Trop jeune, le lycéen devenu bachelier sans mention en 1917 (section philosophie) y participe, à sa manière, par ce qu’il sait faire de mieux: le dessin. Des œuvres patriotiques de jeunesse, publiées dans l’hebdomadaire La Baïonnette ou dans La Guerre sociale, journal autrefois anarchisant, maintenant gagné à la défense nationale.

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Va-t-il s’engager dès l’âge atteint? Pas vraiment, puisqu’en usant sans complexe du «piston» paternel, Jean Moulin entre, le 1er septembre 1917, à la préfecture de l’Hérault en qualité d’attaché au cabinet du préfet. Dans un livre qui est un portrait fouillé du Moulin inconnu, le journaliste Thomas Rabino ne cache pas que le futur résistant a retardé autant que possible sa mobilisation au 2e régiment du génie de Montpellier, «affectation fort commode» qui «doit beaucoup aux fonctions occupées par le jeune appelé» (2). Moulin ne connaîtra donc pas l’épreuve du feu, pas cette fois en tout cas…

En 1925, le plus jeune sous-préfet de France

 Car c’est décidé, il ne s’adonnera pas aux arts, même s’il va continuer à publier des dessins et à réaliser des eaux-fortes sous un pseudonyme. La raison et la pression familiale l’ayant emporté, il embrasse la carrière administrative, moins exaltante mais plus sûre, tout en rêvant, qui sait, de devenir un jour ministre des Beaux-Arts. En octobre 1925, le voici le plus jeune sous-préfet de France. Mais comme le note Alain Minc dans un ouvrage qui se penche sur les itinéraires croisés de Jean Moulin et de René Bousquet, deux hauts fonctionnaires radicaux que la Seconde Guerre orientera dans des directions opposées, Moulin a obtenu sa nomination par ses relations, et non par son talent. «Ce n’est pas, à l’époque, un homme très sympathique», commente Alain Minc (3).

Mais dynamique, si. Après un mariage raté ponctué par un divorce, le jeune haut fonctionnaire lie son destin à l’avocat Pierre Cot. Ils se sont connus en Savoie, où Moulin était sous-préfet, et Cot, député. Pas de meilleure manière de renouer avec l’héritage familial que cet engagement à gauche. Très à gauche même car Cot, tout à son projet de rénovation du Parti radical, entend gauchir considérablement cette formation. Et Moulin suit. Directeur de cabinet de Cot quand celui-ci devient ministre de l’Air du Front populaire, c’est lui qui va organiser la fourniture secrète d’appareils aux républicains espagnols.

Une expérience de clandestinité précieuse pour la suite. Elle ne l’empêche pas de côtoyer encore et toujours les milieux artistiques – la bohème de Montparnasse par exemple. Ni de jouer les séducteurs, tout en nouant une amitié amoureuse durable avec un peintre de deux ans plus âgé que lui, Antoinette Sachs, «financièrement très à l’aise», comme l’écrit Rabino.

Cet homme-là est doué pour la double, la triple et même la quadruple vie

Jean veut des enfants. Il propose le mariage à Antoinette qui, soucieuse de sa liberté, refuse. Tant pis. Passionné par l’automobile, dont il est grand consommateur, Moulin skie avec les époux Cot, entame une collection de tableaux.

Cet homme-là est doué pour la double, la triple et même la quadruple vie. Pour autant, il n’oublie jamais son devoir de haut fonctionnaire. Nommé préfet d’Eure-et-Loir, à Chartres, en janvier 1939, Jean Moulin saura administrer avec talent son département, occupé le 17 juin 1940 par l’ennemi. Le courage est à l’avenant: plutôt que d’attribuer faussement la mort de femmes et d’enfants à des tirailleurs sénégalais et de céder à la pression des Allemands, il se tranche la gorge dans sa cellule avec un éclat de verre. Son premier acte de résistance…

250px-Les_Clayes_sous_Bois_Monument_Jean_Moulin dans HUMEUR DES ANCETRESSauvé de justesse, mis en disponibilité par Vichy, Moulin se ressource à Saint-Andiol, avant d’entreprendre une enquête sur les mouvements de Résistance de la zone non occupée, à base de confidences des uns et des autres. Notamment celles d’Henri Frenay, le fondateur de Combat. Ayant gagné Londres via Lisbonne, en octobre 1941, il soumet, fort de son expérience administrative, ce panorama au général de Gaulle. Les deux hommes tombent assez vite d’accord sur l’essentiel: la Résistance intérieure doit être unifiée sous le commandement du chef de la France libre. Délégué personnel du Général en France, Jean Moulin s’emploie à appliquer ce programme. Sa «couverture» de dirigeant clandestin? Une galerie d’art à Nice! Mais les heurts avec les chefs de mouvements soucieux de maintenir leur indépendance – en particulier Frenay et Emmanuel d’Astier de la Vigerie, le patron de Libération -, se font terribles. Terrible aussi la pression nazie. L’étau se resserre sur le mystérieux Max. Son meilleur allié, le général Delestraint, patron de l’Armée secrète, arrêté, il faut lui trouver un successeur d’urgence. Or l’enjeu est tel, la tension si forte qu’on néglige les mesures de sécurité. Trop de personnes sont au courant du lieu et de la date du rendez-vous de Caluire. Parmi elles, René Hardy, arrêté une semaine plus tôt par Klaus Barbie mais qui a préféré le cacher: un excellent candidat au rôle de Judas, le meilleur sans nul doute. Face à l’officier SS, Moulin, dont la fausse identité de «Jacques Martel, décorateur» tient la route, tente de gagner du temps. L’heure de la vérité sonne, hélas, bientôt. Une vérité qui s’appelle coups, torture, mort héroïque, pour finir au Panthéon.

(1) Jean Moulin, artiste, préfet, résistant, de Christine Levisse-Touzé et Dominique Veillon, préface de Jean-Pierre Azéma et postface de Daniel Cordier, Tallandier, 192 p., 31,90 €.

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DIX MILLE ANS D’HISTOIRE

Posté par francesca7 le 21 juillet 2013

DIX MILLE ANS D'HISTOIRE dans AUX SIECLES DERNIERS 300px-declaration_des_droits_de_lhomme_ae-ii-3701_original

N.C. : Une démarche prospective ne peut se passer d’un bilan du passé. Peut-on replacer notre question dans une fresque historique de l’évolution du travail ?

T. G. : Tout à fait. Le politicien polonais Bronislaw Geremek, par exemple, a fait sa thèse en France sur le début du salariat au Moyen Âge; quand on est passé de l’esclavage au salariat dans les villes, et dans une moindre mesure, du servage au fermage dans les campagnes. Pour la première fois, apparaît un « statut » du travailleur, de l’exécutant. On pourrait parler aussi du bouleversement apporté ensuite par la révolution industrielle et par l’organisation taylorienne du travail, avec ses tâches répétitives déterminées par les machines, et son statut du salarié attaché à l’entreprise.

N.C. : Mais peut-on parler de travail à propos des chasseurs-cueilleurs d’avant l’agriculture, par exemple ?

T. G. : Dans son étude Âge de pierre, âge d’abondance, l’anthropologue Marshall Sahlins a montré qu’à partir de la découverte du feu, les hommes vivaient en équilibre avec leur environnement . Territoires gigantesques, climat tropical, nourriture à profusion : ils passaient pas mal de temps à ne rien faire. Certes, ils craignaient les bêtes sauvages et les maladies, mais pour voir l’humanité vraiment se « mettre au travail », il faut attendre les deux révolution néolithiques. La première, entre 11 000 et 8 500 ans avant notre ère, marque le début de la sédentarisation, de l’élevage et de l’agriculture. La seconde, vers – 3000, correspond aux premiers développements du commerce. Il est intéressant de remarquer qu’à chacune de ces transformations, le système religieux s’adapte aux conditions objectives. Les esprits de la nature et le chamanisme conviennent au chasseur-cueilleur, les déesses-mères protectrices de la vie conviennent au village néolithique, et les dieux masculins et guerriers conviennent au commerce et aux réalités qui l’accompagnent : caravanes et prédateurs de caravanes, territorialisations, empires. Cette ère dure encore, avec une inversion : dans toutes les religions encore importantes aujourd’hui, la divinité de la puissance se transforme en divinité de la faiblesse.

N.C. : Quel rapport avec le travail ou l’économie ?

T. G. : Cette question permet de revisiter – et de corriger – le marxisme, pour lequel il y a deux classes sociales, les dominants et les dominés, pris dans une relation prédateur-proie. Marx oubliait un principe majeur de l’écologie : le prédateur ne peut pas abuser, car s’il abuse, à la génération suivante il n’aura plus de proie. En fait, il y a trois strates et non pas deux : les dominés, les dominants, et quelque chose qui régule les dominants au nom de la faiblesse des dominés. D’où le dieu de la faiblesse, incarné par le prince (roi, président, État), le dominant des dominants, qui s’allie avec les dominés pour contenir les abus de la classe prédatrice. L’un des problèmes du monde actuel est que ce troisième étage s’est complètement décomposé avec l’effondrement des états-nations qui accompagne la mondialisation, et l’ouverture sans limite au tout commerce. Plus rien ne s’oppose à la classe prédatrice.

N.C. : Avec, à la clé, un nouveau bouleversement du travail ?

T. G. : Le progrès technique en est la cause première. Même si on a beaucoup fantasmé sur l’informatique – l’homme artificiel dont rêvaient les chercheurs du MIT est encore loin -, la robotisation a eu des déclinaisons tout à fait concrètes dans un grand nombre de secteurs concernés par les technologies modernes et les matériaux « durs » (automobile, informatique, aéronautique, etc.). Résultat, on produit plus avec moins de travail. Il y a cependant des limites : des secteurs comme le textile ou l’alimentaire, qui font appel à des matériaux « mous » dont le traitement est délicat, sont moins facilement mécanisables. Du coup, ils ont été délocalisés vers des pays où la main d’œuvre est moins chère. Dans les deux cas le résultat est le même : les grandes entreprises (les « global players ») ne cessent de se défausser de leurs emplois en Occident. La globalisation de l’économie de marché a conduit à exporter le modèle de l’organisation taylorienne vers la Chine ou d’autres pays qui exploitent actuellement le travail de façon forcenée, pour prendre une revanche économique sur les Occidentaux. Cela ne durera qu’un temps – il y a déjà en Chine un nombre considérable d’émeutes, réprimées avec une violence extrême. Immanquablement, dans ces pays aussi, les travaux mécanisables seront un jour robotisés. Si l’on ajoute à cela la contrainte de l’effet de serre, qui fait que l’on ne pourra pas augmenter la production jusqu’à des niveaux délirants, on comprend qu’il va falloir faire attention aux conséquences globales.

N.C. : Et quelles seront les conséquences sur le travail ?

T. G. : On les voit déjà. L’emploi devient moins fréquent et beaucoup plus précaire, même dans les métiers hautement qualifiés. De plus en plus d’ingénieurs travaillent aujourd’hui en intérim, sur des projets qui durent deux ou trois ans, après quoi ils sont licenciés. Alors, que vont faire les gens qui vivent cela ou qui voient leurs parents le vivre ? Ils vont se dire : « Attention, on ne peut plus compter sur un employeur, il faut se débrouiller par soi-même, diversifier ses ressources. »
C’est pourquoi le travail de nos enfants, petits-enfants ou arrière-petits-enfants, ressemblera sans doute au tableau « rurbain » que je dessinais au début et qui est moins « baba cool » que réaliste, adapté au monde incertain où nous entrons.

  

Extrait de l’interview de Thierry Gaudin paru au http://www.cles.com/

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A LOUVIGNÉ-DU-DÉSERT

Posté par francesca7 le 21 juillet 2013

(Notes historiques et statistiques )

(par P. de Jovence)

 A LOUVIGNÉ-DU-DÉSERT dans Bretagne 220px-louvigne-du-desert_35_eglise

L’histoire de Louvigné-du-Désert est marquée par quelques personnages au destin hors du commun. Saint Maxime, d’abord, au Mont-Louvier, avait creusé dans la roche une entaille qui lui servait de lavoir et une autre de fontaine. Nourri par les habitants de la région, il avait pris l’habitude d’envoyer son âne dans les villages environnants. Les habitants, sans doute lassés de lui donner leur pain, finirent par charger le pauvre animal de pierres. Ayant compris la leçon, l’ermite décida alors de quitter la région, dont toutes les sources et les fontaines ne tardèrent pas à tarir.

La proximité de l’abbaye de Savigny valut au village l’honneur de recevoir des hommes illustres, dont Raoul II de Fougères inhumé dans la chapelle du monastère, ou saint Louis qui fit servir à chacun des pauvres, du pain, du potage et de la viande et leur donna onze deniers Parisis. Sous la Révolution, l’abbé Beauce et son vicaire choisirent de demeurer proches de leurs fidèles et continuèrent à exercer leur ministère dans la clandestinité, errant sans cesse de village en village pendant dix ans, avec l’aide de la plupart des habitants mais en courant souvent le plus grand danger.

Le 21 décembre 1795, Boisguy, à la tête de 2 800 hommes résolut, quant à lui, de barrer la route à une colonne révolutionnaire de plus de 2 000 soldats, au village de la Plochais, à une lieue de Louvigné ; le combat fit 1 200 morts dans les rangs républicains et seulement 39 chez les paysans armés. Le général Jean-Ambroise de Lariboisière acheta le château de Monthorin dont il fit sa résidence…

  dans VILLAGES de FRANCE

Louvigné-du-Désert est une commune française, située dans le département d’Ille-et-Vilaine et la région Bretagne, peuplée de 3 758 habitants.

Le nom de Louvigné est construit sur un dérivé du latin lupus (loup), suivi du préfixe de localisation -acum/-iacum (le lieu de). Le qualificatif « du désert » a été ajouté au xiiie siècle. Il rappelle que les zones frontalières antiques étaient fréquemment des espaces inoccupés de forêts, de taillis et de landes (Louvigné marquait autrefois une triple frontière entre les tribus gauloises des Redones, des Abrincates, et des Diablintes). La commune abrite un monument historique :

  • Le château de Monthorin, construit au xviie siècle par Gilles de Ruëllan, seigneur de Tiercent. Il a été agrandi au début du xixe siècle après avoir été racheté par le général de Lariboisière. La chapelle funéraire a été inscrite par arrêté du 11 mars 1936 ; l’ensemble du château et des communs a été inscrit par arrêté du 19 novembre 1992.

    Image illustrative de l'article Jean Ambroise Baston de Lariboisière

    Général Lariboisière

Autres lieux et monuments :

  • L’église Saint-Martin. En grand appareil de granite, ses larges bas-côtés éclairent une nef aveugle du xvie siècle, allongée d’une travée et d’un chœur au xixe siècle. Son collatéral sud à pignons, du xvie siècle, est orné de gargouilles et grotesques. La tour d’influence normande est typique du style militaire du xviiie siècle. Sur son mur extérieur, des anneaux scellés servaient à attacher les chevaux, sans doute ceux des frères du Saint-Esprit, qui venaient là assister à la messe.
  • Le mont Louvier (le rocher de Saint-Guillaume) est le point culminant de la région (184 m), il se situe à 1,5 km au nord du bourg. Les bois pittoresques qui couvrent les pentes escarpées de ce mont recèlent d’étranges rochers, couverts d’empreintes mystérieuses. La légende y voit la retraite de saint Guillaume Firmat.
  • Le tertre Alix. La légende raconte qu’un comte nommé Alix, poursuivi par un loup, fut sauvé en se réfugiant dans le tronc d’un chêne qui s’ouvrit pour le protéger. En remerciement, Alix fit édifier contre le chêne, une chapelle dédiée à la Vierge.
  • Manoir de la Morinais.
  • Manoir de la Raslais.
  • Manoir du Domaine.
  • Manoir de la Bâtardière.
  • Manoir du Petit-Monthorin.
  • Manoir de la Béray.
  • Manoir du Bas-Plessis, sur la route de Landéan, date du xive siècle gage de la sergenterie de Fougères, en 1416, propriété de la Maison des de la Chapelle, à Pierre du Meys et son épouse Françoise Le Jeune, veuve en 1513, puis de 1539 à 1559, aux Channé seigneurs du Plessis-Channé. Elle passe ensuite à Jacques des Vaulx, seigneur de Monthorin et à sa veuve Marguerite de Poix. L’artiste peintre restaurateur d’art Alain Plesse est mandaté en 2003 pour restaurer à l’identique, peintures et boiseries.
  • La chapelle Saint-Jean.

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Orb de nos rivières

Posté par francesca7 le 19 juillet 2013

 

Pont Vieux de Béziers.l’Orb prend sa source dans les monts de l’Escandorgue au mont Bouviala (Aveyron), alt. 884 m., dans la commune du Clapier, proche du village de Roqueredonde. Entre Ceilhes-et-Rocozels et Avène, il remplit le réservoir du barrage d’Avène, avant de s’écouler dans les gorges de l’Orb jusqu’au Bousquet-d’Orb. À la hauteur de Bédarieux, le fleuve amorce une courbe pour couler vers l’ouest et contourner les monts de Faugères. Après avoir passé la hauteur de la ville thermale de Lamalou-les-Bains, il tourne vers le sud à hauteur de Tarassac où il est rejoint par le Jaur, et traverse le massif des Faugères par des gorges étroites, en direction de Roquebrun. Quelques kilomètres en amont deCessenon-sur-Orb, il rejoint la plaine biterroise et atteint Béziers où il croise le canal du Midi. Il est rejoint par le Lirou au pied du pont vieux. Environ 15 km après Béziers, l’Orb se jette dans la mer Méditerranée à la station balnéaire de Valras-Plage.

L’Orb est un fleuve côtier français, dans les régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, dans le département de l’Hérault et de l’Aveyron, qui se jette dans la mer Méditerranée.

La longueur de son cours d’eau est de 136 km1. Situé et coulant dans le département de l’Hérault depuis les monts de l’Escandorguejusqu’à la mer Méditerranée où il se jette à Valras-Plage. Son lit traverse des massifs montagneux du sud du Massif central : l’Escandorgueà l’est, la Montagne Noire à l’ouest puis au nord, et les monts de Faugères avant d’entrer dans la plaine biterroise.

Le débit de l’Orb a été observé sur une période de 42 ans (1966-2007), à Béziers, importante ville historique du département de l’Hérault, située près de son embouchure

Le module de la rivière à cet endroit est de 23,7 m3/s, pour une surface de bassin de 1 330 km2.

L’Orb présente des fluctuations saisonnières de débit assez importantes, avec des crues d’hiver portant le débit mensuel moyen à un niveau situé entre 29 et 41 m3/s, de novembre à avril inclus (maximum en janvier), et des basses eaux d’été de juin à septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu’à 5,3 m3/s au mois d’août.

Aux étiages, le VCN3 peut chuter jusque 1,4 m3/s, en cas de période quinquennale sèche, ce qui n’est pas trop sévère.

D’autre part les crues sont parfois extrêmement importantes engendrant ainsi de graves inondations. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 630 et1 000 m³/s. Le QIX 10 est de 1 300 m3/s, tandis que le QIX 20 vaut 1 600 m³/s. Quant au QIX 50, il est de 1 900 m³/s, soit plus que celui de la Seine à Alfortville (entrée de Paris) qui ne se monte qu’à 1 600 m³/s.

Le débit instantané maximal enregistré a été de 1 630 m3/s le 5 décembre 1987, tandis que la valeur journalière maximale était de 1 430 m³/s le même jour, soit plus que le débit moyen du Rhône à Valence. En comparant le premier de ces chiffres avec l’échelle des QIX du fleuve, on constate que cette crue était d’ordre vicennal, c’est-à-dire destinée à se reproduire statistiquement tous les vingt ans.

La lame d’eau écoulée dans le bassin de l’Orb est de 563 millimètres annuellement, ce qui est élevé, nettement supérieur à la moyenne d’ensemble de la France. Le débit spécifique (ou Qsp) se monte à 17,8 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Débit moyen mensuel (en m³/s)
Station hydrologique : Béziers [Tabarka]

 Orb de nos rivières dans COURS d'EAU-RIVIERES de France debit

 

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le Figarella en méditerranée

Posté par francesca7 le 19 juillet 2013

 

Le Figarella est un ruisseau qui a treize affluents référencés :

  • —– le ruisseau du Ladroncellu, 2,3 km, (rd), entièrement sur Calenzana.
  • le ruisseau de Meta di Filu, 2,7 km, (rg) et 1 affluent, entièrement sur Calenzana.
  • —– le ruisseau de Purcareccia, 2,4 km, (rd), entièrement sur Calenzana.
  • —– le ruisseau de Melaghia, 5,4 km, (rd) et 1 affluent, entièrement sur Calenzana.
  • le ruisseau de Nocaghia ou Nucaghia, 3 km, (rg) et 10 affluent, entièrement sur Calenzana.
  • —– le ruisseau de la Valle d’Alloru, 2,3 km, (rd), entièrement sur Calenzana.
  • le ruisseau de Frassigna, 2,8 km, (rg) et 2 affluents, entièrement sur Calenzana.
  • —– le ruisseau de l’Onda, 5,1 km, (rd), entièrement sur Calenzana.
  • —– le ruisseau de Curzulosu, 3,8 km, (rd) et 2 affluents, entièrement sur Calenzana.
  • —– le ruisseau de Pelliciani, 2,8 km, (rd) et 1 affluent, sur Calenzana et Moncale.
  • —– le ruisseau de Lioli, 8,4 km, (rd) et 3 affluents, entièrement sur Calenzana.
  • la rivière a Ronca, 9,4 km, (rg) et 2 affluents, sur Calenzana et Calvi.
  • —– le ruisseau de Campu Longu, 10 km, (rd) et 1 affluent, sur Calenzana et Calvi.

 

le Figarella en méditerranée dans Corse figarellaLa longueur de son cours d’eau est de 24 km.

Dans sa partie haute, pour l’Institut national de l’information géographique et forestière, la Figarella s’appelle ruisseau de Lomitu ensuite ruisseau de Spasimata. Il naît sur les pentes nord de la Muvrella (2 148 m), à l’altitude de 1 930 mètres, juste au-dessus du petit lac de la Muvrella (1 867 m), sur la commune de Calenzana. À la sortie du cirque de Bonifatu, il s’écoule à travers la forêt de Bonifatu. Au lieu-dit Frassigna où il prend le nom de rivière, son lit s’élargit, faisant apparaître de gros galets de granite rose tout au long de sa vallée. 6 km plus bas, depuis le lieu-dit Porta Vecchia, il longe et/ou traverse la commune de Moncale jusqu’à la passerelle où a lieu sa confluence avec le ruisseau de Pelliciani. Il repasse sur la commune de Calenzana jusqu’à la hauteur de l’aéroport international de Calvi Sainte-Catherine. Il termine sa course sur la commune de Calvi, dans le golfe de Calvi, entre le centre équestre et le karting, à l’ouest du Camp Raffalli.

Entièrement dans le département de la Haute-Corse (2B), la Figarella traverse trois communes et deux cantons :

  • dans le sens amont vers aval : Calenzana (source), Moncale, Calvi (embouchure).

Soit en termes de cantons, la Figarella prend sa source sur le canton de Calenzana, puis conflue sur le canton de Calvi.

Dans son étude sur la Corse, de ses origines à l’expulsion des Sarrasins, Xavier Poli se propose de remonter aux sources, de réunir tous les textes des écrivains grecs et romains et toutes les inscriptions intéressant la Sardinia en général, et la Corsica en particulier. Il débute son ouvrage avec ces propos :

« Les savantes recherches du capitaine Ferton, du commandant Caziot, des docteurs Deperet et Caujolle, du professeur Testut nous font faire connaissance avec le squelette de l’homme de ces temps reculés et posent des bases sûres à une question qui ne peut manquer de passionner les esprits que l’histoire de la Corse intéresse.

La race néolithique corse aurait été d’assez grande taille. Par son crâne allongé et sous-dolichocéphale, par la ligne âpre et assez saillante de son fémur incarné, par son tibia remarquablement platycnémique, le squelette retrouvé présente les caractères principaux de la race néolithique de l’Europe occidentale.

Cet homme, ajoute M. Ferton, utilisait pour la confection de ses armes et de ses outils, non-seulement les roches du pays : le silex, le quartz et diverses roches des terrains granitiques, mais aussi les os d’animaux, et une roche étrangère à la Corse, l’obsidienne, qu’il devait recevoir du Monte-Arci, en Sardaigne. … Les relations de commerce entretenues à Bonifacio, avec les peuplades de la Sardaigne, l’emploi coûteux qu’on y faisait de l’obsidienne, bien que le silex du pays, d’égale valeur, fût connu et utilisé, permettent de supposer que le Bonifacien des temps néolithiques était un immigré venu de la Sardaigne, peut-être originaire de l’Afrique. » »

200px-Bonifatu-Nocaghia-1 dans COURS d'EAU-RIVIERES de FranceEt de poursuivre : « La conclusion du capitaine Ferton serait sans réplique s’il était prouvé, après de sérieuses recherches, que l’obsidienne ne se trouve pas en Corse où l’on constate des roches d’origine volcanique. »

  • à partir de -10000, fréquentation humaine de l’île
  • vers -6500, présence humaine sur l’ensemble de l’île qui a laissé des traces, avec la Dame de Bonifacio, et au Cap Corse Petra curbara.
  • -5000 : début de la civilisation proto-corse issue de divers peuplements dont l’origine reste encore incertaine ; on parle souvent de populations venues de la péninsule italienne (italiques,Ligures), et de la péninsule ibérique (Ibères). Certains évoquent également des populations venues d’Afrique du Nord (Libyques).
  • -1500/-1300 : début de la civilisation torréenne. Les Korsi développent la construction de statues-menhirs et de tours.

 

 

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le cours du Lez (fleuve)

Posté par francesca7 le 19 juillet 2013

 

le cours du Lez (fleuve) dans COURS d'EAU-RIVIERES de France lezLa longueur de son cours d’eau est de 29,6  km. Sa source apparaît d’une résurgence du vaste ensemble karstique sous-jacent aux Garrigues nord montpelliéraines, dans la pente sud d’une élévation située au nord de la commune de Saint-Clément-de-Rivière. Le Lez s’écoule alors vers le sud dans une étroite plaine entre les villages de Saint-Clément et Montferrier-sur-Lez sur la rive droite, Prades-le-Lez et Clapiers sur la rive gauche. C’est dans cette zone que se trouve le chabot du Lez.

Arrivé au pied du bois de Montmaur (territoire de Montpellier), il passe entre les reliefs montpelliérains et de Castelnau-le-Lez au fond d’une gorge. C’est à cette hauteur qu’il reçoit en « soutien d’étiage » les eaux du Rhône fournies par la compagnie du Bas-Rhône Languedoc à un débit de 160 litre par seconde. Il retrouve la plaine littorale avant de quitter Montpellier pour se diriger vers Lattes. Un canal naturel formé entre les étangs de l’Arnel et du Méjean lui permet de rejoindre la mer Méditerranée à Palavas-les-Flots.

Sur son parcours, il est rejoint par plusieurs rivières affluentes, dont le plus connu est le Verdanson qui coule dans Montpellier en grande partie enterré puis endigué. Auparavant, il fut baptisé Merdançon à cause de son odeur : il servait de déversoir aux activités des tanneurs et autres activités odorantes de la ville. Le Verdanson reste une curiosité locale par temps d’orage : en quelques instants, son débit proche de presque rien emplit tout l’espace de digue qui lui est consacré.

Le Lez est un fleuve côtier qui coule dans le département français de l’Hérault, entre les communes de Saint-Clément-de-Rivière et Palavas-les-Flots, en passant par Montpellier. Il débouche dans la Méditerranée. Par son débit à sa source, il est classé septième de France.

Les plus vieux textes nous restituent une série de termes gallo-romains : Lesus, Ledus, Lero, Lerus, Lezum, Ledum. Frédéric Mistral dans son dictionnaire Provençal-français indique que le nom « Lez » viendrait de Leich ou Lech signifiant aussi cours d’eau. Quant au passage de Ledum à Lez, il se fit apparemment de façon hésitante, au cours du Moyen Âge.

Le Lez n’est pas seul de ce nom. Il y a un Lez dans la Drôme provençale qui traverse aussi le Vaucluse et se jette dans le Rhône. Il y en a un autre dans l’Ariège, qui sort de l’étang d’Albe, arrose la vallée de Biras et se perd dans le Salat. Le Lez héraultait ne mesure que 29,6 kilomètres, contre 75 pour le drômois et 40 pour l’ariégeois. Cependant il est le seul à mériter le substantif de « fleuve », encore que modeste « petit fleuve côtier », les autres n’étant que des affluents.

Louis XIV ordonna d’un faire un canal pour relier le port de Lattes à celui de Juvénal, le port de commerce de Montpellier. Le port Juvénal était le seul port du fleuve côtier du Lez navigable en grande partie et qui permettait à la Ville de Montpellier de commercer avec les autres villes de Méditerranée. Ce port favorisait les débouchés commerciaux par la mer, via Aigues-Mortes (qui n’était pas ensablé), vers les Villes de Gênes, ou Majorque ou encore Marseille. C’est grâce à ce port que Montpellier connut une belle période entre le 13éme et 14éme siècle. Les denrées importées venaient également principalement du Lez en plus des foires de Champagne et de Brie. Henri Pitotest chargé de la construction de l’aqueduc de Saint-Clément. Cet ouvrage , entre Saint-Clément-de-Rivière et Montpellier va mettre le sceau à sa réputation. Les travaux débutent en 1753 et durent plus d’une décennie. Il est chargé d’alimenter la ville de Montpellier en eau avec l’eau du Lez.
Le Lez entre Castelnau et Montpellier.L’aqueduc est long de 13.904 mètres dont 9652 en sous-sol et 4252 en aérien, pour 4m. de dénivellation (28,9cm/km). Il franchit ravins et ruisseaux de la campagne par des ponts ou rangées d’arcades annonçant, par leur architecture, le chef-d’œuvre terminal, les arceaux de Montpellier. Notamment les arceaux de la Lironde (bien connus à Montferrier) avec ses 12 grandes arcades supportant 54 petites arcades, mais aussi le pont d’Aurelle sur le Verdanson et la rue de la Croix-Lavit et les arceaux de Montferrier, sur le ruisseau de Rullarel (au bout du chemin de Rullarel) malheureusement peu visibles actuellement car envahis par la végétation. Bien évidemment Pitot s’est inspiré du Pont du Gard ; nullement par souci d’esthétique mais plutôt par recherche de solidité. Lorsqu’on le met en service, en 1766, l’aqueduc de Saint-Clément apporte 25 litres d’eau par seconde à MONTPELLIER… Comblant provisoirement un besoin croissant. Par la suite, au début du xxe siècle, l’aqueduc est prolongé jusqu’à la source du Lez car la source de Saint Clément ne fournissait plus assez d’eau pour alimenter la ville de Montpellier. L’aqueduc sera utilisé jusque dans les années 70. En 1981 l’usine de captage souterraine de la source du Lez est inaugurée. Quoi qu’il en soit l’aqueduc de Saint-Clément fut et demeure l’une des plus belles réalisations du Languedoc en matière de travaux publics. C’est aussi un monument qui fait partie de l’histoire de Montpellier et qui a accompagné sa croissance. Sur toute sa longueur, l’aqueduc appartient à la ville de Montpellier et comporte une servitude de passage de 1m50 de part et d’autre de l’ouvrage. Ainsi, il devrait offrir une extraordinaire possibilité de parcours piétonnier, pénétrant jusqu’au cœur de la ville loin de la circulation automobile.

Dans les années 60, la municipalité de MONTPELLIER, décide une exploitation de la nappe souterraine du Lez. Elle captait déjà les eaux de surface du LEZ à Saint Clément depuis 1854, suite à un décret de Napoléon III.
En 1965 et 1967, des plongées expérimentales ont lieu dans le siphon souterrain du LEZ. Elles permettent une reconnaissance jusqu’à la cote moins 25 mètres, sur une longueur de 200 mètres.
D’autres explorations suivent en 1971, 1972 et, en mai 1979 les plongeurs de la COMEX atteignent un point situé à 100 mètres sous terre, et à 500 mètres de la résurgence.

Depuis les années 1980, avec les projets d’aménagements urbains de Montpellier et de Lattes, le Lez a pris une importance esthétique.
en 1981 les travaux d’implantation d’une usine souterraine ont été effectués pour capter l’eau à sa source.

À Montpellier, son cours à la hauteur du nouveau quartier d’Antigone passe au pied de nouvelles résidences, de l’Hôtel de Région Languedoc-Roussillon, du nouveau quartier universitaire et résidentiel de Richter et du nouveau quartier de Port Marianne.

À Lattes, Port Ariane est le nom d’un quartier d’habitat majoritairement collectif organisé autour d’un port de plaisance relié à la mer par le Lez.

Ces aménagements restent cependant menacés par les crues du fleuve. Le bassin de Port Ariane est protégé par des portes en métal qui le protègent d’une élévation du niveau de l’eau. Par temps d’orage, la circulation en bordure du Lez à Antigone et Richter-Port Marianne est souvent interdite.

Pour lutter contre ces débordements du Lez et de ces affluents, il a été complètement endigué à partir du centre de Montpellier et sur toute sa traversée de Lattes. Cependant, les derniers épisodes cévenols de 2002 et 2003 ont fait craindre la rupture des digues lattoises derrière lesquelles s’est construit la principale ville de la commune. Les digues de Lattes ont été jugées insuffisamment renforcées par un rapport de 2006 de l’Inspection générale de l’environnement. Le risque de pertes en vies humaines est réel (rapport de l’Inspection générale de l’environnement). Le journal Marianne a interprété en évaluant le risque à trois cent morts Le renforcement de la protection contre les inondations de la ville de Lattes est en cours.

 

 

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Laïta, la rivière du Pouldu

Posté par francesca7 le 19 juillet 2013

(En bretagne)

Laïta, la rivière du  Pouldu dans Bretagne laitaL’Ellé et l’Isole constituent les principaux affluents de la Laïta. Un peu en aval des deux autres elle reçoit les eaux du Dourdu, un cours d’eau long de 10,2 km qui prend sa source à Mellac et traverse la ville de Quimperlé. Plus loin en aval, elle reçoit les eaux du ruisseau Le Frout, long de 7,7 km, qui traverse la forêt de Carnoët et celles du ruisseau du Quinquis, long de 4,6 km. Mais sur le plan hydrologique il serait plus judicieux de considérer la Laïta comme la partie maritime du cours de l’Ellé, cette rivière constituant le plus important des tributaires. En effet le bassin versant de l’Ellé a une surface de 608 km² à Quimperlé contre 224 km² pour l’Isole. Si l’on additionne la longueur de la rivière Ellé et de l’estuaire de la Laïta on obtient un fleuve d’une longueur de 76 km selon le SANDRE. La Laïta draine une surface de 832 km² à son point de départ à Quimperlé et de 917 km² à son embouchure au port du Pouldu.

La Laïta est le nom de l’estuaire formé par l’Ellé et l’Isole après leur confluence. C’est un nom d’origine bretonne, Laita. On l’appelle aussi, à son embouchure, la rivière du Pouldu.

La Laïta est un fleuve côtier soumis à la marée qui prend naissance à Quimperléau point de confluence de l’Ellé et de l’Isole. Le fleuve coule dans une vallée qui a été creusée par l’action conjointe des eaux de l’Ellé et de l’Isole. La vallée a été envahi par la mer à la fin de la dernière glaciation suite à la remontée du niveau marin. Aujourd’hui, elle constitue une ria ou un aber. La Laïta serpente depuis Quimperlé en direction du sud vers l’Océan Atlantique. Elle s’y jette au port du Pouldu après un parcours légèrement sinueux de 17 kilomètres. Son tracé sert de frontière naturelle entre les départements du Finistère et du Morbihan. Les rives du fleuve sont boisées et accidentées. Sa rive droite est notamment en partie occupée par la forêt domaniale de Carnoët (sur une longueur d’environ 6 km). L’entrée de la ria est rendu difficile d’accès à cause d’un banc de sable sous-marin mouvant. En effet, lorsque le vent souffle de Sud ou d’Ouest une barre se forme rendant la navigation dangereuse.

Le nom Laïta ou Laita n’apparait pour la première fois dans des écrits officiels qu’en 1825, sur le cadastre de Quimperlé. Dans les écrits datant d’avant la Révolution française, la rivière qui coule de Quimperlé à la mer porte toujours le nom d’Ellé. Cependant Jean-Baptiste Ogée, dans son Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne paru en 1778 et Jacques Cambry, dans son ouvrage Voyage dans le Finistère ou État de ce département en 1794 et 1795, mentionnent la Laïta. Sur les cadastres de Guidel et de Clohars-Carnoët de1818 et 1823 cette rivière est appelée rivière de Quimperlé2. L’origine du nom Laita demeure obscure. Il pourrait s’agir d’une déformation du mot Lothéa, du nom d’une ancienne paroisse que celle-ci longeait.

Les rives de la Laïta étaient déjà fréquentées aux temps préhistoriques, comme en témoigne la présence d’un tumulus dans la forêt de Carnoët. Le comte plus ou moins légendaire Conomor, véritable Barbe Bleue breton, y aurait élu domicile au vie siècle. Les vestiges de son château, le château de Carnoët, sont encore visibles aujourd’hui. En l’an 868, les Vikings remontèrent le cours de la rivière et détruisirent la ville de Quimperlé, appelée à l’époque Anaurot. Vers 1170, des moines originaires de l’abbaye cistercienne de Langonnet, sous la conduite de leur abbé Maurice Duault, s’établirent sur les rives de la Laïta et y fondèrent un établissement monastique, qui prendra par la suite le nom d’ Abbaye Saint-Maurice de Carnoët. Au début du xviiie siècle, des navires de 100 tonneaux pouvaient remonter la Laïta jusqu’à Quimperlé, mais l’ensablement progressif du lit de la rivière et l’apparition d’une barre à son embouchure, leur en interdirent bientôt l’accès. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, à l’arrivée des troupes de libération américaines du général Patton en Bretagne, les Allemands se replièrent sur la région de Lorient pour y constituer une poche de résistance. La Laïta servit alors de ligne de démarcation occidentale à la poche de Lorient. Les Allemands ne franchirent pas la ria mais n’hésitèrent pas à bombarder la rive opposée, prenant pour cible l’Abbaye Saint-Maurice de Carnoët dont les bâtiments furent gravement endommagés.

La Laïta est responsable de fréquentes et graves inondations dans la basse ville de Quimperlé mais au cours de ces dernières années la situation semble s’être aggravée. Pour un seuil de débordement de 3 mètres, les crues de 1883, 1925, 1974 et 1995 ont atteint 4,50 mètres. Mais avec près de 6 mètres, la crue de décembre 2000 a battu tous les records! Les causes sont multiples, l’irrégularité des débits de l’Ellé et surtout de l’Isole, le rôle des grandes marées, l’endiguement des rivières depuis 300 ans, les modifications du bocage et des cultures en amont.

 

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Maurice Chevalier et ses quartiers

Posté par francesca7 le 17 juillet 2013

 

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Au début de l’année 1972, quelques jours après sa mort, Guy Lux anime une émission télévisée consacrée à Maurice Chevalier. Plusieurs invités rendent hommage au fantaisiste (dont des amis comme Charles Trenet, Zizi Jeanmaire ou Charles Aznavour) et Paul Anka, venu spécialement des États-Unis, interprète une version personnalisée de My Way, qu’il intitule His Way. Quelques années plus tard, en 1981, Sammy Davis Jr. interprète au Lido un tour de chant hommage à Maurice Chevalier (avec Mireille Mathieu et Charles Aznavour), son ami, qu’il qualifia dans une interview de GREATEST (le plus grand). La même année, le maire de Paris Jacques Chirac inaugure une Place Maurice Chevalier dans le quartier de Ménilmontant qu’il avait chanté et qui l’avait vu naître. En 1988, le centième anniversaire de sa naissance est l’occasion d’une exposition au théâtre des Champs-Élysées où Maurice Chevalier avait fait ses adieux à la scène, ainsi que d’une soirée intitulée Maurice de Paris, cinq fois 20 ans réunissant une trentaine d’artistes, sous la présidence de Zizi Jeanmaire.

En France, il existe plusieurs rues portant le nom de Maurice Chevalier, comme dans le quartier de La Bocca à Cannes où se trouve sa villa La Louque, à Goussainville ou Niort, mais la plus célèbre se trouve à Marnes-la-coquette, là même où l’artiste avait acheté une maison en 1952. L’école communale porte également son nom.

Un timbre est édité à son effigie en 1990.

Dans le dessin animé La Belle et la Bête (1991), « Lumière », le candélabre, est un hommage à Maurice Chevalier, en particulier lorsqu’il interprète la chanson C’est la fête.

Maurice Chevalier et ses quartiers dans CHANSON FRANCAISE chevalier-248x300Maurice Chevalier, né Maurice Auguste Chevalier le 12 septembre 1888 à Paris 20e et mort le 1er janvier 1972 à Paris 15e, est un chanteur et acteur français.

D’abord chanteur de « caf’conc’ » dans le quartier de Ménilmontant, qu’il contribue à populariser, Maurice Chevalier devient, dans les années folles, un des artistes les plus populaires du music hall français, avant d’entamer une fructueuse carrière d’acteur à Hollywood dans les années 1930. Deux fois nommé à l’Oscar du meilleur acteur, il tourne notamment sous la direction de Ernst Lubitsch et entame une liaison amoureuse avec Marlène Dietrich. De retour en France, il continue à travailler pendant la guerre ; il est brièvement inquiété en 1945, sans pour autant perdre son succès. Alternant tours de chant et cinéma, en France (Le silence est d’or en 1947, Ma pomme en 1950) et à Hollywood (Ariane en 1957, Gigi en 1958), il fait ses adieux à la scène en 1968.

Souvent affublé d’un canotier, d’une canne et d’un nœud de papillon, Maurice Chevalier représenta au long de sa carrière une certaine image de la France et du français à l’étranger, et notamment aux États-Unis : celle du Parisien typique, gouailleur, souriant, désinvolte et charmeur. Star internationale de son vivant, il est aujourd’hui encore l’un des chanteurs français les plus connus dans le monde. Plusieurs de ses chansons furent de grands succès populaires, telles Prosper (Yop la boum)Dans la vie faut pas s’en faireMa Pomme,Ça sent si bon la FranceÇa fait d’excellents Français, sa version de Y’a d’la joieThank Heaven For Little Girls ou encore son dernier enregistrement, la chanson du film Les Aristochats.

Maurice Chevalier fait de modestes débuts dans les « caf’conc’ » de « Ménilmuche » dès la fin du xixe siècle. C’est en 1909 qu’il tombe amoureux deMistinguett et qu’il quitte la chanteuse Fréhel pour elle. Leur liaison s’arrêtera en 1919. Désormais jeune premier, il incarne pendant les années folles un gandin frivole à l’accent faubourien qu’il garde lorsqu’il parle, en réalité parfaitement, anglais. Le phonographe relaie ses succès à la scène dans diversesrevues et opérettes. Valentine et Dans la vie faut pas s’en faire sont des triomphes des années 1920, toutes écrites par Albert Willemetz. C’est ainsi qu’il a l’occasion de faire remonter une dernière fois sur scène La Goulue, créatrice du cancan moderne, et modèle de Toulouse-Lautrec, que le public ne reconnaît plus.

En 1927, il se marie avec Yvonne Vallée et commence, cette même année, une carrière cinématographique à Hollywood qui l’éloigne de la France jusqu’en 1935 où il s’illustre notamment en 1934 dans les deux versions, anglaise et française, de La Veuve joyeuse d’Ernst Lubitsch. Il rencontre Duke Ellington qu’il fait engager pour sa première partie à Broadway. Il rencontre aussi à Hollywood Marlène Dietrich, ce qui entraînera son divorce d’avec Yvonne. Le tube qui le fait connaître aux États-Unis est composé par Al Sherman et Al Lewis et s’intitule Living In the Sunlight, Loving In the Moonlight(du film de la Paramount La Grande Mare — The Big Pond).

En perte de vitesse à Hollywood, il décide de rompre avec la MGM et de rentrer en France. Nous sommes en 1935, ce sont de nouveaux succès de la chanson : Prosper (1935), Ma Pomme (1936), Y’a d’la joie (1937) créée par un jeune auteur dont le nom deviendra célèbre, Charles Trenet, puis laMarche de Ménilmontant (1941) en hommage à son enfance.

Symbole de la réussite d’un « p’tit gars » du peuple, Maurice Chevalier est un travailleur acharné de la chanson populaire.

En 1939, après la déclaration de la guerre, il va chanter pour les troupes sur le front de l’Est de nouvelles chansons dont D’excellents Français (paroles et musique de Jean Boyer et Georges Van Parys), dans laquelle il décrit une France unie contre l’envahisseur, mais qui en elle-même montre le flottement qui suivit l’entrée en guerre de la Troisième République. Cette chanson fut le symbole de la « drôle de guerre ».

Pendant la Seconde Guerre mondiale, durant l’occupation allemande, il anime sur Radio-Paris des émissions de 30 minutes qui lui sont payées 60 000 francs chacune. Il n’arrêtera de travailler qu’en 1942 ; reproche lui en sera fait à l’heure de l’épuration de la Libération alors qu’il est déjà condamné à mort par contumace par un tribunal spécial à Alger le 27 mai 1944. Dans les années 1960, Le Canard enchaîné révèlera que Maurice Chevalier, fin 1942, se serait beaucoup démené pour aller chanter… en Tunisie pour soutenir le moral des soldats qui combattaient les Alliés. En fait, il ne mit jamais les pieds en Afrique du Nord durant la guerre. Joséphine Baker, agent du contre-espionnage pour la Résistance, aux avances de qui Chevalier a résisté dix ans plus tôt, parla de lui comme d’un collaborationniste nazi sur Radio Londres en mai 1944. Pierre Dac fit depuis Londres une parodie grinçante de la chanson Et tout ça, ça fait d’excellents Français ! contre Chevalier, en raison de son manque d’engagement au côté de la Résistance, l’accusant notamment de lâcheté, alors que Maurice protégeait une famille juive, sa compagne Nita Raya (danseuse et comédienne d’origine roumaine) et les parents de celle-ci auxquels il fournit de faux papiers.

220px-Rue_maurice_chevalier_marnes_la_coquette dans CHANSON FRANCAISELe couple dont la villa de la Côte d’azur, La Louque dans le quartier de La Bocca à Cannes, est réquisitionnée par l’aviation française, se réfugie pendant la guerre à Mauzac chez un couple de danseurs amis, Jean Myrio et Desha Delteil puis chez un ami résistant, le poète René Laporte. Dans un entretien du 17 octobre 1946 au journal Jeudi-Cinéma, Nita Raya racontera « les journées et les nuits épouvantables qu’il a passées, non parce qu’il avait peur pour lui, mais parce qu’il s’était fait un devoir de sauver quelques êtres que le destin avait mis sur sa route. »

Menacé d’être fusillé à la Libération, il est finalement sauvé par le Parti communiste et lavé de tout soupçon de collaboration. Pierre Dac vint en personne demander au comité d’épuration que Chevalier soit entièrement et complètement blanchi. Le 30 novembre 1945, un rapport du comité national d’épuration des professions d’artistes dramatiques et lyriques, adressé au ministre des Beaux-Arts, conclut à la complète innocence de Maurice Chevalier. C’est par la chanson Fleur de Paris (1945) qu’il affirmera son blanchiment et son nouveau départ.

Très vite, il renoue avec le succès, allant même jusqu’à s’illustrer dans les années 1960 dans un genre inattendu, le twist, avec Le Twist du canotier, enregistré avec le groupe rock français Les Chaussettes Noires. À cette époque, il parraine également dès 1966 la jeune carrière de Mireille Mathieu qui deviendra très vite une vedette internationale.

De sa seconde moitié de carrière cinématographique, il faut remarquer son passage chez René Clair (Le silence est d’or) en 1947, Ariane de Billy Wilder avec Gary Cooper et Audrey Hepburn, la comédie musicale Gigi de Vincente Minnelli en 1958 (film aux 9 Oscars et 3 Golden Globe Awards), et sa participation à l’adaptation américaine de la trilogie de Marcel Pagnol : Fanny de Joshua Logan en 1961, dans lequel il interprète le rôle de Panisse. C’est au cours de ses tournées qu’il invente le one-man-show en 1948.

Il fut déclaré « dangereux » pour la sécurité des États-Unis et interdit d’entrée sur leur territoire de 1951 à 1955 pour avoir signé l’appel de Stockholm contre l’armement nucléaire.

Il se produira en 1956 à Paris, à l’Alhambra (Paris) rebaptisé l’Alhambra-Maurice Chevalier, et fera passer en première partie un orchestre iconoclaste dirigé par son jeune arrangeur talentueux de l’époque, Michel Legrand.

Retraite et décès

En 1967, Maurice Chevalier décide de mettre un terme à sa carrière et entame une tournée d’adieux à travers le monde. Le succès est au rendez-vous partout où il passe, dans près de vingt pays dont le Canada, la Suède, l’Angleterre, l’Espagne, l’Argentine et les États-Unis, où il reçoit un Tony Award spécial, venant couronner sa prestigieuse carrière. Il termine sa tournée à Paris, authéâtre des Champs-Élysées, où il se produit à guichets fermés du 1er au 20 octobre 1968. L’année suivante, il est honoré par Charles Percy lors d’une séance au Sénat américain, et le réalisateur Wolfgang Reitherman lui demande d’interpréter la chanson du film Les Aristochats, ce que Chevalier accepte de faire, en français et en anglais, par amitié pour Walt Disney, mort quelques années plus tôt. Il reçoit à Cannes un trophée MIDEM pour célébrer ses 68 ans de carrière et publie le dernier tome de ses mémoires, Môme à cheveux blancs.

Hospitalisé à l’hôpital Necker pour un blocage des reins le 13 décembre, Maurice Chevalier s’y éteint le 1er janvier 1972 à 17 h, à l’âge de 83 ans. Aussitôt, des hommages affluent du monde entier et la presse internationale se fait l’écho de la disparition de celui que Le Parisien surnomme « Le Roi du music-hall ». Le président Georges Pompidou salue la mémoire d’une « image de la France » dans laquelle « les Français se reconnaissaient volontiers. » Le 5 janvier, une foule d’anonymes et de personnalités (dont Grace de Monaco, Louis de Funès, Michel Simon ou Georges Carpentier) se réunit à l’église de Marnes-la-Coquette où ses obsèques sont célébrées. Maurice Chevalier est inhumé au « cimetière nouveau » de la ville, aux côtés de sa mère, et non loin d’Albert Willemetz, à qui il devait beaucoup de ses grands succès.

 

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