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    Citation sur la France.
    !!!!
    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Les déserteurs de l’Empire

Posté par francesca7 le 7 avril 2013

 

Le Premier Empire fut le temps de la réorganisation de l’État et celui d’une société fondée sur les « notables », propriétaires terriens, maîtres de forge et négociants, anciens nobles et anciens militaires et souvent acquéreurs de biens nationaux. Ce fut surtout un temps de guerre permanent, marqué localement par la proximité de l’Ariège avec l’Espagne, soulevée depuis 1808.

En 1810, 1811 et 1812, les insurgés espagnols envahirent et pillèrent la haute vallée de l’Ariège. Mais c’est surtout conscription et réquisitions qui pesèrent sur les populations. L’Ariège fut un des foyers les plus forts de résistance ; on a pu établir que, en 1800-1805, la désertion a atteint 98 % des appelés (pour une moyenne française de 28 %). L’idée d’un devoir envers l’État demeurait étrangère à des hommes dont l’univers tournait autour de la famille et du rythme de la terre. Les garçons pouvaient fuir dans une nature difficile qu’eux seuls connaissaient, et pas encore les administrateurs, franchir une frontière proche et assumer une errance qui leur était familière par les habitudes de transhumance et de migrations saisonnières. Surtout, ils conservaient la complicité d’une société à forte cohésion interne :la famille et les voisins, les maires, eux aussi parents, les médecins, peu avares de certificats, les curés que la politique impériale envers la papauté rejetait dans l’opposition formaient autour d’eux un solide réseau de silence. On cachait les jeunes gens quand les gendarmes arrivaient, on s’attroupait, souvent armés, parfois le maire en tête, au pire avec sa neutralité passive. On falsifiait à tour de bras l’état civil pour empêcher la conscription ; le sommet fut atteint avec l’incendie de la préfecture et des archives départementales qui, en 1803, détruisit toute la collection du greffe.

Déserteurs, délinquants forestiers, contrebandiers et population complice, c’est à cette époque que les violences furent les plus fortes contre les agents de l’autorité. L’État, on l’a dit, se réorganisait ; alors que la surpopulation accentuait la misère de la montagne ariégeoise, le pouvoir exigeait plus qu’il n’avait jamais exigé, les résistances prenaient donc une dimension qu’elles n’avaient jamais eue et des fonctionnaires efficaces s’acquittaient de leur mission davantage peut-être qu’on ne l’avait jamais fait.

 

 Extrait du livre La vie en Ariège au XIXe siècle – ch.1 

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