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    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Le fameux thym de nos campagnes

Posté par francesca7 le 2 juillet 2013

 Le fameux thym de nos campagnes dans FLORE FRANCAISE thym

Nom commun : thym.
Noms scientifiques : 
Thymus vulgarisThymus serpyllum, Thymus citriodorus.
Famille
 : labiacées.

Plante vivace de 5-30 cm, verte, glabrescente ou peu velue, aromatique; souche peu épaisse, émettant de longues tiges couchées-radicantes, formant un gazon assez serré; rameaux assez allongés, brièvement pubescents tout autour; feuilles petites, obovales en coin ou linéaires-oblongues (4-6 mm de long), atténuées et longuement ciliées à la base, glabres sur les faces, à nervures saillantes; inflorescence en têtes globuleuses ou ovoïdes; calice poilu tout autour ou glabre en dessus. Espèce polymorphe.

Floraison de mai à septembre.

Habitats:

Lieux secs et arides, surtout calcaires, dans presque toute la France.

Applications:

Le serpolet est puissamment antiseptique et antifongique. On l’absorbe en infusion ou en sirop pour soigner grippes, rhumes, maux de gorge, toux, coqueluches, infections pulmonaires et bronchites. Grâce à son action sur les sécrétions nasales, le serpolet soulage le nez bouché, la sinusite et l’otite. On l’a utilisé comme vermifuge infantile et pour expulser les gaz intestinaux. Du fait de son action antispasmodique, il soulage aussi les règles douloureuses. On l’applique en cataplasme pour soigner les mastites (inflammations des seins), et en lotion pour cicatriser plaies et ulcères. Le serpolet parfume l’eau des bains. On peut aussi mettre des sachets de serpolet dans les oreillers.

Constituants:

Huile essentielle (composée de thymol, de carvacrol et de linolol), flavonoïdes, acide caféique, tanins et résine. Les propriétés de l’huile essentielle sont proches de celles de l’huile de thym (Thymus vulgaris) mais moins puissantes.

Principes actifs et propriétés

Les fines herbes ne sont habituellement pas consommées en grande quantité. Utilisées comme assaisonnements, elles ne peuvent alors pas procurer tous les bienfaits santé qui leur sont attribués. L’ajout de fines herbes de façon régulière et significative aux aliments permet de contribuer, ne serait-ce que de façon minime, à l’apport en antioxydants de l’alimentation. Par contre, la consommation de fines herbes à elle seule ne peut répondre aux besoins en antioxydants du corps.

La majorité des études sur les fines herbes ont été réalisées chez l’animal à partir d’extraits de la plante. L’extrait est utilisé afin d’être en mesure d’isoler et de concentrer les principes actifs, ainsi que pour comprendre les mécanismes d’action. Chez l’humain, il est difficile d’évaluer les effets santé de la consommation de fines herbes puisque les quantités consommées sont généralement faibles.

Antioxydants. Les antioxydants sont des composés qui réduisent les dommages causés par les radicaux libres dans le corps. Ces derniers sont des molécules très réactives qui seraient impliquées dans l’apparition des maladies cardiovasculaires, de certains cancers et de maladies liées au vieillissement. Quelques chercheurs ont évalué la capacité antioxydante des fines herbes et tous s’entendent pour dire que les fines herbes fraîches ont une capacité antioxydante non négligeable, parfois même plus élevée que celle de certains fruits et légumes. Cela démontre qu’effectivement, l’ajout de fines herbes de façon régulière dans l’alimentation contribue à l’apport en antioxydants. Dans deux études, le thym se situait parmi les fines herbes séchées contenant les plus grandes quantités d’antioxydants ou ayant les plus grandes capacités antioxydantes. Différents composés du thym lui permettent de posséder un tel statut, tels les flavonoïdes, l’acide rosmarinique et l’acide caféique.

thymian dans FLORE FRANCAISE

Maladies cardiovasculaires. Des chercheurs ont remarqué qu’un extrait de thym, contenant un principe actif nommé thymol, empêchait l’agrégation des plaquettes in vitro. Cet effet a également été observé in vivo chez des souris à qui des chercheurs ont administré des extraits de thym. Rappelons que l’agrégation des plaquettes est une réaction importante pour arrêter le saignement, mais qu’une agrégation excessive peut causer des thromboses et de l’artériosclérose. Dans une autre étude in vitro, il a été démontré que des extraits de thym pouvaient augmenter la production d’oxyde nitrique, un composé jouant un rôle majeur dans la relaxation des vaisseaux sanguins. Il est connu que le maintien d’une dilatation adéquate des vaisseaux sanguins peut diminuer l’incidence de maladies cardiovasculaires. Les mécanismes responsables de cet effet ne sont pas totalement élucidés; certains composés phénoliques du thym (dont le thymol) ainsi que l’activité antioxydante totale de cette herbe, pourraient y jouer un rôle. De futures études devront être effectuées afin de vérifier si l’effet vasodilatateur observé in vitro serait le même chez l’humain.

 

Histoire du Thym

Thymus provient du grec thumon qui signifie « offrande (que l’on brûle) » et « parfum », à cause de l’odeur agréable que la plante dégage naturellement ou lorsqu’on la fait brûler.

Les Égyptiens et les Étrusques utilisaient le thym mélangé aux onguents pour embaumer leurs morts. Les Grecs en brûlaient devant l’autel de leurs dieux, les places publiques et les riches demeures, pensant que cette plante était source de courage ; ils en mettaient aussi dans leurs plats ; le thym était aussi utilisé à profusion comme parfum stimulant qu’ils versaient dans leur bain ou dont ils s’oignaient le corps. La légende veut que Pâris enleva la Belle Hélène et que la princesse était fort triste : à chaque larme qui tombait de ses yeux sur le sol, naissait une touffe de thym.
Les Romains, la diffusant en Europe, en faisaient de nombreuses sortes de cosmétiques (eau de toilette parfumant même leurs couches, baume censé retarder le vieillissement) et s’en servaient pour purifier leurs pièces d’habitation et pour « donner du parfum aux fromages et liqueurs. ».

Ce symbole de courage se perpétue au Moyen Âge, notamment lors des Croisades. Les demoiselles brodaient des abeilles voletant près d’une branche de thym sur les écharpes qu’elles offraient à leur chevalier qui partait trop loin de leur cœur. Les sorcières fabriquaient des philtres d’amour à base de marjolaine, de thym, de verveine et de fleurs de myrte. Il était aussi placé sous les oreillers (car il favoriserait le sommeil en chassant les cauchemars et la mélancolie) et sur les cercueils lors des funérailles car on pensait qu’il facilitait le passage dans l’autre vie.

Dans le langage des fleurs, il est symbole de courage, amour durable, esprit de créativité, dynamisme et résistance physique.

Le thym est la plante correspondant au 28 Prairial du calendrier républicain.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsUtilisations

  • Le thym est utilisé comme aromate en cuisine et comme plante médicinale, dans les tisanes ou même dans les bonbons (Ricola par exemple).
  • En tisane, il sert à soigner les infections respiratoires. Une tisane de thym est également efficace pour drainer le foie, ce qui fait qu’il est recommandé par la naturopathie pour les personnes subissant une chimiothérapie, traitement très destructeur pour le foie.
  • C’est aussi un excellent calmant.

Culinaire

Le thym est une plante condimentaire très utilisée en particulier dans la cuisine provençale et rurale. Avec le laurier et le persil, il fait partie du bouquet garni qui relève de nombreuses recettes de viande en sauce.

 

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LE CÈDRE DE GIGOUX

Posté par francesca7 le 2 juillet 2013

LE CÈDRE DE GIGOUX 

(D’après Chroniques et légendes des rues de Paris. Édouard Fournier, 1864)

LE CÈDRE DE GIGOUX  dans FLORE FRANCAISE cedre

Pendant que nos soldats partaient, il y a trois ans, pour le Liban, avec une mission héroïque, à laquelle ne devaient faillir ni leur dévouement ni leur courage, un enfant perdu de ces belles contrées, un exilé de la célèbre montagne, qui depuis cent vingt-six ans s’était fait une patrie d’un petit coin de la terre parisienne, un admirable cèdre, était menacé de périr. Je dois vous dire d’abord, pour que vous ne soyez pas trop effrayé, que ce cèdre n’était pas celui du Jardin des Plantes, mais son frère jumeau.

Où se trouvait-il ? dans un charmant jardin d’artiste du quartier Beaujon. Mais pourquoi s’y trouvait-il plutôt qu’ailleurs, tandis que c’est le Jardin des Plantes qui, si loin de là, possède encore l’autre ? Tout cela va deman-der quelques explications qui ne sont pas, je crois, sans intérêt.

Je commencerai, s’il vous plaît, par quelques mots sur la grande famille des cèdres, dont celui-ci est un lointain rejeton, et qui couvrent de leurs derniers ombrages la quatrième et la plus élevée des zones du Liban. Il y a trois cents ans, ces contemporains des époques bibliques étaient encore au nombre de vingt-huit mais depuis lors la neige, qui s’éternise de plus en plus à leur base, les a décimés d’année en année. Il y a cent ans, Schultz n’en comptait plus que vingt, et M. de Lamartine, qui les visita au mois d’avril 1833, n’en trouva plus que sept. Ces arbres, a-t-il dit, dans son Voyage en Orient, sont les monuments naturels les plus célèbres de l’univers. La religion, la poésie, et l’histoire les ont également consacrés. L’Écriture sainte les célèbre en plusieurs endroits.

Les Arabes de toutes les sectes ont une vénération traditionnelle pour ces arbres. Ils leur attribuent non seulement une force végétative qui les fait vivre éternellement, mais encore une âme qui leur fait donner des signes de sagesse, de prévision, semblables à ceux de l’instinct chez les animaux, de l’intelligence chez les hommes. Ils connaissent d’avance les saisons, ils remuent leurs vastes rameaux comme des membres, ils étendent ou resserrent leurs coudes, ils élèvent vers le ciel ou inclinent vers la terre leurs branches, selon que la neige se prépare à tomber ou à fondre. Ce sont des êtres divins sous la forme d’arbres. Ils croissent dans ce seul site des croupes du Liban ; ils prennent racine bien au dessus de la région où toute grande végétation expire. Tout cela frappe d’étonnement les peuples d’Orient.

Chaque année, au mois de juin, les populations de Beschierai, d’Eden, de Kanobin et de tous les villages des vallées voisines, montent aux cèdres et font célébrer une messe à leurs pieds. Que de prières n’ont pas résonné sous ces rameaux ! et quel plus beau temple, quel autel plus voisin du ciel ! quel dais plus majestueux et plus saint que le dernier plateau du Liban, le tronc des cèdres et le dôme de ces rameaux sacrés, qui ont ombragé et ombragent encore tant de générations humaines prononçant le nom de Dieu différemment, mais le reconnaissant partout dans ses œuvres, et l’adorant dans ses manifestations naturelles !

Il se passa bien des siècles avant que l’Europe connût l’arbre syrien. Du temps des croisades, on essaya de l’acclimater chez nous, mais inutilement. Les cinq troncs de cèdres rapportés du Liban par saint Louis, et conservés « bruts et inutiles, dit Sauval, et vêtus de leur écorce » dans le trésor de la Sainte-Chapelle, furent tout ce qui resta de cette importation. L’arbre mort restait pour faire penser à l’arbre qui n’avait pu vivre.

Dans la première moitié du règne de Louis XV, en 1734, la France ne possédait pas encore un seul cèdre. L’Angleterre, plus heureuse en voyait plusieurs croître dans ses jardins, et s’en montrait on ne peut plus fière. Bernard de Jussieu, qui était alors démonstrateur des plantes au Jardin du Roi (Jardin des Plantes), jura que nos pépinières n’auraient pas longtemps à envier sur ce point les pépinières anglaises ; et il tint parole. C’est à l’Angleterre même qu’il alla dérober l’arbre tant convoité par nous et soigneusement gardé par elle. Il en obtint deux pauvres pieds bien chétifs, qu’on ne lui donna peut être que parce qu’on pensait qu’ils ne pourraient pas vivre. C’est, dit-on, le médecin anglais Collinson, qui lui en fit présent. Vous savez le reste de l’histoire, à laquelle se mêla, comme il arrive toujours pour les histoires devenues populaires, un peu de légende et d’invraisemblance.

Ne sachant où loger sa conquête, c’est-à-dire où la cacher, car il l’emportait un peu comme un voleur, Bernard de Jussieu se servit de son chapeau pour y mettre en bonne terre les deux brins de verdure qui devaient être plus tard deux arbres géants. J’ai longtemps douté de ce détail. Le chapeau devenu pot de fleur, le tricorne porte-cèdre, me semblait un peu légendaire, mais Condorcet, m’ayant confirme le fait dans un Éloge de Jussieu où tout est vérité, je n’ai plus hésité à croire. La légende ne parle que d’un cèdre, mais Condorcet dit expressément que Bernard en a rapporté deux : l’un qui a si bien grandi près du labyrinthe du Jardin des Plantes ; l’autre dont nous vous parlerons tout à l’heure.

La tradition ajoute sur leur voyage d’émigration bien des détails que n’a pas oubliés M. Gozlan dans l’article, d’un esprit charmant mais d’une vérité douteuse, qu’il écrivit, en 1834 sur Le cèdre du Jardin des Plantes, pour célébrer son centenaire.

Le voyage fut long, dit-il, tempétueux ; l’eau douce manqua ; l’eau douce, ce lait d’une mère pour le voyageur. A chacun on mesura l’eau ; deux verres pour le capitaine, un verre pour les braves matelots, un demi-verre pour les passagers. Le savant à qui appartenait le cèdre était passager : il n’eut q’un demi-verre. Le cèdre ne fut pas même compté pour un passager, il n’eût rien ; mais le cèdre était l’enfant du savant, il le mit près de sa cabines, et le réchauffa de son haleine ; il lui donna la moitié de sa moitié d’eau et le ranima. Tout le long du voyage, le savant but si peu d’eau, et le cèdre en but tant qu’ils furent descendus au port, l’un mourant, l’autre superbe, haut de six pouces. Tout cela, certes, est on ne peut plus touchant ; tout cela même pourrait être vrai, s’il s’était agi d’un très long voyage, du Liban à Marseille, par exemple ; mais pour une simple traversée de Douvres à Calais, tout cela n’est guère vraisemblable.

Aussi n’est-ce pas vrai, pour l’aventure dont il s’agit, du moins. Ce n’est pas Bernard de Jussieu qui faillit mourir de soif par dévouement pour son arbuste altéré, c’est le capitaine De Clieu ; l’arbuste, ainsi ranimé et mis en état de vivre, n’était pas un cèdre, mais un plant de caféier ; et le voyage que l’homme et son cher arbuste avaient à faire, n’était pas une simple traversée de Douvres à Calais, mais un voyage de plus long cours. De Clieu allait du Havre à la Martinique, où le plant de café qu’il avait ainsi pu sauver devint la souche de tous ceux qui, depuis 1716, ont si miraculeusement pullulé sur les parties montueuses de cette belle colonie, dont ils sont la richesse. Rendons à De Clieu ce qui est à De Clieu, au caféier ce qui appartient au caféier, et revenons à Bernard de Jussieu et à ses cèdres en espérance.

Quand il fut de retour au Jardin du Roi (Jardin des Plantes), Bernard y chercha bien vite un coin de la meilleure terre pour y faire sa plantation. C’est près de la butte, dont on a fait le labyrinthe, qu’il trouva ce coin béni. Le sol en était excellent. Bernard savait que, pendant des siècles, le Montfaucon du Paris de la rive gauche s’était trouvé là, et que le monticule ou copeau (vieux mot signifiant butte ou monticule, d’où vient le nom de la rue Copeau), du labyrinthe avait même été formé par ces amas d’immondices, qui sont pour la terre un si merveilleux engrais.

cedres dans FLORE FRANCAISE

Celui de ses deux cèdres qu’il y planta devait certainement pousser la on ne peut mieux. En effet, Bernard de Jussieu eut bonheur de le voir croître comme par magie. Lorsque Bernard mourut, quarante-trois ans après, en 1777, « il pouvait admirer, dit Condorcet, la cime de son arbre chéri qui dominait les plus grands arbres. » Il serait beaucoup plus élevé encore si la flèche n’eut été cassée par accident. Or, ces sortes d’arbres poussent par le sommet des branches, et quand ce sommet est coupé, ils ne croissent plus. Bien loin de là, sur un point tout opposé de la grande ville, entre l’église, alors très humble chapelle, de Saint-Philippe-du-Roule et l’avenue des Champs-Elysées, existait alors la Pépinière du Roi, « où l’on élevoit, dit un livre du temps, des fleurs, des arbustes, des arbres, pour en fournir aux Tuileries, à Versailles et autres maisons royales . »

Les cèdres qui ornent aujourd’hui nos parcs viennent de celui-ci sans doute ou de son jumeau du Jardin des Plantes. Nous connaissons une lettre de Marie-Antoinette relative à la plantation de l’un de ces précieux rejetons, qui devait être faite par Joseph de Jussieu, frère de Bernard. Elle y donne ordre de réunir les jardiniers pour désigner la place des arbres choisis par M. de Jussieu. « Une collation d’encas sera prête pour M. de Jussieu qui érigera devant elle le cèdre du Liban. » C’est là que Bernard de Jussieu vint planter le second de ses cèdres. Il poussa aussi bien que l’autre, car le terrain n’était pas là moins excellent qu’au Jardin du Roi (Jardin des Plantes).

Malheureusement, peu de temps après, la Pépinière dut changer de place. On la transplanta, c’est bien le mot ici, de l’autre côté du faubourg du Roule, au delà du grand égout, sur un espace, longé bientôt par une rue nouvelle, qui s’appelle, pour cette raison, rue de la Pépinière.

L’ancienne qu’on supprimait ainsi, avait été déjà singulièrement amoindrie, à l’époque où Bernard de Jussieu était venu lui confier le second de ses deux cèdres. En 1719, une partie des terrains avait été envahie par les officiers de la Monnaie de Paris, qui se prétendaient de très anciens droits sur tout le quartier du Roule. Le clos de la Pépinière, selon l’abbé Lebeuf, était attaché à la Monnaie de Paris. C’est à cause de cette propriété, dépendante du Roule, dont ils se disaient seigneurs, que messieurs de la monnaie ayant en 1691, à percer une rue entre celle où se trouvait leur hôtel et la rue Saint-Honoré, lui donnèrent le nom de rue du Roule.

Les officiers de la Monnaie de Paris, destinaient l’espace repris par eux, à la construction d’un nouvel hôtel des Monnaies. On fit les fondations, mais on n’alla pas plus loin, et pour cause. On était alors à l’époque, du système. Or, pourquoi un hôtel de monnayage, quand M. Law, contrôleur générai des finances remplaçait la monnaie par du papier ? En 1770, un autre projet qui fit poussé plus loin, sans être pour cela plus heureux, vint enlever à la Pépinière un nouveau morceau de terrain. On l’acheta pour y construire, d’après les plans de Le Camus de Choiseul l’immense établissement de boue et de crachat, dont, moins de dix ans après, il ne restait plus que le nom, qui fut pris comme écriteau, par la rue du Colisée, tracée sur son emplacement.

http://www.paris-pittoresque.com/jardins/2.htm

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Laurier camphrier

Posté par francesca7 le 2 juillet 2013

Laurier camphrier  

 

 Laurier camphrier dans FLORE FRANCAISE camphre

Ce grand et bel arbre plaît par son port et son ombrage, par l’odeur qu’il exhale de toutes parts et les bonnes qualités de son bois ; il joint à ce mérite celui de fournir au commerce une matière employée dans la pharmacie et dans plusieurs autres arts.

Les Européens vont chercher le camphre jusqu’au Japon, tandis que l’arbre dont on le tire pourrait être cultivé au nord de l’Afrique, et même dans quelques parties de l’Europe méridionale. Comme on le trouve au Japon à plus de 40° de latitude, on ne peut douter qu’il ne réussisse très bien dans la colonie d’Alger, entre 34° et 37°.

C’est par sublimation que le camphre est extrait du bois, de l’écorce et des feuilles du camphrier ; les racines des vieux arbres sont les parties qui en contiennent le plus. Le travail de cette extraction étant exécuté par des hommes sans industrie et par des procédés très imparfaits, on en perd beaucoup, et ce que l’on recueille n’est pas assez pur ; avant de l’employer, il faut le soumettre au raffinage, en le sublimant une seconde fois avec les précautions et dans des appareils convenables. Les chimistes s’accordent assez généralement à le regarder comme une huile concrète ; d’autre le classent parmi les résines.

Les dissolvants du camphre sont l’alcool, l’éther et les huiles. On a dit que l’acide carbonique peut aussi le dissoudre, et se mêler ensuite à l’eau sans que sa combinaison avec la matière huileuse soit rompue, et ce serait ainsi que l’on obtiendrait de l’eau camphrée. Mais, sans recourir à ce moyen, il est certain que l’eau contracte facilement l’odeur du camphre, ce qui prouve suffisamment que cette matière contient des parties qui se dissolvent dans l’eau, propriété commune à toutes les huiles chargées d’un arôme.

laurier dans FLORE FRANCAISE

Le camphrier ne commence à fleurir que lorsqu’il est parvenu à une assez grande élévation. Ses fleurs sont blanches, et il leur succède un drupe de la grosseur d’un pois, où l’odeur du camphre est associée à celle du clou de girofle, et plus exaltée que dans aucune autre partie de l’arbre. Dans les jeunes arbres, le bois est blanc ; et dans ceux qui sont parvenus à une maturité complète, il est agréablement veiné de rouge, et propre à faire des meubles qui ne plaisent pas moins par leurs couleurs et leur poli que par l’odeur qu’ils répandent dans les appartements.

Beaucoup de plantes indigènes contiennent plus ou moins de camphre, et le manifestent par leur odeur. Telles sont, par exemple, la camphrée, dont le nom est assez significatif, la sauge, le thym et la plupart des labiées, etc. Des recherches pour l’extraire par des procédés économiques ne seraient peut-être pas infructueuses, et mériteraient qu’on s’en occupât, si nous devions continuer à nous approvisionner à l’autre extrémité de notre continent par une navigation de plusieurs milliers de lieues.

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Premiers Canaux artificiels

Posté par francesca7 le 2 juillet 2013

Premiers Canaux artificiels 
et voies navigables

(D’après « Histoire anecdotique de l’industrie française » paru en 1861
et « Histoire de l’administration en France et des progrès
du pouvoir royal, depuis le règne de Philippe-Auguste
jusqu’à la mort de Louis XIV » (Tome II) paru en 1848)

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Premiers Canaux artificiels   dans COURS d'EAU-RIVIERES de France canaux

Le creusement de canaux visant à offrir de nouvelles voies navigables et des moyens de communication intérieure, bien que connue de l’Antiquité mais peu pratiquée à grande échelle, fait en France l’objet de projets dès Charlemagne, mais ne trouve sa traduction concrète que dès le XVe siècle, à l’instigation des évêques, puis bientôt de ministres comme Sully ou Colbert, qui y voient une condition sine qua non au développement économique

On a longtemps cru que la force des armes était le principal soutien de la puissance d’un empire ; mais si les combats donnent quelquefois de la gloire, il n’est personne qui ne reconnaisse aujourd’hui qu’on est plus certain de faire découler d’un travail soutenu les sources fécondes de la richesse et du bonheur. Sully fut peut-être le premier qui vit dans la production du sol le principe de la fortune de l’État ; et, en agissant puissamment sur les progrès de l’économie rurale, il chercha à entretenir le labourage et le pastourage, qui étaient à ses yeux les véritables mamelles de la France.

Après lui Colbert, sans négliger l’agriculture, trouva la prospérité réelle du pays dans le développement industriel, et ce fut dans ce but qu’il établit ou encouragea la fondation de nouvelles manufactures. Puis, pour faciliter les communications intérieures, qui donnent la vie au commerce et à l’agriculture, il soutint ou provoqua lui-même la création de divers canaux dans l’intérieur du royaume. La France, à cette époque, avait encore peu fait pour la navigation intérieure, et si les voies de communication sont devenues une affaire d’intérêt général de nos jours, au Moyen Age, il s’en fallait de beaucoup qu’il en fût ainsi.

Des îles et des bas-fonds embarrassaient trop souvent le cours des rivières ; des sables et des terres amoncelées formaient presque partout des obstacles à leur embouchure ; enfin les inondations, comme les eaux trop basses, s’opposaient constamment à la navigation. Cependant on savait, au XVIIe siècle, que les canaux artificiels faisaient disparaître une partie de ces inconvénients, puisqu’on possédait deux ou trois canaux, et on n’ignorait pas que les eaux des sources rassemblées et retenues au sommet des montagnes y pouvaient fournir à la navigation dans des temps de pénurie. Aussi s’occupait-on sur tous les points du royaume, soit des moyens de créer des voies navigables, soit de dessécher les marais par l’écoulement des eaux, soit aussi de tracer des petits canaux ou rigoles d’irrigation, pour répandre la fertilité dans les terres desséchées.

Colbert, qui était convaincu de l’utilité de ces travaux, les encouragea puissamment. Non content d’ordonner les réparations nécessaires à diverses rivières, tant pour les retenir dans leur lit que pour les rendre navigables, il autorisa encore la création de quelques canaux, et laissa en ce genre un modèle qui a servi depuis à tous ceux dont on a doté la France.

En voyant les bienfaits répandus autour de nous depuis cette époque par la création des voies navigables, on est vraiment étonné que notre pays en ait été si longtemps privé. Les Égyptiens sont les premiers qui aient établi des canaux comme voies de communication, et encore la plupart de ces travaux avaient surtout pour but d’employer la surabondance des eaux du Nil à l’irrigation des terres desséchées par le soleil brûlant de l’Égypte. Les plus importants de ces canaux furent le grand canal qui réunissait Alexandrie au lac Maréotis, et le canal de l’isthme de Suez. Ces grands travaux se dégradèrent faute d’entretien ; ils ne permettaient même plus la circulation des barques de pêcheurs à la fin du XVIIIesiècle, lorsqu’à l’époque de l’expédition d’Égypte, les ingénieurs français rétablirent le canal d’Alexandrie.

Dans l’antiquité, on ne connaît guère, en fait d’entreprise de ce genre, que le projet de jonction des golfes qui resserrent l’isthme de Corinthe qu’on ait tenté d’effectuer en ouvrant un canal. Les Étrusques procurèrent à leur tour le dessèchement des marais qui avoisinaient le bas Pô, en creusant les célèbres fosses Philistines ; puis Rome creusa le canal des marais Pontins et exécuta les émissaires, pour assurer le niveau de plusieurs lacs en Italie : dans ce nombre, il faut citer celui qui devait abaisser le niveau du lac Albano, près de Veïes. Un autre ouvrage analogue, mais bien plus important, fut exécuté sous le règne de Claude (Ier siècle ap. J.-C.). Il avait pour but d’opérer le dessèchement du lac Fucin. Trente mille hommes furent employés pendant dix ans à cette immense entreprise ; mais Claude, impatient de voir son œuvre, causa la ruine des travaux qu’il avait fait exécuter, en faisant trop tôt ouvrir les digues, qui renversèrent tout sur leur passage.

Dés les premiers temps de notre histoire, on s’occupa de creuser des canaux. Ces importants travaux furent poussés avec vigueur par les évêques, alors premiers magistrats du pays, et l’on sait que Félix, évêque de Nantes, détourna le cours d’une rivière en Bretagne, tandis que Sidonius, archevêque de Mayence, arrêta par une digue le débordement des eaux du Rhin. Ces prélats travaillaient ainsi au bien de leur diocèse, et ils rappelaient les pontifes de l’antiquité qui avaient jadis tiré leur nom de la construction des ponts, dont ils s’occupèrent si activement.

Charlemagne conçut le projet d’unir par un canal le Rhin au Danube. Ce canal aurait fait communiquer l’Altmühl, qui se jette dans le Danube, non loin de Ratisbonne, avec la Rezat de Souabe, qui se rend dans la Rednitz, affluent du Mein. Le monarque français voulait ainsi réunir les extrémités de son vaste empire ; mais les guerres perpétuelles qu’il eut à soutenir s’opposèrent à la réalisation de ce projet, et l’anarchie des temps qui suivirent éloigna pour plusieurs siècles l’exécution de travaux qui auraient été si utiles au commerce.

Vers le XIe siècle, les villes de la Lombardie s’attachaient déjà à construire des canaux de navigation et d’irrigation. Elles portaient ainsi l’abondance et la fertilité dans des contrées jusqu’alors assez mal cultivées ; mais il faut arriver jusqu’au roi Charles V (fin du XIVe siècle) pour avoir un premier essai de canalisation en France. Christine de Pisan nous apprend que ce prince avait projeté de relier par un canal la Seine à la Loire. Les études furent commencées ; mais la mort du roi fit abandonner ce dessein, qui ne fut repris qu’après un intervalle de plus de deux siècles. Le plus ancien canal de France, celui de la Loire et du Cher, qui n’avait que quelques centaines de toises de long, ne fut creusé qu’au XVe siècle.

Dareste de Chavanne nous apprend dans son Histoire de l’administration en France et des progrès du pouvoir royal, depuis le règne de Philippe-Auguste jusqu’à la mort de Louis XIV (Tome II, 1848) que « les premières grandes associations de capitaux pour l’achèvement des travaux publics, dit Dareste de la Chavanne, ne commencèrent que sous les règnes de Charles VII et de Louis XI, et le premier objet qu’elles se proposèrent fut d’améliorer le cours des rivières et de faciliter la navigation. L’Eure fut ainsi rendue navigable en 1472, et la Seine le fut à la remonte jusqu’à Troyes. Ces entreprises étaient l’œuvre de compagnies de marchands qui obtenaient l’autorisation de s’imposer à cet effet, achetaient des droits de péage perçus jusqu’alors par les seigneurs riverains, les percevaient à leur tour et en réglaient l’emploi dans un but d’utilité commune. »

En 1484, les Etats-Généraux assemblés à Tours avaient énoncé le vœu de la construction d’un canal en Berry. Ce projet, longtemps étudié, fut présenté en 1545 et approuvé en 1554. Malheureusement il ne put encore être mis à exécution ; mais, à la même époque, un ingénieur remarquable, le célèbre Adam de Craponne, put entreprendre et terminer en quatre années le canal qui porte encore son nom.

premir dans COURS d'EAU-RIVIERES de France

Adam de Craponne, descendant d’une famille originaire de Toscane, avait vu le jour en 1519, dans la petite ville de Salon en Provence. Né avec la plus heureuse aptitude pour les sciences mathématiques, et surtout pour celle de l’hydraulique, il ne tarda pas à se faire connaître comme ingénieur et géomètre. Bientôt, convaincu que la Provence, avec d’assez nombreux cours d’eau, était pourtant privée d’arrosage, il porta tous ses efforts vers les moyens de doter sa patrie d’un canal d’irrigation, et un jour, persuadé de la réalisation possible du projet qu’il avait conçu, il adressa au roi une demande pour obtenir l’autorisation d’établir un canal de jonction de la Durance au Rhône.

Depuis quelque temps, Henri II s’était attaché ce grand ingénieur. Il lui avait donné la direction de tous les travaux considérables qui s’exécutaient alors, et, à ce moment, il présidait au dessèchement de plusieurs marais sur le littoral de la Méditerranée, depuis Arles jusqu’à Nice. Le roi écouta donc favorablement la requête d’Adam de Craponne, et, par lettres patentes de 1554, il lui concéda le droit de faire et d’établir un canal qui réunirait les eaux du Rhône à celles de la Durance, en passant par la ville de Salon et communiquant avec l’étang de Berre. Aussi prompt à exécuter qu’à concevoir, Craponne se mit aussitôt à l’œuvre : il dirigea les travaux , pourvut à tout, et parvint enfin, en moins de quatre ans, à ouvrir son canal depuis la prise d’eau jusqu’au delà du territoire de Salon.

Voici comment l’historien de la Provence, César de Nostredame, rend compte de l’œuvre de ce célèbre ingénieur : « Adam de Crappone entreprend une entreprise l’an cinquante-septième du siècle, dont l’histoire doit faire compte et mémoire à tout jamais. En ce temps ce gentilhomme cognoissant que sa ville estoit en une extrême nécessité de moulins, et que son territoire (…) par les pointes aspres et violentes des mois plus bruslants et des plus violentes chaleurs, souffrait maintes fois des soifs et sécheresses extrêmes, dont les fruits et les herbages se trouvoient tout eslangorez, arides, transis et sans liqueur, perte aux habitans inestimable, pensa de suppléer au deffaut des eaux et pluyes du ciel, et par l’art de subvenir à la nature. Et comme il estoit d’un vif et très noble entendement, il s’advisa de tirer de l’immaniable, turbulente et limoneuse Durance, un petit bras d’eau au lieu de la Roque, qu’il mena par un petit canal environ trois ou quatre lieues jusques aux portes de Salon.

« Là tout le peuple assemblé (…) receut cette eau avec applaudissement, estonnement, et joye autant croyable qu’inespérée. En ce principalement que plusieurs sages avoient creu, voire mesme semé que Crappone avoit entrepris l’infaisable et l’impossible. Ce premier et noble essay fut apperceu un dimanche 23 de may, et peu après conduit par un fossé de huit à dix pans de large, de diverse profondeur, selon les lieux plans ou montueux et les diverses tortuosités et volume de son passage, tellement à son niveau que le dernier jour d’avril de l’an cinquante-neufviesme, il fut à sa perfection, et passa dans Salon, à l’usage d’infinis moulins et d’innombrables, plaisants et fructueux arrousements qui furent construits et tirés dès lors par mille diverses branches, ruisselets et saignées du maistre et principal canal. Pour l’excellence de son esprit et de ses ouvrages, le roy fit un don de ceste eau, comme d’un fief perpétuel à Crappone et aux siens. Ce canal qui porte encore aujourd’huy le propre nom de son autheur, le mit en telle estime et tel bruit qu’il ne se parloit que de luy. »

Mais il arriva que le fondateur du canal avait alors épuisé ses ressources. Manquant de fonds, ne pouvant plus emprunter, il aliéna sa propriété, moyennant de très faibles sommes d’argent comptant, et abandonna à ses créanciers les principales concessions d’eau qui devaient en faire un jour le revenu. Ainsi, cet homme de génie, qui de prime abord s’était placé au rang des plus célèbres ingénieurs de son temps, se trouva obéré par sa première entreprise. Il fut forcé de l’abandonner inachevée, et ses créanciers, s’étant réunis longtemps après, formèrent, par transaction du 20 octobre 1571, une société par laquelle ils répartirent entre eux les bénéfices du canal, en s’engageant également à fournir les frais nécessaires tant à sa continuation qu’à son entretien.

Ce fut à peu près vers le temps où il venait de traiter de la cession de ses droits qu’Adam de Craponne fut envoyé à Nantes par Henri II, pour y vérifier des travaux qu’on avait dû faire à la citadelle. Le savant ingénieur crut devoir remplir sa mission loyalement et en véritable sujet dévoué au roi. Il examina avec conscience, repoussa les offres des entrepreneurs pour garder sa liberté, et n’hésita pas à signaler des vices de construction et des matériaux défectueux qui réclamaient impérieusement la démolition des ouvrages. Mais ce rapport trop consciencieux lui fut fatal. A quelque temps de là, un peu après la mort d’Henri II, en 1559, il fut empoisonné par ceux mêmes dont il avait dénoncé l’ignorance et la mauvaise foi.

Ainsi mourut Adam de Craponne, dont Henri II avait su apprécier le caractère et les talents. Il était à peine âgé de quarante ans, et déjà il avait créé une œuvre qui devait transmettre son nom à la postérité. Il avait en outre conçu la pensée de joindre les deux mers en unissant la Saône à la Loire par un canal qui aurait traversé le Charolais. Cette entreprise, adoptée par Henri II, fut abandonnée à la mort de ce prince, et remplacée sous Henri IV par le canal de Briare. Il forma aussi le projet du grand canal de Provence, qui devait porter les eaux de la Durance, depuis le rocher de Cante-Perdrix, au-dessus du village de Peyroles, jusqu’à l’étang de Berre, en passant, par la ville d’Aix.

Ce projet, repris sous Louis XIII et sous Louis XIV, était un des plus utiles et des plus grands qui eussent pu illustrer un règne ; mais l’exécution n’en fut commencée qu’en 1752, et bientôt on dut l’abandonner faute de fonds.

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Canal d’Ille et Rance en Bretagne

Posté par francesca7 le 2 juillet 2013


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Au 16ème siècle, grâce à la faible pente de la Vilaine, les « gabares » (bateaux à fond plat) pouvaient déjà arriver jusqu’à Rennes. En ce temps-là, les gabares ne traversaient qu’une quinzaine d’écluses. Il fallut attendre le 18ème siècle et la prépondérance des Anglais sur mer pour que naisse l’idée d’un canal entre Vilaine et Rance. Sous l’Ancien Régime, on avait pressenti l’utilité économique d’une liaison entre Vilaine et Rance par l’Ille et le Limon ; placée entre les  deux grandes cités portuaires de Saint Malo et de Redon, Rennes serait ainsi devenue la plaque tournant du commerce de la Bretagne. Après la Révolution, le blocus continental imposé par l’Angleterre accéléra la création de ce réseau de voies intérieures navigables, devenu stratégique, pour pouvoir ravitailler les ports militaires, menacés par les troupes ennemies, ainsi que la Marine, clouée à quai du fait de la surveillance des côtes assurée par les navires anglais.

Dès 1804, on commença le creusement du canal. Ravitailler le port de Saint Malo, face à l’Angleterre, devenait possible par l’intérieur des terres ; la liaison stratégique entre les côtes septentrionales et méridionales de la péninsule aurait été réalisée par ce canal et la Vilaine ; mais les travaux furent ralentis par les guerres impériales. En 1815, les travaux étaient presque achevés ; mais, la paix revenue et le blocus continental levé, le canal n’avait plus aucun intérêt militaire.

L’inauguration eut pourtant lieu en 1832 ; le canal connut enfin sont de gloire. Au début, il permit d’amender les terres et de transporter les marchandises ; bois, froment, avoine, foin, pommes, spiritueux, tourbe, charbon britannique, minerai de fer, etc. L’apogée du trafic se situe au siècle dernier, entre les années 1860 et 1880 : 40 000 tonnes de produits furent transportées, cependant qu’une moyenne de 2 000 bateaux passèrent aux écluses dans les deux sens.

Cependant, l’arrivée du chemin de fer – avec l’inauguration de la gare de Rennes en 1857 – bouleversa ces données. A partir de 1900, la baisse du trafic s’accentua, du fait des prix très bas pratiqués par les compagnies ferroviaires privées ; un seul train pouvait transporter 100 tonnes de marchandises à 75 kilomètres par heure. Au début des années 1969, on pouvait légitimement se demander si le cal d’Ille et Rance avait été autre chose qu’une coûteuse folie, une œuvre gigantesque et inutile, faite pour le seul plaisir ; c’est aujourd’hui un chemin d’eau paisible long de 84, 8 kilomètres, qui fait les délices des plaisanciers.

Plus de 260 ouvrages d’arts ponctuent ce canal, dont 48 écluses et autant de maisons-éclusières, de nombreux ponts dont plusieurs d’époque. Au total, le canal d’Ille-et-Rance Manche Océan Nord (CIRMON), formé par la Vilaine au sud et l’Estuaire de la Rance Manche-Océan Nord compte 61 écluses sur plus de 144 km.

 

Écluses

Numéro

Nom

Localisation

Point kilométrique

 

 

1 Écluse du Mail Rennes 0,000    
2 Écluse de Saint-Martin Rennes 1,375    
3 Écluse de Robinson Saint-Grégoire 5,610    
4 Écluse de Charbonnière Saint-Grégoire 7,205    
5 Écluse du Gacet Betton 9,903    
6 Écluse du Haut-Chalet Betton 12,606    
7 Écluse des Brosses Betton 15,749    
8 Écluse de Grugedaine Chevaigné 18,049    
9 Écluse des Cours Chevaigné 20,418    
10 Écluse de Fresnay Melesse 21,826    
11 Écluse de Saint-Germain Melesse 23,905    
12 Écluse de Bouessay Melesse 24,792    
13 Écluse de Saint-Médard-sur l’Ille Saint-Médard-sur-Ille 27,273    
14 Écluse du Dialay Saint-Médard-sur-Ille 28,111    
15 Écluse d’Ille Montreuil-sur-Ille 30,478    
16 Écluse de Haute-Roche Montreuil-sur-Ille 31,051    
17 Écluse de Lengager Montreuil-sur-Ille 32,044    
18 Écluse de Chanclin Montreuil-sur-Ille 32,799    
19 Écluse de Courgalais Montreuil-sur-Ille 33,513    
20 Écluse de Villemorin Guipel 34,236    
21 Écluse de la Sagerie Hédé-Bazouges 41,365    
22 Écluse Malabrie Hédé-Bazouges 41,563    
23 Écluse de la Pêchetière Hédé-Bazouges 41,757    
24 Écluse de la Charronnerie Hédé-Bazouges 41,950    
25 Écluse de la Parfraire ou de la Palfrère Hédé-Bazouges 42,148    
26 Écluse no 26 ou no 6  Hédé-Bazouges 42,337    
27 Écluse de la Jaunaie Hédé-Bazouges 42,530    
28 Écluse de la Madeleine Hédé-Bazouges 42,728    
29 Écluse de la Petite Madeleine Hédé-Bazouges 42,964    
30 Écluse de la Guéhardière Hédé-Bazouges 43,207    
31 Écluse de la Dialais Hédé-Bazouges 43,526    
32 Écluse de la Moucherie Tinténiac 45,362    
33 Écluse no 33 Tinténiac 47,111    
34 Écluse de la Gromillais Québriac 48,867    
35 Écluse de Gué Noëllan Québriac 49,904    
36 Écluse de Pont Houitte Québriac 50,819    
37 Écluse de Calaudry Saint-Domineuc 54,588    
38 Écluse de Couadan Saint-Domineuc 56,562    
39 Écluse du Gacet Trévérien 60,522    
40 Écluse de la Butte Jacquette Trévérien 60,875    
41 Écluse des Islots Trévérien 62,395    
42 Écluse no 42 Évran 66,390    
43 Écluse de la Roche Évran 67,764    
44 Écluse du Mottay Évran 69,961    
45 Écluse de Boutron Calorguen 71,849    
46 Écluse de Pont-Perrin Saint-Carné 74,131    
47 Écluse de Léhon Dinan 76,835    
48 Écluse du Châtelier Saint-Samson-sur-Rance 84,802    

 

 

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