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    « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » citation Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 196.

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    Citation sur la France.
    !!!!
    La France, je l'aime corps et biens, en amoureux transi, en amant comblé. Je la parcours, je l'étreins, elle m'émerveille. C'est physique. Pour l'heure, c'est le plus beau pays du Monde, le plus gracieux, le plus spirituel, le plus agréable à vivre. En dépit de ses défauts, le peuple français a des réserves inépuisables de vigueur, d'astuce et de générosité. j'écris cela en toute connaissance de la déprime qui périodiquement enténèbre nos compatriotes. Ils ont une pente à l'autodénigrement, une autre au nihilisme. Je suis français au naturel et j'en tire autant de fierté que de volupté. J'ai pour ce vieux pays l'amour du preux pour sa gente dame, du soudard pour la servante d'auberge, de l'érudit pour ses grimoires, du paysan pour son enclos, du bourgeois pour ses rentes, du croyant des hautes époques pour les reliques de son saint patron... J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au coeur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur...

    Dictionnaire amoureux de la France - Denis Tillinac.

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Mouvements migratoires français

Posté par francesca7 le 27 mars 2013

 

Mouvements migratoires français dans AUX SIECLES DERNIERS charpente-182x300Côté français, Charles V, en 1378, avait ordonné l’évacuation du nord du Cotentin afin d’isoler Cherbourg, demeurée aux mains des Anglais. Charles VII, en 1449, donna six mois aux Anglais, installés en Normandie depuis 1419, pour quitter les lieux et, en 1453, il força encore au départ certains Bordelais qui avaient trop collaboré avec les Anglais, et qui s’installèrent en Espagne du nord, en Italie, en Bretagne et surtout en Angleterre du sud (Bristol et Londres).

 De 1421 à 1451, une bonne moitié de la France est livrée aux Anglais, soit tous les territoires au nord de la Loire, sauf la Bretagne, Orléans et, à l’est, Domrémy et la Guyenne : des Anglais y ont fondé des familles.

 A l’apparition de noms nouveaux dans une ville, souvent indicateurs d’une origine géographique ou professionnelle, on constate que les migrations volontaires continuent en dépit de la guerre. On ne fuit pas toujours une peste ou une occupation. Souvent, il faut changer de ville pour faire des études universitaires à Paris, à Montpellier, à Bologne ou à Oxford, ou tout simplement pour exercer son métier ou ses affaires. Les artisans, apprentis ou compagnons, sont de grands voyageurs, surtout ceux du bâtiment. On repère parmi les Toulousains, des drapiers originaires du Brabant et de la Flandre, des charpentiers béarnais, des habitants venus de Saintonge, de Bourgogne et du Bassin parisien.

Après la libération de la Normandie, en 1450, puis celle plus difficile de la Guyenne, en 1453, les Français ont encore craint des attaques anglaises jusqu’au règne de François 1er, et les côtes normandes sont restées longtemps dépeuplées. La Normandie et l’Ile de France présentent des campagnes vides, des villes surpeuplées de réfugiés. Partout on voit des villages abandonnés, mais les désertions sont rarement définitives (sauf en Alsace), et l’auvergne, le Quercy, la Haute Provence et elle reste du royaume, réunifié sous la bannière de Charles VII, vont se repeupler à partir des années 1450. la reprise démographique, aussi vaste que rapide, est liée au retour progressif de la paix et de la sécurité ; cependant, elle tarde un peu en Bretagne et en Normandie.

Une population nombreuse et active a toujours été source de richesse. Le repeuplement des campagnes des organisé par les seigneurs qui veulent restaurer leurs revenus féodaux entamés par un siècle de dévastations. Le plus souvent les habitants qui ont fui leur village y reviennent aussitôt le danger passé, et ce retour suffit à remettre en culture les régions les moins ruinées par la guerre. Pour les autres, il a fallu accélérer la remise en valeur des terres, en encourageant l’implantation de « forains » originaires de paroisses, voire de diocèses plus éloignés. Le Bordelais, le Périgord, le Quercy, la Provence, la région parisienne étaient très appauvris, mais pas forcément pauvres, et les plaines et vallées fertiles de ces régions ont, surtout entre 1470 et 1490, et entre 1520 et 1550, vite attiré les « étrangers », et même les vrais étrangers : ainsi en 1478, des colons italiens viennent remettre en culture des terres provençales laissées en friche depuis ¾ de siècle.

 Presque partout, entre 1450 et 1560, la population a au moins doublé, parfois triplé, et retrouvé son niveau du début du 14ème siècle. Les terres fertiles ont été remises en valeur plus vite que les autres, et si le relèvement est rapide et dense dans la région parisienne, il l’est plus encore dans les régions du Midi. Les villes étant plus sûres et plus sécurisantes que les campagnes, leur repeuplement a recommencé avant même la fin de la guerre de Cent Ans. Les autorités elles-mêmes encouragent ce repeuplement ; le duc de Bretagne incite des Normands à s’installer à Nantes, le roi Charles VII favorise le paris-237x300 dans AUX SIECLES DERNIERSretour au pays des Normands réfugiés à Paris, à Orléans et à La Rochelle. Les consuls de Périgueux attirent des Limousins et des Béarnais, ceux de Montpellier accordent des avantages fiscaux aux « étrangers », les échevins de Poitiers modifient les statuts des métiers pour faire venir des artisans « étrangers ». De nombreux artisans affluent aussi à Bordeaux, à Chartres, à Périgueux, à Arles, et parmi eux, les plus mobiles sont ceux du bâtiment et des métaux. Vers 1500, en 30 et 50 % des habitants d’Arles, de Colmar et de Strasbourg… étaient d’origine extérieure. Orléans, Strasbourg, Toulouse, Narbonne, Bordeaux, dépassent 20 000 habitants, Rouen et Lyon 40 000, Paris à retrouvé son niveau du début du 14ème siècle.

Dans l’état actuel de nos connaissances, les régions de départ semblent être à la fois défavorisées par le nature (relief, climat ou sols) et très peuplées : Bretagne, Perche, Saintonge, Limousin, Auvergne, Rouergue, Béarn, Alpes du sud, Lyonnais et Beaujolais. Ainsi, on retrouve des Limousins dans le Bassin parisien, en Basse Normandie (Dieppe en particulier), en Basse Auvergne, en Berry, en Quercy, en Guyenne, en Périgord. Les Auvergnats s’installent en majorité vers le sud languedocien, les marges occidentales du Quercy, du Périgord et de l’Albigeois, mais aussi vers l’Iles de France. Autre pays à la fois pauvre, fécond et donc très peuplé, la Bretagne envoie aussi ses émigrants en Poitou, dans le Périgord, dans le Bordelais et en Ile de France. On retrouve, certes, des béarnais à Toulouse, à Bordeaux et à Périgueux, mais également à Compiègne. Des Agennais sont partis vers l’attractive Espagne. Ces émigrations ont été plus définitives que celles des Normands, causées par la conquête anglaise et les exils plus ou moins forcés dûs à cette occupation mal tolérée ; cependant, certains Normands sont restés dans leurs villes de refuge. Ainsi, on repère des drapiers de Caen à Rennes, en Anjou, en Touraine, en Saintonge, en Poitou et en Limousin. Ces réfugiés normands ont développé la draperie en Bretagne, le travail du cuir 0 Poitiers et du cuivre à Saint Léonard de Noblat.

 Les régions d’accueil sont celles qui ont été les plus dévastées et les plus dépeuplées pendant les guerres. Par exemple, l’Entre Deux Mers, à l’est de Bordeaux, voit s’installer des Auvergnats, des périgourdins, des Limousins, des Bretons, des basques et des Espagnols. Généralement pour s’installer en aval.

 En résumé, l’Entre Deux Mers a reçu ses immigrants de Bretagne, de Saintonge, d’Armagnac et du Périgord : le Périgord, des mêmes régions plus du Limousin, du Pays basque et du Béarn ; le Quercy, du Massif Central : le Languedoc, du Rouergue et du Gévaudan (Lozère). La région lyonnaise a recruté en Forez, en Narbonnais, en Berry, en Bresse et dans le Jura. L’Ile de France a draîné les immigrants venus des confins de la Bretagne et de l’Anjou, de l’Auvergne, de la Bourgogne, de la Picardie. La Normandie s’est repeuplée avec des habitants originaires de Paris, d’Orléans, de Bourges, de Nantes, Angers et même de Lyon.

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Mouvements migratoires de l’an mille à la Renaissance

Posté par francesca7 le 27 mars 2013

 

Mouvements migratoires de l'an mille à la Renaissance dans AUX SIECLES DERNIERS plan-terrier-251x300Entre l’an mille et la Renaissance, les sources sont un peu moins rares : polyptyques (inventaires des biens ecclésiastiques), pouillés (inventaires de paroisses), généalogies, listes des chefs de famille imposables, compoix (comptes des tailles), cadastres locaux, études des prix agricoles et de l’extension des terres cultivées, sont largement utilisables. Pourtant, les recensements sont rarissimes et, pour les listes des feux (foyers), il est difficile de différencier le nombre de chefs de famille de celui des habitants. Les statistiques restent ponctuelles dans le temps et l’espace, et les chiffres toujours approximatifs. Rien ne peut être évalué avec précision.

Entre le 11ème et le 14ème siècle, on constate un essor démographique général, bien qu’inégal selon les régions et les périodes. Les seigneurs laïques ou ecclésiastiques, maîtres du sol, et les paysans, leurs utilisateurs, ont le même intérêt et la même attitude ; pour cultiver davantage, il faut défricher, peupler les plateaux (Picardie, Normandie, Bourgogne, Auvergne), fonder des villages nouveaux, des bourgs. L’Aquitaine se couvre de sauvetés, de 300 bastides et castelnaux (Mirande, Villefranche de Rouergue, Libourne) ; le Bassin parisien de Granges et de Villeneuves. La densité est forte dans les régions littorales (les incursions normandes et sarrasines sont terminées), céréalières et viticoles.

 A partir du 12ème siècle, les villes anciennes s’accroissent, des villes nouvelles naissent (Montpellier en 985, Lille en 1065, La Rochelle en 1130) et se peuplent d’immigrants venus des régions voisines, voire plus éloignées ; les surnoms d’origines des nouveaux venus deviennent leurs patronymes et indiquent leur provenance : Le Breton, Picard, De Soissons, L’Anglais, Catalaun.. Si Lyon compte beaucoup de « Lombards » en fait originaires du Pémont et de la Toscane (Florence, Sienne, Pistoie), d’Anglois, d’Allemands, de Provençaux, de Parisiens, de Genevois et de Jurassiens, c’est qu’elle est située sur la principale route commerciale de l’Europe, celle qui relie l’Italie du nord à la Flandre. Cette route passe aussi par la Campagne, dont les foires attirent, tous le sans, des milliers de drapiers flamands, de marchands de fourrures scandinaves venus d’Allemagne, et de négociants en cuirs venus d’Espagne, leurs principaux clients étant les Italiens qui leur vendent des épices et des plantes tinctoriales. Elle intéresse notamment les Siennois, pour les facilités de change et la banque.

 La deuxième route commerciale relie l’Espagne à la Flandre et favorise le développement de l’immigration vers Toulouse, Bordeaux, Périgueux. Limoges et Paris, qui a sa propre foire annuelle : le lendit. Quelques Chartrains sont nés de Bretagne ; des habitants d’Arras sont venus d’Espagne, de Gad, de Bruges, de Pavie et même de Messine ; des « Lombards » d’Asti et de Chieri, et des Cahorcins vivent à Mets, grande place financière. Des italiens, des Aragonais et des Anglais habitent à Périgueux ; des Catalans, des Aragonais et des Provençaux sont à Narbonne ; des Catalans à Carcassonne ; des Espagnol à Toulouse.

 Du 12ème siècle à la fin du 13ème siècle, Paris passe de 50 000 à 80 000 habitants et compte : des Normands, des Bourguignons, des Bretons, des Flamands et aussi des Italiens (tous appelés « Lombards »), ainsi que des Anglais, des Allemands et des Espagnols.

 Au début du 14ème siècle, Paris affiche 200 000 habitants, comme Venise : Nantes, Bordeaux, Narbonne environ 30 000 ; Metz 25 000 et Lyon 20 000. La France, avec 16 millions d’âmes dépasse de loin l’Italie (8 millions) et l’Angleterre (3 millions), mais les grandes calamités des années 1340-1450, vont entraîner un déclin démographique considérable. La peste noire, commencée en 1348, récidive très souvent et rue en un siècle entre 1/8 et 1/3 de la population, selon les endroits. Les famines et disettes, qui ont repris dès  1315, font d’autant plus de ravages que la France entière est dévastée par les soldats et les brigands de la « guerre de Cent Ans ».

 Entre 1346 et 1376, les chevauchées du roi anglais Edouard III, de ses enfants, le Prince Noir et le duc de Lancaster, déciment la Picardie, l’Artois, le Poitou, l’Aquitaine mais, surtout, la Normandie et l’Ile de France ; Au début du 15ème  siècle, l’expédition du roi Henry V dévaste tout le sud-ouest. Les grandes compagnies de « routiers » et autres « écorcheurs », qui sont en fait des gens d’armes débauchés par les trêves, et déserteurs en mal de pillages (d’origine anglaise, écossaise, allemande, gasconne, navarraise, espagnole et même française), ont saccagé l’Auvergne, le Midi et la Provence, jusque là encore épargnée par le conflit franco-anglais. Puis, ce sont les guerres contre la Bourgogne et la Bretagne.

 Outre le fait que ces étrangers ont dû laisser quelques enfants après leur passage, ils ont contraint de nombreuses populations à fuir ville set villages. A partir de 1419, il y a même eu des migrations forcées ; ainsi, Henry V a expulsé, entre 1415 et 1419, les habitants de Harfleur, Caen, Cherbourg, Honfleur et Rouen, qui se sont réfugiés dans les villages voisins, dans les ville bretonnes (Vitré, Fougères, Dinan, Dol, Rennes, Nantes et même Poitiers), afin d’implanter des anglais dans les maisons vacantes. La tentative échoua et, à part Harfleur, les ports normands ne reçurent que très peu d’Anglais. 

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Les Bateaux-Lavoirs

Posté par francesca7 le 26 mars 2013

Le 3 février 1851 : instauration
des bateaux-lavoirs à Paris

Instauration des bateaux-lavoirs à Paris. Les lavandières étant réputées de moeurs légères, nombreux étaient les hommes en quête d’aventures et venant troubler leur travail le long des cours d’eau.

Pour enrayer cette prostitution, on créer des endroits où elles pourraient laver en toute tranquillité. Dans les faits, un seul bateau-lavoir fut construit, à Montmartre. Détourné de son objectif initial, les lavandières le fréquentant peu, il devint le rendez-vous des peintres et des artistes de la Belle Epoque.

Les Bateaux-Lavoirs dans LAVOIRS DE FRANCE bateau_lavoir--300x193Le Bateau-Lavoir est un immeuble situé dans le quartier Montmartre dans le 18e arrondissement de Paris. Il est principalement connu pour avoir été, depuis 1904, une cité d’artistes, lieu de résidence et de réunion de nombreux artistes peintres, mais aussi de gens de lettres, de gens de théâtre et de marchands d’art. Un incendie l’ayant gravement endommagé en mai 1970 (il n’en restait que la façade), il a été entièrement reconstruit en 1978. Il comporte 25 ateliers d’artistes étrangers.

Histoire

Au numéro 13 de la place Émile-Goudeau (autrefois place Ravignan) et de la rue Ravignan, une maison remplace vers 1860 la guinguette du Poirier-sans-Pareil qui avait dû fermer vers 1830 suite à un affaissement de terrain. Construite en grande partie en brique et en bois sur le flanc d’une carrière éboulée, son rez-de-chaussée (aucun étage en façade avant) situé au numéro 13, correspond au deuxième étage de sa façade arrière, la dénivellation de terrain commandant la distribution intérieure originale. Elle est compartimentée en petits logements d’une pièce répartis de chaque côté d’un couloir rappelant les coursives d’un paquebot. Ce serait l’origine du nom de Bateau. Pour Lavoir ce nom ne lui aurait été donné que par ironie par Max Jacob, la maison ne comportant qu’un unique poste d’eau. En 1889, le propriétaire fait appel à un architecte pour la transformer en ateliers d’artistes dont la majorité donnait sur l’arrière. Avant de prendre le surnom de Bateau-Lavoir on l’appelait la Maison du Trappeur.

Le premier artiste à s’y installer en 1892 est le peintre Maxime Maufra, de retour d’un séjour en Bretagne. L’endroit devient rapidement un lieu de rencontre, où l’on remarque notamment la présence de Paul Gauguin. Entre 1900 et 1904, l’endroit est occupé par deux groupes d’artistes, des Italiens dont le plus célèbre est Ardengo Soffici et desEspagnols regroupés autour de Paco Durrio. Puis Picasso arrive en 1904 (il y demeure jusqu’en 1909 et y garde un atelier jusqu’en 1912). Sa période bleue étant terminée, il entame les tableaux de la période rose qui prend fin en 1907. En 1907 sa toile Les Demoiselles d’Avignon y est dévoilée marquant le début du cubisme. À cette époque les habitants se nomment Kees van Dongen, Juan batteaux-lavoirs1-300x176 dans LAVOIRS DE FRANCEGris, Constantin Brancusi, Modigliani, Pierre Mac Orlan, Max Jacob. En 1908 le Douanier Rousseau y est accueilli par un mémorable banquet. Le Bateau-Lavoir perd de son animation à partir de la Première Guerre mondiale au profit du quartier de Montparnasse et de La Ruche, son équivalent de la rive gauche. La maison fut aussi surnommée la Villa Médicis de la peinture moderne (par analogie avec la villa Médicis à Rome).

Inscription aux monuments historiques de la partie non incendiée monuments historiques le 31 mai 1965.

Parmi les nombreuses personnes ayant fréquenté l’endroit, on peut citer : Amedeo Modigliani, Henri Matisse, Georges Braque, Fernand Léger, André Derain, Raoul Dufy, Maurice Utrillo, Jean Metzinger, Louis Marcoussis, Guillaume Apollinaire, Edmond-Marie Poullain, Alfred Jarry, Jean Cocteau, Raymond Radiguet, Gertrude Stein, Charles Dullin, Harry Baur, Ambroise Vollard, Daniel-Henry Kahnweiler, Berthe Weill,Jacques Gaston Emile Vaillant, Robert Tatin, Maurice Denis, Kees van Dongen, Endre Rozsda, Ksenia Milicevic, Pierre Mac Orlan, Marie Laurencin, Pablo Picasso, Gen Paul, etc.

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Le Moulin des Lavoirs

Posté par francesca7 le 26 mars 2013

 …. à Saint-Florent sur Cher

Saint-Florent-sur-Cher (18-Le Cher) est une ville qui existe depuis la période gallo-romaine (« vicus aureus », le village doré, puis Bourg-Doré). Le premier monument construit fut l’église paroissiale au 11e siècle. Au 13e siècle s’est installée une seigneurie connue, dépendant directement de la grosse tour de Bourges. Le château servait de centre de contrôle du travail des mariniers et des flotteurs de la Marine Royale pour lesquels deux ports furent construits de chaque côté du pont. Des liens avec les villages voisins se créent grâce à la création d’une route entre Bourges et Saint-Florent en 1803, d’un nouveau pont en 1832, d’un viaduc en 1892 et l’arrivée du chemin de fer en 1893.

Avant 1790, il y avait à Saint-Florent des moulins banaux.

Le moulin de La Chaise, dont il est fait mention dans des actes administratifs de 1713 et 1775, appartenait au Seigneur du Coudray, et était situé sur le bras gauche du Cher. Il a été détruit en 1800.

Le moulin des lavoirs appartenait à la paroisse de Saint-Caprais. C’était une grande minoterie, dont les appareils étaient mis en mouvement par une  turbine hydraulique d’une puissance de 35 à 40 chevaux-vapeur. Ils se composaient de cinq paires de cylindres cannelés pour le broyage du froment, de huit paires pour le convertissage de semoule et gruau, enfin, de huit bluteries (sorte de tamis servant à séparer la farine du son) et d’un sasseur (filtre).

L’usine fabriquait en 24 heures entre 70 et 80 quintaux de farines fines.

Georges Vrinat fut le dernier minotier propriétaire de ce  moulin à froment. En avril 1936, Mr Baudin y installa la Société Centrale d’Oxygène (soudure, puis protection de surface par cadmiage et polissage).

Le moulin brûla en juillet 1960.

Le Moulin des Lavoirs dans LAVOIRS DE FRANCE le-moulin-300x196

LE HAUT FOURNEAU DES LAVOIRS : Témoin de la métallurgie en Berry

Construit en 1842, le haut fourneau des Lavoirs s’inscrit dans la longue tradition de la métallurgie berrichonne, qui remonte à l’Antiquité. Le Berry fut, en effet, une grande région productrice de fonte et d’un fer réputé.

Dans la période 1830-1850, pour répondre à une demande croissante (notamment pour les chemins de fer), des industriels installent des fourneaux, forges et fonderies afin de produire rapidement : fonte, fer et divers objets, et machines. C’est ainsi qu’en 1942, Le Marquis de Travan et demande l’autorisation d’établir un haut fourneau sur sa propriété des lavoirs à Saint-Florent. La force motrice sera l’eau, prise grâce à une dérivation du Cher dans la retenue du moulin des lavoirs. Il est prévu de produire annuellement de 2000 à 2500 tonnes de fonte. Le minerai provient des minières des bords du Cher à raison de 3000 à 4000 m3 par an. Le combustible utilisé sera le coke de Commentry à raison de 8000 m3 par an.

Œuvre du célèbre ingénieur Walter de Saint Ange, le haut fourneau des lavoirs constitue le type achevé d’une nouvelle génération de fourneaux lentement élaboré entre le milieu du XVIIe siècle et la décennie 1820. Au milieu du 19ème siècle, la crise économique va sonner le glas des usines métallurgiques de Rosières et des Lavoirs. Le site des Lavoirs cesse son activité en 1862.

Il nous reste aujourd’hui un bel ensemble bien conservé, qui a été inscrit aux monuments historiques le 31 août 1992. Outre le haut fourneau complet, le site comprend,  le canal de dérivation du Cher amenant l’eau, qui actionnait la roue de la soufflerie, les vestiges de l’ancienne chambre de la machine à vapeur, les chambres des soufflets et la halle de coulée, la maison du régisseur et les logements ouvriers. Enfin, il faut imaginer, sur la hauteur dominant la route départementale,  une halle à charbon (détruite aujourd’hui) ainsi qu’une  rampe d’accès au fourneau.

 

LAVANDIERE de St Florentin sur Cher   : Depuis les temps les plus reculés, le lavage domestique du linge fut une activité dévolue à la femme. Dès le 13ème siècle, la lessive du gros linge est en usage une fois, voire deux ou trois fois l’an. A côté de ces temps forts, il y a, pour le petit linge, le fameux jour de lessive.

Très tôt le matin, les lavandières se rendaient sur les bords du Cher, au lavoir du château, avec leur brouette lourdement chargée : baquet, battoir, brosse, savon et corbeille de linge sale. Une fois agenouillées dans  leur cabasson garni de paille, le travail pouvait commencer.

On lavait le linge au savon de Marseille, aux cristaux de soude ou à l’eau de javel, on le frappait énergiquement avec un battoir pour en extraire la lessive, on le frottait avec une brosse en chiendent, on le rinçait dans l’eau claire, puis on l’égouttait avant de l’essorer. Les lavandières étaient généralement des matrones aux épaules voûtées, aux reins brisés par la génuflexion prolongée, aux bras broyés par le brossage et la manipulation des grosses pièces, des draps lourds et humides, aux mains et aux genoux gelés, crevassés par les hivers rigoureux et l’eau glacée, les doigts déformés par l’arthrite. 

lavendieres dans LAVOIRS DE FRANCE

Le lavoir était cependant le lieu privilégié des rencontres féminines, un peu comme le café pour les hommes. Les nouvelles du village circulaient vite et les langues allaient bon train et souvent les chants résonnaient pour se donner de l’ardeur à l’ouvrage. S’il est vrai que le travail était harassant et les techniques utilisées fastidieuses, il  faut convenir aussi que c’était un monde où l’on s’entraidait et où la solidarité avait vraiment un sens.

Les lavoirs évoquent, de nos jours, une activité révolue. A partir des années 1950, l’arrivée de l’eau sur les éviers, puis l’apparition de la machine à laver le linge, sonneront la fin de cette dure besogne.

Les lavandières n’existent plus, mais leur histoire demeure.

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Histoire de l’Adour

Posté par francesca7 le 26 mars 2013

Histoire de l'Adour dans COURS d'EAU-RIVIERES de France ladour-300x199Les rives de l’Adour ont servi d’abri aux hommes préhistoriques ; puis se sont développées les activités propres aux fleuves : pêche, moulins, ports…L’Adour à ses origines, remontait jusqu’à Capbreton pour trouver un passage vers l’Océan  Atlantique. Au milieu du XIVè siècle, cet estuaire fut bouché, l’embouchure du fleuve remonta alors vers le Nord, jusqu’à Port d’Albret. Mais Bayonne n’avait plus de port. Au XVI siècle la dune fut brisée dans le cadre des travaux menés par l’ingénieur Louis de Foix, qui ramena l’embouchure à Anglet: le cours de l’Adour fut ainsi raccourci de 30 km.

Tout le long de la côte, jusqu’au Vieux Boucau, il subsiste un réseau de lacs.

L’Adour entretenait une forte activité de transport de marchandises sur galupes (gabarres landaises), permettant d’écouler la production de l’intérieur du Sud-Ouest et notamment les vins des vignobles gascons. Cette activité perdura jusqu’à l’orée du xxe siècle où elle s’inclina devant l’arrivée du train, plus rapide et plus économique. Les quatre principaux ports de l’Adour étaient, par ordre décroissant de tonnage réalisé :

  • Mugron
  • Saint-Sever
  • Hinx
  • Dax

À cela, il convient d’ajouter le trafic en provenance du port de Mont-de-Marsan, empruntant la Midouze avant de rejoindre l’Adour à hauteur de Tartas.

Aujourd’hui encore, l’Adour sert de vecteur d’exportation de certaines productions locales comme le maïs.

L’Adour est un fleuve du bassin aquitain dans le sud-ouest de la France, classé site Natura 2000 (SIC/pSIC). D’une longueur de 335 km, il prend sa source dans le massif pyrénéen du Pic du Midi de Bigorre, au col du Tourmalet (Hautes-Pyrénées – 65) et se jette dans l’océan Atlantique après Bayonne, à Tarnos (Landes) pour la rive droite et Anglet (Pyrénées-Atlantiques – 64 Basses Pyrénées) pour la rive gauche.

En gascon, adour (terme ancien) signifie « source », « cours d’eau » et adourgà ou adorgar signifie « irriguer ». Le mot adur s’est spécialisé en basque dans le sens de ‘destin’, « onde magique » (sens présumé de « humeur »).

Adour, en basque Aturri, en latin Aturrus, est un nom de rivière pré-latin peut-être apparenté aux mots basque iturri « source » et languedocien teron « fontaine ». On lui doit les noms de  rivières Eure (Atura), Aar (Arura), Arroux (Aturauos), Arve (Aturaua), Orne (Otorna),Ourcq (Aturicos) ou de ville espagnoles : Tarazona (< Turiasso; Aragon), Tossa de Mar (< Turissa; Catalogne), Túria (Aragon, Valence), etc. sans oublier Aire-sur-l’Adour (Atura, du nom au fleuve).

 

Au xive siècle, le chroniqueur Jean Froissart mentionnait l’Adour en ces termes « la belle rivière de Lisse qui court tout au milieu de Tarbes » .

C’est une lutte de plusieurs siècles que se sont livrés gens de Bayonne, de Cabreton et de Port d’Albret (Vieux Boucau), pour faire de l’Adour leur fleuve. 

Longtemps c’est Capbreton qui est le port au débouché du fleuve sur l’Océan, et c’est par là qu’en 930, les Vikings ont envahi les Landes. C’est de là que partent les pêcheurs à la recherche des baleines, près des côtes tout d’abord, puis en Islande et jusqu’au Canada et Terre Neuve, lorsqu’elles se raréfient. Bayonne est alors en pleine prospérité. Grâce à sa situation privilégiée de port intérieur, aux eaux calmes et profondes à quelques kilomètres de l’embouchure, la vie économique y est florissante. 

Mais vers 1310, des événements climatiques catastrophiques vont tout bouleverser. Tempêtes, pluies diluviennes incessantes, montagnes de sables déplacées et qui finissent par boucher l’exutoire de l’Adour dont les eaux gonflent et inondent Bayonne … une situation critique ! 


C’est alors que la force des eaux du fleuve déchaîné ouvre une brèche vers la dépression d’Hossegor. Le flot puissant rejoint l’exutoire du lac de Soustons, et finit sa course vers l’Océan au Plug de Messanges. Une nouvelle embouchure s’est créée. Bayonnais et Capbretonnais sont soulagés, mais très vite la situation portuaire des deux cités s’avère catastrophique. L’étroit exutoire qui demeure à Capbreton, est souvent impraticable et le trafic vers Bayonne est très aléatoire. Le chenal vers la mer se modifie au gré des intempéries qui le détériorent (éboulement des rives, ensablement, …), et les gros navires ne peuvent plus l’emprunter. 

 

L’Adour se forme dans la vallée de Campan en Haute-Bigorre de la réunion de trois torrents :

  • l’Adour de Payolle, du massif de l’Arbizon (2 831 m),
  • l’Adour de Gripp, du massif du pic du Midi de Bigorre (2 877 m)
  • l’Adour de Lesponne, du massif de Lascours (2 488 m),

L’Adour s’écoule vers le nord sur près d’une centaine de kilomètres à travers les Hautes-Pyrénées jusqu’au département du Gers. Là, il s’oriente vers l’ouest, contournant le vignoble de Madiran, et rejoint le département des Landes où il sépare les coteaux prépyrénéens deChalosse (au sud) des Landes de Gascogne (au nord).

Il est rejoint à Port-de-Lanne par les Gaves réunis, de débit supérieur, qui apportent les eaux du Lavedan, du Haut-Béarn et de Soule. Puis il se jette dans l’océan Atlantique entre les Pyrénées-Atlantiques (Anglet) et les Landes (Tarnos).

Autrefois, l’Adour se terminait par un delta correspondant au Maremne, autour de son estuaire principal de Capbreton. Son exutoire actuel dans l’Atlantique, à hauteur d’Anglet, lui a été donné en 1578.

Extrait du récit d’un amoureux de l’Adour   

L’Adour est un des rares fleuves européens à posséder encore des frayères à saumons (Salmo salar).

Dans un lointain passé géologique, l’Adour a creusé une profonde vallée, aujourd’hui sous-marine. À 35 km au large, l’entaille atteint 1 000 à 1 500 mètres de profondeur : c’est le Gouf de Capbreton, qui ne se résorbe dans la grande déclivité océanique qu’à 50 km de la côte.

Qui connaît Lafitole, butte de molasse isolée, léchée par le fleuve, dont le château – disparu – était nommé « lanterne de Bigorre » ? Ce belvédère, haut de cinquante mètres, ne porte plus que quelques maisons et une église quelconque, mais le panorama sur les brumes du matin ou les couleurs tranchées des champs et des bois n’a que de lointaines limites ; le fleuve s’y devine en larmes argentées dans une gangue verte.

ladour2-300x218 dans COURS d'EAU-RIVIERES de FrancePassé de la Bigorre à l’Armagnac, l’Adour freine son cours, calcule ses premiers méandres véritables, forme des îles et des bras morts, les « noues ». Les rives ne sont plus tout à fait sûres. Mais il y a encore des passages plus rapides sur des « radiers » où les eaux se frottent aux cailloux dans un bruit continu de crécelle. Les poissons se multiplient en quantité et en nombre d’espèces. Les brochets n’arrivent pas à venir à bout des populations d’ablettes et de vairons ; gardons, carpes, barbeaux pullulent. Les truites finissent par renoncer. Sur les coteaux, la vigne est plus insistante.

On dit parfois que Bigourdans et Armagnacs auraient adopté le nom de « Val d’Adour » pour désigner cette vallée opulente. On peut en douter. Les solides ruraux qui peuplent les villages ancrés dans ce val utilisent toujours le nom de « Rivière » pour désigner leur terroir. Cinq communes sont ainsi baptisées. Le val est un rêve, la rivière une réalité.

A Aire-sur-l’Adour, le fleuve entre dans le département des Landes ; il est large, profond, dessine des contours plus amples et plus repliés, mais jamais son intérêt piscicole ne faiblit, et les « gros », tels la carpe, la brème et le mulet, appelé « muge », défieront les pêcheurs jusqu’au bout. Le fouillis des bois sur les rives s’accroît encore, tandis que villages et maisons s’éloignent des terrains saturés d’eau, les « barthes », qui occupent le fond de la vallée, plus ou moins bien protégées par des digues à l’approche de la mer.

Partout, l’Adour a l’âme généreuse. Les terres qu’il traverse, dans des paysages plantureux, ont la fécondité qu’apportent le soleil et l’eau. Sa vallée est celle de toutes les nourritures terrestres. Le maïs, plus ancien et plus beau ici qu’ailleurs, côtoie des prairies, des jardins, des vergers. Les oies comme les canards, gavés de grains dorés, apportent des promesses de foie gras.

La vigne est présente de Tarbes à Urt ; de Belloc à Larrivière, elle invente de somptueux crus de terroir : Madiran, Pacherenc-du-Vicbilh, Côtes-de-Saint-Mont, tandis que la traversée du Gers coïncide avec celle de l’Armagnac, qui distille dans ses alambics de cuivre une eau-de-vie de « premier jet », plus fréquemment qu’une eau-de-vie « à repasse », distillée deux fois, comme le cognac. Ici, contre toute attente, le bas Armagnac a plus de réputation que le haut, et s’écrit avec orgueil sur les étiquettes.

Tout au long de son cours, l’Adour est ainsi une provocation permanente à mépriser les régimes diététiques et les mises en garde sur les « abus dangereux ». Mais le remède est à côté du mal, dans les eaux de Bagnères-de-Bigorre, au pied de la montagne, et de Dax, où vient mourir la marée.

L’Adour ressemble à l’amour : passionné, généreux, toujours tentateur… et quelque peu médecin.

Les 28 et 29 octobre 1978, une centaine de scientifiques et d’accompagnants se réunissaient le plus sérieusement du monde à Bayonne en un congrès organisé par la ville de Bayonne et la Société des sciences, Lettres et Arts de cette cité, à propos d’un thème tout à fait inédit : le IVe centenaire du détournement de l’Adour…

Ceux qui connaissent la célèbre et très sonore chanson gasconne « Si la Garonne avait voulu, lanturlu ! » (si elle avait voulu à Toulouse ne pas se détourner vers Bordeaux !) pouvaient penser un instant à un canular de même calibre concernant l’Adour. Mais pas du tout : le thème était sérieux et très valable, car il fut constaté que des intéressés arrivèrent de tous les coins de France et aussi de l’étranger pour commémorer l’événement en question qui s’était déroulé à Bayonne quatre siècles auparavant, le 25 octobre 1578 très exactement.

Le « détournement » par Louis de Foix en 1578

On retrouvera l’ingénieur un peu plus tard dans la région, attachant son nom à la construction du très beau phare de Cordouan planté hardiment à 63 m de hauteur sur le rocher de même nom au large de l’estuaire de la Gironde, et dont l’édification traînera pendant vingt-six années, de 1584 à 1610…

Depuis : 400 ans de problèmes avec la « barre de l’Adour »
Mais le cadeau de Louis de FOIX aux Bayonnais en 1578 se révélera un peu empoisonné, Car à la nouvelle embouchure (le nouveau BOUCAU) il y a l’Atlantique… et il y a le sable ! Le fleuve dériva d’abord à l’intérieur de son nouvel estuaire : vers le sud de la côte d’Anglet, pour former près de la chambre d’Amour plusieurs passes sinueuses, et très vite il y eut formation d’un maudit banc de sable, véritable haut fond en plein travers de l’estuaire lui même : la « barre de l’Adour ».

De siècle en siècle pendant 400 ans, il fallut procéder à des endiguements de plus en plus rallongés, toujours pour chercher à resserrer le fleuve entre les deux rives en repoussant l’envahissement latéral des sables, le but étant de concentrer l’effet de chasse d’eau produit par le jusant. Mais chaque fois qu’on allonge les digues, la barre se recule d’autant, et elle est toujours là !

Article à lire en son entier sur le site d’origine  

Dans l’Adour, on trouve encore tous les migrateurs sauf l’esturgeon (disparu pour cause d’extraction massive, et de surpêche) : Saumon, Anguille, Grande Alose, Alose feinte, Truite de mer, Lamproie fluviatile, Lamproie marine.

1. Les aloses sont très présentes sur l’Adour jusqu’à Saint-Maurice (où se situe un obstacle infranchissable), et dans les Gaves.

2. L’anguille : sa population subit un très fort déclin dans la majeur partie de l’Europe depuis une vingtaine d’années, essentiellement à cause des atteintes portées à ses milieux de vie continentaux.

3. La lamproie est présente sur le bassin, mais on manque encore de connaissances sur l’évolution de sa population.

4. Le saumon est une espèce emblématique de ce bassin : on le trouve dans les bassins des gaves (Oloron, Pau) et de la Nive, mais pas dans l’Adour même. Les efforts engagés depuis 1999 pour la reconstitution de ce stock (réduction de la pêche au filet et à la ligne, alevinage), combinés à l’amélioration de circulation (passes à poissons) donnent des résultats encourageants : le saumon colonise de meilleures zones de frayères, sur les parties amont, et les productions de juvéniles atteignent des niveaux très supérieurs à ceux des quinze dernières années.

La diminution générale de la faune piscicole s’explique par plusieurs facteurs :

- la dégradation générale du milieu

- les nombreux obstacles tels que les barrages hydroélectriques, les seuils et les barrages de soutien d’étiage

- les extractions qui ont conduit à la destruction des zones de frai et de grossissement, notamment celle des esturgeons

- la mauvaise qualité de l’eau, notamment à l’aval de la Midouze, qui constitue un obstacle à la migration piscicole

- les prélèvements d’eau pour l’irrigation

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L’Art Bourguignon

Posté par francesca7 le 25 mars 2013

 

Carrefour de première importance, la région a connu depuis la plus haute Antiquité les migrations de peuples et subi l’influence de civilisations diverses. Sous le règne du monachisme, l’art roman fleurit autour de Cluny et de Cîteaux comme nulle part ailleurs. Une autre période très riche sur le plan de la création artistique est celle du gothique tardif déployé à la cour des grands ducs. Philippe le hardi puis Philippe le Bon sont les mécènes d’une pléiade de peintres, sculpteurs, musiciens, originaires pour la plupart des « Pays Bas » du duché. A propos de ces artistes, on a parlé d’une école bourguignonne.

L’art gallo-romain

La capitale éduenne, Bibracte  , rassemblait de nombreux artisans qui excellaient dans le travail du bois, de la céramique et de métaux comme le fer, le bronze puis l’argent. Des sanctuaires votif, souvent en bois, jalonnaient le les grandes voies de communication. Vers 5 avant Jésus-Christ, Auguste décide de construire un nouveau chef-lieu selon les principes romains : plan orthogonal, axes routiers. Ce transfert est un succès et Augustodunum (Autun) devient une ville phare au niveau culturel. D’autres cités comme Alésia, Mâlain, Entrains se développent sur les sites où l’artisanat  prospère. Il faudra attendre le 2ème siècle pour qu’apparaissent les premiers éléments (castrum de Divio) de la future capitale, Dijon.

La nouveauté apportée par les Romains est le travail de la pierre, dont les monuments culturels sont les premiers champs d’application. Beaucoup mieux conservés que les sculptures en bois, ils nous permettent aujourd’hui d’apprécier l’art de la période gallo-romaine. L’examen des styles ou des sanctuaires est révélateur des différents degrés de romanisation dans les grandes villes, l’influence de Rome est assez hégémonique et de nombreux temples sont élevés en l’honneur d’Apollon, souvent associé à des divinités indigènes ; dans les campagnes, le panthéon romain parvient plus difficilement à assimiler les dieux celtes, qui résistent bien. Les matres gauloises, divinités de la prospérité et de la fécondité, ressent très vénérées ; les sources sont encore fréquentées par leurs pouvoirs curatifs ; les ex-voto anatomiques en bois y sont progressivement remplacés par d’autres en pierre (belles pièces au musée de Châtillon sur Seine). Une grande importance est donnée aux monuments funéraires et les stèles de plus en plus expressives et réalistes donnent une image fidèle de l’organisation de la société gallo-romaine (riche idée que de visiter les musées de Sens).

L'Art Bourguignon dans Bourgogne rosmerta-dautun

L’influence romaine est également très perceptible dans l’architecture. Les riches propriétaires se font construire des villas à la romaine : la cella gauloise est entourée de portiques, décorée de colonnes et de mosaïques, agrémentée de thermes et de salles chauffées par hypocauste. A l’aube de la culture chrétienne, amorcée à Autun par le martyre de saint Symphorien (tableau d’Ingres dans la cathédrale St Lazare) et accélérée par l’évangélisation énergique de saint Martin, de nouvelles inspirations apparaissent qui vont considérablement changer et marquer l’art de la région.

L’Art Carolingien

Après la période d’éclipse du haut Moyen Age, l’époque carolingienne (8 ème 9ème siècle)   connaît un renouveau de l’architecture faisant la synthèse des styles byzantin, oriental et d’antiquité tardive. Les éléments novateurs sont la crypte annulaire sous le chevet, la crypte-halle aux dimensions d’une véritable église souterraine, le chapiteau cubique. Les plans des édifices religieux sont simples et la construction, faite de pierres grossièrement taillées, rudimentaire. Une partie de l’ancienne crypte de St Bénigne à Dijon, celles de Ste Reine à Flavigny sur Ozerain et de St Germain d’Auxerre en témoignent.

carolingien dans BourgogneLa sculpture s’exprime alors assez maladroitement : deux chapiteaux de la première représentent, sur chaque face, un homme en prière, les mains levées vers le ciel. Travaillée sur place, la pierre témoigne des tâtonnements du sculpteur ; certaines faces sont restées à l’état linéaire. Vestige de la basilique construite au milieu du 8ème siècle, la deuxième conserve quatre fûts de colonnes dont trois semblent être romains et un seul carolingien ; les chapiteaux présentent un décor de feuilles plates, d’une facture très fruste.

A la même époque, fresques et enduits ont été employés dans la décoration. D’admirables fresques représentant avec beaucoup de vivacité la lapidation de saint Etienne ont été mises au jour en 1927. L’attention portée au statut des images distingue de Byzance l’art carolingien, dont l’un des domaines privilégiés est l’enluminure.

 

Le Roman

Bénéficiant de conditions particulièrement favorables à son expansion – villes nombreuses, riches, abbayes, matériaux abondants – l’école romane bourguignonne s’est développée avec une extraordinaire vitalité au 11ème et 12ème  siècle, en particulier dans la région de l’actuelle Saône et Loire (avec environ 300 édifices contre une quarantaine dans l’Yonne et la Côte d’Or).

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L’an mille correspond à un élan nouveau dans le désir de bâtir qu’expliquent la fin des invasions, l’essor de la féodalité et du monachisme, la découverte de nouveaux procédés de construction et… la croissance démographique. Il reste malheureusement très peu de monuments civils ou militaires de l’époque – souvent construits en bois – c’est pourquoi on confond souvent art roman avec art religieux. Parmi les abbés constructeurs d’alors, Guillaume de Volpiano édifia à Dijon, sur l’emplacement du tombeau de saint Bénigne, une nouvelle basilique. Commencée en 1001, elle était consacrée en 1018. Les travaux de décoration furent confiés à un artiste unique, le moine Hunaud. L’abbatiale ayant complètement disparu dès le 12ème siècle par suite d’un incendie, c’est l’église St Vorles de Châtillon sur Seine – profondément modifiée dans les premières années du 11ème siècle par un parent de Guillaume, l’évêque de Langres brun de Roucy – qui permet de définir les caractères de l’art préroman : construction sommaire faite de pierres plates mal assemblées, piliers massifs, décoration très rudimentaire de niches creusées dans les murs et de corniches à bandes lombardes.

D’aucun considèrent que tout l’art roman bourguignon est issu de St Philibert de Tournus, dont le narthex et son étage composent les parties les plus anciennes. On est écrasé par la puissance de cette sobre architecture.

L’école clunisienne

Si l’art roman à ses débuts doit beaucoup aux influences étrangères, méditerranéennes surtout, la période suivante voit avec Cluny le triomphe d’une formule nouvelle, un art opulent dont les caractères vont se répandre à travers toute la Bourgogne et au-delà. Edifiée entre 955 et 981, l’abbatiale dite Cluny II est déjà dotée d’une grande abside originale et d’un chevet à chapelles échelonnées et orientées ,  St Pierre et st Paul – Cluny III – commencée en 1088 et achevée vers 1130, a des dimensions proprement gigantesques, supérieures même à celles des futures cathédrales gothiques.

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En 1247, un religieux italien de passage observait « que l’abbaye de Cluny est le plus noble couvent de moines noirs de l’ordre des Bénédictins de Bourgogne. Les bâtiments en sont si considérables que le pape avec ses cardinaux, toute sa cour, celle du roi et de sa suite peuvent y loger simultanément sans que les religieux en éprouvent aucun dérangement et soient obligés de quitter leur cellule ».

Les vestiges de l’abbatiale, encore impressionnants par leur ampleur, permettent de dégager les caractères généraux de cette « école ». La voûte est en berceau brisé, véritable innovation par rapport au plein cintre, issu de l’époque romaine. Chaque travée comporte un arc doubleau : en diminuant les poussées, les arcs brisés permettent d’alléger les murs et d’élever ainsi les voûtes à une très grande hauteur. Les piliers sont cantonnés de pilastres, cannelés à l’antique ; au-dessus de ces grandes arcades aiguës court un faux triforium où alternent baies et pilastres ; des fenêtres hautes surmontent l’ensemble, alors qu’auparavant la lumière venait des tribunes et des bas-côtés.

Cette ordonnance à trois niveaux, coiffée d’une voûte ogivale en berceau, se retrouve dans de nombreux édifices de la région. L’église de Paray le Monial, elle aussi connue par saint Hugues, apparaît comme une réplique. L’influence clunisienne est manifeste à La Charité sur Loire, autre prieuré dépendant de l’abbaye. A st Lazare d’Autun, consacrée n 1130, on reconnaît le plan clunisien, très simplifié ; cependant, la traduit « romaine » reste présente : par exemple, sur l’arcature du Brionnais, l’élévation de l’église approche celle de Cluny. Au revers de la façade, la tribune en surplomb rappelle la tribune St Michel. Enfin, la collégiale St Andoche de Saulieu est aussi de la famille des grandes églises clunisiennes.

Parmi les églises de village construites sous l’inspiration de Cluny, celles du Brionnais sont remarquables : Bois Ste Marie, Blanot, Monceaux l’Etoile, Varenne l’Arconce, Vareille, Châteauneuf, Charleu, Iguerande. Face à cette école clunisienne, le cas de la basilique de la Madeleine à Vézelay est à part. Construite au début du 12ème siècle, la nef est voûtée d’arêtes alors que jusque là seuls les collatéraux, de faibles dimensions, l’étaient. Les grandes arcades sont surmontées directement par des fenêtres  hautes qui, s’ouvrant dans l’axe de chaque travée, éclairent la nef. Les pilastres sont remplacés par des colonnes engagées, à l’encontre des édifices de type clunisien et les arcs doubleaux, soutenant la voûte restent en plein cintre (peut-être l’église d’Anzy le Duc a-t-elle servi de modèle. Pour rompre la monotonie de cette architecture, on a recours à l’emploi de matériaux polychromes : calcaires de teintes variées, claveaux alternativement blancs et bruns. En tant que lieu de pèlerinage, la basilique est agrémentée d’un chevet à déambulatoire et de chapelles rayonnantes.

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Les Maison de Pays en Bourgogne

Posté par francesca7 le 25 mars 2013


L’architecture rurale, plutôt variée, est déterminée par la nature géologique du terrain et par le climat bien sûr, par l’activité du cru et par la destination des bâtiments.

Architecture du Vignoble

Entourée de constructions aux multiples influences, la demeure du vigneron, assez typique et raffinée, se distingue. Plus qu’une prospérité longtemps aléatoire, c’est l’art de vivre du vigneron qui a contribué à l’élégance d e l’architecture rural de la Côté.

Concentré dans les villages, l’habitat se cache parfois derrière de hauts murs et d’amples portails ; isolé, au milieu des vignes, il s’entoure de bâtiments annexes plus ou moins considérables et de chais séparés (Clos de Vougeot). On distingue trois catégories : la maison du modeste vigneron ne possédant qu’une seule pièce d’habitation « comme soulevées par la cave » (dont les murs épais et la voûte de pierre conservent la fraîcheur et l’humidité) ; celle du vigneron moyen dotée, en plus, d’une écurie ou d’une petite grange appelée « magasin »= ; la maison confortable du gros propriétaire comportant cuveries et celliers, escalier extérieur protégé par un auvent, grange, magasin, écurie. De petits castels flanqués de tourelles rondes ou carrées aux grands toits pentus peuvent être indifféremment des exploitations viticoles ou consacrées à d’autres cultures. Les demeures de maîtres et d’ouvriers vignerons ont une morphologie identique : l’habitation à l’étage est desservie par un escalier de pierre extérieur au-dessus des caves et des celliers. Galeries, porches et auvents sont largement utilisés pour donner des façades ouvertes et aimables.

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 Mosaïques des toitures

Pour l’étranger, l’image visuelle de la Bourgogne se confond avec les toits de l’Hôtel-Dieu de Beaune, de l’hôtel de Vogüé à Dijon, du château de la Rochepot. L’origine de ces tuiles vernissées polychromes, appareillées en motifs géométriques ; lignes brisées, losanges, entrelacs ou chevrons, est mal connue ; sans doute proviendraient-elles d’Europe Centrale via les flandres. Ces toits décorés étaient chargés de messages symboliques, politiques ou religieux, signalant le statut social d’un notable ou la réputation d’une communauté religieuse ou laïque. Les épis de faîtage sont également en terre cuite vernissée, les girouettes travaillées, et des ergots figurent sur les arêtes des toits à pans coupés, en particulier en Côte d’Or.

a l’arrière Côte, c’est-à-dire sur les « Hautes Côtes » où l’on produit à nouveau du vin, les maisons et dépendances, imbriquées étroitement, sont souvent adossées à une pente, au cœur d’un village-rue accroché à flan de coteau, le plus près possible des vignes. On y retrouve une certaine « sobriété » : le logis très réduit, en surélévation au-dessus de la cave peu ou pas enterrée, sous l’escalier de pierre, protégée des variations de température par l’ampleur du palier appelé localement « plafond » ; le « magasin » quelquefois une grange transformée en cuverie où l’on faisait le vin et entreposait les cuves ; le pressoir, surmonté d’un fenil ou étaient engrangés bottes de paille ou outils.

Sur les reliefs, les vastes toits sont recouverts de tuiles plates fabriquées sur le Senonais et dites « tuiles de Bourgogne », au format long et étroit, d’un brun assez foncé. Les moines cisterciens (notamment ceux de Pontigny sui l’extrayaient de leur argilière) en recouvraient les toits de leurs abbayes. Malheureusement, la tuile mécanique d’emboîtement est venue remplacer ce matériau traditionnel.

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En Mâconnais, les murs des maisons de vignerons sont bâtis avec du calcaire, utilisé presque à sec et sans enduit. Une galerie, protégée par l’avancée du toit, prolonge sur l’extérieur l’ancienne salle commune et sert, l’hiver, à vaquer aux occupations domestiques à l’abri de la pluie, l’été, de cuisine ou de salle à manager. N’oublions pas pour clore ce chapitre la charmante caillebotte ou cabotte, une cabane faite de pierre sèche, parois dotée d’une cheminée, qui sert d’abri au cultivateur pour le déjeuner et stocker les outils.

 

En pays calcaire

le calcaire se durcit en surface et fournit un matériau très résistant. La roche du jurassique se clive en moellons très plats et se délite en minces feuilles (« les laves »). Ces dernières sont des chutes de carrières sans valeur marchande, longtemps utilisées par les couvreurs. Dans les lavières, on levait ou « lavait » les croûtes superficielles pour atteindre la pierre à bâtir. Chaque lave pouvait être calée par des cailloux (comme sur l’église d’Ozenay, village du Mâconnais) pour que l’air puisse circuler entre les  pierres, facilitant l’évaporation de l’eau et évitant le gel. Le poids considérable (de 600 à 800 kg au m²) nécessitait de fortes et coûteuses charpentes, ce qui n’empêche pas nombre de lavoirs et de fontaines  d’en disposer.

Dans le châtillonnais, pays de grandes forêts défrichées, les villages, peu nombreux, sont installés dans les clairières ou le long des vallées. La grande exploitation – la « rente » – comprend de vastes bâtiments autour d’une cour centrale fermée par de hauts murs ; les entrées des granges sont généralement surmontées d’arcs surbaissés. La petite exploitation de la fin du 18ème siècle abrite sous le même toit le logement et les bâtiments d’exploitation ; l’entrée de la grange est surmontée d’un linteau de bois. La pièce commune comporte une porte et une fenêtre accolées sur lesquelles s’alignent les ouvertures du fenil ou du grenier qui bénéficient ainsi de la sécheresse assurée par la chaleur sous-jacente du logement. Le banc ou l’escalier de pierre devant la maison est très fréquentent en Basse-Bourgogne.

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Les vignobles de Bourgogne

Posté par francesca7 le 25 mars 2013


Les vignobles de Bourgogne dans Bourgogne vignobles

Avec le bois, on fait aussi les tonneaux (si vous souhaitez les voir se fabriquer, rendez-vous à la tonnellerie Meyrieux à Villers-la Faye, près de Beaune). On dit d’un vin conservant quelque peu le goût du fût qu’il « boise ». Transition étant faite, disons que le nom de Bourgogne est pour tous les gourmets synonyme de bon vin. Le vignoble est ici l’un des plus beaux du monde et sa renommée universelle.

Le Vin de Bourgogne dans l’Histoire

Introduite dans la région bien avant qu’on y invite César, la culture de la vigne se généralise avec la conquête romaine. Très vite, le vin de Bourgogne acquiert ses titres de noblesse ; les préfets de la Séquanaise, l’apprécient hautement, ce que rappelle aujourd’hui le nom même du clos de la « Romanée »  qui leur fut attribué. Les Burgondes ne sont pas en reste et leur roi Gontran, converti au christianisme, donne ses vignes dijonnaises à l’abbé de St Bénigne. Depuis, les échanges de vins (à la fois marque de richesse et substance d’ordre spirituel), de vignes et de services se sont perpétués.

Autorisés par la règle, à boire un eu de vin, les autosuffisants moines de Cîteaux développent le vignoble au 12ème siècle et constituent le célèbre « Clos de Vougeot ». En plantant du chardonnay blanc dans la région de Pontigny, les cisterciens « inventent » le chablis.

En 1359, jean de Bussières, abbé de Cîteaux, fit don au page Grégoire XI de trente pièces de sa récolte du Clos de Vougeot. Le saint père promet de se souvenir d’un tel présent. Quatre ans plus tard, il le nomme cardinal. C’est l’abbé Courtépée qui rapporte cette anecdote, quelques années avant la « confiscation » du clos et l’interdiction de l’ordre cistercien par la Révolution.

Les ducs de Bourgogne s’intitulent « princes des meilleurs vins de la chrétienté » et font présent de leur vin aux rois. Charles le Téméraire en offre même à son pire ennemi, le fourbe Louis XI, qui apprécie en particulier le Volnay. Philippe Auguste, déjà avait fait venir un baril de Beaune, « vin e riche gent », avant d’affronter Jean sans Peur et ses alliés à Bouvines (1214). On sait que le Roi Soleil prolongeait ses jours avec les vins de Nuits, que la Pompadour raffolait de la « romanée-conti » (son abbé, le libertin cardinal de Bernis, célébrait pour sa part la messe avec du meursault) et que Napoléon 1er avait un faible pour le corsé chambertin. Au sujet de ce dernier cru, Alexandre Dumas dira par la bouche d’Athos que « rien ne projette sur l’avenir une teinte plus rose ».

Au 18ème siècle, s’organise le commerce des vins : à Beaune, puis à Nuits saint Georges et à Dijon s’ouvrent les premières maisons de négociants qui envoient, dans le royaume et en pays étrangers (Angleterre, Belgique, Scandinavie, Suisse, Prusse et Amérique – Jefferson connaît la côte), des représentants chargés d’ouvrir de nouveaux marchés aux vins de Bourgogne.

Au cours du siècle suivant, les échanges internationaux s’étant fort développés, l’Amérique exporte un ennemi de la vigne, le phylloxéra, un petit insecte qui fait son apparition dans le département du Gard en 1863. Signalé à Meursault en 1878, il ravage en peu de temps tout le vignoble bourguignon, provoquant la ruine de toute la population viticole. Heureusement, la greffe de plants français sur des porte-greffes américains, immunisés, permet de reconstituer la vigne, désormais plantée en rangs. On en profite pour ne conserver que les meilleurs terroirs, ce qui a garanti la qualité des crus.

La vigne dans le paysage

Répartis sur les quatre départements (Côte d’Or – Yonne – Saône et Loire – Nièvre), 27 000 ha de vignobles produisent des vins à appellations contrôlées. La production moyenne annuelle de vins fins est d’environ 1 400 000 hl (le double en Bordelais), dont près de 60 % partent à l’export. C’est un chiffre relativement modeste, puisque sur 250 bouteille débouchées dans le monde, une seule provient de Bourgogne.

Dans l’Yonne, la région de Châblis offre d’excellents vins blancs, secs et légers, dont de grands crus issus des collines, au Nord du village (à déguster dans l’ambiance médiévale de l’obédiencerie du domaine Laroche ((  03 86 42 89 00) et les coteaux de l’Auxerrois d’agréables vins rosés et rouges (Irancy, récent AOC, et Coulanges la Vineuse). Pouilly sur Loire,  dans la Nièvre, fournit des vins blancs très réputés (pouilly-fumé) au goût de pierre à fusil qui les apparente aux vins de Sancerre, leurs proches voisins, tous deux à partir du cépage sauvignon.

En Côte d’Or se déroule de Dijon à Santenay le plus prestigieux des vignobles, aux 32 grands crus. La Côte de Nuits engendre presque exclusivement de très grands vins rouges, dont les plus célèbres sont produits dans les communes de Gevrey Chambertin, Morey St Denis, Chambolle-Musigny, Vougeot, Vosne Romanée, Nuits St Georges. La Côte de Beaune présente à la fois une gamme de grands vins rouges, à Aloxe Corton, Savigny lès Beaune, Pommard, Volnay, et des sommités en vin blanc : Corto-Charlemagne, meursault, pouligny-montrachet (les techniques de vinification sont expliquées au domaine Henri Clerc et fils ( 03 80 21 32 74), Chassagne-Montrachet.

EN Saöne et Loire, la région de mercurey (Côte chalonnaise) a des vins rouges de qualité (Givry, Rully) mais surtout des vins blancs (Rully, Montagny) tandis que le Mâconnais s’enorgueilit de son pouilly-fuissé, vin blanc de grande classe, aux arômes d’amande et de noisette (visite du château de Fuisé ( 03 85 35 61 44). On a coutume d’intégrer l’appellation « Beaujolais » dans les vins de Bourgogne ; cependant, il ne s’en produit qu’une minorité dans les limites départementales, dont quatre fameux crus : saint-amour, juliénais, chénas et moulin à vent. Pour être précis, appelons cette partie du Mâconnais, au sol granitique chargé de manganèse, le « Haut Beaujolais ».

Les ferments de la grâce

La qualité d’un vin dépend surtout du cépage, du terroir et du climat.

Le cépageDepuis fort longtemps, le plant noble produisant tous les grands vins rouges de la Bourgogne est le pinot noir. Spécifiquement bourguignon, ce cépage a été implanté avec succès en Suisse et même en Afrique du Sud, dans la région du Cap. Il était déjà fort prisé à l’époque des grands Duc, puisqu’une ordonnance  prise en 1395 par Philippe le Hardi le défendait contre le « gaamay déloyal » (le gamay convient mieux en Beaujolais ; ce qu’on appelle passe-tout-grain est un cuvage en commun des deux variétés). Le jus du pinot noir est incolore et une vinification spéciale permet de produire le vin de Champagne. A noter qu’un pied de vigne peut produire du raisin pendant un siècle, et qu’il doit avoir au moins vingt ans pour fournir un grand vin.

Le chardonnay, appelé aussi « aubaine » est aux vins blancs ce que le pinot noir est aux vins rouges. Il donne naissance aux magnifiques vins blancs de la Côte d’Or (Montrachet-Meursault), les crus réputés de la Côté chalonnaise (rully), du Mâconnais (puilly-fuissé) – dont c’est le terrain de prédilection – ainsi que les vins de Chablis (le plant étant connu dans la région, en dépit de l’origine cistercienne, sous le nom de « Beaunois »).

L’aligoté, cultivé en Bourgogne depuis très longtemps, produit un vin blanc vif, répandu dans les terres ne convenant ni au pinot ni au chardonnay.

Le terroir C’est dans les sols caillouteux et secs, laissant filtre l’eau et s’échauffant facilement, que la vigne se plaît le mieux. Les terrains calcaires, sur les escarpements de faille, donnent des vins bouquetés, forts en alcool, et de longue conservation (Côte de Nuits, Côté de Beaune), les terrains composés de silice, de calcaire et d’argile des vins légers, minéraux (Châblis – qui se déploie sur une couche d’huîtres fossiles).

Le climat Synonyme de lieu-dit en Bourgogne, il s’agit du critère de reconnaissance en AOC, alors que c’est le cépage en Alsace, la propriété – château- en Bordelais, la marque en Champagne. Le vignoble bourguignon est généralement étagé sur des coteaux dont l’altitude varie entre 200 et 500m. Dans chaque village, le vignoble est divisé en « climats ». Le nom des climats les mieux situés, c’est-à-dire devant produire les meilleurs vins, a le privilège d’être accolé au nom du village : ainsi « Beaune-Clos des Mouches ») ; le nom du cru suffit à désigner les gloires immémoriales : chambertin, musigny, clos de vougeot, richebourg.

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Histoire de la Bretagne

Posté par francesca7 le 24 mars 2013

Histoire de la Bretagne dans Bretagne la-bretagne

En 8000 avant Jésus-Christ, époque préhistorique, l’Armorique est peuplée dès le paléolithique de rares chasseurs qui poursuivent mammouths et cerfs. Entre 3000 et 1800 avant JC la chasse et la cueillette cèdent la place à l’agriculture et à l’élevage. La civilisation mégalithique apparaît. Ses populations, organisées à l’abri de camps fortifiés, donnent naissance à l’art des pierres levées, qui s’accompagne d’un extraordinaire culte des morts. De très nombreux menhirs, dont certains pèsent 100 tonnes,  des cairns qui peuvent atteindre 70 m de longueur et des dolmens constitués de dalles de 20 tonnes, sont érigés sur l’ensemble de la région. La fin de cette période se traduit par une ouverture sur le monde, le long de la vallée de la Loire ou par la mer.

De 1800 à 600 avant Jésus-Christ, à l’âge de bronze, l’Armorique connaît une civilisation brillante qui commence avec le Nord (Germanie et Scandinavie) et avec le Sud (péninsule Ibérique). Elle produit des haches à talon et des épées originales. L’importance des dépôts d’objets en bronze retrouvés témoigne d’une incontestable prospérité.

En 500 avant JC, à l’Antiquité, les Celtes, qui maîtrisent la métallurgie du fer, pénètrent en Armorique, après avoir déferlé sur l’Europe, et bouleversent son économie. Habiles en toutes choses, ils s’imposent aux autochtones et s’organisent en «cités ». Ce sont les Nammètes dans le nord de la région nantaise, les Vénètes dans l’actuel Morbihan, les Osismes à la pointe du Finistère, les Coriosolites dans les Côtes d’Armor, et les Redones dans le nord-est de la péninsule. Les Celtes, dont la société est hiérarchisée en classes, entretiennent des ateliers où l’on travaille à merveille les métaux précieux.


En 57 avant JC
, les Romains tentent d’achever la conquête de la Gaule, mais les puissants Vénètes excellents marins, s’y opposent. Ils résistent également sur terre, mais contre toute attente, ils sont défaits sur mer un an plus tard. L’Armorique devient gallo-romaine ; elle va tirer profit de la pax romana. Les uns et les autres  semblent vivre en bonne intelligence sans perdre leur identité. L’activité agricole est intense et le commerce florissant. Il se développe aussi bien sur mer que sur terre où des voies larges et nombreuses, jalonnées de bornes militaires quadrillent le pays.

Au 5ème siècle, arrivée des Bretons. L’empire romain s’étiole progressivement entre 235 et 400, et des peuples barbares venus d’Europe centrale en profitent pour l’envahir. L’Armorique n’échappe pas aux destructions et aux pillages, occasionnels puis systématiques, qui mènent l’économie à la ruine. Cependant, la pression des Scots d’Irlande et la colonisation de l’île de Bretagne par les Saxons vont provoquer l’immigration des Bretons vers la péninsule Armoriciane. Déjà chrétiens, ils évangélisent l’Armorique, organisent les paroisses et fondent les premiers monastères.

De 400 à 938, Naissance de la Bretagne. Une période de conflits entre les Bretons et les Francs, notamment les Carolingiens, s’ouvre en 752. Elle s’achève en 832, lorsque Louis le Pieux nomme un envoyé impérial, Nominoë à la tête de la Bretagne. Cet aristocrate breton va très vite tirer profit de la mort de son protecteur, en 840. Il engage son pays vers l’indépendance, écrase les Francs près de Redon en 845, oblige Charles le Chauve à signer la paix et poursuit sa conquête vers l’est, donnant ainsi une identité à la Bretagne. Il meurt à Vendôme, en 851, ce dont Charles le Chauve tente de tirer parti. Mais le fils de Nominoë, Erispoë, entend bien poursuivre l’œuvre paternelle et son armée écrase une nouvelle fois les Francs. Erispoë est assassiné par son cousin Salomon (Salaün), qui étend son territoire jusqu’au Cotentin. A son tour, Salomon périt, victime des membres de sa famille qui se partagent la Bretagne avant de s’entre-déchirer. Les Normands, qui se sont déjà livrés à plusieurs incursions, en profitent, à partir de 913, pour envahir et ravager le pays, détruisant notamment l’abbaye de Landévenne. Ils sont chassés par Alain Barbe-Torte qui, fort de ses victoires, s’impose comme duc en 938. La Bretagne entre ainsi de plain-pied dans le système féodal. Nantes en est la capitale ; la langue bretonne est parlée dans tout l’Ouest, suivant une ligne Dol-Rennes-Saint-Nazaire.

Au Moyen Age, de 938 à 1213, la Bretagne Ducale. La période qui suit n’est que querelles et révoltes. Les prétendants au duché de Bretagne complotent, se font la guerre, s’assassinent et se déchirent jusqu’à ce que Philippe Auguste Marie Alix, fille de Conan IV, à un prince capétien, Pierre 1er de Dreux, dit Mauclerc, qui s’empresse d’organiser le duché et d’en reconstruire l’unité. Il met en place une administration efficace, développe le commerce maritime, n’hésitant pas à s’allier à l’Angleterre. Ses successeurs oeuvrent dans le même sens ; la Bretagne est prospère et paisible mais pour peu de temps.

En 1341, la Guerre de Succession. En 1341, à la mort de Jean III, Jean de Montfort, son demi-frère, et Jeanne de Penthièvre, sa nièce, épouse de Charles de Blois, rivalisent pour la succession du duché. Montfort obtient l’aide du roi d’Angleterre. Edouard III, déjà engagé dans la guerre de Cent Ans. En 1347, Charles de Blois est capturé par les Anglais et la guerre de Succession s’enlise jusqu’à ce que, en 1363, Jean de Montfort soit reconnu par le roi de France, Charles V, et devienne Jean IV. Mais l’accord est vite annulé car le duc se range à nouveau au côté des Anglais. Le conflit franco-breton prend fin en 1381, quand Jean IV prête hommage au roi de France. Le règne de Jean V (1399-1442) marque l’apogée de la civilisation bretonne.

Aux Temps Modernes, 1488,  Anne de Bretagne fait parler d’elle, fille du duc François II, mort en 1488 et dont les troupes ont été battues à Saint Aubin du Cormier par l’armée royale. Alors qu’elle n’a  que douze ans, elle épouse par procuration l’archiduc Maximilien de Habsbourg. Mécontent, Charles VIII envie ses troupes en Bretagne et conquiert la plupart des villes ; réfugiée dans Rennes encerclée par les Français, la duchesse, abandonnant l’archiduc, accepte d’épouser le roi. Le mariage a lieu au château de Langeais en décembre 1491. Charles VIII meurt en 1498, Anne en profite aussitôt pour frapper sa monnaie, rétablir la chancellerie et réunir ses états. En janvier 1499, elle épouse à Nantes un autre roi de France, Louis XII d’Orléans, qui lui laisse tout loisir pour s’occuper de son duché, lequel connaît paix et prospérité. Lorsqu’elle meurt, le 9 janvier 1514, Anne est devenue la figure emblématique dans laquelle se reconnaît le peuple de Bretagne. A la mort de Louis duchesse-anne-178x300 dans BretagneXII, en 1515, Claude, leur fille aînée, apporte le duché en dot à François 1er. Ce dernier s’empresse d’obtenir l’aval des états de Bretagne, moyennant la préservation de quelques droits spécifiques, dont un parlement. Le 21 septembre 1532, la Bretagne devient une province de la France.

1600, l’Ancien Régime. Dès lors, le pouvoir central contrôle et gère la Bretagne qui bénéficie en contrepartie d’aides économiques ; l’argent afflue, le commerce maritime et les industries se développent. A croissance démographique décolle. En 1561, Rennes devient le siège de Parlement, au détriment de Nantes, moins proche de Paris. Cette cour de justice a autorité sur les cours locales. Le ralliement de Mercoeur, gouverneur de Bretagne, à la cause des ligueurs fait entrer le pays dans les guerres de Religion (1588-1598). Des brigands tels que La Fontenelle en profitent pour mettre le pays à feu et à sang. Au début du règne de Louis XIV, les exactions fiscales (impôts sur le papier timbré, le tabac et la vaisselle d’étain) provoquent les révoltes de 1675, celle du Papier timbré dans les villes de Haute Bretagne et celle des Bonnets rouges dans les campagnes de Basse Bretagne. La
répression est féroce. Elle laisse la Bretagne exsangue et s’accompagne de mesures qui détruisent son commerce, en particulier, à l’initiative de Colbert, celui des toiles de lin exportées vers l’Angleterre.

En 1789, la bourgeoisie rennaise, très au fait des idéaux en vogue et animée d’un sentiment antinobiliaire, entre en conflit avec la noblesse dès janvier 1789 à l’occasion de la session des états de Bretagne. Des heurts, qui font trois victimes, ont lieu les 26 et 27. Ce sont les premières violences de la Révolution. Rapidement pourtant, la Bretagne va faire marche arrière : le peuple, composé à 90 % de paysans, s’interroge sur le rôle réel des bourgeois dont il craint le comportement futur et réagit vivement à l’obligation du serment civil exigé du clergé et refusé d’emblée par 80 % des prêtres. L’annonce de la conscription obligatoire de trois cent mille hommes par tirage au sort met le feu aux poudres. La première émeute a lieu à Cholet le 2 mars 1793.

 

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La Bretagne au 19ème siècle

Posté par francesca7 le 24 mars 2013

 

La Bretagne au 19ème siècle dans Bretagne st-anne-daurayL’Empire, comme la Révolution avant lui, saigne l’économie bretonne et les classes ouvrière et paysanne. Le terrain est favorable à l’implantation du socialisme chrétien et au développement, à partir de 1884, année de sa légalisation, d’un syndicalisme ce qui provoque d e nombreuses grèves et de violent affrontements dans les cinq départements bretons. Au même moment naît un courant régionaliste, le premier Emzav, qui s’exprime à travers des associations et des organisations culturelles et politique s ; l’Union régionaliste bretonne, le Gorsedd, le Bleun Brug de l’abbé Yann-Vari Perrot, le Parti nationaliste breton, et bien d’autres encore qui vont disparaître lors de la Première Guerre mondiale.

En 1914, première guerre Mondiale lors de la « Grande Guerre », la Bretagne paie à la nation un tribut particulièrement lourd ; au bas mot cent vingt mille tués, peut-être le double, comme l’affirme le cénotaphe érigé en 1932 sur l’esplanade de Sainte Anne d’Auray.

 

Cette hécatombe, égrenée comme une litanie, sur tous les monuments aux morts de Bretagne, donne naissance au deuxième Emzav, courant qui regroupe des mouvements politiques souvent fédéraliste, parfois nationaliste, voire indépendantistes. Le plus célèbre d’entre eux est Breitz Atao, fondé en 1918 par Morvan Marchal – créateur de l’actuel drapeau breton – fédéraliste et pacifiste, dont les idéaux s’opposent bientôt à ceux d’Olier Mordrel, rédacteur en chef activiste du journal du parti, dont il se détache dès 1924. Les autres mouvements sont la revue Gwalam, la Ligue fédéraliste de Bretagne de Marchal et Dabauvais, le Parti national breton de Mordrel, la société secrète Gwenn ha Du, le Bleun Brug et enfin l’Adsao de l’abbé Madec. Les mouvements culturels, tels Ar Falz de Yann Sohier et Gxalam de Roparz Hemon, s’efforcent de redonner vie à la culture et à la langue bretonnes en même temps que se développe un courant artistique brillant et moderne.

bretagne dans Bretagne

En 1939, Seconde Guerre Mondiale. Dès juin 1940, des centaines de jeunes Bretons quittent la France pour rejoindre de Gaulle. Ils participeront, aux côté des Alliés, aux campagnes d’Afrique et de France. D’autres mettent en place des mouvements de résistance qui jouent u rôle prépondérant lors de la libération de la Bretagne par les troupes américaines. D’autres enfin, issus pour la plupart des mouvements nationaliste de l’entre-deux-guerres, voient dans l’occupation allemande une occasion inespérée de faire aboutir leurs revendications et collaborent ouvertement, portant un grave préjudice à l’image du renouveau culturel. En juin 1941, Vichy sépare la Loire Inférieure, l’actuelle Loire Atlantique, de la Bretagne. Saint Nazaire, Lorient et Brest, où l’occupant a construit des bases pour sous –marins, ainsi que Saint Malo sont prises sous un déluge de bombes lâchée spa les aviateurs alliés et sont pratiquement rayées de la carte.

l’Après Guerre, en 1950, le CELIB (Comité d’Etudes et de Liaison des Intérêts Bretons) qui naît en 1951 et que dirige Joseph Martray, le militantisme des cercles celtiques, des syndicats, paysans et ouvriers, ainsi que des petits partis politiques renforcent l’identité commune et transforment le pays, dont les électeurs restent modérés et conservateurs. L’agriculture traditionnelle fait place à une agriculture spéculative qui délaisse les emblavures pour les légumes. De grandes coopératives agricoles naissent, attirant les industriels de l’agro-alimentaire, la décentralisation industrielle est effective avec l’installation de Citroën, à Rennes et du CNET à Lannion. Des routes, de sports, des voies ferrées sont aménagés et, en l’espace de seize ans, de 1951 à 1967, année de la mise en service de l’usine marémotrice de la Rance, la Bretagne sort de son isolement. Le régionalisme avoué des notables fait renaître provisoirement les mouvements autonomistes clandestins, tels l’ARB (Armée révolutionnaire bretonne) et le FLB (Front de libération de la Bretagne). Ces mouvements qui se signalent par des plasticages, dont celui de l’émetteur de télévision française du Roc ‘h Trédudon dans les monts d’Arrée, sont sévèrement réprimés. En 1965, le breton est admis parmi les épreuves de langue du baccalauréat, les Festivals celtiques prospèrent et, en 1977, l’école Diwan, qui dispense un enseignement bilingue, voit le jour. Un an plus tard, le pétrolier Amoco-Cadiz échoue devant le port de Portsall. Une marée noire de 230 000 tonne de pétrole léger pollue 400 Km de côtes. Jugeant les indemnités proposées insuffisantes, soixante seize communes sinistrées se constituent en syndicat pour intenter un procès à la compagnie Amoco. Elles obtiennent finalement gain de cause en mai 1992.

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