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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Journée à la ferme au 20ème siècle

Posté par francesca7 le 12 avril 2013

 Journée à la ferme au 20ème siècle dans HUMEUR DES ANCETRES semailles-300x236

A la campagne, les enfants participent aux travaux des champs ; il y a toujours une besogne pour eux et pendant ce temps-là, ils ne « trainent » pas.

Le monde agricole a connu des bouleversements extraordinaires au cours de ce dernier siècle. Le travail évolue assez peu jusqu’à la guerre de 1914 et se fait entièrement à la main. La campagne est riche de bras, l’agriculture y est intensive et plus de la moitié du territoire communal est cultivé. A cause de la guerre et des mobilisations, on ne peut plus labourer toutes les terres. La proportion entre herbage et cultures va s’inverser progressivement jusqu’à la deuxième guerre mondiale et se stabiliser ainsi.

Le contingent américain, venu prêter main-forte aux alliés, apporte aussi dans ses bagages quelques machines. Les toutes premières (faucheuse et moissonneuse-lieuse) apparaissent toutefois dès 1909-1019. La mécanisation des exploitations commence alors dès 19919- 1020. Peu à peu le cliquetis des faucheuses, des javeleuses, puis des moissonneuses-lieuses remplace le crissement du « dard » ou du ratelot ». La liste des jurons proférés habituellement est en même temps en plaine évolution car ces machines américaines conçues pour fonctionner paisiblement sur un terrain plat ont quelque fois du mal à  s’adapter au relief vallonné, aux fonds humides, aux cailloux, aux taupinières, aux « bouchures » trop expansives, aux recrus coupés trop haut…

Quelques années après la deuxième guerre mondiale, le tracteur remplace à son tour le cheval. On en garde tout de même un pour buter les « treuffes » et sarcler les « biottes ». On adapte les bonnes vieilles machines à chevaux en remplaçant les limons par une flèche. Il n’est pas question de tout acheter d’un coup. Vers 1950, il faut sacrifier de cinq à dix vaches pour s’offrir un tracteur, alors… Aujourd’hui, il faut en aligner de trente à cinquante.

Le Commis : La journée du domestique de culture commence vers 5 h 30 ou 6 h. Après une toilette rapide dans une cuvette d’eau froide, il se rend à la cuisine pour y boire le café. En hiver, deux heures de pansage l’attendent. Le commis va alors distribuer le foin en vrac, aux vaches et aux chevaux, par des ouvertures pratiquées dans le mur de la grange et qui débouchent sur le râtelier. Il « cure » ensuite « l’écurie des chevaux » et « l’écurie des vaches » avec sa fourche à quatre dents et sa brouette. Dehors, à un endroit visible de tous, il entasse soigneusement le fumier car un beau et gros tas de fumier signifie que la maison est riche et bien tenue.

Notre homme  prépare ensuite la « pouture » qui est un mélange de « biottes » (betteraves) « mincées » dans le « coupe-racine », et de « bouffe » (enveloppes de grains triées par la batteuse). Chaque animal a droit à sa ration déposée dans la crèche au moyen d’une grande manne d’osier. Une fois par jour, il faut abreuver les bestiaux qui sont alors détachés et conduits au « creux ou au puits. Exercice qu’il ne vaut mieux pas pratiquer en même temps que les voisins pour éviter de mélanger les troupeaux.

Vers 8 heures, le pansage terminé, tous les hommes se retrouvent à la cuisine pour manger une soupe au lait, des œufs au lard ou les restes de viande de la veille (le dimanche donne droit au chocolat ou au café au lait).

Les « Bouchures » : La journée d’hiver est occupée à l’entretien et aux réparations, à l’abattage et au stockage du bois de chauffage, des fagots. « Râper » les kilomètres de « bouchures » assure un long travail hivernal au commis ; armé d’un « volant » (croissant) ou d’un gouet, il remet en état le « piéchis ». C’est un travail de spécialiste qui consiste à transformer une haie plus ou moins haute et plus ou moins épaisse en une « brosse » étroite, d’environ, 1,20 m de haut, infranchissable par les bestiaux ; pour cela, des tronçons d’arbres verticaux sont conservés régulièrement au milieu desquels des perches sont entrelacées en position oblique ; celles-ci proviennent d’arbustes épineux droitement entaillés à leur pied pur qu’ils se couchent facilement, qu’ils ne se redressent pas et surtout qu’ils restent vivants ; tout l’excédent est supprimé, les meilleures rames feront des fagots pour le four à pain ou les petits pis du jardin, les plus grosse branches serviront de bois de chauffage, les brindilles, ronces et épines sont entassées et seront brûlées « le jour des Bordes » (premier dimanche de Carême, après le Mardi-Gras).

Le travail dure ainsi jusqu’à la tombée du jour et en rentrant à la ferme, c’est encore le pansage, comme au matin.

Labours et semailles : Au printemps, le tombereau est chargé avec le fumier accumulé pendant l’hiver. Le lourd véhicule est ensuite vidé, par petits tas bien alignés, dans le champ à fumer. Avant le labour, ce fumier est épanché à la fourche pour être enfoui par la charrue, tirée par deux paires de bœufs, de vaches de travail ou deux ou trois chevaux attelés de front. Avec les bœufs, il faut être deux ; « le piqueux » marche devant les animaux avec son grand aiguillon, tandis que le laboureur, conduit la charrue. Avec des chevaux, celui-ci travaille seul, dirigeant ses bêtes grâce à ses guides et surtout en vociférant sans cesse derrière l’attelage. Ce travail est épuisant ; si l’on admet qu’un sillon mesure une trentaine de centimètres de large, le laboureur parcourt plus de trente kilomètres pour retourner un hectare, plié en deux sur la charrue, tirant à droit, poussant à gauche les mancherons, avec un pied dans la « raie », l’autre sur le chaume.

L’unité agraire couramment employée est le « journal » ; c’est l’aire que peut labourer, semer et herser un homme en une journée de travail. Cette unité est extraordinairement élastique car elle varie facilement de 15 à 33 ares selon la qualité du terrain à cultiver.

 

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A la maison des fermiers

Posté par francesca7 le 12 avril 2013


De tous temps, les enfants participent à la vie de la maison et exécutent une quantité de petits travaux :

-       scier, fendre ou rentrer le bois, casser le fagot,

-       Garder les oies, les moutons, les vaches,

-       Nourrir et « curer » les lapins, les volailles,A la maison des fermiers dans HUMEUR DES ANCETRES 250px-50-aspetti_di_vita_quotidiana%2C_veglia%2CTaccuino_Sanitatis%2C_Ca

-       Mettre le foin en « bouillots » (tas),

-       Relever les gerbes, glaner les épis oubliés pour les poulets,

-       Echeniller les choux, récolter les doryphores pour les détruire,

-       Ramasser les pommes de terre,

-       Arracher les betteraves….

Lorsqu’il reste un peu de temps à soi, on en profite pour s’amuser un peu :

-       Traîner à travers la campagne,

-       Dénicher les oiseaux, les chasser au lance-pierre,

-       Poser quelques collets,

-       Braconner un peu dans les étangs…

Aujourd’hui, dieu merci ! c’est plus calme on a la télé !

LA TOILETTE : dans la cuisine, la seule pièce chauffée de la maison, la toilette se fait avec une cuvette d’eau, un gant, un savon et une serviette jusqu’aux années 1960. Depuis, la salle de  bains est aménagée à la place de la « chambre à four » ou de la « souillarde ».

LES REPAS : Le petit déjeuner des enfants se compose d’un bol de chocolat ou de café au lait avec du pain cassé dedans. A midi, les produits de la ferme sont à l’honneur : viandes (poulet, lapin, porc…) et légumes du jardin (beaucoup de pommes de terre sous toutes les formes de préparation), fromage. Le soir, on dispose souvent des restes ; soupe au lait ou grasse, quelques légumes, œufs, fromage, confiture. Les gâteaux, les crêpes, les gaufres et les tardes sont réservés aux dimanches, jours de fête et veillées entre voisins.

LA VEILLEE : Après le dîner, la journée d’hivers se termine par la veillée. Les familles voisines se regroupent chez l’une ou chez l’autre, à tour de rôle. Les plus courageux marchent même jusqu’au hameau, voire au village voisin. A la lueur de la lampe à pétrole, les hommes jouent au « cascaret » ou aux « tarots » tandis que les femmes cousent, brodent, raccommodent, tricotent au coin du feu en racontant quelques petites histoires ou en chantant. La soirée s’achève par une collation où l’on déguste les gâteaux, les gaufres, les tartes ou la charcuterie de la maîtresse maison…

 

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Une journée de Battage

Posté par francesca7 le 12 avril 2013

 La batteuse était installée dans la cour de la ferme depuis la veille au soir. A la pointe du jour, tous les hommes du pays se rendaient chez le cultivateur où elle était installée. Chacun allait prendre le café à la maison, puis le tracteur se mettait en marche et actionnait la batteuse à l’aide d’une grande courroie.

Le chef de l’exploitation distribuait les tâches ; les uns sur la batteuse, sur le tas de céréales, à la paille, les autres aux sacs, etc… tout ceci se déroulait dans un esprit de franche camaraderie.

A huit heures, un coup de sifflet ou de sirène et tout s’arrêtait. Chacun quittait son porte, se secouait un peu pour faire tomber la poussière qu’il avait sur le dos, puis se rendait dans l’habitation du cultivateur, où une grande table était dressée. On s’installait devant le couvert et savourait la bonne soupe au lard et ce qui suivait. Ce premier repas terminé, la batteuse ronronnait à nouveau ; chacun reprenait ses fonctions, ceci durant deux heures environ après lesquelles un nouveau coup de sifflet annonçait les « 10 heures ». Là, tout le monde se rassemblait autour des dames de la maison qui apportaient vers la batteuse un casse-croûte composé de lard froid, de saucisse, de pain, accompagné de vin et boissons diverses au goût de chacun.

Redémarrage à nouveau et à midi, nouvel arrêt. Réunion à table pour le repas, puis chacun à son poste jusqu’à 4 h – 4 h et demie. Nouvel arrêt et casse-croûte comme à 10 heures. Enfin, on repartait jusqu’au soir. Si la récolte du paysan n’avait pas été toute égrenée dans la journée, on reprenait le lendemain, puis la batteuse changeait de maison.

Les repas du soir étaient souvent plus longe que les autres.

La journée était terminée ; alors pour oublier la fatigue certains racontaient des histoires et d’autres chantaient puis on se quittait en se donnait rendez-vous pour le lendemain. Une journée de battage était fatigante, car on travaillait dur ; on respirait aussi beaucoup de poussière, mais la bonne entente et l’esprit de camaraderie qui y régnaient faisaient oublier tout cela.

Dans chaque village, les paysans ou ouvriers agricoles faisaient de 15 à 20journées de battage comme celle-ci. Le travail en commun rapprochait les hommes et entretenait entre eux un certain lien d’amitié, alors qu’actuellement, avec la vie moderne, cela n’existe plus et c’est bien regrettable.

A l’époque où se passaient ces journées de battage, l’entrepreneur déplaçait son matériel à l’aide de son tracteur et n’avait besoins de personne d’autres. Dans mon enfance, c’est-à-dire de 1943 à 1950 nous raconte le père MM. pour aller chercher ce matériel, c’était toute une expédition. Les paysans partaient le chercher dans le pays voisin avec une dizaine de chevaux ; quatre ou cinq étaient attelés à a batteuse et sa remorque, trois ou quatre à la machine à vapeur, un ou deux à la lieuse. A l’entrée du pays tous les gamins que nous étions, suivaient le long convoi. Ceci était, disons, l’événement de l’année !

Je reviens sur la machine à vapeur qui actionnait la batteuse ; elle m’a toujours attiré, et souvent, enfant, je restais vers celui qui en avait la responsabilité. Il fallait la remplir fréquemment de charbon qui flambait dans le gros foyer, maintenir le niveau d’eau et surtout .. je n’étais pas le seul, je suppose, à aimer tirer sur le sifflet pour annoncer les arrêts, repas et casse-croûte.

C’était le bon temps !

Une journée de Battage dans HUMEUR DES ANCETRES vieux-tracteur

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L’évolution des migrations au 19ème siècle

Posté par francesca7 le 12 avril 2013

  

De 1815-1914

 

Après les troubles de la Révolution, les migrations temporaires, saisonnières et internationale reprennent, mais au ralenti. Par exemple, de nombreux Français continuent à s’installer en Espagne, notamment en Nouvelle-Castille (des Cantaliens), jusqu’à la première guerre mondiale. La population française reste pourtant peu mobile et très sédentaire dans la première moitié du 19ème siècle. A part Paris et Bordeaux, la zone de recrutement des grandes villes, et encore plus celle des petites, ne se modifie guère.

L’apogée des migrations temporaires se situe à la moitié du siècle, avec peu de changements par rapport aux courants traditionnels : les scieurs de long du Forez et du Livradois sont de moins en moins nombreux entre 1820 et 1920, et de plus en plus remplacés par des Italiens en raison des bas salaires. L’essor des cultures industrielles donne un nouveau souffle à ces migrations limitées dans le temps et l’espace ; par exemple, l’arrachage des betteraves dans l’Oise attire 12 000 travailleurs en 1900.

La population rurale atteint son apogée vers 1850 avec 27,3 millions d’habitants, les régions les plus densément peuplées étant l’Est, le Bassin parisien, la région lyonnaise et les régions voisines de la Manche, en raison de leur richesse agricole et de leur activité industrielle de complément. Le peuplement rural ne change donc pas fondamentalement entre le Moyen Age et le 20ème siècle, même si les communautés les plus petites se réduisent. Les régions les plus urbanisées sont le Bassin parisien, le littoral de la Manche, la Lorraine du nord et l’Alsace, les dépressions orientales du Massif Central, les axes du Rhône et de la Garonne et le littoral méditerranéen, Bordeaux, Nantes, Clermont et les villes périphériques du Bassin parisien ont tendance à stagner, mais la France est criblée de petites villes très dynamiques.

 Ce tableau change progressivement dans la deuxième moitié du 19ème siècle. Les migrations temporaires déclinent même si certains colporteurs-fleuristes de l’Oisans sont partis jusqu’en Russie, en Californie, au Mexique, au Pérou, en Argentine et au Brésil pour vendre des sachets de graines et des plants. Au contraire, les migrations saisonnières augmentent en raison de l’essor des cultures des fruits et légumes. Les alentours des villes se peuplent de maraîchers et de jardiniers pour nourrir les citadins de plus en plus nombreux. Ainsi, des Bretons, originaires par exemple de Roscoff, cultivent et vendent leurs fruits et légumes en Normandie, en Anjou, dans la région parisienne et passent même en Angleterre en 1905. Grâce au chemin de fer, ils se répandent aussi dans le nord de la France pour arracher les pommes de terre ; les Drômois dans le Comtat pour cueillir les fraises ; les Alpins dans le Bas-Rhone pour récolter les cerises et les pêches ; les Pyrénéens et les Landais font les vendanges dans le Bordelais, les Catalans et les habitants des Baléares ramassent les tomates de Marmande. Ces migrants de l’état provoquent l’essor des banlieues.

L'évolution des migrations au 19ème siècle dans AUX SIECLES DERNIERS migration-300x199

 Les migrations intérieures deviennent de plus en plus définitives.

Les ruraux migrent définitivement plus souvent, pour se marier dans un rayon plus large qu’auparavant, et surtout pour trouver un travail dans une ville moyenne ou grande. L’exode rural qui concernait naguère les cadets de famille qui se faisaient domestiques ou soldats, s’intensifie au cours du 19ème siècle, le monde rural ne commençant à se dépeupler qu’à la fin de celui-ci. Entre 1806 et 1911, 14 millions de ruraux ont quitté leurs campagnes essentiellement le Pas de Calais, les Côtes du Nord, la Seine Inférieure (Maritime), le Finistère, la Saône et Loire, toutes les régions de montagne. Cet exode a été réduit dans le Bassin parisien et le sillon rhodanien, faible en Ile de France et dans le Bordelais et inexistant sur le littoral méditerranéen.

 Les ruraux n’avaient ni conscience, ni intention de migrer définitivement, et au début, plus de la moitié sont rentrés après quelques années : les migrations ne deviennent définitives qu’au début du 20ème siècle. Les ruraux partaient pour des raisons économiques (mécanisation agricole, avance du chemin de fer, salaires plus élevés, ruine de l’artisanat rural) mais aussi culturels (goût de l’indépendance, fascination pour la vie urbaine, mirage de la ville providentielle, alimentés par le service militaire, essor de l’instruction). Beaucoup de solitude et d’ignorance, donc de craintes, disparaissent. Les ruraux, du reste, préfèrent travailler dans le « tertiaire » (administration, commerce, transports, armée) et peu vont en usine. Résultat, dans les campagnes, vers 1900, on trouve plus d’hommes que de femmes, plus de vieux que de jeunes, certains villages perchés du Midi sont abandonnés.

Les zones de plus fort immigration sont : dans l’ordre : la Seine, le Rhône, la Seine et Oise, les Alpes Maritimes et les Bouches du Rhône et elles sont très peu touchées par l’émigration. A contrario, les zones de forte émigration telles que le sud u Massif Central, les Alpes, la Nièvre, le sud-est du Bassin parisien, les départements bretons et pyrénéen reçoivent très peu d’immigrés. Le Nord, lui, a peu d’émigrés car il est industrialisé, et peu d’immigrés (si on excepte des belges) car la natalité y est forte. Dans certaines régions comme le Puy de Dôme, i n’y a ni immigration ni émigration ; dans d’autres comme la Loire-Inférieure (Atlantique), il y a émigration, mais pas immigration.

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On constate trois sortes de migrations : celles de voisinage, entre les départements voisins, concernant les villes de Limoges, Tours, Caen, Rennes, Toulouse, Bordeaux, Cahors, Nancy, Dijon, Lyon, Valence et Marseille ; les migrations de moyenne distance dans un rayon plus large de quatre couronnes de départements qui ne peuplent plus que les grosses villes, Lyon, Marseille, Bordeaux et Paris ; Paris qui est le seul bénéficiaire des migrations à longue distance, et qui vident les départements du sud-est (sauf les environs de Marseille et Lyon) du sud-ouest (sauf Bordeaux) et de l’extrême-ouest, régions les plus isolées, les plus éloignées, les plus touchées.

Les migrations intérieures sont comme des fleuves qui déposent leur limon humain. Ainsi, les habitants de la Drôme s’installent d’abord en Avignon avant de s’établir à Marseille. Ceux du Finistère gagnent Paris, en passant par le Morbihan, l’Ille et Vilaine, la Mayenne, la Sarthe et l’Eure et Loir. Les soldes migratoires sont ainsi positifs avec les départements les plus éloignés de Paris et négatifs avec les plus proches. Même  constatation pour les flux qui mènent depuis le Massif Central (avec quelques détournements au passage à Bourges et Orléans), le midi méditerranéen (sauf arrêt à Lyon) ou l’Aquitaine (avec arrêts à Bordeaux et Tours). Voici tracés les grands axes des migrations internes, au dépens des régions les plus lointaines, donc les plus peuplées, car l’attachement à l’Eglise et à la famille ont maintenu une forte natalité plus longtemps qu’ailleurs, et ce surpeuplement rural a nourri l’émigration. Puis, suivant l’exemple précoce de la Normandie, malthusienne depuis le 17ème siècle, ces régions ont pratiqué un contrôle de la fécondité, unique en Europe, qui s’est généralisé dans toutes les couches sociales, surtout dans la deuxième moitié du 19ème siècle, au sud du massif Central d’abord, puis le Bassin aquitain, en Bretagne  et en Limousin et en Périgord. Ces émigrants vont dans les centres urbains, mais pas forcément dans les centres industriels ; car, qui part exactement ?

Des agriculteurs, souvent jeunes et célibataires, certes, mais seulement dans les régions où ils sont en surnombre, donc en surcharge à cause d’une forte natalité, comme en Bretagne ou dans le Massif Central. Beaucoup d’artisans des bourgs, aussi ruinés par la disparition de leurs petits métiers (bourreliers, tisserands, forgerons) face à la grande industrie croissante. Beaucoup d’enfants de gendarmes, de commerçants, de postiers, de médecins qui rêvent de réussir à la ville, et qui y vivent souvent dès leur adolescence, dans les lycées-pensionnats. Les foyers de dépopulation apparaissent en 1831 (Moyenne-Garonne), Normandie intérieure, Basses-Alpes et Cantal), et s’élargissent entre 1851 et 1872 au sud-ouest, sauf Bordeaux, au croissant sud de la Normandie (de la Manche à l’Eure et Loir), aux Côtes du Nord, au sud du Massif Central. Cette dépopulation se ralentit entre 1872 et 1891, puis reprend de plus belle après 1891 (plus de 62 000 personnes sont perdues par an dans 60 départements). Les migrants des régions urbanisées gagnent la ville la plus proche. Ceux des régions très rurales partent souvent hors de France.

 Si la population rurale passe de 24,5 millions en 1800 à 23 millions en 1914, avec une apogée en 1846, la population urbaine croît de façon spectaculaire et ininterrompue :

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5 millions en 1800, 7,8 millions en 1831, 11,8 millions en 1872, 15 millions en 1891 et 18,5 millions en 1911.

 Les facteurs déterminants de cette urbanisation ne sont pas la desserte ferroviaire, mais les emplois dans l’industrie textile, minière ou métallurgique, dans le commerce maritime, le tourisme pour les villes grandes et moyennes, et les fonctions administratives et économiques pour les plus petites. Toutes les villes recrutent d’abord, comme sous l’Ancien Régime, dans leur bassin démographique qui parfois dépasse les frontières (travailleurs belges dans les villes du Nord), et les migrants de plus en plus nombreux doivent s’installer dans les banlieues moins chères et plus lointaines où ils ont du mal à s’intégrer, les citadins de naissance liant souvent, comme aujourd’hui, criminalité et immigration, ce qui aboutit, déjà aux tensions xénophobes. La France peuplée, c’est la France urbaine et industrialisée. Comme sous l’Ancien Régime, les Français ont été peu nombreux à s’installer à l’étranger. Ils sont orIginaires des régions à fortes densités et faibles ressource,s souvent éloignées des grandes villes, frontalières ou montagneuses (Basses-Alpes, Pyrénées, Vosges, Massif Central…). Sans compter les colonies qui n’ont pas attiré beaucoup de candidats, on évalue leur nombre à 318 000 en 1861, 426 000 entre 1881 et 1886, 495 000 en 1901 et 610 000 en 1914. Avec des fluctuations entre 2 500 départs annuels en 1831,  25 000 en 1851 et 44 500 en 1901, on estime à 2 millions et demi les Français qui sont partis à l’étranger, mais beaucoup sont revenus.  Il s’agit essentiellement des frontaliers de la Suisse et de la Belgique en Europe ; des Alsaciens-Lorrains devenus subitement Allemands en 1871, 128 000 sur 1 549 738 recensés (dont environ 4 700 Strasbourgeois et 20 000 Messins), les registres étant consultables aux Archives nationales ; d’émigrants pour l’Amérique, sans commune mesure avec les autres peuples européens, britanniques, allemands, italiens ou russes ; et des colonies d’Afrique, surtout d’Afrique du Nord ; l’Asie (Indochine) et l’Océanie (Nouvelle-Calédonie, Polynésie…) attirant peu de monde.

 L’Algérie est, de très loin, la plus forte colonie de peuplement car sa conquête est la plus ancienne (1830), et sa colonisation la mieux organisée et la plus variée. Les essais de peuplement antérieurs à  1840 sont éprouvants et timides, en raison d’une occupation restreinte, d’une insécurité permanente, les bandes D’Abd-El Kader surveillant la Mitidja et le Chélif, ces plaines fertiles et larges qui sont « pacifiées » par Bugeaud en 1842-43. Parallèlement à une colonisation officielle, organisée par la direction de l’Intérieur, qui crée des centres de peuplement militaire à Beni-Merd, Orléansville, et de peuplement civil à Montpensier, Joinville. La Chifa, Boukarik et Blida, une colonisation libre s’amorce, créant le village spontané de Maison-Carrée et une quarantaine de fermes dans la Mitidja centrale. En 1847, quand Bugeaud démissionne, 100 000 colons peuplent l’Algérie. De 1848 à 1858, la colonisation s’intensifie dans la Mitidja et le Chélif, et gagne le Sahel et l’Ouest oranais : des ouvriers parisiens vaincus pendant les « journées de Juin » en 1848, sont envoyés à El Affroun, Bou Roumi, Marengo, dans la Mitidja, la Ferme, Pontéba, dans le Chétif, mais leur pauvreté, leur inaptitude agricole, leur démoralisation, l’insalubrité entraînent parfois paludisme et choléra et rendent leurs débuts très difficiles….

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