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La Furieuse par Salins les Bains

Posté par francesca7 le 31 juillet 2013

La Furieuse est une rivière très abondante, comme la plupart des cours d’eau du bassin du Doubs. Son débit a été observé durant une période de 27 ans (1981-2007), à Salins-les-Bains, localité assez proche de son confluent avec la Loue. Le bassin versant de la rivière y est de 43 km2 soit plus ou moins 80 % de sa totalité.

Le module de la rivière à Salins-les-Bains est de 1,6 m3/s.

La Furieuse par Salins les Bains dans COURS d'EAU-RIVIERES de France telechargement-1

La Furieuse présente des fluctuations saisonnières de débit assez marquées, comme bien souvent dans l’est de la France. Les hautes eaux se déroulent en automne et en hiver portant le débit mensuel moyen à un niveau situé entre 2,14 et 2,56 m3/s, de novembre à mars inclus (avec un maximum en décembre). Dès fin mars, le débit diminue doucement jusqu’aux basses eaux d’été qui ont lieu de juillet à septembre, entraînant une baisse du débit moyen mensuel jusqu’à 0,374 m3 au mois d’août. Mais les fluctuations de débit sont bien plus prononcées sur de plus courtes périodes et selon les années.

À l’étiage, le VCN peut chuter jusque 0,043 m3, en cas de période quinquennale sèche, soit 43 litres par seconde, ce qui est assez sévère, le cours d’eau étant alors réduit à quelques filets d’eau.

Les crues peuvent être très importantes compte tenu de la petite taille du bassin versant de la rivière et de son débit moyen. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 25 et 30 m3/s. Le QIX 10 est de 33 m3/s, le QIX 20 de 37 m3 et le QIX 50 de 41 m3.

Le débit instantané maximal enregistré à Salins-les-Bains durant cette période de 27 ans, a été de 37,1 m3/s le 25 octobre 1999, tandis que la valeur journalière maximale était de 30,4 m3/s le 20 février 1999. En comparant la première de ces valeurs avec l’échelle des QIX de la rivière, il apparait que cette crue était d’ordre vicennal, et donc destinée à se reproduire en moyenne tous les 20 ans.

La lame d’eau écoulée dans le bassin versant de la Furieuse est de 1 175 millimètres annuellement, ce qui est trois à quatre fois plus important que la moyenne d’ensemble de la France tous bassins confondus, et nettement plus élevé que deux fois la moyenne du bassin de la Saône (501 millimètres à Lyon). Le débit spécifique (ou Qsp) de la rivière atteint 37,1 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

La Furieuse traverse ou longe sept communes. Six d’entre elles sont situées dans le canton de Salins-les-Bains, dans le Jura, à savoir, de l’amont vers l’aval : Pont-d’Héry (source) , Chaux-Champagny, Bracon, Salins-les-Bains, Marnoz et la Chapelle-sur-Furieuse.

La Furieuse rejoint la Loue à Rennes-sur-Loue dans le canton de Quingey, dans le Doubs.

D’une longueur de 18,7 kilomètres1, la Furieuse naît sur le territoire de Pont-d’Héry, petite localité située dans une région très boisée et abondamment arrosée (forêt des Moidons), près du lieu dit Scier, à la source de Faux Perrier, à l’altitude 591 mètres. Dans la partie haute, sur la commune de Pont-d’Héry, elle s’appelle aussi, pour Géoportail, le ruisseau de Pré d’Héry.

Son cours a une orientation générale allant depuis le sud-sud-est vers le nord-nord-ouest. Elle se jette dans la Loue à Rennes-sur-Loue, à l’altitude 247 mètres, près du lieu-dit Pont Roz, après le croisement de la Route nationale 253.

 

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SALINS LES BAINS EN JURA

Posté par francesca7 le 31 juillet 2013

SALINS LES BAINS EN JURA dans Jura telechargement

Salins-les-Bains est une commune française du département du Jura (39) et de la région Franche-Comté dont les salines, première destination touristique payante du Jura, sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis le 27 juin 2009. J’y ai passé toute mon enfance, mon père étant originaire de cette ville chère à mon coeur !

Petite visite en vidéo : Image de prévisualisation YouTube

Salins-les-Bains est une petite ville d’un peu moins de 3000 habitants située dans le Revermont jurassien, au bord de la Furieuse, petit affluent de la Loue, dans un étranglement de la vallée dominée par des escarpements qui ont été fortifiés pour la défense de la cité.

La ville doit son nom aux salines connues dès l’Antiquité romaine et pendant de nombreux siècles l’exploitation du sel gemme fera la richesse de la ville qui constituera au Moyen Âge un fief important de la Maison de Chalon-Arlay, branche cadette des comtes de Bourgogne, et une source de revenu pour plusieurs abbayes comtoises (histoire du sel du Jura). Riche et active (la première imprimerie de Franche-Comté est installée en 1486), la ville sera plusieurs fois assiégée et endommagée par les guerres, par exemple lors du conflit entre le duc Charles le Téméraire et le roi Louis XI à la fin du xve siècle ou pendant la Guerre de dix ans et en encore en 1674 lors de la conquête de la Franche-Comté.

Les salines déclinent à la fin du xviiie siècle où une vaste réalisation industrielle associe Salins à Arc-et-Senans (elles seront cependant exploitées jusqu’en 1962) ; la prospérité de la ville se termine d’autant que l’incendie terrible de 1825 entraine une forte émigration de la population. Au milieu du xixe siècle la ville cherche un nouveau souffle avec l’installation de faïenceries en 1857 et se transforme en station thermale (les thermes de Salins-les-Bains sont créés en 1855 et 1858) sans réussir à atteindre une notoriété nationale même si en 1926, la cité adopte le nom de « Salins-les-Bains ».

Salins-les-Bains est une ville située au cœur de la vallée de la Furieuse (affluent de la Loue). Il s’agit de la seule vallée ouverte de Franche-Comté. Celle-ci est dominée par deux ensembles fortifiés, le fort Saint-André et le fort Belin, ainsi que par le mont Poupet au nord, qui culmine à 851 m d’altitude. Associée à Arbois et Poligny, elle forme le pays du Revermont.

Salins-les-Bains jouit d’une situation géographique exceptionnelle, à équidistance de toute les grandes villes de la région : Dole (34 km), Besançon (35 km),Pontarlier (37 km) et Lons-le-Saunier (40 km).

Salins-les-Bains est située sur un affleurement de marnes à sel gemme du Keuper inférieur et moyen, creusé par la Furieuse. Les hauteurs de Salins-les-Bains sont composées de marnes et de calcaires du Keuper supérieur, du Lias et du Bajocien. Les marnes à sel forment le soubassement de la vallée sur plus de 100 m de profondeur. Si le sel des couches supérieures est épuisé, la réserve paraît cependant « inépuisable ». En surface, ce sel est dissout par les eaux d’infiltration. La ville se situe à l’entrée d’une reculée qui ne correspond pas exactement aux critères de la reculée. En effet, elle ne coupe pas toujours les terrains horizontaux et ses pentes sont rarement abruptes.

Histoire de Salins les Bains

Aujourd’hui ville d’eau, l’économie de Salins a été basée pendant plusieurs siècles sur l’exploitation du sel. Les premières traces d’extraction sont ainsi datées du ve siècle. La cité a également été un grand centre de production viticole avant la crise du phylloxéra.

La première trace de présence humaine dans la vallée de la Furieuse et sur ses monts remonte au Néolithique. Celle-ci serait due à la présence de sources d’eau salée en surface. Elles furent découvertes par des bergers venant faire paître leur troupeau. Ainsi les premières communautés villageoises se sédentarisèrent près de ces sources saumâtre leur permettant de conserver plus longtemps leurs aliments périssables.

Salins a une grande importance dès l’Antiquité. Elle est site princier et un des plus grands centres religieux de Gaule sous les Celtes, puis oppidum sous les Romains. Au delà de cette première installation, il est fait référence à une théorie historique prônant la présence d’une cité religieuse celte au dessus de la ville actuelle, sur le mont Château. Cette cité dominant la vallée, d’envergure continentale pourrait être la célèbre Alésia. Selon Pierre Jeandot, c’est en ces lieux que se serait tenue la bataille d’Alésia qui mit fin à la guerre des Gaules. L’Association Scientifique et Historique du Pays de Salins milite pour défendre cette thèse. Cette hypothèse n’est toutefois pas validée par les recherches récentes, puisque les historiens et les archéologues s’accordent sur le site d’Alise-Sainte-Reine, en Bourgogne.

L’urbanisation et la viabilisation du territoire gaulois prônée par le Romain incite ces derniers à établir leur ville dans des lieux stratégiques en particulier aux abords des limites de l’Empire. Il en est question en Séquanie, où se situe Salins puisque cette région est en contact direct avec les populations et les tribus dites barbares d’Europe de l’Est et du Nord. Comme dans l’ensemble de l’Empire, les populations indigènes et romaines se mélangent. On parle alors des gallo-romains. La cité du sel n’y fait pas exception. Les Romains choisissent d’établir une cité au fond de la vallée de la Furieuse en continuité des installations celtes pour deux principales raisons :

  • c’est ici que passe la voix principale reliant l’ouest de l’Empire à ses frontières Nord. Le but est d’assurer une défense optimum par un déplacement facilité et sécurisé des troupes impériales. La route dominée par trois monts (Poupet, Belin, Chateau) surplombant la région et la route permettra de surveiller les potentiels invasions et de mettre à l’abri les légions.
  • la présence de sel, denrée déjà très recherchée pour la conservation des aliments, incite les romains à exploiter les sources d’eaux salées. La trace de cette première industrie date de l’époque Gallo-romaine.

Au Moyen Âge, le sel contribue à faire de la ville la deuxième cité de Franche-Comté avec plus de 8 000 habitants. Elle comprend alors 17 chapitres religieux, plus de 25 tours d’enceinte et fait figure de grand centre culturel, notamment du livre. Deux salines existent en 1115 : la petite saline, avec le « puits à Muire », et la grande saline, dite « grande saunerie », avec le « puits d’Amont ».

Sous la Révolution, malgré ses souhaits, Salins-les-Bains n’est pas choisie pour être chef-lieu du nouveau département du Jura. Elle devient chef-lieu de district de 1790 à 1795.

En 1825, un terrible incendie frappe la ville. Le bilan est catastrophique, la ville est quasiment détruite. Salins ne sera plus la même : une partie de la grande saline est en effet détruite.

Sous le Second Empire, Salins connaît un certain renouveau. On cherche à faire d’elle une élégante station thermale sous l’impulsion de Grimaldi, un homme d’affaires, qui a racheté la concession royale d’exploitation des salines en 1843. Les premiers thermes sont construits en 1854 sur l’emplacement de la petite saline (« puits à Muire »).

En 1926, la cité adopte ainsi le nom de « Salins-les-Bains ». Mais cette nouvelle vocation ne parvient guère à atténuer le coup final asséné par la fermeture des salines en 1962. En 1995, elle est suivie par celle des faïenceries.

En mai 2005, le décret no 2005–624 acte la fermeture du tribunal de commerce. C’est également une grande page de l’histoire de la ville qui se tourne, puisqu’elle abritait un présidial très influent, qui avait des compétences sur les bailliages de Salins, Quingey, Arbois, Poligny et Pontarlier. En 1785, 24 avocats étaient ainsi inscrits au barreau de Salins.

Depuis 2001, la municipalité voit l’avenir économique de la cité dépendre de trois axes : le tourisme, le thermalisme et le pôle santé. Ainsi, l’ouverture de la première tranche du musée du sel au printemps 2009 est destinée à augmenter la fréquentation du site des salines. En juin 2009, la cité obtient le label des « villes et pays d’art et d’histoire » (dans le cadre du « pays du Revermont », avec Arbois et Poligny) et, le 27 juin 2009, le comité du patrimoine mondial, réuni à Séville, a validé la candidature de la grande saline de Salins-les-Bains pour son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. La construction d’un nouveau centre thermal, plus grand et plus moderne, est envisagée.

Le thermalisme à Salins les Bains

Les thermes de Salins-les-Bains accueillent des curistes depuis le xixe siècle. Ils sont agréés pour trois orientations médicales : la rhumatologie, la gynécologie et les troubles du développement de l’enfant. Les eaux naturellement salées et riches en oligoéléments sont également accessibles sans prescription médicale.

L’actuel établissement thermal, situé place des Alliés, ayant atteint son taux de fréquentation maximal, des nouveaux thermes vont être construits place Barbarine. Les travaux devraient débuter en 2013 pour une ouverture prévue en 2015.

Les salines à Salins

Depuis le néolithique, les hommes ont puisé la saumure des entrailles de la ville pour en extraire le sel, pendant longtemps condiment cher et surtaxé, notamment par la gabelle. A partir de 1773, une partie de la saumure est acheminée jusqu’à la saline d’Arc-et-Senans, édifiée par Claude-Nicolas Ledoux à une vingtaine de kilomètres de Salins, au moyen d’une canalisation appelée un « saumoduc ».

En juin 2009, les salines de Salins-les-Bains ont été inscrites au patrimoine mondial par l’Unesco en extension de la saline royale d’Arc-et-Senans, devenant ainsi le premier ensemble industriel français à rejoindre cette liste prestigieuse.

  • Des galeries monumentales

Les galeries souterraines illustrent le travail gigantesque qu’ont réalisé les hommes pour construire cet ensemble. Ces galeries relient deux puits munis d’un système de pompage (qui sont toujours en état de fonctionnement) puisant la saumure à quelque 250 mètres de profondeur.

  • La salle des poêles

C’est une immense pièce où l’on chauffait la saumure jusqu’à évaporation. Lieu unique en France pour fabriquer le sel ignigène. Après cette opération, les sauniers recueillaient le sel avec des râbles.

Les salines de Salins-les-Bains font partie du réseau des musées des techniques et cultures comtoises.

Salins et son Patrimoine religieux

  • Collégiale Saint-Anatoile
  • Chapelle Notre-Dame-Libératrice, terminée le 23 juin 1662, a été intégrée dans l’hôtel de ville construit de 1718 à 1739. Son dôme a été rénové en 2007
  • Église Saint-Maurice
  • Ancienne église Notre-Dame : L’église était une des quatre églises paroissiales de Salins. Elle a été reconstruite en 1703 et 1709 à l’emplacement de l’ancienne église romane dony on a conservé le clocher. L’incendie de 1825 a fait de nombreux dégâts à l’intérieur mais a laissé intact l’important hôtel baroque. L’église a été désaffectée en 1975.
  • salins-les-bains_-_eglise_saint-maurice_-_heuze_02-223x300 dans JuraCouvent des Clarisses : le couvent est proche de l’église des Jésuites, au début de la rue des Clarisses qui monte à l’église Saint-Anatoile. Les Clarisses s’étaient installées à Salins à la fin de la guerre de Dix Ans. Elles ont acheté un hôtel en 1658 sur le terrain duquel elles ont construit leur chapelle. Le nombre de Clarisses ayant augmenté, elle décidèrent de reconstruire un couvent plus important. La première pierre de ce nouveau couvent a été posée en 1713.
    À la Révolution le couvent fut saisi et vendu comme bien national en 1796.
    Le bâtiment devient une caserne d’infanterie au xixe siècle. Le bâtiment a été endommagé par l’incendie de 1825.
  • Couvent des Carmélites. Les Carmélites ont occupé entre 1627 et 1793 l’ancienne maison forte construite par les Chalon au no 79 de la rue de la République.
  • Maison et église des Jésuites : Les Jésuites se sont installés à Salins en 1623 à l’emplacement de l’ancien hospice de la Charité. L’église a été construite en 1701, en même temps que l’ensemble des bâtiments la Maison des jésuites avec un noviciat important. Les Jésuites durent quitter les lieux quand leur ordre fut banni de France par Louis XV.
    Les bâtiments sont cédés en 1767 aux Oratoriens. Ils y installèrent un collège en remplacement de celui qu’ils avaient à Salins depuis 1642. À la Révolution les biens des ordres religieux sont saisis. L’église est désaffectée.
    En 1835, on installe dans les locaux la première école normale du Jura. L’église est divisée en deux, en 1855, par construction d’un plancher intermédiaire à mi-hauteur pour permettre d’installer la bibliothèque municipale au rez-de-chaussée. La première bibliothèque publique avait été créée en 1593 par les pères Capucins qui la gardèrent jusqu’à la Révolution.
  • Couvent des Visitandines. Le couvent des Visitandines a été construit à la même époque que celui des Clarisses.
  • Hôtel de ville
  • Ancienne maison forte des Chalon-Arlay
  • Hôtel-Dieu avec son apothicairerie du xviie siècle
  • Hôtel de l’Officier Général des Salines, ancien casino, actuellement en reconstruction après un incendie.
  • Thermes de Salins-les-Bains
  • Fontaine Truchot
  • Tour de Flore
  • Casino

Salins et son Patrimoine civil

La Furieuse

Le Mont Poupet

Une dernière visite de Salins les Bains en vidéo : Image de prévisualisation YouTube

Protégée par ses deux forts : Belin et Saint André,Salins-les-Bains, Petite Cité Comtoise de Caractère se découvre et vous laisse le temps de mieux la contempler. Source de vie, ici l’eau jaillit du sol, gorgée d’un sel bienfaiteur.

Ville fortifiée, Salins-les-bains doit dès le XIIIe siècle sa renommée et son pouvoir au sel qu’elle exploite et dont elle fait commerce, véritable « Or Blanc » de l’époque.

Au XVIIIe siècle, la saumure de Salins-les-bains était acheminée jusqu’à la Saline Royale d’Arc et Senans par une canalisation en bois appelée “saumoduc”. La Saunerie salinoise est à l’origine de la station thermale créée en 1854.

Deuxième ville de la Comté après Besançon jusqu’à l’époque moderne, ses bâtiments publics et religieux témoignent de ce passé glorieux.

Pour plus d’informations :
Site de l’Office du Tourisme de Salins les Bains

OFFICE DE TOURISME

Place des Salines
Tél : 03 84 73 01 34

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Les Thermes de Salins-les-Bains

Posté par francesca7 le 31 juillet 2013

Les Thermes de Salins-les-Bains dans Jura thermes_de_salins-les-bains

Les thermes de Salins-les-Bains sont un établissement thermal situé à Salins-les-Bains dans le Jura (39), en France. Ils datent du xixe siècle et accueillent plus de 2000 curistes chaque année.

Dès le néolithique, le Jura développe une importante activité économique de production de sel liée aux vastes gisements souterrains de sel gemme qui s’étendent le long des premiers reliefs dumassif du Jura. L’exploitation du sel dans la région se fait notamment aux salines de Lons-le-Saunier, aux salines de Salins-les-Bains, et, plus tardivement, à la saline royale d’Arc-et-Senans.

L’essor du thermalisme au xixe siècle conduit les villes de la région à exploiter cette richesse minérale. Les thermes de Salins-les-Bains sont ainsi fondés en 1854 sur le site de la petite saline, alimentée historiquement par le « Puits à Muyre ». Ils sont directement à proximité de l’Hôtel de Ville du xviiie siècle et de la chapelle Notre-Dame-Libératrice du xviie siècle. Les thermes de Besançon-les-Bains suivront en 1891, ainsi que les thermes Lédonia de Lons-le-Saunier, en 1892.

En 1926, la cité thermale de Salins est rebaptisée « Salins-les-Bains ». Les salines de Salins-les-Bains arrêtent définitivement leur production de sel en 1962. En 1994, le « Puits à Muyre » n’alimente plus que la piscine de détente suite au forage du « Puits des Cordeliers ».

Les eaux thermales de Salins-les-Bains sont chlorurées sodiques fortes, riches en oligo-éléments (potassium, magnésium, calcium), conformémemnt aux exigences sanitaires très strictes imposées à la profession, avec pour principales caractéristiques : eau à 18°C, Ph 6,15, chlorures 137 800, sulfates 8 480, calcium 980, magnésium 1217, sodium 87730, potassium 2020.

Voir en vidéo : Image de prévisualisation YouTube

Bienfaits thérapeutiques

Les bienfaits thérapeutiques des eaux salées thermales de Salins-les-Bains sont recommandées pour le thermalisme et les cures thermales médicales :

  • Thermalisme : piscine de détente à 29 °C avec eau salée proche de la salinité de l’eau de mer (30 g de sel/litre environ), sauna avec chaleur sèche à 80 °C, hammam à vapeur humide, jacuzzi, aquagym, balnéothérapie (application de boue chaude à 50 °C, bain aérogazeux, bain à bulles …), massothérapie (douche aux jets, massage sous l’eau …) kinésithérapie (massages aux plantes, algues, huiles essentielles, massage californien, palper-rouler, drainage lymphatique,réflexologie plantaire …)
  • Rhumatologie : arthrose vertébrale, arthrose de hanche, gonarthrose, arthrose digitale, rhumatismes articulaires, périarthrite scapulohumérale, rhumatismes inflammatoires, tendinites, séquelles de traumatismes ostéoarticulaires et algoneurodystrophies, ostéoporose et ses conséquences, fibromyalgie.
  • Gynécologie : douleurs chroniques post-chirurgicales, post-inflammatoires, post-infectieuses, troubles liés à la ménopause …
  • Troubles du développement de l’enfant : enurésie et retards de croissance.
  • Soins esthétiques, cosmétologie thermale.

‘Office de Tourisme est à votre disposition pour une solution d’hébergement : Hôtels, résidence locative, chambres d’hôtes, meublés, gîtes d’étapes et de séjour, camping.

Place des Salines – 39110 Salins-les-Bains
Tél. 03 84 73 01 34 – fax 03 84 37 92 85
www.salins-les-bains.com - contact@salins-les-bains.com

les eaux thermales en vidéo 

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superstitions et croyances autour du Lait

Posté par francesca7 le 30 juillet 2013


Le lait joue un rôle trop considérable dans l’alimentation des hommes et des bêtes, et aussi dans le bien-être des fermiers, pour n’être pas l’objet d’attentions particulières, superstitions et croyances relatives à sa qualité, et chaque région possédait ses recettes spécifiques pour préserver les bêtes des mauvais sorts jetés par des voisins cupides

Des siècles durant, on estima que la production du lait pouvait être influencée en bien, et surtout en mal, par des actes accomplis en dehors de l’étable. On prétendait en Brie que les vaches donnaient plus abondamment le lait quand, le premier jour de mai, on en avait laissé manger à discrétion aux gens de la maison. Dans le Loiret, pour qu’une vache qui vient de faire son premier veau soit bonne laitière, il faut exposer sur l’autel de la Vierge, sans l’avoir pesé, environ une livre de beurre fait avec son lait.

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Au XVe siècle, des herbes, même sans être mangées, influaient sur la production du lait : « femme qui désire que ses vaches donnent chascune autant de lait comme celles de ses voisines, elle doit par chasque jour son vaissel à moudre froter de bonnes herbes cueillies sur la nuit de sainct Jehan tandis qu’on sonne nonne… Qui metteroit ces herbes deseure l’uys de l’estable où tes vaches couchent en disant : Que Dieu les sauve et saincte Bride, elles donneront lait tousjours de bien en mieulx. »

Deux cents ans plus tard, on frottait les pieds (sic) des vaches, des truies, des cavales, etc. avec un certain simple qui devait avoir été cueilli ce même jour avant le soleil levé. Dans le Loiret, c’est avec de la rosée de mai qu’on frotte le pis des laitières le matin du premier mai. En Poitou, pour que la vache se laisse traire sans difficulté, on doit lui faire boire le premier lait que l’on tire après qu’elle a vêlé.

Certaines circonstances peuvent amener le tarissement des vaches : il se produit en Poitou si on les trait sur la litière ; en Haute-Bretagne si elles ont été mises dans une maison bénite ; dans le Tarn, si on laisse tomber le lait à terre et qu’on mette le pied dessus, ou si on le renverse dans le feu. Suivant la croyance la plus répandue, lorsqu’elles cessent sans cause apparente de donner du lait, ou qu’il se présente sous un aspect anormal, elles ont été l’objet d’un maléfice. Il y a longtemps que l’on accuse les sorcières de s’adonner à ces pratiques coupables ; c’était au XVIIe siècle une de leurs malfaisances habituelles, Richer écrivant en 1651 dans L’Ovide bouffon :

Elle sçavoit par artifice
Nouer l’aiguillette et bien pis
Elle faisoit tarir le pis
Tant des asnesses que des vaches.

Quelques-uns de ces actes s’accomplissent à l’intérieur des maisons ou dans l’étable même ; au XVIIe siècle, une herbe séchée à la cheminée amenait le tarissement des vaches. On attribuait autrefois, dans les environs de Sarrebourg, à certaines gens la puissance de soustraire le lait d’un village à un autre ; on les avait vus le recevoir dans un seau en trayant le cramait de la cheminée. En Auvergne, des personnes peuvent, rien qu’en entrant dans l’écurie et en regardant la vache, faire passer son lait chez elles ; lorsque celle qu’on soupçonne est partie, il faut prendre une touffe de poil de la bête et la cacher dans un trou du mur.

Plusieurs de ces pratiques sont en relation avec les eaux ; mais des femmes ont recours à d’autres sortilèges pour détourner la crème d’autrui en Anjou, elles doivent opérer le 1er mai, avant le lever du soleil ; elles traînent avec une ficelle leur couloir (filtre à lait) en disant à mi-voix : « Lait et beurre, viens tout chez moi, et rien chez mes voisines. » Aux environs de Quintin (Côtes d’Armor) elles courent toutes nues, la nuit, emplissant leur baratte de la rosée prise dans les champs.

Des fermières de la Mayenne font la même promenade nocturne : celle qui l’accomplit marche toute nue, traînant après elle par terre les chiffons qui servent au nettoyage du four, et elle fait le tour des maisons et des étables des fermes voisines ; elle enlève au lait des vaches comprises dans ce circuit les principes qui forment le beurre, et elle le fait passer dans son étable ; n’eût-elle qu’une seule vache, elle fera du beurre en abondance, et il n’y aura qu’elle à pouvoir en faire, jusqu’à ce qu’une autre ménagère, plus puissante dans l’art des sorciers, ne délivre les villages et les femmes du sort qui pèse sur eux.

On peut aussi détruire ce maléfice en allant dans un champ à trois cornières où l’on jette du sel derrière soi en disant : « Crème pour moi, et lait pour ma voisine ! » Le sel est un préservatif contre le tarissement : en Franche-Comte, la femme à laquelle une voisine vient demander du lait pour ses besoins en jette une pincée dans le vase qu’elle va remplir, de peur que sans cette précaution sa vache ne devienne tout à coup stérile. En Normandie, pour empêcher qu’une vache que l’on vient d’acheter n’ait reçu un mauvais sort qui tarisse son lait, on lui met du sel fondu au pis et à la naissance de la queue, ainsi que dans le vase où elle doit être traite la première fois. Pour obtenir du lait de la vache tarie les paysans du Coiron (Ardèche) mettent entre ses cornes deux branches de genêt en croix et placent deux branches de buis sur la queue en disant :

Crous de saint André
Duono dé lé,
Crous de Baraba
N’en douno pas.

puis ils tirent un crin de sa queue qu’ils conservent pour le brûler dès que la vache mettra bas. La recette, employée dans le pays de Liège, est plus compliquée : il faut entrer à reculons dans l’écurie après s’être signé, et dire : « Bonjour, ma vache. » Ensuite on se met à la traire. Le lait qui sort le premier jour doit passer par la fenêtre avec précaution ; on le dépose sur le four du coté de l’orient, puis on dit : « Sois bonne, ma vache ! » et on la trait de nouveau. On revient une troisième fois à l’étable en marchant obliquement, on pose la main gauche sur la corne droite en disant : « Merci, ma vache. » Alors on peut traire ; après ces prescriptions, le lait sort en abondance.

En Haute-Bretagne, on fait faire le tour d’un champ à trois cornières, c’est-à-dire en triangle, à vache dont le lait a disparu par ensorcellement. En Bourbonnais, le défaiseur de sort donne le conseil de se rendre avant minuit au carrefour de la place de l’église, et d’y poser un petit pot neuf de six sous plein de la mauvaise crème ; quand sonnent les douze coups de minuit, on tourne douze fois autour de ce pot en traînant, au bout d’une corde de six pieds de long, les chaînes d’attache des vaches ; au douzième coup on s’arrête net, on fait quatre fois le signe de la croix dans quatre directions opposées, et l’on part au grand galop, abandonnant le pot et rapportant les chaînes.

Un autre remède consiste à couper à chaque bête un bouquet de poils de la tête, un du garrot, un de la queue, à les tremper dans l’abreuvoir tous les jours de la semaine sainte avant le lever du soleil, et à les porter à la messe le jour de Pâques ; au retour on les fait briller sans être vu. Dans les Vosges, si en se disposant à traire une vache on a soin de former une croix avec ses trayons en les prenant deux par deux, au cas où quelque sorcier en aurait empoisonné le lait, on voit le poison monter en bouillonnant à la surface du liquide et prendre l’apparence d’une couche d’huile.

En Normandie, lorsqu’une vache cesse de donner du lait ou qu’il ne produit plus de crème, elle a été ensorcelée par un homme qui a le cordeau, et qui, par cette possession, fait passer tout le lait et tout le beurre de la bête maléficiée. Pour dissiper cet enchantement et en punir l’auteur, le maître de la vache achète un cœur de bœuf dans lequel il enfonce un paquet d’aiguilles ; puis il chauffe le tout à grand feu dans sa marmite : l’ensorceleur est obligé de venir à merci. En Ille-et-Vilaine on fait bouillir des épingles dans le lait de la bête ; elles piquent celui qui a jeté le sort, et il se hâte de l’enlever. Dans le Montalbanais, où l’on croit que certains individus peuvent faire perdre le lait aux vaches rien qu’en les regardant d’une certaine façon, on va les chercher, et d’un simple regard, ils font cesser cette stérilité.

 images-23-300x136 dans Les Fromages

Des consultations et des présages sont en rapport avec le lait. En Lorraine, une jeune fille qui en mange peut apprendre par le nombre des gouttes qu’elle laisse involontairement tomber à terre, quel sera celui des enfants qu’elle aura quand elle sera mariée. Il arrivera infailliblement malheur à la personne qui laisse choir un vase rempli de lait. Quand le lait qu’on a mis sur le feu n’entre pas promptement en ébullition, c’est d’un mauvais augure pour ta maison.

Le lait, outre ses vertus thérapeutiques, possède certains privilèges : en Lorraine celui des vaches noires peut seul éteindre le feu allumé par la foudre, en Haute-Bretagne, il est efficace contre tous les incendies. Il influe aussi sur les aptitudes physiques des nourrissons ou même des adultes. On prétend en Ille-et-Vilaine que les enfants élevés avec du lait de chèvres sont lestes et sautent comme l’animal qui les a nourris.

Cette croyance était courante autrefois : le médecin Joubert qui la rapporte, parle d’une fille qui, pour cette raison, voulait toujours grimper et sauteler ; il ajoute qu’on disait que ceux qui, adultes, en usent longuement, deviennent si remuants qu’ils ne font que sauter, danser, monter et courir, et Vigneul-Marville raconte qu’un enfant repris par son père de quelques légèretés, lui répondit en avouant sa faute : « Souvenez-vous s’il vous plaît, que j’ai été nourri par du lait de chèvre. » C’est en raison de cette prétendue vertu que, dans un conte littéraire du XVIIIe siècle, on voit donner du lait de chèvres à trois princesses pour les corriger de leur lenteur. Dans Renard le Nouvel, II, br. 31, un enfant nourri avec du lait de truie a pris le caractère d’un cochon.

Le beurre est l’objet de maléfices assez nombreux : on croyait au XVIIe siècle que des gens pouvaient l’empêcher de se faire en frappant trois fois avec un bâton, sur la baratte, et en disant un verset du psaume 31 ou en récitant à rebours Nolite fieri. Bodin raconte qu’a Chelles en Valois une chambrière dont le beurre ne prenait pas à cause d’un charme jeté par un petit laquais, l’ayant menacé de le faire fouetter s’il ne l’était, il dit à rebours !e verset du psaume, et le beurre se fit aussitôt.

Dans plusieurs pays, le mendiant qui se présente quand la ménagère baratte est assuré de recevoir quelque chose, dans la crainte que si on le repoussait, il ne jette un sort sur ce beurre. Dans le Finistère la femme qui s’aperçoit que le sien est lent à se faire, ne tarde pas à comprendre qu’elle est le jouet de quelque sorcier ; pour couper court au sortilège, elle n’a qu’à changer son ribot de bout. Dans le Maine on croit qu’une femme qui a ses règles ne peut faire de beurre.

Au XIIIe siècle certains prétendaient que le fromage qui avait été fabriqué par une personne venant de commettre un adultère ne se conservait pas et était à bref délai envahi par les vers. Suivant l’époque à laquelle il a été fait, le beurre jouit de plusieurs privilèges ; dans le Finistère le beurre fait pendant les Rogations ne se corrompt jamais, et constitue le baume par excellence pour panser les plaies ou pour rendre au corps fatigué son élasticité et sa vigueur. En Auvergne et en Berry celui de mai guérit certaines blessures, et il est aussi employé pour panser les bêtes à cornes qui ont les pieds blessés. En Berry, il sert aux coquettes de village qui veulent donner du brillant à leur teint. Au XVIe siècle, les dames employaient dans le même but « de la graisse de loup et du beurre de may », et d’après Brossette, le commentateur de Régnier, on en préparait encore pour le visage à l’époque de la Régence.

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Chauve-souris de nos ancêtres

Posté par francesca7 le 30 juillet 2013

Chauve-souris : animal entouré de
superstitions et croyances

(D’après « Revue du traditionnisme français et étranger », paru en 1906)

Désignée dans le Bas Languedoc par le nom de rate-pennade, la chauve-souris, sur laquelle les enfants, inconscients de son singulier mode de vie, s’amusent à capturer, fait l’objet de plusieurs superstitions, dont celle de se prendre dans les cheveux sans qu’on puisse l’y déloger…

Chauve-souris de nos ancêtres dans FAUNE FRANCAISE chauvesouris

C’était un soir du mois d’août. Le soleil disparaissait à l’horizon ; la vesprée s’annonçait délicieuse. Le seul des portes et le devant des maisons s’étaient rapidement garnis de jeunes et vieilles villageoises à qui il tardait de faire la causette, et surtout de prendre le frais après ure journée dont la chaleur avait été accablante.

On s’interpellait d’un bout de la rue à l’autre. Traînant leurs chaises de paille derrière elles, telle jeune fille rejoignait un groupe voisin où devaient être son amoureux ou ses amies, tette femme allait se joindre à d’autres femmes parmi lesquelles se trouvait celle qui savait le plus de nouvelles du jour et savait le mieux les raconter.

Les enfants, dont j’étais, explique Paul Redonnel — qui nous livre ce récit se déroulant dans le Bas-Languedoc —, plus séduits par le jeu et plus désireux de courir que d’ couter, s’amusaient aux « olivettes », à « l’enfer », au « loup », passant avec une rapidité excessive d’un jeu à un autre, par quoi s’explique ce besoin ardent de vivre.

Soudain l’un de nous se mit à crier : « Une rate-pennade ! une rate-pennade ! », nom occitan francisé de la chauve-souris.

Nous nous mîmes à crier comme lui : « Une rate-pennade ! une rate-pennade ! ».

Des jeunes gens nous entendant piailler étaient vite entrés chez eux et en sortaient avec de grandes perches au haut desquelles ils avaient noué un chiffon quelconque. Postés à chaque extrémité de la rue comme s’ils échangeaient des signaux télégraphiques, ils se mirent à agiter dans le sens de la largeur, la perche perfide contre laquelle vint bientôt se heurter le pauvre animal nocturne.

Il paraît que la chauve-souris prend pour un oiseau le morceau de drap qu’on agite et qu’elle se précipite sur cette proie inespérée et meurtrière. A la vérité, maladroite dans son vol, elle vient s empêtrer dans le chiffon, dont une secousse de la perche la fait choir sur le sol. « Ça y est ! ça y est ! » crièrent tous les enfants en se précipitant sur la pauvre bête palpitante mais pour la regarder seulement, car aucun de nous n’aurait osé la saisir.

Un des jeunes gens, pour faire une farce, l’ayant prise, alla la déposer sur le cou d’une jeune fille que la peur fit s’évanouir, ce qui troubla un instant la joie de tout le monde. Heureusement, la syncope dura peu et la fin de la soirée se passa en plaisanteries de toutes sortes.

Ma grand-mère qui était une excellente conteuse et qui, malgré ses quatre-vingt huit ans sonnés, avait conservé son intelligence supérieure, sa lucidité d’esprit et un timbre de voix qui eût fait envie et bien des jeunes filles, m’avait appelé au milieu de tout ce brouhaha, poursuit notre narrateur.

On connaissait toutes les qualités de mon aïeule. En m’entendant appeler de la sorte, mes petits camarades, enfançons et enfançonnes, m’avaient suivi ; et en outre, sentant qu’elles allaient apprendre une belle histoire, des femmes et des jeunes filles avaient fait comme les enfants. En une minute, ma grand-mère fut entourée d’un cercle d’auditeurs respectueux, sympathiques et silencieux.

— Vous venez de tuer une chauve-souris, dit ma grand-mère, et vous avez, mes enfants, battu des mains quand cette pauvre bote est tombée par terre. Savez-vous que c’est une vilaine action et que vous êtes de mauvais cœurs ?

Nous ouvrions tout grands nos yeux et nous ne pouvions en croire nos oreilles.

— Comment, une rate-pennade n’était pas un animal qu’il fallait exterminer, comme la vipère, comme le serpent, comme le ver de terre ?

— Elle sort le soir, voilà son grand crime, continua mon aïeule ; or si elle sort le soir. c’est qu’elle nourrit ses petits et qu’elle ne trouve pas dans te réduit qui lui sort d’abri, une proie suffisante. On la hait parce qu’elle habite d’ordinaire les ruines. Qu’est-ce que vous voulez qu’elle vienne faire dans les maisons proprement tenues ?

Elle n’aurait pas de quoi manger, ni ses petits ! On la craint parce qu’on la croit coupable de boire le sang. Cela a peut être lieu dans d’autres pays que le notre et où ces sortes de mammifères sont appelés des vampires : car, en notre France, les chauves-souris sont exclusivement insectivores ; elles ne mandent que des insectes dont nous sommes heureux d’être débarrassés et qui sont nuisibles aux récoltes. A ce titre, la chauve-souris a droit à notre reconnaissance : il ne faut pas lui prouver notre gratitude en la tuant.

D’ailleurs ce n’est pas le seul grief qu’on lui fasse. On l’accuse aussi de trahir. La Fontaine dont vous avez appris par cœur les fables, en a écrit une sur elle : elle y tient un rôle blâmable, malgré la comparaison que vous puissiez établir entre elle et le sage, mais ta Fontaine calomnie souvent les bêtes qu’il a entendues parler.

— Pauvre chauve-souris ! poursuivit ma grand-mère en jetant un coup d’œil sur ses auditeurs étonnés et attentifs.

— Mais, madame. fit une petite fille moins timide que ses compagnes, on m’a dit que si la rate-pennade s’accrochait à ma tête, on ne pourrait lui faire lâcher prise qu’en coupant mes cheveux.

— Il faudrait, répondit mon aïeule, que ta mère fût bien maladroite pour ne pas dégager la chauve-souris plus ennuyée que toi de sa mésaventure. Ce serait pourtant plus facile que de débrouiller un écheveau de fil.

— Alors, si cela m’arrivait ?

— Eh bien ! si cela t’arrivait, tu n’aurais pas peur ; tu ne perdrais pas ta belle chevelure et on rendrait la liberté à la chauve-souris. La tuer, comme vous avez fait ce soir, en outre d’un meurtre inutile et lâche, ajouta la conteuse en s’adressant particulièrement aux mères de famille, c’est agir contre vos intérêts ; c’est, de plus, condamner à mort d’autres chauves-souris qui attendront inutilement leur mère dont l’aile les berçait tout à l’heure.

— Que dites-vous là ! fit remarquer respectueusement une auditrice cependant que notre jeune imagination voyait toute l’horreur du meurtre commis, et assistait au désespoir des petits abandonnés, demandant plaintivement leur mère aux échos des ruines.

— Il est vrai que vous ne savez pas que la chauve-souris agit, toute proportion gardée, envers sa progéniture, comme la meilleure des mamans envers ses enfants.

Oui, mes amis, reprit mon aïeule. La chauve-souris berce ses petits. Si vous me portiez la pauvre bête que tous avez tuée, je vous montrerais de quelle façon.

— Tenez, madame, la voilà, dit l’un de nous, que l’histoire de grand-mère avait guéri de sa répulsion pour la pauvre bête, et qui la lui tendit.

Alors grand-mère nous expliqua que, de ta petite griffe située à l’extrémité de la membrane qui lui sert d’aile, la rate-pennade s’accroche à l’interstice d’une corniche ou à la fente d’une poutre ; dans l’autre membrane repliée, elle a mis ses petits, et elle se balance rythmiquement, en leur chantant dans la langue que les petits comprennent, une chanson pour les endormir.

Quelquefois, elle s’élance vers un autre point, lorsqu’elle pense que la place choisie n’est pas propice, et elle reprend sa chanson et son bercement jusqu’à ce que le sommeil les ait gagnés : alors, elle les dépose tout doucement dans leur trou, et elle va chasser les insectes crépuscules dont elle se nourrit. C’est le seul instant qu’elle ait de libre, car elle ne remue point de la journée qui est pour elle la nuit.

— Nous ne tuerons plus de chauve-souris, dit un des jeunes gens qui s’étaient approchés.

— Il ne faut plus en tuer, dit ma grand-mère ; je ne vous demande pas de les aimer, si vous avez quelque répugnance pour elles ; mais respectez leur existence.

Nous les rendons coupables d’un préjugé qui nous regarde ; ne commettons plus l’infamie de les châtier d’une renommée qu’elles n’ont rien fait pour obtenir et guérissons-nous de nos superstitions, de toutes nos superstitions, conclut Paul Redonnel.

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Procès d’animaux

Posté par francesca7 le 30 juillet 2013

Excommunications contre les Animaux  

(D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1833)

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Il fut un temps en France où des tribunaux prononçaient des condamnations contre des animaux prévenus de certains délits, et où l’autorité ecclésiastique lançait les foudres de l’excommunication contre des insectes nuisibles

Cet usage de la justice divine et humaine a paru si monstrueux aux générations nouvelles, qu’elles n’ont point voulu d’abord y ajouter foi ; mais des documents authentiques ne permettent plus de conserver aucun doute. Ainsi, plusieurs manuscrits conservés à la Bibliothèque royale ou possédés par des savants, contiennent les dispositifs de ces jugements, et jusqu’aux mémoires de frais et dépenses faits pour l’exécution des sentences prononcées.

Pendant une assez longue période du Moyen Age, la pensée de soumettre à l’action de la justice tous les faits condamnables, de quelque être qu’ils provinssent, loin d’être ridicule, a été généralement répandue.

Chassanée, célèbre jurisconsulte du XVIe siècle, a composé plusieurs conseils ; et dans le premier, après avoir examiné les moyens de citer en justice certains animaux, il recherche qui peut légalement les défendre, et devant quel juge ils doivent être amenés.

L’extrait suivant donne, avec l’indication des écrivains qui sont nos autorités, l’époque des procès et jugements prononcés dans les affaires les plus singulières, le nom des animaux, le motif qui les a fait traduire en justice, ainsi que la date de plusieurs anathèmes ecclésiastiques.

1120. – Mulots et chenilles excommuniés par l’évêque de Laon. (Sainte-Foix) 1586. – Truie mutilée à la jambe, à la tête, et pendue, pour avoir déchiré et tué un enfant, suivant sentence du Juge de Falaise. (Statistique de Falaise)

1594. – Porc pendu pour avoir meurtri et tué un enfant, en la paroisse de Roumaigne, vicomté de Mortaing. (Sentence manuscrite)

1474. – Coq condamné à être brûlé, par sentence du magistrat de Bâle, pour avoir fait un oeuf (Promenade à Bâle)

1488. – Becmares (sorte de charançons) : les grands-vicaires d’Autun mandent aux curés des paroisses environnantes de leur enjoindre, pendant les offices et les processions, de cesser leurs ravages et de les excommunier. (Chassanée)

1499. – Taureau condamnés à la potence, par jugement du bailliage de l’abbaye de Beaupré (Beauvais), pour avoir, en fureur, occis un jeune garçon. (DD. Durand et Martenne)

Commencement du XVIe siècle. – Sentence de l’Official contre les becmares et les sauterelles qui désolaient le territoire de Millière (Cotentin). (Théoph. Rainaud)

1554. – Sangsues excommuniées par l’évoque de Lauzanne, parce qu’elles détruiraient les Poissons. (Aldrovande)

1585. – Le grand-vicaire de Valence fait citer les chenilles devant lui, leur donne un procureur pour se défendre, et finalement les condamne à quitter le diocèse. (Chorier)

1690. – En Auvergne, le juge d’un canton nomme aux chenilles un curateur ; la cause est contradictoirement plaidée. Il leur est enjoint de se retirer dans un petit terrain (indiqué par l’arrêt) pour y finir leur misérable vie. (Description de la France)

Un relevé de ces jugements, présenté à la Société royale des Antiquaires par M. Berriat Saint-Prix, en élève le nombre à près de quatre-vingt-dix, dont trente-sept appartiennent au XVIIe siècle ; et un seul a été rendu dans le siècle suivant, en 1741, contre une vache.

POUR EN SAVOIR PLUS :
Vous pouvez retrouver un dossier complet sur les procès engagés
contre les animaux dans le numéro 4 de notre revue La France pittoresque

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Loup, chant du coq, lion, cheval et la colombe

Posté par francesca7 le 30 juillet 2013

 (Préjugés des Anciens sur le)

(D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1842)

Loup, chant du coq, lion, cheval et la colombe dans FAUNE FRANCAISE images-20

LE REGARD DU LOUP
Les Anciens croyaient que lorsqu’un loup jetait les yeux sur un homme avant que celui-ci eût aperçu l’animal, l’homme perdait la voix. Pline donne cette opinion comme reçue communément en Italie. « En Italie, dit-il, le regard des loups, à ce que l’on croit, est dangereux ; il enlève la voix à l’homme qui est vu le premier. » Virgile fait allusion à cette croyance dans une de ses églogues : « La voix échappe à Moeris : les loups ont aperçu Moeris les premiers. »

C’est de là aussi qu’est dérivé le proverbe Lupus in fabula (le loup dans la conversation), qui s’est conservé parmi nous, et qui s’applique lorsque, la personne dont on parlait survenant, il se fait silence tout à coup. Cette propriété malfaisante du loup, comme il a été facile de s’en assurer bien des fois, ne lui est nullement inhérente, et dépend simplement de la frayeur ordinaire éprouvée par celui qui, à l’improviste, se voit fixé par un animal de cette espèce.

LE CHANT DU COQ ET LE LION
On s’est imaginé que le chant du coq mettait en fuite le lion. Pline le dit expressément. Il prétend même que pour se garantir des lions et des panthères, il suffit de se frotter avec du bouillon de coq, surtout quand on a eu la précaution d’y mettre de l’ail.

Il n’y aurait rien d’absurde à croire qu’il existe quelque antipathie de nature entre ces deux espèces, mais le fait ne paraît pas confirmé par l’expérience. Les lions nourris dans les ménageries ne manifestent aucune frayeur quand retentit près d’eux la voix du coq. Il est vrai qu’ils s’y sont peut-être accoutumés ; et il ne serait pas impossible que des lions habitués à la vie du désert aient pris peur en entendant pour la première fois ce cri retentissant et véritablement belliqueux. Ce serait un effet de surprise et comme un éblouissement de l’oreille.

Quoi qu’il en soit, la prétendue terreur qu’il a la vertu d’inspirer au lion est devenue un des titres de gloire de notre oiseau national. Nos ancêtres se plaisaient à le représenter debout sur un lion, et, dans cette position courageuse, entonnant aux oreilles de son ennemi humilié sa triomphante fanfare. Cette image s’est perpétuée jusqu’à nous, et le Coq hardi est encore, dans quelques-unes de nos provinces, une des enseignes ordinaires des cabarets et des auberges. Je crois que les lions auraient le droit de se plaindre, comme dans la fable, du rôle peu honorable qui leur est donné dans cette peinture. Camerarius, dans ses Symboles, rapporte du moins à ce sujet un fait positif, et que l’on pourrait regarder comme une représaille de l’espèce lionne. « De notre temps, dit cet auteur, au palais du sérénissime prince de Bavière, un des lions, par un bond prodigieux, sauta dans la cour d’une maison voisine ; et là, ne s’effrayant ni du chant ni des clameurs des coqs, il les dévora bel et bien ainsi que plusieurs poules. »

LE CHEVAL ET LA COLOMBE ONT-ILS DU FIEL ?
Les Anciens se sont imaginé que le cheval n’avait point de fiel, et c’est une opinion qui règne encore chez beaucoup de gens, même chez les maréchaux peu instruits. Si l’on devait mesurer la force d’une opinion sur l’autorité de ceux qui l’ont soutenue, il faudrait respecter celle-ci, car elle est appuyée par Aristote. Le témoignage de Pline est également en sa faveur.

Il serait assurément bien extraordinaire, la bile étant un agent aussi essentiel de la digestion, qu’un animal d’un degré d’organisation aussi élevé que le cheval pût s’en passer. Si elle n’est pas nécessaire à celui-ci, elle ne devrait pas l’être aux autres davantage ; et la nature, en leur donnant l’appareil qui sécrète la bile et la conduit dans la cavité digestive, se serait livrée à une construction superflue, ce qui serait contraire à son économie habituelle : aussi la dissection anatomique prouve-t-elle que le fait en question n’est point exact.

On voit même que l’erreur avait été relevée dans les anciens temps ; car Absyrte, qui vivait sous le règne de Constantin, dit positivement dans ses Hippiatriques que le fiel a une place déterminée dans le foie du cheval. Cet animal, en effet, possède une vésicule de fiel comme tous les autres mammifères : seulement cette vésicule est moins développée et moins apparente que celle du boeuf et des autres ruminants, et c’est là ce qui a sans doute donné naissance au préjugé.

Il règne sur la colombe un préjugé semblable, et plus répandu encore. Ce préjugé n’a point, comme le précédent, l’avantage d’avoir été soutenu par Aristote et par Pline, car ces deux naturalistes affirment précisément le contraire ; et Galien se moque de ceux qui prétendent que le pigeon n’a point de fiel. Ce qui a sans doute contribué à étendre cette croyance, c’est que quelques écrivains ecclésiastiques, plus curieux de morale que d’histoire naturelle, n’ont point dédaigné de la ramasser pour en faire au peuple un sujet de leçon. Saint Augustin, saint Cyprien, saint Isidore, font l’éloge de la colombe comme n’ayant point de fiel. Mais cela ne doit point s’entendre à la lettre, ou tout au moins cela s’applique, non point à nos pigeons, mais à la colombe mystique, image du Saint-Esprit.

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L’ÉGLISE SAINT-SÉVERIN

Posté par francesca7 le 29 juillet 2013


(D’après Paris, 450 dessins inédits d’après nature, paru en 1890)

L'ÉGLISE SAINT-SÉVERIN dans EGLISES DE FRANCE saintseverin5

En sortant de la rue Saint-Julien-le-Pauvre sur la rue Galande, quelques pas nous ramènent à la rue Saint-Jacques, au débouché de la rue Saint-Séverin, qui longe

le mur septentrional de l’église de ce nom. Elle est placée et comme étouffée au centre d’un lacis extrêmement curieux de rues étroites et tortueuses, qui subsistent comme par miracle entre les larges voies de la rive gauche. Une étroite place devant le portail s’étrangle sur la gauche en une ruelle qui s’appelle la rue des Prêtres, qui, en montant vers le boulevard Saint-Germain, prend le nom de rue Boutebrie, s’adosse au tronçon qui subsiste de la rue de la Harpe et traverse la rue de la Parcheminerie, la plus étroite peut-être de Paris.

Sur le flanc gauche de l’église, la rue Saint-Séverin est accostée par l’étrange rue Zacharie, au milieu de laquelle les habitants vaquent aux soins intimes de leur ménage, et débouche rue Saint-Jacques, au chevet de l’église, accompagné comme par respect de trois ou quatre marronniers d’Inde, oasis inespérée dans cet amoncellement de pierres et de plâtras.

Les voitures s’abstiennent d’aborder Saint-Séverin, ne trouvant aucun espace

pour tourner, aucune issue pour sortir en sécurité. La rue des Prêtres est particulièrement inaccessible ; le sol en est pour ainsi dire à plusieurs étages ; s’élargissant sous le nom de rue Boutebrie, elle laisse apercevoir, à deux pas du square , de vieilles maisons à auvent terminal, devenues rares dans Paris. Partout des guenilles aux fenêtres ; devant l’église ; un ruisseau à pente torrentielle déverse au plus prochain égout des flots rouges, qui sortent également coloriés de deux boutiques géminées, l’une d’un teinturier, l’autre d’un marchand de vin ; et l’on ignore si c’est le teinturier qui remplit les bouteilles de son compère, ou si c’est le marchand de vin qui approvisionne de bois de campêche les cuves du teinturier.

On ne sait pas exactement à quelle date fut bâti sur le lieu de l’église actuelle un très ancien oratoire consacré à saint Séverin, un pieux solitaire qui s’était retiré près de la porte méridionale, au temps de Childebert Ier.

L’église actuelle présente, vue du côté de la façade, un haut pignon triangulaire, accosté d’un clocher en forme de tour carrée, de structure élégante et fine, percée de deux étages de longues baies ogivales, garnies de délicates colonnettes dans les ébrasements. Cette partie de l’édifice remonte au XIIe siècle ; son couronnement, ses clochetons et sa balustrade sont de deux siècles plus jeunes. La tour se termine par une flèche très aiguë, décorée de lucarnes et coiffée d’un 

lanternon, dont la pointe, dépassant les hautes maisons du vieux quartier, se laisse apercevoir de toute la ligne des quais de la Seine.

La façade primitive de Saint-Séverin s’ouvrait par une triple baie ogivale, sans aucun ornement. Aujourd’hui elle est décorée par la façade sculptée et feuillagée de l’ancienne église Saint-Pierre aux Bœufs, démolie en 1837 pour le percement de la rue d’Arcole et dont on a doté le portail de Saint-Séverin. La statue de la Vierge, debout au sommet du pignon, date seulement de 1832.

La nef a la forme d’un parallélogramme terminé par une abside demi-circulaire. Elle n’a pas de transept. Elle a, comme celle de Notre-Dame, des collatéraux doublés, c’est-à-dire cinq nefs en largeur, environnées d’un centre de chapelles, disposition qui donne une grandeur étonnante à tout l’édifice.

Le chœur a trois travées ; l’abside, cinq en pourtour. Celles-ci sont décorées de placages de marbre, qui enveloppent les piliers et transforment les ogives en arcades cintrées ; cette décoration, fort riche, mais qui dénature le style de cette partie de l’église, a été exécutée en 1684, ainsi que le petit baldaquin du maître-autel, aux frais de Mlle de Montpensier, par le sculpteur Tubi, d’après les dessins, de Le Brun.

On remarque autour de l’abside de Saint-Séverin une belle série de vitraux, datant les uns de la fin du XVe siècle, les autres du commencement du siècle suivant. Ils portent pour la plupart la figure et les armoiries de leurs donateurs, assistés des saints, leurs patrons. Parmi les morceaux remarquables, il faut citer un arbre de Jessé, tout verdoyant et florissant qui développe, dans les compartiments de la rose occidentale, ses rameaux qui portent, comme fleurs épanouies, des rois, des prophètes et la mère du Sauveur.

Saint-Séverin renferme de nombreuses peintures à fresque, exécutées dans les chapelles de 1852 à 1865 par Paul et Hippolyte Flandrin, Heim, Alexandre Hesse, Gérôme, etc.

 

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Fortunes des églises

Posté par francesca7 le 29 juillet 2013

Fortunes des églises dans EGLISES DE FRANCE images-16

Une des plus belles fortunes qui se soient faites dans l’Église est sans contredit celle de Jacques Amyot, évêque d’Auxerre et grand-aumônier de France. Son père était un pauvre corroyeur de Melun : la crainte du fouet, qui lui était promis, détermina ce jeune écolier à quitter la maison paternelle

Tombé malade dans sa fuite et resté presque mort sur le grand chemin, un cavalier charitable le recueillit, le conduisit à Orléans, et le fit entrer à l’hôpital ; d’où, après sa guérison , il fut renvoyé avec seize sous pour achever son voyage. Arrivé à Paris, où, ne connaissant personne, il se vit forcé de demander l’aumône, il fut prit en pitié par une dame qui lui proposa d’entrer à son service pour accompagner ses enfants au collège.

Le jeune Amyot, ravi de sa bonne fortune, mit à profit cette occasion pour cultiver les talents qu’il sentait avoir reçus de la nature, et s’attacha surtout à l’étude de la langue grecque. Quelques années après, se voyant soupçonné de quelque penchant pour les opinions des prétendus réformés, il se retira dans le Berry, chez un gentilhomme qui le chargea de l’éducation de ses enfants.

Le roi Henri II traversant, l’année suivante, cette province, et se trouvant logé chez ce même gentilhomme, une épigramme grecque lui ayant été présentée de la part du jeune instituteur : Du grec ! s’écria le monarque. A d’autres ! ajouta-t- il en la rejetant avec mépris.

Mais M. de l’Hôpital, depuis chancelier de France, l’ayant ramassée, lue et trouvée bien faite, en fit l’éloge au monarque, en ajoutant que, « si ce jeune homme avait autant de mœurs que de génie, il le croyait capable d’être précepteur des enfants de sa majesté ». Ce mot fit la fortune du jeune homme, qui, quelque temps après, obtint l’abbaye de Bellozane, et bientôt eut ordre de se rendre au concile de Trente, où il prononça cette éloquente et hardie protestation qu’on lit encore avec grand intérêt.

A son retour il entra en exercice de sa charge de précepteur des enfants de France auprès du dauphin, qui fut depuis François II, de Charles IX et de Henri III, qui furent successivement rois. Quelque temps après, la charge de grand-aumônier se trouvant vacante, elle lui fut immédiatement donnée. Sur quoi la reine mère, Catherine de Médicis, qui avait d’autres vues, l’ayant fait appeler : « J’ai fait bouquer, lui dit-ce elle avec colère, les Guises, les Châtillons, les connétables, les chanceliers, les princes de Condé, les rois de Navarre ; et je vous ai en tête, petit prestolet ! mais nous verrons ce qui des deux l’emportera. »

Amyot eut beau protester qu’il n’avait pas demandé cette charge, la conclusion fut que, s’il la conservait, il n’avait pas vingt-quatre heures à vivre ». Aussi le pauvre précepteur prit il le parti de se cacher, pour se dérober également au ressentiment de la mère et aux bontés qu’avait pour lui le fils. Sur quoi Charles IX, inquiet de lie plus voir son cher Amyot, et attribuant son absence aux menaces de la reine sa mère, s’emporta de façon qu’elle-même fit dire au précepteur qu’il pouvait reparaître à la cour sans risquer de lui déplaire.

Cet homme, à tous égards on ne peut plus estimable, pénétré de chagrin d’avoir vu mourir en assez peu de temps les trois monarques qu’il avait eu l’honneur d’instruire, se retira dans son diocèse, où il mourut le 6 février 1593, à l’âge de soixante-dix-neuf ans.

Il fit par son testament un legs de douze cents écus à l’hôpital d’Orléans, en reconnaissance des seize sous qu’il en avait autrefois reçus pour s’acheminer à Paris.

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En 1929, au moment du Traité du Latran, le trésor de l’Etat du Vatican est devenu un fonds officiel. La même année, Mussolini a remis plus de 1750 millions de Lires (l’équivalent de 100 millions de Dollars) au Vatican comme un règlement définitif de la question romaine.

Le Pape Paul XI, pas moins bon commerçant que Benoît, investit une grande somme aux Etats-Unis immédiatement après la chute des marchés. Ce mouvement fut profitable car après la grosse dépression des années 30, l’église en tira des profits colossaux lorsque l’économie américaine s’est ressaisie.

Mais, tout en investissant largement aux Etats-Unis, le Vatican a été suffisamment astucieux pour investir une bonne partie de l’indemnité du Latran en Italie elle-même. Les résultats, comparés aux normes, furent stupéfiants. On estime que le Saint Siège détenait à ce moment-là entre 10 et 15 pour cent de toutes les actions et les parts inscrites à la bourse italienne.

Le périodique anglais,  » L’Economiste  » a dit :  » Il pourrait théoriquement jeter l’économie italienne dans une grande confusion s’il se déchargeait soudainement de toutes ses parts pour les déverser sur le marché. »

Ceci fut confirmé quelques années plus tard par le ministre italien des finances lorsqu’en février 1968, il déclara que le Vatican détenait des parts pour un montant approximatif de 100 milliards de lires.

La richesse de l’église, en plus de devenir une source d’embarras moral croissant, était devenue un dilemme financier. L’église se trouva alourdie par sa richesse, non seulement à cause de la collecte laborieuse de l’argent provenant de milliers d’organisations de religieux, d’ecclésiastes et de laïcs, mais également en raison de l’habileté des cerveaux financiers qui, depuis la Deuxième Guerre Mondiale ont investi les milliards du Vatican partout dans le monde avec une dextérité sans pareille. Leur compétence, avec l’aide de l’intelligence globale à leur disposition, a véritablement transformé les millions du Vatican en milliards.

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abbaye du Mont des Cats (Flandres)

Posté par francesca7 le 29 juillet 2013

 

Les moines cisterciens de l’abbaye du mont des Cats, dans les Flandres, ouvrent leurs portes à ceux qui veulent vivre une retraite spirituelle. Reportage.

abbaye du Mont des Cats (Flandres) dans EGLISES DE FRANCE images-15

« Oui, Marc, venez savourer la quiétude qui règne ici ! » Dans son e-mail de bienvenue, frère hôtelier n’avait pas menti. L’abbaye du mont des Cats nichée dans la Flandre française, tout près de la frontière belge, est un havre de paix. De Berthen – petit village où le bus dépose ses derniers passagers – on ne discerne pas ce petit paradis. Perché à 164 mètres d’altitude, cela suffit, le matin, à le jeter dans le brouillard. Tout autour, le panorama est verdoyant et ondulé. Un paysage empli d’ »humilité » et de « modestie », selon les mots de Marguerite Yourcenar, qui passa son enfance à arpenter les collines voisines du mont Noir. Quelques fermes bordent des routes peu fréquentées aux noms imprononçables. Le monastère a été construit dans le village de Godewaersvelde, à la croisée de la route de Boeschepe et de la rue de Steenvoorde. À vos souhaits ! 

Un couple de randonneurs profite du paysage. L’entrée du monastère se situe juste derrière eux. 

Après une heure de grimpette, les contours du monastère se dessinent enfin : une impressionnante bâtisse en briques rouges, sans prétention, calquée sur le style simple que les moines cisterciens affectionnent tant. Le silence est absolu, presque troublant. Dans les couloirs, un homme et une femme marchent ensemble, mais ils ne parlent pas. Ils se murmurent des mots à l’oreille, tel un complot contre le bruit. Debout dans son bureau, voûté dans sa robe de moine, frère Pierre, chargé de l’hôtellerie, a l’air soucieux. Le vieil homme est penché sur une photocopieuse dont il ne comprend visiblement pas toutes les fonctions. « On vient de la recevoir », sourit-il en se retournant. 

L’abbaye et son style néogothique  

Une vie rythmée par la foi

La vie de frère Pierre a toujours été rythmée par sa spiritualité. Il est entré au monastère en 1954. Lentement, il énumère les règles qui sont de rigueur dans l’abbaye : la ponctualité, le calme, l’altruisme. Il décrit ces gens qui viennent quelques jours trouver le repos spirituel. Il y a « des croyants qui veulent renouveler leur foi » et « des gens dans la mouise », confesse-t-il. « Certains ont parfois perdu un enfant, ils sont vraiment malheureux », lâche le moine. Plus rarement, ce sont des « athées, des incroyants, qui veulent faire une pause dans leur vie ». De temps à autre, des étudiants viennent bûcher leurs cours au calme. Leur quotidien ? Ils se reposent, prient et se promènent dans les jardins. Frère Pierre résume : « Ils essaient de décrocher. » Ils lisent beaucoup aussi. « Des lectures plus fondamentales que celles des journalistes ! » goguenarde notre hôte. 

Ils sont 25 moines à vivre en communauté. Ils étaient 80 après la guerre de 39-45. « Les bons vieux résistent », s’amuse frère Pierre. Le moine se remémore le temps où ils allaient chercher le lait au bidon pour faire leur fromage. Désormais, c’est un camion-citerne qui les ravitaille. Les impératifs de rentabilité se sont immiscés dans la vie monastique. La fromagerie, première source de revenus, s’est industrialisée : 180 tonnes de fromage sont produites par an. Pour un pensionnaire, la nuit et deux repas sont facturés 40 euros. Frère hôtelier se justifie : « Il faut bien qu’on vive… »

Repas en silence

11 h 55, c’est l’heure de l’office de sexte. Frère hôtelier part se préparer dans la sacristie. Les pensionnaires de l’abbaye déposent leurs affaires dans leur modeste chambre. Un lit ou deux (pour les couples), un bureau (où trône une bible), un robinet dans une petite pièce à part, une croix en bois accrochée au mur. Puis ils se rendent à leur tour à l’église. Les gens se signent, suivent à la lettre les rituels catholiques. 12 h 20 : c’est l’heure du repas en silence. Les convives s’attablent. L’un d’eux lit le bénédicité. Certains ont le regard vide et paraissent absents. D’autres mènent habilement une discussion muette. Les mentons se lèvent, les yeux s’écarquillent, l’air de vouloir dire : « En revoulez-vous ? » Hochement de tête : drôle de dialogue. 

Quelques « merci » s’échappent néanmoins des lèvres. Le repas est copieux : paupiettes, courgettes, petits pois, fromage, tarte aux pommes. Les convives se servent volontiers de la bière et du vin. En toile de fond, de la musique classique, qui ne parvient cependant pas à cacher les petits bruits de la mastication. Le souffle court de celui qui a trop mangé, les rots refoulés, le crissement des couverts contre l’assiette… Tout s’entend. Mais dans le silence des mots, les petites attentions redoublent. Les pensionnaires s’échangent des sourires, servent leurs voisins, veillent à ce que personne ne manque de rien. On s’observe sans se dévisager. On ne se juge pas.

Le splendide jardin de l’abbaye  

Puis chacun met la main à la pâte pour nettoyer le réfectoire, faire la vaisselle et mettre le couvert du soir. Entre deux offices – il y en a sept dans la journée -, on se laisse volontiers embarqué, avec un bouquin, dans les jardins du monastère. Une fois encore, c’est le silence absolu qui y règne. Les tracas du quotidien semblent très lointains, les paupières se font lourdes. Seuls les cris des animaux nous tiennent en éveil. La « quiétude » dont parlait frère hôtelier est ici presque palpable. Trois heures plus tard, la cloche de l’église sonne pour les vêpres. Puis, après une cérémonie d’une heure, il faut de nouveau s’attabler. Toute la journée, les gestes ont été les mêmes. Dans un monastère, aucune place n’est réservée à l’imprévisible. Le temps est pourtant passé vite. Couché à 19 h 45, c’est là que le vrai combat contre l’horloge commence. Allongé dans un lit alors que le sommeil ne vient pas. Seul avec ses questions d’incroyant. Et toujours ce silence déconcertant.

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