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Spécialité de Bresse Bourguignonne

Posté par francesca7 le 24 mai 2013


Le poulet de Bresse, le chapon et la poularde…

Consultez le site d’origine > HISTORIQUE du poulet de Bresse

LE PAYS DE BRESSE > Aspect général et limites géographiques, géologie

Ce n’est pas le titre d’une fable de La Fontaine. C’est avant tout le nom des joyaux que produit le terroir bressan depuis maintenant fort longtemps. La volaille de Bresse n’est pas un pur produit commercial qui aurait été lancé sous la bénédiction de Saint-Marketing, patron des gondoles de supermarché. Non, puisqu’on trouve déjà sa trace dans les registres municipaux de la ville de Bourg-en-Bresse dès le 12 novembre 1591.

Spécialité de Bresse Bourguignonne dans Bourgogne bressePoulet de Bresse, chapon et poularde. Trois noms dont la réputation a fait le tour du monde des meilleures tables. Produit de luxe, produit rare, qui voit pourtant le jour dans les petites fermes de Bresse, qui jusqu’à une époque pas si reculée, vivaient quasiment en autarcie. Fruit d’un travail et d’une expérience transmise en Bresse depuis des générations, l’élevage du poulet de Bresse, lorsqu’il est bien fait, est un art demandant patience, suivi et rigueur.

Si l’on s’intéresse au sujet, on apprend que depuis toujours, la dégustation d’une bonne volaille s’apparente à celle d’un bon vin. Le souci d’excellence et de connaissance de la bonne volaille, du met d’exception, se mesure par des soucis de goût bien sûr, mais aussi d’apparence. Certains même on dit qu’il existe des « crus » concernant le poulet de Bresse, en fonction du secteur d’ou est originaire la volaille. Ainsi, en fonction du sol et de la végétation proposée par telle ou telle commune, on verra la volaille, le chapon, la poularde répondre encore mieux aux critères qui ont fait du poulet de Bresse la 4e merveille gastronomique au monde. Retrouvez sur ce site toute une sélection d’anciennes recettes de poulet de Bresse, et autres spécialités de pays.

Mais une chose est certaine : une volaille de Bresse ne peut être bien produite qu’en Bresse. Loin d’être un pléonasme, cette expression veut dire que tenter de « faire du poulet de Bresse » à partir de poussins de la race, sur une autre terre que celle de Bresse, est une opération vouée à l’échec. Car c’est la terre Bressane, son sol, sa végétation, cet ensemble particulier qui donne à la race toute sa valeur et toute son exception, dans une variété unique.

Alors, précisément, à partir de quelle zone, quelle limite peut-on penser faire élever une bonne volaille qui donnera un produit conforme aux exigences de l’espèce ? Tout ceci a été clairement délimité, balisé. Ces données, comme la liste des critères qui font reconnaitre un véritable poulet de Bresse d’une copie, ont été recueillies depuis bien longtemps dans quelques ouvrages de référence. L’un deux, l’un de ces livres qui font foi dans le domaine est sobrement intitulé « De la ferme natale à la table des gourmets : la volaille de Bresse », publié en 1947 par A. Boudol, ingénieur agronome.

Ce dernier a mené à l’époque une étude zootechnique et gastronomique qui est encore d’actualité, concernant la race et le produit. Ce sont les propos tirés de cet ouvrage que vous pourrez découvrir sur ce site, afin d’aider à la découverte de ce bijou de la gastronomie française qu’est la volaille de Bresse, issu d’un terroir préservé et d’une tradition plusieurs fois centenaire… Bon appétit ;-) Et n’oubliez surtout pas les Glorieuses de Bresse ont lieu chaque fin d’année.

Publié dans Bourgogne, Les spécialités | Pas de Commentaire »

Cheminée sarrasine

Posté par francesca7 le 24 mai 2013

 Cheminée sarrasine dans ARTISANAT FRANCAIS sarrazine-300x225

Particulièrement répandues dans la Bresse savoyarde, les cheminées sarrasines ont été construites sur l’ancien domaine des sires de Bâgé depuis le 13ème siècle. Une trentaine seulement d’origine du 17ème et 18ème siècle sont conservées aujourd’hui, elles se caractérisent à l’intérieur par un énorme foyer, non adossé au mur, surmonté d’une hotte sous laquelle ont peut se tenir debout et d’un conduit de fumée à pans de bois. A l’extérieur, une mitre assimilable à un petit clocher – ou plus rarement à un reliquaire – coiffe le conduit. De plan rond, carré (sur le modèle du clocher de St Philibert de Tournus) ou octogonal (celui de St André de Bâgé) et d’inspiration romaine, gothique ou parfois byzantine, ces mitres sont ajourées sur un ou plusieurs étages et se terminent par un cône, une pyramide ou un clocheton de style baroque. D’une hauteur inhabituelle (3 à 5 m) et surmontées d’une croix en fer forgé, elle sauraient abrité autrefois une cloche, utile à la vie quotidienne dans ces fermes traditionnellement isolées.

Leur appellation « sarrasine » ne traduit pas une origine géographique, mais une survivance du sens médiéval du mot, qui signifiait « appartenant à une civilisation étrangère, ancienne ou inconnue ».

La cheminée sarrasine ou cheminée sarrazine est un type de cheminée typique de la région naturelle de la Bresse, en particulier sur les toits des fermes bressanes. On peut la trouver, en moindre quantité, dans d’autres régions. À l’extérieur, cette cheminée typique a l’aspect d’un minaret ou d’un petit clocher. Généralement surmontée d’une croix, elle correspond avec un foyer placé au centre de la pièce, dont on pouvait faire complètement le tour. C’est une cheminée inspirée de celle de la hutte primitive, feu central et fumée s’échappant par un orifice au centre de la toiture. Cette ouverture devant être fort large, on dut parer à l’inconvénient qui pouvait résulter de la pénétration de la pluie et du vent, en la surmontant d’une cheminée très élevée, munie d’étages superposés, de baies latérales, tout comme les lanternes des clochers. On peut rapprocher les cheminées sarrasines des cheminées aragonaises traditionnelles en Haut Aragon, dans les Pyrénées espagnoles, assez semblables structurellement.

Au xviiie siècle, ces cheminées étaient déjà considérées d’un autre âge ; de là, certainement, l’appellation de « sarrasines », et non pas en vertu d’une origine mauresque.

Gabriel Jeanton, historien et président de l’Académie de Mâcon, recensa en 1923, plus de 400 cheminées de ce type. En 1977, il n’en restait plus guère qu’une trentaine, dans les secteurs de Pont-de-Veyle, Saint-Trivier-de-Courtes, Montrevel-en-Bresse, Bâgé-le-Châtel, Pont-de-Vaux, plusieurs à Romenay et en quelques autres endroits. En 2007, on en dénombrait exactement trente-quatre.

La « cheminée chauffant au large » – dispositif qui à l’origine est lié à l’existence sous un même toit d’une famille étendue ou d’une communauté – constitue un thème majeur de l’architecture vernaculaire en France, et les cheminées dites « sarrasines » ne sont que la partie émergée (au sens propre comme au sens figuré) d’un ensemble plus vaste qui reste en attente d’investigations étendues à l’ensemble de l’hexagone.

Cheminées dites « sarrasines » en basse Ardèche 

L’Ardèche du Sud posséderait, elle aussi, des spécimens de ces dispositifs que des érudits bressans du XVIIIe siècle ont dénommé « cheminées sarrasines », à savoir des foyers disposés au centre d’une pièce pour « chauffer au large » et trahis extérieurement par une souche monumentale élaborée, en forme de tourelle, plantée au milieu d’un versant ou contre le faîtage . Plusieurs souches ont été répertoriées : quatre d’entre elles, construites en pierres de grès taillées et appareillées, sont en forme de fût élancé ajouré en partie haute et coiffé d’un cône surmonté d’une boule ; une cinquième a les trous d’évacuation de la fumée ménagés dans la mitre même. Il reste à préciser la nature des bâtis et des foyers sous-jacents (non visibles de l’extérieur) et à déterminer la classe sociale qui les a construits et à quelle époque.

 

Publié dans ARTISANAT FRANCAIS, Bourgogne, HISTOIRE DES REGIONS | Pas de Commentaire »

Histoire de l’Abbaye de Fontevraud

Posté par francesca7 le 24 mai 2013

 (maine et Loire)

Histoire de l’Abbaye de Fontevraud   dans EGLISES DE FRANCE abbaye

La fondation

L’abbaye de Fontevraud est fondée en 1101 par le moine et ermite Robert d’Arbrissel. En 1096, celui-ci reçoit du pape Urbain II en visite à Angers, une mission de prédication. Devenu prédicateur itinérant, Robert d’Arbrissel se voit bientôt suivi par une foule nombreuse, d’hommes et de femmes de différentes classes sociales. Il s’installe entre 1099 et 1101 dans un vallon nommé Fons Ebraudi et y fonde avec ses disciples une maison mixte, rompant avec les règles du monachisme ordinaire. En période de réforme grégorienne, l’attitude de Robert lui attire les foudres de la hiérarchie religieuse : la cohabitation d’hommes et de femmes dans un même lieu passe mal, et Robert scandalise quand il dort au milieu des femmes. Cette proximité entre les sexes voulue par Robert s’explique par la pratique par l’ermite du syneisaktisme, pratique ascétique qui consiste en la cohabitation chaste de personnes de sexe différent afin de surmonter les tentations charnelles.

En 1101, la maison se transforme en un monastère double. Il sépare ainsi les hommes (le monastère Saint-Jean-de-l’Habit) des femmes (le monastère du Grand-Moûtier). Deux autres structures sont également créées: le monastère de la Madeleine pour les pécheresses repenties et le couvent Saint-Lazare pour les lépreux . L’ordre de Fontevraud est reconnu dès 1106 par l’évêque de Poitiers et par le pape Pascal II. Les premiers bâtiments sont bâtis dans le premier quart du xiie siècle, peu après la fondation. Les grandes familles de l’aristocratie locale, les comtes d’Anjou notamment, ne tardent pas à soutenir la fondation. Ermengarde d’Anjou est un des premiers membres de la famille comtale angevine à prendre l’abbaye en considération. Fille de Foulque le Réchin, elle fait ratifier par son frère, Foulque V, ses dons à l’abbaye de Fontevraud. Elle s’y retire vers 1112 et ne quitte l’abbaye qu’en 1118. L’année suivante, on consacre le chœur et le transept de l’église abbatiale, bientôt suivi de la nef à coupoles.

Robert d’Arbrissel fixe alors les premiers statuts de l’abbaye à destination des moniales. Quand il décide de reprendre son itinérance, il confie la direction de l’abbaye à une femme, Hersende de Champagné. Une première abbesse, Pétronille de Chemillé, est ensuite élue en octobre 1115, avant la mort de Robert, le 25 février de l’année suivante. Son corps est enterré dans le chœur de l’abbatiale de Fontevraud, alors en construction. De nombreux religieux refusent cependant de se soumettre à l’administration d’une femme, et certains décident de déserter le monastère. Pétronille de Chemillé puis Mathilde d’Anjou, qui lui succède en 1149, décident de faire intervenir le pape pour faire cesser les départs. Le problème disparaît après l’intervention du pape Anastase IV en 1154. Il réapparaît cependant plus tard au xviie siècle.

Pendant tout le xiie siècle, l’ordre de Fontevraud n’en finit pas de s’étendre : à la mort de Robert d’Arbrissel, il compte déjà 35 prieurés, regroupant deux mille religieux et religieuses. Suger, abbé de Saint-Denis, comptabilise entre quatre et cinq mille moniales vers 1150. À la fin du siècle, on compte une centaine de prieurés dans toute la France, puis par la suite, en Espagne et en Angleterre.

La nécropole des Plantagenêts

La transformation de l’abbaye en nécropole dynastique des Plantagenêts participe grandement à son développement. Henri II, marié à Aliénor en 1152, y fait sa première visite le 21 mai 1154. Le couple confie à l’abbaye ses deux plus jeunes enfants : Jeanne, née en 1165, et Jean, futur roi d’Angleterre. Ce dernier quitte l’abbaye après cinq ans, tandis que Jeanne ne la quitte qu’en 1176, pour son mariage. En 1180, Henri II finance la construction de l’église paroissiale de Fontevraud, l’église Saint-Michel, construite près de l’abbaye. En 1189, épuisé moralement et physiquement par la guerre que lui mènent ses fils et le roi de France, Henri II meurt à Chinon. Aucune disposition n’avait été prise pour préparer les funérailles. Bien que l’ancien roi ait pu parler d’être enterré à Grandmont, dans le Limousin, il est difficile de transporter le corps en plein été et personne ne souhaite prendre le temps du voyage. Fontevraud est alors choisie par commodité, afin de parer au plus pressé.

320px-Loire_Maine_Fontevraud1_tango7174 dans EGLISES DE FRANCERichard Cœur de Lion meurt le 6 avril 1199, à Châlus-Chabrol. Sur le choix de sa mère Aliénor, la dépouille est conduite à Fontevraud et enterrée le 11 avril aux côtés de son père. Jean Favier émet l’idée qu’avec ce choix, Aliénor souhaite créer une nécropole dynastique, sur les terres ancestrales de la famille Plantagenêt, mais également à la frontière avec le Poitou, et l’Aquitaine, sa terre natale. Jeanne, affectée par la mort de son frère, se rend à Rouen auprès de son frère cadet, Jean. Enceinte et affaiblie, elle fini par se retirer à Fontevraud et y meurt le 11 juillet 1199 en donnant naissance à un enfant, Richard, qui vivra juste assez pour être baptisé.

En 1200, de retour de Castille, Aliénor décide, à plus de 80 ans, de se retirer quasi définitivement à Fontevraud. Elle meurt quatre ans plus tard, le 1er avril 1204 à Poitiers, et est enterrée aux cotés de son mari, de son fils Richard et de sa fille Jeanne. Après la mort d’Aliénor, ses fils et petit-fils continuent de considérer l’abbaye comme une nécropole familiale. En 1250, Raymond, comte de Toulouse et fils de Jeanne, est enterré à sa demande auprès de sa mère. En 1254, Henri III, fils de Jean, organise le transfert de la dépouille de sa mère Isabelle d’Angoulême, alors enterrée en Angoumois à l’abbaye Notre-Dame de La Couronne, jusqu’à Fontevraud. Son cœur y est déposé à sa mort.

Le déclin

La fin de l’empire Plantagenêt met l’abbaye dans une situation délicate. Ses possessions s’étendent sur tout le domaine de l’ancien territoire plantagenêt, y compris en Angleterre. Les possessions angevines et tourangelles sont passées du coté du roi de France, mais celles de Poitou et de Guyenne sont encore sous influence anglaise plus ou moins forte qui participe à une sorte d’anarchie féodale en Aquitaine. Cette situation s’ajoute à la pauvreté croissante de l’ordre de Fontevraud. À la fin du xiie siècle, l’abbesse Mathilde de Flandre fait mention de « l’excessive pauvreté dont nous souffrons ». Pour pallier ces difficultés financières, en 1247, les moniales sont autorisées à bénéficier des biens de leurs parents en succession. La création de nouveaux prieurés fontevristes est arrêtée. En 1248, le pape Innocent IV impose l’abbaye de dix livres tournois pour l’entretien de l’évêque de Tibériade, contribution refusée par l’abbesse qui prétexte le coût que représentent les 700 religieux et personnels de l’abbaye à nourrir. En cette fin de xiiie siècle, l’abbesse est obligée d’échanger le domaine des Ponts-de-Cé près d’Angers au comte d’Anjou contre une rente de 300 setiers de blé et 70 livres en argent. En 1297, l’évêque fixe le nombre maximum de moniales du Grand-Moutier à 300, contre 360 auparavant http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_de_Fontevraud – cite_note-NH27-27.

Aux difficultés financières s’ajoute le début de la guerre de Cent Ans. En 1369, l’abbaye perd environ 60 % de ses rentes foncières, aggravant une situation financière déjà difficile. L’abbaye n’est pas pillée pendant la guerre, mais les environs sont ravagés à plusieurs reprises en 1357, 1369 et 1380. En 1460, Guillaume de Bailleul, prieur de Saint-Jean de l’Habit, rapporte l’affaiblissement de l’ordre fontevriste. Il visite cinquante prieurés, dont trois sont abandonnés par les fontevristes. La plupart ne comptent plus que quelques religieux.

Le renouveau

220px-Abbaye_Fontevraud_-_CuisinesÀ son arrivée à la tête de l’abbaye en 1457, l’abbesse Marie de Bretagne, fille de Richard d’Étampes s’empresse de réformer l’ordre: elle supprime les prieurés trop pauvres et rédige une nouvelle règle. Aussitôt sacré, le roi Louis XI n’hésite pas à soutenir l’abbaye. Il en confirme de nouveau les privilèges le 15 octobre 1479. Malgré l’appui du pape, la successeure de Marie de Bretagne, Anne d’Orléans, peine à imposer la réforme aux moniales. En 1491, seul six prieurés de l’ordre sont réformés.

Renée de Bourbon est élue abbesse en 1491, à la mort d’Anne d’Orléans. Elle est la première des cinq abbesses issues de la famille royale de Bourbon à être élue à Fontevraud. Aussitôt élue, elle fait appliquer la réforme et entreprend une rénovation architecturale. Sous son abbatiat, sont construites la clôture de l’abbaye longue d’un kilomètre trois cents et une galerie accolée au transept nord de l’abbatiale. Elle réaménage la partie sud du cloître en y construisant à l’étage quarante-sept cellules pour les moniales, et fait reconstruire le réfectoire. Louise de Bourbon lui succède et poursuit la rénovation du Grand Moutiers en reconstruisant les trois autres galeries du cloître et en aménageant l’aile est. Elle fait reconstruire dans cette dernière la salle de la communauté et la salle capitulaire où le peintre angevin Thomas Pot réalise les peintures de la Passion du Christ. En 1558, une inondation détruit la plupart des bâtiments de l’infirmerie Saint-Benoît, tout en épargnant la chapelle. Louise de Bourbon meurt en 1575, après avoir été abbesse pendant 41 ans. C’est Éléonore de Bourbon qui lui succède, poursuivant elle aussi les travaux. Elle termine le grand dortoir et décide de reconstruire l’infirmerie de Saint-Benoît, dévastée par les inondations de 1558 : les travaux, considérables, coûtent 37 410 livres.

Louise de Bourbon de Lavedan devient abbesse en 1611. Elle crée en 1618 un séminaire pour les religieux de Saint-Jean de l’Habit à La Flèche et acquiert en 1632 le fonds du sénéchal de Saumur pour constituer une bibliothèque au monastère. De même, elle fait creuser des fossés et ériger une muraille autour de Saint-Jean de l’Habit afin que les religieux puissent vivre en clôture stricte, en minimisant les contacts avec le monde extérieur. Cependant, avant même la mort de Louise en 1637, le conflit entre l’abbesse et les religieux resurgit : tout comme à la fondation de l’ordre, les religieux n’acceptent que difficilement qu’une femme ait autorité sur eux. Les désertions se multiplient, des religieux de Saint-Jean de l’Habit quittent le monastère pour rejoindre d’autres ordres. Des bulles papales tentent d’endiguer le mouvement, mais il faut attendre 1641 pour y mettre un terme : l’abbesse Jeanne-Baptiste de Bourbon obtient du Conseil d’État un arrêt qui confirme l’importance et le rôle de l’abbesse dans l’ordre. Les moines révoltés se soumettent. En 1642, la règle de l’ordre de Fontevraud est imprimée.

En 1670, l’abbaye compte 230 religieuses, 60 religieux ainsi que plusieurs laïcs chargé de l’administration et des serviteurs au nombre de 47. La mort de Jeanne-Baptiste va profondément marquer le destin de l’abbaye : l’ancienne abbesse n’ayant pas choisi de coadjutrice comme le voulait la coutume, la nouvelle abbesse est alors nommée par le roi lui-même. Le 16 août 1670, Louis XIV nomme à la tête de l’abbaye et de l’ordre Marie-Madeleine Gabrielle de Rochechouart, sœur demadame de Montespan qui a connu la vie à la cour du Roi. À la tête de l’ordre, Gabrielle de Rochechouart tente de supprimer les abus et les dérogations à la règle qu’elle enjoint de suivre strictement. Elle achève également la construction du noviciat, aménage des jardins, fait construire une galerie liant l’abbaye au parc Bourbon et poursuit la construction du palais abbatial. Plus intellectuelle que théologienne, la nouvelle abbesse met en place une certaine vie mondaine en recevant sa famille ou en faisant jouer à l’abbaye Esther, la pièce de Jean Racine, dérogeant à la règle de l’ordre. Madame de Montespan elle-même séjourne un an à l’abbaye en 1689, attirant une partie de sa cour.

Louise-Françoise de Rochechouart prend la tête de l’abbaye à la mort de Gabrielle en 1704. En juin 1738, les quatre filles cadettes de Louis XV arrivent à Fontevraud où le roi les confie à l’éducation des religieuses. Un nouveau logis est construit, à l’ouest, le logis Bourbon, achevé en 1741, agrandi de nouveaux aménagements en 1747. Les filles de Louis XV y resteront jusqu’en 1750. Les dernières abbesses, Marie-Louise de Timbrone et Julie-Gillette de Pardaillan prolongent le palais abbatial, construisent les bâtiments de la Fannerie et des étables, et érigent le portail d’entrée actuel, à la veille de la Révolution43.

Révolution et suppression de l’Ordre

La Révolution française va porter le coup fatal à l’abbaye et à l’ordre de Fontevraud. Suite aux évènements révolutionnaires, la situation financière de l’abbaye s’aggrave rapidement : la dîme, qui lui rapportait 600 livres par an, n’est plus perçue. Dans lanuit du 3 au 4 août, l’Assemblée nationale décrète la fin des privilèges et déclare l’imposition des privilégiés pour les six derniers mois de l’année 1789.

Le coup de grâce arrive le 2 novembre 1789 : les biens du clergé sont déclarés biens nationaux. L’abbaye compte encore 70 religieuses, 40 converses et une vingtaine de religieux et l’ordre de Fontevraud dirige encore 52 prieurés. Mais l’abbesse refuse d’évacuer les lieux. L’unité de la communauté de Fontevraud est maintenue pendant plusieurs mois.

Le 30 avril 1790, le maire de Fontevraud, Alexandre Guerrier, ancien moine de Saint-Jean de l’Habit, arrive à la porte de son ancien couvent avec la municipalité. Le couvent ne compte plus que 21 religieux et 18 frères convers. On dresse l’inventaire des biens et un certain nombre de religieux en profitent pour quitter l’ordre et recevoir en échange une pension de l’État. Le 19 juillet, l’administration du district de Saumur procède à l’inventaire du mobilier du reste de l’abbaye : celui ci prend huit jours et se termine le 26. À l’exception d’une sœur converse, les religieuses déclarent toute leur intention de rester sur place. Le 5 août, l’administration engage les derniers frères de Saint-Jean de l’Habit à quitter l’abbaye et leurs verse un acompte sur leur pension. Le 2 juin 1791, le couvent est totalement vide et le 16 août, on vend le mobilier restant, signant la fin de Saint-Jean de l’Habit.

Le 17 août 1792, la Convention décrète que les bâtiments encore occupés par des religieux doivent être évacués avant octobre. Les religieuses quittent peu à peu l’abbaye pendant l’automne. Julie-Gillette de Pardaillan d’Antin, la dernière abbesse, quitte l’abbaye la dernière, le 25 septembre 1792. Le domaine est alors divisé en lots, et le mobilier est difficilement vendu le 15 octobre. Le 30 janvier 1793, une troupe pénètre dans l’abbaye malgré l’interposition du gardien, et commence à piller et saccager les bâtiments. Les sarcophages et cercueils du caveau des abbesses sont brisés et les ossements laissés à l’abandon ou jetés. Pour éviter de nouveaux pillages, la municipalité s’empresse de vendre les biens restants. Les 106 anciens religieux et religieuses résidant encore à Fontevraud assistent à l’ultime dispersion du mobilier et aux martelages des blasons et enseignes de l’Ancien régime. En pleine Terreur, l’atmosphère est lourde et les anciens occupants de l’abbaye deviennent suspects aux yeux de l’administration.

En l’An III, la municipalité prend des mesures pour éviter les dégradations et vandalisme quotidiens des bâtiments. L’église de Saint-Jean de l’Habit menace ruine, mais la municipalité ne possède pas les moyens financiers de procéder aux réparations. On met fin à l’affermage des terrains de l’abbaye qui favorisent les pillages quotidiens.

La prison

prison-200x300Le 18 octobre 1804, Napoléon Ier signe un décret qui transforme l’abbaye en établissement de détention, ainsi que celles de Clairvaux et du mont Saint-Michel. Les travaux de conversion, confiés à l’ingénieur des Ponts et Chaussée Alfred Normand, s’échelonnent de 1806 à 1814. Des réaménagements successifs seront apportés jusqu’à la fermeture de la prison, le 1er juillet 1963, sans toucher à l’essentiel des structures. Prenant appui sur l’ancienne clôture, Normand fait construire un véritable chemin de ronde autour du Grand Moutiers. Des nouveaux bâtiments sont construits près de l’abbatiale et dans les cours. La nef de l’abbatiale est séparée par deux niveaux de planchers pour y loger les détenus, le chœur fait office de chapelle. Si certains bâtiments sont détruits ou fortement endommagés, les travaux et la transformation en prison ont néanmoins sauvé le gros œuvre de la ruine. Les premiers prisonniers arrivent dès 1812. La prison est officiellement ouverte le 3 août 1814, employant alors une vingtaine de personnes. En 1817, Fontevraud devient une maison de force et de correction pour dix-neuf départements. De nouveaux aménagements sont nécessaires. En 1821, l’architecte Durand est nommé à l’ancienne abbaye. Afin de gagner un maximum de place, il supprime un grand nombre de cloisons et cherche à multiplier les étages, notamment dans la nef de l’abbatiale. Les coupoles de celle-ci sont alors rasées pour aménager les combles en 1825. L’aile nord du cloître se voit adjoindre un étage supplémentaire et le réfectoire se voit ajouter un plancher.

Des ateliers et des manufactures sont mis en place utilisant la main d’œuvre des détenus, les populations locales trouvant ainsi un substitut à la communauté religieuse qui leur avait procuré jusque-là une certaine aisance économique. Ils fabriquaient notamment des boutons en nacre, des gants, des filets, des couvertures pour l’armée et assuraient également la transformation du chanvre et du lin. Les femmes détenues quittent Fontevraud en 1850, année où elles sont transférées à Rennes.

Fontevraud fut considérée comme la centrale pénitentiaire la plus dure de France, avec celle de Clairvaux. La plupart des détenus sont évacués à la fermeture de la prison, sauf une quarantaine, employés à l’entretien des espaces verts et à la démolition des installations pénitentiaires. Ils quittent définitivement la prison résiduelle, le quartier de La Madeleine, en 1985, date à laquelle les lieux sont rendus à la « vie civile ».

Évolution du nombre de détenus dans la prison centrale de Fontevraud

 Population comptée à part lors des recensements de la commune de Fontevraud-L’Abbaye. Ces chiffres incluent tous les détenus, mais également les militaires et internes sur l’ensemble du territoire communal (environ 120 du chiffre total).

Restauration et ouverture au public

Dès 1840, grâce à l’action de Prosper Mérimée, inspecteur général des monuments historiques, l’ancienne abbaye de Fontevraud figure sur la première liste nationale de classement des monuments historiques. Progressivement, plusieurs bâtiments sont libérés de leur affectation : le cloître en 1860, le réfectoire en 1882, la tour d’Évrau et l’église abbatiale, longue de 90 mètres, au début du xxe siècle et sont progressivement restaurés. De la fermeture en 1963 à la fin du xxe siècle, les chantiers de restauration presque ininterrompus lui ont donné l’aspect que le visiteur découvre désormais.

Aucune communauté religieuse n’étant susceptible de faire revivre l’abbaye, le Centre culturel de l’Ouest est fondé en 1975. Son but est « la défense, le développement, l’animation et la promotion de l’abbaye de Fontevraud ». Cette association organise des classes du patrimoine, des manifestations artistiques, des stages d’initiation aux métiers d’art, au chant, et accueille des congrès, principalement axés sur l’Angleterre, l’architecture et le chant choral.

Aujourd’hui

L’abbaye royale de Fontevraud, centre culturel de l’Ouest est membre du réseau européen des centres culturels de rencontre (40 membres au début du xxie siècle en Europe).

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Lac du Salagou

Posté par francesca7 le 23 mai 2013

 

Lac du Salagou dans LACS DE FRANCE salagou1

 

La scène du pique-nique dans Deux hommes dans la ville de José Giovanni a été tournée sur les bords du lac en 1973.

« Zone Rouge » réalisé par Robert Enrico, sorti le 9 avril 1986, avec Sabine Azéma et Richard Anconina a été, pour parties, tourné à Celles (scènes du village incendié ) et Octon ( scènes de la visite au docteur et dans le bar)

Des scènes de « Fucking Fernand » film de Gérard Mordillat sorti en 1987 avec Marie Laforêt, Thierry Lhermite et Jean Yanne: Combat de Jean Yanne avec un crocodile dans le lac, attaque d’un panzer (tank allemand) par un avion de chasse.

Des scènes du film Toutes nos envies de Philippe Lioret ont été tournées au Lac du Salagou en 2010.

L’emplacement du lac a été décidé en raison de l’imperméabilité du sous-sol, propice à maintenir le niveau d’eau. Ce sous-sol est constitué de la « ruffe », roche formée par la combinaison de sédiments argileux et d’oxydes de fer. Ces roches sédimentaires sont datées du Permien (-280 millions d’années). C’est le résultat d’un dépôt en milieu aquatique d’eau douce calme. On trouve des coulées et cheminées basaltiques, témoins d’intenses activités volcaniques anciennes. On peut y observer des empreintes fossiles de Thérapsides au lieu-dit La Lieude.

Le lac du Salagou est un lac de retenue du barrage du Salagou. Il est situé au centre du département de l’Hérault, sur la rivière Salagou, affluent de la rivière Lergue qui se jette dans l’Hérault. Il atteint une profondeur d’environ 40 mètres.

Le lac a ennoyé une partie des communes de Clermont-l’Hérault à l’est, Liausson au sud, Octon à l’ouest, et Celles au nord. Le niveau de l’eau est à environ 140 m d’altitude. La surface du plan d’eau est d’environ 700 hectares, tandis que le volume du réservoir est égal à 102 millions de m3. Le lac est dominé par des monts et des plateaux culminant à 300 m à l’est et jusqu’à 407 m pour le Carels à l’ouest.

Le projet de barrage fut lancé dans les années 1950, dans le but de créer une réserve d’eau qui favoriserait une diversification des cultures, comprenant le développement d’une production fruitière, la viticulture devenant surproductive. Secondairement, le barrage aurait pour but de régulariser les crues de l’Hérault. Les travaux débutèrent en 1964 pour se prolonger jusqu’au début de 1969.

Alors qu’on pouvait penser, en 1968, qu’il faudrait des années pour que la cuvette de l’Escandorgue se remplisse, un seul très gros orage la combla à moitié en mars 1969. D’autres précipitations remplirent presque totalement la cuvette en quelques mois, donnant raison aux calculs des ingénieurs.

Le lac est un site touristique accessible facilement depuis les trois plus grandes villes Héraultaises (Montpellier, Béziers, Sète, surtout avec l’ouverture de l’autoroute A 75). Les domaines d’intérêt sont :

  • la géologie,
  • la baignade et beaucoup d’activités nautiques (planche a voile ;)
  • les randonnées pédestres et cyclistes autour du lac.

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Amoureux des onze mille vierges

Posté par francesca7 le 23 mai 2013

 

On appelle ainsi celui qui devient amoureux de toutes les femmes qui s’offrent à sa vue

 

  Amoureux des onze mille vierges dans EXPRESSION FRANCAISE vierges

« Croyez-vous qu’une tempête miraculeuse les ait jetées dans les bouches du Rhin, et qu’elles aient remonté le fleuve jusqu’à la ville de Cologne, alors occupée par les Huns, qui servaient l’empereur Gratien ? Croyez-vous que ces impertinents aient voulu leur faire la cour un peu trop brusquement, et qu’irrités d’être repoussés avec trop de fierté, ils les aient mises à mort pour leur apprendre à vivre ?

« Nos bons aïeux le croyaient certainement, puisqu’ils célébraient annuellement, le 22 octobre, la fête de ces chastes héroïnes. Mais comme il n’est rien dans le monde sans contradiction, des critiques sourcilleux et difficiles ont contesté la vérité de ces récits. Ils ont fait d’abord observer que le nombre de onze mille vierges était un peu fort, qu’on aurait eu de la peine à les trouver dans les meilleurs temps du christianisme, et que le martyrologe de Wandelbert, composé en 850, et l’un des plus estimés des connaisseurs, n’en a porté le nombre qu’à mille, ce qui est encore beaucoup.

« Ensuite, ils ont soutenu qu’il fallait pousser la réduction encore plus loin, et ils ont porté l’esprit de réforme jusqu’à effacer d’un trait de plume dix mille neuf cent quatre-vingt dix-neuf vierges ; de sorte qu’ils n’en ont voulu accorder que onze, ce qui doit laisser beaucoup de places vacantes en paradis. Ils se sont autorisés d’une inscription qu’ils ont interprétée à leur manière : Sancta Ursula Et XI. M. V. Ceux qui tiennent pour les onze mille vierges ont traduit :Sainte Ursule et onze mille vierges. Mais nos critiques assurent que cette interprétation est fautive et erronée, et veulent que l’on traduise : Sainte Ursule et onze martyres vierges. Pour appuyer leur prétention, ils citent un catalogue de reliques tiré du Spicilège du père D. Luc d’Acheri, dans lequel on lit : De reliquiis SS. undecim virginum ; des reliques des onze vierges.

« Réduire ainsi onze mille vierges à onze, c’est déjà beaucoup. Cependant d’autres critiques, plus sévères encore, ont prétendu enchérir sur les premiers, et porter la soustraction bien plus loin ; car ils ne veulent absolument que deux vierges. Ils protestent qu’on a très mal lu les anciens martyrologes qui portaient : SS. Ursula et Undecimilla virg. mart., c’est-à-dire SS. Ursule et Ondecimille, vierges, martyres. Des copistes ignorants ont pris un nom de femme pour un nom de nombre, et se sont imaginé que Undecimilla était une abréviation de undecim millia.

« Voilà ce que pense le savant père Simon. Je ne sais s’il se trompe. Il est au moins constant qu’on a peu de renseignements exacts sur l’histoire de sainte Ursule et de ses compagnes. Baronius avoue que les véritables actes de son martyre ont été perdus. »

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Aide-toi, le ciel t’aidera

Posté par francesca7 le 23 mai 2013

Aide-toi, le ciel t'aidera dans EXPRESSION FRANCAISE aide-toi 

La Providence n’accorde son appui qu’à ceux qui savent s’en rendre dignes par leur bonne volonté et leurs efforts !

Ce proverbe est du XVe, où on l’écrivait ainsi : Ayde-toi, Dieu te aidera. On avait dit aussi à peu près à la même époque : Qui se remue, Dieu l’adjue (mot qui vient du verbe latin adjuvare, aider).

On trouve chez les Athéniens une phrase qui renferme la même pensée que notre proverbe et qui signifie : Dieu aime à seconder celui qui travaille. Du reste, chez les Grecs, on croyait qu’il fallait implorer l’assistance des dieux les bras étendus (c’est-à-dire dans l’attitude du travail) et non avec les bras croisés (dans l’attitude du repos).

Parmi les auteurs français qui ont exprimé la même pensée que ce proverbe, on peut citer Rabelais, XVIe siècle (livre III, chap. XXVII) : De nostre part convient nous évertuer et comme le dit le sainct envoyé, estre coopéraleur avec lui-même. Voici les deux vers que Corneille (XVIIe siècle) a écrits à ce sujet :

Le ciel qui mieux que nous connaît ce que nous sommes.
Mesure ses faveurs au mérite des hommes.

Voltaire (XVIIIe siècle) nous a transmis aussi un vers qui renferme le même sens : « Quand nous n’agissons pas, les dieux nous abandonnent. »

Un autre auteur du XVIIe siècle, Regnier avait dit : Aidez-vous seulement et Dieu vous aidera. La Fontaine (XVIIe siècle), dans sa fable du Charretier embourbé (livre VI, fable 18), y a intercalé cet aphorisme salutaire que chacun devrait avoir gravé dans son esprit, en donnant des conseils au charretier : Pique tes bœufs, pousse la roue, Aide-toi, le ciel t’aidera.

D’autres peuples de l’Europe ont émis la même pensée de différentes façons. Ainsi, des Espagnols nous vient cette phrase : Pro agua delcielo no dexes tu regio, ce qui veut dire : Pour l’eau du ciel, n’abandonne pas l’arrosoir, autrement dit : Ne pas abandonner le certain pour l’incertain. Les Ecossais s’expriment ainsi : Lo the like best and God will do the best, ce qui signifie : Fais pour le mieux et Dieu fera mieux encore.

Pour terminer ces citations, voici une petite anecdote du XVe siècle qui ne laisse pas de présenter un excellent exemple à suivre :

« Vers le milieu de ce siècle, le fils d’un tisserand de la ville d’Utrecht, dans les Pays-Bas, nommé Adrien, se distinguait parmi tous ses camarades de la célèbre université de Louvain. Tous les soirs, ce jeune homme quittait à la nuit tombante l’université et se retirait sans vouloir prendre part au jeu de ses camarades. Ceux-ci, devenus jaloux de ses succès, se mirent à l’épier avec l’espérance de le trouver coupable de quelque faute ; mais Adrien savait toujours se dérober à leurs investigations.

« Une nuit qu’ils avaient parcouru toute la ville à sa recherche, ils aperçurent, en passant, une ombre près de la lampe qui se trouvait toujours allumée sous le porche de l’église Saint-Pierre. Ils s approchent à pas de loup et reconnaissent Adrien courbé sur un livre. Ce jeune homme, rougissant d’être ainsi surpris, leur expliqua que, trop pauvre pour acheter une chandelle, il étudiait ainsi tous les jours, partout où il trouvait une lampe et sans même sentir le froid de l’hiver. »

Dès lors, la jalousie de ses camarades fit place à la plus sincère estime. Adrien parvint aux grades les plus élevés dans l’université de Louvain ; il fut précepteur de Charles-Quint et devint pape sous le nom d’Adrien VI.

 

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AU TEMPS DU FACTEUR

Posté par francesca7 le 22 mai 2013

AU TEMPS DU FACTEUR dans ARTISANAT FRANCAIS poste-300x209

mon père né en 1927, dcd en 2007 – était lui-même facteur dans nos campagnes….

 

 

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Distribution du courrier : de Louis XI
au projet de « torpille postale »

(D’après « Le Petit Journal illustré », paru en 1928)

Recevrons-nous, un jour prochain, nos lettres par la « torpille postale » ? s’interroge en 1928 un chroniqueur du Petit Journal, qui ajoute que cette torpille vous a un petit air belliqueux qu’on n’attendait guère d’une initiative des P.T.T., administration pacifique… Ce nouveau mode de distribution du courrier est alors l’occasion de revenir sur plusieurs siècles de lente évolution, et d’évoquer le temps, révolu, où le destinataire payait pour recevoir une lettre, où le coût du transport était directement lié à la distance parcourue, et où l’acheminement des envois en pays étranger exigeait jusqu’à quelques semaines

Rassurons-nous, écrit notre chroniqueur : la torpille postale ne sera torpille que dans sa forme : ses effets, loin d’être dangereux, seront bienfaisants, puisqu’ils nous permettront de recevoir nos lettres avec une rapidité inconnue jusqu’à présent. Nous apprenons ainsi que l’idée de cette « torpille postale » est de MM. Louis Hirschauer, ingénieur en chef de l’Aéronautique, et Augustin Talon, inventeur du chemin de fer du Midi.

Elle procède, semble-t-il, de l’idée du « chemin de fer volant », qu’il fut question de construire trois années plus tôt entre Paris et Saint-Denis, et qui consistait en une sorte de wagon-locomotive à hélice, guidé par un rail électrique aérien, que devaient supporter des pylônes placés de distance en distance. De même, la « torpille postale » sera constituée par un projectile fusiforme guidé par des rails que supporteront des pylônes hauts de 40 à 50 mètres et distants l’un de l’autre de 400 à 500 mètres. Cet obus voyageur, qui contiendra les lettres, les journaux, les paquets postaux, filera à la vitesse régulière de 360 kilomètres à l’heure. En deux heures et demie, une lettre ira de Paris à Marseille.

Il y a cent ans, écrit notre journaliste, évoquant ainsi le début du XIXe siècle, le même trajet ne demandait guère moins de huit jours, et le destinataire, en recevant la lettre, devait donner la somme de 1 fr. 20, qui représentait alors à peu près le prix d’une journée d’ouvrier.

Nul n’ignore que c’est à Louis XI qu’appartient la gloire d’avoir jeté, dans le milieu du XVesiècle, rappelle-t-il, les premières bases de l’institution postale. Il est vrai que le roi ne concevait cette institution que pour le service royal et ne se souciait guère de celui des particuliers ; amis ces derniers ne devaient pas tarder à apprécier pour eux-mêmes l’utilité des postes et à tirer parti de leur établissement. L’ordonnance de Louis XI est datée de Luxies (aujourd’hui Lucheux), près de Doullens. Le beffroi où le roi signa cet édit, le 19 juin 1464, est encore debout. Louis XI y ordonne « l’établissement de certains coureurs et porteurs de depesches en tous lieux de son royaume pour la commodité de ses affaires e ! diligence de son service ».

Pour cet objet. il veut que soient réunis « en toutes les villes, bourgs, bourgades et lieux que besoin sera, un nombre de chevaux courant de traitte en traitte, par le moyen desquels ses commandements puissent être promptement exécutés, et qu’il puisse avoir nouvelles de ses voisins quand il voudra… » L’institution des relais de poste une fois établie, il ne fallut pas longtemps à la nation française pour en sentir toute l’utilité. Bientôt, chacun voulut en profiter pour ses voyages ; et les particuliers furent admis à le faire, en acquittant une taxe prévue dans les ordonnances royales.

Quant au transport des lettres, on prit d’abord l’habitude de joindre aux plis appartenant au gouvernement ceux qu’on voulait faire parvenir dans les mêmes lieux. Mais c’est seulement deux cents ans plus tard, sous le ministère de Richelieu, que ce service fut régularisé par M. d’Alméras, directeur général des postes du royaume. Un tarif des lettres fut fixé par un arrêt du Conseil d’Etat ; mais le produit ne servait qu’à indemniser les porteurs et les commis. L’Etat n’avait pas encore soupçonné le profit qu’il pouvait tirer des postes. C’est Louvois qui, le premier, songea à faire profiter le Trésor, en affermant l’exploitation de ce service. En 1672, la première année où fut établi ce monopole, les Postes rapportaient à l’État 1 200 000 livres. En 1695, le bail fui porté à 2 820 000 livres. Successivement, il fut augmenté pendant toute la durée du XVIIIe siècle. A la veille de la Révolution, les Postes fournissaient annuellement 12 millions au Trésor.

facteur dans ARTISANAT FRANCAISPourtant, jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, les départs de Paris pour les diverses régions de France ne se faisaient qu’une fois par semaine. Ils devinrent peu à peu bi-hebdomadaires, puis tri-hebdomadaires, mais ce n’est qu’en 1828 que le service fut rendu quotidien pour toutes les villes où se trouvait un bureau. Les campagnes, jusqu’alors, étaient absolument négligées. Les villages éloignés des cités de quelque importance demeuraient à peu près privés de communications avec le reste du pays. L’administration se chargeait uniquement du transport des lettres jusqu’aux bureaux des viles. Le paysan qui attendait un pli en était réduit à venir le chercher lui-même à la ville. Certaines communes avaient des exprès ou des messagers à leur service dont la mission était d’aller une ou deux lois par semaine à la ville chercher la correspondance de leurs habitants. En résumé, l’administration ne servait directement qu’environ six millions de citoyens formant la population des villes et ne se préoccupait en aucune façon des vingt-sept millions d’habitants des campagnes.

La loi du 3 juin 1829 remédia à cet état de choses en étendant jusque dans les campagnes les service de l’administration des Postes. On créa un service de cinq mille « piétons » ou facteurs ruraux, qui furent chargés de parcourir de deux jours l’un au moins, les trente-cinq mille communes ne possédant pas de bureau de poste. Pour le transport des lettres et des paquets postaux, l’administration employait alors des voitures légères traînées par quatre chevaux, et dans lesquelles étaient ménagées trois places pour les voyageurs. Ces voitures partaient de Paris, centre du mouvement des postes, roulaient à fond de train sur Ies treize grandes routes de « première section », c’est-à-dire celles de Besançon, Bordeaux, Brest, Caen, Calais, Clermont, Lille, Lyon. Mézières, Nantes, Rouen, Strasbourg et Toulouse, et sur les neuf routes de « deuxième section » qui communiquaient de Bordeaux à Bayonne et à Toulouse, de Lyon à Marseille, d’une part, et à Strasbourg de l’autre ; de Toulouse à Avignon et à Bayonne, de Chatons à Nancy, de Moulins à Lyon, et de Troyes à Mulhouse.

Elles faisaient en moyenne du douze à l’heure — 348 kilomètres de moins que ne fera la « torpille postale ». Et l’on estimait alors que c’était une belle allure. Le temps moyen que mettait une malle-poste pour parcourir la distance d’une poste, ou deux lieues, était de 46 minutes. La route sur laquelle le service des relais se faisait avec la plus grande activité était celle de Bordeaux. Le courrier ne mettait que 48 heures à la parcourir dans toute son étendue, qui était de 77 postes, ou 145 lieues, et donnait un temps moyen de 37 minutes par poste. Celui de Lille venait après. Il fournissait sa course (30 postes ou 60 lieues) en 21 heures… les rapides de la Compagnie du Nord la faisant au début du XXe trois heures ; la torpille postale n’y mettra pas même trois quarts d’heure, affirmait-on alors.

Les communications avec l’étranger étaient encore, au début du XIXe siècle, fort irrégulières. On n’avait de rapports faciles qu’avec les pays limitrophes : la Belgique, l’Allemagne, l’Italie. En 1830, le transport des dépêches de France en Angleterre et d’Angleterre en France n’était pas encore journalier. Il ne le devint que trois ans plus tard ; et, dans le traité signé à cette occasion entre les deux pays, il fut soigneusement stipulé que même en cas de guerre, les paquebots de poste pourraient continuer leur navigation sans obstacle de part et d’autre. Dans la Méditerranée, ce ne fut qu’en 1837 qu’on service à peu près régulier fut établi entre Marseille, le sud de l’Italie et les pays du Levant. Les correspondances mettaient quatorze à quinze jours pour parvenir à Alexandrie et à Constantinople.

Quant aux relations entre la France et l’Amérique, elles étaient alors des plus précaires. Aucun service régulier. En 1839, les correspondances françaises pour les Etats-Unis étaient encore tributaires de l’Angleterre, qui venait d’établir une ligne de paquebots à vapeur de Bristol à New-York. Ces ancêtres des transatlantiques faisaient le voyage en douze jours. Et l’on se plaignait beaucoup, en ce temps-là, de l’administration des postes : non point à cause de la lenteur qu’elle mettait à acheminer tes correspondances — les moyens de transport en usage ne lui permettaient pas de faire mieux — mais parce que le port des lettres était frappé de taxes excessives.

Jusqu’au moment où apparut la taxe unique par le moyen du timbre, le coût du transport des lettres était proportionnel à la distance. A l’époque où l’Etat prit le monopole des postes, c’est-à-dire vers 1675, une lettre coûtait, de Paris à Bordeaux, cinq sols ; de Paris en Angleterre, dix sols — il y avait deux bateaux par semaine — ; de Paris à Liège, seize sols. C’était cher, mais il faut tenir compte de la difficulté des communications et de l’état des chemins en ce temps-là. Le 8 décembre 1703, une nouvelle ordonnance royale fixa le tarif suivant : pour un trajet inférieur à 20 lieues : 3 sous ; de 20 à 49 lieues : 4 sous ; de 40 à 60 lieues : 5 sous : de 60 à 80 lieues : 6 sous : de 80 à 100 lieues : 7 sous ; de 100 à 120 lieues : 8 sous ; de 120 à 150 lieues : 9 sous ; de 150 à 200 lieues : 10 sous.

En 1759, dans la déclaration royale du 8 juillet, on voit tenir compte, pour la première fois, du poids de la lettre. Ce poids est fixé à 2 gros — prés de 8 grammes — avec le tarif suivant : pour moins de 20 lieues : 4 sous ; de 20 à 40 lieues : 6 sous ; de 40 à 60 lieues : 7 sous ; de 60 à 80 lieues : 8 sous ; de 80 à 100 lieues : 9 sous ; de 100 à 120 lieues : 10 sous ; de 120 à 150 lieues : 12 sous ; pour 150 lieues et au delà : 14 sous.

Le décret du 22 avril 1791, en stipulant que le poids de la lettre pouvait atteindre un quart d’once, fixa à 4 sous le transport d’une lettre dans le même département. Peu de temps après, le 27 nivôse an III (7 janvier 1795), ce prix fut porté à 5 sous. D’autres décrets modifièrent encore les taxes, mais ce ne fut pas pour les réduire au contraire.

Dans le premier tiers du XIXe siècle, on se plaignait plus fort que jamais en France, de l’énormité des taxes dont était frappé le port des lettres. Ces taxes étaient toujours, comme deux siècles auparavant, calculées suivant la distance. Elles étaient énormes pour les lettres qui allaient d’un bout de la France à l’autre. Au tarif de 1828, il fallait payer vingt-quatre sous pour expédier une lettre de Marseille à Paris. Heureusement, un grand progrès devait s’accomplir bientôt par l’emploi du timbre-poste. Un Anglais, sir Rowland Hill, l’inventa en 1835. Mais l’Angleterre ne mit l’invention en pratique que cinq ans plus tard. La Suisse suivit l’exemple en 1843 ; puis le Brésil et les Etats-Unis en 1847.

La France n’entra dans l’union postale, en même temps que la Belgique et la Bavière, qu’en 1849. A parti du 1er janvier 1849, le port des lettres fut fixé uniformément à 0,20 franc. Un an plus tard, le gouvernement élevait Ie tarif à 0,25. En 1853, on revenait à 0,20, pour remonter de nouveau à 0,25 en 1871. Plus tard, on se décida pour 0,15. Enfin, en 1906, les lettres ne coûtèrent plus que 0,10 franc. A cette époque, le port des lettres à 0,10, les Anglais l’avaient depuis trois quarts de siècle.

Nous n’en aurons joui que pendant 10 ans. Au mois de janvier 1917, le prix du timbre fut remonté à 0,15 ; augmenté de nouveau en avril 1920 et fixé à 0,25, tarif qui n’avait pas été appliqué depuis les jours de misère et de deuil de 1871 ; puis successivement porté depuis depuis 1925 à 0,30 franc, puis à 0,40 pour aboutir finalement au tarif, considéré en 1928 comme excessif de 0,50 franc. Et notre chroniqueur d’espérer qu’il en restera là… ajoutant que c’est déjà trop d’en être revenu à des taxes qui faisaient justement, cent ans plus tôt, l’indignation de nos aïeux.

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Les Epiciers d’autrefois

Posté par francesca7 le 22 mai 2013

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Les Epiciers d’autrefois dans ARTISANAT FRANCAIS epicerie-1900-300x208

 Le dictionnaire encyclopédique de l’épicerie et des industries annexes mentionne que historiquement l’épicier était un drageoir pour offrir des épices ou l’officier à la cour de Bourgogne chargé de la présentation des épices et des médicaments.

Un épicier est actuellement quelqu’un qui travaille dans une épicerie où il vend des aliments. L’épicier est un travailleur indépendant, archétype du commerce de détail de proximité. Alors que la majorité des produits alimentaires passaient par ce canal de distribution dans les années 1950, le développement concomitant de la voiture et de la grande distribution a progressivement réduit la part que les épiciers traditionnels tenaient dans le commerce alimentaire.

Tantôt le nom d’épicier s’appliquait aux simples chandeliers ou fabricants de bougie, tantôt il s’étendait à cette classe intermédiaire entre les empiriques et les médecins, qu’on appelait les apothicaires. Rarement signifiait-il, au Moyen Age, le marchand de menus comestibles comme nous le comprenons de nos jours.

Nous retrouvons les épiciers fabriquant la bougie dans une ordonnance de 1312, où il leur est formellement enjoint de vendre de la bougie sans suif, à peine de confiscation de la marchandise. Ils doivent aussi se servir de balances justes et ne point tricher sur les poids. Nul ne pouvait peser les marchandises en gros s’il faisait lui-même commerce d’épicerie ; de même il était interdit aux courtiers de vendre pour leur compte les produits qu’ils étaient chargés de placer. Cette ordonnance un peu sévère s’étendit aux épiciers courant les foires de Champagne, par mandement spécial du roi.

Quelques années plus tard, nous les retrouvons, mêlés aux apothicaires dont ils suivront le sort pendant deux cents ans. En 1336, le prévôt de Paris rappelait aux apothicaires-épiciers qu’ils étaient forcés de soumettre aux maîtres de la médecine tous opiats ou autres drogues débitées dans leurs officines. On alla plus loin sous le roi Jean, et on prit ces marchands par leur côté honnête, ce qui était un peu simple pour le temps : on prétendit obtenir qu’ils ne falsifiassent point leurs marchandises, en réclamant d’eux un serment solennel ; l’histoire ne dit pas ce qu’il advint de cette mesure singulièrement naïve.

En 1450, voici à nouveau les maîtres épiciers devant la cour du prévôt. Cette fois ils sont censés réclamer un règlement de fabrication et de vente, et là encore nous retrouvons les anciens épiciers-chandeliers du XIVe siècle représentés par leurs maîtres Jean Chevart, Guillaume dit de Paris, Colin Laurens, Jean Bachelier et Jean Asselin. Le règlement qu’ils obtiennent porte sur la fabrication des bougies ou cierges et la vente des « saulces ou espicerie » qu’ils débitaient dans leurs « ouvroirs ». La bougie doit être faite moyennant dix bougies à l’once à peine de confiscation ; le fabricant devait de plus y imprimer sa marque personnelle préalablement déposée au bureau des jurés et chez le prévôt, pour qu’il fût très facile de retrouver les délinquants en cas de fraude.

Les épiciers tenant et vendant « saulces, comme canneline, saulce vert, saulce rapée, saulce chaude, saulce à composte, moustarde et aultres saulces », devront les composer de bonne qualité à peine de 10 sols d’amende, suivant les ordonnances « du mestier des saulces ». Les épiciers forains devaient faire visiter leurs marchandises par les jurés avant que de les mettre en étal. Ceux-ci étaient tenus de déférer à cette invitation d’examen dans la journée du lendemain au plus tard. Quant aux épiciers établis dans les villes, ils ne pouvaient rien acheter aux forains avant la visite des jurés.

Ces précautions, on est bien obligé de le reconnaître, avaient du bon, puisque l’ordonnance de 1450 régla longtemps le commerce d’épicerie chez nos pères, à des époques où, toute proportion gardée, la sophistication des denrées alimentaires ne laissait pas que de se faire aussi communément que de nos jours.

Il n’est point sans intérêt de rappeler ici que vers le milieu du XIVe siècle, grâce au négoce avec les pays du Levant, les épiciers se fournissaient plus facilement de drogues et produits levantins dont la mode s’empara. Il fut alors de bon ton de s’offrir réciproquement des « espices ou drogues » en cadeau, et il arriva souvent que pour hâter les juges somnolents, le client riche recourut à ces « blandices ».

Les magistrats acceptèrent d’abord timidement, puis ouvertement, si bien qu’en moins d’un demi-siècle les épices se payaient couramment en toutes causes. En 1483, les choses en étaient arrivées à un tel point que tout le monde des plaideurs réclamait à grands cris une taxe qui limitât un peu les extorsions des juges. Alors le nom seul était demeuré, mais les épices s’étaient changées en bons deniers comptants. De là le nom qui jusqu’en 1789 servit à désigner ce que nous appellerions volontiers le casuel des magistrats ; ce casuel avait été aboli au XVIe siècle ; mais, ayant reparu, on le régla en 1669, en faisant taxer les épices d’une cause par le président qui la jugeait.

Pour revenir aux épiciers, cause innocente de ces abus de justice, nous franchirons quarante années et nous les retrouverons, en 1514, aux prises avec les apothicaires. Ces derniers ayant fait quelque progrès dans « leur art », comme ils appelaient leur métier, réclamaient hautement leur séparation d’avec les épiciers, qui n’avaient ni leurs goûts ni leur science. « Car, qui est espicier n’est pas apothicaire, et qui est apothicaire est espicier » assuraient-ils, avec une certaine apparence de logique. Le roi écouta favorablement cet argument péremptoire, et les « espiciers simples », c’est-à-dire les marchands de « bougie de saulces et d’huile », eurent une existence à part.

Ce n’est pas que cette condition fût très brillante. Dans la plupart des cas, l’épicier du XVIe siècle courait les rues, offrant de ses denrées aux passants et heurtant aux portes des ménagères. Le nombre des épiciers tenant ouvroir était relativement restreint. Et puis, cette situation précaire, qui les forçait à empiéter toujours sur les métiers voisins, les plongeait dans la déconsidération. En 1620, ils obtinrent de vendre du fer forgé, des clous, et même du charbon, mais non sans provoquer des récriminations et des colères.

Le XVIIIe siècle les rattacha aux droguistes ou apothicaires. Ils vendent alors de la thériaque, des préparations de kermès, le mithridate, mais ils ne confectionnent pas ; un arrêt de 1764 leur prohibe essentiellement la manipulation et le mélange des drogues. Entre temps ils trouvent le moyen d’empiéter sur les charcutiers par la vente des jambons de Bayonne, de Bordeaux ou de Mayence.

Ils obtiennent contre les vinaigriers le droit de tenir jusqu’à trente pintes de vinaigre, mais sans parvenir à donner à leur infime métier l’ombre du prestige des autres corporations. Pourtant n’était point épicier qui voulait sous l’ancien régime ; et les conditions exigées chez l’apprenti étaient des plus sérieuses. Il fallait d’abord être Français, reconnu honnête, avoir compagnonné trois ans, après quoi les maîtres présentaient le candidat au procureur du roi.

Après le serment prêté devant le magistrat, les trois gardes de l’épicerie signaient le diplôme de réception qui devenait brevet de maîtrise. Toutes ces formalités donnaient au nouvel adepte droit de vendre où bon lui semblait drogues et épiceries, mercerie, clouterie, charcuterie et vinaigrerie, c’est-à-dire de vivre un peu aux dépens de tout le monde, de gratter sur tout, sans art et sans talent. Ainsi naquit ce type étrange si ridiculisé depuis, souffre-douleur des rapines et des étudiants.

(Extrait de « Histoire anecdotique des métiers », paru en 1892)

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Le jardinier de cimetière

Posté par francesca7 le 22 mai 2013

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par

Édouard d’Anglemont

~ * ~

LA classe si intéressante des horticulteurs se subdivise en un grand nombre de variétés : les Christophe Colomb des fleurs, les multiplicateurs des végétaux, les pères nourriciers de plantes exotiques, les créateurs de pépinières, les Soulanges-Bodin, les Pyrolle, le Keteléer, les Bachoux, les Billard, les Martine, etc. Mais, de toutes ces variétés, la plus curieuse et la moins connue est sans contredit le jardinier de cimetière.

D’abord, le jardinier de cimetière ne jardine jamais ; il y a plus, s’il jardinait, son métier, qui est prodigieusement lucratif, ne lui rapporterait pas de quoi vivre comme un maçon ou un figurant de l’Ambigu-Comique.

Cela a tout l’air d’un paradoxe : vous verrez tout à l’heure que c’est une vérité incontestable.

Image illustrative de l'article Fossoyeur

Le jardinier de cimetière ne ressemble en rien aux autres jardiniers, si joyeux d’ordinaire, qui chantent le matin avec l’alouette, à midi avec la cigale, et le soir avec le rossignol. Le jardinier de cimetière ne chante jamais : c’est un homme grave ; il a le teint blême, le regard sombre ; son nez, comme celui du père Aubry, aspire à la tombe.

Ce ne sont pas les classes élevées, les familles riches, qui font la fortune de ce jardinier : aux grands de la terre qui trépassent, il faut un terrain concédé à perpétuité, un tombeau de marbre ou de granit, une épitaphe en lettres d’or ; ces morts-là payent cher leur sépulture, et on leur en donne pour leur argent.

La clientèle du jardinier de cimetière est tout entière dans la classe moyenne, parmi les petits rentiers, les petits marchands, les modestes employés, tous personnages auxquels le culte des tombeaux est permis pendant cinq ou dix ans seulement. Lorsque l’entreprise des pompes funèbres lui a révélé un décès, cet homme questionne, interroge, et, dès qu’il est parvenu à découvrir l’adresse du mort, il ne s’arrête plus, il court, il a des ailes, et les parents le voient apparaître au milieu de leur plus grande douleur.

M. D…, jeune avocat qui n’avait encore plaidé qu’une fois, et devant la 7e chambre, venait de perdre son père, ancien commis du ministère de l’intérieur. Le char mortuaire était à la porte ; on clouait la bière dans la pièce voisine de sa chambre ; il était assis, morne, immobile dans un large fauteuil : tout à coup se présente devant lui un homme vêtu d’un habit-veste de gros drap couleur foncée, portant de gros souliers ferrés, et tenant à la main son chapeau d’un noir rougeâtre, illustré d’un crêpe dont la vétusté semblait annoncer un deuil perpétuel.

« Monsieur, dit-il d’une voix sépulcrale, j’ai appris le malheur, le grand malheur…

– Ah ! monsieur, dit le jeune stagiaire en interrompant ce qu’il prenait pour un compliment de condoléance ; ah ! mon cher monsieur, c’est affreux, c’est horrible : je n’y survivrai pas !…

– Oh ! je sais ce que c’est !… mais le temps…

– Ma douleur ne mourra qu’avec moi… c’est une plaie qui ne se cicatrisera jamais !…

– C’est comme moi, je ne laisse jamais mourir ces douleurs-là… au contraire, je les cultive, et je m’en trouve bien… Je vous conseille d’en essayer… Vous avez peut-être l’intention d’acheter un terrain à perpétuité ?

– Hélas ! ç’eût été mon plus cher désir ; mais ma position ne me permet pas cette dépense…

– Tant mieux, monsieur, entre nous la tombe à perpétuité est un mauvais système, un système de dupe. Que l’on recule les barrières de Paris de quelques centaines de toises, il faudra que tous les morts délogent, et ces tombeaux de marbre, qui devaient durer éternellement, disparaîtront pour faire place à des maisons de cinq étages. Parlez-moi d’un terrain temporaire entouré d’un treillage de bois noir, au milieu duquel nous plaçons un cyprès, un laurier, un saule pleureur, un rosier, un myrte, un jasmin… Nous en avons le plus grand soin ; de l’eau deux fois par jour pendant l’été… ça ne meurt jamais… moyennant dix francs par mois…

– C’est donc au fossoyeur que je parle ?…

– Non, monsieur… je suis jardinier du cimetière. Voici mon adresse : « DUHAMEL tient  assortiment de fleurs, croix neuves et d’occasion, avec larmes et épitaphes ; fabrique les couronnes d’immortelles jaunes, noires, blanches, au plus juste prix ; fait des envois dans les départements. »

– Comment pouvez-vous, dans un pareil moment !…

– Eh ! monsieur, quel moment peut être mieux choisi pour pleurer l’infortuné enlevé à la fleur de son âge par une mort cruelle !

– De qui parlez-vous donc ? je ne vous comprends pas.

– Ah ! c’est juste, je confondais avec le n° 2. C’est que nous en avons trois dans votre arrondissement aujourd’hui… Je disais donc : Quel moment peut être mieux choisi pour pleurer ce jeune homme, l’espoir d’une famille, qui…

– Mais c’est un vieillard que je pleure… c’est mon pauvre père.

– Bien, bien, monsieur, je me souviens maintenant : c’est le n° 1 que vous avez. Je vous dirai donc : Quel moment mieux choisi pour pleurer ce vieillard vénérable, qui fut bon fils, bon époux, excellent père. Nous pouvons allonger cela tant que vous voudrez ; ça dépend de la hauteur de la croix et de la largeur des lettres. Il m’est arrivé ce matin des croix de première fabrique, de premier choix : dix pieds de haut sur dix pouces de large, tout coeur de chêne.

– Laissez-moi donc ; je vous ai dit que mes faibles moyens…

– C’est juste ! alors le sapin du Nord vous conviendrait mieux ; ça supporte parfaitement l’humidité.

– Grâce !… grâce !…

– C’est donc de l’occasion qu’il vous faut ? J’ai votre affaire : un trois pieds huit pouces, dans le meilleur état ; les vertus et qualités sont presque neuves ; il n’y aura que les noms à changer. »

L’impatience crispait les nerfs du jeune D…, il étouffait d’indignation ; la parole lui manquait, et le vampire, lui faisant l’application du proverbe « Qui ne dit mot consent », alla sur-le-champ se mettre à l’oeuvre.

Le jardinier de cimetière dans ARTISANAT FRANCAIS enterrer-300x225
Un mois après cette première visite, le jardinier revint près du jeune avocat. Cette fois il ne fit plus de phrases, mais il lui présenta une longue liste de fournitures mortuaires, dont le total, y compris le premier mois d’entretien échu, s’élevait à 60 ou 80 francs. M. D… pouvait-il marchander les soins donnés à la sépulture de son père ? pouvait-il souffrir que l’on arrachât ignominieusement les témoignages de regret que tout le monde attribuait à sa piété filiale ? Le plus court et le plus sage parti était d’acquitter le mémoire funéraire, et il l’acquitta immédiatement.

Presque tous les jardiniers de cimetière empiètent sur la profession du marbrier ; ils fournissent au besoin la pierre tumulaire, l’urne lacrymale, la colonne tronquée ; mais ce n’est pas là le bon du métier : c’est surtout par le jardinage que s’enrichit cette engeance qui ne jardine pas. Par exemple, que l’un de ces habiles industriels soit chargé d’entretenir quarante tombes à dix plantes ou arbustes chacune, cela fait un total de quatre cents. Eh bien ! le jardinier de cimetière n’en a que cent, et il pourvoit à tout ; et cela, grâce à l’étude approfondie qu’il a faite du coeur humain, grâce à une statistique qu’il a particulièrement étudiée. D’abord il sait que, sur quarante morts, vingt sont oubliés en huit jours par leurs héritiers, qui n’en payent pas moins les fleurs absentes et les soins qu’on ne leur a jamais donnés. Sur les vingt autres morts, six sont visités chaque dimanche, quatre le sont tous les jeudis, dix le sont deux fois par an ; tous le sont une fois par année, le jour consacré solennellement par l’Église à prier pour ceux qui ne sont plus.

Les vingt premiers tombeaux ont pour tout ornement des masses de chiendent de la plus belle venue, agréablement  entrecoupées d’orties et de chardons ; les vingt autres s’arrangent entre eux en bons camarades : les fleurs qui étaient jeudi sur celui-là seront dimanche sur celui-ci ; on découvre saint Pierre pour couvrir saint Paul, et vice versa. J’ai vu un rosier qui avait déjà fait trente fois le tour du cimetière Montmartre, et qui ne paraissait pas disposé à s’arrêter en si beau chemin.

Arrive le jour des Morts. Il faut que leur demeure soit ornée : alors les entreteneurs de tombes s’abattent sur le quai aux Fleurs ; le cimetière ressemble bientôt à un vaste parterre ; le lendemain tout entre en serre sous prétexte de la gelée, et deux jours après la pacotille botanique reprend la route du marché.

Le jardinier de cimetière est, comme on voit, un merveilleux calculateur ; mais il est communément peu lettré, ce qui est d’autant plus fâcheux qu’il se trouve souvent dans la nécessité de confectionner l’épitaphe en style plus ou moins lapidaire. Pour obvier aux inconvénients qui peuvent résulter de son ignorance en matière de langue française et d’orthographe, il fait fabriquer à l’avance un grand assortiment de pierres et de croix avec épitaphes variées, qui se payent à tant la lettre ; et c’est probablement à cause de cela que tant de gens vertueux ont si peu de vertus après leur mort, tandis que tant d’intrigants en ont un si long catalogue sur leur tombe : les noms seuls sont à mettre. Voici ce qui est arrivé à un de mes amis qui venait de perdre son oncle.

Ce jeune homme, voulant bien faire les choses, avait accueilli les offres de service du jardinier, et lui avait donné les noms et qualités du défunt. Six semaines après, il prit fantaisie au neveu de voir comment ses intentions avaient été remplies ; il se rend au cimetière Mont-Parnasse, se fait conduire à l’endroit où ont été déposés les restes de son oncle, et sur une pierre tumulaire d’une dimension fort convenable il lit :

CI-GÎT
FRANÇOIS-XAVIER GIRARDEAU,
ANCIEN CAPITAINE DE DRAGONS,
CHEVALIER DE LA LÉGION D’HONNEUR,
QUI FUT LA GLOIRE ET L’EXEMPLE DE SON SEXE.
SA FAMILLE DÉSOLÉE
DÉPOSA SUR SA TOMBE
LA COURONNE VIRGINALE.

C’est, je crois, le même jardinier qui planta dans le même cimetière une croix sur laquelle on peut lire :

ICI REPOSE
CHARLES-EMMANUEL BODIN,
QU’UNE MORT CRUELLE
ENLEVA
A L’AGE DE SEPT ANS ET DEMI.
IL FUT BON FILS, BON ÉPOUX, BON PÈRE
ET BON CITOYEN.
PRIEZ POUR LUI !

Les deux tiers de la clientèle du jardinier de cimetière se composent de veuves. Cela se conçoit : rien n’est plus propre à faire trouver un mari que le regret que l’on témoigne de n’en plus avoir. N’est-il pas tout à fait touchant de lire sur une tombe, après l’énumération des noms, titres et qualités du défunt :

SA JEUNE ÉPOUSE,
AU DÉSESPOIR,
ATTEND AVEC IMPATIENCE
QUE DIEU LA RÉUNISSE
A SON ÉPOUX BIEN-AIMÉ.

Ou ces quatre vers :

Mon époux de la vie a quitté les combats !
Il a fini le temps d’épreuve
Que Dieu nous impose ici-bas !
Ce temps commence pour sa veuve !

 dans ARTISANAT FRANCAIS
En ce cas, l’épitaphe d’un mari est presque toujours grosse d’un mariage. Aussi est-ce avec une sorte d’assurance que le jardinier de cimetière se présente chez les veuves, particulièrement chez celles qui sont jeunes et jolies ; il tient toujours prête pour elle quelque anecdote appropriée à la circonstance, qu’il débite en variant les inflexions de sa voix, selon l’intensité de la douleur exprimée sur la physionomie de la personne à laquelle il s’adresse ; car cet homme est aussi un habile comédien, qui change à sa volonté de ton et de visage. J’ai entendu parler d’une jeune femme qui paraissait profondément affligée de la perte récente de son mari, et à laquelle le funèbre oiseau de proie tint à peu près ce langage :

« Ah ! madame, un si bon mari !… jeune, gracieux, aimant… Il devait aimer les oeillets : nous lui mettrons des marcottes choisies… tout ce qu’il y a de mieux en panachés… Il avait été militaire, je crois ?

– Lieutenant dans la garde nationale.

– J’ai un laurier superbe qui lui ira comme un bas de soie… Entourage solide, une urne à chaque coin, colonne en granit comme celle que M. Adolphe de N… m’a commandée pour la tombe de sa femme. Pauvre jeune homme ! en voilà un qui a du chagrin.

– C’est un jeune homme ?

– Oui, madame, un grand brun, fort beau garçon, ma foi, avec des yeux à la perdition de son âme, et qui pleure !… Si vous le voyiez… Il faudrait avoir un coeur de roche pour ne pas se sentir venir la larme à l’oeil… Si ça continue, il en mourra ; il n’y a que le mariage, un mariage d’amour capable de le sauver.

– Il est bien à plaindre !… Il doit aller souvent au cimetière ?

– Tous les dimanches, de deux à cinq heures. »

A quelques jours de là, la jeune femme et Adolphe de N… se rencontrèrent au champ des morts ; ils échangèrent quelques regards. Huit jours après ils mêlèrent quelques paroles ; huit jours plus tard ils confondaient leurs pleurs. Ils passèrent de là aux soupirs, aux serrements de main, aux mutuels aveux ; puis ils en vinrent à oublier complétement le chemin du cimetière, à la grande satisfaction du jardinier, qui n’oublie pas, lui, de venir, à chaque fin de mois, se faire payer chez M. et madame de N… de l’entretien de deux tombes pour lesquelles il n’a rien fait.

Dans cette circonstance, c’est à l’amour qu’il aura dû son succès ; dans une autre, il s’adressera à l’amour-propre ; l’intérêt ne sera pas non plus négligé dans ses opérations spéculatives.

« Non, monsieur, disait une veuve de quarante-cinq ans à l’un de ces dépisteurs de morts, je ne ferai aucune dépense inutile : mon mari m’a laissé des enfants ; c’est à eux que je dois songer maintenant.

– Justement, madame, c’est à cause de cela qu’il faut des fleurs à la tombe du défunt ; nous lui en mettrons des plus belles et des plus rares : ça attire les promeneurs ; on s’arrête volontiers, et on lit tout naturellement l’épitaphe. Vous feriez distribuer deux cent mille prospectus, que cela ne vaudrait pas pour votre commerce ces simples paroles peintes en blanc sur un fond noir :

CI-GÎT
LOUIS-BERNARD ROUDIER :
IL EUT TOUTES LES VERTUS D’UN BON
PÈRE DE FAMILLE.
L’HUMANITÉ SOUFFRANTE
LUI DOIT L’INVENTION
DES PESSAIRES EN CAOUTCHOUC,
POUR LESQUELS
IL A ÉTÉ BREVETÉ
DU ROI
ET DE SON AUGUSTE FAMILLE,
QUE SA VEUVE INCONSOLABLE
CONTINUE A FABRIQUER
AVEC LE MÊME SUCCÈS,
RUE…  N°….

Tout Paris a pu voir, pendant dix ans, au cimetière du Père Lachaise, cette épitaphe qui donna à la maison une vogue à laquelle elle fut redevable d’une fortune immense. Pour elle, le jardinier du cimetière avait été un bon génie, tant il est vrai que rien n’est absolument bon, ni absolument mauvais ; tant il est vrai que l’absolu n’existe pas.

Ce n’est pas toujours au domicile du mort que s’adresse l’entrepreneur de tombeaux : assez souvent il attend au sortir du cimetière les parents de celui qui vient d’être inhumé. Mais tout n’est pas roses, là non plus qu’ailleurs ! La concurrence est grande, et les spéculateurs rivaux se font une guerre acharnée, car chacun d’eux est doué de cette impudeur, de cette énergie qu’enfante la soif de l’or.
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Il arrive quelquefois qu’une nuée de ces harpies s’abat sur le funèbre cortége comme une nuée de corbeaux sur un cadavre : alors quel spectacle hideux de voir ces étranges commerçants offrir en plein air à un père, à un fils, à un mari navrés de douleur d’honorer au rabais les restes encore chauds de personnes qu’ils ont aimées ! N’est-il pas affreux de les entendre crier autour de vous, avec une infatigable persévérance :

« Monsieur, voici mon adresse ; vous ne trouverez pas de maison mieux assortie.

– Monsieur, veuillez jeter les yeux sur nos prix courants : c’est le triomphe du bon marché ; nous pouvons vous fournir des saules pleureurs à vingt pour cent au-dessous du cours.

– Monsieur, défiez-vous de la mauvaise marchandise.

– Monsieur, n’écoutez pas ces gens-là ! c’est moi qui vous ai parlé le premier !

– Monsieur, vous savez le proverbe : « Aux derniers les bons ! » Ma maison touche au cimetière.

– Monsieur, c’est chez moi qu’on trouve tout ce qu’il y a de meilleur en occasion ! »

Des marchandises d’occasion en ce genre, me direz-vous ; c’est une plaisanterie ! Non, sans doute, rien de plus réel. Dans le commerce du jardinier de cimetière comme beaucoup d’autres, il y a abondance de marchandises d’occasion ; et ces marchandises-là, que l’on donne à bas prix, sont celles sur lesquelles les marchands gagnent le plus !… Lorsque le temps de la concession est expiré, les morts ne peuvent empêcher les vivants de vendre leurs tombeaux ; dans la classe moyenne, comme dans les autres, les plus grandes douleurs ne sont guère au-delà de cinq ans ; celles qui vont jusqu’à dix ans sont fort rares. Si donc un honnête négociant, dans le paroxysme du chagrin, ne s’est décidé qu’avec la plus grande difficulté à tirer cent écus de sa caisse pour assurer à quelqu’un des siens une tombe particulière pendant cinq ans, il est certain que, ce temps écoulé, il ne renouvellera pas le bail. Cependant la colonne tronquée, la croix de chêne, l’entourage de bois peint seront encore dans un état très-satisfaisant : qu’en fera-t-il lui qui ne veut plus payer, et qui ne se soucie guère de pleurer ? Il abandonne tout simplement ces objets au jardinier, qui les a déjà peut-être vendus à l’avance, et qui lui donnera en échange quittance du dernier mois d’entretien. Voilà comment, en fait de fournitures sépulcrales, les marchandises d’occasion ne manquent jamais ! Voilà pourquoi le jardinier de cimetière est l’ennemi né des concessions à perpétuité.

Et pourtant le jardinier de cimetière, cet homme sans émotions, sans entrailles, cet homme qui traverse la vie avec l’invulnérable impassibilité d’un mort, a une famille ; il est marié. Sa compagne se reconnaîtrait entre mille : c’est presque toujours une grande femme noire, sèche, aux formes anguleuses, à la parole aigre, mal habillée, mal tenue ; le sourire n’a jamais effleuré ses lèvres minces et flétries ; on lit sur sa physionomie qu’elle a toujours été étrangère aux joies de ce monde. Le jardinier de cimetière a quelquefois un enfant, rarement deux, jamais davantage : la cupidité ne peuple guère. Et quelle triste race, bon Dieu ! Pâles, maigres, scrofuleux, rabougris, ces pauvres enfants habitent le rez-de-chaussée d’une maison humide et sombre ; ils passent leur journée à confectionner des couronnes funèbres ; ils n’ont d’autre promenade que le cimetière, où ils n’entrent que pour arroser les fleurs des tombes ou servir de guides aux visiteurs. Jamais leur visage ne s’épanouit sous l’influence d’un rayon de bonheur ; les jeux de l’enfance leur sont inconnus : ce sont de pauvres jeunes plantes qui s’étiolent à l’ombre du toit paternel, et qui, pour la plupart, s’inclinent et meurent sans avoir vécu.

N’allez pas croire toutefois que ce tableau d’intérieur soit une généralité sans exception. Il est un jardinier de cimetière dont la maison élégante, ornée d’un perron à double escalier, appuie sa construction, imitée de l’architecture de la renaissance, sur la murailles du champ du repos ; les appartements de cette maison, où tout se trouve réuni en fait de comfortable, sont meublés dans le dernier goût. Quant au propriétaire, c’est un homme de cinquante ans environ, de bonnes manières, d’un langage distingué, d’une figure gracieuse, et dont les vêtements sortent des ateliers d’Humann. Il a une femme de trente-six ans, belle brune aux grands yeux noirs, qui touche du piano comme Hertz, chante la Folle comme madame de Sparr, et fait de l’opposition en politique comme un député de l’extrême gauche ; il a une fille de dix-sept ans, jolie blonde qui ressemble à une gravure anglaise, qui a été élevée dans un de nos pensionnats à la mode, que l’on songe à marier, et à laquelle les adorateurs ne manquent pas. Elle aura 120,000 francs de dot.

Ce jardinier de cimetière court au bois de Boulogne à cheval, en tilbury, comme un habitué de Tortoni ou du café Anglais. C’est un dilettante, un abonné des Bouffes, et il ne manque jamais de louer une stalle pour toutes les premières représentations qui se donnent sur les théâtres de Paris. L’hiver, il donne des soirées où l’on fait de la musique, où l’on joue, où l’on danse comme à la Chaussée-d’Antin et au faubourg Saint-Honoré ; où parfois il arrive que, tandis que les flammes bleuâtres du punch se mêlent aux vives clartés des bougies odorantes, on aperçoit du balcon doré d’autres flammes qui s’élèvent de la poussière des tombes, comme pour remplacer ces images de mort que l’ancienne Égypte mêlait à toutes ses fêtes, comme pour dire à celui qui assiste à ces joyeuses réunions : Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris.

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Texte établi sur un exemplaire (BM Lisieux : 4866 ) du tome 3 des Francais peints par eux-mêmes : encyclopédie morale du XIXe siècle publiée par L. Curmer  de 1840 à 1842 en 422 livraisons et 9 vol. 

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La vie s’organise au village en 1900

Posté par francesca7 le 19 mai 2013


 

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A l’école du village, la gymnastique se faisait une fois par semaine, mais les filles étaient en jupe, elles ne pouvaient pas faire les mêmes mouvements que les garçons. Cet enseignement était sommaire. Dans la cour, il n’y avait pas de bagarres, nous étions sages.

En hivers, on faisait de belles glissades dans la « la creuse ». Il y avait peut-être deux voitures à Vic sous Thil, ç a ne craignait rien.

La vie s’organise au village en 1900 dans Bourgogne precy-en-1900-103x300Quand il y avait une messe le matin, il fallait la servir avant d’aller à l’école. C’était chacun sa semaine et le servant était payé du sous. Les plus âgés avaient des robes violettes, les autres des robes rouges. Ils étaient autorisés, avec un mot des parents, à quitter l’école lorsqu’il y avait un enterrement, un service ou un mariage. Pour les enterrements les robes étaient noires et ils touchaient quarante sous. Avec l’argent des services à l’église, l’André a économisé pour s’acheter une montre. Les parents avaient peut-être arrondi. Pour les baptêmes, la famille offrait un cornet de dragées avec une pièce.

Chacun se rendait à pied à l’école. A tour de rôle, il fallait rentrer le bois pour le poêle, faire le ménage, pendant une semaine. C’était l’instituteur qui allumait le feu. L’encre était violette, mais Mlle Moreau a changé d’encre et la noire qui fut alors utilisée traversait les pages des cahiers.

Les livres et les cahiers étaient achetés par les familles. Rien n’était gratuit sauf l’encre et la craie pour l’ardoise.

Il n’y avait pas d’eau sauf à la rivière ce qui fait que les mains n’étaient pas toujours propres. Une des matières qui a marqué est le travail manuel, une fois par semaine l’après-midi. Les garçons faisaient du tressage, les filles apprenaient la tapisserie et la broderie sur des bavoirs pour bébé.

 L’école durait de huit à onze heures puis de treize heures à seize heures. Il y avait des devoirs à faire à la maison ; des problèmes, un devoir de grammaire et des récitations à apprendre par cœur. On avait les cahiers du soir, le cahier de compositions notées : dictée, calcul, composition française. Il y avait quelques punitions, les retenues. Les maîtres étaient sévères, mais personne n’allait se plaindre aux parents. L’Antoine raconte qu’il avait son cousin dans la même classe et quand l’un était puni l’autre l’attendait en se cachant pour rentrer ensemble.

 Ceux qui venaient de loin ne rentraient pas chez eux à midi, mais mangeaient sur place, soit avec leur gamelle, soit nourris par la famille qui les gardait. Quand il neigeait, il fallait se frayer un chemin avec une sorte de petit traîneau avec un manche. Les enfants portaient des « ch’nô-bottes » sorte de patins en caoutchouc, la musette sur le dos. Les pieds étaient mouillés et en arrivant, la maîtresse ouvrait le jeu et réchauffait les abots ou chaussures. Malgré cela, pas question de manquer l’école ;

 en-1900 dans BourgogneEn 1929, il avait fait très froid (-27°). L’André et son frère étaient les seuls à aller à l’école le matin et l’après-midi avec le Louis et le Jean. La rivière était gelée et les gosses glissaient dessus avec leurs sabots. Le jour de l’an, la maîtresse donnait à chacun une orange et des papillotes ;

 L’année du certificat d’études (douze ans) l’Antoine, le Charles et la Marguerite restaient une heure de plus, le soir pour travailler ; a partir du 1er mars, la maîtresse les prenait chez elle, le jeudi matin, gratuitement, pour ne pas allumer le feu de la classe afin d’économiser le bois de la commune. Quand les parents tuaient le cochon, il y avait un morceau pour l’institutrice.

 Quand l’André a eu son certificat, il lui a porté un canard. La veille, la maîtresse s’arrachait les cheveux car il avait écrit des homment. Elle était plus stressée que ses élèves. Les candidats allaient passer l’examen à Précy sous Thil ; Il y avait un classement : premier du canton et quelques personnes donnaient des pris.

 A la maison et dans la cour d’école, on parlait patois, dans la classe seulement on parlait français.

 

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