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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Une journée de Battage

Posté par francesca7 le 12 avril 2013

 La batteuse était installée dans la cour de la ferme depuis la veille au soir. A la pointe du jour, tous les hommes du pays se rendaient chez le cultivateur où elle était installée. Chacun allait prendre le café à la maison, puis le tracteur se mettait en marche et actionnait la batteuse à l’aide d’une grande courroie.

Le chef de l’exploitation distribuait les tâches ; les uns sur la batteuse, sur le tas de céréales, à la paille, les autres aux sacs, etc… tout ceci se déroulait dans un esprit de franche camaraderie.

A huit heures, un coup de sifflet ou de sirène et tout s’arrêtait. Chacun quittait son porte, se secouait un peu pour faire tomber la poussière qu’il avait sur le dos, puis se rendait dans l’habitation du cultivateur, où une grande table était dressée. On s’installait devant le couvert et savourait la bonne soupe au lard et ce qui suivait. Ce premier repas terminé, la batteuse ronronnait à nouveau ; chacun reprenait ses fonctions, ceci durant deux heures environ après lesquelles un nouveau coup de sifflet annonçait les « 10 heures ». Là, tout le monde se rassemblait autour des dames de la maison qui apportaient vers la batteuse un casse-croûte composé de lard froid, de saucisse, de pain, accompagné de vin et boissons diverses au goût de chacun.

Redémarrage à nouveau et à midi, nouvel arrêt. Réunion à table pour le repas, puis chacun à son poste jusqu’à 4 h – 4 h et demie. Nouvel arrêt et casse-croûte comme à 10 heures. Enfin, on repartait jusqu’au soir. Si la récolte du paysan n’avait pas été toute égrenée dans la journée, on reprenait le lendemain, puis la batteuse changeait de maison.

Les repas du soir étaient souvent plus longe que les autres.

La journée était terminée ; alors pour oublier la fatigue certains racontaient des histoires et d’autres chantaient puis on se quittait en se donnait rendez-vous pour le lendemain. Une journée de battage était fatigante, car on travaillait dur ; on respirait aussi beaucoup de poussière, mais la bonne entente et l’esprit de camaraderie qui y régnaient faisaient oublier tout cela.

Dans chaque village, les paysans ou ouvriers agricoles faisaient de 15 à 20journées de battage comme celle-ci. Le travail en commun rapprochait les hommes et entretenait entre eux un certain lien d’amitié, alors qu’actuellement, avec la vie moderne, cela n’existe plus et c’est bien regrettable.

A l’époque où se passaient ces journées de battage, l’entrepreneur déplaçait son matériel à l’aide de son tracteur et n’avait besoins de personne d’autres. Dans mon enfance, c’est-à-dire de 1943 à 1950 nous raconte le père MM. pour aller chercher ce matériel, c’était toute une expédition. Les paysans partaient le chercher dans le pays voisin avec une dizaine de chevaux ; quatre ou cinq étaient attelés à a batteuse et sa remorque, trois ou quatre à la machine à vapeur, un ou deux à la lieuse. A l’entrée du pays tous les gamins que nous étions, suivaient le long convoi. Ceci était, disons, l’événement de l’année !

Je reviens sur la machine à vapeur qui actionnait la batteuse ; elle m’a toujours attiré, et souvent, enfant, je restais vers celui qui en avait la responsabilité. Il fallait la remplir fréquemment de charbon qui flambait dans le gros foyer, maintenir le niveau d’eau et surtout .. je n’étais pas le seul, je suppose, à aimer tirer sur le sifflet pour annoncer les arrêts, repas et casse-croûte.

C’était le bon temps !

Une journée de Battage dans HUMEUR DES ANCETRES vieux-tracteur

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