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Découverte d’un pays en Côte d’Or

Posté par francesca7 le 23 avril 2013

 

Calé à l’ouest du département de la Côte d’Or, le pays de Saulieu, Liernais et Précy sous Thil n’ a pas véritablement de limites. Comment le décrire ? Dessinons par exemple, un ballon de rugby vertical avec Saulieu sensiblement au centre, Précy sous Thil au nord et Liernais au Sud. Notre trajet part de Rouvray, monte sur Vieux-Château où il s’infléchit en direction de Vic de Chassenay avant de redescendre sur Courcelles les Semur, Braux, Clamerey, Beurizot, Chailly sur Armançon, Clomot. La courbe se resserre alors de nouveau en direction de Savilly avant de remonter vers Blanot, puis de suivre la limite départementale jusqu’à Rouvray. Les trois cantons de Saulieu, Précy sous Thil, et Liernais étant, pour leurs parts, intégralement englobés dans ce périmètre. L’enclave étonnante de Ménessaire, petit morceau de la Côte d’Or échappé du département, méritait d’être incluse elle aussi dans notre inventaire.

Découverte d'un pays en Côte d'Or dans Côte d'Or saulieu-300x159

Frontière floue toute symbolique, l’attrait touristique d’une région étant compris dans un environnement plus général. De temps à autre, nous déborderons ici ou là pour vous signaler une curiosité digne d’intérêt, même si, pour l’occasion, nous devons sortir un instant de la Côte d’Or.

Le parc naturel régional du Morvan recouvre une bonne partie du territoire en prenant sous son aile la partie ouest qui inclut Rouvray, La Roche en Brenil, Saulieu, Saint Martin de la mer, tandis qu’une langue s’allonge de Saulieu jusqu’au site de Thil, englobant Montlay en Auxois et Vic sous Thil.

d’Est en Ouest, les communes changent de visages. D’abord constituées d’un village principal avec quelques dépendances, elles deviennent en s’approchant du Morvan, des groupements de hameaux, écarts et lieux-dits. Champeau en Morvan par exemple, à l’ouest de Saulieu, regroupe ainsi plus de 25 appellations.

Beauté des paysages, situation géographique privilégiée, aspect physique de premier ordre, la région de Saulieu, Précy sous Thil et Liernais intéressa l’homme dès les premiers âges ; a Saizerey, une grotte préhistorique revendique une occupation à l’âge de pierre. En témoignent également les menhirs de Pierre-Pointe, de la Grande-Borne ou de Montigny, fièrement dressés ou redressés. Fantastiques blocs de granit érigé 2 000 ans avant Jésus Christ. Et peut être même bien avant. Ces trois monolithes sont généralement considérés comme les trois seuls authentiques menhirs de la Côte d’Or.

A leur tour, les Romains laissèrent ici nombre de témoignages de leur installation. Voies romaines comme celle qui joint Sainte-Isabelle à Saulieu, ville qui naquit certainement d’abord comme relais. (Au temps de la Gaule, une importante voie ancienne reliait Alésia à Bibracte en évitant Saulieu, ce qui tend à prouver sa création ultérieure). Mont Saint Jean fut d’bord un puisant camp romain. Missery doit son nom à Micerieus et Braux accueillit une agglomération gallo romaine du milieu du 1er sicècle avant notre ère (fouilles en cours).

 

plus tard, la région se hérissa de châteaux dont on retrouve des origine jusqu’au 10ème  siècle à Thil  ou Mont Saint Jean, au 11ème siècle à Thoisy la Berchère. Chaque siècle apporta sa pierre à l’édification de ce merveilleux assortiment d’édifices de tous styles, classes ou époques. Certains eurent à souffrir de la Révolution, d’autres des grandes guerres, comme Flée qui résista avec peine au conflit de 1939-1945, et parfois plus simplement de l’abandon pur et simple qui transformait ce patrimoine en carrière de pierres.

Forêts verdoyantes, vallons et collines, rivières, climat tempéré, tout cela explique sans doute l’attrait des hommes pour cette région. Richesse d’un bois abondant indispensable au chauffage mais aussi à tant et tant de métiers. Richesse d’une forêt striée de veines de minerai, on fondait le fer sur place dans des « bas fourneaux », richesse des pâturages et cultures réparties sur le flanc des collines, ou au fond des vallées.

Tous ces siècles d’histoire dotèrent ce petit coin de Bourgogne d’innombrables légendes, les plus célèbres concernent la Beuffenie  , la Vouivre et Gargantua   . La Beuffenie, vilaine fée locale, reste d’origine inconnue. La Vouivre se retrouve sous deux aspects. Animal fabuleux, serpent, serpent-ailé ou dragon, niché dans quelque grotte ou ruines ou la Grande Vouivre, animal gigantesque, serpent couvert d’écailles vivant sous terre sur plusieurs kilomètres (sensiblement le long de la ligne de partage des eux). Elle produit en surface des phénomènes étranges connus depuis l’époque celtique et appelés aujourd’hui magnétisme, radioactivité.. Les amateurs liront avec plaisir « Le Pape des Escargots  » d’Henri Vincenot.

Gargantua, quant à lui, nous vient également de cette école celte où l’on découvre déjà un géant du nom de Gar, qui dériva en Gargantua avant d’être repris par Rabelais.

Malheureusement, train, charbon, industrialisation, exodes vers les villes… le pays se trouva au début du 20ème siècle face à une situation bien difficile. Patrimoine et beauté des paysages furent de bien faibles valeurs face aux besoins économiques et à l’appel des grandes cités. Aujourd’hui, un nouveau chapitre s’amorce. Le développement des loisirs stimule la région. Vieilles pierres, rochers légendaires, étangs créés par le flottage du bois, calme, accès facile, tout cela motive les visiteurs de plus en plus nombreux  à venir y vivre quelques jours ou quelques heures. Bien des villages ont gardé leur lavoir, leurs vieux puits aux margelles souvent de pierres massives et des pompes à volant dont certaines fonctionnent encore. Bien qu’un grand nombre soient en ruines, d’innombrables moulins à eau subsistent encore aujourd’hui au bort des rivières ou de retenues.

sauli-190x300 dans MorvanN’oublions pas la réputation gastronomique de la région, immortalisée par les lettres de Madame De Sévigné, qui de passage à  Saulieu pour se rendre à Vichy, « s’enivra » au cours du repas ; « Ils sont si longtemps à table que par contenance on boit, et puis on boit encore ;.. ». Les bonnes tables ne manquent pas aujourd’hui, tant à Saulieu que dans tous les environs et le visiteur gourmet pourra également acheter et déguster de délicieuses spécialités locales comme les foies gras ou les magrets confits de Mont Saint Jean.

Certes, le tourisme en lui-même n’est pas vraiment LE sauveur, mais en revalorisant le territoire, il redonne à chacun l’espoir d’un renouveau bien amorcé, il redonne à chacun la fierté d’habiter, de vivre en ce pays, le Pays de Saulieu, Liernais et Précy sous Thil.

La statue dite « de Madame de Sévigné » aurait, selon la légende, été offerte par la célébre marquise.

Allant prendre les eaux à Vichy, elle fit halte à Saulieu le 26 août 1677.
Lors d’un repas copieusement arrosé, elle a avoué dans sa correspondance avec sa fille Mme de Grignan avoir été grise, tant à Saulieu elle avait bien bu et bien mangé !

La tradition rapporte que, une migraine et quelques remords plus tard, elle fit don, en acte de contrition, à la collégiale St Andoche d’une piéta polychrome.
Cette statue en pierre, qui la représenterait, se trouve actuellement sur le bas côté gauche de la basilique romane.

 

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Paris en querellles

Posté par francesca7 le 23 avril 2013

(D’après Paris à travers les âges, depuis la fondation de Lutèce jusqu’à nos jours, paru en 1879)

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 Le dauphin, instruit des soupçons qu’il éveillait, résolut de les dissiper, et, pour cela, il fit assembler le peuple aux Halles, le 11 janvier 1358, et s’y rendit accompagné seulement de cinq personnes et sans escorte armée. Cette confiance lui gagna les esprits, et il acheva de les conquérir en expliquant ses vues et ses projets, et l’opinion publique se disposa en sa faveur, mais, le lendemain, le prévôt des marchands parla à son tour dans l’église Saint-Jacques-l’Hôpital et son discours détruisit l’effet produit la veille par celui du prince. Le dauphin, informé de ce qui se passait, courut à Saint-Jacques pour rassurer le peuple son chancelier voulut aussi parler en sa faveur, mais on refusa de l’écouter, et il dut se retirer ; alors l’échevin Roussac prit la parole et fit l’éloge de la conduite du prévôt, et soutint que si la paix se trouvait de nouveau rompue avec le roi de Navarre, c’était par la faute du dauphin qui n’avait pas tenu sa promesse de lui restituer ses biens.

Il n’en fallut pas davantage pour que le mécontentement redoublât. On sentait que chacun était inquiet de savoir comment cette situation se terminerait, un incident précipita les événements.

Le 14, Jean Baillet, trésorier général des finances, passait dans la rue Neuve-Saint-Merri ; il fut assassiné par un changeur du nom de Perrin Macé qui, le meurtre commis, se réfugia dans l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie. Le dauphin, irrité par ce crime commis sur l’un de ses officiers, envoya Robert de Clermont, maréchal de France, et Jean de Chillon, avec Guillaume Staise, prévôt de Paris, à la recherche du meurtrier. Ils le trouvèrent dans l’église, l’en arrachèrent et le firent enfermer au Châtelet.

Le lendemain, on lui coupa le poing sur le lieu même où le crime avait été commis, puis on le mena au gibet où il fut pendu. L’évêque de Paris prétendit qu’on avait violé l’immunité ecclésiastique, en arrêtant Macé dans une église et demanda qu’on lui livrât le corps ; il lui fut remis, et des funérailles lui furent faites dans Saint-Merri. Le prévôt des marchands y assista, tandis que, de son côté, le dauphin honorait de sa présence celles de Baillet. La querelle s’envenimait de plus en plus.

Quelques jours plus tard, des docteurs de l’Université, Etienne Marcel et plusieurs bourgeois vinrent trouver le dauphin au palais et le mirent en demeure de s’exécuter envers le roi de Navarre. Cette démarche acheva de monter les têtes.

Le 22 février, Etienne Marcel dont la popularité augmentait sans cesse, assembla sur la place Saint-Eloi, devant le palais, environ 3,000 hommes armés et recrutés parmi les artisans de Paris, et, sur son ordre, la demeure royale fut envahie. Marcel pénétra jusque dans la chambre où se tenait le dauphin et sous ses yeux, fit tuer Robert de Clermont et Jean de Conflans, sénéchal de Champagne. Saisis de terreur, les officiers qui entouraient le dauphin se hâtèrent de sortir, dans la crainte d’être traités de la même façon, de sorte que le duc de Normandie se trouvant seul au milieu du populaire furieux, demanda à Marcel s’il en voulait à sa personne. — Non, monseigneur, répondit celui ci, mais pour plus grande sûreté, prenez mon chaperon. Et, en disant ces paroles, il présenta au dauphin sa coiffure rouge et bleue. Celui-ci le prit, s’en coiffa et donna en échange le sien broché d’or à Marcel qui le plaça sur sa tête et l’y garda tout le jour.

Pendant ce temps, les cadavres du maréchal et du sénéchal étaient traînés ignominieusement par l’escalier du palais jusque sur la place, afin d’être offerts en spectacle à la populace. Renaud d’Arsy, avocat au conseil du roi et conseil du dauphin, essaya de quitter le palais, mais il fut reconnu et mis à mort, à deux pas de sa maison, proche Saint-Landry. Il était neuf heures du matin.

Après cette sanglante tragédie, Marcel se rendit à la maison aux Piliers, et de l’une des fenêtres raconta au peuple assemblé sur la place de Grève ce qui venait de se passer, et l’exhorta à demeurer calme, ses intérêts étant en bonnes mains. Des applaudissements saluèrent les paroles du prévôt des marchands qui retourna aussitôt au palais pour informer le dauphin des dispositions populaires et pour lui faire excuser les meurtres commis, les rejetant sur l’exaltation du moment et sur la conduite répréhensible dont les victimes étaient accusées par l’opinion publique. Le dauphin, comme toujours, approuva tout et consentit même à recevoir deux heures plus tard deux pièces de drap, l’une rouge et l’autre bleue, dont il fit faire des chaperons mi-parties qu’il distribua à tous les gens de sa cour.

En même temps, Marcel donnait des ordres pour que les deux cadavres étendus sur la place du palais fussent portés à l’église Sainte-Catherine-du-Val-des-Ecoliers, pour y être inhumés, mais l’évêque de Paris s’opposa a l’inhumation de Robert de Clermont, parce qu’il le considérait comme excommunié, depuis qu’il avait violé les franchises de l’Église, en procédant à l’arrestation de Perrin Macé. Cependant, Marcel passa outre et les deux cadavres furent inhumés, mais secrètement, le soir, dans l’église Sainte-Catherine. Ce soin accompli, Marcel se rendit aux Augustins où il convoqua les députés des villes qui étaient restés à Paris pour l’assemblée des Etats et leur rendit compte de sa conduite, puis, revenant vers le dauphin, il l’obligea à changer divers conseillers.

Les choses en étaient là lorsque le roi de Navarre, accompagné d’une troupe de gens d’armes arriva à Paris le 26 février et alla se loger à l’hôtel de Nesle, où il reçut plusieurs fois la visite d’Étienne Marcel, qui lui demanda de vouloir bien, en cas de besoin, protéger les Parisiens. Le roi de Navarre et le dauphin se virent, dînèrent plusieurs fois ensemble et parurent vivre en parfaite intelligence, jusqu’au 12 mars, époque à laquelle Charles le Mauvais quitta Paris.

Le surlendemain, le dauphin, qui jusqu’alors n’avait porté que le titre de lieutenant du roi de France, se fit proclamer régent du royaume et appela Etienne Marcel à faire partie de son conseil, ainsi que Robert de Corbie, Charles Roussac, échevin, et Jean de Lisle, qui étaient les promoteurs de toute l’opposition. Tout paraissait calmé, lorsque soudain le dauphin quitta Paris le 25 et se retira à Compiègne, où une quantité de nobles allèrent le retrouver. Etienne Marcel dépêcha plusieurs membres de l’Université vers le régent pour le prier de revenir à Paris. Celui-ci reçut ces envoyés et leur promit d’oublier le passé, mais à la condition qu’on lui livrerait cinq ou six bourgeois qui avaient pris part au meurtre de ses officiers, promettant d’ailleurs ne pas en vouloir à leur vie.

Le prévôt des marchands et les échevins refusèrent d’accéder à cette demande, et, craignant que le régent, aidé de sa noblesse ne vînt attaquer Paris, ils appelèrent immédiatement les habitants à la défense de la ville et commencèrent par s’assurer la possession du château du Louvre ; après en avoir chassé ceux qui le gardaient, ils en enlevèrent l’artillerie et en bouchèrent les portes du côté de la rivière.

Alors, la ville présenta le curieux spectacle d’une population absorbée tout entière par le souci de sa sécurité et se livrant avec une ardeur fiévreuse à l’achèvement de travaux de fortifications commencés. De tous côtés on réparait des brèches, on creusait des fossés, on élevait des remparts (ce fut en creusant un fossé vis-à-vis les Jacobins, qu’on trouva les fondations de l’ancien château d’Hautefeuille) ; puis le soir venu, on tendait dans les rues de grosses chaînes qui, solidement attachées aux murs des maisons d’encoignures, défendaient qu’on y pénétrât.

Après avoir pris de la sorte toutes les mesures de défense, Étienne Marcel commit la faute d’appeler le roi de Navarre comme capitaine et gouverneur de la ville ; Charles le Mauvais n’attendait que cette occasion pour faire la guerre au régent. Il entra à Paris le 4 mai et fut reçu, lui et ses troupes, par des acclamations. Les Parisiens considéraient le roi de Navarre comme un protecteur désintéressé. Ils allaient bientôt apprendre à qui ils avaient affaire. Cependant, il faut le reconnaître, nombre de gens sensés et expérimentés, blâmèrent hautement le titre de gouverneur de Paris, donné à un ennemi du royaume, et ils jugèrent qu’Étienne Marcel était grandement coupable de le lui avoir octroyé. Les hostilités ne tardèrent pas à éclater.

La guerre civile commença par de petits combats aux environs de Paris. Le régent, pour se rendre maître des deux rives du fleuve, avait fait faire un pont entre Corbeil et Paris ; le prévôt des marchands marcha à la tête d’une troupe de soldats et de bourgeois, força Corbeil, détruisit le pont et rentra triomphant à Paris. Quant aux troupes du roi de Navarre, elles pillaient, brûlaient, ravageaient et saccageaient tout aux environs de Paris, au grand déplaisir des habitants qui s’aperçurent qu’en voulant échapper à l’autorité du régent, ils étaient tombés sous la domination tyrannique du roi de Navarre.

La reine douairière Jeanne, qui voyait avec un profond chagrin tout ce qui se passait, essaya de réconcilier le régent avec les Parisiens, et une entrevue fut fixée sur un pont de bateaux auprès de Vitry, entre le régent, Charles le Mauvais, Jean Belot, échevin de Paris, l’évêque de Paris, l’archevêque de Lyon, le prieur de Saint-Martin-des Champs et quelques autres personnages. On y parla de paix et le régent déclara qu’il s’en rapportait aux conditions que dicteraient la reine Jeanne et le roi de Navarre ; puis il fit publier dans son camp que la paix était faite ; alors plusieurs de ses officiers prirent la route de Paris, mais arrivés aux portes on refusa de les leur ouvrir, et en ce moment une émeute grondait au sein de la ville. On pillait les maisons des partisans du dauphin.

La rentrée du roi de Navarre fit cesser ces désordres, mais le peuple demanda hautement à aller combattre les troupes du régent, la multitude animée déclarait qu’il fallait en finir et réclamait impérieusement la bataille. Étienne Marcel et Charles le Mauvais consentirent alors à opérer une sortie. 700 cavaliers et 7000 fantassins sortirent le dimanche 22 juillet 1358, et se dirigèrent vers Saint-Cloud, mais là ils trouvèrent les troupes anglaises qui leur tuèrent 600 hommes. Surprise par cette agression, la colonne de marche rentra vite à Paris et se plaignit amèrement au prévôt et au roi de Navarre ; le mécontentement augmenta lorsque le 27 juillet, on vit Etienne Marcel à la tête de 200 hommes, aller délivrer des prisons du Louvre 48 prisonniers anglais et les faire conduire à Saint-Denis, où se tenait le roi de Navarre.

Ce jour-là, lorsque le prévôt parut dans les rues de Paris, au lieu des vivats auxquels il était accoutumé, il n’entendit que des plaintes et des murmures. Ce coup d’autorité ne laissa plus aucun doute aux bourgeois qui tenaient pour le dauphin, et c’est évidemment ici qu’il faut placer la première pensée du soulèvement dont l’exécution eut lieu quelques jours plus tard.

Marcel sentit le danger de la situation et, réduit à abandonner une autorité qu’il ne pouvait plus défendre, il alla trouver le roi de Navarre pour le supplier de le soutenir et on prétend même qu’il lui offrit la couronne de France, mais cette assertion n’est pas prouvée. Ce qui est certain, c’est qu’il s’engagea à le faire entrer dans Paris.

Dans la nuit du 31 juillet au 1er août, les Anglais et les Navarrais devaient trouver les portes ouvertes, depuis celle Saint-Denis jusqu’à celle Saint-Antoine, ce qui leur permettrait d’entrer dans la ville et de faire main basse sur tous les partisans du régent dont les maisons devaient être désignées par une marque particulière.

Mais ceux-ci qui surveillaient les agissements de leurs ennemis, surent ce qui se tramait et Jean Maillard et son frère Simon se préparèrent à faire échouer le plan de Marcel ; ils s’armèrent et firent armer le plus de bourgeois qu’ils purent. Pendant ce temps, Etienne était allé dans la soirée à la porte Saint-Denis et il demanda qu’on donnât les clefs à Josseran de Mâcon, trésorier du roi de Navarre. Celui qui gardait la porte refusa net. Une altercation s’ensuivit Jean Maillard un des quatre capitaines quarteniers de la ville qui commandait dans le quartier Saint-Denis, accourut au bruit et approuva le refus du chef de poste et montant aussitôt à cheval ; il parcourut les rues, la bannière de France déployée, publiant que le prévôt des marchands voulait ouvrir les portes aux troupes anglaises et en arrivant aux Halles, il s’écria que Marcel avait résolu de livrer Paris aux Anglais.

Un frémissement d’indignation courut dans la foule. – Montjoye Saint-Denis ! au roi et au duc ! cria alors Maillard en agitant sa bannière. Aussitôt une troupe de bourgeois l’entoura et répéta le cri. La contre-révolution était faite. Etienne Marcel se voyant refuser l’entrée de la porte Saint-Denis pour son allie Charles, s’était alors adressé au commandant de la porte Saint-Martin ; on lui avait fait la même réponse et il se dirigea en toute hâte vers la porte Saint-Antoine où il espérait être plus heureux.

Mais Maillard qui avait deviné son dessein l’avait devancé, et accompagné d’une respectable escorte de gens armés et de bourgeois, il garda lui-même la porte Sainte-Antoine tandis que d’autres partisans du régent se rendaient à l’hôtel de Josseran de Mâcon situé près de Saint-Eustache dans le but de tuer le trésorier ; celui-ci était absent, alors ils suivirent le quai et sous la conduite de deux gentilshommes Pépin des Essarts et Jean de Charny, ils allèrent à l’hôtel Saint-Paul, prendre une bannière de France et se dirigèrent vers la porte Saint-Antoine où ils trouvèrent Marcel qui venait d’arriver et qui était parvenu à s’emparer des clefs.

— Etienne, Etienne que faites-vous ci à cette heure ? lui demanda Jean Maillard.
— Jean à vous qu’en monte le savoir ? je suis ci, pour prendre garde de la ville dont j’ai le gouvernement.

— Par Dieu ! répondit Jean Maillard, il ne va mie ainsi ; mais n’êtes ci à cette heure pour nul bien et je voûs montre, ajouta-t-il à ceux qui l’entouraient, comment il tient les clefs des portes en ses mains pour trahir la ville.

Le prévôt des marchands fit un pas vers lui et s’écria.
Vous mentez !
— Par Dieu, repartit Maillard, traître, c’est vous qui mentez !

Puis se tournant vers ses hommes :
— A mort, cria-t-il, à mort ! tout homme de son côté, car ils sont traîtres.

Un grand tumulte suivit ces paroles.

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Paris et les aléas historiques

Posté par francesca7 le 23 avril 2013

 

Fichier: Berthault - Das Volk von Paris vor dem Rathaus.jpg

(D’après Paris à travers les âges, histoire nationale de Paris et des Parisiens depuis la fondation de Lutèce jusqu’à nos jours, paru en 1879)

Catherine de Bourbon, duchesse de Bar, créancière de Catherine de Médicis, l’acheta en 1601 ; trois ans plus tard Catherine de Bourbon étant morte, l’hôtel fut vendu à Charles de Bourbon, comte de Soissons. Depuis lors il fut désigné sous le nom d’hôtel de Soissons. De la branche royale de Soissons, il passa dans la maison de Savoie. Le prince de Carignan, mort le 4 avril 1741 à Paris, chargé de dettes, ses créanciers firent démolir l’hôtel et le terrain fut vendu à la ville et par les ordres de M. de Pontcarré de Viarmes, prévôt des marchands, s’éleva sous la direction de M. Le Camus de Mezières, architecte, une halle incombustible, destinée à la conservation et à la vente des blés et des farines, on la nomma la halle aux Blés ainsi qu’on le verra plus loin.

Ce fut vers la même époque que la porte Saint-Germain située rue Saint-André-des Arts vendue par l’abbé de Saint-Germain-des-Prés à Simon de Buci en  1352 prit le nom de son nouveau possesseur et devint la porte Buci.

Au moyen âge, le pain était taxé, mais au XIVe siècle ce n’était pas le prix qui variait, c’était le poids. Au mois de juillet 1372, on décida que le pain dit de Chailly (c’était à Paris le pain de première qualité), valant un denier, pèserait tout cuit neuf onces un quart (à quinze onces la livre) ; le pain bourgeois ou de deuxième qualité, douze onces ; le pain de brodes ou pain bis, vingt-quatre onces. Les pains de deux deniers pesaient le double ; au reste, on taxait tout alors.

En 1351, le roi Jean ordonna que les cordonniers ne pourraient vendre les souliers d’homme plus de deux sous quatre deniers, que les chambrières ne recevraient pas plus de cinquante sous de gages pour une année, que les tondeurs ne feraient pas payer plus de quatre deniers pour une aune de drap ordinaire, et qu’enfin les nourrices à domicile ne seraient payées qu’à raison de cinquante sous, et celles qui nourrissaient chez elles cent sous.

En 1356, le lundi 19 septembre, fut perdue par l’armée française la terrible bataille de Poitiers, où le roi Jean II s’était rendu prisonnier au prince de Galles. Ces nouvelles avaient jeté la consternation dans tout le royaume ; le dauphin Charles et ses deux frères, le duc d’Anjou et le duc de Berry étaient revenus en toute hâte à Paris.

Charles assembla les États généraux le 15 octobre et fut déclaré lieutenant du roi et défenseur du royaume pendant l’absence du roi Jean II, son père, on lui adjoignit un conseil composé de douze prélats, douze gentilshommes et douze bourgeois qu’on nomma les Trente-Six.

Or, ce conseil ne tarda pas à se trouver en opposition avec les idées du dauphin. On discuta la question de savoir si on ne ferait pas le procès au chancelier Pierre de la Forest, au premier président du parlement, Simon de Buci, au trésorier de France, Nicolas de Braque, au général des monnaies, Jean de Poillevilain, et à quelques autres qui avaient, sous le gouvernement de Jean II, excité le mécontentement du peuple ; le dauphin s’opposa vivement à cette mesure comme à celle de mettre en liberté le roi de Navarre, prisonnier depuis environ six mois, et ne craignit pas de congédier les Etats et de quitter Paris, prétextant un voyage à Metz. Quant à ceux qu’on voulait poursuivre, prévenus à temps, ils gagnèrent la frontière. Ce fut alors le duc d’Anjou qui gouverna.

Le 10 décembre, parut une ordonnance qui donnait cours à une nouvelle monnaie, le dauphin ayant donné des ordres avant son départ pour qu’on fît une refonte des anciennes. Les marchands la trouvèrent inférieure à la précédente, sous le rapport du titre et du poids et refusèrent de la recevoir ; furieux de la voir refusée, ceux qui en avaient accepté se soulevèrent et des scènes tumultueuses commencèrent à se produire dans Paris. Ce fut alors qu’Étienne Marcel, en sa qualité de prévôt des marchands, alla, accompagné de plusieurs de ses conseillers, trouver le duc d’Anjou, afin de lui exprimer les plaintes de la population et lui demander le retrait de l’ordonnance relative aux monnaies.

Le duc, frappé de l’énergie et de la fermeté que montrait le prévôt, déclara suspendre l’effet de l’ordonnance jusqu’au retour de son frère qui eut lieu dans le mois. L’agitation populaire se calma. Le dauphin, revenu à Paris, essaya d’amener Étienne Marcel à le seconder dans ses vues, et à cet effet, il l’invita à se trouver dans une maison du cloître Saint-Germain-l’Auxerrois, afin de conférer avec lui de choses importantes. Marcel s’y rendit et rencontra là deux membres du conseil des Trente-Six qui entreprirent, en présence du dauphin, de le sermonner sur la nécessité absolue qu’il y avait de donner cours à la nouvelle monnaie, lui faisant entendre que, s’il le voulait, son autorité sur le peuple lui donnerait facilement le moyen de la faire accepter.

Étienne Marcel répondit nettement que jamais il ne se prêterait à ce qu’il considérait comme une chose indélicate et accompagna son refus de paroles un peu vives, dont l’écho se répandit au dehors et provoqua une excitation fiévreuse dans le peuple. Les boutiques se fermèrent, les bourgeois coururent aux armes et le dauphin effrayé, fit publier dans Paris qu’il supprimerait la nouvelle monnaie. Le lendemain il se rendit au parlement, Marcel y vint de son côté, escorté de gens armés et demanda une nouvelle convocation des Etats généraux, ainsi qu’un ordre de poursuites contre les personnages qu’il avait déjà désignés comme prévaricateurs. Le parlement accorda tout, le dauphin fit de même et Marcel fit alors séquestrer les biens de ceux qui avaient pris la fuite.

Pendant ce temps, se formait à Notre-Dame une confrérie de bourgeois dont Marcel fut déclaré le chef, et qui avait pour but de surveiller les agissements du gouvernement. Les Etats généraux convoqués se réunirent à Paris aux Cordeliers, le 5 février 1357, puis le 3 mars, au Palais ; le dauphin, son frère et des personnages de marque s’y trouvèrent. Robert Le Coq, évêque de Laon, après avoir exposé la situation, demanda que le dauphin destituât de leurs charges les officiers que nous avons nommés, et promit, au nom des Etats, de mettre sur pied une armée de 30,000 hommes, si le dauphin ne faisait circuler que de bonne monnaie. Celui-ci consentit à ce qui lui était demandé, et vingt-deux officiers de la couronne furent destitués. En même temps, la cour du parlement fut réduite à seize présidents et conseillers.

Le 5 avril, fut publiée à Paris une trêve de deux ans avec l’Angleterre, afin de pouvoir traiter de la rançon du roi. Le dauphin congédia de nouveau les États. Or, pendant que tout ceci se passait, Paris avait été mis en état de défense ; dès le 18 octobre 1356, le prévôt des marchands qui craignait de voir les troupes anglaises marcher sur la capitale, avait ordonné la réparation des fortifications et l’extension de l’enceinte qui protégeait Paris, surtout du côté du nord, de façon à y enserrer tous les édifices élevés depuis Philippe-Auguste.

Les travaux furent menés avec une grande activité : voici quel fut le parcours de cette enceinte. De l’ancienne tour de Billy, près l’Arsenal, partait une muraille flanquée de tours carrées, qui allait gagner la place de la Bastille, et suivant à peu près la ligne des boulevards, parallèlement à la rue Meslay, venait à 1a rue Saint-Martin, où on bâtit une porte, puis à la rue Saint-Denis, où on en bâtit une autre, suivait la rue d’Aboukir (une porte coupait la rue Montmartre), et aboutissait à la Banque de France, puis tournant un peu à droite, traversait le jardin du Palais-Royal, à peu près vers le milieu, coupait la rue Richelieu, traversait la place du Théâtre-Français et arrivait à la rue Saint-Honoré, à la naissance de l’avenue de l’Opéra ; rue Saint-Honoré était une porte, le mur traversait la galerie nord du Louvre et finissait à la Seine, à la tour de Bois.

L’enceinte méridionale ne fut pas changée ; seulement de grosses réparations furent faites, les portes furent mises en bon état, on recreusa les fossés, dans quelques-uns on fit venir l’eau de la Seine, puis on mura les portes Saint-Victor, d’Enfer et de Saint-Germain ; de sorte que de ce côté on n’avait rien à redouter.

L’île Notre-Dame (Ile Saint-Louis) fut protégée par un fossé qui la coupait en deux et par une tour appelée tour Loriaux. Le cours de la Seine était fermé par des chaînes tendues à travers la rivière.

Ces travaux nécessitèrent une dépense de 462,520 livres tournois, ce qui équivaudrait aujourd’hui à 4,300,000 francs. Pour la couvrir, on établit un impôt sur les boissons. De plus, Étienne Marcel avait fait fabriquer 750 guérites en bois qui étaient fixées aux créneaux des murailles par de forts crochets de fer. Tout cela demanda quatre années pour être achevé.

Donc, au moment où on publia la trêve, les travaux étaient en pleine activité et quand les Parisiens virent que les Etats étaient de nouveau dissous par le dauphin, ils se mirent avec une ardeur sans pareille à travailler à la défense de leur ville. « Ils élevèrent en même temps sur les murs, d’autres petits murs en forme de parapets, avec des portes et des tours qu’ils munirent de canons (c’est douteux), de balistes et d’autres anciennes machines de guerre dont l’on se servait toujours depuis même l’invention du canon, (ce fut à Crécy, en 1346, qu’on le vit fonctionner aux mains des Anglais) encore peu en usage. Il fallut pour cela démolir quantité de grandes et belles maisons, soit au dehors, soit au dedans de la ville, mais on n’épargna rien pour les fortifications nécessaires à la sûreté publique. » Paris était en ébullition.

Les bourgeois s’attroupaient dans les rues, sur les places, dans les tavernes et s’entretenaient avec animation des affaires publiques ; il y avait deux partis bien distincts : celui du dauphin, qui comprenait les gens de la cour et la noblesse ; et celui de la bourgeoisie, représenté par Étienne Marcel, les boutiquiers, artisans et menu peuple en étaient. La ville avait l’apparence d’une place de guerre. On y montait la garde nuit et jour et l’on veillait scrupuleusement à ce que personne n’entrât ou sortît sans s’être fait reconnaître, et il arrivait nombre de gens s’y réfugier, par suite des ravages qu’exerçaient dans les environs les troupes du roi de Navarre et des bandes de pillards qui volaient tout ce qu’ils pouvaient.

Ce fut ainsi que les religieuses de Longchamps, de Poissy, de Maubuisson, de Saint-Antoine et les cordeliers du bourg Marceau vinrent y chercher un asile et comme Paris s’emplissait ainsi de nouveaux habitants, les vivres y enchérissaient de jour en jour. Cependant, les gens paisibles, les commerçants, se lassaient de cet état d’antagonisme entre le corps municipal et le dauphin ; et, on conseilla à celui-ci de ne pas se laisser intimider par le prévôt des marchands et les échevins. Le dauphin manda alors à l’hôtel Saint-Paul Étienne Marcel et ses amis et leur reprocha l’ingérence qu’ils prenaient dans les affaires de l’État, puis il termina l’entretien en leur faisant connaître qu’il était disposé à se passer de leurs conseils et à gouverner comme bon lui semblerait. Puis il les congédia et lui-même s’éloigna de Paris pour se rendre compte de l’état des provinces et voir s’il pourrait y trouver de nouveaux secours.

Alors, les Parisiens prirent peur et firent prier le dauphin de revenir, promettant qu’ils se conformeraient à ses volontés. Le dauphin revint et s’occupa de convoquer encore les Etats généraux ainsi que les députés des diverses villes en avaient témoigné le désir ; les États pouvant seuls voter les subsides que le dauphin demandait, et une assemblée fut tenue aux Cordeliers au commencement de novembre.

Mais un nouvel incident vint grandement compliquer la situation.
Le roi de Navarre se sauva de prison et arriva à Paris le 29 novembre, accompagné de l’évêque de Paris et d’Étienne Marcel qui était allé au-devant de lui jusqu’à Saint-Denis. Il alla loger à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

Il y avait au nord et hors des murs du monastère, du côté du Pré-aux-Clercs une sorte d’estrade qui servait à la famille royale lorsqu’on donnait dans le clos des joutes et des tournois, et où les juges prenaient place dans les combats singuliers. Le 1er décembre, Charles le Mauvais monta sur cette estrade et là, en présence d’une foule considérable évaluée à 40,000 personnes assemblées par les soins du prévôt des marchands, il fit un discours pour démontrer qu’il était innocent de tout ce dont on l’avait accusé et que les seuls coupables étaient ceux qui gouvernaient la France.

Il fut acclamé par ses auditeurs dont « la plupart étaient touchés jusqu’aux larmes » ; aussi, le lendemain Marcel se rendit au palais où se trouvait le dauphin et le mit en demeure de rendre au roi de Navarre ses bonnes grâces et les terres qu’il lui avait confisqués. La réconciliation se fit, le dauphin et le roi de Navarre, dînèrent ensemble et ce fut à qui féliciterait Étienne Marcel de sa bonne entremise.

Les Parisiens satisfaits, mais regrettant toujours l’absence forcée du roi Jean II, imaginèrent alors d’offrir à Notre-Dame une bougie démesurément longue, puisqu’elle avait 4,455 toises de longueur, ce qui était exactement celle du tour de Paris (si nous relatons ce fait qui paraît passablement empreint d’exagération, c’est que nous le trouvons mentionné par la plupart des historiens ; citons seulement Félibien et Lobineau :

« la ville, alarmée tant de la prison de son roy que des troubles domestiques qui faisoient appréhender les dernières extrémitez, présenta à Notre-Dame une bougie aussi longue que Paris avoit de tour, pour brûler jour et nuit devant l’image de la Vierge. Elle a toujours continué la mesme offrande tous les ans jusqu’au temps de la Ligue, que cette pieuse coutume fut interrompue pendant vingt-cinq ou trente ans. Miron, prévôt des marchands, substitua à cette longue bougie, en 1605, une lampe d’argent avec un gros cierge qui brûle incessamment devant l’autel de la Sainte-Vierge. » (En tous cas, il est bien entendu qu’il s’agit, non d’une bougie proprement dite, mais de ce qu’on appelle vulgairement un rat de cave.)

Réconcilié avec le roi de Navarre, le dauphin jugea à propos de faire néanmoins quelques nouvelles levées de soldats afin de mettre Paris en sûreté, et cette mesure de prudence renouvela les craintes des Parisiens qui s’imaginèrent qu’on les voulait opprimer par la force. Etienne Marcel avait exprimé hautement cette opinion, et, afin que tous ceux qui tenaient pour le parti populaire pussent se reconnaître à première vue s’il arrivait quelque événement, il les exhorta à porter un chaperon rouge et bleu.

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Paris, toute une histoire

Posté par francesca7 le 23 avril 2013

 Fichier: Tour Eiffel 3b40739.jpg

(D’après Paris à travers les âges, histoire nationale de Paris et des Parisiens depuis la fondation de Lutèce jusqu’à nos jours, paru en 1879)

L’abbé de Saint-Denis rendit sa sentence à l’occasion des désordres qui s’étaient produits au convoi du feu roi ; il ordonna que les chanoines accusés d’avoir frappé le recteur et ses suppôts, feraient serment sur les saints Évangiles qu’ils ne s’étaient point portés à cette violence. Ils jurèrent et furent absous. En revenant de la cérémonie de son sacre, le nouveau roi se rendit selon la coutume à Notre-Dame, mais avant que d’y entrer, il fit entre les mains de l’archevêque de Sens, qui tenait la place de l’évêque absent, le serment de conserver les privilèges de l’Église de Paris.

Quelques jours plus tard, il fit arrêter dans l’hôtel de Nesle, Raoul comte d’Eu, connétable de France, qu’il accusa de haute trahison. Raoul, comte d’Eu et de Guines, connétable de France, avait été fait prisonnier par les Anglais ; à son retour de Londres, il se présenta devant le roi, qui le fit arrêter, et le troisième jour on lui trancha la tête dans l’hôtel qui lui servait de prison, en présence de plusieurs seigneurs, dont le duc de Bourbon, le comte d’Armagnac, le comte de Montfort, mais sans que son procès eût été rendu public. Le connétable était accusé de s’être laissé gagner par Édouard, comme Robert d’Artois et Geoffroi d’Harcourt sous le règne précédent : l’exemple de ces deux coupables, qui s’étaient échappés et qui ensuite causèrent tant de mal à la France, décida le roi à brusquer la mort du connétable. Il confisqua ses biens, donna son comté à son cousin Jean d’Artois et garda le reste.

Puis, il fonda un ordre de chevalerie à l’imitation de celui de la Jarretière que venait d’instituer le roi Edouard, en Angleterre, et qu’il nomma ordre de Notre-Dame de la Noble maison, désigné aussi sous le nom d’ordre royal de l’Etoile ; c’était, selon Froissart, « une compagnie sur la manière de la Table ronde, de laquelle devaient être trois cents chevaliers des plus suffisants. » Il donna aux membres de cet ordre la demeure royale de Saint-Ouen près Paris. Les chevaliers s’engageaient à ne pas fuir en bataille plus loin de quatre arpents et alors mourraient ou se rendraient prisonniers.

Le roi pour compléter cette oeuvre, pourvut en 1352 la chapelle de châtelains et de clercs. Les chevaliers portaient une bague sur le chaton de laquelle était une étoile. Au reste, Jean II affectionnait l’étoile, car on vit vers la même époque

circuler à Paris des pièces de monnaie portant une étoile et qu’on appelait gros blanc (10 deniers) petit blanc (6 deniers).

Une ordonnance du mois de janvier 1351, fut rendue contre les mendiants de toute espèce qui pullulaient dans Paris ; il leur fut enjoint de vider la ville dans les trois jours, à peine de prison au pain et à l’eau pendant quatre jours, et en cas de récidive du pilori ; s’ils rentraient à Paris une troisième fois, ils étaient passibles de la marque au fer chaud. Défense était faite de recevoir dans les hôpitaux les truands valides et de les assister, soit par aumônes, soit autrement.

Une commission fut nommée pour la vérification du pain des boulangers de Paris ; elle était composée de quatre bourgeois et du maire, du panetier de France. Cette commission confisquait tout pain n’ayant pas le poids légal et l’envoyait moitié à l’Hôtel-Dieu, moitié aux Quinze-Vingts. La police intérieure de la ville était règlementée par cette ordonnance qui visait toute espèce de commerce, et certaines habitudes à réformer, etc. — A ses termes, tout le monde avait le droit de tuer les cochons qu’il rencontrait dans les rues ; elle défendait de balayer les rues pendant la pluie afin de ne pas salir la rivière. Le prix des journées des artisans, les gages des serviteurs et jusqu’au gain des revendeurs, tout fut réglé dans cette ordonnance demeurée célèbre.

Les célestins vinrent s’établir à Paris au commencement du règne du roi Jean II, ils occupèrent le local que les carmes avaient abandonné pour se loger près de la place Maubert. Les six célestins qui arrivèrent venaient du monastère de Saint-Pierre fondé par le roi Philippe le Bel dans la forêt de Guise. Le collège des notaires, secrétaires du roi, leur donna une bourse et ils reçurent plusieurs autres
dotations, surtout, comme on le verra plus tard, du roi Charles V qui leur donna dix mille francs d’or pour bâtir leur église.

Ce fut aussi en 1353, que les carmes achevèrent de bâtir leur église qui fut dédiée dans la même année ; cette église était vaste, mais n’offrait rien de remarquable si ce n’est le portail ; on y voyait les statues de quelques reines, entre autres celle de Jeanne d’Evreux leur bienfaitrice, et quelques monuments funéraires assez curieux, entre autres celui du libraire Jacques Corrozet sur lequel on lisait :

L’an mil cinq cent soixante-huit,
A six heures avant minuit,
Le quatrième de juillet,
Décéda Gilles Corozet,
Agé de cinquante-huit ans.
Qui libraire fut en son temps.
Son corps repose en ce lieu ci
A l’âme Dieu fasse merci.

On y admirait aussi le monument élevé à la mémoire de M. Boullenois, avocat, vingt-deux ans après sa mort et qui n’avait pas coûté moins de cent mille écus à sa famille. La bibliothèque du couvent des Carmes renfermait douze mille volumes. Les carmes furent supprimés en 1790 ; leur église, après avoir servi d’atelier pour une manufacture d’armes, a été démolie en 1811 et sur l’emplacement du couvent fut établi le marché des Carmes.

Plusieurs collèges furent aussi fondés en 1353 :

Le collège de Boncourt, rue Bordet ou Bordeille (rue Descartes depuis 1813), sur la montagne Sainte-Geneviève, établi par Pierre Becoud pour l’entretien de huit écoliers du diocèse de Thérouenne. C’est du nom de Becoud que devint par altération celui de ce collège. Au XVIe siècle on y joua souvent des comédies et des tragédies, entre autres la tragédie de Jodelle : Cléopâtre. Il fut reconstruit en 1688 par Pierre Galand, son principal. Dans ses bâtiments furent placés les bureaux de’ l’Ecole polytechnique.

Le collège de Tournai, même rue, contigu au précédent et fondé la même année par l’évêque de Tournai, dans une maison qui lui appartenait. Il fut réuni au collège de Navarre.

Le collège des Allemands, rue Pavie-Goire, près la place Maubert (cette rue devint plus tard la rue du Mûrier). Elle fut supprimée en ces dernières années, lorsqu’on établit un square devant l’Ecole polytechnique. Fondé en 1353, le collège fut supprimé au XVIIe siècle.

En 1354, fut aussi fondé le collège de Justice rue de la Harpe par Jean de Justice, chanoine de Notre-Dame. Pierre Lizet de Salers en Auvergne, qui devint premier président au parlement de Paris, fonda cinq bourses dans ce collège, dont deux en faveur de ses parents ou alliés, ou, à leur défaut, pour des écoliers de la ville de Salers, et les trois autres en faveur d’écoliers de Paris. Il fut réuni en 1764 à l’Université et les bâtiments démolis.

Enfin, en 1358, fut fondé, dans la rue du Cimetière Saint-André-des-Arts (devenue rue Suger en 1844), le collège de Boissi par Étienne Vidé. Il fut réuni en 1764 à l’Université.

Félibien, en parlant des petites écoles de Paris, ignore à quelle époque elles furent établies, mais dit qu’elles existaient en 1357, et qu’elles étaient alors réparties dans les divers quartiers de Paris ainsi que le constate un règlement qui en cette année fut fait pour les écoles. C’était le chantre de Notre-Dame qui donnait la permission d’enseigner. En 1380, fut tenue une assemblée générale de tous les maîtres et maîtresses d’école ; ils s’y trouvèrent au nombre de 63, dont 41 maîtres et 22 maîtresses. Les maîtres étaient bacheliers ou maîtres ès arts ; les écoliers leur payaient une rétribution et une au chantre. Quelques maîtres, pour se soustraire à la domination de ce chantre, tinrent des écoles dans des lieux secrets ou écartés, ce qui les fit nommer écoles buissonnières. Rien ne prouve la solidité de cette assertion, dont nous laissons la responsabilité à son auteur.

La première année du nouveau règne fut marquée par une grande disette dont on se plaignit fort à Paris ; le prix des denrées subit une augmentation énorme ; ainsi le setier de froment qui se vendait deux livres fut élevé à huit, et tous les autres objets de consommation furent augmentés de prix dans la même proportion, aussi la misère était-elle grande et le menu peuple très malheureux, et l’horizon était loin de s’éclaircir.

On craignait de nouveau la guerre avec l’Angleterre, et pour comble de mauvaise fortune, des dissensions éclatèrent entre le roi de France et le roi Charles de Navarre, surnommé le Mauvais, qui commença parfaire assassiner le connétable de France, Charles de Castille, qui fut égorgé dans son lit le 8 janvier 1353. Appelé à comparaître devant un lit de justice tenu par le parlement de Paris, le 4 mars, il fut contraint à demander pardon au roi, à genoux, en présence des pairs, des présidents et des conseillers, et ce fut tout. On craignait en le condamnant à quelque peine afflictive d’exciter son courroux, et on se contenta d’exiger qu’il fondât quelques messes pour le repos de l’âme de sa victime.

Les craintes que l’on concevait touchant une prochaine rupture avec l’Angleterre, ne tardèrent pas à se réaliser ; en 1354, la guerre éclata. La France se trouva attaquée à la fois par deux armées, l’une opérant en Picardie sous les ordres du roi d’Angleterre, l’autre en Gascogne, commandée par le prince de Galles. Pour résister à de si puissants ennemis, il fallait des troupes et de l’argent. Le roi assembla à Paris les trois corps du royaume : clergé, noblesse et bourgeoisie, et
obtint d’eux la levée d’une armée de trente mille hommes qui serait entretenue pendant un an au moyen des fonds provenant de la gabelle (c’est-à-dire de l’impôt sur le sel) et d’un impôt extraordinaire de huit deniers par livre sur toutes les marchandises.

Cette assemblée fut tenue dans la chambre du parlement, en la présence du roi. L’archevêque de Reims, Pierre de Craon, y assista au nom du clergé, Gaucher de Brienne, duc d’Athènes, au nom de la noblesse, et Etienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, pour le tiers état. Nous allons voir le rôle considérable que ce dernier joua dans les événements importants qui suivirent cette réunion des États généraux.

Mais d’abord quelques mots sur l’hôtel de la municipalité parisienne, théâtre principal de ces événements. On sait que la hanse des marchands de l’eau occupait anciennement une maison dans la vallée de Misère, sur le bord de la Seine, à l’ouest du Grand-Châtelet.

Plus tard elle tint ses assemblées successivement dans deux locaux appelés le Parloir aux Bourgeois, le premier entre le Grand-Châtelet et la chapelle Saint Leufroy, le second près de l’enclos des Jacobins entre la place Saint-Michel et la rue Saint-Jacques. Mais cet emplacement étant devenu insuffisant par suite de l’accroissement de la population de la ville et de l’importance des affaires soumises à la juridiction du prévôt des marchands et des échevins, on résolut d’en choisir un plus convenable ; or, il existait à la place de Grève une maison qui en portait le nom et que le roi Philippe Auguste avait achetée de Suger Clayon, chanoine de Paris, vers 1212. L’abbé de PreuiIly reconnut que le roi y avait droit de haute, basse et moyenne justice. Cette maison était appelée la maison aux Piliers, parce qu’elle était portée sur une suite de gros piliers.

Philippe de Valois avait fait don de cette maison en 1322 à Clémence de Hongrie, veuve et seconde femme de Louis le Hutin ; il la lui reprit en échange d’une autre, pour la donner en 1324 à Guy Dauphin de Viennois et en renouvela le don en 1335 au dauphin Humbert. Ce fut alors que cette maison fut désignée sous le nom de maison au Dauphin. En 1336, elle changea encore de mains, elle devint la propriété de Jean d’Auxerre, receveur des gabelles de la prévôté et vicomté de Paris, qui la reçut en 1356 de Charles de France, dauphin, duc de Normandie, en considération des services qu’il lui avait rendus. Ce fut cette maison qui fut vendue à la ville de Paris par Jean d’Auxerre et Marie sa femme, par contrat du 7 juillet 1357, moyennant la somme de 2,880 livres parisis ; elle fut payée 2,400 florins d’or au mouton du coin du roi, par Etienne Marcel, prévôt des marchands et des échevins.

L’hôtel au Dauphin n’était alors qu’un petit logis borné par deux pignons et situé entre plusieurs maisons bourgeoises. « Il y avait deux cours, un poulailler, des cuisines hautes, basses, grandes et petites, des étuves accompagnées de

chaudières et de baignoires, une chambre de parade, une d’audience appelée plaidoyer, une salle couverte d’ardoises, longue de cinq toises et large de trois, et plusieurs autres commodités. » Ce fut donc la Maison de ville qui devait, rebâtie en 1553, devenir l’Hôtel de Ville.

Un autre hôtel, réuni à la couronne par le roi Jean, fut aussi donné en 1354 par ce prince au comte de Savoie, Amédée VI ; l’hôtel de Behaigne, qu’on appela aussi l’hôtel de Nesle, du nom de son possesseur, Jean de Nesle, qui le céda en 1232 à saint Louis et à la reine Blanche. En 1296, il passa des mains de Philippe le Bel à celles de Charles de Valois, son frère ; Philippe de Valois le donna en 1327 à Jean de Luxembourg, roi de Bohême. Ce fut par corruption, que ce nom de Bohême se transforma en celui de Behaigne. Entré dans la maison de Savoie par le don du roi Jean, cet hôtel fut plus tard racheté par Charles VI moyennant la somme de 12,000 francs, il le donna à son frère le duc d’Orléans qui, en 1492, en céda une partie aux filles repenties et donna le reste en 1498 et 1499 à Jean Lebrun, son valet de chambre et à Robert de Framezelles, son chambellan.

L’emplacement de l’hôtel Behaigne plut à Catherine de Médicis ; les filles repenties reçurent l’ordre de se retirer dans la rue saint Denis au prieuré de Saint-Magloire dont on transféra les religieux à Saint-Jacques-du-Haut -Pas, et Catherine put se faire bâtir un palais à la place de l’hôtel Béhaigne. On lui donna le nom de l’hôtel de la Reine (31 octobre 1572) et les travaux commencèrent en 1573. En mourant, elle le légua à Christine de Lorraine, mais ses dettes absorbèrent toute sa succession et le duc de Mayenne fit de cet hôtel sa demeure ordinaire.

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