L’habitat rural au 19ème siècle
Posté par francesca7 le 18 avril 2013
La commune de Dompierre se situe juste à la limite du massif granitique du Morvan et de la dépression argileuse de l’Auxois. Les maisons du village sont construites en pierres du pays, extraites sur le site ou à proximité comme la carrière de « Bretagne ». Des moellons de granit y côtoient tout aussi bien la marne à huitres et le calcaire ; les murs sont enduits à la chaux fabriquée au « fourneau ». Les toitures, après la disparition des chaumes de seigle, sont faites de tuiles plates ainsi que de tuiles mécaniques provenant des tuileries de Précy sous Thil et de Thil la Ville.
Quelques toitures du village sont en ardoises. En Morvan, au 19ème siècle, les nourrices qui laissent leur village pour élever les « enfants de la ville », reviennent au pays, après environ 18 mois à 2 ans, avec en poche une somme d’argent suffisamment importante pour commencer la construction ou la rénovation de leur maison. Les jeunes femmes s’entendent à deux pour avoir un enfant en même temps. Pendant que l’une d’elles va tenter sa chance à la ville, l’autre élève les deux bébés. Deux ans plus tard, elles recommencent en inversant les rôles et ainsi de suite jusqu’à ce qu’elles aient mené à bien leurs projets.
Pour montrer leur différence et une certaine réussite sociale, les nourrices font alors couvrir leurs maisons d’ardoises, plus chères que la tuile locale. A Dompierre en Morvan, il ne semble pas qu’il y ait eu ce genre de nourrices mais les « nourrices sur lieu » recueillant chez elles de jeunes enfants orphelins ou abandonnés, moyennant salaire, ont existé de longues années. Quelques toits d’ardoises témoignent de ce souci de montrer sa différence et une certaine richesse.
La grande ferme aligne ses bâtiments autour d’une cour fermée ; une grande maison d’habitation de plusieurs pièces, une grange, une écurie, une ou deux étables, une porcherie, une bergerie, un poulailler, un hangar à matériel, un pigeonnier, le grenier au-dessus de l’habitation, les remises à fourrage au-dessus des étables et écuries. La fermette, caractéristique à Dompierre, se compose d’un seul bâtiment allongé comprenant l’habitation surmontée du grenier, au milieu la grange, à l’opposé l’étable avec le fenil au-dessus, en retour d’angle les soues (cochon, volailles, abri à matériel), devant une petite cour avec le puits.
La maison de l’artisan comprend l’habitation avec la cave en dessous, le grenier au-dessus et l’atelier. A l’écart se trouvent la grange, l’étable, les soues… la maison du domestique est une maisonnette d’une seule pièce, sans dépendances, entourée ou non d’un petit jardin. L’intérieur de ces habitations est le plus souvent constitué d’une seule grande pièce aux murs chaulés, avec une cheminée. Le sol est couvert de dalles en pierre. Une grande table et deux bancs occupent le milieu de cet espace, les coins sont pris par deux lits, l’armoire et un bahut contenant vaisselle et provisions. Quelque fois, il existe une petite pièce attenante, sans feu : on l’appelle le « cellier » ou la « souillarde ».








































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