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    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

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Les migrations de 1789 à 1815

Posté par francesca7 le 11 avril 2013

 

La révolution met fin à la sédentarité traditionnelle des français et provoque des mouvements migratoires massifs, mais provisoires.

 L’émigration a touché 200 000 Français, soit autant que l’exode protestant, un siècle auparavant, mais a eu beaucoup moins de conséquences, la plupart des émigrés étant rentrés après 1815. Un tiers est parti dès 1789, le reste après la chute du roi le 10 août 1792 sont partis, par ordre décroissant : le clergé, les paysans, la bourgeoisie, la noblesse (18 % seulement), les artisans et les militaires. 22 000 émigrés, au mieux, ont combattu. Ils sont plus nombreux venant des régions frontalières (nord, est) ou maritimes (Provence, Normandie, Bretagne ), que des régions véritablement insurgées (peu de Vendéens) ou des grandes villes. Ils s’installent en Angleterre, en Rhénanie (Coblence), en Piémont, en Espagne… Les conquêtes mènent les Français du Guadalquivir à la Moskova ; certains soldats resteront dans les pays occupés. De même certains Russe épouseront des Françaises lors de l’occupation de 1815.

Les migrations de 1789 à 1815 dans AUX SIECLES DERNIERS bataille-294x300

 A cause des troubles intérieurs et de la guerre contre l’Europe, les courants migratoires internationaux traditionnels se sont affaiblis, particulièrement avec l’Espagne, où la haine générale envers les Français provoque, par exemple, la faillite des commerces français de Bilbao ou le départ des domestiques français à Madrid.

 A l’intérieur, les villes enregistrent d’abord de nombreuses entrées, puis après 1792, l’insécurité et la disette aidant, les sorties d’habitants. A la fin de la Révolution, toutes les grandes villes ont perdu un nombre important de leurs habitants. Paris passe de 620 000 à 547 000, Lyon de 135 000 à 102 000, Bordeaux de 104 000 à 93 000 ; Lille, Toulouse, Marseille, Rouen, Nantes, Strasbourg et Nice perdent environ 5 000 habitants. Dans ces villes, comme à Caen et à Nancy, le clergé, les nobles, les rentiers et leurs domestiques partent à la campagne ou à l’étranger. Au contraire, les villes moyennes et petites (moins de 50 000 habitants), s’accroissent légèrement, souffrant moins des troubles politiques ou des problèmes de ravitaillement : les petites villes prennent leur revanche sur les grandes métropoles provinciales et portuaires qui triomphaient au 18ème siècle.

 De plus, la Révolution confirme la réduction progressive de la part des régions de l’ouest, au profit de celles de l’est : au nord d’une ligne Saint-Malo / Toulon, la population gagne plus de 660 000 habitants : au sud, elle en perd 700 000.

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La mise en place de l’INED en octobre 1945

Posté par francesca7 le 11 avril 2013

 

INED créé le 24 octobre 1945 par Alfred Sauvy

La mise en place de l'INED en octobre 1945 dans AUX SIECLES DERNIERS manuel-190x300

 l’INED est chargé d’étudier les problèmes démographiques et le s moyens matériels et moraux pour accroître la quantité et améliorer la qualité et la population française, et de diffuser les connaissances, par exemple par la revue « Population » (5 numéros annuels), « Travaux et documents » (4) et « Population et société » (11). La démographie historique prend son essor avec la grande enquête, lancée par Louis Henry en 1958, sur la population française depuis Louis XIV. Après une croissance importante en moyens matériels et humains (39  chercheurs sur 75 employés en 1965), l’INED a connu la crise de 1968 et s’est réorganisée depuis 1972. il a pour mission d’établir des faits, en trouver les causes et les conséquences, mais la production des statistiques lui échappe.

 Cette production dépend des recensements. Ceux de 1921, 1926, 1931, 1936 présentent de plus en plus de retards dans les publications (parfois 4 ou 5 ans) et de plus en plus d’erreurs ou d’anomalies. Certains départements surestiment volontairement leur population : Marseille et Lyon continuent allègrement leur guerre des chiffres, mais aussi la Corse, les Pyrénées-Orientales, l’Aude, le Gers, le Loir et Cher… Les deux guerres perturbent les recensements et retardent encore davantage leurs résultats.

 Depuis 1945, les recensements sont moins fréquents : 1946, 1954, 1962, 1968, 1975, 1982, 1990. ils passent sous le contrôle de l’INSEE, mais les questionnaires sont de plus en plus complexes. Les agents recenseurs, débordés de travail, oublient parfois des logements ou des immeubles entiers, et de nombreux résidents échappent au dénombrement (étrangers, libertaires, personnes en vacances, absentes ou vivant en communauté). Vu le retard croissant des publications et le sous-enregistrement endémique des populations, il faudrait envisager une réforme de l’INSEE, voire de l’INED. Les listes de recensements (de métiers, de bourgeois, de colonies, de militaires, de régions) permettent de reconstituer une filiation, une profession, un lieu d’origine ou un déplacement plus ou moins éloigné. Les registres d’état civil restent la source principale, mais ils ne sont ouverts à la consultation publique, que pour les séries ayant plus de 100 ans, par rapport à la date de l’année en cours.

 D’autres sources sont fournies par les archives départementales : cadastre des propriétés bâties (1881), cadastre des propriétés non bâties (1798) unifiés en 1911 : séries (incomplètes) des registres des passeports, de secours, de livrets ouvriers, de passagers de navires et d’avions ; listes électorales (pour les hommes seulement jusqu’en 1946) qu’on trouve aussi aux archives municipales. Les dossiers de faillites, les registres de mutation par décès, les fonds des notaires et de l’enregistrement des hypothèques permettent aussi d’étudier les changements de résidence, de fortune, de niveau de vie d’un groupe ou d’une famille.

 

 

 

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Les migrations croissantes depuis la Révolution

Posté par francesca7 le 11 avril 2013


 

Du 19ème au 20ème siècle

La Révolution est aussi une rupture dans l’histoire démographique de la France car elle accélère des tendances déjà latentes à la fin du 18ème siècle : recul de la natalité et de la mortalité, surtout infantile, qui s’accentue jusqu’en 1939. La population française passe de 30 millions à 40 millions d’habitants, mais du 1er au 5ème rang européen avant même 1900. Elle doit renoncer à sa sédentarité séculaire. Le contrôle des naissances, à la fois précoce et généralisé, entraîne un vieillissement de la population et n’encourage sa mobilité qu’après l’essor du chemin de fer qui soulage, sans les vider, les campagnes de leur surcharge d’agriculteurs et d’artisans. L’immigration étrangère (essentiellement européenne) est dès lors nécessaire, unique en Europe par son ampleur. Et si beaucoup d’étrangers s’installent en France depuis le 19ème siècle, peu de Français la quittent, la plupart se contentant de laisser leurs villages pour la petite ville proche ou la capitale régionale ou nationale.

Les sources historiques de la démographie deviennent enfin sûres et complètes.

Les migrations croissantes depuis la Révolution dans AUX SIECLES DERNIERS sansculottes-225x300A partir de 1789, l’étude de la population, qui est née en France au 17ème siècle sur le mode anglais, devient de plus en plus rigoureuse et efficace au cours d’un 19ème siècle où les autorités créent, organisent et perfectionnent les instruments d’observation et les méthodes d’interprétation pour le mouvement naturel. Les migrations, elles, sont mal connues car elles n’ont pas de sources spécifiques et ne sont étudiées qu’indirectement avec l’analyse des recensements. La question capitale, « résidence lors du dernier recensement », n’est posée qu’en… 1962 !

 La Révolution a fait table rase du passé, y compris des intendants. Elle réclame des données démographiques, mais n’a pas les moyens administratifs ni matériels pour traiter les innombrables informations fournies par des milliers de curés enfin expérimentés, puis d’officiers municipaux qui ne le sont pas. En effet, la laïcisation brutale de l’état civil le 20 septembre 1792, dernier acte de l’Assemblée législative, et les graves troubles intérieurs compromettent aussi la qualité de l’enregistrement. Les mités des assemblées révolutionnaires ordonnent des enquêtes statistiques, mais avec des objectifs limités et divers et des résultats peu utilisables. Enfin, le décret de l’Assemblée constituante fait des juifs des citoyens français devant l’Etat.

Le Consulat crée le Bureau de la statistique (supprimé en 1815). Avec l’aide des préfets, nouveaux intendants, il organise les deux premiers recensements (1801 et 1805) qui évaluent la population française à 29,7 millions d’habitants. La Restauration confie ses statistiques à la Direction générale des départements qui publie les états de population de 1817, 1818, 1819 ; par exemple, « Les recherches statistiques de la vie de Paris et de la Seine », publiées par le préfet Chabrol sont remarquables. Du reste, les publications progressent quand, après le recensement de 1831, les statistiques reviennent au ministère de l’Intérieur pour celui de 1836 dont les résultats, mal exploités sont publiés dans le « Bulletin des lois », et ceux de 1841 et de 1846, dans « Territoire et population » (1855). Le premier recensement organisé par le ministère de l’Intérieur avec vérification, exploitation systématique et publication rapide date de 1851.

 L’année suivante, le Bureau de statistique générale de la France (SGF) est confié, avec une large autonomie, au ministère de l’Agriculture et du Commerce, d’où les recensements de 1856, 1861 et de 1866, dont les résultats sont publiés dans 11 volumes, mais avec là encore des erreurs et des oublis (par exemple, les soldats présents en Crimée, en Italie, au Mexique et en Algérie ces années-là). Avec la IIIè République, la SGF revient au ministère de l’Agriculture et du Commerce et doit s’occuper des recensements, des mouvements de population et des statistiques industrielles. Les recensements se succèdent tous les cinq ans à partir de 1871 (en fait en 1872, exceptionnellement, à cause de la défaite et de la Commune). L’organisation sérieuse et la publication rapide du recensement de 1876 en fait un des meilleurs du siècle.  Le sexe, l’âge, l’activité sont enfin demandés en 1901 et en 1911. les recensements deviennent totalement fiables au début de notre siècle, sauf à Lyon et à Marseille qui, rivales, gonflent leurs chiffres pour paraître plus peuplée qu el’autre, et Toulouse qui ne veut pas dépasser 150 000 habitants afin de conserver une subvention !

Même si de nombreuses villes ont pris l’habitude de publier des bulletins ou des annuaires statistiques municipaux, il reste que la SGF est devenue, en 1913, une grande institution nationale qui a décuplé son personnel, centuplé ses publications, et utilise des moyens modernes (60 mécanographes sur 100 employés qui exploitent mécaniquement le recensement de 1901). Les enquêtes démographiques sont devenues régulières et sûres, mais on a oublié de penser à la conservation des documents de base…

A partir de 1914, la connaissance des faits démographiques s’améliore beaucoup, la SGF dépendant du ministère du Travail, disposant de grands moyens, d’une mission claire et de publications régulières : « annuaires statistiques », mais aussi « bulletin trimestriel », « supplément mensuel » et, pendant quelques années, une « feuille hebdomadaire ». Pendant les années 30, le SGF souffre de sa dépendance par rapport à un pouvoir politique très instable, d’un manque de moyens, de rattachements à différents ministères, de réorganisations successives. Cette crise s’avère en octobre 1941 par l’apparition du Service national des statistiques, créé par René Carmille, qui fonde aussi un service de sondages en 1943 avant de mourir déporté à Dachau. Ce grand service moderne est rebaptisé ISEE en 1946, et élargit les publications en créant, en 1949, un Supplément au bulletin trimestriel qui devient, en 1956, « Etudes statistiques ». Le personnel et les publications se réduisent ensuite. La situation de l’INSEE s’améliore après 1962 avec plus de personnel, des moyens informatiques et des publication réformées, mais l’INSEE s’intéresse surtout aux problèmes d’immigration et délaisse la démographie. Celle-ci est observée et traité par l’INED, fondé le 24 octobre 1945 et dirigé par Alfred Sauvy jusqu’en 1962.

 

 

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Le flux migratoire Huguenot

Posté par francesca7 le 11 avril 2013

 

 

Les huguenots quittent plus facilement la ville que la campagne ; les protestants disparaissent de la Normandie ou e la Picardie car ils habitaient tous Dieppe, Rouen, Caen, Amiens… Au contraire, l’émigration des villes poitevins, béarnais ou cévenols est très limitée, les huguenots même « opiniâtres » préférant rester sur leur terre de naissance et de survie, quitte à pratiquer le culte du Désert avec tous ses dangers.

Le flux migratoire Huguenot dans AUX SIECLES DERNIERS croix_huguenote

 en raison des difficultés d’un exode interdit par le roi, les huguenots partent vers le Pays du refuge le plus proche : ainsi les habitants du Dauphiné, des Cévennes, du Bas Languedoc (Nîmes, Alès…) de Provence s’enfuient vers Genève et l’Allemagne par les Alpes qui offrent des cachettes, des complices et des passeurs (chers). Ceux de Saintonge, d’Aunis, du Poitou, du Béarn et surtout de Normandie et de Picardie, sont majoritaires en Angleterre et aux Provinces Unies. Les hommes seuls partent plus facilement quand ils sont célibataires, ou partent les premiers quand ils veulent trouver un logement et un emploi avant de faire venir le reste de la famille..  si celle-ci n’est pas arrêtée ou disloquée. Les citadins qualifiés, marchand ou artisans du textile, du cuir, du livre, artistes, avocats, notaires, médecins… partent davantage que les pauvres ou les agriculteurs, parce qu’ils ont moins d’attaches à la terre, plus d’argent pour payer un voyage long et dangereux (donc très cher), et plus de chances de réussir leur exil.

 Les Pays du refuge ont largement profité de cet apport. Surtout quand ils l’ont encouragé, comme le Brandebourg, où les huguenots du Midi, bénéficiant de logements gratuits et d’exemptions fiscales, défrichent les terres, drainent les marécages, plantent du tabac et des légues, ouvrent des manufactures de drap, de passementerie, de verre, de papier, d’huile, à Berlin et aux alentours. Comme le Grand Electeur, le landgrave Charles de Hesse-Cassel leur offre des villes et des villages pour relancer l’économie de ce petit Etat allemand. Enfin, ils ont amélioré l’industrie de la soie, du papier, de l’horlogerie, de l’orfèvrerie en Angleterre, et celle des « indiennes » à Genèves, sans compter la banque, même si ces Etats ont moins favorisé leur implantation.

 Après 1730, le flux migratoire huguenot se ralentit : les protestants, bénéficiant d’une relative tolérance, ne quittent plus la Franc. Ceux qui sont partis dans les Pays du refuge s’assimilent vite tout en gardant la tradition d’apprendre la langue d’origine, de donner à leurs enfants des prénoms français et de garder la mémoire de leurs ancêtres persécutés.

 Dans la deuxième moitié du 18ème siècle, de 3 000 à 5 000 autres émigrants quittèrent la France tous les ans, la plupart pour y revenir plus tard. Mais d’autres aussi, des paysans alsaciens et lorrains pour coloniser l’est de l’Europe ; ainsi, près de 20 000 Lorrains s’installèrent dans le seul Banat entre 1744 et 1787 ; 35 000 colons partirent vers la Hongrie aux mêmes dates ; plusieurs centaines vers la Galicie et autant vers la Lituanie, ainsi que dans la Russie du sud.

 L’émigration citadine est pourtant plus importante, visant les milieux aristocratiques et intellectuels étrangers, l’influence française mettant à la mode les perruquiers, modistes, couturières, précepteurs, maîtres de danse, maîtres d’armes et philosophes français (Diderot à Saint Petersbourg, Voltaire à Berlin). Elle est aussi commerciale pour environ 4 000 Français. Il y en a en Espagne (900 à Cadix, beaucoup à Sévile, à Malaga, à Valence, à Alicante, à Carthagène et à Santander). Plus de 100 négociants marseillais vivent en permanence dans les Echelles du Levant, Liban, Syrie. Des Bordelais sont à Amsterdam et à Hambourg. Un auteur contemporain donne des chiffres : 30 000 Français à Londres,  15 000 en Italie, 10 000 dans l’Empire ottoman, 8 000 en Espagne, 600 au Portugal (moitié du 18ème siècle).

 Les étrangers en France sont moins nombreux. Notons d’abord les négociants et commissionnaires, surtout établis dans les ports ; en 1777, Bordeaux compte 52 Allemands, 33 Britanniques,  17 Hollandais. En 1787, à Marseille, il y a 209 négociants protestants étrangers, dont 157 suisses. Paris compte beaucoup de Hollandais, d’anglais, et de Genevois pour la banque, ce qui explique l’arrivée de Necker au ministère de Louis XVI.

 Voyons maintenant les trois autres colonies étrangères. Les juifs sont dispersés. Dans le Sud-Ouest, on les appelle « Portugais », étant les anciens « marranes », plutôt mal que bien convertis, installés depuis le 16ème siècle : ils sont 3 000 à Saint Esprit, faubourg de Bayonne, et 2 500 à Bordeaux, dont la communauté socialement très diversifiée se grossit au 18ème siècle des juifs d’Avignon et d’Allemagne. En 1734, il y a 5 000 juifs à Bordeaux. Beaucoup sont riches et puissants, ce qui leur vaut la protection des autorités bordelaises qui les savent indispensables à la prospérité de l’Aquitaine. La communauté d’Avignon reste à 2 000 âmes entre le 16ème et le 18ème siècle, date à laquelle de nombreux juifs du papae sont partis pour Marseille, Paris ou Bordeaux, bénéficiant de la tolérance nouvelle. La communauté juive d’Alsace et de Lorraine (surtout à Metz), passe de 100 à 3 913 familles en deux siècles, c’est-à-dire à 20 000 personnes.

 Beaucoup partent aussi vers La Rochelle, Rouen et surtout Paris dont la communauté augmente sérieusement. Les juifs ashkénazes s’installent dans le quartier du Temple ; les « portugais » un peu partout. Comme à Bordeaux, la majorité est très modeste, et la minorité est constituée par des banquiers, des intellectuels et des bijoutiers. En 1789, ils sont 500 à Paris et environ 40 000 dans toute la France.

 Les irlandais, majoritairement soldats, sont nombreux depuis la fin de la guerre de Cent Ans mais, après la défaite de Jacques Stuart II à Limerick, contre Guillaume III qui le chasse d’Angleterre, 12 000 officiers et soldats fidèles au roi déchu, avec plusieurs centaines de femmes, d’enfants et de religieux, s’installent en France. Les militaires sont incorporés dans les régiments français ou espagnols ; les prêtres vont dans des séminaires irlandais de Paris, de Nantes et de Bordeaux où s’installent aussi des négociants, certains devenant riches et célèbres comme les Walsh à Nantes et les Hannessy à Cognac. Les émigrants suisses sont moins connus et très variés : on trouve des négociants et des banquiers à Marseille, à Paris et à Lyon ; des pâtissiers des Grisons dans toutes les villes. La colonie la plus forte étant celle des « gardes suisses », obligés de vivre près du roi à Paris, à Rueil, à Courbevoie, à Argenteuil, à Saint Denis, à Vanves, à Meudon, à Viroflay, au Chesnay… et à Versailles.

 Pour en finir avec les étrangers employés par Louis 14, n’oublions pas qu’il avait fait venir de Venise des gondoliers qui se sont installés près du grand canal de Versailles afin d’entretenir la flottille du roi ; des verriers qui ont contribué au lancement de la Manufacture de Saint Gobain. Colbert a aussi offert des ponts d’or aux techniciens métallurgistes de Bohème, aux spécialistes de la soie milanais.

 En conclusion, les étrangers en France ont été beaucoup moins nombreux que les Français à l’étranger. Sans compter les huguenots au 18ème siècle, environ 200 000 Français sont hors de France chaque année, en grande majorité dans les pays proches et, souvent, avec l’espoir de ne pas y séjourner longtemps.

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Les migrations internationales au 18è siècle

Posté par francesca7 le 11 avril 2013

 

 

En Europe et outre Mer

Elles sont importantes par leur variété et leurs conséquence,s mais mineures quant au nombre d’émigrants concernés, surtout si on les compare avec les migrations britanniques, sauf pour l’exode des huguenots.

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L’université de Montréal a dépouillé toutes les sources relatives au peuplement du Canada, qui est très bien connu aujourd’hui : entre 1600 et 1729, 27 000 immigrants, dont 13 000 soldats, 3 900 engagés, 715 prisonniers, 721 missionnaires et seulement 1 797 femmes se sont installés au Canada. La majorité des hommes, célibataires, sont rentrés en France. Les émigrants fondateurs ne sont que 8 527, et au-delà de 30 ans, il y a deux fois plus d’hommes que de femmes. En dessous de 30 ans, il y a autant d’hommes que de femmes, ces dernières étant surtout « les filles du roi », arrivées entre 1663 et 1673, dont plus de la moitié sortaient de la prison de la Salpêtrière. Ces « filles du roi » sont restées presque toutes sur place, alors que les hommes sont très souvent repartis. Cette émigration représente en moyenne 110 départs par an, ce qui est infime (6 migrants pour 1 million de Français). Elle est répartie sur toute la France, les régions de départ étant pourtant à l’ouest, de la Saintonge à la Normandie, et concernent le plus souvent des familles avec beaucoup de jeunes et très peu de célibataires. Ainsi, l’accroissement naturel sera très fort au Canada, particulièrement en Acadie, qui passe de 440 à 13 000 habitants entre 1671 et 1755, grâce à 60 familles et une bonne centaine de célibataires ! Malgré cela, le Canada ne compte que 60 000 Français contre 1 000 000 de Britanniques, ce qui explique la perte de la Nouvelle-France par Montcalm. Le même problème se pose pour la Louisiane, sous-peuplée et sous-défendue.

 De même, sur les 200 000 Français qui sont partis à partir de 1635 vers les Antilles, surtout des hommes, beaucoup n’ont fait que passer. Comme pour le Canada, l’enthousiasme était si faible qu’il a fallu recourir au système des « engagés », ou « trente six mois » : un colon ou un armateur dieppois, ou un marchand rochelais ou bordelais payant le voyage à un particulier, agriculteur ou artisan, qui en échange travaillait pour lui. Au bout de trois ans, l’engagé recevait un trousseau et de quoi créer une petite plantation. Peu à peu, viennent aussi les colons libres, des nobles ruinés, des marchands, huguenots fugitifs, « passagers » qui sont inscrits sur les registres portuaires d’embarquement.

De La Rochelle partent 6 100 engagés de 1634 à 1715, mais 1 200 seulement de 1715 à 1772 ; de Bordeaux, 6 500 entre 1698 et 1771. De Bordeaux aussi, 27 000 passagers s’embarquent entre 1713 et 1789.

 En 1775, il y a environ 25 000 Blancs à la Martinique et la Guadeloupe. A Saint Domingue, on dénombre en 1687, 4 500 Blancs et 3 500 esclaves noirs et, cent ans après, 28 000 Blancs, 30 000 affranchis et 406 000 esclaves. Les Blancs qui ont peuplé cette grande île viennent essentiellement de l’Aquitaine, de Poitou-Charentes et des pays de Loire : rappelons la primauté de Bordeaux pour le commerce antillais.

 Les Blancs qui ont peuplé les îles mascareignes et l’Inde sont venus de Paris, ainsi que des pays de Loire et de la Bretagne , en raison du rôle personnel du gouverneur de Nantes, directeur de la Compagnie d’Orient vers 1654 et de la maîtrise des océans par les marins bretons. L’île Bourbon (la Réunion) est passée de 507 habitants blancs en 1709 et 7 833 en 1787. L’île de France (île Maurice) est un peu moins peuplée. Les tentatives de Colbert pour faire de Madagascar une colonie de peuplement  échoue avec la Compagnie des Indes orientales. Les comptoirs de l’Inde, tels Chandernagor, Pondichéry… créés après 1670 ne verront s’installer que quelques centaines de Français. D’autres Français s’installent à Rabat pour le commerce saharien, et des négriers, au Sénégal, pour la traite des Noirs (environ 1 000 000 d’esclaves auraient été déportés aux Antilles françaises dont 58 % à Saint Domingue) en deux siècles : ces trafiquants venaient surtout de Nantes, de Saint Malo, de La Rochelle, de Bordeaux et du Havre.

 Quant au peuplement de la Guyane, nombreuses ont été les tentatives, d’abord isolées et sans appui des autorités, puis encouragées par Colbert qui fonde la colonie de Cayenne en 1664, avec 1 200 colons pauvres encadrés par des Jésuites, puis par Turgot qui fonde la colonie de Kourou un siècle après avec 14 000 colons. Mais leur manque d’organisation, alliée à l’hostilité de la nature (chaleur et humidité constante, marécages infestés d’insectes et de crocodiles, « bois » aux « couleuvres » géantes, difficulté de cultiver la terre) les ont souvent poussés à attaquer les Indiens pour les pilier, d’où des massacres réguliers de chaque côté, sans compter les épidémies (8 000 des 14 000 colons de Kourou en meurent).

L’émigration la plus importante est, de loin, celle des huguenots qui a commencé bien avant la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV, et dès François 1er avec le départ pour Genève et Jean Calvin et de Théodore de Bèze, après les premières persécutions consécutives à « l’affaire des Placards » (1534). La première émigration collective est celle des Vaudois qui en 1545 fuient le Lubéron pour échapper au carnage ; la deuxième suit le massacre de la Saint Barthélémy en 1572. Les réfugiés passent en Allemagne, en Hollande, en Angleterre (2 000 Français à l’église de Londres en 1571,  1 400 en 1630), soit 5 000 en moyenne dans tout le sud-est et l’est de l’Angleterre ; et à Genève où 776 réfugiés deviennent « habitants » avant 1560 et beaucoup plus après 1572. De 1522 (premier réfugié, Lambert d’Avignon) à 1685, plusieurs milliers de protestants français ont quitté le royaume, dont au moins 20 000 définitivement avant 1660, 10 000 autres s’exilent au début du règne d’un Louis XIV qui accentue les brimades et tolère même les dragonnades après 1680. Environ 200 000 partent entre 1660 et 1730, dont 150 000 entre 1685 et 1689, juste après la Révocation et toujours dans la clandestinité, l’édit de Fontainebleau interdisant l’émigration, sous peine de galère, de prison, voire de mort, tout en rendant obligatoire pour les pasteurs (sous 15 jours).

 

Un tiers part vers les Provinces-Unies (entre 60 000 et 80 000), un autre tiers vers l’Angleterre, l’Irlande, le reste vers la Suisses, l’Allemagne protestante (40 000), le Danemark (2 000), les Antilles, l’Amérique du Nord et même l’Afrique du Sud et le Russie… La Suisse et Francfort sur le Main étant, souvent des « plaques tournantes de transit ».

 

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