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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Eve et Marie de Corneille

Posté par francesca7 le 14 juillet 2013

Eve et Marie de Corneille dans POESIE FRANCAISE marie

Homme, qui que tu sois, regarde Eve et Marie,
Et comparant ta mère à celle du Sauveur,
Vois laquelle des deux en est le plus chérie,
Et du Père Eternel gagne mieux la faveur.

L’une a toute sa race au démon asservie,
L’autre rompt l’esclavage où furent ses aïeux
Par l’une vient la mort et par l’autre la vie,
L’une ouvre les enfers et l’autre ouvre les cieux.

Cette Ève cependant qui nous engage aux flammes
Au point qu’elle est bornée est sans corruption
Et la Vierge  » bénie entre toutes les femmes « 
Serait-elle moins pure en sa conception ?

Non, non, n’en croyez rien, et tous tant que nous sommes
Publions le contraire à toute heure, en tout lieu :
Ce que Dieu donne bien à la mère des hommes,
Ne le refusons pas à la Mère de Dieu.

Pierre CORNEILLE   (1606-1684)

 

220px-gravure_pierre_corneille dans POESIE FRANCAISEPierre Corneille, aussi appelé « le Grand Corneille » ou « Corneille l’aîné », né le 6 juin 1606 à Rouen et mort le 1er octobre 1684 à Paris (paroisse Saint-Roch), est un dramaturge etpoète français du xviie siècle.

Issu d’une famille de la bourgeoisie de robe, Pierre Corneille, après des études de droit, occupa des offices d’avocat à Rouen tout en se tournant vers la littérature, comme bon nombre de diplômés en droit de son temps. Il écrivit d’abord des comédies comme MéliteLa Place royaleL’Illusion comique, et des tragi-comédies Clitandre (vers 1630) et en 1637, Le Cid, qui fut un triomphe, malgré les critiques de ses rivaux et des théoriciens. Il avait aussi donné dès 1634-35 une tragédie mythologique (Médée), mais ce n’est qu’en 1640 qu’il se lança dans la voie de la tragédie historique — il fut le dernier des poètes dramatiques de sa génération à le faire —, donnant ainsi ce que la postérité considéra comme ses chefs-d’œuvre : HoraceCinnaPolyeucteRodoguneHéraclius et Nicomède.

Déçu par l’accueil rencontré par Pertharite (1652, pendant les troubles de la Fronde), au moment où le début de sa traduction de L’Imitation de Jésus-Christ connaissait un extraordinaire succès de librairie, il décida de renoncer à l’écriture théâtrale et acheva progressivement la traduction de L’Imitation. Plusieurs de ses confrères, constatant à leur tour que la Fronde avait occasionné un rejet de la tragédie historique et politique, renoncèrent de même à écrire des tragédies ou se concentrèrent sur le genre de la comédie. Tenté dès 1656 de revenir au théâtre par le biais d’une tragédie à grand spectacle que lui avait commandée un noble normand (La Conquête de la Toison d’or, créée à Paris six ans plus tard fut l’un des plus grands succès du siècle), occupé les années suivantes à corriger tout son théâtre pour en publier une nouvelle édition accompagnée de discours critiques et théoriques, il céda facilement en 1658 à l’invitation du surintendant Nicolas Fouquet et revint au théâtre au début de 1659 en proposant une réécriture du sujet-phare de la tragédie, Œdipe. Cette pièce fut très bien accueillie et Corneille enchaîna ensuite les succès durant quelques années, mais la faveur grandissante des tragédies où dominait l’expression du sentiment amoureux (de Quinault, de son propre frère Thomas, et enfin de Jean Racine) relégua ses créations au second plan. Il cessa d’écrire après le succès mitigé de Suréna en 1674. La tradition biographique des XVIIIe et XIXe siècles a imaginé un Corneille confronté à des difficultés matérielles durant ses dernières années, mais tous les travaux de la deuxième moitié du 20e siècle révèlent qu’il n’en a rien été et que Corneille a achevé sa vie dans une confortable aisance.

Son œuvre, 32 pièces au total, est variée : à côté de comédies proches de l’esthétique baroque, pleines d’invention théâtrale comme L’Illusion comique, Pierre Corneille a su donner une puissance émotionnelle et réflexive toute nouvelle à la tragédie moderne, apparue en France au milieu du XVIe siècle. Aux prises avec la mise en place des règles classiques, il a marqué de son empreinte le genre par les hautes figures qu’il a créées : des âmes fortes confrontées à des choix moraux fondamentaux (le fameux « dilemme cornélien ») comme Rodrigue qui doit choisir entre amour et honneur familial, Auguste qui préfère la clémence à la vengeance ou Polyeucte placé entre l’amour humain et l’amour de Dieu. Si les figures des jeunes hommes pleins de fougue (Rodrigue, le jeune Horace) s’associent à des figures de pères nobles (Don Diègue ou le vieil Horace), les figures masculines ne doivent pas faire oublier les personnages féminins vibrant de sentiments comme Chimène dans Le Cid, Camille dans Horace ou Cléopâtre, reine de Syrie, dans Rodogune.

L’œuvre de Pierre Corneille est aussi marquée par la puissance d’un alexandrin rythmé qui donne de célèbres morceaux de bravoure (monologue de Don Diègue dans Le Cid, imprécations de Camille dans Horace) et la force de maximes à certaines paroles (« Laisse faire le temps, ta vaillance et ton roi », dernier vers du Cid - « Je suis maître de moi comme de l’univers », Cinna, V, 3 -« Dieu ne veut point d’un cœur où le monde domine » Polyeucte, I,1).

Le théâtre de Pierre Corneille fait ainsi écho aux tournures du Grand Siècle dont il reflète aussi les valeurs comme l’honneur et les grandes interrogations, sur le pouvoir par exemple (contexte de la mort de Richelieu et de Louis XIII et question de la guerre civile dans La Mort de Pompée (1643), lutte pour le trône dans Nicomède (1651, dans le contexte de la Fronde).

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La forêt de Chateaubriand

Posté par francesca7 le 14 juillet 2013

La forêt de Chateaubriand dans POESIE FRANCAISE 320px-foret

Forêt silencieuse, aimable solitude, 
Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude ! 
Prestiges de mon coeur ! je crois voir s’exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse : 
Cette onde que j’entends murmure avec mollesse, 
Et dans le fond des bois semble encor m’appeler. 
Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière 
Ici, loin des humains !… Au bruit de ces ruisseaux, 
Sur un tapis de fleurs, sur l’herbe printanière, 
Qu’ignoré je sommeille à l’ombre des ormeaux ! 
Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles ;
Ces genêts, ornements d’un sauvage réduit, 
Ce chèvrefeuille atteint d’un vent léger qui fuit, 
Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.
Forêts, dans vos abris gardez mes voeux offerts ! 
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ? 
D’autres vous rediront des amours étrangères ; 
Moi de vos charmes seuls j’entretiens les déserts.

François-René de CHATEAUBRIAND   (1768-1848)

 

170px-anne-louis_girodet-trioson_006 dans POESIE FRANCAISEFrançois-René, vicomte de Chateaubriand, né à Saint-Malo le 4 septembre 1768 et mort à Paris le 4 juillet 1848, est un écrivain romantique et homme politique français. Il est considéré comme l’un des précurseurs du romantisme français et un des grands noms de la littérature française en général.

Si le rôle politique de Chateaubriand dans la mouvance royaliste au moment du Premier Empire et de la Restauration est resté mineur, il en va tout autrement dans le domaine littéraire où sa place est grande. En effet ses descriptions de la nature et son analyse des sentiments du « moi » en ont fait un modèle pour la génération des écrivains romantiques en France (« Je veux être Chateaubriand ou rien » proclamait le jeune Victor Hugo). Il a aussi, le premier, dans René, ou les Effets des passions (1802) formulé le « vague des passions » qui deviendra un lieu commun du romantisme et fera de René le personnage emblématique de cette sensibilité nouvelle, créée avec une prose ample et rythmée que ses détracteurs qualifieront d’ampoulée. 

Il participera aussi au goût pour l’exotisme de l’époque en évoquant l’Amérique du Nord où il a voyagé dans Atala (1801) ou Les Natchez (1826) ou encore dans le récit de son voyage en Méditerranée dans Itinéraire de Paris à Jérusalem en 1811.

L’œuvre monumentale de Chateaubriand reste les Mémoires d’outre-tombe (posthumes, 1849-1850) dont les premiers livres recréent son enfance et sa formation dans son milieu social de petite noblesse bretonne à Saint-Malo ou à Combourg alors que les livres suivants relèvent davantage du tableau historique des périodes dont il a été le témoin de 1789 à 1841. Ce qui fait de ce texte à la fois un chef-d’œuvre de l’autobiographie romantique et une mine d’informations pour l’historien.

Le vicomte François-René de Chateaubriand est issu d’une très vieille famille aristocratique ruinée de Saint-Malo où elle s’est établie en 1757, famille qui a retrouvé sa dignité d’antan grâce à la réussite commerciale du père de Chateaubriand, le comte René-Auguste (René-Auguste de Chateaubriand, chevalier, comte de Combourg, seigneur de Gaugres, le Plessis l’Épine, Boulet, Malestroit en Dol et autres lieux). Cette réussite commerciale est fondée sur le commerce avec les colonies où il fut corsaire en temps de guerre, pêcheur de morue et négrier en temps de paix. Cadet de dix enfants, dont quatre sont morts en bas âge, le jeune François-René doit d’abord vivre éloigné de ses parents, à Plancoët où il est placé en nourrice chez sa grand-mère Madame de Bédée qui l’amène souvent chez son grand-oncle, au manoir de Monchoix. Il a trois ans quand la réussite de son père permet à ce dernier de racheter en 1771 le château de Combourg en Bretagne, dans lequel la famille Chateaubriand s’installe en 1777. François-René y passe une enfance qu’il décrira comme souvent morose auprès d’un père taciturne et d’une mère superstitieuse et maladive mais gaie et cultivée, Apolline Jeanne Suzanne de Bédée, fille du seigneur de La Bouëtardaye.

Il fait successivement ses études aux collèges de Dol (1777 à 1781), de Rennes (1782) et de Dinan (1783), il obtient un brevet de sous-lieutenant au régiment de Navarre à 17 ans, sous les ordres de son frère Jean-Baptiste (lequel le présentera à la Cour pour qui il ressent « un dégoût invincible »), puis est fait capitaine à dix-neuf ans. Il vient à Paris en 1788, où il se lie avec Jean-François de La Harpe, Jean-Pierre Louis de Fontanes et autres écrivains de l’époque, et fait ses débuts littéraires en écrivant des vers pour l’Almanach des Muses. Il est alors nourri de Corneille et marqué par Rousseau.

En janvier 1789, il participe aux États de Bretagne. En juillet de la même année, il assiste à la prise de la Bastille avec ses sœurs Julie et Lucile.

Il se marie en 1792 avec Céleste de La Vigne-Buisson (Céleste de Chateaubriand), descendante d’une famille d’armateurs de Saint-Malo, âgée de 17 ans. Ils n’auront pas de postérité.

 

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Complainte amoureuse d’Alphonse Allais

Posté par francesca7 le 14 juillet 2013

Oui dès l’instant que je vous vis
Beauté féroce, vous me plûtes
De l’amour qu’en vos yeux je pris
Sur-le-champ vous vous aperçûtes
Ah ! Fallait-il que je vous visse
Fallait-il que vous me plussiez
Qu’ingénument je vous le disse
Qu’avec orgueil vous vous tussiez
Fallait-il que je vous aimasse
Que vous me désespérassiez
Et qu’enfin je m’opiniâtrasse
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m’assassinassiez

Alphonse ALLAIS   (1854-1905)

 

Complainte amoureuse d'Alphonse Allais dans POESIE FRANCAISE alphonse_allais_1899Alphonse Allais est un journaliste, écrivain et humoriste français né le 20 octobre 1854 à Honfleur (Calvados) et mort le 28 octobre 1905 à Paris.

Célèbre à la Belle Époque, reconnu pour sa plume acerbe et son humour absurde, il est notamment renommé pour ses calembours et ses vers holorimes. Il est parfois considéré comme l’un des plus grands conteurs français.

Alphonse Allais est fils d’un pharmacien et cadet d’une fratrie de cinq enfants. À l’école, Alphonse semble plutôt se destiner à une carrière scientifique : il passe à seize ans son baccalauréat en sciences. Recalé à cause des oraux d’histoire et de géographie, il est finalement reçu l’année suivante. Il devient alors stagiaire dans la pharmacie paternelle, mais ses expériences et ses faux médicaments ne sont pas du goût de son père, qui l’envoie étudier à Paris. Mais Alphonse, préférant passer son temps sur des terrasses de café ou dans le jardin du Luxembourg, ne se présente pas à l’un des examens de l’école de pharmacie. Son père, s’apercevant que les fréquentations extra-estudiantines de son fils ont pris le pas sur ses études, décide de lui couper les vivres. Pour subsister, il s’essaye d’abord à la photographie, sur les traces de son ami Charles Cros, mais ne connaît pas le succès. Il décide alors de s’essayer au métier de journaliste, publiant des chroniques loufoques dans diverses revues parisiennes. Avec ses amis du quartier latin, il fait aussi partie de plusieurs groupes fantaisistes comme Les FumistesLes Hydropathes ou Les Hirsutes.

En 1880, après avoir terminé sans succès ses études de pharmacie, Alphonse devient collaborateur du journal Le Chat noir dans lequel il signe pour la première fois en 1883. C’est grâce à ses écrits humoristiques et à ses nouvelles écrites au jour le jour qu’il connaît le succès. En 1886, il devient directeur du Chat noir et continue à publier chaque jour des contes et d’autres œuvres courtes dans des journaux tels que le Gil Blas ou, à partir de 1892, Le Journal.

C’est à cette période qu’Alphonse sort ses premiers recueils : À se tordre (1891) et Vive la vie ! (1892). Au cœur de la Belle Époque, il devient célèbre et populaire grâce à son écriture légère et à son humour déplacé, ses calembours et ses vers holorimes.

En 1895, Alphonse Allais se marie avec une jeune femme de vingt-six ans, Marguerite Marie Gouzée, fille d’un brasseur d’Anvers. En 1897, il devient rédacteur en chef d’un journal humoristique, Le Sourire, créé en1899 par Maurice Méry, pour rivaliser avec Le Rire. Il continue aussi à publier des recueils : Ne nous frappons pas sort en 1900 et Le Captain Cap, personnage qui incarne le goût de l’absurde caractéristique d’Alphonse Allais, paraît en 1902. Mais derrière son écriture légère et son style narquois, on sent dans les écrits d’Allais une sorte de déception ; ses critiques des militaires, des politiques et des curés sont toujours empreintes d’un certain pessimisme.

Il meurt frappé d’une embolie pulmonaire, consécutive à une phlébite pour laquelle son médecin lui ordonne de rester au lit pendant six mois. Négligeant cette recommandation, il va au café, comme tous les jours et, à un ami qui le raccompagne à son domicile, il fait sa dernière plaisanterie :

« Demain je serai mort ! Vous trouvez ça drôle, mais moi je ne ris pas. Demain, je serai mort ! »

Comme il l’avait annoncé, il meurt le lendemain. Il est enterré au cimetière parisien de Saint-Ouen. À la fin de la Seconde Guerre mondiale (en 1944), une bombe de la Royal Air Force a totalement pulvérisé sa tombe… Ses cendres « virtuelles » ont été transférées à Montmartre en 2005.

Il reste de lui l’image d’un homme à l’humour acide et un spécialiste de la théorie de l’absurde. Ses travaux scientifiques sont moins connus (recherches sur la photographie couleur et dépôt d’un brevet pour du café lyophilisé, ainsi que des travaux très poussés sur la synthèse du caoutchouc).

 

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LE MARÉCHAL

Posté par francesca7 le 14 juillet 2013

LE MARÉCHAL dans POESIE FRANCAISE a

PAR JEAN HENRI FABRE

Noirci plus qu’une taupe 
par la suie et le charbon, 
pin-pan, pin-pan ! le maréchal martelle, 
sur l’enclume qui retentit, 
son fer. L’atelier se remplit 
d’un horrible jaillissement de lueurs et d’étincelles.

On dirait alors qu’un serpenteau 
fuse sous le marteau. 
Pin-pan, pin-pan ! Dans ses sourcils épaissis 
en touffes de dur gazon, on voit 
pleuvoir une averse ardente ; on entend 
par moments grésiller sa barbe hérissée.

Il sue le noir maréchal, 
en frappant son fer chaud. 
Pin-pan, pin-pan, pin-pan ! L’encre coule et descend, 
par gouttes, de ses bras musculeux, 
de ses joues et de son front brûlés, 
sur sa poitrine poilue comme un dessus de malle.

Que donnera travail si farouche ? 
Que sortira-t-il de cet enfer ? 
Pin-pan, pin-pan, pin-pan ! La chose est finie. 
Qu’est-ce ? Un fer pour chausser 
le sabot d’un âne, dépenaillé, 
dévoré par la vermine et pelé par la gale.

Moi aussi, de mon franc métier, 
je suis maréchal : sur le papier, 
cri-cra, cri-cra, cri-cra ! je martelle la pensée. 
La plume donne les coups 
sur la page ; et dans le cerveau, 
étincelle le feu de la forge embrasée.

Et je trime dur, tout grisé 
par l’idée, tout accablé. 
Cri-cra, cri-cra, cri-cra ! La plume n’est pas saucée 
dans l’encre seulement. Oh ! non ! 
A mon avis ce n’est pas assez : 
elle est amorcée d’un lambeau sanglant de l’âme.

Tu comprends, gai compagnon, 
comme cela vous casse reins et tête, 
cri-cra, cri-cra, cri-cra ! la folle farandole 
de l’idée dans le cerveau 
pour éclore de sa coquille ? 
Ta forge n’a rien de tel pour user les moëlles.

Pelé, galeux plus que le tien 
je connais un âne ; c’est le mien. 
Cri-cra, cri-cra, cri-cra ! la page se noircit 
pour le tirer d’un mauvais mal 
qui en fait le pire animal. 
Pour gale il a l’ignorance, et ce n’est pas tout encore.

Il a l’ignorance, mon roussin ; 
il a dans la vue une verrue 
dure, épaisse, venimeuse, vermine de l’âme, 
qui ronge plus que la peau. 
Il faut le tirer de là au plus vite. 
Il faut, dans ses ténèbres, faire luire la flamme.

Bien que cela ne rapporte pas toujours son morceau de pain, 
c’est oeuvre de valeur, n’est-ce pas, noir compère ? 
Continuons donc à faire, chacun dans notre coin, 
moi pour l’homme cri-cra, toi pour l’âne pin-pan.

ba dans POESIE FRANCAISEJean-Henri Fabre né de le 21 Décembre 1823 à St Léons, petite commune du canton de Vezins à quelques lieues de Millau dans le Haut-Rouergue. Il est le premier enfant d’Antoine Fabre et Victoire Salgues. Fabre est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur grâce à Duruy.

La découverte de l’alizarine rend obsolète ses brevets. 
Il donne des cours du soir pour adultes qui obtiennent un franc succès.

En 1870 Les méthodes d’enseignement de Fabre déclenchent l’animosité des cléricaux et des conservateurs.
Il démissionne et part s’installer, en novembre, à Orange avec toute sa famille. Fabre a 47 ans, il est sans ressources en pleine guerre.
Dans les années qui suivent il écrit plus de 70 livres pour les élèves et pour les maîtres.

En 1913 Jean-Henri Fabre rédige une préface pour sa biographie écrite par le Docteur G. V. Legros : « La Vie de J.-H. Fabre, naturaliste, par un disciple », traduite en anglais : « Fabre, Poet of Science » par Bernard Miall.
Traduction d’extraits des « Souvenirs entomologiques » en anglais par Alexander Teixeira de Mattos : « The Life of the Caterpillar » .

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